Quoi de neuf au Clos du Mont-Olivet ?

Cet été, Thierry Sabon, du Clos du Mont-Olivet, à Châteauneuf-du-Pape, m’a envoyé une sélection de ses vins les plus récents.

Une belle façon de garder le contact (nous nous sommes rencontrés en Afrique du Sud, il y a des années de cela). Mais aussi, de souligner que le domaine ne produit pas que du Châteauneuf.

Le domaine

En effet, s’il s’étend sur 21 hectares dans cette prestigieuse appellation, il en compte également 14 en Lirac, 10 en Côtes-du-Rhône et 3 en Vin-de-Pays-du-Gard.

Rien qu’à Châteauneuf-du-Pape, ce ne sont pas moins d’une quinzaine de parcellaires – dont le Montalivet, qui a donné son nom au domaine, mais aussi La Crau ou la Font du Pape. Ayant eu l’occasion d’effectuer le grand circuit de la très belle promenade entre les vignes de l’appellation, je peux confirmer qu’on a là une belle mosaïque de terroirs, de sols, de mésoclimats et d’expositions ; côté cépages, il s’agit essentiellement de grenache, mais il y a aussi de la syrah, du cinsault et du mourvèdre, en rouge.

Alors imaginez, si vous élargissez à Lirac (où les Sabon utilisent les raisins d’une douzaine de parcelles) ou aux Côtes-du-Rhône, et si vous la diversité devient énorme – et les possibilités pour le vinificateur, aussi.

Pour rappel, la première mention du Mont Olivet (en latin, à l’époque) remonte à 1547. Quant à l’arrivée des Sabon sur les lieux, elle date de 1932. C’est cette année-là que Séraphin Sabon, de Sérignan-du-Comtat, épousa Marie, fille de Romain Jausset, propriétaire à Châteauneuf-du-Pape. Créant dans la foulée le «Clos du Mont-Olivet». Le domaine passa ensuite dans les mains de Joseph, son fils aîné. Aujourd’hui, ce sont trois des petits enfants de ce même Joseph, à savoir Céline, David et Thierry, qui sont aux commandes.

Mais si l’on passait à la dégustation?

Domaine Mont-Olivet IGP Vin-de-Pays-du-Gard « Rive Droite » 2019

Une belle entrée en matière que cet IGP: une explosion de fruit noir et rouge, une bouche croquante, le vin de soif et de plaisir qui vous met en condition pour une belle dégustation.

Clos du Mont-Olivet Côtes-du-Rhône 2019

Du fruit bien rouge et bien mûr ; de la confiture d’olive noire, une impression de sucrosité en bouche (mais sans doute pas dans l’analyse) balancée par une amertume délicate, une belle accroche tannique, pas mal de concentration, et une finale sur des fruits rouges macérées. Quel beau vin !

Un sujet de cette cuvée, notre ami Marco (qui en connaît un brin sur la question) et son compère Daniel Marcil ont déclaré qu’il s’agissait «d’un vrai petit Châteauneuf». Je confirme.

Clos du Mont-Olivet Lirac 2019

La prunelle et les épices du nez nous mènent vers une bouche soyeuse ; ce vin ample et bien construit est déjà superbe à boire, mais a encore de belles années devant lui.

65 % grenache noir, 15 % syrah, 15 % mourvèdre et 5% cinsault.

Sols de sables et de silice (le vin est issu d’une douzaine de parcelles), fermentation en cuve béton ; élevage : 45% en foudre, 40% en cuve béton, 13% en cuve acier et 2% en barrique de plusieurs vins.

Clos du Mont-Olivet Lirac Marie Jausset 2019

Du corps, de la mâche, mais encore fermé à ce stade. Prometteur, mais à attendre.

Châteauneuf-du-Pape Compagnons Inconnus 2019

Avec cette cuvée, les Sabon ont eu l’idée intéressante de mettre en vedette les cépages modestes de Châteauneuf (une AOC, qui, rappelons-le autorise 18 variétés, dont certaines, aussi peu répandus que la counoise, le vaccarèse ou le piquepoule noir…).

