Cuvées inédites du club Vignobles & Signatures

J’ai eu l’occasion de déguster chez Vignobles & Signatures quelques cuvées que je ne connaissais pas et comme elles m’ont convaincue, j’ai eu envie de les partager avec vous pour votre plus grand plaisir j’espère. Ces cuvées sont assez peu commentées, parfois  produites sur certains millésimes uniquement, et on n’a pas toujours la possibilité de les gouter, c’est l’occasion de le faire en cette fin d’année, car, pas de fêtes sans belles bouteilles!

  • Le Dit de L’Hortus La Soulane 2018

Un « grand cru » en AOP Pic Saint Loup signé Famille Orliac , oui, je sais je vous ai déjà parlé de cette cuvée l’an dernier à cette même époque, il s’agissait du millésime 2016 (https://les5duvin.wordpress.com/2019/12/19/osez-un-pic-saint-loup-du-domaine-de-lhortus-pour-les-fetes-de-fin-dannee/), il se trouve que je viens de gouter le 2018 et c’est toujours aussi grand, alors, je ne me fatigue pas d’en parler. La famille Orliac, par son regard précurseur et visionnaire, a fait du domaine de l’Hortus l’une des propriétés les plus reconnues et les plus recherchées de l’appellation Pic Saint-Loup.  C’est maintenant le deuxième millésime de cette cuvée parcellaire, une bien courte traçabilité pour le monde du vin qui demande du temps, mais, suffisante pour se rendre compte combien la famille Orliac possède une connaissance intime de son terroir. A n’en pas douter, ils ont crée une grande étiquette ! Martin Orliac m’avait qu’à L’Hortus, « certaines parcelles et lieux-dits peuvent prétendre au statut de grand cru, quel que soit le millésime, ce sont les plus belles et les plus faciles chaque année se distingue une terrasse susceptible de donner une grande cuvée et pourquoi pas un Grand Cru » ! En 2016, c’est la parcelle de mourvèdre La Soulane qui s’est distinguée, en 2017 cette fois-ci, c’est une parcelle de Syrah exposée sur des coteaux versant nord, L’Ombrée qui a été sélectionnée, elle a eu tellement de succès que je n’ai pas eu le temps de la gouter. En 2018, revoilà La Soulane qui une fois de plus confirme son qualificatif de meilleur terroir de la propriété.  Qui pourra dire après ça que les terroirs du Pic St-Loup ne se prêtent aux crus ? Pas moi.

Un beau terroir La Soulane ? A n’en pas douter quand on goute cette magnifique expression du mourvèdre, un mourvèdre qui n’a vu que de la cuve pendant 12 mois, et un passage de 12 mois de plus en bouteille et le voilà sur le marché depuis septembre.

 

Une robe haute en couleur, grenat sombre, une expression pure qui conjugue le caractère épicé, fruits noirs bien mûrs, fumé et empyreumatique du mourvèdre avec les notes d’herbes de garrigue, de laurier amenées par l’empreinte du terroir. Malgré l’exposition sud de la parcelle, le toucher de bouche est incroyablement délicat et gourmand. Un rouge qui affiche de la densité, tout en offrant une texture veloutée, du volume,  et un cœur de palais plein enveloppé de tanins fins et soyeux pour éviter toute sévérité. Je suis impressionnée par l’explosion et l’élégance des saveurs qu’il affiche tout en  conservant une superbe fraîcheur.  En finale, il exprime de belles nuances poivrées et de réglissées ce qui lui confère un équilibre particulièrement digeste. D’une grande personnalité, c’est un rouge à la fois confortable et stimulant. Prix TTC départ cave : 65,00 euros.

  • Collioure Coume del Mas & Abysses 2017

Coume del Mas n’est pas une adresse que je garde pour moi, vous le savez et moins encore quand il s’agit d’une cuvée qui hausse le standard de l’appellation. Marco, partage mes goûts et vous a récemment parlé du domaine aussi (https://les5duvin.wordpress.com/2020/11/06/le-roussillon-sajoute-au-languedoc-pour-lhiver/), mais pas de cette cuvée qui est assez confidentielle.

Un gros coup de cœur pour ce vin si expressif né à Collioure et c’est à Collioure même devant la mer que je l’ai gouté, non pas avec Philippe Gard, ni avec Andy Cook, mais en compagnie de mes enfants pas plus tard qu’avant-hier. De ma terrasse, la vue est splendide, même si le temps est couvert,  je vois un terroir exceptionnel, et j’ai dans le verre un vin magnifique. Je me rappelle des paroles de Jacques Puisais qui disait que la dégustation est sujette à l’environnement, au décor. Alors, je pense à David, à nos discussions sur le terroir, je suis parfois d’accord avec lui, mais là, David, je me dis qu’il est impossible que la magie du terroir n’ait pas opéré. Oh, bien sûr, elle n’est pas suffisante, mais quand il ya des vignerons à la fois passionnés et bons vinificateurs derrière, je pense que ça aide quand même. J’ai écrit ces lignes avant de lire une déclaration d’Andy dans une interview « Je crois qu’il est primordial de laisser la nature briller – le terroir et le millésime sont primordiaux. Cependant, je crois aussi que l’homme laisse inévitablement sa marque sur la transformation du raisin en vin. Je veux faire des vins pleins de caractère, mais qui gardent l’équilibre », et, je sais que Philippe partage cette même vision. Voilà la démonstration :

