Petite sélection pour ce début d’année (1) !

Après les fêtes de fin d’année, notre organisme a besoin de se remettre des excès alimentaires et de retrouver sa vitalité. On mange plus léger et  surtout, on s’hydrate, on boit au moins 1,5 litres par jour pour un retour à l’équilibre! Ceci dit et assumé, je suis incapable de m’interdire un verre de vin par repas même si c’est pour accompagner une assiette de légumes vapeur ou de me priver d’un petit apéritif le soir !

Alors quels vins choisir ?  Vous verrez que c’est une sélection qui ne me ressemble pas vraiment, d’habitude je ne parle ni n’achète jamais de vins en grande surface, et très peu de vins de caves coopératives ; je n’ai rien contre les uns ni les autres, simplement je ne fréquente pas la GD et j’ai davantage d’affinités avec les vignerons, même si je reconnais l’excellent travail de certaines caves coopératives. Mais, parce que qu’il est évident que la qualité d’un vin ne dépend ni de son prix, ni de son origine, le hasard a voulu que je reçoive ce style de cuvées qui correspondait à mon envie de fraicheur et de rondeur. Dans ce premier volet, je vous parlerai de deux crémants, de deux rouges faciles et d’un moelleux, tous à des prix très abordables pour alléger un budget qui lui aussi après les fêtes a besoin d’une cure détox !

Crémant de Limoux Maison Antech Cuvée Eugénie Blanc Brut 2018

Direction Limoux grand terroir de bulles,  la maison Antech,  est une des grandes références du Crémant de Limoux– une valeur sure comme on dit, fondée en 1870, elle compte six générations principalement tournées dans la finesse des bulles de Limoux, en blanquettes, en crémants de Limoux et Blanquette Méthode Ancestrale. Françoise Antech-Gazeau, a rejoint son père et son oncle en 1996 pour reprendre le flambeau du domaine. C’est au Domaine de Flassian à Limoux,  que s’effectue aujourd’hui l’élaboration de toutes leurs cuvées, Françoise y défend son terroir et la pérennisation de la maison avec passion, et elle dit rechercher des vins droits, purs et tranchants. « Mes goûts s’orientent vers l’originel, la délicatesse des fines bulles, c’est quelque chose qui se sent dès la dégustation et qui porte le bouquet expressif ». Elle est passionnée par le Mauzac, d’ailleurs Marco vous en a parlé le 1er janvier(https://les5duvin.wordpress.com/2021/01/01/les-mauzac-effervescents-de-francoise-antech/) et je partage complètement son analyse. Profitant de 65 hectares de vignes en propriété qui lui offrent 60 % de l’approvisionnement total, d’un vignoble à proximité de la fameuse Abbaye de Saint-Hilaire complété de partenariats avec une vingtaine de viticulteurs, 14 cuvées différentes, avec « des idées pour beaucoup d’autres ». La production frôle le million de bouteilles. David lui dit ne pas avoir été ébloui par certaines de leurs bulles. Pour le coup, je ne puis adhérer à cette opinion, j’ai toujours trouvé une belle régularité chez Antech et dans tous les cas j’ai apprécié cette cuvée créée en hommage à Eugénie Limouzy, grande-tante de Georges et Roger ANTECH.

Expression dominante du cépage Chardonnay (70%)  associé au Chenin (20%) et au Mauzac (10%). Méthode traditionnelle. Assemblage et prise de mousse sur lattes en caves à températures contrôlées pendant 18 mois en moyenne.

