Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Bienvenue, Marie-Louise!

Puisque Marie-Louise Banyols nous rejoint demain jeudi comme membre à part entière de notre coopérative d’écriture, il m’a semblé important de vous la présenter (au moins pour ceux qui n’ont jamais lu ses chroniques du dimanche, ou qui ne connaissent pas son parcours).

Et qui de mieux qu’elle même pour le faire ?

Je lui cède donc la place…

Banyuls

Banyols? Non, Banyuls (Photo (c) H. Lalau)

« Ma rencontre, en 1970, avec le Dr Parcé, membre de l’Institut des Appellation d’Origine Contrôlées auprès du Baron Le Roy, et grand amoureux de la cuisine de ma mère, m’a donné envie de “rentrer à fond dans le vin”.

J’ai passé des concours, pour me rassurer sur mes compétences; et en 1990, j’ai décroché le titre de meilleur sommelier du Languedoc-Roussillon; et j’ai donc participé à la finale du concours meilleur sommelier de France aux côtés de Beaumard et Poussier.

Puis j’ai intégré le Comité de dégustation de la R.V.F.,  où j’ai beaucoup appris. J’ai continué à participer à quelques dégustations et à y écrire quelques articles, principalement sur l’Espagne, jusqu’en 2010.

En 1992, j’ai reçu le titre de Maître Sommelier des mains de l’Union de la Sommellerie Française.

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Marie-Louise Banyols (Photo (c) Michel Smith)

En 1997, récompense suprême: Les Feuillants, au travers de mon mari, Didier Banyols, se voient attribuer deux étoiles au Michelin.

C’est sans doute le plus grand moment de ma vie professionnelle, je ne l’oublierai jamais.

En 2001, j’ai voulu donner un tournant à ma vie professionnelle, et me consacrer entièrement au vin. C’est Jean-Luc Colombo, vedette du Rhône Nord qui m’en a donné l’opportunité en m’offrant la Direction commerciale de son domaine. Mais je voulais quitter la France, des problèmes personnels me poussaient vers cette solution et quand la possibilité de rentrer à LAVINIA s’est présentée, je ne l’ai pas laissée passer.

En novembre 2001, j’ai ouvert le magasin LAVINIA de Barcelone, que j’ai dirigé pendant 4 ans.

Ce fut une autre expérience professionnelle intense et passionnante. Nouveau pays, nouveaux vignerons, nouveaux journalistes, nouvelle cuisine, tout était à recommencer.

Puis après l’ouverture de LAVINIA Paris, j’ai peu à peu quitté LAVINIA Barcelone, pour me consacrer à la recherche de vins pour tout le groupe.

Je suis devenue alors Directrice de produit pour tout le Groupe LAVINIA (Espagne, France et Suisse), tâche que je partageais avec Marc Sibard.

Dégustations, visites de vignobles européens, salons, relation avec les domaines, négociations, formation des équipes ont fait partie de mon quotidien.

A partir de 2010, j’ai cumulé cette fonction avec celle de Directrice de produits pour une autre société du Groupe: Vins du Monde, spécialisée dans l’importation et la distribution des vins étrangers.

Depuis le 30 juin 2015, je suis retraitée active ». 

A peine quelques semaines plus tard, l’ami Michel Smith nous proposait d’accueillir Marie-Louise sur ce blog le dimanche, en remplacement de sa chronique carignanesque. Nous avons accepté avec joie – nous n’avions que de bon échos à son sujet. Quant à moi, je l’avais croisée à Séville il y a quelques années, mon impression était des plus favorables. Après tout, pour cohabiter dans un blog commun, c’est un peu comme dans un appartement, il faut un minimum d’atomes crochus. Pas qu’il faille que tout le monde pense et écrive la même chose – ça, je peux le faire tout seul; mais ressentir au moins la même passion – celle du vin de partage.

Et puisque Marie-Louise est Roussillonnaise, et que je parle de partage, j’ai envie de lever un verre de vin de sa région d’origine à sa santé. Non, pas un Banyuls, mais un Côtes de Roussillon. Et comme il n’y a pas plus sympathique que de faire se rencontrer des amis communs, j’ai choisi le vin d’un autre habitué de ce blog – plutôt dans la catégorie commentateurs, celui-là : j’ai nommé Luc «Léon» Charlier.

