Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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C’est bien connu: l’Anglais est perfide, le Chinois est fourbe et l’Espagnol est déloyal

Intéressant article du Figaro sur la « concurrence déloyale » des vins espagnols. C’est ICI

Une remarque, tout de même: pourquoi, dans un dossier aussi important, Le Figaro ne donne-t-il pas la parole aux exportateurs espagnols, et aux importateurs français de vins espagnols?

Pourquoi ne puiser qu’à une seule source?

Monsieur de Volontat demande que les Espagnols s’adaptent à nos réglementations. Veut-il parler de notre code du travail? De la semaine des 35 heures? Ou de la libre circulation des marchandises (sans déversement de citernes)?

HerLalau

 


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La flavescence dorée s’étend à la Touraine, à la Vendée, au Beaujolais et à l’Alsace

Fleurie, Vix, Vouvray, Colmar. Ce sont les nouveaux foyers de flavescence dorée découverts en France cette année.

Et comme la cicadelle, son vecteur, ne s’arrête ni aux limites départementales, ni aux postes de douane, on en a également repéré en Suisse, dans le Lavaux.

La situation est d’autant plus alarmante que la maladie peut tuer les ceps affectés en deux ans.

Hervé

 


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Monvinic Store (1), blancs d’ailleurs

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Monvinic est un caviste barcelonais spécialisé dans les vins naturels et les vins internationaux. Une autre de ses caractéristiques est le renouvellement permanent de sa gamme, ce qui présente des points positifs mais aussi des points négatifs, puisque vous n’êtes jamais sûrs d’y retrouver le vin que vous avez aimé: une fois le stock épuisé, Delia Garcia, la responsable du magasin, passe à autre chose! Pour faire connaître ses nouveautés, tous les derniers jeudis du mois, elle débouche des bouteilles et invite ses clients à venir les goûter ; sa dernière proposition m’ayant vraiment intéressée, j’ai décidé de m’y rendre. Je ne l’ai pas regretté, voici mes notes, en commençant par les blancs, qui, comme on le verra, viennent des quatre coins de la planète vin.

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Délia et la cuvée Ponka (en carafe)

Crémant de Bourgogne Céline et Laurent Tripoz Brut Nature

Céline et Laurent Tripoz cultivent un domaine de 11 ha répartis autour du village de Loché. Depuis 2001, ils ont supprimé tout herbicide chimique. Le domaine est certifié par Ecocert en Agriculture Biologique (AB) ainsi qu’en Biodynamie (Demeter) à partir de la récolte 2006.

C’est un 100% chardonnay, élevé en fût de chêne, et qui est resté 3 ans sur lattes. Sa robe est pale, ses bulles fines et élégantes. J’ai surtout aimé la délicate complexité du nez, ses aromes de chardonnay bien mûrs, de pêche, de fleurs blanches ravivés par des notes citronnées. La bouche n’est pas très puissante, mais offre une belle fraîcheur et beaucoup de charme : elle est équilibrée et très rafraichissante avec cette finale citrique. Surprenant pour un Crémant nature, je vous le conseille comme apéritif.

C’est un Crémant nature car il n’y a pas d’ajout de sucre au dégorgement, ni de sulfites ! Cela lui donne beaucoup d’élégance et de légèreté.

Vol : 13º

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PVP : 24,05€

Crémant d’Alsace Vincent Fleith Dame Nature Brut Zéro Dosage

Vincent Fleith a repris le domaine familial situé près de Colmar en 1996, après quelques expériences, notamment dans le Beaujolais, mais aussi en Californie et en Australie. Sur les 9 hectares de vignes que compte le domaine, Vincent, accompagné de sa compagne Brigitte, cultive ses parcelles selon les préceptes de la biodynamie, et ce depuis ses débuts. Il pratique des vinifications les plus minimalistes possibles, sans intrants œnologiques. En cave, il estime qu’il faut en faire le moins possible : levures indigènes exclusivement, très peu de soufre, pas de chaptalisation, aucunes levures aromatiques. En outre, membre actif de l’association Vignes Vivantes, c’est un vigneron engagé depuis toujours dans une quête d’authenticité et de qualité.

