Les 5 du Vin

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22 rouges du Roussillon à la conquête du marché belge

Ce jeudi, à Bruxelles, se tenait une dégustation de 22 vins rouges (secs) du Roussillon ; avec comme dénominateur commun, le fait qu’ils ne sont pas encore importés en Belgique, ou seulement très localement. Le Bureau d’Information des Vins du Roussillon avait justement organisé cette session pour les présenter à des importateurs potentiels. Certains des professionnels présents semblent déjà avoir trouvé chaussure à leur pied – quant aux absents, comme toujours, ils ont eu tort…

Les importateurs belges au travail (Photo (c) H. Lalau 2017

A noter que toutes les AOC de rouges secs de la région étaient représentées – Côtes du Roussillon, Côtes du Roussillon Villages avec ou sans mention de commune, Maury sec et Collioure, ainsi que l’IGP Côtes Catalanes.

Voici mes préférés (et ils sont nombreux):

Dom Brial Côtes du Roussillon Cuvée Crest Petit 2013

Domaine Vaquer Côtes du Roussillon Les Aspres Cuvée Epsilon 2014

Domaine Madeloc Collioure Cuvée Serral 2014

Domaine Piétri-Géraud Collioure Cuvée Sine Nomine 2015

Vignobles du Terrassous Cuvée Villare Juliani 2015

Mas Cristine Côtes du Roussillon 2015

Domaine Piquemal Terres Grillées 2015

Château Moléon Côtes du Roussillon Villages Caramany 2015

Domaine des Schistes Côtes du Roussillon Villages Tautavel La Coumeille 2015

La Coume du Roy Carignan IGP Côtes Catalanes 2016

Quelques flacons parmi ceux présentés à Bruxelles (Photo (c) H. Lalau 2017

 

Plus qu’encourageant

Au-delà de ce palmarès personnel, plutôt flatteur (10 vins retenus sur 22, c’est plus qu’honorable), je soulignerai la bonne qualité d’ensemble des vins proposés, et ce, sur tous les millésimes – l’échantillon comprenait une majorité de 2015 et de 2016 – deux beaux millésimes, mais aussi des 2014, des 2013 et un 2012, qui n’a d’ailleurs pas démérité.

Deux (grandes) satisfactions : primo, le nombre de cuvées alcooleuses, sèches, trop extraites et/ou trop boisées est en nette diminution; secundo, on trouve déjà de très beaux vins à tout petit prix (6 euros pour le Château Moléon, par exemple, c’est un vrai prix d’ami).

Une surprise: la forte présence des Collioure dans ma sélection, et plus globalement, parmi les vins que j’ai le plus appréciés. Non que cette appellation m’ait jamais déplu, mais ce jeudi-là, tous les Collioure présentés (ils étaient quatre) m’ont vraiment séduit – il était d’autant plus difficile pour moi de les départager.

Une remarque: il est encore nécessaire d’expliquer qu’il y a des Maury Secs. Pour certains importateurs belges, Maury égal VDN. Un point c’est tout. A leur décharge, bon nombre de consommateurs le pensent aussi – c’est que la petite notoriété de cette appellation s’est d’abord faite sur le doux. Il faudra encore travailler pour dissiper cette confusion.

Un (petit) regret, enfin: deux cuvées étaient bouchonnées. Regrettablement, totalement et irrémédiablement. Cela peut paraître anecdotique, mais deux sur 22, c’est énorme. Au risque de me répéter, nos amis Roussillonnais ont-ils pensé à la capsule à vis ?

Hervé Lalau

 


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De beaux vins de Croatie et une petite interrogation sur le goût

Au détour d’un récent travail à Vienne (Autriche) j’ai pu déguster, lors d’un salon organisé par l’antenne locale de GaultMillau, une sélection très bien faite de vins de la Croatie, pays invité à ce salon dédié surtout à la cuisine mais qui incorporait aussi bon nombre de vignerons, à commencer par ceux d’Autriche bien entendu (magnifique Brut de Brundlmayer, dégusté pour la deuxième fois cette année et qui égale des grands champagnes). Les vins d’un des producteurs croates présents m’ont posé question, malgré ce qui semble être un certain engouement pour ces vins. Et cet engouement, en retour, me pose une autre question. Voyons cela d’abord par la dégustation, puis viendra le temps d’une interrogation autour du goût et ce qui peut l’influencer.

Les producteurs de la Croatie présents à ce salon venaient des trois principales régions viticoles du pays : l’Istrie, la Dalmatie et la Slavonie. Pour les lecteurs qui ne connaissent pas bien le pays, la carte démontre que les deux premières régions sont côtières et la troisième est plus fraîche, pluvieux et continentale. Des deux régions côtières, l’Istrie est lié historiquement au nord-est de l’Italie et a un climat qui subit des influences variées venant aussi bien des Alpes que de l’Adriatique, tandis que la Dalmatie, plus au sud et qui comporte de très nombreuses îles mais aussi une partie continentale, à un climat nettement plus chaud et franchement méditerranéen. Des différences dans les encépagements sont le reflet des ces trois climats.

