Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Mais d’ou viennent ces arômes de pétrole dans le Riesling ?

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Ce sujet fait débat, mais mon but n’est pas de créer de la polémique. Il est, au contraire, d’écouter les avis et les expertises des intéressés et d’essayer d’obtenir une explication pour la famille d’arômes qu’on peut qualifier de « type hydrocarbure » et qui se trouve dans certains rieslings, mais pas dans tous. Que ce genre d’arôme soit désirable ou pas est une simple question de goût et je défendrai le droit de quiconque d’aimer cela : après tout, c’est la diversité des vins qui est le fondement de l’intérêt de cette boisson. Même si, à titre personnel je déteste ces arômes – car je n’ai pas envie de penser au remplissage d’un réservoir d’essence ou d’une lampe de pétrole lorsque je mets mon nez au-dessus d’un verre de Riesling, qui est par ailleurs un de mes cépages préférés.

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Pas de pétrole sur cette roue des arômes. Le véhicule doit marcher à l’electricité

 

J’ai entendu toute sortes d’explications pour la présence de ces arômes, dont l’intensité peut évidemment varier pas mal, comme pour d’autres arômes qui clivent les avis : ceux provoqués par les brettanomyces par exemple J’ai interrogé pas mal de vignerons alsaciens sur ce sujet et voici un petite liste des explications qui m’ont été donné par les uns et les autres pour la production d’une molécule nommée 1,1,6-trimethyl-1,2-dihydronaphthalene (TDN pour faire court) et qui serait à l’origine de ce type d’arôme. En voici la liste, avec quelques commentaires de ma part en italiques :

Le terroir (terme bateau, donc pas une explication)

Des sols schisteux (déjà plus précis)

Des sols calcaires (explication fourni par Trimbach, mais n’est ce pas en contradiction avec la précédente ?)

Des sols trop riches (peut-être contradictoire avec les deux précédentes ?)

La chaleur et/ou le soleil, donc des vins issus des pays ou régions plus chauds et/ou des années chaudes (je constate qu’effectivement ces arômes sont plus souvent présents dans des rieslings d’Alsace ou d’Australie que dans ceux de Mosel ou du Rheinhessen allemand, par exemple)

Une effeuillage excessif des vignes, donnant trop d’exposition au soleil (ce qui rejoint un peu l’explication précédente)

Des raisins bien mûrs, issus de rendements faibles et/ou de vendanges tardives

Un excès d’acidité (en contraction avec les trois précédentes explications, il me semble)

Le résultat de stress hydrique sur la vigne

Une trituration excessive de la récolte, comme lors d’une vendange mécanique

Un pressurage trop fort

Le résultat d’un vieillissement prolongé en bouteille (dans ce cas, s’agit-il plutôt d’une forme de réduction soufrée ?)

 

Il me semble évident que toutes ces explications ne peuvent pas être valables. L’enquête reste donc ouverte. Le célèbre producteur de la Vallée du Rhône (et aussi d’Australie et d’Alsace), Michel Chapoutier, a récemment jeté son pavé dans la mare de Riesling en déclarant que l’arôme de pétrole constitue un défaut dans un vin de ce cépage. Des producteurs très réputés comme Trimbach ou Hugel, dont les vins sont assez marqués par les arômes d’hydrocarbures, ont dû apprécier !

La semaine dernière, j’ai dégusté, côte à côte, deux Rieslings d’Alsace dont les caractères étaient radicalement différents, du moins quant à leur caractère aromatique.

 

1). Riesling Réserve 2014, Maurice Griss

Fin, délicatement floral et fruité (pomme verte, citron, poire), texture suave, très belle acidité parfaitement intégrée dans le corps du vin. Vin très désaltérant et d’une bonne longueur pour un vin si délicat en apparence, et prix très doux (7,50 euros). J’ai tellement aimé ce vin que j’ai appelé sa productrice, Josiane Griss, pour lui en parler et je vais aussi en commander car c’est une bonne affaire et cela correspond à ce que je recherche dans les vins de ce cépage. Le domaine se trouve à Ammerschwir et totalise 8,5 hectares. La fiche technique de ce vin donne ceci : 5,5 gr/litre de sucre, 12,5 % d’alcool totale et 5,7 d’acidité.

2). Riesling Grand Cru Frankstein 2012, Charles Frey

Les arômes de la famille pétrole sautent au nez d’une manière presque agressive au début. Un jour plus tard, ce phénomène s’est estompé, ce qui me laisse penser qu’un phénomène de réduction est en jeu ici, du moins partiellement. Le vin est décrit sur son contre-étiquette comme étant « minéral-complexe-persistant ». Je crois que c’est une erreur de tenter de décrire le goût d’un vin sur une contre-étiquette. Je l’ai trouvé plutôt « pétrolé-puissant-pas très long » et sa texture ferme et un peu herbacée. Sur le site officiel des vins d’Alsace, le sol du Grand Cru Frankstein, avec ses 56 hectares sur la commune de Dambach-la-Ville est décrit comme granitique. Tant pis pour le lien « indéfectible » entre des sols schisteux (ou calcaires) et les arômes de pétrole dans le Riesling !

