Les 5 du Vin

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27th April 2016 – une journée noire

Gel27.4.2016

La nature est parfois difficile avec ceux qui pour autant l’aime encore.
Exemple confirmée à La Charpenterie.
Photo by  Sabrina Cyprien Caslot-Bourdin
Near La Chapelle-sur-Loire 

(Photo taken from a post by Sabrina Cyprien Caslot-Bourdin.
I hope my use of her very sad photo will be acceptable.) 

 

A severe Spring frost is a vigneron’s worst nightmare. Sadly frost struck in the Loire, Chablis and elsewhere in Burgundy as well as Champagne in the early hours of Wednesday 27th April. For those severely hit it must be truly horrible to know that there will there will be no harvest this year!

The signs for 2016 were not good – 13 moons and two horrible anniversaries: the February frost of 1956 – 60 years ago and the April frost of 1991 – 25 years ago.

Parts of the Loire were very severely hit by frost during the night of Tuesday 26th and Wednesday 27th.  Temperatures in a few places fell as low as – 6˚C.

As in April 1991 a lethal combination of damp ground from recent rain, clear overnight skies, very low temperatures in the latter part of the night followed by bright early morning sunshine has virtually destroyed the 2016 vintage in some sectors of the Loire.

Although it is too early to know the full extent of the damage some parts of the Loire have been very badly hit. The worst hit areas appear to be Bourgueil, Montlouis, Saint Nicolas de Bourgueil, Azay le Rideau and Touraine Noble. The important communes of Cravant-les-Coteaux and Panzoult in AOP Chinon are reported also badly affected.

Couly Dutheil, whose vines are mostly in the more western part of the Chinon appellation, reports that 20 hectares of their 90 are affected. In Ligré Jérôme Billard (Domaine de la Noblaie) finds that 20% of his vines have been affected by the frost. Mainly those less good parcels parcels that Jérôme reserves for his rosé. Here the damage is as high as 60%, while in his best parcels of Cabernet Franc for his reds only 10% of the vines appear to have been hit.

Guillaume Lapaque, director of FAV37*, told Decanter: “Noble Joué has lost 94% of this harvest, 70% in Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil and 50% in Chinon. Overall Appellation Touraine has been much less affected.”

Sabine Corsin, Syndicat de Montlouis reported a 90% loss in Saint-Martin-le-Beau with 50% loss in the appellation’s other two communes. Losses in Vouvray are reported to be less overall and more variable.

Jacky Blot (Domaine de la Taille aux Loups – Montlouis, Vouvray) expects to make 25% of normal if all goes well from here. In contrast the outlook is more optimistic for his Domaine de la Butte (Bourgueil). Here the loss is 20% essentially Pied de la Butte on the flatter ground. The rest of the vines on the steep slope are intact.

In Saumur-Champigny the communes of Chacé, Saint-Cyr-en-Bourg and Varrains have been badly hit. Closer to the Loire damage is much less. “We have lost 10%,” said Florence Chevallier (Château de Villeneuve).

“We have been very badly hit in our vineyards which are close to the River Layon,” said Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Anjou). However, we have no damage in Savennières where our vines are on high ground.”

The picture in the Pays Nantais appears to be very variable. Domaine Luneau-Papin (Muscadet) has suffered damage in some parcels, while others haven’t been touched.

“A third of my vines have been badly hit with up to 100% loss in some parcels, one third slightly affected and one third not touched at all,” said Vincent Caillé, Domaine Faye d’Homme (Muscadet). However, fans of Vincent and Christelle Guibert’s Terre d’Gneiss will be relieved that this boutique parcel was spared.

In the Central Loire Vineyards Benoît Roumet, the director of Les Vins du Centre, reports that Menetou-Salon, Pouilly-Fumé, Quincy and Reuilly have all been hit to a greater of lesser degree. Sancerre, in contrast, has largely escaped. However, Roumet cautions that things will be clearer next week.

Although this April frost may not be as extensive as that of 1991, wine stocks would have been much higher after the very good and generous 1990 vintage. Now stocks are low after four small to below average vintages. On top of that you have to factor in the current annual loss from esca, which was not a factor back in 1991. Esca is not only one of the reasons why yields are lower than expected but there is also the constant cost of replacing dead vines.

Negotiations with government and banks to help to see badly hit producers through this crisis will start next week.

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Photo from Pierre & Bertrand Couly

Jim-when?


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Douro forever

Cela faisait quelques années que je n’étais pas retourné dans la vallée du Douro. Ce vignoble, le plus spectaculaire au monde eu égard à son échelle comme à son paysage, me donne des frissons chaque fois que je le redécouvre. Cette fois-ci, l’occasion  m’en a été donnée par un séjour de 3 jours, où j’accompagnais un groupe d’une trentaine de personnes, dont la plupart découvraient cette région pour la première fois. Personne ne fût déçu ! Mais, au delà des aspects visuels qui sont engendrés par la topographie et le travail incessant de l’homme pour façonner un paysage viticole somptueux, classé par l’Unesco, ce sont les vins qui étaient au cœur de l’affaire.

