Les 5 du Vin

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Beaujolais, champion du rapport plaisir-prix

Deux jours passés en Beaujolais, d’abord pour le Gamay Day, puis pour BBB (non, pas blanc bleu belge, mais Bien Boire en Beaujolais) ont confirmé tout le bien que je pense des vins de cette superbe région, depuis quelques années déjà.

Pour résumer: le Gamay n’a rien d’un vil et très déloyal plant, n’en déplaise au Duc de Bourgogne; il a sa place parmi les grands cépages du monde, et les bons résultats obtenus en Beaujolais, mais aussi en Côte Roannaise, en Forez, en Touraine ou en Suisse le démontrent. Incroyablement séduisant dans ses jeunes années (et je ne parle pas seulement de ses premiers mois), il possède une bonne aptitude à la garde, pourvu qu’il ait été vinifié dans ce but.

PizayPizay, les vignes

Il serait temps que nous, les commentateurs, passions à autre chose que de ressasser nos déceptions passées: oui, il y a eu de mauvais Beaujolais; oui, le Beaujolais Nouveau a fait de l’ombre aux autres productions; mais il ce serait trop facile de dire: « parlons des crus, mettons-les en avant, quitte à les découpler du Beaujolais »; certes, ils sont méritants; mais quid des Beaujolais et Beaujolais Villages? Il convient aussi de les réhabiliter, car on trouve aujourd’hui sous ces deux appellations de véritables joyaux. Correction: ils ont toujours existé, mais nous manquions de curiosité, tant l’image de la région avait pu tomber bas. Quel beau punching-ball avions-nous trouvé là – et avec nous, tous ceux « auxquels on ne la fait pas »…  Je me rappelle encore de ce mot terrible: « le Beaujolais Nouveau, ça n’est pas du vin ». Et pour outrancier que soit le propos, les buveurs de base – et peut-être encore plus les buveurs avertis – ont eu tôt fait de généraliser à toute la production de la région, hélas…

Certes, il reste bien quelques Beaujolais de m…, des Beaujolais outrageusement fardés à coup de levure, de sucrage, d’osmose ou de thermo. Mais ces mauvais sujets ne doivent plus faire de l’ombre aux autres; d’autant que les vrais vignerons (ce qui jouent vraiment avec le millésime) ont bénéficié de conditions plutôt favorables en 2014 et 2015. Bref, sur la centaine de vins dégustés lors de BBB, je dirais qu’à peine un quart ne passait pas la barre des 12. Un autre quart arrivait à 14 et le reste au dessus. Toute comparaison avec une autre dégustation d’une prestigieuse appellation d’une région voisine (je vous en ai parlé ici récemment) tourne inévitablement à l’avantage du Beaujolais (et même sans parler du prix).

Quelques vins pour illustrer le propos

Oui, il est plus que temps de réviser notre jugement. Les vins qui suivent sont quelques exemples, parmi beaucoup d’autres, de bons, de beaux Beaujolais, qu’ils soient de crus ou non. De vins qui font honneur à leur cépage, à leur terre et à leur communauté vigneronne. Alors, remettons les pendules à l’heure… et les portefeuilles: entre 7 et 20 euros, quel risque prenez-vous? Celui d’être un précurseur? De relancer une mode? Mais l’important n’est-il pas d’abord de se faire plaisir?

Clos de la Roilette Fleurie 2014

Une cuvée qui combine force et élégance ; le fruit rouge, opulent au nez et en attaque de bouche, s’appuie sur des tannins très fins, et une belle vivacité emporte la finale.

Domaine Louis-Claude Desvignes Morgon 2014 Cuvée Impénitents

Un superbe fruit mûr au nez, des notes plus animales, du cuir et du poivre en bouche, dans une belle structure . Cette cuvée est issue de vignes de 100 ans, en bas de la Côte du Py, dont les raisins sont vinifiés en grappes entières.

DesvignesQuand on s’appelle Desvignes…

 Château Thivin Côte de Brouilly 2014 Cuvée Godefroy

Un fruit noir, une belle acidité, des tannins fondus, une impression de confort et de puissance.

Château de Pizay Régnié 2014

Un vrai délice nasal que ce vin qui mêle le floral (violette, pivoine) et le fruit (confiture aux 4 baies), mais dont la bouche vive, et les tannins fermes viennent contrebalancer ou plutôt compléter la gourmandise. Du même producteur, le Morgon Cuvées des Pys vaut également le détour.


Pizay2Pizay, le vin...

Domaine Foillard Morgon Corselette 2014

Fruit noir au nez, cacao et menthol en bouche, beaucoup de tension, un vin de garde, mais qui plaît déjà tellement…

Château du Moulin à Vent, Moulin à Vent Champ de Cour 2013

De toute la gamme – de haute volée – des vins de ce domaine, c’est peut-être le plus sage, mais aussi le plus fondu, aujourd’hui. Le nez de griotte est étonnamment frais, les tannins suaves et enrobés soutiennent une bouche charnue mais allègre, ça pinote un brin, bref, j’ai coché toutes le cases pour ce vin, plaisir, structure, complexité, longueur. Un grand.

MoulinUn coup de coeur: le Champ de Cour du Château du Moulin à Vent

Château de La Chaize Brouilly Vieilles Vignes 2013

Beaucoup de finesse, de noblesse dans ce fruit noir, au nez. Et on ne s’arrête pas en si beau chemin, vu qu’il est vite rejoint, en bouche, par du cuir et du poivre; sa longueur acidulée est celle d’un vin déjà tout à fait prêt à boire, mais qui garde un bon potentiel.  Un des plus beaux 2013 de la dégustation.

ChaizeAu Château de La Chaize, le 2014 n’était pas mal non plus…

Domaine Chasselay Cuvée de la Platière 2003

Là, j’ai été assez télégraphique dans le commentaire; je me cite: « Floral. Cacao tannin, iris; figue. Etonnamment vif, ni cuit ni passé » . Oui, c’est bien 2003 qu’il faut lire; vous voyez que les Beaujolais peuvent vieillir – même dans les années chaudes!

Domaine Chasselay Beaujolais blanc 2015

Du même domaine, un blanc, pour démontrer s’il en était encore besoin que le Chardonnay réussit bien en Beaujolais… Floral au premier nez, il nous emmène au pays des fruits jaunes et du miel. A noter que le 2005, du même, présente encore une très belle vivacité.

Domaine des Arbins Beaujolais Villages 2013

Vous en voulez, de mes violettes – en voila! Et en bouche, le vin s’élargit, les tannins fermes mais justes encadrent le fruit suave , la finale nous achève en beauté sur de la réglisse. Qui a dit « Et ce n’est qu’un Villages »? Sans doute un buveur d’étiquette. J’aurais dû lui faire croire que c’était un Gevrey…

ArbinsDomaine des Arbins

Bientôt des Premiers Crus en Beaujolais ?

C’est une des actualités du Beaujolais, dont l’intérêt a sans doute été relancé par l’inscription des Climats de Bourgogne au Patrimoine de l’Humanité. Des climats, en Beaujolais, il y en a, bien sûr. Mais pas au sens officiel de premiers crus ou de grand crus. Tout juste des lieux-dits, dont rares sont ceux qui ont une vraie notoriété – on citera la Côte de Py, à Morgon ; ou encore, pour son côté poétique, La Folie, en Saint Amour. Avec la caractérisation des sols du Beaujolais, engagée en 2009, la région vise à mettre un place un outil de hiérarchisation de ces climats – en clair, de pouvoir déposer à l’INAO un dossier qui tient la route, ou plutôt, le terroir, au moins pour les 10 appellations communales, dans un premier temps.

Mais rien ne vous empêche, ami oenophile, d’aller vérifier par vous même – d’autant que le vignoble est pittoresque, les vignerons sympas, que les formules d’accueil ne manquent pas, de l’hôtel de grand luxe, comme le Château de Pizay, aux chambres d’hôtes, façon Domaine de Chasselay, en passant par le charmant Château de Buffavent. Qu’on y mange bien, qu’on y dort bien, ce qui permet de profiter au mieux des vins. Plus si affinités.

