Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


2 Commentaires

Les Villages sur la voie du Cru : Signargues (IV)

Ce sera mon dernier morceau sur ce thème pas très populaire il est vrai – je m’en rends compte après coup – des nouveaux villages qui se donnent un air de cru. À ma demande, le Service de Presse d’Inter-Rhône, le gouvernement en quelque sorte des vins de la vallée, m’avait fixé un rendez-vous avec le Président de l’appellation Côtes du Rhône Villages Signargues afin de m’organiser, le lendemain du salon Découvertes en Vallée du Rhône, une dégustation des vins là où il le souhaiterait le plus pratique. Ce fut arrangé fissa dans les murs de la Cave Coopérative de Rochefort-du-Gard, plus connue sous le nom des Vignerons du Castelas. C’est dans une salle de cette dernière cave qu’une bonne douzaine d’échantillons furent rassemblés à l’invitation du Président Francis Fabre, lequel fut mon guide ce jour-là. Sur les quelques 25 domaines qui revendiquent cette appellation, y compris ceux qui adhèrent aux deux petites coopératives locales (trois si on ajoute un adhérent de la cave de Tavel), cela fait une bonne moyenne, même si l’on aurait pu s’attendre à plus. Il y avait aussi quelques échantillons du négoce local qui marque de plus en plus son intérêt pour le secteur.

En plein mistral sur le plateau de Signargues, le Président Francis Fabre. Photo©MichelSmith

En plein mistral sur le plateau de Signargues, le Président Francis Fabre. Photo©MichelSmith

Signargues ne correspond aucunement au nom d’une commune, mais bien à celui d’un lieu-dit qui empiète sur 4 communes gardoises, Rochefort-du-Gard, la plus importante, Domazan, Estézargues et Saze, le tout à 10 km d’Avignon, pas très loin non plus de Tavel. En choisissant ce lieu-dit, le tour était jouable pour envisager d’être dans la nouvelle fournée des villages, il y a 10 ans déjà. En effet, le site concerné par Signargues fait partie d’une série de trois vastes plateaux-promontoires qui se voisinent orientés nord-sud et rassemblent par la même occasion la grosse majorité des vignerons concernés par l’appellation.

Le village d'Estézargues. Photo©MichelSmith

Le village d’Estézargues. Photo©MichelSmith

Nous sommes ici dans la zone la plus précoce de la vallée du Rhône, la plus méridionale aussi. Recouvert de galets roulés rougis par l’oxyde de fer (parfois sur une couche de deux mètres), ce bel ensemble qui préfigure la garrigue gardoise est composé d’un socle argilo calcaire avec, en profondeur, d’importantes langues argileuses qui font que la zone ne souffre jamais en période de sécheresse. De ces terrasses planes et fort ventées appelées ici « plaines », on distingue à l’est le Rhône défiler vers son delta en une plaine alluviale très fertile surveillée par Châteauneuf-du-Pape, les Dentelles de Montmirail et le mont Ventoux. Cette disposition confère une réelle unité au « cru », parfaitement dans l’esprit de ces « villages avec indication géographique ».

Prêt pour la dégustation ! Photo©MichelSmith

Prêt pour la dégustation ! Photo©MichelSmith

Dans cet ancien lit du Rhône doté de grandes parcelles, la vigne est mécanisée à 80% pour ne pas dire plus, sur près de 500 ha en production avec presque autant en potentiel. Le cahier des charges de Signargues impose le Grenache noir à 50% minimum, lequel doit être complété par de la Syrah et/ou du Mourvèdre dans une proportion minimale de 20%. Il reste quelques vieux Carignans autorisés en cépage secondaire. Voici mes commentaires des Côtes du Rhône Villages Signargues dégustés ce matin-là, dans un ordre parfaitement aléatoire, tous du millésime 2013 et tous en bouteilles. Dans la mesure du possible, le prix de vente départ cave vous sera donné.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Domaine de Magalanne, Lou Biou. Pointe fine et agréable au nez, souple et facile en attaque, belle fraîcheur persistante sur une matière présente sans être imposante. À 40% Mourvèdre, 20% Carignan et 40% Syrah, ce Biou, qui désigne le taureau en provençal, ne m’apparaît pas conforme aux règles d’encépagement de l’appellation (à moins que j’aie mal compris) puisqu’il n’a pas de Grenache. En revanche, le raisin a été vendangé à la main et le vin a passé 10 mois en barriques. 9,50 €.

Domaine des Romarins. Simple, facile, chaleureux tout en étant vif, sans grande longueur, mais très agréable à boire maintenant. Grenache et Syrah à égalité, avec 10% de Mourvèdre. 7,50 €.

