Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


Poster un commentaire

Shorts – NZ tasting + St John

bu0a0656

bu0a0655

Yesterday was the annual New Zealand London tasting. I spent a little over an hour there as I find large generic tastings increasingly uncongenial – must be a sign of reaching middle age, I suppose …….

Anyway I did spend enough time at the tasting to discover the wines of Clos Marguerite, a small producer in Marlborough. As the name might indicate this 10-hectare vineyard has close links with a French speaking country – not France but Belgium. It is owned and run by Jean-Charles Van Hove and Marguerite Dubois from Belgium where they married and then set off to New Zealand to seek their fortune – or rather establish their own vineyard.

In 1998 they bought 10 hectares in the Awatere Valley, the most southernly part of Marlborough and most enclosed valley. It wasn’t until 2000 that they started to plant.See here. In the meantime Jean-Charles worked as wine-maker for a number of NZ companies. See here.

 

There were three Clos Marguerite wines to taste – 2016 and 2015 Sauvignon Blanc and the 2012 Pinot Noir. I was impressed by the nicely restrained 2016 Sauvignon Blanc – the 2015 is a little more opulent but still attractive. Equally I liked the quite bricky coloured 2012 Pinot Noir with its silky texture, delicacy and length. The wines are distributed in the UK by Clark Foyster.

bu0a0670
Isabelle Clark and Lance Foyster MW

•••

bu0a0644Sophie Lafourcade Cachard, Domaine les Luquettes, Provence 

bu0a0640
Diane Cauvin, Château Colombière, Fronton

On Saturday we were invited to join St John Restaurant‘s annual growers lunch, which was a great opportunity to taste many of the wines on the restaurant’s list, meet the growers and enjoyable a long lunch – we could get addicted to this. Above are two of the growers, whose wines we particularly liked and who were present at the lunch – Diane from Fronton and Sophie from Bandol.

CRM and I are planning a charity ride from Pauillac to La Livinière in the Minervois where Trevor Gulliver and Fergus Henderson, the owners of St John, have a vineyard. The ride will be to raise money for a Parkinson’s charity as Fergus had had this disease for some time. We will be riding in June to coincide with Fergus and Trevor’s annual Fête des Vins in La Livinière. More details to follow.

Jim Budd


28 Commentaires

Mais d’ou viennent ces arômes de pétrole dans le Riesling ?

280px-riesling_grapes_leaves

Ce sujet fait débat, mais mon but n’est pas de créer de la polémique. Il est, au contraire, d’écouter les avis et les expertises des intéressés et d’essayer d’obtenir une explication pour la famille d’arômes qu’on peut qualifier de « type hydrocarbure » et qui se trouve dans certains rieslings, mais pas dans tous. Que ce genre d’arôme soit désirable ou pas est une simple question de goût et je défendrai le droit de quiconque d’aimer cela : après tout, c’est la diversité des vins qui est le fondement de l’intérêt de cette boisson. Même si, à titre personnel je déteste ces arômes – car je n’ai pas envie de penser au remplissage d’un réservoir d’essence ou d’une lampe de pétrole lorsque je mets mon nez au-dessus d’un verre de Riesling, qui est par ailleurs un de mes cépages préférés.

images

Pas de pétrole sur cette roue des arômes. Le véhicule doit marcher à l’electricité

 

J’ai entendu toute sortes d’explications pour la présence de ces arômes, dont l’intensité peut évidemment varier pas mal, comme pour d’autres arômes qui clivent les avis : ceux provoqués par les brettanomyces par exemple J’ai interrogé pas mal de vignerons alsaciens sur ce sujet et voici un petite liste des explications qui m’ont été donné par les uns et les autres pour la production d’une molécule nommée 1,1,6-trimethyl-1,2-dihydronaphthalene (TDN pour faire court) et qui serait à l’origine de ce type d’arôme. En voici la liste, avec quelques commentaires de ma part en italiques :

Le terroir (terme bateau, donc pas une explication)

Des sols schisteux (déjà plus précis)

Des sols calcaires (explication fourni par Trimbach, mais n’est ce pas en contradiction avec la précédente ?)

