Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Arrêtons la dictature du faible dosage en Champagne

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Que la mode peut être stupide ! Malheureusement le vin n’y échappe pas.

Je sais, c’est les fêtes approchent et les articles habituels sur les « vins de fêtes » vont pleuvoir dans les journaux et les magazines. Mais cela n’est pas mon propos aujourd’hui, car je considère que les vins à bulles, de Champagne ou d’ailleurs, sont faits pour être bus toute l’année.

Je veux parler, une fois de plus, du dosage en Champagne, sujet qui semble obséder un petit nombre de professionnels snobinards qui cherchent à faire leur intéressant en toute circonstance. Voici un autre domaine  du vin ou l’information est trop souvent remplacée par des idées reçues ou des opinions personnelles.

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Le climat de la Champagne est un climat septentrional pour le mûrissement des raisins, même si les limites Nord de la viticulture ont tendance à remonter sous les effets du réchauffement climatique. Par conséquent, les vins de Champagne possèdent, naturellement, des taux d’acidité très élevés qui peuvent les rendre difficiles à aimer dans leur état brut. Quiconque déguste pour le première fois des vins clairs de Champagne (donc tranquilles et avant deuxième fermentation) peut le constater. La deuxième fermentation en bouteille modère un peu ces excès d’agressivité, surtout quand la période de vieillissement sur lies est prolongés. La maturité croissante des raisins au moment des vendanges aussi. Mais le vin de Champagne reste un vin relativement acide et cela ne peut pas plaire à tous.

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Historiquement, pour pallier cet inconvénient, on a appris à rajouter un peu de sucre au dernier moment à un vin de Champagne, juste avant de fermer la bouteille avec son bouchon définitif, c’est à dire  après l’opération de dégorgement qui aura permis l’élimination des levures ou lies. Ce dosage en sucre est réglementé et indiqué sur les étiquettes par des mentions comme suit :

  • doux : 50 à 100 grammes de sucre par litre
  • demi-sec : entre 32 et 50 grammes de sucre par litre
  • sec : entre 17 et 32 grammes de sucre par litre
  • extra dry : entre 12 et 17 grammes de sucre par litre
  • brut : moins de 12 grammes de sucre par litre
  • extra brut : entre 0 et 6 grammes de sucre par litre

Si les vins des catégories demi-sec, et surtout doux, sont devenus de plus en plus rares, de nos jours, il ne fait pas oublier qu’ils ont longtemps dominé la production de Champagne, ce qui explique cette habitude tenace qui consiste à servir un Champagne en fin de repas, alors que, la plupart du temps, ce Champagne est aujourd’hui un Brut et se trouve totalement inadapté pour accompagner un dessert – car il manque le sucre pour y faire face. J’en ai encore fait l’expérience amère samedi soir après le beau match du XV de France, chez une amie qui, pourtant, aime le Champagne !

Les premiers bruts furent introduits par la maison Pommery pour le marché anglais vers 1870, et le premier Champagne non-dosé pour ce même marché par Laurent-Perrier un peu plus tard. En France, on est resté plus longtemps attaché à des Champagnes demi-secs et doux, car le brut n’est devenu majoritaire dans ce pays que depuis le seconde guerre mondiale.

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Aujourd’hui il y a une certaine mode, encore très minoritaire sur le plan des ventes, pour des Champagnes moins dosés qui relèvent de la catégorie Extra-Brut, voir des vins sans dosage aucun qui peuvent s’appeler Brut Zéro, Brut Nature ou Non Dosé. Que faut-il en penser? La mode n’est jamais une raison suffisante pour tout accepter.

Lors d’un déjeuner de presse, j’ai entendu le journaliste gastronomique d’un hebdomadaire français qui fait dans le sensationnel énoncer avec un grand sourire d’autosatisfaction l’ineptie suivante : « l’appellation Champagne devait n’être accordée qu’à des vins non-dosés ». Je pense que l’ensemble de producteurs ainsi que le CVC accueilleraient cette proposition avec un grand éclat de rire et le dédain qu’elle mérite.

 

Je me permets ici (avec son accord) de reprendre quelques mots de mon estimé collègue Guénaël Revel, alias Monsieur Bulles, et grand spécialiste des vins effervescents, car je suis totalement d’accord avec sa position sur ce sujet :

 « Vous avez dosé à combien? » est la question la plus récurrente chez les professionnels du vin (sommeliers et chroniqueurs) face au chef de cave d’un champagne lors d’une dégustation. Une question dont le consommateur classique n’a aucune espèce d’idée du sens, mais qui depuis une décennie maintenant, pour une minorité d’éclairés, est devenue le « Je vous salue Marie » devant les cuvées qu’on lui présente. Éclairés ? Plutôt snobs, je dirais…guenael-revel-2010

Guénaël Revel

J’en ai assez, comme la plupart des chefs de cave qui ne peuvent ni le dire ni manifester leur agacement devant ces questions qui tournent autour du même sujet: le sucre dans le champagne ! Ils ne peuvent pas s’impatienter parce qu’ils ont du champagne à vendre et qu’expliquer la notion de dosage est à la fois long, complexe et glissant sur le chemin du marketing…

« Vous ne faites pas d’extra-brut ? » 
« C’est un peu dosé, non ? »
« Vous ne faites pas des Zéro dosage? »

Mais Bon Dieu – puisque j’ai commencé avec la Vierge Marie – quand allez-vous comprendre que le champagne a besoin de sucre ! C’est justement lui qui supporte les arômes, permet l’équilibre et même l’endurance du vin ! Oui, il existe des magnifiques champagnes très peu ou non dosés, bien construits et bien signés. Oui, c’est excellent, un Extra-Brut bien positionné à table. Cependant, la plupart sont davantage squelettiques et agressifs que ronds et expressifs. Ils sont donc décevants.