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Il y a quelques mois, me trouvant dans le bar de mon hôtel à Adelaïde, en Australie du Sud, j’ai demandé un verre d’un Riesling de la Clare Valley qui était à la carte. Mes expériences récentes avec les Rieslings d’Australie, essentiellement d’Eden Valley, me laissaient à penser que je risquais de trouver une bonne dose de TDN dans mon verre. Il n’en a rien été ! Le vin m’a semble fin, suffisamment fruité et sans excès aucun, avec une très belle acidité, très fine. Du coup, j’ai bu un deuxième verre de cet excellent Riesling 2015 de Knappstein.

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Plus récemment, à Vienne, en Autriche, j’ai pris un verre de Riesling de la région de Wachau, d’un producteur nomme Johan Donabaum (Riesling Bergterrassen Federspiel 2015). Idem: nulle trace de pétrole et cette belle acidité longiligne qui porte les arômes subtiles sur la palais pendant longtemps, comme un écho.

Ce ne sont là que des anecdotes et qui ne me donnent toujours pas une explication du phénomène, ni de son absence. Mais ils constituent des preuves qu’il est possible de produire de Rieslings dénués de toute trace de TDN dans des climats assez variables.

Est-ce que quelqu’un peut me donner une explication rationnelle ?

David Cobbold


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Le hasard fait bien les choses, parfois (la surprise venue des Canaries)

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Lors de mes pérégrinations récentes dans des bars d’une partie de l’Andalousie, à la recherche des Manzanilla et des Jérèz (voir mon article de lundi dernier), j’ai bu, dans un bar à tapas à Granada (La Tana, ci-dessus et très recommandé), un vin rouge qui m’a beaucoup plu.

Il avait un goût que je n’avais jamais rencontré auparavant. Il est difficile de le décrire rétrospectivement, mais il avait une texture assez suave sans être parfaitement lisse, des tanins fins mais assez peu marqués, une acidité suffisante mais relativement faible, un fruité raffiné de bonne intensité, une corpulence moyenne et une très bonne longueur. Il avait aussi quelque chose de légèrement terreux mais pas dans un sens péjoratif.

Dit comme cela, je me rend compte que c’est d’une banalité affligeante et qu’une telle description ne vous donnera aucune notion du goût de ce vin. N’ayant pas pris des notes, je suis incapable de faire mieux maintenant, mais ce vin m’a paru singulier, en tout cas différent de tout ce que j’ai pu déguster avant. Je me demande, en outre, si l’on est capable de décrire les sensations et émotions qui peuvent déclencher un vin au moment de sa dégustation. Les longues liste d’arômes que je vois dénommés parfois me semblent relever d’un fantasme issu des Précieuses Ridicules. Mais mes propres descriptions, généralement bien plus étriquées, ne valent pas mieux !

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Ayant beaucoup aimé ce vin, j’ai demandé à voir le flacon, car le barman de cet excellent bar à tapas, qui était archi-bondé un vendredi soir, m’avait simplement demandé si je voulais mon verre de rouge plutôt suave ou plutôt puissant, ce que je trouve bien plus pertinent que de nommer une appellation ou un producteur.

En regardant l’étiquette je constate que le vin venait des Canaries et, en faisant des recherches, j’apprends que son cépage est le Palomino Negro, aussi connu sous les noms de Listan Negro ou de Listan Prieto. Le Palomino Blanco est la variété de base de la plupart des Jérèz, mais je ne connaissais pas sa variante foncée. Il paraît qu’il est largement planté aux Iles Canaries, avec plus de 5.000 hectares. Il ne s’agit donc pas d’un cépage rare. De plus, les analyses génétiques lui ont trouvé une identité commune, malgré quelques différences due à sa reproduction par semis de grains plutôt que par bouturage, avec le cépage connue sous le nom de Misión, très largement planté en Amérique du Sud et en Amérique Latine, y compris jusqu’en Californie, autrefois.

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N’ayant pas encore eu le plaisir de visiter les Iles Canaries, ma source d’information sur le vin vient du web, et particulièrement du site très bien fait du producteur de ce vin que j’ai tant aimé. Bodegas Viñátigo puise ses racines dans une parcelle de vignes centenaires située près du village de La Guancha, sur la partie nord de Tenerife. Aujourd’hui le domaine possède huit parcelles différentes, dispersées dans des localités variées de Tenerife, mais vinifie également des raisins achetés auprès de vignerons sous contrat avec des objectifs qualitatifs. Le projet de Viñátigo est de rénover la vinification locale tout en préservant l’héritage des variétés locales. Outre le Listan Negro, ils produisent des vins à partir de Gual, Marmajuelo, Vijariego, Tintilla, Baboso, Malvasia et d’autres, parfois réintroduit par eux-mêmes.

