Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


1 commentaire

A la rencontre des cépages modestes et oubliés

Notre ami André Deyrieux publie chez Dunod « A la rencontre des cépages modestes et oubliés – L’autre goût des vins ».
Un ouvrage qui se veut à la fois un guide pratique et un outil de découverte des vignerons et de leurs cuvées.

screenshot_2016-07-04-10-08-20-1

Mais laissons parler l’auteur : « Nombreuses sont ces variétés de raisins délaissées et pourtant épatantes qui ont failli disparaître. Fort heureusement, des vignerons de valeur, partout en France, les remettent en culture et en bouteilles, non sans bataille mais avec un succès croissant. Quel tour de passe-passe ! Quel pied de nez à la mondialisation ! »

Voila un livre qui se lit comme on croque un beau raisin. Et un thème qui intéressera tous les amoureux du patrimoine et de la différence, au premier rang desquels, sans doute, notre ami Marc, qui défendait déjà les cépages oubliés il y a 20 ans, quand cela n’intéressait pas grand monde…

http://www.dunod.com/


2 Commentaires

Deux Facel Vegas dans le Royaume du Cabernet Franc

img_5559
Two Facel Vegas and a pre-war Lagonda @Domaine de la Noblaie, Ligré (AC Chinon) 

img_5546

IMG_5547.jpg

img_5548
Couple with dog seeking to make open Lagonda
comfortable as rain increases…. 

Asked to organise visits last week in Bourgueil and Chinon for six classic car enthusiasts – two with examples of France’s 1950s and 1960s luxury sports car – Facel Vega, we spent an enjoyable two days enjoying two fine lunches interspersed with a couple of visits.

We started on a high – a remarkable tasting at Lamé Delisle Boucard in Ingrandes de Touraine going back to 1928. Details here. This was followed by an excellent lunch at Lamé’s neighbours – Vincent le Cuisinier. If you haven’t yet eaten Chez Vincent clear your diary and get down there quick – superb but booking is essential as there are very few tables.

The following day we reversed the order of events – having a very good lunch at the well established Auberge Val de Vienne in Sazilly before heading to Domaine de la Noblaie in nearby Ligré. Details here.

•••

Update on Loire 2016

Today we head to the Pays Nantais for a quick look at how the harvest is progressing here. The Ban des Vendanges was on 15th September.

However, a quick VTT ride through the vineyards of Saint-Georges-sur-Cher reveals a rather sorry sight:

Variable ripeness within a bunch with 

some grapes frazzled by hot weather (19.9.16)

(above and below)

 

Not looking pretty!

2016 Vendanges in Saint-Georges-sur-Cher, AC Touraine 

This brief report comes with a health warning as to date I have only looked at couple of sites in Chinon plus taking a ride today through some of the vineyards of Saint Georges-sur-Cher. In addition I have also talked to a number of Loire vignerons but even so it is dangerous to jump to conclusions on a small sample. 

However, we can say that 2016 has been a difficult year with frost at the end of April, very heavy rain causing widespread flooding at the end of May and beginning of June. After this many producers had to deal with powerful mildew attacks. Then in July and August the weather turned dramatically hot and very dry, so much so that there were drought conditions by early September. 

However, rain started on evening of Tuesday 12th September, so the drought is over. But the drought has probably made the veraison prolonged so within the same bunch you can still see green grapes along with black ones making picking difficult. The very hot weather also frazzled some of the grapes as these photos show.

There are, of course, some normal bunches without sunburn or obvious long veraison, but it looks a complicated vintage.      

Shrivelled by the heat of July and August
Further reducing the yield
(above and below)

Despite the very hot July and August
already signs of rot in some bunches (above and below)

A significant percentage of this bunch has been heat frazzled.