Bien sûr qu’il m’arrive aussi de commenter une bouteille en me questionnant sur la sensibilité du dosage, mais cela ne m’obsède pas ! Alors, pourquoi j’en ai assez ? 
Parce que si vous proposez une série de 20 champagnes à l’aveugle à des consommateurs profanes – comme à des professionnels de la dégustation d’ailleurs -, vous constaterez qu’il y a davantage de champagnes Brut que de champagnes Extra-Brut ou Zéro Dosage, qui sortiront dans le Top 5. 

Un sommelier me conseillait encore il y a deux semaines dans un resto:  » Vous connaissez l’Extra-Brut de Francis Boulard, c’est superbe. C’est tendu, c’est très naturel, ça fait très champenois. »Ça fait très champenois ! Au secours ! Même le Francis, il n’aimerait pas qu’on conseille son vin ainsi… J’aime beaucoup le champagne de Francis Boulard. Sauf que sur l’assiette de ris de veau grillés au beurre blond que j’ai commandée, il passera mal, son Blanc de Noirs. Un champagne de catégorie Brut bien sentie, voire au léger rancio développé, aurait été meilleur.

Mais d’où viennent vos élucubrations sur le dosage des champagnes Mesdames et Messieurs les sommeliers (ères) ? Vous a-t-on enseigné cela en école d’hôtellerie ? 

La tendance est-elle si lourde qu’il faille l’imposer à votre clientèle? La profession a déjà une image de suffisance; alors imaginez le snobisme que vous dégagez quand vous parlez de Zéro Dosage, de Brut Nature ou d’Extra-Brut ! C’est du chinois pour 90 % de vos clients ! 

Ne leur parlez pas de sucre, mais plutôt de parfums et de comportement. Ne leur dites surtout pas qu’il vont sentir ou goûter le yuzu, la mine de crayon ou la craie ! Ou la Champagne ! Vous en connaissez beaucoup vous, des clients qui ont léché un tableau noir pour connaître la saveur de la craie !? Le champagne a déjà l’image du snobisme face à l’océan du vin tranquille et même de la mer des vins mousseux; alors, s’il vous plaît, défendez-le simplement en parlant de vin blanc, de célébration et d’harmonie facile. N’allez pas prétendre ce qu’est la véritable saveur du champagne, parce que la véritable saveur du champagne, c’est avant tout celle du plaisir et de l’étonnement et non pas celle du sans sucre ajouté systématisé »

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Tom Stevenson

J’applaudis Guénaël et je milite pour la même cause. Un autre grand spécialiste de la bulle, le Britannique Tom Stevenson, ne dit pas autre chose à propos des Champagne non-dosés.

Se méfier des modes et des snobs, toujours !

 

David Cobbold


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Two fine dinners – Sticky Mango (London); The Harrow, Little Bedwyn

 Sticky Mango at 33 Coin Street, London SE1 9NR 


Chef Peter Lloyd

Nuno Rosa, head waiter at Sticky Mango 

(above and below)

 

 

The long established RSJ Restaurant now has an offspring – Sticky Mango, serving Asian street food. Sticky Mango has colonised and transformed the RSJ’s Yellow Room and the basement, while the RSJ Restaurant continues as before upstairs. Sticky Mango is a partnership between Nigel Wilkinson and Chef Peter Lloyd. Sticky Mango opened in October. 

On Wednesday evening (16.11.16) we ate there for the first time and were very impressed. Knowing Peter I expected the meal to be very good but we were really impressed by the quality and inventiveness of the food – just delicious.     

Sticky Mango, 33 Coin Street, London, SE1 9NR. Tel: 020-7803 9733 info@stickymango.co.uk Entrance on Stamford Street.

 

 The RSJ’s basement area transformed

(above and below)


Spicy banana blossom salad, bean sprouts,
Asian pear, crispy shallots, mint 

 G’s black shrimp, sun-dried pineapple, Jicama and pea shoots

 


Tempura soft shell crab
Singapore chilli sauce, fried steam buns


Jasmine rice
 

2015 Saumur Rouge, Domaine des Hauts de Sanziers
which worked very well with the spicy flavours
softening the tannins, which were evident 

when tasted before the food arrived 

•••

Great treat on Friday evening – dinner with good friends at The Harrow, Little Bedwyn. We chose the Set 6 Course Tasting Menu. Having taken the precaution of ordering our wines in advance we were served the Wiston Estate Sugrue-Pierre « The Trouble with Dreams » English sparkler very soon after our arrival in the busy restaurant. Made from 55% Chardonnay, 40% Pinot Noir and 5% Pinot Meunier, this is a lovely fresh sparkling wine with mineral acidity in the finish.

 Langoustine bisque with grilled sourdough

 

 Citrus cured salmon & Torbay crab with Exmoor caviar salt

(this dish was especially good)

 Cornish line caught turbot with Dorset clams & leeks

2004 Bin 7, Riesling, Clare Valley

Leasingham 

Looking through The Harrow’s wine list the 2004 Leasingham Riesling stood out. An Australian Riesling with 12 years bottle age and furthermore at a very reasonable price. I had no idea when I emailed Roger and Sue with my choice that I was ordering their last bottle of this wine. The screwcapped Leasingham certainly met expectations from the lovely evocative nose and flavour of lightly evolved Riesling – some lemon and lime, floral notes and peachy. Overall it was the purity of fruit and the wine’s vibrantly fresh finish that was memorable. 