-Château des Coccinelles. Belle robe, nez sur la réserve, bouche pleine, sérieuse, mais non dénuée de fraîcheur, le vin est bien en place et se révèle finalement assez facile à boire sur une belle viande saignante. Avec de beaux tannins pour veilleurs, Syrah et Grenache à égalité, on peut attendre 2 à 3 ans. Une de mes meilleures notes. Certifié bio, 10 €.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Domaine du Fournier, Les Vignerons du Castelas. Nez fin de tabac et de garrigue, les 30.000 bouteilles de ce domaine adhérent à la coopérative de Rochefort-du-Gard, font montre d’une belle fraîcheur et de notes de réglisse. À ma demande, j’ai pu goûter à titre de curiosité le 2012 que j’ai trouvé bien bâti et armé d’une matière dense et solide. Majorité de Syrah et 30% de Grenache, c’est le meilleur rapport qualité-prix : 6,20 €.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Maison Chapoutier. Élevé en cuve béton sur une année, le vin livre de la fraîcheur en attaque, puis des sensations de vieux bois, laurier, épices. Bonne longueur et jolis tannins, plus dans l’élégance que dans la fermeté. À boire entre maintenant et 2017. Syrah et Grenache. 10,10 €.

Maison Bouachon, Les Bariannes. Sous la houlette du groupe Skalli, cette maison de Châteauneuf-du-Pape présente un Signargues facile d’approche au nez légèrement rustique. Heureusement, il se signale en bouche avec une belle fraîcheur et une longueur estimable. D’ici 2017, 7,50 €.

Pierre-Henri Morel-Ferraton. Basé à Tain-L’Hermitage, ce vigneron nous gratifie d’un vin assez élégant de prime abord qui semble assez marqué par la Syrah, même si on nous annonce aussi du Grenache. La bouche est ferme et dense, manquant un peu de charme si l’on se souvient du nez. 7,50 €.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Domaine Marie Blanche. Vinifié par Jean-Jacques Delorme, de Saze, cette cuvée au départ un poil rustique va terminer la dégustation avec ma meilleure note. Le vin fascine par sa plénitude, son épaisseur, sa densité, son fruité intense, sa longueur en bouche et ses beaux tannins assez solides qui vont le conduire au moins sur 5 ans de cave. Grenache, Syrah, Mourvèdre, 15.000 bouteilles, 7,50 €. Un bel achat.

Domaine de la Valériane, Les Cailloux. Très belle robe et nez composite de vieux bois, tabac, épices… On sent de l’épaisseur, du solide, des tannins assez marqués, un style très concentré. Un peu trop même. Pas de fiche technique.

Domaine des Boumianes. Joli nez, mais bouche assez étriquée, rustique, voire simplette. 60% Grenache, 30% Syrah et reste Mourvèdre. Très petite cuvée (2.000 bouteilles) élevée 11 mois en cuve béton. Certifié bio. 8 €.

Cave Coopérative d’Estézargues, Granacha. Pas de fiche technique pour ce vin non filtré qui doit, de par son nom, être très axé sur le Grenache. Un rouge jovial, ample, large, opulent, facile et généreux, doté d’une bonne longueur. Une de mes meilleures notes.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Château Terre Forte. Sans fiche technique, on arrive à savoir quand même que le vin est fait de Grenache, Syrah, Mourvèdre et Carignan et qu’il est élevé en barriques de trois vins. Les nez s’annonce complexe et fin, mais la bouche est excessivement parfumée (noix de coco ?) et de ce fait pratiquement ingoûtable.

Domaine des Amariniers, Cave de Tavel. Un seul adhérent en Signargues à la coopérative de Tavel pour un vin passe-partout, assez bien équilibré, idéal sur une grillade. 6 €.

Michel Smith


9 Commentaires

Tasted (and paid)

Ceux qui me suivent sur mon blog perso se souviennent peut-être des deux billets publiés voici deux ans au sujet des méthodes de prospection de la revue Tasted, proposant et tarifant les dégustations du sommelier Andreas Larsson.

Sinon, c’est ici:

Quand Tasted fait venir Andreas Larsson en Champagne : Chroniques Vineuses
Andreas Larsson réagit : Chroniques Vineuses

Si je vous en reparle aujourd’hui, c’est que mon excellent confrère du Huffington Post, Fabrizio Bucella, vient d’effectuer une sorte de mise à jour, avec un article dont je vous donne ici LE LIEN.

Juste pour la forme, je confirme mon opposition à toute sorte de publireportage qui ne dit pas son nom. Or, comment qualifier autrement un dossier où il faut payer pour être présent, et où, surtout, tout vin enregistré a par avance la garantie d’une « reconnaissance » (recognition) par le dégustateur?

Tasted

Hervé Lalau

 


1 commentaire

Les vignerons de Bourgueil ont perdu un ami: Jean Germain

Reçu hier de Guillaume Lapaque, ce communiqué que nous avons envie de partager avec vous. Rien à enlever, rien à ajouter, si ce n’est nos propres condoléances.

Il y a plus de 20 ans, en 1994, les vignerons de Bourgueil ont perdu un grand ami, Jean Carmet de Bourgueil, qui fut un ambassadeur infatigable de Bourgueil et un grand laudateur des vins de nos terroirs.

Ce mardi 7 avril, les vignerons de Bourgueil ont perdu un autre Jean, un autre ami : Jean Germain, sénateur d’Indre-et-Loire et ancien maire de Tours, qui lui aussi fut un ambassadeur émérite de la viticulture française, de la viticulture tourangelle, et des vins de Bourgueil en particulier.