Pour la Slavonie d’abord, les représentants étaient au nombre de deux. Du très connu Krauthaker, j’ai bien aimé le Graševina (nom du cépage), fin, fruité et à la belle texture lisse. Un Sauvignon Blanc très correcte et un Chardonnay moins intéressant complétaient la gamme présentée., mais j’ai déjà dégusté d’excellent liquoreux de ce producteur. Le producteur Galić m’était inconnu auparavant mais trois des quatre vins présentés m’ont bien plu : Graševina, Sauvignon Blanc et un assemblage nommé Bijelo 9 (bijelo signifie blanc). Tous les vins mentionnés valent entre 10 et 15 euros, ce qui est raisonnable.

Les chais en Croatie peuvent être d’une parfaite modernité : ici celui de Kozlovic en Istrie

Istria avait le plus grand nombre de producteurs représentés : six. Du producteur Clai, je n’ai pas du tout aimé le Brut Nature et je pense qu’il fait trop chaud dans cette région pour produire de bonnes bulles. Mais leur Malvazija, dans un style un peu à part du à une longue macération, est une réussite par sa richesse et sa belle complexité aromatique avec cette fermeté finale aux beaux amers induit par cette technique de vinification. Cela ne plaira pas à tout le monde mais c’est bien fait dans ce genre.

Kozlović présentait ce qui fut pour moi le plus beau Malvazija 2016 entrée de gamme que j’ai dégusté ce jour, car il réussit à en capter la finesse aromatique ainsi qu’une belle rondeur et une texture suave, sans en perdre la fraîcheur. Très bon et seulement dans le 10 euros. Mais le clou de la gamme présentée était sans aucun doute la cuvée Santa Lucia Malvazija 2015 (environ 22 euros). C’est un vin glorieux, très raffiné, suave et long. J’aimerais bien le comparer un jour avec de très beaux blancs d’ailleurs. J’avais un peu plus de mal avec leur Teran 2016, qui combine une certaine rusticité par ses tanins avec une forte acidité qui ne fait que les durcir. Ce n’est pas un cépage très aimable il me semble, bien qu’ayant un fort potentiel dans des versions plus travaillées en élevage ou assemblé avec un cépage plus fruité. Cela fut prouvé par leur cuvée Santa Lucia Noir 2013, qui assemble Merlot, Cabernet Sauvignon et Teran, lui donnant à la fois de l’ampleur, du fruit et de la longueur, sans aucunement retirer l’impression de précision apportée par le Teran. Meneghetti a produit un Malvasia très décent en 2016, ainsi qu’un autre blanc appelé Kuća Glavić issu d’un autre sorte de Malvasia, appelé Dubrovaska, et qui est très aromatique dans la veine d’un Viognier. Vin fin et frais aussi. Mais leur meilleur blanc s’appelle simplement Meneghetti White 2015 et assemble Chardonnay et Pinot Blanc avec un élevage de 18 mois en demi-muids. Très fin, vibrant et presque austère. A l’aveugle on ne trouverait pas un climat aussi sudiste je pense. Très belle longueur aussi. Le version rouge, appelé Meneghetti Red 2016, aura besoin de quelques années de garde mais sa belle finale est prometteuse. Le producteur Matosević est l’auteur d’un très joli Malvazija 2016, ainsi qu’une version très intéressante (Robinia Malvazija 2014) vieillie en barriques d’acacia : je trouvais que cela lui donnait une texture légèrement huileuse et de jolies amertumes en finale. Un producteur que je découvrais à cette occasion est Coronica, et son Gran Malvazija 2015 (18 euros) était un des meilleurs blancs dégusté ce jour. Ses 12 mois passés en demi-muids de 600 litres lui a donné de l’ampleur sans nuire à l’expression du fruit. Acidité et amertume sont en harmonie. Un beau vin, ainsi que son Gran Teran 2013 (22 euros), patiné par un élevage bien dosé qui a calmé les tanins, donnant un ensemble aussi juteux que frais et précis. Je vais laisser le plus singulier des producteurs istriens (Roxanich) pour la fin car ses vins soulèvent d’autres questions.

Pour lire une étiquette de Stina (très belle graphiquement parlant), il faut tourner le flacon

