Les 5 du Vin

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Des bulles en Méditerrannée

C’est officiel: le Conseil d’Etat français vient de rejeter le recours des Crémants de France contre la production de vins mousseux dans l’IGP Méditerranée. Dans le même temps, cependant, il a refusé ce droit à l’IGP Oc. 

Il paraît que cette décision se base sur l’antériorité de la production de bulles dans la zone; vu l’étendue et le côté disparate de l’IGP Méditerranée, qui s’étend de la Corse au Département du Rhône, je me demande bien en quoi la demande est plus légitime à l’Est qu’à l’Ouest du Rhône… Et en quoi le consommateur (à qui, en définitive, sont destinées ces dénominations) sera-t-il mieux protégé.

Lyon, sa sécheresse, son ensoleillement, son vent marin..

Je ne résiste pas au plaisir de publier ici l’article du cahier des charges de l’IGP intitulé: « 7.1 – Spécificité de la zone géographique »

« La zone géographique de l’indication géographique protégée «Méditerranée» recouvre le quart sud-est de la France. Ce territoire est constitué de reliefs variés, encadrés par des sommets élevés tant sur le continent que sur la Corse. Vallées, plateaux et coteaux se côtoient dans une ambiance toujours méditerranéenne. L’architecture, les paysages, la culture, les usages, témoignent de cette histoire commune.climats

Cherchez l’erreur: le climat méditerranéen ne monte pas jusqu’à Lyon… mais s’étend bien au Languedoc

La mer Méditerranée est à l’origine de cette histoire, que ce soit au plan géologique (différentes incursions de la mer sur le continent actuel), au plan historique et culturel (influence des Grecs puis des Romains et des Génois en Corse), et surtout au niveau climatique. La culture méditerranéenne se traduit aujourd’hui dans des modes de vie (alimentation, région de l’huile d’olive) et dans des paysages marqués par une végétation résistante à la sécheresse et des reliefs toujours présents encadrant les vallées où l’agriculture a pu se développer en optimisant les faibles ressources en eau. Au sein de cette zone géographique, le vignoble est installé sous l’influence climatique méditerranéenne, sur des zones soumises à des précipitations irrégulièrement réparties au cours des saisons (concentration en période hivernale, et épisodes orageux parfois très violent aux périodes d’équinoxe et d’intersaison). Ceci entraîne une alternance de périodes de sécheresse plus ou moins longues et de séquences humides. Le climat méditerranéen comprend un régime de vents spécifiques marqué par le « marin », vent de secteur sud chargé d’humidité qui souffle sur le golfe du Lion et la Provence en modérant les excès de température et par le Mistral, vent sec parfois très violent, qui ventile l’axe Rhodanien du Nord vers le Sud en contribuant au maintien d’un bon état sanitaire du vignoble. Sur l’ensemble de la zone, l’ensoleillement et les températures sont exceptionnellement élevés ».

Parler d’ensoleillement et de températures élevés, de végétation résistance à la sécheresse, de vent marin, d’histoire commune et d’huile d’olive, à propos des producteurs situés dans les départements du Rhône, de la Loire et de l’Isère ou même, en ce qui concerne la « zone de proximité immédiate », dans l’Ain, la Savoie ou la Haute-Loire, voila qui ne manque pas de sel!

A ce compte-là, le vignoble (belge) des Agaises (entre Binche et Maubeuge) a toute sa place dans l’appellation Champagne!

J’en sourirais si cela ne me faisait pas sortir de mes gonds, scrogneugneu.

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Et si chacun s’occupait de de sa chapelle?

Pour moi, primo, l’IGP Méditerranée n’aurait jamais dû être acceptée sous ce nom (quid de la Méditerranée italienne, espagnole, marocaine, algérienne, tunisienne, turque, chypriote, croate, slovène, bosniaque, albanaise, grecque, maltaise, libanaise, syrienne, israélienne, égyptienne et libyenne?), ni avec un territoire si hétérogène. Je ne comprends même pas que l’Union européenne ait pu entériner un tel choix de nom, ni une telle étendue. Peut-être faudrait-il que M. Juncker et son équipe engagent de nouveaux géographes, climatologues ou géologues… Ou bien qu’ils changent de lunettes.

Secundo, toutes les IGP devraient avoir le droit de produire des vins mousseux. Comment peut-on refuser au Pays d’Oc de produire des bulles sous prétexte d’un manque d’antériorité, quand son territoire englobe celui de Limoux (AOC pour la Blanquette depuis 1938)?  D’ailleurs, certains élaborateurs de Limoux produisent déjà d’excellents mousseux hors appellation – je pense au Piquepoul Frisant de la maison Mas, notamment.

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Et puisqu’on parle d’antériorité: faut-il exclure le Chardonnay de la liste des cépages du Crémant de Limoux, au prétexte qu’il s’agit d’un cépage bourguignon dont l’arrivée dans la zone ne date que des années 1970? On le voit, la tradition est un concept à géométrie très variable!

Tertio, chacun devrait se mêler de ses propres affaires: libre aux Crémants de réglementer leur production, de se fixer des contraintes, mais qu’ils laissent les IGP, censées offrir plus de liberté aux producteurs, exercer cette liberté! 

Le Conseil d’Etat doit-il devenir le Conseil du Protectionnisme d’Etat? En quoi une AOP est-elle fondée à s’opposer aux règles du cahier des charges d’une IGP? C’est un peu comme si votre voisin allait en justice pour vous interdire de rouler avec une voiture de telle couleur, de telle marque ou de telle cylindrée. 

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Et quid des offres concurrentes, qui se moquent bien du Conseil d’Etat français? Je pense au Cava, au Prosecco, mais aussi aux jolies bulles chiliennes de Torres, aux sparklings de Gallo ou de Jacob’s Creek, au spumante de Martini. En Belgique, on les voit de plus en plus. Alors que l’offre de Crémants s’est plutôt contractée, ces dernières années. J’ai vérifié au Carrefour Market de Waterloo, cette semaine: pour 6 Proseccos et deux Asti, je n’ai vu qu’un Saumur, un Crémant de Loire, deux Crémants d’Alsace et un Crémant de Bourgogne.

Pour lutter contre cette déferlante, la production de mousseux IGP pourrait être une arme précieuse. Elle permettrait de développer une offre plus large, à des coûts inférieurs, avec un plus grand choix de cépages; elle permettrait aussi aux élaborateurs d’assembler des jus issus d’une zone plus large; et donc, au final, de disposer d’une plus grande réactivité face aux demandes des marchés, tout en gardant une accroche géographique.

