La nouvelle génération signe quatre nouveaux vins chez Drappier

Quatre nouveautés voulues et habillées par les enfants de Michel : une cuvée de Pinots, deux cuvées de Fromenteau et une cuvée bio, Clarevallis Extra-brut!

J’imagine que chez les Drappier comme dans toutes les familles, on n’a pas vu le temps passer… on n’a pas eu le temps de voir les enfants grandir, que déjà, ils sont prêts à prendre la relève, ça fait un choc et en même temps, on ressent une immense fierté !

Trois d’un coup qui «envahissent» la Maison et qui, comme c’est normal, veulent apporter leurs idées. C’est certainement à la fois une mini révolution et un nouvel apport. Non pas d’oxygène, car Michel n’en a avait pas réellement besoin, il a su faire de Drappier une maison reconnue pour l’authenticité de ses champagnes, certainement une des meilleures de la Côte des Bar.

Je l’ai bien connu du temps ou j’étais en activité et même avant (il venait manger aux Feuillants), j’ai pu me rendre compte combien il était passionné et animé d’une inquiétude qui l’a poussé à rechercher toujours plus loin le naturel dans le champagne. J’ai toujours admiré cet adepte du faible usage du soufre, parce qu’il trouve que « c’est plus agréable et que ça favorise une prise de mousse lente générant une effervescence fine et subtile. Le dosage réduit contribue à l’élaboration de champagnes élégants et complexes ».

C’est la première Maison de Champagne accréditée “carbone Zéro”( Michel a même reçu le prix de l’innovation de la Revue du Vin de France pour ce choix stratégique) et la seule à effectuer dans le flacon d’origine toutes les étapes de la champagnisation, de la prise de mousse jusqu’au dégorgement individuel, de la demi-bouteille au Melchisédech (qui contient 30l de champagne)!

Cette pratique traditionnelle assure au vin une fraîcheur, une finesse d’effervescence exceptionnelles et une véritable authenticité. L’idée de créer une bouteille de champagne Drappier, c’est avant tout pour que le vin s’y sente bien. Des couleurs sombres pour filtrer 100% des ultra-violets, un col fin qui réduit la surface du vin en contact avec l’oxygène, afin que le vin garde toute sa fraîcheur. L’épaule arrondie rassemble les levures et permet un meilleur remuage »; un élevage parfait du vin de Champagne, dans un flacon adapté au style Drappier. Alors, non, Michel n’avait pas besoin d’être réveillé !

Mais je suis certaine qu’il est heureux de l’arrivée de ses 3 enfants : Charline à la création et la vente, Hugo au vignoble et en vinification et Antoine au labour à cheval (29 ans, 27 ans et 22 ans) qui finalement eux aussi s’efforcent comme leur père de vinifier de vrais vins. Ils se sont intégrés en 2016/17 et ils se sont mis à l’œuvre immédiatement ce qui parait normal: ils ont grandi auprès d’un grand-père et d’un père toujours à l’affût de nouveautés, alors comment pouvait-il en être autrement? Je suis certaine qu’à ces cuvées, ils y pensaient depuis un moment déjà, elles ne sont pas issues d’une génération spontanée et elles ne sont pas non plus un coup de marketing. Ils devaient «bouillir» d’impatience de marquer leur entrée dans la MAISON. Pour eux, il s’agit de continuer avec panache une aventure familiale qui dure depuis la création du domaine en 1808 ! Je me mets à la place de leur grand-père, André Drappier senior qui doit vivre un vrai bonheur, après le Fils, les petits enfants, un rêve que beaucoup d’entre nous aimeraient voir se réaliser. Ensemble ils signent 4 micro-cuvées uniques issues de vignes labourées à cheval par Antoine:

Le Père Pinot

Réalisé avec les 4 Pinots, (Pinot Noir, Pinot Blanc- Vrai, Pinot Gris-Fromenteau et Meunier) en parts égales, c’est un Extra Brut (dosé à 4,5g/L). Un vin en hommage à l’arrière-grand-père, que l’on surnommait amicalement ainsi. L’étiquette, dessinée par Charline, évoque la silhouette de Georges avec sa casquette, sa moustache, sa cape de vigneron «Père Pinot», maintenant on sait pourquoi. 1200 bouteilles numérotées.

