Sécheresse et biodynamie

Dans un numéro récent de la très professionnelle revue The Buyer, Gérard Bertrand explique que les traitements biodynamiques qu’il fait apporter sur le feuillage de ses vignes leur ont permis de mieux faire face aux épisodes de sécheresse de cet été 2019.

Je cite: « Our vines did not suffer that much from the heat wave for several reasons: first we are relatively far from the Gard – the epicentre of this weather phenomenon; we also farm our vines with biodynamic practices and, as a result, they benefit from applications of preparations such as horn dung and herbal tea on the foliage that stimulate the physiology and vitality of our vine stocks. And we take care to limit the treatments (sulphur) that can burn the foliage during heat waves. The rainfall deficit this year generates water stress on the soils and limits the “filling” of the grapes. But, on this phenomenon again, biodynamics is key to help the vines adapt themselves to the weather condition. As far as we know now, this will not affect the volume we are expecting and, a few days before we start harvesting, the 2019 vintage promises to be of a very high quality! »

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Comme je n’ai pas la compétence scientifique pour expliquer cet effet protecteur, cette meilleure adaptation de la vigne, j’aimerais lancer ici même un appel à plus savant que moi.

Comment ça marche? Et à quelle dose? Combien de temps la protection agit-elle? Il y a-t-il des moments particuliers où il faut appliquer ces traitements, lorsque l’on redoute une sécheresse? Un ordre particulier dans les applications?

Question subsidiaire, pourrait-on employer les même méthodes sur des vignes qui ne sont pas conduites en biodynamie, ou bien cela fait-il partie d’un ensemble?

Merci d’avance.

Hervé Lalau

49 réflexions sur “Sécheresse et biodynamie

  1. jean-marie PAUL

    En espérant qu’il n’y a aucune ironie dans ce billet car il ne faut pas mettre en doute la parole du grand druide qui connait les potions magiques .

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  2. Per Karlsson, BKWine

    No, obviously no irony…

    But if you did venture out to talk to some biodynamic winegrowers (but do avoid Joly, please) you will hear that story frequently. Nothing special with Bertrand in this case. Many say that their biodynamic vineyards manage water-stress better and are also more resistant against diseases (and thus need less pesticides). So there’s nothing unique or unusual in what Bertrand says here.

    If it is true, or how it works, I have no idea.

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  3. georgestruc

    Les pratiques de traitement de la biodynamie, en particulier les infusions de divers plantes, ont un effet incontestable sur la résistance de la vigne, essentiellement aux attaques cryptogamiques ; les attaques d’insectes ou arachnides sont plus difficiles à juguler. En période de stress hydrique, une telle vigne résistera mieux, ce que dit Per Karlsson fort justement ; mais attention : Bertrand parle de deux choses : la qualité de la vendange et son volume (this will not affect the volume we are expecting) et là, nous sortons de la capacité de résistance de la vigne en phase de stress hydrique
    Il faut tout de même revenir à des équations simples : la capacité du sous-sol à livrer de l’eau relève d’une valeur finie ; aucune action au monde ne peut donner à la plante la capacité de prélever plus d’eau que n’en contient la porosité utile du sous-sol, sauf à imaginer que de l’eau est synthétisée, grâce aux radicelles biodynamisées, par un procédé physico-chimique encore inconnu sur notre planète.
    Cette année, partout dans le Sud la vendange possède une qualité exceptionnelle, mais les grains sont de petite taille, les peaux épaississent, et les volumes diminuent de jour en jour sous l’effet d’un vent desséchant qui concentre le jus ; j’ai visité cette semaine quantité de vignes cultivées en bio et en biodynamie ; mêmes constats partout : très faible récolte ; résultat : beaucoup de vignerons vendangent des raisins dont la maturité n’est pas aboutie, afin de rentrer en cave des volumes pas trop faibles après les années 2017 et 2018 qui ont été marquées par de très petites productions.

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    1. Rigaux Jacky

      Comme l’écrit Georges, les attaques d’insectes sont plus difficiles à juguler. L’occasion de rappeler que les bio-dynamistes observent et respectent la nature.Par exemple Ted Lemon, chef de file de la bio-dynamie en Californie, replante les haies, car il sait (il travaille avec un scientifique, biologiste) qu’il y a dans les haies une faune et une flore différentes de celles des forêts et qui ont leur importance, en particulier pour manger les insectes ravageurs de la vigne. Bruno Clavelier, de Vosne-Romanée ( qui accueille volontiers les vignerons qui veulent s’engager en bio-dynamite) veille à ce que les différentes chauve-souris qui mangent à leur heure différents insectes indésirables disposent de l’environnement qui leur convient. C’est vrai, comme je le rappelle dans un papier paru dans Anthocyanes, que les bio-dynamistes renouent avec des savoirs oubliés et redynamisent de bonnes pratiques ancestrales. La philosophie bio-dynamiste ne se résume pas aux préparats et tisanes dans lesquels on voudrait l’enfermer. N’oublions pas, en particulier, les composts…. (Une version courte de mon texte sur la bio-dynamite sortira prochainement dans la revue suisse Vinifera

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      1. Rigaux Jacky

        Et les vrais bio-dynamistes se forment, se cultivent, échangent sur leurs pratiques.Ils connaissent par exemple, le livre de
        Ducerf sur les plantes indicatrices…

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      2. georgestruc

        Bien d’accord, Jacky : mettre en avant, pour mieux les fustiger, les préparats et tisanes, masque ce qui relève des aspects les plus fondamentaux de la biodynamie : une approche naturaliste des relations entre nos plantes cultivées et leur environnement, une écoute des messages que les plantes nous livrent, à travers leur comportement, et enfin une gestion fructueuse des sols, lieux où se déroulent des phénomènes d’échanges majeurs.

