Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

Assez joli coup. Photo©MichelSmith


4 Commentaires

L’éloge du crachoir… en terre cuite.

C’est un peu l’histoire du pot de terre contre le pot de fer, légèrement remodelée à la sauce XXI eme siècle, vous allez voir…

À moins que ce ne soit l’éternel appel du terroir (clin d’œil à David) qui sommeille en moi. Ou l’envie d’aller cracher ailleurs que sur des tombes, bien qu’il s’agisse ici de quelque chose d’aussi terre à terre. Important, le crachat. À force, avec l’âge, je deviens un expert en la matière et je tente toujours de rejeter mon échantillon de vin sinon avec élégance, au moins avec précision et discrétion. Mais attaquons la chose autrement, si vous le voulez bien.

Dans les dégustations professionnelles, comme lors des tastings (pardon pour ce mot qui me blesse, mais je me mets progressivement au goût du jour) informels organisés à la maison ou au sein d’un groupe d’amateurs ou amis, outre la bonne température du vin, on a trop souvent tendance à négliger tout un protocole de choses qui peuvent paraître futiles et sans importance mais qui, pour ma pomme au moins, participent du minimum de dispositions pratiques et esthétiques permettant d’accorder valeur et respect au vin. À ce stade, qu’il soit bien entendu entre nous que le sens du pratique ne veut pas dire mocheté, tout comme l’esthétique ne veut pas dire n’importe quoi.

Joli coup de grâce au Salon des Vins d'Aniane. Photo©MichelSmith

Joli coup de grâce au Salon des Vins d’Aniane, avec Nathalie, du Mas Conscience. Photo©MichelSmith

J’en veux pour preuve la présence souhaitable et utile de l’eau, sur une table, lors d’une dégustation de vins. Cela dit, dans l’indifférence générale me semble-t-il, je déplore la mise en avant désormais systématique des bouteilles d’eaux minérales en plastique, le plus souvent du low-cost mou et hideux, qui vient polluer la vue qu’offre un alignement de verres ou de belles bouteilles. Non seulement cette exposition de flotte industrielle heurte ma vision de perpétuel vieux grognon, mais elle gâche mes photos par la même occasion! Quand je pense que je me suis déplacé, parfois au péril de ma vie, pour le vin, n’est-ce-pas, et non pour l’eau de Carrefour ou de Super U, quand ce n’est pas celle du groupe Nestlé ou de Castel. Ce dernier, au passage, fait plus de fric avec la flotte qu’avec le vin, tandis que l’autre se repaît dans la mal bouffe internationalisée. Mais c’est une autre histoire…

Coup de bol par la suite. Photo©MichelSmith

Sympathique coup de bol par la suite. Photo©MichelSmith

Verser l’eau fraîche du robinet (le plus souvent de meilleure qualité, soit dit en passant) dans une cruche ou une carafe contemporaine ou ancienne, en terre comme en verre, serait pour moi de bien plus économique, judicieux et respectueux du vin comme de l’écologie. Mais voilà, il en va ainsi dans notre société où le je-m’en-foutisme est de règle : on doit faire avec et accepter l’irrationnel ! Demander un petit effort de respect à des vignerons qui, quand ils ne font pas la gueule derrière leur stand, arborent des Nike, jeans troués, casquettes américaines, tee-shirts publicitaires et puent parfois le mégot de cigarette roulée qu’ils vont fumer à la porte, en catimini, cela relève-t-il du rêve ? Bien sûr, et je m’empresse de le dire avant de me faire trucider place Saint Vincent, tous ne sont pas comme ça. Mille pardons pour cet égarement.

Coup de bol ensuite. Photo©MichelSmith

Coup de cuillère à pots ensuite. Photo©MichelSmith

Tiens, à propos de pots ou de cruches en terre, je me suis invité l’autre dimanche à un très populaire salon de vin dans la région des Terrasses du Larzac, à Aniane, à quelques rangs de vignes d’aramon de Saint-Guilhem-le-Désert et à quelques 300 kms aller-retour de ma base. Arrivé pile à l’heure comme à mon habitude – je n’ai pas l’air comme ça, mais j’ai des restes de bonne éducation -, une fois payé mon verre faisant office de droit d’entrée (5 €, c’est raisonnable !), j’entre dans une vaste salle où une demi-douzaine de vignerons (et vigneronnes) s’affairent tandis que les autres, la majorité silencieuse des absents, doivent se dire que ce n’est pas la peine de s’affoler un dimanche matin.