ChevereJm


15 Commentaires

Tristesse de la pâleur (ou éloge de la couleur)

batom-rose-tons-1

La course à la pâleur dans les vins rosés fait rapidement son chemin depuis quelques années, et, selon moi, provoque des ravages. Chaque fois, ou presque, que je déguste un des ces machins pâlots, sans saveur particulière (sauf un peu de bonbon anglais, parfois) mais avec sa dose d’alcool réglementaire qui dépend, en gros, du binôme cépage/climat, j’en suis de plus en plus convaincu. A contrario, chaque fois, ou presque, que je déguste un rosé ayant une robe soutenue, à mi-chemin entre blanc et rouge, je ressent davantage de saveurs, de tenue en bouche et (c’est l’essentiel il me semble) du plaisir. Je sais bien que ceci est un peu caricatural, mais ce constat est quand-même basé sur un grand nombre d’expériences et sur un tout petit peu d’analyse. En tout cas, comme disait le maire de la commune voisine « c’est mon avis et je le partage ».

infographie_vetements2-121

Tout cela n’est pas le seul fait de la Provence, même si la dictature par l’absence de couleur dans les vins rosés est très largement inspirée par la réussite de ces vins passe partout, et qui plaisent, apparemment, à « tout le monde »: donc à personne. Je ne suis pas contre la réussite commerciale, bien au contraire (salut Luc !). Ce qui m’horripile dans cette affaire est la banalisation d’un style, et le comportement « moutonnesque » de la plupart des autres régions, à commencer par le Languedoc-Roussillon ou le Bordelais : régions qui, il n’y a pas si longtemps, faisaient beaucoup de vrais vins rosés avec de la couleur, du goût et tout et tout, et pas essentiellement des faux blancs. Mais la Provence a fait du rejet de la couleur un système de jugement de la qualité. J’en veux pour preuve le fait que la quasi-totalité des appellations de cette région refusent d’agréer des vins rosés qui dépassent une certaine intensité de ton, et cette barre est placée bien bas ! Même Bandol, grand fief des rouges de caractère et de garde (merci au Mourvèdre), a été un moment gagné par ce diktat de la pâleur pour ses vins rosés devenu, malheureusement, le type de vin majoritaire de cette appellation. Je crois que les choses sont en train, doucement, de s’inverser dans cette appellation qui doit absolument garder ses différences avec l’océan des rosés pâles qui l’entoure, mais le constat est bien triste. Et si j’étais producteur en Provence, je me garderais bien de mettre tous mes œufs dans le même panier (rose). La mode est volatile par définition.

charbon-actif-hi9340359

Dans cette période où la communication à outrance sur tout ce qui est supposé être « naturel et donc bon » (quelle foutaise, aussi!), est-ce qu’on parle des techniques utilisées pour retirer de la couleur des moûts ou des vins quand Dame Nature, qui n’est ni bonne ni mauvaise et qui se fiche pas mal de tout cela, fournit les conditions qui augmentent températures et couleur dans la peau des baies ? Bine sûr que non. Et pourtant, c’est bien une intervention technique, une de celles-là mêmes qui sont tant décriées par les tenants d’une interférence minimale de l’homme et ses outils dans le vinification (autre sujet qui pourrait déclencher un article bientôt). Je vois dans tout cela soit un paradoxe, soit une méconnaissance des faits.

Pour évoquer une autre région, gagnée elle aussi par la même mode absurde, la dégustation au cours de la semaine passée de deux Champagnes rosés qui vont à contre-courant de cette triste tendance m’a conforté dans mon opinion. La dernière version du Ruinart Rosé est un vrai vin rosé, bien coloré, très expressif en fruit, et avec assez de structure pour tenir sur autre chose que des chips. Pareil pour le Nicolas Feuillatte  Rosé 2006, Cuvée 225, qui est aussi savoureux que frais, long en bouche et parfaitement défini dans son profil. Voilà deux exemples de ce qui peut être un vrai Champagne rosé, c’est à dire autre chose qu’un blanc à peine teinté, ce qui est le cas, par exemple, de la dernière livraison du Veuve Clicquot Rosé (la version 2008 de ce vin m’a bien déçu, contrairement au blanc du même millésime).