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    1. RIGAUX Jacky

      Toujours intéressant cher Hervé d’ouvrir des échanges autour de la bio-dynamie. On entend (et lit) souvent que la bio-dynamie ne relève pas de la science. Or, ses pratiques relèvent autant de la rationalité que les pratiques de la viticulture dite conventionnelle. Ce qui fait débat, c’est que les pratiques bio-dynamiques relèvent d’une rationalité dialectique et non d’une rationalité objectivante. Débat déjà ancien qui opposa Pasteur à Claude Bernard. En forçant le trait, Claude Bernard aimait à dire que le microbe n’est rien, le terrain est tout. Benveniste, en cancérologie, ouvre le même type de débat, en parlant de molécules informationnelles plutôt que d’hormones.
      Avec la bio-dynamie, et d’une manière générale dans toute pratique issue d’une rationalité dialectique, ce n’est pas l’élément, la molécule, le microbe, l’atome,l’hormone, etc… le plus important, c’est la circulation entre les éléments le plus important. Ainsi, en bio-dynamie, l’énergie prime sur l’élément amené à la plante ou au sol. On sait beaucoup de choses grâce à la physique quantique, mais il est vrai que la recherche contemporaine ne se préoccupe guère de chercher à comprendre ce qui se passe dans les pratique bio-dynamiques. (L’agronomie contemporaine ne relève que de la rationalité objectivante). C’est bien dommage. Comme l’évoque l’ami Georges, il existe des phénomènes encore inconnus sur cette planète. N’oublions jamais que la nature fonctionnait avant que l’homme n’en connaisse les lois pour s’autoriser à intervenir sur elle ! Nous savons aujourd’hui que l’homme, en intervenant sur la nature, contribue à la perturber considérablement. Les bio-dynamistes, en activant des processus que les sciences objectivantes ne comprennent pas, réussissent mieux que les vignerons et agriculteurs en conventionnels, et en respectant la nature. Si on a un peu de bon sens, on ne peut que s’en réjouir.

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  4. saintphilbert

    Allez soyons mauvais… j’ai un peu de mal à imaginer ce que quelques grammes de bouses ou de silice voire certaines plantes de tisanes peuvent faire à la plusieurs hectares de vigne. En revanche, ce qui contient ces produits (c’est à dire de l’eau – certes dynamisé), et pulvérisé dans les vignes, ça je sais que ça doit faire du bien à la vigne en période de sécheresse. Si je ne trompe, la pratique agronomique doit s’appeler de « l’arrosage », je crois ; certes il est léger, mais multiplié, ça doit avoir un petit impact salvateur sur la vigne…

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    1. georgestruc

      Les volumes d’eau mis en jeu lors de ces pulvérisations sont ridiculement faibles ; ils ne peuvent être assimilés à de l’arrosage.

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  5. afuster

    Un propriétaire viticole a fait le choix de la biodynamie
    Il trouve que ses vignes résistent bien à la sécheresse
    Il en conclut que la biodynamie renforce la résistance des vignes, en particulier en cas de sécheresse.

    Vous air-je déjà parlé de mon lointain ancêtre navigateur ?
    Il assurait la ligne Babylone – Thebes
    Il était convaincu que la Terre était plate.
    Il arrivait systématiquement à bon port, faisant ainsi la preuve de l’exactitude de ses convictions : la Terre est plate.

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    1. Un commentaire qui ne fait pas avancer la réflexion sur la question essentielle : la bio-dynamie relève-t-elle de la rationalité , Ce que je défends : elle relève bien de la rationalité, mais de la rationalité dialectique. On peut en discuter. Comme la tension entre Claude Bernard (rationalité dialectique) et Pasteur (rationalité objectivante) est féconde, la tension entre pratiques bio-dynamiques respectueuses des équilibres naturels de la nature (rationalité dialectique) et pratiques agronomiques conventionnelles sources de dysfonctionnements de la nature, est également féconde. Tout simplement.

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      1. afuster

        Mon commentaire qui, selon vous ne sert à rien, est là pour dénoncer une pseudo logique en forme de syllogisme foireux que l’on peut résumer ainsi :

        1. Je suis convaincu qu’un postulat est une vérité avérée
        2. Je mets en place des actions en revendiquant le dit postulat
        3. J’observe les résultats obtenus et je les trouve remarquables
        4. J’en conclus que c’est une preuve supplémentaire de l’exactitude de mes convictions.

        Libre à vous de penser qu’il est inutile de relever ceci. Ce n’est pas mon avis. Nous voici bien avancés.

        Pour le reste : écrivez donc ce que vous voulez sur le net, cela m’indiffère. Nous avons longuement échangé par le passé, il en reste des traces, je ne vois donc pas l’intérêt d’en remettre une couche.

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  6. Philippe Pouchin

    Bonjour
    Toute pratique bien menée, en biodynamie ou bio tout court, renforçant le volume et la qualité de la matière organique, vivante ou morte, améliore la capacité du sol à retenir l’eau (eau libre ou liée à de la matière organique)
    Dis autrement; Quel que soit l’état du sol, en Europe, de l’eau est présente. Il faut (juste) apprendre à la plante à « aller chercher l’eau existante », alors que les pratiques actuelles ont plutôt tendance à apporter de l’eau à la plante ce qui est très coûteux et affecte ce bien commun qu’est l’eau douce.
    « Aller chercher l’eau existante » demande à repenser l’ensemble de ses pratiques (taille, écimage, entretien du sol, fumure) car toutes ont à voir avec le développement racinaire.

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    1. georgestruc

      Une minute : lors de la recharge du sol grâce aux précipitations atmosphériques (ce fut le cas dans le Sud pendant l’Automne 2018) le volume d’eau emmagasiné dans la porosité utile (qui exclut l’eau absorbée -épaisseur de 2/10ème de micron à la surface des grains-, impossible à mobiliser sauf avec des moyens physiques très puissants -200 000 g ainsi que l’eau pelliculaire) est constituée d’eau de rétention et d’eau gravitaire. La première est liée aux corps solides du sol et n’est pas mobilisable (statut identique à l’eau adsorbée -liaisons électriques puissantes). La dernière est mobile, sous l’effet de la gravité et de l’ascension capillaire. Si aucune nouvelle recharge n’intervient, le volume initialement stocké étant fini, le stress s’installe et aucune force physique ou physico-biologique n’y peut rien. Seule l’eau existante peut être accessible pour les plantes. Que les vignerons soucieux d’établir des vignes résistantes agissent, depuis la plantation, afin que le système racinaire aille, en profondeur, développer des radicelles et leur complexe mycorhizien est une chose (cf. ce qu’écrit Philippe Pouchin), mais cela ne résoudra pas le volume d’eau disponible !! Et ce ne sont pas des pulvérisations de tisanes qui vont donner à la plante la force de trouver de l’eau qui est absente…Un peu de logique et de simple bon sens, s’il vous plait. Les caractères physiques de l’eau sont connus depuis très longtemps et rien, au cours des dernières décennies, n’est venu les modifier alors que nous possédons des moyens d’investigation d’une extrême puissance.
      L’irrigation, également évoquée par Philippe Pouchin, est une pratique qui possède le désavantage de favoriser, tout le monde le sait, la mise en place d’un réseau racinaire situé assez près du sol, ce qui rend la plante avide d’eau (une sorte d’addiction…). En revanche, sauver un jeune plantier de la mort en lui donnant de quoi survivre en attendant des jours meilleurs est une action salutaire.

