Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Breton bees in red bonnets (Les Bonnets Rouges) invade InterLoire …..

Christmas appears to have come early at InterLoire’s Tours office….

(Photo credit: Les Bonnets Rouges)

On Friday 13th October around 5pm eight members of Les Bonnets Rouges interrupted business at the main offices of InterLoire in Tours. Claiming that Muscadet is a ‘Vin Breton’ (wine from Brittany) and not the Loire, they demanded that InterLoire should cease to allegedly force producers, under a new rule that came into force on 1st August 2017, to put ‘Val de Loire’ on their bottles of Muscadet, Gros-Plant, Côteaux d’Ancenis etc.

 Jean-Martin Dutour, Président of InterLoire 

 

The invaders demanded that InterLoire immediately change the new rules. They also demanded to meet with Jean-Martin Dutour, the current President of InterLoire.

Dutour reported that « Je leur ai dit qu’ils se trompaient de cible » (They had got the wrong target) and he told them to go and see the Fédération des Vins de Nantes.

Press release (13th October 2017) from Les Bonnets Rouges – Les Frelons:  

‘Le pays Nantais fait partie de la Bretagne depuis plus de dix siècles et aucun découpage administratif ne peut faire disparaître cette vérité. Nier l’appartenance de la Loire-Atlantique à la Bretagne est une pourriture grise, une combinaison d’arrogance bureaucratique et d’inculture.
Muscadet, Gros-Plant, Côteaux d’Ancenis… Ce sont nos vins bretons.  InterLoire, l’interprofession des vins du Val de Loire les a annexés. Elle cultive la confusion et le mensonge dans l’esprit des Français et des consommateurs étrangers, au détriment de nos vins traditionnels.
Un fleuve ne crée ni un pays, ni un terroir, ni une identité.
Depuis le 1er Août 2017, les nouveaux statuts d’InterLoire oblige les appellations des vins nantais à indiquer leur appartenance au Val de Loire. Les récents accords interprofessionnels indiquent qu’il est obligatoire de mentionner  « Val de Loire » sur les bouteilles. Tout ceci est absurde et inacceptable.
Les vins bretons n’ont rien à faire avec les vins du Val de Loire.
Le pays nantais n’a rien à faire avec la région des Pays de Loire.
A partir d’aujourd’hui, vendredi 13 octobre 2017, nous occupons les locaux d’InterLoire (qui se situent à Tours. NDLR) pour dénoncer ce double scandale.
Ce que nous voulons dans l’immédiat : la modification des statuts d’InterLoire.’

In response to the invasion of InterLoire’s office in Tours the Fédération des Vins de Nantes issued a statement disassociating themselves from the actions of Les Bonnets Rouges in Tours. The statement points out that the use of Val de Loire is optional and that the Vins de Nantes are both part of the Loire basin and naturally attached to Brittany.

Press release (13th October 2017) from the Fédération des Vins de Nantes:

Suite au communiqué adressé par le groupe des « Bonnets Rouges » concernant le Muscadet et InterLoire et l’action d’occupation des locaux d’InterLoire à Tours engagé par ce même groupe ce jour, la Fédération des Vins de Nantes par la voix de son Président Christian GAUTHIER déclare :

« Nous ne connaissons pas l’identité des personnes qui mènent cette action ni leur relation avec la viticulture. Sur la forme, nous condamnons toute action d’intimidation de ce type pour défendre des idées et porter des revendications. Nous nous désolidarisons des prises de position de ce groupe qui n’est en aucun ni légitimé ni mandaté par notre structure professionnelle.

Sur le fond, la Fédération ne s’engagera sur aucune position politique concernant les enjeux territoriaux car ce n’est pas la nature de sa mission. Les Vins de Nantes appartiennent au bassin du Val de Loire tout en revendiquant leur attachement naturel à la Bretagne, à son identité et à sa culture. Par ailleurs, il est fait allusion dans leur communiqué d’une obligation d’indiquer sur la bouteille la mention « Val de Loire » pour les AOC de Nantes. Nos obligations réglementaires concernant l’étiquetage sont encadrées dans nos cahiers des charges d’appellation et la mention « Val de Loire » est facultative. »

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Comment

The organisation Les Bonnets Rouges has had a serious purpose – see history here and here. However, it is difficult to take their action in Tours yesterday seriously as producers in the Pays Nantais are not forced to put Val de Loire on their wine bottles. The use of the term is optional as the Vins de Nantes Federation points out. Furthermore, it is not in the power of InterLoire to compel producers to put ‘Val de Loire’ on their wine bottles/labels. This can only be a requirement in the regulations governing an appellation contrôlée, which would have to have the approval of the INAO.

This appears to have been an ill-thought out stunt that makes Les Bonnets Rouges look ridiculous. It is not clear whether there were any vignerons amongst the eight invaders.