Des sols trop riches (peut-être contradictoire avec les deux précédentes ?)

La chaleur et/ou le soleil, donc des vins issus des pays ou régions plus chauds et/ou des années chaudes (je constate qu’effectivement ces arômes sont plus souvent présents dans des rieslings d’Alsace ou d’Australie que dans ceux de Mosel ou du Rheinhessen allemand, par exemple)

Une effeuillage excessif des vignes, donnant trop d’exposition au soleil (ce qui rejoint un peu l’explication précédente)

Des raisins bien mûrs, issus de rendements faibles et/ou de vendanges tardives

Un excès d’acidité (en contraction avec les trois précédentes explications, il me semble)

Le résultat de stress hydrique sur la vigne

Une trituration excessive de la récolte, comme lors d’une vendange mécanique

Un pressurage trop fort

Le résultat d’un vieillissement prolongé en bouteille (dans ce cas, s’agit-il plutôt d’une forme de réduction soufrée ?)

 

Il me semble évident que toutes ces explications ne peuvent pas être valables. L’enquête reste donc ouverte. Le célèbre producteur de la Vallée du Rhône (et aussi d’Australie et d’Alsace), Michel Chapoutier, a récemment jeté son pavé dans la mare de Riesling en déclarant que l’arôme de pétrole constitue un défaut dans un vin de ce cépage. Des producteurs très réputés comme Trimbach ou Hugel, dont les vins sont assez marqués par les arômes d’hydrocarbures, ont dû apprécier !

La semaine dernière, j’ai dégusté, côte à côte, deux Rieslings d’Alsace dont les caractères étaient radicalement différents, du moins quant à leur caractère aromatique.

 

1). Riesling Réserve 2014, Maurice Griss

Fin, délicatement floral et fruité (pomme verte, citron, poire), texture suave, très belle acidité parfaitement intégrée dans le corps du vin. Vin très désaltérant et d’une bonne longueur pour un vin si délicat en apparence, et prix très doux (7,50 euros). J’ai tellement aimé ce vin que j’ai appelé sa productrice, Josiane Griss, pour lui en parler et je vais aussi en commander car c’est une bonne affaire et cela correspond à ce que je recherche dans les vins de ce cépage. Le domaine se trouve à Ammerschwir et totalise 8,5 hectares. La fiche technique de ce vin donne ceci : 5,5 gr/litre de sucre, 12,5 % d’alcool totale et 5,7 d’acidité.

2). Riesling Grand Cru Frankstein 2012, Charles Frey

Les arômes de la famille pétrole sautent au nez d’une manière presque agressive au début. Un jour plus tard, ce phénomène s’est estompé, ce qui me laisse penser qu’un phénomène de réduction est en jeu ici, du moins partiellement. Le vin est décrit sur son contre-étiquette comme étant « minéral-complexe-persistant ». Je crois que c’est une erreur de tenter de décrire le goût d’un vin sur une contre-étiquette. Je l’ai trouvé plutôt « pétrolé-puissant-pas très long » et sa texture ferme et un peu herbacée. Sur le site officiel des vins d’Alsace, le sol du Grand Cru Frankstein, avec ses 56 hectares sur la commune de Dambach-la-Ville est décrit comme granitique. Tant pis pour le lien « indéfectible » entre des sols schisteux (ou calcaires) et les arômes de pétrole dans le Riesling !

kappstein

Il y a quelques mois, me trouvant dans le bar de mon hôtel à Adelaïde, en Australie du Sud, j’ai demandé un verre d’un Riesling de la Clare Valley qui était à la carte. Mes expériences récentes avec les Rieslings d’Australie, essentiellement d’Eden Valley, me laissaient à penser que je risquais de trouver une bonne dose de TDN dans mon verre. Il n’en a rien été ! Le vin m’a semble fin, suffisamment fruité et sans excès aucun, avec une très belle acidité, très fine. Du coup, j’ai bu un deuxième verre de cet excellent Riesling 2015 de Knappstein.

weingut-johann-donabaum-bergterrassen-riesling-federspiel-wachau-austria-10251656

Plus récemment, à Vienne, en Autriche, j’ai pris un verre de Riesling de la région de Wachau, d’un producteur nomme Johan Donabaum (Riesling Bergterrassen Federspiel 2015). Idem: nulle trace de pétrole et cette belle acidité longiligne qui porte les arômes subtiles sur la palais pendant longtemps, comme un écho.

