Le Marché des Vieux Cépages 2021 à Trilla (volet1)

Vous le savez, j’aime de ce rendez-vous annuel parce qu’il est très festif et amical, et surtout, parce que, Trilla en Fête, c’est UNIQUE!

L’année dernière, la formule de la Fête des vieux cépages avait changé à cause du COVID, la salle du village, le lieu habituel, étant interdite pour des raisons de sécurité sanitaire. Alors, avec les organisateurs, André Dominé avait choisi de la  transformer en un marché en plein air, à l’ombre des arbres. A mon grand regret, je n’avais pas pu y participer et profiter de cette nouvelle formule. Mais cette année, le modèle ayant plu à tout le monde, il a été renouvelé. Et je puis vous assurer que ce fût une véritable réussite !

C’était le 24 juillet, il faisait beau, et pourtant, nous n’avons pas eu trop chaud, les vignerons se tenaient à l’ombre des platanes mûriers et des parasols, et une tramontane légère nous rafraîchissait. Nombreux étaient les amateurs de bons vins à s’être donnés rendez-vous à Trilla, je n’y ai pas vu beaucoup de professionnels, ce qui est un peu normal, car c’est la pleine saison touristique en Roussillon; mais c’est sans doute ce qui rend l’ambiance plus légère, plus joyeuse et plus décontractée: c’est une journée très sympathique, on n’a pas l’impression de travailler.

Il y avait pourtant largement de quoi faire, plus d’une vingtaine de vigneronnes et vignerons étaient présents pour nous faire découvrir et déguster leurs vins issus de (souvent très) vieilles vignes de cépages traditionnels du Roussillon et du Languedoc. La possibilité d’acheter leurs coups de cœur sur place est le côté attractif pour les visiteurs et à ce que j’ai pu voir, ils ne s’en privaient pas.

J’avais préparé ma visite, j’adore cette rencontre à laquelle André m’invite chaque année. En plus de quelques domaines bien connus, il y avait aussi de nouveaux venus que j’allais découvrir avec curiosité.  Evidemment, je n’ai pas pu tenir mon planning, la matinée file vite, même si elle se termine à 14h et, je suis bavarde, je n’ai pas pu m’arrêter partout où je le souhaitais, j’ai quand même bien fait mon « marché », voici le contenu de mon panier:

Du Minervois:

Clos du Marbrier, Irène Prioton

Une vigneronne à découvrir ! Clos du Marbrier parce qu’Irène s’est installée au pied des remparts de la cité de Caunes Minervois, dans un ancien atelier de marbrier qu’elle a transformé en chai de vinification. Irène est tout sourire, heureuse d’être là, de parler de ses vins, de son investissement, de ses terroirs et de ses parcelles  dispersées dans la garrigue et à flanc de montagne, qu’elle travaille en BIO. En complément des variétés traditionnelles languedociennes, elle a choisi des cépages inédits.  Elle évoque la vinification douce de chaque cépage séparément pour en en préserver la quintessence.  «Je fais beaucoup de choses à la main», c’est ainsi qu’elle explique son idée de décliner ses cuvées sur le thème de la «main».  « Mes noms de cuvées traduisent un nouveau départ et l’intention que j’ai apportée pour les personnaliser » :

  • Vin de France, Cuvée Mains Libres 2019 Blanc

Un assemblage de Grenache Blanc (40%), Roussanne (40%), Viognier (10%), Vermentino (5%)  issus d’une belle parcelle nichée au creux de la montagne, sur greffée en 5 cépages, un tiers de la cuvée est passée 6 mois en barrique, il s’agit d’une série limitée.