See also this post by our friend Vincent Pousson

Jim Budd

Chinese cap


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Gérard Bertrand et ses vins, 30 ans après

Je n’aime pas cette manie très française qui consiste à dénigrer toute réussite dans le domaine des affaires. Cela semble particulièrement virulent dans le petit monde du vin. En gros, pour ces esprits éclairés, tout ce qui est petit est beau et tout ce qui est grand est méchant. Il faut de la détermination pour réussir, mais pas seulement, et je trouve que c’est tout à fait méritoire.

Aujourd’hui, Gérard Bertrand est à la tête d’une entreprise viticole qui pèse 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, réalisé pour 50% en France et 50% à l’export. Elle comporte une douzaine de domaines qui totalisent 800 hectares dans le Languedoc et qui représentent les 30 pour cent haut de gamme de la production, le restant, majoritaire, étant issu du négoce. L’ensemble de cette production provient de la région Languedoc-Roussillon dont Bertrand est devenu, en 30 ans, un des producteurs emblématiques. Si cela fait grincer quelques dents de grincheux, je trouve que cela mérite déjà un coup de chapeau, sachant la relative modestie de ses débuts et l’image pas évidente des vins de cette région il y a 30 ans.

 

Villemajou, 1988

C’est en 1988 – il y a presque trente ans, donc – que commence véritablement l’histoire de Gérard dans le vin avec la sortie de son premier millésime du Corbières Château Villemajou, après la mort de son père. Mais la genèse du rapport entre Gérard Bertrand et le vin est plus ancienne. Son père Georges était courtier et négociant en vin et a participé à l’aventure de Val d’Orbieu. Il était aussi arbitre de rugby, ce qui n’est pas sans lien avec une autre passion de son fils, qui a été joueur de haut niveau, à Narbonne puis au Stade Français. Georges Bertrand achète le Domaine de Villemajou en 1970 et en fait la maison familiale. A partir de 1988, Gérard a progressivement développé cette petite affaire, aussi bien côté négoce que côté propriétés, avec l’acquisition successives de domaines dans tous les coins de la région. D’autres auraient pu être tentés d’associer le nom de régions plus prestigieuses à leur collection grandissante ; lui est resté fermement et fièrement ancré dans sa région natale. Et cette cohérence géographique dans la gamme de vins Gérard Bertrand, dont l’éventail de prix va de 3 à 200 euros (à la louche) est certainement un des facteurs de sa réussite.

A Villemajou sont donc successivement venus d’ajouter les domaines de L’Hospitalet (La Clape), Laville Bertrou (Minervois-La-Livinière), L’Aigle (Limoux) Cigalus (Vin de Pays d’Oc), Aigues Vives (Corbières Boutenac) La Sauvageonne (Terrasses du Larzac), La Soujeole (Malpère) et Clos d’Ora (Minervois-La-Livinière), ainsi que d’autres plus petits. La majorité des ces vignes sont conduites en biodynamie – une méthode que Gérard déclare vouloir étendre à tous ses vignobles d’ici 3 ans. Gérard Bertrand s’est converti à ce système que je trouve un peu ésotérique par certains aspects, même si d’autres relèvent du bon sens paysan (et je parlerai pas de son fondateur, Rudolf Steiner, plus que douteux par ses croyances). Après tout, si cela marche bien sur le plan de la production, pourquoi pas? Mais j’ai trouvé le livre de Gérard Bertrand sur le sujet aussi incompréhensible qu’indigeste.

Quoi qu’il en soit, une dégustation récente (pas celle sur la photo) d’une partie de la gamme Gérard Bertrand m’a permis de me faire une idée sur la qualité de sa production qui m’a semblé tenir bien la route à tous les étages. A une autre occasion, il y a quelques mois, j’ai sélectionné un de ses vins de négoce, de la série Naturae, pour un guide des meilleurs vins vendus en dessous de 10 euros. Car il n’y a pas que les vins des domaines qui sont bons !

Voici un compte rendu de ma dégustation au Domaine l’Hospitalet, le 23 septembre dernier.

Vins rosés

Ballerine, Crémant de Limoux rosé (prix inconnu)

J’ai trouvé ce vin un peu dur et manquant de fruit

Château de la Soujeole, Grand Vin 2016, AOP Malpère (25 euros)

Nez assez intense, notes de garrigue et de fumé. De la structure et de la longueur en font un bon rosé de table.

Château La Sauvageonne, La Villa 2016, AOP Coteaux du Languedoc (39 euros)

Style très pâle : on dirait un vin blanc ! Rond et chaleureux, avec du volume et du fruit. C’est puissant et long.

Vins blancs

Château de Villemajou, Grand Vin 2016, AOP Corbières (25 euros)

Beau nez, intense et rond, aux notes fumées. Bonne structure avec de l’acidité et de la longueur. Le fruité est un peu en retrait et la texture manque de suavité. Bon équilibre.

Château La Sauvageonne, Grand Vin 2016, AOP Coteaux du Languedoc (25 euros)

Nez puissant, limité un peu lourd, aux fruits tropicaux. Sauve et puissant en bouche, avec une impression d’alcool bien présent à peine régulé par son acidité. C’est plaisant mais il faut le boire assez vite.