Pinot Blanc et Auxerrois 65 %, Riesling 20 %, Pinot Noir 15 % composent cette cuvée.

Ce Crémant a été mis en bouteille avant la fin de la 2ème fermentation pour une re-fermentation en bouteille naturelle, sans ajout. Dégorgement sans ajout de liqueur et sans soufre.

La dégustation, je dois l’avouer m’a surprise, je ne l’attendais pas si séduisante : La robe est paille, les bulles sont fines, le nez est complexe, les fleurs blanches se mêlent aux fruits à chair jaune (pêche et abricot), quant à la bouche, elle est très subtile et offre un bel équilibre entre l’acidité, les fleurs et les fruits. Elle est légère, gourmande, fraiche et croquante, c’est très facile à boire.

Je suis preneuse, et j’en oublie mon a priori négatif sur les Crémants d’Alsace !

Alc. vol. 12,5ºIMG_1745

PVP : 20,50€

Ant Moore Estate Marlborough Pinot gris 2013

Je ne connaissais pas ce domaine de Nouvelle-Zélande, situé à Marlborough (dans le Waihopai, Awatere et Upper Wairau), je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations ; Ant Moore est arrivé en nouvelle Zélande en 2002, il possède maintenant 2 wineries, Rapaura Vintners à Marlborough et Central Otago Vintners, www.antmoore.com

Le vin est intéressant, sans plus, la robe est paille clair, le nez est net, dominé par des arômes floraux évoquant la poire et les fruits à noyau, surtout la pêche. La bouche est franche, fraîche, harmonieuse, pas très longue. La finale citrique fait saliver, un vin très correct dans l’ensemble, mais pas passionnant! Son meilleur atout: c’est un vin assez crémeux et très rafraichissant.

Alc. vol : 12º

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PVP: 17, 15€

Jasper Hill Heathcote Georgia’s Paddock Riesling 2013

Jasper Hill est un domaine connu internationalement, pour avoir élaboré quelques unes des plus grandes bouteilles de Shiraz d’Australie. C’est en 1975 que Ron Laughton et sa femme Eva créèrent leur domaine a Heathcote et commencèrent à planter leurs vignes Emily’s Paddock, Georgia’s Paddock y Cornella Vineyard ; Ron utilisa des vignes franc de pied, et opta dès le premier jour pour une viticulture Bio, sans système d’arrosage. Ron et Elva travaillent aujourd’hui leur 20ha en biodynamie avec l’aide de leur fille Emily Mc Nally. Leur vignoble est considéré comme un des meilleurs terroirs d’Australie. Les vins sont concentrés et puissants, mais toujours délicats et équilibrés grâce à une belle acidité.

Jasper Hill élabore 6 vins, les plus connus étant: Le single estate Emily’s Paddock Shiraz / Cabernet Franc et le Georgia’s Paddock Shiraz.

Je n’ai pas trouvé ce Riesling 2013 spectaculaire, il est certes très aromatique, mais dominé par des parfums de kérosène classique, des notes citriques qui lui apportent beaucoup de fraicheur, viennent ensuite des notes de fleurs et de fruits blancs. La bouche offre un corps moyen, souple, des notes épicées, avec toujours la présence de touches de champignons/pétrole/bergamote, soulignées par une acidité racée. La finale est juteuse, citrique, fraiche.

C’est quand même un joli vin.

Alc. vol : 12º

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PVP: 35, 25€

Swartland Lammershoeck Roulette Blanc 2012

Lammershoek l’un des rares domaines à posséder des installations de vinification dans la vallée d’Aprilskloof, dans la région de Paardeberg, au Swartland ; 70 ha qui sont travaillés en biodynamie. Lammershoek était un domaine qui faisait partie de “la Révolution” que vit la viticulture du Swartland, grâce au travail de Craig Hawkins et de Jurgen Gouws, jusqu’à ce qu’il ne se retrouve entre les mains de nouveaux propriétaires. Delia, m’explique qu’elle a encore accès à des productions antérieures, à des vins travaillés de manière artisanale, avec un minimum d’interventionnisme. Cette cuvée en fait partie : Chardonnay, Chenin Blanc, Clairette Blanche, Viognier la composent. Le vin a fermenté dans des veilles barriques françaises de 300 et 600 litres puis a reposé sur ses lies durant une douzaine de mois avant d’être ensuite assemblé dans une immense cuve de béton suivi d’un autre repos sur lie pendant 5 mois.

