La vie parisienne… et le gamay qui va avec.

Comme l’autre je ne sais plus qui, on pourrait mettre Paris en bouteille tout en fredonnant, allègre, Un Gamin de Paris. Et, en place du gamin dans le titre, on mettrait bien volontiers le Gamay avec un G en majuscule tant ce cépage est pour moi associé à Paris. Dans mon esprit brouillon et rustre, le gamin Gamay de Paris serait un gavroche venu de Loire jusqu’aux Grands Boulevards dans le coffre d’une 4 L de pèquenaud chargé de caisses d’un vin vinifié grappes entières en macération carbonique, des bouteilles d’un rouge de Touraine du Domaine de La Charmoise toutes « made in Loir-et-Cher » et étiquetées Henry Marionnet. Pour ceux qui aiment la chansonnette aux accents de titi parisien, régalez-vous en attendant de passer à la suite avec ces deux airs clochemerlesques, Un Gamin de Paris d’une part et Les Grands Boulevards, d’autre part, deux chansons interprétées ici par Yves Montand, le chanteur fétiche de ma chère Maman.

©MichelSmith

L’autre jour, après avoir déambulé tel un parfait touriste sur les Grands Boulevards, entre l’Opéra et le Grand Rex, le long du Boulevard des Italiens, tout en évitant les écueils de la circulation en mode 2021, vélos anarchistes allant dans tous les sens au gré des applis du portable, trottinettes vrombissantes et planches à roulettes stridentes, me vint à l’idée de tourner à gauche vers le populaire Faubourg Montmartre pour me retrouver, face au Palace de ma jeunesse, bloqué par une queue de belle contenance constituée de provinciaux et de visiteurs étrangers tous armés de leur smart phone, de leurs excitations, d’un « pass-sanitaire » et d’un sac à dos. Ainsi je pris mon tour gaiment avec la ferme intention de m’offrir le classique des classiques, j’ai nommé le fameux repas à la parisienne brasserie du Bouillon Chartier. Je fréquentai les lieux jadis de manière épisodique dans mes périodes fauchées presque comme les blés, et je dois dire que le décor 1900 ainsi que le professionnalisme des serveurs(euses) m’impressionnaient déjà, sans parler des plats traditionnels style hareng pommes à l’huile et tête de veau sauce gribiche que j’arrosai d’un petit côtes du Rhône de négoce sans vice ni vertu.

©BouillonChartier

Une fois bien installé entre deux habitués et un couple de fidèles gourmets venus d’outre-Rhin, je me fis servir le plus onéreux des vins rouges (17 € !) de la courte carte, mon cher et tendre vin de Touraine, le fameux Gamay d’Henry Marionnet, le saint-gamay de base, le générique en quelque sorte, et non celui de Bouze qui figure cependant encore au tarif (voir l’adresse du site plus haut) en même temps que son Première Vendange, un jus addictif vinifié sans soufre depuis des décennies par Henry le pionnier et, aujourd’hui, par son fils Jean-Sébastien Marionnet

©MichelSmith

Le jus de fruit est bel et bien là, à portée de mes papilles, servi frais et charnu tel que je le souhaitais dans son seau d’eau à moitié rempli avec quelques glaçons aussi à l’aise sur mon museau de porc vinaigrette (3,80 €) que sur mon pied de porc “Félicie” (10,50 €) servi bien grillé avec ses incomparables frites fraîches. Un délice de légèreté, un bonheur d’insouciance, un goût de goguette parisienne, un air de liberté dans un verre tout simple, le tout mêlé à la joie de « ma » Capitale retrouvée le temps d’une journée bien remplie dans ce Paris encore ancré dans ses années folles. La prochaine fois, c’est promis, ce sera salade frisée aux lardons (4 €) et andouillette grillée sauce moutarde (11,70 €) encore et toujours arrosé de Gamay de chez Marionnet, celui que je gardais afin qu’il reste frais sur le rebord de la fenêtre de mon petit bureau des Champs Élysées vers la fin des années 70 pour célébrer les fins de bouclage avec mes potes de Paris-Match.

Michel Smith

PS. Retrouvez Marie-Louise jeudi prochain !

4 réflexions sur “La vie parisienne… et le gamay qui va avec.

  1. Il se dit que tu es plutôt râleur, jamais content mais ce n’est pas (tout à fait) vrai. La preuve dans ces chroniques qui laissent s’exprimer tes pensées intimes, tu es un grand amoureux des choses simples et bonnes. Un peu sentimental aussi. J’aimerais bien goûter un peu de ce gamay…
    Merci pour cette balade dans un Paris qui peut encore être une belle ville.

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  2. Comme Nadine j’aime bien cette balade qui m’évoque la gouaille parisienne, ce Paris qui reste humain et savoureux. Merci Michel pour cette impression ‘hors du temps’, hors des gens continuellement pressés.
    Marco

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  3. Sévérac

    Comme c’est drôle,nous y étions la semaine
    dernière avec deux de nos petits enfants et..
    Papou Mamou on veut aller au Mc Do…et
    Nous les avons amenés chez CHARTIER
    Plats canailles et gamay et eau
    Ils ont adoré notre (Mac Do des anciens )

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    1. Michel Smith

      J’y ai amené mon fils qui, à 40 ans, vit à Londres. Après des années de vie parisienne, il ne connaissait pas ! Inutile de préciser qu’il a été ravi. Mais c’est un peu dur de comparer Chartier au Mac Do. Enfin, c’est vrai que c’est une usine qui fonctionne comme sur des roulettes… Merci du commentaire.

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