Les 5 du Vin

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Un vin pour vos bons moments

Il y a des jours où l’on a envie de vins francs et directs – osons le mot: simples. Simples comme le bon pain, les bons moments. Notamment pendant la saison chaude, qui, au risque de choquer les aficionados, me fait plus penser aux blancs qu’aux rosés.

La Grèce comme on l’aime (Photo (c)  H. Lalau 2017
Voici justement un vin qui appelle le bon moment, en toute simplicité; parce qu’il leur ressemble. Il est grec, c’est un moscophiléro de la maison Sokos, de l’IGP Péloponnèse (pour rappel, le Moscophilero est le cépage principal de la plus célèbre appellation de blanc du Péloponnèse, j’ai nommé Mantineia.
Il fleure bon le citron, et le raisin blanc; il est légèrement perlant sur la langue, et la bouche, aérienne, reprend sans trop y changer les arômes du nez, avec une touche d’eau de rose ; la finale est à la fois bien sèche et harmonieuse, légèrement muscatée.
Il ne titre que 12 degrés.

Hervé Lalau


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Carnet de notes de Vinexpo 2017 (2/2)

Pour une fois j’ai de la suite dans les idées, à défaut d’avoir tout noté !

Cette semaine, un retour sur quelques vins dégustés à Vinexpo il y a 15 jours. Après l’Autriche la semaine dernière, nous allons passer par l’Australie, La Georgie, La Croatie, la Chine et la région de Muscadet cette semaine. Voilà ce qui fait une des attractions majeurs de salons comme Vinexpo : la possibilité, en une demie-journée, de déguster des vins de pays que je n’ai pas souvent l’occasion de visiter, comme de revisiter des producteurs et contrées plus familiers tout en faisant des découvertes.

Un mot d’abord sur les vins blancs de Penfolds, qui proviennent pour partie de South Australia, mais qui font appel aussi, pour certains vins, à des assemblages qui varient chaque année et dont les raisins proviennent parfois de plusieurs états, dont la Tasmanie, la Nouvelle Galles du Sud et le Victoria, en plus de leur base historique, l’Australie du Sud. Cette pratique d’assemblages issus de zones parfois très éloignées peut choquer des personnes qui semblent croire qu’il n’y a qu’une seule manière de faire des grands vins : se focaliser sur une seule parcelle, à la bourguignonne, ou du moins sur des parcelles dans la même zone de méso-climat comme à Bordeaux. Mais, si on réfléchit un peu, ce qui prime dans la qualité d’un vin c’est la qualité du fruit et l’équilibre, l’intensité, les saveurs et la longueur du vin fini. Dans ce cas, peu importe les origines précises, du moment où le vin est réussi. On met de côté le parti-pris issu d’une vision étroite et on juge uniquement le résultat. Après tout, on le fait bien pour le Champagne, alors pourquoi pas à une échelle plus grande ? Une dégustation à l’aveugle des blancs de Penfolds (et il en va de même pour les rouges), surtout ceux issus du Chardonnay, m’a convaincu pleinement de la pertinence de cette approche : ces vins peuvent se comparer aux plus grands blancs de Bourgogne.  Le vin ci-dessus en est un parfait exemple. Yattarna veut dire « petit-à-petit » dans une des nombreuses langues aborigènes de ce pays-continent. On remarque sur l’étiquette, en dessous de ce nom de cuvée, la mention Bin 144. Il a fallu dix ans et 144 essais à l’équipe de Penfolds pour faire aboutir leur volonté de produire un grand vin de Chardonnay issu de climats frais. Et c’est très réussi. A la sortie du premier millésime (1995) de ce vin en 1998, les critiques l’ont encensé en disant que ce vin constituait une sorte de révolution stylistique pour le Chardonnays du pays. En effet, sa vivacité, son intensité vibrante et sa longueur sans aucune lourdeur ni trace de sur-maturité m’a fait prendre les millésimes 2012 et 2014 pour des Puligny-Montrachet Premier Cru d’un très bon producteur. Et le prix de vente y est presque comparable : c’est même nettement moins cher qu’un Puligny-Montrachet Les Pucelles de Leflaive, par exemple. Les sources viticoles de Yattarna varient chaque millésime car seule la qualité du fruit et son adéquation stylistique avec le profil recherché compte. En ce qui concerne le millésime 2012 (l’étiquette ci-dessus), il s’agit de deux sites en Tasmanie (Derwent Valley et Coal Valley), une dans la zone côtière du sud de Victoria (Henty) et des vignobles de South Australia (Adeleide Hills). Moins de 50% des barriques (françaises) sont neuves. Mais on peut aussi explorer ce style moderne des Chardonnays d’Australie chez Penfolds avec des vins bien plus abordables : Le Bin 15A ou le Bin 311 par exemple, tous les deux très séduisants, à la texture admirable et doté d’une grande finesse.

Georgie : Tamada

Deuxième étape dans ce voyage éclair dans une partie de Vinexpo : La Géorgie. Ce fut l’occasion de déguster quelques vins récents des marques Tamada et Vismino produits par GWS à Telavi, à l’est de Tblissi, en incluant deux vins issus d’une vinification en qvevris (des jarres en terres cuites qui sont enterrés et dans lesquelles on opère fermentation et macération des blancs comme des rouges). J’ai parlé de cette tradition ici il y a quelques mois.