Le nez est intense, non dépourvu d’un caractère légèrement oxydatif, accompagné de notes de plantes, la bouche offre une bonne concentration, la texture est serrée, l’influence du bois est subtile, elle est légèrement sucrée, mais la belle acidité de la finale vient apporter l’équilibre. Ce style de vin assez riche et moelleux, ne m’a pas séduite plus que ça, même si je reconnais qu’il dégage une certaine énergie.

Alc. vol : 11º

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PVP: 28, 30€

Valfaccenda Roero Arneis 2015

Luca Faccenda a grandi dans les collines de Roero, dans le Piémont, à Valfaccenda, une petite vallée entre Canale et Cisterna, sa famille y a fait des vins depuis de nombreuses années. Lui, dés le départ, a commencé en agriculture bio. C’est un passionné qui élabore des vins qui reflètent les collines du Roero, uniquement le Roero, rien d’autre. Il a renouvelé ses Arneis sur une sélection massale, afin de conserver la petite taille des baies. Le sol de ce côté du Tanaro est plus sableux, plus léger qu’au sud. Cette bouteille doit raconter l’histoire des vignes dont elle est issue : assemblage de deux parcelles, sur la commune de Canale (exposition Est, près de la Cantina) élevé en cuve inox sans malo et sur la commune de Santo Stefano Roero (exposition Sud) élevé en barrique. L’assemblage des deux se fait en janvier.

Le nez est impeccablement propre et délicat, sans un soupçon de notes tropicales, sans exubérance, mais complexe avec des notes florales et fruitées : abricot, poire, pêche. Du gras en bouche, de la puissance, mais aussi beaucoup de fraicheur. La finale est sur l’acidité, mais surtout marquée par la présence de notes graphiques et par une certaine salinité.

C’est un vin riche, fin, élégant, très aromatique, complexe, équilibré et très agréable à boire.

Mon vin préféré de la dégustation après celui du domaine de la Bongran.

Alc. vol : 13º

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PVP:22,55€

Domaine de la Bongran Cuvée E.J. Thévenet Viré Clessé blanc 2010

Jean Thévenet élabore de grands vins à Mâcon et c’est une des références internationales en culture bio qu’il pratique depuis plus de 30ans. Le domaine de Bongran est la structure familiale historique, il est situé à Quintaine, sur 12 hectares de marnes blanches et de calcaires. Les vignes conduites de façon traditionnelle mais labourées, et sans utilisation d’aucun produit de synthèse. Les vendanges sont manuelles, la particularité de ce domaine est de ramasser des raisins très murs, à la limite du flétrissement, ce qui donne ce léger sucre résiduel qui participe à leur personnalité.

Les vins sont non levurés, les fermentations lentes et longues, ils sont élevés en foudres durant vingt mois, avec une fermentation malolactique. Les vins sont mis en bouteilles après deux à trois ans, légère filtration. Les Thévenet produisent des vins blancs secs, d’une concentration incomparable dans le mâconnais ; ces vins sont fruités et floraux, à la limite du moelleux.

Un domaine atypique en Bourgogne mais d’une qualité exceptionnelle !

Pour cette cuvée de Mâcon Viré-Clessé E.J. Thévenet 2010, les raisins sont les meilleures parcelles de Quintaine.

Sa robe est magnifique, jaune aux reflets dorés, le nez est très aromatique/expressif : des senteurs de fleurs blanches, de thym, des notes intenses de fruits jaunes murs, de pamplemousse se mêlent avec complexité aux notes truffées, aux épices douces. La bouche est dynamique, concentrée, savoureuse sans sensation de sucrosité. C’est un vin profond, gras, mur, crémeux, bien équilibré par une agréable acidité. La finale est magistrale: longue, fraîche et expressive.