Sauf que les ODG des bulles d’appellation, en forteresses assiégées, ont le pied sur le frein. On croirait que la peur de voir des volumes de raisins – et des cotisations – leur échapper est plus importante à leurs yeux que d’assister, quasiment impuissants, à l’effritement de leurs parts de marché. J’aimerais bien savoir combien de Belges, de Danois, d’Anglais ou de Canadiens, par exemple, citent spontanément le Crémant de Die, ou de Limoux, ou de Bourgogne, dans la liste des fines bulles? Combien en achètent régulièrement? Combien leur attribuent une qualité substantiellement supérieure à un Cava, à un Prosecco ou même, à un sparkling chilien ou australien sans AOP?

Et nous, professionnels de la profession, journalistes spécialisés, devrions continuer à raisonner uniquement en termes d’appellations!? A relayer sans broncher des décisions marquées par un colbertisme quasi-maladif. Laissez-moi rire! Et boire l’excellent brut de sauvignon du Domaine Lalaurie (potentiellement, IGP Oc). Ben oui, il faut bien que Lalau rie, de temps en temps…

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Un chef sans langue de bois

Notre invité, en ce dernier samedi de l’année 2016, n’est autre que notre confrère Laurent Bromberger (Paris Bistro), qui publiait voici quelques semaines une interview d’Alain Dutournier au discours sans détours qui fait plaisir à lire.

Alors que d’autres chefs polissent leur image à coup (coût ?) de stratégie de «com» sophistiquée, Alain Dutournier, le chef gascon doublement étoilé du «Carré des Feuillants», demeure le Cyrano des fourneaux. Il pourfend, embroche et s’emporte contre un CHR parisien qui égrène burgers et sushis et où les chefs japonais sont placés aux cuisines des «bistronomics» pour faire «tendance».

«Bien sûr qu’il y a des Japonais merveilleux qu’on a formé, mais de nombreux jeunes chefs nippons ont peu travaillé les produits français. On leur donne la responsabilité de la cuisine dans le moindre petit bistrot à la mode. Résultat, on se retrouve avec des assiettes décorées de petits légumes et de fruits qui n’ont rien à faire ensemble. Le Japonais ne fait pas la différence entre le cru et le cuit. Le culte de la fadeur ne fait pas partie de ma culture. Sur l’Asie, il y a des grandes cuisines chinoises, vietnamiennes ou thaï, beaucoup plus significatives que la cuisine japonaise limitée à la crudité. »

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Un cuisinier sans produits ne peut pas faire de miracles

«Il n’y a plus rien de nos sept siècles de cuisine » explique-t-il, confronté à des «gens qui veulent faire du fric» et à l’incapacité d’un public qui n’est plus éduqué à distinguer le vrai du faux. Ce qu’il craint c’est que cette perte des sens ne conduise à la fin des vrais produits. Et à la fin de son métier, car «un cuisinier sans produits ne peut pas faire de miracles.»
Et de donner l’exemple des glaces à la vanille qu’il faisait autrefois «tellement différentes qu’on nous demandait si c’était vraiment de la vanille» ou encore de citer le cas d’Alain Ducasse à New-York, «qui lors du lancement de son restaurant servait des pommes frites à la graisse de confit. Les Américains les laissaient de côté, il a dû racheter des McCain. Et McCain, c’est une uniformisation, un danger. C’est tellement plus intéressant d’avoir une histoire à raconter.»

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Le cèpe d’émotion du père Dutournier… mariné à cru, le pied en petit pâté chaud, le chapeau poêlé, en pulpe mousseuse et séché

L’envolée actuelle du burger comme tendance lourde interpelle également Alain Dutournier surtout quand elle se rajoute à la médiatisation de certains bouchers. «La viande hachée n’est pas de la cuisine. Le burger est une facilité pour “fourguer“ tout ce qui n’est pas net. On ne consomme que de la vache de réforme allemande “piquousée“ dans la bistronomie… Le problème des Allemands c’est qu’ils ne mangent pas de viande saignante, ils valorisent leurs “bestioles“ dans des fermes de 1000 vaches. Et c’est la France qui achète les arrières.» Il rappelle qu’il est le seul cuisinier à siéger à l’Académie de la Viande.

Autre coup de gueule contre les coopératives agricoles géantes. «Alors que dans le vin, on voit des coopératives comme Plaimont reprendre le virage de la qualité, dans l’alimentaire c’est décevant. Et pourtant au lendemain de la guerre, ces coopératives permettaient aux paysans de se regrouper pour développer des marchés. Aujourd’hui, elles sont devenues des pieuvres tentaculaires aux mains de financiers qui se moquent de l’humain et n’ont qu’une idée, le fric…»

Et de donner l’exemple du foie gras du sud-ouest où les coopératives géantes «favorisent ceux qui font du canard gavé en six jours, avec des toupies qui déversent de l’aliment qui n’a plus rien à voir avec le maïs. Alors que si on mange un foie gras venant d’une zone précise avec un maïs poussé dans le même climat on peut identifier son origine, de Chalosse, du Gers ou du Périgord. Ces foies (industriels), c’est hérétique. C’est gras, ça sent le viscère et la plume et c’est le goût que les gens attribuent au foie gras. Alors qu’un vrai foie gras sur la langue doit être fruité et élégant. Ni animal, ni vulgaire. »

Laurent Brombergerbromberger

www.alaindutournier.com


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Les Crémants de Bourgogne de Bailly-Lapierre

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Là, dans l’Yonne, au sud d’Auxerre, pousse encore la vigne, un peu perdue au milieu de ce paysage agreste où règnent prairies, vergers et bosquets, entremêlés de cours d’eaux. Une zone calcaire aux falaises parfois abruptes, creusées par l’homme pour en extraire la pierre. C’est au creux de l’une de ces carrières que la Cave de Bailly s’est installée en 1972. Elles s’étendent à 50 mètres sous terre sur 4 ha au sein de la pierre de Tonnerre qui nous rappelle la proximité du vignoble chablisien.