Back in 1999 tasting a Yalumba screwcapped Riesling from the mid 1970s was an epiphany. This 2004 is further confirmation that Riesling – Oztralian certainly – ages brilliantly under screwcap.    

 

 

 Northumberland roe venison,
black pudding (
Charles Macleod from Stornaway), parsnip and morels

(above and below)

1996 Chinon, Domaine de la Noblaie 

Roger kindly invited to bring our own bottles along, so I chose to take one – this 1996 Chinon from Domaine de la Noblaie. It showed brightly with enticingly spicy aromas and generous soft fruit and a long balanced finish. Furthermore it turned out that the 96 Chinon and the venison were made for each other. 

The 1996 was made by François Billard, whose main job as the time was teaching oenology at the Lycée Viticole at Montreil-Bellay. It wasn’t until 2003 that his son Jérôme returned to the domaine after his studies and after working in various parts of the world to take over.

 

Selection of five English cheeses
– we shared this between the five of us 
 

 Boiled egg & soldier 

– very inventive pre-dessert

Orchestrated chocolate while 

including a cherry parfait  

The Harrow is highly recommended. Both the food and the wine list are wonderful. The service is very efficient, while being friendly and relaxed. A delight! 

ChevereJm

 

JIM


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Une verticale sur 10 ans de trois domaines médocains

CA Grand Crus, filiale du Crédit Agricole, possède un certain nombre de domaines viticoles, surtout à Bordeaux. Si cette entité a récemment vendu le Château Rayne Vigneau à Sauternes, il lui reste, dans le Bordelais, les châteaux Grand Puy Ducasse à Pauillac, Meyney à Saint Estèphe, La Tour du Mons à Margaux et Blaignan dans le Médoc, ainsi que le Clos Saint Vincent à St. Emilion, puis, en Bourgogne, le Château de Santenay: soit près de 350 hectares de vignes en tout. Cela en fait, non pas un géant de la viticulture, mais un des « institutionnels » ayant une véritable politique de vin. La Directrice Technique des domaines est Anne Le Naour et le Directeur Général Thierry Budin.

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J’ai eu la chance de pouvoir participer, la semaine dernière, à une très intéressante dégustation verticale, parfaitement organisée, qui présentait 10 millésimes de trois de ces propriétés : Meyney, Grand Puy Ducasse et La Tour de Mons. La période couverte par cette dégustation allait de 2006 à 2015, ce dernier étant représenté par des échantillons en cours d’élevage. Cet article sera un compte-rendu de ma dégustation avec quelques mots de présentation des domaines et une conclusion.

Les prix des vins

Voilà un sujet qu’il ne faut jamais éluder lorsqu’il s’agit de vins en général, et de grands vins de Bordeaux en particulier, tant cette catégorie a été soumise à des effets spéculatifs déraisonnables ces dernières décennies. Une bonne nouvelle en ce qui concerne ces trois vins : les prix restent raisonnables pour le secteur. Pour les millésimes que j’ai dégusté, les prix de Château Meyney (Saint-Estèphe) vont de 25 à 40 euros selon le millésime, le plus cher étant le 2010 qui est devenu difficile à trouver en France. Le magnifique 2006, par exemple, ne vaut que 30 euros, ce que je pense être une excellente affaire; ce vin est du niveau d’un cru classé mais à des prix autrement plus abordables. Pour Grand Puy Ducasse, cru classé de Pauillac, la fourchette est de 35 à 50 euros, et pour La Tour de Mons, cru bourgeois de Margaux, elle se situe entre 15 et 25 euros. Vu ces prix et la dégustation que j’ai faite, Meyney en particulier représente une très bonne affaire en ce moment.

Les vins chateau-meyney-saint-estephe

Château Meyney

Je commencerai par Meyney car ce fut mon vin préféré des trois pour l’ensemble des millésimes dégustés. Le Château Meyney est l’une des plus anciennes propriétés du Médoc. En 1662, les propriétaires en étaient les Pères Feuillants, artisans des premières plantations. Aujourd’hui, le vignoble de 51 hectares d’un seul tenant s’étend sur des croupes qui dominent la Gironde. Outre les graves qui composent le sol, on observe ici, comme à Petrus, une veine d’argile bleue en sous-sol, à environ 2,6 m de profondeur sur quelques 3 m d’épaisseur. CA Grands Crus a racheté la propriété en 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil.

Je sais bien que les notes ne sont pas une panacée mais elle me semblent très utiles pour juger de la qualité relative d’un vin dans un contexte donné et, dans ce cas, tous ces vins sont comparables car venant de la même région et utilisant les mêmes cépages. Ma note moyenne pour les 10 millésimes dégustés de Meyney était de 16,9/20, ce qui est très élevé, surtout compte tenu du fait que deux millésimes dits « faibles » (2007 et 2013) faisaient partie de la série.