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      1. Philippe Pouchin

        Merci M Truc
        Il y a tout de même des moyens d’agir.
        Si comme le dit Georges Truc :
        « Si aucune nouvelle recharge n’intervient, le volume initialement stocké étant fini »
        Il y a tout de même moyen d’agir sur ce stock en agissant sur certains paramètres.
        En premier lieu la couverture ; un sol enherbé « «capture » et stocke beaucoup plus d’eau qu’un sol labouré. J’ai lu quelque part que le rapport pourrait être de 1 à 50, mais c’est à vérifier et dépend bien sur des conditions du milieu.
        Ensuite la quantité de matière organique, ne jamais oublier que l’eau circule dans le sol sous au moins deux formes : intégrée dans les organismes vivants, et donc disponible à d’autres organismes, par symbiose, ingestion, voyageant au gré des aventures entre le monde animal et le monde végétal ( macro, micro faune et hyphes fongiques) et bien sur sous forme libre, mais ce n’est certainement pas la forme la plus répandue, en tout cas dans le sud. Vivante ou morte la matière organique possède parmi toutes ses qualités, celle de retenir l’eau.
        Mettre la vigne en état d’aller chercher ce «stock » consiste à agir également sur la taille et surtout sur l’écimage qui, et c’est contre intuitif, favorise la circulation de l’eau dans la plante en favorisant l’effet «pompe » du feuillage. Donc favorise la demande en eau et le développement racinaire.
        Bien coordonnés, les effets cumulés de toutes ces pratiques favorisent la rétention et l’optimisation du stock d’eau pluviale.
        Dans ce contexte, la biodynamie en favorisant la matière organique et donc les sols vivants, produit les mêmes effets.
        A l’inverse bien sur, tout produit de synthèse qui viendrait perturber le stock de matière organique, perturberait également sa capacité de rétention.

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  7. On peut lire ça et là que la biodynamie serait en avance sur la science, qui n’aurait pas encore développé les outils pour l’expliquer. Dans certains cas, cependant, on constate que la science a bel et bien assez outils pour réfuter les thèses de son grand théoricien.

    Rudolf Steiner, morceaux choisis:

    Sur le fait que Mars est une planète liquide :

    « […] Songez maintenant que la consistance de Mars n’est pas aussi solide que celle de la Terre, Mars n’a pas de partie solide. Or, Messieurs, j’ai évoqué, il y a quelques temps, le fait que la Terre était autrefois également dans un état où elle n’avait pas de minéral. Le minéral solide ne s’est formé qu’ultérieurement. Des animaux géants y vivaient sans avoir encore de squelette osseux. Mars est aujourd’hui dans un état similaire. Il héberge également des animaux dont la forme est celle des animaux terrestres d’autrefois, et les êtres humains sont sur Mars comme autrefois sur Terre, sans os, comme je vous les ai décrits. C’est une chose que l’on peut savoir. Mais on ne le peut pas par les moyens de la connaissance dont disposent les sciences naturelles. Si on désire se faire une image de l’aspect actuel de Mars, il faut s’imaginer la Terre à une époque antérieure. Voyez-vous, nous avons aujourd’hui les courants aériens alizés nord-sud. Autrefois ces courants étaient plus visqueux, plus liquides. C’est le cas aujourd’hui sur Mars. Ces courants sont sur Mars plus vivants, plus liquides que nos courants aériens. »
    Rudolf Steiner, Création du monde et de l’homme – GA 354 – Dornach, 9 septembre 1924

    Sur le fait que la Lune est faîte de corne solidifiée :

    « La Lune par contre, ayant à l’extérieur une couche de liquide épais et à l’intérieur la composante gazeuse épaisse, forma à sa surface la croûte cornée coriace que nous voyons en levant les yeux sur elle. Cette croûte n’est pas comme nos minéraux, elle est comme si notre règne minéral était devenu de la corne, vitrifiée et plus dure que toute corne que nous connaissons sur Terre, mais moins dure toute fois que notre minéral, c’est une corne. C’est pourquoi la Lune est si étrange. Ses montagnes étranges sont faites de corne solidifiée. Ce sont des formes qui permettent de reconnaître en elles la substance organique qui était autrefois en lien avec la vie. »
    Rudolf Steiner, Création du monde et de l’homme, GA 354 –3 juillet 1924, EAR, p. 49]

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    1. Philippe Pouchin

      Pour l’observateur que je suis de l’agroécologie telle qu’elle opère sous nos yeux, la science ne perd pas son temps à expliquer la biodynamie, et je ne vois aucun intervenant sérieux dans le domaine des sols vivants affirmer que la biodynamie est en avance sur quoi que ce soit, ou alors ça m’a échappé.
      cf : [https://paysages-in-marciac.fr/]

      Les découvertes récentes sur la vie des sols, les symbioses champignons/bactéries/plantes relègue pour moi la biodynamie au rang d’une ressource comme une autre pour expliquer ce qu’empiriquement les agriculteurs constatent et qui ne rentre pas dans les cases de l’agronomie officielle, et c’est déjà pas mal.
      Problème, la biodynamie s’est crispée autour d’une « dialectique » sur laquelle on peut discuter des heures, mais du coup elle en devient dogmatique, donc figée.
      Le regard nouveau que nous portons sur les plantes et nos relations avec elle, ce regard lui évolue sans cesse et il a fait de grands pas dans les cinq dernières années.
      Au regards des enjeux qui s’annoncent, les agriculteurs on besoin de solutions et ils ont besoin de les intégrer dans des *systèmes* qu’ils puissent au moins en parti comprendre faute de pouvoir les maîtriser. Les opérateurs on donc besoin de RESSOURCES, pour cela il faut s’adosser ET sur les observations de terrain, ET sur les ressources nouvelles que nous offre la science qui, mine de rien, opèrent un schisme au sein de la science officielle plus silencieux mais au moins aussi important et plus fécond que celui de la biodynamie, surtout parce qu’il est en mouvement.

