Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Olympique et pique et colégramme

Ca n’intéressera sans doute pas grand monde, mais il y faut que ça sorte: les Jeux Olympiques m’énervent. Et c’est un euphémisme.

Dans mes vertes années, j’ai cru naïvement dans l’Esprit Olympique, dans le sport amateur, dans l’effort gratuit, et force est de constater qu’on en est bien loin, aujourd’hui. L’important n’est plus de participer.

Surtout, au delà des performances des athlètes – louables, certes, il y a la couverture médiatique, quotidienne, envahissante, et systématiquement chauvine: « Nuit historique pour la France », « Heptathlon, la 4ème médaille belge »… J’en ai la nausée.

Parfois, quand même, je me prends à sourire devant une récupération aussi éhontée – une médaille est une médaille, elle compte pour le classement général, alors personne ne fait la fine bouche si elle vient d’un athlète et/ou d’un sport inconnu.

« On a gagné! » Les journalistes sportifs sont radieux, le gouvernement se fend d’un communiqué, le pastis ou la bière coule à flots dans les campings, le pays tout entier est regonflé à bloc.

Du jour au lendemain, des épreuves et des sportifs improbables apparaissent au grand jour. Peu importe: la France est fière de ses cavaleurs, la Belgique de ses hoqueteurs, San Marin de ses mariniers.

On peut alors remettre les vainqueurs dans leur boîte pour quatre ans, avec un peu de naphtaline.

Ce qui me donne un fol espoir: que la dégustation de vin devienne un jour épreuve olympique. On la pratiquerait bien sûr à l’aveugle. Mais chaque pays ne dégusterait que ses propres vins, et il y aurait autant de médailles d’or que d’inscrits.

Hervé


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Florence Foster Jenkins, le vin et l’inconscience humaine

Parce que l’Art ne connaît ni bornes ni frontières, à l’occasion de la sortie du film de Stephen Frears sur la cantatrice américaine Florence Foster Jenkins, je ne résiste pas au plaisir de vous faire écouter un de ses enregistrements d’une oeuvre de Mozart.

Celui-ci fait partie d’un disque (imprudemment) intitulé « The Glory of the Human Voice ».

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Il a certainement fallu pas mal d’inconscience à Mme Foster pour oser enregistrer cette oeuvre difficile au vu de ses piètres talents vocaux et rythmiques.

Ce qui me fait irrésistiblement penser à certains producteurs de vin, tellement convaincus de la justesse de leur production, qu’on croirait qu’ils ont inventé une nouvelle gamme de sensations.

Vous trouvez leur vin déviant, oxydé, entre le brett et le blet? C’est juste que vous n’êtes juste pas dans le ton. Il vous faudrait rééduquer votre palais, comme les auditeurs de Mme Foster auraient dû rééduquer leurs oreilles.

Mais le pire, c’est que la dame a eu ses admirateurs, qui trouvaient qu’à défaut de chanter juste, elle chantait sincère.

Alors là, évidemment, nul doute qu’il se trouvera aussi pas mal de défenseurs pour les vignerons sincères.

Vous m’excuserez – ou pas, tant pis! – de me mettre du côté des déçus de cette sincérité-là, du côté des consommateurs qui ont le droit de payer et de consommer des vins corrects.

Je ne suis pas aussi sûr que Stephen Frears que « Toute voix mérite d’être entendue ». Et encore moins que tout vin mérite d’être bu.

Mon credo serait plutôt de produire moins mais mieux. `

Pas très politiquement correct? Je demande seulement que les défenseurs de l’agrément social (« donnons-lui l’AOC, il a une famille à nourrir ») et ceux des vins de l’étrange (« tous les goûts sont dans la nature ») boivent ce qu’ils disent aimer sans forcer quiconque à partager leurs préférences.

Sincèrement vôtre,

Hervé Lalau

 


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Mauvaise foi et idées courtes

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Je le sais bien, il est très facile de dire des autres qu’ils sont de mauvaise foi. On peut même le faire lorsque cela vous arrive aussi. Si je prends mon cas personnel, et lorsque je regarde un match de rugby dans lequel le club que je soutiens (Stade Français ou l’Angleterre, selon les contextes) n’a pas les faveurs de l’arbitrage à des moments décisifs d’un match, j’avoue être capable d’une mauvaise foi flagrante. Pourquoi parler de cela et quel rapport avec le vin ? Parce que le vin est aussi un sujet qui suscite des passions, certes triviales (peut-être), et donc d’accès de mauvaise foi de la part de tenants de telle ou telle thèse ou hypothèse. Et cela vaut aussi pour les opposants des mêmes !