Je me méfie parfois de ces vins de qvevri qui peuvent partir dans tous les sens et être parfois carrément désagréables, mais rien de cela avec les deux vins de qvevri dégusté chez Tamada, qui portent le désignation Grand Reserve et une typo en rouge pour les distinguer des vins en vinification moderne. Passons sur les étiquettes qui sont, disons, d’un style tradimoche ! Le Tamada Grand Reserve blanc 2014 est fait avec les cépages Rkatsilteli, Mtsvane et un peu de Kisi. Le nez est étonnant, complexe et dense, avec des notes d’écorce d’orange et de pomme blette. Beaucoup de fraîcheur en bouche, et sans trace d’oxydation, mais évidemment ce côté tannique qui vient de la macération des peaux. Un vin blanc à part qui doit être intéressant à accorder avec des plats épicés ou avec de la viande.

Dans la gamme des vins classiques (c’est à dire des « non-qvervris ») de Tamada, j’ai beaucoup aimé le Kindzmarauli 2014 (photo ci-dessus). Kindmarauli est une des appellations sous-régionales de la Kakheti dédiée au très beau cépage Saperavi. Ce vin m’a plu par la qualité de son fruit, son éclat et sa longueur. J’espère le trouver prochainement en France !

Croatie : Côte Dalmate et Istrie

Visite rapide au petit stand dédié à plusieurs domaine Croates. J’y ai dégusté des vins de deux domaines. D’abord Stina, qui se situe sur l’île de Brac sur la côte Dalmate et qui porte une étiquette blanche faciale plus que minimaliste (photo ci-dessus, avec la contre-étiquette). J’ai particulièrement aime leur blanc du cépage Posip car il réussit à éviter la lourdeur alcoolique qui prend trop souvent le dessus avec cette variété, tout en étant suave et bien fruité. Je me souviens d’avoir visité, avec Mairie-Louise Banyuls et d’autres collègues, ce producteur il y a près de cinq ans.

Puis un domaine d’Istrie, proche de la frontière avec la Slovénie, Kabola Winery et de très bons Malvasia, le grand cépage blanc de la région. Je ne sais pas pourquoi les gens persistent à appeler leurs vins faits en jarres de terre cuite par la désignation « Amphora » car l’amphore a des anses et doit être portable par une personne, ce qui n’est pas du tout le cas des ces vaisseaux qu’on devrait probablement appeler « dolium » ou, au pluriel, « dolia ».

La Chine, dont on parle beaucoup mais ne goûte que rarement

Un collègue et ami m’a conseillé de faire un tour sur un stand (qui n’était pas celui qui regroupait la plupart de vins chinois) pour déguster un bon Chardonnay originaire, je crois, de la région de Shandong. Le producteur s’appelle Château Nine Peaks et j’ai dégusté deux versions, dont celle en photo, plus qu’honorable, puis une autre, plus haut de gamme mais dont l’élevage était encore en cours. Ce sont facilement les deux meilleurs blancs que j’ai dégusté de ce pays viticole en devenir, mais il fait aussi avouer que je manque singulièrement d’expérience dans ce domaine.

Pour finir, le Pays Nantais et de surprenants vins de cépages, dont la plupart viennent de bien plus loin.

Je connaissais les excellents Muscadets de Frères Couillaud et je les ai dégusté de nouveau avec plaisir à cette occasion. Mais il y avait aussi une très intéressante nouveauté sur leur stand : une gamme de vins de cépage vendue sous la désignation « Vin de France », dont un magnifique Petit Manseng doux, un Viognier plein de fraîcheur, et plusieurs autres. J’avais remarqué une partie de cette gamme quelques temps avant Vinexpo, lors de la dégustation de la sélection Auchan pour les Foires aux Vins, car cet enseigne bien renseigné en a sélectionné plusieurs.Les autres ci-dessus ? R pour Riesling, PG pour Pinot Gris et SG pour Sauvignon Gris. Une expérience plus que louable que je suis heureux de voir aboutir.

David

 


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Carnet de notes de Vinexpo 2017 (1/2)

Comme je le disais la semaine dernière, l’édition 2017 de Vinexpo était belle, assez dense sur le plan professionnel, en ce qui me concerne, car j’avais pas mal d’engagements à honorer et j’ai du quitter le salon à 13h le mardi pour remonter à Paris et animer une soirée autour du vin. Je n’ai pu consacrer que le lundi après-midi a une promenade de dégustation au hasard et au gré de mes pas, dont voici une sélection des vins que j’ai beaucoup aimé.

Mais d’abord une étiquette d’un vin que j’ai aimé, autant que l’étiquette d’ailleurs. J’émets à cet égard le voeu que les étiquettes (en France surtout) poursuivent leur émancipation des codes graphiques d’une autre époque. On le fait bien ailleurs, pourquoi pas en France ? Si je devais trouver un seul vertu des vins dits « naturels » (et ce beaujolais n’en est pas, heureusement !), cela serait leur relative créativité graphique. Je dois avouer que je n’ai pas trouvé ce vin à Vinexpo, mais lors d’une présentation des sélections pour les Foires aux Vins à venir. Je crois bien qu’il s’agissait de celle du Repaire de Bacchus. L’alcool confortable annoncé sur l’étiquette n’a nullement dérangé l’équilibre de cet excellent vin mais traduisait naturellement le millésime 2015 dans cette région.