Pour nous, Jean Germain restera le fils du pâtissier de Bourgueil. Son père, devenu aubergiste, habitait en face de la maison familiale de Jean Carmet, devenue depuis la Maison des vins de Bourgueil, et il n’était pas rare que l’acteur, quand il revenait au pays, aille manger chez le père de Jean Germain.

Devenu président de l’Université puis Maire de Tours, Jean Germain n’a jamais oublié les vignerons de Bourgueil. Il en appelait un certain nombre par leurs prénoms. Il ne manquait jamais de nous interroger sur la qualité du dernier millésime, sur la santé de nos vignes. Il dégustait en fin connaisseur.

Il affichait toujours un sourire très particulier, une joie sincère, dès qu’il retrouvait les vignerons de son pays de Bourgueil.

A la mairie de Tours, il avait eu envie de créer en 2003 la Fête des Vignerons de Bourgueil à Tours. Chaque année, au printemps, les vignerons s’installent au cœur de la ville, sur le boulevard Heurteloup, pour présenter aux Tourangeaux le dernier millésime.

Le 20 mars 2003, lors de l’inauguration de la première fête des vins de Bourgueil à Tours, les Etats-Unis déclenchaient une offensive en Irak : « Le vin de Bourgueil rend plus cool et moins belliqueux que le Coca-Cola » avait déclaré Jean Germain. C’était une belle façon de faire vivre l’esprit de Jean Carmet qui avait dit : « la seule arme que je tolère, c’est le tire-bouchon ».

En 2006, alors qu’il était déjà Chevalier et Grand Officier de la Commanderie de la Dive Bouteille de Bourgueil et Saint-Nicolas de Bourgueil, Jean Germain avait été élevé au rang de Grand Dignitaire et il avait revêtu, avec une joie évidente, la robe et la toque lie de vin à parements d’or de notre confrérie bachique.

Germain

« Si on ajoute à une alimentation diversifiée, un ou deux verres de Bourgueil, c’est bon pour la santé » avait déclaré le maire de Tours. « J’espère que dans ce pays, il sera toujours possible de communiquer sur les bénéfices du vin pour la santé » a ajouté cet enfant du Bourgueillois. « La gastronomie locale et le Bourgueil, c’est quand même meilleur que le coca et je ne sais quelle nourriture. Notre terroir et notre culture sont des éléments fondamentaux de ce qui fait la France. Ça ne doit pas être un slogan mais une réalité qu’il faut faire vivre ».

En juin 2012, Jean Germain était venu avec plaisir sur les terres de sa suppléante au Sénat, Stéphanie Riocreux, sur la commune de Benais. Pour l’inauguration de notre « Conservatoire de la Biodiversité », qui rassemble toutes les espèces végétales qui ont été cultivées en Bourgueillois, il a planté un pied de cabernet franc.

Jean,

Nous cultiverons avec soin le pied de cabernet franc que tu as planté à Bourgueil, sur ce terroir que tu connaissais et que tu aimais.

Les vignerons de Bourgueil ont perdu un ami, un ambassadeur. Encore un Jean de Bourgueil.

Nous adressons à sa famille et à tous ceux qui l’ont aimé nos très sincères condoléances.

Les vignerons de Bourgueil


3 Commentaires

Rhône-sud: le Plan et le Massif sur la voie du Cru (III)

Voilà deux Côtes du Rhône Villages – avec mentions géographiques, faut-il le préciser – déjà bien en place, deux Villages qui font le bonheur des explorateurs de bons vins en même temps qu’ils font honneur à leurs terroirs. Pour continuer ma série en beauté, nous avons là, avec le Plan de Dieu et le Massif d’Uchaux, deux appellations qui à mon humble avis sont en train de se forger une belle réputation parmi les amateurs de vins du Rhône méridional. Ce que je dis est purement gratuit et n’enlève rien à la valeur des Gadagne ou autres Puyméras mentionnés dans mon précédent article. Sans oublier Signargues, que j’explorerai pour vous jeudi prochain,  lors de mon dernier article sur le sujet des nouveaux villages qui se donnent des airs de crus.

Sont ils faux ou sincères ces villages-crus ? Les prétentions de leurs vignerons sont-elles justifiés ou abusent-ils bassement de la situation ? Usent-ils de leurs réelles valeurs ou de leurs bonnes relations politiques ? Comme toujours, ce seront les consommateurs qui auront les derniers mots : ils diront plus tard si, comme Vacqueyras ou Vinsobres avant eux, ils ont vu justes. Pour ma part, j’ai goûté ces vins non pas à l’aveugle, mais en allant de stand en stand et en priant à chaque fois le vigneron pour qu’il ne me récite pas sa fiche technique avant que je puisse tremper mon nez et mes lèvres dans son vin. Il va sans dire que tous les producteurs n’étaient pas exposants à Découvertes en Vallée du Rhône. Il y aura donc des absents dans ce qui suit… Dans la plupart des cas en cliquant sur le nom du domaine, vous aurez accès à son site Internet.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Plan de Dieu, j’y crois !

