Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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L’approche angevine du salon des vins…

Je me jette à la suite de la réflexion de Michel, hier, à propos des salons off qui nous voient faire des kilomètres qui n’en valent pas toujours la peine. À Angers, le salon des vins de Loire accueillait « La Levée de la Loire », comme l’an dernier; s’y est ajouté cette année Demeter. Du coup, les vins ligériens se voient affublés de quelques étrangers à leur région, étrangers qui viennent parfois d’outre Atlantique. De plus, et là au sein même du salon, quelques stands de bières régionales ont fleuri pour la plus grande joie de nos papilles fatiguées en fin de journée.

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Ça remonte

Du coup, le nombre de visiteurs, en baisse chronique ces dernières années affiche une petite remontée. Certes, elle n’est que de 3% enregistré de ce côté-ci de la force, mais atteste d’un regain d’intérêt pour les vins élaborés le long du fleuve. N’oublions pas que tous les bios ne sont pas regroupés comme des pestiférés tout au bout du salon, mais qu’ils s’éparpillent parmi leurs confrères. Une certaine bonne humeur régnait des deux côtés de la force (on se fait scanner à chaque passage entre le Salon des Vins de Loire et la partie réservée à La Levée et Demeter) ce qui semble de bonne augure pour ce rendez-vous bientôt trentenaire.

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De gros à petit et inversement

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Une bulle en guise de mise en bouche semble propice à l’activation optimale des papilles. La nouvelle cuvée L’Essentiel de la Maison Ackerman s’est volontiers prêtée à l’expérience. Faite à 90% de Chenin, elle offre un bouche aérienne où explose avec raffinement les bulles rafraîchissante. Citron, un rien de pêche, une étoile de carambole viennent parfumer le palais aux aguets des moindres sensations.

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Restons en blanc, mais tranquille cette fois, avec la cuvée L’ocre jeanne 2014 du Domaine Brazilier, en Coteaux du Vendômois. Élevé sur lies et non sulfité, ce 100% Chenin de teinte légèrement dorée se déploie ample et confit rafraîchit par une amertume délicate qui s’enroule autour du squelette minéral.

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Passons aux rouges et pourquoi pas un trio de Bourgueil recueillis des deux côtés… Tout d’abord la très élégante Cuvée Prestige 2013 de Lamé Delisle Boucard au touché sensuel, parfumée de chocolat épicé et de gelées de fruits, fraîche et gourmande.
Suivi d’Un Coup de Breton (l’ancien nom du Cabernet Franc) 2013 d’Antoine et François Jamet à la confiture de griotte bien poivrée, à la bouche aérienne comme un coup de vent sur l’estran, aux senteurs florales de violette.
Puis encore, la Conversation 2014 du Domaine Ansodèle (ex Domaine d’El..) conversation particulière d’un vin qui dévoile sans rougir son potentiel et les prémices des fleurs et fruits à venir…

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D’un trio à l’autre, les bulles de cépages ligériens, le Melon traduit en Bretesche, un brut nature élaboré par Jérémie Huchet, iodé comme l’océan, à l’anis et la réglisse rafraîchissants, un zeste de citron qui donne du répondant.
L’incroyable phil’en BULLE fait de Romorantin par Philippe Tessier qui offre une impression tannique qui ajoute au relief délivré par les bulles aromatiques aux accents de guimauve, de mélisse et de poire douce.
Le coquin Déshabille-moi un nature qui fristouille comme l’indique Hervé Bossé et qui croque fruité sous la dent comme un Grolleau frais et fruité sait le faire.

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Pour terminer avec la Loire ne partons pas sans un mot pour ce superbe Les Churettes 2014 de Juchepies, le genre de vin qui arrête les conversations tellement ses amers surprennent. Ils peuplent le vin lovés parmi la douceur, 40 grammes d’onctuosité fraîche qui offre une texture langoureuse, des épices et des fruits à l’infini. Il subjugue qui le déguste.

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J’en ai profité pour déguster un grec nature 100% Xinomavro de Naoussa 2013 du Domaine Thymiopoulos, bien sympa au fruité évident qui met la cerise, la prunelle et la violette bien en évidence.
Un grec exilé à Mendoza en Argentine propose un Malbec de soif, la cuvée Fresh de Doña Silvana 2014 Bodegas Krontiras.
Et puis, il y a les importateurs Brill et Gilis, situés aux abords de Tour à Saint Cyr sur Loire, qui fournissent pour l’instant le circuit professionnel en superbes vins allemands, autrichiens et italiens.

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Revenons en France avec la cuvée Les Nouvelles 2014, un Savagnin agréablement typé de Philippe Chatillon.
La Cabotte en Massif d’Uchaux qui m’a fait déguster le même vin de Clairette, la Sauvageonne 2014, vinifié en amphore de 220 litres et en barriques de 224 litres. Le premier fondu, dynamique et frais, déjà bien harmonieux, le second certes équilibré mais encore dissocié avec une acidité partiellement intégrée.

