Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Châteaumeillant @25

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In 2009 you could probably have become a world expert on the wines of Châteaumeillant by spending a single day there. Today it will take a little longer before such a claim can be made as there are now 25 producers up from just the four or five in 2010.

Châteaumeillant, on the northern edge of the Massif Central, is very close to being plumb in middle of France. It is only 35 kilometres by road from Bruère-Allichamps, which claims the title of being the village that lies in centre of France.

Although there are 550 hectares classified as Châteaumeillant, there are only 86 hectares prestently in production with 3164 hectolitres made in 2013. At the end of the Second Empire (1870), however, there were 1200 hectares here before the region’s vines were badly hit by phylloxéra at the end of the 19th Century.

In 1965 Châteaumeillant became a VDQS and was promoted in 2010 to appellation contrôlée status when the VDQS designation was phased out. The only permitted grape varieties are Gamay and Pinot Noir along with Pinot Gris for rosés in the style of a vin gris. Due to the stupidities of the INAO the use of Pinot Noir is limited to 40% of the blend. In contrast pure Gamay is permitted. 98% of the production is sold in France with Belgium, Germany and Japan the principal destinations for the 2% exported.

Last week’s Salon des Vins de Loire was an excellent opportunity to catch up on recent developments in Châteaumeillant. I had been aware for a good couple of years that several Quincy producers now had vines in Châteaumeillant including Domaine Vincent Siret-Courtaud, who I think was the first to tell me of this interesting development. Vincent acquired three hectares of vines in Châteaumeillant in 2010 in addition to his 10 in Quincy.

Being able to make red and rosé wine is the obvious attraction for Quincy producers where Sauvignon Blanc is the only permitted variety. A good number of Quincy producers, like Jean Tatin and Chantal Wilk as well as Jacques Rouze, have vines in Reuilly but Châteaumeillant gives them another option.

As well as Vincent other Quincy producers with vines in Châteaumeillant include Domaine Jacques Rouze with 1.70 ha with 2012 as their initial vintage and Domaine Lecomte (Nicolas Lecomte) with three hectares and Domaine Roux (Albin Roux) with 3.3 ha.

One good innovation at this year’s Salon was to group a number of young producers together – several Châteaumeillant producers featured here. As well as Nicolas Lecomte, Vincent Siret-Courtaud and Albin Roux, there were two who are based solely in Châteaumeillant: Claire Goyer (Domaine Goyer) and Angelique Gabrielle.

Claire and Samuel, her husband, started their small domaine in 2013, so 2015 is their third vintage. Beginning with 1.3 hectares they have recently added a further hectare.

Angelique only started in June 2014 and has 4.44 hectares – 1.74 of Pinot Noir, 2.00 Gamay and 0.70 of Chardonnay and Sauvignon Blanc. Her parents are vignerons between Chablis and Auxerre.

In contrast to those above, who all have quite small holdings, Domaine Nairaud is easily the largest concern with 20 hectares of vines and with its associated company Biturges Vins occupies the building where the former Cave Cooperative was based.

I was impressed by the general standard of these generally easy drinking wines, which should appeal to #winelovers who are now looking for lighter, less heavy reds. I am planning to visit Châteaumeillant soon, probably in June, and will then report back in more detail.

A suivre!

IMG_2001Angelique Gabrielle

IMG_1900 Vincent Siret-Courtaud 

IMG_1912Nicolas Lecomte

IMG_1915Albin Roux

IMG_1934Claire Goyer 

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Côme Rouze

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Fabrice Deterne, Domaine Nairaud

Buddhaas


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Faut il se fier au bio ?

A la suite du salon Millésime Bio, que je n’ai pas encore visité mais qui est régulièrement couvert par mes collègues de ce blog, je trouvais intéressant de tenter d’avoir une vision un peu plus large de cette approche agricole afin de la situer dans le contexte générale de la viticulture.

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Ce tableau montre la croissance pour la France des surfaces viticoles cultivées en biologique entre 2001 et 2011

La croissance rapide pendant ces dernières années des surfaces viticoles cultivées en « bio » semble ralentir actuellement. Selon les informations fournies par Eurostat, dans le cas de l’Espagne, leader dans ce domaine, ces surfaces ont été multipliées par 5 entre 2002 et 2011, passant de 16,000 à 80,000 hectares.  En France, selon la même source, l’augmentation est presque aussi spectaculaire (4 fois), passant de 15,000 à 60,000 hectares. L’Italie, qui avait au point de départ en 2002 37,000 hectares de vignes déclarés en bio, est arrivé en 2011 au chiffre de 53,000 hectares, perdant ainsi le leadership de ce marché. Mais, depuis 2011, ces taux de croissance se sont considérablement ralenti et, dans certaines régions, la surface cultivée en bio a même reculée.