Coup de chance. Photo©MichelSmith

Simple coup de chance, le vert, « ma » couleur. Photo©MichelSmith

Je fais donc mon rapide tour de piste tel un politicien local pour saluer quelques connaissances et voilà que je repère sur certaines tables de fort belles pièces d’argiles cuites vernissées couleurs vertes ou jaunes, typiques de cette partie de la Vallée de l’Hérault, de Saint-Jean-de-Fos en particulier, sympathique village connu pour ses poteries utilitaires. Au passage, il y a deux métiers ruraux que j’admire le plus : la poterie et la vannerie. Et quand bien même suis-je né en plein cœur de la riche et bourgeoise Neuilly-sur-Seine, à l’instar de nos chers présidents (Hollande et Sarkozy), ma fibre régionaliste et mon sub-conscient paysan se sont mis en branle d’un seul coup, comme par miracle.

Coup magistral. Photo©MichelSmith

Coup magistral (je vous épargne mon jet). Photo©MichelSmith

Là, mon sang n’a fait qu’un tour. Le temps de m’apercevoir que seul le cinquième des vignerons exposants avait eu la riche idée de remplacer les tristes seaux noirs plastifiés estampillés Languedoc par des réalisations de potiers locaux qui se sont révélés par la suite être d’efficaces crachoirs avec notamment un trou suffisamment large, profond et bien évasé pour recevoir mon jet puissant sans risque d’éclabousser les objets du voisinage. Mieux, certains vignerons ont poussé leur sens du marketing allant jusqu’à faire inscrire le nom de leur domaine sur le crachoir. J’ai oublié de leur demander à chacun combien cela leur avait coûté, mais je suis persuadé que le jeu en vaut la chandelle !

Assez joli coup. Photo©MichelSmith

Assez joli coup, dans la finesse. Photo©MichelSmith

D’ailleurs, je ne comprends même pas pourquoi les organisateurs du Salon des Vins d’Aniane, depuis le temps que cet événement réputé existe, n’ont pas encore songé à demander aux potiers du coin de leur créer chaque année un crachoir officiel spécifiquement réservé au salon, objet millésimé et signé que les nombreux amateurs qui se pressent ici en été pourraient acheter pour une somme raisonnable et collectionner par la suite en souvenir chez eux. Un peu de bon sens et de terroir nom d’une pipe ! Mais quand cesserais-je d’être aussi naïf pour envisager de telles sottises ? Mêle-toi donc de ce qui te regarde, espèce de dégustateur à la noix ! Eh bien, justement, le bien craché fait partie de mes préoccupations !

Un coup d'eau. Photo©MichelSmith

Un coup d’eau, sans épée. Photo©MichelSmith

Vous vous imaginez recevant un ami amateur chez vous en lui montrant une belle série de crachoirs ? J’ai même suggéré au président du Salon, Roman Guibert, d’organiser l’an prochain un très officiel concours qui récompenserait le Vigneron présentant à son stand le plus beau crachoir en terre cuite. Ça les a bien fait marré et j’estime que c’est déjà un bon point pour celui – moi, en l’occurrence – dont la réputation d’emmerdeur public est bien établie dans la région ! Si seulement les doctes diplômés du Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc pouvaient m’écouter, cela donnerait du travail aux gens du coin. Tiens, rien que pour ça, je trouve que les organisateurs auraient pu m’inviter à déjeuner à une bonne table au lieu de me laisser choir auprès d’une brochette-frites triste à mourir sur l’esplanade du village avec une pauvre bière pression pour toute compagnie !

Simple coup final. Photo©MichelSmith

Simple mais élégant coup final. Photo©MichelSmith

Pour en revenir au crachoir-poterie, moi-même je suis fier d’utiliser ce type d’ustensile depuis des lustres sans même avoir éprouvé le besoin de faire réaliser des pièces à façon. Il m’aura suffit un beau jour d’aller passer une matinée de l’autre côté de la frontière, dans la bonne ville de La Bisbal, en Catalogne, pour y trouver de quoi recevoir mes nobles crachats de dégustation en plus de quelques cruches destinées à l’eau. Certes, on pourrait m’objecter que ces objets sont trop fragiles pour être transportés d’un salon à l’autre. Or, je vous jure que les miens sont encore intacts, à peine ébréchés au bout de 20 années d’utilisations régulières, comme le prouve la photo qui suit.

Coups du Smith. Photo©MichelSmith

Coups de maître, à domicile. Photo©MichelSmith

Alors, si vous êtes en vacances du côté de la Costa Brava cet été, suivez mon conseil au moins pour cette fois-ci. Je vous invite à vous promener le long de l’artère principale de La Bisbal où vous trouverez certainement l’objet potier de votre vie de dégustateur ! Mieux, si par hasard vous cherchez à fuir les parfums nauséabonds des plages du Languedoc polluées à l’huile solaire et aux mégots de toutes sortes, notez qu’un Marché des potiers se tient à Saint-Jean-de-Fos, près du Pont du Diable, durant deux jours, les 8 et 9 Août prochains.

affiche-dif

Cette pièce typique de la terre du Languedoc que vous rapporterez certainement, probablement unique, vous coûtera peut-être deux fois plus qu’un de ces horribles seaux plasifiés que l’on trouve sur Internet. Mais vous en serez fier et ne regretterez ni votre achat, ni la balade ! Et encore moins vos crachats !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Michel Smith


1 commentaire

The monumental Oxford Companion to Wine – editor: Jancis Robinson MW + Hervé born again!