Bref, il y avait de quoi faire et comme dit au début final écumante avec quelques bières de belles factures la blonde La Culotte des Filles de la Brasserie Le Druide de Boisillier bien malté et à l’amertume douce. La Galinette, une de caractère.
La belle gamme de la Brasserie Trompe Souris où la rousse bio sort du lot grâce à sa fraîcheur, sa longueur, ses épices.

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Que nous réserve le Salon l’année prochaine ?

Ciao

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Marco

pharebleu


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Millésime Bio 2016 (2ème volet) : Au top !

Après des années de bons et loyaux services où durant trois jours pleins (bien plus en comptant les autres salons) je risquais ma santé en m’adonnant à toutes les dégustations possibles et (in)imaginables, y compris les plus exécrables, ceci dans le seul but de découvrir des vins bios qui aujourd’hui connaissent la gloire, j’ai quand même consenti à consacrer une petite journée au Salon Millésimes Bio version 2016 qui attirait pléthore d’exposants rendant aujourd’hui l’efficacité de la visite de plus en plus aléatoire ainsi que le souligne ce court billet pêché dans Vitisphère. Je le déplore et pour ma part, cela fait quelques années que j’agite le chiffon rouge. N’ignorant pas que mon ressenti professionnel ne touche personne d’autre que moi-même, je m’autoriserai toutefois en fin d’article à suggérer quelques pistes forcément naïves qui permettraient peut-être de pimenter un peu plus l’intérêt d’un tel salon tout en ravivant la flamme organique.

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Toujours est-il qu’après mes rouspétances de l’an dernier à pareille époque, je me suis lancé dans la quête désespérée de salons dits off où, je dois l’avouer, les choses ne sont pas toujours faîtes pour que l’on puisse déguster au mieux. J’avais déjà donné (Verchant, Roots 66, Les Affranchis, etc) mais il faut croire que j’étais en manque. Cohues, bousculades, personnages suffisants en mal de grands discours sur le commerce du vin ou les bienfaits des vins sans intrants, seaux débordants de crachats, odeurs pestilentielles mélangeant parfums bradés et tabacs de contrebande, force est de constater une fois de plus que la plupart des gens qui viennent se frotter et se bousculer dans ce genre d’événements au rabais lancés à grands coups de buzz sur les réseaux sociaux, sont là non pour travailler, c’est-à-dire goûter chaque vin et prendre des notes, mais pour se battre et tenter d’arracher quelques goutes d’un précieux liquide-miroir-aux-alouettes dispensé par la main d’un gars qui se dit vigneron parce qu’il a plongé un jour dans la mode du sans soufre. Voilà, c’est dit. Certes, le vigneron paie moins cher qu’une exposition sur 3 jours au salon officiel – Millésime Bio, en l’occurrence -, mais que gagne-t-il au final hormis le plaisir que l’on éprouve (peut-être) à déboucher une trentaine de bouteilles pour des boit-sans-soifs que l’on sert à la chaîne et qui vous promettent au passage monts et merveilles ? La satisfaction d’attirer cent ou deux cent personnes dans des conditions parfois rocambolesques ?

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Bien sûr, face à ce tableau bien noir et forcément exagéré, il y avait des exceptions. Quelques rares moments de grâce, de paix et d’organisation qui suffisent à vous dire que vous ne vous êtes pas déplacés pour rien. À l’image des Outsiders de Louise Hurren ou du Salon Biotop lancé depuis quelques années déjà par Isabelle Jomain, laquelle a eu l’idée d’attirer les amateurs au sommet d’un phare-château-d’eau édifié dans la très hideuse (ou très kitch, selon les goûts) station balnéaire de Palavas-les-Flots, à quelques kilomètres à peine de l’aéroport et du centre des expositions de Montpellier où se tenait Millésime Bio. Justement, j’y suis allé.

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Photo©MichelSmith

Autant le dire tout de suite, sur la cinquantaine de domaines occupant le restaurant du Phare de la Méditerranée, je n’ai pu en goûter que quelques uns, ce qui prouve bien que ce n’est pas en une journée que l’on peut sérieusement faire le tour d’un salon de ce type. Je reprends donc pour vous mes notes les plus significatives en commençant, une fois n’est pas de coutume, par le Bordelais. J’ai renoué en effet avec le Côtes de Bourg du Château Falfas que je n’avais pas goûté depuis 10 ans au moins et si je n’ai pas été séduit par les cuvées Les Demoiselles, j’ai néanmoins aimé le rouge 2011 du château qui, fort de ses quatre cépages, était en plein épanouissement, à la fois complexe, au bord de l’évolution et relativement facile d’approche. Idem, en dépit des tannins marqués, avec le Château Gombaude-Guillot 2011 Clos Plince. Mais le plus beau sans conteste était le Pomerol 2008 en magnum de ce même domaine, un vin dense et fier.

