Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Vin en Boîte (Wine in Box), le concours

Nous en avions parlé, histoire de le présenter.
C’est fait, c’est plié.
La grande première mondiale du premier WiB, le concours Wine in Box, s’est déroulée avec succès, réussite au-delà des objectifs espérés.

Toulouse l’accueillait

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C’est à Toulouse, la Ville Rose que je trouve plus orange que rose d’ailleurs, qu’a eu lieu cette compétition des Vins en Boîte. Le grand bâtiment de l’Hôtel de Région avait prêté l’un de ses locaux. Le challenge a commencé après les discours habituels suivis des recommandations, dont une m’a surpris : l’interdiction de se rendre aux toilettes durant toute la période de dégustation, pourtant, on le sait, déguster donne envie de pisser.

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Mur de BiB

La grande question c’était, puisque cela ne s’est jamais vu, comment les organisatrices allaient-elles occulter les gros contenants pour ce test à l’aveugle; et d’autre part quid du service? La photo ci-dessous à ces deux fondamentales questions répond.

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L’aveugle nous laisse parfois (souvent) pantois

On se laisse toujours surprendre, nos certitudes vacillent fréquemment lorsque quelques doigts agiles déshabillent les bouteilles, ici, dépiautent les poches.
Il y a là, dans cet acte rude, le carton est dur, un aspect plus populaire, plus proche de la réalité quotidienne… bref

Marion Ivaldi fait écho dans Vitisphere, l’un des sponsors du concours,
www.vitisphere.com/breve-72540-Best-wine-in-box-bienvenue-dans-le-concours-des-vins-de-la-qualite-et-de-linattendu.html
de l’étonnement ou du questionnement de quelques jurés, voici les propos recueillis:

Interrogés plusieurs jurés soulignent la qualité des vins dégustés. Arnaud Giambra, œnologue au Château Cransac (primé en rouge par le concours), a dégusté une série de blancs. « Je connais bien les bib© car ils constituent la moitié de la production du domaine, mais dans les couleurs rouge et rosé. Je suis vraiment satisfait de la qualité dégustée. J’en achèterai sans problème !».

Marion n’avait pas la place pour développer, alors j’en profite pour faire un commentaire:
La qualité générale s’est bien accrue ces dernières années, ce qui donnerait à penser que les producteurs font plus attention à ce qu’ils mettent en poche, pensant certes aux leurs. Le tri commence à se faire et qui voudra écouler de la daube les bourses se verra vider.
Ce qui suit, toujours sous la plume de Marion, prouve que j’y étais et que je ne suis pas plus malin qu’autrui :

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Pour Marc Vanhellemont, journaliste-dégustateur belge (notamment Les 5 du vin), la surprise est grande. «D’ordinaire, en bouteille, le merlot n’est pas trop à mon goût. Notre table a fait ressortir quatre merlots » s’étonne-t-il.

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Ma conclusion, il faut que l’avenir me voie moins dur pour le cépage. À ma décharge, j’ai dégusté en songeant vins en Wine Box, c à d avoir du fruit, de la fraîcheur et pas de défaut. Du coup quatre Merlot sur neuf sont sortis presqu’à l’unanimité dans la première série. La deuxième série offraient plus de défauts que de qualités (oxydation, acidification excessives, verdeur ou surmaturité, …) on l’a vite oubliée.

Jean-Luc Meurisse, œnologue à la tête de Terroir et formation, est également surpris mais pour des raisons différentes. « Nous avons dégusté des rouges de 2010 et 2011. Si l’un d’entre-eux est ressorti, on est en droit de se demander si c’est vraiment intéressant de mettre en bib© des vins évolués ». Décidément le bib© sait faire dans l’inattendu… jusqu’à conditionner un Maury Tuilé, également primé.

Mon cher Jean-Luc, le bib© n’est pas un contenant de garde mais un conditionnement pour vin à boire dans le mois de son achat. Alors pourquoi ne pas mettre en boîte un vin de petite ou moyenne garde au moment de sa maturité gustative ? C’est peut-être le seul moyen pour que le consommateur déguste et boive un vin à point contrairement à son habitude, certes mal venue, de boire tout de suite le flacon à conserver qu’il vient d’acheter.