Aigle Royal, Chardonnay 2016, AOP Limoux (45 euros)

Bonne intensité pour ce vin vibrant, au fruité précis et avec une bonne longueur.

Vins rouges

Aigle Royal, Pinot Noir 2016, AOP Limoux (45 euros)

Bon jus assez vibrant. La texture légèrement rugueuse a besoin de s’affiner en bouteille mais c’est très bon, bien fruité dans une registre assez puissant pour un pinot noir.

Château de la Soujeole, Grand Vin 2016, AOP Malpère (25 euros)

Bon vin honnête, juste un peu rustique par sa texture. C’est vivace, les tannins sont bien présents mais restent raisonnables. Du fruit et de la longueur.

Château La Sauvageonne, Grand Vin 2016, AOP Coteaux du Languedoc (25 euros)

Intense et puissant, vibrant et alerte. J’aurai aimé une texture plus suave peut-être. Bonne longueur.

Château de Villemajou, Grand Vin 2016, AOP Corbières Boutenac (25 euros)

Robe dense pour ce vin très frais, intense et élégant. Il réussit bien à allier finesse et puissance, même si la finale est un peu sèche.

Cigalus 2015, IGP Aude Hauterive (28 euros)

Le nez est rond et suave. Une belle acidité a tendance à renforcer la dureté de ses tanins qui semblent un peu sur-extraits. Jolies notes épicées dans ce vin qui a besoin d’un peu de temps en bouteille.

L’Hospitalitas 2015, AOP La Clape (45 euros)

Nez profond et parfumé, aux notes de fruits noirs et de garrigue. Des tannins sinueuses auront besoin de quelques années en bouteille mais ce vin est très bien constitué. Longueur et équilibre sont aussi bons et j’ai bien aimé le caractère juteux de son fruité.

Le Viala 2015, AOP Minervois La Livinière (45 euros)

Nez intense et profond avec une magnifique qualité de fruit (type fruit noirs, particulièrement des mûres). Les tannins sont bien intégrés dans le corps du vin, et la finale comporte une fine touche d’amertume, Belle texture, bon équilibre : un excellent vin et mon préféré de cette dégustation.

En conclusion

Avec cette dégustation, on a clairement affaire à une sélection des vins haut de gamme de Gerard Bertrand. Les prix le démontrent, et je pense d’ailleurs que plusieurs de ces vins sont un peu trop chers. Je ne parlerai même pas du prix délirant du Clos d’Ora (pas loin de 200 euros), vin excellent par ailleurs, mais qui ne figurait pas dans cette dégustation. Cela dit, il est aussi juste que des vins de bon niveau de toutes les régions s’affichent à des prix comparables à ceux de régions plus célèbres. La gamme très large comporte aussi des vins très corrects à des prix bien inférieurs. Chaque région doit avoir des portes drapeaux et Gérard Bertrand n’a pas peur de jouer ce rôle avec brio pour le Languedoc. Il faut l’en féliciter.

David Cobbold

 


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1855.com – renewed investigation as new judge appointed + need for wider inquiry

 

A rather late news flash:
Unfortunately I missed this most recent development in the long-running 1855.com saga and am indebted to my Les 5 du Vin colleague, Hervé Lalau, for bringing this report by Jérôme Baudouin in the Revue du Vin de France back in early July 2017 to my attention.

On 6th June 2017 the President of the Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Paris decided to fire the judge, who had been in charge of the enquiry, and to appoint a new one. The President was not impressed that after nearly two years the investigation appeared to be getting nowhere. Hopefully this second judge will be more effective and that there is a proper and thorough investigation into the scandal of 1855.com and its two principals – Emeric Sauty de Chalon and Fabien Hyon. 

When 1855 was forced into liquidation it had debts of over 40 million euros and millions of bottles, many of them Grand Cru Bordeaux, that were never delivered to their clients.

There has long been a strong suspicion that Hyon and Sauty de Chalon have had protection in high places. It looks as though this may have continued. 

 First two paragraphs of the RVF Report:

Affaire 1855.com : le juge dessaisi,
l’enquête redémarre

Tournant décisif dans l’affaire 1855.com, le président de la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Paris a décidé de dessaisir de son enquête le juge enquêtant sur le site frauduleux depuis 2015 pour la confier à une nouvelle juge qui va reprendre l’enquête.

Alors que depuis deux ans, l’enquête semblait s’enliser dans les méandres de l’inertie judiciaire (voir La RVF n°613 de juin 2017), l’affaire a pris un tournant surprenant et décisif, le 6 juin dernier, lors d’une audience intense de la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Paris.

 

A more general enquiry needed

Arnaque

How come the 1855.com scandal was able continue for so long? It was known for years that the company was in trouble – failing to deliver its clients’ wines and building up debts. These problems dated back at least to 2006/7 when 1855 was caught out by the rapid increase in price of the 2005 Bordeaux vintage as many of their sales were en primeur and their ‘business model’ involved taking clients’ money during the en primeur campaign but only buying the wines when they were actually in bottle.

Furthermore with debts of over 40 million euros where did the 1855 clients’ money go? Into whose pockets?

Numerous complaints were made to La Répression des Fraudes (DGCCRF) with no apparent action taken.  In early August 2012 France 2 broadcast a programme about 1855 with the clear headline ‘Arnaque’ – fraud. Clearly they felt there was no risk of the company successfully suing them for libel.

Why was 1855.com allowed to continue until January 2015 to build up debts of over 40 million euros and with huge numbers of wine orders never delivered? There should be an inquiry into why this this allowed to happen. Did the two principals – Emeric Sauty de Chalon and Fabien Hyon – have friends high up in the French state who provided protection? Why has the enquiry into the company made so little progress over the past two years that a new judge has had to be appointed?

Jim Budd

 


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Wayford, une bulle et une histoire exemplaire du Sud-Ouest… anglais

 

Je me trouvais dans le Sud-Ouest ce weekend; dans le Sud-Ouest… de l’Angleterre. Et j’ai dégusté, en arrivant, un « sparkling wine » de bonne facture, assez fin, aux saveurs délicatement fruitées, sans grande intensité mais très plaisant et bien fait. Le vin est de plus bien présenté dans un habillage sobre avec une étiquette claire. Le Wayford Winery 2014 est issu à 100% de Pinot Noir et provient d’un vignoble situé à quelques kilomètres du village qu’habite ma mère. Renseignement pris, ce vignoble était en vendanges le samedi 7 et le dimanche 8 octobre et j’ai décidé d’aller voir tout cela sur place.

L’année 2016 a vu la fondation d’un nombre record de wineries dans ce pays qui a eu le malheur de voter cette stupidité qu’on appelle « le Brexit » l’année dernière. C’est un autre sujet mais c’en est un qui a le don de m’agacer profondément, vu les tonnes de mensonges proférées à l’occasion par le «exiteurs ». Qu’on les rassemble avec les Catalans indépendantistes, par exemple !

Mais revenons à nos moutons : 64 entreprises de production de vin ont vu le jour en 2016 en Angleterre et au Pays de Galles, ce qui constitue une augmentation de 73% sur les chiffres de 2015 (source : l’administration fiscale et douanière britannique). Ceci est à rajouter au chiffre cumulé d’environ 500 producteurs de raisins à vin et une base viticole de plus de 2.000 hectares plantés à fin 2015. La production totale de vin dans ces deux parties de la Grande-Bretagne dépasse maintenant 5 millions de bouteilles, dont la grande majorité est faite de vin blanc et surtout de bulles élaborées selon la méthode dite « traditionnelle ». Le vignoble moyen d’un producteur est donc de petite taille, autour de 4 hectares, même si quelques rares producteurs comme Denbies et Nyetimber font office de géants avec une centaine d’hectares chacun. Et je rappelle que le Champenois Taittinger à récemment acquis et planté, avec son importateur britannique, une soixantaine d’hectares dans le Kent (sud-est).

Le vignoble que j’ai visité ce weekend, Wayford, est lui situé bien plus à l’Ouest, dans le Somerset. Il illustre bien ces petits producteurs naissants qui émaillant de plus en plus tous les coins du Sud du pays. Son vignoble couvre 1,7 hectare, les raisins sont pressés et vinifiés ailleurs, et l’initiative vient d’un groupe d’amateurs enthousiastes, en l’occurence tous membres du Rotary Club de Crewkerne, et dont un des membres fondateurs est un agriculteur du coin qui a fourni le terrain. Il est probable que les 4 membres fondateurs (ils sont aujourd’hui une vingtaine de familles à partager, bénévolement, les travaux de la vigne, ce qui doit en faire le plus petit domaine coopératif du monde viticole !) ne se doutaient pas des efforts nécessaires à leur entreprise. Mais, depuis la plantation en 2007 de 4.000 pieds de pinot noir sur une pente orientée plein sud dans la vallée de l’Axe (à l’ouest de Yeovil), les membres de ces familles, pour une bonne partie retraités, se sont retroussés les manches chaque année et les 1.200 bouteilles de leur premier millésime mise en vente, le 2014, sont maintenant presque épuisées. Bientôt le 2015, avec des quantités heureusement en croissance, va atteindre les magasins et bistrots de la région. Ils me disent qu’il est encore meilleur mais je ne l’ai pas dégusté.

Même en sachant ce qu’on va y trouver, on est presque surpris de découvrir un coteau couvert de vignes dans ce vert paysage aux bocages, au détour d’une de ces tortueuses routes de campagne enfoncées entre talus, prairies et bois, et dont l’étroitesse vous oblige à chercher un recoin pour pouvoir croiser un véhicule qui arrive en face. Le samedi matin de ma visite, les feuilles de vigne commençaient à jaunir ou à rougir par endroits et les vendangeurs, peu nombreux mais concentrés, s’activaient sous un ciel gris. Familles et amis doivent signer une décharge avant d’attaquer avec ciseaux et petits bacs en plastique qui seront chargés sur une remorque pour une heure de route jusqu’au pressoir. Le vignoble est totalement enherbé et tondu une fois l’an. Je n’ai vu aucune trace de produits désherbants et le seul équipement semble être une tondeuse tirée par un vieux tracteur. Tout le reste se fait à la main. A la différence de quelques autres vignobles dans le sud-ouest, Wayford a échappé au gel du printemps 2017 et j’ai vu pas mal de raisins, en apparence très sains, sur les vignes.

Que penser de tout cela ? Mais que du bien, selon moi! Il n’est pas question, du moins pour l’instant, d’une concurrence sérieuse à d’autres vins effervescents. Avec deux milliers d’hectares à peine en production, les bulles anglaises ne risquent pas d’arriver en masse en France pour couper l’herbe sous les pieds des bulles françaises, par exemple. Le nombre de bouteilles produites ne pèse pas lourd face aux bulles d’ailleurs : Champagne, Crémants, Cava ou Prosecco, chacune de ces désignations produisent plus de 10 fois la production totale de l’Angleterre. Et ces vins anglais ne sont pas bradés non plus. Le Pinot Noir 2014 de Wayford Winery se vend au détail au prix de 25 livres sterling la bouteille (soit 28 euros), et des producteurs plus connus comme Nyetimber vendent leur cuvée non-millésimée autour de 40 euros, ce qui les positionne quasiment au même niveau de prix qu’une grande marque de Champagne.

Ces vins, pris dans leur ensemble, aident à satisfaire la soif légendaire des Britanniques pour les bulles en particulier et pour le vin en général, tout en augmentant la connaissance du vin par la curiosité qu’ils sollicitent. Et des domaines comme Wayford constituent aussi un beau témoignage de la logique d’une action collaborative, sans grande ressources, mais dans un pays qui n’est pas trop freiné par des règles qui inhibent des initiatives entrepreneuriales de toutes les tailles et formes, y compris dans l’agriculture.

David Cobbold


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Un train qui n’est pas arrivé à l’heure : Coteaux d’Aix-en-Provence rouges

Il n’est jamais bien agréable de dire du mal des vins, mais quand, à l’occasion de la dégustation d’une série relativement importante, seule une poignée de vins trouve grâce à mon palais (qui n’est pas si exigeant que cela après tout), j’estime que c’est mon droit (et un peu mon devoir) de dire quelque chose.

La semaine dernière, parmi les dégustations proposées à Paris, il y en avait une consacré aux vins rouges de l’appellation Coteaux d’Aix-en-Provence. Etant donné mon extrême réticence devant la dérive de la production de cette région vers une forme de mono-culture consacré aux vins rosés pâles, je voulais soutenir cette vision d’une certaine diversité dans la production. Et cela d’autant plus que j’ai dégusté d’excellents rouges d’Aix à d’autres occasions.

Mais quelle déception devant les 24 vins présentés à cette occasion ! Oh, pas tous, bien entendu. J’ai tout goûté et, en cherchant bien, j’ai trouvé qu’il y avait là 7 bons vins. Il s’agissait, sauf quelques exceptions, de millésimes jeunes : 2013, 2014 et 2015. 7 bons vins (issus de 6 domaines) sur 24, cela doit être un des plus faibles « taux de conversion » que j’ai rencontré lors de ce type de dégustation depuis un bon moment. Il faut savoir tout de même que plusieurs de domaines les plus réputés et qui figurent sur la carte ci-dessus ne présentaient pas des vins à cette dégustation.

Alors quels étaient les bons ? Voici une liste avec quelques commentaires succincts.

Ma sélection

Château Bas, Le Temple 2013

Dense, charnu et assez tannique. Aura besoin de temps encore pour se dépouiller. Boisé assez présent. 20 euros.

Les Béates, Terra d’Or 2006

Surprenant de tomber sur un vin ayant plus de 10 ans dans cette série. Bon équilibre avec un fruité qui a tenu. Vin plaisant, aidé par une touche de volatile. Un peu cher à 32 euros, quand-même.

Château de Beaupré, Collection du Château 2015

Très bon vin, charnu et bien structuré avec une bonne longueur. Vaut bien son prix de 17,50 euros. Un des meilleurs de la série.

Château Paradis 2014

Assez intense et long avec de la matière. Prix très raisonnable (12 euros)

Domaine de la Mongestine, M, 2015

Ma découverte dans cette série car je ne connaissais pas ce domaine auparavant. Un très beau fruité et une matière assez fine et bien équilibrée. Long aussi. Prix très raisonnable (12,50 euros)

Et pour finir, deux millésimes de Château Vignelaure

2011

Le meilleur vin de la série, pour moi. Suave et fruité, d’une bonne longueur. Harmonieux et très bon (25 euros)

2010

De la complexité, avec un peu de volatile? Charnu au début, puis des tanins un peu trop secs à la fin. (25,50 euros)

 

Et les autres ?

Château Revelette, qui est régulièrement dans les très bons, n’était pas présent, ni quelques autres que j’ai aimés dans le passé, dont Calissanne.

Vous trouverez ci-dessous la liste des autres domaines présents dont je n’ai pas apprécié les vins, pour diverses raisons. Pour faire simple, je n’en aurais sélectionné aucun pour un article ou un guide, pas plus que je ne les choisirais pour ma table. Est-ce grave, docteur ? Dans l’absolu non, mais cela devrait inquiéter dans le cadre d’une compétition de plus en plus exigeante entre appellations et pays vinicoles. Si le vente du vin rosé assure probablement la rentabilité de la région, il ne faut pas négliger les autres couleurs pour autant.

Domaine Saint Savournin, Château Saint Hilaire, Domaine de Suriane, Les Vignerons du Roy René, Domaine de Valdition, Domaine des Oullières, Domaine d’Eole, Château de Calvon, Domaine Tour Capanets, Château Saint-Julien, Les Quatre Tours, Domaine Naïs, Les Vignerons de Granet, Château Beaulieu, Domaine Camaïssette, Château de Vauclaire.

Cela fait beaucoup de déchet quand-même !

David Cobbold


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Paulée Nantaise: a great initiative involving Muscadet producers and restaurants in Nantes


Paulée Nantaise, 26th,27th and 28th October 2017
Following two years – 2016 and 2017 – when severe April frosts have hit producers in the Pays Nantais, this is an excellent initiative involving domaines in the Pays Nantais and 30 restaurants in Nantes.  Each domaine involved has teamed up with a particular restaurant – see details below. 

The aim is to raise money to pay for frost protection in the local vineyards, in particular buying and installing wind machines. It is great to see the producers and the restaurants in Nantes working together as in the past the city of Nantes has all too often not shown any great interest in vineyards that are largely to the south of the city. At least 50% of the takings from the evening meals in the restaurants, where the vignerons will be presenting their wines during a meal and the chefs matching dishes with the wines, will go to the vignerons to help them invest in frost protection. 

If you happen to be in the area at the end of October this is an excellent opportunity to help an excellent list of local wine producers including many of the areas top estates. 

It looks like this initiative has inspired other Loire producers, who have also recently suffered frost damage in 2016 and 2017. I understand that some Anjou producers are now looking to organise a similar event with restaurants in Anjou. 

Communiqué de Presse


Ces chefs solidaires des vignerons

Les 26, 27 et 28 octobre prochains à Nantes, 30 chefs s’associent avec autant de vignerons pour proposer dans leur restaurant une soirée exceptionnelle en accords mets et vins. Cette initiative originale vise à soutenir les vignerons de l’aire d’appellation du Muscadet dont les vignes ont été, une fois de plus, durement touchées par les intempéries.

Lors de ces soirées, chaque chef accueillera, dans son restaurant, le vigneron associé et travaillera ses vins en accords aux plats. 50%, au minimum, du chiffre d’affaires réalisé lors de ces dîners seront reversés sous forme de dons à l’association L’é.paulée nantaise, qui redistribuera, équitablement, la totalité de la somme aux vignerons participants. 

 « Je vous sollicite suite aux différents coups de fil passés aux vignerons avec qui je travaille. Ils ont été, une fois encore, durement touchés par le gel. Par endroits, jusqu’à 100% des récoltes sont détruites ! Ne pourrait-on pas, le temps d’une soirée, afficher notre solidarité ? » Lorsqu’au mois de mai dernier, Nicolas Guiet, chef de l’U.ni à Nantes, écrit à ses confrères pour les alerter sur la situation des vignerons et leur proposer son idée, tous affichent leur solidarité et répondent favorablement.

« La région nantaise a souvent tourné le dos à son vignoble. Nous ne pouvons faire de même avec cette génération de vignerons, qui a bousculé les traditions pour tendre vers une expression du terroir, un artisanat de qualité tout en préservant respectueusement notre environnement. Les vignerons nous ont toujours soutenus, à nous de leur rendre la pareille ! »

L’association L’é.paulée Nantaise renouvellera ce type d’opérations si besoin. Elle souhaite par ailleurs provoquer un élan d’une plus grande ampleur en France et à l’étranger. « D’autres vignerons sont touchés ailleurs. Incitons les chefs à créer partout des réseaux d’entre-aide ! Donnons encore plus de sens à nos métiers ! » 

 

Les maisons participantes

Le Pavillon / Domaine des Hautes Noëlles ; L’Atlantide 1874 Maison Guého / Domaine de Bellevue ; Analude / Château du Coing ; Le Baco Saveurs / Domaine Bruno Cormerais ; Lamaccotte / Domaine Landron Chartier ; Le Plan B. / Domaine Julien Braud ; Clémence / Domaine Ménard Gaborit ; Le Laurier Fleuri / Domaines Chéreau Carré ; Pickle’s / Domaine Brégeon ; Lulu Rouget / Domaine de l’Ecu ; La Raffinerie / Domaine de l’Aujardière ; L’Atelier d’Alain / Vignoble Malidain ; La Poissonnerie mais pas que / Domaine Bonnet Huteau ; Les Caudalies / Domaine Luneau Papin ; Le Café du musée des Arts / Domaine de la Brégeonnette ; L’U.ni / Domaine Fay d’Homme ; Les Brassés / Château les Aveneaux ; L’ardoise / Domaine de la Paonnerie ; Le Clos du Cellier / Domaine du Grand Chatelier ; Le Restaurant du Pont / Domaine du Haut Bourg ; Le Bistrot de l’Alchimiste / La famille Lieubeau ; Les Chants d’Avril / Domaine Complémen’terre ; L’instinct Gourmand / Domaine de la Foliette ; Le Manoir de la Boulaie / Domaine Landron ; Song Saveurs et Sens / La Tour Gallus ; Le Petit Boucot / Domaine de la Pepeiere ; Bé2M / Domaine des Cognettes ; L’O Deck / Domaine Poiron Dabin ; La Cascade / Domaine Luneau ; A Boire et à Manger / Domaine de la Sénéchalière.


Contact L’é.paulée Nantaise : epauleenantaise@gmail.com / facebook.com/epaulee.nantaise

 Chinese cap


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Un domaine exemplaire en Nouvelle Zélande : Hans Herzog

Il est assez rare que je me trouve confronté à une gamme de vins aussi singulière et aussi impressionnante que celle de Hans Herzog. Ces vins sont issus de la région de Marlborough, en Nouvelle-Zélande, et j’ai pu déguster cinq vins d’une gamme bien plus large grâce à l’excellent caviste parisien, le bien nommé Soif d’Ailleurs.

Les vins de Herzog,  qui sont maintenant nommés « Hans » sur les étiquettes, à cause d’un procès stupide intenté par un vignoble Californien contre l’usage de son patronyme, ne sont pas des vins que j’appellerais « classiques » pour cette région du monde. Néanmoins Herzog, qui est d’origine Suisse, a su tirer une sorte de quintessence des qualités de ce climat si particulier et si propice à une viticulture de qualité, sans jamais tomber dans le piège de la facilité commerciale, loin s’en faut. Je dois rajouter que ce ne sont pas des vins très accessibles ; d’abord par leurs quantités très limitées, mais aussi par des prix qui sont certes élevés (entre 30 et 50 euros la bouteille en France, selon le vin), sans être excessifs, vu leurs qualités remarquables.

Une brève présentation s’impose avant de parler des vins que j’ai dégustés. Hans Herzog et son épouse Thérèse ont quitté leur Suisse natale ou Hans vinifiait du côté de Zurich et où le couple avait aussi un restaurant réputé. D’ailleurs, ils ont recréé un bon restaurant sur leur domaine en Nouvelle-Zélande. L’objectif de cet exil volontaire était de trouver un climat idéal pour la production de vins fins, sans avoir à subir les contraintes étriquées des appellations contrôlées. Je pense que j’aurais fait comme eux si j’avais le choix, la compétence et les moyens.

Hans voulait la liberté totale de planter les cépages qu’il trouvait approprié au climat de son vignoble et qu’il avait envie d’essayer. Mais il voulait aussi obtenir des résultats à la hauteur de ses goûts pour des raisins mûrs mais parfaitement équilibrés par leur acidité naturelle, tout en vinifiant de la manière la moins interventionniste possible. Après de longues recherches, les Herzog ont opté pour Marlborough, au nord de l’île du Sud, qui bénéficie d’une moyenne de 2.500 heures d’ensoleillement sans jamais subir des températures trop élevées. De surcroît, l’écart entre températures nocturnes et diurnes est d’au moins 10 degrés Celsius. Le climat est sec pendant la période de croissance de la vigne et la phase de maturation, ce qui nécessite une irrigation modulée mais qui écarte la plupart des maladies. Les sols du côté de la Wairau River, où ils ont acheté en 1994, sont assez similaires à ceux du Médoc et donc très drainants.

Aujourd’hui, le domaine comporte 11,5 hectares sur lesquels plus de 20 cépages sont plantés. Le vignoble est compact, le chai proche du centre afin de réduire au maximum le temps de transport des raisins au moment des vendanges. Il est exploité en agriculture biologique avec des tendances biodynamiques, mais je n’ai pas senti une once de ce côté illuminé qui peut apparaître chez certains praticiens. Herzog a clairement les pieds sur terre, et non pas la tête dans les planètes !

Une liste des variétés plantées peut donner une idée de la diversité de la gamme dont malheureusement je n’ai pu en déguster qu’un petit fragment : Chardonnay, Sauvignon Blanc, Sémillon, Viognier, Pinot Gris, Gewürztraminer, Riesling, Marsanne, Rousanne, Grüner Veltliner, Verdelho, Arneis et Muscat Ottonel pour les blancs ; Pinot Noir, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Merlot, Nebbiolo, Barbera, Lagrein, Montepulciano, Tempranillo, Zweigelt, St. Laurent et Saperavi  pour le rouges. Tous ne sont pas produits dans des vins mono-cépages, ni tous les ans, j’imagine, mais quelle palette !

Les vins dégustés, dans l’ordre de la dégustation

(Je pense que j’aurai agi un peu autrement sur le plan de l’ordre, mais je le respecte ici).

Hans, Sauvignon Blanc 2013

Issu de vendanges manuels, avec une macération à froid pendant 3 ou 4 jours. Après pressurage douce, le jus est entonné en demi-muids de 500 litres de chêne français dont 25% sont neufs. Le vin passe 18 mois dans ces contenants. Il est assemblé en incorporant 15% de Sémillon. (prix : 39 euros)

La robe est très intense et le nez aussi : grande complexité avec une large gamme de fruits sans que cela soit très typé sauvignon selon les standards NZ (peu ou pas d’arômes marqué par des thiols). Magnifique texture, suave mais avec ce qu’il faut de grain fournie par une belle acidité parfaitement intégrée dans le corps du vin. Je pense qu’il s’agit d’un des meilleurs Sauvignon Blancs que j’ai dégusté récemment, avec le Alte Reben de Neumeister en Styrie (Autriche).

Hans Viognier 2014

Ce vin m’a surpris par son extrême délicatesse. Je ne suis pas un fanatique des vins de ce cépage d’une manière générale car je les trouve souvent lourds, manquants de vivacité et avec des arômes un peu vulgaires, trop envahissants (exception faite des meilleurs vins de Condrieu, bien entendu, et de quelques autres). Ce n’est pas le cas ici avec ce vin délicat, certes aromatique mais avec une jolie texture et une bonne dose de fraîcheur. Je l’aurai servi avant le Sauvignon.

Hans Pinot Gris 2015

Fermenté dans des cuves en inox, sauf pour 20% de l’assemblage finale qui a passé 15 mois dans des demi-muids.

On oublie parfois que le Pinot Gris est un Pinot Noir qui a légèrement muté, mais qui conservé une peau assez colorée. Ce vin avait une robe d’un ton rose/orangé, ce qui est naturel après une macération pré-fermentaire d’une paire de jours. Mais il n’était pas du tout oxydatif, et donc ne pouvant concourir dans ce segment à la mode des vins dits « orange ». Sa texture très légèrement tannique/ferme doit venir de cette phase de macération, mais le vin est autrement assez délicat et frais, sans trace de la lourdeur qui guette parfois des vins secs de ce cépage. Ce n’était pas mon vin préféré de cette dégustation et je l’aurai aussi servi avec le Sauvignon.

Hans Zweigelt 2013

Ce cépage d’origine autrichienne est un croisement volontaire entre le St. Laurent et le Blaufränkisch, réalisé par le nommé Zweigelt vers 1922. Parmi ses ancêtres, on trouve le Pinot et le Gouais Blanc (ce dernier est parfois qualifié de « Casanova des vignes » à cause de sa nombreuse progéniture, dont le Chardonnay). Ce vin a été élevé en barriques pendant 24 mois (prix : environ 45 euros)

Belle robe, et nez à la fois fin et puissant de fruits noirs avec un léger accent épicé. Très belle complexité en bouche et superbe texture qui le fait flotter sur la langue comme une caresse. J’ai beaucoup aimé son équilibre toute en finesse et la qualité de son fruit dont l’expression est limpide. Le bois est totalement assimilé et personne ne pourrait soupçonner ce mode d’élevage à part par la finesse du toucher de vin. Suave et frais à la fois, on ne sent pas du tout son alcool qui est annoncé à 14%.

Hans Spirit of Marlborough 2006

Un assemblage médocain, élevé pendant 24 mois en barrique (prix 35 euros)

Le nez semble très marqué par le constituant cabernet dans l’assemblage, avec des arômes complexes qui font penser d’abord à un crayon qu’on affûte, puis à de la cerise noire, puis à la prune et au pruneau qui arrivent ensuite par le Merlot. Les tanins de ce vin structuré sont croquants et assez sinueux et se combinent avec un fruité qui garde plein de fraîcheur pour me donner une sensation qui se situe à mi-chemin entre le bordelais et le Piemont. Cette austérité et une texture un peu granuleuse, malgré plus de 10 ans, serait mon seul reproche à ce vin plein de caractère.

 

Maintenant devinez quels sont les deux vins que j’ai acheté suite à cette belle dégustation, bien conduite par Thérèse Herzog, en présence de Hans qui n’aime pas beaucoup parler de ses vins, estimant qu’ils parlent assez par eux-mêmes… Et il a raison.

 

David