OCW-4theds

Jancis Robinson MW (editor) and Julia Harding MW (assistant editor): Oxford Companion to Wine – 4th edition, OUP, £40, 860 pages, hbk (publication date: 17th September 2015)

Here is the 4th edition of this remarkable work of wine scholarship.  Jancis explains in her preface that this revision has been the most ‘thorough’ with ‘every single entry has been subjected to intense scrutiny’. This new edition has 300 new entries out of a total of 4.104 – the third edition had 3930 entries.

She notes that ‘Throughout the wine world, the emphasis continues to shift from ‘making’ to ‘growing’ wine, just as we are seeing a step change in the style of wine to which thoughtful producers aspire. In terms of wine structure and alcohol levels, big is no longer as beautiful as it was at the end of the last century. And the range of grape varieties harnessed for serious commercial wine production is wider than it has been for decades. ‘

‘Because the Companion was already very long and heavy (a common complaint which has inspired the publication of a digital version of this fourth edition), our esteemed publishers Oxford University Press were extremely strict with us about the total length of this new edition, which is less than 4% longer than the third edition in terms of the total number of words.’

It is interesting and obviously sensible that there is a digital version of this monumental reference book, whose printed version weighs in at 2.88 kilos. The Companion to Wine was first published in 1994 when printed books were king, kindle meant to start a fire and ‘ebooks’ would have been a ham actor attempting a Yorkshire accent.

I fancy that if the digital version is well publicized it may well out-sell the printed book on the grounds of practicality. The weight of the printed book means that it will stay in one place whereas the digital OCW can be at hand all the time. Add to this the ease of linking and connecting entries with each other and the advantages of the eOCW are clear.

Yet it is good to see that printed books continue to survive. There is something about owning and touching a book in comparison to an ebook even if it may be more practical. More cynically you can also show that you own a copy by displaying the tome on a coffee table or desk.

The list of contributors runs to eight pages with an additional 50 for this new edition. The following from the Circle of Wine Writers have contributed to The Companion to Wine: Tony Aspler, Nicolas Belfrage MW, Beverley Blanning MW, Michael Broadbent MW, Stephen Brook, Bob Campbell MW, Steve Charters MW, Nicholas Faith, Christopher Fielden, Michael Fridjhon, Rosemary George MW, Caroline Gilby MW, Lisa Shara Hall, James Halliday, Hugh Johnson, Michael Karam, Wink Lorch, Richard Mayson, late Edmund Penning-Rowsell, Michael Schuster, Stephen Skelton MW, Joelle Thomson, late Pamela Vandyke Price and José Vouillamoz.

•••

Hervé judging Crémants May 2015

Hervé judging Crémants May 2015

2015 Born Digital Awards – Hervé Lalau on judging panel
Good to see that the 2015 Born Digital Awards have appointed my fellow Les 5 blogger Hervé Lalau to this year’s line up of judges for the resurrected Born Digital Awards to add gravitas to an already distinguished panel. Hervé’s fellow multi-national panelists are Richard Siddle (chair), Sarah Abbott MW, Pedro Ballesteros MW – Spain’s first MW, Willi Klinger, Elin McCoy and André Ribeirinho.

The Born Digital Awards are intended to recognise and reward work that was first published on-line. They started in 2011 and also ran in 2012. Then there was a two year gap before they were relaunched this year. Entries have to have been originally been published online between 1st January 2014 and 30 June 2015. The closing date for entries is 10th August 2015.

Unlike the Anglophone Louis Roederer Awards the Born Digital Awards accepts submissions in French, German, Italian, Portuguese and Spanish as well as English. Furthermore happily it is not sponsored by a Champagne company. Roederer’s involvement in writing/photographic awards is mildly ironic given Champagne’s relentless and shocking pursuit of Jayne Powell (aka Champagne Jayne) through the Australian courts).

