Les 5 du Vin

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Riesling alsacien et choucroute au poisson

Pour la choucroute au poisson, ma première fois, c’était à Riquewihr; à l’hôtel du Sarment d’Or, reconnu alors pour sa bonne table. Je crois qu’elle est toujours réputée aujourd’hui.

C’était en plein mois de juillet et le soleil nous frappait sur le crâne du haut de ses 36°C. Bref, le soir, après une bière suivi d’un Riesling de circonstance, on aspirait à manger aussi frais que cet agréable vin blanc. Ce qui fut le cas jusqu’au moment où le chef nous annonça (nous étions en demi-pension) : « Ce soir je vous propose un menu typiquement alsacien, une tarte à l’oignon suivi d’une choucroute (déjà l’annonce de la tarte nous a coupé un instant la respiration déjà difficile en cette soirée de canicule, mais le mot choucroute nous a fait vaciller) … de poisson, et je vous rassure, c’est très léger et agréablement parfumé ».

OK pour la découverte, fallait tenter le coup et nous n’avons pas été déçus. Contrairement aux recettes de choucroutes au poisson qu’on trouve dans les livres ou sur le net, pas de crème fraîche, ni de beurre, mais juste un jus pour humecter les chairs maritimes qui trônaient avec élégance sur l’écume de chou. Ça avait de la gueule, ça sentait bon, et cela n’était pas un caprice de chef, celui de l’Auberge de l’Ill l’avait déjà remise au goût du jour. La choucroute au poisson n’était pas une nouveauté, mais un retour probable aux origines de cette préparation introduite en Alsace vers le milieu du cinquième siècle, apportée par les hordes barbares de Chine où le procédé fût inventé. Les premiers écrits qui en parlent remontent toutefois au 15es. Certains auteurs supposent que la garniture première était faite de poissons… Le saura-t-on jamais…

OK, l’assiette du Sarment était plus jolie

Avec un Riesling, ça le fait!

Un paquet de choucroute, un morceau de cabillaud, un autre de haddock pour la note fumée, un oignon et puis je vous renvoie aux recettes bien expliquées sur le net, faites-en une synthèse pour vous concocter une choucroute à votre goût.

Pas de crème, mais un peu de lait pour dessaler le haddock. Rincer aussi la choucroute qui est toujours trop acide.

Mais l’important, c’est le vin.

J’ai choisi un Riesling Steinklotz bien sec – moi, ça m’énerve quand on s’attend à de l’acidité et qu’une dizaine de grammes de sucres résiduels vient tout gâcher. Celui d’Arthur Metz.

Le Steinklotz est un grand cru en coteau (calcaire) à forte pente, au-dessus de Marlenheim; il se situe à une altitude de 200 à 300 m, exposé au sud-sud-est.

Riesling Steinklotz Alsace Grand Cru 2014 d’Arthur Metz

La robe vert jaune aux reflets fluo fait friser l’œil et donne vivement envie d’y plonger le nez. C’est vite fait, impatient, le tarin se précipite, puis se retient, séduit par la délicatesse du bouquet, parfums subtils du bouton de rose et de la fleur d’oranger. Puis, éclate la fragrance du citron vert accompagné de mandarine et poudré de cardamome. Enfin, un rien de poivre vient épicer l’élégance florale.

La bouche fraîche nous fait craquer en croquant d’un coup de dent la groseille à maquereau garnie d’une étoile de carambole. Les agrumes se sont légèrement confits, ce qui donne du volume et de l’onctuosité au vin. Il y a aussi cette petite pointe saline qui nous encourage à accompagner le vin d’une belle recette marine.

Et ça fonctionne bien!

Le cépage, ici fluviatile, ne se fait pas traiter de marin d’eau douce par la choucroute devenue maritime. Mais il y a une entente terre-mer des plus savoureuses. L’acidité du chou répond à celle du vin et les deux font match nul sur nos papilles.

Le cabillaud voit son goût un peu effacé relevé par le franc caractère du Riesling qui, à coup d’agrumes, le sort de l’anonymat, et à force d’emphases florales le transforme en petit nabab parfumé d’iode.

Le top, c’est avec le haddock, certes dessalé, mais loin d’être neutre. C’est qu’il a du goût de vieux loup et surtout pour les belles choses comme ce Steinklotz qui lui offre ses délectables richesses. Il s’en assaisonne les chairs et le temps d’une bouchée, devient poisson de prince aux atours recherchés.

Conclusion

 N’hésitez pas, la choucroute de poisson, ça n’est pas trop compliqué, c’est original et léger.

Marlenheim vu du Steinklotz

Àdje und viel Gliek !

 

Marko


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L’accord au vert

Aujourd’hui, notre ami Jean-Michel Jaeger nous propose trois accords autour d’une recette bien belge. Que dis-je, d’un pilier de la gastronomie belge de terroir: l’anguille au vert (in het Vlaams: Paling in ‘t Groen).