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      1. georgestruc

        Réponse à votre intervention du 8/09 à 19 h 17. Toutes choses étant égales, à savoir un sol convenablement géré (matière organique, compost, enherbement, bonne pratiques biodynamiques, etc…) une année pauvre en précipitations atmosphériques va conduire à un stockage beaucoup plus faible que celui d’une année normalement dotée en précipitations ; donc pas de miracle !! moins d’eau = moins de poids de baies, maturités bloquées, etc…Prétendre qu’une pratique biodynamique peut compenser un volume d’eau manquant est un mensonge pesant.
        Dans le sud, la somme des pluies 2019 est actuellement de 300 mm, contre 700 mm une année normale. Cherchez l’erreur : tous les vignerons, en biodynamie ou pas, constatent un plus ou moins grave déficit relatif à la quantité de raisins, l’existence de baies plus petites et des maturités non abouties malgré la concentration en sucre qui prédit des degrés d’alcool assez élevés.
        Autre chose : l’infiltration de l’eau dans les sols ; ce sont des données connues et mesurées depuis très longtemps ; le rapport de 1 à 50 que vous mentionnez est totalement utopique. Un sol nu graveleux emmagasine un pourcentage très élevé de pluie efficace (l’eau qui entre dans le sol et migre vers le sous-sol) ; un sol sableux grossier, également ; un sol nu argilo-limoneux se montre défavorable parce qu’il engendre du ruissellement ; dans le cas d’un couvert végétal, tout dépend s’il s’agit d’un milieu ouvert ou forestier. L’idée selon laquelle un sol couvert favorise l’emmagasinent est hélas fausse, sauf dans le cas d’un sol riche en particules fines (silts et argiles) situation qui réclame la mise en place d’un frein à l’érosion. Ne pas oublier que l’enherbement prélève sa part sous forme d’évapotranspiration….et cela peut représenter des volumes conséquents.
        Pour ce qui concerne l’écimage, si l’on veut que la vigne consomme de l’énergie à fabriquer de nouvelles pousses feuillues et des entrecœurs, c’est ce qu’il faut faire…En période d’économie d’énergie, en particulier celle imposée par le stress hydrique, ce n’est pas très recommandé…La pompe à solution fonctionne et se régule seule, en fonction des besoins de la totalité de la plante, satisfaits ou partiellement insatisfaits.

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  8. Per Karlsson, BKWine

    C’est très facile de ridiculiser la biodynamie avec des citations de Steiner ou autres (Joly…). Mais c’est peu constructif.

    C’est aussi facile de ridiculiser le christianisme (par exemple), ou bien de le montrer comme le plus inhumain que soit, avec des morceaux choisi des textes chrétiens.

    Les deux n’amène nulle part.

    En ce qui concerne la biodynamie, ce serait éventuellement plus constructif de faire un peu d’empirisme.

    Etant scientifique moi-même je n’ai pas vraiment de sympathie pour les croyances de la biodynamie. Mais j’ai beaucoup de respect pour les vignerons qui font des vins excellents et qui sont, eux, convaincus que c’est en partie due au travaux qu’ils font basés plus ou moins concrètement sur les « théories » ou pratiques de la biodynamie.

    Donc, ma position c’est que si eux ils y croient, et ils voient une différence, je leur laisse faire, sans me plaindre et sans les ridiculiser, même si j’ai du mal à croire, personnellement, aux principes.

    De même que je ne vois pas de raison de ridiculiser les personnes qui de temps en temps vont dans une église et font une petite prière. Si eux, ils veulent faire ça et ils pensent que cela fait du bien, qui suis-je de les contredire ?

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    1. Je suis sur la même ligne sur toi, Per. Mais pourquoi se réclament-ils d’un gourou aussi ridicule? Ils devraient trouver un autre nom, d’autres références, tu ne crois pas? Quant à leurs pratiques, je ne juge pas, je voudrais juste comprendre.

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      1. Per Karlsson, BKWine

        Oui, je veux aussi en générale comprendre. Surtout dans un monde ou la science semble compter de moins en moins. Mais peut-être ne peut-on pas toujours comprendre. Comme par exemple, pourquoi un tel vin est meilleur qu’un autre. On peut avoir des indice, mais jamais une explication. Peut-être ça, c’est aussi l’une des charmes du vin ?

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      2. Jacky RIGAUX

        R Steiner initie une nouvelle pratique qu’on nomme bio-dynamie, c’est l’intérêt de son travail. Qu’il l’habille de considérations philosophiques que l’on peut qualifier d’ésotériques, pourquoi pas ? Claude Bernard, dans son livre La Médecine Expérimentale, développe tout un habillage philosophique qui est très loin de ce qu’il a initié avec sa découverte majeure de la fonction glycogénique du foie qui ouvre à la science des perspectives novatrices (l’organisation homéostasique…). Idem pour Monod avec Le Hasard et la Nécessité qui peut être très critiqué et contesté, mais son apport majeur à la science avec la célèbre hélice, est essentiel. Idem pour Freud, et avant lui pour Descartes qui met sur orbite la physique mécanique et qui écrit des choses tout à fait discutables par ailleurs…

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  9. georgestruc

    Jacky, la découverte de la double hélice de l’ADN est due, non pas à Monod, mais à James Watson et Francis Crick (1953).
    Steiner est un être complexe, un farfelu, ayant écrit des choses totalement fantaisistes (cf. ce que cite Hervé). Qui plus est, cela n’a rien d’ésotérique. La biodynamie consiste, dans la majorité des cas, à un retour vers des relations avec la plante et le vivant que l’homme met en pratique depuis des millénaires et que des « progrès » ont fait oublier. Les habillages dont on l’affuble sont pour le moins péjoratifs. Dommage. Pour ce qui concerne le Hasard et la Nécessité de Monod, force est de reconnaître que ce grand biologiste n’était pas très calé en matière d’évolution. Il n’a pas su voir (au sens le plus simple) la complexification du vivant depuis l’origine de la vie, ce qui est tout de même l’axe biologique majeur de ce qui passe sur notre planète ; il a préféré considérer, dans les phénomènes de l’évolution, la partie « loterie », qui fait que des mutations génétiques peuvent réussir, et d’autres pas du tout, ce qui est le moteur de l’évolution, donc le « hasard ». Mais ce sont des broutilles, face à la complexification…

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    1. Jacky RIGAUX

      Merci cher Georges de corriger ! J’évoquais ces grands noms de la science pour rappeler qu’il est toujours essentiel de distinguer ce qu’ils ont apporté au savoir de ce qu’ils peuvent en dire philosophiquement !