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Un parfait exemple de mauvaise foi dans le domaine du vin vient de m’être livré par mon collègue Eric Riewer, à propos d’une des réactions à la dégustation à l’aveugle de vins français et californiens qui a pris le nom un peu prétentieux de « Jugement de Paris ». J’ai parlé récemment sur ce blog de cet événement qui date de 1976,  et qui fut aussi symbolique que symptomatique du nivellement du terrain de jeu mondial des vins, y compris pour les « grands » vins. L’exemple concerne la réaction d’Odette Khan dans la revue qu’elle dirigeait à l’époque : La Revue de Vin de France. Mme Khan était membre de ce jury, presque entièrement français, qui a voté, à l’aveugle, un Chardonnay de Californie à la première place d’une série de vins de ce cépage, dont plusieurs grands noms de la Bourgogne (Drouhin, Leflaive, Ramonet et Roulot), puis un Cabernet Sauvignon de la Californie à la première place d’une série des vins rouges face à des grands noms du bordelais rive gauche (Haut Brion, Mouton, Léoville Las Cases et Montrose), Eric s’est procuré une copie du numéro de La RVF daté de Septembre-Octobre 1976 et qui contient un éditorial de Mme Khan à propos de cette dégustation.

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Son papier s’intitule « Une Dégustation de Vins Californiens », alors qu’il y avaient 4 vins français et 6 californiens dans chaque série. Elle prétend ensuite qu’une bonne dégustation à l’aveugle devraient séparer les vins selon leur origine, en pratiquant une série des vins français, puis une série de vins américains (ou l’inverse), évidemment avec le jury bien au courant de l’origine de chaque série; Facile dans ce cas-là pour un membre de jury un tant soit peu chauvin, de part pu d’autre, de tricher ! Autre point ou la dame et question a été malhonnête (et erronée) dans ses avis, elle déclara ceci : « s’agissant en l’occurrence des vins jeunes, donc pour les rouges français en tout cas des vins « à attendre », il était impossible de les comparer. » Elle implique clairement que les vins rouges californiens n’allaient pas tenir dans le temps, à la différence des bordelais. Le temps lui a donné tort, car chaque fois que les mêmes vins, dans les mêmes millésimes, ont été dégustés ensemble, que cela soit 10, 30 ou 40 ans plus, tard, la marge d’avance des notations des californiens s’est accru ! On peut aussi rajouter que les millésimes des bordelais n’étaient pas pour les défavoriser car il s’agissait de 1970 ou de 1971, millésimes jugés très bons ou excellents à l’époque.

La revue du vin de France n°260

Mme Khan termine son papier sur une notre de forte condescendance : « je me permets de rappeler à mes amis vignerons (français, bien entendu ndlr) qui si je suis, comme eux, persuadée de la précellence de nos vins (ben voyons), il ne faut pas ignorer que nos amis américains, à notre école, ont appris à bien vinifier, qu’ils peuvent déjà présenter de bonnes choses et que, sait-on jamais, ils pourront peut-être un jour découvrir chez eux d’heureux micro-climats (elle veux dire » méso-climats » mais c’est une erreur bien trop courante, même aujourd’hui ndlr) leur permettant de mettre en bouteilles des crus nobles ». Sur le plan d’écoles, je note simplement qu’un seul des responsables des 6 cabernets de Californie avait fait ses études en France : il s’agit de Bernard Portet, qui est fils d’un ancien régisseur à Château Lafite. Les autres avaient soit fait des études aux USA, soit n’avaient pas de formation formelle au vin (comme Paul Draper, de Ridge Vineyards).

