Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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RAW 2015 – The artisan wine fair

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Consumer Sunday @ RAW – crowded with enthusiastic wine lovers.

Consumer Sunday @ RAW – crowded with enthusiastic wine lovers.

Sunday was the first of two days of RAW – the artisan wine fair run by Isabelle Legeron MW, one of the foremost advocates of the ‘natural wine’ movement. Whatever the polemics around ‘natural wine’ the 2015 edition of RAW was again hugely popular with consumers. Sunday is largely devoted to consumers, while Monday is reserved for the trade. By early afternoon there was a considerable queue of consumers waiting their turn to get in.

It was interesting tasting a number of white wines that had been fermented in amphores, especially when it was possible to compare the same wine made in a stainless steel vat. I found that the wine made in an amphore had tannins and structure and that are not normally associated with whites.

I’ll leave the polemics to others but I tasted good wines from Loire producers like Peter Hahn (Vouvray), Vincent Caillé, Clos de l’Elu, Domaine de Belle Vue (Jérôme Bretaudeau – Muscadet), Domaine de l’Ecu (Niger Van Herck – Muscadet), Domaine Saint Nicolas (Thierry Michon – Fiefs Vendéens), Château de Bois-Brinçon (Xavier Cailleau, Anjou), Domaine de Montcy (Laura Semeria – Cherverny/Cour-Cheverny), Bertrand & Lisse Jousset (Montlouis), Le Picatier (Christophe & Pialoux, (Vin de France from the Roannaise) and Vincent Caillé (Muscadet) plus Vincent’s joint venture (Vine Revival) with Christelle Guibert of Decanter magazine.

Christelle Guibert with the 2014 Terre de Gneiss

Christelle Guibert with the 2014 Terre de Gneiss

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Amy Lillard, La Gramière, Southern Rhône: demonstrating how relaxed and stress-free growing grapes and making wines is

Amy Lillard, La Gramière, Southern Rhône:
demonstrating how relaxed and stress-free
growing grapes and making wines is……

Ice cool

Ice cool

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It's all a question of balance....

It’s all a question of balance….


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Réflexion sur l’oxydation et les goûts

Je sais bien que la plupart des amateurs aiment leurs vins jeunes et pleins de saveurs intenses, généralement proches du fruit et associées à une sensation tannique plus ou moins intense dans le cas des vins rouges. Parfois, je pense qu’il est un peu dommage que nous soyons de moins en moins nombreux à apprécier, également ou à côté, une toute autre gamme de sensations gustatives et olfactives: celles produites dans un vin par un contact plus prolongé avec l’oxygène en dose raisonnable. Très régulièrement, je constate un rejet de ce style par des gens qui parlent immédiatement de vins « fatigués », « madérisés », voire de vins « morts » ou « foutus ». Mais devons-nous systématiquement qualifier ainsi tout vin dont l’oxydation est prononcée?

Pour commencer à répondre, je pense qu’il y a dans cette affaire une part culturelle importante ou, si vous préférez, des habitudes de consommation qui forment nos palais ou, du moins, notre attente d’un vin. Quelqu’un du Jura, par exemple, est souvent bien plus ouvert à de telles sensations par sa pratique régulière du Vin Jaune. Il en va de même d’un amateur de Fino et surtout des types les plus vieux de Xérès, secs ou un peu moins secs, (Amontillado, Oloroso ou Palo Cortado). Michel Smith, grand connaisseur de ces vins, pourra en témoigner. Les Xérès de type Manzanilla, Fino, et Amontillado ont constitué mes premiers vins d’apéritif quand j’étais adolescent et autorisé à goûter à ces choses-là par mon père qui fut, pendant toute sa carrière civile, un wine merchant en Angleterre. Cette gamme de saveurs peut donc déclencher une sorte de réflexe « prousto-madeleinien » pour moi.

IMG_6798La bouteille qui a déclenché cette réflexion, bue en grande partie par moi samedi soir

Mais quand un vin n’est pas volontairement destiné à développer ce type d’odeur et de saveurs, que se passe-t-il et comment le juger? La bouteille qui figure dans la photo ci-dessus m’a été servie par un ami (Christian) à qui je l’avais offerte il y a plus de 15 ans et qui l’avait manifestement un peu oubliée !  Grâce à un ami mutuel (Jean-Paul) qui n’était pas présent, mais qu’il faut remercier, il a pensé à me le proposer. Il s’agit d’un chardonnay de la Hunter Valley (Etat de New South Wales, en Australie) et du domaine Wyndham Estate, qui appartient maintenant à Pernod Ricard. Le millésime est 1986, donc le vin n’avait que 29 ans, ce qui n’a rien de très impressionnant à côté d’autres blancs que j’ai pu déguster, notamment en Bourgogne chez Bouchard Père et Fils.  Le niveau était bas (milieu d’épaule) et la couleur, comme on le devine vaguement sur la photo, d’un ton ambre accentué, voire carrément brun clair. Je l’ai ouvert avec précaution mais le bouchon ne s’est pas désintégré. Néanmoins je pense que ce bouchon n’avait pas totalement rempli sa fonction première : garder le liquide à l’intérieur du flacon et l’air à l’extérieur.