Nous passons donc en Dalmatie, région qui possède aussi une belle gamme de cépages autochtones intéressants dont le Tribidrag, aussi connu en Californie sous le nom de Zinfandel et aux Pouilles sous le nom de Primitivo. Mais également, en rouge, le Plavać Mali, un descendant du Tribidrag, et les blancs Pošip et Gegić, par exemple. 4 producteurs furent représentés de cette région. Le vin le plus marqué par le climat chaud de l’Adriatique et par son site, qui est un vignoble très pentu qui plonge vers la mer, était certainement le Saints Hills Dingać 2013, un pur Plavać Mali (Dingać étant le nom du vignoble). Le nez est fin, pas dominé par son élevage, exprimant des notes intenses de cerises et de prune dans un bel élan chaleureux. Un vin puissant qui mériterait une attente (25 euros).  Un bon Plavać Mali Su Roko 2015 aussi, plus abordable à 15 euros. Stina, sur l’île de Brać, avait la gamme la plus convaincante parmi les exposants dalmatiens présents, même si j’ai dégusté de beaux vins chez d’autres. J’ai beaucoup aimé son vibrant Tribidrag 2015, aux arômes de garrigue et au fruité délicieux, mais les deux cuvées de Plavać Mali dégustées, ainsi que celle de Pošip, sont aussi bien réussies. Prix aussi entre 15 et 25 euros, selon la cuvée. Du producteur Boškinac, sir l’île de Novatja, j’ai beaucoup aimé la cuvé Ocu 2015, avec le cépage Gegić et issu d’une vendange tardive et d’une longue macération. Excellent vin qui allie intensité et finesse, mais un peu cher à 50 euros peut-être. Rizmann est un domaine plus récent qui se situe sur le continent et un peu en altitude. Cela, combiné à des sols très calcaires, donne un accent plus frais à ses vins. Son meilleur pour moi était la cuvée Nonno 2016, fait de 85% de Pošip et le reste en Chardonnay : long, ample et puissant mais dont les jolis amers donne un bon équilibre (prix raisonnable à 15 euros). C’est un producteur posé mais passionné et je pense que l’avenir lui sourira.

Petit retour vers l’Istrie pour des vins qui mérite un débat. Mladen Roxanich a une allure actuelle marquée par la mode hipster et ses vins semblent bien plaire à cette catégorie de personnes qui aiment tout ce qui est conforme à leur mode, et, en même temps, tout ce qui les situent à part des autres. C’est le propre, semble-t-il, des amateurs de vins dits « nature ». Avec son style très marqué par l’oxydation, par l’acidité volatile et par une extraction assez puissante due à de longues macérations, sans parler de vieillissements prolongés, ce ne sont évidemment pas des vins pour tous les palais. Quant aux prix, ils sont aussi relativement élevés. Mes avis sont quand-même partagés selon les cuvées, dont une m’a bien plu. D’abord il est intéressant de déguster des vins plus âgées, car Roxanich présentait des vins de 2008, 2009 et 2010. Mais, dans le cas de son Teran 2008, des tanins rustiques restent rustiques même après 9 ans ! Le vin de Roxanich que j’ai beaucoup aimé s’appelle Inès in White 2009. Il fait appel à sept cépages blancs différents issus d’une même parcelle et est vinifié dans des foudres avec 2 mois de macération sur les peaux. Sa couleur est bien ambrée et le nez puissant évoque le fruits confits, les fruit en alcool et la marmelade d’orange amer. Aidé par une forte volatilité, il dégage une formidable puissance et a beaucoup de complexité (25 euros environ). Je pense qu’on peut tenter le coup avec un curry ! Les autres vins sont un peu « too much » pour moi car les défauts prennent le pas sur les qualités. Je n’aime pas être agressé par un vin et là, c’est souvent un assaut frontal ! Du coup, je me pose des questions sur les palais de ceux qui adorent ces vins-là car un des vins de Roxanich fut élu meilleur vin du salon par le jury Gault Millau, et je ne crois pas que c’était celui que j’ai aimé.

David Cobbold


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Grands Bourgeois

Une étape sur le chemin du retour des vacances m’a mené à Chavignol. Et qui dit Chavignol dit Bourgeois…

Ils sont cinq, Arnaud, Jean-Christophe, Jean-Marie, Lionel, et Raymond, à travailler dans l’entreprise, où dix générations de Bourgeois se sont déjà succédées. A côté de leurs vignes de Sancerre et Pouilly-Fumé, ils mènent une activité de négoce sur plusieurs appellations (celles déjà citées, mais aussi Menetou-Salon, Châteaumeillant, Coteaux du Giennois et Quincy).

En plus de ce fief du Centre-Loire, en 2000, ils ont étendu leur activité à l’ «autre pays du Sauvignon», la Nouvelle Zélande (au Clos Henri, à Marlborough).

Mais revenons à Chavignol…

Sancerre vu des Monts Damnés (Photo (c) H. Lalau 2017)

Des blancs qui tiennent dans le temps

Ce qui devait au départ n’être qu’un petit coucou à la cave s’est mué en dégustation verticale de plusieurs millésimes des belles cuvées. Car un des grands atouts de la gamme d’Henri Bourgeois, c’est de proposer des millésimes plus anciens, ce qui est plutôt rare pour des blancs (pour cette fois, nous sommes remontés jusqu’en 2010). Voici trois de mes coups de cœur.

La Côte des Monts Damnés

Henri Bourgeois Jadis 2014

3 ans déjà, mais encore énormément de potentiel. Le nez est primesautier, guilleret, avec ses notes de citron, d’abricot et de chèvrefeuille ; la bouche est tranchante, très minérale – comment qualifier autrement cette pierre à fusil ? S’ajoutent aussi quelques notes d’anis.
La finale laisse une impression de grande fraîcheur. Pas mal de matière. On peut l’attendre encore.