Osons un petit écart sur le chemin glissant mais passionnant du marketing, car c’est bien sur ce terrain que s’est bâti le réussite des rosés de Provence, et, par extension, de la catégorie toute entière. Quel est donc l’intérêt de faire un vin rosé qui n’est qu’une petite variation sur la même chose en blanc ? Question rhétorique bien entendue. Mais tentons d’y répondre : dans l’imaginaire, le pâleur donne une impression de légèreté. La transparence est aérienne, et non pas terrienne et, j’ose rajouter, elle induit la notion de « pureté » dans les têtes d’une partie de la population de plus en plus obsédée par ce concept touchant à l’alimentaire. Même si c’est surtout inconscient, je crois bien que cela joue. Cette légèreté ressentie, dans le domaine du vin, convient aussi à une consommation par temps chaud et c’est bien cela qui a donné un aspect très saisonnier à la vente des vins rosés, même si des producteurs ayant misé à fond sur ce type de produit luttent pour en étendre les périodes de consommation.

i-hurt-i-am-in-fashion

no comment !

Je pose, à la fin, une autre question rhétorique.  La mode (nécessairement stupide selon moi) doit-elle tout emporter, même dans le domaine du vin ? Bien sûr que non, nous sommes d’accord, mais elle a des influences bien plus importantes que celles que nous admettons généralement, et ces influences ont des socles plus profonds que ceux que nous sommes prêts à reconnaître facilement. Ce n’est pas une raison suffisante pour y céder. Il faut juste ouvrir ses sens et son cerveau.

 

David Cobbold


Poster un commentaire

La Loire beckons and other musings..

vglamoursPicking in Sancerre September 2009

By the time this post appears on the portal of Les 5 du Vin, I will have left London behind and will be installed in the far east of Indre-et-Loire – able to watch the folly and confusion of Brexit from a distance. To date we have established that Brexit means Brexit just as Weetabix means Weetabix, Ready Brek means Ready Brek, while beanz means Heinz. I trust this makes the UK’s post EU referendum position crystal clear….

We will be in the Loire to follow the 2016 harvest such as it will be after the ravages of frost, mildew as well as hail in places such as Jasnières. It is difficult to imagine that it will be a happy vintage with lots of joyous and pleased vignerons and vigneronnes as there were in years like 2005, 2009, 2010, 2014 and 2015.

Picking will be late. Muscadet is expected to start from around the 20th-22nd September, while some like Lamé Delisle Boucard think that they won’t pick their Cabernet until as late as 26th October. The very dry, hot weather through July and August hasn’t helped their few remaining grapes to ripen as their vines have shut down due to lack of water. However, in the Anjou-Saumur region they started picking Chardonnay for the Crémants yesterday.

I expect to have more detailed updates on the 2016 Loire harvest next and subsequent Tuesdays.

48240-img_8482
François Chidaine and Jacky Blot with their 
Vin de France Vouvray

I was very pleased to see that Jacky Blot and François Chidaine now have eight stars between them for their wines, which include their Montlouis and Vin de France Vouvray. Jacky and Joëlle Blot have been promoted to a five star domaine in the latest Bettane et Desseauve guide, while François and Manuéla are now a three star domaine in La Revue du Vin de France. You would have thought that Vouvray would be keen to  have these two producers adding lustre to their appellation rather than treating them as outcasts……still it is what is in the bottle that is important. I will happily buy and drink their Vin de France Vouvray.

IMG_2140


12 Commentaires

Pourquoi le vin semble-t-il mieux traité à Londres qu’à Paris ?

Autant vous le dire de suite : je n’ai pas de réponse à cette question. Mais je viens de constater, un peu au hasard d’une récente pérégrination dans la capitale britannique, que cela semble bien être le cas. Je sais bien que mes trois exemples peuvent être considérés comme anecdotiques à l’échelle d’une ville aussi vaste que Londres, mais deux d’entre eux ont été choisis vraiment par hasard, comme le ferait un touriste moyen à Londres (que je suis devenu dans une ville que je ne reconnais qu’à peine après plus de 40 ans d’absence). Et je me demande si, au hasard de ses ballades à Paris pour voir et faire autre chose que de visiter des lieux du vin, un touriste étranger tomberait aussi bien que je l’ai fait à Londres.