Ce que j’aime dans ce Crémant, c’est  sa finesse et sa délicatesse, il ne se cache pas derrière ses bulles, il n’est surtout pas lourd; le nez expressif  associe des arômes subtils de fleurs blanches,  à des notes de miel. Une belle matière, qui prouve la qualité de la sélection des jus, la structure très riche, soutient la fraîcheur jusqu’à la finale, et l’onctuosité de l’effervescence construit une texture ronde. Bref, le plaisir à le boire est manifeste. Assurément, un Crémant de qualité, fait pour la table et les petits budgets. 11,10 €

Crémant de Die Caves Carod Blanc Brut

Les vignes de Die ne produisent pas que de la Clairette, il y a aussi le crémant de Die AOC depuis 1993. Cet effervescent est issu du vignoble de la vallée du Rhône, sur les coteaux, entre 200 et 700 mètres d’altitude des deux côtés de la Drôme et, il a la même délimitation parcellaire que la Clairette de Die. À l’origine, il était élaboré à partir du seul cépage clairette, aujourd’hui, l’aligoté (entre 10 % et 40 %) et le muscat (entre 5 % et 10 %) entrent également dans sa composition. C’est je l’avoue, une appellation que je connais très mal, et que je n’ai jamais proposé dans notre gamme.

À la fois propriété familiale et société de négoce, l’entreprise Carod s’est fortement développée depuis sa création en 1965, un acteur de poids dans le Diois jusqu’à produire aujourd’hui 2 millions de cols par an. En 2008, Alain et Marcel Carod décident de céder leur entreprise aux Grands Chais de France. Les Caves Carod sont certifiées par ECOCERT pour la transformation et l’élaboration de raisins issus de l’Agriculture Biologique.

Le Crémant de Die est élaboré selon la Méthode Traditionnelle, après pressurage de la vendange entière et fermentation du moût, les vins sont mis en bouteille pour une seconde fermentation de neuf mois minimum. Le dépôt, reste de levures mortes consécutif à la prise de mousse, est ensuite éliminé par dégorgeage.

Il s’agit d’un assemblage de Clairette blanche, d’Aligoté et de Muscat, j’ai découvert un effervescent alliant richesse aromatique et fraîcheur en finale que j’ai trouvé surtout adapté à l’apéritif. Le crémant-de-die se pare d’une brillante robe or pâle à reflets verts, animée d’un chapelet de bulles fines qui donnent naissance à une mousse légère. Un nez assez intense  avec des notes de pomme et de fruits verts, d’agrumes, associées à des notes d’amandes fraîches et de fleurs blanches. La bouche, vive en attaque, se montre ensuite souple et ronde, enrobée d’arômes de fruits frais persistants. Une Cuvée gourmande, où fruité et vivacité se combinent, séduisante pour le plaisir immédiat qu’elle procure. Pour un apéritif léger à prix doux : 7,60€

Mais pour ceux qui aiment les cocktails ce crémant se prête aussi à la réalisation de cocktails Bellini, baiser Italien, Baiser à la fraise, Bulles d’amour

  http://fr.caves-carod.com

Fronton Château Baudare Vieilles Vignes 2016

Fronton, est souvent qualifié comme le Beaujolais de Toulouse, certes les vins sont fruités, agréables et gourmands, mais mis à part le plaisir de les boire, ils n’ont rien de comparable. Fronton offre une réelle identité, et, il y a une particularité que l’on ne retrouve presque nulle part ailleurs son cépage la Négrette. Il peut être vinifié seul ou assemblé avec d’autres cépages : Gamay, Cot, Cabernet Franc et Sauvignon et Syrah.

Le château Baudare est situé au nord de l’appellation sur les communes de Campsas et Labastide-Saint-Pierre. La famille Vigouroux y produit ses vins depuis le début du XIXe siècle, car c’est en 1882 que Léon Vigouroux créa le domaine. Le vignoble s’étend sur d’anciennes terrasses du Tarn sur un sol argilo-graveleux recouvert d’alluvions provenant des régions du massif central, à 20 kilomètres au nord de Toulouse. Après Claude, en 1996, David, cinquième génération de vigneron, a repris le flambeau avec Claire, il a agrandi la propriété avec en 2009, l’acquisition du domaine de Callory (25 ha), a doublé la superficie du domaine qui compte aujourd’hui  80 ha. En 2000, Ils sont élus meilleurs vignerons frontonnais et lancent leur cuvée haut de gamme « Le Secret des Anges », issue des meilleures parcelles de l’exploitation ainsi que la cuvée « Vieilles Vignes ». Les cépages utilisés sont principalement la négrette qu’ils assemblent de syrah, de cabernet et de malbec.