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Peut-on dire qu’un vin parle de l’endroit qui l’a vu naître? C’est un sujet d’ordre philosophique et de croyance (je dirais même de suggestion) autant que relevant d’une logique pure. Bien entendu, une fois sur place, on est tellement dans l’ambiance du lieu qu’on est forcément entraîné vers cette ligne de pensée. En serait-il ainsi avec une dégustation à l’aveugle pratiquée ailleurs? Je vais laisser volontiers cette interrogation en l’air car je n’ai pas la réponse. Ce qui est certain est qu’une révolution considérable est en train de se produire dans ce berceau du vin de porto, avec l’émergence d’une gamme de plus en plus fournie de vins secs, rouges comme blancs, et qui ont, du moins pour les premiers, des ambitions et le potentiel pour se situer parmi les meilleurs du monde.

IMG_7463Dans la fraîcheur sombre de ces cathédrales de vieillissement qui sont les lodges de porto à Vila Nova di Gaia. Ici chez Graham’s.

Ce mouvement, qui a vu le pionnier Barca Velha émerger, un peu seul, il y a une quarantaine d’années, a pris de l’ampleur depuis une dizaine d’années. On peut émettre plusieurs explications. D’abord, probablement, une tendance baissière du marché du Porto. Mais, peut-être d’une manière plus intéressante, la prise de conscience du formidable potentiel de cette région, et de son formidable réservoir de variétés essentiellement autochtones. Le Portugal, dont la surface en vignes ne représente que le double de celle du Bordelais, compte quelques 350 variétés de vitis vinifera identifiées, ce qui est nettement plus que la France. Un des domaines que nous avons visités dans le Douro, l’excellent Quinta do Crasto, qui surplombe le fleuve, nous a annoncé que leur programme de recherche et d’identification des variétés, mené en partenariat avec l’Institut de Vin de Porto et une université, a démontré qu’une de leurs parcelles les plus anciennes comporte pas moins de 41 variétés de vigne.

IMG_7489Quinta do Crasto (et sa piscine) domine la vallée du Douro en aval de Pinhao

Mais ce n’est pas tout, bien évidemment. Un autre des atouts de la région du Douro et des ses affluents est une très grande diversité d’altitudes, de pentes, d’orientations et d’organisations culturales. Proche du fleuve, et en fonction de orientations, les raisins sont murs un mois avant ceux situés en altitude et face au nord, et leur charge en sucre est d’autant plus important. Si les cépages utilisés les plus couramment et issus des plantations les plus récentes sont au nombre de cinq, essentiellement, les vielles vignes sont très souvent complantées avec de très nombreuses variétés ayant des phases de maturation et des caractéristiques bien distinctes. Que l’on choisisse de vendanger tout en même temps, ou selon un certain degré de maturité de chaque variété, donnera des résultats bien différents. Fermenter tout ensemble ou dans des vaisseaux séparés aussi. Si on rajoute à ces données issus du vignoble les choix de l’homme en matière d’outils et de méthodes de vinification, les options sont presque infinis. On constate, par exemple, que bon nombre de domaine de taille relativement modeste utilisent toujours les cuves de foulage en granite, peu profonds et appelés lagares afin d’extraire doucement mais rapidement couleur et tanins, aussi bien pour les vins secs que pour les vins mutés. Les systèmes de pigeage varient aussi, comme les durées et techniques d’élevages.

IMG_7468le foulage au pied – démonstration dans un lagare à Qunta do Noval, mais sans raisin car c’est le printemps

C’est pour cela qu’il me semble difficile de parler d’un style «Douro» dans les vins secs. Tandis que les Portos, issus pourtant des mêmes vignobles et cépages, ont un style immédiatement identifiable, bien qu’avec des variations autour de thèmes selon le producteur et le type de porto (ruby, vintage, tawny etc), à cause de l’impact du procédé de mutage et des élevages plus ou moins oxydatifs. J’éprouve, personnellement, plus de facilité à identifier un style commun entre les vins du Languedoc, à condition que ceux-ci fassent appel à des cépages du Sud, qu’entre la gamme des rouges secs du Douro. Je plaindrai quelqu’un essayant de coller ce terme collectif absurde de «typicité» sur des vins aussi différents que «Les Charmes» de Niepoort, Redoma du même producteur, Duas Quintas de Ramos Pinto, ou la Reserva de Crasto, pour ne prendre que quelques exemples. Est-ce un problème ? Bien sur que non, sauf pour quelqu’un qui serait obsédé par la simplification.

IMG_7485mur de schiste sur bloc de schiste : le pays est aride et le climat rude. La vigne n’a que s’y accrocher

Sur le plan des cépages, si le Touriga Nacional est la plus médiatisée des variétés que l’on trouve dans le Douro, elle est loin d’être la plus plantée, et certains producteurs le trouvent un peu trop violent dans son expression pour participer dans des proportions importantes dans leurs rouges secs. D’autres, comme Vallado ou Noval par exemple, en font des cuvées à part. Le Touriga Franca, le Tinto Roriz (Tempranillo) ou d’autres semblent retenir plus de suffrages pour le moment dans les cuvées les plus courantes, hormis le cas des field blends (vignobles de complantation) avec leur degrés de complexité supérieurs, dues à la fois à la grande diversité des cépages, mais aussi aux différents niveaux de maturités lors des vendanges, comme, souvent l’âge vénérable des vignes.