Château Meyney 2006

Nez resplendissant, très expressif et d’une intensité de fruit assez exceptionnel pour un vin de 10 ans. Cela se confirme en bouche, donnant un vin riche, raisonnablement charnu et éclatant de vie. Très beau vin d’une grande finesse et qui donne un plaisir immédiat maintenant. (18,5/20)

Château Meyney 2007

Le nez est assez torréfié et les tanins semblent denses pour un millésime relativement léger. Du coup ils tendent à assécher un peu le palais en fin de bouche. Mais pas de trace de saveurs végétales. (15/20)

Château Meyney 2008

Ce millésime fait partie de ceux qui se trouvent, et depuis un moment, en phase austère, voire fermée – et ce vin ne fait pas exception à la règle. jugeons-le plutôt sur sa belle charpente et sa longueur prometteuse. Certainement à attendre encore un bout de temps. (16/20)

Château Meyney 2009

A côté d’autres vins de la région dans ce millésime un peu atypique par son exubérance, celui-ci se la joue droit et fin. Il contient néanmoins une belle richesse de matière qui donne une texture charnue et une grande longueur. (17/20)

Château Meyney 2010

Comme bon nombre de vins de ce très grand millésime, celui-ci est en train de se fermer. Mais on sent une très belle fraîcheur qui s’accompagne de beaucoup d’intensité dans les saveurs. La longueur impressionnante annonce un très grand classique. (18,5/20)

Château Meyney 2011

La structure est ferme et ce vin semble aussi dans une phase austère. Bonne précision dans les saveurs, même si cela semble un peu mâché pour l’instant. (15,5/20)

Château Meyney 2012

Une vrai réussite que ce vin fin, précis et long en bouche. J’ai beaucoup aimé son équilibre quasi-parfait entre tanins et fruit. (17/20)

Château Meyney 2013

Un bien joli vin dans un millésime difficile. Précis et fruité, assez soupe et agréable dès maintenant. (16/20)

Château Meyney 2014

Encore une fois la qualité du fruit ressort. La matière a clairement plus de potentiel que pour le 2013, et, logiquement, l’extraction est plus importante. Du coup le fruité exalté est souligné par une belle structure et prolongé par une excellente longueur. (17,5/20)

Château Meyney 2015

Encore plus d’intensité que le 2014. Il faudra attendre la mise en bouteille définitive mais ce vin est très prometteur, complet et long. (18,5/20 : note provisoire)

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Château Grand Puy Ducasse

Les 40 hectares du vignoble de ce Grand Cru Classé sont répartis sur trois grandes parcelles dans l’aire de Pauillac. On doit cette configuration originale à son fondateur, Pierre Ducasse, qui a rassemblé sous un même nom ce vignoble au XVIIIème siècle. Fait unique parmi les crus classés de cette appellation, les bâtiments, dont la belle maison 18ème, se trouvent dans la ville de Pauillac et regardent l’estuaire à travers la rue qui longe les quais (voir photo). Il appartient à CA Grands Crus depuis 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil, comme à Meyney.

Château Grand Puy Ducasse 2006

J’ai été gêné par une pointe d’amertume en finale ainsi que par un profil sec et anguleux de ce vin. Ce n’est pas un mauvais vin, mais il est loin de la qualité de Meyney dans ce millésime. (15/20)

Château Grand Puy Ducasse 2007

Joli fruité et un vin assez complet qui me semble bien réussi dans ce millésime. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2008

A toute l’austérité qui est si typique de ce millésime; A attendre impérativement car peu de plaisir pour l’instant. (14,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2009

Le profile atypique est chaleureux de l’année l’aide beaucoup par rapport aux trois millésimes précédents. Long et intense, bien fruité, mais avec juste une pointe d’alcool en finale et une petite touche d’amertume dans les tanins. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2010

Vin aussi intense que complet. Très belle équilibre entre fruité, acidité et structure tannique. Aussi beau que long. Facilement le meilleur millésime de ce château dans cette série. (17,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2011

Très bon aussi, dans un millésime qui n’a guère attiré des louanges pourtant. J’aime aussi son équilibre qui repose en partie sur un refus de trop extraire. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2012

Le bois domine trop le nez pour le moment, et la matière me semble anguleuse avec une finale très sèche. Préférez le 2011 ! (14/20)

Château Grand Puy Ducasse 2013

Bien plus harmonieux au nez que le 2013. Vin juteux et frais, donnant encore une réussite dans un millésime pas évident. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2014

Le fond est puissant mais il embarque avec lui un très joli fruité et des tanins murs. Très bon équilibre. (16,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2015

On sent davantage de densité qu’avec les autres millésimes sauf le 2010. Mais il est austère pour l’instant et les tanins finissent un peu sec. A voir plus tard (pas noté car je suis incapable de le juger à ce stade).

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Château La Tour de Mons

Les 48 hectares du vignoble de ce Cru Bourgeois sont répartis dans la partie Nord de l’Appellation Margaux, sur les bords de la Garonne. Le vignoble est planté ainsi: 56% merlot, 38% cabernet sauvignon, 6% petit verdot. Le domaine est administré par CA Grands Crus depuis 2012 seulement, donc seuls les 4 derniers millésimes dégustés ont été réalisés sous sa responsabilité. L’œnologue conseil est Eric Boissenot.

Château La Tour de Mons 2006

Un joli nez fumé et un palais intense mais trop austère. Finit sèchement. (13,5/20)

Château La Tour de Mons 2007

Plus souple, ce qui donne un vin agréable qui exprime un fruité arrondi dans ce millésime peu côté (14/20)

Château La Tour de Mons 2008

Plus complet que le 2006, mais il garde le profil austère typique de l’année. (14/20)

Château La Tour de Mons 2009

Le richesse de ce millésime lui fait du bien. Il n’abandonne pas son carapace austère mais il a plus de fruit et une belle longueur. (14,5/20)

Château La Tour de Mons 2010

Le nez est fin et les arômes sont empreints d’élégance. Si la structure reste ferme à ce stade, l’équilibre est là. Un bon vin. (15/20)

Château La Tour de Mons 2011

Je découvre un peu ce millésime dont on parle si peu et je trouve encore un très joli vin avec un fruité joyeux, de la finesse et une belle structure qui joue les prolongations. (15,5/20)

Château La Tour de Mons 2012

Peut-être est-il en phase de fermeture mais ce millésime me parait serré et assez austère, bien que les saveurs aient une bonne précision et que les tannins soient fins. (15/20 ?)