Le grand vin de la dégustation.

Alc. vol : 14º

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PVP: 34,80€

Paraschos PONKA IGT Venezia Giulia Bianco 2010

Encore une découverte: Paraschos est un domaine familial situé à San Floriano del Collio qui travaille ses vignes situées en biodynamie. Une viticulture et une vinification sans compromis sont la signature de Paraschos afin d’élaborer des vins de grande personnalité. Les blancs sont macérés avec leurs peaux pendant la fermentation, dans des foudres en bois ouverts, et remués régulièrement ; le but étant d’extraire le plus d’arômes et de structure possible. Après la macération et la fermentation avec ses levures autochtones, les vins sont élevés sur leurs lies entre 2 et 3 ans dans des grands foudres de chêne Slovénien de 15 à 25 HL. Tous les vins sont mis en bouteilles sans ajout de soufre et sans filtration.

Cette cuvée appelée PONKA est issue de : Chardonnay 25%, Sauvignon 25%, Tocai Friulano 25%, 25% de Ribolla Gialla, Picolit, Verduzzo et Pinot bianco. Elle est le résultat de plusieurs passages dans les vignes lors des vendanges et est restée 36 mois sur ses lies.

Sa couleur es jaune foncé, la robe est légèrement trouble, le nez est profond, il évoque à la fois la pêche mure, l’abricot, la mangue, les herbes, les épices douces et les fruits secs. La bouche est riche, son volume est compensé par une belle acidité finale. Longue finale sur les agrumes.

Beaucoup de complexité et de caractère dans ce vin qui ne manque ni d’élégance ni de fraîcheur.

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PVP: 25,40€

En guise de conclusion:

Comme toujours, Delia ne nous a proposé que des vins nature, et des domaines qui travaillent en bio ou en biodynamie. La plupart étaient remarquables, agréables à boire, et même grands pour 2 d’entre eux. J’ai nettement préféré les vins européens, ils présentaient plus de personnalité. Les prix sont assez élevés et liés pour la plupart au transport et aux faibles volumes importés, car évidemment, si l’intérêt de quelques professionnels est grand pour ce type de vins, les ventes restent difficiles.

La semaine prochaine, je vous ferai découvrir les rouges de cette dégustation.

Hasta Pronto,

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MarieLouise Banyols

 


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Islay partially distilled

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Time for a dram – the clock at Bowmore Distillery 

IMG_5181Bowmore Distillery


We are spending a week on Islay, an island off the West Coast of Scotland and famous for its distilleries. We arrived on Saturday as foot passengers and our car arrived on Sunday midday due to problems with the ferries. This week’s post will be mainly photos taken on Monday when we took photos of four of the Islay distilleries and other aspects of the island. Islay has the largest concentration of distilleries in a small area apart, perhaps, from Speyside.

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The harbour at Bowmore  

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Bowmore: pagoda chimneys  

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Laphroaig – one of the three major distilleries by Port Ellen and the most westerly
(above and below)

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Seaweed close to the sea shore – the essence of Laphroaig?

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Peats – peat smoke is part of many Islay malts

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Lagavulin: the second of the three distilleries by Port Ellen

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Ornamental copper still @Ardbeg

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Arbeg – third distillery  and the most easterly

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Port Ellen – a closed distillery now a maltings
remaining bottles of Port Ellen retail for up to more than £2000

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ChevereJm


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A l’ami Vincent Pousson, à propos de Cahors

De retour de vacances dans le Sud-Ouest, je découvre une polémique qui m’avait échappé. Elle concerne les cocktails au Cahors.

Cette idée reprise par l’interpro a suscité pas mal de réprobation dans la blogosphère du vin. Vincent Pousson en tête. Voici son billet.

Je lui concède d’être articulé, argumenté. Même si je ne suis pas d’accord. Je pense en effet que la réaction est démesurée.

