Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Cahuzac au cabinet Evin: anti-vins, mais pas anti pots-de-vin

1 commentaire

Petit flashback sur la période où M. Cahuzac, dont le procès en appel vient de commencer, occupait le poste de conseiller auprès du ministre de la Santé Claude Evin, dans le gouvernement Rocard (entre 1988 et 1991).

J’ai d’autant moins de scrupules à tirer sur cette ambulance que les anti-vins, eux, n’en ont aucun à employer, de manière répétitive, voire soulante, des arguments fallacieux et non étayés.

Nous avons d’ailleurs pu voir un nouvel épisode de ce feuilleton de la désinformation la semaine dernière sur France 2.

Mais revenons à M. Cahuzac et à sa période évinesque. D’après plusieurs témoignages recueillis par Mediapart dès 2012, des entreprises du milieu médical ont versé des dessous-de-table à Jérôme Cahuzac, « afin d’obtenir des décisions favorables du ministère dans l’attribution de scanners et d’IRM à des établissements de santé ».

 

La suite ICI et ICI

Le magazine Challenges, lui, fait état de favoritisme vis-à-vis de laboratoires, sur la foi d’une déclaration de la députée européenne Michèle Rivasi (EELV): « Au ministère, Cahuzac, qui était chargé du médicament, connaissait tous les rouages et occupait un poste-clé, c’est lui qui décidait des prix et des taux de remboursement par la Sécurité sociale! » Cette ancienne du PS s’étonne qu’en 1989, le laboratoire castrais Pierre Fabre ait vu l’un de ses produits, le Maxepa, remboursé à 65 % et vendu trois fois plus cher que ses concurrents, « alors qu’il s’agissait d’huile de foie de morue« . Michèle Rivasi rappelle que la presse avait alors révélé que « Fabre avait promis à Evin d’installer une usine dans sa circonscription« .

Heureusement que les producteurs de vin ont une grande moralité (ou de petits moyens); sinon, ils auraient pu « arroser » M. Cahuzac pour que la fameuse Loi Evin, dont il est un des rédacteurs, soit assouplie, voire qu’elle ne soit jamais mise au vote. A défaut d’argent, ils auraient même pu payer de vrais pots-de-vin, en nature!

Si j’étais médisant, je dirais que le cas Cahuzac jette un voile de doute sur les prises de position de bon nombre de ministres de la santé – notamment celles et ceux qui, dans le passé, ont eu des liens avec les laboratoires et les fabricants de matériel médical, ou exercé des fonctions de direction dans des institutions qui ont attaqué le vin.

Mais je ne suis pas médisant. Je m’interroge, seulement. Je m’émerveille, aussi. Il paraît que l’affaire Cahuzac a conduit à plus de transparence. C’en serait fini des conflits d’intérêt.

Hervé Lalau

Auteur : Les 5 du Vin

Journalistes en vin

Une réflexion sur “Cahuzac au cabinet Evin: anti-vins, mais pas anti pots-de-vin

  1. Oui, bien sûr, la tentation est irrésistible ! Un nouveau marché, avec des centaines de millions soumis à signatures, çà fait baver la mafia ! D’ailleurs, le mafieux socialiste a demandé à son vieux pote avocat Péninque, gourou nationaliste GUD / FN / Soral, d’ouvrir le compte en Suisse, mais c’est parfaitement légal, n’est-ce-pas?

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