Bordeaux, ce n’est pas que le vin…

De passage en Gironde, j’ai eu envie d’en savoir plus sur le plus bordelais des apéritifs: le Lillet. La chose était d’autant plus facile que la maison du Lillet, à Podensac, renferme un très beau musée.

J’ai ainsi pu me rafraîchir la mémoire (et le gosier, un peu plus tard) au sujet des vertus du quinquina (la poudre des fièvres) et des zestes d’orange. Et du vin blanc de la Gironde… On visite ensemble?

C’est dans les vieux chaudrons qu’on faisait les meilleurs liqueurs…

Du vin, des oranges, du quinquina…

Au départ du Lillet, il y a du vin. La version originale, le blanc, utilisait les vins locaux des Graves et de l’Entre-Deux-Mers – du sémillon essentiellement.
Mais aussi de l’orange – de deux types, en fait.
De l’orange douce d’Espagne ou de Turquie, d’abord, dont Lillet utilise l’écorce découpée en ruban pour sa liqueur. C’est elle qui donne le goût d’orange au Lillet.
Et puis de l’orange amère d’Haïti, dont le liquoriste fait sécher le zeste au soleil, pour  en concentrer les huiles essentielles – c’est elle qui donne au Lillet une bonne partie de sa belle amertume et de son goût épicé.
Quant au quiquina, il vient des Andes. C’est  l’ingrédient incontournable des boissons du 19ème siècle, toniques et apéritifs. Ses propriétés anti-fièvres étaient censées « requinquer » les malades du paludisme, qui sévissait non seulement sous les Tropiques, mais également en Europe, dans les régions marécageuses.
Et par extension, les personnes saines y virent rapidement un fortifiant. Il apporte au Lillet ses vertus apéritives: il fait saliver le buveur. Et prolonge la finale.

Une communication d’avant-garde

Outre l’histoire de la société, du produit et de ses principaux ingrédients (la recette exacte reste secrète, comme il se doit), le musée de Podensac a aussi le mérite de mettre en lumière l’excellente communication de la marque.
Une réclame qui très tôt, met l’accent sur la jet set et les barmen, et vise le marché international – saviez-vous que Wallis Simpson (l’épouse du Duc de Winsor) était une inconditionnelle du Lillet? Que James Bond avait sa propre recette de cocktail au Lillet?
Lillet pur, Lillet & Soda, Lillet & Gin… il n’y a pas qu’une façon de boire du Lillet

Voila, j’espère vous avoir donné envie de renouer avec ce pan de notre histoire viticole – car n’oublions pas que le Lillet blanc, c’est 85% de vin.

D’ailleurs, une vieille pancarte du musée nous rappelle qu’avant 14, la marque, qui avait un kiosque à Bruxelles, y vendait le Lillet et le Sauternes au même prix. 20 centimes le verre.

Hervé Lalau

 

2 réflexions sur “Bordeaux, ce n’est pas que le vin…

  1. En Belgique, il a encore ses fans, et il a été l’objet de quelques activité promotionnelles ces derniers temps, Je ne sais pas pour l’Angleterre ou l’Ecosse, Jim peut peut-être nous le dire?

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