Rosés au féminin en ce lendemain qui semble sans suite

Hier, on célébrait la journée de la femme; ce qui nous montre le nombre d’inégalités qui ont aujourd’hui comme demain encore de beaux jours devant elles (les inégalités).

Acclamons l’Islande qui, depuis janvier dernier, a instauré une loi qui oblige un salaire égal pour un travail égal. C’est le premier pays au monde. Mais n’épiloguons pas, parlons plutôt de vin et en l’occurrence de trois vins élaborés par « le sexe faible » – ça m’a toujours fait rire (pas les femmes), connaissant quelques amies au caractère bien trempé qui sont loin de l’être, faibles.

Donc trois rosés, une couleur qui représente bien les femmes. Bon nombre de dégustateurs, de professionnels, d’œnologues connus, trouvent que le rosé « c’est pas du vin », qu’ils n’en boivent jamais et ne veulent même pas en déguster, ni d’en élaborer dans le cas de certains flying winemakers. Donc, pour beaucoup, les rosés sont encore, comme les femmes, relégués au second rang de la société.

Pourtant le rosé, c’est l’annonce de l’été, et puis de l’automne quand les feuilles adoptent leur couleur tendre. Et puis, en hiver, il nous rappelle l’été. Arrive le printemps et voici les nouveaux rosés et le cycle est bouclé.

Pas si simple, moi, je préfère boire un rosé qui a une année ou deux de plus, je parle de rosés de belle gamme, cela le rend plus ouvert, plus onctueux, plus harmonieux, essayez !

Rosé rosé rosé

J’étais à Paris ce mercredi (salut Sébastien) pour déguster une soixantaine de rosés provençaux. Ne soyez pas désobligeants, le rosé, j’aime ça, cela n’a ni été une torture, ni une façon de prouver mon abnégation. Parmi les quelques rosés sélectionnés, trois parmi les meilleurs (pour moi) étaient élaborés par des vigneronnes.

En Coteaux d’Aix

Rosé 2017 Château Beaupré Coteaux d’Aix-en-Provence

 

Pâle comme un pétale de rose, il a le parfum pénétrant des groseilles rouges fraîchement cueillies. Leur jus coule en bouche, élégant, mêlé de rose et de poivre, de thé vert et de fleurs d’églantier. Puis un trait de réglisse souligne les demi-tons du décor fruité, révèle la saveur diffuse de la chair de melon, étire d’un jet épicé le corail prononcé des papayes à la muscade, retrouve le fruit rouge, groseille perçue, fraise et framboise pour avouer son but final, la gourmandise.

 Assemblage de 80% Grenache, 10% Cinsault et 10% Syrah

                                                                                                                     photo (c) httpmagisterejco.fr

Un vin élaboré par Phanette Double qui a repris les destinées de la vigne et du vin de Château Beaupré en devenant la responsable culture et vinification du vignoble.

www.beaupre.fr

En Côtes de Provence vers Cuers

Fil d’Ariane 2017 Côtes de Provence Domaine des Peirecèdes

Saumon clair au bord d’écaille doré. Le nez de poivre, de fleurs sèches, de thym qui rappelle la garrigue, la chair de mandarine nous entraîne vers un sud plus affirmé, plus marin par ses entrées iodées, plus terrestre par ses fumées pierreuses. La bouche surprend par son gras, on le croit un instant empesé, fugace impression bien démentie par la fraîcheur citronnée, par le floral aérien, par le trait amer et salutaire du grain poivré qui met du relief sur la langue.

Assemblage de 50% de Grenache, de 10% de Cinsault et 40% de Syrah

C’est Audrey Baccino qui a succédé à son père en 2009.

www.peirecedes.com

À Cabasse

Clarendon 2017 Côtes de Provence Domaine Gavoty

Une robe soutenue, enfin, bien plus que les « rosés provençaux de plus en plus pâles »

Mais place à la gourmandise ! Mélange de fruits secs et fruits confits qui baigne dans la fraîche gelée de citron jaune, marmelade de groseilles à maquereau adoucis d’un gras soyeux, note florale de l’angélique confite, des épices douces, curcuma, léger safran, coriandre en grain, glissement rouge en variation framboise et fraise gariguette, ensemble harmonieux, joliment acidulé, qui évolue sans hésitation du bout de la langue au V lingual, pour en final reproduire en miroir chaque élément précité.

Un rosé vineux, à la robe plus intense (on la voit dans le verre), un rosé de repas, un peu à contre-courant de ce qui se fait dans le voisinage et les environs.

Assemblage de 70% de Grenache de de 30% de Cinsault.

C’est à partir de 1985 que Roselyne Gavoty a pris en charge la vinification et a donné une nouvelle orientation commerciale au domaine.

www.gavoty.com

Ciao

 

Marco

2 réflexions sur “Rosés au féminin en ce lendemain qui semble sans suite

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