La première étape fut choisie à l’occasion d’un rendez-vous d’affaires avec un client, et par ce client. Le 67 Pall Mall (http://www.67pallmall.co.uk/club.html) abrite un club dont le vin est la raison d’être et je n’en connais pas l’équivalent à Paris. Les 600 membres (et il y a une liste d’attente, paraît-il) règlent une cotisation annuelle de 1000 livres (500 si vous êtes un professionnel du vin) qui leur permets d’entrer dans ce club situé dans un des quartiers les plus chics de la ville, y loger une partie de leurs vins, en choisir aussi sur une liste longue comme un jour sans vin, manger très bien ou organiser des dégustation ou des rendez-vous d’affaires ou d’amis. La nourriture est excellente et les prix plutôt raisonnables pour le quartier. Il y a des salles privées et deux petites salles à manger. Le service est parfait.

Seconde étape : en allant voir une exposition au Tate Modern (Georgia O’Keefe, plutôt décevante dans l’ensemble à part les gravures et les dessins), je m’y dirigeais à pied depuis la gare de Waterloo quand j’ai remarqué dans une rue à droite un restaurant intitulé RSJ où j’avais mangé il y a des années avec un des mes cousins. J’en avais gardé un excellent souvenir et j’ai décidé d’y retourner pour déjeuner après avoir vu l’expo. Ce qui fut fait. Peu de monde à 13 heures un mardi, mais une cuisine de haute qualité, précise et avec des produits frais préparés sans chichis mais avec grand soin. Et une liste de vins de Loire énorme et exemplaire (Jim doit bien connaître). Là encore je ne sais pas si Paris a son équivalent. J’ai pris une bouteille de Saumur blanc de Frédéric Mabileau (à qui j’avais donné son premier stage dans le vin en dehors de son domaine familial à St. Nicolas, dans les années 1980). Un chenin blanc somptueux, aussi intense et succulent que vif et précis. RSJ, pour les profanes, ne signifie pas les initiales du propriétaire, mais Rolled Steel Joist, autrement dit une IPM, poutrelle métallique qui a du être insérée dans ce vieux bâtiment pendant sa conversion en restaurant.

Et voici ce qu’en dit la magazine Time Out si vous voulez une opinion plus avisée (je ne suis pas critique gastronomique !) http://www.timeout.com/london/restaurants/rsj

Troisième et dernière étape : Grain Store à Kings Cross (http://www.grainstore.com). Je logeais dans un hôtel miteux mais pas trop cher (tout est relatif à Londres en matière d’hôtels) à côté de la gare de St. Pancras pour prendre un Eurostar très tôt le lendemain. Pour aller manger un morceau et boire aussi, je me suis promené dans le quartier si bien réhabilité qui borde les deux gares (St. Pancras et Kings Cross) au nord, du côté de Camden. Plein de possibilités en matière de bars, de pubs, de restaurants, tous assez fréquentés par un public essentiellement jeune et cosmopolite. Par choix un peu hasardeux (décor, relative tranquilité) j’entre dans un d’eux, intitulé Grain Store. Je suis bien tombé. 12 vins rouges, 8 vins blancs, un rosé (largement assez) ; trois bulles, deux Sherries y sont servis au verre. Et très bien choisis aussi ! J’ai dégusté un superbe Godello 2015 de Benito Santos (Galice, Espagne) et un très bon Riesling 2014 de Peter Laueur (Saar, Allemagne). 4 des blancs et 3 des rouges étaient français, autrement le choix était très éclectique quant aux origines comme des cépages. Les prix au verre allaient de 4 à 15 livres (un Condrieu pour ce dernier). Lieu très agréable avec cuisine ouverte, décor industriel remanié avec goût, service souriant et bien informé, nourriture excellente sous forme de tapas intelligentes et créatives, mais on peut aussi faire un repas classique. Est-ce qu’on trouve cela à Paris ? Je ne le crois pas, malheureusement.

