Les 5 du Vin

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Ventoux : un vent chaud venu du Sud

Ce n’est pas de la neige sur le sommet de cette montagne chère aux cyclistes, mais la blancheur de la pierre calcaire

J’ai posté plein de photos la semaine dernière. Il n’y en aura que peu cette semaine car je n’ai pas le temps. Mais l’article est assez détaillé au cas où cela vous intéresse.

 Aborder une appellation, même d’une manière incomplète, apporte souvent son lot d’idées reçues en tous genres que nous essayons de déblayer en dégustant les vins à l’aveugle bien sûr, mais aussi en mettant en sourdine les images qui nous arrivent de nos expériences passées cumulées. Ce n’est jamais gagné et, parfois, les vins confirment les tendances inévitables dues au binôme climat/cépages. Mais chaque producteur garde son espace de liberté, qui n’est pas toujours énorme mais qui peut, lors d’une dégustation horizontale des vins d’un millésime donnée, créer des différences significatives non seulement dans le domaine de la qualité perçue de chaque vin, mais aussi entre les styles des vins, tout étant relatif bien entendu. Tout cela s’est avéré pour moi lors d’une récente et compréhensive dégustation de vins rouges de l’appellation Ventoux.

Les données de base de l’appellation

Le Ventoux se situe dans la partie sud de la vallée du Rhône, à l’Est d’Avignon et  de Carpentras. Cette appellation s’intitulait Côtes-du-Ventoux avant 2008.  Elle jouxte le Luberon au Sud et la zone Beaumes de Venise/Gigondas au Nord-Ouest. Sur une superficie de 7.450 hectares,  le vignoble est disposé autour du Mont-Ventoux, comme son nom le suggère. Le secteur géographique est principalement sous influence méditerranéenne, avec quelques zones sous influence continentale, donc un peu plus fraîches. L’ensoleillement est important sur l’ensemble de l’aire, restant dans une fourchette comprise entre 2 600 et 2 800 heures/an. Ce qui correspond à un maximum annuel de dix jours de brume. Les précipitations sont rares mais parfois violentes. Elles atteignent 600 à 700 mm par an mais un seul épisode orageux peut en quelques heures déverser jusqu’à 200 mm. Le vent dominant est le mistral, qui souffle du nord vers le sud et qui assèche non seulement les terres mais aussi la vigne, rendant relativement faibles les risques de maladies cryptogamiques. Localement, l’altitude peut aussi influer sur le caractère du vin.

Structure du vignoble

L’appellation se divise en trois zones géographiques : le bassin de Malaucène au nord, le piémont du Ventoux à l’est de Carpentras et le nord du Calavon jusqu’à Apt. Le vignoble regroupe environ le tiers de tous les vignerons du Vaucluse. L’exploitation agricole type dans l’appellation pratique souvent de la polycultureconséquence du morcellement de la propriété. Les grands domaines de plus de 20 ha sont en augmentation mais encore minoritaires. La petite exploitation de 10 ha reste majoritaire (90 %) ce qui explique l’importance des caves coopératives dans l’AOC. Dans ce type d’exploitation, la partie vigne représente 3,5 ha et monte jusqu’à 5 ha en y incluant le raisin de table. Plusieurs producteurs significatifs sont aussi présents dans des appellations autour (Côtes du Rhône, Lubéron, Cairanne, Gigondas, etc.)

 

Encépagement

Les mêmes cépages sont utilisés pour les vins rouges et rosés : grenache noirsyrahcinsaultmourvèdre et carignan. Les cépages secondaires sont le picpoul noir et la counoise, avec un plafond maximal de 20 % pour cet ensemble.

Ma dégustation

Cette dégustation portait uniquement sur les vins rouges, et essentiellement sur les millésimes 2014 et 2015, avec deux vins de 2016 et un chacun de 2012 et de 2010. Cela était le choix de chaque producteur, comme la cuvée sélectionnée car une seule était possible par producteur. Il en résulte parfois des écarts  importants en matière de prix, mais le prix moyen pour l’ensemble des échantillons dégustés se situait entre 10  à 15 euros (prix public ttc bien entendu). Je n’ai sélectionné, pour ce compte-rendu, que les vins que j’ai estimés bons ou très bons, quelques soit leur niveaux de prix. Ils figurent par ordre croissant de millésime, puis par ordre ascendant de prix avec les prix de vente public mentionnés.

2010

Un seul vin dégusté dans ce millésime, donc pas de commentaire possible sur la qualité perçue de cette année.

Chêne Bleu, Abelard (64,50 euros)

Ce domaine et ce vin sont atypiques. Très soigneusement présentée dans un flacon de type bordelais, avec une belle étiquette sous aspect de gravure ancienne, la cuvée s’habille bien pour tenter de justifier son prix bien au-delà des plus chers de cette appellation; son le nom n’apparaît que sur la contre-étiquette. On vise clairement un autre marché que celui des Ventoux habituels. Cette cuvée est dominée par le Grenache avec un apport de Syrah, mais sans autre précision donnée. Le vin a passé 18 mois en fûts de chêne.

Le robe n’est pas celle d’un vin jeune, bien entendu, mais garde un aspect assez juvénile. Le nez est complexe et raffiné, évoquant les fruits cuits, le sous-bois et le cuir avec un soupçon de truffe. La rondeur en bouche est agréable mais le fruité est en phase d’atténuation tandis que la texture n’est pas encore assez suave pour supporter cette évolution. L’alcool ressort bien trop en finale – je crains que la dominante Grenache en soit responsable. C’est un bon vin, certes, mais on est en droit d’être bien plus exigeant à ce prix, il me semble. (note : 14,5/20)

2012

Un seul vin dégusté dans ce millésime, donc pas de commentaire possible sur la qualité perçue de cette année.

Domaine La Camarette, Loris (11 euros)

70% syrah et 30% grenache pour ce vin au nez discret aux touches de vanille qui indique un élevage sous bois. Belle qualité de fruit sur un palais qui sonne clair, mais avec une finale plus austère dans laquelle le bois prends un peu le dessus. Mais un vin de garde, bien fait et d’un bon rapport qualité/prix. (note 14,5/20)

2014

13 vins dégustés mais seulement 5 retenus. On sent un millésime assez compliqué.

Château Bonodona (11 euros)

Une étiquette simple et classique pour ce vin d’un domaine historique actuellement vinifié par la cave Terra Ventoux.

Nez harmonieux, assez intense et dominé par les fruits rouges et noirs avec une touche discret de bois. De la belle chaire juteuse en bouche qui ouvre sur une finale plus austère. Bon vin à ce prix. (14/20)

Domaine du Tix, cuvée Bramefan (14 euros)

Bouteille lourde et étiquette soignée dans un style traditionnelle.

