Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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The monumental Oxford Companion to Wine – editor: Jancis Robinson MW + Hervé born again!

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Jancis Robinson MW (editor) and Julia Harding MW (assistant editor): Oxford Companion to Wine – 4th edition, OUP, £40, 860 pages, hbk (publication date: 17th September 2015)

Here is the 4th edition of this remarkable work of wine scholarship.  Jancis explains in her preface that this revision has been the most ‘thorough’ with ‘every single entry has been subjected to intense scrutiny’. This new edition has 300 new entries out of a total of 4.104 – the third edition had 3930 entries.

She notes that ‘Throughout the wine world, the emphasis continues to shift from ‘making’ to ‘growing’ wine, just as we are seeing a step change in the style of wine to which thoughtful producers aspire. In terms of wine structure and alcohol levels, big is no longer as beautiful as it was at the end of the last century. And the range of grape varieties harnessed for serious commercial wine production is wider than it has been for decades. ‘

‘Because the Companion was already very long and heavy (a common complaint which has inspired the publication of a digital version of this fourth edition), our esteemed publishers Oxford University Press were extremely strict with us about the total length of this new edition, which is less than 4% longer than the third edition in terms of the total number of words.’

It is interesting and obviously sensible that there is a digital version of this monumental reference book, whose printed version weighs in at 2.88 kilos. The Companion to Wine was first published in 1994 when printed books were king, kindle meant to start a fire and ‘ebooks’ would have been a ham actor attempting a Yorkshire accent.

I fancy that if the digital version is well publicized it may well out-sell the printed book on the grounds of practicality. The weight of the printed book means that it will stay in one place whereas the digital OCW can be at hand all the time. Add to this the ease of linking and connecting entries with each other and the advantages of the eOCW are clear.

Yet it is good to see that printed books continue to survive. There is something about owning and touching a book in comparison to an ebook even if it may be more practical. More cynically you can also show that you own a copy by displaying the tome on a coffee table or desk.

The list of contributors runs to eight pages with an additional 50 for this new edition. The following from the Circle of Wine Writers have contributed to The Companion to Wine: Tony Aspler, Nicolas Belfrage MW, Beverley Blanning MW, Michael Broadbent MW, Stephen Brook, Bob Campbell MW, Steve Charters MW, Nicholas Faith, Christopher Fielden, Michael Fridjhon, Rosemary George MW, Caroline Gilby MW, Lisa Shara Hall, James Halliday, Hugh Johnson, Michael Karam, Wink Lorch, Richard Mayson, late Edmund Penning-Rowsell, Michael Schuster, Stephen Skelton MW, Joelle Thomson, late Pamela Vandyke Price and José Vouillamoz.

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Hervé judging Crémants May 2015

Hervé judging Crémants May 2015

2015 Born Digital Awards – Hervé Lalau on judging panel
Good to see that the 2015 Born Digital Awards have appointed my fellow Les 5 blogger Hervé Lalau to this year’s line up of judges for the resurrected Born Digital Awards to add gravitas to an already distinguished panel. Hervé’s fellow multi-national panelists are Richard Siddle (chair), Sarah Abbott MW, Pedro Ballesteros MW – Spain’s first MW, Willi Klinger, Elin McCoy and André Ribeirinho.

The Born Digital Awards are intended to recognise and reward work that was first published on-line. They started in 2011 and also ran in 2012. Then there was a two year gap before they were relaunched this year. Entries have to have been originally been published online between 1st January 2014 and 30 June 2015. The closing date for entries is 10th August 2015.

Unlike the Anglophone Louis Roederer Awards the Born Digital Awards accepts submissions in French, German, Italian, Portuguese and Spanish as well as English. Furthermore happily it is not sponsored by a Champagne company. Roederer’s involvement in writing/photographic awards is mildly ironic given Champagne’s relentless and shocking pursuit of Jayne Powell (aka Champagne Jayne) through the Australian courts).

