Préférence régionale ou nationale pour les vins: pourquoi je suis contre

Au détour d’une conversation sur twitter, je découvre le manifeste d’un Bordelais en faveur du consommer local.

Et la réponse un tantinet alambiquée du Président national des Vignerons Coopérateurs Boris Calmette.

Personnellement, M. Martin, je ne vois pas en quoi il serait plus choquant de consommer à Bordeaux du Champagne ou du Bourgogne que du Crémant de Bordeaux ou du Pauillac.

Ni même, M. Calmette, d’y consommer du Prosecco, du Porto ou du Chianti, ne vous en déplaise.

Bordeaux n’abrite-t-elle pas la Cité Mondiale du Vin?

Le vin est un produit de partage, il devrait ouvrir l’esprit et non le refermer.

A défaut de cette ouverture d’esprit, les partisans de la préférence régionale ou nationale (y compris les coopérateurs français) devraient au moins avoir la reconnaissance du ventre envers tous les pays étrangers qui consomment du Bordeaux ou des vins d’autres régions de France. Notez que parmi ceux-ci, il y a même des gros producteurs de vin, comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou l’Australie.

Ne confondons pas la juste croisade des vignerons français contre les vins qui se font passer pour français, ce qui est une fraude, et le protectionnisme, ce qui est une faute de goût.

Pas de préférence nationale dans les caves de cet hôtel new-yorkais, en 1900

Si tous ces pays appliquaient strictement la préférence nationale, Bordeaux devrait se contenter du marché français qui, à voir les chiffres récents, n’est pas en très grande forme.

Outre cet aspect commercial, pour en revenir aux produits eux-mêmes, comment pourrions-nous juger de la qualité de nos vins, si nous n’en consommions jamais d’autres?

Hervé Lalau

 

 

6 réflexions sur “Préférence régionale ou nationale pour les vins: pourquoi je suis contre

  1. patrick axelroud

    Pour la consommation quotidienne et pour ceux qui ont la chance d’habiter une région viticole le locavore est une bonne façon de boire d’autant que ces vins sont proche, souvent des plats, mets et produits régionaux offrant ainsi de beaux mariages. Il faut dire que, nous autres, en Alsace nous n’avons, sur tous les plans exprimés plus haut, rien à redire.

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  2. Evidemment d’accord avec Hervé sur ce sujet. Toute forme de protectionnisme, y compris sous un déguisement à la mode « locavore » est ridicule et contre l’esprit de partage et de découverte qui le vin devrait représenter. Puis cela voudrait-il dire, en tirant vers une conclusion logique, que les gens de chaque région viticole ne boiraient que leur vins, et les autres que de la bière ou autre chose produit localement ? Je ne pense pas dans ce cas que le vignoble se porterait très bien.

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  3. Je reviens de vacances en Toscane et je dois dire que je n’ai pas vu de vin hors d’Italie et même presque pas de vins hors Toscane. C’est très locavore dans ce coin. Je n’ai pas vu non plus de camembert!

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  4. Pierre Sauvage

    C’est vraiment, encore, une croisade absurde et ridicule de Monsieur Lalau.
    Ici en Allemagne, le « consommer local » est à la base de la consommation. Et à un deuxième niveau, c’est le « consommer national ». Par principe, par mode, par patriotisme, par logique, par respect, par conscience d’appartenir à une communauté, par sens collectif, parce qu’il n’y a aucune raison pour donner ton argent à Amazon plutôt qu’à la librairie locale comme le préconise Messieurs Lalau et Cobold.
    C’est bien sûr identique en Autriche, en Belgique, en Italie (pas qu’en Toscane), en Espagne etc etc… partout en fait. Et je ne parle pas que de vin. Les Belges consomment plus de bières belges que de bières allemandes ou hollandaises.

    Votre attitude choquerait absolument le monde entier tellement elle est absurde et va à contre-courant de pratiques qui redonnent du sens dans un monde mondialisé (globalisé), en perte de repère, d’identité, de fierté et de lien avec sa terre et surtout tant elle est synonyme de suicide économique.
    Car au-delà de l’approche morale, c’est essentiellement un suicide économique, malheureusement je sais qu’en France on en est les spécialistes tant on se hait, qu’on a cessé de faire de la politique… et qu’on est mou.
    Sus au local, vive le camembert chinois en Normandie, le vin espagnol en Roussillon et le whisky belge en Ecosse. C’est beau la mondialisation.

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  5. Ils sont tous cons, sauf moi. Quand j’ai des sous, je bois le vin des autres producteurs. Quand je suis à sec (ce qui est fréquent), je me contente du mien, que je trouve bien fait d’ailleurs. Au-delà de ces diatribes, je fais remarquer que les régions qui sont de GROSSES productrices n’arriveraient PAS à vendre localement tout le vin qu’elles produisent. Elles sont très heureuses qu’on boive LEUR vin ailleurs. N’est-il alors pas « logique » (je ne parle pas d’éthique mais de bon sens) qu’elles acceptassent aussi du vin venu d’ailleurs chez elles?

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