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Pour rester sur la cas de la France, la surface du vignoble cultivé en bio représente environ 8% de la surface viticole totale, ce qui semble assez faible vu la couverture médiatique attribuée aux vins qui en sont issu. Il est vrai que plus le climat est frais et humide, plus la viticulture biologique est difficile à mettre en place. Cette surface faible semble aussi un peu paradoxale quand, en parallèle, on annonce aussi que 35% de buveurs réguliers de vin dans 4 marchés européens (France, UK, Allemagne et Suède) boivent des vins bio. Ils doivent en boire de temps en temps seulement..

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Parmi les nombreux labels que existent pour certifier les démarches viti-vini qui sont censés respecter au mieux l’environnement. Lequel lave plus blanc que blanc ? Mystère !

On peut difficilement contester le fait que ce mouvement, qui constitue une réaction de fond contre la pollution massive des sols (et parfois aussi des gens qui les travaillent) par un usage excessif et souvent mal compris d’engrais, d’herbicides, de pesticides et d’autres produits de traitement depuis un cinquantaine d’années, fait partie d’une prise de conscience quant à l’urgence de réfléchir autrement au processus agricole, et spécialement viticole. Le vignoble en France et sur-consommateur de ces produits par rapport à toute autre forme d’agriculture et il est effectivement nécessaire et urgent de modifier l’approche « tout chimie » de la viticulture. Mais je me demande parfois si le « tout bio » est nécessairement la bonne voie. En tout cas, il contient quelques contradictions qui relèvent d’une approche qui me semble parfois plus dogmatique que purement rationnelle. Je vais y revenir.

Il y a quelques mois j’ai présenté à un club oenophile les vins d’un domaine de Saint Emilion, Château Laroze, car je les ai trouvé d’une élégance et d’une fraîcheur devenus rare dans cette région depuis quelques années. Guy Meslin, dont c’est le domaine familiale, m’a dit avoir pratiqué pendant des années la « biodynamie » sur son vignoble mais l’a abandonné car il ne trouvait pas cette technique adaptée à son cas. Il ne revendique aujourd’hui aucun label dans la famille bio car, dit-il, aucune de ces certifications ne se donnent la peine de vérifier le produit final. Il s’agit de certifications du processus, incluant depuis 2012 la vinification, mais sans aucune analyse de la composition chimique d’un vin. Meslin opère cela lui-même, via un laboratoire spécialisé, pour s’assurer que ses vins ne contiennent aucun résidu de produits indésirables. On a bien vu lors de différents tests opérés que certains vins bio en contiennent, des résidus indésirables, même si ce n’est pas le cas le plus fréquent.

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Le magazine Decanter a récemment fait état d’un autre producteur de qualité ayant abandonné le système bio. Il s’agit de Sebastien Vincenti, du Domaine de Fondrèche dans les Côtes de Ventoux. J’ai visité ce producteur il y a quelques années et il me semblait alors au sommet qualitatif des vins de cette appellation. Fondrèche était certifié par Ecocert depuis 2009, mais Vincenti a déclaré à Decanter qu’il abandonnait ce processus afin de rester cohérent avec son approche d’une viticulture réellement sans dommage pour l’environnement. Il dit que l’application de certains produits de synthèse, au bon moment, peuvent mieux protéger l’environnement que des alternatives autorisées dans l’agriculture biologique. Il dit aussi ceci :  » je vais réduire le cumul de cuivre dans mes sols en modifiant mes traitements afin de trouver un équilibre entre produits de synthèse et produits organiques ». Il fait référence particulièrement au cuivre, qui, bien qu’étant « organique », est un métal lourd, nocif pour la santé et qui ne se dégrade pas, ou très mal, dans les sols.

J’ai toujours pensé que le refus de tout produit de synthèse était un prise de position basé sur un dogme, et non pas sur un argument rationnel qui prenait en compte une vision holistique de l’environnement.. Pourquoi est-ce que tous les produits de synthèse seraient nécessairement nocifs ? Et pourquoi aucun ne serait biodégradable ? Le cuivre, en tout cas, ne l’est pas, ce qui a amené d’autres producteurs à quitter le système bio. C’est le cas, par exemple, du Domaine Fons Sanatis dans le Languedoc. Le propriétaire dit que cela lui semblait fou d’employer 5 kg de cuivre par hectare et par an.

Un autre aspect de l’approche d’une viticulture plus propre est le bilan carbone de l’exploitation. J’avais interviewé le directeur d’un excellent domaine à Chablis, William Fèvre, au moment où il expérimentait la culture bio sur une partie de son vignoble et il m’a dit que le nombre de traitements rendus nécessaire par l’emploi des produits autorisés en bio, qui sont lessivés dès la moindre pluie et donc rendu inopérants sur la vigne, faisait que ses tracteurs passaient entre 4 et 10 fois plus souvent dans la vigne, avec comme résultat un compactage des sols et une consommation de gasoil en forte hausse. Bilan carbone négative donc. Vincenti dit la même chose, mais, étant dans un climat plus sec, la différence est moins importante.

