Riesling d’Alsace et Saint-Émilion bien bus et bien accordés

Deux bouteilles qui ont fait honneur à ma cuisine. C’est sympa quand un flacon ou l’autre déboule au moment opportun. Du coup, on a envie de l’ouvrir rapidement, de le goûter et puis de le boire en mangeant. C’est ce que j’ai fait. Tout d’abord, cette jolie flûte alsacienne signée Blanck à Kientzheim, dans le Haut-Rhin.

Riesling 2017 Furstentum Alsace Grand cru Domaine Blanck

Robe verte aux nuances jaunes presque fluo, le nez respire les boutons de rose sauvage, leur parfum se mêle à celui des zestes de bergamote et de la pâte de noisette. Viennent encore les épices douces qui nous rappelle l’orient. La bouche nous parle aussi d’agrumes, d’un mélange de citrons vert et jaune. Leur fraîcheur met en évidence les notes florales de la rose sentie, mais aussi celles du jasmin et de la fleur d’oranger. Cette dernière ombre ses pétales de poivre noir et de carvi. Une impression tannique apporte son relief et renforce la structure du vin. Un grain de sel sert d’exhausteur et fait saliver de plus belle. La longueur se prolonge avec grâce la vivacité en support.

Je l’ai associé à un dos de cabillaud simplement poêlé accompagné d’asperges vertes cuites vapeur et juste rissolées à l’huile d’olive, quelques pommes de terre nouvelles parfumées de persil plat ciselé.

Le Riesling s’est senti d’emblée à sa place à table avec ce plat. L’accord nous a régalé grâce à cette impression de facilité. Le poisson s’est vu renforcer en goût, un peu plus d’iode, un peu plus de noisette. Les asperges croquantes avec leur petite note grillée n’y ont vu que du feu, bluffées par la pointe de sel du Riesling, puis emmaillotées dans ses fragrances florales et poivrées qui ont rehaussé les leurs. Les pommes de terre ont apprécié la délicatesse de l’Alsacien qui leur a prodigué tout son charme, sachant que les patates sont de bonnes compagnes.

Un régal!

Château Haut-Sarpe 2017 Saint-Emilion Grand Cru

Deuxième en lice, un Bordeaux, il m’arrive d’en boire et celui-ci m’a particulièrement plu, rare pour un Saint Émilion qui préfère encore trop souvent le bois au fruit.

La robe grenat pourpre adopte ce reflet velouté des plus tentants, le nez n’est pas en reste et propose cet effluve sauvage d’humus et de sous-bois avant d’offrir fruits rouges et noirs mêles de cèdre, d’aiguilles de pin et réglisse. Au vu de tout ça, la bouche s’attend à une force tannique importante, mais les tanins bien mûrs, certes serrés, déroulent le rembourré de leur soie avec gourmandise. Et c’est comme ça qu’il plaît ce Saint Emilion, à la fois rustique et gourmand, à la fois imposant et subtil, à la fois strict et juteux. Bref, il fait la bouche et lui dit qu’avec lui quelques plats bien goûteux, il ferait merveille. La fraîcheur du vin renforce cette idée d’accords sympas.

J’ai pensé le mettre avec la potée que j’avais préparée ce soir-là. Une potée de bette du jardin avec une belle carotte, un poireau et un oignon et des patates bien entendu. Une saucisse de campagne comme viande.

Sans aucun souci le vin a mis en confiance le plat pour le plus grand bonheur de nos papilles. Le caractère un rien terreux de la bette s’est subtilement accoquinée avec l’esprit tannique du vin, les fruits de ce dernier ont assoupli leur rusticité. Carotte et poireau ont aimé la fraîcheur du vin qui a contrebalancé leur douceur. Et puis, pour notre palais, ce langage rustique l’a emballé. Ici, pas de fioriture, du vrais, du bon, du savoureux. Bref, j’ai pris mon pied en accordant ces deux-là.

Il m’en restait du Haut-Sarpe et du coup, je l’ai testé sur un plat plus sudiste. J’aime, de temps à autres, confire quelques poivrons rouges en compagnie d’oignons rouges, de courgettes, de pommes de terre, parfumés de quelques rondelles de chorizo et relevés de pimentón. Bref, une recette maison aux connotations hispaniques. Le Saint-Emilion n’a pas bronché, comme s’il était habitué aux saveurs ibériques (il faudra que je demande à Jean-François Janoueix si cela fait partie de ses habitudes alimentaires). Très goûteux, les poivrons comme les épices se sont tout de go combinées au fruité du vin, les tanins de ce derniers ont de plus amplifié leur succulence. Une harmonie forte en caractère s’est développée au sein de nos palais, les papilles ont parfois été dépassées par le punch des accords.

Bref, ça dépote, mais on aime ça!

Bon  appétit

Ciao

Marco

Une réflexion sur “Riesling d’Alsace et Saint-Émilion bien bus et bien accordés

  1. georgestruc

    Bravo ! je n’aurais jamais osé associer du poivron avec un vin…Cela me paraissait très risqué. Comme quoi, la vie est faite de permanentes découvertes ! Merci Marco.

    J'aime

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