Un autre propos encore, entendu et non plus relevé par Marion, un jury s’étonnait de la trop bonne qualité des vins dégustés, à en déclarer forfait par perte de repère. Voilà une réaction qui démontre qu’il y a encore du chemin à faire pour ce contenant, nombre de dégustateurs et certainement de consommateurs se disent qu’y sont conditionnés du « very bad de gamme© » comme on l’entend encore dire pour les rosés…

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En tous les cas, j’ai vraiment été satisfait de participer à cette première, d’autant plus que l’ambiance était des plus décontractées et grande chance durant la dégustation, je n’ai pas dû aller pisser.

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Pour les résultats complets
www.best-wine-in-box.com
www.blog-du-bib.fr/1er-concours-international-best-wine-box-toulouse-le-20-mars-2015/

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Ciao

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Marco


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Cork and Skin Côntact Live!

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Cork waiting to be processed

Cork waiting to be processed

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Cork – a seemingly eternal debate
David’s tirade yesterday against cork provoked plenty of reaction. The debate, however, appears to be timeless – David could have written this 15 years ago! In the interim cork has tried to put its house in order with some success. My impression is that I come across fewer corked bottles when opening bottles at home than than I did. However, when judging at the Decanter World Wine Awards, the rejection rate remains unacceptably high.

As part of the Winelovers third anniversary celebrations in Portugal in February we visited an Amorim factory – one that I went to back in 2002. Clearly the company has spent a lot of money on new installations and technology to try to reduce as far as possible the problem of cork taint. What is very difficult to reduce is the variability of ageing that comes from natural corks each having their own individual character, so you end up with very different wines in a case. A variability that increases with age.

As we toured the Amorim factory I was struck by the sense of the amount of money and effort spent to try and overcome the natural imperfections  of cork. If screwcaps or other closures had come first and cork was the new kid on the block it would never have caught on. The fact that you have to wait for 50 years before a cork oak will produce cork of acceptable quality for a wine cork would surely be fatal even before the inherent problems of TCA were tackled.

We may well not yet have found the perfect closure and there may well always be possible improvements but cork is definitely not one of my candidates.

***

Skin Côntact Live! 9th March 2015

Richard Hemming

Richard Hemming

Tim Atkin MW – the Jagger of South West London

Tim Atkin MW – the Jagger of South West London

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This was the first public gig of a UK wine band put together by Richard Hemming, who is one of the contributors to Jancis Robinson’s site. As well as Richard Hemming on keyboards, Alex Hunt MW (purchasing director at Berkmann Wine Cellars) played lead guitar, Ben Smith, Head of Communications at Concha Y Toro and formerly of 80s hitmakers Curiosity Killed The Cat was on bass, Matt James, founder of The Bordeaux Cellar and formerly of 90s indie band Gene on drums and Nick Bielak, director at Vinexus and Skin Côntact’s sax man. Anne McHale MW, wine education specialist at Berry Bros & Rudd, and Helen Chesshire, founder of The Chesshire Set, provided the backing vocals.

The band was fronted by a procession of celebrity singers: Tim Atkin MW, Charles Metcalfe, David Williams, Anne Jones, Ewan Murray, Lucy Britner and Joe Wadsack.

Not only was this a really fun evening but over £10,000 was raised for Wine Relief, part of Comic Relief. Although billed as a one-off it will be surprising, given the event’s undoubted success, that there won’t be further Skin Côntact gigs.

The event was sponsored by InterRhône.

Backing vocals from The Red Sisters

Backing vocals from The Red Sisters: Anne McHale MW and Helen Chesshire

Joe Wadsack

Joe Wadsack

J-Elvis1


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Si on s’achetait le nouveau Galet ?

Non, à l’inverse de mes confrères fins observateurs de la chose publique et électorale, quand bien même son discours séduit nombre de vignerons du Vaucluse au Bas-Rhin, je n’écrirai pas un mot de plus sur le spectre de la blonde Marine qui bat la campagne d’Amalou-les-Bains à Vichy. Tout cela finira bien en peau de zobi… et la moustache de s’envoler définitivement.