Ce ne sont là que des anecdotes et qui ne me donnent toujours pas une explication du phénomène, ni de son absence. Mais ils constituent des preuves qu’il est possible de produire de Rieslings dénués de toute trace de TDN dans des climats assez variables.

Est-ce que quelqu’un peut me donner une explication rationnelle ?

David Cobbold


5 Commentaires

2015 Burgundy 24/7

charlesii
A rather sardonic and world weary Charles II 
observed the Goedhuis tasting  @ The Philip Mould Gallery in Pall Mall
£48,000 will secure this Charlie

 

This is the week that the London tasting scene really kicks back in with a vengeance following the break from late November as merchants and importers concentrate on their festive sales. The accent in this first week is very firmly on Burgundy. At least 20 en primeur Burgundy tastings are crammed into these five days.

mattwalls

There will be keenies like Tim Atkin MW, Matt Walls and scribes for Jancis Robinson MW Global Purple Pages Inc, who will be scurrying from one tasting venue to the next prior to producing comprehensive reports and assessments on 2015 Burgundy. Some of these scribes will already have spent time late autumn in Burgundy tasting the 2015 with also an early look at 2016 at the same time.

This week is often an opportunity to see the occasionally spotted Michel Bettane in London. Indeed, despite the city’s 24 hour tube strike yesterday the great man was at one of the best of these Burgundy tastings  – Goedhuis & Co.

img_2947-1

Given the price of some Burgundy today – Vide Bourse 1er Cru –
is a wonderfully appropriate lieu-dit
£445 x 12 (in bond)
Lea & Sandeman

Fortunately I don’t have to follow scribes on their Burgundy treadmill. I tend to pick three tastings to attend, which will give me an opportunity to get an impression of the vintage and to taste wines, admittedly many not yet in bottle, that I cannot afford to buy – six bottles of Maison Roche de Bellène’s 2015 Chambertin Grand Cru at £1550 is a fraction above my budget even if the 2015 does have concentration and delicate power…… I knew I should have opted to be a top footballer!

I went to Goedhuis & Co (tasting mainly reds) and Lea & Sandeman (tasting whites only) on Monday and, on Thursday, will be at Haynes Hanson & Clark.

I thought that many of the reds were very attractive with plenty of seductive fruit – mainly red fruit but some black, too. At this stage a lot of the wines, even the Premier and Grand Crus, appeared to be ready to drink young. I was less taken with the whites, many with crowd pleasing roundness but with some lacking balancing raciness in the finish.

A small selection from the wines that I enjoyed (all prices in bond): 

Reds 

img_2939
Marsannay Les Longeroises, Domaine Charles Audion
Attractive easy drinking – £240 (12 bottles)
Goedhuis & Co

img_2941
Fixin Vieilles Vignes, Denis Mortet
Attractive texture, seductive wine
£180 (6 bottles)
Goedhuis

img_2945
Auxey-Duresses, Comte Armand
Red fruits and ready to drink fairly early.
£298 (12 b

img_2940
Charmes Chambertin Grand Cru, Domaine Geantet-Pansiot
Lovely silky texture, structure and length.
£650 (6 bottles)

Whites

img_2949
La Princée, Saint-Aubin, Hubert Lamy
Quite austere but with some concentration and balance
£210 (12 bottles)
Lea & Sandeman

 img_2950
Saint-Aubin 1er Cru Clos de la Chatenière Vieilles Vignes, Hubert Lamy
Lovely texture, mouthfilling concentration and length
£350 (12 bottles)
Lea & Sandeman

img_2948
2015 Meursault 1er Cru Les Genevrières, Domaine Rémi Jobard
Sexy and seductive
£670 (12 bottles)

 


25 Commentaires

Biodynamic bullshit : another one bites the dust

Mon titre est en anglais et fait référence à une chanson rock du groupe Queen (qui n’est pas parmi mes groupes préférés, mais voici la video quand même); mais je pense que tout le monde aura compris : une des théories issues de la croyance biodynamisante vient d’être démontée par une très sérieuse étude publiée par une équipe néo-zélandaise.