Quant à des différences entre les goûts des vins bio et vins non-bio, on est sur des sables mouvants, tant il est difficile de comparer ce qui n’est pas forcément comparable. Andrew Jefford, dans un autre article récent dans Decanter (Jefford est plutôt un supporteur du bio), dit que lors du grand concours annuel organisé par ce magazine et dans l’édition 2015, les vins bio ont obtenu, proportionnellement, moins de médailles que le moyenne sur l’ensemble des vins. Les vins biodynamiques étaient, en revanche, dans les clous de cette moyenne. Si on peut se fier à des statistiques, cela pourrait indiquer qu’il n’y a aucun avantage gustatif évident entre vin bio et vin non-bio.

phyto1Les effets sur des cultures de surface de différentes quantités de cuivre dans le sol

Il faut dire à leur défense que les plus attentifs des « bios » font très attention aux doses de cuivre employées et cherchent activement des produits de remplacement. Mais le cuivre semble avoir d’autres avantages, notamment dans le domaine de la lutte contre certaines maladies du bois. Par contre, sa nocivité sur les sols est bien attesté, du moins pour les couches superficielles, le microflore et même la vie dans les eaux autour.  « Quand on défonce une vigne et qu’on y remet des grandes cultures, il peut arriver que ces cultures poussent extrêmement mal en raison du cuivre accumulé dans les premiers centimètres de sol durant des décennies de traitement. Je l’ai constaté de mes propres yeux dans un cas concret ; en fin de compte, l’agriculteur a abandonné les grandes cultures et replanté une vigne, car cette plante s’enracine suffisamment en profondeur et échappe ainsi aux hautes concentrations de cuivre dans la couche supérieure du sol», relate Christian Keimer, ancien responsable du secteur « Protection de sols » du Canton de Genève.

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Je ne suis pas en train de dire que les « bios » sont des plus grands pollueurs du vignoble, ni que les vignerons qui adoptent cette approche ressemblent, par leur méthodes, à ce qui est illustré dans la photo ci-dessus. Les choses ont bien évoluées, heureusement. Mais je dis simplement que cette affaire est un peu plus complexe que sa présentation habituelle laisserait entendre. Le « bio », sous toutes ses formes, fait vendre actuellement et certains marchés, comme bon nombre de pays de l’Europe du Nord, exigent une proportion croissante de vins labellisé « bio » dans leurs achats. Un producteur de qualité à Chinon, Philippe Alliet, m’a dit avoir été obligé de passer par une certification en bio juste parce que ces marchés l’exigeaient, alors qu’il cultivait son vignoble d’une manière extrêmement respectueuse, sans herbicide, engrais chimique ou insecticide, et depuis toujours. Il m’avait dit qu’il trouvait cela absurde mais qu’il était obligé de s’y plier pour des raisons commerciales, même si cela allait impliquer l’usage de doses plus importantes de cuivre sur ses sols.

 

Je crois, bien évidemment, en une viticulture propre et attentive à l’environnement, mais est-ce que le « bio », dans ses formes actuelles du moins, constitue réellement une panacée ? Je crois qu’il est permis de poser la question.

David Cobbold


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Riesling : le retour

Il y a quelques semaines nous avons démarré, un peu timidement, une petite série d’articles, coups de coeur ou chroniques autour de ce grand cépage rhénan qu’est le riesling. Il est temps d’y revenir.

Je dois avouer que je suis un grand amoureux de cette variété, même si je n’aime pas toutes ses expressions aromatiques, et notamment la gamme qui sent les hydrocarbures (pétrole, si vous préférez, mais cela ne donne pas plus envie !). Par conséquence je vous parlerai peu de ces rieslings-là, même si, pour certains, cela passe pour un des marqueurs de « typicité » : néologisme débile qui ne signifie pas grande chose sauf, peut-être, le dénominateur commun le plus faible entre les vins d’une région ou cépage.

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Mais revenons à notre sujet du jour, qui est un vin du Domaine Gresser, dont la dizaine d’hectares est situé à Andlau. Je pense que la plupart des amateurs connaissent mieux le Domaine Kreydenweiss, sur cette même commune, et qui fait aussi des vins remarquables. Les Gresser sont pourtant ici depuis le 16ème siècle et Rémy Gresser fut le président du CIVA (l’organisme collectif des vins d’Alsace) pendant des années. Mais qui connaît ses vins ?