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Ne comptez pas non plus sur moi pour raviver le facétieux débat entre anciens et modernes, entre jeunes et vieux, entre journalistes vrais et blogueurs faux. Pas plus je ne souhaite revenir sur l’impérieuse nécessité d’inventer un spritz à la bordelaise où la glace en pagaille, l’eau à profusion et la tranche d’orange même pas sanguine permettront, selon les plus fins stratèges du cocktail ciblé markétinge, d’écouler dans le plus grand snobisme inversé le vin mauvais auquel on a osé donner le nom de Sauternes ou de Barsac. Non, je ne dirai rien au passage des vins dits natures ou naturels. Rien non plus sur le vin nu ou habillé. Non, mille fois non je ne piperai mot du grand bal des dupes, celui des primeurs, qui bat son plein en ce moment entre Garonne et Dordogne. Promis, c’est niet : silence sur Prowein comme sur Vinitaly d’ailleurs. Encore rien sur le site de vente par correspondance des Vignerons Indépendants, sur Bettane & Desseauve, sur la Revefe, sur les commentaires fleuves et les frasques passées de l’ami Luc. Rien non plus (et c’est navrant), sur le dernier numéro d’In Vino Veritas, l’indispensable revue belge que tout le monde s’arrache. Trèves de balivernes. Même pas un mot pour notre chère Tunisie et ses vins, en particulier ceux du Cap Bon.

Dico Cepages

En revanche, ne vous déplaise, je dis OUI. OUI, mille fois OUI, un OUI franc et massif, comme disait le Charlie de Colombey, un OUI en capitales tant la chose qui va suivre me tient à cœur et me paraît importante, pour ne pas dire primordiale. Alors, OUI au crowdfunding  (je vous l’accorde, en cette semaine de la Francophonie, le mot est sans doute aussi barbare  que le triste spritz au sauternes; mais il désigne le  financement de masse qu’est censé engendrer le recours au service de la Toile)! OUI à un projet titanesque, OUI à un travail ambitieux, valeureux, courageux. Oui à la somme d’une vie entière consacrée à la recherche génétique sur les plantes qui composent notre univers viticole. Oh, je sais, je suis nullissime en bateleur de foire, nul à chier en téléshopping, bon à rien en sciences, mais nom de Zeus, misez donc, faîtes comme moi et beaucoup d’autres, pariez vos euros et qui plus est à votre guise, sur le succès d’un ouvrage nécessaire qui a grandement besoin de vous pour exister.

Le livre est prêt : y’a plus qu’à imprimer !

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Un homme, que dis-je, un monsieur, un savant, un ampélographe émérite célébré de par le monde, le Professeur Pierre Galet, de l’École d’Agronomie de Montpellier, a décidé au soir de sa vie – il est né à Monaco, il a 94 ans aujourd’hui – de consacrer toutes ses forces à la réactualisation de son Dictionnaire Encyclopédique des Cépages et de leurs synonymes avec près de 10.000 cépages en France et dans le monde. Cet homme, qui a déjà inspiré des ouvrages de vulgarisation aujourd’hui en librairie à des prix bien plus élevés, ne manque ni de modestie, ni d’humour. Un jour, il avait résumé les difficultés de sa science par cette phrase : la vigne est le premier vêtement utilisé par l’Homme. Souvenons-nous d’Adam et Ève, on ne sait toujours pas de quel cépage il s’agissait !

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Lors de ma dernière connexion au site Fundovino consacré au rassemblement des fonds, sur les 20.000 € nécessaires, 14.000 € avaient déjà été collecté, soit 70% de l’objectif. Nous sommes donc dans la dernière ligne droite puisque les Éditions Libre et Solidaire souhaitent pouvoir commencer l’impression en Avril. La livraison de l’ouvrage de 1.200 pages et 3.000 photos est annoncée à un mois après la réalisation de la campagne. En fonction de l’argent investi, de nombreux cadeaux sont prévus dont un poster de Rémy Bousquet. N’étant pas aussi riche que je le souhaiterais, j’ai pour ma part misé sur une formule intermédiaire : pour 85 € investis, je vais recevoir le livre dédicacé par son auteur ainsi qu’un indispensable marque-page collector que je placerai d’office à l’entrée du texte consacré… au cépage Carignan. Puis j’irai voir l’Aspiran, le Cinsault, la Négrette, le Vaccarèse, la Clairette, la Roussette, etc.