Nez fin dont le retenu semble dénoter un élevage soigné. Très belle pureté du fruité de ce vin dont la clarté d’expression écarte tout soupçon de sur-extraction. C’est précis et très fin, peut-être moins exubérant que certains mais d’une constitution qui laisse entrevoir une belle garde. Très belle affaire à ce prix (16/20)

 

Domaine de Peyre, La Gazette No : 2 (15 euros)

Le domaine d’une journaliste convertie dans la production de vin après des années passées à la revue GaultMillau. La bouteille est de forme bordelaise et l’étiquette de format de … gazette.

Ce vin épouse une forme un peu à part des autres de cette série, avec une robe plus claire et un nez plus évolué qui comporte de jolies notes de sous-bois et de vieux cuir par dessus d’un fruité de type confit et sec. L’impression générale est élégante et raffinée; cela se confirme en bouche avec aussi une certaine force alcoolique et des notes de cerises, et leur noyaux qui donnent une pointe d’amertume en finale (14,5/20)

 

Mas Oncle Ernest, Rien ne sert de courir (15,50 euros)

Un vin et un domaine qui casse les codes, aussi bien pas son nom et l’intitulé de la cuvée que par la forme bordelaise du flacon.

Le nez intrigue avec ses combinaisons entre fruits, épices et une pointe d’animalité que me fait soupçonner une présence de bretts, pas trop mais un peu quand-même. La texture est suave et le fruité bien mur. C’est bon, pas trop extrait, plein de caractère et assez harmonieux. Mon soupçon de bretts se confirme par une texture un peu crayeuse. Certains diront que c’est le « goût du terroir », mais en tout cas ce n’est pas envahissant. (14,5/20)

 

Château Pesquié, Artemia (30 euros)

La bouteille est lourde et l’étiquette moderne et soignée pour un vin dont le prix le situe clairement dans le segment haut de l’appellation.

Un bon fond de fruits noirs au nez qui marque aussi un travail d’élevage soigné et qui apporte une note agréable de fermeté. Très belle qualité de fruit en bouche avec un dialogue intéressant entre l’élan donné par le fruit et le fond plus fermé apporté par l’élevage. Une très belle cuvée de demie-garde (5/10 ans) qui s’améliore bien avec une bonne aération aujourd’hui. (note 16/20)

 

2015

8 vins retenus sur 12 échantillons dégustés. Une niveau de qualité bien supérieur à celui de 2014, dans l’ensemble.

 

Château Croix des Pins (10 euros)

Etiquette épurée et élégante, bouteille normale.

Nez discret mais fin, légèrement poivré. Le fruité est là en bouche, tenue, peu envahissant mais frais. Un vin très plaisant et bien équilibré, encore jeune mais prometteur avec une jolie finesse de toucher. (14,5/20)

 

Martinelle (11 euros)

Etiquette simple et élégante.

Nez dense de fruits noirs, clairement sudiste et assez épicé. Charnu et puissant en bouche, il est aussi aidé par des tanins longs qui ajoutent une autre dimension au corps du vin. Très bon et destiné à une garde de quelques années. Prix plus que raisonnable pour cette qualité. (15,5/20)

 

Orca, vieilles vignes (11 euros)

Orca signifierait petite amphore, selon l’étiquette mais les flacons qui se présentent sur l’étiquette n’ont pas d’anses et ne sont donc pas, techniquement, des amphores.

Grenache majoritaire dans ce vin au nez assez fermé pour l’instant. Traces d’un élevage de qualité mais pas dominant. On vise clairement un profil de vin de garde. En bouche le fruité est bien présent, entre cerise et cassis, bien juteux et aussi intense que séduisant. La texture est mi-ferme, mi-veloutée : clairement en devenir. Mais sa matière est si pleine et si bien équilibré qu’on aurait presque envie de le boire de suite. Un des meilleurs vins de la série et un des moins chers aussi. (16,5/20)

 

Domaine de la Gasqui (12 euros)

Grenache, Carignan et Cinsault, un assemblage à l’ancienne et une étiquette du même tonneau

Nez un peu réduit au départ mais qui révèle ensuite un joli fond de fruits et d’épices. Ce fruité bien vibrant devient encore plus présent en bouche. Vin aussi fin que savoureux à l’équilibre admirable et au prix bien placé. (15,5/20)

 

Gentilice, Cave de Canteperdrix (entre 12 et 15 euros)

L’élevage est assez présent au nez mais n’écrase pas une très belle matière. Cette qualité de fruit prend bien son élan en bouche avec un vin à la belle texture soyeuse qui entoure une superbe matière. Gourmand et avec une belle longueur. Excellent vin. (16/20)

 

Domaine Cambades, Crépuscule (15 euros)

50% Syrah et 50% Grenache pour ce vin à l’étiquette sombre, logiquement crépusculaire. La contre-étiquette, pour une fois, est claire et informative.

Nez juteux, frais et expressif. En bouche la très belle matière fruitée et aussi gourmande que puissante. Les tanins sont aussi bien présents mais sans dominer l’ensemble. Belle longueur et un caractère juteux très présent sur toute la durée.

 

Domaine Allois, Terre d’Ailleuls Domaine Allois, Terre d’Ailleuls (18 euros)

Bouteille lourde et étiquette moderne, signée. La contre-étiquette est un peu trop « bla-bla » pour mon goût.

Nez fumé sur base de fruits noirs. Le caractère puissant de ce vin s’affirme rapidement en bouche. Intense, assez chargé en tanins par rapport au fruit, c’est un bon vin charpenté qui fonctionnera bien avec grillades et plats riches en saveurs car il lui faut du sel ! (15/20)

 

Domaine de Fondrèche, Il était une fois (30 euros)

La cuvée haut de gamme de ce domaine phare de l’appellation qui a récemment abandonné la certification « bio » qu’il détenait depuis un moment, et pour raisons écologiques il me semble. Intéressant !

Nez fin aux cerises à l’alcool. Très concentré, mais sans excès, en tout cas plus que la plupart des vins de cette série. Sa structure tannique en fait une belle cuvée de garde. On pourrait le déguster plus rapidement avec des plats salés mais je le garderai bien 5 ans car il est plus raffiné que la moyenne. (16/20)

 

2016

Seulement deux échantillons reçus mais une très belle qualité pour les deux. Ce millésime semble très prometteur.