Le roman de l’anguille connaît sa genèse en l’immense mer des Sargasses, où elle nait par centaines de million. Puis les courants les ballottent durant deux années avant de les livrer aux estuaires d’Europe. A ce stade juvénile, on les nomme pibales en pays basque, civelles à Nantes, angulas en Espagne. Les amateurs se régalent de la jeune et frétillante leptocéphale en friture ou en omelette,  jusque sous quelque tonnelle ou guinguette des bords de Marne. Les rescapées des pêches d’embouchures deviennent anguilles. Elles nous parviennent après un long périple, fleuves, rivières, prairies, marais, lacs… pour finir dans nos cuisines.

Si tous les goûts sont respectables, j’omettrai ici d’évoquer pâté aux anguilles, matelote, de même que la lamproie bordelaise (on lâcherait bien la lamproie pour l’omble, comme disait Courtine), tant ce civet roboratif  manque aujourd’hui de fantaisie, d’imagination et de défenseurs. J’évoquerai donc une préparation plus originale, à l’accent bien flamand.

« Comme pour bien des recettes de plat régional, il y a plusieurs façons de préparer les anguilles au vert, plat très apprécié par de nombreux amateurs », confie Gaston Clément dans son « Conseiller Culinaire ». Cet impressionnant panachage d’herbes fraîches (oseille, épinards, persil plat, cerfeuil, cresson, estragon, sauge, pimprenelle), préparées au vin blanc, dans lequel « nagent » moult tronçons d’anguille, se déguste chaud ou froid.

Ces deux présentations demandent des accords différents. Nous y voilà.

Folle étreinte au Barr

La version servie froide demande la minéralité d’un fringant sylvaner, épuré, sec, issu d’un sol granitique, comme cette cuvée de base signée Louis Klipfel et issue des terroirs de Barr.  La belle trame cristalline de ce vin sapide répond avec bonheur au côté gras de l’anguille, son caractère nerveux, son originalité,  renforcent  fraîcheur et particularité de la préparation d’herbes.

Sylvaner 2016 Louis Klipfel Côtes de Barr

A comme appétence… et Aligoté

Le service chaud demande lui un vin frais mais structuré. Pourquoi ne pas oser la simplicité d’un aligoté. Celui de Jean-Luc Maldant à Chorey, par exemple. Frais, aux beaux arômes d’agrumes complétés de notes herbacées, au côté ample amené par le millésime et à la longue finale. Il met en œuvre une équation parfaite avec la complexité de la préparation.

– Bourgogne Aligoté 2015 Domaine Maldant-Pauvelot

Communion en blanche

Le consensus à la belge. Accordailles logiques et régionales. Pour les deux interprétations, un choix s’impose: la bière blanche. Orge et blé lui apportent saveur et couleur légèrement laiteuse. Parfum fleuri, saveur épicée, bouche fraîche et ronde peu marquée par l’amertume. Le citron ici ajouté dévoilera une dimension supplémentaire. Mais est-il nécessaire ? La fraîcheur et l’équilibre de la Blanche suffisent à supporter le mets. Un accord ludique et boute-en-train.

 

Et si on tentait un beau cidre brut ?

Bonne dégustation!

Jean-Michel Jaeger


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Muscat d’Alsace, sec ou tendre ?

Le Muscat est un exercice difficile et le vinifier en sec ajoute un cran à la difficulté. Le tout, c’est de trouver l’équilibre, ce qui n’est guère aisé. Sec, il peut manquer de vivacité ou s’avérer austère ou au contraire fardé. Moelleux, il manque souvent de tension et offre une douceur banale. Chez Muré, les deux versions parviennent à nous faire craquer pour leur élégance, leur caractère et leur harmonie…

Muscat Steinstuck 2014 Alsace Domaine Muré

 

La robe pâle au doré lumineux exhale des senteurs de pâte d’amande parfumée de mandarine et de mirabelle, rehaussée de poivre et de cumin. La bouche nous rafraîchit d’entrée et parsème à la volée nos papilles de notes florales et fruitées. La fraîcheur d’un jus de groseille blanche vient rafraîchir l’ensemble tout en boostant au même instant les arômes d’agrumes nuancés de verveine et de curcuma.

Le lieu-dit Steinstuck fait de calcaire du Muschelkalk (calcaire coquillé) se situe au-dessus du village de Westhalten. Ce sol caillouteux a donné le nom au Steinstuck qui signifie « parcelle de cailloux » en alsacien. Les 65% de Muscat Ottonel et les 35% de Muscat d’Alsace ont un âge moyen de 55 ans et sont vendangés en caissettes. Le vin ne contient aucun sucre, titre 13° et offre une acidité de 5,7g/L.