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Si la fondation de la Cave de Bailly ne date que de 1972, le Tonnerrois fournissait depuis bien longtemps des vins de base pour l’élaboration de Sekt allemand. Avec le déclin de ce débouché fin des années 60, les producteurs ont dû en chercher de nouveaux. Élaborer eux même leurs bulles sembla le plus évident. Mais il fallait trouver un lieu de stockage. Michel Esclavy, alors viticulteur et président du syndicat, qui avait pris en main la destinée du vignoble décida d’acheter une ancienne carrière devenue champignonnière surplombant l’Yonne. La Cave de Bailly Lapierre naissait… Aujourd’hui, elle compte 430 producteurs et offre l’originalité d’accepter les apports partiels. Comprenez : les producteurs ne sont pas tenus d’apporter toute leur récolte à la cave. Certains possèdent des caves particulières, d’autres pratiquent la polyculture.

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Quant à l’encépagement, la région fait la part belle au Pinot Noir, plus de la moitié des apporteurs sont d’Irancy, le Chardonnay arrive en second, nous ne sommes pas loin de Chablis. Gamay et Aligoté viennent en complément. Production : 3 millions de bouteilles.

En voici une petite sélection

Pinot Noir brut Crémant de Bourgogne Bailly Lapierre

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Robe blanc vert, des parfums de confitures de griotte et de rhubarbe qui nous renseignent déjà sur la vivacité de la bouche. Certes bien marquée, elle baigne toutefois dans l’ampleur fruitée des citrons et mandarines confits. Une feuille de menthe se poudre de poivre noir et souligne le caractère vineux de cet effervescent à la fois racé et élégant.

Ce 100% Pinot Noir fait sa fermentation malolactique et reste 14 mois sur lattes. Dosage : 8g/L.  (8,60€)

Baigoule extra-dry Crémant de Bourgogne rosé Bailly Lapierre

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Baigoule veut dire en patois local : grande gueule, cela ne s’invente pas.

Pétale de rose, il en a également le parfum auquel s’ajoutent des fragrances des jus de cerise et de grenade. En bouche, douceur relative et fraîcheur s’entendent pour mettre en évidence les multiples arômes fruités où se reconnaissent en de la cerise, la framboise, la groseille, la fraise, épicées de cannelle et de cardamome.

Il assemble une majorité de Pinot noir complété de Gamay. Il reste 16 mois sur lattes et est dosé à 17g/L  (9,90€)

 Vive-la-Joie Brut 2008 Crémant de Bourgogne Bailly Lapierre

Doré vert, le nez se révèle à peine, discret, il respire tout d’abord la fougère et la pâte d’amande, puis, une subtile fragrance de pêche se développe, avant celle plus insistante du poivre blanc. La bouche se veut d’emblée minérale, rappelant le calcaire mouillé où poussent quelques brassées de fleurs blanches. La texture offre une onctuosité générée par les 5 années sur lattes. Moment de latence qui rend également le vin plus dense, plus profond, plus intense, sans toutefois vraiment s’assagir. Au contraire, sa vivacité rappelle nos papilles à l’ordre, et leur octroie un bouquet d’épices mélangées à l’amertume délicate de la réglisse. (14,90€)

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Vive-la-Joie Brut 2007 Crémant de Bourgogne Bailly Lapierre

D’une teinte à peine plus soutenue, il toaste son pain qu’il couvre de gelée de mirabelle parfumée de céleri sec. La bouche onctueuse garde du croquant. Moins vive, elle apparaît plus assagie et nous offre fleurs un peu sèches et fruits confits sans hésiter.

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« Les joies du vieillissement. Nos Crémants gagnent en caractère avec le temps ! Au-delà d’un certain nombre de longs mois sur lattes, une magie s’opère. Vive-la-Joie”, élaboré avec du Pinot Noir et du Chardonnay, est un vin de garde ! Une joie pour les amateurs de vieux millésimes. Empiriquement, nous avons constaté que la fraîcheur est intacte si quatre conditions sont réunies, une sélection scrupuleuse du vin, un vieillissement sur lattes assez long, un dégorgement récent et une mise au repos du vin dégorgé de quelques mois avant la dégustation » nous confie Sylvain Martinand œnologue des Caves Bailly Lapierre.

www.bailly-lapierre.fr

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Ciao

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Marco


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Arrêtons la dictature du faible dosage en Champagne

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Que la mode peut être stupide ! Malheureusement le vin n’y échappe pas.

Je sais, c’est les fêtes approchent et les articles habituels sur les « vins de fêtes » vont pleuvoir dans les journaux et les magazines. Mais cela n’est pas mon propos aujourd’hui, car je considère que les vins à bulles, de Champagne ou d’ailleurs, sont faits pour être bus toute l’année.

Je veux parler, une fois de plus, du dosage en Champagne, sujet qui semble obséder un petit nombre de professionnels snobinards qui cherchent à faire leur intéressant en toute circonstance. Voici un autre domaine  du vin ou l’information est trop souvent remplacée par des idées reçues ou des opinions personnelles.

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Le climat de la Champagne est un climat septentrional pour le mûrissement des raisins, même si les limites Nord de la viticulture ont tendance à remonter sous les effets du réchauffement climatique. Par conséquent, les vins de Champagne possèdent, naturellement, des taux d’acidité très élevés qui peuvent les rendre difficiles à aimer dans leur état brut. Quiconque déguste pour le première fois des vins clairs de Champagne (donc tranquilles et avant deuxième fermentation) peut le constater. La deuxième fermentation en bouteille modère un peu ces excès d’agressivité, surtout quand la période de vieillissement sur lies est prolongés. La maturité croissante des raisins au moment des vendanges aussi. Mais le vin de Champagne reste un vin relativement acide et cela ne peut pas plaire à tous.

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Historiquement, pour pallier cet inconvénient, on a appris à rajouter un peu de sucre au dernier moment à un vin de Champagne, juste avant de fermer la bouteille avec son bouchon définitif, c’est à dire  après l’opération de dégorgement qui aura permis l’élimination des levures ou lies. Ce dosage en sucre est réglementé et indiqué sur les étiquettes par des mentions comme suit :

  • doux : 50 à 100 grammes de sucre par litre
  • demi-sec : entre 32 et 50 grammes de sucre par litre
  • sec : entre 17 et 32 grammes de sucre par litre
  • extra dry : entre 12 et 17 grammes de sucre par litre
  • brut : moins de 12 grammes de sucre par litre
  • extra brut : entre 0 et 6 grammes de sucre par litre

Si les vins des catégories demi-sec, et surtout doux, sont devenus de plus en plus rares, de nos jours, il ne fait pas oublier qu’ils ont longtemps dominé la production de Champagne, ce qui explique cette habitude tenace qui consiste à servir un Champagne en fin de repas, alors que, la plupart du temps, ce Champagne est aujourd’hui un Brut et se trouve totalement inadapté pour accompagner un dessert – car il manque le sucre pour y faire face. J’en ai encore fait l’expérience amère samedi soir après le beau match du XV de France, chez une amie qui, pourtant, aime le Champagne !