C’est avant tout une bouche gourmande, fruitée, vive et riche qui se glisse entre 2 sensations : celle d’une richesse enjôleuse, conjuguée à une profonde fraîcheur. Ce duo  fonctionne à merveille et lui donne cette originalité si recherchée. C’est un blanc très complet,  où le croquant apporte un plaisir immédiat.  Prix 13.00 €

  • Cuvée « A Main Levée » AOC Minervois Rouge 2020

Un assemblage de Cinsault /Grenache élevé en cuve. Je l’ai trouvé surprenant et charmeur avec son nez fruité et épicé et ses  nuances de plantes aromatiques qui lui apportent un relief plus persistant. La bouche m’a bien plu, c’est un vin tout en rondeur, tendre,  aux tanins juteux et épicés. La finale a un petit côté acidulé et tonifiant, l’équilibre est là, et, j’ai l’impression qu’il se boit avec une facilité déconcertante ! Prix 9.00 €

  • Cuvée « A Pleine Main » AOC Minervois Rouge 2018

Cette cuvée Mourvèdre (50%) Cinsault (25%) Syrah (5%) issue d’une mosaïque de terroirs : Grès pour le Mourvèdre, Argilo-calcaire pour les autres parcelles a été élevée en cuve. Arômes de fruits noirs en abondance et concentrés mêlés à des notes sauvages de garrigue, et de cuir. Les notes de fruits noirs, de fumée trouvent au nez comme en bouche un écho parfaitement équilibré. La bouche au profil fruité libère un jus aux tanins fins et de belle fraîcheur avec une mâche et une texture pleine et charnue. A déguster dès aujourd’hui et d’ici deux ans, pour profiter au maximum de sa fraîcheur et de son énergie. Prix 13.00

  • Cuvée « Haute Main » AOP Minervois La Livinière Rouge 2016

Grenache Noir (50%) Syrah (50%), Elevage en fût de chêne «Haute Main», tout en épices et en fruits noirs légèrement confits, il affiche une plus grande complexité. La bouche déploie un jus corsé, une matière franche assez généreuse, c’est un festival de senteurs méditerranéennes qui portent le vin dans l’allégresse. Un vin fin, élégant, infusion douce plutôt qu’extraction dure ! Prix 19.00 €

https://www.leclosdumarbrier.com/

Des Corbières:

– Clos de l’Anhel Corbières,

Sophie, vigneronne artisane dans l’Aude se présente : « Je suis vigneronne depuis zéro génération. Après avoir sillonné le Sud pour faire du vin pour les autres, j’ai posé mes pieds sur cette terre des Corbières en 2000. Je me suis ancrée au pied de l’Alaric, sur ces coteaux, culminants à 300m, calcaires, sauvages, rudes, balayés par le Cers, en compagnie des vignes et de la garrigue avec son monde végétal, animal et minéral ». En 20 ans le vignoble est passé de 6 à 10 ha avec une volonté de protéger la biodiversité du lieu et d’accorder la priorité à l’agronomie : « Je poursuis ma recherche de cohabitation douce et vertueuse avec ce lieu… le Clos de l’Anhel (agneau, en occitan). »

L’agriculture biologique est certifiée Ecocert depuis 2003. Je n’ai pas gouté toute sa gamme, juste trois rouges :

  • AOP Corbières Les Terrassettes 2019

Cette cuvée  assemblage de Carignan 50%, Syrah 25%, Grenache noir 20%, Mourvèdre 5% issue du Terroir de Lagrasse (vignes de âgés de 6 à 84 ans), est le cœur de sa gamme, les cépages  sont assemblés partiellement à l’encuvage. Ce vin est composé uniquement de vin de coule, il est élevé en cuve à 100%. Avec ses notes florales, fruitées et épicées, ce rouge joue d’emblée sur un registre de fraîcheur et de finesse. Il déroule un fruit pur, très nuancé, peu extrait, une trame veloutée aux tanins présents mais soyeux, où se logent des arômes de menthol, et de fruits noirs. Une réussite incontestable conjuguant finesse et fraîcheur. 14 €

  • AOP Corbières Les Dimanches 2018

Cette cuvée se compose à 80 % des vieilles vignes en terrasses de Carignan (80 et 109 ans), et de Syrah 20 % de 25 ans, du Terroir de Lagrasse aux sols argilo-calcaires graveleux. Elle a été élevée en cuve à 100 % : La recherche de complexité aromatique et de finesse de tanins correspond à ce choix.