 

Muscat VT 2014 Clos St Landelin Alsace Grand Cru Vorburg Domaine Muré

La robe se cuivre légèrement mais garde des reflets verts, elle respire des parfums d’agrumes confits où se reconnaissent l’orange confite piquée d’un bouton de rose et le cédrat constellé de graines de coriandre. La bouche avoue sans retenue sa douceur, douceur envoûtante qui nous rappelle les confiseries d’antan. Celles qui nous offraient autant de volupté que de fraicheur. La finale se poivre et nous montre du doigt l’amertume superbe que jusqu’ici nous n’avions guère remarquée.

Les Muscat âgés de 45 ans poussent sur les pentes assez raides du Clos Saint Landelin à l’extrémité sud du Grand Cru Vorburg. Le sol y est fait d’éboulis calcaire à matrice argileuse déposé sur des calcaires gréseux du Bajocien. Un terroir chaud qui permet les vendanges tardives. Le vin contient 93 g/L de sucre résiduels et titre 12°, ses 7,7 g/L d’acidité équilibre avec maestria sa douceur.

www.mure.com

Ciao

Marco

 

 


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Tout un repas aux vins d’Alsace

Notre invité de cette semaine s’appelle Jehan Delbruyère, il tient un blog de critique gastronomique, Le Verre et l’Assiette. Nous l’avons rencontré tout récemment à l’occasion d’un déplacement pour le Comté. Pour illustrer son travail, voici un billet qu’il a consacré aux accords vins & mets. Ou plutôt, Alsace et mets…

Initialement, il s’agissait du repas de réveillon 2016, mais rien ne vous empêche de renouveler l’expérience, au moins en partie, pour la Pentecôte. Ou même en dehors des fêtes carillonnées…

Il m’a été proposé un petit défi, qui me semble si simple mais si peu connu, qui consistait à imaginer ce que pourrait être tout un réveillon accompagné de vins d’Alsace. Cette région est à la fois très connue et peu comprise pour ce qui est de toute l’étendue de ses vins, qui valent à la fois par la différence de leurs cépages que par celle de leurs sols. Aussi, le jeu était bien plus d’expliquer le pourquoi que de trouver le comment. Aider à reproduire des accords. Conseiller sur les bons domaines.

APÉRO ET MISES EN BOUCHE

Le bonheur des réveillons est de prendre un très long apéritif, déballer les cadeaux, parler et bouger. On commence léger pour parfois terminer avec foie gras ou presque des entrées servies au salon. Le truc? ne pas prendre 4 bouteilles de la même bulle, mais varier les plaisirs !

Pour commencer, je parierais sur des Crémants Blanc de Blanc très peu dosés, qui titillent les papilles et ouvrent l’appétit. On les servira avec une petite langoustine, Saint-Jacques crues, ou avec un petit cracker. Il ne faut pas toujours chercher le plus, alors que l’important est la finesse.

  • Dopff au Moulin, Crémant Wild Brut : Un crémant non dosé à partir de Pinot Blanc et Auxerrois, qui sont très à propos dans cette cuvée fine, avec une bulle sympathique et sans défaut. J’aime beaucoup la netteté de ce vin, qui correspond exactement à ce que l’on attend d’un crémant de début de repas.

    Wild Brut de chez Dopff au Moulin

    Wild Brut de chez Dopff au Moulin

  • Vincent Stoeffler : Crémant Extra Brut Nature (bio) : Un crémant qui allie la finesse et une personnalité propre aux vins de chez Stoeffler. Des aromes à la fois fins et droits, mais aussi un peu de grillé, de mâche, qui termine toutefois avec une très belle acidité!

Avant de passer à table, ou même pendant le repas, nous avons souvent envie de petits mets un peu plus gras, forts en goûts et puissants. Que ce soit avec un oeuf basse température,  du foie gras ou de la truffe, les goûts puissants doivent alors rencontrer des Crémants plus puissants et au profil aromatique différent. Pour ceci, les Blancs de Noir (Crémant blanc issu de Pinot noir donc) peuvent être de bons compagnons !

  • Louis Sipp Crémant Blanc de Noirs (bio) : Arômes de fruits bien mûrs, vineux, avec du gras, il répond très bien aux petits plats qui ont un élément gras et puissant, en apportant la fraîcheur nécessaire en fin de bouche !
  • Domaine Ansen Crémant Blanc de Noirs :  Tout au nord de l’Alsace viticole, ce petit domaine produit de très beaux Blancs de Noirs. On sera sur un vin fruité mais un peu plus lâche que Sipp, plus en largeur. Très agréable dans son genre.

LES ENTRÉES POISSON, LÉGUMES, EN LÉGERETÉ

Les premières entrées sont souvent plus empreintes de finesse : un poisson blanc citronné ou fumé, peu de féculents, des produits plus bruts. Pour ces plats, je privilégierais des vins certes fins, mais racés, qui jouent sur ces arômes un peu citronnés/floraux, avec une trame acide présente sans être trop prenante.  Niveau cépage, privilégier des Rieslings (ou Sylvaner), pas trop âgés et de terroirs pas trop marneux-argileux.

  • Jean-Marc Bernhard Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg : Le citron dans toute sa complexité domine souvent dans ces vins, toujours fins mais faussement légers. Avec un beurre citronné ou autres petites choses du genre, l’accord sera juste parfait!
  • Jean-Pierre Rietsch : Sylvaner Grand Cru Zotzenberg (bio) : Jean-Pierre Rietsch est un des plus grands vignerons alsaciens. Rien que ça.  Le sylvaner sur Zotzenberg aura une fausse richesse aromatique mais une belle tension en bouche, avec des agrumes plus exotiques que le citron, et une salinité de très belle facture. Un vin audacieux et ambitieux !
  • Florian et Mathilde Beck-Hartweg : Riesling Grand Cru Frankstein (bio) : Les Frankstein de chez Florian et Mathilde ont différents stades, mais sont toujours délicieux et très fins sur les rieslings. Plus ils sont jeunes, plus on peut les mettre tôt dans le repas. Le plus floral des vins ici, je le verrais très bien sur une gambas sauvage ou un plat qui est fin, pas trop marqué par l’acidité.

PLUS CRÉMÉS, PLUS PUISSANTS, PLUS RISOTTOS , MAIS TOUJOURS POISSON!

Nous trouvons également des poissons plus crèmés ou des homards plus riches, aux arômes plus exotiques et puissants. Nous trouverons aussi les risottos, toujours délicieux mais qui réclament de la puissance. Si nous sommes encore dans le registre poissonnier (ou légumier), les accords devront se réfléchir différemment, avec des vins qui ont plus de puissance, une assise plus forte, afin de ne pas trancher avec le plat. Niveau cépage, on peut aller du riesling sur un terroir plus lourd jusqu’au Pinot gris mais travaillé assez finement, voire sur des Auxerrois de beaux producteurs!

  • Josmeyer Pinot Auxerrois H (bio): Ce vin est issu du grand cru Hengst, il montre tout ce qu’un Auxerrois peut donner. S’il a de la fraîcheur, ce vin a une réelle amplitude qui lui permet de supporter les fruits de mer plus « puissants » et les sauces un peu crémées et exotiques. On aura un bel arôme de fruits qui plaira tant aux novices qu’aux vieux grincheux pointus !

  • Agathe Bursin, Riesling GC Zinnkoepflé ‘bio): Agathe Bursin fait des vins magnifiques, mais qui doivent prendre le temps de se « faire », pour trouver leur équilibre. Après quelques années, la combinaison puissance/longueur/acidité devient juste magique sur des plats un peu crémé avec beaucoup de personnalité. Pour les belges, petits veinards, il reste un peu de 2011 chez HetH vins !
  • Antoine Kreydenweiss : Pinot Gris Lerchenberg (bio) : De prime abord un peu riche, le vin garde une tension qui en fera un bel accompagnant si tôt dans le repas. Il n’a pas la profondeur d’autres vins du domaine mais reste très plaisant malgré tout !
  • Dirler-Cadé : Gewurztraminer GC Saering : plus souvent vinifié en demi-sec (on ne peut pas aller au-delà du demi-sec si tôt!) le Saering donne souvent un bel équilibre entre exotisme (obligatoire dans l’assiette) et la buvabilité par l’amertume de fin de bouche. Attention encore avec les Gewurz, pas de doux en entrée !

 

LES VOLAILLES ET VIANDES BLANCHES

Bien sûr, la traditionnelle dinde a souvent droit de cité à Noël (mais soyons sérieux, sacrifier un animal pour en faire « ça », est-ce bien sérieux? autant manger du sable pour s’assécher la bouche), mais surtout les belles poulardes, poulets de Bressecailles, chapons ou beaux morceaux de veau font heureusement également partie de notre répertoire habituel. Fêtes obligent, les accompagnements sont souvent assez gras et puissants, avec entre autres du foie gras qui est encore bien présent, ce qui oblige à des accords qui jouent soit sur la puissance de blancs, soit sur un tanin assez léger de rouges de qualité. Oui, nous pouvons à la fois jouer sur les vins blancs et les vins rouges sur ces plats!

  • Paul Ginglinger : Pinot Gris GC Eichberg : Puissant, aux arômes qui tirent souvent vers l’épice fraîche, la poire mûre et le fruit sec, le vin se veut généralement opulent, parfois tiré par un peu de pourriture noble. Heureusement, tiré par une vraie structure, le vin est en fait un bon compagnon de viande légères rehaussées de touches grasses et légumes hivernaux de fête !
  • Florian et Mathilde Beck-Hartweg : Pinot Noir « F » (bio) : Un pinot noir atypique. A l’aveugle, on pourrait le confondre avec un blanc, par sa tension et des arômes de fruits qui lui sont propres. Néanmoins il a un tanin très fin mais présent, juste magnifique avec des poulets nobles. Evitons pour lui des sauces trop riches pour mieux se concentrer sur la viande, avec des sauces au vin blanc par exemple, ou aux fruits d’hiver et airelles.
  • Domaine Hering, Pinot Noir cuvée du Chat Noir (bio) : Un Pinot noir déjà de structure, mais avec un beau fruité frais très noble. Jeune, encore un peu marqué par les tanins mûrs néanmoins, il accepte déjà un peu plus la puissance avec un côté plus végétal (noble je le répète).
  • Domaine Schoffit : Pinot Gris : Encore un pinot gris, plus large peut-être, qui ira bien avec les plats qui sont largement marqués par le foie gras.

LES VIANDES ROUGES ET GIBIERS

Ô Surprise, les vins d’Alsace peuvent accompagner à merveille les viandes rouges et gibiers. Je resterai ici assez traditionnel en me « limitant » aux rouges, avec des Pinot noirs qui ont du corps, de la complexité aromatique et de la classe, sans boisé inutile ou autre maquillage sans intérêts. Toutefois, il est possible, avec des Pinots gris un peu sudistes, de faire également de magnifiques accords avec des recettes de gibiers comme le filet de marcassin, le chevreuil en civet ou le canard sauvage.

  • Bott Frères : Pinot Noir Eclipse : Nouvelle cuvée de Pinot Noir du domaine, plus en profondeur que leur « tradition », est d’un touché de bouche magnifique et d’une suavité très agréable. Sur des gibiers cuits assez finement, (plus des filets que des civets en sauce), il sera un compagnon de grande classe. Une très belle découverte que ce vin
  • Louis Sipp : Pinot Noir Grossberg (bio): Un Pinot Noir bourré de caractère. Trop fougueux dans sa jeunesse, après quelques années le comportement bourguignon de ce vin est de plus en plus évident, dans un style terrien raffiné que ne renieraient pas de bons Vosne-Romanée . Les gibiers puissants pourront ainsi trouver un beau compagnon, mais uniquement si le plat n’est pas bourru mais finement préparé, pour ne pas gâcher cet exceptionnel vin !
  • Laurent Barth : Pinot Noir M (bio) : Connu pour ses rouges de grande qualité, Laurent Barth offre encore ici un Pinot Noir de belle facture, très équilibré et profond. Encore une fois sur des gibiers travaillés avec finesse, et un peu d’audace (certains canards épicés seront bien accompagnés ici).

  • Marcel Deiss, Gruenspiel (bio) : Parce que j’ai envie de mettre un blanc, les vins de Marcel Deiss sont souvent assez charpentés. Issue de complantation, cette parcelle donne des vins avec de la puissance, même un peu de tanins et de la largeur en bouche et de la complexité. De préférence avec quelques années de bouteilles, cette cuvée sera une grande réussite pour remplacer un rouge sans perdre en accord !

DESSERTS ET MÉDITATION

Pour bien terminer le repas, rien de tel qu’un bon dessert. Ici encore, on a de quoi faire sur de multiples accords. Purement personnellement, je préfère terminer sur une note de fraîcheur plutôt que sur un sucre, mais ces derniers s’avèrent d’excellents choix aussi, ne nous trompons pas. Enfin, après le repas, pourquoi ne pas tremper les lèvres dans le divin, dans un vin de liqueur à l’équilibre pur que presque la seule Alsace peut offrir.

  • Bott Frères : Crémant rosé : Belles bulle, de la finesse et un peu de grillé, avec un peu de fruits à noyau, idéale pour les desserts qui allient fruits et pâte (tarte, biscuit etc.)
  • Agathe Bursin : Sylvaner Eminence : On pourrait presque faire un vin de repas de cette bouteille, et pourtant elle sera une excellente bouteille de dessert. L’équilibre entre le sucre et l’acidité/amertume est pour moi parfaite, et la palette d’utilisation est très large, entre les fruits à noyau et la bûche. Un vin grandiose à prix mesuré!

  • Zind-Humbrecht : Pinot Gris Clos Jebsal : Un domaine phare pour tous les vins qui ont un peu de résiduel, qui arrive à rendre tout magnifique d’équilibre. Le Clos Jebsal ne va pas dans les liqueurs puissantes mais a un goût assez pur, légèrement marqué par le botrytis, sans excès. Je vois bien ce genre de vin sur un dessert un peu vanillé
  • Julien Meyer : Gewurztraminer SGN: Puissance et classe. En plus de la performance d’arriver à faire un vin comme celui-ci sans sulfites ajoutés, le vin ne tire pas trop sur le sucre, malgré une toute grosse liqueur. De quoi méditer après le repas !

Jehan Delbruyère


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Quand le gel fait le vin

En cette période de gelées inopinées et destructrices en plein printemps, il faut peut-être rappeler qu’il est des vignobles où le gel fait le vin. Mais certes pas au débourrement, mais aux alentours de décembre, quand le froid s’installe en Alsace. On y fait encore des vins de glace, de façon traditionnelle, c’est-à-dire récolté après quelques jours de froid intense. On peut en faire plus techniquement, en gelant les raisins récoltés, c’est moins risqué, est-ce aussi bon ? Chez les Haag, on se les gèle pour tout vendanger avant l’aube.

07.00 du matin le 19 décembre

 

Sylvaner Vin de Glace 2008 Domaine Jean-Marie Haag

 

Entre l’or et l’ambre, le vin coule comme un miel liquide, embaumant dans l’instant les narines à l’affût. Les notes fruitées et confites fusent sans discontinuer. Poire fondante et pêche savoureuse, se poivrent légèrement avant de s’enluminer de fleurs d’amandier et d’oranger. Quelques tranches de coing viennent ensuite, couchées sur un lit de pâte d’amande. Mais place à la bouche qui s’impatiente. Son velouté délicat caresse les papilles alanguies, presque en pamoison devant tant d’onctuosité au goût frais de sorbet de pomme et de gelée de mirabelle. Les chairs pulpeuses et suaves des mangues et abricots se précipitent avant les épices. Poivre et cumin s’entendent pour dynamiser ce joyau gourmand tendu d’un minéral qui en spirale dessine ses arabesques jusqu’au V lingual.

 La vendange

Elle se fait dès l’aube, à 7 heures du matin par des températures négatives (-10°C), ce vin est issu de raisins gelés. Ces baies sont immédiatement offertes au pressoir ce qui permet de les maintenir gelées. L’eau prisonnière sous forme de paillettes de glace reste dans le pressoir, seule la quintessence du raisin s’écoule comme un filet d’or.

 

Côté technique 

Le vin titre 12,1° pour 120g/L de sucre et une acidité de 5 g (H2SO4). Les Sylvaner poussent dans des calcaires gréseux. Cela leur donne à la fois de l’élégance et de la fraîcheur.

Le prix départ cave de cette rareté est de 90€.

Le domaine se situe à Soultzmatt à 20 Km au sud de Colmar. Il s’étend sur 6 ha répartis en 31 parcelles au pied du Zinnkoepflé. Ce sont aujourd’hui Jean-Marie Haag et son épouse Myriam qui la dirigent.

  c’est plus riant l’été, le Zinnkoepflé

www.domaine-haag.fr

Ciao

 

Marco


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Mais d’ou viennent ces arômes de pétrole dans le Riesling ?

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Ce sujet fait débat, mais mon but n’est pas de créer de la polémique. Il est, au contraire, d’écouter les avis et les expertises des intéressés et d’essayer d’obtenir une explication pour la famille d’arômes qu’on peut qualifier de « type hydrocarbure » et qui se trouve dans certains rieslings, mais pas dans tous. Que ce genre d’arôme soit désirable ou pas est une simple question de goût et je défendrai le droit de quiconque d’aimer cela : après tout, c’est la diversité des vins qui est le fondement de l’intérêt de cette boisson. Même si, à titre personnel je déteste ces arômes – car je n’ai pas envie de penser au remplissage d’un réservoir d’essence ou d’une lampe de pétrole lorsque je mets mon nez au-dessus d’un verre de Riesling, qui est par ailleurs un de mes cépages préférés.

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Pas de pétrole sur cette roue des arômes. Le véhicule doit marcher à l’electricité

 

J’ai entendu toute sortes d’explications pour la présence de ces arômes, dont l’intensité peut évidemment varier pas mal, comme pour d’autres arômes qui clivent les avis : ceux provoqués par les brettanomyces par exemple J’ai interrogé pas mal de vignerons alsaciens sur ce sujet et voici un petite liste des explications qui m’ont été donné par les uns et les autres pour la production d’une molécule nommée 1,1,6-trimethyl-1,2-dihydronaphthalene (TDN pour faire court) et qui serait à l’origine de ce type d’arôme. En voici la liste, avec quelques commentaires de ma part en italiques :

Le terroir (terme bateau, donc pas une explication)

Des sols schisteux (déjà plus précis)

Des sols calcaires (explication fourni par Trimbach, mais n’est ce pas en contradiction avec la précédente ?)

Des sols trop riches (peut-être contradictoire avec les deux précédentes ?)

La chaleur et/ou le soleil, donc des vins issus des pays ou régions plus chauds et/ou des années chaudes (je constate qu’effectivement ces arômes sont plus souvent présents dans des rieslings d’Alsace ou d’Australie que dans ceux de Mosel ou du Rheinhessen allemand, par exemple)

Une effeuillage excessif des vignes, donnant trop d’exposition au soleil (ce qui rejoint un peu l’explication précédente)

Des raisins bien mûrs, issus de rendements faibles et/ou de vendanges tardives

Un excès d’acidité (en contraction avec les trois précédentes explications, il me semble)

Le résultat de stress hydrique sur la vigne

Une trituration excessive de la récolte, comme lors d’une vendange mécanique

Un pressurage trop fort

Le résultat d’un vieillissement prolongé en bouteille (dans ce cas, s’agit-il plutôt d’une forme de réduction soufrée ?)

 

Il me semble évident que toutes ces explications ne peuvent pas être valables. L’enquête reste donc ouverte. Le célèbre producteur de la Vallée du Rhône (et aussi d’Australie et d’Alsace), Michel Chapoutier, a récemment jeté son pavé dans la mare de Riesling en déclarant que l’arôme de pétrole constitue un défaut dans un vin de ce cépage. Des producteurs très réputés comme Trimbach ou Hugel, dont les vins sont assez marqués par les arômes d’hydrocarbures, ont dû apprécier !

La semaine dernière, j’ai dégusté, côte à côte, deux Rieslings d’Alsace dont les caractères étaient radicalement différents, du moins quant à leur caractère aromatique.

 

1). Riesling Réserve 2014, Maurice Griss

Fin, délicatement floral et fruité (pomme verte, citron, poire), texture suave, très belle acidité parfaitement intégrée dans le corps du vin. Vin très désaltérant et d’une bonne longueur pour un vin si délicat en apparence, et prix très doux (7,50 euros). J’ai tellement aimé ce vin que j’ai appelé sa productrice, Josiane Griss, pour lui en parler et je vais aussi en commander car c’est une bonne affaire et cela correspond à ce que je recherche dans les vins de ce cépage. Le domaine se trouve à Ammerschwir et totalise 8,5 hectares. La fiche technique de ce vin donne ceci : 5,5 gr/litre de sucre, 12,5 % d’alcool totale et 5,7 d’acidité.

2). Riesling Grand Cru Frankstein 2012, Charles Frey

Les arômes de la famille pétrole sautent au nez d’une manière presque agressive au début. Un jour plus tard, ce phénomène s’est estompé, ce qui me laisse penser qu’un phénomène de réduction est en jeu ici, du moins partiellement. Le vin est décrit sur son contre-étiquette comme étant « minéral-complexe-persistant ». Je crois que c’est une erreur de tenter de décrire le goût d’un vin sur une contre-étiquette. Je l’ai trouvé plutôt « pétrolé-puissant-pas très long » et sa texture ferme et un peu herbacée. Sur le site officiel des vins d’Alsace, le sol du Grand Cru Frankstein, avec ses 56 hectares sur la commune de Dambach-la-Ville est décrit comme granitique. Tant pis pour le lien « indéfectible » entre des sols schisteux (ou calcaires) et les arômes de pétrole dans le Riesling !

kappstein

Il y a quelques mois, me trouvant dans le bar de mon hôtel à Adelaïde, en Australie du Sud, j’ai demandé un verre d’un Riesling de la Clare Valley qui était à la carte. Mes expériences récentes avec les Rieslings d’Australie, essentiellement d’Eden Valley, me laissaient à penser que je risquais de trouver une bonne dose de TDN dans mon verre. Il n’en a rien été ! Le vin m’a semble fin, suffisamment fruité et sans excès aucun, avec une très belle acidité, très fine. Du coup, j’ai bu un deuxième verre de cet excellent Riesling 2015 de Knappstein.

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Plus récemment, à Vienne, en Autriche, j’ai pris un verre de Riesling de la région de Wachau, d’un producteur nomme Johan Donabaum (Riesling Bergterrassen Federspiel 2015). Idem: nulle trace de pétrole et cette belle acidité longiligne qui porte les arômes subtiles sur la palais pendant longtemps, comme un écho.

Ce ne sont là que des anecdotes et qui ne me donnent toujours pas une explication du phénomène, ni de son absence. Mais ils constituent des preuves qu’il est possible de produire de Rieslings dénués de toute trace de TDN dans des climats assez variables.

Est-ce que quelqu’un peut me donner une explication rationnelle ?

David Cobbold


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Un riesling ? Mais comment le savoir avec celui-là ?

Je poursuis la petite série épisodique que nous consacrons, les uns et les autres, au riesling, ce grand cépage que nous admirons tant.