 

Hervé judging a strawberry tartlet May 2015

Hervé judging a strawberry tartlet May 2015

   Broadstairss


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Rencontre de vigneron : Julien Ilbert, Domaine Combel-la-Serre, Cahors

Il est des choses que se font assez naturellement. D’autres qu’il faut construire avec une certaine patience. Ma rencontre avec Julien Ilbert fait partie décidemment de la première catégorie. Pour commencer, j’ai du bien déguster un ou deux de ses vins dans une récente dégustation à l’aveugle des vins de Cahors, dont j’ai parlé sur ce blog. Car je pense beaucoup de bien de la nouvelle génération des producteurs à Cahors, qu’ils soient connus ou pas, qu’ils soient « gros » ou « petits ». Car ni la renommé, ni la taille d’une unité de production de vin est en lien directe avec sa qualité.

IMG_6867souvenir de la rencontre à Vinexpo : Julien Ilbert est à droite, Philippe Fezas à gauche

 

Mais revenons à Julien Ilbert et aux vins qu’il élabore avec son père sur la propriété familiale dont la base se trouve dans le hameau de Cournou sur le plateau du causse, au sud du Lot et dans un triangle formé par Cahors, Luzech et Sauzet. J’ai fait l’écho récemment à une rencontre heureuse avec lui est ses vins à Vinexpo, où je l’ai trouvé par hasard sur un stand qu’il partageait avec Philippe Fezas, du Domaine Chiroulet en Gascogne. Ses vins m’ont tellement emballé que je me suis promis d’aller lui rendre visite à la prochaine occasion. Etant provisoirement gascon pour un mois et un peu, c’est maintenant chose faite.

La famille Ilbert est installé sur ces terres depuis le début du 20ème siècle et leur histoire viticole doit ressembler celle de milliers d’autres familles paysannes : agriculture mixte pendant longtemps et raisins portés à la cave coopérative jusqu’en 1998. C’est le moment où le père de Julien décide de quitter la cave et de vinifier ses propres vins. Cinq ans plus tard son fils le rejoint sur le domaine (le millésime 2003 ne devait pas constituer des débuts les plus aisés !). Le domaine est divisé en deux parties qui sont le résultat d’apports familiaux passés, et ils forment un ensemble d’une vingtaine d’hectares. S’il reste un peu de merlot que Julien vend en vrac et va arracher progressivement, l’essentiel du vignoble est planté de malbec. Mais il y a aussi une petite nouveauté, qui rentrera en production cette année pour la première fois, avec un hectare de vermentino dont les belles grappes saines laissent présager de beaux espoirs si le dieu de la pluie voudrait bien se donner une peu de peine prochainement. Oui, vous l’avez deviné, Julien n’est pas exactement un traditionaliste figé.

IMG_6959_2Il y a bien des grappes saines sur ses plants de malbec, mais Julien a besoin de pluie bientôt

 

La gamme de Combel la Serre et sa présentation sont le juste reflet de l’esprit curieux, chercheur et un brin provocateur de Julien. En cela il est ben servi par les étiquettes et textes conçues par Vincent Pousson qui relate avec justesse et humour des histoires vrais et des attributions utiles autour de chaque vin. Cette gamme d’ailleurs n’a pas fini d’évoluer, car le produit haut de gamme actuel, nommé un peu banalement Elite, va se subdiviser prochainement en deux cuvées parcellaires. C’est à la mode, et je n’en pense pas nécessairement du bien, mais voyons les résultats. Et tout cas la gamme est non seulement cohérente, elle est aussi pleine de ressources et possède des vins de fort caractère qui savent bien se différencier entre eux. Attention juste à ne pas trop les multiplier.

IMG_6864La gamme de Combel-la-Serre telle qu’elle apparaîtra bientôt, toute en flacons bourguignons, encore une originalité

 

L’arrivée à la propriété n’est pas faite pour vous impressionner : des bâtiments encore en parpaings ou en briques crus, sans enduit ni vieilles pierres, au bord de la route en sortie du hameau. C’est juste fonctionnel mais on attendra pour l’harmonie avec le paysage lotois ! Je me suis dis que l’essentiel doit se trouver dans la vigne et à l’intérieur. Et c’est vrai, car tout y est propre : dans les vignes par le truchement de beaucoup de travail (et que Julien justement fait visiter en premier lieu), aussi bien au sol que sur la végétation, puis dans le chai qui est équipé d’une manière simple mais fonctionnelle avec cuves en inox et en béton, puis un chai à barrique pour les cuvées nécessitant un élevage plus long et oxydatif. L’attention au détail dans ce chai passe par des contenants variables entre les barriques et les 500 litres, mais avec aussi des contenants du tonnelier autrichien Stockinger, connus pour leur impact faible et doux sur les vins. Dans les vignes, pas de trace de désherbant, Ilbert travaillant en mode biologique. Mais c’est propre, la nature est bien surveillée ici !

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Les parcelles se situent toutes à des altitudes proches sur cette causse (entre 250 et 300 mètres, au pif). Ils ont des expositions variables et des sols qui sont essentiellement très calcaires mais avec des parts plus ou mois importantes d’argile, de fer et même, à un endroit, de galets, comme si le Lot a fait un méga-cru une année il y a bien longtemps. Une parcelle proche de la maison, nommé « La Vigne derrière chez Carbo » (les voisins se nomment Carbo) produit un des vins les plus originaux de la gamme des Ilbert. Son malbec est vinifié en macération carbonique (technique qui me déçoit souvent mais pas ici), ce qui lui fait perdre l’appellation Cahors mais qui produit un délicieux vin de soif comme on aimerait en rencontrer plus souvent, surtout par ces temps chauds. Le Carbo 2014, Côtes du Lot (8,50 euros) est presque le vin rouge parfait d’un été, en tout cas j’ai déjà éclusé la moitié du carton que j’ai acheté et il va falloir y retourner ! Une délice de fruits frais, fin et léger avec ses 12° d’alcool, très gourmand et parfaitement digeste.

IMG_6973_2Image prise dans ma cuisine : cet été j’ai besoin de vins comme le « Carbo » de Julien Ilbert !

 

Le rosé est tout aussi original, même si je trouve son acidité un poil agressif en ce moment. Je crois que je vais le laisser 6 mois à un an pour voir. Ce pur malbec porte le nom aussi original que compliqué de « L’Epatant Antidote à la Chaleur de Causse ». Refusé à l’agrément des vins IGT pour motif de réduction sévère (que je n’ai pas trouvé sur les bouteilles dégustées) il est donc vendu en Vin de France à 5,80 euros. Nez de cerise, de kirsch et de framboise, très vif et bien fruité, sa couleur profonde et son élevage sur lie lui donnent beaucoup de caractère et le destine en priorité aux repas. On est (heureusement) très loin de ces rosés dites « de piscine », qui doivent être faits pour remplir des piscines et non des gosiers.

Ensuite la gamme des Cahors plus classiques se décline en trois volumes : Pur Fruit 2012 (7,20 euros), Château 2011 (10,20) et Elite 2011 (dont j’ai oublié le prix). Les millésimes suivants seront mis en bouteille le mois prochain. Le Pur Fruit porte bien son nom : une délice fruité, bien équilibré, prunelle et cerise amer. Jamais dans la passé on ne trouvait des cahors comme cela ! Le vin dit « Château » a autant de fraîcheur mais plus de tannins, qui restent parfaitement au service de l’ensemble sans le dominer. Une très belle structure affinée. La cuvée Elite est bien plus suave et intense. Son élevage est réussite et s’intègre bien dans la masse mais il aura encore besoin d’un an ou deux en bouteille.

 

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Une rencontre qui en appelle d’autres j’espère. Julien Ilbert fait partie de ces jeunes vignerons qui donnent de l’espoir et de l’envie autour d’eux. Ils ne roulent pas sur l’or et mettent toute leur énergie et leurs moyens dans l’essentiel : leur vigne et la vinification de leurs vins. Ils travaillent dur, n’ont pas la grosse tête ni vous servent un bla-bla inutile et prétentieux : leur abord est aussi facile que leurs vins parlent avec spontanéité et sincérité. Et, dans ce cas, avec une bonne dose de créativité aussi. Oui, c’est l’homme qui fait le vin, même si le terroir fournit inévitablement le cadre.

 

David Cobbold


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Oz Clarke: The History of Wine in 100 Bottles

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Oz Clarke: The History of Wine in 100 Bottles, Pavilion, £20, 224 pages, hbk

I confess that when, on a casual glance, I saw 100 bottles in the book’s title my heart sank. Not yet another book on 100 wines to drink before you die or head off to the supermarket etc.

Of course, I should have known that Oz Clarke wouldn’t produce something so naff. No The History of Wine in 100 Bottles is a genuinely innovative book, which also has popular appeal, not easy in subject like wine, which has been so extensively mined. This is a fine episodic survey of wine’s history as Oz explains:

‘So I suppose it is a history of wine, but I unapologetically admit that it is my version of history – it’s the events and the people that I find interesting or amusing or both. There may be bottles missing that you would have included – I freely accept that. To be honest, I could probably have written the history of wine in 200 bottles, had my editor not had the wisdom to say enough’s enough; and even then, I might have missed a few gems. And it isn’t just the big moments in wine that I celebrate – it’s also the eccentric, the bombastic, the mundane.

Do you really think it is important to celebrate the first White Zinfandel, the first Liebfraumilch, or the first ‘bag-in-box’? Well, actually, yes I do. Such events are of massive importance in the spreading of our wine culture all around the world.’

Oz starts from where wine began (6000BC), which for the sake of the book he credits to Georgia because ‘it’s just that of all the potential, Georgia has preserved and cherished a wine culture more closely linked to its past than any of the other countries.’

The History ends in 2014 with Fraud and the conviction of Rudy Kurniawan for counterfeiting large quantities of fine wine. In between the two Oz includes a host of different historical highlights including Wine in Legend and Myth (c 2350 BC), Egypt (1480-1300 BC), Rome (300BC – 200 AD), Pompeii (79 AD), The Birth of Claret (1154-1453), Tokaji (1571), The New ‘English’ Glass Bottle (1632), Corkscrews (1681), Barolo (1843), Louis Pasteur (1860), Phylloxera (1863), Beaulieu Cabernet Sauvignon (1936), Mateus (1942), Grange Hermitage (1951), A Future without Glass (1963), Bag in Box (1965), Michael Broadbent at Christie’s (1966), Retsina (1970s), White Zinfandel (1975), Parker Points (1978), Varietal Labelling (1980s), Central Otago – Furthest South (1987) and Natural Wine (2000s).

The History of Wine in 100 Bottles is Oz at his engaging best.

Oz Clarke

Oz Clarke


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Vin et chocolat: un chantier en cours

Une phrase dans un livre de Joanna Simon, Wine and Food, dit ceci : «La mort par le chocolat est une manière courante de tuer les vins». Voila qui m’a fait réfléchir.

Si c’est souvent le cas,  je pense que le propos demande à être copieusement nuancé: on peut aussi trouver des accords magnifiques entre certains vins (ou produits à base de vin, distillés ou pas) et certains types de chocolat. Car, bien entendu, pas plus qu’il n’existe un seul type de chocolat, il n’y a pas qu’un seul type de vin. Et les combinaisons sont multiples. Alors l’affaire devient très vite assez complexe, semée d’embûches et sujet, comme dans toute affaire d’accords entre mets et vin, à des préférences individuelles qui modifient en permanence la donne.

Style: "P25"

Il est vrai que le moment de manger du chocolat arrive souvent à la fin d’un repas. Le palais est déjà pas mal saturé et l’estomac plein. Ce n’est donc pas le moment idéal pour un accord soigné. Puis les préparations à base de chocolat qui sont servies en dessert compliquent singulièrement les choses. Un morceau de chocolat noir, avec 70% de cacao ou plus est un mets assez simple: dense, massif, amer et peu sucré. Il s’accorde parfaitement avec des vins rouges tanniques ou des vins mutés ayant aussi une certaine structure tannique, un peu ou beaucoup de fruit, ainsi que du sucre résiduel. Mais le chocolat est rarement donné à manger comme cela à table. Il faut donc pas mal expérimenter et trouver des pistes d’accords possibles qui peuvent guider les consommateurs vers plus de plaisir.

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C’est ce que je tente, très modestement et en tâtonnant, de faire en ce moment en menant une série de dégustations avec une spécialiste du chocolat, une « chocologue », comme on entend parfois (même si je n’aime pas trop le terme). Celle-ci a pour nom Victoire Finaz (photo ci- dessus). Elle apporte les chocolats, dont des préparations de sa facture, et moi les vins. Le but de nos travaux en cours est d’essayer de poser de grandes typologies d’accords, selon le type de chocolat: plus ou moins noir, plus ou moins lacté, mais aussi avec l’incorporation de différents adjuvants comme les ganaches ou les pralinés. Ce n’est qu’un début et l’affaire est déjà assez complexe, je trouve.

Au bout de deux séances, quelques lignes semblent se dessiner, que je vais tenter d’esquisser ici.

1) Le chocolat blanc (qui n’est pas vraiment du chocolat, je crois, pour les puristes) est trop sucré pour la plupart des vins.  Je pense qu’il faut nécessairement monter plus haut dans la sucrosité du vin pour la calmer, sinon il colmate tout avec son sucre gluant. Mais c’est un produit qui me motive peu.

2) Le Champagne brut ne marche pas du tout avec le chocolat, malgré ce que je peux lire de temps en temps sur des brochures promotionnelles de certains producteurs de ce type de vin. En tout cas pas avec celui que j’ai essayé. Son acidité fait clash avec le chocolat et il n’a pas le corps assez solide pour lutter.

3) Comme je l’ai mentionné ci-dessus, un vin rouge tannique et un chocolat noir à plus de 70% de cacao forment un excellent accord. Comme ce type de chocolat est peu ou pas sucré, l’absence de sucre dans le vin n’est pas gênant et les tannins sont bien amadoués par la texture du chocolat qui leur sert d’amortisseur. Le vin essayé venait du Languedoc: il s’agissait d’un Prieuré Saint Jean de Bébian jeune, qui allait à merveille avec un chocolat à 100% de cacao.

4) On peut oser des produits insolites aux goûts forts avec le chocolat. Par exemple un excellent retsina (de Gaia) et un très bon vermouth ont fait merveille sur des noirs à 75% mais aussi sur des lactés à 55% et des fourrés aux agrumes.

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5) Le bon plan « sécurité » se trouve du côté des vins mutés, et plus généralement les mutés doux. Ils peuvent être oxydatifs ou rouges, mais plus la part de cacao est forte, plus il vaut mieux aller vers des mutés rouges et donc un peu tanniques. Ces vins là, de Rivesaltes, Maury, Banyuls, Xérès, Porto, Madère, Marsala ou d’ailleurs nous ont procuré une belle série d’accords magnifiques qui amplifiaient aussi bien le parfums du chocolat que ceux du vin.

6) Je pense qu’il y a d’excellents accords à trouver aussi du côté de certains alcools et liqueurs, mais je ne les ai pas encore essayés.

Affaire à suivre… et quand on voit l’engouement actuel pour le chocolat, on se dit qu’il y a là une bonne piste pour faire mieux aimer (et boire) les vins doux.

David Cobbold

 

 


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Eat’in and drink’in Lisbon

sushic restaurant on the south side of Lisbon

sushic restaurant on the south side of Lisbon

Amazing fusion sushi @sushic

Amazing fusion sushi @sushic

One of the many things that make Lisbon such a great city is quality of the food – both buying from markets if you are self-catering and from the multitude of restaurants and bars. Fish – fresh or salted, especially cod – and shellfish take pride of place here. Furthermore there is often a good selection of wine with many bottles listed at reasonable prices.

There are a huge number of places to eat in Lisbon – it would, at best, take years to try them all and may well be an impossible task. Here are a few favourites:

sushic – fusion sushi
I first tried the wonderful sushi from sushic at the summer edition of the Adegga Wine Market in Lisbon on Saturday 4th July, where their sushi was paired with top Portuguese wines in the Adegga Premium Room.

Delicious oyster tempura

Delicious oyster tempura

I was so impressed that we took the ferry across the Tagus on Thursday evening a full sushi experience. sushic is housed in the ground floor of the Mercure Hotel in Almada, a southern suburb of Lisbon which tends to be viewed as less fashionable and smart than Lisbon north bank.  Our meal didn’t disappoint nor did the wine list, full of interesting wines mainly Portuguese but also some from outside including New Zealand. Importantly the wines are fairly priced with many bottles between 15€ and 30€.