Photo©MichelSmith

Papy Galet, l’été dernier, en compagnie d’une belle admiratrice venue du Gers ! Photo©MichelSmith

Au cas ou vous ne seriez pas encore convaincu par mon invitation en forme de supplique, allez donc faire un tour sur le blog de mon ami Vincent Pousson : sa plume sera peut-être plus efficace que la mienne. Ce faisant, nul doute que votre argent sera bien placé. Sachez qu’en allant sur la plateforme Fundovino mise en place par des passionnés, vous pourrez acquérir l’œuvre de votre vie ! Qui sait, celle que vous léguerez peut-être à vos enfants, qui eux mêmes… allez savoir, grâce vous, un jour, deviendront Vignerons.

Michel Smith


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In Vino Valréas

IMG_6931 There was a time when I was still teaching, without a thought that I might one day write about wine, that we would spend most of our six week summer holiday in a campsite in a pine forest at Faucon just to the north of Vaison la Romaine.

We fell in love with the area – the villages, the smell of lavender and thyme, the countryside around the Ventoux and Les Dentelles de Montmiral and, of course, the wines. Our stay in the campsite was bien arrosé – mais avec modération, bien entendu ! Our everyday wine, red Côtes du Rhône came in a cubi from the nearby Cave Co-opérative de Puymeras. In addition we visited and bought from producers in Châteauneuf-du-Pape, Gigondas and Côtes du Rhône.

 Indeed before we bought our shared house in Touraine we considered buying a place in the Vaucluse. However, houses in the area was already expensive to buy and in those days there were no low cost airlines or TGV to Avignon, so the Vaucluse was neither affordable or practical being too far from London.

 Sadly since 1987 my visits to the area have been rare – just a few press trips including a memorable Rasteau and truffle weekend. Kindly invited by Valréas to participate in their In Vino Valréas, my three-night stay in Valréas has brought back memories. It would be good to return to the area and spend more time.

In Vino Valréas is part of the Valréas 2021 programme.

Emmanuel Bouchard, président du syndicat des vignerons de Valréas

Emmanuel Bouchard, président du syndicat des vignerons de Valréas

Valréas 2021 is an operation to both persuade the vignerons of this Côtes du Rhône Villages to work more closely together as well as promoting the wines so that they become better known. Initially it was intended that Valréas 2021 would see the wines of Valréas promoted to a Rhône cru like Gigondas or Vacqueyras but as only 10% of the production here is sold under the appellation Côtes du Rhône Villages Valréas there wasn’t huge enthusiasm for trying to become a cru. Instead the vignerons have commissioned a report on the village’s terroir and one on looking at the words professional tasters use to describe the wines of Valréas. Friday (13th) saw the third activity of the project – trying a find ways of describing these wines avoiding the traditional terms used in tasting. It was also the opportunity to report on the studies on the terroir and tasting words.

The tasting sheet

The tasting sheet

During the morning we tasted blind some twenty or so wines. The novel idea was to try to find a new vocabulary to describe the wines using a number of scales. For example: ‘Echelle d’élégance: de la bure de moine à la Christian Dior’, ‘Echelle de persistence: du culcul printanier à une symphonie de Beethoven’ or ‘de la cabane en bois au Château de Chambord’. This was an interesting and challenging idea but the exercise took longer than the organisers estimated as we needed time for us tasters to get our heads around the idea. As this was not a competition or an attempt to select the best wines it was good to be able to discuss the wines in some depth as we struggled to find an appropriate building, animal, piece of music etc. that fitted each wine.

There may have been too many scales. It will be interesting to see the results but whether consumers will find wines likened to Dior’s little black dress, a sheep or a rhino, structured like an Hôtel de Ville or with the persistence of a Jimi Hendrix solo useful is quite another matter. I fancy this exercise may have more resonance in France than in the UK, for instance. We tasted seven whites and around ten reds. Although both the whites and the reds varied considerably in style, they all had a consistent freshness even if sometimes the alcohol levels were high. The wines had a persistent freshness that stopped the wines from being heavy and encouraged you to take another sip. The afternoon was devoted to a presentation of the two reports commissioned as part of Valréas 2021 – the first into the terroir (five different terroirs were identified) and the second on trying to identify the traditional tasting terms that best describe the wines of this Rhône-Village.