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  10. Patrick Baudouin

    Je pense qu’il faut davantage respecter la biodynamie, c’est-à-dire la reconnaître pour sa spécificité, pour ce qu’elle revendique, un occultisme. Le plus honnête pour cela est de lire le livre d’Ernst Hagemann, «Etres élémentaux Fondements spirituels de la biodynamie d’après Rudolf Steiner ». Nicolas Joly en a écrit la préface : « « La quête de qualité du viticulteur en agriculture biologique ou biodynamique sera beaucoup plus féconde s’il commence à entrer dans la compréhension de l’action des êtres élémentaux. Quand un bourgeon devient feuille, puis fleur, puis fruit, c’est un travail spécifique qui est à chaque fois mené par une catégorie précise de ces êtres élémentaux. L’action des préparats en biodynamie passe systématiquement par leur travail.
    Oubliés depuis des siècles, leur aspiration profonde est d’être à nouveau reconnus et compris. La profondeur, la subtilité d’un goût est leur œuvre, et pour cela il faut pouvoir les courtiser. S’adresser directement à eux, comme on le fait encore souvent dans certains pays asiatiques, permet un pas de plus vers le retour du sens profond des appellations dénuées de toute technologie.
    Le but de ce livre est d’avancer vers une agriculture comprise en tant qu’art ; art pour solliciter les forces précises dont la plante, la vigne a besoin jusqu’à la fructification. Comment parler de forces sans comprendre ceux qui les amènent, je veux dire les êtres élémentaux ? » Nicolas Joly
    R. Steiner n’écrivait pas autre chose dans son « avis au lecteur » introduisant aux «Cours aux agriculteurs » : ceux-ci ne sont compréhensibles qu’à ceux qui possèdent « la connaissance de l’enseignement anthroposophique sur l’homme et le cosmos et celle de l’histoire selon l’anthroposophie, telle qu’elle découle des communications provenant du monde de l’esprit »
    Il ne s’agit pas de se moquer de quiconque ou de quoi que ce soit. Le contenu des « cours » en lui-même se prête à un examen scientifique critique assez aisé, que ce soit sur la description du fonctionnement des planètes, de l’intestin de la vache, etc..Mais l’enjeu n’est pas là. La spécificité de la biodynamie, c’est que son fondement est l’anthroposophie, et non la recherche, par l’agrosystémie, la biodiversité, l’agroécologie, etc..d’une rupture positive et…dynamique ! avec l’agriculture dominante actuelle qui nous précipite vers la catastrophe. Il ne s’agit pas de réduire la biodynamie aux « préparats ». Mais quand on adhère à la biodynamie, la condition est de s’engager à pratiquer les préparats, qui n’ont d’autre justification, ainsi que l’expliquent leurs référents, que faire allégeance aux « êtres élémentaux utiles », qui font partie du « monde invisible», essentiellement les « gnomes, les ondines, les sylphes, et les salamandres ». Adhérer à la biodynamie, c’est adhérer à la vision anthroposophique, c’est explicite, pourquoi le nier ? Et cela fait partie de la liberté de penser.
    Personnellement, dans mes enjeux de vigneron, je ne suis pas dans une tentative de séduction des gentils lutins invisibles pour avancer. Je n’ai pas besoin d’eux pour essayer d’avoir une rationalité dialectique, je n’ai pas besoin de la « science de l’esprit » de Steiner pour répondre à tout prix aux multiples questions sans réponse (Ignorantia non est argumentum, Spinoza) je suis plus intéressé par les multiples recherches qui progressent sur la vie des sols, etc…je rejoins sur ce point Philippe Pouchin.
    Et quant aux vins, je pense que l’affirmation de M. Onfray, selon laquelle aucun vin en biodynamie ne serait buvable, est tout autant contestable, et dangereuse, que celle lue dans le n° de l’été de la RVF, selon laquelle les vins issus de la biodynamie seraient les meilleurs.

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  11. RomainM

    Bonjour,
    J’ai souvenir de photos de vignes grillées (dont certaines en Biodyn) qui ont fait le tour du net en juillet…
    Pour le reste, l’une des plus grosse différence directement et fréquemment observable entre des vignes en Bio (voir Biodyn) et des « non bio » ce sont les rendements. Déjà des vignes moins poussantes et moins chargées tendent à mieux supporter une contrainte hydrique.

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    1. georgestruc

      C’est une évidence ! Une question de bilan élémentaire : la plante dispose d’une fabrique d’énergie (la photosynthèse) et des solutions du sol et du sous-sol. Lui demander moins d’efforts consiste à pouvoir adapter ce qui est disponible (énergie + solution) à un rendement équilibré. Un ratio d’une simplicité confondante.

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      1. pphil13

        «(…) donc pas de miracle (…) » est une chose sur laquelle nous sommes d’accord. Moins sur le reste.  
        « Lui demander moins d’efforts consiste à pouvoir adapter ce qui est disponible (énergie + solution) à un rendement équilibré. Un ratio d’une simplicité confondante. »

        Si ce ratio est d’une simplicité confondante, vous allez me dire comment on doit régler les écimeuses pour enlever juste ce qui est nécessaire en fonction des disponibilités de l’année ? La plante par contre fait ça très bien, elle s’adapte à l’énergie du moment et laisse flétrir le feuillage en trop. J’ai fréquenté pas mal de vignerons qui avaient importé en Provence leurs méthodes d’Afrique du Nord et je peux vous garantir qu’ils ne cherchaient pas à adapter la plante à l’énergie disponible sous peine de tout perdre. D’ailleurs les avertissements agricoles, mais c’est récent, conseillent d’écimer le moins possible si l’année est supposée caniculaire, et ça le vigneron ne le sait souvent qu’après …
        Cà me rappelle une expérimentation sur la propriété que je conduisais alors dans le Sud. Un technicien Chambre d’Agriculture, le 30 juillet 1997 s’abritant du cagnard sous le feuillage d’un Cabernet-Sauvignon me dit d’un ton gêné, « heuh, Monsieur d’après nos calculs (pas rien les calculs ; sondes à neutron et autres viseur infra-rouge ) *votre vigne est morte* ! » « Bon mais vous voyez bien qu’elle n’est pas morte ! » répondis-je, « oui bien sur, il faut revoir nos modèles » Je m’en rappelle bien de cette phrase *revoir ses modèles* devrait être une loi constante pour tous les agriculteurs. Heureusement beaucoup le font.
        Gérard Ducerf m’a dit un jour qu’un enherbement créait un pseudo-sol dont les caractéristiques et physiques et chimiques étaient modifiées par rapport au sol d’origine. Ce phénomène je l’ai constaté pendant 22 ans de vie professionnelle.
        Pour revenir au débat :
        « L’idée selon laquelle un sol couvert favorise l’emmagasinent est hélas fausse »
        je ne suis là encore pas d’accord. Mes observation sont une chose, ce que dit la science en est une autre :
        https://www6.inra.fr/ciag/content/download/5383/41625/file/Vol38-8-Gary.pdf
        « L’enherbement des sols viticoles a des conséquences complexes sur la dynamique du bilan hydrique. Hors saison, il constitue un moyen efficace de valoriser les pluies d’automne et d’hiver pour reconstituer les réserves en eau du sol (…) Dans une étude conduite dans la région de Montpellier, Celette et al. (2008) ont montré que le surcroît d’infiltration hivernale pouvait compenser jusqu’à 60% du surcroît d’évapotranspiration au printemps »

        Seule chose que je regrette dans ces études que pourtant l’on constate dans la *vraie vie* c’est le rôle joué dans les interactions entre la faune du sol dans son sens le plus large (mycorhizes) et la vigne. Les techniciens(nes) qui décrivent les dynamiques hydriques évoquent trop rarement l’impact de la biodiversité dans les sols.
        Heureusement la science s’y met :