Nous étions six convives. Les cinq autres ont goûté poliment ce vin, poussés peut-être par une vague dose de curiosité, car j’avais raconté que ce domaine avait été fondé par un lointain ancêtre du côté maternel (le nom de jeune fille de ma mère est Wyndham), parti dans ce qui fut « les colonies » pour chercher ce qu’il ne trouvait pas en Angleterre. Mais j’ai remarqué que leurs verres ne se sont que rarement vidés ! Était-ce le phénomène proustien ou bien l’honneur que je voulais faire à cet ancêtre, mais j’ai trouvé que non seulement ce vin n’était pas « mort », mais qu’il était bon et intéressant. Certes l’oxydation était très prononcée, mais il y avait encore du corps et de la fraîcheur dans les saveurs. Le fruit était du type cuit/sec, pas du tout sucré mais un peu amer, ce qui convenait très bien avec les asperges. J’en ai même repris à la fin du dîner avec un cigare, et cela fonctionnait bien aussi, le goût de rancio accompagnant les sensations du fumé végétal et l’acidité souple allégeant le palais.

Je n’ai pas vraiment la réponse à ma question du début, mais je crois que nous pouvons juger ce type de vin comme n’importe lequel autre : c’est à dire sur son équilibre et sur la sensation de finesse qu’il dégage. Evidemment il faut accepter de changer de champ de référence, comme on le fait quand on doit juger un Vin Jaune par rapport à un autre vin du même type. J’ai une collection de millésimes du Vin de Voile de Robert Plageoles (Gaillac) et, un jour, j’aimerais beaucoup les partager avec d’autres amateurs de ce type si particulier de vin.

Parfois on me sert des vins blancs jeunes ayant une oxydation assez prononcée. Il s’agit, dans certains cas, de vins issus de ce mouvement curieux et anachronique qu’on appelle « vins naturels ». Mais cela peut aussi être des vins blancs (de Bourgogne ou d’ailleurs) ayant souffert du problème connu sous le terme « premox« , ou oxydation prématurée. Dans ce cas le jugement peut être négatif (mais ne l’est pas systématiquement) car pourquoi masquer le fruit d’un vin jeune par une déviation involontaire dû à une absence de savoir-faire en vinification ? Avant tout, de tels vins doivent raconter autre chose que les assauts de leur ennemi public no:1, l’oxygène.

David Cobbold

PS. Comme mon article de la semaine dernière, qui était une blague et une caricature volontaire (ce que certains ne semblent pas avoir compris !), disait du mal des vins de Bourgogne, je reproduis ci-dessous une photo prise lors de ce même dîner de samedi dernier d’un délicieux vin de Beaune apporté par un des convives. Ce vin n’avait rien de mince, ni ne manifestait une acidité agressive et ne puait pas du tout le fosse à purin ! Je ne connaissais pas ce producteur mais il me semble largement digne de notre intérêt. Et cela fait aussi du bien de voir des étiquettes de Bourgogne qui ne sont pas affreusement moches !

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UK: sparkling growth

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Some of my French friends have long expressed polite surprise that the UK produces any wine. Now the growth of English wine or more properly UK wine as it is also produced in Wales may demand their attention.

Of course they had a point. Although wine was made during the Roman times and continued to be made until the start of the First World War, production ceased between 1914 and the 1950s when vines were planted at Hambledon in 1952. Growth until recently has been very gradual – during the 1990s the UK had around 1000 acres (400 hectares) of vines. Only recently has the area planted started to really expand – over the past seven years the area has doubled to 2000 hectares (4900 acres). It is expected that a further 150-200 hectares will be planted this year. 2014 was a successful UK vintage setting a new production record of 6.3 million bottles up by 42% on 2013, which was also record breaking at 4.45 million bottles.

Putting these stats into comparison with most other wine producing countries this is still decidedly small beer. The appellations of Chablis cover 3218 hectares, while the combined exiles (Bourgueil, Fiefs Vendéens and Montlouis) from InterLoire total 2185 hectares. Slightly further New Zealand, still a relatively small world wine player, now has 35,733 hectares under vine up from 6110 as recently as 1995.

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Today was the annual London tasting for the English Wine Producers. Held in Westminster it attracted a big turnout of trade and press. Recently sparkling wines have come to dominate UK wine production with 66% of production. 10-15 years ago the limited production was dominated by still white, which now makes up only 24% of the total with red and rosé bringing up the rear on 10%.

There were 62 sparkling wines on the central tasting tables – an explosion on ten years ago when there would have been only a handful on show. A drop of course in comparison to that litigious méthode traditionnelle area of north east France. However, the UK producers do have the advantage of not having to cough up to pay for expensive lawyers hired to bully one of the region’s most ardent supporters.