Unfortunately the organisers of the event hadn’t realized the importance these days of providing good internet access, so that those attending can quickly share news and impressions of the event. I spent a frustrating and wasteful time attempting to connect. If one of the objectives of the 2021 project is to give the wines of Valréas greater visibility, then  this was a partially missed opportunity.

Different types of truffle

Different types of truffle

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Saturday morning we went to the last truffle market of the 2014-2015 season at Richerenches. I have been to this market once before back in mid-January 2006 when I was on a memorably indulgent Rasteau et truffes press trip.

The view from the ridge by the Mas de Sainte Croix

The view from the ridge by the Mas de Sainte Croix

Early spring blossom @Sainte Croix

Early spring blossom @Sainte Croix

Jacques Coipel, Mas de Sainte Croix

Jacques Coipel, Mas de Sainte Croix

 The afternoon was spent visiting three domaines – Grands Devers, Mas de Sainte Croix and Domaine Mireille et Vincent, which was founded by Bernard Bizard in 1985. I was particularly impressed by the range of wines, both white and red, from Sainte-Croix along with the 2005 from the Bizard family.

Bernard Bizard

Bernard Bizard – I really liked his 2005 red

I spent three very enjoyable nights at the Maison d’Anvers (Antwerp in English) run by Sigi and Vanessa, who have made a very similar journey as Vincent ‘Le Cuisinier de Campagne’ and Olivia Simon in Bourgueil. Both Sigi and Vincent had successful restaurants in Belgium before deciding that it was time for a change of scene. Both chefs place a real accent on fresh food and both are passionate about wine. Vincent has vines on his property, while Sigi and Vanessa have vines right to the entrance to La Maison d’Anvers.

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I had two excellent meals cooked by Sigi and Vanessa. Sigi is mainly responsible for the first and main course, while Vanessa takes charge of the desserts. On Thursday night I started with a lovely dish of Coquilles Saint Jacques very tasty and perfectly cooked. An equally delicious supreme of pintade with mushrooms followed. The meal finished with a delicate lemon cream.

Sigi et le Côte

Sigi et la Côte

The highlight of Saturday night was the magnificent Côte de Boeuf grilled to perfection over sarments de vignes by Sigi. He has ordered a Josper grill/oven, the Rolls Royce of its kind and is waiting impatiently for it to be installed in May.

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 Yum!

 J-Elvis1


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Sauternes, c’est flou !

On le verra plus loin, l’affaire, si affaire il y a, n’est en rien condamnable. À entendre certains, on devrait même applaudir des deux mains ! Et puis, en pleine période des primeurs on en a vu d’autres en Bordelais.

Pourtant, deux jours après l’arrivée du faire-part (voir photo) sur mon écran de travail, je n’arrive toujours pas à me faire à cette idée. Songez donc, on m’invite, parmi d’autres journalistes et prescripteurs, à cautionner une renversante et novatrice trouvaille marketing destinée à marier le vin d’une prestigieuse appellation bordelaise – le Sauternes, en l’occurrence, avec un S majuscule, n’en déplaise aux typographistes – à une grande marque mondiale du groupe Nestlé, l’eau de Perrier ! Tout cela dans un restaurant branchouillard au sommet d’un immeuble décrépi de mon cher onzième arrondissement de Paris. Quelle merveilleuse idée, n’est-ce pas? Voila un événement qui ne manquera pas d’attirer dans quelques jours tous les médias sans oublier les auteurs désœuvrés des blogs vineux dont je fais partie ! Et tout le monde, à n’en pas douter, criera au génie créatif des Bordelais !