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Je viens de déguster son Riesling Grand Cru Kastelberg 2011 et c’est un vin formidable, qui allie, comme seul de riesling sait le faire, finesse et puissance des saveurs. Nous l’avons bu en compagnie d’un filet de veau aux champignons et il n’a eu aucun mal à tenir tête au plat, sans jamais le dominer. Il y avait dans ce vin de très lointains relents de la gamme cire/petrôle, mais rien pour me gêner. Surtout cette texture ferme, allongée, cette formidable intégration de l’acidité qui fait tant partie de la nature du cépage sans jamais sembler être plaqué sur la surface du vin. Un vin qui donne envie de finir la bouteille, tant sa complexité encourage une exploration poussée des ses subtilités.

Le site web de Gresser met en avant la géologie qui sous-tend ses parcelles. Je passe sur ce sujet auquel je ne comprends manifestement pas grande chose (demandez avis à Georges Truc), mais je vous montre la carte quand-même. On voit bien que l’Alsace est très complexe sur ce plan-là.

 

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Il y a autre chose que l’habillage de ce vin évoque pour moi: c’est la clarté exemplaire de la communication sur les éléments qui le composent. Il faut dire que ce n’est pas toujours le cas, en Alsace ou ailleurs. Surtout en Alsace peut-être, ou certains des grands noms vous laissent dans le brouillard total quant à la quantité de sucre résiduel que vous risquez de trouver dans le vin. Je vous montre ci-dessus (deuxième photo) la contre-étiquette de ce vin qui est exemplaire dans ce domaine. L’échelle de sucre y est bien présente, comme la nature du sol et d’autres mentions, obligatoires ou non. Et le tout est lisible !

Un exemple à suivre….

Et bon match (ou good game, c’est selon) !

David Cobbold

 


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Some echoes from 30th Salon des Vins de Loire

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The First Salon des Vins de Loire was in 1987 and to date it hasn’t missed a year not even after the terrible frost of April 1991. Despite some voices saying that it should be called off the 1992 edition went ahead. My first Salon was in January 1990 and I have been to every edition since.

The biggest threat the Salon now faces is Prowein, which has grown enormously over the last decade and a number of significant producers have decided to opt for the Dusseldorf and miss the Loire Salon. Late in the day the organisers of the Salon found a place and a formula for organic La Levée de la Loire last year. This year they have added a Demeter (biodynamic) fair as well. My impression from the first day (Monday) is that this edition is busier than last year but we need to see what Tuesday will bring.

Muscadet in danger:
Can I taste your Melon-Colombard Muscadet blend please?
If you want to upset a top quality Muscadet producer, this or a variant of the same, is the question to ask.

There is now a serious likelihood that in the next couple of years that producers will be allowed to add Colombard, Chardonnay and possibly other varieties to Melon de Bourgogne in the making straight Muscadet. For the moment this will not be allowed for the zonal Muscadets – Sèvre-et-Maine, Côtes de Grandlieu and Coteaux de la Loire or the cru communaux – but we all know about ‘mission creep’.

Many of the top Muscadet producers, like Vincent Caillé, the Luneau-Papins, Joseph Landron, Eric Chavalier, Gilbert Bossard and others, are vehemently opposed to allowing other grape varieties to be used for Muscadet.

However, I talked yesterday to Bernard Jakob,the directeur général of Ackerman. He is in favour of the change as providing a way of saving those producers who are struggling in the Pays Nantais. Bernard quoted the vote by a substantial majority of the vignerons in favour of the change.

When I pointed out that if producers wanted to blend other varieties to Melon it was already perfectly possible to do so and sell this as an IGP or a Vin de France. Bernard replied that producers wanted to be able to keep using the Muscadet name.

I have to say that I have little sympathy with this move to add new varieties to the Melon de Bourgogne for Muscadet. Even, if the change, is strictly limited to straight Muscadet it is all too likely to undermine the image of all Muscadet just at the moment that the qualities of good Muscadet – and there are now some very good Muscadets – are being rediscovered. Currently top Muscadet is easily among the best bargains to be found in the wine world, so why threaten to potentially destroy all the good work that has been done by conscientious producers to produce excellent wines and raise the appellations image.

The idea that producers want to be able to add new varieties while keeping the Muscadet name is deeply dubious. Just suppose that I have vines in the Clos de Vougeot or Chambertin and I wanted to include some Gamay or Syrah along with my Pinot Noir while keeping the appellation, I doubt if I would get a very sympathetic hearing.

It would be very interesting to know more about the background to the vote by producers to allow other varieties like Colombard in Muscadet.

