Les 5 du Vin

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Soif d’Ailleurs

Le goût d’un ailleurs, ou des ailleurs, est un trait commun à bon nombre d’amateurs de vin. Qui voudrait ne boire que des vins de Bourgogne, du Languedoc, ou de Bordeaux pendant toute sa vie ? Mais les cavistes français qui permettent d’apaiser temporairement une telle soif, une telle curiosité des autres, ne sont pas légion. Oui, à Paris, il y a le pionnier Lavinia, mais ses prix peuvent former une barrière pour certains, même si la sélection est de qualité. Ailleurs, ici et là, des cavistes à l’esprit ouvert et qui possèdent un rayon des vins qui sortent un peu de l’Hexagone existent, et heureusement. Mais une boutique qui vend exclusivement des vins d’autres pays que la France, ce doit être à peu près unique.

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Soif d’Ailleurs est le nom bien à-propos de cet établissement. Il existe depuis un an dans une petite rue du 3ème arrondissement de Paris : au 38 Rue Pastourelle pour être précis. Le fondateur, Mathieu Wehrung, ne vient pas de la filière vin car il était auparavant directeur de la trésorerie chez Europcar. La façade extérieure de la boutique ne vous donne pas immédiatement une idée des trésors qui vous attendent dedans : une vitrine discrète, des tons sobres, une façade étroite. Mais, une fois à l’intérieur, tout devient lumineux : les bouteilles bien exposés sur des étagères en bois ou sur un mur translucide, une machine qui conserve les bouteilles en dégustation, et une grande salle très claire au fond avec tables et bancs qui accueillent séances de dégustation et soirées pour groupes avec un bar fermant un des côtés. C’est beau et c’est très bien pensé.

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La fiche du produit Soif d’Ailleurs est assez éloquente : 450 références, issues de 41 pays et de 156 cépages différents. Bien entendu, les principaux pays producteurs (hors France) sont représentés, mais aussi des plus rares, comme le Japon, La Chine, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne. En un an s’existence la petite équipe de Mathieu Wehrung a vendu 14,000 bouteilles. Leur plus grosse vente ? Vous allez me dire qu’il doit s’agir d’un Sauvignon de Nouvelle Zélande, d’un Chenin d’Afrique du Sud ou d’un Rioja, peut-être ? Non, il s’agit d’un effervescent de Brazil signé Miollo et dont les ventes  dans la boutique totalisent plus de 4.600 bouteilles à ce jour. La deuxième vente est un vin de Croatie et le troisième un Alvarinho du Portugal.

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Mathieu confirme le dicton «on vend bien ce qu’on aime», mais il fait découvrir tous ses vins à tour de rôle en se servant de deux appareils Enomatic qui lui permettent de proposer à une clientèle curieuse mais indécise de petits verres d’une sélection de 8 vins rouges et 8 vins blancs qui tournent en permanence.  Cet outil l’aide à mieux cerner le goût de ses clients et à les aider à sortir des sentiers battus. Parmi les références, la plupart très peu connues en France et souvent importés directement par lui, il y a aussi quelques grands classiques très connus, comme le Sauvignon Blanc de Cloudy Bay. Cela est du à la demande de sa clientèle. Mais la très grande majorité des vins que j’ai aperçu ici m’étaient inconnus.  Des dégustations thématiques en soirée aident à faire découvrir les vins d’un producteur ou d’un pays. Au cours des derniers mois, j’ai pu assister à une belle dégustation de vins croates et à une autre de vins japonais étonnants, organisée par un vigneron japonais ayant fait ses classes en Bourgogne mais qui travaille avec des variétés japonaises (le blanc Koshu et un hybride rouge, développé au Japon dans les années 1920, le Muscat Bailey A).

 

Un établissement comme Soif d’Ailleurs nous aide bien, nous professionnels du vin vivant heureux en France mais qui avons tant de mal à trouver autre chose que des vins français à déguster. Car si votre regard sur le monde dépasse les horizons immédiats, il faut bien réaliser que la France, grand producteur de vin certes, ne pèse que pour 17% dans la production mondiale et qu’il est essentiel de déguster les autres aussi régulièrement que possible. Pour un amateur, l’existence de tels cavistes, à l’esprit ouvert et preneurs de risques, constitue un terrain de découverte formidable et une amorce de voyages à venir, ou bien un rappel de parcours réalisés.

David Cobbold


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Carnuntum : des Romains aux vins rouges actuels

Carnuntum

 

Carnuntum était le nom d’une cité romaine de taille considérable (50.000 habitants, tout de même !), située sur le fleuve Danube, à l’Est de la ville moderne de Vienne. Mais c’est aussi, d’une manière plus actuelle, celui d’une région d’Autriche qui a donné son nom à un petit Districtus Austria Controllatus (on voit bien que les Romains sont toujours là !). Cette désignation DAC est un équivalent autrichien d’une AOC. Il en existe neuf à ce jour dans le pays.

Le DAC Carnuntum  concerne des vins rouges et blancs produits essentiellement sur quelques zones spécifiques de coteau et de pieds de coteau sur le monts et collines Leitha, Hainburg et Arbresthal. Cette zone est bordée par le Danube au nord et la Slovaquie à l’est. Le grand lac de Neusiedl se trouve assez proche au sud, ce qui renforce l’influence modératrice des masses d’eau sur cette partie de la plaine de Pannonie, aussi chaude en été que froide en hiver.

vignoble Carnuntum

 

Le DAC Carnuntum ne recouvre qu’un peu plus de 900 hectares, c’est à dire environ la taille de Pomerol. Il n’y a pas de quoi effrayer les marchés de masse, mais cela n’est pas l’ambition de ses producteurs, comme j’ai pu le constater récemment lors d’une dégustation tenue dans un des beaux bâtiments restaurés de la cité romaine. Cette dégustation ne concernait que des vins rouges, issus essentiellement de deux des cépages locaux, le Zweigelt et le Blaufränkisch. Les vins de Carnuntum peuvent être de mono-cépage ou d’assemblage, et inclure aussi une proportion de cabernet sauvignon et de merlot.