Henri Bourgeois Sancerre La Côte des Monts Damnés 2010

Pas d’erreur, il s’agit bien d’un sauvignon – mais plus dans le registre des fruits exotiques que celui du végétal. La bouche, sans rien renier de son acidité, a été quelque peu patinée par le temps : on a affaire, non, à un poulain fougueux, mais à un étalon fringant, aux muscles tendus. A la vivacité se combine une impression de gras. Très long en finale.
Pour mémoire, la Côte des Monts Damnés est un coteau pentu exposé au Sud-Sud-Ouest, dont les sols sont majoritairement constitués de marnes kimméridgiennes (coquilles et argile).

La Bourgeoise 2010

Les fruits mûrs sont encore très présents pour un blanc de 7 ans – abricot et pêche, mais dans un registre assez discret. A l’agitation, ils sont complétés par des notes d’anis et de miel d’acacia. Et comme il se doit pour un vin de silex (une sélection de belles parcelles de Saint Satur), par quelques notes fumées.
Cette solide Bourgeoise présente une bouche charnue… et séduisante ; la rondeur de sa texture et son boisé très bien fondu s’harmonisent très bien. La finale revient sur les fruits, avec un zeste de citron et une giclée de cassis, et une impression dynamique, sans oublier un poil d’amertume qui loi de déranger, prolonge le plaisir. Cet équilibre de funambule entre gras et vivacité, entre fruit, fleurs et minéral est assez singulier.

Le charme discret de la Bourgeoisie… !

www.henribourgeois.com

Chavignol, c’est aussi…

Et vous passez par Chavignol, pourquoi ne pas faire la promenade des vignes? Avec la vue sur le piton de Sancerre ; et puis, en retournant vers la fontaine au centre du hameau, chez Dubois-Boulay, pour acheter l’autre grand produit du terroir local : le Chavignol. Un fromage qu’il faudrait mettre au pluriel, tant il y en a de variantes : frais, bleu, sec… www.dubois-boulay.fr

Et si vous comptez apprécier les vins du cru sur place, une adresse pour y manger et y dormir au calme : l’hôtel-restaurant-bistrot de la Côte des Monts Damnés. https://www.montsdamnes.com/

Vous n’y serez pas dépaysés : il est (très bien) tenu par Jean-Marc et Karine… Bourgeois.

 Hervé Lalau

Texte paru dans In Vino Veritas le 4 septembre dernier. Pour accéder aux autres «Portrait», cliquer ici


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La bise à Bize

Que faire en ce premier dimanche de Septembre ?

Si vous habitez le Sud ou si vous ne faites que le traverser, j’ai une halte rêvée pour vous. En gros, c’est entre Béziers et Carcassonne, à l’écart des autoroutes sans être perdu pour autant. Je vous propose de venir me faire la bise à Bize-Minervois, haut-lieu du vignoble languedocien pour deux saisons seulement, puisqu’on entre dans une sorte de Saint-Vincent tournante où, pour un cycle de deux ans, un village élu du Minervois est désigné pour accueillir les Tastes. Les Tastes en Minervois, puisque c’est le nom de la manifestation, est une sorte de festival autour du vin et de la gastronomie qui en est à sa 3 ème édition avec le ferme espoir de frôler le chiffre de presque dix mille visiteurs échelonnés en deux temps : le samedi soir pour festoyer et le dimanche, ce dimanche, pour prendre son plaisir en famille ou entre amis.

Attention, si vous me faîtes l’affront de me demander où se trouve le Minervois, je vous casse la gueule ! Ben oui, quoi. Vous êtes sur un site légendaire qui cause du vin et vous ne savez toujours pas que le Minervois et ses coteaux juste aux pieds de la Montagne Noire se trouvent dans le fameux triangle vineux qui va de Narbonne à Carcassonne avant le rejoindre Béziers, l’ex capitale pinardière devenue au fil des décennies pourvoyeuse de grands vins blancs, rosés et rouges ? Enfin, que ce triangle est traversé par le fameux Canal du Midi ?

Maintenant, pourquoi à votre avis je vous presse tant de vous rendre à Bize-Minervois ce dimanche, surtout, mais aussi ce samedi si vous le pouvez ? Pour plusieurs raisons, outre le fait que je serai de la partie, facilement reconnaissable par mon chapeau de paille plutôt authentique et élégant si on le compare aux imitations de panama et autre borsalino qui pullulent ces temps-ci. Plus sérieusement, je vous invite à venir découvrir un village qui sera non seulement investi dans la  promotion de ses productions locales (coopérative oléicole bien connue pour ses olives lucques, fromages de chèvre), mais aussi un village entièrement impliqué dans cette troisième édition.