Furthermore is the addition of Colombard or other varieties really going to save struggling producers? Muscadet-sur-Colombard will surely be sold to supermarkets at a basement price in competition with the Côtes de Gascogne, cheap wines from the Midi as well as places like Australia, Chile and Argentina. Dealing with aggressive supermarkets is unlikely to provide salvation for struggling growers as the recent report into Tesco’s habitual policy of screwing its producers to improve its bottom line only too clearly demonstrates – see here and here.

It is all too likely that if the change goes through there will soon be pressure to increase the permitted yields for Muscadet very substantially because producers in the Pays Nantais cannot compete with IGP Côtes de Gascogne and cheap whites from other countries. May be producers will again be asked to vote on keeping yields as they are at 65hl/ha or increase them to 80 hl/ha, 100 hl/ha or 150 hl/ha…

I fear if this change goes through it is all too likely to be catastrophic for the Muscadet appellations. While I have sympathy for struggling producers they should be looking to IGP or vin de France rather than bastardising Muscadet.

Other brief echoes
Ludo and Sophie Ragot
have sold their fine Café de la Promenade in Bourgueil with the new owners taking over in March.

Having handed over the Château de Tracy (Pouilly-Fumé) vineyards to his sisters, Comte Henry d’Assay has set up a négociant business – SAS Comte Henry d’Assay.

After some 20 years this is expected to be the last Salon des Vins de Loire that Gérard Pelletier will be welcoming vignerons, importers and press to his excellent restaurant – Le Relais. At the age of 62 Gérard has decided to embark on a second life. Thank you Gérard and we wish you a long and enjoyable retirement.

 

Buddhaas

 


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Cépages obscurs : le bon travail d’un caviste voyageur

soif-dailleurs-logo

Rassembler des vins issus de cépages peu ou pas connus pour les proposer au public n’est pas simplement une affaire qu’on pourrait assimiler à une rubrique « cabinet de curiosités » : il contient, potentiellement, le projet d’ouvrir les esprits et d’élargir la gamme des profils gustatifs offerts par les vins. J’ai déjà évoqué, il me semble, le travail fait dans ce domaine par le caviste Soif d’Ailleurs, à Paris. Une dégustation organisée vendredi dernier m’a démontré encore que ce lieu dirigé par Mathieu Wehrung continue à explorer des chemins inconnus de la plupart des amateurs de vins. Je vous conseille une visite si vos pas vous amènent dans ce quartier vivant entre Marais et République

Soif d’Ailleurs
38 rue Pastourelle, 75003 Paris
Téléphone : +33 1 40 29 10 82
Ils ont aussi un site de vente sur l’internet :

 

D’abord, aucun des vins vendus dans cette jolie petite boutique n’est français, ce qui ne suffit pas, bien entendu, à rendre leur sélection intéressante. Il y a en stock quelques classiques, chers ou pas chers, mais devenus incontournables comme le Sauvignon Blanc de Cloudy Bay (Nouvelle Zélande) ou bien les bulles de Miolo (Brésil) dont Soif d’Ailleurs est devenu, en peu de temps, le plus important vendeur dans toute l’Europe. Mais les vins qui m’intéressent le plus sont les autres, ces domaines peu connus ou peu disponibles en France, comme, par exemple, l’excellent Koslovic (cépages terran ou malvasia, Croatie) ou Anselmo Mendes et ses exceptionnels alvarinhos (Portugal).

Certains vins de la gamme sont assez chers, mais jamais d’une manière délirante car les marges sont raisonnables, vu le travail accompli, et on peut y trouver des très bons vins à moins de 20 euros. Cela reste peut-être un poil exclusif si on considère le prix moyen des vins vendus en France, mais ce n’est pas hors de prix pour des choses qu’on aura bien du mal à trouver ailleurs.

La dégustation à laquelle j’ai assisté la semaine dernière a regroupé 9 vins, issus d’autant de cultivars et de 6 pays différents. N’étant pas ampélographie, mais ayant plus de 30 ans d’expérience professionnel dans le vin, je dois avouer que je n’avais entendu parler que deux des ces neuf cépages auparavant, dont le Räuschling, qui va ouvrir le bal de cette petite dégustation que les organisateurs ont intitulé «les cépages rescapés».

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Les vins blancs

R3 Räuschling 2014, AOC Zürichsee, Suisse

(Cépage Räuschling) Prix 45 euros

Notre ami Marc a récemment évoqué ici même ce cépage blanc Räuschling, devenu rare et localisé presque exclusivement de nos jours dans cette partie de la Suisse germanique. Je dis «devenu», car il fut autrefois bien plus répandu, en Suisse, en Allemagne et même en Alsace. L’expansion du Müller-Thurgau, plus facile et plus productif, lui aurait scié les pattes cependant, malgré une présence attestée dans ces régions qui remonte au 16ème siècle. La variété est issue d’un croisement entre le très fertile Gouais Blanc et, soit le Savagnin, soit un membre de la famille des pinots (les versions divergent).