 

Cette cuvée est très limitée… Il s’agit d’un rouge concentré à base de Syrah (60%) et de Grenache (40%) élevé 14 mois en barriques. Le Dr. André Parcé avait raison, la Syrah sur le grand terroir de Collioure donne de bons résultats. Mon regard se porte sur l’étiquette, je lis Abysses et aussitôt il se tourne vers la mer, ce mot prend tout à coup de la signification, Abysse : profondeur, abîme, le vin m’y entraîne, profond, limpide, intense, je me laisse emporter par la sensualité et la gourmandise qui se dégagent du nez, s’exprimant avec des arômes de fruits noirs  et rouges mûrs, épicés et charnus, quelques notes finement torréfiées. Sa bouche veloutée et ample, équilibrée entre suavité, puissance et fraîcheur, avec une longue persistance marquée par des notes de fruits mûrs, des saveurs épicées parfumées et mentholées se détend délicieusement. Un Terroir exceptionnel …un vin qui surprend, derrière le jus délicieusement chocolaté, émerge un vin magnifique, racé, qui s’impose comme un grand vin ! 1200 bouteilles, 36 euros TTC départ

  • Chinon Couly Dutheil, Crescendo Clos de l’Echo 2015

Le Domaine Couly-Dutheil est aujourd’hui une des grandes références de la région ligérienne, depuis 1921 les Couly-Duteil ont  sublimé le cépage roi de l’appellation, le Cabernet franc. La Maison Couly-Duteil vinifie à elle seule près de 120 ha, mais se sont les coteaux argilo-calcaires qui permettent l’élaboration de très grands vins de garde comme les chinons issus de deux clos réputés, le clos-de-l’olive et le clos-de-l’écho, un terroir mythique,  qui fait face au Château de Chinon. C’est Arnaud Couly Dutheil, revenu au domaine en 1997, avec en tête de nouvelles conceptions, notamment sur la maturité du raisin, qui dirige le domaine familial depuis la disparition de son père en mars 2016.  

Le Clos de l’Écho, un vignoble mythique situé en face de la forteresse médiévale de Chinon  tient son nom de sa proximité des murailles du château, sa pente avec une exposition sud vient mourir au pied de l’enceinte qui renvoie les paroles criées dans les vignes, jusqu’à sept syllabes distinctes ! Acheté en 1951 par la famille Couly, le cru ne présentait à l’époque que quelques hectares. Il sera replanté en 1952, jusqu’à occuper 22 hectares aujourd’hui, qui comprennent la grande pente exposée plein sud, le point le plus haut du plateau chinonnais, poursuivi par une légère pente nord. Planté de Cabernet franc, sur un terroir argilo-calcaire, avec, aujourd’hui, des vignes de plus de 65 ans, il s’agit du cœur historique du vignoble de Chinon, dans les bons millésimes, les vins sont présentés dans une cuvée prestige baptisée Crescendo. Le nom veut tout dire : l’année aura été bonne pour la vigne et ses jus fourniront des vins de garde se bonifiant avec le temps. Ancienne propriété de la famille de Rabelais, c’est encore l’une des meilleures parcelles de Chinon. Si l’ombre de cet humaniste qui glorifiait le vin plane toujours sur cette cité médiévale, il y en a maintenant une autre, celle de Jacques Puisais, ce grand ambassadeur du vignoble de la Loire, et surtout  Chinon son pays, dans les pas de Rabelais lui doit beaucoup. Il nous a quittés le 6 décembre dernier et en goutant ce Chinon, une multitude de souvenirs me reviennent en mémoire, j’avais eu la grande chance de suivre ses cours à Tours au Château D’Artigny, grâce au Dr. Parcé qui me l’avait fait connaitre, et dire qu’il m’a apporté beaucoup, c’est très peu dire, depuis, ma façon de gouter les vins et les plats a radicalement changé. Avec lui, la dégustation prenait une autre dimension, ses commentaires étaient justes, simples mais évocateurs, quel bonheur de l’écouter, il initiait au plaisir du vin,  il ne disait rien qu’on ne puisse ressentir, on se sentait à l’aise, et même un débutant se sentait savant avec lui. Il répétait souvent “Un vin pour qu’il soit digne d’intérêt, doit avoir la tête du lieu où il est né, la gueule de l’endroit  et les tripes de celui qui l’a fait”. L’essentiel, c’est l’équilibre, l’harmonie.