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Le Casot de Coume Majou (Photo  L. Charlier)

Le clocher de Corneilla La Rivière a fêté voici peu ses 200 ans ; il est l’œuvre de Laurent Bancal – joli nom pour un maçon! Du haut de sa tour carrée, deux siècles nous contemplent, et avec nous, le village et la rue de L’Eglise, sans oublier la cave de Coume Majou. Le drôle de paroissien qui crèche là a donné à sa cuvée d’entrée de gamme le nom d’«Eglise de Coume Majou». C’est vrai qu’avec elle, il se hisse déjà sacrément près du Ciel des dégustateurs… Mais gravissons ce «Stairway to Heaven»… Le nez, relativement discret au départ, se révèle à l’agitation – framboise-cassis-mûre, c’est l’explosion. En bouche, il est très Roussillon par son fruit craquant. Plus gouleyant que massif, cristallin,  il a l’onction d’un prélat mais la vivacité d’un enfant de chœur ;  ce vin, c’est un petit avant-goût de là-haut. Et plus haut, chez Luc, on trouve deux cuvées – La Loute, et le Casot, dans des styles un peu plus concentrés, certes, mais jamais introvertis.

Je ne doute pas que Marie-Louise apprécierait – si elle ne les connaît pas déjà.

Alors; bienvenue, Marie-Louise, et à demain, déjà!

Hervé


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27th April 2016 – une journée noire

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La nature est parfois difficile avec ceux qui pour autant l’aime encore.
Exemple confirmée à La Charpenterie.
Photo by  Sabrina Cyprien Caslot-Bourdin
Near La Chapelle-sur-Loire 

(Photo taken from a post by Sabrina Cyprien Caslot-Bourdin.
I hope my use of her very sad photo will be acceptable.) 

 

A severe Spring frost is a vigneron’s worst nightmare. Sadly frost struck in the Loire, Chablis and elsewhere in Burgundy as well as Champagne in the early hours of Wednesday 27th April. For those severely hit it must be truly horrible to know that there will there will be no harvest this year!

The signs for 2016 were not good – 13 moons and two horrible anniversaries: the February frost of 1956 – 60 years ago and the April frost of 1991 – 25 years ago.

Parts of the Loire were very severely hit by frost during the night of Tuesday 26th and Wednesday 27th.  Temperatures in a few places fell as low as – 6˚C.

As in April 1991 a lethal combination of damp ground from recent rain, clear overnight skies, very low temperatures in the latter part of the night followed by bright early morning sunshine has virtually destroyed the 2016 vintage in some sectors of the Loire.

Although it is too early to know the full extent of the damage some parts of the Loire have been very badly hit. The worst hit areas appear to be Bourgueil, Montlouis, Saint Nicolas de Bourgueil, Azay le Rideau and Touraine Noble. The important communes of Cravant-les-Coteaux and Panzoult in AOP Chinon are reported also badly affected.

Couly Dutheil, whose vines are mostly in the more western part of the Chinon appellation, reports that 20 hectares of their 90 are affected. In Ligré Jérôme Billard (Domaine de la Noblaie) finds that 20% of his vines have been affected by the frost. Mainly those less good parcels parcels that Jérôme reserves for his rosé. Here the damage is as high as 60%, while in his best parcels of Cabernet Franc for his reds only 10% of the vines appear to have been hit.

Guillaume Lapaque, director of FAV37*, told Decanter: “Noble Joué has lost 94% of this harvest, 70% in Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil and 50% in Chinon. Overall Appellation Touraine has been much less affected.”

Sabine Corsin, Syndicat de Montlouis reported a 90% loss in Saint-Martin-le-Beau with 50% loss in the appellation’s other two communes. Losses in Vouvray are reported to be less overall and more variable.

Jacky Blot (Domaine de la Taille aux Loups – Montlouis, Vouvray) expects to make 25% of normal if all goes well from here. In contrast the outlook is more optimistic for his Domaine de la Butte (Bourgueil). Here the loss is 20% essentially Pied de la Butte on the flatter ground. The rest of the vines on the steep slope are intact.

In Saumur-Champigny the communes of Chacé, Saint-Cyr-en-Bourg and Varrains have been badly hit. Closer to the Loire damage is much less. “We have lost 10%,” said Florence Chevallier (Château de Villeneuve).

“We have been very badly hit in our vineyards which are close to the River Layon,” said Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Anjou). However, we have no damage in Savennières where our vines are on high ground.”

The picture in the Pays Nantais appears to be very variable. Domaine Luneau-Papin (Muscadet) has suffered damage in some parcels, while others haven’t been touched.

“A third of my vines have been badly hit with up to 100% loss in some parcels, one third slightly affected and one third not touched at all,” said Vincent Caillé, Domaine Faye d’Homme (Muscadet). However, fans of Vincent and Christelle Guibert’s Terre d’Gneiss will be relieved that this boutique parcel was spared.

In the Central Loire Vineyards Benoît Roumet, the director of Les Vins du Centre, reports that Menetou-Salon, Pouilly-Fumé, Quincy and Reuilly have all been hit to a greater of lesser degree. Sancerre, in contrast, has largely escaped. However, Roumet cautions that things will be clearer next week.