Vin d’abord tendre mais d’une belle vivacité. Assez aromatique et doté d’une longueur agréable, il ferait un vin d’apéritif très plaisant et pourrait bien accompagner des poissons de toutes sortes. Il souffre en revanche de son origine helvète sur le plan du prix.

 

Curil Blanco 2012, (vin hors D.O. de la région d’Alicante, Espagne)

(cépage Trepat Blanc) Prix 20 euros

Cette variété blanche à l’avantage, dans un climat chaud, de produire peu d’alcool : 12% dans ce cas.

Robe profonde, entre or et ambre. Nez étonnant, sur le versant de l’oxydation et qui rappelle le curry. Texture un peu huileuse et notes d’amertume confirment une vinification avec de la macération pelliculaire. Ferme et très long en bouche, c’est un style à part qui plaira aux amateurs de ce genre de vin : on n’est pas tout à fait dans le domaine des vins « oranges », mais ce n’est pas loin.

 

Weingut Umathum, Königlicher Wein 2013, Burgenland, Autriche

(Cépage Lindenblättrige) Prix 23 euros

En réalité ce cépage ne m’était pas totalement inconnu car il s’agit de la variante autrichienne de celui connu sous le nom d’harsévelu en Hongrie. Cela dit, je ne pense pas voir dégusté un pur harsévelu plus d’un fois, tant il est généralement assemblé avec le Furmint, surtout à Tokay. Je connaissais auparavant les vins rouges de cet excellent domiane de Burgenland, qui sont importés depuis un moment en France.

Vin fin, un peu ferme par sa texture, mais délicat par ses saveurs vives et acidulées.

 

Azienda Rivetto, Nascetto borea 2013, Piemonte, Italie

(Cépage Nascetta) Prix 24 euros

Le domaine est situé à Serralunga d’Alba, donc dans l’aire d’appellation du Barolo, mais ce cépage n’est admis dans aucune des DOC ou DOCG du coin.

Beau nez, qui m’a fait penser à de la pomme verte avec des élans citronnés. Fin, savoureux est assez salin. Pourtant la mer n’est pas si proche ! La vivacité domine mais l’équilibre est bien pour ce style de vin.

 

Albet i Noya, Rion 2013, DO Penedes, Espagne

(Cépage inconnu) Prix 25 euros

Bien connu pour ses cavas de haut niveau, ce domaine explore la richesse ampélographique de la Catalogne en élaborant aussi des vins tranquilles. Le producteur n’a pas réussi à identifier cette variété et il a nommé le vin avec le prénom de sa grande mère.

Le nez m’a semblé marqué par un élevage sous bois, mais il est également frais. Cette fraîcheur est encore plus marquée en bouche, et la texture me fait penser à de la craie. Pas mal de précision dans les saveurs, mais cette texture crayeuse assèche un peu le palais en finale. C’est peut-être pinailler que de dire cela car avec un plat je suis sur que ce vin serait très bon.

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Les vins rouges

Hatzidakis Mavrotragano 2013, Santorini, Grèce

(Cépage Mavrotragano) Prix 35 euros

Je connaissais cette île des Cyclades pour son origine volcanique et donc ses sols si particuliers. Je ne connaissais que ses vins blancs remarquables fait avec l’excellent cépage Assyrtiko. Je ne sais pas grand chose sur cette variété rouge.

C’est manifestement un cépage tannique, qui contient aussi, il semblerait, une belle acidité (même si je soupçonne un peu d’ajustement de ce dernier ingrédient dans ce vin). Le fruit est un peu dominé par le double assaut de tannins et d’acidité, mais il est présent. C’est un vin intéressant, qu’on dit « de caractère », mais un peu brut de décoffrage avec de l’amertume en finale et une impression végétale. Trop cher dans ce cas.

 

Podere Gualandi, Foglia Tonda 2012

(Cépage Folia Tonda) Prix 44 euros

Le patron de Soif d’Ailleurs est enthousiaste à propos des vins de ce producteur atypique. Je le suis un peu moins car je les trouve souvent austères et parfois avec des arômes que je qualifie de «déviants». Je les trouve aussi bien trop chers, mais on m’explique que les rendements sont très bas, etc…

A la dégustation, la masse tannique impose sa structure, renforcé par une acidité importante et à peine rendu harmonieux par un peu de fruit. Beaucoup d’austérité mais, en contrepartie, une très belle longueur. Equilibré quand-même, c’est un vin très particulier et je serais curieux de voir son évolution. Pour l’instant on ne peut le conseiller qu’avec un plat salé pour amadouer ses tannins.