Une ancienne et vaste garrigue aujourd’hui colonisée par la vigne mais autrefois de si mauvaise réputation que, pour la traverser, il fallait s’en remettre à Dieu ! Du moins, c’est ce que dit la légende. Ce plateau uniforme et plat de 1.500 ha survolé de temps à autre par les jets de la base aérienne d’Orange, a pour originalité d’être recouvert d’un amas de gros galets roulés sur une épaisseur de 10 mètres. Ils reposent tantôt sur une couche d’argile bleue, tantôt sur des safres gréseux, socles qui heureusement maintiennent la fraîcheur et attire de ce fait les radicelles de la vigne qui sans cela auraient du mal à produire tant ce lieu peut devenir fournaise en été. Outre le Grenache, on y trouve aussi le Mourvèdre attiré par la chaleur des lieux, mais aussi la Syrah, le Carignan, la Counoise, le Picpoul, le Terret… L’appellation célèbre tout juste ses 10 ans et le secteur a toujours attiré les négociants les plus exigeants. Le Plan de Dieu concerne les communes de Jonquières, Camaret-sur-Aigues, Violès, Travaillan, toutes du Vaucluse. Décrétée en 2004, avec effet rétroactif pour le millésime 2003, elle rassemble une trentaine de domaines, dont certains assez importants. Autre originalité : elle est dirigée par un binôme de présidents enthousiastes, Alain Aubert et Hugues Meffre. Seuls huit domaines s’exposaient à Découvertes en Vallée du Rhône.

Domaine Le Grand Retour

Repris en 1999 par les Domaines André Aubert, cette vaste propriété de 150 ha nous donne un 2012 (60% Grenache, 30% Syrah et reste Mourvèdre) au nez fin et sans grande manifestation en bouche en dehors d’une structure d’apparence légère et des tannins souples. Le 2013 est un peu plus frais et long confirmant un bon « niveau villages » pour un prix qui va avec : 6,50 € départ cave.

Cave Les Coteaux du Rhône

Crée en 1926 et basée à Sérignan-du-Comtat, la cave regroupe 180 viticulteurs dont quelques uns sur le Plan de Dieu. Leur cuvée Panicaut 2012 pourrait aussi bien revendiquer la simple appellation Côtes-du-Rhône tant elle manque de précision et de définition. L’acidité se fait sentir et l’intensité du fruit est très moyenne. Grenache à 60% et Mourvèdre pour compléter.

Domaine Rose-Dieu

Damien Rozier, jeune vigneron de Travaillan, fait honneur à son appellation avec un 2012 à la fois plein, dense et épais, capable de tenir encore en cave 4 à 5 ans. Tannins présents mais fins. Grenache en majorité, puis Syrah et Mourvèdre avec un élevage en barriques. Le domaine ne compte qu’une dizaine d’hectares. Un bel investissement pour un peu moins de 7 € la bouteille départ cave.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Domaine des Pasquier

Basé à Sablet, ce domaine de 85 ha en travaille près de la moitié sur le Plan de Dieu. Leur 2012, prêt à boire, se présente sous de bons auspices (joli nez complexe de gibier à plumes, de truffe et d’épices), avec une attaque plutôt souple et aimable et une petite fraîcheur qui tient jusqu’en finale. Majorité de Grenache avec 35% de Syrah et 10% de Mourvèdre. 8,50 € départ cave.

Château La Courançonne

Ce domaine de Violès couvre 70 ha de vignes dont 50 % sur le Plan de Dieu et une bonne part (85%) acheté par le négoce local, ce qui est loin d’être un mauvais signe quand on connaît les noms des acheteurs. Le 2012 Gratitude s’intéresse aux plus vieux Grenaches (40%) mais se partage le reste à égalité entre Mourvèdre et Syrah. Le nez est encore sur la réserve et l’on ressent une présence affirmée en bouche avec une nette fermeté. Plénitude et harmonie en dépit d’une légère amertume qui ne choquera pas certains palais. 8,70 € départ cave.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Domaine de l’Arnesque

Propriétaire aussi en Châteauneuf-du-Pape au lieu-dit de L’Arnesque, le domaine possède un vignoble sur le Plan de Dieu avec des vignes que l’on peut qualifier de « vieilles ». Le seul domaine à présenter un 2011, j’avoue le trouver très évolué et sans grand intérêt. Prêt à la mise, on me présente le 2012 plus frais, d’une certaine densité s’achevant sur une finale peu enthousiaste. Proposé à 8,50 €, le vin est très Grenache (65%), complété par 20% de Syrah, 10% de Mourvèdre et 5% de Carignan.

Duvernay Vins Millésimes

Négociant à Châteauneuf-du-Pape, cette maison centenaire propose des vins sur presque tous les crus rhodaniens. Un seul Villages est sur la liste et c’est le très Grenache (75 %) Plan de Dieu que je goûte dans sa version 2012. Dès le nez on sent l’amour du travail bien fait. C’est copieux, dense et tannique avec des notes de cuir un peu « vert » qui réclame que ce vin séjourne encore quelques années en cave.