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Photo©Brigitte Clément

Dans le Sud, j’ai aimé le très syrah rosé 2014 du Domaine Les Arabesques à Montner (Roussillon) déclaré en Vin de France que j’ai trouvé vif et élancé. Chez le sieur Padié (Jean-Phi pour les intimes), j’ai vécu une fois de plus la joie immense que procure son Calice 2015 également estampillé Vin de France, un rouge libre et sans complexe entièrement dédié au carignan de Calce. Joie aussi, exprimée non sans détermination au travers de toutes les cuvées du Domaine Rousselin, à Lesquerde. À commencer par un rouge Roc’n Rousselin (du nom des propriétaires), grenache, merlot, macabeu, qui se boit presque sans retenue. Tout comme leur Rendez-vous, une syrah bien en verve, dense, large, souriante. Sans oublier leur Côtes-du-Roussillon-Villages Lesquerde 2014 Les Orientales donnant un rouge envoûtant.

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Laurence Rousselin (Photo©Brigitte Clément)

Trop brève incursion en Touraine, au stand de mes amis Coralie et Damien Delécheneau du Domaine La Grange Tiphaine. À commencer par leur Bécarre, un Amboise de pur cabernet franc qui se lampe comme l’on respire ! Et sans oublier la Clef de Sol (cabernet-franc et côt) 2014 assez ferme en bouche mais dotée d’une belle longueur. Quant au Nouveau Nez, c’est un pet’nat pur et fin qui met une fois de plus Montlouis à l’honneur ! Toujours dans la Loire, quel plaisir de retrouver mes amis du Domaine de Veilloux, Michel et Arnaud Quenioux avec leur Cheverny blanc 2014 Les Veilleurs, toujours aussi vif et incisif, dense et salin. Leur Argilo blanc 2011 est un des plus beaux du secteur et il laisse ressortir de jolies notes évoquant le noyau de pêche et d’autres fruits blancs. Sans oublier le romorantin 2014 qui regorge de finesse et de notes fumées.

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Photo©Brigitte Clément

Les vins de Provence étaient en nombre, mais dans la cohue, je n’ai pu m’approcher que de ceux de l’ami Peter Fischer du Château Revelette. Deux surprises de taille : l’ugni blanc 2015 Pur et le rosé 2014 tout en carignan ! En passant, coup d’oeil vers le Beaujolais. Je me suis régalé du Petit Poquelin du Domaine des Côtes de la Molière, gamay 2015 étiqueté Vin de France. Mais leurs crus Moulin à Vent, Fleurie et Morgon ne m’ont guère enthousiasmé en 2015 bien que le fruité me semblait apparent sur les deux derniers. Un soupçon de déception aussi en Champagne, chez les Fleury, outre une excellente cuvée de pur pinot noir et un brut nature Cuvée de l’Europe (15 % de chardonnay) toujours aussi droit et prenant.

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Photo©MichelSmith

Restons donc dans les bulles avec une fascinante et très catalane maison familiale, Alta Alella Privat. Les Pujol-Busquets, qui vivent dans leurs vignes à portée de vue de la Méditerranée, au cœur de la discrète D.O. Alella, sont parmi les rares (les seuls ?) à produire du Cava au nord de Barcelone. J’ai bien aimé l’éclat fruité de leur brut nature AA Privat 2013 (xarel-lo, macabeu, parellada), leur Bruant 2014, un pur xarel-lo vinifié sans surlfites à la fois vineux et crémeux, ainsi que leur Laietà Gran Reserva, un brut nature 2012 affichant 36 mois de vieillissement sur lattes et présenté dans un très joli flacon, réplique de ce qui se faisait jadis lorsque les blancs du coin étaient envoyés à la cour d’Espagne. Cette dernière cuvée, xarel-lo pour l’essentiel, mais avec un peu de chardonnay et de pinot noir, se goûtait avec beaucoup de sève et de longueur.

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Photo©Brigitte Clément

Voilà pour la partie dégustation. Maintenant, revenons sur l’épineuse question du salon Millésime Bio. Pas question de remettre en cause ici le succès déclaré de cet événement. Mais, compte tenu de la multiplicité des manifestations annexes qui viennent se greffer au salon officiel, nous sommes en droit de nous poser des questions sur son avenir. Un questionnement qui rejoint ici même celui de notre ami Jim Budd à propos du Salon des Vins de Loire.

Morceler et communiquer juste, ne serait-ce que pour avancer mieux ?

Attention, je prends bien soin, n’étant ni expert ni donneur de leçons, de faire de mon intertitre un questionnement. Mais le problème a été tant de fois abordé ici comme ailleurs, par moi comme par d’autres, qu’il me paraît utile pour une fois de faire quelques suggestions aux organisateurs du salon Millésime Bio. L’une serait, par exemple, de diviser le salon en trois parties correspondantes à trois halls d’expositions bien distincts. Le hall principal, celui par lequel les visiteurs entrent, serait consacré aux novices, c’est-à-dire aux vignerons récemment concernés par la bio, ceux qui auraient entre trois et dix années d’expériences en prenant en compte la date de leur certification officielle. Le hall suivant pourrait être affecté aux anciens, aux domaines ayant plus de dix années de pratique de l’agriculture biologique. Un dernier hall pourrait être réservé à ceux des vignerons qui pensent aller plus loin que la simple revendication AB, je pense aux biodynamistes par exemple, ou aux tenants bio du sans soufre ajouté.