«Ce vin de famille rend hommage aux générations qui nous ont précédés au domaine, et plus particulièrement à Georges, notre arrière-grand-père, connu sous le nom de « Père Pinot » dans les années 1930. Vigneron respecté du vignoble aubois, il a passé sa vie à défendre la plantation du pinot noir dans l’appellation».

Je ne puis vous en parler car je n’ai pas encore eu l’occasion de la gouter.

Drappier, « Trop m’en faut »

La cuvée « Trop m’en Faut » est quant à elle déclinée en deux vins; une version effervescente, un champagne Brut Nature 100% Fromenteau et une version tranquille en Coteaux Champenois. 375 bouteilles de chaque, c’est donc un véritable privilège que d’avoir pu les gouter. Alors évidemment, on peut se demander si mon jugement n’a pas été influencé ? Une rareté de chez Drappier c’est forcément bon, oui c’est vrai c’est ce que je n’ai pu m’empêcher de penser, mais des cuvées rares j’en ai dégusté pas mal tout au long de ma carrière et notamment beaucoup de parcellaires pas toujours réussis, alors ces morceaux de terroir, je les crains toujours un peu. Ces deux vins proviennent de la parcelle Les Truchots, cultivée à l’époque en conversion biologique et certifiée depuis 2017, elle est en partie labourée à cheval par Antoine. Les deux cuvées sont issues de la récolte 2015.

Drappier, « Trop m’en faut  » Champagne, Brut Nature Blanc –

Une jolie contrepèterie pour mettre en lumière le cépage fromenteau autre nom du Pinot gris, et, astucieuse façon de détourner l’interdiction d’apposer le nom de ce cépage sur l’étiquette. Autrefois très répandu en Champagne, il provient d’une mutation génétique de couleur du pinot noir, il a été délaissé  par les vignerons au profit des traditionnels cépages champenois. Il est cueilli en tout premier pour sa précocité ; il est gorgé de soleil tout en restant frais et croquant. Le vin blanc a vieilli pendant 20 mois en fûts de chêne de Bordeaux, qui contenaient les millésimes 2010 et 2012 d’un Sauternes et du vin de pinot noir Drappier. Mis en bouteille en mai 2017. Zéro dosage, c’est un brut nature.

J’ai aimé sa couleur dorée, j’ai aimé son nez très expressif et joliment parfumé dominé par des notes très naturelles de fruits  jaunes, de poivre blanc et de miel. J’ai aimé la délicatesse et la finesse de la bouche à la fois riche et ronde. Parce qu’on dit de ce cépage qu’il a une acidité faible, je l’ai trouvé étonnant de fraîcheur finale, et de fruité. C’est très gourmand, tout en étant très sec, il est pur, tendu puissant et fruité. Un premier essai très réussi, bravo les enfants, si je puis me permettre ! Prix départ cave 65 €

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Drappier, « Trop m’en faut » Coteaux Champenois–

Dans sa version Coteaux Champenois (vin tranquille), « Trop m’en faut » présente les mêmes notes de dégustation. Equilibre, finesse, une certaine rondeur et bien sûr de l’acidité le définissent assez bien. Prix départ cave 45 €

Champagne Drappier – Clarevallis Extra-brut

La nouvelle Cuvée Clarevallis – le nom latin de Clairvaux donné par Saint Bernard à l’abbaye qu’il fonde en 1115, été lancée sur le marché en Octobre 2019. Pour son étiquette Charline s’est  s’inspirée de la Grande Bible de Clairvaux en reproduisant une enluminure. L’abbé introduit le pinot noir dans la région, il vinifie et élève des vins dans les caves de l’abbaye construite en 1152. Des caves qui appartiennent aujourd’hui à la maison Drappier.

Le champagne Clarevallis est produit à partir de raisins provenant du coteau d’Urville, d’un sol du calcaire Kimmeridgien Jurassique, d’un vignoble cultivé en agriculture biologique et en partie labouré au cheval afin de préserver la biodiversite. Ce vin certifié Bio est à dominante de pinot noir 75 %, complété par 10 % pinot meunier, 10 % chardonnay et 5 % pinot blanc (blanc vrai).  Débourbage naturel fermentation malolactique, levures bio du domaine, Clarevallis est vinifié en majorité (75%) en cuve inox, afin de conserver le croquant du fruit, mais une partie des vins est également vinifiée sous bois dans des muids construits à partir de chêne de la forêt d’Orient toute proche. Vinification par gravité. Seuls les jus de première presse sont utilisés, Non filtré et non décoloré et il y a très peu de sulfites (20mg/l) il a été dégorgé avec une liqueur de sucre de canne biologique à raison de 4g/l. (la tendance à l’heure actuelle est aux faibles dosages, ça n’est pas toujours une réussite et d’ailleurs les consommateurs, j’ai pu le vérifier, ont du mal à s’y habituer).