Les premiers bruts furent introduits par la maison Pommery pour le marché anglais vers 1870, et le premier Champagne non-dosé pour ce même marché par Laurent-Perrier un peu plus tard. En France, on est resté plus longtemps attaché à des Champagnes demi-secs et doux, car le brut n’est devenu majoritaire dans ce pays que depuis le seconde guerre mondiale.

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Aujourd’hui il y a une certaine mode, encore très minoritaire sur le plan des ventes, pour des Champagnes moins dosés qui relèvent de la catégorie Extra-Brut, voir des vins sans dosage aucun qui peuvent s’appeler Brut Zéro, Brut Nature ou Non Dosé. Que faut-il en penser? La mode n’est jamais une raison suffisante pour tout accepter.

Lors d’un déjeuner de presse, j’ai entendu le journaliste gastronomique d’un hebdomadaire français qui fait dans le sensationnel énoncer avec un grand sourire d’autosatisfaction l’ineptie suivante : « l’appellation Champagne devait n’être accordée qu’à des vins non-dosés ». Je pense que l’ensemble de producteurs ainsi que le CVC accueilleraient cette proposition avec un grand éclat de rire et le dédain qu’elle mérite.

 

Je me permets ici (avec son accord) de reprendre quelques mots de mon estimé collègue Guénaël Revel, alias Monsieur Bulles, et grand spécialiste des vins effervescents, car je suis totalement d’accord avec sa position sur ce sujet :

 « Vous avez dosé à combien? » est la question la plus récurrente chez les professionnels du vin (sommeliers et chroniqueurs) face au chef de cave d’un champagne lors d’une dégustation. Une question dont le consommateur classique n’a aucune espèce d’idée du sens, mais qui depuis une décennie maintenant, pour une minorité d’éclairés, est devenue le « Je vous salue Marie » devant les cuvées qu’on lui présente. Éclairés ? Plutôt snobs, je dirais…guenael-revel-2010

Guénaël Revel

J’en ai assez, comme la plupart des chefs de cave qui ne peuvent ni le dire ni manifester leur agacement devant ces questions qui tournent autour du même sujet: le sucre dans le champagne ! Ils ne peuvent pas s’impatienter parce qu’ils ont du champagne à vendre et qu’expliquer la notion de dosage est à la fois long, complexe et glissant sur le chemin du marketing…

« Vous ne faites pas d’extra-brut ? » 
« C’est un peu dosé, non ? »
« Vous ne faites pas des Zéro dosage? »

Mais Bon Dieu – puisque j’ai commencé avec la Vierge Marie – quand allez-vous comprendre que le champagne a besoin de sucre ! C’est justement lui qui supporte les arômes, permet l’équilibre et même l’endurance du vin ! Oui, il existe des magnifiques champagnes très peu ou non dosés, bien construits et bien signés. Oui, c’est excellent, un Extra-Brut bien positionné à table. Cependant, la plupart sont davantage squelettiques et agressifs que ronds et expressifs. Ils sont donc décevants.

Bien sûr qu’il m’arrive aussi de commenter une bouteille en me questionnant sur la sensibilité du dosage, mais cela ne m’obsède pas ! Alors, pourquoi j’en ai assez ? 
Parce que si vous proposez une série de 20 champagnes à l’aveugle à des consommateurs profanes – comme à des professionnels de la dégustation d’ailleurs -, vous constaterez qu’il y a davantage de champagnes Brut que de champagnes Extra-Brut ou Zéro Dosage, qui sortiront dans le Top 5. 

Un sommelier me conseillait encore il y a deux semaines dans un resto:  » Vous connaissez l’Extra-Brut de Francis Boulard, c’est superbe. C’est tendu, c’est très naturel, ça fait très champenois. »Ça fait très champenois ! Au secours ! Même le Francis, il n’aimerait pas qu’on conseille son vin ainsi… J’aime beaucoup le champagne de Francis Boulard. Sauf que sur l’assiette de ris de veau grillés au beurre blond que j’ai commandée, il passera mal, son Blanc de Noirs. Un champagne de catégorie Brut bien sentie, voire au léger rancio développé, aurait été meilleur.

Mais d’où viennent vos élucubrations sur le dosage des champagnes Mesdames et Messieurs les sommeliers (ères) ? Vous a-t-on enseigné cela en école d’hôtellerie ? 

La tendance est-elle si lourde qu’il faille l’imposer à votre clientèle? La profession a déjà une image de suffisance; alors imaginez le snobisme que vous dégagez quand vous parlez de Zéro Dosage, de Brut Nature ou d’Extra-Brut ! C’est du chinois pour 90 % de vos clients ! 

Ne leur parlez pas de sucre, mais plutôt de parfums et de comportement. Ne leur dites surtout pas qu’il vont sentir ou goûter le yuzu, la mine de crayon ou la craie ! Ou la Champagne ! Vous en connaissez beaucoup vous, des clients qui ont léché un tableau noir pour connaître la saveur de la craie !? Le champagne a déjà l’image du snobisme face à l’océan du vin tranquille et même de la mer des vins mousseux; alors, s’il vous plaît, défendez-le simplement en parlant de vin blanc, de célébration et d’harmonie facile. N’allez pas prétendre ce qu’est la véritable saveur du champagne, parce que la véritable saveur du champagne, c’est avant tout celle du plaisir et de l’étonnement et non pas celle du sans sucre ajouté systématisé »

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Tom Stevenson

J’applaudis Guénaël et je milite pour la même cause. Un autre grand spécialiste de la bulle, le Britannique Tom Stevenson, ne dit pas autre chose à propos des Champagne non-dosés.

Se méfier des modes et des snobs, toujours !