Domaine Lucien Tramier

Le plus beau 2012 goûté sur cette appellation : superbe éclat en bouche, beaucoup de densité, de fraîcheur et de gourmandise sans parler de tannins fort civilisés. Ce domaine de Jonquières privilégie les vieilles vignes de Grenache (70%) et de Syrah avec de longues macérations et un élevage de 10 mois en barriques. À 7 € départ cave, voilà une belle affaire !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Massif d’Uchaux, c’est chaud !

Les amateurs bien informés fondent beaucoup d’espoir dans cette appellation désormais bien établie depuis son décret paru en 2005. Situé au nord d’Orange et de Châteauneuf-du-Pape, le massif est en fait un îlot rocheux assez boisé composé de grès et de sables siliceux où la vigne s’étage jusqu’à 250 mètres d’altitude ce qui tempère un peu mon titre. Disons pour résumer que les vins sont souvent assez chaleureux, mais qu’heureusement l’altitude vient renforcer la matière en fraîcheur et en fruit. «Ici, le système racinaire est obligé de se frayer un passage, d’où une montée de sève très longue favorable à la concentration et à la minéralité», explique notre géologue Georges Truc, fervent lecteur des 5 du Vin.

Une vingtaine de domaines, dont certains très connus, occupe le territoire viticole en compagnie de trois caves coopératives, celles de Sérignan-du-Comtat, de Sainte-Cécile-les-Vignes et de Rochegude qui comptent pour un tiers de la production. Entre 250 et 300 ha de vignes sont concernées par l’appellation, mais le potentiel est estimé au double sur les communes vauclusiennes de Lagarde-Paréol, Mondragon, Piolenc, Sérignan-du-Comtat et Uchaux. Comme pour le Plan de Dieu, deux présidents veillent au grain, Arnaud Guichard et Éric Plumet.

Georges Truc et les deux présidents du Massif d'Uchaux. Photo©MichelSmith

Georges Truc et les deux présidents du Massif d’Uchaux. Photo©MichelSmith

Domaine Vincent et Dominique Baumet

Basé à Rochegude, les Baumet exploitent 35 ha dont la moitié va à la coopérative. Ils ne vinifient que 10 % de leur production en Massif d’Uchaux. Équilibré, un 2010 (55% Grenache, 40% Syrah, reste Carignan) se goûte sans difficulté associant fraîcheur discrète et souplesse de bon aloi. Un 2012 goûté en magnum se boit facilement et n’affiche pas réellement une grande idée de ce que l’on pourrait atteindre au sein d’un cru. Environ 14 € départ cave, 47 € pour le magnum, une cuvée spéciale.

Cave Les Coteaux du Rhône

Déjà cité plus haut pour son Plan de Dieu, la version Massif d’Uchaux de cette cave coopérative me déçoit une fois de plus. Il s’agit d’un 2013 Arbouse qui affiche pas mal de dureté en bouche ainsi qu’un manque de fond. La cave revendique la plus grosse production du Massif d’Uchaux avec 29 ha que se partagent ses adhérents.

Domaine Saint-Michel

Magali et Bertrand Nicolas sont entourés de pins, de chênes verts et de genêts sur un domaine planté de 20 ha de vignes, dont 4 ha consacrés au Massif d’Uchaux. Leur cuvée générique 2011, un tantinet rustique, se présente dans un registre simple et facile, sans charme particulier.

Domaine de la Guicharde

Sur Mondragon, ce domaine est certifié en biodynamie à partir du millésime 2013. En attendant, le 2012 Genest (2 ans d’élevage en cuve), 60% Grenache, Syrah pour le reste, offre une belle vivacité, de la densité et une matière chaleureuse. Ouvert la veille, le 2011 se fait plus facile d’approche. Environ 13 € départ cave.

Château Simian

Propriétaire à Câteauneuf-duPape, la famille Serguier possède 26 ha de vignes dont 4 ha en Massif d’Uchaux, sur Piolenc. Leur cuvée Jocundaz 2013, 70% Grenache complété par la Syrah, offre une belle densité en attaque, une puissance chaleureuse avec heureusement un fruité qui vient rafraîchir l’atmosphère et une impression de minéralité en finale. Un bel achat à 10 € la bouteille départ cave. Un autre 2013, cuvée La Louronne, vinifiée à partir de vieux Grenaches, est plus sur la complexité avec un nez composite (herbes sèches, tabac, menthe sauvage…), de la souplesse en bouche, beaucoup de chaleur, un beau développement et une finale sur le fruit cuit (15 €). Une valeur sûre.