IMG_7495L’hôtellerie, la cuisine et le tourisme sont aussi en plein développement dans le Douro. Ici la cuisine ouverte à l’hôtel Six Senses à Lamego 

Un autre aspect de la production de cette région magnifique qui m’a frappé lors de ce voyage est la fraîcheur et la finesse des vins blancs. Ceux que j’ai dégustés constituent, pour les meilleurs, des vins d’apéritif idéaux, frais et délicat, parfumés selon l’assemblage utilisé, ou bien plus consistant mais jamais pesants. Les vignobles utilisés se trouvent généralement en altitude pour un gain de fraîcheur.

Je n’ai pas de dégustation importante ni de notes détaillées à vous présenter pour étayer mes dires car l’occasion ne s’y prêtait pas, mais je peux signaler quelques vins qui m’ont particulièrement plu issus de domaines visités ou qui ont été présentés lors des repas de ce voyage de trois jours :

Les Portos

Graham’s Crusted Ruby et LBV (ils font aussi de grands vintages mais je trouve leur style en tawny trop sucré à mon goût)

Niepoort Tawny 10 ans, très fin, complexe et finit plus sec que la plupart. Un des meilleurs de sa catégorie, pour moi.

Quinta do Noval Colheita 2000

Quinta do Crasto LBV 2011

Quinta Vale D. Maria Ruby Reserve (ce vin a le niveau de beaucoup de LBV)

Les vins rouges du Douro

Ramos Pinto : Duas Quintas Classico, Duas Quintas Reserva, Bons Ares

Niepoort Redoma, particulièrement un magnifique 2007 qui atteint une belle maturité et démontre la capacité de garde des meilleurs rouges du coin.

Vallado Tinto 2013 et Reserva Field Blend 2013

Quinta do Crasto Reserva 2014

Quinta Vale D. Maria 3 Vales 2013 et Quinta Vale D. Maria 2012

Il y a aussi de beaux rouges chez Quinta do Noval mais je les trouve trop chers pour leur niveau en ce moment.

Les vins blancs du Douro

Ramos Pinto Duas Quintas Branco

Vallado Prima 2015 (un muscat sec) et Reserva Branco 2014

Quinta do Crasto 2015

Quinta Vale D. Maria 2015

David Cobbold

(texte et photos, et ici sur le circuit du Vigean tout récemment)

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Sherries to the fore at the Big Fortifed Tasting

Jerez: 

The annual Big Fortified Tasting (BFT), held in London, is always a great opportunity to taste some really interesting fortified wines. However since the wines are high in alcohol, there is a limit to the number I can comfortably taste, even though I am careful to spit out. This year I chose to concentrate on some of the excellent range of sherries on show choosing to taste from those bodegas that I haven’t visited during the #winelover trip to Jerez in mid-February. I then finished with the Quevedo Ports that Oscar Quevedo was showing. 

Firstly – Bodegas Tradición

This is a small bodega, which has recently been revived, but that dates back to 1650. I tasted a lovely fresh, complex Fino, a good Amontillado and a very special Oloroso – see below. 

 

A series of great sherries from Viniberia, selected by Peter Dauthieu:

Attractive, fresh but characterful Fino from Sánchez Romate – just £8.50 a bottle from The Wine Society.

Excellent Amontillado from Sánchez Romate – lovely nutty, texture.

Palo Cortado – an attractive and striking blend of rich texture and an austere finish.

 

Very fine aged Oloroso – texture with a lovely blend of richness, power and austerity. £40 a bottle from The Wine Society.

Valdespino – one of my favourite Sherry producers:

 

The 2015 Manzanilla En Rama showing brilliantly at the moment. 

Palo Cortado Viejo: lovely balance of power and texture.

 

Two very special Sherries with concentration, texture and impressive length.

 

Ports from Quevedo: 

From Port producer Quevedo I particularly enjoyed the complex 30 Year Old White Port as well as the dense Crusted Port with its preserved cherry character. 


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Les 110 de Taillevent : l’intelligence faite vin au restaurant

Si je devais nommer trois choses qui m’énervent le plus dans les pratiques des restaurants en France autour du vin je dirais, sans ordre particulier : une sélection souvent médiocre et peu aventureuse, un choix nettement insuffisant de vins servis au verre, et, last but not least, des marges exorbitantes.

110 extérieur

Les 110 Taillavent, ainsi nommés en référence au nombre de vins au verre servis, évite au moins deux de ces écueils; et, par le biais de service au verre de quantités pouvant, au choix, se limiter à des doses de 7cl, vous donne au moins la possibilité de tester plusieurs vins sans vous ruiner. Quant aux marges pratiquées, et tenant compte de la qualité et de la diversité de l’offre, ainsi que du fait que tout est proposé au verre, je vais laisser le soin à notre experte des vins de la péninsule ibérique, Marie-Louise, de commenter ce qui va suivre car je n’ai pas la connaissance nécessaire. Je ne suis pas loin de penser d’ailleurs que la même personne aurait pu être à l’origine d’une partie des découvertes qui figurent dans cet article.