Le vin de Viñatigo que j’ai dégusté ce soir-là ne vaut que 10 euros en Espagne et j’en aurais bu la bouteille entière avec plaisir. Je ne crois pas qu’on puisse le trouver en France, mais il est bien diffusé aux USA, parfois au double de ce prix. J’espère pouvoir m’organiser un voyage aux Canaries prochainement et rendre visite à ce producteur.

David

PS. Peut-être que Marie-Louise pourra nous éclairer davantage sur ce producteur et ses vins ? 


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100% Petit Verdot à Bordeaux, c’est pas idiot

L’ampélographe

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Cépage historique du Médoc, il y précéda le Cabernet de longue date. Mais sa maturité difficile l’a fait petit à petit disparaître. Heureusement, il en reste et quelques châteaux en replantent.

Cépage vigoureux, il s’avère fertile et sa production facilement abondante ne craint ni l’oïdium, ni les acariens. Par contre, il n’aime guère la sécheresse.

Ses grappes sont de tailles moyennes, cylindriques et assez lâches, à petites baies sphériques d’un noir bleuté et à la peau épaisse. Cette dernière lui offre une bonne résistance à la pourriture. Son vin est très coloré et riche en tanin (c’est pourquoi il faut attendre la maturité optimale), d’excellente garde.

On le trouve en Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne, Landes et dans les départements pyrénéens et hors France, en Espagne, en Italie, en Turquie, en Californie, en Argentine…, bref, un peu partout où l’on cultive la vigne.

Il fait partie de l’encépagement des Bordeaux, Médoc, Graves et occupe un peu plus de 500 hectares en Gironde, soit à peu près la moitié de ce qui est cultivé en France. Et s’il saupoudre à concurrence de 5% les assemblages bordelais, on le trouve de-ci delà seul dans la bouteille.

Moisin 2011 Château Moutte Blanc

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Rouge presque noir, au premier nez le vin se tait. Il faut l’amadouer, y revenir, le regarder encore, pour qu’enfin, curieux, il remue sa carcasse sombre et libère quelques senteurs sauvages de fruits noirs et de sous-bois. On hésite un moment à la porter aux lèvres, certain d’y débusquer une masse tannique infranchissable. Mais, en bouche, le tanin apparaît souple et soyeux. Bien fondu dans la texture fine et grasse. Enseveli dans la matière riche et profonde, concentrée certes, mais élégante. Le fruit réapparaît en catimini, avant de se renforcer. Surtout en fin de bouche, là où la grande longueur permet de l’apprécier sous toutes ses facettes. Là où le léger toast révèle le long élevage en bois neuf.

La vinification

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Ce cépage tardif demande une maturité aboutie pour se révéler sociable. En deçà, il prend un caractère rustique où les tanins jouent au couteaux avec nos papilles. Patrice De Bortoli, le géniteur, sait comment prendre ses vignes de 80 ans. Après une période où la puissance prévalait, il trouve aujourd’hui son bonheur dans l’élégance de son 100% Petit Verdot. Une macération plus longue pour augmenter le fruit, une vinification à température plus basse pour éviter les extractions, les fermentations alcoolique et malolactique en bois neuf, chauffe moyenne, pour assouplir le tanin et apporter plus de gras, un élevage de 18 mois en barriques à ¾ neuves pour affiner le vin.

www.moutte-blanc.fr

Un autre Petit Verdot, celui de la Cave des Vignerons de Tutiac

Verdot (c’est le nom de la cuvée) 2011 Petit Verdot Bordeaux Tutiac

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Sombre comme l’encre, il se nuance de violet pourpre et il faut bien l’agiter pour qu’il daigne révéler quelques senteurs. Cela reste toutefois à la limite du perceptible, quelques girations supplémentaires finissent par avoir raison de lui. Il libère alors quelques effluves floraux et épicés, fragrance délicate de la violette, plus entêtante du jasmin, leurs pétales saupoudrés de poivre noir et de poudre de cacao. Le fruit reste discret. C’est en bouche qu’il se révèle, d’abord sage, puis plus audacieux, il vient flattée les papilles d’accents de cassis et de cerises noires, puis de plus sauvages airelles et myrtilles. Farouches comme les tanins qui rustiques, pourraient effrayer celui qui mal avisé renoncerait. Ce serait une erreur, il suffit d’un coup de langue pour les dompter et s’en délecter. Et un vin de caractère ne se déguste-t-il pas avec grand plaisir ?