Les stands des vins autrichiens étaient, comme d’habitude, élégants, clairs et sans le côté cliquant et ostentatoire qui, pour moi, en pollue beaucoup d’autres. Seul vin effervescent dégusté cet après-midi là, j’ai beaucoup aimé cette bulle rosée élaborée par l’excellent producteur Bründlmayer, situé à Langenlois, dans la vallée du Kamp, qui est un affluent du Danube à l’ouest de Vienne. Il est fait avec les cépages Pinot Noir, St. Laurent et Zweigelt. Le Zweigelt est un croisement entre le St. Laurent et le Blaufränkisch, produit dans les années 1920 par Fritz Zweigelt et initialement nommé Rotburger par lui. Sa réussite est telle que cette variété est aujourd’hui la plus plantée des variétés rouges en Autriche, avec 14% du vignoble du pays.

Un peu plus loin, je me suis arrêté au stand de Johann Markowitsch. Voici une excellent exemple d’un des cépages parents du Zweigelt, le Blaufränkisch. Il fait aussi de magnifiques Pinot Noirs qui sont pleins sans être lourds, bien fruités et sans la sensation de dureté un peu végétale que je trouve trop souvent en Bourgogne.

Et voici l’homme avec une partie de sa gamme assez impressionnante :

Bien encouragé par ces débuts, je me suis un peu attardé sur deux autres stands autrichiens voisins, à commencer par celui de Markus Huber, qui produit dans le Traisental et où j’ai dégusté une fabuleuse séries de Rieslings. Auparavant, j’avais aussi dégusté ses bons Grüner Veltliner, mais je mettrai ses Rieslings au sommet, et à un niveau tout à fait remarquable. Aucun des ces trois vins n’avait la moindre trace des ces arômes déplaisants de type « pétrolé ». Certains tentent de vous faire croire que cet odeur franchement désagréable est un produit de la nature du sol. Au contraire, d’autres me disent que c’est un phénomène lié au binôme chaleur/soleil, hypothèse que j’ai tendance à croire car je trouve ces odeurs bien plus souvent dans des Rieslings issus de climats et millésimes plus chauds : Alsace plus que Moselle allemand, Australie plus que les parties fraîches de l’Autriche, etc.

Une dernière sur le stand des vins d’Autriche pour la route….

Ce producteur, Peter Schweiger était une vraie découverte pour moi, car j’avais déjà dégusté d’autres vins des trois précédents vignerons, soit en Autriche, soit ailleurs. Une délicieux Zweigelt mais aussi un très beau Riesling.

Notez que tous ces vins ont de belles étiquettes, du moins selon moi. Si vous êtes fiers de vos vins, pourquoi les présenter sous une robe moche ? Des étiquettes traditionnelles peuvent aussi être très belles. Mais je ne comprends pas les producteurs qui persistent avec des horreurs telles que les Fitou que Marc a montrées la semaine dernière.

La semaine prochaine, je vous amènerai en Croatie, en Géorgie, en Australie, mais aussi en France avec une gamme formidable de Muscadets et de vins de cépages étonnants produits par les Frères Couillaud.

Buvez bon, mais buvez autre chose que vos habitudes aussi…

David Cobbold

 

 

 

 


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Connaissez-vous le Minustellu ?

Ce cépage discret retrouve un regain d’intérêt auprès de quelques viticulteurs de l’Île de Beauté. Il évoluait et évolue encore ailleurs sous d’autres pseudonymes, mais toujours avec grâce et raffinement fruité.

Cépage endémique de la Méditerranée

On le retrouve en Espagne sous le nom de Graciano où il apporte son expression et sa délicatesse aux assemblages de la Rioja. Il s’est fait rare en Languedoc le Morrastel alias Minustellu. Mais il reprend du souffle comme Cagnulari ou Bovale Sardo en Sardaigne. Quant à son origine, les experts hésitent, mais rappelons que la Sardaigne voisine de la Corse a été occupée tout d’abord par la couronne catalano-aragonèse dès 1323, avant d’être castillane jusqu’en 1720, de nombreux échanges de cépages ont eu lieu entre les deux régions. De là à voir le Graciano devenu Bovale passer les Bouches de Bonifaccio, le détroit qui sépare les deux îles…

Selon une autre hypothèse, le Minustellu serait venu de France au 19es, on l’aurait confondu à l’époque avec le Mourvèdre, pauvre Morrastel. Aujourd’hui, il comble d’aise quelques vignerons d’Ajaccio et de Sartène – et repart à la conquête de toute l’île.

Le Minustellu

 

C’est un cépage vigoureux, mais très tardif, tant pour le débourrement que pour la maturité des raisins. Son port est érigé et ses feuilles vert foncé et peu dentelées adoptent une forme pentagonale ou orbiculaire à 3 ou lobes au sinus pétiolaire chevauchant. Ses grappes, cylindro-coniques, ailées et compactes, sont grandes et portent des baies sphériques de taille moyenne d’un noir bleuté couvert de pruine. Il est sensible au vent en début de végétation, préfère une humidité sans excès, mais ne craint pas la sécheresse. La pourriture acide, comme l’oïdium, peut entamer sa résistance. Il donne des vins frais et parfumés.

 Le Minustellu de Gilles Seroin à Propriano

 

 Minustellu 2014 Vin de Pays de l’Île de Beauté Domaine Sant Armettu

Il nous tape tout de suite dans l’œil avec sa jolie robe violet pourpre, puis nous comble, espiègle, par ses parfums de maquis où le fumé du cade apparaît tout de go, suivi par les senteurs de sauge, de thym et d’iode, avant de nous parler d’agrumes façon cédrat et de baies rouges à la manière de l’arbouse et de la mûre. Bref, un concentré de Corse… en bouche, la fraîcheur étonne par sa délicatesse. Cette dernière met subtilement en avant les arômes de fruits rouges et noirs, teintés d’épices orientales comme le santal et le poivre cubèbe. Orientalisme qui transforme le cédrat en main de bouddha, l’arbouse en mangoustan. Le tout entouré d’un taf de fumée mélangée d’embruns légèrement salé.