Beaujolaisement vôtre,

Hervé Lalaubandeau-bbb2016-v2


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RAW and other adventures

IMG_4277Laurent Herlin (AC Bourgueil) – a discreet supporter of Cabernet Franc
Still cheerful despite losing his entire 2016 crop to frost.
Laurent and other growers in Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil
are looking to buy grapes this year from Languedoc so that
they will have some wine to sell. 

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Laurent as baseball star 

Jim is on his way to Scotland overnight on the Caledonian Sleeper due to arrive in the Cairngorms early on Tuesday morning when some text and more photos will be added to this post.

A few hours later: the overnight journey to the Highlands of Scotland is a leisurely and stately affair. You leave London Euston at 21.15 and reach Newtonmore, deep in the Highlands and 540 miles (870 kilometres) north of London, around 7.10 the following morning. That assumes that the train is on-time – it is not unusual for the sleeper to be several hours late. The sleeper spends plenty of time dawdling along or stopped. To underline how leisurely this journey is – it takes 2 hours 36 minutes to travel the 690 kilometres from Paris to Avignon.

It is a very long train when it leaves London. Once it reaches Edinburgh it divides into three – one portion heads to Aberdeen, one to Inverness and the third portion to Fort William.

Boarding the train about 30 minutes before it was due to leave we settled down for something to eat while enjoying several drams of Old Pulteney – the single malt from Wick.

Old_Pulteney_Single_Malt_Scotch_Whisky_(2)_bannerOld Pulteney and Wick Harbour 

Before departing for Scotland I spent time at 2016 RAW London:

IMG_4252Vincent Caillé and Christelle Guibert
Vine Revival

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The 2015 terre de gneiss, Muscadet en cuve bêton ovoide 
is particularly good with concentration and lovely purity and precision 

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Peter Hahn, Le Clos de la Meslerie, Vouvray
Almost every year a different style – love the balance of the 2014

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Wendy Paillé: Le Soula in Roussillon

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Jérôme Bretaudeau, Domaine de Bellevue, Muscadet Sèvre-et-Maine
Fred Niger in shadows 

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Reverse positions: Fred Niger
with Jérôme Bretaudeau, Domaine de Bellevue in the shadows 

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Thomas Carsin, Domaine de l’Elu

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2013 ephata, Anjou Blanc
Very impressive, pure Chenin Blanc,
which spends 8 months in amphore and 8 in cuve
2012 was first vintage 

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The Green Man – Fabio Bartolomei 

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Isabelle Legeron – boss of RAW 


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ALIMENTARIA et ses OFF (volet 2)

Cette année, pour la première fois, les OFF se sont multipliés, et on battu tous les records ! Cela, nous a rendu la tâche très difficile, car ils étaient souvent bien plus attrayants que le salon en lui-même.

 1.La Música del vi 2016, 9 ème édition

Ce rendez-vous organisé depuis l’an 2000 par le célèbre distributeur de vins catalan Quim Vila (Viniteca) est devenu incontournable. D’ailleurs, ce jour là, Intervin était pratiquement vide, personne ne voulant rater La Música del vi qui pourtant, coïncidait avec l’ouverture du salon. Cet événement est exclusivement réservé aux professionnels,  qui se battent pour avoir des entrées. Ils sont tous là, des plus illustres aux plus modestes, ils y viennent de toute l’Espagne et de l’étranger, car ils peuvent y déguster tous les domaines distribués par Quim Vila : plus de 160 vins d’Espagne et une grosse vingtaine d’internationaux, parmi les plus prestigieux, avec la garantie de la présence des propriétaires.

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Peter Sisseck et Hervé Bizeul

L’endroit est somptueux, il s’agit de la Llotja de Mar de Barcelona, un bâtiment gothique, datant du XVIII ème siècle, immense, et imposant, mais il faut bien ça : plus de 4000 personnes ont sollicité et obtenu l’accréditation cette année. L’entrée est payante, elle vaut 160€, mais je ne connais pas grand monde qui s’en acquitte, pour autant sans inscription préalable, il est strictement impossible de franchir le barrage installé à l’entrée.  Et, malgré ce vaste espace, même à la première heure il est difficile de déguster tranquillement et d’échanger avec les propriétaires. Les salles se remplissent vite et les vins les plus recherchés tels Pingus, Alvaro Palacios, Benjamin Romeo,  ou Salon… se terminent rapidement ou alors s’ouvrent uniquement à une certaine heure, qu’on ne connait évidemment pas ! Sans compter que quand vous réussissez à vous approcher d’une table, aller jusqu’au crachoir placé derrière dans l’allée, peut vous faire perdre la place.

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Il est évidemment impossible de tout goûter, pour ma part, je suis à l’affût des trous, ils sont rares, aussi, je donne la priorité aux domaines espagnols que je connais peu et j’en profite pour déguster les vins étrangers moins recherchés. Ajoutez à cela, le nombre de connaissances que vous croisez, vous comprendrez facilement qu’arriver à déguster est un véritable parcours du combattant !

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J’ai opté pour ces domaines, et voici les quelques vins que que j’ai retenus :

  •   Commando G

Daniel Gómez Jiménez-Landi, Fernando García Alonso et Marc Isart, fondateurs du projet, se sont donnés pour mission de sauver les grenaches de Gredos (à moins d’une heure de Madrid). C’est très réussi : ils ont atteint leur objectif.

La Bruja Avería 2014, du fruit, de la rondeur et du plaisir : un vin direct et facile à comprendre pour 12,60€

-Rozas 1er Cru 2014, dans un style bourguignon, floral, épicé et frais. 24,90€

-Las Umbrias 2014 (disponible à partir d’octobre), entre 600 y 2.000 bouteilles selon les années. C’est une parcelle d’un demi-hectare qui était à l’abandon. Un vin à la robe d’un pinot noir, floral délicat, élégant, mais pas à la portée de toutes les bourses : 55,90€.

Tumba del Rey Moro 2014, sur le marché à partir d’octobre, 100%  grenache issu d’une vigne franc de pied à 1.100 mètres d’altitude, et des pentes à 50%.  Ici la couleur est intense, le nez offre à la fois des notes de fruits noirs murs, et des arômes floraux, la rose est très présente. La bouche est ample, savoureuse, on y retrouve les mêmes sensations fruitées et florales du nez. Très belle finale sur les fruits, tanins juteux et harmonieux. 46€ en primeur

-Rumbo al Norte 2013, le joyau du domaine, parcelle à 1200m d’altitude, 741 bouteilles, qui se vendent à plus de 90€ chacune. Un vin qui à première vue parait léger, mais qui a du poids. Très fin et élégant, rappelant presque un grand cru de Bourgogne, c’est un vin émouvant. Finale un peu saline : grand !

Dommage que la production de ces vins soit si faible et les prix si élevés car tout le monde devrait pouvoir les gouter.

Comando G

Fernando Garcia Alonso et Daniel Gomez Gimenez Landi

  • Familia Nin Ortiz

Ester Nin est un des grands vinificateurs du Priorat, elle élabore avec Daphné Glorian, le fameux Clos Erasmus mais aussi, avec beaucoup de sincérité et de discrétion, ses propres vins.

Selma de Nin 2012, un blanc d’élevage dont la production varie entre 300/1600 bouteilles, marsanne, roussanne, Xarel.lo et chenin blanc. Un vin magnétique qui séduit dès la première gorgée, il a tout pour plaire. 41,50€

-Planetes de Nin Garnatxes en ámfora 2014, Rouge, c’est un grenache (100%) comme son nom l’indique. Issu de jeunes vignes : fraicheur, élégance et plaisir. 21, 80€

-Planetes de Nin 2013 rouge est un assemblage de grenache/carignan. Un vin sincère, pur, complexe, élégant et équilibré. Beaucoup de caractère, certainement parmi les meilleurs du Priorat dans cette gamme de prix : 29,95€

-Planetes Blanc 2014, c’est un 100% grenache blanc élevé en amphore et sans soufre. 1400 bouteilles. 21,80€ Pour les amateurs de bons vins natures.