Mais les atouts de cet établissement, dont il existe une seconde version  récemment ouverte à Londres, sont bien plus conséquents que ce que j’esquisse ci-dessus. Pierre Bérot, qui dirige le département vin du groupe Taillevent, dont les propriétaires sont les frères Gardinier , prête une attention particulière à la sélection des vins et n’hésite pas a sortir des sentiers battus. J’y reviendrai. Un autre point fort de cet établissement, qui sert une cuisine de qualité et qui a des heures d’ouverture larges, est sa carte qui vous suggère quatre accords différents, servis au verre dans des doses de 7cl ou de 14cl pour chaque plat du menu. Ce menu se lit au centre du document, et les volets latéraux se composent chacun de deux colonnes de vins, allant du moins cher à gauche au plus cher à droite. On peut donc choisir un accord selon son budget comme selon son goût. Et ces accords sont souvent très créatifs, sans négliger l’axe du classicisme. C’est aussi l’avantage de cette offre pléthorique.

Une autre innovation du 110 Taillevent, saisonnière cette fois-ci, est de proposer, pendant les mois d’été, un menu et des vins issus d’un pays étranger. Cette initiative a commencé en 2013 avec l’Italie, puis les USA en 2014 et, l’année dernière, le Royaume-Uni plus le Commonwealth (il fallait bien trouver du rouge buvable !). Cette année, à partir du 9 juin, cela sera au tour de l’Espagne. Avec d’autres collègues de la presse, j’ai pu tester ce menu et goûter les vins proposés. Ils sont au nombre de 20 et viennent de toutes les régions d’Espagne. Le menu solide est assez classique : Croquetas en amuse-bouche, Paella del Mar en entrée, Pluma de Cochon avec patatas bravas en plat, et des formidables Manchegos en fromage. J’ai évité le dessert car je n’affectionne que peu les desserts et encore moins les churros ! Mais l’intérêt principal de cet exercice, du moins pour moi, réside dans les vins, et là nous étions gâtés (comme seront les clients en juin et juillet).

Les vins sont ordonnés, comme je le disais, par colonnes; avec en tête le prix maximum pour un verre de 14cl. On a donc une colonne avec des vins à <10 euros, une à <16 euros, une à <22 euros, et une dernière pour des vins plus chers, et qui, dans le cas de cet événement espagnol, inclura un verre de la cuvée Valbuena de Vega Sicilia à 90 euros pour 14 cl. Chacune des 4 colonnes comporte 5 références mises en face des 5 plats proposés, mais rien ne vous empêche de zapper les accords proposés et piocher parmi les 20 vins. Autre point important à mes yeux : l’information au consommateur. Chaque vin est clairement identifié non seulement par le nom de son producteur, de la cuvée éventuellement, du millésime et de l’appellation (c’est la moindre des choses !), mais aussi par la région de son origine, ce qui est très utile pour un consommateur qui manque de repères parmi les vins d’Espagne. On l’oublie trop souvent, mais le restaurateur peut jouer un rôle dans l’éducation, aussi.

Alors les vins ?

Pour l’apéritif, bulles ou fino ? Là j’émettrai une petite suggestion aux responsables de cette excellent établissement : il n’y a pas de proposition d’apéro à la carte. Ce ne serait pourtant pas bien compliqué de la faire, et il y a de quoi ! En fouillant plus bas sur cette carte on pourra se diriger vers le Cava Brut Nature « Terrers », du producteur Recaredo, ou bien vers le Fino Electrico de Toro Albala, qui vient de la DO Montilla Moriles (et non pas de Jerez). Mais, sur la carte, ces vins sont placés ailleurs : avec le manchego pour le fino, ce qui va bien et, curieusement, avec le dessert pour le cava. Ce dernier accord me semble plus qu’hasardeux, étant donné qu’il s’agit d’un vin sans aucun dosage.

Recaredo

Fino Electrico

Mais une mixité de types et styles de vins est proposé pour chaque plat afin de satisfaire aux goûts divers. Et cela passe par des options blancs ou rouges (des points en couleurs sur la carte distinguent la couleur du vin, comme son caractère éventuellement liquoreux), sans parler de régions et intensités variées. Par exemple, avec les croquetas, faits d’olives, tomates, jambon, fromage, champignons et pesto, voici les options proposées, allant du moins cher au plus cher, comme sur la carte :

Adega Algueira « Brandan » 2014, DO Ribeira Sacra, Galice (blanc) : 4/8euros (7cl/14cl)

Floral, vif et un peu métallique. Vibrant et serré (cépage godello)

Comando GL’équipe de Comando G. Cela a l’air joyeux mais les vins sont sérieusement faits. Ce n’est pas incompatible !

Comando G « La Bruja Averia » 2013, DO Madrid (rouge) : 6 /12 euros

Vin délicieux à la séduction immédiate. Très belle qualité de fruit (garnacha en altitude) et tannins légers mais présents. Un peu sévère pour l’accord peut-être. Je l’aurai mis ailleurs.

la-propiedad-remelluriLa beauté du domaine de Remelluri, dans la partie basque de la vaste aire de Riojà. J’en ai gardé un excellent souvenir d’une visite il y a quelques années.