Je sais le reproche que l’on ne manquera pas de me faire : cette partition risque de semer la zizanie dans le monde du bio. Mais après 40 ans d’observation, je constate 1) qu’il faut du temps pour être vraiment dans l’esprit bio et que la terre comme la plante ont aussi besoin de ce temps d’adaptation ; 2) que la biodynamie est véritablement un exercice à part, un courant qui, par moment et, selon les cas, s’éloigne vraiment de la simple culture bio ; 3) que les jeunes (ou les nouveaux) qui démarrent en bio n’ont pas toujours réalisé les efforts à fournir, mais qu’ils ont en revanche une besoin d’aide médiatique pour se faire connaître puisqu’ils viennent après leurs aînés qui, certes ont essuyé les plâtres bien avant eux, mais qui ont en revanche bénéficié à fond de la curiosité des médias face à ce qui, à l’époque, apparaissait alors comme étant une tendance novatrice dans le monde viticole. Pour le reste, Millésime Bio doit garder son esprit d’origine qui fait que l’on peut voisiner un grand nom de Bourgogne alors que l’on vient de Croatie ou de Cahors, et que l’année d’après, la place qui vous sera attribuée ne sera pas la même que celle d’avant.

Sur le plan de la communication, il me paraît essentiel d’accorder plus d’impact à l’événement, de lui donner plus d’éclat (mais sans esbroufe), que ce soit avec ou sans l’aide de la région Languedoc/Roussilon, de la mairie de Montpellier et de Sud de France. Plutôt que d’offrir le transport et une nuit d’hôtel à des prescripteurs que l’on invite en masse en misant sur une large participation d’ensemble, sans trop savoir d’où viennent les invités ni ce qu’ils font réellement, il me paraîtrait plus judicieux de sélectionner chaque année au sein de la presse en général (blogueurs, journalistes étrangers ou nationaux) une dizaine d’entre eux (voire plus) pour une semaine tous frais payés afin de les faire participer – un peu à l’instar de Vinitaly – à des jurys de dégustation ou à des projets de visites dans des appellations régionales, projets impliquant bien entendu la publication d’articles. Évidemment, ce groupe de journalistes changerait d’année en année et cela n’empêcherait nullement par ailleurs d’accueillir dignement d’autres prescripteurs, comme ceux de la presse régionale par exemple, ni de réinviter des journalistes ayant bénéficié quelques années avant des avantages précités.

Autre aspect régulièrement mis de côté : la quantité de vins présentés. Certains abusent et débarquent sur le salon avec une dizaine, parfois plus, d’échantillons de vins, dont beaucoup souvent imbuvables en cours d’élevage, tirés de la cuve ou de la barrique. Ainsi, il arrive que l’on passe près d’une heure sur un domaine en passant du blanc très sec au jus de raisin muté, sans oublier les rosés, les pétillants et les vins rouges. Certes, je sais que c’est un salon d’affaires et qu’il vaut mieux, pour un vigneron ou un négociant, avoir le maximum de bouteilles pour avoir une chance de décrocher le marché miraculeux, mais enfin… Je pense qu’en limitant la présentation à 5 ou 6 vins par exposant on arriverait à plus de fluidité et de variété d’échantillons à goûter dans la journée.

Enfin, il est grand temps – et il me semble que c’est le cas, même si je n’ai pas lu les statuts – que les organisateurs de Millésime Bio refusent clairement l’inscription de domaines qui participent par ailleurs à une manifestation off. Grand temps aussi que les dits organisateurs mettent sur pieds une grande table ronde à laquelle serait conviée les représentants du salon officiel et ceux des dégustations off afin d’avoir une discussion sur l’éventualité d’un regroupement au sein de l’enceinte du centre des expositions de Montpellier. Grand temps enfin que les journalistes et acheteurs invités par Millésime Bio signent l’engagement de ne pas participer aux autres salons organisés en parallèle durant cette période dans et autour de Montpellier.

Michel Smith


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Some echoes from 30th Salon des Vins de Loire

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The First Salon des Vins de Loire was in 1987 and to date it hasn’t missed a year not even after the terrible frost of April 1991. Despite some voices saying that it should be called off the 1992 edition went ahead. My first Salon was in January 1990 and I have been to every edition since.

The biggest threat the Salon now faces is Prowein, which has grown enormously over the last decade and a number of significant producers have decided to opt for the Dusseldorf and miss the Loire Salon. Late in the day the organisers of the Salon found a place and a formula for organic La Levée de la Loire last year. This year they have added a Demeter (biodynamic) fair as well. My impression from the first day (Monday) is that this edition is busier than last year but we need to see what Tuesday will bring.

Muscadet in danger:
Can I taste your Melon-Colombard Muscadet blend please?
If you want to upset a top quality Muscadet producer, this or a variant of the same, is the question to ask.

