En léger différé du Mondial du Chasselas

J’ai toujours autant de plaisir à participer au Mondial du Chasselas, à retrouver la jolie cité d’Aigle et son château entouré de vignes (déguster dans un beau cadre ne doit pas être retenu contre les organisateurs!), et le Chasselas.

Côté organisation, comme d’habitude, ce fut sans faille – la précision suisse, mais avec la convivialité du vignoble du Chablais. J’ai l’air de faire de la promo, mais non, je ne suis pas payé pour le dire, c’est seulement ce que je pense.

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A ma table

Peu de déchet à la table mon jury – les vins (essentiellement des 2017) étaient, pour l’essentiel, très propres sur eux ; et dans bon nombre de cas, séduisants, voire éclatants d’arômes floraux et fruités, gourmands et tellement plaisants ! Ce genre de compétition vous fait regretter de ne pas pouvoir boire ce qu’on déguste (et croyez-moi, ce n’est pas le cas partout). Les quelques vins moins intéressants sont vite passés à la trappe de notre mémoire, ce fut donc une belle édition.

Notre présidente de jury, Marjorie Bonvin, est une jeune oenologue à la fois compétente et ouverte, qui a su bien tenir les troupes, tout en leur permettant de s’exprimer.

Au total, sur les deux journées, j’ai pu juger 83 vins.

Soulignons qu’ici, à la différence de bon nombre d’autres concours, la plupart des grands noms présentent des vins – par fierté (le Chasselas reste un cépage identitaire pour les vignerons suisses) et par souci de se situer par rapport aux autres.

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A-côtés

Par ailleurs, nous avons eu droit à quelques beaux à-côtés, qui nous permettent de mettre des noms sur certains vins (je vous rappelle que toutes les dégustations du concours se font à l’aveugle).

Que serait le Mondial du Chasselas sans la traditionnelle soirée raclette du premier soir – cette année, elle se tenait au caveau d’Yvorne, une adresse à retenir si l’on veut s’immerger dans l’art de vivre du vigneron vaudois; l’occasion aussi de faire agréablement passer fromage et pommes de terre avec une bonne rasade de Chasselas – il faut bien se caler…

Le plus sympa, c’est que pour ce faire, on utilise force grands crus, comme le Clos du Rocher, le Clos de L’Abbaye, le Domaine de la Commune d’Yvorne ou le Domaine de La George (tous trois d’Yvorne). Etonnant mélange de bonne franquette et de vins d’exception. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si on ouvrait un Petrus à l’occasion d’un barbecue (y a qu’à essayer, me direz-vous. D’accord, j’apporte la viande!).

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Chez Obrist

En «after» du premier jour, nous avons également pu visiter la maison Obrist, à Vevey. La proximité du siège international de Nestlé, sur les bords du Léman, ne nous a pas obligés à boire du lait – mais plutôt les produits du bon jus de la treille. Et nous avons pu remonter dans le temps avec une dégustation de deux crus fameux, le Château de Chardonne (le 2016 était une véritable symphonie d’arômes floraux et d’épices) et La Cure d’Attalens (avec un 2009 encore en pleine forme, très miel, et un 1999 qui partait du côté oxydé de la Force, mais il y a des amateurs). La preuve, en tout cas, qu’un peu de patience sied aux bons Chasselas – c’est d’ailleurs pour ça qu’il y a des Grands Crus, non?

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Les repas nous ont aussi permis d’apprécier le Chasselas du Chant des Resses, à Yvorne, un 2016 parfait à boire aujourd’hui à la fois soyeux et minéral; et puis le Neuchâtel Blanche Loye 2016 des Caves de Chambleau; issu d’un terroir un peu plus au Nord, mais élevé sur lies, à l’ancienne, ce vin allie une bonne acidité et une belle richesse en bouche.

Avec Swiss Wine Promotion

Par la suite, en compagnie de Jean-Marc Amez-Droz (Swiss Wine Promotion), nous avons pu découvrir d’autres expressions de ce fameux cépage. Toujours en Vaud, celle du Chasselas 2016 Les 4 Vents, de Perroy La Vaudoise, à la très belle rétro de fleurs d’acacia; en Valais, celle du Fendant Brûlefer 2016 (du nom d’une parcelle de mi-coteau exposée plein sud), d’une grande richesse de fruit, mais aussi très minéral.

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Et enfin, avant de repartir, à quelques encablures de Genève, mais toujours en Vaud, l’excellente Cuvée Spéciale 2017 des Frères Dutruy (fruité, salinité, nervosité, la belle devise du Chasselas de la Côte, sur Mollasses gréseuses).

Pour terminer, une petite video tournée par la télévision locale au Château d’Aigle, lors du Mondial. Le Mondial du Chasselas, bien sûr – what else?

 

Hervé Lalau

 

3 réflexions sur “En léger différé du Mondial du Chasselas

  1. Tu n’oublies pas, Hervé, que Nestlé est aussi le leader mondial de la pizza. Parfait pour faire passer le goût boisé de Pétrus.
    Plus sérieusement, il manque à la Suisse les eaux du bassin de refroidissement de la CN de Golfech pour faire mûrir de GRANDS chasselas, comme à Moissac. David peut en témoigner, il roule souvent à moto par là.

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  2. Ceux que nous avons dégustés étaient bien mûrs, rassure-toi. On dit d’ailleurs en Lavaux qu’il y a 3 soleils; le vrai; celui que renvoie le lac; et celui que renvoient les murettes. J’ai eu l’occasion de le constater plus d’une fois, d’ailleurs, près de ces murettes, il peut vraiment faire très chaud et la flore (abricotiers) comme la faune (lézards, notamment), évoque déjà le Sud.

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