-Nit de Nin 2013, encore un assemblage de grenache/carignan, mais cette fois-ci de très vieilles vignes de 110 ans, un cep ne donne pas plus de 200g de raisin, vinifié avec les rafles. C’est un vin qui n’est pas très connu, qui ne fait pas beaucoup de bruit, (la production est faible) mais il a tout d’un grand vin : complexité, finesse, élégance, équilibre, harmonie. 55€

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  • Celler Còsmic, Emporda

Les yeux de Salvador Batlle brillent d’enthousiasme quand il parle de ces vins, qu’il explique ce qu’il a voulu traduire au travers d’une culture en biodynamie, d’une vinification en amphore, ce qu’il a cherché et comment il pense qu’ils vont évoluer. Le nom de chaque vin, n’est autre que les sensations que chacun d’entre eux lui a transmis pendant qu’il les élaborait, et le résultat d’échanges intimes avec eux…

Confiança, Llibertat, Valentia, Paciència et Essència sont les noms de ses vins !

Valentia  2015 : Il s’agit de vieilles vignes de carignan blanc, un vin intense et profond élevé en amphore. J’ai été sous le charme de ses arômes délicats, fruités, avec des touches très méditerranéennes de laurier… puissant, unique et authentique.  16,50€

Confiança est un vin blanc nature de « garnatxa roja », une variété  de l’Emporda.  Chaque gorgée de ce vin est rafraichissante et sincère : un vin franc, pur, intense marqué par le terroir et l’homme. Un festival d’aromes et de saveurs.  13,90€

Gratitud negre 2015, ça n’est pas celui que j’ai le plus apprécié : c’est un cabernet franc du Baix Penedès,  typé, fruité, mais trop végétal à mon gout. 14€

Passió 2015, celui-là, je ne l’ai pas aimé du tout : un marselan du Baix Penedès aussi, trop généreux et déséquilibré. 18,50€

Llibertad 2015: un mono variétal de cariñena,  frais, opulent,  et gourmand. La bouche est un festival de fruits rouges, encore très jeune, il est très prometteur.16, 50€

Paciencia Ancestral 2015, un vin effervescent naturel issu de carignan blanc, méthode ancestrale : Très belle crèmosité, acidité parfaite et bulles agréables. Les aromes de fruits blancs dominent, il ne manque pas de complexité. 20,65€

– Essència 2015 est un vin doux “bullit”, j’ai déjà évoqué cette méthode, on fait bouillir le mout pour qu’il perde une partie de son eau et se concentre en sucre. Il est d’une complexité aromatique assez exceptionnelle, long, vif et frais ! Salvador le définit comme “Excitat i excitant”. 26,95€

La production est de 982 bouteilles pour ce millésime.

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  • Je n’ai pu ensuite déguster qu’un seul vin par table :

Mais ne ratez pas les vins de Norrel Robertson, «El Escocés Volante», son dernier vin Manda Huevos 2014, de Calatayud révèle un grenache très fin, très fruité et expressif, avec une belle acidité finale.

J’ai beaucoup aimé le Gallinas y Focas 2012 (20,40€) de 4Kilos Vinícola (Mallorca), un mélange réussi et très séduisant de manto negro et de  syrah.

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J’ai ensuite quitté l’Espagne pour l’Italie, Ceretto proposait entre autres, un magnifique Barbaresco 2007, et un excellent Barolo Brunate 2011.

Puis, je suis partie gouter les français, parmi les blancs j’ai beaucoup aimé  le grenache blanc Vieilles vignes 2014 du Clos des Fées; les riesling de Bott-Geyl, les Grands Crus Mandelberg et Schlossberg 2011; les Rosiers 2014 et les Vieilles Vignes Eparses 2013 du Domaine Bellivière, pour leur délicatesse, leur élégance et leur harmonie.

 

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Domaine de Bellivière

 

La Maison Romane, Le Chablis Grand cru Côte de Bougros 2011, pour sa richesse, sa délicieuse fraicheur et sa personnalité affirmée ; le Sancerre rosé 2014 du domaine Vacheron, pour son intensité, sa fraicheur et sa couleur.

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Jean-Laurent Vacheron

 

J’ai terminé la journée avec une coupe de champagne, bien méritée, un Delamotte blanc de blancs 2007, très gourmand, juste ce dont j’avais besoin.

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2.Les  Vins “Off the Record »

Ce style de salon, n’existait pas lors du dernier Alimentaria, il faut dire que la plupart des domaines présents sont récemment arrivés sur le marché. L’organisateur Fredi Torres, est un grand habitué de tous les OFF français, La Dive, les Affranchis, le Vin de mes Amis… Barcelona Off est un mélange de tous ces salons: le dénominateur commun étant le vigneron “artisan”.

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Avec l’aide de 3 distributeurs, il a réussi à réunir, 21 domaines venus des quatre coins de l’Espagne, tous animés par la même passion et respect du terroir, dans un lieu assez magique pour la dégustation : une lumineuse et intime Galerie de l’Eixample. Je n’ai pas eu le temps de gouter tous les domaines présents :

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 J’ai aimé:

  • La  cuvée Tradicional Extra brut composée de 55% de Xarel.lo, de 35% de Macabeu, et 10% de parellada; une belle réussite pour ce vin frais et fruité qui représente la tradition. (10,20€). Mon préféré, le Colet-Navazos Reserva extra-Brut 2008(39€) remarquable réussite du mariage du xarello et d’une sélection exclusive de soleras de Jerez.
  • L’élégance et le style très personnel de Roc 2014(25€), la mencía qu’élabore Verónica Ortega dans le Bierzo; ne la perdez pas de vue elle s’affirme de plus en plus.
  • L’audace de Mario Rovira, le catalan parti vinifier dans le Bierzo : son blanc Akilia K 2014 (18€) et ses 4 rouges de Mencia, San Lorenzo 2013 (11,90€), Chano Villar 2012(17,95€), Villarin 2013 et Lombano 2012 (25,30€) sont précis, sincères et laissent transpirer la force tranquille du Bierzo. Mais, surprise, il apparait, là où on ne l’attendait pas, à Sanlúcar de Barrameda où, il a commencé un nouveau projet personnel, un Palomino Fino en Rama élaboré dans des « botas » de manzanilla : ça donne un magnifique Fino sec, gras, riche et gourmand.800 bouteilles en 2015 pour  13€ prix public.

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  • Les irrésistibles et uniques Ardachos: 3 vins de parcelles de la Rioja “El Abundillano 2014” (31,90€), “las Guillermas 2014” (56,90€), “las Paredes 2014” (56,90€) et la simplicité de Xérico 2015 (15,40€, hommage à son grand-père), sont reflet de la personnalité de Roberto Oliván. En peu de temps, il a su convertir Tentenublo, son petit domaine familial, un des plus en vue de la Rioja moderne.
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Roberto Olivan

  • Les subtiles différences, le style élancé, atlantique des albariños de Xurxo Alba(Albamar): Albamar 2014 (13,40€), Finca O Pereiro 2014 (19,60€), Alma de Mar 2014 (19,90€) et Pepe Luis 2014 (19,90€). Sans oublier ses éditions spéciales : Moncha et Sesenta e Nove Arrobas (14,50€) et son rouge plaisir pur, Fusco 2014(10,45€), une mencía de la Ribeira Sacra. Les vins de Xurxo sont réellement savoureux, inoubliables, fruit d’un grand travail dans les vignes et de peu d’intervention dans la cave.
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Xurxo de Albamar

  • Les verdejo de Beatriz Herranz, les vins de son domaine Barco de la Corneta, sont commercialisés sous l’IGP Vinos de la Tierra de castilla y León. Cucu 2014 (8,80€), et Barco de la Corneta 2014(15,95€), à mon sens bien plus personnels et authentiques que la grande majorité des Rueda. Le dernier né Casio 2014, issu de vignes centenaires, impressionnant de volume et d’équilibre n’a pas encore de prix. Enfin, je n’ai pas été convaincu par son rouge Frapetisco 2014, un vin compliqué. Elaboré à partir de vieilles vignes de Juan Garcia.
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Beatriz Herranz