 

Domaine Brusset, Les Boudalles (9 euros)

Une présentation sérieuse, comme tous les vins de cet excellent producteur qui rayonne dans la région. Le nez est plus sombre et terrien que celui du vin suivant du même millésime, mais il contient aussi son lot de fruits rouges et noirs. Beaucoup de fraîcheur aussi en bouche et une jolie texture, plus dense que la cuvée Pur Jus de Landra, et qui caresse la langue sans l’agresser. Vin alerte et très gourmand, bien placé en prix.

 

Landra Pur Jus (10 euros)

L’étiquette est simple, graphique et claire et le vin est aussi directe, bien en phase avec son nom de cuvée car le nez est très fruité et juteux (tendance fruits noirs), aux notes d’épices. Cela donne une belle impression tonique de fraîcheur. Beaucoup de gourmandise aussi en bouche et une sensation de vivacité, presque de légèreté dans l’expression de son fruit. Un ensemble dynamique avec un soupçon de piquant (CO2) qui apporte une touche supplémentaire de vivacité. Délicieux vin de soif (15/20).

 

David Cobbold


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Paysages viticoles du Rhône

Deux paysages qui chacun borde une rivière et qui pourtant s’agencent différemment le long de leurs rives.

Vigne en continus et vigne en vis-à-vis      

La première coure le long de la Cèze et d’amont en aval offre sa continuité viticole au regard du passant. La deuxième coure, elle, quelques lieues plus au sud le long de la Tave, mais n’enchaîne pas ses parcelles, préférant de-ci delà s’observer d’une rive à l’autre. Les deux se développent sur un relief calcaire et alternent petits plateaux et pentes douces à fortes. Toutes deux oublient la garrigue des coteaux pour rejoindre l’ombre des chênes pubescents mêlés de pins à l’approche des cours d’eau. Toutes deux craignent ces derniers quand l’orage gronde au loin et peut en quelques instants gonfler autant la Tave que Cèze lors d’un épisode cévenol.

Chusclan

La vigne en continu

Le paysage sculpté par la Cèze offre deux types de reliefs. Le premier en amont, du côté de La-Roque-sur-Cèze est plus encaissé. Puis, il s’élargit vers l’aval et ouvre sa plaine alluviale à l’alignement plus dense des ceps.

La structure paysagère

De La-Roque-sur-Cèze à Bagnols, le vignoble emprunte en grande partie l’ancienne terrasse fluviatile de la rivière qu’il tapisse de vignes, camaïeu vert dans lequel se fondent quelques rares terres à blé ou prairies. Quelques parcelles entaillent toutefois les bois qui encadrent l’entité, clairières discrètes qui semblent s’échappées… Quant aux villages, ils émergent de cette mer de vignes, perchés sur les reliefs pour échapper aux crues ou lovés aux pieds des pentes pour laisser la place aux cultures.

Sa mise en valeur

Une signalétique dédiée au parcours de randonnée existe et permet d’arpenter le vignoble. Pour en augmenter l’intérêt paysager tout en le préservant, la Cave coopérative de Laudun Chusclan a décider de développer des actions sur plusieurs thématiques. Elle fait ainsi mieux vivre les milieux ruraux en promouvant certes les richesses naturelles, mais aussi les aspects culturels et les possibilités touristiques. Démarche labellisée par le PER (Pôle d’Excellence Rurale), dont l’exemple le plus emblématique est la restauration du château de Gicon qui domine du haut de ses 245 mètres la commune de Chusclan.

 Assis au bord de la rivière, un verre à la main

Au calme, les pieds dans l’eau s’il fait chaud ou à l’abri du Mistral, si celui souffle un peu fort, on goûte à la joie de déguster quelques Côtes du Rhône Saint-Gervais ou Chusclan. Et pourquoi ne pas commencer par la cuvée du château…

Château de Gicon 2014 Côtes du Rhône  Cave de Chusclan

 

Rubis sombre, il offre un nez sans fioriture et c’est sans chichi qu’il s’aventure dans les compositions fruitées, marmelade de cerise teintée de cannelle, gelée de groseille colorée de myrtille et de mûre. En bouche, les tanins aux grains fins glissent comme la soie et accroche à peine les papilles, cela les rend attentives, vigilance importante pour estimer le potentiel du vin. Aujourd’hui, il coule comme un jus encore discret, évoquant avec réserve les parfums du nez, parlant déjà des rondeurs gourmandes à venir.

Il assemble 70% de Grenache et 30% de Syrah.

 Les Genets 2015 Côtes du Rhône Chusclan Cave de Chusclan

 

Grenat sombre, son nez légèrement fumé se parfume de confitures de fruits rouges et noirs. On y reconnait les cassis, groseille, mûre et fraise, agréablement développement fruité bien souligné de poivre et de réglisse. La bonne densité en bouche, les tanins souples mais encore bien présent, la fluidité du jus, la généreuse longueur en font un vin des plus plaisants.

Majorité Grenache

www.laudunchusclanvignerons.com

Syrius 2015 Saint Gervais Domaine Clavel

 

Jaune lumineux, il hume les fruits blancs au Cayenne, puis passe au floral des genêts et des mimosas. La bouche surprend par sa saveur de bonbon à la réglisse et à l’anis qui le transforme en friandise. Son onctuosité bien équilibré de fraîcheur au goût d’agrumes augmente sa succulence. Sa bonne longueur termine de nous séduire.

Assemblage de 50% de Viognier et 50% de Roussanne

Clair de Lune 2014 Saint Gervais  Domaine Clavel

Jaune aux reflets vert doré, il respire la cire d’abeille teinté de fenugrec et de thym, puis ajoute quelques fragrances de pêche de vigne poudrée de poivre blanc et de poire fondante piquée d’une baie de genévrier. La bouche fraîche et onctueuse s’installe tout de go avec beaucoup de présence. Sa tension minérale amplifie encore l’impression de vivacité. Miel, de lavande aux aromates apporte de la suavité, l’écorce de citron une agréable amertume.

Assemblage de 50% de Viognier et 50% de Roussanne. Le vin fait sa malolactique en barriques et est élevé 8 mois sur lies.

www.domaineclavel.com

La vigne vis-à-vis

Cotes du Rhone Villages Laudun / Cotes du Rhone Villages Laudun

Une terre de contraste où les grands aplats colorés s’illuminent de soleil. Le vert intense des vignes, le plus sombre des bosquets, la blancheur des falaises calcaires, se coiffent de l’azur du ciel et composent un tableau des plus expressifs. La Tave coule discrète au milieu de ce paysage, laissant tout le long de son parcours des zones humides propice à une vie encore plus discrète.