Le Minestellu se révèle après 2 à 3 ans de bouteille.

www.santarmettu.com

Une belle bouteille pour les plats d’été ensoleillé comme les grillades accompagnées de piperade, mais aussi quelques produits de la mer comme la salade de poulpe et les linguine aux coques légèrement tomatés. En automne, les gibiers délicats comme la biche et les volailles aux champignons des bois l’accompagne avec grâce.

 

Ciao

 

 

Marcu

 


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La Grèce et sa richesse ampélographique (2)

Après un voyage dans les iles grecques la semaine dernière, je vous amène cette semaine sur la partie continentale de ce pays de montagnes entourées par la mer. Il s’agit de la suite de ma dégustation de vins grecs qui avait lieu le 27 mars dernier chez le restaurateur Mavrommatis, à Paris. Nous allons voyager du sud vers le nord, et d’ouest en est, partant du Péléponnese ou j’ai dégusté plusieurs vins intéressants, aussi bien dans la catégorie IGP que dans celle des AOC/AOP, car on trouve les deux en Grèce, comme en France.

Péloponnèse

Domaine Mercouri

Le Domaine Mercouri se trouve dans la partie occidentale de le péninsule d’Ichthis, à une trentaine de kilomètres d’Olympe. Un lieu béni des dieux, en quelque sorte ! Le domaine existe depuis plus de 150 ans et s’est fait une réputation autrefois pour ses vins, son huile d’olive et ses raisins secs. La famille Mercouri a aussi importé des pieds du cépage Refosco de la région de Frioul en Italie.  Après plusieurs phases de modernisation, le domaine est actuellement entre les mains de deux frères issu de la 4ème génération. Les vins dégustés étaient tous de la catégorie IGP. J’ai nettement préféré les rouges aux blancs.

vins blancs

IGP Péleponnèse, Foloï 2016. (cépages Roditis et Viognier / prix 12 euros)

Tendre, au fruité léger, bien aidé dans sa fraîcheur par un peu de CO2. Plaisant et simple.

IGP Ilia, Kallista 2015. (cépages Assyrtiko et Robola / prix 16 euros)

Le Robola a bien arrondi les angles de l’Assyrtiko dans l’assemblage. Une touche d’amertume en finale. Pas mal, mais cela ne m’a pas fasciné.

vins rouges

IGP Letrini, Domaine Mercouri 2014 (cépages Mavrodaphne et Refosco / Prix 19 euros)

Sa belle qualité de fruit rend ce vin très juteux. Cela est bien soutenu par des tannins fins et enrobé par une certaine rondeur qui m’a semblé provenir en partie d’un peu de sucre résiduel.

IGP Ilia, Avgoustiatis 2014 (cépage Avgoustiatis / prix 24,50 euros)

Vin intense et juteux, avec une très belle qualité de fruit et une excellente équilibre entre tannins et acidité. Long aussi. Très bon.

Domaine Papagiannakos (IGPs Markopoulo, Attiki et Péleponnèse)

vins blancs (je n’ai as aimé le rouge présenté)

IGP Markopoulo, Savatiano 2016 (Prix 12 euros)

Un joli vin blanc du cépage Savatiano, issu de très vielles vignes sur sols calcaires.Ce fin allie bien finesse et force.

IGP Attiki, Malagousia Kalogeri 2016 (prix 14 euros)

Un autre bon blanc mais dans un style très différent, bien parfumé. Le cépage Malagousia semble se situer entre un Muscat et un Viognier en profil.

 

Domaine Skouras, IGP Péleponnèse et AOC Nemea

Le cépage Agiorgitiko (ou St. Georges) est assez connu et produit de grands vins rouges dans et autour de la partie orientale du Péléponnèse, entre autre dans l’aire de l’AOC Nemea. Mais j’ai trouvé les trois vins de ce domaine que j’ai dégusté un peu dur, soit anguleux, soit trop boisés. La zone de prix, qui les situe entre 16 et 33 euros permettrait de trouver bien mieux.

Domaine Parparoussis, AOC Nemea

Pas aimé non plus son Nemea. Austère, amer et peu net au nez. Et bien trop cher à 35 euros.

Macédoine

Le cépage rouge roi de cette région est le Xinomavro, mais il ne semble pas facile de dompter ses tannins féroces qui paraissent souvent d’une sécheresse redoutable.

Domaine Kir Yanni

Je n’ai pas tout aimé dans la gamme des 4 vins rouges présentés par ce domaine, et je n’ai dégusté ni le blanc ni le rosé.

vins rouges

AOC Amyndeon, Kali Riza 2014 (cépage Xinomavro / prix 17 euros)

Un joli nez parfumé entre fruits et fleurs. Les tannins sont d’une puissance moyenne mais restent assez secs en finale. Forte acidité aussi, ce qui renforce l’impact des tannins.

AOC Naoussa, Ramnista 2012 (cépage Xinomavro / prix 22 euros)

Nez intense et très typé dans une gamme d’odeurs sombres. La chaire est relativement juteuse sur un fond tannique. Bonne longueur. Il faudrait être patient je pense.