Although this April frost may not be as extensive as that of 1991, wine stocks would have been much higher after the very good and generous 1990 vintage. Now stocks are low after four small to below average vintages. On top of that you have to factor in the current annual loss from esca, which was not a factor back in 1991. Esca is not only one of the reasons why yields are lower than expected but there is also the constant cost of replacing dead vines.

Negotiations with government and banks to help to see badly hit producers through this crisis will start next week.

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Photo from Pierre & Bertrand Couly

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Barcelone andalouse : l’ange, le Jésus et le fino (2)

Résumé de l’épisode précédent : ce jour-là, nous avions deux anniversaires à célébrer : le mien et celui de Vincent Pousson, un copain expatrié en Catalogne ; il faisait beau et pour l’occasion nous nous étions donnés rendez-vous à Barcelone, histoire de vérifier ce que le sieur Pousson tenait pour info majeure, à savoir l’andalousiation de la capitale catalane et son ouverture au monde mystérieux du roi des vins, le Jerez et sa suite. Pour en savoir plus, commencez donc par lire ICI.

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C’est ainsi que le taxi jaune et noir nous jette fissa Passeig de Gracia, au beau milieu de la foule bigarrée, à quelques encablures de Catalunya, pile devant l’entrée du Mandarin (prononcez « mandarine ») Oriental. Passons sur le design quelque peu criard, mélange moderniste de bling bling et de kitsch, qui plaît à certains, mais pas à d’autres, un peu comme le décorum de son petit frère parisien où officie un chef fort bien médiatisé.

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Vincent nous conduit sans plus attendre dans une vaste et haute pièce lumineuse aux allures de cathédrale privée qui aurait été édifiée pour un président mégalo ou quelques nouveaux riches. Pourquoi les fauteuils doivent-ils ressembler à des trônes blancs pour mieux s’asseoir à la table du déjeuner ? Je ne trouve pas de réponse à cela, même si à l’usage, l’assise se révèlera hyper confortable. À dire vrai, le temps d’un bref instant, je ne me sens pas très rassuré jusqu’à l’arrivée heureuse d’un personnel en partie francophone qui nous installe avec force de gentillesse dans un angle de la pièce. À ce moment-là, je commence à avoir la sensation que je vais vivre un moment unique, assister à un spectacle étrange, peut-être, mais très particulier.

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Avant d’attaquer l’apéro, autant par nécessité que par curiosité, j’en profite pour faire une visite classique aux petits coins. Dans le domaine de l’avant-gardisme, et depuis le temps qu’elle concourt, Barcelone est à mes yeux en passe de décrocher le pompon de la ville offrant le plus de lieux d’aisances au futurisme outrancier ! Une fois de plus, je suis ébahi par cet endroit d’où je ne sais ni comment je suis entré, encore moins dans quoi j’ai pu pisser, ni par quel miracle j’ai eu la sensation fugace de me laver les mains. Je ne sais comment, mais toujours est-il que j’ai pu m’en sortir pour rejoindre enfin la tablée. En jurant bien que, même en cas d’envie pressante, j’éviterais ces lieux avec l’espoir d’en trouver d’autres… disons plus conventionnels.

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Nous sommes ici au Bistreau (bistro et bureau à la fois ?), le temple barcelonais de la cuisine andalouse. Un territoire géré avec maestria par « le chef de la mer », j’ai nommé Angel León et sa brillante équipe. Profitons-en pour présenter l’élément-clé, le major d’hommes de cette équipe, le très distingué manager Jesús Gomez.

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C’est lui qui, parfois à la manière d’un toréador, va nous orchestrer un joli menuet à caractère forcément andalou faisant de ce lieu inattendu un restaurant capable d’impressionner un auditoire exigeant qui demande tour à tour de la surprise, de la découverte et de l’extase, tout cela pour une somme assez raisonnable. Certes, j’ose avouer que je m’étais laissé inviter par ma compagne, mais j’ai pu par la suite lui arracher un secret : ce déjeuner de rêve lui avait coûté 250 € pour trois personnes. Et je peux ajouter que nous n’avons jamais manqué de quoi que ce soit dans le verre comme dans l’assiette !

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Le Bistreau est sans aucun doute le seul restaurant au monde à proposer à sa clientèle un menu découverte accompagné du début à la fin de vins de Jerez. Oui, je le confirme, ce Jesús-là en tout cas (avec son accent tonique sur le « u »), agit en véritable sauveur, je dirais même en libérateur. Disons le tout de go, alors que je ne suis pas très chaud pour ce genre de jeu très difficile à orchestrer, le gars est arrivé à m’éblouir avec son audacieux plan de mariages sur le mode un plat-un vin. En tout cas, à lui seul, il contribue largement à faire de Barcelone la dernière capitale andalouse à la mode. Je sais que je vais me faire houspiller par une foule d’aficionados, mais Cordoba, Sevilla, Jerez, Ronda, Cadiz peuvent toutes aller se rhabiller ! Car aucune de ces cités, jusqu’à plus ample informé, n’est capable de rivaliser avec Barcelone lorsqu’il s’agit d’aligner des flacons de Jerez de styles et de marques différentes sur des mets qui souvent relèvent de l’audace la plus osée.