La discrétion

C’est le maître mot… En dehors des grandes voies de communication, simplement sillonnée de routes droites et étroites, l’endroit reste confidentiel. L’étendue viticole englobe les villages dont parfois seul le clocher indique la présence. Il nous faut monter sur quelque point élevé pour englober d’un seul regard l’entité. Alors on comprend mieux l’enchevêtrement des parcelles qui comme cousues l’une à l’autre étendent leur patchwork végétal. Plus difficile à distinguer, la rivière au lit étroit qui sinue, comme elle peut, on le croirait volontiers, entre vignes, cordons boisés, rares pairies et champs.

Le Clos de Taman

La restauration du Clos de Taman a demandé une bonne quinzaine d’années pour finaliser le projet. Après une première période de défrichage, de travail du sol et de replantation, d’autres aménagements ont pris la suite, comme l’installation de points de vue, la restauration du petit patrimoine architectural et la végétalisation des sentiers qui parcourent ce vignoble devenu une véritable vitrine viticole. Les vignerons de la Cave de Laudun-Chusclan qui est à l’origine du projet ont bien entendu participé à sa réalisation. Réalisation prévue dans le cadre de du Pôle d’Excellence Rurale. Le Clos de Talman, en bordure du plateau du Camp de César, compte 12 ha et regarde le village de Laudun depuis ses 200 mètres d’altitude.

Assis au bord du plateau du Camp de César, un verre à la main

Clos de Taman 2015 Laudun Cave de Laudun-Chusclan

Un rubis aux nuances sanguines, un nez qui semble sortir de la garrigue avant de s’écraser dans les compotes fruitées. Le serpolet et le romarin se maculent de fraise et de cerise, le cade et le ciste se colorent de figue noire et de prune sombre. Le charnu des fruits apporte du volume en bouche. Sphère délicate aux contours moelleux qui semblent sucrés sans l’être. La fraîcheur doit beaucoup au minéral qui vient tendre sur sa portée cristalline toutes les notes parfumées. Équilibre subtil des accroches terriennes et des envolées zénithales relié par le fil gracile des vivacités aux accents d’agrumes.

Assemblage de 50% de syrah et 50% de Grenache qui poussent dans des grès et des calcaires.

www.laudunchusclanvignerons.com

Laudun 2013 Domaine du Rouvre St Léger

Rubis profond, le nez de cerise et de prune, de la chair de fraise noire. Une bouche succulente qui renforce encore le plaisir par ses tanins encore hérissés qui viennent griffer les papilles. De la fraîcheur, de la mâche, de l’éclat, une assise minérale, du croquant qui enfonce ses dents dans la chair d’un fruit charnu. On retrouve tout au long du parcours cette agréable amertume qui renforce la fraîcheur, raffermit le fruit, accentue les épices. Le fruit rouge nous accompagne longuement sans vouloir nous quitter.

Assemblage de 60% de Grenache et 40% de Syrah.

https://fr-fr.facebook.com/pages/Domaine-Rouvre-Saint-Leger/193267414024919

Ciao

Marco


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Une dernière piqûre de vieux Vins Doux Naturels

Voilà une piqûre bien agréable, je ne m’en lasse pas, j’espère que vous non plus. Voici deux Rivesaltes issus de la belle offre de la Cave des Vignerons de Terrassous. En fait, les déguster offre un plaisir supplémentaire, celui de les décrire, tellement ils sont riches d’expressions aromatiques, de saveurs aux nuances changeantes. Du premier nez à la dernière gorgée, les impressions sont en constante évolution. Il est difficile de s’en lasser.

 

Rivesaltes 1995 Terrassous

 

L’ambre marron de la robe se nuance de reflets rouges, le nez frotte les silex pour en sortir l’étincelle qui embrase les aiguilles de pin, le bois sec, nos sens. La bouche contemple bien assise cet embrasement, préférant le confort d’une tasse de moka, le craquant d’un grain de café, mais café glacé par la fraîcheur ambiante qui ne laisse guère de place à la douceur sucrée. Fraîcheur qui met en exergue les arômes de poire tapée, de figue et de datte, de raisin de Corinthe. Le grillé vient ensuite étaler ses notes amères qui accentuent l’acidulé aux goûts de limon et de noyau d’abricot.

Assemblage de Grenache Gris et Blanc à parts égales qui poussent dans des alluvions caillouteuses mélangées d’éclats de schiste. Long élevage en barriques de plus de 20 ans.   (36,95€ départ cave)

Rivesaltes 1981 Terrassous

 

Ambre brun à reflets verts, la marque du rancio qui se fait tout go révéler an nez. Les fragrances de torréfaction suivent évoquant la fève de cacao qui grille en compagnie de grains de café. Du caramel pour adoucir l’expression amère bien perceptible. Des épices pour corser le bouquet. Bouche à la fois vive et douce, un contraste qui explose en bouche et avive les papilles qui ont du mal à détailler toutes les nuances aromatiques. Les acidulées évoquent la groseille à maquereau, les agrumes, la pomme verte, la rhubarbe confite. Les douces parlent de chocolat noir, de caramel un rien brûlé, de café noir, de candi brun, bref des perceptions qui se souligne d’un trait bitter. La finale se veut végétale aux accents de pâte d’olive noire.

Assemblage de 65% de Grenache Blanc et 35% de Grenache Gris et même élevage que le 1995. (prix : 52€ départ cave)

www.terrassous.com

Quant à l’éternelle question 

Mais que peut-on manger en compagnie de ces vins particuliers et surtout sucrés ?

Mais de tout, les VDN sont tellement variés autant dans leurs expressions que dans leur douceur ressentie qu’ils accompagnent les repas de l’apéro au dessert. Il faut juste avoir l’envie, le témérité, l’assurance d’essayer. Ils fonctionnent en général sur tous les fromages, c’est un bon départ. Après, il suffit de les tenter avec le plat principal, c’est à la fois original et surprenant sur les viandes, certes étuvées, mais aussi grillées, encore plus si elles sont bien relevées. Allez-y petit à petit jusqu’au menu complet.

Terrats, Terre de légende

cette tour de cuves m’a toujours impressionné

Voici ce que les vignerons terrassous écrivent sur leur site :

    Dans le sud de la France, une légende veut qu’il y ait eu dans des temps très anciens, alors que Barcelone n’était qu’un pré, à proximité du torrent la Canterrane, une cité nommée Mirmanda. Mirmanda aurait été le domaine des fées (les encantades) avant d’être détruite par une brutale montée des eaux de la Méditérranée.