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La parcelle de Petit Verdot ne compte que 2,75 ha et se compose de sable argilo-ferreux. Le lieu-dit, situé sur la commune de Reignac, se nomme Verdot, d’où le nom de la cuvée. Il est élevé en barriques neuves durant 15 mois.

www.tutiac.com

Ciao

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Marco


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Barsaglina, une deuxième intruse au pays du Sangiovese

Rappelez-vous la petite feuille ronde, la Foglia Tonda, remise au goût du jour par l’Institut Expérimental pour la Viticulture du Ministère des Politiques Agricoles et Forestières de la section d’Arezzo. Et cultivée par Mannucci Droandi pour en produire de jolies bouteilles.

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En 2007

Le domaine toscan sort la première bouteille de Barsaglina, autre cépage quasi disparu et aujourd’hui réapparu, pour notre plaisir à la fois intellectuel et gustatif.

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Intellectuel,

parce qu’il nous ramène aux temps où les cépages étaient légions. Peut-être trop nombreux, mais enracinés depuis des générations, fruit d’une sélection empirique, dans une terre qui leurs convenait. Les déguster après tant d’années passées au placard, c’est un peu goûter à l’histoire, la petite, l’agricole, la paysanne ou la cléricale, celle qui a porté jusqu’à nous tout simplement le vin.

Gustatif,

Parce que rien n’est plus agréable que de découvrir un nouveau nuancier parfumé, de nouvelles variations aromatiques, d’autres structures ou patines. Plus surement, le bonheur gustatif s’épanouit mieux dans la variabilité que dans la standardisation.

L’ampélographe

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La Barsaglina est originaire de la province de Massa Carrara tout au nord de la Toscane, endroit où on la nomme également Massaretta. On en trouvait encore 53 ha en 1982, aujourd’hui cette région proche de la Ligurie en garde seulement 3,2 ha. En tout, le cépage s’étend aujourd’hui sur 17 ha. Mais restons confiants! Si des vignerons comme Roberto Giulio Droandi s’y intéressent et l’ajoutent à leur gamme, d’autres domaines feront de même. D’autant plus que le raisin s’avère qualitatif.

Barsaglina

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La vigne est vigoureuse. Rustique, elle résiste bien au froid et démarre son cycle végétatif assez tôt pour voir ses grappes mûrir dans le troisième tiers de septembre. Ses rendements sont constants, mais peu élevés. Peut-être est-ce là qu’il faut chercher la raison de son abandon ? Ou serait-ce sa grande sensibilité à l’oïdium qui l’aurait fait péricliter ?

Son jus donne un vin robuste à la couleur foncée dont les principales vertus sont la sensation de fraîcheur qu’il dégage tant au nez qu’en bouche et la délicatesse de ses fruits.

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Grenat aux nuances améthyste, elle offre au nez un mélange étonnant et fort délicat de prunelle, de tabac brun, relevé de poivre noir et de cannelle qui les rend encore plus harmonieux. Harmonie amplifiée par les notes de sauge et de laurier, par les tonalités fruitées de groseille et myrtille en gelée. En bouche, on s’attend à une suavité sans mesure, mais c’est une soie tannique un peu rêche qui nous accueille. Rusticité de velours bucolique qui offre la tension de sa trame au développement fruité qui en suit les côtes, parallèle et droit comme sur une portée. Les dessins se prolongent, s’arrondissent, se parent d’une onctuosité bien méritée, s’ornent de fleurs en plus des fruits et changent le rustre en dentelles exquises.

Un vin de caractère qui s’apprivoise à mesure que nos papilles en apprennent la musique.

Vinification : éraflés et foulés, les raisins macèrent en cuve pendant une vingtaine de jours avec remontages et délestages réguliers. Suivent le pressurage et l’entonnage en barriques de 1 et 2 vins. Le vin s’y élève durant 8 mois, puis s’affine encore 3 mois en bouteille.

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Che mangiare con lei ?

Vu la rusticité délicate, oxymore* qui nous conduit à des plats en écho avec ce caractère particulier comme le canard col vert au goût prononcé de chasse, mais à la tendre caresse gustative ou encore le lièvre à la saveur forte mais très nuancée. Plus simple, la daube, mais de veau et au vin, force du vin et finesse de la viande. Ou encore plus évident, une côte de bœuf, mais d’un animal de belle race. Du caractère, du goût et de l’intelligence…

* L’oxymore est une alliance de mots dont le rapprochement est inattendu. L’oxymore fait coexister deux termes de sens contraire à l’intérieur d’un même groupe de mots ou d’une phrase. Exemple dans Le Cid de Corneille : « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles […] » (acte IV, scène 3).