There is now a serious likelihood that in the next couple of years that producers will be allowed to add Colombard, Chardonnay and possibly other varieties to Melon de Bourgogne in the making straight Muscadet. For the moment this will not be allowed for the zonal Muscadets – Sèvre-et-Maine, Côtes de Grandlieu and Coteaux de la Loire or the cru communaux – but we all know about ‘mission creep’.

Many of the top Muscadet producers, like Vincent Caillé, the Luneau-Papins, Joseph Landron, Eric Chavalier, Gilbert Bossard and others, are vehemently opposed to allowing other grape varieties to be used for Muscadet.

However, I talked yesterday to Bernard Jakob,the directeur général of Ackerman. He is in favour of the change as providing a way of saving those producers who are struggling in the Pays Nantais. Bernard quoted the vote by a substantial majority of the vignerons in favour of the change.

When I pointed out that if producers wanted to blend other varieties to Melon it was already perfectly possible to do so and sell this as an IGP or a Vin de France. Bernard replied that producers wanted to be able to keep using the Muscadet name.

I have to say that I have little sympathy with this move to add new varieties to the Melon de Bourgogne for Muscadet. Even, if the change, is strictly limited to straight Muscadet it is all too likely to undermine the image of all Muscadet just at the moment that the qualities of good Muscadet – and there are now some very good Muscadets – are being rediscovered. Currently top Muscadet is easily among the best bargains to be found in the wine world, so why threaten to potentially destroy all the good work that has been done by conscientious producers to produce excellent wines and raise the appellations image.

The idea that producers want to be able to add new varieties while keeping the Muscadet name is deeply dubious. Just suppose that I have vines in the Clos de Vougeot or Chambertin and I wanted to include some Gamay or Syrah along with my Pinot Noir while keeping the appellation, I doubt if I would get a very sympathetic hearing.

It would be very interesting to know more about the background to the vote by producers to allow other varieties like Colombard in Muscadet.

Furthermore is the addition of Colombard or other varieties really going to save struggling producers? Muscadet-sur-Colombard will surely be sold to supermarkets at a basement price in competition with the Côtes de Gascogne, cheap wines from the Midi as well as places like Australia, Chile and Argentina. Dealing with aggressive supermarkets is unlikely to provide salvation for struggling growers as the recent report into Tesco’s habitual policy of screwing its producers to improve its bottom line only too clearly demonstrates – see here and here.

It is all too likely that if the change goes through there will soon be pressure to increase the permitted yields for Muscadet very substantially because producers in the Pays Nantais cannot compete with IGP Côtes de Gascogne and cheap whites from other countries. May be producers will again be asked to vote on keeping yields as they are at 65hl/ha or increase them to 80 hl/ha, 100 hl/ha or 150 hl/ha…

I fear if this change goes through it is all too likely to be catastrophic for the Muscadet appellations. While I have sympathy for struggling producers they should be looking to IGP or vin de France rather than bastardising Muscadet.

Other brief echoes
Ludo and Sophie Ragot
have sold their fine Café de la Promenade in Bourgueil with the new owners taking over in March.

Having handed over the Château de Tracy (Pouilly-Fumé) vineyards to his sisters, Comte Henry d’Assay has set up a négociant business – SAS Comte Henry d’Assay.

After some 20 years this is expected to be the last Salon des Vins de Loire that Gérard Pelletier will be welcoming vignerons, importers and press to his excellent restaurant – Le Relais. At the age of 62 Gérard has decided to embark on a second life. Thank you Gérard and we wish you a long and enjoyable retirement.

 

Buddhaas

 

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Millésime Bio : Carignan/Grenache, la confrontation

À l’occasion du désormais très vaste et très international salon Millésime Bio, qui se tient chaque année en Janvier, à Montpellier, la capitale du Languedoc vibre de multiples fêtes pour l’heure toutes aussi modestes et joyeuses. Le Beaujolais bio – j’en reparlerai – faisait sa fiesta dans une ambiance du tonnerre, la Vallée du Rhône n’était pas en reste, les différents courants de la biosphère non plus répartis en autant de salons « off » plus ou moins prisés à l’instar de ce très réussi salon des Outsiders réunissant pour la première fois des vignerons étrangers au Languedoc épris par cette région au point de s’y installer. Mais pour changer des années précédentes, cette année j’ai choisi de m’arrêter sur quelques événements plus ou moins importants organisés en marge du plus gros des salons consacrés aux vins que compte la planète bio.

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Ce premier article a son importance car il met en scène deux associations qui me tiennent à cœur : la Grenache Association d’un côté, animée magistralement par sa grande et savoyarde prêtresse Marlène Angelloz, dite Marlène Fan de Grenache sur les réseaux sociaux ; et Carignan Renaissance de l’autre, présidée par le talentueux œnologue germano-languedocien Sebastian Nickel. Les deux associations n’ont d’autres objectifs communs que de déclencher l’intérêt des amateurs de vins envers ces deux cépages hautement représentés dans notre grand Sud et même sous d’autres cieux plus ou moins lointains. J’en ai déjà parlé ici même, lors d’une première rencontre amicale dite battle qui n’a de bataille que le nom et dont la vocation n’a qu’une simple mission : confronter les défenseurs des deux cépages dans une atmosphère plutôt joyeuse.

