Mon année 2020

Comme pour la plupart d’entre vous, le Coronavirus a bouleversé ma vie et mes activités professionnelles. Je n’aurais pas le mauvais goût de me plaindre, quand tant de gens souffrent plus que moi; mais je me suis dit que cela vous intéresserait peut-être de savoir comment un journaliste du vin a vécu cette période.

A ceux qui visitent ce site pour y trouver des commentaires de vins (ce dont je les remercie), mais qui ne s’intéressent pas spécialement à celui qui les écrit (ce que je comprends parfaitement), je dis d’emblée: vous pouvez sauter cette chronique.

Quatre déplacements en douze mois

L’année 2020 avait pourtant relativement bien commencé pour moi, car début mars, j’avais enfin pu mettre fin à trois mois d’un autre confinement, celui qui résultait d’une satanée fracture de fatigue au pied, qui m’avait immobilisé chez moi.

Sur les hauteurs de Turckheim – devinez le cru?

J’avais ainsi pu participer aux Vinalies 2020, clopin-clopant; c’était l’occasion de renouer le contact avec de nombreux amis que je compte parmi les dégustateurs de ce concours; j’avais même pu passer deux jours en Alsace, lors du voyage post-concours. Et découvrir notamment la jolie bourgade de Scherwiller.

Je ne savais pas qu’à peine rentré, tout allait s’arrêter pour des mois, les frontières se fermant, les salons et voyages de presse s’annulant les uns après les autres.

Addio, le Piémont, où je rêvais d’aller en mars – c’est un des grands vignobles d’Italie que je n’ai jamais vus. Adieu, Cannes, où je devais participer au Mondial du Rosé 2020. Adios, la Rioja, où j’aurais dû aller à la découverte des nouveaux vins de cru.

Ce n’est qu’à la toute fin du mois de juin que j’allais enfin pouvoir remettre le nez dehors, et plus important, dans le vignoble. En l’occurrence, c’était pour participer, avec mes amis Marc Vanhellemont et Daniel Marcil, à l’édition 2020 du Mondial du Chasselas.

Yvorne (Vaud)

Un petit détour par le Jura, sur le chemin du retour, nous avait permis de rapporter quelques échantillons dont nous ferions bon usage sur ce site, mais nous n’avions passé que quelques minutes à Arbois.

Et puis était venu le temps des vacances – personnellement, je n’en ai pas pris. Je suis indépendant, mes rentrées sont directement fonction de mon activité et sans vouloir tomber dans le misérabilisme, avec si peu de visites et un avenir aussi incertain, je trouvais que ça n’était pas le moment. Ce fut donc Waterloo-plage.

En septembre, malgré un retour en force du virus, j’ai pu à nouveau revoir du monde et des vignes à la faveur du concours Grenaches du Monde, auquel Marc et moi nous sommes rendus en voiture, les autres moyens de transport étant trop incertains.

Terrasses du Larzac

Et là encore, quelle joie de revoir des visages connus, même sous les masques, et de déguster ensemble.

Quelques jours plus tard, Marc et moi, décidément inséparables, sommes descendus en Savoie, à la redécouverte, non pas des Grandes Jorasses, mais des Grandes Jacquères. Il nous a fallu bien viser entre deux vagues de restrictions, la couleur sanitaire des départements changeant d’un jour sur l’autre – nous logions dans le 73, aux Marches. Une chance, car à 500 m de là, c’était l’Isère, zone rouge, et les Affaires étrangères belges en interdisaient l’accès.

Le Granier sous les nuages

Enfin à notre retour, nous avons eu le plaisir et la chance de participer à la journée du Club Vignerons & Signatures organisée Aux Armes de Bruxelles. On peut vraiment parler de chance, puisque la semaine d’après, tous les restaurants devaient fermer leurs portes en Belgique. Ce qui a entraîné l’annulation de l’événement Chasselas qui devait s’y tenir un peu plus tard.

Aux Armes de Bruxelles, avec les vignerons de Vignobles & Signatures

Et depuis, plus rien.

Car depuis la mi-octobre, quand la Belgique ne se re-confine pas, c’est la France qui applique le couvre-feu. Ou l’Italie. Ou la Suisse. Ou l’Espagne. Une chape d’incertitude pèse sur tout le secteur viticole, comme sur d’autres, bien sûr. Les vidéo-dégustations auxquelles nous avons pu participer, comme celle consacrée aux vins moldaves, aux vins de New York et aux Anjou blancs, sont bien intéressantes, mais il ne s’agit là que d’un pis-aller.