        //En milieu tempéré, parmi la macro faune du sol, les vers de terre sont reconnus comme ayant un impact majeur (Gobat et al, 2003) (…) leurs galeries jouent un rôle important dans le fonctionnement hydrique des sols car elles vont constituer des voies d’écoulement préférentiels pour l’eau et ses solutés. Ainsi dans mes années 1970, les travaux d’Ehlers (1975) portant sur l’effet de l’introduction de vers de terre montraient qu’en dix ans le taux d’infiltration avait augmenté de presque 50 % ( de 15 à 27 mm/h) [source : les sols et la vie souterraine, des enjeux majeurs en agroécologie, p99 et 100]//

        Ce qui manque à nos réflexions c’est le caractère dynamique de ce qui se passe dans les sols. Le technicien qui affirme qu’un sol grumeleux peut absorber ± 40mm/h de pluie oublie de dire que cette valeur décroît très rapidement si la pluie est forte.
        (LéonardetAndrieux,1998)(Salles et al., cevolume;Estèveset al., 2000)

        Par contre les sols sont plus résilients quand la biodiversité y est préservée …
        Il reste beaucoup à découvrir, nous nous sommes éloignés de la biodynamie sans pour autant être sorti du sujet. Cqfd ?

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  12. denisboireau

    @ Patrick: la biodynamie a beaucoup evolue depuis son fondement et il me semble bien que la majorite des vignerons actuellement en biodynamie ne sont pas des fervents de l’anthroposophie (qui n’est a mon sens qu’une enieme theosophie).
    Je ne suis pas sur que la biodynamie soit une science dialectique mais il est certain que c’est devenu une veritable technique empirique. On peut donc la developper comme toute science experimentale, sans besoin de bequilles philosophiques ou religieuses.
    Ressortir Steiner et l’anthroposophie ne peut que retarder le mouvement vers des utilisations plus efficaces du vivant par un respect global des equilibres. Il serait temps de refonder la biodynamie sur les bases de la dynamisation du vivant sans tout le fatras philosophique et esoterique qui a accompagne ses debuts.
    On pourrait au passage clarifier quelques principes qui differencient le bio du biody: ne pas travailler contre le vivant mais avec lui, approche holistique du vivant (ce qui repond a Herve: non une tisane ou un traitement seul n’a pas d’effet en dehors d’une approche globale), respect des rythmes de la nature (et oui, meme la lune!), etc.

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    1. Patrick Baudouin

      Bonjour Denis, je pense que c’est une erreur et une injustice profondes de vouloir séparer la biodynamie de l’anthroposophie, erreur qui va à l’encontre des fondements explicites et revendiqués à un certain niveau de la biodynamie. Il suffit de lire le texte que j’ai cité de Nicolas Joly, et aussi d’aller par exemple sur http://www.soin-de-la-terre.org/wp-content/uploads/Pr%C3%A9parations_biodynamiques_Goetheanum_c.pdf « Il s’agit d’accueillir, de retenir et de concentrer dans la bouse déjà porteuse de forces de vie dites éthériques, de forces de sensibilité appelées astrales et de « force-je » support de conscience et d’individualisation, des forces de même nature intensément présentes dans la froidure du sol hivernal » (Les préparations biodynamiques ed Goethanum 2014 page 4), et sur bien d’autres textes officiels pour le reconnaître. C’est très étrange cette recherche de certains de vouloir sortir la biodynamie de ses fondements en allant contre les déclarations, textes, congrès, officiels de la biodynamie et de l’anthroposophie. Tu parles du « fatras philosophique et ésoterique qui a accompagne ses debuts ». Mais ce « fatras » n’est pas le « début », c’est son fondement, et ça l’est toujours. Les préparats ne sont que de l’anthroposophie, c’est leur fondement revendiqué : « Dans son rapport rédigé à Dornach après le Cours aux agriculteurs, R Steiner parle de l’extraordinaire profondeur des mystères de la fertilisation. Je pense que ce mystère est à chercher dans la connaissance de l’essence de la matière. On ne peut accéder à cette connaissance que par l’intuition, qui est le degré de connaissance le plus élevé de la science spirituelle. C’est de cette connaissance de l’essence de la matière que sont nées les préparations ».. C’est dans https://www.bio-dynamie.org/wp-content/uploads/2018/06/Documentation_du_Congres_d_agriculture-2018.pdf
      donc tout à fait officiel. Comment nier ce qui est un document officiel de la biodynamie ? Je suis ami et j’aime les vins de très nombreux vignerons en biodynamie, et je pense aussi que la majorité ne sont pas, comme tu le dis, « des fervents de l’anthroposophie ». Je pense d’autant plus, au contraire de ce que tu dis, qu’il ne s’agit pas de sortir la biodynamie de l’anthroposophie, ou de R Steiner -c’est impossible, c’est consubstantiel- mais qu’il est plutôt possible -nécessaire pour moi- de sortir toute la recherche indispensable d’ une agronomie écosystémique , de cette anthroposophie qui repose sur une vision occultiste -ce qui n’est pas interdit, mais il faut simplement le savoir, qui engage à faire les préparats quand on fait des croix sur le bulletin d’adhésion. Je suis aussi assez étonné de voir des scientifiques revendiquer des protocoles et tenter des vérifications des pratiques de la biodynamie pour en éprouver ses bases, comme si l’apport en microorganismes de la bouse de corne dans la vie du sol pouvait être la preuve scientifique des « êtres élémentaux utiles » ? Le bio a été une étape, il y a d’autres réponses possibles aujourdhui, écosystémiques, écologiques, holistiques, commerciales, poétiques, spirituelles, que l’invocation consciente ou non des salamandres et autres sylphes…

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  13. Je n’avais pas lu ton texte du 17 septembre Patrick. C’est essentiel ce que tu écris. Toute pratique naît de quelque chose, que l’on nomme théorie, postulat, axiome… Aucune pratique ne tombe du ciel comme la rosée du matin. Même si cela dérange le savoir installé, la bio-dynamie, comme tu l’écris justement, est consubstantiellement liée à l’anthroposophie. La science officielle, ou plutôt « le savoir établi » transmis dans les institutions officielles, lycées agricoles, instituts universitaires d’oenologie…, continuent à nier « ce vivant invisible », alors que de nombreux scientifiques ne l’ont pas fait.Yves Roccard, physicien, en son temps écrivit : « La radiesthésie existe, puisque la matière est douée d’énergie, elle est douée d’intelligence et d’énergie ». Charles Richet (Prix Nobel de médecine et physiologie en 1913), écrivit : « Nous devons accepter la radiesthésie comme un fait. Il est inutile de faire des expériences pour prouver son existence. Elle existe. Ce qu’il faut maintenant, c’est en développer les possibilités. » Il n’y a plus le bûcher aujourd’hui pour se débarasser des scientifiques encombrant pour le savoir installé, mais il y a le placard ! Se rappeler de ce qu’il en est de la pourtant très grande avancée de « la mémoire de l’eau »…
    Comme le rappelle Bruno Quenioux dans son livre « La vie mytérieuse du vin » (2019), à lire sans modération : « L’eau porte tous les messages du terroir, qui se trouve sous et sur la terre. Tous ces messages sont des forces magnétiques unifiées dans l’eau. » (page 49)