Château La Tour de Mons 2013

Vin plus claire, dont l’extraction a été allégée à juste titre. C’est une réussite dans ce millésime. (14/20)

Château La Tour de Mons 2014

Un très joli vin, avec un beau fruité et des tanins raisonnables, donc en phase avec la matière. (15/20)

Château La Tour de Mons 2015

Le potentiel est bien là, avec de l’intensité, beaucoup de fraîcheur et une bonne longueur. (16/20)

 

Conclusion

Trois domaines manifestement très bien gérés et dont les progrès, en matière de précision et de finesse, m’ont semblé évident sur les derniers millésimes.

Cerise sur le gâteau : les prix sont très abordables pour leurs catégories respectives.

 

David


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Tim Brown (aka Aaron Timmer Brown) persona non grata in wine

brown1Hatted Tim Brown (aka Aaron Timmer Brown) in Catalonia 

There is a new app called Wine.Pop now doing the rounds. It aims to sign up wineries/producers for an annual fee to bring visitors to them. With the growth of oenotourism this is a sensible idea. Unfortunately, however, there is a massive obstacle to its success – fraudster Aaron Timmer Brown.

Let me explain. This is a story that starts with cycling and ends for the moment in wine. 44-year-old Aaron Timmer Brown was born in Canada. He blagged his way into cycle journalism claiming to have done some racing, although there is apparently no evidence to support this claim.

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Brown became involved with a new biking website called Cyclismas with Lesli Cohen as business partner. In 2012 Paul Kimmage, an ex-pro rider and now outspoken cycle racing journalist, was threatened with a libel action by fellow Irishman Pat McQuaid, then president of the Union Cycliste Internationale, Hein Verbruggen, McQuaid’s predecessor at the UCI, and the UCI itself.

Cyclismas rapidly organised a defence fund for Kimmage. This proved to be a very popular cause and some $92,000 was raised from many donors – myself included. Unfortunately Aaron Brown got sole control of this fund. He did pay out $23,164 to Paul Kimmage for legal expenses but the remaining $69,935 stayed either firmly stuck to Brown’s pockets or was used to support him in Spain where he moved in early 2013.

Lesli Cohen successfully brought a legal action against Aaron Brown in Massachusetts to both dissolve the business partnership and raise the disappearance of the Paul Kimmage Fund. Aaron Brown failed to attend the court claiming that it lacked legitimacy! The reality appears to be that his lawyer despaired of getting any straight and truthful answers out of Brown as well as being convinced that she would not be paid.

In early 2015 the court judged that Lesli Cohen shall recover $46,862.06 plus post judgment interest from Brown and that Bill Hue, one of the Kimmage donors who joined the action was entitled to $84,580.25 with post judgment interest – $27.92 a day. As far as I know Brown has yet to pay a cent of this judgment, so that he now owes well in excess to $100,000.  A strong incentive to remain in Spain and not venture back to the USA.

Aaron Timmer Brown is also wary of returning to his native Canada, where he owes at least $77,031 to Jennifer Brown in maintenance/child support. He is due to pay $1700 a month but over the period 17.6.2009 to 22.6.2011 forked out only $248.

Having screwed as many people in cycling as possible and with the doors slammed against him, Aaron Timmer Brown or Tim Brown, as this parasite now calls himself, has decided to reinvent himself as a wine expert with particular expertise and love for the wines of Catalonia. His initial wheeze was to persuade four local wineries to invest 500€ a month for a year in the production of a video called the Grapes of Catalunya supposedly due out in January 2016. To date, unsurprisingly, there is no sign of this video apart from a few snippets on the internet – rather a poor return for 24,000€.
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Brown claims that the video is still in production. This may be but its dedicated website has disappeared and is now up for sale. If The Disappearing Catalunya Grapes video ever does appear I will be happy to give it coverage.
So Wine.Pop is the latest wheeze to involve Tim Brown (aka fraudster Aaron Timmer Brown). Sinisa Curavic is the public face of Wine.Pop. Unfortunately, although Sinisa is fully aware and shocked by Brown’s background he has clearly decided to continue to be involved with Brown. I can only assume Sinisa trusts Brown’s word more than he does court documents ….. Both were reported to attempting to sign up producers to Wine.Pop at the big Verema event at the Museu Marítim in Barcelona yesterday.
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Sinisa Curavic, the public face of Wine.Pop
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ArteBacchus to Wine.Pop
The Wine.Pop app started life as ArteBacchus, which was developed by Tomas Volts –Mister Pop on Twitter. It is not clear whether the further development of the app is being funded by Tomas Volts and ArteBacchus. An alternative possibility is that Brown has prised some notes from the looted Paul Kimmage Fund from his sticky trousers and has invested in Wine.Pop. This might explain why Curavic hasn’t yet managed to banish Brown from Wine.Pop. Having met Sinisa in Jerez in back in February, I would have thought he was certainly savvy enough to realise that any association with fraudster Tim Brown would be both detrimental to Wine.Pop and his own reputation. Sinisa Curavic’s continuing association with the fraudulent Tim Brown is thus somewhat of a regrettable mystery.
In contrast to Curavic’s continued association, several of the Ambassadors signed up by Brown and Curavic to persuade wineries to pay an annual fee to become part of Wine.Pop have very understandably put as much distance between themselves and Brown/Wine.Pop as soon as they were aware of Brown’s fraudulent past.
This member of Les 5 du Vin certainly urges producers not to sign up to Wine.Pop, while Tim Brown (aka Aaron Timmer Brown) has anything to do with this app.
Message to Brown – we don’t need people like you in the wine industry. Make yourself scarce. 