«Cerise confite», «tapenade», «clou de girofle»,  «garrigue», «mine de crayon», «cade»… les qualificatifs ont fusé de toutes parts, à propos de ce vin. C’est dire aussi qu’il nous a intrigués, titillés, et en définitive, séduits. Voilà un vin puissant (16° à la pesée) et pourtant aérien, un vin lardé, fumé mais pas séchant. Comme le résume notre ami Daniel Marcil : «C’est dense, mais avec un long développement, donc pas trop serré».

Les raisins de deux parcelles entrent dans la composition de ce vin : Montalivet (sables et argiles), et Pied de Bau, au sol sablo-limoneux, couvert de galets roulés.

Les cépages utilisés sont, dans l’ordre, le mourvèdre (2%), le vaccarèse (25%) la counoise, le muscardin, le terret noir, et le piquepoul noir (9% chacun), le cinsault (4%) et le grenache noir (3%). Tous les raisins ont fermenté ensemble.

Châteauneuf-du-Pape Clos du Mont-Olivet 2019

On commence tout en élégance avec des notes de fleurs sauvages et de petits fruits noirs ; certes, dès l’entrée en bouche, on perçoit le choc, c’est pas du Ronsard, ni même du Médoc (merci Nougaro). Non, c’est bien un vin du Rhône Sud, puissant, porté par l’alcool, mais qui ne fatigue en rien les papilles, car il garde une étonnante fraîcheur. Et  côté tactile, la finesse de ses tannins évoque une robe de soie joliment gonflée de rondeurs. Et puis, s’il n’y a pas Frida, il y a la finale, qu’est belle comme un soleil qui émerge de derrière les cyprès, qui darde un à un des rayons de plus en plus longs et gourmands, j’en perds le fil, c’est bon, c’est beau, comme le bouquet final d’un feu d’artifice gustatif.

Cette cuvée assemble 78% de grenache noir, 11% de syrah, 8% de mourvèdre et 3% de cinsault. Elle subit 35 jours de macération, fermente en cuve béton, puis est élevée en foudre (65% de la cuvée), en cuve béton (20%), en cuve inox (8%) et en barrique ancienne (7%).

Châteauneuf-du-Pape Clos du Mont-Olivet Cuvée du Papet 2019

Le premier abord, ici, est un tantinet plus austère ; un peu de violette, un peu de cerise noire, c’est relativement discret au nez ; mais quelle épaisseur, quelle densité et quel punch en bouche !  Les tannins sont bien serrés, tissés comme un molleton.

Elaborée seulement lors des grands millésimes, à partir de très vieilles vignes de Grenache (les plus anciennes ont 110 ans) complété de Mourvèdre et de Syrah en proportion variable selon le millésime, cette cuvée de prestige a été produite pour la première fois en 1989. Tous les cépages fermentent ensemble.

Châteauneuf-du-Pape Clos du Mont-Olivet Blanc 2020

De la mandarine, de la pêche de vigne, une pointe de camomille, le nez très expressif ouvre la porte du palais. Celui-ci nous offre du gras, de la chair, des épices, une note de tilleul et une magnifique sensation de minéralité fumée, avec, en finale, l’amertume de l’amande amère et du zeste d’orange. Waouh !

Pour réaliser cette cuvée, on ne peut pas dire que les Sabon aient choisi la facilité : en effet, c’est un assemblage de 8 cépages : Clairette (40%),  Roussanne (30%), Bourboulenc (14%)- Grenache Blanc (11%), Clairette rose et Picardan (2% chacun), Picpoul et Grenache Gris (1% chacun). La provenance aussi se conjugue au pluriel: Montalivet, La Grenade, La Font du Pape, les Cabanes et Palestor. Quant à l’élevage, il se fait à 85% en cuve inox, 11% en barrique neuve et 4% en barrique de plusieurs vins.

En résumé

Rien à jeter au Clos du Mont-Olivet! Merci à Thierry Sabon pour cette belle promenade parmi ses cuvées. Et merci à Marc Vanhellemont, à Daniel Marcil et à Johan De Groef de m’avoir accompagné dans cette exploration, et de m’avoir apporté leur ressenti.

Hervé Lalau

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.