  • L’étonnant Ribera del Duero, Finca El Peruco 2011 (33,50€) de Goyo García Viadero;
  • La vision particulière Alvar de Dios sur les vins de Toro, la fraicheur de ses vins “décalés”, une nouvelle dimension de la Tinta de Toro: Tio de Uco 2015, juteux et gourmand, Aciano 2014 (17,90€) du nom de son grand-père, frais, tannique et nerveux : un vin à suivre, Camino de los Arrieros 2014, est un vin de Las Arribes del Duero (Zamora), une vieille vigne plantée de Juan García, accompagné d’autres cépages autochtones de la zone, comme le Rufete, le Mandón, le Puesta en Cruz, le Verdejo Negro, le Bastardillo Chico… Et cerise sur le gâteau, Vagüera el Maderal 2014, un vin de table blanc issu de 15 cépages, Albillo Real, Albillo Castellano, Albillo Negro, Albillo Rojo, Moscatel de Grano Menudo, Moscatel de Alejandría, Moscatel Rojo, Palomino, Pedro Ximénez, Jerez, Godello, Verdejo y Malvasía. Il m’a semblé que l’albillo dominait, mais le vin a beaucoup de caractère, il est riche, ample et à la fois frais. Le profil aromatique est complexe : fleurs blanches, agrumes, fruits secs, il n’ya que 300 bouteilles à 15€.
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Alvar de Dios

  • La folie contagieuse de Julia Casado œnologue et violoncelliste qui après un millésime à Jumilla a décidé d’émigrer à Bullas où le terroir l’appelait; son in La del Terreno 2015 est sincère, pas compliqué, un peu canaille. La del Terreno signifie monastrell, c’est comme ça que l’appelaient les anciens.
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Julia Casado

 

  • La nouvelle démarche et l’évolution vers la pureté et la simplicité de la nouvelle gamme de vins naturels de Sota Els Angels, sous les conseils de Fredi Torres, Flow blanc 2015, un blanc de noirs de cariñena, assez exubérant, très séducteur et séduisant. (10,50€) un Flow Rosé 2015 très rafraichissant ; Flow Negre 2015 68% Cariñena, 18% Merlot y 14% Picapoll, un rouge au profil jeune, rond, frais et fruité (10,50€).

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  • La nouvelle vision du Priorat et de Montsant de Fredi Torres et l’élégance de ses vins de Galice. Sa nouvelle aventure, maintenant en nom propre est très réussie : son Priorat Classic 2013,  75% garnacha, 20% cariñena, 3% syrah,et 2% Macabeu, ets fin , élégant, garde une très bonne typicité et surprend par son onctuosité, (13€). Montsant 2013 – Antoine Touton & Fredi Torres, composé de 85% de Grenache, 12% de Carignan et 3% de Macabeu. Un vin frais, souple avec une belle présence, très prometteur pour un premier millésime, avec un excellent rapport qualité/prix. (9,30€).

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  • Son Rias Baixas 2014 qu’il élabore chez Xurxo est déjà épuisé, son vin sans DO de la Ribeira Sacra, Silice 2014, issu de vignes complantées 80% Mencía, 20% Albarello, Merenzao, Garnacha Tintorera, et quelques cépages blancs étonne pas sa grande finesse et je l’ai trouvé très typé (13,80€). Dans ce projet, il est associé avec les frères Carlos y Juan M. Rodríguez.
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Fredi Torres

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  •  L’inquiétude d’Olivier Rivière, sa transparence, son honnêteté, sa façon à lui d’appréhender les vignobles espagnols, le résultat : des vins loin des archétypes locaux. En Rioja : Rayos Uvas 2015, se boit facilement, du fruit, de la fraicheur : on ne s’en fatigue pas. (13,50€), Gabaxo 2014, fruité et floral à la fois, mais aussi épicé, long et harmonieux, la bouteille qu’il faudrait toujours avoir à portée de mains (14,40€) ; Jequitibá blanc 2014, un mélange réussi de tradition et modernité(18,60€), Mirando al Sur 2012, son grand Rioja Blanc, fermenté dans des « botas » de Jerez, que l’on retrouve au nez et en bouche(59,95€) Ganko 2013, soyeux, racé(30€),Las Viñas de Eusebio 2013, avec seulement 400 bouteilles, toute la production reste en Espagne (47,25€), Losares 2013, sérieux et complexe, dans un style moderne (105€), ses derniers vins à Arlanza La Vallada 2013 (12€), El Cadastro 2012 (26,95€), El Quemado 2011, (45€), Basquevanas 2010(50€) sont des grands vins purs, dotés d’un fruit mur et d’une belle acidité, pas des vins de comptoir, les quantités sont faibles.

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  • Et pour finir, je vous parlerai de 4 amis, 4 Monos c’est le nom du domaine, et de leur attachement à la zone de Gredos qui est devenue en peu de temps, un des vignobles les plus convoités de l’Espagne. Leur blanc 4 Monos Albillo 2014 est fruité, frais et élégant et d’un bon rapport qualité/prix pour la zone. (15,50€); les rouges 4 Monos Tinto 2014, La Danza del viento 2013 (24,90€) sont plein de franchise, complexes et aériens, des grenaches tels qu’on les aime, du fruit pur, une belle suavité, une bonne fraicheur, une belle precisión.

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La nouveauté dans ce salon, ce qui m’a frappé, c’est la présence de l’esprit vigneron, qui se développe de plus en plus en Espagne, mais aussi et surtout, la tendance à vinifier sans soufre et en amphores, la volonté de présenter des vins différents et personnels, et la référence au terroir. Ça bouge, c’est sur, mais tous ces domaines n’offrent que des productions très faibles, souvent moins de 500 bouteilles, elles trouvent forcément preneur car ils surfent sur une tendance très bien installée en Espagne, surtout en Catalogne, oú les vins naturels occupent chaque jour davantage un « grand » espace.

3.« Del Terroir a la Copa », mardi 26 abril

La deuxième édition de Magnificat, à Espiells a réuni de grands noms du monde du vin et des Spiritueux. Un évènement organisé par Juve & Camps et le distributeur Primeras Marcas : un showroom permanent avec la présence des propriétaires et des distilleries nationales et internationales, dont une grande sélection de vins de châteaux bordelais.

Ce fut un grand succès, plus de 1000 personnes y ont participé.

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Chais de Juve & Camps

Le plus de ce salon : les 7 dégustations organisées tout au long de la journée

– Les 50 ans de Pinot Gris dirigée par Marc Beyer.

– Les grands parcellaires en Espagne dirigée par Sara Perez, propriétaire et œnologue du Mas Martinet, (DOQ Priorat); Miquel Àngel Cerdà, propriétaire et œnologue de Ànima Negra (VT Mallorca); Carlos San Pedro, propriétaire et œnologue de Bodegas Pujanza (DOCa Rioja); Edith Soler, œnologue de Terra Remota (DO Empordà) y Jesús Sastre, propriétaire et œnologue (DO Ribera del Duero).

– Jean-Baptiste Lécaillon, Chef de Cave de la Maison Louis Roederer, a animé la master class « Louis Roederer.

– La dégustation de Juvé & Camps en association avec un chef étoilé Fernando del Cerro, Casa José (Aranjuez), faisait découvrir le mariage des cava et des légumes.

– Giovanni Manetti, propriétaire de Fontodi, a présenté et approfondi  les « Quatre  décades du Super toscan Flaccianello della Pieve. La Grandeur du  Sangiovese

– « Del mito a la copa ». Verticale de Château d’Yquem », par Sandrine Garbay, Chef de Cave de Château d’Yquem.

– Et, pour terminer, Julian Talaveron, commercial de Primeras Marcas et diplômé WSET, nous a expliqué ¿Qué hace grande a un vino blanco? » vins à l’appui.

  • Menade V3 Viejas Viñas 2013 et 2006
  • JermannTunina Venezia Giulia 2013 et 2005
  • Domaine de Chevalier 2012 et 2008
  • Ladoucette Baron de L 2010 et 2000
  • Régnard Grand Régnard chablis 2014 et 2000
  • Louis Latour Corton Charlemagne 2012 et 2006.

Bien sur, il s’agissait de vins distribués par Primeras Marcas, mais j’ai redécouvert certains vins que je n’avais pas dégusté depuis longtemps, ma préférence est allée au Domaine de Chevalier, sans aucun doute.