 

David Cobbold


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Experiencia VEREMA Barcelona 2016

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La 4ème Expérience Verema Barcelona 2016  s’est tenue  lundi  14 novembre au Museu Marítim de Barcelona.  Une petite centaine de bodegas nationales, des distributeurs et des professionnels du secteur s’y étaient donné rendez-vous. J’y étais aussi.  Ma première impression a été celle d’un Salon en perte de vitesse, elle s’est confirmée après un premier tour de salle : la moitié des domaines exposants étaient catalans, avec une forte présence du Penedès et des Cavas, l’absence des «stars», la faible visibilité du Priorat, de Montsant, et de l’Empordà, pratiquement pas de nouveaux venus, et quelques rares domaines du reste de l’Espagne.  A Verema, j’attendais plus de découvertes, plus de petits producteurs, plus de fraîcheur, enfin plus de participation nationale. En réalité, j’ai comparé avec la liste de l’année dernière et c’est pratiquement la même, sauf nos amis de Toro qui étaient absents.  Tout ça au final, est assez normal, beaucoup de domaines se sont fait représenter par leurs distributeurs catalans, ce qui est à la fois moins onéreux et moins prenant pour eux, mais un peu frustrant pour les visiteurs!  Je n’avais pas établi de planning de dégustation car je ne pensais pas pouvoir y participer. Je m’en suis donc remise au hasard des sollicitations et de mes envies.  Je vous livre quelques unes de mes sensations:

Ma première halte a été pour  le Celler Lafou (Terra Alta) qui appartient au Groupe Ramon Roqueta, j’y ai dégusté :

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Oenologue et ambassadeur du Groupe

  • Lafou Els Amelers 2015, un vin 100% grenache blanc dont j’ai aimé la vivacité, la légèreté de son parfum, son onctuosité et  sa fraicheur. Jolie structure dans une bouche tendue par une bonne acidité, le tout offrant un équilibre élégant.
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PVP : 13,50€ ça m’a paru un bon rapport qualité/prix

  • Lafou El Sender 2014  Garnacha, Syrah, Morenillo, sa couleur peu profonde annonce un vin léger, nez très agréable de fruits noirs frais, bouche gourmande, fruitée et épicée, finale assez vive et légèrement tannique. Un vin de soif  facile à comprendre et à boire.
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PVP : 9,95€ J’achète.

  • Lafou de Batea 2010 Garnacha, Syrah, et Cabernet Sauvignon

Le nez est parlant, fruits rouges, notes balsamiques, fruits secs, des touches de sous-bois, il est relayé par une bouche profonde et fraiche à la finale persistante. Dommage qu’il manque un peu de personnalité car le prix est élevé !

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PVP : 36,45€

Tout près, Edetària, un autre domaine de Terra Alta que j’aime beaucoup, c’est par ailleurs la référence incontournable de l’appellation, je  m’y suis arrêtée, attirée par 4 cuvées mises en avant sur sa table et que je n’avais jamais goutées. Joan Àngel Lliberia, m’a expliqué qu’il avait voulu se faire plaisir, et qu’il s’agissait de micro-cuvées.

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Joan Angel Lliberia, le vigneron

  • Finca La Terrenal D’Edetària 2014,  issu de vieilles vignes de grenache blanc sur argile.  Le volume est là, l’onctuosité aussi accompagnée d’une intéressante complexité,  le tout prolongé par une finale fraiche.

PVP: 37,90€

  • Finca La Guenuïna d’Edetària 2014, un rouge issu d’une sélection des meilleures vignes de grenache “fina”, se serait un clone de grenache propre à la Terra Alta. Un nez de garrigue et de fruits rouges, une bouche mure, un rien de rusticité qui ne m’a pas déplu, un air du midi, des tanins doux.

PVP : 37,90€

  • Finca La Pedrissa d’Edetària 2012, 100% carignan de vignes de plus de 80ans. Un nez  intense à la fois floral et fruité, l’attaque en bouche aimable est trompeuse, elle cache la puissance du vin. J’ai aimé ce vin plein et gourmand, il m’a rappelé certains grands Corbières.

PVP: 37,90€

  • Finca La Personal d’Edetària 2014, un rouge issu d’une seule parcelle de garnacha tinta “peluda”, de plus de 60 ans,  une mutation du grenache adaptée à la Terra Alta. Il n’en resterait que 50ha en Catalogne et 5 sont chez Edetaria. Un vin très méditerranéen avec ses notes de garrigue, et balsamiques, la bouche est très fruitée fraiche et persistante.

PVP: 37,90€

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  • Edetària Selecció 2014, issu d’un assemblage de garnacha peluda 60%, garnacha fina 30% et carignan 10%. J’aime beaucoup cette cuvée sans prétention qui pourtant ne manque pas de caractère. Elle a tout pour plaire, le fruité, les épices, suffisamment de structure mais avec des tanins lisses, la gourmandise et un zeste de complexité élégante. Son prix est aussi plus doux : 21,90€.

J’ai quand même fait part aussi bien à Joan Ramon de Lafou, qu’à Joan Angel  de mon désaccord sur les prix, en effet, je trouve le prix de leurs cuvées spéciales un peu élevé, ça les a fait rire à tous les deux, la production étant anecdotique entre 1200 et 1500 bouteilles, elles ne sont pas là pour être absolument vendues ; elles servent surtout à les positionner en qualité : c’est leur cuvée haut de gamme ! Mais elles se vendent bien quand même, ont-ils ajouté !

Après la Terra Alta, à la table voisine, le Priorat avec Clos Figueras,

Christopher Cannan était là avec sa fille, l’occasion de partager un moment amical, il ne faut rater ces instants privilégiés. Il m’a confirmé ce que j’entends chez beaucoup de domaines  : les ventes sont reparties, en ce qui les concerne ils manquent même de vins, ça fait plaisir à entendre car il n’y a pas si longtemps que ça, le discours n’était pas le même.

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Christopher Cannan avec sa fille Ann

  • Serras del Priorat 2015, Garnacha, Cariñena, Syrah, Cabernet Sauvignon.  Un vin qui témoigne de l’évolution du Priorat, qui peut surprendre mais en aucun cas laisser indifférent. Il a su garder les accents du Priorat, mais allégés, rajeunis, beaucoup de fruits rouges sauvages, une structure des plus aimables, pas chargé en alcool, une fantastique fraicheur. Un vin fin, élégant et équilibré que beaucoup n’attendent pas dans le Priorat et encore moins à ce prix :

PVP : 15,50€

  • Font de la Figuera 2013, Grenache, Syrah, Carignan et Cabernet Sauvignon issu des vignes les plus jeunes. Un vin puissant qui offre une grande expression fruitée, la bouche est riche mais fraiche, il vaut mieux le boire jeune pour profiter de ce fruit frais.