Domaine La Cabotte

En biodynamie (certifié en 2007), également propriétaires en Châteauneuf-du-Pape, Marie-Pierre Plumet et son mari, Éric, vinifient 3 cuvées en Massif d’Uchaux. Goûtée en 2013, la cuvée Garance (50% Grenache, le reste partagé à égalité entre Syrah et Mourvèdre) annonce un grand vin. Nez poivré et truffé, bouche droite tout en étant envoûtante et chaleureuse, joli fond de fruit, harmonie, élégance et longueur, tout y est au prix de 12 € départ cave. Un peu plus chère (15 €), la cuvée Gabriel 2012, moitié Grenache, moitié Syrah (cette dernière éraflée), propose un nez sur la finesse et une bouche plus arrondie, plus grasse, avec une belle présence fruitée. On sent le vin bien assis sur son socle (ici de la lauze blanche calcaire) après un élevage de 16 mois dont un tiers en demi-muids d’occasion.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Domaine des 5 Sens

Basé à Rochegude, ce domaine de 50 ha met la totalité de son vin en bouteilles et ce qui est déclaré en Massif d’Uchaux représente 15% de sa production. La cuvée 2012 La Vue offre un assez joli nez épicé, mais le vin en bouche, en dépit de quelques tannins sympathiques et d’un fruité affirmé, n’en reste pas moins plutôt légère , voire simplette. Un peu plus de 10 € départ cave.

Château d’Hugues

Avec 6 ha en culture dite « raisonnée », la cuvée 2012 présentée par le chef de culture Grégory Payan affiche un nez assez minéral sur une robe pas très soutenue. Mais le vin est dense, serré, très puissant, très long en bouche aussi, avec des tannins bien présents. Le 2009, nez fin et légèrement fumé, offre de l’amplitude en bouche, de la fraîcheur, mais des tannins un peu secs en finale. Le 2004 est tendre, toujours bien marqué par le fruit et élégant sur toute la ligne !

Domaine Crôs de la Mûre

Entre Uchaux et Mondragon, Éric Michel, rejoint par sa sœur Myriam, cultive son domaine de 17 ha en biologie. Près de la moitié de la superficie est classée en Villages Massif d’Uchaux, donnant notamment un 2011 au nez fin et accrocheur, un peu austère en bouche, mais tout de même bien équilibré avec une finale en douceur où le fruit mûr ressort très bien. Élevé en cuve béton, il s’agit d’un assemblage aux trois quarts Grenache associé au Mourvèdre avec un peu de Syrah. 15 € départ cave.

Château Saint Estève d’Uchaux

En biologie depuis 2006, ce domaine s’étend sur 45 ha de vignes, dont près de la moitié classée en Massif d’Uchaux. Une cuvée « générique » à 60% Grenache (le reste en Syrah), se goûte bien en 2012 avec un joli nez fin de garrigue, une certaine souplesse et de petits tannins légers, sans oublier de la fraîcheur en finale et une bonne longueur (8,50 €). Une Grande Réserve 2011 (9,70 €), majorité Grenache avec 40% de Syrah est toujours dans le registre de la finesse au nez, de la densité et de la structure en bouche, un côté imposant contrecarré par une belle fraîcheur et de la longueur. Une autre cuvée Vieilles Vignes goûtée en 2011 et 2012, ne manque pas d’intérêt.

Domaine de la Renjarde

Propriété sœur du Château La Nerthe à Châteauneuf avec le Prieuré de Montezargues à Tavel, La Renjarde s’étend sur 54 hectares travaillés en bio. Le Villages Massif d’Uchaux 2012, commercialisé entre 8 et 9 € selon les sources, a été tirée à 120.000 exemplaires. La bouche est élancée, bien droite, laissant place à une superbe matière ponctuée de notes salines avec une légère amertume en finale et des tannins grillés.

Michel Smith

 

 

 

 

 

 

 

 


4 Commentaires

Death of Jean Germain, French Senator for Indre-et-Loire and ex-Mayor of Tours

Jean Germain @Benais June 2012.

Jean Germain @Benais June 2012.

Very sad to report the apparent suicide of Jean Germain this morning. He had been due to stand trial in the Chinese marriage affair starting this morning. In his farewell note Germain insisted that he had never taken even a centime of public money.

During our weekend in AC Bourgueil in June 2012, Les 5 met Germain briefly at Benais at a ceremony to launch a Conservatoire of plants. As part of the ceremony we each planted a vine.

Jean Germain was an ardent supporter of local viticulture.

Les5duVignes

Hervé planting his vine.

Hervé planting his vine.


10 Commentaires

2014 en primeur? No thanks I’ll lunch instead @Les Belles Caves (Tours)

Les Belles Caves

Les Belles Caves

Last week Les 5 gave a substantial sign our collective good sense – none of us were in Bordeaux for the annual en primeur madness.

Many acknowledge that late March/early April after the vintage is too early to assess wines that will not be bottled for around another 18 months. Furthermore there is little guarantee that the blends tasted this last week will be the final blend. Indeed it would be strange if the definitive blend was decided this early.

Despite these well-founded doubts thousands of merchants, consultants and journalists descended on Bordeaux to taste the 2014. Many will have spent the Easter weekend writing up the hundreds if not thousands of tasting notes they took aiming to publish as soon as possible. Tasting notes are always a snap shot but these notes on unfinished wines are even more transitory than usual.