Conclusion:

J’aurais pu vous parler aussi  de la Garnatxa Night,

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Garnatxa Night

de Vinorum Think, de Jamón, vino y Rioja ’n’ Roll,

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de las Mujeres del vino…

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De très belles journées, chargées certes mais rassurantes : les choses bougent en Espagne, les petits domaines explosent, les grands sont toujours là et évoluent eux aussi, la présence des vins français se porte bien, le secteur semble repartir à la hausse, la morosité n’était pas de mise, du moins pendant ce salon.

 

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

 

 


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ALIMENTARIA et ses OFF (volet 1)

Alimentaria, le grand salon international de l’alimentation et des vins (INTERVIN), fêtait cette année ses 40 ans et affichait trois mots d’ordre: innovation, internationalisation et gastronomie. Cette édition a réuni plus de 4000 exposants et 140.000 visiteurs de 157 pays, 16 de plus qu’en 2014 et suppose un impact économique de plus de 170 millions d’euros pour Barcelone.  L’Organisation avait invité 800 acheteurs étrangers de haut niveau,  62% de plus qu’en  2014 : des importateurs et distributeurs venus d’Europe, d’Asie, d’Amérique Latine et des  EE.UU. Le Salon se consolide avant tout comme une grande plate forme pour l’exportation de l’industrie alimentaire espagnole,  et surtout comme une vitrine importante de l’innovation et des nouvelles tendances dans le secteur. Alimentaria est le second salon important de Barcelone,  juste derrière le Mobile World Congress.

Au milieu de toute cette industrie alimentaire, Intervin n’arrive pas encore à devenir un « incontournable », il ne peut se comparer  à aucun autre salon européen, et se situe loin derrière PROWEIN,  VINEXPO et VINITALY. Il est d’ailleurs assez mal reconnu par les bodegas elles-mêmes, beaucoup d’entre elles ne voyant pas la nécessité d’y participer. Pourtant cette année, il flottait dans les stands et les allées, un contentement assez général, la plupart des  domaines se félicitant d’une présence étrangère plus importante, et déjà mercredi, ils estimaient que ce salon avait été très positif: de nombreux importateurs avaient passé des marchés et les distributeurs nationaux étaient au rendez-vous.

Que ce vent de positivisme et d’optimisme est agréable!

Personnellement, je n’y ai passé que la journée de mercredi, j’ai eu le temps de saluer les grands domaines que j’aime bien, Marques de Riscal, Perez Pascuas, Torres… et de m’arrêter chez quelques petits domaines qui s’étaient regroupés. Pour ce premier volet, je vous livre mes commentaires de quelques vins qui m’ont marquée:

Chez Marques de Riscal

Baron de Chirel Blanco 

La marque sort un nouveau blanc, Baron de Chirel, qui sera Vino de la Tierra de Castilla y Léon. J’ai raté la présentation et il n’y avait plus de vin sur le stand, je vous en parlerai donc ultérieurement…

Chez Viña Pedrosa

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Un 100% tempranillo issu de vignes de plus de 70 ans. Un très grand vin, racé, savoureux, juteux, élégant, long, intense. La finale est épicée, les tannins sont fins et harmonieux : un vin équilibré et encore très jeune…que du bonheur, j’aurais volontiers arrêté la dégustation après ce vin : un grand moment d’émotion!

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J’ai aussi goûté un Viña Pedrosa Crianza 2012 dans un style classique dont je ne me lasse pas.

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Chez Torres

Le projet 7 Magnífics continue son évolution : sur le marché depuis 2 ans environ, cette nouvelle génération de vins, dont le volume de production est bien inférieur aux autres vins de la maison, (20 000 bouteilles) a pour objectif de récupérer l’authenticité d’une zone:

  • Les deux premiers venaient de la Terra Alta : Rebels de Batea blanc i negre. Le Rebels de Batea blanc 2015, un 100% grenache blanc, est onctueux, fruité, frais et nerveux. Le rouge est un100% grenache, rond, goûteux et suave.
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  • El Senat del Montsant 2014 (D.O.P. Montsant), les cépages  Samsó (Mazuela), garnatxa y Syrah donnent à ce vin une personnalité propre tout en lui gardant une typicité Montsant.
  • Somiadors 2014 (D.O.P Emporda) le quatrième vin de la Collection 7 Magnifics, récupère la tramontane de l’Emporda, tellement il est méditerranéen. Les cépages Carinyena (70%) et Garnatxa (30%) de vignes dont certaines datent de 1925. Frais, élégant, voluptueux, harmonieux et d’un bon rapport qualité/prix : 13,50€
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INKORDIA & FRIENDS: Vinos honestos 

Un collectif de vignerons agriculteurs qui se sont regroupés voici un an ; j’ai aimé leur démarche, leur volonté de s’incorporer au salon officiel et de ne pas organiser de salon OFF. Ils veulent lutter de l’intérieur, montrer que le monde du vin est multiple, qu’ils en font partie comme “Viñadores”, qu’ils sont essentiels dans l’univers vinicole, sans dévaloriser pour autant, les autres formes de comprendre ce monde. Je trouve ça magnifique !

La plupart des bodegas qui y adhèrent, ne jouissent pas encore à ce jour d’une grande notoriété.: se sont tous des petits domaines, « artisans » du vin,  viticulteurs et  vinificateurs à la fois, qui respectent leurs terroirs intervenant le moins possible, ne vinifiant que leurs propres récoltes, sont avides de cépages autochtones, de vins sincères et personnels. Chacun de leurs vins est unique !

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Les Bodegas présentes à INTERVIN 

Ignios Orígenes, Bodega La Senda, Lagar de Sabariz, Celler la Muntanya, Pagos de Nona, RuBoR Viticultores, Federico Schatz, Sexto Elemento, Porcellanic, Bodegas Garay, Bodega Mento, Demencia Wine, Dasca Vives, Vinya Oculta, Celler Finca Parera, Bodega Flors, Loxarel, Can Descregut, Bodega Mas L’Altet, Cume do Avia, Casa de Mouraz, Uva de Vida, Adega Xangall, Viña La Ilusión, Magna Vides, Adega Entreosrios, Joan de la Casa.

Comme je n’ai pas pu faire le tour de tous les domaines, je vais vous citer les vins que j’ai eu le temps de goûter : Marc vous a déjà parlé de Demencia Wine, avec son vin Pyjama.

La Vinya oculta

En deux mots la philosophie de Amos Bañeres: une viticulture intense et une vinification simple.

  • Els Vinyerons, Lluerna 2015, un 100% Xarel.lo, un vin sans soufre, pour autant très pur et très franc, aussi frais que floral, délicieux ! PVP : 7,50€
  • Missatge en una ampolla 2015, 100% Macabeu, vin de parcelle, 2235 bouteilles, élevage 6 mois en inox. La robe est légèrement trouble, mais la bouche est incroyable, riche et rafraîchissante.
  • Vinya Oculta 2013, 100% Xarel.lo, un vin élevé 8 mois en barriques de 300l. Palette aromatique très complexe, gras, accompagnée d’une superbe acidité, et d’une grande persistante : un régal, mais il pourra encore nous réjouir dans 10 ans.
  • PVP : 23€
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Lluerna et Missatge en una ampolla

 

  • Diables 14, un Maccabeu unique : un vin doux sans DO, vol 9%. Après une macération pelliculaire d’une nuit, Amos fait « bouillir » le moût, jusqu’ à en obtenir 50% et 250g de sucre résiduel, la fermentation alcoolique avec des levures autochtones dure environ 1 an, l’élevage en barriques de chêne français 12 mois, sans batonnage. Le résultat est un succulent bonbon de caramel liquide, avec des notes de pommes au four est de fruits secs. C’est gourmand, et surtout, pas écœurant. PVP : 21€

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Bodega Ignios Orígenes

Ce domaine familial créé en 2011 à Tenerife entend mettre en valeur tous les cépages autochtones de la zone. Des vins très spéciaux et originaux aux saveurs volcaniques. Le domaine élabore 5 vins, DO Ycoden-Daute-Isora :

  • Listán negro 2014 : Très expressif, savoureux, en bouche fruité balsamique, frais et avec une pointe de salinité en fin de bouche qui confirme son caractère atlantique. 26,95 €
  •  Baboso negro 2014 : un parfum de fruits noirs, d’épices, des notes de réglisse, de clous de girofle, une bouche profonde, de fruits murs et de terre humide, la bouche est surprenante. Un vin très séducteur, qui réveille tous nos sens !
  • Vijariego 2014 negro, un vin superbe qui sort de l’ordinaire et qui oblige à se poser des questions, il est frais balsamique, et d’une rusticité élégante, le prix est un peu élevé mais il faut le faire venir des Canaries.34, 90 €
  • Marmajuelo 2014, cépage marmajuelo 100%, la palette aromatique est multiples depuis les fruits blancs, les notes florales et balsamiques, jusqu’aux notes de miel et d’amande fraîche. La bouche est onctueuse, grasse, parfumée, et dotée d’une très bonne acidité. Un blanc très rafraîchissant qui affiche une grande personnalité. PVP:24,20€
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Les vins de Ignios

 

LoXarel, Vinos naturales, Penedès

La personnalité et le caractère de Josep Mitjans transpire dans ses vins issus d’une agriculture Biodynamique.