Se tromper de temps en temps dans ses jugements, ce n’est pas grave et cela arrive bien souvent. Mais se tromper lourdement sur toute la ligne en pratiquant une grande mauvaise foi et en oublient de vérifier ses informations, ce n’est pas du bon travail de presse. Maintenant nous avons tous, si nous somme de bonne foi, que de bons et grands vins peuvent se faire dans de très nombreux pays et régions et qu’il n’y a aucune « précellence » des vins français parce qu’il viennent de ce pays. Et c’est tant mieux pour le consommateur d’où qu’il vienne, comme cette affaire de 1976 a sonné le réveil pour certains producteurs un peu endormis.

Une petite note d’ironie pour terminer. J’ai trouvé, dans le même numéro de la RVF, à la page  41, une rubrique qui faisait écho des quelques dégustations diverses. Parmi ces notes, celles-ci :

Cabernet-Sauvignon 1972, Sterling Vineyards (Napa Valley) : Une très belle bouteille………à déguster un tel vin on se dit que les vigneron français ont intérêt à ne pas s’endormir sur leurs lauriers »

Je ne sais pas si Mme Khan a relu cet article avant publication !

 

David Cobbold

PS. Je dois rajouter, pour être complet, que j’écris ceci sous l’influence très bienveillante d’une excellente bouteille de Château Margaux 1983, la presque dernière de ce niveau de vin qu’il me reste dans ma cave. A l’époque, je pouvais encore me payer des bons primeurs de Bordeaux.


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#AOC Mesquinerie

L’AOC Clairette de Die voudrait commercialiser une clairette rosée à base de gamay. Pourquoi pas, me direz-vous? Charbonnier maître chez lui, il y a du gamay dans l’aire d’appellation (vendu sous le nom de Châtillon en Diois, pour les vins tranquilles), et il est plutôt qualitatif; il y a aussi un savoir-faire pour la méthode ancestrale. Alors, on voit mal ce que l’INAO, institut de l’origine et de la qualité, pourrait avoir à y redire.

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Le rosé de Gamay n’est pas inconnu en Diois, comme le montre cette bonne bouteille de Châtillon-en-Diois…

Oui, mais ce n’est pas comme cela que ça se passe!

En France, chacun défend son pré carré, aussi petit soit-il: une région voisine, le Bugey, se bat bec et ongles contre ce projet, arguant du fait qu’il s’agirait là d’une concurrence à son Cerdon.

Plus précisément, l’AOC Bugey « conteste l’existence d’une tradition historique de vinification d’une Clairette rosée en méthode ancestrale ». 

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Et la méthode ancestrale non plus…

On croit rêver: s’il l’on devrait appliquer cette règle à tous les terroirs de France, alors, la syrah ne serait jamais sortie du Nord de la Vallée du Rhône, le Grenache ne serait jamais sorti d’Aragon – ils n’avaient pas de tradition historique hors de leurs berceaux respectifs; et puis le Bordeaux n’aurait jamais eu de Crémant, ni le Champagne de bulles – la Blanquette de Limoux s’y serait opposée!

D’ailleurs, rappelons que le Cerdon – aucun personne ne songe, surtout pas moi, à enlever ses mérites, n’est AOC que depuis 2009, sous le nom de Bugey-Cerdon. Jusque là, ce n’était qu’un simple VDQS (depuis 1958). Notons par ailleurs qu’il n’est pas issu du seul gamay, mais aussi du poulsard.

On voit mal la justification que pourrait donner l’INAO à un refus d’un Clairette rosé, à moins que les experts du vénérable institut veulent jouer à « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

L’INAO n’a pas son siège à Clochemerle, tout de même! Et sa vocation n’est pas de barrer toute innovation, surtout dans le contexte de concurrence mondiale que nous connaissons.

C’est la même mesquinerie qui est à l’oeuvre du côté des Crémants pour empêcher l’IGP de pouvoir produire des bulles – on en trouve pourtant de belles en Pays d’Oc, par exemple. C’est à la fois lamentable, rétrograde et contre-productif. Et ça fait rire les étrangers.

Que chacun s’occupe de produire mieux, de satisfaire sa clientèle, de justifier ses mentions, plutôt que de se mêler des affaires du voisin!

Hervé


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Et vous, vous êtes plutôt Bettane ou Feiring?