Voulez-vous une liste de ce que vous y trouverez ou de ce que vous pourrez y faire ? Commencer par déguster, cela s’impose : une centaine de vignerons de l’appellation proposeront sur ces deux journées, dont une soirée, des vins sélectionnés en fonction des accords proposés par quatre chefs émérites de la région installés sur la placette, l’esplanade ou les ruelles de cette coquette bourgadee où 25 vignerons se relaieront à tour de rôle pour proposer la dégustation gratuite d’un de leurs vins estampillé Minervois. Et quoi d’autres, me direz-vous ? Un barista, spécialement venu de Toulouse, notre désormais capitale, sera là pour nous offrir ses cafés.

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le Domaine Luc Lapeyre sera bien représenté !

Bon, m’objecterez-vous, tout cela tournera autour du bio, inévitable de nos jours, du street food, du burger, de la world food et de toutes ces cochonneries dont on vous rebat les oreilles depuis des années afin de vous fourrer dans le crâne qu’il ne faut surtout pas devenir un has been. Vous n’aurez pas tort, et alors ? Quand je vous citerais quelques mini-plats proposés, maquereau à la flamme, farce fine de volaille sauce poulette, accra de crevettes, collier d’agneau confit, mozzarelle des Corbières (voisine d’en face), café au lait frappé en granité, baba au marc de muscat pour ne citer que ceux-là, je pense que vous viendrez volontiers me rejoindre. Sachant que cela ne vous coûtera que 15 € pour un un plateau équipé d’un vrai verre de dégustation et de quatre jetons pour cheminer dans un univers gourmand parsemé de vignerons qui vous attendent la bouteille à la main. Il y a également un espace pitchouns avec jeux et ateliers divers encadré par des professionnels diplômés, un repas aussi qui leur est préparé par le café du village, des promenades guidées et commentées dans les environs immédiats, des espaces soft drinks gratuits, des conférences… Un grand parking vous attend, ainsi que des dizaines d’agents de sécurité. Un site d’information sur le site du Minervois est consultable ici même.

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Profitez-en pour visiter non loin de là la belle cathédrale Saint-Nazaire de Béziers.

La raison pour laquelle je m’autorise à mettre en avant cette manifestation, c’est parce qu’elle est l’exemple de ce que devrait faire une appellation pour ne pas sombrer dans l’oubli. Avec ses nombreux bénévoles, sons sens festif et son organisation, elle fédère l’appellation tout en offrant au vigneron la possibilité de se faire connaître et de vendre son vin. C’est une bonne chose.

A demain donc, ou sinon à l’année prochaine, toujours à Bize !

Michel Smith

 

 

 

 


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James Suckling au Chili

C’est le site de Wines of Chile qui le dit: pour son 5ème voyage au Chili, le critique et consultant américain James Suckling s’est montré plus satisfait que jamais de la qualité des vins chiliens. Au point que dans son dernier rapport, il a attribué la note de 90 ou plus à 84% des quelque 800 vins qu’il a dégustés. 41 ont même obtenu plus de 95.

Moi-même, j’aime bien les vins chiliens. Je trouve qu’ils présentent généralement un bon rapport qualité-prix. On est assez rarement déçu avec eux. D’un autre côté, seule une petite proportion m’enthousiasme réellement. Alors, un tel score, digne d’une élection au Soviet Suprême, cela m’étonne un peu. Notre collègue a-t-il abusé du Pisco? Ou deviendrait-t-il trop coulant avec l’âge, comme le Camembert?

La question qui se pose, pour moi, ce n’est pas tant celle des notes (après tout, qu’importe que le thermomètre soit en celsius, en kelvin ou en fahrenheit, pourvu qu’il fonctionne) que celle de la crédibilité d’un rapport qui trouve que tout, ou presque, est bon, ou très bon, ou très très bon.

Hervé Lalau


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Ventoux : un vent chaud venu du Sud

Ce n’est pas de la neige sur le sommet de cette montagne chère aux cyclistes, mais la blancheur de la pierre calcaire

J’ai posté plein de photos la semaine dernière. Il n’y en aura que peu cette semaine car je n’ai pas le temps. Mais l’article est assez détaillé au cas où cela vous intéresse.

 Aborder une appellation, même d’une manière incomplète, apporte souvent son lot d’idées reçues en tous genres que nous essayons de déblayer en dégustant les vins à l’aveugle bien sûr, mais aussi en mettant en sourdine les images qui nous arrivent de nos expériences passées cumulées. Ce n’est jamais gagné et, parfois, les vins confirment les tendances inévitables dues au binôme climat/cépages. Mais chaque producteur garde son espace de liberté, qui n’est pas toujours énorme mais qui peut, lors d’une dégustation horizontale des vins d’un millésime donnée, créer des différences significatives non seulement dans le domaine de la qualité perçue de chaque vin, mais aussi entre les styles des vins, tout étant relatif bien entendu. Tout cela s’est avéré pour moi lors d’une récente et compréhensive dégustation de vins rouges de l’appellation Ventoux.