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Sebastian et Marlène, les instigateurs de la battle !

Cette fois la rencontre avait lieu en plein cœur de l’Écusson, autrement dit le vieux Montpellier, dans les murs historiques de la Salle Pétrarque. Il y avait là un monde fou, amateurs, sommeliers et journalistes curieux, attirés par l’aspect inhabituel que pouvait présenter une telle dégustation. Pouvoir en effet passer d’un domaine présentant sa cuvée de grenache pur à un autre fier de faire goûter son carignan de vignes centenaires, sans oublier la surprise de tomber sur un vigneron armé à la fois d’un grenache blanc et d’un carignan vinifié en rosé, rendait l’exercice de la prise de notes, même parfois dans la bousculade, encore plus excitant. Je me suis régalé !

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Pour ma part, en dehors des vins que je connais bien (Stella Nova, Bertrand-Berger, Calavon, L’Anehl, Rimbert, Mas Mellet, Vaquer, Sainte-Croix, Clos du Gravillas, Plan de L’Homme, Leconte des Floris, Treloar, Rémi Jaillet, etc), domaines sur lesquels on peut retrouver quelques commentaires passés en inscrivant leurs noms sur notre moteur de recherche, j’ai été très agréablement surpris par la pureté d’un Faugères 2011 carignanisé, pour ne pas dire fortement inspiré par le carignan sur sol de schiste, celui du Mas des Capitelles. La cuvée Loris de ce domaine révélait un rouge, extraordinaire de pureté et de finesse.

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Dirk, amoureux fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Autre surprise, cette fois avec Hubert Valayer, un vigneron-trufficulteur de la Drôme, plus particulièrement du terroir de Vinsobres où il dirige avec son frère Denis le Domaine de Deurre. Rehaussé de 30 % de mourvèdre, son très carignan Vinsobres 2015 s’annonce comme étant une superbe affaire. Le belge Dirk Vermeersch, quant à lui, a fait sensation avec ses deux cuvées vinifiées en Vin de France. La (grenache) GT-G 2010 était d’une longueur étonnante, tandis que la (carignan) GT-C séduisait par sa maturité et ses notes grillées. De son côté, Peter Fischer, du Château Revelette, dans le haut pays d’Aix-en-Provence, fait toujours sensation avec sa série de Pur déclinée en rouges dans les deux cépages qui nous intéressent et donnant à chaque fois des vins ouverts et plutôt faciles d’approche, pleins d’esprit et de fruit. En profiter au passage pour goûter son blanc dédié à un autre cépage, l’ugni blanc.

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Retour au Languedoc avec Brigitte Chevalier du Domaine de Cébène qui nous gratifie d’un savoureux et sensuel grenache Ex Arena 2013 tout en fraîcheur et salinité issu de vignes plantées sur un sol du Villafranchien. Ne pas manquer non plus son remarquable et très élégant Faugères Belle Lurette 2014 bien inspiré par les vieilles vignes de carignan sur schiste. Côté Roussillon, l’ami Julien, du Domaine Amistat, m’a une fois de plus charmé avec son grenache 2013 tout en sève, riche de matière et de jovialité au point que l’on ne cessait de vouloir remplir son verre !

La semaine prochaine, toujours dans le cadre de Millésime Bio, je proposerai une promenade dans le Beaujolais avec quelques gamays d’anthologie !

Michel Smith

 


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Organically Montpellier

 MillyBio16

It’s that time of year again – off to Montpellier for Millésime Bio and then to Angers for the Salon des Vins de Loire and the various off events.

As is now my custom I took the Eurostar from London and then the TGV from Paris arriving in Montpellier just after 5.30 pm. Plenty of time to settle into my hotel – Colisée-Verdun, very close to the station.

 That evening following a friend’s recommendation at Sicilia, a busy, popular and well-run Italian pizzeria and restaurant in the old part of Montpellier. I enjoyed a starter of grilled vegetables and then an escalope milanese cooked in a Sicilian style with pasta Stromboli, which needed the powerful Pic St Loup that I had ordered. 

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2014 Haut-Lirou, Pic Saint-Loup 

On Sunday I took a long relaxed walk through the older parts of Montpellier – carefully avoiding the souless Antigone area. There was a striking contrast between the lively Arab quarter of Figuerolles where most of the shops were open, a bustling street market piled high with oranges, aubergines etc. along with crowds of men clustered around the cafés and the quiet of the old quarter above the Place de la Comédie.

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In the early evening it was off to the now well established Outsiders’s tasting where I met up with Michel Smith. This tasting is always interesting although this year I found a number of the reds just too heavy, tannic and lacking finesse for the moment. Amongst my favourites were a 100% Mauzac and 100% Chenin from Château Rives-Blanques, Limoux. I also liked their delicately sweet 2012 Lagremac d’Aur, which was picked in the first week of November. This was one of the rare years when they had botrytis.