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Je ne vais pas récapituler ni narrer les plats qui ont défilé devant nous. En outre, il faut savoir, je le pense, garder un peu de surprise pour ceux de mes éventuels lecteurs qui seront tentés de faire l’expérience du Bistreau. Mais, à titre d’exemple, celui qui m’a le plus charmé est cette tortillita proposée en entrée avec un premier fino en rama. Les saveurs marines accrochées à une dentelle à la fois fine, croustillante et craquante, elle-même délicatement posée sur du papier avec son ornement de bébés crevettes – on dirait des biquettes du côté de Royan – comme à jamais coincées (et figées) dans les mailles d’un épervier que l’on imagine jeté au petit matin d’une barque de pêcheur sur les eaux scintillantes du Guadalquivir rejoignant la mer en son estuaire.

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Oui, c’est bel et bien un voyage auquel nous participons. L’autre plat marquant mis au point par Angel est devenu mythique : il s’agit de son magistral et très photogénique riz au plancton d’un vert profond et éclatant qui, lui aussi, semble avoir été étudié pour épouser la fougue du Jerez. Tenez, regardez les photos et régalez-vous… A quoi bon en rajouter ? Jusqu’à l’après-dessert nous n’avions nulle envie de bouger tant nous étions sur notre nuage. En réalité, nous ne sommes sortis à l’air libre que par la volonté du cigare que de telles agapes nous avaient donné envie de savourer.

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Alors, que vous ayez quelqu’argent de côté au Luxembourg, à Trifouilly-les-Oies ou à Panama, ou tout simplement si votre tirelire déborde de petits billets, offrez-vous une fois dans votre existence le vol low cost jusqu’à Barcelone, réservez une très économique chambre d’hôtes en plein cœur de la ville, usez des transports en commun à volonté et offrez-vous ce traitement de faveur. Il est si particulier qu’il ne germe même pas dans le crâne des PDG de nos grosses entreprises dotés de salaires pourtant mirobolants. Envisagent-ils seulement la richesse et la beauté d’un tel moment tant ils sont submergés par leurs affaires? Alors oui, offrez vous un déjeuner andalou tout au Jerez dans l’un des hôtels les plus chics de Catalogne. Ce sera à n’en pas douter l’un des moments clés de votre vie !

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Michel Smith

PS Merci Brigitte pour cette délicieuse initiative…

 

 

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VSIGP (4): Vin de France, ah la belle farce !

Volontairement provocateur, mon titre ? J’assume. Eh bien oui, quoi: pourquoi cacher l’origine d’un vin alors qu’il suffit de (bien) lire l’étiquette (ou la contre) dans ses détails les plus reclus pour tomber sur l’adresse quasi complète du vigneron metteur en bouteilles ? Pour peu que l’on ait quelques notions de géographie associées à une bonne connaissance de nos départements, et que l’on sache manipuler un instrument comme Google, on saura automatiquement la plupart du temps d’où vient le vin et l’on peut donc sans mal lui donner un semblant d’identité, voire même une origine réelle. Enfin, moi, c’est comme cela que je vois le problème Vin de France, si problème il y a.

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Dans l’exil de mon Midi, d’où j’exerce mes talents de dégustateur en herbe depuis pas mal d’années, les vignerons se servent de cette dénomination (non, ce n’est pas une appellation d’origine contrôlée ou protégée) pour deux raisons principales, même s’il y en a probablement d’autres comme ont su le souligner avec talent mes prédécesseurs qui se sont plus volontiers attardés sur les marques commerciales. Deux raisons donc. D’une part parce que ça permet à mes amis vignerons de faire ce qu’ils ont envie de faire, de s’éclater sans avoir – en dehors de l’État et de sa cohorte de fonctionnaires – de comptes à rendre à personne d’autre que le consommateur ; d’autre part parce que les initiateurs (viticulteurs) des IGP ou AOP qui sévissent sur leur territoire bien (ou pas trop mal) délimités sont trop cons ou trop absents pour avoir remarqué qu’un cépage, quand bien même fut-il local et de mauvaise réputation, pouvait avoir son mot à dire dans le territoire qui abrite les vignes. Qu’il pouvait aussi plaire à un certain public.