Remelluri Reserva 2009, Rioja, Castille y Leon (rouge): 10,50/21 euros

Très beau vin d’une grande intensité. Le fruité est splendide et les tannins sont fondus. Mais c’est un vin très (trop) sérieux pour ce plat et à ce moment du repas, à mon avis.

Rafael Palacios « AS Sortes » 2014, Valdeorras, Galice (blanc): 14/28 euros

Vin riche et souple par ses arômes et saveurs mais qui contient néanmoins une belle acidité. Parfait accord avec le plat.

On voit par là qu’il n’est pas bien aisé de « caser » chaque vin lors d’un exercice de ce genre. L’intensité d’un vin doit être, en gros, proche du poids gustatif du met. Puis, en début du repas, je ne suis pas convaincu de l’intérêt de servir des grands vins rouges comme ce Rioja. J’aurai souhaité voir à la place, par exemple, un très beau Mencia avec davantage d’acidité. Mais je chipote car ces vins étaient tous bons ou très bons.

Plutôt que poursuivre mon analyse de cette manière systématique je vais simplement souligner les vins que j’ai préféré parmi les 16 autres dégustés, pour vous donner une idée de la richesse de la sélection et, j’espère, l’envie d’aller tester pour vous-même au 110 Taillevent à Paris entre le 9 juin et le 6 août 2016, ou bien à Londres si vous passez par là.

Voici donc les adresses :

Les 110 de Taillevent, 195 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Tel : 01 40 74 20 20/ mail : les110.paris@taillevent.col / web : http://www.taillevent.com

ou au 16 Cavendish Square, London W1

Mes autres vins blancs préférés

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Forjas del Salnès « Leirana » 2014, Rias Baixas, Galice : 7/14 euros

Vif et salin, ce vin incisif fait preuve d’une belle dynamique en bouche. Très bon.

Remondo Palacios « Placèt Valtomelloso » 2011, Rioja, Castille-Léon : 8,50/17 euros

Tendre, presque huileux en texture. Long et intéressant.

J’ai trouve le Priorat blanc du Clos Mogador (« Nelin » 2007) intense mais trop alcooleux, alors qu’à une autre occasion récente (et non pas chez Taillevent 110), son rouge 2012 était admirable de finesse et d’équilibre.

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El Maestro Sierra, Xérès Amontillado 12 ans, Jerez, Andalucia : 7,50/15 euros

Un vin splendide, sec et d’une grande complexité avec une allonge remarquable. Saveurs de type noix et fruits secs prononcées.

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Telmo Rodriguez, « MR » 2012, Malaga, Andalousie : 7,50/15 euros

Très beau vin aux saveurs riches et douces, bien « muscatés ». Grande finesse aussi car le palais n’est pas du tout alourdi.

Toro Albala « Grand Reserva » 1983, DO Montilla Moriles, Andalucia : 15,50/31 euros

Grandiose symphonie autour de la figue. Quelle richesse !

J’étais heureux de voir les grands vins oxydatifs et liquoreux de l’Andalousie ainsi mis à l’honneur. C’est tellement rare que cela mérite d’être souligné.

 

Mes autres vins rouges préférés

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Casa Castillo 2014, DO Jumilla, Murcie : 3,50/7 euros

Le vin le moins cher de cette sélection est loin d’être le moins réussi, ce qui est une forme de preuve de la rigueur des choix. Ferme par son cépage unique, le monastrell, il est entouré d’une très beau fruité qui fait marcher chaire et muscles ensemble. Belle vivacité qui aide à faire un parfait accord avec le plat (cochon).
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Dani Landi « Las Uvas de la Ira » 2013, DO Mentrida, Madrid : 6,50/13 euros

Encore une preuve que le grenache bien cultivé en altitude peut produire des vins d’une étonnante finesse et conservant une qualité de fruit très intéressante. J’aime beaucoup ce vin-là.

Alvaro Palacios Finca Dolfi 2013, Priorat, Catalogne : 25/50 euros

Très bien dans un style serré mais très fin. Les tannins peuvent attendre un peu, mais c’est très bon. Cela devrait l’être à ce prix !

Vega Sicilia « Valbuena 5° »2009, Ribera del Duero, Castille-Léon : 45/90 euros

On dépasse le raisonnable en matière de prix, mais il faut avouer qu’il s’agit d’un grand vin, avec un nez absolument magnifique et tout en place.

Il est difficile de faire des choix parmi tant de bons et d’excellents vins. Je crois en avoir retenu 12/20, mais j’aurai pu en prendre plus et l’exercice était difficile, se déroulant à table et avec les mets. En tout cas la qualité de la sélection est remarquable et l’idée géniale. Intéressant aussi cette mixité entre des noms très connus, avec des vins assez chers, et vins de découverte et prix très abordables. Cela démontre un respect de la diversité de sa clientèle : tout le monde n’a pas les mêmes moyens, et nous ne sommes pas tous des buveurs d’étiquettes non plus. Bravo à Taillevent à et à son équipe qui met le vin, et ses découvertes et évolutions constantes, en lumière avec une telle intelligence.

David Cobbold


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VSIGP (2): Wine – the very basics + Pierre-Jacques Druet

 

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Sainsbury’s basics red wine: for the table not the cellar 

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I have to say that didn’t approach this week’s post with any great enthusiasm. Tasting the very cheapest wine you can find is not entirely my idea of fun, especially when you are buying them in the UK. Searching the shelves of J.Sainsbury, one of the UK’s largest supermarkets and our nearest store unearthed a few basic wines.