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une villa romaine restaurée dans le parc archéologique de Carnuntum

Les vins les plus accessibles, dans tous les sens du terme, portaient la mention « Rubin Carnuntum ». Ce nom appartient à une association de 25 producteurs qui, depuis 1992, imposent leur propre cahier de charges pour les vins qui portent cette mention : cépage zweigelt à 100%, alcool minimum de 12,5%, et une dégustation d’agrément. Six de ces vins étaient présentés, et les meilleurs venaient de Gerhard Markowitsch, de Jahner et d’Ott. Le vin d’Oppelmayer, n’était pas mal non plus, mais présentait un peu trop d’acidité volatile à mon goût.

Ces vins se trouvent en Autriche à des prix généralement en dessous de 10 euros, parfois un peu plus (ceux d’Ott et d’Oppelmayer). Leur style est élégant et élancé, sans trop d’extraction et avec un beau dialogue entre fruité épicé et tanins fins.

zweigelt Grappes de Zweigelt

Le Zwiegelt s’exprime aussi à Carnuntum à travers une série de vins plus ambitieux, dont les prix peuvent grimper au delà de 20 euros. Dans une série de 13 vins dégustés, j’ai beaucoup aimé les vins suivants :

Grassi, Carnuntum Zweigelt Schuttenberg 2013 : d’une grande élégance, avec une qualité de fruité exceptionnelle due à une pré-macération à froid et un pigeage bien dosé.

Jahner, Carnuntum Zweigelt Steinäcker 2012 : belle qualité de fruit, structure ferme et très bonne longueur

et aussi celui-ci, malgré ma sensation (encore une fois pour ce producteur) d’acidité volatile un peu présent : Oppelmayer, Carnuntum Zweigelt Haidacker Selektion 2012.

Blaufrankisch-LembergerGrappes de Blaufränkisch

La dernière série fut constitué de 11 vins issus du cépage Blaufränkisch, appelé souvent Lemberger en Allemagne. Cette série contenait pas mal de vins sur-extraits pour moi, même si je dois dire que ce phénomène de mode est en nette baisse depuis ma dernière dégustation des vins de Carnuntum, il y a 8 ans (je crois). Voici mes préférés :

Lukas Markowitsch, Carnuntum Blaufränkisch Spitzerberg 2013

Ott, Carnuntum Blaufränkisch Klassik 2013 (ce vin coût moins de 10 euros !)

Martin & Hans Netzl, Carnuntum Blaufränkisch Spitzerberg 2012. Un vin superbe dont le prix dépasse les 20 euros.

Böheim, Carnuntum Blaufränkisch Reserve 2012. Encore meilleur et moins cher (entre 10 et 20 euros)

puis deux très grands vins du duo (ex-couple) Muhr-van der Niepoort. J’ai adoré ces deux vins vibrants, frais, et dont le style m’a fait penser à une sorte d’alliance entre le Rhône Septentrional et la Bourgogne. Ma préférence (légère) va vers le 2011. Ce coup de coeur énorme était suivie d’une déception aussi énorme quand j’ai dégusté, plus tard, le Grüner Veltliner du même producteur, totalement imbuvable et dont j’ai parlé la semaine dernière

Muhr-van der Niepoort, Carnuntum Blaufränkish Spitzerberg 2011 et 2010. Prix certainement au-dessus de 30 euros, mais cela les vaut probablement.

Le lecteur attentif notera que le lieu-dit Spitzerberg apparaît quatre fois parmi mes six vins préférés dans cette série. Ce n’est sûrement pas un hasard. Cet ancien vignoble, largement abandonné, est en train d’être redécouvert. J’en ai discuté avec Dorli Muhr qui croit beaucoup en l’avenir de cet endroit qui a encore du potentiel de plantation. je pense que nous en entendrons parler.

En dernier lieu j’ai dégusté une série de 6 vins qui utilisent des assemblages, y compris avec des variété bordelaises. Ces cuvées, désignés « top cuvées » dans le catalogue, m’ont semblé souvent trop extraites. Celles de Grassi et de Gerhard Markowitsch étaient mes préférées. Il est intéressant de constater à quel point le style précis d’un vin vient du producteur, et non de l’appellation, ni du cépage. Jahner, Grassi, G. Markowitsch, et Muhr-van der Niepoort marquent des points dans ce domaine pour la relative finesse de leurs styles et leur constance.

Carnuntum est ressuscité, mais sans les Romains.

 

David Cobbold

 

 

 


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Astonishing! Bourgueil through three centuries: 2011 back to 1893

1947 thru to 1893.

1947 thru to 1893.

This post first appeared in June 2012 on our old Overblog site. I am sure that for all of us this remarkable tasting was one of the high collective points of Les 5 du Vin, so I am delighted to resurrect it on our current site.

Astonishing! Bourgueil through three centuries: 2011 back to 1893
It was on all counts a remarkable experience. To sit in that treasure of a cave deep in the limestone at Domaine Lamé-Delisle-Boucard and taste such a range of wines starting with 2009 and ending with the legendary 1893. Undoubtedly this was the stand-out event of les 5 du Vin’s visit to Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil in early June.

We started on ground level in the chai of Lamé-Delisle-Boucard (LDB) tasting the promising 2011s from vat as well as a 2009 showing the typical concentration from this warm year.

Then we headed underground – leaving the 21st century for the 20th. First we tasted two 1989s – one from LDB and one from Domaine des Ouches. The two Gambiers ­ – Denis and Thomas – had joined us for the tasting.

1989: LDB – rich, sweet ripe fruit with good colour. The hot summer and autumn of 1989 is evident from the level of maturity in the fruit.

1989: Ouches – still keeping well but lighter. The Gambiers say they think they picked a little too early. Prolonged hot summers like 1989 were rare then, so difficult to get the picking date right.

1975: Sweet cherry fruit, less rich than the more famous and more seen 1976 but attractive. In the Chinon tasting from 1934 to 2005 last September the 1975 Domaine Spelty showed very well.

1976: the famously hot and very dry across northern Europe. The weather broke in September soon after UK Prime Minister appointed Denis Howell as the Minister for Drought. I remember flying into Heathrow from Corfu in late August and being struck by how brown the UK looked. The LDB had still rich fruit with an opulent texture. Showing very well.