   Invisible au commun des mortels, cette citée n’aurait été vue que par de rares bergers, dont certains auraient été appréciés des fées et seraient devenus très riches. Personne ne connaît l’origine de cette légende qui montre la richesse de l’imaginaire Catalan.

   La plus ancienne mention connue du village de Terrats, sous la forme « Terrenum », date de juillet de l’an 844. Ce jour-là Argila, fils du Comte de Barcelone, vendit à son propre fils, Bérà, deux propriétés avec leurs dépendances. L’une se nommait Furchas (aujourd’hui village de Fourques) et L’autre Terrenum. Un siècle plus tard, en l’an 960, ce nom fut transformé en Terradas devenant peu après Terrats.

 Les Terrassous sont les habitants de Terrats, c’est sous cette dénomination que se sont regroupées les Caves de Thuir, de Fourques et de Terrats.

 Toujours sympa les belles histoires…

Et voici comme promis, le lien avec l’article complet paru dans In Vino Veritas cette semaine

https://www.invinoveritas.be/fr/surprenants-vins-doux-naturels-du-roussillon/

Ciao

 

Marco


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Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

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Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

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Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

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Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

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Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

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Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

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Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

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Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold


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Eloge du blanc (doux, sec, effervescent ou tranquille), au travers de 3 vins

img_7848Les trois bouteilles concernées, prises sur le mur d’une terrasse chez moi dans la brume matinale gasconne. Pas assez de pluie pour les cèpes, malheureusement.

Quand on voit qu’en France, il se vend aujourd’hui plus de rosé que de blanc, il y a de quoi se désespérer des goûts de «nos» compatriotes. Mais peu importent les modes: elles ne signifient rien d’important, ni de bien utile. Mais qu’est qui est utile, et qu’est-ce qui est futile, en matière de vin? Car voila bien un sujet où c’est notre bon plaisir qui compte.

D’une manière totalement futile, donc, mais en dehors des modes, je vais vous parler de trois blancs qui m’ont donné beaucoup de plaisir cette semaine.

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Champagne Pierre Trichet, l’Héritage, Brut Premier Cru Blanc de Blancs

D’abord les bulles, car on commence généralement par ce type de vin. Pierre Trichet est un vigneron dont la production m’a semblé briller de mille feux lors d’une dégustation organisé par les Champagnes de Vignerons en septembre 2015 à Paris. Du coup je suis allé le voir au tout début de cette année et j’ai rendu compte de cette visite ici. J’avais déjà acheté quelques bouteilles de ses vins que j’ai transporté dans ma cave en Gascogne et avant-hier, avec des amis, nous en avons bu un. Il s’agit de la cuvée l’Héritage, Brut Premier Cru Blanc de Blancs qui ne porte pas de millésime: grande plénitude des saveurs en bouche car le fruité est totalement intégré à l’acidité ; la bulle aussi, délicate et alerte, puis, dans un grand ressac, la longueur prolonge le plaisir de l’ensemble. Ce vin se vend autour de 25 euros dans le commerce et c’est une très belle affaire quand je compare ce vin à certains noms plus connus.

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Bourgogne Chardonnay 2014, Justin Girardin

De quoi s’agit-il ? D’un Bourgogne Blanc (qu’on dit bêtement « générique ») acheté au printemps dernier, chez l’excellent caviste Plaisirs du Vin à Agen. Je note au passage que ce producteur choisit de faire figurer, comme il se doit, le cépage Chardonnay sur son étiquette et je l’en félicite: je ne comprendrai jamais pourquoi les producteurs français rechignent la plupart du temps à donner cette information si élémentaire à leurs clients. Que les «bois bashers» sautent ce paragraphe car ce vin a clairement fricoté avec Quercus robur (ou était-ce Quercus petraea ?) ! Et c’est tant mieux car cette coucherie lui a aidé à forger un squelette athlétique, une jolie fermeté de texture et une allonge remarquable. Du coup ce vin flirte avec des Bourgognes bien plus huppés sans perdre l’âme de sa matière première. Quand la matière est de belle qualité, pourquoi refuser de lui donner une dimension supplémentaire que la barrique, bien choisie et utilisée, peut apporter ? Le nez, expressif sans être exubérant, oscille entre arômes de citron confit, de noyau de pêche, de pain grillé et de vanille. La bouche, dominé par l’acidité mais sans aucune agression, paraît presque austère mais joliment perchée entre saveurs de fruits blancs et d’autres de type végétal. L’ensemble se révèle totalement en association avec un comté fruité qui rehausse le fruité même du vin. J’ai du payer ce vin autour des 15 euros, mais je ne m’en souviens pas parfaitement. Pas volé en tout cas !

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Riesling Sélection de Grains Nobles de 1989 de la Cave de Hunawihr.

Et pour finir, un grand vin doux, voire liquoreux (mais tellement délicat), apporté par un des convives, mon ami Florent Leclerq : un Riesling Sélection de Grains Nobles de 1989 de la Cave d’Hunawihr. Oui, les caves coopératives produisent de grands vins ! Robe soutenue d’un or qui tend vers l’ambre, nez riche et incroyable de complexité dans une gamme qui va de la confiture d’orange au pain d’épice en passant par toute une gamme de fruits secs et confits, puis une bouche qui réussit la prouesse d’associer une grande finesse de texture à des saveurs automnales somptueuses, le tout finissant longuement et toute en délicatesse grâce à l’acidité arrondie du riesling. J’ignore le prix de ce vin mais est-qu’on demande l’âge d’une dame ?

Un repas tout en blanc? Non, nous avons aussi bu un peu de rouge, mais là ce sont les blancs qui emportaient la mise à cette occasion, aisément. Est-ce que nous aurions pu éprouver autant de plaisir, et autant de diversité de styles en rosé ? Sûrement pas. Pourtant, le rosé se vend mieux. Allez comprendre !

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David

(Photo d’un fragment de mes calades)


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Plaimont, toujours Plaimont…

Je reprends le flambeau sur la pointe des pieds, comme promis, un dimanche matin quand l’aube ne blanchit pas encore tout à fait la campagne.

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En bon opportuniste, j’en profite pour revenir à Saint-Mont, sur le parvis de la cave coopérative de Plaimont, édifice magistral s’il en est (pur jus années 50/60), tant en terme de production que vu sous l’angle commercial, comme l’a si bien relevé David lequel, en deux parties (voir plus bas), nous a tout dit sur les qualités de ce groupe, qualités qui se marient à un état d’esprit « naturel » et non feint de ses adhérents, un fighting spirit gascon en diable plus optimiste que jamais, une entraide, des initiatives bien orchestrées, bien ciblées, une grande modestie aussi. Sans vouloir faire mon intéressant, j’avais exploré le sujet lors d’une virée jazzistique à Marciac qui remonte à quelques années, article que vous retrouverez ici-même.