 

Hervé judging a strawberry tartlet May 2015

Hervé judging a strawberry tartlet May 2015

   Broadstairss


4 Commentaires

Ardèche, des vins troglodytes

Préhistoire et Ardèche, voilà qui va bien ensemble

IMG_0942
Le relief calcaire très découpé de la région recèle bon nombre de grottes, dont certaines étaient déjà occupées par l’homme il y a des dizaines de milliers d’années. Nos ancêtres aurignaciens buvaient déjà le nectar des dieux, et auraient par conséquent précédé les Géorgiens, va savoir. Qui oserait affirmer qu’ils n’élaboraient pas quelques crus très prisés jusqu’au-delà du Rhône et que les marques rouges, ces gros points appliqués avec la paume de la main, ne veulent pas tout simplement dire: ici, se sont bues 30 outres de cuvée mammouth en l’honneur de la Mère.Ardèche préhistoire 2015 108

Histoire de se la jouer façon cavernicole

Ardèche préhistoire 2015 034

En l’honneur de nos ancêtres de bien avant les Gaulois, nous avons fait une dégustation dans la grotte de Saint Marcel. Après une petite visite des beautés lapidaires, nous nous sommes concentrés sur les flacons apportés ou plutôt descendus. En lice sous la voûte karstique, les vins des Côtes du Rhône ardéchoises. Une bien belle sélection bue dans des conditions presque idéales, l’atmosphère de la grotte est des plus pures, T° et pression y sont adéquates. Voici quelques coups de cœur.

Ardèche préhistoire 2015 035

IMG_0939

Et puis non. Avant d’en faire les commentaires, il faut expliquer le vrai pourquoi d’une dégustation dans un tel lieu. Tout simplement parce qu’on y élève du vin! Raphaël Pommier, du Domaine Notre Dame de Cousignac, a eu l’idée de faire vieillir quelques barriques au fond de la grotte. Après l’accord rapide du directeur et nettement moins rapides des autorités, il a pu descendre 36 hl et obtenu que ses collègues vignerons de Saint Marcel et environs puissent y entreposer 1.200 bouteilles. C’est tout frais, nous n’avons par conséquent pas encore suffisamment de recul pour percevoir l’influence de l’endroit sur l’élevage en barriques ou l’affinage en bouteilles.

Ardèche préhistoire 2015 032

Bon, voici donc quelques coups de cœur (pris sur l’ensemble des Côtes du Rhône ardéchoises). Je ne parlerai pas des robes, à la lueur des bougies, c’est plutôt compliqué de s’en faire une idée.

Mistral 2013 Côtes du Rhône Domaine de Coulange

Du fruit qui développe ses notes graciles de framboise, de cerise et de myrtille avec modération mais grande constance, il suffit d’être patient pour en avoir plein la bouche et en apprécier la saveur fraîche, juste enveloppée d’une trame tannique soyeuse.
Assemblage : 80% de Grenache et 20% de Syrah (5,50€)

Ardèche préhistoire 2015 053

Domaine de Couron 2012 Côtes du Rhône Village

Entre puissance et élégance avec une belle amertume qui évoque la racine de gentiane et apporte une saveur et une fraîcheur toute particulière aux arômes de cade, de genévrier, avant de souligner les gelées de cassis et de groseille légèrement poivrées.
Assemblage : Grenache, Syrah et Mourvèdre (7,30€)

Le Chapitre 2011 Côtes du Rhône Domaine du Chapitre

Très élégant au nez, puis en bouche on mord dans le charnu des fruits, un jus gourmand s’en écoule teinté de menthol rafraîchissant. La longueur évoque les mêmes fruits, mais cette fois confits et épicés de poivres et de cannelles.
Assemblage : 60% Grenache et 40% de Syrah (10€)

Ardèche préhistoire 2015 052

Cuvée des Galets 2012 Côtes du Rhône Domaine Nicolas Croze

C’est une cuvée pour Michel, un 100% Carignan d’un rustique sympa, un vin de repas, croquant et jovial comme on les aime, quand on aime ça, vin de partage un peu bourru qui a l’élégance paysanne, une superbe tension minérale saline et des tanins mûrs certes mais qui ne laissent pas les papilles indifférentes. (10€)

La Calade 2013 Côtes du Rhône Villages Mas de Libian

Quel jus superbe, coloré de poivre, de violette, d’iris, de mure, de fraise, cela n’arrête pas, une volubilité fruitée délicieuse que la soie tannique laisse couler à plein flot. Frais, gourmand, riche, mais aussi raffiné et bien équilibré, ce vin se boit avec délectation.
Assemblage : 90% de Mourvèdre et 10% de Grenache (12€)

IMG_0935

Côtes du Rhône 2013 Domaine Notre Dame de Cousignac

Très sympa, à le sentir, on a l’impression de marcher dans la garrigue au moment où les premiers rayons chauds du soleil emportent les effluves jusqu’à nos narines. Les tanins fins se maculent d’un fruité délicat rehaussé d’une impression saline qui fait saliver.
Assemblage : 63% de Grenache, 32% de Syrah et 5% de Counoise (7€)