1969: The 60s were a mixed bag with some fine vintages like 1961 and 1964 but also some very poor ones – 1963, 1965 and 1968. Curiously this 1969 had a touch of apricot, lovely texture and some light acidity. Unsurprisingly not as rich as the 1976 but again lovely texture and good length.

1964: This is a famous vintage in Chinon and the 1964 from Domaine Dozon showed brilliantly at last September’s Chinon tasting. The LDB was a little less impressive – softly textured but quite marked acidity.

(An update: on a visit to the domaine about 10 days ago Philippe Boucard opened another 1964 which showed very well especially but it needed about half an hour to show its best.)

1961: There were two 1961’s one from Domaine des Ouches and one LDB. Both were impressive with the fruit on the Ouches still remaining remarkably fresh, while the LDB had wonderful delicacy and balance.

All the remaining wines came from Lamé-Delisle-Boucard:

1959: This is one of the fabled Loire years of the 20th century – possibly not quite the level of 1947, 1921 and perhaps 1989. However, there are some that put 1990 above 1989. This Prestige was very impressive with rich, concentrated dried fruits and a very longfinish.

1955: Less rich than the imposing 1959 but still sweet fruit, delicate and fine.

1949: Along with 1947 a great vintage from the 1940s. This 1949 had quite a mushroomy character and again a delicacy to this bottle.

1948: This was a surprise as 1947 and 1949 have high reputations but little is heard of 1948. I don’t remember tasting a 1948 before but was impressive.  Again some mushroom character but less marked than the 49. Attractive red currant fruit with quite marked acidity.Also famous for being the birth year of Michel Smith of les 5 du Vin.

1947: Some fungal character – a blend of rich, powerful fruit and finesse.

1947 rosé: The great surprise of the tasting – a dry rosé from 1947. Although I have drunk a range of Cabernet d’Anjou’s from the 1940s, I have never tried a Loire dry rosé of this age. Onion skin colour, remaining wonderfully fresh with peach and apricot flavours and a touch of moka in the finish. Remarkable!

1934: I first tasted a 1934 Loire red (Domaine René Couly) at the Chinon vertical tasting last September and was amazed by its quality and freshness. This 1934 Bourgueil wasn’t as splendid as that bottle but it still had fruit.

1933: This was better than the 34 with delicate sweet wild red fruits.

1906: Slightly fungal but with a lovely Pinot Noir colour and still an extraordinary finesse.

1893: With what other Loire vintage could such an extraordinary vertical tasting conclude? It had to be 1893, still the earliest Loire vintage known. Picking here at Lamé-Delisle-Boucard began on 2nd September. My guess is that picking 2012 won’t start until early October. This 1893 had attractive fungal, sous bois aromas and still wonderfully opulent, sweet fruit and length. Still a bottle to enjoy and savour 119 years on!

This was a real demonstration that Loire reds, as well as its whites, can indeed age and age attractively. Not all Loire reds are fresh and fruity needing to be consumed when young!

Our grateful thanks to the amazing generosity of the Lamé-Delisle-Boucard team!’

Our very generous hosts

Our very generous hosts

jimeos1s


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Grüner Veltliner, reine d’Autriche

Qui parlait du Grüner Veltliner il y a 20 ans ? Pierre Galet, dans son Dictionnaire Encylopédique des Cépages (édition 2000, chez Hachette) ne le mentionne même pas sous son vrai nom, mais le place sous un nom francisé, Veltliner Vert (alors qu’il est inconnu en France !), en lui accordant royalement une colonne. Pourtant, il occupe près d’un tiers du vignoble autrichien, soit quelques 17.000 hectares dans ce pays, sans compter une présence significative en Hongrie et en République Tchèque, plus la Bulgarie, et, depuis peu, aussi, quelques plantations aux USA, Australie et Nouvelle Zélande.

Wine Grapes, de Harding, Robinson et Vouillamoz, un autre livre de référence, mais plus récent puisqu’il date de 2012, lui donne une place plus en phase avec les qualités multiples de ce cultivar qui est un des nombreux descendants du traminer (savagnin en France), et  possède donc un lien de parenté avec la famille des pinots. La presse, dans beaucoup de pays (sauf en France), lui accorde de nos jours une place très significative parmi les grands cépages blancs du monde. Cette ascension a été fulgurante et coïncide avec la montée en qualité des vins autrichiens depuis 1985.

Grüner_Veltliner

Une récente dégustation à Vienne, à laquelle j’ai fait allusion il y a deux semaines, m’a permis de déguster 74 vins de Grüner Veltliner sur la centaine présentée à cette occasion. Et ainsi de me faire une idée plus précise aussi bien de ses qualités que de sa plasticité, car à certains égards il a des points en commun avec le chardonnay, la variété la plus adaptable de la planète.

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service pendant ma dégustation de plus de 70 vins de grûner veltliner

La dégustation a ordonné les vins de plusieurs catégories, ainsi nommés par les organisateurs : « jeune et élégant », « vins de réserve puissants », « mature » et « innovant et sauvage » . Je reviendrai sur cette catégorisation, globalement utile pour faire son choix parmi le grand nombre de vins présentés. Les sous-régions  ou appellations d’origine étaient mixtes dans chaque catégorie, mais on trouve le grüner veltliner essentiellement dans la partie septentrionale du vignoble autrichien, appelé Niederösterreich, aussi bien dans la région élargie éponyme que dans les DAC spécifiques de Weinviertel, Kamptal, Kremstal, Wachau et Traisental. Il y en a aussi un peu à Vienne et en Burgenland. Cette dernière région élabore également des vins liquoreux avec la variété.

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les séries de vins servis allaient de 3 à 6 vins

La première catégorie de la dégustation concernait des vins jeunes : millésimes 2014 et 2013. Ces vins sont généralement plus simples aussi bien par leur origine viticole que par leur styles. Les prix, à de rares exceptions près, se situent entre  5 et 15 euros la bouteille. Si 2013 est considéré comme une très bonne année pour les vins blancs en Autriche, ce ne fut pas le cas de 2014, rendu très compliquée par des pluies abondantes (un peu comme les 2013 en Loire ou à Bordeaux).