 

Domaine Diamantakos

vin blanc

IGP Imathie, Preknadi 2016 (cépage Preknadi / prix 19 euros)

Le millésime 2016 de ce vin est bien plus agréable que le 2015 que j’ai trouvé lourd et alcooleux. Ce vin est frais et fin, avec du caractère qui vient avec la touche d’amertume en finale.

vin rouge

AOC Naoussa 2012 (cépage Xinomavro / prix 23 euros)

Le nez est bien plus parfumé que la plupart de vins de ce cépage que j’ai dégusté. Floral et délicat au palais aussi. Les tannins et l’amertume sont maitrisés ici.

J’ai aussi dégusté un 2103 du même vin, dans la continuité, aussi parfumé mais avec plus de structure.

Domaine Kechris

Ce domaine travaille beaucoup (mais pas exclusivement) avec un type de vin très traditionnel en Grèce : le Retsina. Si vous avez une mauvaise opinion du type, je vous encourage de goûter leurs vins !

vins blancs

Retsina Kechribari 2016 (cépage Roditis / prix 10 euros)

Vin parfumé et tendre, la touche de résineux étant délicate et bien intégrée.

Retsina, Les Larmes du Pin 2016 (cépage Assyrtiko / prix 22 euros)

Voilà un vin qui blufferait tout le monde ! Nez splendide, aussi expressif que subtil. L’élevage lui a apporté finesse et rondeur. Vin superbe.

Je l’ai nettement préféré au 2015 du même vin, au boisé plus marqué.

vin rouge

IGP Macédoine, Syllogi 2013 (cépage Xinomavro / prix 17,50 euros)

Un joli vin, plus fin que la plupart que j’ai dégusté issu de cette variété. Parfumé et assez long, avec un fruité attrayant autour de sa structure. Il rajoute une belle dimension par sa texture à une jolie fraîcheur.

 

Thessalonique

Domaine Gerovassiliou

Ce domaine se trouve en bordure de la mer et sur des sols essentiellement sablonneux sur fond calcaire. J’ai beaucoup aimé son vin rouge, issu d’un assemble de trois cépages.

IGP Epanomie, Avaton 2012 (cépages Limnio, Mavrotragano et Mavroudi / prix 32 euros)

Vinifié en cuves bois avec un macération pre-fermentaire à froid et pigeage après la fermentation alcoolique, puis un élevage en barriques pendant 12 mois. Le boisé reste encore marqué mais il y a une très belle matière, intense et longue. Vin ambitieux et très bien fait. (16/20)

Voilà, c’est tout pour l’instant. Nous partons à Cassis, avec Hervé et mon collègue Sébastien pour d’autres aventures que nous vous raconterons prochainement.

 

David

 

 

 

 

 

 

 

 


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La Grèce et sa richesse ampélographique (1)

Il y a quelques temps, j’ai relaté sur ce blog l’extraordinaire richesse ampélographique de la Géorgie, et même un peu avant d’y aller pour la première fois. Mais je n’oublie pas celle de la Grèce, et je me permets aussi de rappeler que nous devons le mot ampelopsis à la Grèce antique et au mot αμπελος (ampelos) qui signifie « vigne ».

Ce qui m’a à nouveau démontré une récente dégustation de vins grecs organisé par l’excellent restaurateur, traiteur et importateur de vins Mavrommatis, qui est installé à Paris où il possède plusieurs boutiques et restaurants. Regardez ici pour plus d’informations : www.mavrommatis.com/

L’année dernière, lors de l’édition 2016 de la même présentation, j’avais été particulièrement impressionné par les vins blancs. Cette année, bien que certains blancs m’aient enchanté, ce sont aussi des rouges qui ont figurés parmi les plus belles surprises de mes dégustations qui m’ont fait rencontrer environ 60 vins de différentes parties de la Grèce, allant de la Crète à la Macédoine, en passant par les Cyclades, le Péloponnèse et Céphalonie. Je vais vous en parler en plusieurs épisodes: cette semaine, cela sera au tour des îles, en commençant notre voyage en Crète.

Selon Effie Kallinikou, oenologue et export manager du Domaine Lyrarakis, 11 variétés autochtones sont identifiées et utilisées en Crète. On y trouve aussi des cépages classiques « internationaux » issus essentiellement de France, plus le Sangiovese italien et aussi l’Assyrtiko de la petite île voisine de Santorin. Mais évidemment, les cépages « internationaux » ne constituent pas l’intérêt principal d’un tel voyage.

Domaine Lyrarakis, Crète : vins blancs

(un seul de ces vins est importé pour l’instant et son prix public est donc indiqué)

Un très joli Assyrtiko 2016 plus fruité, plus rond et plus « accessible » (tout en restant fin et vif) que les versions de cette variété que j’ai pu déguster de Santorin et qui s’expriment souvent avec une austérité et/ou un niveau de concentration qui peuvent paraître un peu difficile pour certaines personnes (beaucoup diront « minéral »).

(15/20)

Plyto Pirovolikes 2016 (photo de la variété ci-dessus)

Cette variété Plyto a été sauvé de quasi-extinction par la famille Lyrarakis. Il viendrait de la partie est de l’île et la surface qui lui est consacré ne serait qu’une dizaine d’hectares en tout. La parcelle Pirovolikes est située à 650 mètres d’altitude. Aussi fin que gourmand, avec une touche de fraîcheur citronné et un alcool modeste, j’ai apprécié également sa belle longueur en bouche.

(16/20)

 

Plyto Pasarades 2016

Issu d’une parcelle situé un peu plus bas (480 mètres) je l’ai trouvé assez bon mais dans un style plus gras et lourd que le vin précédent.