Per El 2014 Côtes du Rhône Villages Domaine Saladin

Un blanc pour changer, frais et savoureux, avec cet accent citronné qui d’emblée rafraîchit autant le nez que la bouche. Un rien de gelée de pomme pour l’onctueux de la texture, du minéral pour la tension, c’est bien, la tension, puis du poivre, de la groseille blanche pour allonger la fraîcheur, et finir sur du poivre avec un rien de cumin pour bien fixer les impressions savoureuses sur les papilles.
Assemblage : Marsanne, Bourboulenc, Viognier, Clairette rose et blanche et Grenache rose (19€)

Ardèche préhistoire 2015 055

Diamant Rouge 2012 Côtes du Rhône Cellier des Gorges de l’Ardèche

Un joli jus qui s’écoule tendrement et nous comble de joie florale et fruitée aux parfums de violette et de griotte. Les tanins sont délicats et ne font aucune entrave au développement aromatique.
Assemblage : 80% de Syrah et 20% de Grenache (10€)

Viognier Côtes du Rhône 2012 Château Rochecolombe

Un Viognier d’une étonnante fraîcheur qui rappelle le citron, jus et écorce compris, par conséquent à la fois acide et amer mais tout en subtilité, histoire de s’affirmer avant de céder à la rose et à la violette sans oublier la confiture d’abricot. (7,20€)

Ardèche préhistoire 2015 063

Côtes du Rhône Villages 2014 Vignerons Ardéchois

Bien structuré, le vin déploie rapidement ses fragrances de fruits rouges et noirs agrémentés de senteurs de garrigues. Les tanins bien sympas offrent leur soie. Jolie petite longueur sur les fruits épicés.
Assemblage : Grenache et Syrah (5,50€)

Après, on est bien content de retrouver le soleil, même si ce jour-là il nous faisait passer de 12°C à 36°C en une centaine de marches.

Et ayons une pensée pour Grârtep, le meilleur vigneron solutréen (s’il faut en croîre les entailles sur stalagmites)…

Ciao

Ardèche préhistoire 2015 065
Marco


5 Commentaires

Rosé futé, rosé affûté, rosé d’après l’été.

Balayons d’ores et déjà les préjudices, les commentaires acerbes, les mesquines jalousies de voisinages du genre « moi, contrairement, à d’autres, je fais du vrai rosé et sans coupage, monsieur ! ». Renvoyons dans leurs cordes respectives les experts qui vous assènent qu’il n’y a rien de nouveau dans votre nouvel article, et les avis « pros » qui considèrent que le rosé n’est pas un vrai vin, ou ceux qui déplorent que ce type de vin soit un envahisseur sur le marché. Insistons de nouveau pour affirmer que dans la déferlante rose qui inonde le marché cet été, il pourrait bien se glisser quelques grands rosés de terroir, que ce soit en Sancerre (Vincent Pinard) ou en Provence (Roselyne Gavoty), pour ne citer que deux classiques redécouverts récemment dans mes visites de caves. Terroir ? Oui mes seigneurs, car il n’y a pas que le fruit qui compte dans un rosé.

Un coin de Bandol, l'hiver dernier. Photo©MichelSmith

Un coin de Bandol, l’hiver dernier. Photo©MichelSmith

Cette trame, cette structure, cette indéniable morsure saline ou minérale, cette persistance infinie, fut-ce du Cinsault ou du Pinot, tout cela contribue de plus en plus à ranger le rosé dans la case des vins capables de tenir, de se garder au-delà de cinq ans, de se bonifier et de se boire même en hiver.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Et c’est justement là que je voulais en venir. Suite à un article sur Decanter, je suis les aventures de mon ami vigneron, Éric de Saint-Victor, visiblement bien entouré dans ses vignes et sa cave de Pibarnon. Oui, je sais, vous allez me faire le truc du grand tralala, me chanter l’air par trop habituel du  « encore un grand domaine, un vin cher, un vin de luxe, un vin de fric, un château hyper connu ». Pauvres arguments qui ne mènent à rien. Vous allez aussi probablement supposer que je suis le chargé des relations publiques d’une appellation qui a marqué mes débuts, celle de Bandol, la reine du rosé (au passage, je suis sûr qu’eux mêmes vont me reprocher de les cantonner dans cette seule spécialité !), thème d’un de mes papiers de l’hiver dernier que je vous invite à relire d’où il ressortait d’excellents rosés de millésimes passés de La Tour du Bon, Pradeaux, La Bégude, Souviou, Sainte-Anne, L’Olivette, Les Salettes, Tempier… j’en passe et des meilleurs.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Le rosé conçu pour être bu toute l’année par Éric et sa jeune équipe, n’est pas qu’une simple idée lancée en l’air de cuvée haut de gamme à tirage limité et encore moins une énième cuvée marketing de rosé chic à la Brad Pitt ou à la Sacha Lichine. Il se veut, à mon avis, l’égal de son grand rouge ou de son grand blanc. Mais, comme il me l’a laissé entendre, Éric de Saint-Victor voudrait surtout créer un mouvement entre vignerons du cru qui le souhaitent dans le but d’inscrire le rosé dans l’expression de Bandol, au travers d’initiatives qui permettraient de repositionner ces vins dans cette couleur, de les inscrire comme étant spécifiquement Rosé de Bandol. Pour ce premier 2014, résultat d’une pressée directe sur un pur Mourvèdre, contrairement à sa cuvée classique qui est le fruit d’un doublé (pressurage et saignée) sur le Mourvèdre accompagné de Cinsault à 35 %, le vin a été vinifié et élevé 6 mois en un foudre autrichien Stokinger et en jarres de grès de marque Clayver fabriquées en Italie et déjà utilisées par des vignerons aussi variés que Benoît Tarlant, Philippe Viret et Bonny Doon.