De quelle théorie s’agit-il ? Celle qui voudrait que les phases du calendrier inventé par Maria Thun, disciple de l’affreux Steiner (je dis affreux pour son racisme avéré, notamment), et qui se traduisent dans des termes qui font allusion à de la matière végétale (jours racine, jour fruit, etc.), aient une influence sur la manière dont on peut apprécier un vin.

On ne parle pas ici de l’éventuelle influence de ce calendrier sur la plante elle-même, car cette étude s’est confinée à l’aspect gustatif du vin fini, avec un protocole très complet que je vais décrire plus tard. La croyance qui vient donc d’être totalement démontée est celle d’une influence supposée de ce calendrier sur la dégustation d’un vin, en fonction de jours spécifiques. Car j’ai entendu dire, par quelques adeptes de ce dogme ésotérique, que le fait que leur vin ne se goûtait pas bien tel jour était causé par le fait que le jour en question se trouvait dans la phase « racine » ou « feuille » du calendrier, alors qu’il valait mieux attendre un jour « fruit » ou « fleur » pour bien l’apprécier. Et moi qui pensais juste que le vin était terne ou bourré de bretts ou bien d’autres choses encore !

biodynamic-calendar

Voilà un schéma de ce calendrier pour le mois présent. On peut même acheter un petit livre ou une application qui propagent cette croyance débile (When Wine Tastes Best). Selon ce schéma, on ne devrait même pas déguster un vin la moitié du temps ! Heureusement que Steiner était anti-alcool ! Vous me direz peut-être que personne ne tient compte de telles fadaises ? Et bien détrompez vous, car plusieurs enseignes de la GD en Grande-Bretagne le font lorsqu’ils programment leurs journées de presse!

Au vu des résultats de l’étude qui suit, il est à espérer qu’ils ne continuent pas dans cette voie.

Wendy Parr et Dominique Valentin, assistés par Phil Reedman MW, Claire Grose et James A. Green ont recruté 19 professionnels du vin en Nouvelle-Zélande pour déguster, à l’aveugle, 12 vins issus du cépage Pinot Noir à des moments qu’ils (les chercheurs) ont déterminé en fonction du calendrier de Mme Thun.  Les vins étaient issus de différentes approches agricoles: conventionnelle, biologique et biodynamique, mais tous fermés avec des capsules à vis pour éviter des variations dues au liège. Chaque participant a donc dégusté et commenté les mêmes vins 4 fois, 2 fois dans un jour supposé favorable (Jour Fruit) et 2 fois dans un jour supposé défavorable (Jour Racine). Les organisateurs ont fourni une liste de 20 descripteurs, choisis pour couvrir les champs des arômes, des saveurs et des textures aussi bien sur les plans quantitatifs que qualitatifs, en prenant en compte structure, qualité perçue et préférence personnelle. Bien entendu, le but de l’expérience n’était pas connu par les dégustateurs. Après la phase de l’expérience concernée par la dégustation, un questionnaire fut complété par chaque participant afin de déterminer leur niveau de connaissance de la théorie biodynamique de la dégustation de vin. La majorité l’ignorait et les autres ne savaient pas la signification thunienne des jours des séances de dégustation.