    • Xarello de ánfora (amphore) 2015, comme son nom l’indique ce vin a fermenté en amphore de 720l pendant 5 mois. Le nez offre des notes de fruits blancs murs et quelques touches herbacées, la bouche est riche, élégante et fraîche : un joli vin.
    • Xarello Vermell 2014, Il s’agit d’une variété en récupération dont il existe très peu d’hectares. Se serait une mutation génétique du Xarel.lo. La Couleur est entre blanc et rosé, un vin tendre et gras à la fois, floral, très élégant, l’acidité est très modérée même si on y trouve des notes citriques, sa finale saline est des plus agréables.
    • A Pel Blanc 2014, vin nature, 100% xarel.lo, 13º.Vin sans soufre ajouté. 10,75€
    • Belle couleur vieil or, légèrement trouble, nez  puissant de miel, de fruits secs, l’attaque en bouche est fraîche, le vin est charnu, puissant, complexe et termine sur une bonne acidité.IMG_1346
    • A Pèl negre 2013, un assemblage de grenache et merlot, c’est un vin intense, avec des tannins encore marqués, mais le fruit et la fraîcheur arrivent à les dominer. Acidité très présente. Sans soufre ajouté
    • PVP:11,15
    • OPS 2013, de ánfora, un assemblage de grenache et carignan, 13,5º. Un vin très     méditerranéen avec du corps, mais un bon équilibre et de la fraîcheur.      PVP : 9,95€
    • EOS 2012, une syrah pure assez bien réussie, l’équilibre est là, mais il lui manque encore un peu de bouteille pour arrondir des tannins qui sont fruités.PVP :10,70€ 

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      – 109 Reserva Brut Nature 2002 Clasic Penedès, après 13 ans de bouteille voilà un effervescent surprenant, vendu sans dégorgement préalable. La bulle est fine, délicate et persistante, la bouche est très structurée et crémeuse, fruitée (fruits jaunes) et briochée, beaucoup de fraîcheur et de persistance finale : une très jolie bouteille.  Prix justifié : 65,35€

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Le nom se veut un hommage à tous les anciens. Le domaine a été fondé en 2012 grâce à l’union de Jesus Hermida et d’Esmeralda Garcia, qui ont récupéré les vignes centenaires de leurs grands parents et quelques autres parcelles de la famille, aux deux extrêmes de la région de Castilla y Léon (Bierzo et Ségovia). Leurs premiers vins sont sortis sur le marché en 2015. Je suis encore sous le charme d’Esmeralda, de ses vins et de la manière dont elle en parle.

C’est mon coup de cœur du salon.

  • El Couto blanco 2014 : un palomino Fino du Bierzo, issu d’une vigne de 115 ans. Je voudrais juste préciser qu’il est sans soufre et qu’il m’a complètement bluffé! Non pas qu’il soit d’une grande complexité aromatique, ni d’une grande intensité, mais tellement agréable et rafraîchissant, pur et franc ! on a vraiment envie de le boire…PVP : 9€

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Esmeralda me racontait que ce raisin, le palomino se payait aux viticulteurs à 0,10cts/kg ! Sans commentaire.

  • Veragua, un blanc de verdejo de Segovia issu de vignes sablonneuses, pré phylloxériques (140/180 ans) Plusieurs parcellaires lui permettent de produire 15 000 bouteilles à un PVP de 13€. Tout simplement extraordinaire, ne ressemble en rien aux verdejos que l’on trouve habituellement sur le  marché.
  • Mil Razas, un vin issu d’une unique parcelle de 120 ans complantée de tous les cépages aussi bien blancs que rouges, qui existent dans la zone : palomino fino, malvasia, godello, treixadura, donablanca, mencia, alicante…Tous vinifiés ensemble en gardant 25% de rafles, avec des levures autochtones et un minimum de soufre(10mg/L).

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Quelques mois d’élevage dans des barriques de châtaigniers et c’est tout ! Le résultat est un espèce de « clarete » vin de soif sans complication, avec des notes de fraises sauvages, à la fois délicat et rustique, aimable et tendu, très authentique, sapide, équilibré, un vin qui ne fatigue pas, que du bonheur !

  • El Couto tinto 2015, une mencia sans maquillage, pas de bois, qui offre un nez de fruits rouges sauvages, de violettes, la bouche est fraîche, savoureuse, gourmande, le tout pour 12€
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Les vins de Pago de Nona

 

 

Conclusion

A l’heure de quitter le salon, j’avais laissé derrière moi beaucoup de vins sans goûter, et une fois de plus, je me suis sentie frustrée et impuissante: comment gérer autant de bodegas, autant de petits salons, tous plus intéressants les uns que les autres en 3 jours?  Mais, restons positifs, cette année, j’ai senti un renouveau important, dans l’offre espagnole, une explosion de petits domaines désireux de se différencier, tout n’est pas à garder, mais c’est très bon signe de voir autant de jeunes se tourner vers le vignoble.

La semaine prochaine je vous parlerai des OFF.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

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Barcelone andalouse : l’ange, le Jésus et le fino (2)

Résumé de l’épisode précédent : ce jour-là, nous avions deux anniversaires à célébrer : le mien et celui de Vincent Pousson, un copain expatrié en Catalogne ; il faisait beau et pour l’occasion nous nous étions donnés rendez-vous à Barcelone, histoire de vérifier ce que le sieur Pousson tenait pour info majeure, à savoir l’andalousiation de la capitale catalane et son ouverture au monde mystérieux du roi des vins, le Jerez et sa suite. Pour en savoir plus, commencez donc par lire ICI.

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C’est ainsi que le taxi jaune et noir nous jette fissa Passeig de Gracia, au beau milieu de la foule bigarrée, à quelques encablures de Catalunya, pile devant l’entrée du Mandarin (prononcez « mandarine ») Oriental. Passons sur le design quelque peu criard, mélange moderniste de bling bling et de kitsch, qui plaît à certains, mais pas à d’autres, un peu comme le décorum de son petit frère parisien où officie un chef fort bien médiatisé.

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Vincent nous conduit sans plus attendre dans une vaste et haute pièce lumineuse aux allures de cathédrale privée qui aurait été édifiée pour un président mégalo ou quelques nouveaux riches. Pourquoi les fauteuils doivent-ils ressembler à des trônes blancs pour mieux s’asseoir à la table du déjeuner ? Je ne trouve pas de réponse à cela, même si à l’usage, l’assise se révèlera hyper confortable. À dire vrai, le temps d’un bref instant, je ne me sens pas très rassuré jusqu’à l’arrivée heureuse d’un personnel en partie francophone qui nous installe avec force de gentillesse dans un angle de la pièce. À ce moment-là, je commence à avoir la sensation que je vais vivre un moment unique, assister à un spectacle étrange, peut-être, mais très particulier.