PVP: 24,50€

  • Clos Figueres 2012, Carignan, Syrah, Mourvèdre, et Cabernet Sauvignon  issu d’un terroir exceptionnel, de vieilles vignes  avec un carignan qui domine l’assemblage et qui donne au vin beaucoup de son caractère. C’est un Priorat très séducteur, un grand classique revu pour gagner en élégance et en fraicheur. Il garde la personnalité des vins de la zone, tout le fruit, la minéralité, les épices, la structure, le volume, le tout accompagné d’une magnifique acidité. Le boisé est très bien intégré. Un grand vin pour un prix raisonnable, on a tellement reproché aux Priorat d’être hors de prix !

PVP : 48,50€

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J’ai choisi de continuer avec le grenache, chez  Bodega Mustiguillo

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j’ai retenu sa toute dernière création La Garnatcha 2015, une cuvée qui annonce sa couleur, il est vrai que chez ce domaine on s’attend plutôt à boire du Bobal, qui est sa spécialité(le domaine se situe à UTIEL). Cette fois-ci Toni Sarrión a sans doute voulu  lui aussi, répondre à la demande du marché, mais surtout tel que je le connais se mesurer avec ce cépage, et voir ce qu’il était capable d’en faire. Il a choisi pour élaborer sa Garnatcha, une parcelle à 800 mètres d’altitude plantée en gobelet sur des sols crayeux d’origine dolomitique, cultivée en BIO. Il la définit lui-même par rapport aux autres Grenaches : entre le style méditerranéen et le style atlantique, sans l’exubérance des grenaches d’Aragon, moins raffinée que celles de Mentrida ou de Madrid, moins puissante que celle du Priorat ou de Montsant…. Pourquoi pas, mais personnellement, je n’ai pas cherché à la comparer aux autres grenaches espagnols, mes repères sont plutôt le Rhône ou le Roussillon. Le nez est subtil et frais avec une maturité confinée  et quelques arômes floraux et fruits rouges. La bouche est délicate, de densité moyenne, les tanins  sont fins, la texture crayeuse caractéristique des sols riches en calcaire, la finale ne manque pas de nerf et révèle, le tout est équilibré une bonne acidité. Ça me rapprocherait plutôt du Rhône. 12.400 bouteilles produites

Ne contient que 13,5% d’alcool…

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PVP: 17,15€

Allez, abandonnons les grenaches, j’ai trouvé sur mon chemin un petit domaine de la Rioja, profitant de la présence du vigneron dont j’entends beaucoup parler, mais que je ne connaissais pas encore, j’ai posé mon verre et je l’ai écouté. Il fait partie des « NATURES », je le savais, mais sa causerie me l’a confirmé.

El Vino Prodigo, c’est en 2011 que Pedro Peciña a créé son domaine à San Vicente de la Sonsierra, son village natal. Les raisins, du tempranillo,  proviennent de petites vignes voisines plantées en gobelet, il y a 37 ans à 550m au dessus du niveau de la mer.

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  • Placeres Sensoriales 2015: un vin de tempranillo, nature, une macération carbonique traditionnelle qui donne un vin étonnant, très fruité, très frais et très expressif. La bouche est savoureuse, plutôt gourmande. Pedro explique que son seul objectif est celui de reproduire le travail, la façon de faire de ses grands-parents  dans un temps où l’on n’avait pas recours à l’œnologie ni à la technologie et où les vins avaient réellement le gout de vin ! Ce discours est très à la mode en ce moment dans le vignoble espagnol : retrouver le gout du vin des anciens. J’ai toujours envie de leur demander s’ils l’ont vraiment gouté ce vin là ? Sincèrement je ne le crois pas, mais moi oui, mon oncle en faisait, et la plupart du temps c’était de « la piquette » qu’on aimait certes parce qu’on s’y était habitué, mais de la piquette quand même,  plus proche du vinaigre que du vin. Pas de technologie, un vin nature, quoi ! Mon premier émoi en matière de vin ! Ça n’est pas le cas chez Pedro, son vin est convaincant, mais ne ressemble pas à celui élaboré par nos aïeux, il est bien meilleur. Tant pis si je lui fais de la peine.
  • La Viña de la Merce 2013, entre classique et moderne. Il a appelé ce vin Merce, le prénom de sa mère, il a été élevé 14 mois en barriques de chêne français, et ce boisé légèrement toasté ressort au nez accompagné de notes balsamiques. Le fruit arrive à passer par-dessus,  mais n’est pas très intense. La bouche est aimable, assez ronde, le boisé est assez bien intégré, c’est un vin moderne, frais,  facile à boire.
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PVP: 9,40€

  • Prodigus Venit, toujours des vieux Tempranillo de 80ans d’âge plantés à 550m, issus d’une vigne pré-phylloxérique, fermentation, macération et stabilisation en cuves béton, suivi d’un élevage en barriques mixtes neuves de chêne américain et français de 9 mois.  Pedro nous martèle son discours une fois de plus: éviter que l’œnologie moderne n’intervienne au moment de l’élaboration. C’est toujours le même but qui est recherché « satisfaire les amateurs de vins à la recherche de l’essence de la tradition d’une zone exclusive… » Je vous laisse méditer.  La production est limitée à 3800 bouteilles, tant mieux car ça n’est pas un vin tout public ! La bouche est dense, structurée, les fruits noirs et les épices se mêlent à des notes de sous-bois, les tanins sont encore fougueux, la finale est fraiche. Un vin qui ne laisse pas indifférent, surtout si on le goute avec Pedro : l’homme est passionné, sincère et, il arrive à faire passer de l’émotion dans ses vins. Il faudra que je le déguste en dehors de sa présence, pour voir vraiment ce que j’en pense, je me méfie  souventde ma première impression.
  • PVP : 21,70€ pour un «  vin d’auteur », c’est un prix raisonnable!

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Ce domaine a été une bonne surprise, un air de fraicheur dans cette salle ! C’est ce genre de domaines que j’espérais trouver en plus grand nombre dans ce Salon. Vendu en France par Vinosofos

Je vous passe les dégustations des domaines connus, je n’y apporterai rien de nouveau. J’ai terminé par un cava.

