Moldavie, du vin, de l’histoire

La Moldavie s’enorgueillit de faire du vin depuis aussi longtemps que la Géorgie et l’Arménie, soit quelque 5.000 ans avant JC. Et d’être passée par tous les mêmes stades historiques de conquêtes, d’occupations et de restaurations.

Après la période soviétique, à l’indépendance, en 1991, la viticulture moldave a dû se restructurer pour passer d’une production de masse à une viticulture plus qualitative. Cela ne s’est pas fait en un tour de main et d’ailleurs cela dure encore. Pour y parvenir, le privé et l’état se sont entendus pour évoluer en chœur. Le pays s’est doté d’une série d’institutions vinicoles pour gérer les 128.000 ha de vignes. Comme dans tous les pays qui renaissent à la vigne de qualité, le premier réflexe est de planter des cépages internationaux, Chardonnay, Sauvignon, Cabernet Sauvignon et Merlot en tête. Mais plus récemment, on note une remise en valeur des variétés autochtones, qui va de pair avec la recherche d’identité.

Mais proposer aux marchés extérieurs des Feteasca Alba ou Neagra s’avère plus compliqué. C’est pourquoi leur avancée reste assez lente, mais continue. Sans oublier les recherches sur les cépages résistants qui commencent à connaître un intérêt grandissant auprès des viticulteurs. Aujourd’hui, sur les 128.000 ha plantés, 74.200 le sont en cépages « européens » comme disent les Moldaves.

Le pays se partage en trois régions viticoles. Codru, au nord, est la plus étendue, mais aussi la moins plantée, avec 318 ha. Son relief est vallonné et son climat continental. Stefan Vodà, en-dessous de Codru et vers l’est, compte 1065 ha; son climat est influencé par la mer Noire, avec plus de précipitations, un relief plus plat agrémenté de quelques collines vers le Nord. Enfin, à l’extrême sud-ouest, Valul Lui Traian est une région assez plate qui reste très naturelle, au climat influencé à la fois par la Mer Noire et la Méditerranée. C’est aussi la plus plantée, avec 3.177 ha.

Quant au mot de Divin, il renvoie au brandy local.

Reste à déguster quelques exemplaires de cette viticulture peu connue. Une large dégustation était organisée à Chisinau, en voici quelques morceaux choisis.

J’ai commencé par les soiuri autochtone, soit, en français, par les cépages autochtones.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout d’abord une belle série de Feteasca élaborées par l’office national de la vigne et du vin. Toutes les bouteilles du millésime 2018 montrent que le cépage possède un joli potentiel, peut être très élégant avec un fruité velouté, des tanins fins et une longueur épicée, sans oublier la fraîcheur.

 

 

 

Feteasca Neagra 2016 Vinaria Vale

Grenat carminé, un nez intense d’airelle, d’aiguilles de pin, un léger toasté. Bouche ample et suave avec une certaine douceur, la trame tannique veloutée et juteuse de cassis et de mûre, finale épicée. www.vinaria.md

Negre 2017 Fáutor

 

Grenat moyen, le nez épicé de cannelle qui souligne la cerise confite mouillée de marasquin. La bouche par contre assez austère aux tanins très serrés qui contraste avec les impressions nasales. Heureusement un jus qui coule à flot, frais, fruité et épicé. Du potentiel. www.fautor.md

Du même en blanc Feteasca Regala 2017 jaune lumineux, nez assez exotique d’ananas et de mangue avec tout de la pomme croquante bien poivrée, bouche onctueuse avec une petite amertume rafraîchissante, longueur épicée.

Negru de Purcari 2016 Purcari

Rubis pourpre, le nez comme un toast léger nappé de confiture de burlat, fraise et mûre, épicée de poivre noir avec un soupçon de safran. Bouche ample avec beaucoup de présence, les tanins veloutés souligné de la délicate amertume de la réglisse qui apporte de la fraîcheur au fruité bien mûr. Du potentiel. www.purcari.wine

Feteasca Alba 2018 Salcuta

Jaune doré, je rappelle que alb ou alba veut dire blanc, nez discret de plantes aromatiques, sauge, thym, qui viennent parfumer la chair de pomme douce et d’ananas. Un poil de carbonique, une pointe de sel, des fruits blancs soulignés d’un trait de gentiane, finale très poivrée, un blanc de caractère. www.salcutawine.md

Classic Feteasca Alba 2018 Castel Mimi

Blanc vert, nez de pâtes de nèfle et d’amande relevées de poivre blanc. Bouche croquante au goût de pêche blanche et de poire croquante, une note saline, une belle présence, et l’amertume de la réglisse qui renforce la fraîcheur. www.castelmimi.md

J’ai moins apprécié les vins à base de cépages internationaux; trop souvent, l’abus de maturité rend cette production semblable à du bas de gamme chilien, un peu mou et bien tartriqué. Par contre, durant quelques visites quelques domaines nous ont fait déguster de jolis vins et surtout lors d’une dégustation  dans un wine bar de Chisinau, la sélection de vins de petits producteurs nous tous enchanté.

Je vous en parlerai dans un prochain article.

La revedere

 

Marco

 

2 réflexions sur “Moldavie, du vin, de l’histoire

  1. georgestruc

    Merci Marco, de parler de ces viticulteurs valeureux qui sortent d’une longue période de marasme sous régime communiste.
    Ils ont des racines historiques magnifiques, des cépages autochtones de bonne qualité ; tous les ingrédients sont présents pour nourrir une belle renaissance.

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : Pour fêter dignement le jour du vin… de Moldavie – Chroniques Vineuses

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