These wines are quite far removed from David’s post on 29th February 2016: Vin de France : une catégorie trop souvent ignorée for the simple reason that the UK’s high excise tax regime means that none of the world’s best selling branded wines are cheap. Following this year’s budget the excise duty and VAT (TVA) on a 75cl bottle of wine is effectively £2.50 – £2.08 (tax) + 20% VAT. So selling a bottle of wine for less than £4 is a real challenge – by the time you factor in packaging, transport plus the supermarket’s profit there is little left to pay for the wine.

This means that all of these best sellers that David cited are well north of £5. So what did I find for less than £4 that wasn’t either without alcohol or alcohol-lite, which attract less duty as this is calculated on the level of alcohol?  I give you Sainsbury’s basics red wine that comes in a squidgy plastic bottle with plastic cap and will set you back £3.65. Basics red wine comes from Spain and has 10.5% alcohol. The package is remarkably unattractive – either designed by a fervent prohibitionist or Sainsbury’s really would prefer you to trade up to a wine with a better margin….

It has light, greenish fruit that is slightly reminiscent of the old gros rouge but in a more modern style. Rightly or wrongly it stirs memories of a night in May 1966 I spent in a wood near Bruges at the start of a three month European adventure accompanied by a cheap and rough bottle of red wine.

Paying 35p more moves you onto Sainsbury’s House Red Wine (£4) in a glass screwcapped bottle . This also comes from Spain but has 12% alcohol and is made from a blend of Tempranillo, Monastrell and Grenache. Both of these reds are bottled by J. Garcia Carrion in Ciudad Real. The House Red has sweeter but rather confected fruit, greater texture. Two dimensional I might well use it for cooking but this is far from what got me interested in wine.

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PJD+MVas

Pierre-Jacques Druet, a bottle of Bourgueil Rosé
and Marc Vanhellemont: 1st February 2011
celebrating the first anniversary of Les 5 du Vin 

Pierre-Jacques Druet
It was sad to learn last week that Pierre-Jacques had gone bust. It is never good to learn that a talented producer has run into financial problems but Pierre-Jacques going into liquidation is particularly poignant for Les 5 du Vin as he rather unwittingly acted as midwife for this blog. Actually to be rather more precise it was a bottle of his very individual rosé that facilitated the birth of Les 5 du Vin. It was an easy birth at a lunch in the press office at the 2010 edition of Salon des Vins de Loire over a glass or so of Druet’s rosé shared by Michel Smith, Hervé Lalau, Jacques Berthomeau and Marc Vanhellemont. I was seated at another table and on my way out to starting tasting again I was invited to join the putative blog – I agreed even though I didn’t have even a sip of Pierre-Jacques Bourgueil Rosé.

Pierre-Jacques made some excellent Bourgueils as well as a Chinon. Tasting with him was a fascinating and long drawn out process but definitely worth it even though it meant calculating how late one would be for the next producer rendezvous. I fear his commercial acumen and organisational skills didn’t match his winemaking talents. Very sad!

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April frost – fingers crossed!

As I finish this post a number of Loire producers will be passing an anxious night with frost forecast overnight with temperatures falling to -2˚-3C in the small hours of the morning. It is ironic that after a very mild winter with almost no frost that April frosts may well strike once again. Fingers crossed!

Buddhaas

 


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VSIGP (1): Vin de France, oui, mais avec quelle stratégie de marque?

Premier volet de notre semaine VSIGP – Vins sans Indication Géographique de Provenance, pour les intimes. On démarre avec le Vin de France, et c’est David qui s’y colle…

Une stratégie de marque digne de son nom implique tout le processus, de l’élaboration du produit jusqu’au réseaux de distribution. A mes yeux, une appellation, même prestigieuse, ne peut se substituer à une stratégie de marque individuelle, et tous les vins qui réussissent à vendre leurs vins bien au-delà du prix moyen de leur appellation en sont la preuve, depuis les vins du DRC jusqu’à la production d’un Marcel Lapierre, par exemple. S’il est vrai que beaucoup  de vins médiocres se reposent sur la marque « ombrelle » que constitue l’appellation, qu’elle soit AOP, IGP ou autre, ce n’est jamais le cas de ceux qui réussissent.

Cela ne veut pas dire que l’appellation ne sert à rien. Elle fournit un cadre, une espèce de garantie d’origine qui peut et doit aider le consommateur. Mais c’est le producteur qui est, in fine, responsable aussi bien de la qualité de ses vins que de la réussite de son marketing. Cette question va se poser avec d’autant plus d’acuité que le cadre en question sera large. C’est la cas de la désignation Vin de France, dans laquelle je disais il y a quelques semaines que je croyais en tant que cadre permettant la constitution d’entités de production capables de rivaliser avec celles du Nouveau Monde.  Mais il faut que les producteurs dans cette catégorie, qui autorise des assemblages très larges (à condition de rester en France) ainsi qu’une vaste choix de cépages, aient une bonne stratégie qui s’adapte à la catégorie et aux prix demandés dans les marchés visés.