Mes vins et producteurs préférés de ce groupe, sur les 19 dégustés, dont 7 ont obtenu une noté égale ou supérieure à 14,5/20. L’ordre est celui de la dégustation. Le nombre d’étoiles correspond aux niveau de mes notations, en les simplifiant (une, deux ou trois étoiles).

Groiss GV 2014, Weinviertel (*)

Ecker-Eckhof, Ried Steinberg GV 2014, Wagram (*)

Fritsch Weinberghof, Ried Steinberg Rupperstal 2014, Wagram (**)

Birgit Eichinger, Ried Wechselberg GV 2013, Kamptal (*)

Edlmoser, Ried Himmel GV 2013 (**)

Ligenfeld, Ried Himmelreich GV 2013 (**)

panorama_wachau_6__c__vineaWachau est une des appellations vedettes pour la production de Grüner Veltliner; pentes et terrasses font penser parfois au Douro, mais c’est bien plus vert et le fleuve s’appelle Danube

 

La deuxième catégorie concernait des vins dites « de réserve », ayant parfois une origine plus « noble », toujours un élevage plus long et, par conséquence, des prix plus élevés (entre 15 et 30 euros, occasionnellement plus). Les millésimes étaient des 2012, 2011 et 2010. Des bons niveaux de maturité ont règnés en 2012 et 2011, 2010 étant plus compliqué avec des rendements faibles et une belle arrière saison pour sauver la mise. 2009 est considéré comme un grand millésime. J’ai dégusté 28 vins de cette catégorie et ai donné une note de plus de 14,5/20 à 10 vins, avec deux notes au-dessus de 16/20. L’ordre est celui de la dégustation. Le nombre d’étoiles correspond aux niveau de mes notations, en les simplifiant (une, deux ou trois étoiles).

Rudi Pichler, Smaragd Ried Wösendorfer Kollmütz 2012, Wachau (*)

Domäne Wachau, Smaragd Ried Kellerberg GV 2012, Wachau (**)

Ludwig Neumayer, Reserve « Der Wein vom Stein » GV 2012, Traisental (*)

Bründlmayer, Reserve Ried Käterberg « IOTW » 2012, Kamptal (***)

Prager, Smaragd « Wachstum Bodenstein » GV 2011, Wachau (***)

Hurtzberger, Smaragd Ried Honivogl GV 2011, Wachau (**)

Johann Donabaum, Smaragd ‘Limintierte Edition » GV 2011, Wachau (*)

Forstreiter, Reserve Ried Tabor GV 2011, Kremstal (**)

Schloss Gobelsburg, Reserve Ried Grub GV 2010, Kamptal (***)

Salomon Undhof, Reserve « Von Stein » GV 2010, Kremstal (**)

Bernard Ott, Ried Rosenberg ‘IOTW » GV 2010, Wagram (*)

Willi-Bruendlmayer-im-Weingarten-3_01Willi Bründlmayer, dont je n’ai pas le souvenir d’avoir déguste un vin ordinaire. Ses vins ont encore brillé lors de cette dégustation.

 

La troisième catégorie concernait des vins plus âgés, allant de 2008 à 1998. 8 vins retenus (selon les mêmes critères) sur le 18 dégustés. Je ne suis pas convaincu que la vocation de cette variété soit une très longue garde. Il semble à son optimum, pour les vins de haut niveau, entre 3 et 8 ans.

Loimer, Reserve Ried Spiegel « IOTW » GV 2008, Kamptal (*)

Schloss Gobelsburg, Reserve Ried Lamm GV 2008, Kamptal (**)

Brundlmayer, Ried Lamm GV 2007, Kamptal (***)

Schloss Gobelsburg, « Tradition » GV 2007, Kamptal (***). NB. Bien que la plupart des bons producteurs autrichiens utilisent maintenant le bouchon en verre ou la capsule à vis, ce ne fut pas encore le cas à cette époque. La première bouteille de ce vin servi était bouchonné.

F. X. Pichler, Smaragd « M » GV 2007, Wachau (**)

Pfafl, Ried Hundersleiten GV 2000, Weinviertel (*)

Knoll, Smaragd Ried Loibenberg GV 1999 (*)

Setzer « Die Lage » GV 1995 (*)

Dernière catégorie : les vins intitulés « wild and innovative » dans le catalogue. Je serai très tenté de renommer ce groupe « horrible et régressif ». C’était un catalogue de défauts, avec des degrés d’oxydation allié parfois à des déviances bactériologiques et, parfois une acidité volatile féroce. Cela donnait souvent aux arômes des notes allant de la pomme blette à de la paille d’écurie à moitié pourrie, en passant par le cidre. J’ai retenu un seul vin sur les 9 dégustés, mais son prix délirant (plus de 30 euros) par rapport à sa qualité, ne mérite pas qu’on s’en souvienne trop longtemps.

Herbert Zillinger, Reserve « Radikal » GV 2013, Weinviertel (*)

En Autriche aussi, la mode des vins dits « nature » fait des ravages. Les organisateurs se sont sentis obligés de montrer des vins de ce type car il doivent, statutairement, représenter toute la gamme de la production de leur pays. En tout cas, il ont très bien fait de les mettre dans une catégorie à part. Mais parfois, je m’interroge sur la motivation, voire la compétence, de certains (rares) collègues présents à ce type de manifestation. Par exemple, j’avais des voisines de table asiatiques qui n’ont dégusté que des vins issus de cette dernière catégorie. Je me demande alors quelle impression elles peuvent se faire des capacités considérables de ce cépage magnifique ! Ou bien ont-elles été amenées à penser que le vin doit ressembler à du cidre oxydé ? En contraste avec cette approche très peu professionnelle et qui manquait singulièrement de curiosité, j’ai constaté que Monsieur Oz Clarke, dégustateur connu et expérimenté, et qui pourtant n’a plus rien à prouver, a systématiquement noté TOUS les vins qu’il a dégustés, aussi bien lors de cette séance que lors de chacune des autres visites, repas et séances de l’ensemble du voyage. Je ne suis pas parvenu à faire autant !

Comment décrire les meilleurs vins de grüner veltliner que j’ai dégusté ?