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Joël Boueilh, le président, à l’oeuvre lors du Festival de Marciac

Or, il se trouve que j’étais, début août, de nouveau dans le Gers, convié par le groupe à venir profiter du JIM (Jazz In Marciac, pas notre Jim à nous !), festival que les viticulteurs de Plaimont encouragèrent dès ses débuts et qui va l’an prochain célébrer son quarantième anniversaire. Pour reprendre une vieille d’habitude, j’en ai profité pour rencontrer le jeune président de Plaimont, Joël Boueilh et réclamer une dégustation en bonne et due forme en compagnie de l’incomparable André Dubosc toujours coiffé de son béret.

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Participaient à la dégustation (de gauche à droite) : Diane Caillard (ex-relations publiques), Noémie Cassou-Lalanne (communication), André Dubosc (« mémoire » de Plairont, pour une fois sans béret) et Christine Cabri (oenologue).

Bien entendu, lorsque l’on sait que Plaimont c’est, en gros, 40 millions de bouteilles par an, dont 8 millions rien que pour le blanc « Colombelle » que je bois presque sans retenue lorsque je suis là-bas, en Gascogne, je connais quelques esprits soit disant libres qui ne manqueront pas de me dire que je fricote avec les gros metteurs en marché, les pisseurs de vignes, les faiseurs de fric. Comble de l’horreur, Plaimont est sur le point de mettre sur pieds un audacieux projet associant vin et vacances au sein de la grande abbaye de Saint-Mont qui leur appartient. Alors oui, je suis vendu au diable ! Et comme le souligne justement David dans ses articles (voir ICI et ICI aussi), les vins de Plaimont sont tellement bons que je ne me priverai pas d’en parler de nouveau en vous livrant mes notes de dégustation. Par chance, comme j’ai horreur des doublons, la plupart des vins ne furent pas goûtés par David ce qui me permet de ne pas le copier ! Et puis, j’ai ajouté quelques rosés et blancs moelleux, sans oublier le seigneur Madiran.

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Commençons donc par les blancs secs.

Côtes de Gascogne 2015, Colombelle « L’Original ». Ce best-seller a débuté en 1976, puis fut lancé officiellement en 1998 après un voyage technique en Allemagne. C’est du Colombard, avec aussi 20 % d’Ugni blanc, pour un vin techno en diable mais furieusement dans l’air du temps. Du gras, pas mal de longueur, un fruité judicieusement mêlé à l’amertume fraîche, moi j’aime, même sur les huîtres ! 5 € (cavistes).

Côtes de Gascogne 2015 « Caprice ». Un petit nouveau qui adopte l’élevage sur lies et tourne autour de 200.000 exemplaires. Le nez est fin et délicat, la bouche nettement plus souple que le premier blanc, légèrement épicée, mais un peu courte à mon goût. 6 €.

Côtes de Gascogne, Domaine de Cassaigne (secteur de Condom). Une seule mise récente pour ce blanc salin au nez, doté d’une certaine fermeté en bouche, mais assez simple dans sa configuration. Gros Manseng avec 30 % de Colombard. 7 €.

Saint-Mont 2014 « Les Vignes Retrouvées ». Je me souviens de l’enthousiasme provoqué par la dégustation à Paris du premier millésime, en 2001, je crois. Ce joyau blanc de l’appellation (depuis 2010 après avoir été VDQS en 1981), élevé sur lies en cuves de 150 hl, tient toujours ses promesses. Richesse, gras, épaisseur, longueur, c’est un vin que je réserve pour une belle fricassée d’anguilles. Gros Manseng en majorité, comme souvent ici, mais avec 20% de Petit Courbu et 10% d’Arrufiac. Le même, en 2007, a gardé toute sa longueur même s’il me semble un peu fatigué sur le plan aromatique. 7,50 €.

Saint-Mont 2014 « Cirque Nord ». Fermenté en cuves avant un élevage de 10 mois en barriques d’un, deux ou trois vins, on a dès l’attaque pas mal de rondeur, de volume, avec une très agréable finale sur la fraîcheur. Du beau travail sur le Gros Manseng qui représente 90% de l’encépagement complété par le Petit Courbu. 35 €.

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Quelques rosés assurent la liaison

Saint-Mont 2015 « Nature Secrète ». Un bio de coteaux, tiré à 7.000 exemplaires. Simple et facile avec une petite touche de fruit poivré, sans plus.

Saint-Mont 2015 « Le Rosé d’Enfer ». Le contraire du précédent : droit, vif, c’est à l’apéritif qu’il faut le boire. Même sur des magrets fumés !

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Des rouges, c’est inévitable

Côtes de Gascogne 2015 « Moonseng » (secteur de Condom). Merlot et Manseng noir (40%) pour 12.000 bouteilles, ce dernier cépage est replanté à raison de 10 ha dont 4 en production sur des sols argilo-calcaires. Cela donne un vin très intéressant, doté d’un beau volume, d’une certaine profondeur et de tannins légèrement sucrés. Agréable maintenant et d’ici 4 ans. 7 €.

Saint-Mont 2014 « Béret Noir ». Un de mes favoris sur le confit, la cuvée existe depuis 2009 et met en scène le Tannat (70%) complété par le Cabernet Sauvignon et le Pinenc avec un élevage (cuve uniquement) particulièrement soigné. Très joli nez, forte personnalité en bouche, amplitude et tannins assez marqués mais supportables. On peut commencer à le boire sans trop se presser. 7 €.

Saint-Mont 2012, Château du Bascou. Robe profonde, joliment boisé au nez avec un surplus de cuir et de fourrure pour un vin assez étriqué, très bordelais dans le style, long, puissant et chaleureux. Même encépagement que le précédent à partir de Tannat planté en 2001 à 8.000 pieds/hectare. 12 € (GMS).

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Saint-Mont 2014 « La Madeleine » (secteur de Marciac). Nez fin, discret, réservé pour cette cuvée issue d’une parcelle plantée en 1891. C’est le troisième millésime de cette bouteille haut de gamme (plus de 35 €) à la fois ferme, dense, bien structuré, plein d’ardeur aux tannins cachés, comme enfouis. Leur heure viendra probablement avant la fin de la décennie. Le mieux noté des rouges.