Par le biais de la dégustation de 7 échantillons de cette catégorie, j’ai voulu tester l’aspect produit, n’ayant pas au moment d’écrire ni les prix de vente public, ni d’autres éléments du marketing-mix pour juger du reste, hormis les noms des cuvées et l’habillage des flacons. En revanche, pour la plupart des cuvées, les prix ex-cellars sont annoncée entre moins de 2,50 et 4 euros. On peut imaginer des prix de vente public au double des ces chiffres.

D’abord, les vins blancs :

Kiwi Cuvée Bin 086, Sauvignon Blanc 2015 

(producteur en Loire : Lacheteau) capsule à vis

Une attaque frontale du pays qui a le mieux réussit avec ce cépage : non seulement ils ont pris le nom donné au habitants de la Nouvelle Zélande, mais ils utilisent la terminologie courante pour désigner une cuvée de vin en Australie (Bin + un numéro de lot). C’est plus que culotté, cela frise la copie ! La capsule à vis convient parfaitement, en revanche, et le vin est très bien fait. C’est même facilement le meilleur de cette série de blancs : aromatique sans excès, touchant la gamme classique des asperges, citron et groseille à maquereau, mais sans tomber dans l’excès. Vibrant et alerte en bouche, assez pleine de texture et d’une longueur efficace. Un vin que je boirais avec plaisir.

Je serai curieux de connaître son prix, même si je ne suis pas convaincu par cette stratégie d’imitation que je vois mis en place.

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Daudet-Naudin, Chardonnay 2015

(producteur situé en Bourgogne) bouchon liège massif

Je pense que la capsule serait plus appropriée comme fermeture et aiderait à conserver plus de fraîcheur dans ce vin qui en a besoin. L’habillage est dans le registre classico-moderne, assez élégant. Le vin me semble plus sudiste qu’un Bourgogne, avec un boisé discret mais présent, un palais bien rond et presque chaleureux, une pointe d’amertume en finale et un profil un peu mou. Pas désagréable, mais peut mieux faire.

Patriarche Père et Fils, Viognier 2015

(producteur en Bourgogne) bouchon liège aggloméré

Le nez est séduisant à l’aune du registre habituel de ce cépage, mais le vin me semble mou en bouche et manque de précision. La sensation d’amertume en finale est assez caractéristique. Habillage classico-moderne.

Secret d’Automne, Viognier-Sauvignon 2015 (moelleux)

(producteur en Ardèche : Vignerons Ardéchois) pas vu le bouchon

Vin plaisant, sans histoires, aux saveurs agréables, tendres et fruitées. Peut convenir à certains marchés mais quelle tristesse, cet habillage ! Je ne décèle aucune stratégie particulière dans la présentation de ce vin qui est d’une banalité affligeante.

 

Les vins rouges

 

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Café du Midi, Merlot 2015

Je ne sais pas qui est le producteur ni où se trouve sa base, n’ayant pas l’étiquette définitive. Bouchon aggloméré.

L’étiquette doit être provisoire car il n’y a presque aucune mention légale dessus ! On joue clairement sur une image classique de la France (« Café », puis « Midi » et un dessin d’une terrasse de café).  Le nez est chaleureux et rond, de type prunes cuites. Même rondeur assez fruitée en bouche. Souple, simple et plaisant. Je ne vois pas trop ce que ce vin propose, outre son origine, face aux merlots entrée de gamme de Chili, par exemple, qui sont souvent meilleurs.

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La Villette, Cabernet Sauvignon 2015

Le producteur est basé en Bourgogne. Bouchon en liège aggloméré

On voit ici une volonté claire de construire une marque, avec des ingrédients visuels qui créent l’ image d’une France traditionnelle d’une autre époque. Ce n’est pas du modernisme, mais c’est bien fait. Ce vin est le meilleur des trois rouges que j’ai dégusté et confirme mon impression à la dégustation qui a suivi la conférence de presse il y a quelques semaines. Nez fin et précis, marqué par un boisé (probablement des copeaux) mais aussi très fruité (cassis). Il a aussi une bonne petite structure pour le tenir deux ou trois ans sans problème, et une excellente fraîcheur. Très agréable, ce vin vaut largement certains issus d’IGP ou d’AOP.

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Syrah (non millésimé), Vins Descombe

La producteur se trouve dans le département du Rhône. Bouchon synthétique.

L’approche visuelle et simple et moderne, avec le nom du cépage et une signature. Pas de millésime, donc assemblage verticale. Un peu de gaz au départ. Bon fruité, assez expressif. Acidité élevée et une pointe d’amertume en finale. Aurait besoin d’un peu plus de rondeur pour plaire au plus grand nombre. Correct, quand même.

 

Conclusion générale

Cette dégustation était bien trop restreinte pour pouvoir tirer de vraies conclusions, d’autant plus que je ne dispose pas d’éléments sur les options commerciales, y compris les volumes produits et les prix de vente. Il y avait deux bons vins dans le lot, et, sur ces mêmes vins, un parti pris (très différent) lisible à travers les habillages. Mais je trouve que le niveau de créativité est trop pauvre (sur la base de cette courte sélection, du moins) pour réellement aider les marques en question à faire leur trou et démontrer tout l’intérêt de cette catégorie. Peut-être est-il trop tôt pour voir émerger de véritable stratégies innovantes ?