@ChampagneGuruUK – if the CIVC are looking for more bad publicity ....

@ChampagneGuruUK – if the CIVC are looking for more bad publicity ….

Of the 62 sparkling wines all but seven used some or all of the traditional trio of varieties – Chardonnay, Pinot Meunier and Pinot Noir. However, one of my favourite fizzes was the stylish Camel Valley 2013 Annie’s Anniversary made from 100% Seyval Blanc.

I tasted around 30 of the 62 sparkling wines before palate fatigue set in. There is no doubt that overal the quality has improved very considerably. Inevitably given the rapid recent expansion there are considerable variations. I found that the most successful tended to be from the longest established producers such as Camel Valley and Ridgeview. You can expect to pay between £25-£30 for a good UK sparkling wine. Some are substantially north of £30 even up to £65 and it wasn’t always clear that the more expensive wines worth the additional cost.

It is exciting to see the UK wine industry finally recovering from the blow that King Henry VIII delivered when he abolished the English monasteries in 1536. It will be important that people don’t get carried away in the bubble and plant vines in unsuitable sites.

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JBGlassesss


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Gérard Bertrand, le livre et une nouvelle pyramide

On peut avancer sans trop se tromper que cette année 2015 sera l’année Gérard Bertrand. Rien de plus normal quand on sait que l’homme d’affaires – il préfère sans doute qu’on le qualifie de vigneron languedocien, ce qu’il est aussi, il est vrai, depuis sa naissance – a probablement lui-même programmé l’événement de longue-date en concertation avec les stratèges qui l’entourent, un peu à la manière de certains présidents de la République qui consultent les cartomanciennes avant de s’engager vers un nouveau cap. Après tout, l’homme a 50 ans, âge propice aux questions existentielles. Il possède une douzaine de propriétés, a tâté du sport à un niveau élevé, monté une marque de négoce qui fait briller son nom dans une centaine de pays et rend jaloux tous ses concurrents. Il a créé un festival de jazz à l’orée des vignes, ouvert un hôtel-restaurant et, pour couronner le tout, il vient de publier et de signer un livre autobiographique dans lequel il raconte son histoire d’amour avec le vin un peu comme une rock-star déroulant son errance entre sexe, drogue et rock n’roll. Sauf que chez Gérard Bertrand, les droits d’auteurs sont reversés à une ONG qui défend la planète. Sa route est tracée droite. Sa vie aussi qui se résume entre Corbières, amour paternel, rugby, amitié, vin, jazz et fidélité. Ce à quoi on pourrait rajouter quelques ingrédients tels que l’ambition, le succès, les projets, les achèvements et, au grand étonnement de beaucoup, la biodynamie qui, à terme, sera en application sur la totalité de ses domaines, soit autour de 600 hectares.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Rassurez-vous, pas question pour moi de me lancer ici dans la critique du style ou le résumé détaillé d’une lecture approfondie du livre de notre Gégé régional. Primo, parce que moi, ce mec qui bouillonne d’enthousiasme, je l’aime bien ; deuxio, parce que ce serait trop long ; tertio parce que l’ouvrage est en vente dans toutes les bonnes librairies (Éditions de La Martinière). Sachez cependant que pour certains, ce livre à la couverture style affiche électorale ne vaut pas un pet de lapin de garrigue (oui, j’ai bien rajouté de garrigue), tandis que d’autres le soupçonnent d’être pompeusement bâclé par un nègre. Je ne suis pas de cet avis car j’ai la prétention de connaître un peu le personnage. Je sais qu’il est fier de sa réussite, de son pays, de ses racines, de ses Corbières, de sa jeunesse et de son éducation rugbystique, bref je reconnais bien là, en le lisant, le fond de sa pensée sur le vin. Et quand il a quelque chose à dire, il le dit, souvent même avec fermeté dans le ton comme j’ai pu en être le témoin. À l’approche de la cinquantaine, je le vois parfaitement entre deux changements d’avion comme à son bureau, en train de rédiger ce qu’il a envie de dire, faisant le bilan d’une vie déjà plus que remplie. Ce grand type entre deux âges, toujours soigneusement sapé, hâlé et coiffé d’un casque bouclé d’argent et d’ébène, même en shorts et tongs, a la niaque et les attributs des gagnants du vignoble que l’on met en couverture des magazines chics. Mais il la tête dure des paysans des Corbières et ses pieds ont labouré plus d’une vigne dès qu’il fut en âge d’aller à l’école. Après avoir assuré au domaine familial (Villemajou) pendant des années dans l’ombre de son père, Georges, également courtier en vins et arbitre de rugby, ayant vécu les riches heures d’un sport noble et amateur où tous les coups étaient permis, il me laisse l’impression d’un homme qui vit sans cesse en vue de la préparation d’un nouveau match international à l’enjeu capital : il accepte certainement de perdre, mais se jette corps et âme dans la partie avec l’envie de faire gagner son équipe dans le sang et la sueur. Jusqu’à l’inévitable troisième mi-temps où le vin doit couler à flots.