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Pour un tas de raisons trop longues ici à expliquer, je ne pourrai être de la fête. De cela, d’ailleurs, on s’en fout. Vous pensez bien que ce n’est pas mon absence qui justifie un article dans ce blog. Non, ce qui me force à traiter du sujet, comme Nicolas de Rouyn auparavant, c’est que je n’arrive toujours pas à m’imaginer comment Sauternes, une AOP, ex AOC, décrétée en 1936 (avec Barsac, appellation souvent oubliée), a pu se fourvoyer de telle manière. Je le dis brutalement et sans prendre de gants: cette façon de procéder en créant le buzz, le flou fashionista, pour inciter un effet « nouveauté branchée », a quelque chose de franchement honteux qui ne sied en aucune manière à l’image que je me fais d’une appellation soit disant noble et protégée. On agirait de la sorte avec mon Fitou ou mon Corbières, que j’en serais tout aussi outré.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

«L’appellation d’origine contrôlée Sauternes est réservée aux vins tranquilles blancs», peut-on lire en tête du décret rédigé il y a presque 70 ans. Par quelle idée étrange a-t-on pu penser qu’il serait utile voire nécessaire de faire pétiller de tels vins en leur ajoutant du Perrier aux vilains yeux de crapauds ? Pourquoi pas du Schweppes, pendant qu’on y est ? Par pur barbarisme ? Pour séduire les bobos qui s’emmerdent dans nos grandes cités? Par simple appât du gain? Serions nous tous devenus des pigeons au point de nous aligner sur cette nouvelle tendance?

Entendons-nous bien, chacun est libre de boire ce qu’il veut, de mettre un fond de crème de mûre dans un Beaujolais, d’ajouter de la limonade à un Chablis, de créer et de commercialiser aussi ce que bon lui semble. D’ailleurs, de tous temps, les barmen ne s’en sont pas privés eux qui n’ont jamais manqué d’idées en la matière. Il ne faut pas oublier que le Lillet, célèbre apéritif créé en 1872 à Podensac, dans les Graves, non loin de Sauternes, était pour l’essentiel composé de vins doux de la région, aromatisés au quinquina. Il ne faut pas non plus négliger un autre aspect du problème: depuis longtemps les ventes des vins d’appellations Sauternes et Barsac ne sont guère folichonnes. Ce marasme économique pousse certains à vouloir élargir leur clientèle comme on peut le constater ici.

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Et c’est, semble-t-il, en se basant sur ce constat qu’avec d’autres mystérieux viticulteurs, Florence Cathiard, l’entreprenante co-propriétaire du Château Bastor Lamontagne, membre de l’Union des Grands Crus de Bordeaux (avec sa famille, elle possède d’autres châteaux dont le fameux Smith Haut Lafitte, Grand Cru Classé de Pessac-Léognan) a décidé de lancer avec l’eau de Perrier son So Sauternes.

C’est sûr, elle me reprochera de critiquer sans même goûter, elle qui destine cette boisson hype aux «trentenaires et quadra jeunes, ouverts à la nouveauté, buveurs de cocktails et d’apéritifs conviviaux, auprès des sommeliers, barmen, bartenders, lady bartenders et mixologistes qui n’en peuvent plus de se voir refuser le précieux élixir en début ou en fin de repas», comme elle l’a récemment écrit sur le blog Bon Vivant.

Dessin de Rémy

Dessin exclusif de Rémy Bousquet !

Alors, qu’est-ce qui me choque au point d’embrayer sur le buzz enclenché par Madame Cathiard que j’ai connue jadis plus inspirée? Quatre choses au moins :

-Quand on a l’idée de s’associer à une marque internationale d’eau gazeuse pour vendre plus de vins, et en particulier ceux issus des jeunes vignes, comme le stipule encore Florence Cathiard (qui, dans sa jeunesse a baigné dans la communication), cela signifie que l’on ne s’est pas trop torturé les méninges. Si les vins de jeunes vignes ne sont capables que de produire des Sauternes destinés aux mélanges, alors pourquoi s’enquiquiner à leur donner une appellation contrôlée?

-So Sauternes ne date pas d’aujourd’hui puisque Michel Garat, le directeur de Bastor-Lamontagne, y avait déjà songé au moins au début des années 2000, si j’en juge par ce très promotionnel et complaisant papier glané sur la toile… Lors d’un reportage pour Saveurs, je l’avais même goûté; sans grand enthousiasme, tout en comprenant l’idée que ce vin pouvait séduire la jeune génération. Sauf que dans ces années-là, si je me souviens bien, on ne parlait pas encore de promouvoir la «mixologie». Le vin était présenté comme une troisième ou quatrième étiquette: la cuvée «So» de Bastor-Lamontagne. Point.

