Faux Médoc: comment est-ce possible?

Enquêtant sur un trafic de stupéfiants, des gendarmes de Gironde ont démantelé un réseau… de fraudes aux appellations des vins du Médoc, portant sur plusieurs centaines de milliers de bouteilles.

Ces bouteilles, qui contenaient notamment des vins espagnols bas-de-gamme, étaient ré-étiquetées en petits châteaux du Médoc, avec la complicité d’un propriétaire-négociant de la région (dont le nom n’a pas été révélé) et revendus à la GD, essentiellement.

Le Conseil interprofessionnel des Vins de Bordeaux a fait part de son étonnement: «Si les faits sont avérés, nous espérons que les auteurs seront lourdement condamnés car ces pratiques portent atteinte à l’image des vins de Bordeaux et à l’image de tous ceux qui travaillent bien et respectent les règles».

Ce qui m’étonne, moi, c’est que la découverte de ce trafic arrive si fortuitement. Des contrôles de la qualité ne sont-ils pas censés protéger les appellations de ce genre de tromperie, et à travers elles, les producteurs honnêtes et les consommateurs qui leur accordent leur confiance?

Toute la paperasserie que subissent les vignerons en France ne suffit donc pas à éviter que des gros lots de vins étrangers puissent changer de destination?

Mais le plus étonnant, c’est qu’aucun acheteur professionnel (CHR ou GD) n’ait repéré la supercherie. Soit ils ne dégustent pas souvent les vins qu’ils vendent, soit l’écart entre le milieu de gamme du Médoc et le bas de gamme espagnol s’est considérablement réduit.

Hervé Lalau

2 réflexions sur “Faux Médoc: comment est-ce possible?

  1. Effectivement, cela semble très étonnant que la supercherie n’ait pas été décelée ! Car à chaque mise en bouteille, un contrôle se fait et je vous assure que les instances autorisées peuvent pinailler ! Alors oui encore un coup dur pour notre image ! Mais lorsqu’on sait qu’aujourd’hui, le négoce bordelais n’achète plus de vrac d’ici et lorsque cela arrive encore, les prix/T oscillent entre 600 et 750€ et on nous demande le nom de château et une médaille ! Alors que le prix de revient au tonneau doit être au moins à 1100,00€ ! Et cela dure depuis 2019 ! On se dit que quelque chose déraille …
    Et quand je vois aussi comment pinaillent les autres professionnels !
    On voudrait tuer les petits propriétaires, on ne s’y prendrait pas mieux ! Nous nous levons tous les matins, pour travailler en sachant que l’on ne va pas gagner d’argent mais en plus en perdre ! Qui peut tolérer cela ?
    Alain

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  2. Cela me rappelle l’affaire Raphaël Michel dans la vallée du Rhône : en 2017, découverte d’une fraude portant sur 300 000 hectolitres !! dont 3 000 de Châteauneuf-Du-Pape…De quoi se poser la même question : les acheteurs ne dégustent-ils pas les produits qu’ils achètent ? Pire, seraient-ils des complices « passifs » ? La procédure est repartie, après une vaine tentative du célèbre avocat maître Olivier Morice, de la casser par des moyens tordus…

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