Le test du slip, or testing soil with undies

Non, il ne s’agit pas d’une blague de mauvais goût sortie d’une bande dessinée de Reiser. J’étais aussi intrigué qu’amusé par un récent article qui commençait ainsi. Je précise que  les parties de l’article cités sont en italiques et ont été très légèrement éditées; mes seules contributions se trouvent en caractères droits. Je me permets de reproduire l’essentiel de l’article afin que le sujet soit clair, et je donne crédit à Chantal Sarrazin de Vitisphere pour le texte à l’origine de cet article au sujet assez surprenant.

La chambre d’agriculture du Var a enfoui des slips de coton dans des parcelles du vignoble de la région. Une fois exhumés, leur état de dégradation permettrait d’apprécier l’activité biologique des sols. 

« Nous voulions marquer les esprits ! » lance Clémence Boutfol, conseillère viticole à la chambre d’agriculture du Var, en proposant à dix exploitations d’expérimenter le « test du slip »…. But de la manœuvre : apprécier l’activité biologique des sols. Le principe est des plus simples : on enterre des slips et on mesure leur état après plusieurs mois enfouis sous terre. Plus ils sont décomposés, plus les sols sont actifs, et vice-et-versa. »

« Ces exploitations font partie du réseau Dephy depuis 2014, poursuit Clémence Boutfol. Elles ont fait évoluer leurs pratiques culturales vers le travail du sol, l’enherbement… dans le but de réduire les intrants. Nous avons donc jugé intéressant d’appréhender l’activité biologique des sols après ces changements. »

Imaginé par un vigneron alsacien (bravo à lui !), le test du slip est peu coûteux, simple à mettre en œuvre et facile à interpréter. Autre intérêt, même si le slip se dégrade fortement après avoir séjourné dans le sol, son élastique reste intact. Ce qui ne serait pas le cas avec un tee-shirt en coton. Pour leur expérimentation, les conseillers de la chambre d’agriculture ont utilisé des slips 100 % coton blanc. Les vignerons ont été enterré ces sous-vêtements à 15 cm de profondeur dans l’inter-rang, entre mi-avril et mi-juin, cette année. Chaque parcelle de l’essai a reçu trois slips. « Nous les avons enfouis dans des parcelles cultivées suivant différentes modalités : bio, conventionnel, enherbées, non enherbées… »

Ils ont marqué d’un drapeau ou avec de la peinture les ensevelissements. Juste à côté des slips, ils ont enterré des sachets de thé vert Pyramide Lipton (pourquoi citer la marque ici? Est-ce quelle a une importance dans ce test ?). « Il s’agit d’une autre méthode pour évaluer la capacité d’un sol à décomposer la matière organique, précise Clémence Boutfol. Nous avons calculé le taux de dégradation du contenu du sachet que nous avons comparé à celui du slip. »

Une fois déterrés, les slips ont été classés en trois états : peu, moyennement et très dégradés. La couleur et les odeurs ont aussi été observées. Des ronds noirs correspondent ainsi à des tâches d’oxydation. Elles révèlent que trop d’eau stagnent dans les sols.

Les slips les plus dégradés ont été retrouvés dans les parcelles enherbées régulièrement de la matière organique sous forme de broyage de résidus de taille, de composts, d’amendement… Les sachets de thé les plus dégradés ont été retrouvés sur ces mêmes parcelles. Il y a cependant des exceptions à la règle.

Des slips ont été exhumés presqu’intacts dans des vignes enherbées et conduites en bio. La chambre d’agriculture a mis ce résultat en relation avec la structure du sol compact et argileux. « Ce test n’a pas vocation à se substituer aux analyses, souligne Clémence Boutfol. Mais, il donne une idée de l’état du sol à l’instant T. » Il va être reconduit dans les années à venir pour affiner les résultats.

Mes commentaires

C’est un test aussi intéressant qu’amusant. Est-ce que le bio lave plus blanc que blanc alors? Les résultats démontre que non, pas nécessairement (voir le dernier paragraphe), mais avec les réserves citées à propos de la structure du sol.

Je pense aussi que cette structure est un élément capital dans l’apport de tel ou tel type de sol à la vigne, ainsi que la présence de matière organique, et cela au moins autant que la nature géologique précise du sol. Il est aussi évident que la pluviométrie locale pendant la période du test fera varier les résultats. Un sol vivant et bien drainé, ayant aussi une bonne capacité capillaire afin de permettre une remontée d’humidité pendant des périodes de sécheresse, aura plus d’effet sur les caractéristiques et la qualité des raisins que le fait que le sous-sol soit de granit, de schiste, de calcaire ou d’autres types de formation de la roche. Quant à l’âge des ces formations, dont certains documents nous abreuvent, la vigne s’en fiche éperdument.

David Cobbold

11 réflexions sur “Le test du slip, or testing soil with undies

  1. Jean-François Soubies

    Conclusion : « Là où il y a trop de Cu, on retrouve du slip ».
    Ce qui vient sérieusement mettre en cause les théories « naturistes », non ?!?!?!