-Associer le nom d’une appellation à une marque commerciale me paraît dangereux et peu compatible avec le code éthique d’une appellation protégée. On me rétorquera que le Kir Royal associe bien le vin de Champagne à la crème de cassis, ou que la Fine marie le Cognac à l’eau du robinet. Soit, c’est un fait que je ne peux nier. Sauf qu’aucune marque déposée ne propose « Kir Champagne » ou « Fine à l’eau de Cognac ». Sinon, sans être avocat, il me semble qu’elle serait attaquable et même condamnable.

-Et la simple pensée qu’un jour la Maison du Sauternes soit obligée de consacrer un espace à la petite bouteille verte pour pouvoir vendre ne serait-ce que le plus bas de gamme des vins de l’appellation, me hérisse le poil.

Michel Smith


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To visit: Le Pas Saint Martin, Saumur and Anjou!

Laurent Charrier (Le Pas Saint Martin, Saumur and Anjou)

Laurent Charrier (Le Pas Saint Martin, Saumur and Anjou)

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I’m afraid I tend to treat Doué-la-Fontaine, on the border between Saumur and Anjou, as a series of roundabouts to negotiate when heading to or heading back from the Layon. Although it is the home of Moulin-Touchais, Doué-la-Fontaine is rather far from being one of the Loire’s well-known wine producing sites as it falls between two stools – the area around Saumur, especially Saumur-Champigny, down to Brézé and across to Le Puy Notre Dame. So I was very pleased to ‘discover’ Domaine du Pas St Martin at January’s MillésimeBio. I use ‘discover’ advisedly as the family (Charrier-Massoteau) records, going back to 1700, show that they have been involved in making wine since at least that time.  Doubtless back then the family were involved in polyculture rather than specialising in wine.

‘Le domaine tire son nom de la Croix du Pas Saint Martin, petite construction de pierre élevée en bordure du bois de la pierre frite. Elle était au moyen âge, la dernière étape pour les pélerins de saint Jacques de Compostelle, avant l’arrivée dans la cité mariale du Puy Notre Dame.’

The domaine converted to organic viticulture in 1996 and today has 16 hectares of vines (a mix of Chenin Blanc and Cabernet Franc) – some in AC Saumur (to the east of Doué) and some in AC Anjou. I was impressed by the wines I tasted and will have to try and fit in a visit to the domaine during 2015, so as to get to know the area around Doué a little better.

Tasted:

White: 

2014 Le Pierre Frite, Saumur
My notes (which I trust are accurate!) indicate that this had been bottled a couple of weeks before MillyBio. In a sec-tendre style with good texture and length.

2013 Jurassic, Saumur
Vinified and aged in old wood, very clean and pure.

2013 Le vent dans les saules, Anjou
From vines planted on schist, clean , some tension

2013 les milles rocs, Anjou 
Some honey, weight and more concentration than Le vent dans les saules

Reds:
2012 Le Pierre Frite, Saumur
Mid weight and texture, attractive easy drinking red, a touch herbal

2009 Les Charbonnières, Saumur
Rich concentration of fruit but a bit soupy

2011 Les Charbonnières, 2011
Attractively textured, better balance of fruit and acidity than in the 2009.

2009 Faucon Noir, Saumur 
Named after Foulques Nera (Count d’Anjou), suitably dark, dense and concentrated, structure with tannic grip in finish – needs more time, although with food this would doubtless be different.

2011 Faucon Noir, Saumur
Again I preferred the 2011 to the 2009 Faucon liking its texture and finding it more expressive for the moment than the 09.

 

Recently appointed to handle the domaine's commercial side.

Recently appointed to handle the domaine’s commercial side.

 

JIM


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#Carignan Story # 263 : Zoé, à la rencontre de Fernand.