Je ne suis pas fan des cocktails, mais je constate qu’il s’en pratique un peu partout et avec toutes sortes de vins. On n’a pas dû attendre la mixologie ni l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors pour que le vin serve de support à toutes sortes de mélanges (sans parler des élucubrations de blogueurs et blogueuses branchouilles – et je ne parle pas de toi, Vincent).

Ni toi ni moi, Vincent, ne pouvons dicter au consommateur ce qu’il doit faire du vin, en toutes occasions – après tout, une fois le vin acheté, cela nous dépasse. Et qui n’a pas mis un jour des glaçons dans un rouge trop chaud, ou du sirop dans un mousseux trop acide? Et quid du Spritz? Et puis, je pense qu’on le fait plus facilement avec un petit jaja pas cher qu’avec un vrai vin de terroir, celui que nous aimons, celui que nous défendons et illustrons au quotidien.

Mais plus important, je suis atterré que la critique visant cette opération – locale, et très marginale, dans l’action de l’interpro – soit élargie à l’ensemble de son oeuvre.

Ton attaque contre le prétendu « tout marketing » et le « tout Malbec », cher Vincent, relève de l’amalgame.

Regardons un peu ce qui s’est passé ces dernières années sur les rives du Lot et au-delà: on n’a jamais autant parlé de Cahors. La recherche des terroirs n’a jamais été aussi poussée – je peux en témoigner pour les avoir touché du doigt, littéralement, dans les fosses creusées à cet effet, lors du Festival Cahors Malbec. Et dans la dégustation des vins qui a suivie – ceux-ci étant justement rangés par terroir.

D’ailleurs, la communication sur les sols n’a fait que s’intensifier  – demande un peu à Claude et Lydia Bourguignon.

Parallèlement, bon nombre de vins de base, qui ne méritaient pas de figurer sous l’étiquette de Cahors, sont sortis de l’appellation pour se replier en IGP. Le syndrome de la vieille Carte Noire, dont tu parles à juste raison, se résorbe peu à peu, on commence à voir se dessiner une vraie hiérarchie des Cahors. Et des prix rémunérateurs, qui sont à la base de toute action.

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Je peux aussi témoigner du fait que le Malbec n’est qu’un vecteur, pas une fin. Les liens noués avec les Argentins, aujourd’hui principaux dépositaires du Malbec dans le monde, me semblent une preuve de bon sens, pas une dérive mondialiste: à chacun son Malbec, mais plus on en parle, mieux c’est pour tout le monde. Ne pas le revendiquer, c’eut été l’abandonner aux autres.

Au fait, ceux qui oublient Cahors au profit du Malbec ne sont pas les responsables de l’interpro, mais plutôt des gens qui misent sur leur marque, et grand bien leur fasse, tout le monde n’a pas la fibre de l’appellation.

Tu égratignes la Cave des Côtes d’Olt et Vinovalie; tu parles du Rosé de Piscine (IGP Comté Tolosan élaboré à Rabastens, rien à voir avec Cahors), mais tu aurais pu aussi parler de leur excellent Château Les Bouysses – c’est juste une question de point de vue.

Il aurait été au moins aussi intéressant de se pencher sur le cas de Lagrézette, qui, lui, en appellation Cahors, et avec la notoriété qu’il a, et les réseaux qu’il a, préfère se profiler sous le logo « Château Lagrézette Malbec depuis 1503″ (dans l’ordre que tu veux). Mais c’est là la stratégie d’un franc-tireur.

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Bref, je trouve quant à moi que la politique suivie par l’interprofession a été éminemment positive pour les vins de Cahors, leur image, leur segmentation, et qu’on aurait tort de jeter le bébé avec l’eau du bain, sous prétexte qu’une opération – mineure – de communication ne va pas dans notre sens, ne correspond pas à notre philosophie du vin.

Ceci dit en toute amitié, Vincent, parce que je pense que tu es sincère.

Moi aussi, soit dit en passant.

Car je ne suis pas payé par l’interpro pour écrire cela; j’ai eu moi même l’occasion de mettre en doute, il y a quelques années, la stratégie de Cahors. Je me suis rendu sur place, j’ai écouté, j’ai dégusté, redégusté, et j’ai changé d’avis.