Gérard Bertrand, en 2010, ouvrant le Festival de Jazz à L'Hospitalet. Photo©MichelSmith

Gérard Bertrand, en 2010, ouvrant le Festival de Jazz à L’Hospitalet. Photo©MichelSmith

Cela étant dit, une chose m’a intrigué dans son ouvrage et j’aimerais vous la soumettre. Sans avoir à porter de jugements, notamment sur l’aspect sacré, cosmique, voire religieux ressenti plus loin au fil de la lecture, ce qui m’a frappé se trouve au beau milieu du livre et cela ressemble plus, à mes yeux, à une nouvelle approche, une idée commerciale (marketing, si vous préférez ce mot qui m’horripile) du vin dont il serait l’instigateur. Je vais tenter de résumer ce qui, à mon avis, illustre son succès et son savoir-faire, en ajoutant quelques extraits de la pensée de Gérard Bertrand. Tout d’abord, il présente deux triangles, deux pyramides. La première est classique et déjà vue. La seconde est plus inhabituelle à mes yeux et elle symbolise une démarche de plus en plus tendance sur laquelle il faudrait se pencher, même si elle ne me satisfait pas pleinement. Une idée new age peut-être, pour l’instant encore un peu floue, me semble-t-il, mais une idée qui mérite pourtant que l’on s’y attarde. Du moins je le pense.

La pyramide

La pyramide « classique » et conquérante, à l’américaine…

Suite à une première pyramide, Gérard Bertrand écrit ceci : « Après une mûre réflexion et de nombreux voyages, je pense qu’il est temps d’organiser aujourd’hui la hiérarchisation des vins de manière différente, car la clef d’entrée par le prix n’est plus le premier critère de choix pour les consommateurs. Il y a vingt ans, le prix d’un vin de bonne qualité était au maximum dix fois inférieur à celui d’une bouteille d’exception. Ce rapport a explosé et est passé de un à cent aujourd’hui, avec l’intérêt grandissant pour les grands crus, dont la cote dépend souvent des notes décernées par les journalistes. On remarque aussi l’apparition d’un phénomène nouveau, lié à la spéculation et à la production limitée de cuvées parcellaires, insuffisante pour alimenter une demande soutenue. Cependant, la crise financière et l’effet lié au changement du mode de gouvernance en Chine créent quelques turbulences, ralentissant la demande, malgré les réservoirs de croissance, représentés par le Brésil, le Nigéria, la Colombie et l’Inde en particulier. La seconde voie, plus originale, consiste à classer les vins en lien direct, non plus avec le marché, mais avec ceux qui les boivent. Ceux-ci sont en train, petit à petit, de prendre le pouvoir et de s’affranchir partiellement des règles du marché. Les amoureux du vin savent qu’avec leur téléphone portable, et en dix secondes, ils peuvent se relier à tous les vignerons. La planète est devenue un jardin où, de son fauteuil, en sirotant un bon verre de rosé, le consommateur peut commander pratiquement tout ce dont il a envie. Bien sûr, les problèmes liés à la logistique et aux réglementations douanières sont aujourd’hui des limites au libre-échange, mais il n’en demeure pas moins que le consommateur est en train de s’affirmer. Certains parmi eux sont aussi devenus des conseilleurs sur la blogosphère. Je crois pour ma part à une nouvelle organisation moins mercantile, davantage liée aux besoins des consommateurs, et répartie en quatre catégories : 

La

La « nouvelle » pyramide, selon Gérard Bertrand

Il existe de plus en plus de consommateurs curieux de découvrir de nouveaux territoires et favorables à la perception et à l’éveil des sens. Les hommes et les femmes ne doivent plus subir le diktat des étiquettes mais au contraire se forger eux-mêmes leurs critères, résultant de leurs envies. De nos jours on ne consomme plus le vin comme un aliment. Ce type de comportement s’est éteint avec l’arrêt des travaux physiques pénibles, qui étaient monnaie courante à une époque où le vin était un carburant nécessaire dans la ration calorique quotidienne. L’évolution des techniques de vinification, la cueillette à maturité et d’autres améliorations qualitatives de la viticulture actuelle permettent d’éliminer presque totalement les mauvaises bouteilles. »

Avec son épouse et coach, Ingrid. Photo©MichelSmith

Avec son épouse et coach, Ingrid. Photo©MichelSmith

S’en suit une déclinaison des critères pris à partir de la base au sommet de la « nouvelle » pyramide, lignes dont je vous fais grâce mais que vous trouverez dans son ouvrage précédant de nombreuses pages consacrées à la biodynamie et à la mécanique quantique… Ces observations faîtes par un gars qui parcourt le monde pour vendre du vin estampillé Sud de France paraîtront à certains vieux routiers d’une banalité et d’une naïveté déconcertantes. Mais Gérard a le mérite de se livrer avec sincérité, ce qui est plutôt rare dans le monde du vin. C’est ce qui donne parfois, et ce sera pour moi la critique majeure, l’impression de feuilleter une super brochure (même s’il y a peu d’illustrations) avec ou sans langue de bois, brochure qui se lit d’une traite en un voyage en train entre Paris et Perpignan, par exemple. Mais après tout, si je dis ça, c’est que j’aurais bien aimé être celui qui recueille ses souvenirs et ses observations. En bon  prétentieux que je suis, j’aurais aimé lui faire sortir tout ce qu’il a dans les tripes. Ce livre-là, plus vrai je l’espère, se fera un jour avec un autre vigneron. Notre beau pays n’en manque pas.

Michel Smith


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Comment survivre à un concours de vin ?

Il y a des gens qui dénigrent, un peu trop facilement, les concours de vins, mais sans nécessairement comprendre leur utilité dans un marché de plus en plus encombré par une production qui s’élargit et se diversifie chaque année, tant au niveau des origines géographiques que par d’autres désignations. J’ai déjà évoqué ici mes sentiments sur les concours. A condition qu’il s’agisse de concours sérieusement menés, dans de bonnes conditions et avec des dégustateurs expérimentés (ce qui n’est pas toujours le cas, on le sait bien), je dirai que leur utilité tient à trois facteurs.

D’abord à guider, puis à accélérer la vente de vins médaillés dans des lieux ou le consommateur doit choisir par lui-même, ce qui constitue, malheureusement, la grande majorité de cas dans presque tous les marchés du monde. Puis, à faire connaître des vins de producteurs, régions ou pays qui ne sont pas ou peu connus. Enfin, à créer une forme d’émulation parmi des producteurs susceptibles à soumettre leurs vins à ces concours. Mais tout cela suppose évidemment une parfaite organisation, avec températures de service des vins, environnement et verrerie adaptés, règles claires de silence et d’anonymat, contrôle des résultats par une système statistique fiable, et, enfin, une charge de travail raisonnable pour les dégustateurs.

CMB

J’écris ces lignes du lieu où vient de s’achever un de ces concours, le 22ème édition du Concours Mondial de Bruxelles qui, comme son titre ne l’indique pas, ne s’est produit que deux fois à Bruxelles depuis ses débuts. L’édition 2015 a eu lieu dans la ville balnéaire italienne de Jesolo, qui se trouve sur la côte adriatique, près de Venise. Avec environ 300 dégustateurs, plus de 8000 vins à tester sur trois jours (on ne déguste que le matin et avec un maximum de 50 vins par séance, subdivisés en séries homogènes qui peuvent comporter entre 7 et 16 vins), le choix d’un lieu pose quelques problèmes aux organisateurs. Le parti-pris de ce concours est de se tenir toujours, sauf exception, dans une région viticole, ce qui limite encore les options. Il faut transporter, loger et nourrir tout ce beau monde, assurer un lieu adéquat pour les séances et le stockage, préparation et mise à température des vins, puis organiser des excursions dans les vignobles aux alentours les trois après-midis.

 testata-home-jesoloDes vacances à Jesolo ? Pas exactement ma tasse de thé

J’avoue, bien que je comprenne parfaitement les contraintes mentionnées, que Jesolo n’est pas un lieu que j’aurai choisi personnellement. Si vous ne le connaissez pas, et si vous n’aimez ni Deauville ni Palavas-les-Flots, je vous le déconseille formellement. Il y a de beaux endroits dans le Veneto, mais Jesolo n’en fait pas partie. Imaginez Palavas-les-Flots  (par exemple) x 5 ou x 6, avec une dose de Deauville pour la frime et le clinquant dans certaines parties de ce long ruban de béton triste, hôtels et appartements confondus. Des milliers de boutiques vendent des tonnes de choses inutiles, la plupart moche. La plage, longue d’une bonne dizaine de kilomètres, est l’atout principal qui attire des foules d’hommes et de femmes sardines, ainsi que le fait d’être, justement, en foule. Elle est propre mais souvent encombrée par des rangs serrés de chaises-longues et de parasols, sans parler des crottes de toutous que les italiens rechignent à ramasser. Oui, il vaut mieux mettre ses aspirations esthétiques dans un sac bien ficelé pendant son séjour, mais, après tout, on est là pour travailler pour la cause du vin, à sa modeste manière. Et un après-midi à Venise, et deux sorties dans les vignobles de Prosecco et de Soave étaient là aussi pour ceux qui voulaient ou pouvaient y participer.

Revenons à ce concours, à son modèle économique et à la question des médailles. Je ne connais pas les détails du bilan de ce concours en particulier. Il s’agit évidemment d’une entreprise qui ne peut survivre qu’en gagnant suffisamment d’argent pour payer ses salariés et les frais conséquents d’une telle organisation annuelle. Rien de répréhensible là-dedans. Les sources de revenus sont connus dans les grandes lignes : les sponsors, locaux ou internationaux, permanents ou ponctuels ; les sommes cumulées de ce qui est payé par les producteurs des échantillons soumis ; enfin la vente de médailles autocollants pour les vins ayant obtenus cette récompense. Et quand on voit de près l’organisation impliqué par cette logistique, on peut dire que la somme par échantillon n’est pas déraisonnable. Les dégustateurs ne sont pas payés au Concours Mondial de Bruxelles, et cela je le regrette. Très peu de concours semblent être assez bien dotés pour rémunérer les professionnels qui y dégustent. Les grands concours anglais, Decanter ou IWSC, font partie de ceux-là. Les montants versés ne sont pas énormes (de l’ordre de 100 ou 150 d’euros par jour je crois), mais cette somme symbolique me semble une forme de justice pour le travail rendu, car il est ardu de rester concentré et de tenter d’être juste dans ses jugements pendant 4 heures par jour. Et on donne largement 4 jours de son temps pour y participer, déplacements compris.

Les concours reconnus internationalement n’ont pas le droit d’attribuer des médailles à plus d’un tiers des échantillons soumis. Ensuite, les bons concours doivent œuvrer toute l’année pour tenter de contrôler les vins mis en marché avec leurs médailles affichés afin de s’assurer qu’il s’agit bien de la même cuvée. Ce n’est pas si évident quand on connait la dispersion géographique des marchés. Pour revenir à mon cas personnel et à ce concours en particulier, je constate que j’étais, sur les trois jours, un peu plus généreux que cela en attribuant des notes qui pouvaient, prises seules, donner des médailles à 36% des 150 vins dégustés. Mais il n’y a aucune chance que le résultat final pour ces séries de vins coïncide avec mes jugements personnels. D’abord parce que je faisais partie d’un jury de 6 membres et que j’ignore quelles étaient leurs notations, sauf de temps en temps pour voir à quel point nous étions d’accord (ou pas) sur un vin. Puis parce que l’organisation prévoit des contrôles, à la fois par analyse statistique sur des notations parfois aberrantes (une fatigue momentanée arrive à tous), et aussi en présentant, parfois, la même série de vins à deux jurés différents sans que ceux-ci ne soient au courant. Il faut rajouter que la composition de chaque jury est pensé afin d’assurer une bonne diversité des origines, comme des métiers des dégustateurs. Dans le mien, on comptait une française (journaliste/formatrice), un brésilien (oenologue), un italien (oenologue), une bulgare (acheteuse), un suédois (journaliste) et votre serviteur (britannique). Cette diversité peut causer des visions différentes sur certains types de vins, mais je pense que c’est aussi une source de contrôle des excès de jugements personnels.

Quels sont les vins que mon jury a dû juger ? Parmi les provenances, cette année figuraient le Chili (sauvignon blanc), la vallée du Rhône, la Champagne, la Rioja, le Chianti, le Veneto,  la Sicile (grillo) et Rueda (verdejo). On ne sait jamais l’origine (ni cépage, ni région/appellation, ni pays) des séries dégustés : juste le type (blanc sec, rouge sec, effervescent, etc. Evidemment les bouteilles sont masquées et identifié par des numéros de série qui doivent être vérifié par le responsable de chaque table, qui doit également contrôler que l’échantillon n’est pas bouchonné. J’avais cette charge cette année, comme depuis trois ans. J’ai tenu des statistiques sur la proportion de vins bouchonnés ou altérés par un bouchon ne remplissant pas sa fonction (oxydation prématurée d’un flacon), cette année, et le chiffre frise 3%, un peu plus si je soustrais les vins fermés par une capsule à vis du total. Pour le TCA du au bouchon seul mon chiffre est de 1,7%. C’est toujours inacceptable selon moi. Je signale qu’Amorim est un des sponsors de ce concours.

Comment étaient les vins? Forcément très variables, comme dans n’importe presque quelle série. Il est bon de rappeler qu’une médaille d’argent doit, dans son esprit, correspondre à un vin libre de défauts, bien équilibré et agréable, tandis qu’un vin ne mérite une médaille d’or que s’il possède, en plus, finesse et une bonne intensité d’expression. Le catégorie suprême est celle de « Grand Gold » qui doit être réservée à des vins considérés comme exceptionnels. Je n’ai accordé ce niveau qu’à 2 vins sur les trois jours (sur un ensemble de 150 vins).

plovdiv-bulgarije-maartPlovdiv, en Bulgarie, sera le siège de la prochaine édition du CMB. Ouf !