Les Dimanches libèrent un nez épicé, fruité, un jus de haute intensité sans doute dû aux vieilles vignes, mûr et frais, où le Carignan remplit pleinement son rôle autour de notes de fruits noirs. La bouche est plus puissante que celle des Terrassettes, dotée d’un magnifique fruit sans lourdeur,  la texture est parfaite, cernée de tanins fins et harmonieux. Un ensemble gracieux et digeste, épicé en finale, c’est un rouge élégant et très bien équilibré. André Dominé dit de lui : « ressemble à sa vigneronne : gracile et élégant, mais avec beaucoup de caractère et du peps. »18,60 € TTC

Et pour aller encore plus loin, il faut se laisser tenter par l’Envie.

  • Vin de France L’en Vie 2017

Sophie explique cette cuvée : « L’idée est née en 2010, mais … les conditions n’étaient pas présentes pour le réaliser. Pour moi, le vin est le résultat de la collaboration entre le raisin et le vigneron. Pour cette cuvée, j’exige que les deux partenaires soient à leur optimum, selon mes critères. Sur ce vin-là, enVIE, je ne cherche en aucun cas à modifier ce que me donne la terre, et donc le raisin : j’effectue un travail de vinification très discret. »

Chaque année elle choisit le cépage qui lui semble être le plus réussi dans le millésime et elle en propose un vin monocépage. J’avais enVIE :

  • de faire une nouvelle cuvée avec un seul cépage au mieux de son expression, pour un millésime donné.
  • de laisser un cépage s’exprimer au mieux, donc un élevage neutre
  • En 2011… une enVIE à base de mourvèdre à 90 %.
    En 2012, pas d’ enVIE car pas envie !
    En 2013… une enVIE 100% syrah.
    En 2014… une enVIE 100% syrah.
  • En 2015 … une enVIE 100% grenache.

« Chaque année la question est être enVIE et avoir enVIE… » 2017: la réponse est oui  … une enVIE 100%  carignan,  des vignes de plus de 100 ans, vendanges manuelles, les grappes sont égrenées et foulées. Cuvaison de 30 jours, 1 pigeage manuel (ou 0 selon mon humeur !) par jour, jusqu’à immersion totale du chapeau de marc puis « infusion ». Cette cuvée est élevée uniquement en cuve. La recherche de complexité aromatique, de l’expression cépage-terroir, de la finesse de tanins correspond à ce choix.

La mérite remarquable de cette cuvée réside dans la qualité exceptionnelle des raisins qui révèle la noblesse du carignan. Des arômes assez sauvages et austères à l’ouverture, c’est un vin qui a besoin d’air. Avec une grande ampleur, le palais révèle des arômes puissants et élégants, qui évoquent les fruits noirs et les épices ;  on retrouve ce côté svelte et musclé du carignan qui donne beaucoup de caractère, avec un éclat de fruit et de la complexité apportée par ces vieilles vignes.  Belle délicatesse des tannins présents mais enrobés par une sève généreuse. L’en Vie 2017 offre un ensemble mûr et frais à la fois, parfaitement maîtrisé, C’est une grande découverte, un vin surprenant et terriblement séduisant, 27,00

 

Quand on écoute Sophie, on comprend sa volonté de laisser s’exprimer le terroir, elle aime ses vignes.https://www.anhel.fr/fr/