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www.mannuccidroandi.com

 

Ciao

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Marco

 


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Foglia Tonda, une intruse au pays du Sangiovese

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Quand on parle de la Toscane, on pense aux collines coiffées de pins, aux allées bordées de cyprès, aux villages médiévaux. L’évocation bachique ne tarde pas. Des noms s’affichent devant les yeux : Chianti, Brunello di Montalcino, Vino Nobile di Montepulciano, Carmignano, tous en DOCG, tous prestigieux, tous majoritairement à base du cépage Sangiovese. Et pourtant, depuis une bonne quinzaine d’années de nouveaux cépages apparaissent.

 Qui dit nouveaux…

Dit en fait anciens ! Hormis les cépages internationaux qui ont fait le succès des Super Toscan (Sassicaia, Ornellaia et compagnie…), d’autres cépages réapparaissent. Comme dans le sud-est de la région, où le domaine Droandi met en bouteille la Foglia Tonda. Le premier témoignage de l’existence du cépage remonte à 1877. Giuseppe dei Conti Di Rovasenda le cite dans son essai «Saggio per una ampelografia universale». Ce botaniste, aussi important que Viala ou Galet en France, l’aurait remarqué au Castello di Broglio, au sein du vignoble du Baron Ricasoli. La Foglia Tonda, disparue ou presque avec le phylloxera, n’est réapparue qu’il y a une vingtaine d’années sans qu’on sache vraiment comment (fa parte dei misteri italiani)…

Le cépage

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Vigoureux, il est un rien plus tardif que le Sangiovese. À rendements bien maîtrisés, il offre un pH bas, une bonne acidité et un taux élevé de polyphénols. Il est cependant sensible à la pourriture grise et à l’oïdium. Sa feuille est de taille moyenne et peu découpée, sa grappe conique présente des grains bleu noir, serrés et de forme ovoïde. Son vin est de couleur sombre, aromatique, floral et fruité, au taux en tannins élevé et demande par conséquent élevage et vieillissement.

Le vin

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Foglia Tonda 2014 Toscana IGT Mannucci Droandi

D’un rubis sanguin, le vin fait éclater le parfum des fraises en plein nez, après l’explosion fruitée, la violette discrète fait son apparition, suivie d’aiguilles de pin et d’un soupçon de cannelle. Les tanins heurtent quelque peu la bouche, c’est qu’elle a une tournure rustique la Foglia ! Bien vite, ses formes pleines, sa grande fraîcheur et la texture moelleuse de ses pâtes de pruneaux et de figues sèches modère les velléités tanniques.

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Mannucci Droandi

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Une histoire familiale qui remonte 18ème et qui mélange bonne tradition et regard vers le futur. Le domaine se partage en deux vignobles. Le premier se nomme Ceppeto, 6 ha perchés à 350 m d’altitude sur la colline du château de Starda, sur la commune de Gaiole, à l’est des Monts Chianti, au nord-est de Sienne. Orienté au sud, il offre ses pentes aux Sangiovese, Merlot, Canaiolo et d’autres cépages traditionnels voués à un développement ultérieur. Le deuxième, le Campolucci se situe à quelques kilomètres qui suffisent pour changer de province de sous-région, Colli Aretini. Toujours sur la face orientale des Monts du Chianti, à une altitude plus basse de cent mètres, tourné vers le sud et proche de la commune de Montevarchi, province d’Arezzo. Cabernet et Syrah s’ajoutent à la liste des cépages déjà cités. C’est là que pousse la Foglia Tonda.

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La cellule expérimentale…

Il est toujours curieux ou amusant de parler de vignoble expérimental et d’y cultiver, en fait, des cépages anciens, presque oubliés de tous. Le Domaine Mannucci Droandi collabore à deux niveaux avec l’Institut Expérimental pour la Viticulture du Ministère des Politiques Agricoles et Forestières de la section d’Arezzo.

La première recherche des méthodes de lutte contre les affections cryptogamiques et parasitaires. Action qui vise à diminuer au maximum l’emploi de produits chimiques en vue d’une viticulture éco-compatible.

La deuxième replante de vieux cépages en voie d’extinction, autrefois répandus dans la région. De la petite centaine de variétés étudiées, le domaine en a sélectionné quelques-unes dont la Foglia Tonda.

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www.mannuccidroandi.com

Les nouveaux anciens cépages, c’est mon truc, j’aime ça au point de leur trouver parfois des qualités que d’autres jugent mineures. Mais qu’importe, au diable la standardisation et vive la diversité!