Alors comment survivre dans tout cela ? J’avais du mal me première année à m’adapter aux grilles de notation que je trouvais trop rigides and limitants, étant habitué à étendre ma prose descriptive mais certainement trop personnelle et inapplicable dans une telle situation. Mais je m’y suis fait et, pour finir, je trouve que c’est assez bien fait. Cela permet bien de relativiser un vin par rapport à un autre du même type. Et la dernière ligne de notation, dotée d’un coefficient élevé, autorise l’injection d’une appréciation plus individuelle quant à la qualité globale du vin. Notre jury avait des écarts de notation que je peux qualifier de sains (entre 80 et 87/100 par exemple) sur un même vin lorsque j’en ai effectué des contrôles. Mais rien n’indique que ce fut toujours le cas et je suis contre une volonté de faire converger les avis de toute façon. Cela tombe bien, car cela ne fait pas partie des consignes de ce concours. On survit en faisant simplement le travail demandé. C’est fatigant par moment, bien entendu. Mais il y a un bel état d’esprit, en tout cas dans les groupes que j’ai eu à conduire. Et on peut aussi éviter les longues sorties en car ou des promenades à Palavas-les-Flots et lire un bon livre dans sa chambre ou travailler à d’autres projets si on le veut les après-midi et soirs. Puis j’ai trouvé un bar à vins agréable aussi.

Enfin nous venons d’apprendre que l’édition 2016 de ce concours aura lieu dans la ville bulgare de Plovdiv, une vrai ville historique avec une architecture plein d’intérêt, entouré de montagnes et, je l’espère, de vignobles. L’espoir et l’anticipation fait vivre. La vie n’est pas si compliquée pour finir.

 David 

 


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Hommage à Joseph Henriot

Henriot 2Joseph Henriot et son fils Thomas, aujourd’hui à la tête d’un très beau portefeuille de vins et d’un domaine unique en Bourgogne (photo Leif Carlsson)

J’ai appris la nouvelle de la mort de Joseph Henriot il y a deux jours par le blog Monsieur Bulles, de mon excellent collègue Gwenaël Revel, Français vivant au Québec et grand spécialiste du vin et du CO2. Cela m’a fait un choc, même si je savais qu’il avait eu des ennuis de santé. J’ai travaillé près de sept ans sous sa direction bienveillante. Je dis bienveillante car il était capable de donner sa confiance, puis de déléguer même à des gens qui, comme moi, n’ont pas un parcours classique dans les entreprises (et c’est le moins qu’on puisse dire dans mon petit cas personnel !). J’estime que ceci est une qualité primordiale et pas si courante chez les dirigeants français, trop souvent obsédés par les diplômes et les CV. J’ai beaucoup appris de lui et je serai toujours reconnaissant pour la chance qu’il m’a offerte.

Joseph Henriot était un homme complexe, pas toujours facile pour tous peut-être, mais visionnaire, déterminé, très cultivé, curieux et souvent enthousiaste. Tout cela est motivant pour une équipe.  Il a largement construit ou re-construit trois très belles marques de champagne : Charles Heidsieck, Veuve Clicquot et enfin celle de sa famille, Henriot. Il a également sauvé puis fait renaître la vénérable maison beaunoise Bouchard Père et Fils, comme la chablisienne William Fèvre, et ceci malgré, une situation sérieusement plombée par leurs dirigeants précédents. On peut parler d’un retournement qualitatif totalement réussi dans ces deux cas. Pour cela, il a fait preuve de rigueur et d’un niveau d’exigence peu commun. Agronome de formation, il allait au fond des dossiers techniques. Il n’aimait pas les excès de ce qu’il appelait le « marketinge », mais avait une vision très claire de la construction d’image, qui commençait par une seule pierre angulaire : le qualité d’un vin, réelle comme perçue.

Je n’oublie pas non plus que c’est lui qui a eu la vision d’acquérir, pour le compte de Veuve Clicquot en 1991, Cape Mentelle, un domaine viticole de Margaret River en Australie Occidentale, et sa filiale Cloudy Bay, à Marlborough en Nouvelle Zélande. Il s’est entendu à merveille avec le propriétaire précédent et fondateur de ses deux domaines, David Hohnen. Deux personnes aux passés et aux cultures radicalement différents, mais dotées d’un même esprit d’entrepreneur. Je pense qu’il aurait bien souhaité acheter ces marques pour son propre compte, et, à un moment précis cela n’a tenu qu’à un coup de fil, mais il est indiscutable que le réseau LVMH a bien aidé dans le développement commercial des ces deux marques.

Je ne fais là que donner quelques faits, connus peut-être de beaucoup. Cela ne peut suffire à résumer un homme, de surcroît un homme discret. Je pense que peu de gens dans le vin en France de nos jours ont réalisé ce que Joseph Henriot (que quelques uns de ses ses employés mal élevés, comme moi, appelaient affectueusement « Oncle Joe ») a fait, et parfois face à des adversaires redoutables. Je souhaite pleine réussite à Thomas qui prend la suite des affaires familiales et présente à toute sa famille mes condoléances.