Saint-Mont 2015 « Vignes Pré-phylloxériques » (secteur de Saint-Mont). Premier millésime de cette cuvée : 2011. Il s’agit d’un très vieux Tannat sur un sol de sable fauve dorloté par son propriétaire qui a redressé les vignes avec amour. Magnifique nez sur le fruit rouge sauvage mais bien mûr. Bouche puissante, chaleureuse, intense, mais étonnement tendre avec de superbes tannins souples et poivrés. Compter au moins 65 € départ cave, sachant qu’il n’y a que 1.500 bouteilles de ce vin.

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La vieille garde trinque à la nouvelle génération : André Dubosc (béret) et Loïc Dubourdieu, de la Cave Coopérative de Crouseilles.

Quelques Madiran en passant

Et quelques mots aussi. À force de goûter de bons Saint-Mont rouges, tous à base de Tannat, on est tenté de faire le rapprochement avec Madiran dont l’aire est voisine. Or, dans le giron de Plaimont, il ne faut pas oublier la cave de Crouseilles, la béarnaise, souvent citée dans les guides pour la régularité de ses vins de Madiran et leur accessibilité. Je pensais récemment que l’appellation Madiran était quelque peu endormie, comme en veilleuse. Serait-ce parce que les journalistes sont encore nombreux à ignorer ce coin du Sud-Ouest assez excentré et peu porté – pour l’instant – sur la communication à grande échelle ? Toujours est-il qu’en dehors des classiques (Berthoumieu, Brumont, Capmartin, Labranche-Laffont, Laplace, Barréjat, Crampilh, Sergent, Viella, etc), les jeunes de la cave de Crouseilles, fortement encouragés par l’équipe de Plaimont, sont en train de bouger, à l’image de Loïc Dubourdieu, le maître de chais (et œnologue) qui est venu me présenter quelques nouvelles cuvées mises en route depuis 2012 avec une demi-douzaine de viticulteurs passionnés et volontaires. De ce travail il résulte une série sensée montrer le meilleur de chacun des principaux terroirs de Madiran, le tout sous le nom générique de « Marie Maria » reprenant ainsi l’origine même du nom de Madiran, village connu jadis sous le nom de Maridan, du latin « Maria dona ». Le but évident est de rajeunir l’image que l’on a encore des vins d’ici, lourds, excessifs que ce soit en alcool ou en tannins. Hélas, cette gamme est pour l’instant réservée aux cavistes et à la restauration… Mais en allant sur place, je suis sûr que l’on peut se procurer la plupart des échantillons goûtés au prix que j’indique.

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Madiran 2012 « Novel ». Assemblage des trois « terroirs » qui suivent (nappe de Maucor, argilo-calcaire et argiles graveleuses), voilà une cuvée au nez abouti et aux tannins grillés avec une belle sensation de fermeté, une bonne longueur et une finale bien conduite. Tannat, bien sûr, mais aussi Cabernets, Franc et Sauvignon. 9 € départ.

Madiran 2013 « Veine ». De la précision dès l’attaque, fraîcheur, densité, tannins présents mais discrets et longueur rassurante. Par la suite un échantillon plus récent m’a été adresse, un 2014 tout aussi beau que le 2013, mais avec un peu plus de souplesse et de très agréables notes de fruits rouges chocolatés et toastés. On a des tannins tendres, bien épicés et poivrés. Tannat et Cabernet Sauvignon. 12 €.

Madiran 2014 « Argilo ». D’abord un échantillon prêt à la mise superbe de robe aux tannins bien fermes mais pas dérangeants et aux jolies notes boisées accompagnées d’une belle longueur. Le même vin reçu et goûté plus tard, après la mise : solide, épais, bien en chair, sur le fruit et généreusement épicé, il regorge de tannins laissant une légère amertume en finale. À garder au moins 5 ans. 12 €.

Madiran 2014 « Grèvière ». Un échantillon récemment mis en bouteilles et goûté (deux fois, avec 24 heures d’intervalle) chez moi : robe profonde, nez fin, boisé/épicé sans fausses notes, bouche juteuse et pleine, faisant ressortir des tannins fermes mais joliment fruités (coing) sur des notes corsées et très laurier en finale. Commence à bien se goûter après une mise en carafe, mais il serait préférable d’attendre au moins 3 ans que le vin se fonde un peu. 12 €.

Madiran 2001 « Bonificat ». Comme au début, il s’agit de l’assemblage des trois terroirs cités plus haut, mais avec un élevage plus poussé. Robe noire, très joli nez sur la finesse accentué par des notes de cerise noire et des touches boisées. Belle matière et tannins souples en bouche, le vin commence à être prêt à boire. Un pur Tannat, 25 €.

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Et des douceurs pour conclure

Pacherenc du Vic-Bilh 2014 « Novel ». Un sec tout en rondeur avec une jolie bouche faisant penser à une promenade forestière. Gros Manseng avec 20% de Petit Courbu, le tout élevé moitié cuve, moitié barriques (1 à 2 vins). 9 € départ.

Pacherenc du Vic-Bilh 2013 « Lutz ». Superbe douceur avec un nez très ensoleillé et des touches assez boisées en bouche où l’on devine aussi une pointe de truffe blanche. Un vin long et charnu que j’aime à l’apéritif sur de petits toasts de foie gras mi cuit. Les trois terroirs sont présents, mais c’est le Petit Manseng, associé au Gros Manseng, qui remplace de Petit Courbu. 13 €.

Pacherenc du Vic-Bilh 2012 « Bonificat L’Hivernal ». Magnifiquement soutenu par une belle structure, c’est un foisonnement d’arômes (caramel doux, fruits confits, agrumes, etc) que l’on a en bouche dans ce vin issu de raisins passerillés sur souches. Avec une sacrée belle longueur. Sur un Tatin de pêches ou de beaux fromages persillés. Les trois terroirs sont dans cet assemblage Petit Manseng et Gros Manseng. 32 €.

 

Michel Smith

(Photos : Brigitte Clément & Michel Smith)

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Le vignoble de l’abbaye de Saint-Mont

 


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Cave de Plaimont 2/2

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Voici la deuxième partie de ma dégustation des vins (une partie seulement) de l’excellente Cave de Plaimont dans le Gers, qui couvre plusieurs appellations de la région (voir carte ci-dessus). Je n’ai pas dégusté les vins doux à cette occasion, ni les Madirans. La semaine dernière, j’ai parlé des vins blancs secs. Je vais passer sur les rosés de ma dégustation, qui sont corrects mais qui ne m’ont pas emballés, pour vous parler cette semaine uniquement des vins rouges. J’ai émis quelques conclusions à la fin de cet article.