Encore heureux que Marc et moi avons la chance d’habiter pas loin l’un de l’autre, ce qui nous permet de déguster ensemble à peu près une fois par semaine. Ainsi, nous ne perdons pas trop la main, le rythme, le palais. Et encore une chance aussi que nous nous entendions bien, car imaginez ce que ce serait si nous avions envie de nous envoyer des verres à la figure! Rassure-moi, Marc, ce n’est pas le cas, dis?

Former cette « bulle de dégustation » nous a notamment permis d’oublier nos malheurs avec quelques superbes vieux VDN, qui resteront pour moi un grand souvenir.

Merci à tous les producteurs de toutes régions et pays qui nous ont fait la confiance de nous envoyer leurs échantillons. On aurait préféré pouvoir parler de leurs vins avec eux, arpenter leurs vignes, humer les senteurs de leur terre, mais bon, faute de grives…

Quoi qu’il en soit, je ne regretterai pas 2020, et même, j’ai hâte qu’elle se termine; car se profile pour moi la perspective de deux événements qui me sont chers, le Mondial du Rosé (du 19 au 21 mars) et les Vinalies internationales (du 15 au 18 avril).

Pour les mois qui suivent ces deux événements, c’est à nouveau le flou le plus artistique, je n’ai encore rien de sûr. Qui vivra verra.

Par delà le Brexit

Ah, une dernière chose. Outre le Corona, le feuilleton du Brexit a occupé une bonne partie de l’actualité de cette fin d’année. Nombreux sont les articles qui ont été consacrés, ces derniers jours, aux changements dans les relations entre l’UE et la Grande-Bretagne et à leurs implications pratiques pour le citoyen. 

C’est important, certes. Mais puisqu’on parle de choses pratiques, je n’ai rien lu, par contre, dans la presse française, sur la limitation de la vitesse à 30km/h sur le territoire des 19 communes de Bruxelles, à partir du premier janvier; ni sur le projet de taxe kilométrique régionale, pas plus que sur les taxes déjà d’application sur les véhicules anciens dans la Zone de Basse Emission de la capitale européenne (la définition de moteur polluant évoluant chaque année dans un sens plus restrictif). Et qui concernent aussi les étrangers de passage.

Compte tenu du nombre de touristes français qui passent par Bruxelles, et compte tenu du nombre d’expats français qui y installent chaque année, il me semble que cela vaudrait au moins un entrefilet…

D’un autre côté, avec ce confinement, la fermeture des restaus, des bars, des musées, des salles de spectacle, l’annulation des manifestations liées au vin, je n’ai plus aucune bonne raison de rentrer dans Bruxelles pour le moment.  

Hervé Lalau

3 réflexions sur “Mon année 2020

  1. floraud

    Bonjour Monsieur Lalau,
    une nouvelle fois bravo et merci pour tous vos articles.
    Je regrette votre année comme la nôtre et celle de beaucoup trop de personnes.
    Cependant, je suis chagriné par votre pré-confinement forcé à cause d’une fracture de fatigue au pied. Il me semble que si vous aviez consulté un podologue vous auriez pu remarcher rapidement et sans douleur. Il suffit de décharger la zone douloureuse en réalisant un couloir de décompression dans une semelle orthopédique moulée à votre pied et donc sur mesure.
    Ce n’est que l’avis d’un podologue français. Au besoin je connais quelques confrères belges.
    Bonne fin d’année.
    Bien à vous.

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  2. georgestruc

    Le problème reste : combien d’enfants terribles 2020 aura-t-elle envoyés en direction de 2021 ? De trop nombreux, assurément, le cordon n’est pas coupé… donc suite à venir et elle est pour l’instant peu brillante. Nous aurons vécu le retour des idoles, des chamans et des prophètes de malheur. Empreinte hélas indélébile. Seule notre forge commune, où s’élaborent les armes de notre défense collective, devra fonctionner à plein régime et nous offrir de façon tangible cette fonction si présente dans tous les vœux : l’espoir.
    Je trinque virtuellement à votre santé à toutes et à tous !!

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