Jim Budd
JimVitLoire-Benoît Gautier 


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Le hasard fait bien les choses, parfois (la surprise venue des Canaries)

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Lors de mes pérégrinations récentes dans des bars d’une partie de l’Andalousie, à la recherche des Manzanilla et des Jérèz (voir mon article de lundi dernier), j’ai bu, dans un bar à tapas à Granada (La Tana, ci-dessus et très recommandé), un vin rouge qui m’a beaucoup plu.

Il avait un goût que je n’avais jamais rencontré auparavant. Il est difficile de le décrire rétrospectivement, mais il avait une texture assez suave sans être parfaitement lisse, des tanins fins mais assez peu marqués, une acidité suffisante mais relativement faible, un fruité raffiné de bonne intensité, une corpulence moyenne et une très bonne longueur. Il avait aussi quelque chose de légèrement terreux mais pas dans un sens péjoratif.

Dit comme cela, je me rend compte que c’est d’une banalité affligeante et qu’une telle description ne vous donnera aucune notion du goût de ce vin. N’ayant pas pris des notes, je suis incapable de faire mieux maintenant, mais ce vin m’a paru singulier, en tout cas différent de tout ce que j’ai pu déguster avant. Je me demande, en outre, si l’on est capable de décrire les sensations et émotions qui peuvent déclencher un vin au moment de sa dégustation. Les longues liste d’arômes que je vois dénommés parfois me semblent relever d’un fantasme issu des Précieuses Ridicules. Mais mes propres descriptions, généralement bien plus étriquées, ne valent pas mieux !

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Ayant beaucoup aimé ce vin, j’ai demandé à voir le flacon, car le barman de cet excellent bar à tapas, qui était archi-bondé un vendredi soir, m’avait simplement demandé si je voulais mon verre de rouge plutôt suave ou plutôt puissant, ce que je trouve bien plus pertinent que de nommer une appellation ou un producteur.

En regardant l’étiquette je constate que le vin venait des Canaries et, en faisant des recherches, j’apprends que son cépage est le Palomino Negro, aussi connu sous les noms de Listan Negro ou de Listan Prieto. Le Palomino Blanco est la variété de base de la plupart des Jérèz, mais je ne connaissais pas sa variante foncée. Il paraît qu’il est largement planté aux Iles Canaries, avec plus de 5.000 hectares. Il ne s’agit donc pas d’un cépage rare. De plus, les analyses génétiques lui ont trouvé une identité commune, malgré quelques différences due à sa reproduction par semis de grains plutôt que par bouturage, avec le cépage connue sous le nom de Misión, très largement planté en Amérique du Sud et en Amérique Latine, y compris jusqu’en Californie, autrefois.

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N’ayant pas encore eu le plaisir de visiter les Iles Canaries, ma source d’information sur le vin vient du web, et particulièrement du site très bien fait du producteur de ce vin que j’ai tant aimé. Bodegas Viñátigo puise ses racines dans une parcelle de vignes centenaires située près du village de La Guancha, sur la partie nord de Tenerife. Aujourd’hui le domaine possède huit parcelles différentes, dispersées dans des localités variées de Tenerife, mais vinifie également des raisins achetés auprès de vignerons sous contrat avec des objectifs qualitatifs. Le projet de Viñátigo est de rénover la vinification locale tout en préservant l’héritage des variétés locales. Outre le Listan Negro, ils produisent des vins à partir de Gual, Marmajuelo, Vijariego, Tintilla, Baboso, Malvasia et d’autres, parfois réintroduit par eux-mêmes.

Le vin de Viñatigo que j’ai dégusté ce soir-là ne vaut que 10 euros en Espagne et j’en aurais bu la bouteille entière avec plaisir. Je ne crois pas qu’on puisse le trouver en France, mais il est bien diffusé aux USA, parfois au double de ce prix. J’espère pouvoir m’organiser un voyage aux Canaries prochainement et rendre visite à ce producteur.

David

PS. Peut-être que Marie-Louise pourra nous éclairer davantage sur ce producteur et ses vins ? 


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Vins mutés (ou pas) (1) : La tradition du Xérès est-elle en perdition?

Tout au long de cette semaine, Les 5 du Vin vous proposent une série sur les vins mutés, vinés, fortifiés (ou parfois simplement passerillés)  placée sous le signe de la diversité des origines et des styles (celui des vins comme celui des goûts des auteurs). C’est notre ami David qui s’y colle le premier, avec sa majesté le Jerez…

 img_7872Un des bars de mon pèlerinage si agréable mais aussi un peu frustrant

En défendant ces vins extraordinaires qui sont les Jérez/Xérès/Sherry (je vais parler dans cet article surtout des secs) j’ai parfois l’impression d’être le défenseur d’une cause perdue. Il est possible que Michel Smith pense sur les mêmes lignes, lui qui connaît ces vins-là bien mieux que moi. Il nous le dira peut-être. En tout cas, un très récent voyage en Andalousie m’a permis de constater l’absence presque totale de ces vins, à part quelques Manzanillas, sur les cartes de vins.