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Les vins rouges de Plaimont

Favori de Gascogne 2014

(Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 3 euros)

Couleur rubis clair. Nez net, avec des notes d’une intensité moyenne de fruits rouges et des touches de sous-bois. Un fruité très plaisant en bouche pour ce joli vin qui est même remarquable à ce prix-là. 

Rive Haute 2014

(Merlot et Tannat / Prix 4 euros)

Robe proche du vin précédent. Les tannins y sont plus présents, donnant une structure un poil plus austère. Plus qu’honnête à ce prix.

Corolle 2015

(Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 4,70 euros)

Je n’aime pas la forme du flacon qui rappelle certains rosés de Provence. Vin tendu et un peu amer en finale. Le plus faible de la gamme, de loin.

Nature Secrète 2014

(Vin bio : Merlot et Cabernet Sauvignon / Prix 5,20 euros)

Le nez est net, à la différence de la version blanc de ce vin. Un vin pimpant et frais qui possède aussi une petite structure aux tannins fins bien suffisante pour cadrer son joli fruité. Encore un excellent rapport qualité/prix.

Domaine de Bazin 2014

(Merlot et Syrah/ Prix 5,40)

Couleur rubis, de moyenne intensité. Assez aromatique autour de fruits rouges, de prune et une touche d’épices. L’attaque est assez ronde et la texture soyeuse. Un vin plein avec une bonne longueur. Tout à fait remarquable à ce prix et bon en tout cas. 

Béret Noir 2014, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 6 euros)

L’encépagement lui donne une forte coloration sud-ouest. Le Fer Servadou s’appelle Pinenc dans cette région, et Braucol à Gaillac et il fait partie de la famille des carmenets. Vin vif, ayant du relief. Il est même un peu anguleux à ce stade. Un bon gascon à l’accent rocailleux mais qui viellera bien trois à cinq ans.

 

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Moonseng 2015

(Merlot et Manseng Noir / Prix 6,20)

Issu d’une parcelle à côté de Lectoure, voici un vin qui possède une vrai originalité (y compris dans le nom et dans l’habillage qui font probablement allusion à Fleurance, ville voisine de Lectoure qui consacre les astres chaque année) avec l’emploi d’un cépage rare qui a été remis en production par Plaimont : le manseng noir. Le volume reste encore confidentielle en attendant l’arrivée en production de nouvelles plantations mais l’avenir est prometteur car ce vin semble avoir trouvé son marché et est en rupture de stock chaque année. Il fait dire que c’est une vrai réussite : vivacité et caractère sont au rendez-vous, avec des tannins fins et une bonne présence de fruits noirs en bouche. Fin et assez long, c’est un très bon vin qui pourrait même se vendre plus cher. Mais c’est tout à l’honneur de Plaimont de le maintenir à un prix plus que raisonnable. Voici un petit film sur le Manseng Noir.

 

Domaine de Cassaigne 2014

(Merlot et Syrah / Prix 7,20)

Ce vin m’a semble trop marqué par le bois au nez. La matière est belle cependant, mais l’élevage reste bien trop dominant. Je ne suis pas un phobique du bois cependant, mais trop, c’est trop !

Les Hauts de Bergelle 2012, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon/ Prix 6,20 euros)

Robe dense entre le rubis et le grenat. Le nez a des notes de fumé et d’épices au-dessus de sa base de fruits rouges. Dans ce cas l’élevage a bien joué son rôle en arrondissant la matière tannique, qui reste quand même bien présent. Bonne longueur. A conseiller sur des mets salés pour réduire l’impact du tannins et faire ressortir son fruit. 

Château Saint Gô 2011, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 9,20 euros)

Le nez est fondu et le bois bien assimilé. Une belle structure et une superbe qualité dans la matière. Vin harmonieux et complet dans son genre. J’en déguste de ce niveau de qualité qui valent deux fois ce prix !

Monastère de Saint Mont 2010, AOC Saint Mont

(Tannat, Fer Servadou et Cabernet Sauvignon / Prix 15,30 euros)

Un vin riche et très gourmand qui apparaît encore d’une jeunesse étonnante. La matière est dense, voire un peu épaisse. Je me demande même si l’extraction n’a pas été trop appuyée dans ce cas. Très belle longueur mais à attendre encore de préférence, sauf si on les aime massifs.

 

Aussi dégustés, à une autre occasion dans la même semaine :

Château de Sabazan 2014, AOC Saint Mont

(85% Tannat et le reste en Cabernet Franc / Prix 15 euros environ)

La mise est récente pour ce vin issu de ce qui est considéré comme un grand millésime localement. C’est puissant et l’acidité est bien présente (un des marqueurs du tannat). C’est même un peu mordant car il a pour effet de durcir les tannins. A oublier pendant 4 ou 5 ans à mon avis, et là il devrait se révéler pleinement.

La Madeleine 2015, AOC Saint Mont

(100% Tannat / Prix 35 euros)

Un échantillon pas encore en bouteille. Grand potentiel pour ce vin issus d’un parcelle de très vieilles vignes (plus de 100 ans) proche de la ville de Marciac. Beaucoup de volume au nez dominé par les fruits noirs. Le boisé est encore marqué, ce qui est normal à ce stade. On atteint les sommets dans la gamme de prix des vins de Plaimont mais c’est un vin rare et la qualité est bien au rendez-vous. J’attends de le déguster plus tard pour le cerner réellement.

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Conclusions

A partir de sa base historique à Saint Mont (ci-dessus), Plaimont a su se développer d’une manière cohérente en s’associant avec, ou en englobant, plusieurs autres structures coopératives du Gers et des Pyrénées Atlantiques.

Quant aux vins (le nerf de la guerre, quand-même), il s’agit d’une gamme remarquable dans l’ensemble, avec très peu de faiblesses comme j’ai pu le constater. La modestie des prix de la très grande majorité des ces vins n’est pas leur seule attraction, loin de là. Il s’agit de vins de caractère, qui illustrent bien leur climat océanique, et qui jouent habilement sur la grande variété des cépages de la région, et les combinant différemment selon les cas. Je pense que ce dernier point sera augmenté dans les années à venir, à condition toutefois que les autorités nationaux  daignent prendre en compte tout le potentiel de cette diversité pour laquelle la Cave de Plaimont fait beaucoup pour en conserver ce qui peut encore l’être. Sur le plan commercial et local, leurs boutiques de vente sont claires, modernes et très agréables pour le client de passage. On y voit aussi, à côté des flacons en verre, la poursuite d’une vente en vrac, dont une bonne partie aux coopérateurs eux-mêmes qui viennent y remplir leur bidons en plastique. C’est cela aussi la réalité du vin en France.

 

David Cobbold