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Oui, je sais, je m’énerve inutilement. Et ce n’est pas bien à mon âge ! Vous savez que je ne pense pas une seconde ce que je couche sur écran. Tous les vignerons (ou viticulteurs) ne sont pas cons à ce point et j’en connais même qui, en coopérative, alimentent des cuvées Vin de France. Alors je vais enfoncer le clou de manière plus explicite. Pour aller plus encore dans le sens de la connerie ambiante, je vais vous sortir quelques vins de France, mais des vins bien chez moi, donc du Languedoc et du Roussillon réunis. Des vins qui, n’en déplaisent à certains, affichent leurs origines de manière discrète, mais des vins qui pourtant sentent bon leur pays.

Par ici, dans le Sud où l’on s’éclate en dehors des AOP, aucun problème pour  trouver un Vin de France : presque chaque vigneron digne de ce nom a le sien ! Par exemple, une appellation majeure est disponible près de chez moi, Côtes du Roussillon, idem à côté avec l’AOP Languedoc. Des ex Vin de Pays aussi comme les IGP Côtes Catalanes ou Pays d’Oc. Mais qu’à cela ne tienne, avec les mêmes cépages (ou presque) les vignerons autochtones ou expatriés qui ont quelque chose à démontrer préfèrent la liberté que leur offre la mention Vin de France. On peut rire, déconner ou faire dans le sérieux, mais beaucoup me disent qu’ils choisissent la facilité qu’offre cette mention. À l’instar de Stéphane Morin, ce vigneron nature découvert récemment pour alimenter ma défunte rubrique Carignan Story mais que vous pouvez retrouver ICI. Lui a choisi de ne vinifier qu’en Vin de France histoire de moins se compliquer la vie.

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Afin de jouer le jeu, je vous livre ci-dessous mes préférés de la catégorie Vin de France du moment. Il y en a des tonnes d’autres. Vous tombez bien, car je déménage ma cave dans laquelle je fais de belles trouvailles. C’est utile parfois de revoir après quelques années un vin que l’on a aimé. Rassurez-vous, je les ai goûtés récemment et je vous les restitue avec non seulement le nom du domaine, de sa cuvée, son prix de vente, son site internet (lorsqu’il y en a) et le pays d’où il vient. Ben oui, car si on la cherche bien, on trouve l’origine ! Pour certains, ça évitera d’avoir à lire l’étiquette !

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-Vin de Table de France (du Roussillon) 2005, Syrah, Domaine Sarda-Malet. 40 € le magnum départ cave. 

À l’époque, l’annonce du millésime étant interdite dans cette catégorie de vin devenue Vin de France, Jérôme Malet s’était contenté d’un mystérieux chiffre « 5 » pour informer les suiveurs de ce domaine qu’il mettait dans la confidence. Sans filtration ni collage, jovial au possible, chaleureux et exubérant, j’avais complètement oublié que ce vin était le fruit d’une syrah de sélection massale (prélevée si mes souvenirs sont bons chez Gérard Chave) choisie par Max, le père de Jérôme. Tellement joyeux qu’au départ je partais allégrement sur une parcelle de vaillants vieux grenaches comme le domaine en possède encore, du moins je l’espère. Un vin d’autant plus éblouissant si on prend la peine de le boire frais (15°) sur un petit gibier, par exemple. Hélas, il n’est plus vinifié par le domaine qui, sagement, a conservé quelques flacons en format magnum dans les millésimes 2004, 2005 et 2007. Téléphoner le matin au 04 68 56 47 60 pour avoir la chance d’en obtenir.

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-Vin de France (des Corbières) 2014, Grenache gris, Domaine des 2 Ânes. 17 € départ cave.

À quoi ça sert un Vin de France ? À montrer par exemple qu’un cépage méprisé lors de mes premiers passages dans la région à la fin des années 80 a vraiment quelque chose à dire et qu’il est capable de revivre en beauté, notamment non loin du littoral. Et puisque à l’époque l’appellation n’en avait rien à cirer – ah, si elle avait pu mettre du Sauvignon ! – il reste un espoir aujourd’hui de montrer les capacités de ce cépage en le vinifiant pour lui-même en Vin de France (des Corbières). Immensément puissant, certes, dense aussi, et pourtant tout en structure avec une élégance non feinte, c’est un blanc de grande table. Cherchez vite des queues de lotte poêlées et quelques câpres pour l’accompagner !

Etiquette L'Aramon

-Vin de France (des Terrasses du Larzac) 2015, Aramon, Domaine de La Croix Chaptal. 5,50 €, départ cave.