Éric de Saint-Victor Photo©MichelSmith

Éric de Saint-Victor Photo©MichelSmith

Et alors, comment est-il ce rosé ? J’avoue humblement que je n’ai pas encore goûté le vin de cette cuvée Nuances tirée à 3.500 exemplaires et commercialisée autour de 24 € départ cave. Je prévois d’en ouvrir un exemplaire d’ici Noël (l’idée première d’Éric était de concevoir un rosé d’automne) ou même après, avant d’aller goûter sur place l’édition 2015 fin avril 2016 au moment de sa mise. Mais cela ne m’empêche pas de trouver l’initiative vraiment originale car elle permet de sortir de l’imagerie un peu stupide et simpliste qui entoure le rosé : le vin qui serait soit bêtement aromatisé – et dieu sait que ça marche en grande distribution -, soit un vin de plage à différents niveaux, celui réservé aux bidochons qui défilent devant les yachts à Saint-Tropez ou à Cannes, soit un rosé blinbling vendu en jéroboam à de grandes fortunes russes ou chinoises dans les boîtes de nuit huppées de la planète. Maintenant que le rosé connaît un énorme succès, il serait temps de le repositionner et de le concevoir comme un vin à part entière capable d’accompagner les mets les plus fins.

Mais bon, ça fait plus de 20 ans que je prêche ainsi… Et je ne suis pas le seul. Suffit de lire tous les bons articles écrits sur le rosé par le club des 5 pour s’en rendre compte.

Michel Smith


1 commentaire

#Carignan Story # 283 : Trilla, la nouvelle Mecque des vieux cépages !

On peut dire ce que l’on voudra, mais ce sont parfois les idées les plus simples qui sont les plus efficaces. Lorsque mon ami André Dominé, journaliste du vin d’origine allemande résidant à Trilla, bled improbable perdu dans les Hautes-Fenouillèdes, département des Pyrénées-Orientales, a eu l’idée d’organiser pendant le fête de son  village un mini salon du vin autour du thème des vieux cépages, nombreux furent ceux qui riaient sous cape. Moi le premier, qui ne voyait pas en quoi de vulgaires vieux cépages pouvaient intéresser le peuple du vin.

Photo©MichelSmith

La fête au village… Photo©MichelSmith

Première vague de Carignans... Photo©MichelSmith

Première vague de Carignans en dégustation libre au Carignan Corner… Photo©MichelSmith

A dire vrai, je n’en menais pas large, songeant que, oui, c’était peut-être possible, mais qu’il ne fallait pas s’attendre à une déferlante. Et ce fut bel et bien le cas au début : une poignée de vignerons locaux convoqués à exposer leurs vins, votre serviteur tentant timidement de faire goûter ses échantillons de Carignan récoltés au cours de ses pérégrinations et quelques rares visiteurs déambulant sans trop savoir où ils mettaient les pieds.

Depuis deux ans, tout change : la mayonnaise prend, les vignerons affluent – ils étaient 25 hier, venus de l’Aude, de l’Hérault et même d’Alsace -, tandis que mon Carignan Corner, offrant une vingtaine d’échantillons en dégustation libre, attirait aussi bien les simples leveurs de coudes que les amateurs sincères.

Dans ce mini-reportage, on trouvera des portraits de vignerons présents, tous carignanistes convaincus auteurs de mémorables vins issus du cépage Carignan largement décrits par le passé dans cette rubrique dominicale.

Photo©MichelSmith

Rémi Jaillet Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Saskia Van Der Horst Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Christine Civale et Luc Charlier Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Benoît Danjou Photo©MichelSmith

Depuis deux ans, tout change : la mayonnaise prend, les vignerons affluent – ils étaient 25 hier, venus de l’Aude, de l’Hérault et même d’Alsace -, tandis que mon Carignan Corner, offrant une vingtaine d’échantillons en dégustation libre, attire aussi bien les simples leveurs de coudes et les amateurs sincères.