 

Bodegas Pablo Menguante, Vidalello 2011, DO Carinena, Espagne

(Cépage Vidadello) Prix 19 euros

Cette appellation aragonaise qui porte le nom d’une variété chère à Michel Smith n’a, curieusement, que très peu du cépage éponyme. Les vignes de ce vin sont franches de pied, mais je n’en sais pas plus.

Un beau nez qui a de l’intensité et de la profondeur dans ses arômes fruités, avec juste une patine raisonnable du à son élevage. Le bois est aussi perceptible en bouche, et les tannins sont fermes et un peu asséchants en finale. Cette finale laisse aussi percevoir de jolis arômes de cerise amère. Bon vin d’un prix abordable, qui peut bien se comporter à table avec des plats de viandes ou en sauce, à cause du sel.

 

Likya Acikara 2014, Lycie, Turquie

(Cépage Acikara) Prix 24 euros

Je ne sais rien de ce cépage qui fait partie de la vaste réserve ampélographique de la Turquie. Le vignoble est planté sur un sol très calcaire.

La robe est très sombre et violacé mais il ne s’agit pas d’un cépage teinturier. Beau nez qui évoque la cerise noire. C’est un très joli vin, assez peu tannique mais très frais et, en même temps, doté d’un alcool relativement puissant. Sa vivacité l’aide dans l’équilibre et le vin est net et très bien fait. J’aime ce vin qui me fait voyager.

 

Conclusion

Quand il s’agit du vin (et de bien d’autres choses), le voyage dans l’espace implique inévitablement des croisements avec le voyage dans le temps. Je sais bien qu’il ne suffit pas d’être différent pour être « bon », mais comme c’est agréable (et probablement très utile) d’explorer ces morceaux du riche patrimoine botanique de la vigne et ses produits. Pourvu que, dans les pays à la réglementation viticole cadenassée comme la France, on sache apprendre et piocher dans ce réservoir ampélographique profond et, il me semble, si mal exploitée.

 

David Cobbold


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Organically Montpellier

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It’s that time of year again – off to Montpellier for Millésime Bio and then to Angers for the Salon des Vins de Loire and the various off events.

As is now my custom I took the Eurostar from London and then the TGV from Paris arriving in Montpellier just after 5.30 pm. Plenty of time to settle into my hotel – Colisée-Verdun, very close to the station.

 That evening following a friend’s recommendation at Sicilia, a busy, popular and well-run Italian pizzeria and restaurant in the old part of Montpellier. I enjoyed a starter of grilled vegetables and then an escalope milanese cooked in a Sicilian style with pasta Stromboli, which needed the powerful Pic St Loup that I had ordered. 

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2014 Haut-Lirou, Pic Saint-Loup 

On Sunday I took a long relaxed walk through the older parts of Montpellier – carefully avoiding the souless Antigone area. There was a striking contrast between the lively Arab quarter of Figuerolles where most of the shops were open, a bustling street market piled high with oranges, aubergines etc. along with crowds of men clustered around the cafés and the quiet of the old quarter above the Place de la Comédie.

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In the early evening it was off to the now well established Outsiders’s tasting where I met up with Michel Smith. This tasting is always interesting although this year I found a number of the reds just too heavy, tannic and lacking finesse for the moment. Amongst my favourites were a 100% Mauzac and 100% Chenin from Château Rives-Blanques, Limoux. I also liked their delicately sweet 2012 Lagremac d’Aur, which was picked in the first week of November. This was one of the rare years when they had botrytis.

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Michel hard @work 

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Caryl Panman – Château Rives-Blanques

Once we had finished tasting we dropped down the road to Amuse Vin, a friendly wine bar with an interesting list of wines and some OK food. We started with the weighty 2014 Cuvée Tradition, Coteaux du Languedoc from Mas Brunet – a blend of Roussanne, Vermentino and Viognier.

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We then moved onto a couple of reds: 2014 La Pierre Plantée, Saint-Chinian, Les Eminades. Unfortunately I forgot to take a picture of the second one, so will have to add the details later. We must have been chatting too much!

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All in all an excellent and relaxed preparation for Millésime Bio, which has now grown to around 900 producers and there is still a waiting list, which suggests that organic wine is still in fairly rude health.

Loire echoes from Millésime Bio
Antoine Foucault will take over Clos Rougeard
Romain Guibeteau told me that following the very sad death of Charly Foucault right at the end of last year, Nady wants to hand over to Antoine, Charly and Françoise’s son, as soon as possible and retire while assisting Antoine. Romain explained that for Nady Rougeard was always he and Charly together and now it is not the same to run Clos Rougeard by himself.

Muscadet sur Chardonnay?
Apparently there is a move to widen the choice of grapes to make Muscadet. Vincent Caillé tells me that the reason it is taking so long to finalise the four additional Cru Communaux is that the whole Muscadet dossier is being looked at again. Some of the large négociant firms want to be able to make Muscadet not just from Melon de Bourgogne but from other grapes like Colombard, Sauvignon, Chardonnay etc to make Muscadet more aromatic and easier to shift large volumes through the supermarkets at low prices.