J’essaie d’imaginer comment Jacques Puisais, lui qui étai ami avec Pierre Couly aurait décrit ce vin, élevé en barriques neuves et en cuve (Seule cuvée passée sous bois). Il aurait certainement pu en parler pendant plus de demi-heure tellement il aimait ce terroir argilo-calcaire, il y aurait reconnu, l’incomparable élégance  du terroir et apprécié la patte d’Arnaud, c’est en poète qu’il l’aurait dépeint. Il conseillait toujours de prendre une motte de terre dans la main, « pour mieux comprendre le vin, ça permet d’en savourer la sincérité et parce que le vin doit raconter son sol.  On devrait le mettre à l’air avant de le boire » disait-il souvent, et il avait raison, partie dans mes souvenirs, le vin a eu le temps de respirer, le nez est maintenant envoûtant, puissant et complexe, on est dans l’ivresse, la profondeur,  il est devenu éloquent  avec des notes riches de fruits noirs,  d’épices et de boisé. Très concentré, ce vin a de la mâche, l’aisance et la race d’un gentleman farmer, il prend toute la place en bouche avec une fraicheur et une élégance incomparables, la trame tannique présente en fin de bouche est d’une élégance sublime, la texture est ciselée, la finale exhale des arômes fruités, épicés et chocolatés. On sent qu’on est assuré d’un bon vieillissement, amplitude, concentration, élégance définissent ce vin qui nous demande d’en profiter déjà, mais aussi de savoir l’attendre. 40,30 euros.

« Ce clos, c’est notre fierté! Un vignoble mythique, situé face à la forteresse médiévale de Chinon et certainement l’un des tous premiers vignobles du Château et sans doute de Chinon. Crescendo, c’est notre signature, un trait d’union entre notre Histoire et le présent. Une alliance entre le bois et la cuve. »

  • Domaines Piron : Morgon « Aux Pierres »2017

C’est pratiquement  sur la fin de ma carrière que j’ai connu Dominique Piron, quand il est venu me présenter ses vins qu’il voulait positionner à LAVINIA.   Après plusieurs dégustations et rencontres j’étais convaincue que ses vins avaient une place dans nos magasins, ils étaient différents de ceux que nous avions déjà et susceptibles de plaire à un autre public. A vrai dire, je peux le dire maintenant, le plus dur a été de convaincre mon partenaire de sélection pour lequel, les seuls Morgon valables étaient des natures, dont ceux de Lapierre, de Jean Foillard évidemment- Pourtant, il avait fini par reconnaitre que ceux de Piron méritaient d’être sélectionnés. A l’époque nous n’avons pas connu « Aux Pierres » puisque le premier millésime de cette nouvelle cuvée a été produit en 2016, date à laquelle j’ai pris ma retraite.

Aux Pierres » est une petite parcelle historique de 85 ares sur la Côte du Py, puisqu’elle a été acquise en 1932 par le grand père de Dominique Piron. Elle est cadastrée sur le Lieu-Dit « Aux Pierres », qui porte bien son nom car elle est parsemée de pierres bleues typiques de la côte de Py.

C’est une cuvée unique produite seulement lorsque le millésime est de qualité exceptionnelle. Elle est élevée 24 mois dans des futs en chêne, 50% en cuve inox, 50% en barriques et mise en bouteille un an avant la commercialisation. Dominique travaille ses vignes et sa terre dans le plus pur respect des équilibres naturels présents dans ses parcelles.

Je conseille d’aérer le vin avant le service afin qu’il s’exprime pleinement et délivre l’éventail de ses arômes. Je l’ai en effet vu évoluer tout au long de ma dégustation, d’entrée il offre des arômes de fruits noirs luxuriants, de cerises rouges et noires puis arrivent des parfums typés de kirsch assortis de nuances poivrées qui se marient délicatement à des notes très légèrement animales et végétales. Quel jus, quelle densité en bouche, mais aussi quelle gourmandise ! Sa chair est savoureuse et charnue, sa richesse et sa structure sont impressionnantes, il garde un fruité juteux, ses tannins sont fins et une jolie acidité apporte la fraicheur et équilibre l’ensemble. Magnifique Morgon totalement maitrisé dans son élevage, il peut sereinement être laissé en cave pendant quelques années, entre 10 et 15 ans. Un Morgon de caractère à 35 euros !

Toutes ces cuvées offrent des rouges de caractère remplis de plaisir, pour des prix que j’estime raisonnables et justifiés en relation avec la qualité qu’elles offrent. Elles brilleront pour vos  repas de fêtes.

Hasta Pronto et Joyeux Noël à tous

Marie-Louise Banyols

 

4 réflexions sur “Cuvées inédites du club Vignobles & Signatures

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.