Zoé, c’est un prénom bien sympathique. Venu du grec, il désigne la vie, tout simplement. Mais c’est aussi le nom donné à la cuvée du (petit) négoce des frères Parcé. Elle existe depuis 5 ou 6 ans, peut-être un peu plus, et elle m’a toujours enchanté pour son approche directe, sans fioritures, son sens bien alerte du plaisir simple. Jusque-là, elle était plus ou moins dominée par le Grenache noir, le Carignan venant en appui avec probablement d’autres bricoles occasionnelles. Tirée la plupart du temps de raisins de la Vallée de l’Agly, côté Maury, elle a fait sensation dans les bistrots où l’on pouvait la siffler à moins de 20 € ou chez les cavistes où elle se situait autour de 6 €. Un vin à boire, quoi.

Photo©MichelSmith

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L’autre jour, j’ai croisé Marc Parcé, devenu depuis longtemps son propre commercial, toujours aussi pressé au point qu’il m’a klaxonné pour que j’aille plus vite. Rien de plus normal, nous allions au même endroit, à son dépôt de Rivesaltes où, comme lui, mes amis et moi stockons les cartons de notre maigre récolte du Puch. C’est ainsi que j’ai échangé une bouteille de Puch 2013 contre une Zoé 2013. « Tu vas voir, me lance-t-il, grand seigneur… Cette fois, c’est du Carignan, un vin que j’ai dédié à Fernand Vaquer ». Fernand est un vigneron exigeant et légendaire natif du village de Tresserre, dans les Aspres, où sa belle-fille, la bourguignonne et volubile Frédérique continue l’œuvre lancée à la fin des années 80 par son mari, Bernard, le fils de Fernand. Un personnage que ce Fernand, toujours méticuleux, un peu râleur, aimant le travail bien fait à l’image de son père, Fernand 1er, rugbyman bien connu des années 1920, longtemps dirigeant émérite de l’USAP, l’équipe de Perpignan. Aujourd’hui au repos (il a bien plus de 80 ans), Fernand Vaquer fils a toujours été frotté au Carignan au point d’en faire le cépage emblématique de son domaine, préférant vendre ses bouteilles en Vin de Table plutôt que de respecter le règlement des Côtes du Roussillon qui imposait que l’on se détache du Carignan au profit de dame Syrah. Quand j’ai débarqué dans sa cave la première fois je m’étais fait copieusement engueuler parce que je manifestais l’envie de griller une cigarette. J’ai dû user de beaucoup de diplomatie pour continuer ma dégustation.

L'actuel Fernand, carignaniste convaincu. Photo©MichelSmith

L’actuel Fernand, carignaniste convaincu. Photo©MichelSmith

Ce Côtes du Roussillon Villages Zoé 2013 est irrévérencieux au possible pour la bonne raison qu’avec 80 %, il dépasse largement la dose tolérée par l’AOP. On le trouve notamment en vente sur le site des Caves du Roussillon. Comme souvent avec ce millésime, du moins c’est l’analyse que j’en tire, le vin issu du Carignan n’a pas la souplesse qu’on lui trouve d’habitude. Que l’on se rassure, il est toujours très frais et prometteur ce qui ne m’empêche pas de lui trouver un poil de dureté. Non pas une réelle verdeur, mais une forme d’âpreté que l’on pourrait attribuer aux tannins parfois végétaux du Carignan. Mais j’arrête-là car on pourrait croire à me lire que ce vin n’est pas intéressant. Or, c’est tout le contraire car le fruit tant désiré, le côté charmeur du Carignan, pointe le bout de son nez et ce vin devient bien plus souriant que la première impression pouvait le laisser penser. Tout cela s’atténue encore au bout de 48 heures, ce qui me rassure et me pousse à recommander de ne pas ouvrir cette bouteille – comme d’autres – avant que le vin ne fasse ses pâques en bouteille, c’est-à-dire d’ici Avril. Et puisque Avril est un peu proche, je conseillerai d’attendre le mois de Juin pour être sûr d’avoir un vin au top de sa forme.

Question solides, on restera sur de la viande (canard et agneau inclus) bien saignante, mais on pourra aussi ouvrir le flacon pas trop chaud ni trop froid (16°) sur une escalivade de légumes, façon Pierre-Louis Marin !

Michel Smith

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