Ciao

 mannucci-droandi

 

Marco


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Ces cépages dont on ne parle pas (ou si peu) en Champagne

S’il est une appellation importante dont on peut admirer l’unicité, c’est bien la Champagne; ce qui fournit surement une des raisons de son succès mondial. 34.000 hectares et un seul type de vin produit (ou presque, car que pèsent les Coteaux Champenois ou les Rosés des Riceys ?). Mais le corollaire (et le risque) d’une telle homogénéité, non pas dans la qualité mais dans le style général des vins, c’est quand même une certaine uniformité. Comment alors introduire, ci et là, un brin de folie qui augmenterait les choix stylistiques de l’amateur averti ?

encepagementUn schéma officiel du CIVC qui oublie les 4 autres cultivars, certes très minoritaires

 

Bien sûr, il y a les approches culturelles, dont un nombre croissant de producteurs se targuent, en mettant en avant le bio ceci ou le bio cela. Plus significatif dans le résultat à la dégustation sont les procédures de vinification et de vieillissement: bois/pas bois ; malo/pas malo ; durée sur lies plus ou moins longue, etc, etc.  Mais une autre piste, qui mérite plus ample exploration à mon avis est la diversité, longtemps restée cachée, des cépages champenois. Même pour un public averti, je me demande combien savent qu’en réalité, il existe sept cépages autorisés en Champagne et non pas les trois seuls mentionnés dans presque tous les documents officiels. Le site officiel du CIVC mentionne enfin, et depuis peu, les quatre autres, mais en précisant qu’ils ne représentent que 0,3% du vignoble champenois. Les raisons du pourquoi du comment de cette absence de diversité sont certainement multiples, et autant liées à des histoires de rendement et de résistance aux maladies qu’à des questions de potentiel qualitatif. Mais je constate que quelques producteurs croient à l’intérêt de ces variétés très minoritaires et produisent un nombre croissant de cuvées très méritoires qui font appel à eux, seules ou en assemblage.

Ce sont quelques dégustations récentes ou plus anciennes qui m’encouragent à évoquer ce sujet, mais sans que cela soit pris pour une sélection rigoureuse basée sur une dégustation comparative conduite dans les règles. Non, il s’agit ici d’impressions et d’interrogations. Affaire à suivre sans doute, comme bien d’autres que nous évoquons ici, car rien n’est définitif dans le monde du vin.

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Ma première rencontre avec ces cépages presque perdus de la Champagne s’est fait il y a près de 20 ans, grâce aux frères Aubry, à Jouy-les-Reims. Entre 1989 et 1990 ils ont greffé, successivement, des plants d’Arbane et de Petit Meslier, puis de Pinot Blanc et de Pinot Gris (le premier est souvent appelé Enfumé et le second Fromenteau, en Champagne). Les deux premiers ont été vinifiés en 1993, et les deux autres l’année suivante. J’ai du déguster leur cuvée intitulée Le Nombre d’Or, réalisé avec les sept cépages, pour la première fois vers 1997 ou 1998 et je l’ai tellement aimée que j’en ai achetée par la suite. Plus récemment, j’ai pu goûter aussi plusieurs vins en mono-cépage faits avec l’Arbane ou le Pinot Blanc. Ils sont souvent issu de la région auboise car ces variétés étaient autrefois davantage implantés dans cette partie de la Champagne que dans la Marne. Pour celles que j’ai pu déguster, à différentes occasions, des producteurs de l’Aube comme Moutard, Fleury, Drappier et Chassenay d’Arce élaborent tous des cuvées avec une ou plusieurs de ces variétés. Et il y en a d’autres ailleurs, je sais.

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Ma dégustation récente de la cuvée Pinot Blanc 2008 de Chassenay d’Arce fait partie des plus réussites dans le genre car j’ai trouvé ce vin très accompli, aussi fin que frais, joliment parfumé, plein et rond en bouche, sans être envahissant ni lourd. Ce vin se vend au prix de 41 euros, mais j’estime qu’il les vaut bien, du moins sur une échelle de valeur champenoise. Cette expérience m’a alerté quant à l’intérêt de ce cépage et je me suis empressé de déguster une autre cuvée de pur Pinot Blanc, issu cette fois-ci de l’autre extrémité de la Champagne.

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J’ai déjà dit ICI tout le bien que je pense des Champagnes de Pierre Trichet qui est basé dans le village de Trois-Puits, tout près de Reims. Il vient de sortir une cuvée de pur Pinot Blanc appelée 1333, ce qui désigne le nombre de bouteilles produites de ce vin. Là encore, j’ai été impressionné par la sapidité délicate de ce cépage quand il est vinifié en Champagne. Il me semble à la fois un peu plus rond et un peu plus fruité qu’un Chardonnay, et donc capable de donner du plaisir plus jeune. Ce ne sont là que des impressions basées sur un petit nombre d’expériences, mais j’espère pouvoir les mettre à l’épreuve d’autres dégustations plus larges bientôt.

Si on regarde maintenant les origines et caractéristiques de ces quatre variétés, pour l’instant très minoritaires, peut-être pourrait-on déceler quelques causes de leur quasi-disparition.