(13,5/20)

 

Vilana 2016

9 euros

Ce vin provient de  la partie centrale de la Crête et cette variété est la plus plantée des cépages blancs dans l’île. Elle a tendance à produire beaucoup mais sur des terrains plus pauvres elle devient intéressant, comme ici avec un vin ferme et assez intense qui finit en longueur avec une pointe d’amertume agréable.

(14,5/20)

Dafni Pasarades 2016 (photo de la variété ci-dessus)

Le mot dafne signifie laurier sauce en grec, et ce vin sent fortement la feuille de laurier: odeur que je ne me souvent pas avoir détecté, du moins aussi nettement, dans un autre vin. Encore une variété ancienne sauvé par cette famille. Sa maturation tardive lui a assuré aussi une belle acidité. Vin intense, singulier et très bon.

(15,5/20)

 

 

Domaine Lyrarakis, Crète : vins rouges

(un seul de ces vins est importé pour l’instant et son prix public est donc indiqué)

 

Kotsifali 2015 (photo de la variété ci-dessus)

9 euros

100% cuve. Variété bien connue en Crète. La couleur est légère et le nez peu expressif, mais la texture en bouche est suave et le vin aussi rafraîchissant que fin, presque délicat.

(14/20)

 

Mandilari 2014

Cette variété se trouve un peu partout dans la partie sud de la mer Egée. Elevé 12 mois en barrique, celui-ci est intense et tannique mais a conservé un joli caractère fruité autour. Beau vin, de caractère mais pas rustique pour deux sous.

(15/20)

 

Domaine Sigalas, Santorin : vins blancs

Les vins de ce domaine ne sont pas bon marché mais un regard à cette photo peut donner au moins une partie de la cause ! J’en ai fait une sélection de mes préférés, dont deux font partie des meilleurs vins de la dégustation. Mais je n’ai pas tout aimé, trouvant quelques vins blancs un peu excessifs et lourds.

AOC Santorin, Assyrtiko 2015

29,50 euros

Tendre et à la texture arrondie, avec derrière cela une belle acidité. Cela reste assez cher pour un tel vin.

(14/20)

AOC Santorin, Assyrtiko 2016

29,50 euros

J’ai préféré ce millésime qui m’a semblé plus fin. Toujours des jolies rondeurs mais plus centré et puissant.

(15/20)

Les cuvées Aa et Kavalieros manquent de finesse à mon goût. Ce dernier est hyper-puissant.

AOC Santorin, Nychteri Grande Reserve 2012 (assyrtiko)

59 euros

Voilà un formidable vin de méditation. Il contient un peu de tout : un peu de sucre résiduel grâce à des vendages tardives, mais aussi une très belle acidité et une oxydation parfaitement intégrée dans le corps du vin et pas simplement plaquée dessus. Enorme complexité et une longueur qui va de pair. Grand vin qui vaut son prix.

(18/20)

Domaine Sigalas, Santorin : vin rouge

IGP Cyclades, Mavrotragano 2013

44 euros

Vignes de 50 ans, élevage 18 mois en futs de chêne. Un beau nez, intense, de fruit murs et pruneaux. Aussi intense en bouche, qui est charnue et chaleureuse. Un vin riche mais superbement équilibré

(17/20)

Domaine Argyros, Santorin : vins blancs

AOC Santorin, Assyrtiko 2016

23 euros

Assez vif et fin, avec un toucher presque tannique à la fin qui lui confère un accent austère. Un peu cher, mais il faut aussi voir les conditions de production.

(14/20)

AOC Santorin, Argyros Estate 2015 (assyrtiko)

27,50 euros

Issu de vignes très vieilles (150 ans et donc non-greffées) du village d’Epikopi. 20% de ce vin est élevé en barriques pendant 6 mois. Semble plus tendre et arrondi que le précédent, avec beaucoup de force et de puissance. C’est aussi un blanc au caractère tannique marquée. Très long aussi.

(15,5/20)

AOC Santorin, Pure, Volcanic Slopes Vineyard 2013 (assyrtiko)

40 euros

J’ai préféré ce vin a une autre, issu de très vieilles vignes et d’un élevage en barriques. Celui-ci a été vinifié en cuve souterraine en ciment et gardé sur lies pendant 14 mois. Vin complexe, riche et rond mais sans l’accent sucré que peut apporter la barrique. Parfums délicatement fruités. Délicieux, même se c’est un peu cher.

(16/20)

IGP Cyclades, Domaine Argyos, Aïdani 2016

25,50 euros

Autre cépage blanc de l’île. Rarement vinifié seul, sauf pour faire des vins doux, il a naturellement peu d’acidité et produit des faibles niveaux d’alcool. Ce vin est fin et fruité, bien équilibré et très plaisant, mais il ne vaut pas ce prix.

(14,5/20)

Domaine Argyros, Santorin : vin rosé

IGP Cyclades Atlantis rosé 2016

80% Assyrtiko, 20% Mandilaria (assemblage de raisins ou de vins ???)

Peu import la technique utilisée car j’estime que c’est le meilleur vin rosé que j’ai dégusté cette année. Très savoureux et bien équilibré, je pense que ce vin illustre ce qu’un bon vin rosé doit être : autre chose qu’un blanc ou un rouge, vif mais ayant de la structure. Cela nous change des pâles choses qui dominent en Provence !

(15/20)

Domaine Argyros, Santorin : vin rouge

IGP Cyclades Domaine Argyros, Mavrotragano 2012

40 euros

Cette variété indigène et rare possède deux variantes distinctes et on ne sait pas trop lequel est le « vrai ». Il a été utilisé traditionnellement pour faire des vin santo, seul ou en assemblage. Depuis peu, quelques producteurs le vinifie en sec, comme ici. C’est cher mais c’est aussi très bon ! Nez incroyable, profond et complexe. Très belle longueur. Tanins et acidités se livrent une bataille pour la gagne, et les tanins l’emportent à la fin, du justesse.