The irony is that after years in the wilderness Muscadet is now becoming more appreciated for its current quality and value. As it stands there is nothing to stop producers selling blend of Melon de Bourgogne with other more aromatic varieties and sell it as an IGP or Vin de France. No need to bastardise the Muscadet appellation!

Next week more on Millésime Bio

JIM BUDD

J-ElvisCUss


11 Commentaires

Bordeaux oui, mais « primeurs » non.

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Je ne déguste plus les centaines d’échantillons (trop précocement) préparés pour les Primeurs par des producteurs de Bordeaux depuis l’édition consacrée au millésime 2005. Cela fera donc bientôt 10 ans. La première de mes raisons est que je ne crois plus à l’intérêt de ce système de « prévente payée » pour le consommateur. La deuxième est que je ne crois plus en un lien fiable entre les échantillons présentées et les vins qui seront mis en bouteille 12 à 18 mois plus tard, après plusieurs tests et après avoir vu une propriétaire faire changer un échantillon de son vin quant elle voyait les visages des dégustateurs ayant tâté de la première version!  Enfin, j’ai constaté qu’un nombre croissant de châteaux refusait de soumettre leurs échantillons à la dégustation à l’aveugle, induisant pour nous les journalistes une tournée infernale, consommatrice de carburant et de temps, sans parler d’une mise en condition inévitable quand on doit aller dans le chai en question pour goûter l’échantillon et entendre les discours des responsables en même temps.

Je sais que je ne suis pas seul dans le domaine des doutes quant à la fiabilité de ce procédé. Mon collègue Bernard Burtschy, qui retourne chaque année déguster les vins après leur mise en bouteille, a dit sa grande déception devant les écarts entre les échantillons qu’il avait notés pour le millésimes 2012 et 2013, et les versions en bouteille de bon nombre des mêmes vins.

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Les Primeurs, cette année, ce devrait être du sport…

 

Maintenant, j’apprends que pour la future séance qui portera sur le millésime 2015 et qui aura lieu début avril, l’Union des Grands Crus a pris la décision de regrouper les dégustations des vins de ses membres en un seul endroit et sur deux journées, et de ne plus proposer les vins en dégustation à l’aveugle. Je ne trouve rien à redire quant à la première partie de cette décision, mais la deuxième partie, qui va retirer toute semblance d’objectivité à cet exercice déjà difficile, est une énorme erreur à mes yeux. Regrouper les vins dans un seul lieu, c’est du bon sens, à condition que le lieu soit assez grand, ce qui est probablement le cas pour le nouveau stade de Bordeaux qui a été choisi. La consommation inutile de carburant devra donc baisser. Mais priver ceux qui le veulent de la possibilité de déguster à l’aveugle est choquant !

Je crois que Michel Bettane a déjà dit qu’il n’irait pas dans ces conditions et Jancis Robinson dit ceci sur son site ;

« But the change I most resent is that the UGC will no longer sanction blind tasting. I’m sure there has been lobbying from the shrinking but much-appreciated majority who do not insist on our visiting them to taste at the château. They presumably think that we penalise wines tasted blind. But this proposed change robs us of a major aspect of these primeurs tastings. I have discussed it with Michel Bettane, who said he would no longer participate in the UGC tastings if blind tasting (which he requested originally, I believe) were no longer permitted. Presumably all this will drive more and more media tasters into the hands of the large négociants who organise primeurs tastings in parallel with the UGC ones. Is this really what the UGC wants, I wonder? Perhaps it is no coincidence that these changes, unlikely to be welcomed with open arms, are being proposed for a vintage about which there has been as much hype as the 2015? »

Je crois qu’elle a raison. Elle a également organisé un sondage parmi ses nombreux lecteurs pour savoir s’ils pensent qu’une dégustation à l’aveugle était plus crédible qu’une dégustation à découverte. 78% ont voté pour la dégustation à l’aveugle.

Avec un peu de chance, d’autres critiques vont aussi déserter cette farce des Bordeaux Primeurs et le soufflé va enfin tomber. On peut toujours rêver !

Je refuse, en revanche, de verser dans le « Bordeaux bashing » adopté par certains. Il y a beaucoup d’excellents vins à Bordeaux (d’accord, pas en 2013 !). Et il y a beaucoup d’excellents et honnêtes producteurs, dont certains font des vins qui représentent les meilleurs rapports qualité/prix en France. Mais ce cirque des Primeurs doit cesser ou bien changer radicalement si les producteurs concernés veulent garder un semblant de crédibilité.

David Cobbold

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