David Cobbold


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Two dinners and a lunch (part 2)

Cheu L'Zib, Menetou-Salon

Cheu L’Zib, Menetou-Salon

My last Tuesday’s post left us enjoying a copious, traditional Sunday lunch at that Menetou-Salon institution Cheu L’Zib:

‘We left the Joulins in time to drive to Menetou-Salon for a traditional blow-out Sunday lunch at C’Heu l’Zib. If you have been there once then you will know what will be on the menu as it is virtually unchanging largely because the clientele goes for their terrines, the famous pike in beurre blanc and the slab of wickedly rich charlotte aux chocolate as a coup de grâce!. It is fun to do once every so often – always a good atmosphere of people, often in large family group, enjoying themselves. Just don’t arrange to do anything much, apart from taking a substantial siesta, afterwards. (posted 21.4.2015)’

 

Un vrai menu fixé!

Un vrai menu fixé!

I find the theory and practice of lunch somewhat at variance and by lunch here a mean a substantial lunch with three courses and wine not a hurried grabbed sandwich. The theory is wonderful – setting aside several hours to enjoy a feast in the middle of the day what could be better? It indicates that you are a person of some leisure – not ruled and traumatised by a series of meetings and appointments. The practice can often live up to expectations. It is post-lunch that I find more problematic as a copious and bien arrosé en modération déjeuner can often bring the day to a premature close. Not you understand that I have anything against a siesta even a substantial one – both are admirable and an integral part of a civilised life. A siesta is normally a refreshing rest of variable duration before further activity. A post substantial lunch siesta is all too often instead a prolonged preparation for an early night.

The happy practice of Sunday lunch at Le Zib

The happy practice of Sunday lunch at Le Zib

Isabelle and Pierre Clément, 2013 La Dame de Chatenoy, Mentou-Salon

Isabelle and Pierre Clément, 2013 La Dame de Chatenoy, Mentou-Salon

Anyway more than enough of this philosophy… the much more important question is what we drank at Cheu L’Zib. Naturally the wines of Menetou-Salon have pride of place on the list. I’m not even sure whether any vins d’étranger, from Sancerre for example, are listed. If they are I didn’t notice them. We selected the excellent 2013 La Dame de Chatenoy from isabelle and Pierre Clément as our white Menetou for our apéro and to carry us just about through to the famous pike dish. Well balanced with ripe grapefruit flavours, weight and length.

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The red Menetou was easy to choose: Philippe Gilbert’s 2010 Les Renardières. I am very impressed with Phlippe Gilbert and have often tasted his wine but never to date drunk the wine at table. The 2010 lived up to expectations – voluptuous and delicately silky as only good Pinot Noir can be. Further confirmation of the progress made by leading producers in the Loire’s Central Vineyards through careful work in the vineyard and rigour during the vendange.

As I suspected lunch at Zib virtually finished off the rest of the day but did mean I was thoroughly rested for Monday. A morning bike ride in the Sancerre vineyards– flat it isn’t! A couple of visits in the afternoon – Vincent Pinard and Henri Bourgeois – leading to dinner at Jean-Marc Bourgeois’ La Côte des Mont Damnés in Chavignol.

As I was fractionally late getting to the table due to a very interesting extended tasting with Arnaud Bourgeois – more on the two tastings next week as well as some thoughts on David Cobbold’s fine piece on the Central Vineyards yesterday – Carole had already selected a white – the 2012 Le Chêne Marchand from Lucien Crochet. What an excellent choice this was! Le Chêne Marchand is one of the oldest recognised vineyard sites of Sancerre. As you drive into Bué from the south it is on the slopes to your left hand side. It is limestone with very little top soil – known locally as caillottes. Generally the wines from caillottes, which makes up about 40% of Sancerre’s vineyard, are the quickest and most expressive when young.They tend to be bottled young. This is not the case for Gilles Crochet, the son of Lucien and who has now for a number of years run the domaine. Gilles prefers to give his wines a lengthy élevage. This showed to advantage with the 2012 – complex, good texture with length and balance.

A 1st course

A 1st course

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A 1st course

A 1st course

 

Delicate entrée featuring langoustine

Tagliatelle Géante de Crottin au Beurre de Muscade.

Tagliatelle Géante de Crottin au Beurre de Muscade. very much Jean-Marc’s speciality 

2011 la Bourgeoisie, Sancerre Rouge Henri Bourgeois

2011 la Bourgeoise Sancerre Rouge Henri Bourgeois

Even since I first tasted the whites of Henri Bourgeois back in the early part of 1989 I have been convinced of their quality. The reds, however, I long felt were not of the level of the whites. However, over the last few years there has been a marked improvement in the reds. They have a lot in the handling of the fruit during the vintage. Again like Philippe Gilbert’s Menetou Red the previous day I had tasted these wines bit not drunk them, so I was determined to try one on this night. Its silky texture and spicy fruit backed up my feeling that the gap between the Bourgeois reds and their whites is closing. A lovely bottle and further proof that Pinot Noir from the Central Vineyards is well worth searching out.

Delicious and delicate pigeon – a great foil for the red.

Delicious and delicate pigeon – a great foil for the red.

Sancerre from the west.

Sancerre from the west.

JBGlassesss

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