Salmon

Salmon

sushic, 1 Rua Abel Salazar No9 – 9A, 2805-213, Almada. Tel: 211 911 965

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Sea Me

Sea Me – interior

Sea Me – interior

Choose your fish from the counter by the open plan kitchen

Choose your fish from the counter by the open plan kitchen

Sea Me is a shiny, buzzy, modern seafood and fish restaurant close to the Largo de Camões. It is very popular and even if you have booked a table you may well have to wait a while at the busiest times. You can choose your fish and shellfish from a cooled counter by the open plan kitchen. Sea Me offers a range of dishes both traditional grilled fish but also innovative sushi like their delicious tempura prawns in a light batter with thin almond chips attached as well as blow torched sardines.

Tempura prawns with almond chips

Tempura prawns with almond chips

Blow torched sardines.

Blow torched sardines.

The wine list is extensive with a particularly strong selection of Portuguese whites again at reasonable prices.

Sea Me, Rua do Loreto 21, 1200 Lisboa. Tel: 21.346.1564

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Garrafeira Alfaia

Garrafeira Alfaia

2014 Nossa Filipa Pato  100% Bical.

2013 Nossa Calcario Filipa Pato 100% Bical.

Garrafeira Alfaia is a small, friendly wine bar and shop run by Pedro Jorge in one of the narrow streets of the Barrio Alta. You can rely up Pedro to choose something good to drink. One white you should certainly try is the 2013 Nossa Calcario from Filipa Pato, an excellent winemaker and daughter of the renowned Luis Pato. This white is beautifully balanced. It is just unfortunate that Filipa has chosen for no good reason as far as I can see to use a wax capsule that makes opening the bottle a pain in the arse.

You can chose from a selection of Peticos – small dishes generally a little larger than tapas but very similar in conception. Pedro has very good ham and the game sausage. if you require some more substantial dishes you can eat just across the road at the restaurant that is also owned by Pedro.

To finish you may well find that Pedro can offer you a decidedly interesting aged white Port. Garrafeira Alfaia is an ideal venue for a soirée de la modération.

Garrafeira Alfaia, Rua do Diário de Notícias, 125 Barrio Alto, Lisboa Tel +351 213 433 079

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Brief details of another couple of other favourites
Taberna das Flores – a brilliant very small restaurant run by André Magalhães. You can’t book and queues form early on in the evening but well worth the wait.
Rua. de Santa Marta 27E, Lisboa, Portugal
+351 21 352 1816

André Magalhães

André Magalhães

Restaurante Casa dos Passarinhos
This is a popular and very good value restaurant on the eastern edge of the Campo d’Ourique. Brilliant value – turbot for two costs around 25€. Win per bottle from 5€ – the week’s specials.
R. Silva Carvalho 195, 1250 Lisboa, Portugal, Phone: 21 386 2346

jimeos1s

 


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Retour sur le sens du terroir

Je sais bien que nous avons souvent évoqué ce mot un peu bizarre et dont les définitions varient presque autant que interprétations de n’importe quel livre ancien, dit « saint ». Mais, vu la régularité avec laquelle ce terme, dans toutes ses différentes acceptions, est cité dans les textes et paroles liés au vin, j’estime que cela vaut largement la peine d’y revenir une fois de plus, d’autant plus que je pense avoir compris quelque chose grâce à l’éclairage porté récemment par Alex Hunt dans un très bon article paru sur le site de Jancis Robinson; Je dois avouer ne pas souvent lire des articles sur ce site, mais cela m’est arrivé la semaine dernière, un peu par chance. Le hasard fait parfois bien les choses car non seulement je me trouvais en parfait accord avec l’hypothèse avancé par Hunt, mais son article a aussi éclairé des choses que je ressens depuis pas mal de temps en dégustant certains vins.

Comment peut-on expliquer la modification dans les styles de bon nombre de vins de régions dont on pensait avoir cerné, peu ou prou, le soi-disant « typicité » (mot que je déteste et que j’ai banni de mon vocabulaire) ? Des exemples ? En voici : avec l’arrivée de RP et le marché nouveau qu’il a crée à partir des USA, de Michel Rolland et de quelques autres faiseurs de vin, le style des vins de la rive droite, et particulièrement de Saint Emilion, a évolué du relativement austère au totalement plantureux. Est-ce que le terroir à changé ? Ou les cépages ? Un autre cas est celui de bon nombre de chardonnays d’Australie. Je me souviens d’une époque pas très ancienne ou la plupart des ces vins étaient jaune intense en couleur, puissant en alcool, riche en saveurs et copieusement boisés. La majorité de ceux que je déguste aujourd’hui sont clairs en couleur, aux arômes vifs, presque agressivement tendus par leur acidité : en un mot austères comme des chablis ! Un exemple dégusté tout récemment : le Chardonnay M3 de Shaw & Smith, pourtant issu d’Adelaide Hills qui n’est pas exactement une région dôtée d’un climat frais ! Et si on retourne à mon premier exemple, une deuxième vague de changement est en cours sur la rive droite bordelaise. Dégustez un récent millésime de Château Laroze, par exemple : il a beaucoup de vivacité, un degré d’alcool raisonnable, un fruité clair et précis et laisse très peu d’impression de boisage. La pendule revient, pas exactement au même endroit, mais opérant un retour par rapport à certains excès d’un passé récent.

