Le blues du confiné (3) et un mea culpa

Pour commencer, je veux présenter mes excuses à un producteur de Bourgueil sur le vin duquel j’ai dit des choses un peu dures la semaine passée. Il s’agit du Rosé Shadoks 2018 de Bertrand et Vincent Marchesseau.

J’ai re-dégusté ce vin un ou deux jours plus tard et il m’a semblé bon. D’ailleurs j’ai fini la bouteille comme vous pouvez le constater ! Un vin peut évoluer favorablement après ouverture, et puis tout le monde peut se tromper.

J’offre donc un bouquet de roses de mon jardin à ce vigneron qui a eu la gentillesse de m’appeler, non pas pour m’engueuler, mais pour parler ouvertement de son vin. J’ai apprécié son attitude mais ma deuxième dégustation fut aussi sincère que la première.

Loin de toute polémique, je vais poursuivre, sur une note positive, mes commentaires sur les breuvages qui ont donné de grands plaisirs à mon palais et à mon esprit pendant différentes journées et à diverses occasions de cette cinquième semaine de confinement. Pour la moitié (2/4) il s’est agit de cadeaux d’amis, mais les autres vins sortaient de ma cave. Il s’agit bien évidemment d’une sélection prise sur les dernières 15 jours environ : il ne fait pas croire que je bois cela tous les jours!

1).  Une très bonne bière : Coopers Vintage Ale 2019 (South Australia)

Coopers est une brasserie familiale de la ville d’Adelaïde qui a su résister  à des tentatives de reprises par des affaires bien plus grosses. J’aime ses bières, qui sont importées en France, et celle-ci, millésimée, est particulièrement savoureuse sans être lourde. Juste ce qu’il fallait après une bonne journée de travaux physiques dehors. Merci à Gaetan Turner dont la société, South World Wines, importe ce breuvage.

 

2). Un très beau vin blanc de ma région de confinement,  le sud-ouest : Jurançon Sec, Cami Salié 2016, Lionel Osmin & Cie.

Lionel Osmin et ses associés couvrent tout le sud-ouest (sauf le bordelais) avec une gamme aussi créative (pour certains vins) que respectueux des appellations (pour d’autres). Ce Jurançon sec, dont le nom signifié « chemin du sel » en béarnais, me satisfait pleinement. Fait de gros et de petit manseng, il est à la fois vif et succulent. Cette sapidité (umami ?) lui donne corps sans la moindre lourdeur. Il est long et assez puissant pour bien accompagner une volaille rôti mais j’ai prolongé mon plaisir avec une bout d’Ossau Iraty qui doit être mon fromage préféré. L’association est au top !

3). Un magnifique vin rouge de l’appellation la plus connue du sud de la vallée du Rhône, et d’un producteur injustement méconnu : Châteauneuf-du-Pape, Domaine de Biscarelle 2010.

Je n’ai jamais compris pourquoi ce domaine n’est que rarement mentionné dans les guides et autres sources des « sachants ». C’est Tim Johnston, du restaurant Juvenile’s à Paris, qui me l’a fait connaître il y a une dizaine d’années et j’ai acheté des flacons peu de temps après, suite à une visite chez les propriétaires, Jérôme Grieco et son épouse. Ils produisent aussi un excellent Côtes du Rhône Villages. Ce millésime 2010 est d’une jeunesse étonnante, encore plein de fruit. Il apparaît sans une ride, très gourmand et frais en même temps. Une pure merveille.

4). Un blanc doux très rare du Languedoc pour finir en beauté : Clairette du Languedoc Rancio, Domaine la Croix Chaptal, Vendanges de Novembre (raisins botrytisés) 2011.

J’avais beaucoup aimé les vins de ce domaine lors d’un voyage de presse dédiée à cette petite appellation dédié au vin blanc du cépage éponyme il y a quelques années, et je crois même en avoir parlé sur ce blog. Je me souviens d’avoir trouvé, à l’époque, que ce producteur planait au-dessus des autres. Un ami et voisin, Florent Leclerc,  m’a apporté tout récemment ce flacon de 50cl. qui donne une autre dimension au cépage Clairette. Tendre, très doux mais aussi bien concentré et rendu plus complexe par l’effet du botrytis et aussi l’élevage oxydatif.

David Cobbold

4 réflexions sur “Le blues du confiné (3) et un mea culpa

  1. Content de lire ton commentaire sur la Clairette du Languedoc de Charles-Walter Pacaud, que j’ai connu dans d’autres fonctions, il y a bien longtemps.
    J’avais eu l’occasion de le revoir lors d’un Millésime en Languedoc, et de parler de cette AOC renaissante, ici: https://les5duvin.wordpress.com/2016/11/30/clairette-du-languedoc-la-vieille-dame-se-rebiffe/
    Puis de le retrouver lors de la Circulade des Terrasses du Larzac – et le dernier vin que j’y avais vu (et bu avec délectation) était justement ce Vendanges de Novembre 2011:
    https://les5duvin.wordpress.com/2018/07/11/ma-circulade-des-terrasses-du-larzac/

    Salut, Charles!

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  2. Mike Rijken

    Merci pour les commentaires. Il y a pas longtemps j ai bu une bouteille Châteauneuf du Pape cuvée prestige de Roger Sabon, 2009. Même chose, une jeunesse encore , incroyable. Couleur, fruit, et pas un brin de champignon, cuir, sous-bois, . Il faut au moins encore 5 ou 6 ans pour développer ça.

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    1. Bonjour Mike
      Je sais que la clairette est recommandée dans l’AOP Ch9duP depuis sa création, mais je ne savais qu’elle était présente au point de faire une cuvée de pure clairette. Si tel est le cas, ce doit effectivement être intéressant de la goûter. Sinon, il s’agit probablement d’une cuvée multicépages avec une proportion intéressante de clairette. Des précisions ?
      Bon confinage à tous !
      Michel

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