Photo©MichelSmith

Carolin Bantlin Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Raymond Manchon Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Jean-Marie Rimbert Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Elizabeth et Jon Bowen Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

France Crispeels Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Yvon Soto Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Jacques et Mikael Sire Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Patricia Boyer-Domergue Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

John Bojanowski Photo©MichelSmith

Ils sont beaux, n’est-ce pas ? Comment ne pas les aimer ?

Attention ! La semaine prochaine, Dimanche, revenez sur nos ondes… Vous aurez droit au descriptif d’un Carignan exceptionnel vinifié par un anglais tout aussi exceptionnel et présenté en demi-bouteille : âmes sensibles ne surtout pas s’abstenir !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Michel Smith


5 Commentaires

Marseille capitale !

Activez vos réseaux sociaux favoris, et vous constaterez que tout le monde s’enflamme, tout le monde défend son pré-carré, parfois avec force véhémence. Jusqu’aux blogs du vin pionniers ! Rien de nouveau, me direz-vous.

Ça fuse, ça dégomme, ça pétitionne de toutes parts. Par exemple, dire non à la Grèce est devenu banal. Dire pis que pende de la burka aussi. Oui au nouveau pont sur la Baïse, ça c’est tendance. Tout comme Sauvons le Petit Train Jaune ! Ou encore clouer au pilori de la ringardise l’horrible critique qui met en doute les valeurs du vin dit naturel. Je vous en supplie, signez ici pour qu’on ne détruise pas le marché de Saint-Eutrope-de-Born ! Paraphez là pour que l’on ne ferme pas l’école des Beaux Arts de Perpignan ! Enregistrez-vous pour sauver le clocher branlant de Trifouilly-les-Oies ! De grâce, sauvez le soldat Carignan du déshonneur ! Défendez le liège contre l’horrible capsule ! Touchez pas au grisbi et encore moins aux sulfites ! Ras le bol des profiteurs négociants ! Halte aux bulles dans le Sauternes ! Votez pour inscrire les pissotières de Vaux-de-Beaujolais au Patrimoine de l’Humanité ! Interdisez les fumeurs de cigares sur les bancs publics ! Faîtes taire Michel Onfray, Houellebecq, Lévy et consorts ! À bas les catholicistes et les islamistes ! Sauvez les vignes et foies gras du Périgord ! Excluez Zemmour et Finkielkraut ! Et puis surtout, mort aux vaches !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Du coup, avec les beaux jours, comme beaucoup d’entre nous, j’en ai un peu soupé du net, de la toile, de ses incantations, de ses pétitions, de toutes ses ficelles tordues, de ses outrances et de ses outrecuidances ! Je dis ça, mais je suis le premier à y aller. Et si j’avais un ultime sursaut revendicatif, je lancerais volontiers un cri vibrant, un de ces slogans dont j’ai le secret pour une ville que je porte en amour : Marseille capitale !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Bon, elle l’est déjà, me direz-vous. Capitale discutable du foot (après Paris, certes), capitale peu contestée de la Provence-Côte d’Azur, de la pétanque, du pastis, de la bouillabaisse, des santons, des embouteillages, des ramassages de poubelles, de tant et tant d’autres clichés. Et tandis que la capitale du sud de la France se boboïse à mort, sans se séparer de son charme, je lancerais volontiers l’idée que Marseille pourrait bien devenir un jour Capitale du Vin. Pourquoi pas ?

Déjà, dans mes jeunes années de reporter ringard, j’avais repéré ce Vin de Marseille que l’on voit au début – en réalité originaire de la commune voisine de Cassis si je ne m’abuse – qui, à défaut d’être bon, m’offrait une étiquette carte postale du meilleur goût.

Du quartier Saint Victor au Vieux Port... Photo©MichelSmith

Du quartier Saint Victor au Vieux Port… Photo©MichelSmith

Dès les années 80, pourtant, je poussais très malhabilement, je le confesse, les politiciens languedociens, qu’ils soient de Carcassonne, de Narbonne, de Perpignan, de Béziers, de Nîmes ou de Montpellier, à choisir l’une de leurs villes pour en faire une capitale du vin puisque c’est par le Sud que le vin est arrivé avant de monter à Paris et même au-delà plus après. En accueillant deux grands salons internationaux, Montpellier, où l’on enseigne aussi le vin depuis le Moyen-âge, l’a compris très vite : son illustre maire d’alors, aussi grande gueule que visionnaire, a vu que le vin pouvait être le navire amiral d’une politique commerciale dynamique et ambitieuse, ainsi qu’un enjeu touristique. Pour autant, lorsque l’on suit la Méditerranée par la côte en regardant vers l’est, il est clair que c’est l’antique Massilia qui mérite vraiment le titre de Capitale du vin. Fondée à grand renfort d’amphores et de vins par les Phocéens plusieurs siècles avant que l’on ne parle de Jésus Christ, suivis par les Romains, il y a fort à parier que le vin, en même temps que l’huile et les céréales, furent les premiers éléments conduisant à la prospérité du port. C’est pourquoi je me suis volontiers déplacé à Marseille lorsque l’on m’a proposé d’y venir célébrer le vin en une belle nuit étoilée.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