Il est peut-être temps de choisir, de peur de se voir traiter en ennemi du peuple…

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D’autant qu’à lire certains commentaires  d’Alice Feiring et de ses supporteurs sur son compte Instagram (au moins ceux qui ne se contentent pas de publier des grossièretés), la querelle du vin naturel semble étroitement liée à la politique.

D’après elle, les anti-naturistes sont des partisans du Brexit, des Lepénistes et des Trumpistes.

Drôle d’attelage: je ne pensais pas que 52% des Britanniques étaient lepénistes.

Ni qu’ils aient voté pour de plus mauvaises raisons que d’habitude – à moins que Madame Feiring ne milite pour une forme de despotisme éclairé par le sans-soufre.

J’aimerais pouvoir en rire. Mais ces querelles de chapelle m’escagassent.

Tous les vins ont droit de cité dans ma conception du vin, qui est celle du partage.

Les amalgames, les noms d’oiseau, tout cela me gave. Les insultes ne sont pas des argumentaires.

Quant au retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, ne confondons pas, de grâce, les institutions européennes – perfectibles – et l’Europe des Peuples, de laquelle Anglais, Gallois, Ecossais et Irlandais, du Nord comme du Sud, font naturellement partie. Tous comme les Suisses, les Islandais et les Norvégiens, d’ailleurs…

 

Hervé Lalau

PS. Et à ceux qui se demandent qui sont Michel Bettane et Alice Feiring, je dis: ce n’est pas grave, on peut très bien vivre – et boire – sans le savoir.

 


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Le clairet fait de la résistance, mais pour combien de temps?

 Oscars-2015-Bordeaux-ClairetCette photo est celle des Oscars (millésime 2015) des Bordeaux Clairet. Je ne faisais pas partie du jury mais on y trouve des vins de ma sélection à la fin de cet article 

Le monde des vins rosés semble se laisser de plus en plus submerger par une mode stupide (mais existe-t-il des modes intelligentes?) qui voudrait que plus c’est pâle, mieux c’est. D’un autre côté, l’intelligence dans le marketing voudrait que la différenciation soit un outil important pour faire remarquer son produit dans une masse grandissante de choses qui se ressemblent. Alors quand une région viticole importante possède un type de vin qui, par sa nature, se distingue très nettement de la masse des ses concurrents, je trouve très étrange (ai-je dit bête?) qu’on ne trouve pas mention de ce type de vin sur le site web de l’inter-profession en question.

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C’est pourtant ce qui arrive au Bordeaux Clairet sur le site des Vins de Bordeaux. On parle du rouge, de blanc sec, du blanc doux et du rosé mais je ne vois aucune mention du Bordeaux Clairet ! J’en ai dégusté d’excellents récemment (et aussi des médiocres, rassurez-vous!). Alors  je veux tenter, modestement, de réparer cette injustice dont je ne comprends pas du tout la cause.

Le Bordeaux Clairet est un vin dont l’aire de production s’étend sur l’ensemble du vignoble bordelais. Il s’agit d’une mention complémentaire au sein de l’appellation Bordeaux. Ce sont des vins d’un ton rouge pâle, quelque part entre la couleur d’un rouge et celle d’un rosé. La production est devenue assez faible aujourd’hui, à partir d’une estimation de 600 hectares sur les 110,000 du bordelais. Le rosé de Bordeaux implique des volumes bien plus importants.

Tous les cépages rouges du Bordelais peuvent entrer dans la composition d’un Clairet, même si le merlot y domine, généralement. Mais pas partout. Les plus intéressants pour moi, sont ceux qui comportent une part importante de cabernet, franc ou sauvignon, ce qui leur confère plus de précision dans les saveurs, mais aussi moins d’alcool. C’est un avantage avec ce type de vin, à condition que les variétés en question soient bien mûres et qu’on n’ait pas recours aux artifices du sucre résiduel pour masquer des imperfections.