Les données de base de l’appellation

Le Ventoux se situe dans la partie sud de la vallée du Rhône, à l’Est d’Avignon et  de Carpentras. Cette appellation s’intitulait Côtes-du-Ventoux avant 2008.  Elle jouxte le Luberon au Sud et la zone Beaumes de Venise/Gigondas au Nord-Ouest. Sur une superficie de 7.450 hectares,  le vignoble est disposé autour du Mont-Ventoux, comme son nom le suggère. Le secteur géographique est principalement sous influence méditerranéenne, avec quelques zones sous influence continentale, donc un peu plus fraîches. L’ensoleillement est important sur l’ensemble de l’aire, restant dans une fourchette comprise entre 2 600 et 2 800 heures/an. Ce qui correspond à un maximum annuel de dix jours de brume. Les précipitations sont rares mais parfois violentes. Elles atteignent 600 à 700 mm par an mais un seul épisode orageux peut en quelques heures déverser jusqu’à 200 mm. Le vent dominant est le mistral, qui souffle du nord vers le sud et qui assèche non seulement les terres mais aussi la vigne, rendant relativement faibles les risques de maladies cryptogamiques. Localement, l’altitude peut aussi influer sur le caractère du vin.

Structure du vignoble

L’appellation se divise en trois zones géographiques : le bassin de Malaucène au nord, le piémont du Ventoux à l’est de Carpentras et le nord du Calavon jusqu’à Apt. Le vignoble regroupe environ le tiers de tous les vignerons du Vaucluse. L’exploitation agricole type dans l’appellation pratique souvent de la polycultureconséquence du morcellement de la propriété. Les grands domaines de plus de 20 ha sont en augmentation mais encore minoritaires. La petite exploitation de 10 ha reste majoritaire (90 %) ce qui explique l’importance des caves coopératives dans l’AOC. Dans ce type d’exploitation, la partie vigne représente 3,5 ha et monte jusqu’à 5 ha en y incluant le raisin de table. Plusieurs producteurs significatifs sont aussi présents dans des appellations autour (Côtes du Rhône, Lubéron, Cairanne, Gigondas, etc.)

 

Encépagement

Les mêmes cépages sont utilisés pour les vins rouges et rosés : grenache noirsyrahcinsaultmourvèdre et carignan. Les cépages secondaires sont le picpoul noir et la counoise, avec un plafond maximal de 20 % pour cet ensemble.

Ma dégustation

Cette dégustation portait uniquement sur les vins rouges, et essentiellement sur les millésimes 2014 et 2015, avec deux vins de 2016 et un chacun de 2012 et de 2010. Cela était le choix de chaque producteur, comme la cuvée sélectionnée car une seule était possible par producteur. Il en résulte parfois des écarts  importants en matière de prix, mais le prix moyen pour l’ensemble des échantillons dégustés se situait entre 10  à 15 euros (prix public ttc bien entendu). Je n’ai sélectionné, pour ce compte-rendu, que les vins que j’ai estimés bons ou très bons, quelques soit leur niveaux de prix. Ils figurent par ordre croissant de millésime, puis par ordre ascendant de prix avec les prix de vente public mentionnés.

2010

Un seul vin dégusté dans ce millésime, donc pas de commentaire possible sur la qualité perçue de cette année.

Chêne Bleu, Abelard (64,50 euros)

Ce domaine et ce vin sont atypiques. Très soigneusement présentée dans un flacon de type bordelais, avec une belle étiquette sous aspect de gravure ancienne, la cuvée s’habille bien pour tenter de justifier son prix bien au-delà des plus chers de cette appellation; son le nom n’apparaît que sur la contre-étiquette. On vise clairement un autre marché que celui des Ventoux habituels. Cette cuvée est dominée par le Grenache avec un apport de Syrah, mais sans autre précision donnée. Le vin a passé 18 mois en fûts de chêne.

Le robe n’est pas celle d’un vin jeune, bien entendu, mais garde un aspect assez juvénile. Le nez est complexe et raffiné, évoquant les fruits cuits, le sous-bois et le cuir avec un soupçon de truffe. La rondeur en bouche est agréable mais le fruité est en phase d’atténuation tandis que la texture n’est pas encore assez suave pour supporter cette évolution. L’alcool ressort bien trop en finale – je crains que la dominante Grenache en soit responsable. C’est un bon vin, certes, mais on est en droit d’être bien plus exigeant à ce prix, il me semble. (note : 14,5/20)

2012

Un seul vin dégusté dans ce millésime, donc pas de commentaire possible sur la qualité perçue de cette année.

Domaine La Camarette, Loris (11 euros)

70% syrah et 30% grenache pour ce vin au nez discret aux touches de vanille qui indique un élevage sous bois. Belle qualité de fruit sur un palais qui sonne clair, mais avec une finale plus austère dans laquelle le bois prends un peu le dessus. Mais un vin de garde, bien fait et d’un bon rapport qualité/prix. (note 14,5/20)

2014

13 vins dégustés mais seulement 5 retenus. On sent un millésime assez compliqué.

Château Bonodona (11 euros)

Une étiquette simple et classique pour ce vin d’un domaine historique actuellement vinifié par la cave Terra Ventoux.