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  14. Et j’ai oublié d’informer de la sortie de VINIFERA (revue suisse) dirigée par Jacques Perrin, qui vient de sortir un dossier particulièrement bien documenté, sur la bio-dynamie

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    1. afuster

      De grâce, Monsieur Rigaux : restez-en à ce que vous savez faire, le globiboulga prétentieux et prétendument érudit. Ne venez pas nous donner de leçons d’avancée de la science, surtout en prenant comme exemple cette imposture de la mémoire de l’eau!

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      1. Pour les moins de 40 ans
        Le gloubi-boulga était un gâteau assez immangeable (mélange de fraise, de chocolat, de saucisse et de moutarde forte), inventé par le créateur de L’Ile aux Enfants (1974-1982) – c’était le plat préféré du dinosaure Casimir. Par extension, il peut désigner un langage difficilement compréhensible.

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  15. Bonjour Jacky, je pense qu’il faut que je précise ma pensée : dans ce que j’ai écrit, je n’adhère absolument pas à la biodynamie, je ne pense pas du tout que la biodynamie, basée sur l’anthroposophie, donc sur un occultisme, ait quoique que ce soit à voir avec la science, ni avec une exploration hardie et visionnaire de l’inconnu. Ce que je pense, c’est que 90% des vignerons qui signent leur adhésion à la biodynamie ne savent pas, quand ils s’engagent à faire les préparats, qu’ils signent leur reconnaissance aux êtres élémentaux utiles -sylphes, gnomes, salamandres, ondines, relire mes références à N Joly et Hagerman- de s’être dévoués à la demande des Archaï pour créer notre misérable monde matériel, et qu’ainsi ils contribuent, avec la bouse de corne, silices et autres vortex à la bonne lune, à tenter de faire de nouveau se rapprocher notre misérable humanité des êtres cosmiques invisibles aux yeux des non-initiés. Il y a là une démarche qui pour moi n’est pas honnête : le bulletin d’adhésion devrait expliciter ce rapport entre les préparats et les fondements de l’anthroposophie. On a le droit de croire aux théories de Steiner sur Mars et le rapport entre le cosmos, les cornes et l’intestin des vaches, et à ses êtres invisibles, cela relève de la liberté de pensée et de croyance. Mais faire signer à des hommes et des femmes qui pensent s’engager pour l’écosystémie, l’agroécologie, un autre rapport hommes/biotope, etc…un contrat caché avec les êtres élémentaux utiles me semble très grave. La spécificité de la biodynamie n’est pas l’écologie etc…sa seule identité spécifique, c’est l’occultisme de Steiner. Si la biodynamie a un tel succès, c’est à mon avis qu’il y a un tel manque de réponse construite, cohérente, « officielle », au besoin de concevoir et mettre en oeuvre un autre rapport à la nature, à l’agriculture, qu’il y a captation de ce besoin par cet occultisme, qui n’a absolument rien amené spécifiquement de nouveau en la matière, à part le travail réel des vignerons et des résultats dus à leurs pratiques différentes, qui n’ont pas besoin des gnomes pour produire des effets positifs. La biodynamie n’a pas créé l’écologie ! (voir le livre d’Yvan Besson « les fondateurs de l’agriculture biologique » Ed Sang de la terre, entre autres). Quand j’écris qu’il faut davantage respecter la biodynamie, cela veut dire pour moi qu’il faut admettre que la biodynamie est un occultisme, ne pas vouloir la laïciser contre ses fondateurs et ses dirigeants. D’ailleurs, à lire Hageman, ou les interventions que je cite dans les congrès, je me dis qu’il y a également un vrai souci des organisations biodynamiques d’en affirmer les fondements anthroposophiques. Mais s’ils veulent aller au bout de la démarche, il faut compléter honnêtement le bulletin d’adhésion et les cases d’engagement à pratiquer les préparats par l’explicitation du lien indissoluble entre ces préparats et toute l’anthroposophie, en particulier les « êtres élémentaux utiles ». C’est une clarification qui me semble indispensable si l’on veut débattre de notre avenir avec tous les éléments. http://www.patrick-baudouin.com/LE-DOMAINE-PATRICK-BAUDOUIN-ET-LA.html?lang=fr

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    1. RIGAUX Jacky

      Ayant eu accès dès 1968 aux travaux de René Dumont, je me suis engagé quelques années plus tard aux côtés d’Henri Jayer et de Robert Lautel (et de quelques autres) dans ce que nous nommions « réveil des terroirs ». C’est ainsi que j’ai croisé la route de Claude Bourguignon dès son départ de l’INRA. J’ai eu également accès à ce qui s’enseignait à l’Ecole de Beaujeu. J’ai donc épousé très tôt les convictions qui te sont chères et que tu énumères parfaitement dans ta lettre du 15 août 2019. Il est toujours bon de les rappeler, car elles sont d’une actualité « brûlante ». (J’invite tout le monde à la lire). La bio-dynamie travaille à répondre à ces défis. D’accord avec toi, elle n’en a pas le monopole. Permaculture, agroforesterie, par exemple, sont aussi légitimes. Cependant, considérant les fondements de la bio-dynamie, il faut considérer « les êtres invisibles » dont parle R Steiner comme des métaphores du vivant invisible que le savoir installé s’efforce de nier. La vie est diverse et unie. Par ses préparats,en particulier, la bio-dynamie active la diversité de ces forces pour les unir au service de la plante en son écosystème.

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  16. RIGAUX Jacky

    Une phrase à méditer pour A Fuster s’il prend un peu de vacances pour sortir de ses certitudes :
    « Tout ce qui n’est pas accepté par les sciences, à un moment donné,semble irrationnel. Mais, inexorablement, l’explication viendra ».
    On ne peut pas comprendre le succès mondial de La Vie secrète des arbres de Peter Wohlleben, si on n’a pas cette humilité. Il y a une dizaine d’année, ce livre aurait laissé indifférent !

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    1. afuster

      Grosse fatigue
      Vous avez fait du rugby ? C’est vous qui bottiez en touche ?
      Vous avez du faire une belle carrière !