De surcroît et j’étais presque la seule personne à en demander et à en boire dans ces bars ou salles de restaurant remplies, essentiellement, de locaux. Tout récemment, sur ce blog, j’ai écrit sur deux autres régions ayant également une longue tradition des vins mutés et ayant, je pense, un peu de mal à les vendre de nos jours: Banyuls et la Barossa Valley en Australie.

Les vins de flor de Xérès constituent une sous-catégorie à part parmi les vins mutés car ce mutage intervient à la fin de la fermentation : les Xérès sont donc, pour la plupart, parfaitement secs. Je ne rentrerai pas ici dans les détails d’élaboration des différents types de Xérès, car non seulement l’affaire est complexe, mais ce n’est pas le but de mon article qui relève plutôt du mini-reportage anecdotique.

img_7873Je sais que ce n’est pas le sujet, mais la morcilla de cette charcuterie est une vraie splendeur, bien relevée et presque sans gras

Au moment d’écrire ces lignes, je me trouve dans la province d’Andalousie, dans le Sierra Nevada non loin de Granada. Le but de mon voyage n’est pas professionnel : je suis venu voir des amis qui y vivent et marcher un peu dans la montagne et dans les villes aux alentours avec eux. Un dernier bain de mer de l’année (et tout cas pour moi) fut aussi au programme.

Après nos marches, il faisait bon s’arrêter dans un bar pour boire une bière suivie, dans mon cas du moins, par un verre de Xérès. Les bouteilles de Manzanilla, et plus rarement aussi de Fino, sont là, au frais, mais je constate en général que je suis le seul dans le bar à en demander : bière, café ou coca-cola y règnent, presque exclusivement, et je n’y vois que rarement un verre de vin. Je sais que la consommation de vin est en baisse dramatique en Espagne, bien plus encore qu’en France. Je crois même que les Espagnols consomment moins de vin par habitant de nos jours que les Britanniques ! Mais là, j’en ai l’illustration devant mes yeux, d’une manière quotidienne, et ce n’est pas la première fois que je le vis. Dans les bars à tapas de Grenade, un vendredi soir, les choses se passent autrement car il y a une consommation plus importante de vin. Mais la bière tient toujours une part importante. En revanche, le Xérès (ou son cousin de la région de Cordoba, le Montilla-Moriles) est presque totalement absent. D’ailleurs si vous demandez un vin de Jerez, on vous regarde avec de grands yeux. Manzanilla semble être le principal type de Jerez connu par ici.

img_7876J’aimerais tant qu’un tel panneau soit posé à l’entrée de chaque bar et restaurant. On peut toujours rêver !

Voici quelques vins dégustés lors de ce périple. Ils ne sont pas le fruit d’une recherche poussée auprès de bars-à-vins à la mode des grandes villes, mais plutôt le reflet de la réalité dans les bars modestes des villages, tout aussi modestes, et de quelques villes de cette région de montagnes.  Il faut aussi faire attention en commandant une manzanilla dans un bar non-spécialisé, car une fois, on m’a apporté une tisane à la camomille, le même mot désignant les deux substances !

img_7890A Quentar, un peintre en bâtiment tente de rivaliser avec le ciel, sans totalement y arriver

Au Bar Perico (qui signifie perroquet) à Quentar : une Manzanilla Fina ???? (j’ai oublié de noter son nom et ma photo ne m’éclaire pas trop). Vin frais, fin et directe, goût d’amande amère, légèrement salin. Mais les autres consommateurs boivent de la bière ou du coca

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Bar l’Auténtico à Güejar-Sierra, la Manzanilla La Guita. Davantage de fruit mais le même degré de finesse. Délicieuse salinité aussi.

Puis un grand classique: le Palomino Fino Tio Pepe. Plus de force et de longueur que la Manzanilla. Ce vin très largement diffusé dans le monde est d’une régularité exemplaire.

 

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Sur la route vers Jaén et Ubeda, dans un relais routier : la Manzanilla Muyfina, de Barbadillo. Correcte, sans plus.

 

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A Ubeda, dans un bar a tapas, la Manzanilla Papirusa, de Lustau. Peut-être le meilleur jusqu’à présent, alliant la finesse à une certaine force. Belle longueur.

 

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A Grenade, dans un bar à tapas, à côté de l’arrêt des autobus, la Manzanilla Solear de Barbadillo. Excellent, de la complexité et une bonne longueur, très savoureux.

 

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Puis, pour (presque) finir, un autre produit de Barbadillo, acheté dans un petit magasin de bord de mer, dans un village situé au nord d’Almeria et appelé Rodalquilar : Manzanilla Solear en Rama, Suca de Primavera 2016. Très iodé et puissant au nez, bien plus riche en bouche, saveurs d’amande amère et d’herbes. Là on commence à causer sérieusement car celui-ci a beaucoup de répondant  (prix pour une demi-bouteille : 7,50 euros). J’ai oublié de préciser que ce type de vin se consomme jeune et frais, et le fait d’avoir un millésime dans ce cas (il était le seul d’ailleurs), aide à nous situer l’âge du vin.

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Selon ce que j’entends de mes amis, les gens de Cordoue et des environs considèrent que les vins de Montilla Moriles sont supérieurs à ceux de Xérès. Querelle de clocher sans doute. En tout cas, dans la même boutique, j’étais tenté d’acheter une bouteille d’un Palo Cortado 100% Pedro Ximenez, vieilli 5 ans en barriques de chêne américain, le Palo Cortado Cruz Condé, DO Montilla Moriles; et j’ai cédé, bien entendu : robe brune aux reflets verdâtres, le nez n’est pas très expressif mais en bouche, on trouve cette fascinante combinaison entre concentration par l’oxydation, qui donne une  belle complexité aromatique des saveurs grillées et rôties, puis une finale presque sans trace perceptible de sucre, à part un lointain écho de miel de foret. Il est même assez austère. Un vin pour une méditation automnale en regardant la lumière baisser sur la Sierra Nevada.

img_7892Avant hier soir, les première neiges de l’année sont tombées sur les cimes de la Sierra Nevada. Les olives attendant leur récolte….