La conclusion qu’Alex Hunt tire ce ces revirements stylistiques, et avec d’autres exemples encore, est à mon avis très éclairant sur la part du terroir dans le style d’un vin. Son article s’intitule « Rebellion and the meaning of terroir », et sa thèse dit qu’il faut de la rébellion contre les doxas d’une époque donnée afin de donner vie à la production du vin.  Sans cela, nous serons en stagnation, comme lorsqu’un seul style domine la production d’une région pendant trop longtemps. Il souligne aussi que nous (les journalistes et autres prescripteurs) ont trop souvent tendance a attribuer les éléments de ce style au terroir de la région en question. Comme Hunt, j’ai entendu maintes fois qu’un meursault et riche et beurré, tandis qu’un puligny serait plus tendu et vif. Mais, encore comme lui, j’ai très souvent constaté que ces modèles censés être « typiques » ne correpondent pas si souvent à la réalité. Goutez les meursault actuels de Roulot, de Coche Dury, de Pierre Morey, de Bouchard Père et Fils (ou de plein d’autres) et dites-moi si ces vins-là vous semblent réellement « riches et beurrés ».  Lafon, oui, et peut-être quelques autres, mais on ne peut vraiment pas associer ce style particulier au terroir de Meursault.

Hunt dit alors que l’origine de ce caractère locale est culturelle et non pas « naturelle » (ou du au terroir si vous préférez). Ce sont les gens qui font le vin est qui déterminent, en bonne partie, son style. Cela ne nie pas l’influence du terroir, mais la relativise un peu. Comme la culture locale est facultative et variable dans le temps (et je rajouterais qu’elle est aussi individuelle), le terroir joue les fonds de scène, donnant un certain spectre de possibilités, disons la langue d’un vin, mais sans en déterminer l’accent. L’accent est donné par l’homme. Ensuite les nuances extrêmes, disons les intonations et inflexions, peuvent de nouveau être donnés par le terroir lorsqu’il s’agit d’un même producteur et un cépage identique dans une année donnée. L’argument est d’Alex Hunt, mais l’analogie est mon invention.

Il dit aussi que cela ne nous aide pas à comprendre le rôle réel du terroir que d’inclure l’homme et ses pratiques dans la définition du concept. Nous sommes d’accord que l’influence de l’homme, avec ses idées, ses actions et ses outils, sur un vin est largement aussi important que le rôle du sol, du drainage, de l’exposition, de l’altitude, du climat etc. Mais si on inclut ce vaste ensemble sous un même mot, « terroir », le terme devient si flou et si variable qu’il perd toute utilité et son vrai sens. Je suis entièrement en accord avec cela aussi. Hunt a trouvé une très bonne voie pour expliquer la complexité des interactions en l’homme, ses goûts et ses impératifs commerciaux (encore une piste utile pour comprendre les modifications successives des styles), et le rôle de la nature dans ce contexte particulier qui est celui d’un vin faisant référence à un lieu déterminé. Merci à lui, et, si vous voulez lire son article (en anglais) voici le lien.

http://www.jancisrobinson.com/articles/rebellion-and-the-meaning-of-terroir

 

PS. Je vous signale que l’Angleterre a battu l’Australie dans le premier Test Match de la série de 5 matchs qui comptent pour la trophée « The Ashes », mais de cela vous vous en foutez pas mal !