Coïncidence troublante – parce que Jérémy Arnaud n’est pas derrière chaque cuve!, je pense que les Cahors, en moyenne, n’ont jamais été si bons. Les ténors sont toujours là, mais d’autres prennent la relève, et je trouve aujourd’hui du plaisir à différents niveaux de prix.

A propos de l’interpro, et au-delà des personnes, il faudrait évoquer l’aide apportée aux viticulteurs en matière de connaissance de leurs sols, justement; en matière de pratiques culturales et oenologiques, et plus globalement, de leur fierté retrouvée. Ce qui est lié, bien sûr, à la hausse des cours, car pour faire de meilleurs vins, il faut pouvoir les vendre à bon prix.

Hervé Lalau


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A Vrazon to continue?

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Spectacular Porto 

This weekend we were in Porto for the first Vrazon Meetup. Despite a heat wave with temperatures into the mid-30s, it was a very enjoyable weekend. Meeting up with old friends and making new ones, sharing good bottles and some excellent food.

We had two good visits. One on Saturday to Poças’ Port Wine Lodge new visitors’ centre on Rua Visconde dos Devesos 186, Vila Nova da Gaia. Then on Sunday we went up the Douro to Quevedo.

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On Saturday afternoon there was a valedictory discussion over the rise, history and demise of EWBC/DWCC (European Wine Bloggers’ Conference/ Digital Wine Communicators Conference). It is clear that these conferences, which initially sailed under the colours of the European Wine Bloggers Conference, have now run its course. Put together by Robert McIntosh and Ryan and Gabriella Opaz (Catavino/Vrazon) eight successive conferences in seven different countries is a very considerable achievement. These EWBC/DWCC conferences facilitated great networking opportunities, which I think will be their most lasting legacy followed by the Born Digital Awards (www.digital-awards.eu/) with the revived version now in its second year.

If Vrazon do organize further conferences the format will be changed. They are likely to be held in one place and to feature marketing with a perspective from outside the wine industry.

Will this weekend’s meet up prove to be a one-off – a fine wake for DWCC – or will there be future get-togethers of EWBC/DWCC alumni? Certainly there is a clear wish from the weekend’s participants to meet again to talk and share wine etc. but as yet there are no definite plans.

It is unfortunate that to date the Vrazon and the #winelovers group, which grew out of contacts made at these conferences, have yet to find a way to be complementary. Hopefully in the future there will be opportunities to explore how the two groups can work together.

The programme
Friday night – BYOB at Prova
On Monday at the Mercado da Ribeira, Cais do Sodre, Lisboa we noticed that the Garrafeira Nacional had a bin-end sale of assorted bottles from the last century. Each was offered at 5.95€ and if you bought three the fourth was free. We decided that this was definitely worth a punt, especially with the BYO coming up. So it proved as we took along a 1974 from Lisbon – a ‘revolutionary wine – and a 1987 100% Baga from Bairrada. The 1987 was fine with nicely balanced fruit and acidity. Although the 1974 was initially rather stinky putting off anyone who comes to an immediate judgment on a old wine, the stink fairly rapidly declined revealing still quite concentrated prune and fig fruit. Still certainly drinkable at least in my probably not very discerning book….

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1974 – a ‘revolutionary’ wine from Lisbon


Saturday daytime
Poças Port (http://www.pocas.pt/en/) is a family Port house founded in 1918. They have just opened their visitors’ centre, which is friendly, relaxed and far removed from the glitz of some of the larger Port houses. We enjoyed a short visit and then lunch with a chance to taste their wines. On a very hot day their crisp, unoaked Coroa d’Ouro 2014 Douro white hit the spot.

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Poças

Saturday evening – O Gaveto (http://www.ogaveto.com/home)

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What a great seafood restaurant! Hugely generous portions of a seafood – platter featuring oysters, shrimps, prawns, crabs etc. This was followed by very good Amêijoas à Bulhão Pato and then sea bass and rice. They also have a great wine list and wine service. We chose a couple of top Alvarinho Vinho Verdes from Anselmo Mendes – the stunning single vineyard Alvarinho as well as the Curtimenta Alvarinho.

