Toujours en VO (#2), quatre beaux rosés languedociens en cépage pur.

Déjà, voyez-vous, jadis, bien avant les psychodrames giléjaunistes, bien avant la très fâcheuse et faucheuse pandémie, et aussi avant cette guerre aussi stupide et désastreuse que les autres, jadis donc, j’osais rouspéter : “Il y a trop de salons du vin !

En attendant, et comme promis dans mon article le plus proche, et comme Nadine le fit récemment, je reviens à Montpellier pour ce premier salon qui fut pour moi l’occasion d’une nouvelle plongée dans le monde enchanté des vignerons sudistes. Deux Mourvèdre, cépage qui s’installe de plus en plus en Languedoc, et deux Cinsault, cépage plus classique et plus typique. Un troisième volet sera consacré d’ici à 15 jours à des vins étonnants en rouges et blancs découverts au cours de ces deux jours précieux qui m’ont permis de renouer avec cet univers que j’aime tant.

En attendant de déclarer tout le bien que je pense de leur “Cariño”, voici que le couple Mireille et Philippe me propose une saignée inattendue sur le seul cépage Mourvèdre, cuvée dégustée “à l’aveugle” hormis le fait que j’ai bien vu dans le verre qu’il s’agissait d’un rosé : petites touches de tabac brun, de laurier-sauce en floraison et de fruits rouges, le tout sur un nez ouvert, très en verve, le vin étant servi à juste température, bouche légèrement réglissée, large, ample, mais bien droite avec un mélange de notes épicées, accessoirement fumées et fruitées. 1.300 flacons produits commercialisés au prix de 9 € TTC départ cave. Pourquoi s’en priver ?

Robe légèrement teintée de rose, cet autre pur Mourvèdre semble fait pour réveiller une partie de pétanque qui se languit à l’heure de l’apéritif : joli nez fin, un tantinet floral tout en étant porté sur le fruit, bouche bien en chair, fraîche comme la tramontane, affirmée et même rythmée, voire rebondissante. 12 €. Charles-Walter Pacaud, vers lequel je reviendrai dans un prochain numéro, est à fond dans les cépages traditionnels, Carignan, Aramon, Clairette et compagnie. Un original qui a les pieds bien sur terre !

Photo©MichelSmith

Seulement un millier de flacons d’une parcelle de vieux Cinsault sauvés par le vigneron Jean-Marie Morales. Résultat, un rosé très expressif, large tout en étant précis, vif et même mordant, le tout sans exclure une grande finesse et une persistance remarquable. Pour une langouste ou, mieux, un homard à peine épicé. Plus intéressant que bien des rosés de Provence hors de prix, surtout quand on sait qu’il ne coûte que 6 €.

Ambroise reprend les rênes du domaine familial où son père, Guy Vanlancker,  un ancien instituteur belge, s’est fait remarquer depuis les années 80 par un patient et rude travail vigneron. Un rosé assez bluffant, depuis longtemps dédié au Cinsault qui s’affirme ici en majesté et en longueur, surtout, sur un registre champêtre de notes juteuses de petits fruits rouges, groseille en particulier. À tenter, à oser, sur des oursins, sur des huîtres, de crevettes, des pâtes, que sais-je encore. 1.200 bouteilles seulement, à 8 € départ cave.

Michel Smith

PS. Ne manquez pour rien au monde l’article de Marie-Louise, jeudi prochain ! Et je n’ose imaginer ce qui vous attend si vous loupez mon rendez-vous ici même pour le 9 juin qui arrive à toute vitesse. Quoi qu’il en soit, restez branchés au quotidien sur notre blog. C’est un ordre !

Une réflexion sur “Toujours en VO (#2), quatre beaux rosés languedociens en cépage pur.

  1. Ah ! merci Michel, pour votre lumineux commentaire qui apporte de la fraicheur et l’éclat dans notre quotidien ! et qui met à l’honneur le Cinsault, si injustement oublié dans notre Provence alors qu’il en est originaire et donne des vins de charme, plaisants, courtois, dont le fruité est toujours délicat et les arômes subtils ; qui veut humer le parfum des fleurs de chèvrefeuille, l’un de plus délicats de la flore locale, doit se tourner vers le Cinsault, le seul à posséder le privilège de l’offrir. Je vis dans l’espoir que les vignerons se mettent le planter, en particulier sur des sables où il donnera le meilleur de lui-même.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.