Cognac, Cognac, vieil or, bronze et cuivre liquide… d’ABK6

Ah, les Cognac et leurs couleurs automnales…

Quand ils coulent dans le verre, quelque chose de jazzy emplit l’atmosphère. Les cuivres parfument et rythment les soirées de leurs sons, de leurs tons chauds et fruités. On peut les imaginer rap, plus scandés, un rien chaloupés. Se raccrochant au passé ou voguant dans l’air du temps. Le cognac slap ou slam, en bœuf ou freestyle, agit alors en révélateur de fantasme musical.

Ils ont à la fois de la douceur et du caractère, agissent comme un réconfort pour la gorge et l’esprit, spiritueux raffinés à la complexité sans cesse renouvelée.

ABK6

Drôle de nom pour la capiteuse boisson, mais à la française, voici un acronyme particulier, celui d’Abecassis, d’après Francis Abecassis, du domaine éponyme. Et c’est bien trouvé. On pourrait en faire un rébus…

 

www.abk6-cognac.com

Mais reprenons le rythme…

VSOP Single Estate Cognac, ça swingue

Brillant comme les cuivres d’un saxo, il joue de mille grelots et respire, un rien terreux, la poire et la pêche blanche teintées d’absinthe et de raisins secs. Les épices improvisent et titillent des parfums de puros pour qu’en duo ils jouent violons et altos. Blanc et noir, le poivre y met sa note, ça devient hot ! Dans un style free, la bouche syncope praliné, clou de girofle et impressions vanillées, puis scat la noix en groove gras et swing d’une superbe volatilité. La réglisse sur la fin growl une amertume rafraîchissante et équilibrante pour un voicing des plus réussis. 49€

 

 

 

 

Avec l’Artist Edition Limitée n°2 Cognac Réserve, ça slame

Cuivré, son caractère capiteux nous chauffe le cœur par son esprit, caresse l’intellect de sa richesse aromatique, la langue par son gras suave. On distingue d’abord du caramel au beurre, de la poire Williams, du jasmin, de la feuille de tomate, du raisin de Smyrne, du candi et de la pâte d’amande. Une fine amertume, rafraîchissante, et un goût de chrysanthème prennent la suite. Puis c’est la poire qui revient, leitmotiv fruité sur lequel se construit l’eau-de-vie. Des épices douces s’y déposent, jaune curcuma, orange macis, sombre réglisse, rouge ambre et ombre cacao.

Ce  cognac crépite comme un feu lancinant qui scanderait des allusions intimes, des visions tangibles. On en  oublie l’instant, un moment. 65€

 

Quand le XO Renaissance Single Estate nous joue toute la gamme

Couleur bronze patiné, couleur de soleil couchant, aux derniers reflets orangés, il nous livre sa douce mélopée, arpèges épicés au dièse réglissé, double-croche de pâte d’amande au soupir de cacao un rien brûlé. Puis sur un tempo de sauge et d’anis, les fa de cumin, ré de bergamote, do d’écorce d’orange, harmonie des tons boisés, entament d’un mouvement lent leur polyphonie. Impression douce, presque sucrée, aux souffles iodés, les silences mentholés, la mélodie résonne à l’infini, l’aficionado en reste tout ébaudi. 159€

Un accord, Pineau des Charentes et Comté

ABK6 élabore aussi un excellent Pineau des Charentes qui rafraîchit avec bonheur sa douceur fruité en association avec un Ginger Ale dans le cocktail n°17 dédié à la Charente-Maritime.

PdC Pineau des Charentes

Ambre blond, un nez d’eau de vie, de pâte d’amande, de poire cuite et de raisin de Corinthe, il fait très envie. La bouche fruitée offre la fraîcheur du fruit et n’est guère trop douce. Elle a du croquant, celle des fruits aussi et se boit avec un réel plaisir. 18€

Cocktail n°17

5 cl de Pineau des Charentes blanc

10 cl de ginger ale

2 glaçons

2 demi-tranches de citron vert

Un cocktail frais avec son léger frisant et la pointe de vivacité amenée par le limon, qui mettent en exergue le fruité délicat du Pineau, le ginger ale ajoute son amertume pour encore rafraîchir l’ensemble.

Comté 18 mois, affiné par Marcel Petite au Fort Saint Antoine

Jaune pâle, il est né à la fin du printemps et aime livrer le galbe velouté de sa plastique onctueuse aux papilles qui vont le déguster. Lait bouilli teinté de moka, cèpes serrés dans un bouquet d’humus, notes minérales aux accents iodés, parfum de tarte à la mirabelle, sont ses premiers arguments. En bouche, il se dissout avec facilité, laissant errer dans tout l’espace palatin ses arômes torréfiés, son opulence épicée, sa douceur fruitée. Il termine par une légère et rafraîchissante amertume qui mêle réglisse et grain de café.

Certes inusité, cet accord saura étonner…

Dès que le cocktail rencontre le fromage, il donne l’impression de lui apporter une seconde jeunesse. Source de jouvence surprenante qui installe ses fruits frais au sein de la pâte torréfiée pour en faire une gourmandise à tomber. Le Pineau mélangé de ginger ale en oublie sa fraîcheur, le Comté son opulence, pour ensemble tourbillonner jusqu’à la transe.

Ciao

Marco

2 réflexions sur “Cognac, Cognac, vieil or, bronze et cuivre liquide… d’ABK6

  1. georgestruc

    Pour une surprise c’est une surprise !! Quel ravissant papier…des associations inattendues, des descriptions savoureuses. A lire et relire.

    J'aime

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