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Michel hard @work 

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Caryl Panman – Château Rives-Blanques

Once we had finished tasting we dropped down the road to Amuse Vin, a friendly wine bar with an interesting list of wines and some OK food. We started with the weighty 2014 Cuvée Tradition, Coteaux du Languedoc from Mas Brunet – a blend of Roussanne, Vermentino and Viognier.

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We then moved onto a couple of reds: 2014 La Pierre Plantée, Saint-Chinian, Les Eminades. Unfortunately I forgot to take a picture of the second one, so will have to add the details later. We must have been chatting too much!

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All in all an excellent and relaxed preparation for Millésime Bio, which has now grown to around 900 producers and there is still a waiting list, which suggests that organic wine is still in fairly rude health.

Loire echoes from Millésime Bio
Antoine Foucault will take over Clos Rougeard
Romain Guibeteau told me that following the very sad death of Charly Foucault right at the end of last year, Nady wants to hand over to Antoine, Charly and Françoise’s son, as soon as possible and retire while assisting Antoine. Romain explained that for Nady Rougeard was always he and Charly together and now it is not the same to run Clos Rougeard by himself.

Muscadet sur Chardonnay?
Apparently there is a move to widen the choice of grapes to make Muscadet. Vincent Caillé tells me that the reason it is taking so long to finalise the four additional Cru Communaux is that the whole Muscadet dossier is being looked at again. Some of the large négociant firms want to be able to make Muscadet not just from Melon de Bourgogne but from other grapes like Colombard, Sauvignon, Chardonnay etc to make Muscadet more aromatic and easier to shift large volumes through the supermarkets at low prices.

The irony is that after years in the wilderness Muscadet is now becoming more appreciated for its current quality and value. As it stands there is nothing to stop producers selling blend of Melon de Bourgogne with other more aromatic varieties and sell it as an IGP or Vin de France. No need to bastardise the Muscadet appellation!

Next week more on Millésime Bio

JIM BUDD

J-ElvisCUss


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Bordeaux oui, mais « primeurs » non.

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Je ne déguste plus les centaines d’échantillons (trop précocement) préparés pour les Primeurs par des producteurs de Bordeaux depuis l’édition consacrée au millésime 2005. Cela fera donc bientôt 10 ans. La première de mes raisons est que je ne crois plus à l’intérêt de ce système de « prévente payée » pour le consommateur. La deuxième est que je ne crois plus en un lien fiable entre les échantillons présentées et les vins qui seront mis en bouteille 12 à 18 mois plus tard, après plusieurs tests et après avoir vu une propriétaire faire changer un échantillon de son vin quant elle voyait les visages des dégustateurs ayant tâté de la première version!  Enfin, j’ai constaté qu’un nombre croissant de châteaux refusait de soumettre leurs échantillons à la dégustation à l’aveugle, induisant pour nous les journalistes une tournée infernale, consommatrice de carburant et de temps, sans parler d’une mise en condition inévitable quand on doit aller dans le chai en question pour goûter l’échantillon et entendre les discours des responsables en même temps.

Je sais que je ne suis pas seul dans le domaine des doutes quant à la fiabilité de ce procédé. Mon collègue Bernard Burtschy, qui retourne chaque année déguster les vins après leur mise en bouteille, a dit sa grande déception devant les écarts entre les échantillons qu’il avait notés pour le millésimes 2012 et 2013, et les versions en bouteille de bon nombre des mêmes vins.

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Les Primeurs, cette année, ce devrait être du sport…

 

Maintenant, j’apprends que pour la future séance qui portera sur le millésime 2015 et qui aura lieu début avril, l’Union des Grands Crus a pris la décision de regrouper les dégustations des vins de ses membres en un seul endroit et sur deux journées, et de ne plus proposer les vins en dégustation à l’aveugle. Je ne trouve rien à redire quant à la première partie de cette décision, mais la deuxième partie, qui va retirer toute semblance d’objectivité à cet exercice déjà difficile, est une énorme erreur à mes yeux. Regrouper les vins dans un seul lieu, c’est du bon sens, à condition que le lieu soit assez grand, ce qui est probablement le cas pour le nouveau stade de Bordeaux qui a été choisi. La consommation inutile de carburant devra donc baisser. Mais priver ceux qui le veulent de la possibilité de déguster à l’aveugle est choquant !

Je crois que Michel Bettane a déjà dit qu’il n’irait pas dans ces conditions et Jancis Robinson dit ceci sur son site ;

« But the change I most resent is that the UGC will no longer sanction blind tasting. I’m sure there has been lobbying from the shrinking but much-appreciated majority who do not insist on our visiting them to taste at the château. They presumably think that we penalise wines tasted blind. But this proposed change robs us of a major aspect of these primeurs tastings. I have discussed it with Michel Bettane, who said he would no longer participate in the UGC tastings if blind tasting (which he requested originally, I believe) were no longer permitted. Presumably all this will drive more and more media tasters into the hands of the large négociants who organise primeurs tastings in parallel with the UGC ones. Is this really what the UGC wants, I wonder? Perhaps it is no coincidence that these changes, unlikely to be welcomed with open arms, are being proposed for a vintage about which there has been as much hype as the 2015? »

Je crois qu’elle a raison. Elle a également organisé un sondage parmi ses nombreux lecteurs pour savoir s’ils pensent qu’une dégustation à l’aveugle était plus crédible qu’une dégustation à découverte. 78% ont voté pour la dégustation à l’aveugle.