David (texte et photos)


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Two recent no nonsense wine books

Simon Hoggart: Life’s too short to drink bad wine – over 100 wines for the discerning drinker, Quadrille, 176 pages, £14.99,
Revised and updated by Jonathan Ray

Jerry Lockspeiser: Your Wine Questions Answered – the 25 things wine drinkers most want to know, Citizen Press,163 pages, £8.99 on Amazon or £5.99 Kindle edition

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The late Simon Hoggart was a journalist and broadcaster, who wrote for the Guardian and Observer for 45 years until he died of cancer in January 2014. He was perhaps best known for his often wickedly funny Westminster parliamentary sketches. He also wrote a regular wine column for Punch magazine.

Hoggart was a wine enthusiast and his choice of 100 wines reflects this. He selects wines that are interesting to drink rather than compiling a list of trophy labels. Life’s too short opens thus: ‘First things first, These are not the top finest wines in the world. Very few of us could affords those. Last time I looked, the 1990 Château Le Pin cost £3,800 Per bottle! The same vintage of Château Petrus was £3,600. I know they say that every single grape that goes into Le Pin is personally inspected by the vigneron, but even so, these prices are ludicrous. Only very rich and vulgar people can afford them.’

‘Instead I have chosen 100 wines which are, in their entirely different ways and at their entirely different prices, delicious.’ Hoggart adds: ‘But I have always believed that you can detect wines that are made from love, as opposed to those that are made to turn a profit. You can do both at the same time – what winemaker wishes to make a loss? – but you cannot fake the dedication, the care and the character.’

This well written and opinionated book is peppered with Simon’s humour and amusing anecdotes.  But on occasions, he can make sweeping statements. For instance, in his entry on Savennières–Coulée de Serrant, he claims that: ‘Most white wines don’t age all that well. Even a good one can be a touch disappointing after a year, distinctly off after two, and undrinkable after three.’ Although Simon gives credit to Chenin Blanc to be an exception, it is my experience that a good number of dry white wines can keep many years and gain complexity. This includes some extraordinary Portuguese whites from Bairrada and Colares. It does, of course, depend upon personal taste – some people will prefer fresh youthful flavours, while others will also enjoy those that are more evolved.

This new edition has been revised and updated by Jonathan Ray, son of wine writer Cyril Ray. Life’s too short is an amusing read to be dipped into and prompts you to try an eclectic range of wines from around the world.

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Jerry Lockspeiser was the founder and owner of the very successful Bottle Green wine business until he sold out a number of years ago. All the money from his recently published ‘YOUR WINE QUESTIONS ANSWERED: The 25 things wine drinkers most want to know’ will be donated to the Millione Foundation, which Jerry started with Mike Paul and Cliff Roberson to fund primary schools in Sierra Leone.

In the book’s opening answer on Cabernet Sauvignon, Jerry cites that in the UK 26 million of us drink wine regularly buying around 1.7 billion bottles a year for an outlay of £12 billion. Supermarkets have a 75% share of this market. ‘The average shopper spends more on wine in a supermarket than any other category, beating frozen food in second place and fresh meat in third. But despite the huge financial outlay most of us are shooting blind.’

A recent extensive survey involving thousands of wine revealed that 42% of those questioned knew that Chenin Blanc was a grape variety and 50% that Cabernet Sauvignon was also a grape and 28% identified Rioja as a region. ‘Of the thirteen questions only 5% of respondents got more than half right. That means that a whopping 95% were wrong more often than they were right.’

Jerry attacks impenetrable, complicated and meaningless wine descriptions. He gives Berry Bros & Rudd’s description of a Château Miraval Rosé:

« The transparent Ruinart-style bottle allows the evanescent almost luminous colours to tease a gentle pink. The blend is equally shared by Cinsault, Grenache, Syrah and Rolle (aka Vermentino), with the Syrah partially macerated on its skin by the saignée method.

Aromatics of forest floor and wild strawberry with hints of herb, cede to an impressive palate, reassuringly yet deceptively powerful. Flinty, citric notes underwrite a classic red fruit core, all in a subtle minor key but with a resonant, eloquent finish. Ideal to match fruits de mer or salade niçoise. »

Come again?

Each of the 25 questions are explored in some depth with a summing up at the end – ‘In one gulp’.

Among the questions that Jerry tackles include:
‘Do more expensive wines always taste better? – ‘The results are clear. When they don’t know what the wine is, most people can’t tell which is cheap and which is expensive.’
Which wines have the fewest calories? ‘The calories in wine come mainly from the alcohol, secondly from the sugar. The lower the alcohol the fewer the calories. To reduce calories choose lower alcohol, drier wines, and drink less.
Are heavily discounted wines worth the full price? ‘Interpretation of worth is personal. A wine is worth a particular price if you like it enough, it isn’t if you don’t. The answer is complicated for heavily discounted wines because we ‘taste’ the deal as well as the wine. Many could be sold at an intermediary price all year round. When they are we buy less.’

Good detailed and thoughtful answers here making Questions answered well worth the asking price, especially as the money goes towards building schools in Sierra Leone.
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