Arbane ou Arbanne : le nom est dérivé du latin alba (blanc), qui a donné Albane, puis plusieurs autres synonymes  plus ou moins proches. Ce cépage fait partie du petit groupe ampélographique (groupement provisoire géographique) des Tressots, dont le Tressot lui-même (rien à voir avec le Trousseau du Jura), le Bachet Noir et le Peurion. Cette vieille variété était autrefois très plantée dans l’Aube, autour de Bar-sur-Aube. Réputé vigoureux et au débourrement précoce, mais à la maturation tardive et avec des baies et des grappes de petite taille. Ces trois dernières caractéristiques pouvant aisément expliquer son abandon, mais lui donne aussi des atouts dans le contexte du réchauffement climatique. Il est aussi sensible au mildiou.

Olivier Horiot, aux Riceys, en produit une cuvée très rare, et Moutard-Diligent, à Buxeuil, une cuvée vieilles vignes, également 100% Arbane.

Petit Meslier : issu d’un croisement naturel entre le gouais (notre « Casanova des vignes ») et le savagnin. C’est donc un cousin du Grüner Veltliner. Il fait partie du groupe important des Messiles, avec le Chenin Blanc, le Colombard, le Pineau d’Aunis, le Sauvignon Blanc ou le Gros Meslier, par exemple. On le trouvait aussi autrefois dans le Sancerrois ou il était mentionné dès 1783. C’est aussi une variété au débourrement précoce, donc à risque au printemps, mais il mûrit plus tôt que l’Arbane. Cependant, il est sensible au millerandage et au botrytis et a aussi des petites baies et grappes. Voilà déjà des raisons probables pour son quasi-abandon, bien qu’il ait été prisé pour sa capacité à maintenir son acidité dans les années chaudes. Mais cette acidité nécessite évidemment une durée plus longue sur lies et entraîne des coûts supplémentaires. Duval-Leroy produit une cuvée de pure Petit Meslier, issu d’une parcelle dans la Vallée de la Marne, mais je ne l’ai pas encore dégustée. Très curieusement, on trouve un peu de Petit Meslier en Australie, plus précisément dans l’Eden Valley (South Australia) que je vais bientôt visiter.

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Pinot Gris (appelé localement Fromenteau) : il s’agit d’une mutation par la couleur du Pinot Noir. Très planté en Italie, on le trouve aussi partout en Europe centrale et orientale, mais aussi en Californie, en Oregon, en Argentine, en Australie et en Nouvelle Zélande, par exemple. En France sa principale région est l’Alsace mais on le trouve aussi en Val de Loire, souvent sous le nom erroné de Malvoisie (comme en Suisse). Il subsiste aussi en Bourgogne et en Champagne, deux régions ou il était beaucoup plus présent autrefois. Son acidité faible le rend peu propice à une extension importante en Champagne.

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Pinot Blanc (parfois appelé l’Enfumé) : Cet autre membre de la famille des Pinots donne quelques cuvées mono-cépage convaincantes en Champagne et semble gagner du terrain. C’est un mutant du Pinot Gris (et donc un double mutant du Pinot Noir !) et a souvent, dans le passé, été confondu avec le Chardonnay. Il est plus régulier en production que le Pinot Gris et mûrit plus vite que le Pinot Noir. Il me semble un peu mal aimé en Alsace, mais, à titre personnel, je le trouve souvent plus fin et plaisant que la plupart des Pinots Gris alsaciens. Il est planté un peu partout en Europe Centrale et Orientale, de la Suisse à l’Ukraine, sans oublier le Nord d’Italie. Il a aussi rencontré un petit succès local dans certaines parties de la Californie et de l’Oregon, régions où j’en ai dégusté de bons exemples, comme Ben Nacido à Santa Maria. Sans oublier le Canada et la vallée d’Okanagan. Pourquoi a-t-il failli disparaître de la Champagne ? J’avoue ne pas bien comprendre. Il résiste bien au froid, mais il est assez vulnérable aux maladies cryptogamiques. Je parierais néanmoins sur une extension de ses très modestes surfaces dans les années à venir en Champagne.

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David Cobbold

 


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Vieux cépages d’avenir

Ils ont pour nom Tardif, Dubosc, Pédebernade, Canari, Morenoa ou Manseng Noir. Ce sont de vieux cépages du piémont pyrénéen sauvés de l’oubli – et d’une disparition quasi-certaine – par quelques irréductibles Gascons et Béarnais épris de leur patrimoine local et commun.

« Mais pas question de garder les yeux dans le rétro », comme le souligne le Président des Producteurs Plaimont, Joël Boueilh: « Le but, c’est de se servir de ces cépages pour assurer l’avenir, le développement d’un territoire et de ses habitants ».