Nez harmonieux, assez intense et dominé par les fruits rouges et noirs avec une touche discret de bois. De la belle chaire juteuse en bouche qui ouvre sur une finale plus austère. Bon vin à ce prix. (14/20)

Domaine du Tix, cuvée Bramefan (14 euros)

Bouteille lourde et étiquette soignée dans un style traditionnelle.

Nez fin dont le retenu semble dénoter un élevage soigné. Très belle pureté du fruité de ce vin dont la clarté d’expression écarte tout soupçon de sur-extraction. C’est précis et très fin, peut-être moins exubérant que certains mais d’une constitution qui laisse entrevoir une belle garde. Très belle affaire à ce prix (16/20)

 

Domaine de Peyre, La Gazette No : 2 (15 euros)

Le domaine d’une journaliste convertie dans la production de vin après des années passées à la revue GaultMillau. La bouteille est de forme bordelaise et l’étiquette de format de … gazette.

Ce vin épouse une forme un peu à part des autres de cette série, avec une robe plus claire et un nez plus évolué qui comporte de jolies notes de sous-bois et de vieux cuir par dessus d’un fruité de type confit et sec. L’impression générale est élégante et raffinée; cela se confirme en bouche avec aussi une certaine force alcoolique et des notes de cerises, et leur noyaux qui donnent une pointe d’amertume en finale (14,5/20)

 

Mas Oncle Ernest, Rien ne sert de courir (15,50 euros)

Un vin et un domaine qui casse les codes, aussi bien pas son nom et l’intitulé de la cuvée que par la forme bordelaise du flacon.

Le nez intrigue avec ses combinaisons entre fruits, épices et une pointe d’animalité que me fait soupçonner une présence de bretts, pas trop mais un peu quand-même. La texture est suave et le fruité bien mur. C’est bon, pas trop extrait, plein de caractère et assez harmonieux. Mon soupçon de bretts se confirme par une texture un peu crayeuse. Certains diront que c’est le « goût du terroir », mais en tout cas ce n’est pas envahissant. (14,5/20)

 

Château Pesquié, Artemia (30 euros)

La bouteille est lourde et l’étiquette moderne et soignée pour un vin dont le prix le situe clairement dans le segment haut de l’appellation.

Un bon fond de fruits noirs au nez qui marque aussi un travail d’élevage soigné et qui apporte une note agréable de fermeté. Très belle qualité de fruit en bouche avec un dialogue intéressant entre l’élan donné par le fruit et le fond plus fermé apporté par l’élevage. Une très belle cuvée de demie-garde (5/10 ans) qui s’améliore bien avec une bonne aération aujourd’hui. (note 16/20)

 

2015

8 vins retenus sur 12 échantillons dégustés. Une niveau de qualité bien supérieur à celui de 2014, dans l’ensemble.

 

Château Croix des Pins (10 euros)

Etiquette épurée et élégante, bouteille normale.

Nez discret mais fin, légèrement poivré. Le fruité est là en bouche, tenue, peu envahissant mais frais. Un vin très plaisant et bien équilibré, encore jeune mais prometteur avec une jolie finesse de toucher. (14,5/20)

 

Martinelle (11 euros)

Etiquette simple et élégante.

Nez dense de fruits noirs, clairement sudiste et assez épicé. Charnu et puissant en bouche, il est aussi aidé par des tanins longs qui ajoutent une autre dimension au corps du vin. Très bon et destiné à une garde de quelques années. Prix plus que raisonnable pour cette qualité. (15,5/20)

 

Orca, vieilles vignes (11 euros)

Orca signifierait petite amphore, selon l’étiquette mais les flacons qui se présentent sur l’étiquette n’ont pas d’anses et ne sont donc pas, techniquement, des amphores.

Grenache majoritaire dans ce vin au nez assez fermé pour l’instant. Traces d’un élevage de qualité mais pas dominant. On vise clairement un profil de vin de garde. En bouche le fruité est bien présent, entre cerise et cassis, bien juteux et aussi intense que séduisant. La texture est mi-ferme, mi-veloutée : clairement en devenir. Mais sa matière est si pleine et si bien équilibré qu’on aurait presque envie de le boire de suite. Un des meilleurs vins de la série et un des moins chers aussi. (16,5/20)

 

Domaine de la Gasqui (12 euros)

Grenache, Carignan et Cinsault, un assemblage à l’ancienne et une étiquette du même tonneau

Nez un peu réduit au départ mais qui révèle ensuite un joli fond de fruits et d’épices. Ce fruité bien vibrant devient encore plus présent en bouche. Vin aussi fin que savoureux à l’équilibre admirable et au prix bien placé. (15,5/20)

 

Gentilice, Cave de Canteperdrix (entre 12 et 15 euros)

L’élevage est assez présent au nez mais n’écrase pas une très belle matière. Cette qualité de fruit prend bien son élan en bouche avec un vin à la belle texture soyeuse qui entoure une superbe matière. Gourmand et avec une belle longueur. Excellent vin. (16/20)

 

Domaine Cambades, Crépuscule (15 euros)

50% Syrah et 50% Grenache pour ce vin à l’étiquette sombre, logiquement crépusculaire. La contre-étiquette, pour une fois, est claire et informative.