– Domaine Sainte-Croix

Niché dans des collines rocailleuses et sauvages des Hautes Corbières, le domaine Sainte Croix est situé sur la commune de Fraïssé des Corbières, à 20 minutes de la mer méditerranée.  Les 13 hectares d’un terroir complexe sont exploités en BIO par Jon et Elizabeth Bowen, tous les deux d’origine anglaise.  Je connais bien les Rancios de ce domaine puisqu’ils participent au salon Be Ranci, et bien sur je vous en ai parlé, mais je n’avais jamais gouté leurs vins, et, ce fut une vraie bonne découverte. Ils se déclinent en 3 couleurs et, sont, pour la plupart, issus des vignes qui ont entre 50 et 115 ans d’âge. Pour toutes les cuvées, le mot clé est « équilibre », entre richesse et fraîcheur, arômes et structure, nuance et fond, des vins originaux et profonds.

·       IGP la vallée du Paradis Mille Ciels 2019

La Vallée du Paradis, quel joli nom, mais ça prend encore plus de beauté quand Jon explique que «Mille Ciels fait référence à une partie de leur vignoble, perché sur un plateau de calcaire, sous un grand ciel, toujours changeant, et d’où l’on voit jusqu’au Canigou dans la chaîne des Pyrénées.»  

Il s’agit d’une vigne plantée en 1905 complantée de carignan et de terret gris, principalement (mais aussi d’autres cépages). Cette cuvée se classe dans la Série «Electron Libre» car il s’agit de vin d’un style spontané et issu de la libre pensée.  La vinification se fait en grappes entières, foulées et pressurées en pressoir manuel, pas de débourbage, fermentation aux levures indigènes en bonbonnes de verre. L’élevage a également lieu en bonbonne de verre pendant 9 mois. Pas de collage, ni de filtration. C’est un vin qui présente une belle fraîcheur et une certaine nervosité. Porté par la vendange entière, il déroule des notes d’agrumes du citron et du pamplemousse avec un piquant vif, auxquelles viennent s’ajouter des arômes de fleurs blanches qui continuent en bouche, complétés par la fraîcheur et une légère amertume et salinité. Savourer ce vin, long et élégant, c’est découvrir l’origine de ce territoire qui le fait naître c’est déguster la source du Paradis ?  20 €

  • IGP la vallée du Paradis Pourboire Nature 2018

Une cuvée issue d’une vieille vigne (1905) de Carignan  80% assemblée à  20% de Grenache faisant également partie de la série «Electron Libre». – « Pourboire », parce c’est pour ça qu’on l’a fait. . . «Nature», parce qu’il n’y a rien d’ajouté. Rien, c’est à dire pas de SO2, de levure, de tannins, d’enzymes, de produits de collage, élevé en cuve pendant 6 mois et mis en bouteille sans SO2.  Un rouge incroyablement frais et vibrant qui offre de séduisantes notes fruits noirs, de garrigue, de graphite et de goudron ; la bouche parfumée se révèle généreuse sans excès, avec un fruit toujours scintillant et frais. Avec des tanins bien intégrés, de la tenue, de la matière et  beaucoup de finesse, c’est un rouge digeste, fruité, un très bel exemple d’un vin naturel sans défaut. 12 €

  • Vin de France Carignan 2017 –

Encore un carignan issu d’une plantation de 1905 ! Un puissant et séduisant hommage à ce grand cépage, capable de faire des vins d’une vraie classe. Fermentation malolactique en fut et, élevage sur lie en futs de 300 litres (4 – 6 vins) de chêne français pendant 16 mois avec bâtonnage au début. Pas de collage ni filtration. Avec ses arômes de girofle qui se superposent à ceux de fruits noirs, pruneau et figue , ce Rouge 2017 joue d’emblée sur un registre de séduction.  Voluptueux et corsé, aux tanins soyeux, où se logent des arômes de menthol, d’épices et de chocolat noir. Peu extrait, avec des tanins puissants mais fins, où se logent des arômes de menthol, d’épices et de fraise, il dégage fraîcheur et  finesse. C’est un très beau vin, avec une belle acidité qui le rend superbement équilibré extrêmement précis et complexe. 20€

  • Cuvée Celestra 2007

«Ce nom fait référence au latin caelum, le ciel, et à l’occitan celèstra, une teinte bleue. D’un profil typiquement languedocien, un style entre la Vallée du Rhône et le Roussillon  – on peut dire aussi qu’il vient du « Grand Bleu ».» Il s’agit d’une vieille vigne Grenache Noir (100%) plantée en 1968. Le vin a été élevé sur lie en futs de 300litres pendant 18 mois. Pas de collage, ni de filtration.