Je vous ai déjà parlé de la différence entre les gares de St. Pancras et de Paris Nord sur le plan des vins et de la nourriture. Elle est encore plus accablante pour la France !

Je vais devenir Français, en tout cas, j’en ai fait la demande, mais force est de constater qu’en France on traite le vin assez mal en comparaison avec ce qui semble se passer outre-Manche où le service se fait avec le sourire, en tout cas là ou je me suis rendu. Une autre chose m’a frappé : si j’en juge par leurs accents, très peu des personnels de service dans tous ces établissements étaient anglais. Qu’en sera-t-il lorsque le stupide « Brexit » sera consommé ?

David


27 Commentaires

Guide des Vins Bio 2017: un de plus !

N’ayant pas le talent nécessaire, étant en plus d’un naturel plutôt aimable, je déteste me lancer dans l’exercice de la critique.

Mais voilà, lorsque je reçois un livre par la poste, en «service de presse» qui plus est, je me dis que ceux qui ont décidé cet envoi ont bien entendu dans l’esprit (et l’espoir) que j’en parlerais… en bien comme en mal, peu importe. Sinon, à quoi bon se donner la peine d’un envoi ?  Résultat, voilà que je me coltine un guide de plus ! Qu’on se rassure, en cette rentrée, il ne sera question ni du Bettane-Dessauve, ni du Guide de la RVF qui a rajouté deux vignerons languedociens au panthéon des grands vins (Marlène Soria et Basile Saint-Germain, rejoignent enfin Olivier Jullien !), ni du best-seller d’Hachette. Je ne les ai pas reçus à ce jour et cela n’a aucun caractère de gravité pour les avoir décortiqué ici plus d’une fois. En revanche, pour la première fois – normal c’est leur première livraison – je reçois le Guide Amphore des Vins Bio réalisé par deux gars, l’un que je ne connais ni des lèvres ni des dents, Christophe Casazza, qui se présente comme «créateur culinaire» tout en étant très porté sur le vin, l’autre que je rencontre de temps en temps lors de diverses manifestations journalistiques, Pierre Guigui, qui fut naguère responsable du vin chez Gault & Millau.

Pas de doute, la première partie de l’ouvrage, soit au pifomètre une trentaine de pages sans compter les photos, ne manque pas d’intérêt, même pour un «professionnel de la profession», espèce dont je crois faire partie. On apprend tant de choses bonnes à savoir sur l’histoire du mouvement bio que l’on se prend à regretter que les auteurs n’aillent pas plus loin en mentionnant, par exemple, quelques domaines pionniers qui ne figurent pas par ailleurs dans la seconde partie du guide. On voudrait un livre ne traitant que de cette épopée glorieuse, que de ce sujet – les pionniers du bio – et l’on se prend à croire qu’avec un joli brin de plume et de bons portraits un tel ouvrage pourrait être palpitant.

Parfois, non sans une certaine audace, l’ouvrage nous embarque aussi dans des considérations plus techniques. Chose appréciable et ma foi fort utile pour des commentateurs qui se disent « avisés » et qui affirment souvent tout et n’importe quoi, sur les réseaux sociaux notamment. Certains lecteurs aussi, j’en suis sûr, pensent encore qu’un vin se fait tout seul, comme par enchantement. Alors, ce genre d’article montre, à condition de le lire, combien la technique, la connaissance de la chimie aussi, ont leur importance dans la conception d’un vin. Avec au passage quelques rappels à la Loi – même techniques – qui, eux, là aussi, ne sont pas inutiles à connaître. Mais une fois de plus on aurait aimé que les auteurs, plutôt que de vanter les vins du Concours Amphore (en gros 60% du livre) dont ils sont eux même les initiateurs et organisateurs, explorent pour nous un peu plus profondément certains registres autour des vins bio et biodynamiques.