Les Vielles Vignes du Château Baudare sont issues de 50% Négrette, 50 % Syrah. Il s’agit de parcelles de vieilles vignes dont l’âge moyen est de 40 ans qui sont vinifiées séparément. Les raisins sont tous égrappés et foulés, puis pigés lors des fermentations à hauteurs de 2 pigeages par jour. Il n’a pas été passé dans le bois.

Un Fronton comme on les aime ! C’est un vin noir, typé qui reflète avec finesse l’expression de son terroir. La Négrette qui fait l’âme de chaque vin de Fronton assemblée à la syrah, offre un nez gourmand, dans lequel on retrouve un bouquet de fruits rouges et noirs bien mûrs avec des arômes de violette, de réglisse et d’épices.  La bouche  ample, ronde, gourmande et dotée d’une belle fraîcheur offre une belle texture juteuse et de tanins veloutés et poivrés. La grosse surprise c’est d’abord son prix si doux et surtout qu’on trouve ce vin au caractère affirmé, en GD…. (7€90) Sur sa page Facebook, le château le propose  avec un entremet chocolat accompagné, pourquoi pas, mon père aurait adoré ce mariage.

Madiran Plaimont Idée Reçue 2018

Ce n’est peut-être pas la peine de vous présenter la Cave de Plaimont, une coopérative aussi importante qu’exemplaire du Sud-Ouest de la France. Sa gamme de vins couvre les appellations Saint Mont (où se situe sa base), Madiran, Pacherenc de Vic Bilh, mais aussi la plus vaste zone des Côtes de Gascogne, dont les vins sont classés en vin de pays…la suite ici : https://les5duvin.wordpress.com/2016/08/15/plaimont-un-bel-exemple-de-gouvernance-collective-et-des-vins-exemplaires-pour-leur-prix-12/

En quelques années seulement, Plaimont est devenu un acteur incontournable des vins du Sud-Ouest. Donc, nous pouvons passer au vin directement, dans le rayon des idées reçues, le Madiran n’est pas épargné. Son cépage le tannat est considéré par beaucoup comme astringent, donnant naissance à un vin corsé, rugueux, voire même rustique, réservé aux hommes ect….Ces caractéristiques largement prêtées ne correspondent plus aux standards réclamés par les consommateurs actuels et surtout si on se réfère aux jeunes. Bref, le Madiran n’est plus à la mode et donc serait difficile à vendre, or, les vignes de madiran occupent 800 ha chez Plaimont, il fallait trouver une solution. On peut compter sur les vignerons de Plaimont, ils ont démontré qu’ils savent réagir. Ils ont donc décidé de prouver qu’au contraire, ils produisent des madirans fins, élégants et chics et que leur 800 ha de vignes leur permettent une vraie diversité selon les goûts. Il suffit de choisir !  Les vignerons et les œnologues de Plaimont, avec leur expérience, ont imaginé des cuvées où ils font s’exprimer les cépages – surtout le tannat – avec des arômes plus fins, tout en gardant leur typicité.

Dans la cuvée « Idée reçue ». L’étiquette annonce la « révolution », elle se veut provocante, et c’est réussi. Personnellement, je n’aime pas ce style d’étiquette, mais au moins, le message est clair : « le madiran est un vin d’homme, est une idée reçue » En même temps, on comprend que c’est un vin qui ne se prend pas au sérieux, que ça n’est pas un vin de garde, mais un vin de copains à boire,

« Idée reçue » : à gauche pour les cavistes et les restaurants, à droite en grande distribution

L’assemblage a été fait à partir des terroirs les plus précoces de l’appellation. Tannat, cabernet franc et cabernet-sauvignon sont récoltés à maturité et vinifiés séparément. Puis l’extraction est effectuée par pigeage pour limiter la puissance tannique et développer son fruité.