Les vins de l’appellation Bordeaux-Clairet sont les plus proches des vins qui étaient expédiés en Angleterre pendant le Moyen-Age et qui ont fait la fortune de Bordeaux à cette époque, et pendant longtemps. Sur le plan historique, le Clairet est manifestement l’ancêtre des Bordeaux rouges modernes. L’Aquitaine devenant anglaise en 1152, par le mariage d’Aliénor et Henri II, les vins de Bordeaux sont adoptés outre-Manche dès le Moyen âge. Peu macérés, et souvent issus de cépages rouges et blancs mêlés dans la cuve, ils sont dénommés « French claret« , ou « claret » tout court. Ce mot claret est resté dans la langue anglaise pour décrire un vin rouge venant de Bordeaux, même quand, à partir du 17ème siècle, les Bordelais, inspirés par la réussite d’Arnaud de Pontac à Haut-Brion, commencement à faire des vins rouges foncés pour le marché britannique. Par exemple, mon père, marchand de vin toute sa vie, appelait toujours un Bordeaux rouge un claret.

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Et la différence entre le Bordeaux rosé et le Bordeaux clairet ?

Sur le plan de la réglementation, c’est la mesure de l’intensité colorante (ICM) qui définit la limite entre le Bordeaux rosé et le Bordeaux clairet. Cela vient essentiellement de la durée de macération (2 à 3 heures pour le rosé, 3 à 4 jours environ pour le clairet), mais aussi d’une date de récolte plus précoce pour le rosé afin d’en augmenter la fraîcheur, et souvent le choix d’une parcelle spécifique. De plus en plus de rosés de Bordeaux sont aussi faits par pressurage direct pour obtenir ces vins très pâles (ai-je dit insipides ?) et ainsi rentrer dans la moule du marché imposé par le leader provençal. Tandis que les bons clairets sont le résultat de saignées sur de belles cuves de rouges, et de raisins cueillis à maturité. Non seulement on obtient ainsi plus de couleur, mais aussi plus de fruit, de chair et de structure. Ils peuvent donc être légèrement tanniques et sont très utiles lors d’un repas. Le Clairet est à servir légèrement rafraîchi (12-14°C) mais non glacé.

Entre cet axe historique très important pour le vin de Bordeaux, et un caractère affirmé qui se démarque de la concurrence (même s’il existe une désignation Clairet en Bourgogne, elle n’est guère utilisée, et les vins rosés de Tavel sont aussi différents par leur climat et leurs cépages), je comprends encore moins pourquoi les génies du marketing au sein du CIVB continuent à ignorer ce vin si spécifique à leur région.

 

Vous voulez de bons clairets ?

Voici quelques vins du millésime 2015 parmi les meilleurs de ma dégustation récente d’une trentaine d’échantillons, conduite à l’aveugle chez moi.

Château Thieuley

Château de Fontenille

Château Lamothe de Haux

Château La Freynelle

Château Vignol

Château Maison Noble

Château Penin

Château de Parenchère

Château Lamothe du Barry

Château des Tourtes

Château Lauduc

Et ces vins valent entre 5 et 8 euros, ce qui est un autre avantage sur les rosés de Provence, devenus souvent bien plus chers.

 

David Cobbold


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Festif, qu’ils disaient…

« Le Champagne est le vin le plus festif et convivial au monde, roi des célébrations ». 

Ainsi commence le sympathique communiqué que j’ai reçu cet après-midi pour appuyer la Fête du Champagne, à Reims.

Ce n’est pas pour être contrariant, mais je m’inscris en faux.

Depuis 15 ans, hors frontières, et notamment en Belgique, le Champagne a cessé d’être un vin convivial et festif.

Parce qu’il est devenu trop cher. Et si le segment des bulles a explosé, au cours des deux dernières décennies, ce n’est pas grâce au Champagne, mais à des alternatives plus abordables, le Cava, le Prosecco, et dans une moindre mesure, les Crémant et les bulles de marque, type Café de Paris, Martini et Kriter. Ce sont eux qui ont permis de sortir la consommation d’effervescents du ghetto des fêtes de fin d’année, des soirées snob ou des signatures de gros contrats, pour la faire entrer dans l’ère moderne et dans la vie des familles, des consommateurs lambda. Quitte à proposer leurs bulles en canettes ou en mixers.

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Ca n’enlève rien, bien sûr, à la qualité du Champagne, ou plutôt des Champagnes, car il en est de toutes sortes, des bons, des moins bons, de petits, des grands, des produits de volume ou des produits de terroir; mais je pense que cela méritait d’être dit.

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