(16/20)

 

Domaine Gentilini, Céphalonie : vins blancs

Nous passons maintenant à l’ouest de la Grèce et à une île de la mer Ionienne.

AOC Robola de Céphalonie 2016

18 euros

Assemblage de vins issus de parcelles sises à 620 et 860 mètres d’altitude. Le cépage Robola se trouve dans toutes les îles Ioniennes, mais aussi maintenant un peu en Grèce centrale. En Céphalonie il a une appellation spécifique. Vin très fin et gourmand, à la fois tendre et doté d’une belle fraîcheur.

(14,5)

AOC Robola de Céphalonie, Wild Paths 2016

21 euros

Vinifié partiellement avec des levures indigènes, et, pour 20%, en barriques. Bien plus ferme que le précédent, il donne une sensation de pureté mais est aussi très serré en texture. Aura besoin d’un peu de temps mais très prometteur.

(15/20)

Domaine Gentilini, Céphalos : vin rouge

IGP Coteau de Ainos, Eclipse 2015 (cépage Mavrodaphni)

23,50 euros

Cette variété se trouve aussi bien dans les îles ioniennes que sur ne nord-ouest du Péloponnèse. Souvent utilisé pour faire des vins fortifiés et doux, mais ici en sec? Cépage bien coloré et tannique. Vinification avec grappes entières en barriques, sans incorporation du vin de presse. Elevage en fûts de chêne 12 mois, puis 12 mois en bouteilles. Vin superbement fruité, rendu délicat et tendre par son toucher très soyeux, ce qui est une performance à mettre au crédit de la vinification intégrale. Sa belle fraîcheur perce ensuite donnant du relief à la longue finale. Vin d’une très belle finesse que m’a tant séduit que j’ai plongé en achetant quelques bouteilles et magnums !

(16,5/20)

Bon voyage si vous avez la chance de vous rendre dans ce beau pays qui souffre en ce moment. Sinon, je vous donne rendez-vous dans une semaine pour parler de quelques vins de Grèce continentale.

 

David

 


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Au bout d’une semaine dense, le Schioppettino de Davide Moschioni

Il y a des semaines comme cela.  A vrai dire, il y en a beaucoup quand on aime le vin et qu’on a la chance d’être confronté à des occasions très diverses qui tournent autour de cette boisson magique. Tout n’y est pas rose et fait de bonheur pur, bien entendu, et il fait aussi tenir le rythme sans (trop) perdre la boussole. La semaine passée est un exemple parmi d’autres. Elle inclut aussi des journées au bureau à écrire, préparer des travaux à venir, rédiger comptes-rendus et mails et gérer le quotidien de toute petite entreprise, plus une réunion à l’extérieur, quelques dégustations programmées ou improvisées et une journée de formation dispensée le samedi.

Lundi soir, dîner chez un membre (généreux, comme vous allez le voir) d’un des cercles d’amateurs de vins que j’anime. A l’apéritif, Dom Pérignon 1988 en magnum, puis 1982 en bouteilles : les deux extraordinaires, peut-être surtout le 1982 ce soir-là, même si le 1988 ira probablement plus loin dans le temps. Servis dans des verres que je n’aurai pas choisis pour de tels vins, mais quelle finesse et quelle puissance pour des Champagnes de ces âges!

Au repas qui a suivi, d’abord un Corton-Charlemagne 2005 de Bouchard Père et Fils, qui m’a semblé un poil fatigué. Problème de bouchon pas assez étanche, probablement ; en tout cas en deçà du niveau habituel des grand blancs de cette estimable Maison. Ensuite, Calon-Ségur 1990 en double magnum : un vin très ferme et carré, encore trop jeune et un poil austère à mon goût, mais impressionnant. Puis Beychevelle 1945 : je l’aurai servi avant le Saint-Estèphe car il est sur le déclin avec de jolies restes, tout en élégance mais un peu dominé par l’acidité maintenant. Puis, avec le fromage, un Porto Taylors Vintage 1968, très fin, très suave, encore très fruité mais sans la puissance habituelle de Vintages de ce producteur. Avec le dessert, un Quarts de Chaume, Château de Suronde 1989 : très beau. Nous avons fini avec un magnifique Armagnac Laberdolive de 1937, puis retour à la maison en métro. Même pas mal !

Mardi soir, travail pour animer une soirée du Wine & Business Club et présenter à 150 personnes deux vins peut-être pas très bien connus mais de très belle qualité et que je bois avec autant de plaisir que certains des précédents. Premièrement, le Château de Fontenay, près de Tours, avec des Touraine et Touraine-Chenonceaux que je trouve aussi fins et précis que plaisants et très abordables en prix. Deuxièmement un vin des Costières de Nîmes à l’étiquette moderne et à la qualité irréprochable: le Domaine de Scamandre.

Mercredi soir, relâche.