      Merci de vous inquiéter de ma méditation et de me proposer de la lecture.
      Mais je me contenterai juste de savoir ce qui vous permet d’écrire sans rire : « très grande avancée de la mémoire de l’eau « .
      Du concret hein ? Pas de l’enfumage.

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      1. Bonjour M. Fuster,
        Je pense que la question de la biodynamie, de l’anthroposophie, et de la recherche d’une viticulture alternative, agroécologique, correspondant à une vision d’avenir du rapport des humains à la nature est vraiment sérieuse, complexe, et nécessite un vrai débat argumenté et respectueux. Philosophiquement, comme du point de vue de l’agronomie, je pense m’être exprimé clairement sur la biodynamie, qui pour moi est un occultisme ne correspondant pas à ma vision du monde. Mais je pense aussi m’être exprimé de façon non polémique, argumentée, respectueuse. Je connais J Rigaux depuis des années, et je suis collègue, ami, de très nombreux vignerons se réclamant de la biodynamie, producteurs de très bons vins,et pratiquant essentiellement une viticulture de qualité. Je participe aussi depuis longtemps (Iacchos, 1998) à des forums sur le vin, et j’ai pu aussi mesurer les ravages que peuvent causer les contributions irrespectueuses, polémiques, hostiles, transformant des lieux d’échanges passionnants en joutes hurlantes et sans intérêt. Je ne souhaite pas du tout être le prétexte, l’occasion à de telles dérives sur ce forum. Pour ma part, je souhaite donc non pas brider la liberté de penser que quiconque, mais qu’un code de bonne conduite soit respecté, car insulter ou persifler ne peut que nuire à l’intelligence des échanges. Meilleurs sentiments, Patrick Baudouin.

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      2. afuster

        Monsieur Baudouin,

        – sur la biodynamie et ce qu’il faut bien nommer ses fondements, je me suis largement exprimé ici même (billet publié le 26 août 2015) ou, sous le même titre mais avec un contenu différent, dans « En Magnum » n°4 (juin 2016) ainsi qu’en bien d’autres endroits devenus moins facile à trouver.
        Je ne reviendrai pas sur ce sujet que j’ai déjà traité et qui, en outre, n’est pas ce qui m’intéresse ici.
        – quand j’achète et bois des vins, leur qualité est (quoique ce mot veuille dire) est primordiale. Quand je débats des théories de leurs géniteurs elle est sans intérêt (revenez plus haut à ma parabole du navigateur persuadé que la Terre est plate et qui arrive à bon port). Bref : il y a dans ma cave de nombreux vins se réclamant de la biodynamie, et j’ai des relations tout à fait cordiales avec certains des vignerons qui les ont produits. Ca n’empêche qu’il y ait des sujets sur lesquels nous sommes inconciliables.
        – C’est un peu comme avec Jacky Rigaux, qui est une sorte de vieille connaissance : nous avons beaucoup « échangé » sur le défunt blog de F Mauss. J’ai donc un assez bonne connaissance de ce qu’il faut bien nommer la « technique argumentative » de Jacky Rigaux. Pour l’essentiel de l’enfumage.

        Mon propos est simple : Jacky Rigaux évoque ici la / « très grande avancée de « la mémoire de l’eau » ». Soit il est capable s’étayer ses dires, soit il en est incapable.
        Langage intelligible et démonstration digne de ce nom bienvenus.
        Car je suis, pour ma part, convaincu que les joutes sans intérêt que vous évoquez sont avant tout le fait d’intervenants qui prennent leurs contradicteurs pour des lapins de garenne de 6 semaines.

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      3. Comme le rappelle Bruno Quenioux (La vie mystérieuse du vin, Cherche Midi, 2019)  » l’eau porte tous les messages du terroir. Ces messages sont des forces magnétiques unifiées dans l’eau ».
        Comme l’a mis en évidence Edgar Morin, les sciences contemporaines se sont organisées sur les principes de simplification et de disjonction. Cela a permis des avancées technologiques considérables, mais aux risque de tous les dégâts collatéraux que l’on connaît aujourd’hui. On connaît une partie du réel remarquablement, et on intervient grâce à cela sans se réoccuper des conséquences alentour qui peuvent s’avérer destructrices d’autres éléments du réel. Ainsi les pesticides, herbicides et autres fongicides, efficaces pour l’agriculture et la viticulture intensives, sont destructeurs de la faune, de la flore, dela vie microbienne et bactérienne des sols…
        Scientifiquement, l’eau a été comprise par la science comme H2O. C’est pertinent, mais c’est simplificateur. L’eau n’est pas que H20. Les molécules d’eau oscillent. Ces oscillations en cachent d’autres. Personne aujourd’hui ne sait jusqu’où cela va. Les travaux sur la mémoire de l’eau explorent ces dimensions de l’eau. Pourquoi considérer que c’est une fumisterie ?

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      4. afuster

        Magnifique démonstration manipulatoire avec ce très bel exemple de tentative d’inversion de charge de la preuve.
        De quoi s’agil-il ?
        1. affirmer n’importe quoi, de préférence du pur délire.
        2. dire à ses contradicteurs qu’ils n’ont qu’à démontrer que c’est faux, et que s’ils ne le font pas c’est donc que c’est vrai.
        Ben non, çà ne marche pas comme çà ! Si vous affirmez un truc, par exemple la « très grande avancée de « la mémoire de l’eau » », vous devez être en mesure d’étayer votre affirmation.
        Et Bruno Quenioux peut bien écrire ce qu’il veut, en quoi est la preuve de quoi que ce soit ?

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      5. Il vaut mieux en rester là de nos échanges. Je me suis ouvert à la rationalité dialectique dès ma thèse de doctorat. J’ai travaillé sur la différence entre rationalité objectivante et rationalité dialectique.Vous avez opté pour la rationalité objectivante, comme toute l’oenologie officielle. C’est un choix.
        Si vous lisez Bruno Quenioux, vous apprendrez qu’il travaille avec des scientifiques de renommée internationale. Et si vous lisez Bruno Latour, vous apprendrez que la rationalité dialectique a autant le droit d’exister que la rationalité objectivante !
        Si les travaux sur l’eau, dans une approche de rationalité dialectique, seront reconnus demain, nul doute qu’ils contribueront à affiner des approches agronomiques et oenologiques davantage respectueuses des équilibres naturels et participeront à limiter les dégâts occasionnés par les technologies agronomiques contemporaines.
        Et sachez, une fois pour toute, que je ne m’exprime pas pour vous convaincre. Je ne vous connais pas, et si un jour je vous rencontre j’aurai plaisir à échanger avec vous.

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      6. Une information intéressante. S tiendront au Collège de France 2 journées d’étude : Enquête dans un monde occidental singulier : L’anthroposophie entre analogisme,animisme et hybridations. 12 et 13 décembre. INfos : las.ehess.fr

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