De par sa robe claire et sa facilité à s’écluser (un flacon bu à deux en moins de 15 minutes !), voilà un vin qui ferait une forte concurrence au rosé, tant il fait des merveilles dans le registre de l’accessibilité. Peu cher, léger et fruité, désaltérant qui plus est tout en étant capable de tenir sur une entrée de légumes crus et de pâté de tête, cela n’a rien de déshonorant même si pour certains cela frise l’incongruité. Alors, foncez sans attendre ! On trouve encore de ces petits vins de récré dans le Midi (ici, bien au nord de Montpellier), parfois même vinifiés à partir d’un cépage emblématique de l’histoire du Languedoc tel que le sieur Aramon ici présent. Jadis occupant 150.00 ha et capable de production de masse, aujourd’hui honni et considéré comme roupie de sansonnet, il revient de temps en temps par la grâce de Charles-Walter Pacaud, un vigneron sage et avisé qui, appelant ses vieilles vignes à la rescousse (vendangées à la main), a compris tout l’intérêt de ce jus qui se boit sans soif. Bravo et merci Charles !

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-Vin de France (du Minervois) 2011, Pinot Noir, Domaine Pierre Cros.  12 € départ cave.

Pierre Cros, prononcez « crosse », n’est pas du genre à écouter les injonctions des uns et des autres : Piquepoul, Alicante, Aramon, Carignan, Cinsault, il n’a gardé que les meilleurs pieds de son Minervois natal ajoutant une collection d’autres cépages plantés par curiosité et par amour. C’est le cas du Pinot noir (un peu plus d’un demi hectare) bu ici à température plutôt fraîche (15°) sur une pintade qui exprimait une sorte de gourmandise contenue avec des tannins souples et doucereux. Pour les curieux, il y a aussi du Merlot, du Nebbiolo et même du Touriga Nacional ! Plus en vente, c’était juste pour la forme. .. mais il reste du 2015 vinifié différemment et embouteillé en flûte alsacienne ! On a le droit de s’amuser, non ?

Michel Smith


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VSIGP (2): Wine – the very basics + Pierre-Jacques Druet

 

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Sainsbury’s basics red wine: for the table not the cellar 

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I have to say that didn’t approach this week’s post with any great enthusiasm. Tasting the very cheapest wine you can find is not entirely my idea of fun, especially when you are buying them in the UK. Searching the shelves of J.Sainsbury, one of the UK’s largest supermarkets and our nearest store unearthed a few basic wines.

These wines are quite far removed from David’s post on 29th February 2016: Vin de France : une catégorie trop souvent ignorée for the simple reason that the UK’s high excise tax regime means that none of the world’s best selling branded wines are cheap. Following this year’s budget the excise duty and VAT (TVA) on a 75cl bottle of wine is effectively £2.50 – £2.08 (tax) + 20% VAT. So selling a bottle of wine for less than £4 is a real challenge – by the time you factor in packaging, transport plus the supermarket’s profit there is little left to pay for the wine.

This means that all of these best sellers that David cited are well north of £5. So what did I find for less than £4 that wasn’t either without alcohol or alcohol-lite, which attract less duty as this is calculated on the level of alcohol?  I give you Sainsbury’s basics red wine that comes in a squidgy plastic bottle with plastic cap and will set you back £3.65. Basics red wine comes from Spain and has 10.5% alcohol. The package is remarkably unattractive – either designed by a fervent prohibitionist or Sainsbury’s really would prefer you to trade up to a wine with a better margin….

It has light, greenish fruit that is slightly reminiscent of the old gros rouge but in a more modern style. Rightly or wrongly it stirs memories of a night in May 1966 I spent in a wood near Bruges at the start of a three month European adventure accompanied by a cheap and rough bottle of red wine.

Paying 35p more moves you onto Sainsbury’s House Red Wine (£4) in a glass screwcapped bottle . This also comes from Spain but has 12% alcohol and is made from a blend of Tempranillo, Monastrell and Grenache. Both of these reds are bottled by J. Garcia Carrion in Ciudad Real. The House Red has sweeter but rather confected fruit, greater texture. Two dimensional I might well use it for cooking but this is far from what got me interested in wine.

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PJD+MVas

Pierre-Jacques Druet, a bottle of Bourgueil Rosé
and Marc Vanhellemont: 1st February 2011
celebrating the first anniversary of Les 5 du Vin 

Pierre-Jacques Druet
It was sad to learn last week that Pierre-Jacques had gone bust. It is never good to learn that a talented producer has run into financial problems but Pierre-Jacques going into liquidation is particularly poignant for Les 5 du Vin as he rather unwittingly acted as midwife for this blog. Actually to be rather more precise it was a bottle of his very individual rosé that facilitated the birth of Les 5 du Vin. It was an easy birth at a lunch in the press office at the 2010 edition of Salon des Vins de Loire over a glass or so of Druet’s rosé shared by Michel Smith, Hervé Lalau, Jacques Berthomeau and Marc Vanhellemont. I was seated at another table and on my way out to starting tasting again I was invited to join the putative blog – I agreed even though I didn’t have even a sip of Pierre-Jacques Bourgueil Rosé.

