Deux bouquins autour du vin ou quand la Chine fascine

Notre confrère et ami Pierre Thomas a lu pour nous deux livres qui parlent de vin et de Chine. Faschination…

Rien ne devait rapprocher deux livres lus ces derniers jours : «Péril rouge à Zhuhai», de François Boucher, aux éditions du non-agir, et «Irouléguy mon amour, itinéraire d’un sommelier», d’Eric Remus, aux éditions persée. Et pourtant, la clé de deux des énigmes soulevées par ces livres autour du vin se trouve en Chine, et les deux fois, liée à Bordeaux. Les deux auraient pu s’intituler «Micmac à Hong-Kong».

Péril rouge à Zhuhai

C’est, évidemment, dans l’air du temps, même si la Chine, dans le contre-coup de la pandémie, importe, produit et boit moins de vin… Elle reste le futur premier marché des vins de la planète, notamment pour les «vins fins». A tel point qu’elle peut attirer toutes les convoitises. Y compris celle d’un œnologue plus malin que les autres, qui veut faire boire du vin «artificiel» et fabriqué selon sa recette à des millions de consommateurs chinois ignares. Tout ira de Charybde en Scylla, et de Hong Kong à Macao, pour Victor Vieux, le narrateur de «Péril rouge à Zhuhai». Un polar qui se lit facilement, en format de poche (200 pages, www.non-agir.fr, 13 euros).

Le directeur du Bureau interprofessionnel des vins de Bordeaux, nommé Marcel Gamay (!), a-t-il flairé la combine? Le fait est qu’il est réduit à l’état de cadavre. Les flics, y compris une inspectrice chinoise appétissante, et les gangs s’en mêlent… On est plutôt du côté de San-A(ntonio) que de Maigret. Les phrases sont courtes, les rebondissements bien balancés. Chaque chapitre a droit à sa citation en exergue, et on aime bien ce proverbe chinois : «Milles souvenirs ne donnent pas une pensée».

Irouléguy mon amour

Attention à ne pas l’appliquer à l’autre bouquin, beaucoup plus sérieux, voire didactique, le roman d’Eric Remus sur l’itinéraire d’un sommelier. Beaucoup de dialogues entre les personnages. Une histoire de famille, mais aussi de règlement de comptes. L’histoire se noue dans dans le tsunami qui ravagea les plages de Phuket, en décembre 2004. Le jeune Victor Soubéran sauvera une petite fille, Alice, mais sa grand’mère mourra. Emaillé par quelques formules lapidaires, tel «si tu veux être un bon amateur de vin, il faut être passionné, un bon sommelier, passionnant», on parcourt l’itinéraire initiatique qui mène Victor d’un concours de sommelier «espoir» à la conduite d’un Grand Cru de Saint-Emilion. Jeux de savoir et de pouvoir s’entrecroisent, avec une pincée de romanesque entre la séduisante Kim et l’envoûtante Audrey, l’héritière du château. Exilé en Australie, pour échapper à la malfaisance de négociants bordelais, père et fils, qui le rattrapent, le sommelier en puissance finit par résoudre un curieux trafic. Si la thématique du «vin artificiel» est souvent évoquée, celle d’étiquettes bordelaises «captées» pour inonder la Chine de vins de bas de gamme embouteillé sous un label prestigieux, un trafic organisé par les Chinois eux-mêmes, ressurgit à chaque acquisition d’un château bordelais par un Chinois… Victor finira par découvrir comment le château Phoebus est exporté à raison de 11 fausses bouteilles pour une vraie.

Eric Remus, ex-propriétaire d’un château bordelais (château Edmus), embrasse le monde du vin, distille les bons conseils vitivinicoles et les commentaires de dégustation hédoniste, dans un enchaînement à rebondissements plaisant. Ce livre (290 pages, www.editions-persee.fr, 19,90 euros), ressemble (un peu…) à un autre «premier roman», celui de Jacques Orhon, sommelier, auteur de livres sur le vin et dégustateur. Et Rouletabille par hasard, j’ai retrouvé un des nouveaux propriétaires du Château Edmus (toujours vinifié par l’équipe de Stéphane Derenoncourt), avec qui j’ai, fortuitement, partagé un modeste repas, à Luxembourg, à l’occasion du dernier Concours mondial de Bruxelles…

Chine ou pas Chine, le monde du vin est décidément un petit monde !

Pierre Thomas

Une réflexion sur “Deux bouquins autour du vin ou quand la Chine fascine

  1. David Cobbold

    Merci Pierre mais je reste sur ma soif sur un point en particuler : que vient faire Irouléguy dans cette histoire ? Qiant à la Chine et le Concours Mondial de Bruxelles, tu connais mon avis sur le sujet je crois.

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