Avec un peu de chance, d’autres critiques vont aussi déserter cette farce des Bordeaux Primeurs et le soufflé va enfin tomber. On peut toujours rêver !

Je refuse, en revanche, de verser dans le « Bordeaux bashing » adopté par certains. Il y a beaucoup d’excellents vins à Bordeaux (d’accord, pas en 2013 !). Et il y a beaucoup d’excellents et honnêtes producteurs, dont certains font des vins qui représentent les meilleurs rapports qualité/prix en France. Mais ce cirque des Primeurs doit cesser ou bien changer radicalement si les producteurs concernés veulent garder un semblant de crédibilité.

David Cobbold


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Into the bowels of King’s…

The fine 2010 Pinot Noir Brut from Camel Valley,
Cornwall, England 

Sunday was my dry January day ….

Not out of conviction mind you … nor was it the start of a dry second half of January with plenty of piousness on my part. January in the UK can be miserable enough without facing the grey elements 24/7 stone cold sober. 

No I was under medical orders as yesterday was Colonoscopy Day – an examination of the apparently endless corridors of my bowel. 

I make no apologies that this post barely mentions wine – that will be back next week probably on Millésime Bio – but, if it persuades a few of you to get a bowel cancer check before it is too late, it will have been worth it. 

My father was in his mid-60s when he was diagnosed with bowel cancer. He had an operation and fortunately the cancer was caught in time but not without later painful complications. He had delayed going to the doctor as my mother was ill at the time. Had he gone earlier …. who knows?

My partner’s family have been much less fortunate. On her mother’s side three of the family in that generation have died through bowel disease, while her mother had a successful operation for bowel cancer at the age 89.

Although I had no obvious symptoms, when I was around 60 I persuaded my GP and then the consultant at King’s College Hospital to put me forward for colonoscopy by citing my father’s cancer.

Yesterday was my third colonoscopy test – I got the all clear with an instruction to come back again in three year’s time. The two previous tests were also negative, although each time a few small polyps were removed but not today. Harmless at the time there is a possibility that these might have become cancerous if left. 

Back to dry Sunday. As the colonoscopy test involves the consultant inserting a small camera up through the anus and into the bowel, it has to be emptied before the test.          

Sunday breakfast consisted a small slice of naked rye bread – no butter or marmalade – and black coffee – no milk or milk products allowed. This was the last solid food I would be allowed until after the test with my appointment set for 1pm Monday. From early yesterday morning until 11am today I was urged to drink lots of liquids – water – still or fizzy, Bovril, tea or coffee without milk, clear soup, squash (not blackcurrant). 

At 6pm it was time to take the first sachet of Picolax – a strong laxative. It took just under two hours to start to work. I will spare you the details but suffice to say that it isn’t painful, unlike a dose of Montezuma’s or Joe Stalin’s Georgian revenge. 

I took the second sachet at 6am yesterday morning and continued to drink plenty of liquids until 11am when you have to stop if it’s an afternoon appointment. Obviously timings are different for a test in the morning. 

Yesterday’s colonoscopy was in the Hambleden Wing at King’s College Hospital – appropriately down in the bowels of the building. Although I was called through to get ready very soon after I arrived I had a considerable wait before my test, so taking my iPad with me paid off. I had plenty of time to get started on Rick Bragg’s very good Jerry Lee Lewis – his own story. Recommended if you are a fan of The Killer

I chose not to have sedation – I had it for my first colonoscopy but not the second. I remember experiencing a little discomfort from the second test – mainly the embarrassing sensation that I was about to fart involuntarily at the eminent consultant. Fortunately I didn’t!

For some reason I had a bit more discomfort this time with some spasms of pain, although the consultant was extremely competent. However, the test was soon over taking no more than 15-20 minutes. One of the advantages of declining sedation is that you are fully conscious to watch the screen and see the camera exploring the amazing pink corridors and chambers of your bowel.     

The other advantage of non-sedation is that you can leave almost immediately after you return to the recovery room, whereas with sedation you have to wait up to 45 minutes before the nurses agree that you can be discharged and go.  

Yesterday evening I banished my dry January with a glass of the excellent 2010 Pinot Noir from Camel Valley followed by a glass or so of 2010 Reserve Cabernet Franc AC Touraine from Château du Petit Thouars.   


Thanks to the NHS
My three colonoscopy tests, which have all been at King’s College Hospital in Camberwell, London and the associated consultations haven’t cost me a penny. Nor I have I had to wait a long time for an appointment. All credit and thanks to our often maligned National Health Service.  

If you are 50 or over and have a history of bowel cancer in your family or have symptoms at any age – blood in your stool – do go to your doctor and arrange to be tested.  

2010 Cabernet Franc, AC Touraine, Château du Petit Thouars

Jim-when?

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