With Robert Parker now opting out of tasting en primeur, there is an added incentive for leading critics signed up for the 2015 Parker Handicap Chase to get their notes out as early as possible to have a chance of moving up the pecking order.

Christian Seely of Pichon-Baron reported that over last week he had well over 2000 visitors at the château. Surely another insanity! All these merchants, journos rushing up and down the Médoc and across to Saint-Emilion – driving trying to keep up to their crowded appointment agenda. How many litres of fuel wasted in a week?

Anyone putting together a sensible programme would arrange for all of the en primeur wines to be tasted centrally in Bordeaux thus drastically curtailing the amount of driving. Of course this won’t happen. The reverse is the case with more and more châteaux opting to oblige tasters to make appointments to taste at the château. You can see why this is so attractive to the châteaux. Impossible to taste blind and an opportunity to impress with their new stunning tasting room, new cuverie etc.. No point splashing the cash if no one notices…

All this for an en primeur system that has recently served the ultimate consumer or investor badly as Will Lyons has shown in The Wall Street Journal. A process that has thinned people’s wallets as efficiently as a 24-year Bromley scamster:

‘Let’s run through the numbers. Figures from Liv-ex, the London International Vintners Exchange, show that Château Lafite Rothschild 2010 was released at a price of £12,000 for a case of 12 bottles. Today it is trading at £5,600—a loss of 53%, or £6,400.’ More here.

Instead of Bordeaux we opted instead to have Wednesday lunch to the fine Bistrot des Belles Caves in central Tours, one of Jacky and Joelle Blot’s businesses. In Touraine there are many three-course weekday lunches for between 10-12 €. Two courses at the Bistrot des Belles Caves costs 18€ with three-courses 24€. The difference being that the cooking at the Bistrot is very good with an amuse bouche included. Six euros more for fine dining. Not that a basic menu can’t be fun and good value. Rather that six euros moves the whole experience up a number a notches.. Furthermore the wine list is extensive and excellent – strong, of course, in the Loire but also Burgundy.

Bistrot 4 Bordeaux 0

The brilliant 2009 Vendanges Entires from Vincent Pinard.

The brilliant 2009 Vendanges Entières from Vincent Pinard.

The fine first course featuring an oeuf mollet

The fine first course featuring an oeuf mollet

Anita's salmon

Anita’s salmon

Chicken with spring vegetables

Chicken with spring vegetables

My very good entrecôte cooked just I ordered.

My very good entrecôte cooked just I ordered.

J-Elvis1


9 Commentaires

Rhône-sud : les Villages sur la voie du Cru (II)

Je ne sais pas ce qui nous prend à tous, aux 5 du Vin, mais depuis quelques mois nous sommes, semble-t-il, abonnés aux feuilletons, aux reportages fractionnés. Une chose est sûre, ce n’est pas par fainéantise : pour ne parler que de ma pomme (oui, même en vacances, je bosse…), que ce soit au retour d’une dégustation, d’un salon professionnel ou d’un reportage organisé, je m’aperçois que j’ai souvent énormément de choses à raconter. Bon signe, n’est-ce pas ? Signe que mon cerveau tourne rond (enfin, cela reste à voir…), que mon imagination bouillonne et que ma curiosité est loin de m’abandonner. Ce n’est pas pour dire du mal, mais j’ai quelques difficultés à trouver sur la sacro sainte blogosphère pinardière des blogs aussi riches et variés que le nôtre ! Espérons aussi au passage que le site officiel Vins-Rhône.com que je vous recommandais la semaine dernière et qui, à y regarder de plus près, consacre un article aux blogs « influenceurs » du vin, daignera rajouter les 5 parmi sa liste !

Sun un pont d'Avignon... Photo©MichelSmith

Sur un pont d’Avignon… Photo©MichelSmith

À titre d’exemple, je me souviens que lorsque j’étais allé faire une excursion en Toscane, l’an dernier, je m’étais fixé comme règle de ne m’intéresser qu’au seul cépage Sangiovese. Il se trouve que j’ai ramené dans ma besace de quoi alimenter ma part de blog sur 4 jeudis de suite ! Si vous en avez le courage, ça commençait ici. Avec les Côtes du Rhône Villages « suivis d’une mention géographique » (rappelez-vous, je vous briefais sur le sujet jeudi dernier), je compte bien vous tenir en haleine un bon moment, même si, dans l’ensemble, il s’agira de dégustations qui, je l’espère, ne seront pas trop barbantes à lire. Avant d’aller plus loin, il est bon de savoir que, pour l’heure, ces appellations récentes ne concernent que des vins rouges.