Les résultats ont démontré que, bien que les vins aient été jugés d’une manière un peu différente à chaque occasion, ces différences ne correspondaient pas du tout aux présupposés établis par le calendrier biodynamique. Les vins avaient chacun leurs qualités et leurs défauts, comme toujours dans des séries, mais le jour de la dégustation n’avait aucune influence sur ces impressions. Il est donc plus que probable que des anecdotes qui soutiennent cette théorie d’une influence du jour du calendrier sur sa perception soient dues à un effet d’induction: on veut y croire, donc on y croit, un peu comme avec le « goût du schiste » ou le « goût du granit ». Nous savons bien, après l’expérience menée par Frédéric Brochet et d’autres, qu’il suffit de colorer un vin blanc en rouge par des anthocyanes (sans odeur ni saveur) pour voir les descripteurs utilisés par les participants se modifier radicalement. Nous sommes ainsi faits: influencés par tout ce qui nous entoure.

Mais il est peu probable, comme le conclut notre confrère Jamie Goode, que cela fasse abandonner le calendrier biodynamique par ses adeptes; comme l’écrit Jamie, « Quand nous modifions nos croyances, c’est rarement sur la base des faits qui les contredisent ».

Et si vous voulez vous rassurer sur le sérieux de cette étude, voici un lien vers sa version publiée : ICI

 

 

David Cobbold


3 Commentaires

New Zealand memories (part 2)

 

wellingtonsHeading across on the ferry from Wellington to South Island 

queencharlottesThe spectacular Marlborough Sound

As promised at the end of last year the second part of my New Zealand memories from the Circle of Wine Writers trip. This time South Island – click here for North Island.

img_6494Woollaston Vineyard – now Mahana Estates 

rabbitislandsRabbit Island 

nelson

seifriedSeifried Estate, Nelson

neudorf-vineyardss
Neudorf Vineyards, Nelson

timfinns
Tim Finn, Neudorf Vineyards

john-stichburywsJohn Stichbury and his wife, Jackson Estate (Marlborough)

marlboroughs
Marlborough vineyards

awateresAwatere Valley, the southernmost valley of Marlborough 

 

 

 


11 Commentaires

New Zealand memories (part 1)

vinesmow
Man of War Vineyards,  Waiheke Island 

to 

Rippon Vineyard, Central Otago

rippons

In November 2007 the Circle of Wine Writers made two week trip to the vineyards and wineries of New Zealand. Apart from getting ourselves there the trip was very generously sponsored by the New Zealand Winegrowers.

It proved to be an amazing trip starting in Auckland towards the top of North Island and finishing in Otago before a final evening at the Air New Zealand Wine Awards in Christchurch. Unfortunately in terms of reciprocal coverage this trip came a year or two too early before the widespread adoption of blogs, Facebook and Twitter meaning that our visit to New Zealand didn’t get the exposure it really deserved. For instance, I didn’t launch my Jim’s Loire blog for another nine months – end of August 2008.

Time, then, for some pictorial memories. This week – North Island

kumea-michaelbtimo
Timo Jokinen (CWW) with Milan Brajkovich (Kumea River)

missionHistoric Mission Estate, Hawkes Bay  
established in 1851 

john-buckJohn Buck, Te Mata, Hawkes Bay

tim-turvey
Tim Turvey, Clearview, Hawkes Bay

vineyardhawkes-bayHawkes Bay vineyard

john-hancockJohn Hancock, Trinity Hill, Hawkes Bay

larry-mckenna-escarpmentvineyard
Martinborough – Larry McKenna’s Escarpment Vineyard 

larry-mckennaLarry McKenna 

jamilltonbsJames and Annie Millton, Millton Vineyard, Gisborne
New Zealand’s Chenin Blanc champion – long-time biodynamic producer

jim-vinho-verde

 

 

 

 


9 Commentaires

Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

cremant-de-bourgogne-bailly-lapierre-cuvee-vive-la-joie-2006

Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

ninon-article-1

 

Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

domaine-pierre-luneau-papin-froggy-wine-blanc

Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

polz

Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

25662-250x600-bouteille-domaine-laurent-cognard-montagny-1er-cru-les-bassets-blanc-montagny

Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

chermette

Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

18918-250x600-bouteille-mas-baux-grand-red-rouge-cotes-du-roussillon

Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold