Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Minervois-La Livinière

360px-Aude_(flume)Minervois, au nord de Carcassonne, et Corbières, au sud, se regardent à travers de la basse vallée de l’Aude qui les sépare. La première zone se situant sur les contreforts de la Montagne Noir, et le deuxième sur une partie du piémont des Pyrénées Orientales.

Environ quinze jours après avoir exploré, rapidement, l’appellation Corbières-Boutenac, j’ai visité son pendant de l’autre côté de la basse vallée de l’Aude, Minervois-La Lavinière. De part et d’autre de l’axe Carcassonne-Narbonne, qui se situe dans le sillon tectonique qui sépare les Pyrénées du Massif Central, deux zones de piémont servent de socle aux appellations languedociennes jumelles, Corbières et Minervois. A l’intérieur de ces deux zones assez étendues, et forcément hétéroclites sur le plan de la qualité des vins qui y sont produits, un groupe de producteurs dans chaque zone a mené une opération dont le but était de sortir leur production, ou du moins une partie, d’un problème d’image et de prix qui les handicapait sur le plan de la reconnaissance de la qualité, et donc de la rentabilité.

DSC_0154Cabanon de vigneron (il lui manque la couverture en lauzes) à côté du chai de Château Maris, avec la Montagne Noire au fond.

Le premier à dégainer, après les longueurs habituelles imposées par les rigidités du système d’appellations en France, fut Minervois-La Lavinière, qui sera le sujet de cet article. L’appellation existe officiellement depuis 1999. Corbières Boutenac, dont j’ai déjà parlé ici, lui a emboîté le pas quelques années plus tard, en 1985. L’approche dans les deux cas fut très comparable : délimiter une aire d’appellation restreinte avec des désignations parcellaires précises selon les critères habituels (climat local, exposition, altitude et types de sols), mais aussi imposer des règles de production (encépagement, rendement, vieillissement avant vente, etc.). Pour mener à bien un tel projet, puis pour le faire durer dans le temps en portant des résultats à la hauteur des espérances, il fallait aussi un petit groupe d’hommes et de femmes ayant conviction et ténacité.

DSC_0149Murs de pierres plates ponctuent le paysages et forment terrasses, comme ici au Clos d’Ora de Gérard Bertrand. La pose verticale est la plus résistante, mais la plus difficile à exécuter.

Minervois-La Lavinière, ou La Lavinière tout court comme les brochures de l’appellation aiment à la présenter, concerne actuellement un petit nombre d’hectares mais dont le nombre varie considérablement selon les sources: 350 hectares selon les documents de l’appellation, ou bien 200 hectares selon le site officiel des vins du Languedoc. Faudrait peut-être se mettre d’accord ! Comme à Boutenac, le potentiel classé est bien au-dessus de ce modeste chiffre, car l’aire comporte 2.700 hectares et touche 6 communes, et les producteurs utilisent tous (ou presque) les deux appellations dans leurs gammes. Encore une fois comme à Boutenac, l’appellation La Lavinière ne s’applique qu’aux seuls vins rouges. Les blancs ou les rosés sont nécessairement sous l’appellation de base, Minervois.

DSC_0129A La Lavinière on s’occupe aussi de retrouver les variétés de vigne rares, et même non-identifiées comme ici, en les plantant dans un conservatoire ampélographique

Les règles de l’appellation ont cru bon de limiter l’altitude maximale des parcelles acceptées à 330 mètres, et ceci d’une manière qui me semble assez arbitraire, surtout à la lumière du réchauffement climatique et de la nécessité de réduire les taux d’alcool dans les vins du sud. A part cela, je n’ai pas les moyens de trop chipoter sur la logique de ces règles qui, après tout, ont été établis par les producteurs eux-mêmes, même si je trouve certaines inutilement compliquées et restrictives. Des petits arrangements permettent parfois de simplifier un peu les choses ! La Lavinière et Boutenac font appel au même quatuor de cépages principaux (syrah, grenache, carignan et mourvèdre), mais avec des priorités différentes. Alors que Boutenac impose entre 30 et 50% de Carignan (attention: à la vigne, pas dans les vins !), La Lavinière impose que les trois autres constituent au moins 60% de l’encépagement. Dans les faits c’est la Syrah qui domine dans la plupart des vins de La Lavinière, ce qui n’est pas le cas à Boutenac. La Lavinière a aussi eu la sagesse de laisser en place quelques variétés plus rares : Lledoner Pelut, Cinsault, Aspiran Noir, Picpoul Noir et Terret Noir.

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Les contraintes techniques d’une appellation, qu’elle soient géographiques, végétales ou autres, sont une chose mais le vin se fait par les hommes et femmes, et c’est là où la volonté, la sensibilité, le talent et les techniques jouent des rôles qui font l’essentiel de le différence entre un vin et un autre dans la même appellation. A La Lavinière des personnalités fortes ont joué, je dirais nécessairement, des rôles clés dans la genèse et la promotion/défense de l’appellation. Cela a commencé avec ses fondateurs Maurice Piccinini et Roger Piquet, respectivement en charge de la cave coopérative La Lavinière et propriétaire du domaine privé Château de Gourgazaud. Cela s’est poursuivi avec Michel Escande, de Borie de Maurel, suivi par Patricia Domergue, du Clos Centeilles. Et la présidente actuelle est aussi une femme, Isabelle Coustal, propriétaire de Château Sainte Eulalie (en photo).

ETIC-OCA0007Comme les Cazes, de Bordeaux, bon nombre de producteurs ou d’investisseurs d’autres pays ou régions de France sont venus s’installer dans le Minervois, en apportant savoir-faire et faire-savoir.

A la différence de Boutenac, des investisseurs venus d’ailleurs, parfois de loin, parfois de plus près, pèsent aussi dans l’appellation La Lavinière et y apportent à la fois leur regard, leur savoir-faire, leur capacité à faire connaître, et leur réseaux commerciaux. Deux producteurs importants de la région languedocienne, Gérard Bertrand et la famille de Lorgeril, y côtoient les Cazes (de Bordeaux), les Grands Chais de France (de partout mais d’origine alsacienne), ou l’anglais Robert Eden et l’écossais Guy Crawford. Est-ce cela, ou l’ancienneté un peu plus importante qui expliquerait l’impact plus grand de La Lavinère (50% de plus de surfaces exploitées aujourd’hui) ? Je n’est sais rien mais je pense que cela joue.

 

Cette fois-ci je n’ai pas demandé à procéder d’abord à une dégustation extensive de tous les vins de l’appellation. C’était un tort de ma part que je regrette maintenant car cela ne m’a pas permis pas d’avoir une idée du niveau générale des vins de La Lavinière comme j’ai pu le faire avec ceux de Boutenac. Le voyage de presse, très bien organisé et encadré, à permis pas mal de visites et de dégustations assez détaillées dans sept domaines, puis des rencontres avec d’autres producteurs et quelques-uns de leurs vins lors de repas. Les domaines visités étaient Clos Centeilles, Borie de Maurel, Ostal Cazes, Clos d’Ora, Château de Fauzan, Château Maris et La Borie Blanche. Pour ma part, les dégustations les plus marquantes étaient celles des vins de Clos Centeilles, d’Ostal Cazes et de Château Maris, avec de bons ou très bons vins parmi ceux dégustés ailleurs ou lors des repas.

 

Le cas de Clos d’Ora est un peu à part dans cet ensemble. Il ne s’agit pas d’un clos au sens de clôturé, mais de 9 hectares faisant partie du vignoble de Laville Bertrou, géré comme une entité spécifique avec son petit chai très moderne et dépouillé et son lieu de réception au dessus. Le point qui frappe beaucoup d’observateurs, moi compris, est le prix de vente de ce vin. Un peu à la californienne, il vise un public très différent du reste de l’appellation et qui considère que plus un vin est cher, plus il est désirable ; car le Clos d’Ora se vend aux alentours de 200 euros la bouteille (le domaine annonce 185), alors que le prix moyen des très bonnes cuvées dans l’appellation est plutôt autour des 25/30 euros. J’ai dégusté ce vin en trois millésimes et il est très bon, pas surpuissant mais finement équilibré. Mais rien ne justifie objectivement un tel prix hormis une volonté de se positionner d’une manière symboliquement très forte, ce que Gérard Bertrand a osé faire. On pourrait penser que cela ferait sourire ou grincer des dents les autres producteurs de l’appellation, mais on aurait tort. En tout cas l’écho que j’ai eu était qu’ils sont heureux que leur appellation ait été choisie pour une opération de communication de ce type. Car il y a beaucoup de «comm» autour du projet, avec toute la panoplie du discours appuyé sur la biodynamie et du mulet qui tire la herse entre les rangs (comme par hasard en action au moment de notre visite), sur le terroir d’exception, etc., etc.

Je vous parlerai maintenant des vins plus abordables que j’ai aussi beaucoup aimé et qui donne un peu une idée des styles qu’on peut trouve à La Lavinière, tout en situant un peu les domaines qui sont à leur origine.

DSC_0140Patricia Domergue dans ses vignes au Clos Centeilles, près du village de Siran. Elle s’est bien battu pour son appellation et fait des vins formidables

 

Clos Centeilles

La maison et le chai se trouvent ensemble et tout près du petit village triste de Siran, ou nous logions dans l’hôtel de charme Château de Siran, qui est réellement charmant et qui doit être un des rares bâtiments de ce village ayant un peu de cachet. Patricia Boyer Domergue (qui n’est pas «du pays») a acheté ce domaine en 1990 et a longtemps présidé avec énergie la jeune appellation. Le clos est réel et ancien, et part de la petite église du 13ème siècle, Notre Dame des Centeilles. Patricia ne s’est pas contenté de suivre les règles des appellations mais a aussi beaucoup œuvré pour préserver et expérimenter la richesse ampélographique locale, devenue malheureusement historique en grande partie. Elle cultive, entre une vingtaine d’autres variétés, Rivayrenc (de différentes couleurs), Œillade et Araignan. Un des ses beaux vins blancs est issu de 15 variétés différentes en s’appelant Mosaïque de Centeilles. Le 2015, sous une désignation vin de pays, est complexe, un peu gras, de belle texture et long. La gamme est de ses vins est large car, sur ses 12 hectares de vignoble, Centeilles produit 9 vins différents à partir de 23 cépages., et dans à peu près tous les types (sauf bulles). Mais un seul est de l’appellation Minervois La Lavinère, et il est magnifique, alors je vais m’y limiter.

DSC_0143Magnifique calade au Clos Centeilles. J’aime tant le beau travail de pierre.

Verticale de Clos Centeilles (la plupart des ces vins fut dégusté à la découverte et au domaine)

chose rare : certains de ces vins sont encore disponibles à la vente au domaine, et seront plus faciles à trouver sur commande quand la nouvelle cave/oenothèque sera terminée.

1992

L’année de naissance de sa fille Cécile, qui commence à travailler à temps partiel sur le domaine tout en poursuivant ses études. Ce vin est encore un peu austère, donc resté très jeune, avec de la mâche causée par des tannins fermes, beaucoup de fond et de densité. Long et vibrant.

2001

(dégusté à l’aveugle mais à un autre moment, lors de la présentation de « La Collection de La Lavinière 2016)

Beau nez, évolué mais complet et accompli, avec une grande complexité. C’est raffiné et vibrant en bouche et l’ensemble est d’une grande finesse. Un vin toute en élégance qui a vieilli remarquablement.

2003

On dirait un Barolo de bel âge, tant les arômes de vieux cuir sautent au nez. D’une grande complexité, ce vin formidable est un des meilleurs que j’ai dégusté lors de ce voyage.

2007

Le nez est fabuleux et se révèle progressivement, couche par couche, avec une part de truffes généreusement servies, de la réglisse et de la prune en abondance. C’est aussi charmeur qu’intense et très long. Un autre vin splendide.

2009

La composition est donnée pour un tiers de chaque cépage, entre Syrah, Grenache et Mourvèdre. Je ne sais pas s’il en va de même pour les autres millésimes mais je soupçonne que cela varie selon le millésime et la matière.

Encore un nez formidable. Des tannins fins, presque fondus. Vin dynamique qui conserve une expression marquée par le fruit.

2010

(dégusté à l’aveugle mais à un autre moment, lors de la présentation de « La Collection de La Lavinière 2016)

Un jeunot selon les canons de ce producteur, car les millésimes postérieurs ne sont pas encore à la vente. Le nez est plus chaleureux que pour les autres, avec des notes de cacao et de torréfaction. C’est aussi plus robuste par sa matière, avec une pointe de sécheresse en finale qui montre que les tannins ne sont pas encore fondus. C’est un très bon vin mais qui mériterait un peu de patience.

DSC_0148Fabrice Darmaillacq, le Directeur Technique de l’Ostal Cazes, avec les bouteilles de la dégustation verticale

Domaine L’Ostal Cazes

Basé à l’ancienne Tuilerie Saint Joseph, qui fut d’abord restauré et derrière laquelle un chai moderne fut construit par Robert Eden (dont je parlerai plus tard), ce domaine fut crée par Jean-Michel Cazes et sa famille en 2002 après l’acquisition de deux propriétés puis le bâtiment. Il occupe maintenant 60 hectares de vignes et 25 d’oliviers sur un ensemble de 150 hectares. Il est géré sur place Fabrice Darmaillacq, le Directeur Technique, qui nous a rejoint à plusieurs reprises pendant le voyage et dont les commentaires furent toujours très intéressants. Les vins partent en tiré bouché à Bordeaux pour intégrer le réseau de distribution de la famille Cazes.

Verticale de l’Ostal Cazes

2003

Année de canicule et de vendanges précoces. Le vignoble venait d’être acquis et donc les replantations qui allait le modifier en profondeur n’avaient pas encore eu lieu. Les bords de la robe dense sont bien brunis. Le nez m’a semble assez bordelais, avec des notes de cèdre et de mine de plomb (mais est-ce imaginaire, connaissant le propriétaire ?) Les arômes me semblent par ailleurs un peu brouillés. En bouche c’est d’abord charnu, puis avec une touche de vivacité et un peu d’amertume en finale.

2004

Une année très contrastée avec la précédente, ayant été frais et pluvieux. La robe est similaire au 2003. Le nez est plus frais et plus tenu dans son expression. Ferme et « minéral », un peu monolithique dans son expression.

2005

La robe semble nettement plus jeune et le beau nez à encore la fragrance des fruits rouges frais. C’est un vin au stylé élancé et fin qui évite l’amertume des deux précédents et possède une belle longueur.

2007

La robe est encore plus juvénile que celle du 2005. Le nez combine notes épicées et de fruit confits dans un registre aussi jeune et frais. L’amertume est bien maitrisée et la texture soyeuse. Ce vin a gardé une jeunesse étonnante et reste parfaitement équilibré. Il était mon préféré de cette dégustation.

2009

Robe dense et nez chaleureux, aussi fumé qu’épicé. Je sens du fruit en confiture en bouche avec une finale trop chaleureuse à mon goût. N’a pas l’élégance des 2005 et 2007.

2010

L’année fut sèche. Beaucoup d’intensité de couleur et un nez dense, et peu expressif encore. Cet aspect massif est aussi évident en bouche. Les tannins sont bien présents mais l’équilibre tient bien. Vin long et bien structuré qu’il convient d’attendre quelques années.

2011

L’été fut pluvieux puis la période avant les vendanges fur sèche. Rendement généreux. Le nez est sur le versant de fruits confits et de la cuisson. Ce vin semble plus austère et ses composants (acidité/tannins/fruit) ne sont pas encore bien fondus. Vibrant de jeunesse, je pense qu’il fait mentir, comme d’autres bons vins de cette appellation, la tendance du marché à consommer ces vins jeunes. Il leur faut, au contraire, entre 7 et 12 and pour se révéler, après une phase de jeunesse ou leur fruité s’exprime pleinement.

2012

Un année très sèche, malgré des pluies vers le 15 août. La robe semble un peu moins dense. Le nez est délicieusement friand et offre toute la gourmandise de son fruit. Doté d’une jolie fraîcheur, moins tannique et concentré que le 2011 qui sera potentiellement plus complexe peut-être, on peut boire ce vin aujourd’hui.

Le domaine n’a pas mis en bouteille le millésime 2013

2014

Nez très frais et un vin carré, clair et net. Les saveurs en bouche sont précises et dynamiques, la qualité du fruit excellente et l’ensemble est bien équilibré malgré une pointe d’amertume en finale (mais qui pourrait être un atout dans le temps). N’a pas le charme du 2012 pour l’instant et finit sur une note chaleureuse.

En tout une belle dégustation qui prouve encore une fois la bonne capacité de garde de ces vins.

DSC_0169Robert Eden, de Château Maris, en pleine explication des ses vins

Château Maris

Celui qui a construit le chai d’Ostal Cazes et qui l’occupait alors s’appelle Robert Eden, un anglais qui a roulé sa bosse en Australie et ailleurs avant d’atterrir dans ce coin du Languedoc. Il a maintenant un nouveau chai, construit selon des principes très écologiques pour vinifier et faire murir les vins de son domaine, appelé Château Maris. On connaît encore peu ces vins en France car ils étaient surtout exportés un peu partout, mais cela commence à évoluer et on peut en trouver dans des réseaux « bio », ou chez Metro. Eden a acquis le domaine en 1997 et l’a rapidement converti en viticulture bio et biodynamique. On trouve dans le chai la panoplie du genre avec des cuves en béton et en bois, des œufs en béton, une climatisation naturelle et, pour le visiteur, des odeurs très agréables et une sonorité apaisante. Vous me direz « et alors ? » Je vous répondrai que c’est bien agréable lorsqu’on y passe une heure à déguster et à écouter.

Nous avons dégusté une bonne série de vins et je ne suis pas certain que tous revendiquent l’appellation Minervois-La Lavinière. Tant pis, ils sont bons quand-même, mais pas donnés. Pourquoi est-ce que les vins « bio » sont souvent vendus si chers ?

DSC_0163

Les Anciens 2014

Un pur Carignan, ce vin est un délice avec une belle intensité de fruit et beaucoup de fraîcheur. Long, pur et très bon. (Prix dans les 19 euros).

Las Combes 2013

Un pur Grenache, très juteux aussi et qui a su rester frais. (Même prix).

Les Planels 2014, Minervois La Lavinière

80% Syrah, 20% Grenache. Vibrant et très juteux. Excellent. (prix inconnu)

Les Amandiers 2014

Un pur Syrah, élevé en barriques neuves. Soyeux de texture avec une superbe qualité de fruit et très long. (prix 35 euros)

Brama 2014 (blanc)

Grenache gris à 100% vinifié à la bourguignonne (je crois). Long et gras, mais avec une vivacité extraordinaire. J’ai beaucoup aime ce vin. (prix dans les 30 euros)

Mirren de LorgerilMirren de Lorgeril

Vignobles de Lorgeril, Borie Blanche (verticale de la cuvée La Croix)

Les Lorgeril sont propriétaires d’une demie douzaine de domaines en Languedoc et en Roussillon. Borie Blanche fut acquis il y a 20 ans en le chai actuel est occupé depuis 2002. La vinification fait appel à un fonctionnement par gravité et un système de pigeage aménagé dans un chai ancien qui reste naturellement frais grâce à se construction en hauteur et partiellement enterré. On voit ici une combinaison intéressante entre techniques anciennes, bien aidés par des choses très modernes car la suivie de la vigne est aidé par de l’imagerie satellite. Grenache et Syrah dominent les plantations, dont les nouvelles reviennent au système du gobelet.

Des deux millésimes de la cuvée appelée Borie Blanche, terroirs d’Altitude, j’ai bien aimé le 2012, frais et délicat, mais j’ai trouvé le 2013 anguleux et simple. Ce vin vaut dans les 10 euros, ce qui constitue une entrée de gamme pour l’appellation. S’en est suivie une bonne verticale de la cuvée haute de gamme, appelée La Croix. Son prix de vente se situe entre 25 et 30 euros.

La Croix 2008

Le nez reste marqué par le bois. En bouche on trouve une matière splendide, vibrante et juteuse. Sa tenue dans le temps est remarquable, le vin semblant encore jeune et vivace.

La Croix 2009

La matière est très belle, charnu et longue en bouche. Les tannins semblent plus fermes, ou bien plus extraits. J’ai préféré le 2008 sur le plan du style.

La Croix 2010

Nez magnifique, aussi frais que profond. Très intense et long en bouche, il semble très complet mais aura besoin de temps car sa densité est encore un peu chargée.

La Croix 2011

On trouve peut-être davantage de précision dans ce vin hyper juteux avec un équilibre parfait. C’est aussi fin que gourmand. Excellent vin.

La Croix 2012

Précis mais plus austère que les deux précédents. Les tannins semblent déjà fondus et l’équilibre est bonne.

Comme chez l’Ostal Cazes, il n’y a pas eu de 2013

La Croix 2014

Prometteur, forcément très serrée encore. Patience….

 

D’autres vins que j’ai bien aimés, lors de divers dégustations ou repas :

Château de Fauzan, la Balme 2008 (environ 15 euros, je crois : distribué en France par Grands Chais de France)

Encore un vin qui a su conservé une belle qualité de fruit après 8 ans. Je commence à croire dans la capacité de garde des meilleurs vins de cette appellation. Structuré et équilibré aussi. J’ai dégusté d’autres vins prometteurs de ce domaine. L’approche de ce jeune vigneron, qui est aussi très intéressant à écouter sur l’histoire et la géographie de sa région, laisse penser que ce domaine va très bien évoluer dans les années à venir.

Clos des Roques, Mal Pas 2008 (16 euros)

Un vin dans lequel domine le mourvèdre (avec du syrah) et qui a subit une vinification intégrale. Excellent.

Domaine de Tholomies 2011

Ce domaine a été acquis par Grands Chais de France, le plus grand producteur de vin dans ce pays et qui amorce un virage remarqué vers des produits haute de gamme en complément à ses activité de base. Dans la Languedoc, cette société a aussi rachetée Les Belles Eaux (ex-Axa millésime) et l’ancien domaine de Chantal Comte, la Tuilerie. Vin très juteux autour d’une superbe qualité de fruit. C’est peut-être encore un peu massif mais sa longueur et son équilibre indiquent un beau potentiel. Le millésime 2011 sort souvent très bien dans les dégustations que j’ai pu faire dans cette région, bien que je n’aime pas trop généraliser sur les millésimes.

Château de Cesseras 2012 (environ 15 euros)

Faisant partie de la sélection « Collection 2016 » qui a été faite par un jury de sommeliers et de journalistes, ce vin a un nez splendide, aussi élégant que complexe. Son caractère m’a semble presque bourguignon, entre autres par sa finale en dentelle. Cela semble aussi une bonne affaire.

Domaine La Syranière 2013 (23 euros)

Peut-être un peu marqué par son élevage encore mais une belle réussite dans une année qui semble avoir été difficile. Dans la gamme « vin de garde », avec beaucoup de matière et une belle précision. Je l’ai gouté deux fois, dont une à l’aveugle avec la série « Collection 2016 ».

Borie de Maurel, La Féline 2014 (environ 15 euros)

La touche laissée par la macération carbonique m’a un peu gêné au nez, mais la suite est charnue, riche et long en bouche.

 

Conclusion

Une bien belle appellation, aussi bien sur le plan physique (topographie, paysages et lieux) que pour la qualité de ses meilleurs vins. Nul besoin de payer 200 euros, ni même 50, pour se faire très plaisir avec un Minervois-La Lavinière. Une trentaine euros suffiront pour acheter les meilleurs cuvées et on peut aussi trouver de belles choses autour de 15 euros, du moins en France.

Une de mes bonnes surprises a été la très bonne tenue dans le temps de certains vins. Peut-être que la part relativement forte du syrah y est pour quelque chose ?

Je suis personnellement rétif aux arômes gazeuses induits par une macération carbonique mal maitrisée et je trouve que cette technique fait se ressembler les vins les uns aux autres, tout en durcissant les tannins. Mais peu de vins dégustés souffraient de cela et plusieurs domaines n’ont pas, ou de moins en moins, recours à cette technique.

C’est aussi une région ou les fortes personnalités sont bien présents, ce qui rend les visites souvent passionnantes.

David Cobbold

(texte et photos)


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Les cépages rares de Lionel Osmin

En cette semaine qui va me voir entamer un processus de demande de naturalisation française, si l’Etat m’y autorise, je préfère parler d’un coup de cœur pour des vins plutôt que me désoler devant le petitesse d’esprit et la bêtise de 52% de mes concitoyens britanniques. Quelle tristesse !

Il s’agit d’une petite série de 3 vins que j’ai reçu et dégusté la semaine dernière. J’ai déjà parlé dans ce support de Lionel Osmin, négociant/vinificateur (avec son associé Damiens Sartori) du Sud-Ouest de la France et de tout le bien que je pense de sa démarche et de ses vins. Ces trois vins se démarquent du reste de la gamme, non seulement par leur présentation très dépouillée, mais aussi par le fait qu’ils mettent en avant trois cépages très rares rares du sud-ouest qui ont tous failli disparaître : abouriou (rouge), prunelard (rouge) et ondenc (blanc).

lionel-osminLionel Osmin

Les deux derniers ont probablement été sauvé d’extinction par le très estimé Robert Plageoles, à Gaillac. J’ai le souvenir, il y a une trentaine d’année, d’une visite de son vignoble lorsqu’il me montrait une courte rangée de vignes à côté de son chai en me disant qu’il s’agissait de plantes d’un cépage que son père avait conservé. Il s’agissant de l’ondenc et il a poursuivi l’expérience en plantant cette variété à plus grande échelle et en a fait, notamment, de très grands liquoreux. Il a aussi beaucoup œuvré pour la conservation du prunelard/prunelart et son fils, Bernard, réalise de magnifiques vins rouges aujourd’hui avec ce cépage.

L’Abouriou vient plutôt du Lot et Garonne et tient son nom de l’occitan aboriu qui signifie « précoce ». Autrefois très présent dans la région entre Villeréal et Marmande, il a beaucoup reculé, mais quelques vignerons, dont Elian Da Ros, l’utilisent encore. Cette variété précoce, résistante aux maladies, coloré et tannique mais peu acide, est certainement ancienne dans le coin car il a de multiples synonymes : Gamay Beaujolais à Puy l’Evêque, Loubejac en Dordogne, Gamay du Rhône, Malbec argenté, Négret de la Canourgue, Noir hâtif, Pinotou, Plant Abouriou, Précoce Naugé, Précoce Noir, Pressac de Bourgogne. Malgré certains synonymes mentionnés, il n’a aucun lien génétique avec le Gamay, mais a des liens de parenté avec le Malbec et avec le Merlot, via la Magdeleine Noire des Charentes.

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Le Prunelard a des origines tarnaises ou haut garonnaises et tient son nom du mot occitan prunel qui signfie prune, en référence à la forme de la baie. Il est l’un des parents (avec la Magdeleine Noire des Charentes) du Malbec.

L’Ondenc fut mentionné dans le Tarn en 1783 par Rézeau comme étant « un des meilleurs raisins que je connoisse pour manger et faire du bon vin ». Il fait partie du groupe ampélographique Folle. Le sens exact de ce nom n’est pas très certain. Il signifie « ondulante » en langue occitane, soit pour souligner sa capacité de faire des vins secs ou doux, soit pour décrire l’aspect de ses feuilles.

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Les trois vins de Lionel Osmin sont d’une belle présentation dans des flacons relativement lourds et larges, sans exagérer sur ce plan. Les étiquettes sont d’une parfaite sobriété, élégantes et efficaces. Ont-ils une appellation ? Je dois dire que je n’en sais rien et que je m’en fous totalement. Il sont très bons, ils ont du caractère qui vient à la fois de leurs cépages et de leurs climats, et cela suffit amplement à mon plaisir.

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Je ne vais pas vous ennuyer avec des notes de dégustation, surtout parce que je n’en ai pas pris. Mais j’ai aimé chacun des ces vins à sa manière. D’abord l’Ondenc : parfaitement sec, « tendu » comme on dit en ce moment, mais avec une texture qui m’a fait penser à du lin, très doucement accrocheuse sans être aucunement agressive. Ce n’est pas exactement gras, mais il a de la substance et un fond assez ferme, ce qui lui donne du caractère. C’est généreux et austère en même temps, ce qui intrigue et rend la complexité des impressions passionnante. Je l’ai bu sur une période de trois jours, en le partageant à une occasion avec Sébastien, mon collègue de travail. Le vin n’a pas flanché, ce qui semblerait indiquer une bonne capacité de garde. Puis vient l’Abouriou : le plus austère des trois, avec des tannins secs mais fins, une texture néanmoins délicate et une légère amertume qui semble remplacer l’acidité. Il a ce caractère rocailleux des accents du sud-ouest, mais sans la chaleur des vins du Languedoc. Il semble même relativement léger en alcool. Ce n’est pas un charmeur, mais il est l’image d’une certaine droiture authentique, franc de collier et frais d’esprit. Enfin le Prunelard, certainement le plus complet des trois, avec cette alliance parfaite entre rondeur gourmande et une structure qui signe tant de cépages rouges de la région. J’ai adoré ce vin et la bouteille n’a durée qu’une séance à deux.

Quand je déguste des vins, il arrive très souvent que je n’en connais pas les prix et, du coup, j’essaie de mettre un niveau de prix sur les bouteilles en question. Je les avais estimé, vu leur qualité, la présentation et leur très faible tirage, dans une fourchette qui se situerait entre 15 et 25 euros la bouteille. Mais je me suis largement trompé car ils valent un peu moins de 10 euros départ chacun, ce qui constitue, selon moi, un excellent rapport qualité/prix. Du coup, j’en ai acheté. La vie est simple, parfois !

Je vais tâcher de me consoler de cette stupidité sans nom qu’on appelle Brexit (tout n’est que slogans débiles dans la tête de ces gens) et buvant ces trois vins formidables sans la moindre trace de modération et en rêvant à mon passeport français (ou, encore mieux, gascon/européen).

David Cobbold


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Georgia on my mind

This article will be in English as I do not have the time to do a French version as well. Maybe later. In any event, how could I resist including this classic from Ray Charles, given my title?

I have just returned from my first visit to Georgia, the country, which with some reason claims to be « the cradle of wine ». Whether it is or not does not really matter. Wine has certainly been produced in this region around the Caucasus mountains for around 7000 years, and most of the neighbouring countries lay a claim to having been the first to have produced a wine. But they did not exist then as countries, so where is the relevance? Perhaps in terms of symbols, and we know the importance of these. What is more certain, and equally interesting, it that our word (at least that used in most European countries) for wine comes from the Georgian language: their word is ghvino. Just take a look at the map below to see how this word has spread, and one could add the Ancient Greek word oinos to all of these, as its root is the same. And we know the Basques and the Hungarians are a bit different, linguistically speaking.

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England also owes a specific debt to Georgia as they have adopted the same patron saint, St.George, and basically the same flag. But back to wine. Georgia spent some 80 years as a Soviet republic, but had previously been annexed by Russia in 1810. The Soviet episode, as in other countries, played havoc with wine production, and generally destroyed many things and mentalities. Productivism ruled and quality went down the drain. The winery that I visited for my work was initially conceived under the Soviet rule as « Production Centre Number 2 » and made only white wines, mostly sweet and with no vineyard holdings. Today, after a period of ownership shared between Pernod Ricard and local shareholders, GWS (Georgian Wines & Spirits) now belongs to Marussia, who also own Château Mukhrani. The region in which they are implanted is called Kakheti, and it is the major producing region of the country. Georgia has 18 different wine appellations and a huge number of grape varieties.

Getting to Kakheti and its regional capital Telavi involves a twisty 90 minute drive through mountains, avoiding potholes and cows, heading eastwards from Tblissi, the capital of Georgia. GWS now holds almost 400 hectares of vineyard land, about 350 of which are currently planted. The frontier with Azerbaijan lies a bit further east.

Georgian Wine Map 1

GWS, who produce a couple of brands (Old Tbilissi and Tamada, with others in the pipeline) have come a long way since the soviet era. Not only are all their vineyards now fully cultivated with zero use of weedkillers, but one large plot on the foothills of the Caucasus mountains is under organic conversion. Investment takes time to produce results, but it seems to me that they have started with the right basics: getting their vineyard into order. Comparative blind tastings that were conducted when I was there proved the point that their wines are now amongst the very best in the country at all price points, both reds and whites. This message will take some time to trickle down to markets, and will of course need to be confirmed over time, but the unfinished wines from the 2015 harvest are very promising, particularly these from the Saperavi (red) variety. Speaking of varieties, Georgia almost certainly boasts the greatest ampelographical diversity of any country, with some 540 varieties listed. Only about 40 are in regular current use, but even so… As to markets, wine is a national drink, so the domestic market is important, although a lot of what is sold is in bulk. Russia is the key market and when the Russian bear gets a cold, Georgia sneezes. Then there is Ukraine, Kazakstan and Poland, with a start being made in China. This explains why we rarely see any georgian wines further west. Here in France people always talk about qvevri wines (those made un underground amphoras) when they mention Georgia. But this ancestral technique is quite marginal in volume terms, though very specific. I saw them in place and tasted some of the wines. When they are clean (bacterial problems and v.a. are frequent) they can be very interesting, with unusually tannic whiteq due to the prolonged skin contact. Not for the faint-hearted and definitely for use at table.

vigne en fleur;jpgThis could be a Saperavi vine, I’m not sure, but it is flowering. You can just see the very stony alluvial ground that lies in the valley near the Alazani River.

For the past few years the management of GWS has been handled by Philippe Lespy, a Frenchman from the Landes region, who is passionate about his work and feels the potential that there is in Georgia for wine when things are handled properly. Assisted by an increasingly competent team, he could well be one of those who will take Georgian wines to a higher plane in the future. I certainly hope so as his love of the beautiful things in this country also extends to music and architecture, as he was proud to show us. I hae often admired the courage and the skills of the Georgian rugby teams and players. Now I have also felt some of the beauty of some of their more ancient traditions.

polyphonieGeorgia or Corsica? To hear these polyphonic singers during a magical evening performance without knowing where you were, you could get it wrong….

Alaverdi monasteryThe Alaverdi monastery with the Caucasus mountains in the background. The church dates from the 5th to the 8th centuries. The Soviets whitewashed out all of the paintings that covered the inside. Little has been recovered but the architecture is very impressive.

IMG_7577Philippe Lespy (behind) and his Georgian collaborateur Giorgi Mouravidze in one of the GWS vineyards

David

(text and photos)

PS. Am in Vienna for the Vie Vinum annual wine fair. More about this soon…


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On l’avait presque oublié: le Terret Gris

On dit qu’il remonte à l’Antiquité. Le Terret est en tout cas un des cépages les plus anciens du Languedoc. Et l’un des plus plantés, de la fin du Moyen-âge jusqu’à l’invasion phylloxérique. Son moût servait autant à faire du vin que des eaux de vie ou des vermouths comme le Noilly Prat.

Si l’on retrouve le Terret Noir jusqu’à Châteauneuf-du-Pape, ses mutations blanche et grise sont une spécificité du département de l’Hérault.

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Un grand déclin

On en trouvait encore un bon 15.000 ha fin des années 50. Depuis, il a presque disparu. À peine 69 ha ont été recensés en 2011. Il y a toutefois un regain d’intérêt pour l’antique cépage, notamment dû au réchauffement climatique. Car le Terret Gris est mûr à 12° d’alcool, tout en gardant une grande fraîcheur. Un atout pour les assemblages ou pour des cuvées de blanc sec et vif comme celle élaborée par le Clos du Gravillas.

La plante

Vigoureuse, mais moyennement productive, du moins dans les sols pauvres, au port dressé, elle se couvre de grandes feuilles à 5 lobes aux sinus étroits, elles rougissent en périphérie dès l’automne. Ses grappes moyennes à grandes, de forme tronconique, relativement compactes, portent des baies légèrement ellipsoïdes à peau épaisses qui se colorent de gris rosé à maturité. Cette dernière intervient en troisième époque tardive.
Le Terret Gris résiste bien à la pourriture grise et à l’excoriose, mais il est sensible au mildiou, aux vers de la grappe, aux araignées jaunes, à l’érinose, au grillage des baies.

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Dégustons un 100% Terret Gris

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Emmenez-moi au bout du Terret 2014 VDP des Côtes de Brian Clos du Gravillas

Une robe pâle presque transparente, à peine teintée d’un rien de jaune vert qui brille lumineux dans le verre. Au premier nez… rien, il faut attendre. Le faire tourner. Puis, d’un coup surgit l’anis, la nuance florale qui évoque ces pâtisseries méditerranéennes couvertes de pignons grillés. Vient encore la violette et la guimauve pour la tournure élégante. La bouche étonne par sa fraîcheur. Elle n’est pas vive mais aérienne comme le vent qui souffle parfois froid sur les vignes et soulève ce grain calcaire qu’on retrouve, grain subtil, sur la langue. La violette se précise, renforcée par le sésame pilé. Et puis toujours cette fraîcheur qui nous entraîne, encore et encore, jusqu’à chanter « emmène-moi au bout du Terret…»

Voilà pour l’analyse, mais on peut le boire comme ça, sans réfléchir, blanc frais qui nous plaît.

Les vignes de 50 ans poussent dans un sol de gravelles calcaires perché à 260 mètres. Le vin est élevé 11 mois en pièces autrichiennes (Stockinger) de 500 litres.

Ce blanc frais s’avère agréable avec les produits de la mer, poissons blancs, coquillages et crustacés. Il résiste sans broncher à un avocat aux crevettes grises, voire à un œuf mayonnaise.

Le domaine

Nicole et John, un couple franco-américain, se sont installés à Saint-Jean-du-Minervois en 1996. Le vignoble en plein milieu du Causse offre un paysage plus minéral que végétal. Le calcaire blanc omniprésent éclabousse de lumière la quinzaine de cépages qui occupent les 9 ha du petit domaine. La conduite viticole se fait en mode biologique.
Quant au Terret Gris, le vin produit par les premiers 30 ares complétait les Grenache et Macabeu de l’Inattendu. Mais sa saveur singulière décida les Bojanowski d’en faire une cuvée particulière. Ensuite, l’opportunité d’acquérir un bon 60 ares de plus fit passer la production d’un bon 500 bouteilles à quelque 2.000 cols.

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www.closdugravillas.com

Ciao

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Marco

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Riesling d’Alsace, la paix (2 ème fournée)

Je suis maintenant sur un autre riesling, un 2005, un autre genre bien que lui aussi de Vendanges Tardives. Je suis dans l’interprétation bien dosée, précise et sage des dames Faller. Le vin a été vinifié par Laurence, aujourd’hui partie rejoindre le paradis des vignerons, à partir d’une vigne d’une autre terre, d’une autre vigne, celle du Schlossberg, celle d’un autre Grand Cru. La blondeur n’est plus vraiment vénitienne car elle est moins soutenue. Outre de très légers reflets gris-vert, on a un vin plus lumineux, plus ensoleillé, plus jaune, plus blond quoi. Ici, on est sur la douceur fruitée, notes d’angélique et de poire confites, de fleur de tilleul par la même occasion. La douceur est présente tout du long, un peu trop penseront certains chichiteux. Pour ma part, je la trouve certes aguichante, mais belle et pas du tout ennuyeuse. Encore une fois on doit cette beauté singulière à la grâce et la fraîcheur acidulée qui l’habille. Revue quatre jours plus tard, alors que le flacon était à moitié vidé, cette grâce particulière semblait revivre avec un surcroît d’intensité.

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Ce 2005 me revient en bouche avec limpidité. Il s’étale en gras et fraîcheur, avec une saveur d’une insondable diversité (tilleul, mangue, ananas, miel, truffe, clémentine, cédrat confit, écorce de citron…), une richesse démultipliée, plus prononcée et bien plus persistante qu’au début de l’ouverture. La finale est d’une telle infinie longueur qu’elle me fait renoncer au comptage des caudalies vers lequel il m’arrive de glisser. Et c’est sans parler de l’étendue de fraîcheur qui tapisse le palais un bon moment après avoir avalé le vin. Cela me fait penser à un vaste horizon de montagnes qui pourraient bien ressembler à la Route des Crêtes vosgiennes. Une fois de plus, j’ai débouché un monument, un modèle du genre riesling.

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Plus vieux ? Voyons un 2004, par exemple. Prenons un des plus grands noms : le Clos Saint Urbain (vous saurez tout ici, en allant jusqu’au bout) en plein cœur du très volcanique Rangen, celui de Thann qui fut tant admiré par Michel de Montaigne. En ce temps-là, pas au temps de Montaigne, bien sûr, mais au temps béni où je me rendais souvent Alsace, l’immense Léonard Humbrecht était encore aux côtés de son fils Olivier comme il l’est probablement toujours, mais de manière plus discrète. Peu importe d’ailleurs, car la discrétion est ici affaire de famille : on a beau être grand par la taille, par la qualité du travail et les soins que l’on apporte à la vigne, ce sont des valeurs dont on ne se vante pas. Comme d’autres l’ont écrit avant moi, c’est en buvant son vin que l’on voit le vigneron.

Robe jaune jonquille, la finesse du nez ne demande qu’à répondre aux sollicitations de ma main qui ne cesse de faire tournoyer le liquide. À chaque mouvement de mon poignet, le vin exhale, tantôt crémeux, tantôt floral, une pointe de rose fanée par ci, un nuage de lilas mauves et d’iris par là. Indéniable finesse au nez, bouquet intense, on sent une fois de plus venir la truffe blanche qui va pouvoir accompagner un risotto aux petits pois.

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J’ai vraiment eu du pif en mettant ce vin de côté, car je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup encore en vente. En effet, il fallait parier à l’époque sur la structure et la puissance du riesling associé à la roche du Rangen pour se dire que cela en vaudrait la peine plus de dix ans après. Pour une fois que je m’envoie des fleurs… En bouche un aspect prégnant, une présence inouïe et persistante, une volonté incontrôlable de vouloir marquer le palais, une manière noble de s’imposer. Vingt quatre heures après, un peu plus de caractère salin, semble-t-il, plus herbacé aussi, avec la force qui s’en suit, le riesling n’est pas prêt de s’effacer. Les effluves floraux se sont presque tous volatilisés mais l’impression de finesse est encore là. Et la fraîcheur reste en bouche telle une veilleuse qui vous enjoint de fermer les paupières sans pour autant s’endormir. Un rêve éveillé. Hélas, je n’ai plus de foie gras mi-cuit au naturel à me mettre sous la dent… encore moins de risotto.

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Évidemment, après une telle pointure, il va falloir être très clément envers le vin qui suit, juste dans la foulée. Une teinte de bronze assez prononcée, un nez de fruits confits (pruneau, ananas, pomme…), un tantinet oxydé, assez concentré et mou en bouche, au premier abord, ce 2004 du Rosenberg, celui de Wettolsheim, est un beau piège de dégustation aveugle pour la bonne raison qu’il est déroutant, complètement inattendu. Ses parents, Geneviève et François (ce dernier aujourd’hui disparu) Barnès, sont des biodynamistes convaincus, comme la plupart des vignerons qui m’ont interpellé en Alsace ces trente dernières années. Le vin qui, tout compte fait peut paraître un peu brumeux au départ, se dévoile peu à peu et s’ouvre sur la fraîcheur. Étrangement, il nous fait d’abord penser à un Jerez avec quelques touches de noisette fraîche en bouche, mais comme j’ai horreur de ces comparaisons, je n’insiste pas…

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À l’aération forcée, il évolue toujours dans son sens initial, voguant sur l’oxydatif, allant de plus en plus vers la ténacité, la longueur et une finale plutôt sèche et feuillue d’un fort bel effet ma foi. Il me fait penser à un écrivain classique d’un autre siècle ruminant son histoire, penché sur une table éclairée par une chandelle. Ma compagne, elle, n’a guère apprécié ce style, ce qui fait que j’ai bu ce riesling très spécial à moi tout seul comme à chaque fois que j’ouvre une bouteille de fino d’ailleurs. À l’instar du précédant, il affiche bien ses 14° d’alcool et c’est à température cave que je l’apprécie le mieux (entre 13 et 15°) sur un fromage à pâte dure, vieux cantal ou beaufort. Je serais aussi curieux de voir ce qu’il donnerait sur un vieux parmesan, mais voilà, je n’en ai pas sous la main. Mon fromager non plus !

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Je sais que les dégustations sont toujours matière à caution, que ça ne passionne pas le gros de nos chers Lecteurs, que les mots utilisés pour décrire un vin ne plaisent pas à tout le monde, et qu’en outre la naïveté que j’aie qui consiste à aborder un vin comme s’il s’agissait d’un personnage important, ne sied guère. Mais voilà, vous n’y couperez pas ! Afin de rattraper mon retard sur le sujet du dieu Riesling, vous aurez droit Jeudi prochain à une troisième et dernière fournée. Tant pis pour vous !

Michel Smith

 

 

 

 

 


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Découvertes en Grèce (2/2)

Je poursuis, ce lundi, mon compte-rendu de la dégustation tenue récemment à Paris par le restaurateur et importateur chypriote, Mavrommatis. Cela intéresse peut-être peu de monde (comme l’écrit Hervé dans son papier du 17/02), mais il faut bien défendre les vins que nous aimons.

La semaine dernière j’ai parlé essentiellement des vins blancs, et exclusivement de vins issus de îles. Cette fois nous passerons au continent et à ses différentes parties, avec, cette fois-ci, le rouge comme couleur  dominante.

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Pour simplifier, on peut diviser la partie continentale de la Grèce en trois grandes zones. Au nord, qui aboutit aux frontières avec, d’ouest en est, l’Albanie, la Macédoine et la Bulgarie, on trouve les régions d’Epire, de Macédoine, de Drame et de Thrace.  Dans la partie centrale il y a la Thessalia, l’Attique et la Béotie, auquel on peut rattacher la longue île d’Eubée. Enfin, au sud du golfe de Corinthe, on terminera le voyage avec la Péloponnèse. On n’oublie pas que c’est un pays de montagnes, entouré par des mers. Des influences méso-climatiques très variables donc et qui se rajoutent à une gamme formidable de cépages autochtones pour donner beaucoup de diversité de styles. Je suivrai le parcours esquissé ci-dessus avec mon compte-rendu des vins que j’ai aimés.

 

Le Nord : Macédoine

 

Domaine Kir Yianni

Les vins de ce domaine m’ont semblé parmi les meilleurs que j’ai dégusté ce jour-là. La qualité m’a semblé constante d’un vin à un autre, mis à part un blanc un peu faible. Tous les vins que j’ai sélectionnés sont issus du cépage Xinomavro, presque à 100%.

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AOP Amyndeon, Akakies 2013 (vin rosé)

100% Xinomavro

Ce cépage, réputé difficile et dont le nom signifie « acide noir », est largement planté dans la région.

Beaucoup de couleur, et cela fait du bien de voir cela dans un monde de rosés de plus en plus pâlots. Un nez formidablement plein de fruits rouges et noirs, avec une sensation agréable d’amertume dans le fond. Parfaitement sec, très vif et avec une pointe agréable d’amertume en finale. J’en ferai bien mon rosé d’été de ce vin plein de caractère.

prix 12 euros

 

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AOP Naoussa, Ramnista 2012

100% Xinomavro. Ramnista est le nom de la parcelle dans cette AOP

Finesse et matière se lient avec une acidité élevé et une structure tannique assez importante. Bonne longueur.

Prix 22 euros

 

AOP Amyndeon, Kali Riza vieilles vignes 2013

100% Xinomavro

Un joli nez de cerise amère avec des notes fumées. Vin assez vif, plaisant et bien net, très désaltérant en partie grâce à la touche d’amertume en finale. Pas très long mais très agréable.

Prix inconnu

 

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IGP Imathie, Diaporos 2011

92% Xinomavro, 8% Syrah

Un vin clairement plus ambitieux avec sa bouteille lourde de type bourguignon. C’est puissant, avec beaucoup de relief et aux tannins puissants. Très bon

Prix 36,50

 

Domaine Kechris

Ce domaine produit, entre autres, de très beaux vin résinés

 

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100% Roditis

Très parfumé et délicat avec des saveurs légèrement salines

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Restsina Kechris, Les larmes du pin

100% Assyrtiko, elevage en barrique

Magnifique vin qui combien force et finesse. C’est long et savoureux avec une très belle fraîcheur. L’assyrtiko apporte sa vivacité vibrante. Probablement le meilleur résiné que je n’ai jamais dégusté.

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IGP Macédoine, The 4th dimension 2014

60% Assyrtiko, 40% Sauvignon Blanc

Un très beau vin, aussi intense que complet dans ses saveurs. L’alliance est ces deux cépage et très réussi et l’harmonie et aussi belle que le dynamisme de l’ensemble.

Pas importé malheureusement.

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Le Centre : Thelassonique

 

Domaine Gerovassiliou

Ce domaine est très proche de la mer et donc sous forte influence méditerrannéenne

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IGP Epanomie, Malagousia 2015 (blanc)

100% Malagousia issu d’une seule parcelle

Très aromatique grâce en partie à une macération à froid. Sa belle texture soyeuse est sûrement aidé aussi par un élevage sur lies. Très belle qualité de fruit et longueur. Excellent blanc.

Prix 19,50 euros

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IGP Epanomie, Avaton 2012 (rouge)

40% Limnio, 40% Mavrotragano, 20% Mavroudi

Harmonieux et riche, bien équilibré avec beaucoup de matière et de la chaleur. Les tannins y sont bien intégrés. Long.

Prix 32 euros

 

 

Le sud : Péloponnèse

 

Domaine Mercouri  

IGP Péloponnèse Foloï 2015

90% Roditis et 10% Viognier, cuve inox

Ce vin blanc issus de coteaux du Mont Foloï, à des altitudes entre 450 et 650 mètres, m’a donné une autre vision de ce cépage roditis qui est à la base de beaucoup de retsinas pas toujours glorieux (même s’il y a des plus en plus de bons). L’association avec un peu de viognier augmente le caractère fruite du vin qui est autrement très vif et précis avec une bonne longueur

Prix public 12 euros

 

IGP Péloponnèse Lampadias 2015

Agyorgitiko, negroamaro et syrah (je ne connais pas les proportions et cela m’est égal)

De ce rosé sec et délicat émanaient des arômes très prenants de roses anciennes. je n’ai jamais senti cela dans un vin, à part dans certains gewurztraminers. Je ne connais pas son prix.

Les vins rouges de ce domaine ne m’ont pas emballés, à part cette cuvée :

Antarès 2013

Augustiatis 60% et Mourvèdre 40%

Couleur intense, tannins souples et un joli fruité avec une texture fine. Vin gourmand. Si le prix est raisonnable, c’est intéressant.

 

Domaine Skouras

AOP Nemea, Saint Georges 2013

100% Agyogitiko (qui signifie Saint Georges)

Très expressif par ses arômes, aussi bien au nez qu’en bouche. Vin assez délicat et fin avec un équilibre peut-être précaire entre tannins et acidité. La maturité est peut être juste mais cela l’a aussi aidé sur la plan de la fraîcheur.

Prix 16 euros

 

IGP Péloponnèse Megas Oinos 2012

80% Agyorgitiko, 20% Cabernet Sauvignon

Un assemblage créatif, avec l’agyorgitiko provenant de Nemea et le Cabernet des montagnes de Corinthe. C’est somptueusement riche, avec un boisé un peu fort mais une excellente qualité de fruit qui donne beaucoup de gourmandise en bouche.

Prix 33 euros

Parparoussis

Domaine Parparoussis

IGP Achaea Les Dons de Dionysos Sideritis 2015

100% Sideritis et cuve inox

Cette variété à la peau rose, autrefois employé surtout pour du raisin de table, est aujourd’hui souvent vinifié en blanc.

Le vin est ferme, avec une bonne acidité et un aspect presque salin. C’est plus poivré que fruité, et certains n’hésiteront pas à parler de « minéralité ». Très bonne longueur.

Prix 15,50 euros

 

IGP Achaea Les Dons de Dionysos Cava 2010

75% Assyrtiko, 25% Athiri

Le terme Cava ici signifie vieillissement en cave (fermentation puis 10 mois en fûts).

C’est un tout autre style de vin, riche avec une jolie texture grasse mais aucun excès de poids, car l’acidité est élevée mais parfaitement intégrée. Très belle longueur.

Prix 20,50 euros

 

AOP Nemea Domaine Parparoussis Reserve 2012

100% Agyorgitiko

Un très beau vin qui intègre sa belle richesse de saveurs dans une ensemble complexe, long et équilibré. La chaleur est raisonnable pour un vin de cette intensité.

Prix 35 euros

 

IGP Achaïa Domaine Parparoussis Toas Cava 2010

100% Mavrodaphne et 24 mois de barrique

La matière est riche et un peu chargée, avec une présence d’alcool équivalant à celle d’un Châteauneuf du Pape, par exemple. Les tannins sont bien intégrés et la longueur excellente

Prix : 34 euros

 

Bon voyage si cela vous tente d’y aller, et bravo à Mavrommatis pour cette très belle dégustation!

 

David


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Riesling : le retour

Il y a quelques semaines nous avons démarré, un peu timidement, une petite série d’articles, coups de coeur ou chroniques autour de ce grand cépage rhénan qu’est le riesling. Il est temps d’y revenir.

Je dois avouer que je suis un grand amoureux de cette variété, même si je n’aime pas toutes ses expressions aromatiques, et notamment la gamme qui sent les hydrocarbures (pétrole, si vous préférez, mais cela ne donne pas plus envie !). Par conséquence je vous parlerai peu de ces rieslings-là, même si, pour certains, cela passe pour un des marqueurs de « typicité » : néologisme débile qui ne signifie pas grande chose sauf, peut-être, le dénominateur commun le plus faible entre les vins d’une région ou cépage.

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Mais revenons à notre sujet du jour, qui est un vin du Domaine Gresser, dont la dizaine d’hectares est situé à Andlau. Je pense que la plupart des amateurs connaissent mieux le Domaine Kreydenweiss, sur cette même commune, et qui fait aussi des vins remarquables. Les Gresser sont pourtant ici depuis le 16ème siècle et Rémy Gresser fut le président du CIVA (l’organisme collectif des vins d’Alsace) pendant des années. Mais qui connaît ses vins ?

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Je viens de déguster son Riesling Grand Cru Kastelberg 2011 et c’est un vin formidable, qui allie, comme seul de riesling sait le faire, finesse et puissance des saveurs. Nous l’avons bu en compagnie d’un filet de veau aux champignons et il n’a eu aucun mal à tenir tête au plat, sans jamais le dominer. Il y avait dans ce vin de très lointains relents de la gamme cire/petrôle, mais rien pour me gêner. Surtout cette texture ferme, allongée, cette formidable intégration de l’acidité qui fait tant partie de la nature du cépage sans jamais sembler être plaqué sur la surface du vin. Un vin qui donne envie de finir la bouteille, tant sa complexité encourage une exploration poussée des ses subtilités.

Le site web de Gresser met en avant la géologie qui sous-tend ses parcelles. Je passe sur ce sujet auquel je ne comprends manifestement pas grande chose (demandez avis à Georges Truc), mais je vous montre la carte quand-même. On voit bien que l’Alsace est très complexe sur ce plan-là.

 

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Il y a autre chose que l’habillage de ce vin évoque pour moi: c’est la clarté exemplaire de la communication sur les éléments qui le composent. Il faut dire que ce n’est pas toujours le cas, en Alsace ou ailleurs. Surtout en Alsace peut-être, ou certains des grands noms vous laissent dans le brouillard total quant à la quantité de sucre résiduel que vous risquez de trouver dans le vin. Je vous montre ci-dessus (deuxième photo) la contre-étiquette de ce vin qui est exemplaire dans ce domaine. L’échelle de sucre y est bien présente, comme la nature du sol et d’autres mentions, obligatoires ou non. Et le tout est lisible !

Un exemple à suivre….

Et bon match (ou good game, c’est selon) !

David Cobbold

 

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