Pierre-Jacques made some excellent Bourgueils as well as a Chinon. Tasting with him was a fascinating and long drawn out process but definitely worth it even though it meant calculating how late one would be for the next producer rendezvous. I fear his commercial acumen and organisational skills didn’t match his winemaking talents. Very sad!

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April frost – fingers crossed!

As I finish this post a number of Loire producers will be passing an anxious night with frost forecast overnight with temperatures falling to -2˚-3C in the small hours of the morning. It is ironic that after a very mild winter with almost no frost that April frosts may well strike once again. Fingers crossed!

Buddhaas

 


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Clos Padulis, à Fitou

Padulis, c’est le vieux nom de Paziols. Ce sont les moines de Fontfroide qui en ont asséché les marais, ou paluds. Et y ont planté les premières vignes, comme à leur habitude.

Ce vieux terroir, un jeune vigneron, Thierry Billes, a décidé d’en faire renaître, non seulement le nom, mais l’identité; nous sommes dans la partie haute du Fitou, en coteaux. Là où le Carignan, mené en petit rendements, donne le meilleur de lui-même.

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Thierry Billes (Clos Padulis) – Photo (c) H. Lalau 2016

Il compose d’ailleurs 40% de la cuvée Clos Padulis, à laquelle il apporte sa belle structure, mais aussi une étonnante fraîcheur – surtout pour une appellation aussi solaire.
Framboise, mûre, cassis, le nez et surtout l’avant-bouche explosent de petits fruits; un peu de menthe, de tapenade et de réglisse prennent le relais et ne nous lâchent plus jusqu’à la fin d’une longue finale légèrement surette; des notes de thym viennent épicer le tout.
Un vent nouveau souffle sur Fitou! Merci à Jean-Luc Bonnin pour cette belle découverte, faite à l’occasion de Terroirs et Millésimes en Languedoc, cette semaine, à Carcassonne.

Et comme aurait pu le souligner ici même l’ami Michel: quel beau cépage que le carignan!

Hervé Lalau

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À Barcelone, pour une piquouse au Jerez…

Marie-Louise Banyols nous a bien fait comprendre ces derniers temps l’importance que prenait le vermut dans les lieux où le vin est à l’honneur en Espagne, certes, en Catalogne et à Barcelone en particulier. Personnellement, je n’ai jamais été emballé par ces vins « arrangés » et mes amis savent à quel point mon goût est nettement plus porté vers la spontanéité et la fraîcheur du Fino, ce vin sec si moderne et si profondément andalou qu’il me file une claque en bouche, requinque mon cerveau et me donne l’irrésistible envie de revivre, de parler, de rire et de croquer langostinos, calamares, almejas, anchoas, olivas, almendras, tortillas, jamones ibéricos… que sais-je encore dans le vaste répertoire des gourmandises que l’on trouve dans tous les bons bars de Jerez de la Frontera, Sevilla, Cordoba, ou San Lucar de Barramedia, chez Bigote par exemple, ou même à Puerto de Santa Maria pas très loin de Cadiz.

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À Barcelona, comme en d’autres villes de Catalogne que je fréquente en voisin depuis 30 ans, les vins de Jerez, Manzanilla et Montilla-Moriles inclus, n’ont jamais été totalement absents du paysage vineux. Bien que le choix ait été limité, j’ai toujours pu m’en procurer sans trop de difficultés. Pourtant, je n’ai jamais senti une réelle frénésie autour de ces vins et j’ai plutôt essuyé quelques revers : mauvais service mêlé à un choix plutôt limité, à un désastreux manque de connaissance et à une attitude frisant la racisme anti-andalou. Or, les courants d’air passant plutôt bien dans les artères rectilignes de la grande catalane où les modes changent désormais aussi vite qu’à Londres ou Paris, il se pourrait bien que dans un jour très proche le Jerez et sa foison de vins spéciaux fassent des ravages du côté des ramblas. Déjà, il y a deux ans, j’avais découvert sur le tard un filon de taille (une trentaine de références) lors d’une halte avec mon copain Bruno à Palafrugell, chez Grau, un grand magasin dédié aux vins, liqueurs et alcools qui a déclenché chez moi une série d’articles pas mal controversés ici même. Si vous êtes curieux, vous retrouverez les trois papiers sous le titre El Rey Fino.

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Lors de mes finoseries habituelles, j’avais aussi commis un ou deux articles sur Monvinic, un bar chic où officie l’une des meilleures sommelières d’Espagne, la poitevine Isabelle Brunet. Lors d’un séjour à Londres idem, où les bars à finos semblent gagner du terrain. Et à Paris ? Que dalle… du moins à ma connaissance. Voilà donc que depuis quelques années on constate que les branchés du vin s’ouvrent timidement mais sûrement au Jerez et que des explorateurs fous de caves andalouses, tels ceux de l’Equipo Navazos dénichent de vraies pépites qu’ils mettent en bouteilles afin de nous faire partager leur passion.