Mais parlons du contenu, laissons le contenant de côté un instant ! A la différence des Madirans classiques, que la cave continue d’ailleurs de produire et qui sont des vins de garde, Idée Reçue est à déboucher dès l’apéritif. La trame aromatique est particulièrement savoureuse. Un vin aux arômes de fruits rouges (mûre et cassis), quelques épices. En bouche, il est très facilement abordable, la texture juteuse, le fruité savoureux jouent parfaitement leur rôle de sapidité, les tannins sont très ronds. Le caractère très accessible de ce vin est parfaitement atteint. Sa tonalité fraîche et buvable en fait un vin franc, honnête et plein de promesses. Et puis, et puis… le prix. 7,90 Euros. Plus rien à ajouter !

Pacherenc du Vic Bilh Domaine de Moulié L 2018 Moelleux

Depuis 2002, les sœurs Charrier ont repris  la suite de leur mère au Domaine du Moulié, classé « Ferme de Patrimoine, une exploitation familiale  de 16,5 ha, 15 en Madiran et 1.5  de Pacherenc du Vic Bilh située sur la commune de Cannet dans le Gers. Elles impulsent une profonde mutation au domaine en développant des certifications agriculture biologique et HVE. La particularité du domaine est de mettre en valeur un vieux cépage autochtone : l’Arrufiac.

Vous le savez surement, mais moi, je viens de l’apprendre, le Pacherenc du Vic-Bilh provient de la contraction d’une expression béarnaise « Pachets en renc » qui signifie : piquets (de vigne) en rang et le Vic-Bilh est le vieux pays.  Les cépages principaux sont le Petit ou Gros Manseng et Petit Courbu, assemblés parfois avec des cépages plus minoritaires de l’appellation comme l’Arrufiac ou encore le Sauvignon.  Vous savez aussi que lorsque c’est écrit Pacherenc du Vic-Bilh sur l’étiquette c’est forcément un doux, lorsque le vin est sec, c’est précisé. L’AOC Pacherenc du Vic-Bilh a été obtenue par décret du 10 juillet 1948 et concerne les seuls vins blancs issus de ce terroir son aire d’appellation se confond avec celle du Madiran et entre également dans l’aire d’appellation Béarn et couvre ainsi environ 1.400 hectares au nord de Pau. Les doux sont intenses et d’une belle complexité. Équilibrés, ils se définissent par leur richesse aromatique et par une belle fraîcheur. La lente concentration naturelle en sucre des raisins préserve l’acidité nécessaire à cet équilibre.

La cuvée est composée d’une majorité de  Petit Manseng (94 %) complétée par 6 % de Gros Manseng. La récolte est manuelle par tris successifs. Pressurage lent grappes entières. Débourbage à froid. Fermentation alcoolique en petite cuve sur lies. Vinification 10 mois sur lies fines.

Elle s’offre dans un registre tout en finesse et en fraicheur. Une jolie robe d’un jaune doré l’habille. Elle développe au nez un bouquet de fruits blancs, puis de fruits confits, et se termine sur des arômes de mangue. Elle est dotée d’une belle vivacité en attaque, qui équilibre parfaitement une bouche douce fruitée et douce. Un blanc onctueux, frais, aromatique et gourmand. Tout ce que l’on attend d’un Pacherenc. 13,00 €

A suivre la semaine prochaine,

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

4 réflexions sur “Petite sélection pour ce début d’année (1) !

      1. Guy Salmona

        Oui en effet, je suis injuste ! J’avais lu ce post avec satisfaction et intérêt, d’autant que j’y étais moi-même cité.

        J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.