Affaire à suivre, dans un an ou deux peut-être…..

 

David

(PS, je serai en route ce lundi pour deux journées de piste au circuit du Vigean avec l’engin ci-dessous. C’est bien rouge mais cela sera sans vins, forcément)

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6 Commentaires

Capstone Formations Ltd – a truly remarkable history! Compare and contrast

This might seem to be a very anglo-centric post. Although at first sight this is understandable, this post illustrates the very welcome arrival of Companies House Beta Service that opens up all the available information filed at Companies House – accounts, shareholding, directors etc. available for free. Previously there was a charge for most of this information.

 

This now allows wine producers, whether they happen to be in not only in France, Italy, Spain etc. but also Chile, New Zealand – indeed right around the world – to check out any UK company that approaches them expressing interest in importing/buying their wines. A potentially useful weapon against those fraudsters who seek to place orders, take delivery and then disappear without paying.

My post this week used this Beta Service to expose the fiction that Capstone Formations Ltd is a genuine investment company claiming expertise in fine wine and other alternative investments. Capstone Formations Ltd is particularly interesting as the website is much more sophisticated and polished than most scam sites. Usually there is no mention of the director/directors of these companies. This time there is a detailed, though false, history of James Hutton, the sole director and his company.

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 Wine Traded

Claims £9.6 million worth of wine traded between 2013-2015 

It is always interesting to compare and contrast!

The history of Capstone Formations Ltd by James Hutton, the company’s director:

He studied at the London school of business and economics and then worked in many financial districts around the world. He has built up a strong reputation in the City of London and has helped 1000s of clients whilst working under the name of some of the largest companies internationally. 

In 2010 James started planning and building his own company  – Capstone Formations Ltd. The limited company was incorporated in 2013. Capstone Formations grew rapidly managing the portfolios of over 2000 clients within the alternatives market. He was able to employ a further 30 staff. 

The company offers expertise in fine wine, gold bullion, property and diamonds. 

In December 2015 Capstone completed talks that had been started at the beginning of the year and merged with Fenbow Fortune Enterprise Ltd, whose business is mainly in the Far East.

Between 2013 and 2015 the company traded £9.6 million worth of wine. Capstone Formations has grown 30% every year since 2013.   

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‘Restructuring and diversifying portfolios’

James Hutton

Hutton’s ‘history’ of Capstone Formations Ltd

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The history of Capstone Formations Ltd from documents filed with UK Companies House
Fenbow Fortune Enterprise Ltd, the former name of Capstone Formations Ltd, was formed on 11th December 2013 with Konstantin Nemchukov
as the sole director. Nemchukov has 300 company appointments and appears to work for a company formation agents at 3rd Floor, 120 Baker Street, London W1U 6TU.     

Fenbow was a dormant company until early 2016 filing dormant accounts up to 31st December 2015 (filed 4.1.2016).

On 12th January 2016 Nemchokov resigned as director. 26-year-old James Hutton (DOB: January 1990) was appointed as the sole director on the same day. Hutton, described as a builder, lives at Flat 237 Glebe Court, London Road, Mitcham, Lodnon CR4 3NZ. Also on 12th January Hutton became the sole shareholder holding the £1 share capital and the registered office changed to 2 Queen Caroline Street London W6 9DX. This is a Regus serviced and virtual office. 

The following day (13th January 2016) the company name changed from Fenbow Fortune Enterprise Ltd to Capstone Formations Ltd. It has no connection with the US equity company – Capstone Partners, although this may have been a factor behind the choice of ‘Capstone’.

The Capstone Formations Ltd website was registered on 7th January 2016. 

Incorporation-dec2013

ormation of Fenbow Fortune Enterprise Ltd: 
11th December 2013 

Balance sheet 31.12.15

Balance sheet of dormant company – 
Fenbow Fortune Enterprise Ltd with £1 share capital 

Change of name

Change of company name on 13th January 2016 
from Fenbow Fortune Enterprise Ltd 
 to Capstone Formations Ltd.
JHDirectordetails James Hutton’s director’s details

 

My conclusion:
Although it is clear that considerable time has been spent on the website for Capstone Formation Ltd, I prefer to believe the version filed with Companies House, especially as these documents are filed by Capstone. This indicates that James Hutton’s version is complete fiction and obviously designed to fool potential investors that Capstone Formation Ltd and James Hutton have the necessary expertise to advise investors and to manage their portfolios.  

Hutton claims to have studied at the ‘London school of business and economics’ – I can find no record of any such school. He claims a glittering financial career prior to 2010. However, in 2010 Hutton was just 20 years old and the filing of his directorship of the company lists him as a ‘builder’.

Capstone did not start trading until January 12th 2016 at the earliest, so did not trade £9.6 million worth of fine wine. Nor did it merge with Fenbow Fortune Enterprise Ltd – that was merely a change of company name. 

Is James Hutton, a builder from Sutton, the real director or are others involved?


I will be giving James Hutton and Capstone Formations Ltd a very wide berth as I have never had any interest in investing in porkies. 

 

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