 

David Cobbold

 

 

 

de Shaw & Smith, ppourtant


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Soif d’Ailleurs

Le goût d’un ailleurs, ou des ailleurs, est un trait commun à bon nombre d’amateurs de vin. Qui voudrait ne boire que des vins de Bourgogne, du Languedoc, ou de Bordeaux pendant toute sa vie ? Mais les cavistes français qui permettent d’apaiser temporairement une telle soif, une telle curiosité des autres, ne sont pas légion. Oui, à Paris, il y a le pionnier Lavinia, mais ses prix peuvent former une barrière pour certains, même si la sélection est de qualité. Ailleurs, ici et là, des cavistes à l’esprit ouvert et qui possèdent un rayon des vins qui sortent un peu de l’Hexagone existent, et heureusement. Mais une boutique qui vend exclusivement des vins d’autres pays que la France, ce doit être à peu près unique.

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Soif d’Ailleurs est le nom bien à-propos de cet établissement. Il existe depuis un an dans une petite rue du 3ème arrondissement de Paris : au 38 Rue Pastourelle pour être précis. Le fondateur, Mathieu Wehrung, ne vient pas de la filière vin car il était auparavant directeur de la trésorerie chez Europcar. La façade extérieure de la boutique ne vous donne pas immédiatement une idée des trésors qui vous attendent dedans : une vitrine discrète, des tons sobres, une façade étroite. Mais, une fois à l’intérieur, tout devient lumineux : les bouteilles bien exposés sur des étagères en bois ou sur un mur translucide, une machine qui conserve les bouteilles en dégustation, et une grande salle très claire au fond avec tables et bancs qui accueillent séances de dégustation et soirées pour groupes avec un bar fermant un des côtés. C’est beau et c’est très bien pensé.

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La fiche du produit Soif d’Ailleurs est assez éloquente : 450 références, issues de 41 pays et de 156 cépages différents. Bien entendu, les principaux pays producteurs (hors France) sont représentés, mais aussi des plus rares, comme le Japon, La Chine, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne. En un an s’existence la petite équipe de Mathieu Wehrung a vendu 14,000 bouteilles. Leur plus grosse vente ? Vous allez me dire qu’il doit s’agir d’un Sauvignon de Nouvelle Zélande, d’un Chenin d’Afrique du Sud ou d’un Rioja, peut-être ? Non, il s’agit d’un effervescent de Brazil signé Miollo et dont les ventes  dans la boutique totalisent plus de 4.600 bouteilles à ce jour. La deuxième vente est un vin de Croatie et le troisième un Alvarinho du Portugal.

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Mathieu confirme le dicton «on vend bien ce qu’on aime», mais il fait découvrir tous ses vins à tour de rôle en se servant de deux appareils Enomatic qui lui permettent de proposer à une clientèle curieuse mais indécise de petits verres d’une sélection de 8 vins rouges et 8 vins blancs qui tournent en permanence.  Cet outil l’aide à mieux cerner le goût de ses clients et à les aider à sortir des sentiers battus. Parmi les références, la plupart très peu connues en France et souvent importés directement par lui, il y a aussi quelques grands classiques très connus, comme le Sauvignon Blanc de Cloudy Bay. Cela est du à la demande de sa clientèle. Mais la très grande majorité des vins que j’ai aperçu ici m’étaient inconnus.  Des dégustations thématiques en soirée aident à faire découvrir les vins d’un producteur ou d’un pays. Au cours des derniers mois, j’ai pu assister à une belle dégustation de vins croates et à une autre de vins japonais étonnants, organisée par un vigneron japonais ayant fait ses classes en Bourgogne mais qui travaille avec des variétés japonaises (le blanc Koshu et un hybride rouge, développé au Japon dans les années 1920, le Muscat Bailey A).

 

Un établissement comme Soif d’Ailleurs nous aide bien, nous professionnels du vin vivant heureux en France mais qui avons tant de mal à trouver autre chose que des vins français à déguster. Car si votre regard sur le monde dépasse les horizons immédiats, il faut bien réaliser que la France, grand producteur de vin certes, ne pèse que pour 17% dans la production mondiale et qu’il est essentiel de déguster les autres aussi régulièrement que possible. Pour un amateur, l’existence de tels cavistes, à l’esprit ouvert et preneurs de risques, constitue un terrain de découverte formidable et une amorce de voyages à venir, ou bien un rappel de parcours réalisés.

David Cobbold

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