Several of our group expressed surprise at the quality now available from Vinho Verde. From my experience this is not that new, it is just that the UK doesn’t always see the best.

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Due to the generosity of one of the group we had a 1990 Riserva Bondi-Santi and a 2000 Emidio Pepe Montepulciano d’Abruzzo.

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Sunday – into the Douro cauldron and a lovely visit to Quevedo (http://quevedoportwine.com/)



I have long wanted to visit Oscar Quevedo at his family winery in the Upper Douro in the small town of São João da Pesqueira high up above the Douro with spectacular views. Our visit was a fine introduction but I must go back for a more detailed visit. Vitor Mendes of Covela was also there, so this was a good opportunity to taste these wines again.

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Well over 30˚C with swimming in Douro for some


Sunday evening – return to Prova
Recently Porto has become very popular, so finding a unreserved table for eight – all that remained of our group of just over 30 – proved to be challenge. After finding several recommended restaurants full we returned to Prova, which were able to accommodate us. Here we enjoyed a series of wines and snacks and talked further about future meet-ups.

 

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Another fine Vinho Verde Alvarinho

JimVitLoire-Benoît Gautier


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#AOC Mesquinerie

L’AOC Clairette de Die voudrait commercialiser une clairette rosée à base de gamay. Pourquoi pas, me direz-vous? Charbonnier maître chez lui, il y a du gamay dans l’aire d’appellation (vendu sous le nom de Châtillon en Diois, pour les vins tranquilles), et il est plutôt qualitatif; il y a aussi un savoir-faire pour la méthode ancestrale. Alors, on voit mal ce que l’INAO, institut de l’origine et de la qualité, pourrait avoir à y redire.

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Le rosé de Gamay n’est pas inconnu en Diois, comme le montre cette bonne bouteille de Châtillon-en-Diois…

Oui, mais ce n’est pas comme cela que ça se passe!

En France, chacun défend son pré carré, aussi petit soit-il: une région voisine, le Bugey, se bat bec et ongles contre ce projet, arguant du fait qu’il s’agirait là d’une concurrence à son Cerdon.

Plus précisément, l’AOC Bugey « conteste l’existence d’une tradition historique de vinification d’une Clairette rosée en méthode ancestrale ». 

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Et la méthode ancestrale non plus…

On croit rêver: s’il l’on devrait appliquer cette règle à tous les terroirs de France, alors, la syrah ne serait jamais sortie du Nord de la Vallée du Rhône, le Grenache ne serait jamais sorti d’Aragon – ils n’avaient pas de tradition historique hors de leurs berceaux respectifs; et puis le Bordeaux n’aurait jamais eu de Crémant, ni le Champagne de bulles – la Blanquette de Limoux s’y serait opposée!

D’ailleurs, rappelons que le Cerdon – aucun personne ne songe, surtout pas moi, à enlever ses mérites, n’est AOC que depuis 2009, sous le nom de Bugey-Cerdon. Jusque là, ce n’était qu’un simple VDQS (depuis 1958). Notons par ailleurs qu’il n’est pas issu du seul gamay, mais aussi du poulsard.

On voit mal la justification que pourrait donner l’INAO à un refus d’un Clairette rosé, à moins que les experts du vénérable institut veulent jouer à « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

L’INAO n’a pas son siège à Clochemerle, tout de même! Et sa vocation n’est pas de barrer toute innovation, surtout dans le contexte de concurrence mondiale que nous connaissons.

C’est la même mesquinerie qui est à l’oeuvre du côté des Crémants pour empêcher l’IGP de pouvoir produire des bulles – on en trouve pourtant de belles en Pays d’Oc, par exemple. C’est à la fois lamentable, rétrograde et contre-productif. Et ça fait rire les étrangers.

Que chacun s’occupe de produire mieux, de satisfaire sa clientèle, de justifier ses mentions, plutôt que de se mêler des affaires du voisin!

Hervé

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