La première catégorie, c’est à dire les vins les plus simples et les moins chers, sont souvent marqués par des odeurs et saveurs proches de fruits blancs ou verts, des agrumes, du poivre blanc, plus rarement d’asperge ou d’estragon. Leur profil est clair, net et précis, avec une bonne acidité et, parfois, une légère pointe d’amertume. Ceux issus des parcelles bien exposées ont davantage de rondeur et de plénitude de saveurs. On est un peu à mi-chemin entre un chardonnay de climats frais et un riesling.

Le deuxième catégorie, celle des vins plus complexes, est par définition plus difficile à décrire d’une manière globale, car le processus viti-vinicole, ainsi que la situation du vignoble, ont tendance à augmenter les écarts de style. Les types d’arômes fruités vont davantage vers les fruits jaunes et la gamme d’odeurs est bien plus large et complexe. On trouve des notes de chèvrefeuille, de pêche. Ces vins combinent régulièrement délicatesse et puissance d’une manière remarquable. Longueur et densité vont croissant aussi.

Les vins plus vieux étaient issus de cette dernière catégorie. Ils s’arrondissement bien et d’une manière variable selon le millésime. J’ai déjà assez parlé des vins du dernier groupe.

En résumé : une grande et belle dégustation qui a fait la preuve de la qualité croissante des Grüner Veltliner, qu’on peut bien qualifier de « Reine d’Autriche », même si ce pays, dans le seul domaine des vins blancs, produit aussi des Rieslings et des Sauvignons Blancs de classe mondiale. Je vous parlerai de quelques vins rouges la semaine prochaine.

 

David Cobbold 

 

 


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A much more positive view of Vouvray

2015 Chenin Blanc flowering in Vouvray

2015 Chenin Blanc flowering in Vouvray

My post last week covered what appears, on an investigation, a very dubious attempt to prevent Jacky Blot and François Chidaine from vinifying their Vouvray in Montlouis by changing the Vouvray décret. A change that Michel Bettane has characterised as an ‘abuse of power’. Furthermore this part of the 2009 Vouvray décret may well not survive an appeal by Blot/Chidaine to the Conseil d’Etat.

But enough of that for the moment. Instead yesterday I passed a fascinating and very rewarding day visiting five Vouvray producers – all doing interesting things. Some of them like Sébastien Brunet, Damien Pinon, Matthieu Cosme have now been established for some time other like Michel Autran and Jacquelin Rouvre are more recent arrivals. I am indebted to Vincent and Tania Carême for suggesting and organising my visits. Vouvray has need of people of Vincent Carême ready to promote lesser known producers making quality wines as the reputation of Vouvray has been eclipsed very considerably recently by the its southern neighbour – Montlouis.

My hosts on Monday 15th June:

Ex-doctor Michel Autran

Ex-doctor Michel Autran, who changed his life in 2006 and made his first vintage in 2011 and is now making brilliantly precise wines.     

Rugby player Matthieu Cosme who took over the family vines in 2005 and since 2011 working with his brother Florent.

Rugby player Matthieu Cosme who took over the family vines in 2005 and since 2011 working with his brother Florent. Matthieu is not a new discovery as I have tasted his wines before before but this was the first time I have visited his vineyards and seen his carefully work amongst his vines. 

59 year-old Jacquelin Rouvre but young in spirit gave up running his Paris restaurant after 17 years to take up his parent's three hectares of vines in 2008. Jacquelin made his first vintage in 2010. if you want a bargain buy his lovely 2010 Brut for just 6.50€ a bottle. Absurdly cheap for the quality.

59 year-old Jacquelin Rouvre but young in spirit gave up running his Paris restaurant after 17 years of hard work to take up his parent’s three hectares of vines in 2008. Jacquelin made his first vintage in 2010. if you want a bargain buy his lovely 2010 Brut for just 6.50€ a bottle. Absurdly cheap for the quality.

It was good to meet Damien Pinon again. Damien and Ingrid Pinon featured in Jim's Loire back in June 2011 http://jimsloire.blogspot.fr/2011/06/monday-13th-june-les-jeunes-vignerons.html2011 and to again be impressed by their wines.

It was good to meet Damien Pinon again. Damien and Ingrid Pinon featured in Jim’s Loire back in June 2011 http://jimsloire.blogspot.fr/2011/06/monday-13th-june-les-jeunes-vignerons.html2011 and to again be impressed by their wines.

Many years ago I tasted the wines of Domaine d'Orfeuilles in London, when the estate was run by Bernard Herivault, so it was good to meet his son Arnaud and taste his fine range of wines. By the end of next year all of the 22-hectare estate will be organic with Arnaud starting to move onto biodynamic viticulture.

Many years ago I tasted the wines of Domaine d’Orfeuilles in London, when the estate was run by Bernard Herivault, so it was good to meet his son Arnaud and taste his fine range of wines. By the end of next year all of the 22-hectare estate will be organic with Arnaud starting to move onto biodynamic viticulture.

Sébastien Brunet took over the family domaine when his father died young in 2006. The vineyards are farmed organically and look particularly healthy yesterday. Like the other Vouvray producers I visited Sébastine b

Sébastien Brunet took over the family domaine when his father died young in 2006. The vineyards are farmed organically and look particularly healthy yesterday. Like the other Vouvray producers I visited Sébastien wines had real precision. I particularly liked the 2013 and 2014 La Pente de la Folie made from old vines (55 years old) from a south-facing parcel of 70 ares.In 2007 Sébastien was able to buy an extraordinary cellar with 10 kilometres of galleries that used to be used to grow mushrooms.   

Vincent Carême, who kindly organised my day, and whose 2013 Cuvée Ancestrale and 2012 Le Clos Vouvray Sec were stand outs.

Vincent Carême, who kindly organised my day, and whose 2013 Cuvée Ancestrale and 2012 Le Clos Vouvray Sec were stand outs.

Most of these producers are organic – all eschew weedkillers. Sadly the use of weedkillers is far too prevalent in AC Vouvray with many vineyards completely blitzed. Instead of promoting foolish rules to bar top-quality Vouvray producers from vinfiying in the neighbouring commune of Montlouis-sur-Loire, the Syndicat of Vouvray Producers would be much better occupied persuading their members to move to a more sustainable viticulture and to promote biodiversity. If Vouvray wants to improve its flagging reputation, here are some fine examples to follow!