Chez Cavas Torelló, un domaine familial du Penedes, j’ai gouté entre autres la dernière cuvée haut de gamme:

  • Cava Torelló by Etsuro Sotoo, un Hommage à leur propriété de Can Martí, d’où sont originaires leurs vins et cavas. Etsuro Sotoo, est un  sculpteur japonais de la Sagrada Familia. Elaboré à partir des cépages traditionnels du cava, Chardonnay: 29%, Xarel·lo: 26%, Macabeo: 24%, Parellada: 21%  de la Finca de San Marti, il s’agit d’une édition spéciale limitée à 10.000 bouteilles.     La bulle est fine et persistante, la bouche est aimable, crémeuse, structurée, la bulle est très bien intégrée ; c’est une cuvée complexe, riche, mure, elle est restée 50 mois sur lies en bouteilles, c’est donc un Gran Reserva, un cava qu’il faut plutôt réserver à la table.

12% Vol.

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PVP :39€

En guise de conclusion :

J’ai quand même pu constater que beaucoup de domaines avaient sorti une cuvée de Grenache, confirmant ainsi la forte poussée de ce cépage en Espagne, depuis le succès des grenaches de Gredos ! Il y a même une association qui s’est créée en 2012, plusieurs de ses membres étaient présents: Clos Figueras (DOQ Priorat), Edetària (DO Terra Alta), Lagravera (DO Costers del Segre), La Vinyeta (DO Empordà), Masia Serra (DO Empordà), Viladellops (DO Penedès) Vinyes Domènech (DOQ Priorat i DO Montsant). Tous sont de bons domaines.

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Hasta Pronto

Marie-Louise Banyols

 

 

 

 

 

 

 


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Mes bien chers morts, buvez en paix !

Peut-être, à cause du titre, trouverez-vous que cette rubrique dominicale prend une tournure quelque peu macabre et que je me laisse aller vers je ne sais quelle turpitude malsaine ? Mais pourquoi diable, en ce jour gris de Toussaint où j’ai choisi de pondre ces lignes alors que la France entière se déguise pour halloween, que nos chers bambins courent les rues pour fourguer des bonbons empoisonnés, pourquoi ne célèbrerais-je pas les morts, « mes » morts en particulier, ceux que j’ai aimés et appréciés ?

En ce jour maussade, en dehors d’un squelette et d’une sorcière rencontrés dans la rue, trois bouteilles m’ont fait penser à eux. Trois vins sans chichi que j’aurais aimé vider en leur compagnie. Il ne s’agit pas de grandiloquence, encore moins de se ruiner, mais juste de trois bouteilles cueillies au hasard de mes achats récents ou de ceux de ma compagne.wp_20161030_006

C‘est en ouvrant la première que j’ai, paraît-il, esquissé un sourire. Le pur Pedro Ximénez qui coulait dans mon verre n’est pourtant pas le plus onéreux des finos que je vais quérir en Espagne, mais c’est un vrai vin de joie, une antidote à la morosité, l’apéritif quasi-parfait tant par sa jovialité, sa finesse, sa légèreté, sa fraîcheur. Non muté, capsule à vis, ce Montilla-Moriles fino « Eléctrico en rama » (les caves de la maison Toro Albala sont dans une ancienne centrale et le vin n’a rien d’électrique, je vous rassure), se boit sans crainte et presque sans soif. Il y a là de quoi ressusciter un mort !

À table, au moment du second vin, il m’est apparu que, de plus en plus, le vigneron prenait un malin plaisir à nous jouer des tours, qu’à la manière d’un gamin espiègle il se régalait de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et qu’il s’amusait de nos questionnements parfois stupides. Oui, il nous la joue naïf, du genre «vous savez, moi je ne suis qu’un simple vigneron qui cherche à faire plaisir», ce qui est déjà fort louable en soi. Mais je ne sais pourquoi, il arrive en buvant son vin, que je lui trouve un côté farceur. Comme pour mieux se moquer de cette société du vin qui gravite autour de lui où ils sont si peu nombreux à être intègres, honnêtes et sincères, certains vignerons malicieux rigolent sous cape tout en méditant leur prochain tour : un dessin mystérieux sur l’étiquette, une mention Vin de France sans explications, un jeu de mots supposé drôle pour nom de cuvée… Là, nous sommes loin des vins de markétinge, de ceux que l’on fait vite fait bien fait comme si on lançait un nouveau tube de dentifrice, comme s’il s’agissait un devoir obligé.

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C’est le jour des morts et c’est ce gaillard de vin, étrangement appelé L’Audacieux, qui réveille en moi toutes ces élucubrations. Pourquoi diable un vigneron, et non des moindres, choisit-il un tel nom pour une cuvée ? Qu’est-ce qui lui passe par la tête au moment où il décide d’un nom, comme l’Insoumis, l’Indomptable, le Redoutable, l’Infidèle ou le Téméraire… ? Je ne prends-là que ce qui me vient à l’esprit car des noms de cuvées, il suffirait que je relise mes notes pour en trouver des tonnes, des vertes et des pas mûres. L’audacieux en question, c’est peut être après tout le vigneron lui-même plus que son vin ?

Le vin en question est l’œuvre – je sais, ça fait pédant de parler d’une œuvre en matière de vin – d’un vigneron, Joël Fernandez, de La Grange Léon, que je ne connais pas encore personnellement, mais dont je sais qu’on peut le qualifier sans risque de talentueux. Ses vignes sont du côté de Berlou, là où par habitude et amitié, je fréquente plutôt celles d’Isabelle et Jean-Marie Rimbert à cause surtout de leur joyeuse et carignanesque folie. Le domaine de Joël, comme chacun sait, est classé en Saint-Chinian, une appellation héraultaise qui regorge de vignerons émérites, à faire rougir, ou pâlir, c’est selon, un « cru » comme Gigondas ou Lirac, pour ne citer que ces deux-là, au hasard, bien entendu et sans arrière pensée. Autour de Saint-Chinian, je compte bien à moi tout seul une trentaine de « perles » vineuses dignes d’entrer en cave.