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Je vais commencer – il était temps ! – par le commencement : ma rencontre avec le premier lieu vanté par Vincent. Il vient d’ouvrir à deux pas de la trépidante Diagonal, à hauteur d’un gigantesque rond-point qu’est la Plaça Francesc Macia. Il s’agit d’une cave à l’allure et au nom modestes, El Petit Celler, précédée d’un bar assez discret et sans prétention comme il y en a tant dans cette ville, un lieu idéal pour servir de refuge à quelques employés du quartier venus discuter d’une affaire entre deux coups de fil et une pause cigarette. Vous verrez, on y arrive facilement en remontant le trottoir de droite de la courte mais assez large carrer Beethoven.

WP_20160406_012Après un vrai Illy caffe servi ristretto dans les règles de l’art et bu à la va-vite au bout du comptoir, faîtes comme moi en filant droit vers le fond de la boutique. C’est là que vous attendent quelques 260 références andalouses qui font de cette petite cave probablement la plus grande au monde, en tout cas la plus fournie en fioles de Jerez et autres Montilla-Moriles. On reste coi face à la variété et à la rareté des vins qui sont exposées. Et pas que dans le créneau du fino ! Toujours avec en bouche le parfum de la douce amertume rôtie de mon café du matin (il est presque midi, mais il faut se mettre au rythme local…), tout en réclamant l’aide du patron, Sebastià Lozano, je mets la main sur une petite bouteille d’une marque qui m’était inconnue et dont le prix ne dépassait pas 20 euros. Je demande à l’avoir en terrasse dans un seau à glace. Une telle exigence ne choque nullement Sebastià qui ajoutera à ma demande une petite assiette de morceaux de jambon ibérico.

Accompagnant notre dégustation de quelques bouffées d’un excellent cigarillo cubain (il n’était pas l’heure du gros cigare), un petit Partagas, ma compagne et moi étions aux anges lorsque jaillit de la rue l’ombre (amincie) de notre ami Vincent. Ni une ni deux, sur le ton triomphal du « Goûtez-moi ça, vous allez voir que c’est autre chose ! », voilà qu’il nous fait servir un autre flacon, sa découverte du moment. Fier tel un hidalgo d’opérette, aussi à l’aise qu’un paysan gascon, il nous sert son trésor, son vin d’amour tout droit sorti d’une bouteille aux allures de fiole antique. Le vin est gras de matière, mais il est pourtant aussi solide que le mur d’enceinte de l’Alcazar de Jerez. Il file bien droit en bouche, imprimant dès le départ le style aiguisé et distingué d’un jeune cavalier en habit sorti tout droit de l’école équestre de la ville pour parader devant les belles qui se pressent sur le chemin des festivités de la Feria del Caballo.

Un équilibre fait d’élégance, de perfection, de finesse… bref, un fino parfaitement bien éduqué, pour employer un terme de spécialiste. Le nom de ce rarissime fino ? Urium. Il s’agit d’un fino issu de raisins biologiques élevés en solera sous la fleur et mis en bouteilles en rama, c’est-à-dire « tel quel », ou « tout cru », sans filtration, comme l’explique in english l’excellent blog Sherry Notes.

Au cœur de la vieille cité de Jerez, dirigée par un collectionneur de soleras Alonso Ruiz et sa fille, Rocio, la Bodega Urium est l’une des dernières petites maisons familiales jerezanas qui s’accroche à ses vieux murs et cultive son indépendance avec autant de sérieux qu’elle met de soin à élever ses vins. Et sous cette même signature, l’amateur trouvera une gamme de V.O.R.S. (Very Old Rare Sherry ou encore Vinum Optimum Rare Signatum) déclinée en Amontillado , Palo Cortado, Oloroso et Pedro Ximénez, garantissant des vins de plus de 30 ans !

Fier de sa trouvaille... Photo©MichelSmith

Heureux de sa trouvaille, Vincent sombre  un instant en pleine méditation.

Nous étions déjà bien gais en cette fin de matinée, grisés que nous étions par la fraîcheur et la qualité de la flor peut-être, alors que notre journée Jerez ne faisait que commencer. Il était temps de se laisser cueillir par un taxi jaune et noir pour notre prochaine étape encore plus folle que celle d’avant. Si vous êtes comme moi accro au fino, suivez-nous Jeudi prochain pour une mémorable virée à deux pas des fameuses Ramblas.

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!Adiós y hasta pronto¡

Michel Smith

©photos MichelSmith

PS Cet article est dédié à l’ami Étienne Hugel qui aurait pu nous accompagner dans cette virée …

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