Percée 2015 058


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Serendipitous Vinexpo

Désolé pour mon titre en anglais mais il n’y a pas de mot en français capable de rendre le sens de ce concept que j’aime tant : serendipity. Il s’agit du don, ou de l’occasion, de faire par hasard des rencontres  ou des découvertes heureuses. Ma journée d’hier, le première de l’actuelle édition de Vinexpo, s’est déroulé ainsi, en partie programmée, en partie au hasard des rencontres dans les multiples et interminables allées de cette gigantesque place de marché. Après une nuit assez courte (victoire du Stade Français en finale du TOP 14 oblige !) le matin fut consacré à ma participation en tant que juré a la coupe des crus bourgeois dans un millésime finalement séduisant (2012). Là je faisais équipe avec un jeune homme très aimable et enthousiaste de Taiwan, Paul Peng Wang, et le sommelier du restaurant le Chapon Fin à Bordeaux : un palais sûr.

IMG_6859Une des mes feuilles lors de cette dégustation qui consiste, pour chaque table, à éliminer des vins dans chaque série jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que 12 qui seront dégustés par un super-jury. Je ne connais pas encore le nom du vainqueur ce cette édition de la Coupe des Crus Bourgeois.

 

Cette opération avait lieu dans un château du Haut-Médoc, puis en voiture vers Vinexpo avec un très sympathique acheteur du groupe Casino avec qui j’ai fait connaissance. De suite, en entrant dans ce gigantesque salon, au premier stand en vue après l’entrée que nous avions pris un peu par hasard, je tombe sur un stand qui abrite un visage familier : Philippe Fezas du Domaine de Chiroulet, excellent et avisé producteur en Gascogne.

IMG_6867Philippe Fezas (à gauche) et Julien Ilbert. L’un est gascon, l’autre lotois. Les deux font bien et partagent un stand à Vinexpo.

 

Et, autre hasard (mais est-ce que cela existe réellement ?), il partageait son stand avec un très bon et créatif producteur de Cahors qui fait partie du renouveau de cette appellation qui m’impressionne tant. D’abord j’admirais les étiquettes de sa gamme avant de découvrir que le producteur est Julien Ilbert du Château Combel la Serre. Puis que le dessinateur des ces superbes étiquettes n’est autre que l’estimable Vincent Pousson, dont j’ignorais ces talents-là (voir photo ci-dessous). Et le rosé à gauche, appelé Causse, est un des meilleurs que j’ai dégusté cette année. Fait avec du malbec, c’est un vrai vin, très loin des tous ces pâles et maigres choses qu’on appelle maintenant « rosés de piscine » et qu’un ferait mieux de verser, justement, dans une piscine.

IMG_6864

Bien entendu cela s’est poursuivi par une dégustation de la gamme de chacun de ces producteurs, qui n’ai fait que confirmer, voir rehausser, mon opinion de leurs vins. Et, lendemain de finale de rugby oblige, cette dégustation s’est transformé en une millefeuille de commentaires sur les vins, d’une excellente casse-croûte et de discussions comme un jeu de billard à trois bandes sur le match de la veille, de la saison que ce match clôturait, du XV de France et sur autres considérations essentielles.

Après ces retrouvailles et découvertes (les gammes et derniers vins de deux vignerons cités), place à mes devoirs pour l’émission de radio auquel je contribue modestement chaque semaine depuis 11 ans maintenant sur la chaîne BFM Business (la seule radio en France qui croit à une émission consacrée au vin). Nous avons parlé dans cette émission produite en directe de Champagne, d’autres bulles du monde, des vins du Maroc, du Liban et d’Autriche, entre autres sujets et avec des intervenants de ces pays.

Sortant de là une paire d’heures plus tard, non sans avoir dégusté un magnifique blanc de blanc 2002 qui sera prochainement mis sur le marché par Lanson, je tombe d’bord sur une ancienne élève, jeune femme chinoise qui travaille maintenant pour Bettane & Desseauve et qui me salut avec grand enthousiasme, ce qui me désempare. Puis, un peu plus loin, au détour d’une allée, sur un stand de vins de Nouvelle Zélande, tous issus de petits domaines indépendants qui sont importés en Europe par une dame qui fait aussi du vin là bas, du nom de Gabrielle Simmers. Une heure de dégustations plus tard, au moment de la fermeture des portes, je repars avec deux bouteilles de jolis vins pour récompenser les amis qui m’héberge à Bordeaux, dont un superbe Pinot Noir de North Otago. Le producteur s’appelle Valli et la cuvée Waitaki Vineyard 2012. Et voici un lien vers la page fesse de bouc de la dame qui a réuni une gamme large et qui comporte des vins intéressants, dont le meilleurs ne sont pas toujours les plus chers.

https://www.facebook.com/SalmanazarNZ

Tout cela est peut-être d’une banalité affligeante pour ceux qui fréquentent les salons de vins, mais je ne me lasse pas de cette manière de pouvoir faire son boulot tout en ayant la possibilité de parfois (et même souvent) s’amuser, apprendre, découvrir ou retrouver des gens, des saveurs, des horizons différentes. C’est cela serendipity. Et c’est pourquoi j’aime Vinexpo.

David Cobbold


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Affaire Blot/Chidaine: have Vouvray and the INAO exceeded their legal powers?

François Chidaine and Jacky Blot with their 2013 Vouvrays

Barring the vinification of Vouvray in Montlouis

Is the ban on Jacky Blot and François Chidaine vinifying their Vouvray in the commune of Montlouis on a sound legal basis?  

 A brief resumé of the current position:
Vouvray’s appellation rules were changed in October 2009 to ensure that all still wines bearing the Vouvray appellation are made within the Vouvray AC. The only exception is Nazelles-Négron, a neighbouring commune just outside the eastern limit of the appellation.

Montlouis producers were allowed to make wine under the Vouvray name until after the 2013 vintage. 

Jacky Blot, of Domaine de la Taille aux Loups and who has five hectares of Vouvray vines, has been making his Vouvray in Montlouis since 1998. In October 1999, The INAO formally granted permission to do so, with no time limit given. 