Châteauneuf-de-Gadagne. Photo©DanielMariotte

Châteauneuf-de-Gadagne. Photo©DanielMariotte

Commençons ce tour d’horizon par Gadagne, entre Rhône et Durance

Sur la rive gauche du Rhône, Gadagne est la plus récente et la plus modeste de ces nouvelles appellations dont certaines ont 10 ans. Tout part d’un village perché au sud-est d’Avignon, territoire historique que celui des félibres, qui fut d’abord classée Côtes du Rhône en 1937, puis Côtes du Rhône Villages en 1997 avant d’être consacré « presque cru » (appellation dont j’ai la primeur) en 2012. Pour la petite histoire, il eut été logique de lui donner le nom de Châteauneuf-de-Gadagne, puisque tel est son nom en réalité. Or, c’était sans compter sur la réticence des vignerons de Châteauneuf-du-Pape qui firent pression – du moins c’est ce que l’on raconte – pour que cette mention de Châteauneuf soit abandonnée au profit du simple nom de Gadagne. Il en allait de la confusion que le consommateur forcément tête en l’air aurait pu ne pas manquer de faire avec le célébrissime cru papal ! En plus de Châteauneuf-de-Gadagne, quatre communes vauclusiennes peuvent revendiquer l’AOP : Caumont-sur-Durance, Morères-lès-Avignon, Saint-Saturnin-lès-Avignon et Vedène. Les vignes sont situées sur un plateau couvert de galets roulés sur une superficie assez modeste : 34 ha. Ce qui explique qu’il n’y avait que trois exposants de ce cru lors du dernier salon Découvertes en Vallée du Rhône. Or, par étourderie, et je m’en excuse auprès d’eux, quelque peu dérouté par la diversité des lieux préposés à la dégustation, je n’ai finalement dégusté qu’un seul domaine.

Basé à Jonquerettes, présent sur Vacqueyras et Châteauneuf-du-Pape, le domaine qui vinifie des nombreuses cuvées en Côtes du Rhône, dont un excellent pur Grenache, n’en dédie qu’une seule au Gadagne : un Villages 2013 élevé un an en cuve, très marqué par la Syrah âgée de 45 ans (85 %), le reste étant composé d’autres cépages (un peu de Viognier…), franc mais rond en attaque, riche en matière et assez persistant en bouche. Une valeur sûre à 8,10 € la bouteille départ cave.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Puis par le prometteur Puyméras, au pied du Ventoux

Le plus à l’est des « villages crus », dans un paysage accidenté, Puyméras, un village attachant un peu à l’écart des grands circuits touristiques, prête son nom pour la cause du vin à quatre autres communes voisines posées à cheval sur deux départements, la Drôme et le Vaucluse : Faucon, Mérindol-les-Oliviers, Mollans-sur-Ouvèze, Saint-Romain. Les vignes qui se partagent le paysage avec les oliveraies et les champs de lavande occupent des terrasses assez sableuses et caillouteuses sur des terres rouges où l’on note la présence du calcaire. Classées Villages depuis 1979, puis Villages avec mention en 2005, les vignes (majorité de Grenache noir, entre 220 et 600 mètres d’altitude), profitent pleinement des températures nocturnes fraîches qui sont les bienvenues en été et qui donnent des vins très équilibrés. Pour le moment, environ 130 ha sont concernés par l’appellation et seuls deux domaines avaient fait le déplacement sur Avignon.

La cave coopérative de Puyméras compte 235 adhérents qui travaillent sur 1200 ha de vignes dont 120 sur la commune. Tout n’est pas encore déclaré en Puyméras, mais on trouve tout de même trois cuvées de bons rapports qualité-prix arborant l’appellation. La cuvée Comtesse (60% Grenache, le reste en Syrah) offre simplicité et souplesse avec juste ce qu’il faut de corpulence pour une viande grillée (5,60 €) ; pour 20 centimes de plus, la cuvée Chasseur, dominée par la Syrah (90 %), est dense et structurée, marquée par d’aimables tannins ; entre les deux (5,70 €), ma préférence va à la cuvée bio (10% des vins de la cave sont certifiés bio) au joli nez de garrigue (Grenache à 60%, reste en Syrah), à la fois dense et souple en bouche, ce qui n’empêche pas une certaine structure et des tannins agréablement frais.

  • Domaine Bernard

Basé à Saint-Romain, à 3 km de Vaison-la-Romaine sur la route de Nyons ce domaine livre la production de 35 ha à la cave précédemment citée. Sur les 5 ha restant, Ludovic Bernard travaille deux cuvées en Puyméras : l’une en 2012 (80% Grenache) livre un nez fin de garrigue et d’épices sur une bouche ronde et gracieuse, souple mais copieuse, marqués par de sympathiques et fins tannins en finale (7 €) ; l’autre en 2010, baptisée Augustin (le grand-père de Ludovic), est toujours majoritairement Grenache, mais elle est agrémentée par 20% de Syrah et 15% de Carignan. Une grosse partie de l’assemblage passe un an en barrique de deux vins. Cela donne un nez chaleureux au possible, très garrigue (laurier, romarin), une belle densité, beaucoup de précision aussi avec une finale marquée par le fruit rouge (cerise), le tout pour un prix délicieux : 9 €.

La semaine prochaine, nous irons du côté du Plan de Dieu et du Massif d’Uchaux pour finir, par un dernier article, sur les galets roulés de Signargues, dans le Gard.

Michel Smith

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 12 618 autres abonnés