Avec une robe profonde, un nez très intense, fruité de mûres, de prunes et d’épices avec des notes finement torréfiées, il se veut très séducteur. En bouche,  il affiche une matière concentrée aux tanins présents mais patinés, aux notes de fruits noirs et rouges mûrs et d’épices. La finale persistante associe un fin boisé à tendance empyreumatique à des senteurs d’herbes aromatiques; il présente un équilibre qui le rend tout à fait digeste et le vin sait garder une certaine fraîcheur. 20€

Le Paradis Perdu

Angela Röhl, c’était la première fois que je la rencontrais, elle ne présentait qu’un seul vin, dont l’étiquette m’a beaucoup attirée et du coup, je me suis arrêtée. Avec son petit accent allemand et son large sourire, elle est très sympathique et  son histoire n’est pas banale. Son vin s’appelle le Paradis Perdu, c’est son histoire : avec l’accord de Frédéric Juvet, propriétaire du domaine de la Roquenégade, elle s’est installée en 2013 dans un casot qu’elle a entièrement retapait et taillait pour lui une vigne. Depuis 2005 elle a travaillé dans les vignes pour Christian Baillat ou avec Stéphane Madiec avec qui, elle reconnait avoir appris beaucoup.  Mais en 2019, Frédéric décède, elle devient alors vigneronne en obtenant l’autorisation de récolter les raisins de cette vigne ; mais le domaine est vendu, elle doit partir et quitter ce merveilleux paradis niché au piémont du Mont Alaric. Elle n’aura récolté sa vigne que 2 ans, 2019 et 2020.  Aujourd’hui, elle a non sans regret, tourné la page et pris en fermage une vigne de carignan de Sophie Guiraudon. Elle vinifie au domaine de La Petite Commanderie avec qui elle partageait le stand.

C’est le Vin de France Le Paradis Perdu 2020 que j’ai gouté, issu d’un 90% de mourvèdre et de 10% de syrah, mais ne vous y trompez pas c’est un vin qu’elle a voulu dans la légèreté, pour le plaisir. «Après une courte fermentation, une macération carbonique avec les raisins entiers, la cuve de béton était pleine, nous avons pressé avec le vieux pressoir avec la main; on perd beaucoup de jus, surtout avec la macération carbonique. Après j’ai laissé finir la fermentation alcoolique dans une autre cuve de béton. Deux fois nous avons fait un soutirage par gravité, avant la mise en bouteille.»  

C’est un vin sans sulfite. J’en garde le souvenir d’une boisson gourmande, avec une attaque souple, très fruitée avec un peu de co2 et une finale légèrement astringente. Mais c’est un vin qui paraissait porter un message : au-delà de sa légèreté, il imposait sa personnalité. Il lui reste 300 bouteilles à 8,80 €. Quant à l’étiquette, elle mélange 3 œuvres différentes de Jérôme Bosch. «Ca me parle de ma vie et de mon histoire aussi. L’ubu blanc dans le fond représente le mort, les deux couples sont mes enfants il y a aussi des amies autour de ma table et moi». Ça n’est pas banal, et je ne manquerai pas de la suivre.