François Chidaine, with 10 hectares of Vouvray, bought the famous Clos Baudoin in the centre of Vouvray in 2001. Having built a modern winery in Montlouis Chidaine also started in 2013 to make his Vouvray in Montlouis as the facilities at the Clos Baudoin are antiquated.

Blot and Chidaine were inspected by the INAO in January 2015 and told that their 2014 harvest could not be called ‘Vouvray’ as it had been made in Montlouis. Blot will be selling his ‘Vouvrays’ as Vin de France at up to 24 euros a bottle.

‘We were not consulted or informed about the proposed ban on vinifying Vouvray in Montlouis,’ said Blot and Chidaine.

 ••

Last Wednesday I interviewed Jacky Blot and François Chidaine about their recent ban – from the 2014 vintage – on vinifying their grapes from their Vouvray vineyards. Later that day I had a phone interview with Philippe Brisebarre, president of the regional committee of the INAO. Philippe was the president of the Syndicat des Vignerons de l’Aire d’Appellation Vouvray when the Vouvray rules were changed in 2009 to exclude the possibility of vinifying still Vouvray in the commune of Montlouis. Since 1974 the making sparkling Vouvray outside AC Vouvray has been banned.

Both Jacky Blot and François Chidaine were adamant that they had neither been consulted nor informed about the change to the Vouvray rules barring the vinification of their Vouvrays in the commune of Montlouis. They both cite the success of the Vouvrays on having provoked the Syndicat to restrict the vinification of still Vouvray to the aire of AC Vouvray with part of Nazelles-Négron the sole exception outside the zone. 

During my meeting with Blot and Chidaine it emerged that Blot had been given permission in September 1999 by the INAO to vinfiy his Vouvray in the commune of Montlouis. The INAO placed no time restriction on this dérogation. See the correspondence here.  

Both Jacky Blot and François Chidaine hope that a solution can be found. However, while Blot will be selling his 2014 ‘Vouvray’ labelled Vin de France (see below), Chidaine is waiting for September in the hope that he may legally be able to label his wines as Vouvray.    

La Taille aux Loups 2014 Bretonnière Vin de France (aka Vouvray)

La Taille aux Loups 2014 Venise Vin de France (aka Vouvray)

Philippe Brisebarre
In contrast Philippe Brisebarre held out no possibility of there being a solution:  

‘I have nothing against Blot and Chidaine,’ Philippe told me. « However, our hands are tied by the EU law. Even if we wanted to change the law we can’t. I have spent six months trying to find a solution. »

Brisebarre explained that EU law allowed places outside an appellation’s zone where these wines had been vinified prior to 1970 could continue to do so but this wasn’t possible if there was no tradition of this before 1970. Vouvray could be vinified in Nazelles-Négron because Vouvray had been vinified in part of this commune prior to 1970. This wasn’t the case for the commune of Montlouis.

Philippe explained that the famous appeal against the very restrictive Pomerol appellation had succeeded because of this 1970 rule. He pointed out that the décret of Saint-Nicolas-de-Bourgueil does not allow Saint-Nicolas to be vinified in Chinon.

I asked Philippe about the commune of Montlouis being close to AC Vouvray since the distance from both Blot’s and Chidaine’s vineyards to their wineries in the hamlet of Husseau, part of coomune of Montlouis, was less than that from the western extremity  of AC Vouvray and the commune of Nazelles-Négron. « We don’t measure the distance, » he explained. « The Loire (which separates the two communes) is a barrier. »

Philippe also insisted that in 2007 he had discussed with François Chidaine the intended change to the appellation rules. At the time Chidaine vinified his Vouvray at the Clos Baudoin within the commune of Vouvray, so the change wouldn’t have affected him. It was only in 2013 that once François had built his new winery that he started vinifying his Vouvray within the commune of Montlouis. François assumed that the 1999 permission granted to Jacky Blot to vinify Vouvray in the commune of Montlouis would also apply to him and to others within the commune.

Chidaine cannot remember having had this discussion with Brisebarre.

 •

Although I am no lawyer and may well be looking at the wrong legisation, it is far from clear that the hands of the Vouvray Syndicat and the INAO are as tied as Philippe Brisebarre says.

Firstly there is the unlimited permission that the INAO granted Jacky Blot on 9th September 1999 to vinify his Vouvay in the commune of Montlouis.

Secondly the Reglement (CE) n o 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009 allows the possibility of vinfying an appellation’s wines in an immediately adjacent zone (à proximité immediate de la zone délimitée concernée) or in the same administrative zone or a neighbouring one (dans une zone située dans la même unité administrative ou dans une unité administrative voisine, conformément aux régles nationales). 

The pre-1970 rule cited by Philippe Brisebarre appears only to apply if the area is outside the immediate vicinity:

En outre, les États membres peuvent permettre, par des autorisations individuelles et sous réserve d’un contrôle approprié, qu’un v.q.p.r.d . soit obtenu en transformant des raisins en moût et du moût en vin, ainsi qu’en élaborant ce vin, même en dehors d’une aire à proximité immédiate de la région déterminée en question : 

a ) lorsqu’il s’agit d’une pratique traditionnelle, si cette pratique :

– était en usage avant le 1er septembre 1970, ou, en ce qui concerne les États membres ayant adhéré à la Communauté après cette date, avant la date de prise d’effet de leur adhésion,

– n’a pas été interrompue depuis ces dates,’

See here.   

So a key question is whether Montlouis is in the same administrative area as Vouvray or in a neighbouring one (à la même unité administrative ou dans une unité administrative voisine) or is the Loire a barrier as Brisebarre maintains. If it is ‘une unité administrative voisine’ (adjoining) then the before September 1970 usage rule does not apply.  

Montlouis and Vouvray are clearly individual communes and in different cantons (the grouping of several communes). However, looking at the geographical boundaries* of the communes of Montlouis, Vouvray and the adjacent commune of Vernou-sur-Brenne indicates that there is a very good case for classifying them as immediate neighbours and that the Loire is not the barrier that Brisebarre relies upon for justifying the exclusion of the commune of Montlouis.