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Qu’a-t-il donc d’audacieux ce rouge 2014 ? Rien, justement. Perso, j’ai beau chercher, je ne lui trouve aucune audace particulière. En revanche, c’est l’archétype du vin sans manière, le plus franc et sympathique des vins faciles qu’il m’ait été donné de goûter ces temps-ci. Je pense au cinsault que l’on nomme ici joliment œillade et dont il existe une savoureuse cuvée à l’entrée du pont de Roquebrun, pas loin d’ici. Que nenni ! Une fois de plus je me plante puisqu’il s’agit surtout de grenache noir agrémenté de syrah. Et si ce vin a une quelconque audace, c’est justement parce qu’il n’est pas déguisé, maquillé, fardé, encore moins marketté, et bâclé à l’instar de beaucoup de vins marchands qui ornent leurs étiquettes de coccinelles, d’oiseaux, de framboises, d’étoiles, de fleurs et d’autres artifices pour faire plus « vrai », plus « naturel ». Non, l’Audacieux n’a rien à vendre d’autre que son pays, sa nature, sa générosité et sa pointe d’accent qui sent si bon la garrigue. À quel prix ? Dix euros à la boutique de la Maison des Vins de Saint-Chinian. J’allais oublier d’attirer votre attention sur un dessin sur l’étiquette, un pêcheur à la ligne qui semble jouer de la mouche. Là encore, aucun rapport avec l’audace si ce n’est qu’il en faut peut-être pour affronter les rapides de l’Orb, les pieds dans l’eau et la canne à la main…

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Du coup j’en oublie presque de vous décrire le dernier vin bu à la mémoire de tous mes êtres chers aujourd’hui absents. Dans le Touraine générique façonné par l’ami François Chidaine, plus connu pour ses blancs de Montlouis et de Vouvray que pour ses rouges- je pense qu’il s’agit là de son petit négoce -, je retrouve la même familiarité (et le prix bienveillant) que dans le précédent. Sauf que de la garrigue on passe sur les berges d’un fleuve royal : un trait de notes herbacées, du fruit juteux, de la jovialité et une certaine forme de candeur. Bu frais, c’est un bonheur pour une journée supposée être triste !

Michel Smith


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Eloge du blanc (doux, sec, effervescent ou tranquille), au travers de 3 vins

img_7848Les trois bouteilles concernées, prises sur le mur d’une terrasse chez moi dans la brume matinale gasconne. Pas assez de pluie pour les cèpes, malheureusement.

Quand on voit qu’en France, il se vend aujourd’hui plus de rosé que de blanc, il y a de quoi se désespérer des goûts de «nos» compatriotes. Mais peu importent les modes: elles ne signifient rien d’important, ni de bien utile. Mais qu’est qui est utile, et qu’est-ce qui est futile, en matière de vin? Car voila bien un sujet où c’est notre bon plaisir qui compte.

D’une manière totalement futile, donc, mais en dehors des modes, je vais vous parler de trois blancs qui m’ont donné beaucoup de plaisir cette semaine.

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Champagne Pierre Trichet, l’Héritage, Brut Premier Cru Blanc de Blancs

D’abord les bulles, car on commence généralement par ce type de vin. Pierre Trichet est un vigneron dont la production m’a semblé briller de mille feux lors d’une dégustation organisé par les Champagnes de Vignerons en septembre 2015 à Paris. Du coup je suis allé le voir au tout début de cette année et j’ai rendu compte de cette visite ici. J’avais déjà acheté quelques bouteilles de ses vins que j’ai transporté dans ma cave en Gascogne et avant-hier, avec des amis, nous en avons bu un. Il s’agit de la cuvée l’Héritage, Brut Premier Cru Blanc de Blancs qui ne porte pas de millésime: grande plénitude des saveurs en bouche car le fruité est totalement intégré à l’acidité ; la bulle aussi, délicate et alerte, puis, dans un grand ressac, la longueur prolonge le plaisir de l’ensemble. Ce vin se vend autour de 25 euros dans le commerce et c’est une très belle affaire quand je compare ce vin à certains noms plus connus.

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Bourgogne Chardonnay 2014, Justin Girardin

De quoi s’agit-il ? D’un Bourgogne Blanc (qu’on dit bêtement « générique ») acheté au printemps dernier, chez l’excellent caviste Plaisirs du Vin à Agen. Je note au passage que ce producteur choisit de faire figurer, comme il se doit, le cépage Chardonnay sur son étiquette et je l’en félicite: je ne comprendrai jamais pourquoi les producteurs français rechignent la plupart du temps à donner cette information si élémentaire à leurs clients. Que les «bois bashers» sautent ce paragraphe car ce vin a clairement fricoté avec Quercus robur (ou était-ce Quercus petraea ?) ! Et c’est tant mieux car cette coucherie lui a aidé à forger un squelette athlétique, une jolie fermeté de texture et une allonge remarquable. Du coup ce vin flirte avec des Bourgognes bien plus huppés sans perdre l’âme de sa matière première. Quand la matière est de belle qualité, pourquoi refuser de lui donner une dimension supplémentaire que la barrique, bien choisie et utilisée, peut apporter ? Le nez, expressif sans être exubérant, oscille entre arômes de citron confit, de noyau de pêche, de pain grillé et de vanille. La bouche, dominé par l’acidité mais sans aucune agression, paraît presque austère mais joliment perchée entre saveurs de fruits blancs et d’autres de type végétal. L’ensemble se révèle totalement en association avec un comté fruité qui rehausse le fruité même du vin. J’ai du payer ce vin autour des 15 euros, mais je ne m’en souviens pas parfaitement. Pas volé en tout cas !

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Riesling Sélection de Grains Nobles de 1989 de la Cave de Hunawihr.

Et pour finir, un grand vin doux, voire liquoreux (mais tellement délicat), apporté par un des convives, mon ami Florent Leclerq : un Riesling Sélection de Grains Nobles de 1989 de la Cave d’Hunawihr. Oui, les caves coopératives produisent de grands vins ! Robe soutenue d’un or qui tend vers l’ambre, nez riche et incroyable de complexité dans une gamme qui va de la confiture d’orange au pain d’épice en passant par toute une gamme de fruits secs et confits, puis une bouche qui réussit la prouesse d’associer une grande finesse de texture à des saveurs automnales somptueuses, le tout finissant longuement et toute en délicatesse grâce à l’acidité arrondie du riesling. J’ignore le prix de ce vin mais est-qu’on demande l’âge d’une dame ?

Un repas tout en blanc? Non, nous avons aussi bu un peu de rouge, mais là ce sont les blancs qui emportaient la mise à cette occasion, aisément. Est-ce que nous aurions pu éprouver autant de plaisir, et autant de diversité de styles en rosé ? Sûrement pas. Pourtant, le rosé se vend mieux. Allez comprendre !

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David

(Photo d’un fragment de mes calades)