La Petite Commanderie

Quand Stéphane débarque dans les Corbières en quittant le Seine-et-Marne, il n’a aucun passé viticole. Le hasard de la vie l’a entraîné dans l’Aude il y a une vingtaine d’années à la suite d’une mutation professionnelle. Il tombe sur un îlot de cinq hectares de vignes sur plusieurs parcelles parfois isolées dans des endroits sauvages et magnifiques, sur la commune de  Pradelle-en-Val,

un coin bien sauvage et plein de charme au pied de l’impressionnante Montagne d’Alaric. La Petite Commanderie, c’est une cave en paille qu’il a construit  à la sortie du village. En 2007, Stéphane se décide pour l’agriculture biologique. Les vins sont sans sulfites ajoutés avec un suivi analytique très rigoureux. L’appellation Corbières n’est pas pour Stéphane une nécessité, et il reste avec ses cépages rouges et la vinification en cuve béton, sauf une exception : son Cosmic Débris en demi-muids.

Sa devise : « Ce qui est grand est petit, ce qui est petit est grand ». Pour Stéphane, le métier de vigneron est non seulement un métier manuel qu’il apprécie mais c’est aussi une démarche intellectuelle. On a en tête une idée du vin que l’on souhaite mais il faut chaque année créer et composer avec ce qu’offre la nature. Ses vins: Après vendanges manuelles, vinification des moûts égrappés en cuve béton. Elevage béton, sauf pour les magnums de Cosmic Débris. Vins sans soufre, ni collés, ni filtrés. Je n’en ai gouté que deux :

  • Le Cabaret des Oiseaux 2020

Un rouge résultat d’un assemblage de carignan (75%) – syrah (25%). J’adore son Cabaret des Oiseaux, déjà pour ce nom qui emballe l’imaginaire, nous offre une certaine idée de la joie, et, je trouve que cet assemblage de trois quarts Carignan et un quart Syrah  nous entraîne vers ce coin des Corbières si sauvage et vrai qui reste une signature impeccable de ce terroir. Un vin délicat, floral  aux parfums de garrigue, des tannins fins qui vont se fondre bientôt.  Le vin structuré et rond persiste en bouche et offre des tanins fondus fruité. A découvrir ! 9,50 €

  •  Vin de France L’Immortelle 2019

50% Syrah 50% Grenache.  Un vin riche et profond, minéral, d’une grande richesse aromatique aves ses notes de fruits noirs et d’ épices tout en conservant une grande buvabilité. Salin, boisé, très long avec de beaux amers en fin de bouche, il nous entraine dans un lieu envoutant et sauvage, propice à la méditation. De longue garde.

A dans 15 jours pour la suite du marché, jeudi prochain place à Michel Smith!

Hasta pronto,

MarieLouise Banyols

5 réflexions sur “Le Marché des Vieux Cépages 2021 à Trilla (volet1)

  1. Le cabaret des oiseaux, joli nom de cuvée et de plante aussi, c’est le cardère qui a les feuilles opposées à la même hauteur sur la tige, ça forme comme un réceptacle qui garde l’eau de pluie. On se servait aussi de si sommité florale pour carder la laine fraîche bien entendu. Merci pour ce joli panorama bachique. Marco

    J'aime

  2. Nadine Franjus

    Jolie sélection de vin faits à la main. Sans sulfites pour certains. Il y aurait donc des vins Nature qui sont réussis. Je suppose qu’on ne nous présentera que les bons mais y avait-il aussi des vins désagréables?

    J'aime

  3. Quel bonheur de retrouver ici – et en plein air – tous les vignerons que j’aime dans une manifestation à laquelle, hélas, je n’ai pu participer !
    On communie, grâce à toi, Marie-Louise, avec cette force inouïe qu’ont les vignerons d’aujourd’hui d’inventer, de concevoir et de bercer dans leur cave parfois sommaire, des vins extraordinairement complexes révélant ainsi des terroirs inspirants, toute la magie, le relief et la force dont sont capables les régions Languedoc et Roussillon.
    Une fois de plus, grâce à la ténacité de notre ami et confrère André Dominé et de son équipe de bénévoles, tu nous combles de joie !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.