Jeudi midi, déjeuner/dégustation pour un club pour lequel je présentais 3 vins de Bordeaux issus de ma sélection personnelle parmi les Talents de Bordeaux Supérieur du millésime 2014, plus un blanc de la même région en apéritif. Ces vins se vendent au détail entre 6,50 et 10,50 euros la bouteille et sont, pour moi, parmi les meilleurs rapports qualité/prix disponibles en France aujourd’hui. Le blanc se nomme Château Lauduc Classic blanc 2016, les trois vins rouges Château Lacombe-Cadiot 2014 (un des rares vins de cette appellation né dans la région médocaine),  Château l’Insoumise, cuvée Prestige 2014 (un Bordeaux Sup de la rive droite, près de St. André de Cubzac), et Château Moutte Blanc 2014, un autre Bordeaux Sup qui vient du Médoc, tout près de Margaux, un très beau vin de palus qui contient 25% de petit verdot.

Le jeudi soir, deuxième soirée de la semaine pour un autre club du Wine & Business Club à Paris, cette fois-ci avec des vins étrangers : les excellents Tokaji du Domaine Holdvölgy, et les vins de Sonoma de Francis Ford Coppola, issus de sa série Director’s Cut, tous les deux importés en France par South World Wines. Beaucoup d’intensité dans le Tokay sec de Holdvölgy, qui, pour une fois, n’est pas fait avec le Furmint mais avec l’autre cépage important de l’appellation, le Hárslevelű, et un magnifique liquoreux (mais pas un aszú : il s’agit d’un assemblage entre un szamorodni et un aszú, je crois). Tout bon partout, pour faire court. Coppola présentait un Chardonnay, un Cabernet Sauvignon et un Zinfandel.

Vendredi matin, repos, course à pied et gym; vendredi soir, relâche.

Samedi, formation toute la journée pour un groupe de 16 personnes, surtout amateurs mais aussi trois professionnels, qui se sont inscrits à l’Académie du Vin de Paris pour le Niveau 1 du cursus WSET.

La fine équipe (il manque juste Sébastien Durand-Viel qui donnait un cours ce jour-là) de notre école, l’Académie du Vin de Paris, à Londres quand cette école fut élue, début 2016, parmi les 8 meilleurs formateurs des 650 qui dispensent les cours WSET au monde.

Le samedi soir, retour à la maison où j’ai dégusté, de ma cave, le vin qui m’a fait peut-être le plus grand plaisir de tous ceux de la semaine. Je sais bien que le moment est important dans l’appréciation d’un vin : le fait de ne pas être dans une situation de travail, de se sentir relaxé et tout cela. Mais ce vin rouge m’a semblé intense et très agréable, plein sans être surpuissant, solidement bâti mais également très fruité. Et cela, malgré ou à cause d’un âge qui est respectable sans être canonique : 13 ans. Ce vin, je l’ai dégusté à différents stades de sa vie, car j’en avais acheté une caisse en 2005 lors d’un voyage en Italie pour le compte de la Revue de Vin de France, qui éditait à l’époque chaque année un cahier spécial sur les vins italiens . Il ne m’a jamais semblé aussi bien que maintenant. C’est le vin du titre de cet article et le voici :

Moschioni, Schioppettino (non filtrato) 2003, Colli Orientali del Friuli, Italia

 Davide Moschioni, Vignaiuolo in Gagliano di Cividale del Friuli

D’abord, un mot sur cette variété qui a été sauvée de la disparition dans les années 1970, à l’instar d’autres variétés locales comme le Pignolo ou le Tazzelenghe. Elle n’était même pas autorisée à la plantation avant 1981 ! On en trouve des deux côtés des la frontière actuelle entre le Friuli d’Italie et la Slovénie, et elle possède, logiquement, plusieurs synonymes : Pocalza en Slovénie, Ribolla Nera en Italie (mais il n’a pas de lien avec la Ribolla Gialla). Le terme Schioppettino signifierait « croustillant », soit parce que sa peau donne cette sensation (il s’agit effectivement d’une variété tannique), soit parce qu’il aurait été vinifié à une époque en vin frizzante. Le statut de DOC lui fut accordé en 1987, aussi bien en Colli Orientali del Friuli qu’en Friuli Isonzo, mais on le trouve aussi en IGT Venezia Giulia. Heureuse sauvetage, comme nous allons le voir !

Robe très dense et étonnamment jeune, avec ses bords encore d’un ton rubis malgré son âge qui devient respectable. Le bouchon, en revanche, laisse à désirer sur le plan de l’étanchéité car je constate des remontées du vin jusqu’à deux tiers de sa longueur. Il était temps d’ouvrir ce flacon! Le nez présente en effet un petit coup d’oxydation au départ, avant de me plonger dans des eaux profondes d’une masse très dense de fruits noirs, de cigare et de cerises à l’eau de vie. C’est assez entêtant ! Les tanins qui furent très denses dans sa jeunesse commencent à bien se fondre. Ils sont encore croquants et bien présents, donnant une belle colonne vertébrale à cette masse impressionnante et très qualitative de fruit sombre. Tout cela donne une belle sensation de plénitude, remplissant la bouche sans aucunement l’agresser. Le vin atteint son équilibre par une belle sensation de fraîcheur en finale et cette touche d’amertume si caractéristique de bon nombre de vins italiens.

C’est un vin à la forte personnalité, mais qui sait aussi séduire par la remarquable qualité de son fruit et constitue un excellent choix pour un vin de garde.

Je constate que ce vin vaut maintenant entre 35 et 50 euros la bouteille, selon le pays en Europe. J’ai dû l’acheter un peu moins cher à l’époque, sur place. Il n’est pas distribué en France, à ma connaissance.

David

PS. Aujourd’hui, dimanche, repos le matin, écriture puis gym l’après-midi, puis direction le Stade Jean Bouin ce soir pour soutenir le Stade Français contre Toulon. Allez les soldats roses qui ont su résister au grand méchant Capital cher à Léon !