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Pour ne pas contrarier David, je ne parlerai pas de la finesse des bulles, d’autant que je suis d’accord avec lui, leur qualité dépend de multiples facteurs exogènes liés au contenant, c’est-à-dire au verre. Alors parlons du nez évoquant la fraise, la framboise avec une note florale de pétale de rose et une touche épicée. Ici le faible dosage n’a pas rendu le champagne agressif, en bouche il offre une agréable onctuosité, de l’ampleur et une texture crémeuse extrêmement agréable. Un champagne d’une grande pureté avec une bonne structure qui le sous-tend, plein de vivacité, avec un final de beaux amers et de parfait équilibre. Prix de vente indicatif: 40 euros ce qui me paraît un excellent rapport qualité/prix!

Pour mémoire, ici même, Hervé vous avait déjà parlé de cette cuvée en février.

A part ces nouvelles cuvées, je voudrais revenir sur un vin, un Champagne rosé.

Champagne Drappier Rosé Brut Nature

Quand on parle de champagne rosé, on ne peut s’empêcher de penser qu’il est par excellence le champagne des moments d’amour et des amoureux ! C’est un raccourci pour suggérer que c’est un breuvage, délicat, sensuel et raffiné, qu’il est tout simplement craquant ! Ça n’est pas toujours le cas, malheureusement.

Le Rosé Brut Nature de Drappier peut parfaitement correspondre à cette image car il affiche les bonnes notes pour séduire! Mais pas que. Le déguster, c’est l’adopter, à l’apéritif, à table pour accompagner du carpaccio, des sushis, coquilles Saint-Jacques, certains poissons, quelques viandes, entre amis, vous voyez, il n’est pas destiné qu’aux amoureux!

Issu d’ Urville et 100% Pinot Noir: Il s’agit d’un rosé de saignée, seuls les jus de première presse -les cuvées – sont utilisés, les pressoirs sont à faible pression, la gravité est préférée au pompage pour éviter l’oxydation, il est  obtenu par une macération durant quelques heures des Pinots Noirs. Débourbage naturel. Fermentation alcoolique durant environ 2 semaines à basse température, puis fermentation malolactique naturelle et complète.

Cette cuvée est ensuite élevée en cuve inox afin de préserver la fraîcheur et les arômes de fruits rouges frais. La fermentation malolactique est réalisée afin d’apporter un bel équilibre à ce vin non dosé et avec une teneur très faible en soufre (Moins de 30 mg/l de sulfites). Zéro dosage signifie que le vin n’a reçu aucune liqueur d’expédition. Pas de filtration non plus. Après la mise en bouteilles, la cuvée est mûrie 2 à 3 ans sur lattes.

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Sa robe est de couleur groseille, le nez impose avec délicatesse et charme ses notes fruitées fleurant bon les baies rouges; l’effervescence s’accompagne de saveurs d’agrumes et de poivre blanc. J’ai vraiment adoré tous ces parfums intenses qu’il dégage, mais aussi sa fraîcheur et sa touche florale. En bouche, l’attaque est franche, ample, crémeuse et gourmande, les mêmes notes de baies rouges mûres s’entremêlent agréablement aux notes fraiches d’agrumes. D’une vibrante vinosité sans manquer de finesse et d’élégance, avec une finale, fraîche, c’est un champagne charmeur et séduisant ! Prix de vente indicatif: 39,00 euros.

Il n’y en aura pas pour tout le monde!

Vous l’avez sans doute remarqué, je suis une inconditionnelle de Michel Drappier et  je me réjouis pour lui de voir la relève familiale assurée une fois de plus, avec des cuvées aussi qualitatives, de surcroît. Comme elles sont produites en petites quantités, il vous faudra vous dépêcher si vous voulez pouvoir en profiter. Elles sont à la vente chez les meilleurs cavistes, Clarevallis est celle que vous trouverez la plus facilement. Ça n’est qu’une mise en bouche, j’en suis certaine.

Pour rappel, la maison Drappier fait partie du Club Vignobles & Signatures.

Hasta pronto et bonnes bulles estivales!

MarieLouise Banyols

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