Aussi, passé le temps de l’identification, de la sauvegarde, les Mousquetaires du Saint-Mont ont sélectionné les plants les plus prometteurs présents dans leur conservatoire, les ont multipliés, replantés, et en ont fait du vin, en micro-vinifications. Histoire de juger de leur potentiel qualitatif.

img_9972Un des plants anciens de la vigne préphylloxérique de Sarragachies, classée Monument Historique

Il ne faut pas sous-estimer, en effet, leurs avantages possibles dans le contexte du réchauffement climatique (soit qu’il s’agisse de cépages tardifs moins sujets à la chaleur, soit qu’ils soient naturellement plus résistants aux maladies, soit qu’ils soient moins alcoogènes), sans oublier la touche particulière qu’ils peuvent apporter, même en faible proportion, au plan gustatif.

Au Monastère de Saint-Mont, lundi dernier, ce sont ces vins qu’il nous a été donné de déguster, en mono-cépages, à l’occasion des 2èmes Rencontres Ampélographiques de Saint Mont.

img_9976Le Monastère de Saint Mont (Photo (c) H. Lalau 2016

Attention, ces cépages ne vont pas tous arriver demain sur le marché – il est parfois plus difficile d’officialiser que de sauvegarder, en France – et il n’est pas dit qu’ils soient jamais employés autrement qu’en assemblage. Néanmoins, pour moi, l’expérience a été plus que convaincante: je ne sais pas si, comme disait Simone Signoret « la nostalgie n’est plus ce qu’elle était »; ce que je sais, par contre, c’est que certains cépages du passé ont de l’avenir.

Le Tardif 2014

Comme son nom l’indique, ce cépage est de maturation tardive, ce qui devrait le favoriser dans un contexte de réchauffement climatique. Aujourd’hui, il donne un vin au nez assez discret, mais aux épaules larges, avec un côté brut de décoffrage. Ce ne fut pas mon coup de coeur de la dégustation, même si je pense que sa rusticité pourra se fondre avec le temps.

Txakoli Noir 2014

Ce cépage rouge a pour parents le cabernet franc et le gros cabernet ; son nom (qui est celui d’une dénomination basque) évoque des origines basques, mais la similitude s’arrête là, puisque les Txakoli de Getaria ou de Vizcaya sont majoritairement blancs.

A Saint Mont, il donne un vin d’une belle robe grenat, bien épicé, aux notes poivronnées assez prononcées – «typiques», diront les uns, un peu «too much», diront les autres. A noter, cependant, une très belle fraîcheur en finale.

Morenoa  2014

Cet autre cépage aux accents basques a également pour père le cabernet franc (mais on ne connaît pas l’autre parent); quoi qu’il en soit, ses résultats sont impressionnants; dense, au nez comme en bouche, poivré plus que poivronné, une belle structure, il m’a semblé le plus équilibré; une excellente base pour un assemblage.

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OTO Manseng noir 2014

Ce cépage cotoïde, parent du tannat, est certainement un des plus prometteurs de la série présentée; il a aussi l’avantage d’être déjà inscrit au catalogue français des cépages autorisés, ainsi que dans le cahier des charges de l’IGP Côtes de Gascogne.

Dans cette version fièrement présentée par Nadine Raymond, le plus noble des vieux cépages gascons (manse veut dire manoir, en langue locale), nous séduit par son fruité noir et gourmand, mais aussi par ses notes lardées et fumées (thé oolong), ses beaux tannins serrés, son ampleur et sa vivacité en finale (réglisse, cassis).

Lors d’un voyage dans la région, l’an dernier, j’avais déjà pu apprécier ce cépage dans la cuvée Moonseng, où il est minoritaire; à présent que j’ai pu le déguster in purezza, je dirai qu’il présente pas mal des qualités du tannat, notamment en termes de fruité et de structure, mais qu’il est d’un abord plus facile, ses tannins me semblant très juteux, et l’impression générale plus souple.

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… et David fut

Et pour finir, un petit clin d’oeil (de vigne) à l’ami David, qui, lors de ces rencontres, jouait le rôle délicat du modérateur; à lui de présenter chaque orateur et d’introduire les thématiques, à lui de relancer les débats, à lui surveiller la montre. Vu les pointures présentes, on peut dire qu’il a très bien fait ça: même Jean-Michel Boursiquot, légende vivante de l’ampélographie française, n’a quasiment pas  dépassé son temps de parole!

davidLet there be grapes!

Plus sérieusement, ce colloque à la fois didactique et pointu m’a énormément appris. Pas chauvins pour un sou, nos amis Gascons avaient aussi invité des collègues savoyards et charentais à partager leurs expériences, sans oublier des sommités nationales et internationales de l’ampélographie appliquée, et même des responsables de l’INAO, de l’IFV et de l’INRA. De la matière pour quelques articles futurs…

PS. Un très grand merci à nos hôtes pour leur accueil et leur disponibilité (en particulier Noémie Cassou-Lalanne, Olivier Bourdet-Pees, Hélène Menvieille et Nadine Raymond), ainsi qu’à Jean-Michel Boursiquot pour sa grande patience face à mes questions multiples et variées…

Hervé Lalauimg_9969