Nez juteux, frais et expressif. En bouche la très belle matière fruitée et aussi gourmande que puissante. Les tanins sont aussi bien présents mais sans dominer l’ensemble. Belle longueur et un caractère juteux très présent sur toute la durée.

 

Domaine Allois, Terre d’Ailleuls Domaine Allois, Terre d’Ailleuls (18 euros)

Bouteille lourde et étiquette moderne, signée. La contre-étiquette est un peu trop « bla-bla » pour mon goût.

Nez fumé sur base de fruits noirs. Le caractère puissant de ce vin s’affirme rapidement en bouche. Intense, assez chargé en tanins par rapport au fruit, c’est un bon vin charpenté qui fonctionnera bien avec grillades et plats riches en saveurs car il lui faut du sel ! (15/20)

 

Domaine de Fondrèche, Il était une fois (30 euros)

La cuvée haut de gamme de ce domaine phare de l’appellation qui a récemment abandonné la certification « bio » qu’il détenait depuis un moment, et pour raisons écologiques il me semble. Intéressant !

Nez fin aux cerises à l’alcool. Très concentré, mais sans excès, en tout cas plus que la plupart des vins de cette série. Sa structure tannique en fait une belle cuvée de garde. On pourrait le déguster plus rapidement avec des plats salés mais je le garderai bien 5 ans car il est plus raffiné que la moyenne. (16/20)

 

2016

Seulement deux échantillons reçus mais une très belle qualité pour les deux. Ce millésime semble très prometteur.

 

Domaine Brusset, Les Boudalles (9 euros)

Une présentation sérieuse, comme tous les vins de cet excellent producteur qui rayonne dans la région. Le nez est plus sombre et terrien que celui du vin suivant du même millésime, mais il contient aussi son lot de fruits rouges et noirs. Beaucoup de fraîcheur aussi en bouche et une jolie texture, plus dense que la cuvée Pur Jus de Landra, et qui caresse la langue sans l’agresser. Vin alerte et très gourmand, bien placé en prix.

 

Landra Pur Jus (10 euros)

L’étiquette est simple, graphique et claire et le vin est aussi directe, bien en phase avec son nom de cuvée car le nez est très fruité et juteux (tendance fruits noirs), aux notes d’épices. Cela donne une belle impression tonique de fraîcheur. Beaucoup de gourmandise aussi en bouche et une sensation de vivacité, presque de légèreté dans l’expression de son fruit. Un ensemble dynamique avec un soupçon de piquant (CO2) qui apporte une touche supplémentaire de vivacité. Délicieux vin de soif (15/20).

 

David Cobbold


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News shorts: Muscadet astounds, April frosts strike again, DWWA 17

Decanter-6.17

June 2017 issue of Decanter: Muscadet is back

Muscadet-back

 

Back in February 2017 Decanter magazine held a panel tasting of Muscadet with extended lees aging. I was one of the trio of tasters. The other two were Chris Kissack (The Wine Doctor) and Ben Llewelyn (Carte Blanche). It was easily the most impressive Decanter panel tasting that I have ever been to as the depth of quality was remarkable. There were 11 wines judged to be Outstanding with three of these scored as Exceptional and a further 63 wine Highly Recommended. Few of these wines cost more than £20 and many £15 or under, so offering remarkable quality.

2007 Excelsior, Muscadet Sèvre et Maine, Domaine Pierre Luneau Papin was the top wine with an aggregate score of 99 points.

Although all three of us on the panel are fans of good Muscadet, we were, however, taken aback by the number of excellent wines that we tasted from the around 110 samples submitted. These extended lees aging Muscadets provide a different expression of Muscadet – more complex and with a great depth of flavour and are great value.

Their quality will not be a surprise to my fellow Les 5 colleagues as a few years ago David brought a superb 1989 Muscadet Sèvre et Maine to one of our dinners at Le Relais (Angers)

Muscadet-lees aging  07Excelsior

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2017 Decanter World Wine Awards and April frost
Last week was the latest edition of the Decanter World Wine Awards tasting. This competition was launched in 2004 and I have been the Regional Chair for the Loire since its inception. This year DWWA attracted some 17,200 entries and it was both good and humbling to see that the Loire entries had kept up despite the succession of small vintages since 2012 and in particular with all the difficulties producers experienced during the 2016 growing season.

Very sadly, just as last year, DWWA took place while producers in the Loire and other parts of France and Europe were being threatened again by a succession of April frosts. Just like last year some of the most serious damage occurred early in the morning of 27th April. Unlike the devastating frost of April 1991, which happened over a single night, 2016 and 2017 have seen a series of frosts over several nights spread over two weeks causing huge stress for producers and often areas that escaped the initial frosts were subsequently hit.

My post next Tuesday will be a round-up of how badly the Loire has been hit by frost in 2017.

Buddhaas