L’opération était manigancée par Inter Vins Sud-Est, un organisme interprofessionnel pas encore très au point (l’actualité la plus récente sur leur site remonte au Festival de Cannes 2013 !) dont je n’avais que peu entendu parlé jusqu’à présent. L’organisme en question qui souhaite s’implanter dans Marseille et qui sait, un jour, y planter de la vigne, regroupe plusieurs dénominations du Sud : l’IGP Méditerranée, au premier chef, puis les IGP Bouches du Rhône, Alpilles, Vaucluse, Drôme, Collines Rhodaniennes, Coteaux de l’Ardèche, Coteaux des Baronnies. C’est donc plus par curiosité, que je me suis rendu à cette étrange invitation qui, dans un raccourci classique du marketinge à la française, avait pour intitulé Les heureux pop-ups des vins méditerranéens...

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Il est vrai qu’à un moment je me suis demandé ce que j’étais venu faire dans cette galère au milieu de jeunes blogueurs ou autres communicants avec des invités locaux que je ne connaissais ni d’Ève ni des dents comme disait un de mes potes de Paris. Mais après avoir rencontré quelques vieilles connaissances, après avoir sympathisé avec d’autres, j’ai vite compris que j’étais bien tombé. D’où cette rubrique douce et aimable pour une fois.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Merci aux petites mains qui ont fleuri les tables et les nappes, prévu des tonnes de glaces pour maintenir les vins au frais en ce début d’été, merci au DJ d’avoir passé un disque de Ray Charles, un autre de James Brown, merci à la jolie fille de la cave de Marrenon de nous avons servi son Merlot rosé (IGP Méditerrannée) à moins de 4 € (Carrefour, Auchan), merci à la maison Boissy & Delaygue pour ce joli Marselan rouge (IGP Méditerranée) à moins de 7 € (cavistes), merci au Château Romanin pour son délicieux rouge Syrah, Grenache, Mourvèdre 2014 (IGP Alpilles) à moins de 10 € départ cave, merci aussi à Georges-Édouard de nous avoir ouvert un de ses lofts à deux pas du Vieux Port et à une enjambée de la fête !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Mais la véritable fée de cette soirée bénie passée dans le quartier Saint Victor, aux pieds de la Bonne Mère, fut la Varoise Patricia qui ne cessait de faire goûter ses fromages de la Crau et les tomates de son potager, sans oublier d’autres pats provençaux ou d’inspirations turques ou maghrébines reflétant ainsi la formidable mosaïque de cultures qu’est Marseille.

Photo©MichelSmith

Patricia à l’œuvre dans son resto-jardin. Photo©MichelSmith

La plupart des vins cités plus haut s’accordaient sans mal à cette cuisine mise en place par la discrète Patricia et sa bande de jeunes qu’elle ne cessait de diriger de sa voix douce en les appelant « mes chéris ». Les beaux jours, les repas se prennent dans ce jardin un peu fou qui constitue le point fort de ce restaurant nommé La Passerelle vers lequel je reviendrais à la première occasion. Alors voilà, grâce à Louise, Patricia et bien d’autres joyeuses personnes encore, grâce aux vins méditerranéens, je n’ai qu’une envie : militer pour que Marseille devienne un jour la Capitale des Vins du Sud !

Michel Smith

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith


2 Commentaires

Chapeau à l’UNESCO: recycling rules in Champagne!

UNESCO's latest Patrimoine Mondial

UNESCO’s latest Patrimoine Mondial – a Champagne vineyard @Epernay

Inevitably there will be some who criticise UNESCO for classifying the vineyards of Champagne. They will point to the remnants of blue rubbish that can still be found in some of the Champagne vineyards – vestiges of spreading Paris rubbish on the vineyards in previous decades. Although such sniping is understandable, UNESCO should be applauded for giving the Champenois credit for being early and enthusiastic adopters of recycling, even though it may have modified the terroir….

Brave decision, UNESCO! I look forward to hearing, with very keen anticipation, that the CIVC has been given an award for upholding the freedom of the Press.

Jim Budd

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 13 306 autres abonnés