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Avant d’attaquer l’apéro, autant par nécessité que par curiosité, j’en profite pour faire une visite classique aux petits coins. Dans le domaine de l’avant-gardisme, et depuis le temps qu’elle concourt, Barcelone est à mes yeux en passe de décrocher le pompon de la ville offrant le plus de lieux d’aisances au futurisme outrancier ! Une fois de plus, je suis ébahi par cet endroit d’où je ne sais ni comment je suis entré, encore moins dans quoi j’ai pu pisser, ni par quel miracle j’ai eu la sensation fugace de me laver les mains. Je ne sais comment, mais toujours est-il que j’ai pu m’en sortir pour rejoindre enfin la tablée. En jurant bien que, même en cas d’envie pressante, j’éviterais ces lieux avec l’espoir d’en trouver d’autres… disons plus conventionnels.

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Nous sommes ici au Bistreau (bistro et bureau à la fois ?), le temple barcelonais de la cuisine andalouse. Un territoire géré avec maestria par « le chef de la mer », j’ai nommé Angel León et sa brillante équipe. Profitons-en pour présenter l’élément-clé, le major d’hommes de cette équipe, le très distingué manager Jesús Gomez.

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C’est lui qui, parfois à la manière d’un toréador, va nous orchestrer un joli menuet à caractère forcément andalou faisant de ce lieu inattendu un restaurant capable d’impressionner un auditoire exigeant qui demande tour à tour de la surprise, de la découverte et de l’extase, tout cela pour une somme assez raisonnable. Certes, j’ose avouer que je m’étais laissé inviter par ma compagne, mais j’ai pu par la suite lui arracher un secret : ce déjeuner de rêve lui avait coûté 250 € pour trois personnes. Et je peux ajouter que nous n’avons jamais manqué de quoi que ce soit dans le verre comme dans l’assiette !

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Le Bistreau est sans aucun doute le seul restaurant au monde à proposer à sa clientèle un menu découverte accompagné du début à la fin de vins de Jerez. Oui, je le confirme, ce Jesús-là en tout cas (avec son accent tonique sur le « u »), agit en véritable sauveur, je dirais même en libérateur. Disons le tout de go, alors que je ne suis pas très chaud pour ce genre de jeu très difficile à orchestrer, le gars est arrivé à m’éblouir avec son audacieux plan de mariages sur le mode un plat-un vin. En tout cas, à lui seul, il contribue largement à faire de Barcelone la dernière capitale andalouse à la mode. Je sais que je vais me faire houspiller par une foule d’aficionados, mais Cordoba, Sevilla, Jerez, Ronda, Cadiz peuvent toutes aller se rhabiller ! Car aucune de ces cités, jusqu’à plus ample informé, n’est capable de rivaliser avec Barcelone lorsqu’il s’agit d’aligner des flacons de Jerez de styles et de marques différentes sur des mets qui souvent relèvent de l’audace la plus osée.

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Je ne vais pas récapituler ni narrer les plats qui ont défilé devant nous. En outre, il faut savoir, je le pense, garder un peu de surprise pour ceux de mes éventuels lecteurs qui seront tentés de faire l’expérience du Bistreau. Mais, à titre d’exemple, celui qui m’a le plus charmé est cette tortillita proposée en entrée avec un premier fino en rama. Les saveurs marines accrochées à une dentelle à la fois fine, croustillante et craquante, elle-même délicatement posée sur du papier avec son ornement de bébés crevettes – on dirait des biquettes du côté de Royan – comme à jamais coincées (et figées) dans les mailles d’un épervier que l’on imagine jeté au petit matin d’une barque de pêcheur sur les eaux scintillantes du Guadalquivir rejoignant la mer en son estuaire.

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Oui, c’est bel et bien un voyage auquel nous participons. L’autre plat marquant mis au point par Angel est devenu mythique : il s’agit de son magistral et très photogénique riz au plancton d’un vert profond et éclatant qui, lui aussi, semble avoir été étudié pour épouser la fougue du Jerez. Tenez, regardez les photos et régalez-vous… A quoi bon en rajouter ? Jusqu’à l’après-dessert nous n’avions nulle envie de bouger tant nous étions sur notre nuage. En réalité, nous ne sommes sortis à l’air libre que par la volonté du cigare que de telles agapes nous avaient donné envie de savourer.

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Alors, que vous ayez quelqu’argent de côté au Luxembourg, à Trifouilly-les-Oies ou à Panama, ou tout simplement si votre tirelire déborde de petits billets, offrez-vous une fois dans votre existence le vol low cost jusqu’à Barcelone, réservez une très économique chambre d’hôtes en plein cœur de la ville, usez des transports en commun à volonté et offrez-vous ce traitement de faveur. Il est si particulier qu’il ne germe même pas dans le crâne des PDG de nos grosses entreprises dotés de salaires pourtant mirobolants. Envisagent-ils seulement la richesse et la beauté d’un tel moment tant ils sont submergés par leurs affaires? Alors oui, offrez vous un déjeuner andalou tout au Jerez dans l’un des hôtels les plus chics de Catalogne. Ce sera à n’en pas douter l’un des moments clés de votre vie !

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Michel Smith

PS Merci Brigitte pour cette délicieuse initiative…

 

 


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Sherries to the fore at the Big Fortifed Tasting

Jerez: 

The annual Big Fortified Tasting (BFT), held in London, is always a great opportunity to taste some really interesting fortified wines. However since the wines are high in alcohol, there is a limit to the number I can comfortably taste, even though I am careful to spit out. This year I chose to concentrate on some of the excellent range of sherries on show choosing to taste from those bodegas that I haven’t visited during the #winelover trip to Jerez in mid-February. I then finished with the Quevedo Ports that Oscar Quevedo was showing. 

Firstly – Bodegas Tradición

This is a small bodega, which has recently been revived, but that dates back to 1650. I tasted a lovely fresh, complex Fino, a good Amontillado and a very special Oloroso – see below. 

 

A series of great sherries from Viniberia, selected by Peter Dauthieu:

Attractive, fresh but characterful Fino from Sánchez Romate – just £8.50 a bottle from The Wine Society.

Excellent Amontillado from Sánchez Romate – lovely nutty, texture.

Palo Cortado – an attractive and striking blend of rich texture and an austere finish.

 

Very fine aged Oloroso – texture with a lovely blend of richness, power and austerity. £40 a bottle from The Wine Society.

Valdespino – one of my favourite Sherry producers:

 

The 2015 Manzanilla En Rama showing brilliantly at the moment. 

Palo Cortado Viejo: lovely balance of power and texture.

 

Two very special Sherries with concentration, texture and impressive length.

 

Ports from Quevedo: 

From Port producer Quevedo I particularly enjoyed the complex 30 Year Old White Port as well as the dense Crusted Port with its preserved cherry character. 


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VSIGP (5) Vin de France, le grand écart

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Pourquoi le grand écart? Simplement parce qu’un Vin de France peut aussi bien être produit à plusieurs millions d’exemplaires par référence qu’à un petit millier. Je ne comparerai pas ici la qualité de ces deux catégories diamétralement opposées. Il est évident que quand on achète une bouteille qui a un très grand nombre de petites sœurs, on ne recherche pas la même émotion. Les deux familles peuvent offrir ce qu’on attend d’elles, soit un vin sympa, relativement bon marché et qu’on peut trouver facilement de la grande surface jusque chez le Pakistanais du coin. Ou une bouteille nettement plus rare, ramenée de chez le caviste pointu ou d’on ne sait plus très où, souvent relativement chère, et qu’on boira avec bien plus d’attention.

 

Les vins du Paki

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À Bruxelles, quand je passe devant la vitrine de ce commerce ouvert presque tout le temps, et tenu par un Pakistanais qui ne compte pas ses heures, mon regard accroche souvent la rangée de bouteilles de vins bien mises en évidence. Presque systématiquement il y a du J.P. Chenet, l’un des plus gros succès du vin français dans le monde. On en trouve dans tous les pays. Cette cuvée existe depuis 1984 et est due à Joseph Helfrich, le fondateur des Grands Chais de France, basés en Alsace. Qu’est-ce qui en a fait le succès ? La forme de la bouteille, le prix, la qualité aromatique…

J’ai opté pour le blanc Colombard-Sauvignon qui est en Vin de France comme l’autre blanc Colombard-Chardonnay. Les autres couleurs, les deux rosés et les deux rouges sont des Pays d’Oc.