    J'aime

    1. Philippe Pouchin

      Chapeau, belle ellipse !

      « Les slips les plus dégradés ont été retrouvés dans les parcelles enherbées régulièrement de la matière organique sous forme de broyage de résidus de taille, de composts, d’amendement… »

      … cela n’est pas précisé, mais il se pourrait qu’elles soient en bio. Quoi qu’il en soit je ne comprends pas le raccourcis ultra rapide avec le Cu, mais c’est vrai que je n’ai de problème ni avec le bio, ni avec l’enherbement.

      J'aime

    1. Jean -François Soubies

      A billet amusant, commentaire (qui se voulait ) amusé!
      Mais bon j’avais oublié qu’en cette période de réhomologation, le sujet sent le soufre…(substance qui elle est classée « produit de bio controle » ;-))).
      Bonne soirée.

      J'aime

  2. C’est quoi « trop de cuivre ? »
    + une autre interrogation pour Soubies :
    1 kg de sulfate de cuivre (15% de CU) + 1 kg de glyphosate (ou un autre pesticide CMR ou perturbateur endocrinien) = 2 kg de pesticides ?
    de quoi mettre en cause les théorises simplistes mais efficaces pour justifier certains excès… de langage

    J'aime

  3. Je ne sais pas ce qui constitue « trop » de cuivre, ni d’ailleurs « trop » d’une autre substance. Je pense que cela dépendra de la situation, de l’usage et du dosage de la substance en question. Le principale ingrédient toxique de l’amanite phalloïde, appelé α-amanitin, fait son business à très faible intensité et vous tue ou démolit votre foie. Mais c’est un produit entièrement « naturel ». Faut-il l’encourager ? Le cuivre est un métal lourd, introduit dans le vignoble par l’homme pour traiter des maladies de la vigne, mais qui peut aussi être toxique, selon la dose bien entendu. Il ne se dégrade que très lentement dans le sol.Il y a des excès de langage partout, mais il y a aussi de schémas de pensée simplistes.

    J'aime

    1. Philippe Pouchin

      « schémas de pensée simplistes » … si dit également de ceux qui dégainent sans raisonner leur 49.3 au sujet du cuivre.
      Prenez en compte messieurs que justement l’enherbement permet de diminuer les doses de cuivre très en dessous de la dose autorisée, mais, que de surcroît, il minimise son impact dans le sol.
      « Le cuivre se lie très rapidement aux carbonates et à la matière organique.
      On le retrouve donc principalement dans les vingt premiers centimètres du sol. Il n’y a pas d’enrichissement en profondeur. On retrouve cela dans tous les sols pourvus d’un couvert organique suffisant. Sur un sol nu, le cuivre a davantage tendance à descendre plus en profondeur ou à être mobilisé par le ruissellement lors des épisodes pluvieux » source Gwenaël Imfeld – La Vigne décembre 2016

      J'aime

  4. georgestruc

    En vente depuis peu : des slips  » collector  » peu dégradés provenant des terres trop riches en argiles ; peuvent être portés (note du vendeur), mais sans garantie vis à vis des irritations susceptibles de survenir à cause du Cu du sol et des collemboles (pas de pot s’il y en a).

    Trop de cuivre ? première chose, le cuivre ne se dégrade pas ; il s’agit d’un métal qui conserve ses caractéristiques et va se fixer sur les argiles ou les particules fines, ou encore sur la matière organique. Le ministère de la santé considère qu’une eau reste potable pour des teneurs de 2 mg/litre ce qui est très élevé (nos canalisations en cuivre en relarguent en permanence). La présence et la toxicologie du cuivre dans les sols ont été bien étudiées. C’est un métal indispensable à la vie des plantes. Lenoir 2011 :  » le cuivre est présent dans des enzymes impliquées notamment dans la respiration cellulaire, la défense contre les radicaux libres, les fonctions de neurotransmission, la biosynthèse des tissus conjonctifs et le métabolisme du fer dans les cellules. C’est un cofacteur qui confère aux enzymes leur structure allostérique appropriée à leur activité catalytique. » Cependant, il est vrai que les excès conduisent à une mauvaise absorption des composés organiques et minéraux, ce qui se traduit par des carences visibles au niveau des parties aériennes des plantes.

    Le rapport de ces « expériences » contient des choses à hurler de rire : « Des slips ont été exhumés presqu’intacts dans des vignes enherbées et conduites en bio. La chambre d’agriculture a mis ce résultat en relation avec la structure du sol compact et argileux » ; les gars, il faudrait que vous alliez simplement voir comment le système radicellaire se comporte dans les sols argileux et vous comprendriez à quel point précis il faut faire des prélèvements pour analyses.

    Pour en tirer quelque chose de cohérent, c’est coton leur expérience !

    David, je le dis désormais haut et fort : la vigne conduite en hydroponie est l’avenir du vignoble mondial ; soilexit partout !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.