 The commune of Vouvray – shaded area
(source the Mairie de Vouvray)

Detail of the southern part of the commune of Vouvray

NB Vouvray includes a small part of the south bank of the Loire 

by the Pont Charles de Gaulle built in 1993.

Commune of Montlouis (shaded) borders the communes 

of Vouvray and Vernou even sharing a land border by the 

Pont Charles de Gaule where Vouvray encroaches 

on the south side of the Loire and 

also further east where Montlouis meets Vernou 

appearing to just touch the north bank of the Loire 

Montlouis and Vouvray also share an island in the middle of the river

 The commune of Vernou-sur-Brenne, which shares a boundary 

with Montlouis even like Vouvray claiming a small part of the south bank 

of the Loire.

Montlouis and Vernou also share an island in the middle of the river    

These maps showing the limits of the three communes – Montlouis, Vouvray and Vernou – indicate that rather than the Loire being a barrier the river ensures that the boundaries of the three communes are closely linked. It would surely be a considerable legal challenge to attempt to prove that the commune of Montlouis is not a neighbouring administrative unit (une unité administrative voisine) of Vouvray.

Brisbarre’s example of Saint-Nicolas-de-Bourgueil not allowing their wines to be made in Chinon is a false analogy as the Chinon does not adjoin Saint-Nicolas-de-Bourgueil unlike Montlouis which adjoins Vouvray. Producers are permitted, however, to vinify Saint-Nicolas in the following nearby communes on the south bank of the Loire: Avoine, Beaumont-en-Véron and Savigny-en-Véron.  

If commune of Montlouis is indeed an administrative neighbour of the Vouvray, it would appear that EU law relating to traditional usage pre-1970 does not apply, so the Vouvray rules did not need to be changed to comply with EU regulations in 2009 and that a dérogation to allow Vouvray to be vinify within the commune of Montlouis could be granted if the Syndicat des producteurs de Vouvray/INAO wish, especially as this would conform with the INAO’s favourable decision of September 1999. 

Would, I wonder, France’s Conseil d’Etat find that Vouvray’s change of the regulations in respect of the commune of Montlouis-sur-Loire in their décret of 15th October 2009 to be necessary, proportional and suitable to protect the reputation of the Vouvray appellation?  

Reglement (CE) n o 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009
5) La limitation à une zone géographique donnée du conditionnement d’un produit vitivinicole bénéficiant d’une appellation d’origine ou d’une indication géographique, ou des opérations liées à sa présentation, constitue une restriction de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services. À la lumière de la jurisprudence de la Cour de justice, de telles restrictions ne peuvent être imposées que si elles sont nécessaires, proportionnées et de nature à protéger la réputation de l’appellation d’origine ou de l’indication géographique. Toute restriction doit être dûment justifiée au regard de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services.

Appendices:
Reglement (CE) n o 607/2009 de la Commission du 14 juillet 2009
5) La limitation à une zone géographique donnée du conditionnement d’un produit vitivinicole bénéficiant d’une appellation d’origine ou d’une indication géographique, ou des opérations liées à sa présentation, constitue une restriction de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services. À la lumière de la jurisprudence de la Cour de justice, de telles restrictions ne peuvent être imposées que si elles sont nécessaires, proportionnées et de nature à protéger la réputation de l’appellation d’origine ou de l’indication géographique. Toute restriction doit être dûment justifiée au regard de la libre circulation des marchandises et de la libre prestation de services.

Article 6
Production dans la zone géographique délimitée

Par dérogation aux dispositions fixées (voir etc.) et sous rèserve que le cahier des charges le prévote, un produit d’une appellation d’origine protégée (AOP) ou d’une indication géographique protégée peut être transforme en vin

a) dans une zone à proximité immediate de la zone délimitée concernée, ou

b) dans une zone située dans la même unité administrative ou dans une unité administrative voisine, conformément aux régles nationales, ou

http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:32009R0607

From http://www.lavigne-mag.fr
(which appears to suggest that the dérogation given by the INAO in 1999 to Jacky Blot should continue, although of course this is a magazine article and not a décret.)
Toutes les nouvelles demandes de dérogation devraient donc s’appuyer dans le futur sur ce nouveau cadre collectif. Pour les dérogations individuelles légalement enregistrées dans le passé – il s’agit de quelques dizaines -, elles seront définitivement accordées, même si le lieu de vinification se trouve en dehors de l’API nouvellement définie, et ce à plusieurs conditions. ‘ Lorsque la pratique était en usage avant septembre 1970, qu’elle n’a pas été interrompue depuis et qu’elle porte sur des quantités qui, depuis lors, n’ont pas augmenté, auprès du transformateur en question, plus que celles correspondant à l’évolution générale du marché ‘, stipule le règlement européen de 1999.
(http://www.lavigne-mag.fr/archive/article/resserrer-les-regles-d-octroi-VI1242115108.html

EU rules regarding proximity

RÈGLEMENT (CE) N o 607/2009 DE LA COMMISSION du 14 juillet 2009
3 . Par dérogation au paragraphe 1 deuxième tiret, un v.q.p.r.d . peut être obtenu ou élaboré dans une aire à proximité immédiate de la région déterminée en question lorsque l’État membre concerné l’a prévu par autorisation expresse et sous certaines conditions .

En outre, les États membres peuvent permettre, par des autorisations individuelles et sous réserve d’un contrôle approprié, qu’un v.q.p.r.d . soit obtenu en transformant des raisins en moût et du moût en vin, ainsi qu’en élaborant ce vin, même en dehors d’une aire à proximité immédiate de la région déterminée en question : 

a ) lorsqu’il s’agit d’une pratique traditionnelle, si cette pratique :

– était en usage avant le 1er septembre 1970, ou, en ce qui concerne les États membres ayant adhéré à la Communauté après cette date, avant la date de prise d’effet de leur adhésion,

– n’a pas été interrompue depuis ces dates,

et

– porte sur des quantités qui, depuis lors, n’ont pas augmenté, auprès du transformateur en question, plus que celles correspondant à l’évolution générale du marché;

b ) dans les autres cas et s’il s’agit d’une pratique en usage avant le 1er septembre 1989, pendant une période transitoire qui se termine au plus tard le 31 août 1992 . 

http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX:32009R0607

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