wp_20160908_014

Comme le sujet brûlant des sulfites ou des vins dits « naturels » que bien des consommateurs confondent encore avec les vins bios en général. J’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé là-dessus. Autre sujet important où une explication même technique s’imposait, l’apport de levures « indigènes » souvent préférées par les bio et biodynamistes aux levures sélectionnées aussi dites « commerciales ». Bref, il y a du bon comme du moins bon dans ce livre à la gloire du Concours Amphore (encore lui !), de ses «450 meilleurs vins bio du monde» (sans commentaire…) et de ses plus de 200 vins médaillés (sans commentaire non plus…). Et plein de questions. Outre leur médaille, qu’est-ce qui justifie  leur présence dans ces pages ? Pourquoi certains domaines bénéficient d’une description élogieuse pour un unique vin sans médaille probablement au détriment d’autres ? Qu’ont payé les vignerons par échantillon pour participer au concours? Ont-ils de nouveau déboursé pour avoir l’honneur de figurer dans le guide ? Pourquoi ne pas rappeler l’encépagement des vins que l’on décrit ? Pourquoi tant de mystères sur l’élevage? Et quid de cette mention relevée en fin d’ouvrage : «L’abus d’alcool est dangereux, etc» ?

Les résumés de dégustation ne lésinent pas sur les mariages mets et vins, tandis que le guide s’achève ne laissant que quelques pages à des vins argentins, allemands, chiliens, italiens ou autres (on déplore l’absence de l’Espagne et du Portugal, acteurs de plus en plus présents en bio), ainsi qu’une liste de bons cavistes spécialisés dont un seul, affilié à la région Sud-Est (!) représente le Languedoc et le Roussillon.

«Garde-toi bien de critiquer tes confrères, car ils ne manqueront pas de nous renvoyer l’appareil un jour». Voilà ce que me disait un rédac-chef dans une revue où j’officiais jadis. Alors, je vais cesser de chercher la petite bête tout en tentant d’être bref dans ma conclusion. S’il y avait au moins une bonne raison d’acheter ce guide (20,90 €, aux Éditions de La Martinière), ce serait pour l’interview édifiant d’Olivier Humbrecht sur l’acidité dans les vins en biodynamie. Enfin, cela est assez rare pour être signalé, j’en profite pour faire remarquer que cet ouvrage ne comporte aucune faute d’orthographe sur les appellations et les noms du vin.

Michel Smith

 


9 Commentaires

79 years from Lerné to Chinon

23.12.08Chinons
Chinon: The Vienne, the old town and the château

On Friday the French Government made it official: eight new communes to the west of the Chinon on the south bank of the River Vienne will join the Chinon appellation from the 2016 vintage.

Ironically some if not all of these eight communes – Brizay, Candes-Saint-Martin, Chinais, Couziers, Lerné, Saint-Germain-sur-Vienne, Seuilly and Thizay – could have been part of AC Chinon when it was set up in 1937 as this part of Indre-et-Loire is a westward extension of the clay limestone terroir of the south bank of  the Vienne – see Ligré, for example.

Apparently, however, the opportunity was turned down because the various communes’ mayors believed that becoming part of this new set up would mean higher taxes.

It was the lunatic and yet to be implemented reform of Appellation Touraine that pushed these eight communes to apply to be included within the Chinon appellation. The Touraine reforms ban 100% Cabernet Franc and 100% Chenin, which may just conceivably make sense in the Cher Valley east of Tours but certainly makes no sense at the western end of Indre-et-Loire. As Cabernet Franc and Chenin Blanc are the grapes of choice in these eight communes as they are in this part of the Loire, these producers were left as orphans faced with the prospect of selling their wines as IGP Val de Loire or as Vin de France.

I suspect that François Rabelais, the patron saint of these parts, would have appreciated this delicious absurdity. I am all in favour of a sensibly drafted appellation system but this Touraine reform is just idiotic micro-management. Not, however, as insane as ‘Brexit’….

It was back in March 2014 that the Chinon producers kindly extended a life-line to the eight orphans accepting their application in principle. There then followed four years of studies with the successful conclusion announced last Friday.

It is only eight kilometres from Seuilly to Chinon and 12 from Lerné but it has taken all of 79 years to get there….

 

Jean-MartinDutour10
Jean-Martin Dutour (Baudry-Dutour) and president of the Chinon producers

 IMG_2140