Pour avancer sur ce chemin, l’autre jour, j’ouvre la porte de la cave d’appartement qui trône dans ma cuisine et j’attrape une bouteille ayant la forme appropriée. Je crois l’avoir reçu du Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace, mais je n’en suis plus très sur. En tout cas l’objet se présente bien, avec une étiquette très élégante, beau papier et graphisme soigné. Puis je regarde le nom du producteur: Marcel Deiss. Très bonne réputation, vins de grande qualité, certes un peu chers et parfois imprévisibles au niveau des sucres résiduels non-mentionnés (ce producteur n’inclut pas d’échelle de sucre sur son contre-étiquette, comme d’autre bons producteurs le font), ce qui rend l’usage de ses vins un peu compliqués en cas d’improvisation. Puis je cherche le nom du cépage, mais en vain: il n’en porte pas (voir la photo). J’y vais quand même, car j’ai dégusté des grands rieslings de ce producteur et je suis de nature optimiste.

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Le vin était très bon. je l’ai dégusté, parfois seul, parfois accompagné, en trois séances différentes. Il avait l’intensité d’un grand riesling mais avec un arrondi plus tendre que d’habitude. Cela n’était pas uniquement dû, je crois, à un sucre résiduel qui devait tourner autour de 10 grammes. Je pensais en le dégustant que ce vin contenait aussi du pinot blanc et peut-être du sylvaner mais je n’en sais rien du tout car le producteur ne daigne mentionner aucun cépage sur un contre-étiquette qui, outre ce « détail », est plutôt loquace. Jugez pour vous-même, car je vous le reproduit en entier, après la photo :

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Domaine Marcel Deiss, Alsace, Langenburg 2012

« Vin aromatique, élégant et curieusement salé

Comme un mur vertigineux face au sud, structuré par des murets répartis sur toute l’altitude du coteau, murets qui peinent à retenir un granit gris, fatigué par l’érosion et presque moulu: ce terroir exprime la lutte de la roche et du climat, le travail opiniâtre de ceux qui remontent la terre, l’enracinement profond d’une vigne complexe, ou comment dans une bouteille cohabitent la salinité des granits, l’onctuosité solaire et l’accomplissement d’un travail de paysan toujours recommencé. »

Bon, c’est assez poétique, parfois factuel, parfois fantaisiste, tendance « la vérité est dans la terre » mais cela ne me dit rien sur l’encépagement de ce vignoble. Je vais donc sur le site web de Deiss et j’y trouve ceci :

« Terroir de Saint Hippolyte, en forte pente, aménagé de terrasses historiques, face au Sud et constitué de granite très dégradé, pauvre et maigre ; vigne complexe, réunissant les cépages les plus précoces et le Riesling dans une symphonie salée. »

Que déduire de tout cela, outre ma (très petite) satisfaction d’avoir identifié la présence du riesling ?

1). Que ce producteur aime le sel et en trouve partout, paraît-il. Personnellement le vin en question me paraissait tendre et très légèrement sucré, avec une bonne acidité qui ne se cachait qu’à moitié, mais pas du tout salé.

2). Qu’il n’est pas très cohérent dans sa communication car il mentionne un seul cépage, le riesling, dans un court texte sur son site web, mais aucun cépage dans un texte bien plus long sur le flacon lui-même.

3). Qu’il n’aime pas beaucoup parler de cépages, pourtant bien mis en avant dans la quasi-totalité des vins d’Alsace qui est son lieu de résidence et de travail. Il préfère broder de la poésie autour de la topographie et de la nature des sols. Pourquoi pas, mais est-ce suffisant ?

4). Qu’il aime des références historiques et (un peu, beaucoup ?) Barrèsiennes.

Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. D’abord  le vin est très bon. Il allie vivacité et tendresse dans un style élégant, fin et savoureux. C’est un vin qui a du style et du caractère. Je me moque un peu des descriptions de son lieu d’origine sur une contre-étiquette qui ferait mieux de donner des informations plus utiles au l’acheteur potentiel ; cépages, sucre résiduel etc. A la place, ce producteur verse dans le genre de snobisme obtus qui déclare, en substance (et ce n’est que ma version) que « la vérité est dans le terroir et si vous n’êtes pas capable de comprendre tout la complexité de cette affaire, vous n’avez qu’à passer votre chemin; nous n’allons certainement pas vous faciliter la tâche car nous sommes au-dessus de cela ».

Faut pas s’étonner alors que les vins tranquilles français perdent des parts de marché chaque année à l’export. Il ne savent pas bien se vendre, même quand ils sont bons ! Mais je ne nie nullement la qualité de ce vin ni de son emballage à la hauteur. Et, puisque j’aime le riesling et que je pense que d’autres partagent mon goût, pourquoi diable ne pas dire qu’il y en a ?

David Cobbold

PS. Au moment ou vous lirez ces lignes, je serai au salon Prowein ou j’espère déguster quelques autres beaux rieslings qui n’auront pas honte de déclarer leur identité.