Ma première raclette de l’année

Il faut un début à tout. La raclette, c’est quelque chose qui revient à temps et heures quand les premiers frimas débarquent pour nous glacer les os. Alors quoi de mieux que de se réchauffer avec cette pratique sociale valaisanne. Quoique dans le Valais (c’est en Suisse pour qui l’ignore) on en mange l’été. J’ai le souvenir d’une balade le long des bisses, petits canaux d’irrigation qui parcourent le vignoble, qui s’est terminée à midi dans un guérite, cabane qui servait avant à ranger les outils et souvent transformée aujourd’hui en mini resto, donc dans une guérite où on nous a servi de la raclette. C’était un 30 août et il faisait 30°C. Devant nos airs étonnés, les Suisses nous ont dit que chez eux la raclette est un vrai plat d’été. On mange bien des crèmes glacées en plein mois de février dans les rues de Florence, alors…

Cette fois, c’est à Bruxelles, capitale mondiale de la mobilité, que le sacrifice d’une roue de raclette a été perpétué. Dans un bar à vins, le Comptoir | Winery, ce qui nous a permis de rencontrer un vigneron tout droit venu de l’Isère, Jérémy Bricka qui affectionne les cépages oubliés et ce département qui jouxte la Savoie en est riche.

Jérémy

Après avoir travaillé 8 ans dans divers domaines viticoles, Jérémy s’installe en 2011 à Mens dans le Trièves pour co-fonder la distillerie des Hautes Glaces. En 2015, il replante des cépages alpins dont quelques-uns oubliés sur les 5 ha d’un coteau anciennement viticole. Les Verdesse, Etraire de l’Aduï, Douce noire et Persan côtoient l’Altesse ou Roussette de Savoie et la Mondeuse noire. Ses cuvées sont étiquetées Pont de Brion IGP Isère et BIO.   Le Pont de Brion est un pont suspendu assez spectaculaire au fond de la photo

J’ai bien aimé sa Verdesse 2021 Pont de Brion IGP Isère BIO dont je connaissais l’existence, mais que je n’avais jamais dégustée. La robe vert jaune se parfume de poire et de chèvrefeuille, de fougère et de mirabelle, de groseille à maquereau et d’ortie froissée. La bouche offre à la fois un caractère pointu encouragé par un très léger frisant et une impression de rondeur qui se double d’une texture suave. Un vin frais, qui avoue sa saveur acidulée.

Les vignes poussent dans un sol de schiste à 540 m d’altitude. Récolte manuelle, levures indigènes, malo faite et élevage en barriques usagées et en cuve, moins de 30mg/L de SO2. 20€

Elle fonctionne très bien avec la raclette. Raclette savoyarde IGP fournie par Julie, crémière fromagère de La Petite Vache au 69 chaussée de Louvain à Bruxelles.

L’Altesse sympa, mais parlons plutôt de la Douce Noire, encore dénommée Corbeau ou Bonarda. Douce Noire 2020 Pont de Brion IGP Isère BIO dont la robe rubis pourpre aguiche l’œil, ses senteurs de cerise, de violette et de pâte de cassis le nez. La bouche apparaît un rien âpre avec ses tanins bien marqués, ça nous fixe d’emblée son caractère pas si douce que ça, mais bien apprécié par nos papilles en quête de sensation, hum, tu me griffe… Mais la Douce se montre aussi généreuse, gourmande et bien juteuse, bien en chair croquante de ses fruits bien rafraîchis.

La raclette ne l’impressionne pas, il y en avait une classique et l’autre au poivre qui s’accordait à merveille avec la violette et la vivacité du vin. Les vignes poussent dans un sol calcaire à 605 m d’altitude. Vendanges manuelles, levures indigènes, élevage en vieux fûts et cuves inox. 23€

L’autre cépage rouge, cette fois totalement inconnu, l’Étraire de l’Aduï, apparenté au Persan, ce qui ne nous aide pas beaucoup. Étraire de l’Aduï 2020 Pont de Brion IGP Isère BIO violet pourpre, le nez bien poivré, bien épicé, avec des accents de rose ancienne et de violette, de l’iris. Les tanins super soft étonne, on s’attend au contraire, mais non, l’Étaire se présente tout en rondeur, douceur et déploiement fruité.

Les vignes poussent dans un sol calcaire à 605 m d’altitude. Vendanges manuelles, levures indigènes, élevage en vieux fûts et cuves inox. 23€ www.jeremybricka.fr

Sympa cette raclette, si ça vous dit, on remet ça les 1er, 8, 15 et 22 décembre, au même endroit comptoir | Winery 53 rue Léon Lepage à 1000 Bruxelles

Ciao

Marco

3 réflexions sur “Ma première raclette de l’année

  1. Bonjour,
    Amateur de vin d’Italie, j’ai découvert Le Pont Brion Etraire de L’Adui (2020) en Isère.
    Pour moi aussi, c’est un vin très intéressant, dans le style ça m’a rappelé quelques bons Morgon!

    Diego

    J’aime

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