 

Colombard-Sauvignon Vin de France J.P. Chenet (2,67 €)

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Robe blanc vert, un nez qui tout de go évoque le Sauvignon, mais pas de façon caricaturale, les senteurs oscillent entre l’écorce de pamplemousse et l’asperge, sans verser dans le thiol ou bonjour matou, quelques effluves floraux viennent embellir les impressions nasales. En bouche, le Colombard apporte sa fraîcheur et ses saveurs de pêche blanche, de chair de raisin. L’acidité est bien maîtrisée, il y a du gras, le vin est aromatique mais sans exubérance.

Il titre 11,5° et se compose de 80% de Colombard et 20% de Sauvignon

Le site JP Chenet nous apprend que les raisins sont récoltés à parfaite maturité (on l’espère!) et sont rapidement pressés à basse température. Le débourbage se déroule à basse température avec du SO2 et un ensemencement de levures. Puis la fermentation alcoolique, entre 16 et 20°C, dure une semaine. Le vin est ensuite clarifié et conservé sous gaz inerte à basse température.

Quant aux approvisionnements, les Grands Chais travaillent depuis longtemps avec des coopératives du sud de la France.

www.jpchenet.com

 

La ronde des Grands Chais

 Je ne me suis pas trop cassé la né être pour mes fournitures, Hervé avait proposé du Castel, moi je propose du Grand Chais.

Grand Sud Chardonnay 2015 Vin de France (3,90€ la bouteille de 1L)

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Robe vert jaune encourageante, un nez sage qui émet quelques notes florales qui rappellent l’acacia et l’aubépine, des agrumes citron et mandarine, un rien de vétiver. La bouche acidulée a le goût du citron jaune et de la confiture de rhubarbe, il y a de la rondeur renforcée par une impression sucrée. À l’arrière de la bouteille il y a une graduation qui l’indique pourtant presque totalement DRY en anglais dans le texte. Ça devrait plaisir à David, pas l’anglais, la graduation DRY _* ­_ _ _ _ _SWEET.

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Il titre 12,5°. Je ne vous remets pas le MO, c’est pile-poil le même que pour le JP Chenet. Le Chardonnay est le seul Vin de France dans cette gamme, les Merlot rosé et rouge et le Cabernet sont des Pays d’Oc.

www.grandsud-wines.com

 

 

 

Dans la gamme Les Vignerons

 Toujours des Grands Chais, voici le La Vocation

La Vocation Vermentino-Colombard 2015 Les Vignerons Vin de France (2,10€)

 Ce qui est drôle ou curieux, c’est que l’étiquette est rédigée en français et vous raconte l’histoire de Lucien et de Marcel, alors que la contre-étiquette est écrite en anglais et nous vante l’intérêt de l’assemblage des deux cépages.

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Robe blanc jaune, le nez bien Colombard un rien forcé vers les thiols, mais le pamplemousse garde son quant-à-soi et offre la suite à la pêche blanche, la groseille à maquereau et à la rhubarbe. Vu les senteurs nasales, la bouche s’attend à une vivacité qui déménage, mais elle reste sage et tendrement acidulée, elle met les fruits sentis en évidence.

Le vin titre 11,5°. Et je n’en sais pas plus, n’ayant pas trouvé de site correspondant à cette gamme.

Dans la même gamme, L’Entente 2015 Grenache Pinot Noir qui raconte en français la maîtrise de l’assemblage de Lucien et de Marcel sur l’étiquette et les qualités des cépages en anglais sur la contre-étiquette, au moins il y a une cohérence dans l’astuce commercial.

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L’Entente Grenache Pinot Noir 2015 Les Vignerons Vin de France (6,99€)

 

 Robe sombre carmin violacé, le nez lactique qui évoque le clafouti aux cerises, puis il y a un peu d’épices, du poivre, du cumin, il est moyennement parfumé. La bouche démarre avec le Pinot, très cerise et acidulé, pour continuer en compagnie du Grenache dont l’ampleur est bienvenue. Le Pinot revient vif, puis le Grenache rond, et ainsi de suite, c’est assez dynamique.Il titre 13°.

Voilà une série de vins honnêtes, mais pour être honnête aussi, je ne me lèverais pas la nuit pour en boire.

 

Les petites productions

Le ton est totalement différent, ici, on gère des petits volumes, c’est du cousu-main, pas du prêt-à-porter. Comme les fringues, c’est une question de moyen (et pas seulement financiers) et de goût. Le styles ou plutôt les styles plaisent ou pas, rien n’est standard, tout est particulier. Pour résumer, les précédents sont un choix limité pour un grand nombre, les seconds sont multiples pour un petit nombre.

PUR 2014 Revelette Vin de France (17€)

Des PUR, il y en a deux en rouge, une cuvée de Carignan, une autre de Grenache. Pour les différencier, il y a la couleur de l’étiquette. Noire pour la première. Rouge pour celle dont on va parler. C’est très certainement une impression, mais le joyeux glouglou qui coule rubis dans le verre nous évoque un vin croquant délicatement fruité. Il nous fait tout de suite envie. Il a la couleur des fruits frais, des jus de cassis et de framboise, juste acidulés et un rien poivrés, le nez n’a aucune peine à les déceler. La bouche reproduit avec exactitude notre envie, celle engendrée par les senteurs. On veut de la fraîcheur, du goût, un peu de rondeur, une trame, il en faut une, et puis ce petit rab d’épices qui souligne le tout. Un tout fluide, avenant, qui se déguste, se boit, se torche. C’est ça un vin senza zolfo bien foutu !

PHOTO PUR GRENACHE

Et pour ceux qui ne sont convaincus que par les analyses, les quelques 5.000 bouteilles 100% Grenache titrent un degré alcoolique de 13,5° pour un pH de 3,55 et une acidité totale de 3,5 g en équivalent H2SO4, moins de 1 g de sucre résiduel. Élevage en barriques usagées durant 8 mois.  www.revelette.fr

Rosé à Rougir 2014 Vin de France Domaine Clavel (10€)

Teinté de rose sombre aux nuances améthyste, il me fait toujours autant craquer. Sa déclinaison fruitée enchante mes papilles, suscite en moi la gourmandise. La générosité est sa première qualité et on ne refuse par un pur plaisir si gracieusement offert. Garrigue aux senteurs de romarin et sauge deviennent notre environnement dès la première gorgée, sa deuxième qualité, et non des moindres, il nous fait décoller.

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Un 100% Grenache élevé en cuve béton sur lies fines (à l’ancienne). www.vins-clavel.fr

Carrément … Carígnan ! 2013 Vin de France Château de Calavon (25€)

Le Carignan se fait rare en Provence. Près de Lambesc, au cœur de l’appellation Coteaux d’Aix, il en reste 12 ha plantés en terrasses en 1958.

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Violet pourpre, il respire la prunelle et l’arbouse parfumées élégamment de violette et de jasmin. La bouche offre cette petite accroche espiègle qui fait penser au crêpe de Chine. Un jus langoureux s’en écoule, frais et fruité, à la puissance retenue, juste concentré, au caractère à la fois charmeur et réservé. Élevé en cuve. www.chateaudecalavon.com

 

Et puis des bulles, aussi!

phil’en Bulle Vin de France Domaine Philippe Tessier (11,20€)

Une belle écume qui s’ambre très légèrement et libère pétillante des parfums de gentiane et de réglisse, d’écorce d’agrumes et de poivre rose. La bouche offre une impression tannique qui ajoute au relief délivré par les bulles aromatiques des accents de guimauve, de mélisse et de poire fondante.

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Ce pétillant naturel assemble 90% de Romorantin et 10% de Menu-Pineau non dosé et sans ajout de SO2 reste un an sur lattes. www.philippetessier.fr

Déshabulle-moi Vin de France Hervé Bossé

Une bulle bien fournie qui met en effervescence ce brut nature qui fristouille comme l’indique Hervé Bossé. Il croque fruité sous la dent comme un Grolleau frais et fruité sait le faire. Un rien de sucre résiduel vient apporter sa note de suavité à la fraîcheur ambiante au goût de rhubarbe. Cerise et groseille poudrées de poivre en renforce la gourmandise.

Désabullez-moi

Le Grolleau se complète d’un peu de Cabernet Franc.

Alors, maxi ou mini?

 

Ciao

Marco

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