Les 5 du Vin

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Ventoux : un vent chaud venu du Sud

Ce n’est pas de la neige sur le sommet de cette montagne chère aux cyclistes, mais la blancheur de la pierre calcaire

J’ai posté plein de photos la semaine dernière. Il n’y en aura que peu cette semaine car je n’ai pas le temps. Mais l’article est assez détaillé au cas où cela vous intéresse.

 Aborder une appellation, même d’une manière incomplète, apporte souvent son lot d’idées reçues en tous genres que nous essayons de déblayer en dégustant les vins à l’aveugle bien sûr, mais aussi en mettant en sourdine les images qui nous arrivent de nos expériences passées cumulées. Ce n’est jamais gagné et, parfois, les vins confirment les tendances inévitables dues au binôme climat/cépages. Mais chaque producteur garde son espace de liberté, qui n’est pas toujours énorme mais qui peut, lors d’une dégustation horizontale des vins d’un millésime donnée, créer des différences significatives non seulement dans le domaine de la qualité perçue de chaque vin, mais aussi entre les styles des vins, tout étant relatif bien entendu. Tout cela s’est avéré pour moi lors d’une récente et compréhensive dégustation de vins rouges de l’appellation Ventoux.

Les données de base de l’appellation

Le Ventoux se situe dans la partie sud de la vallée du Rhône, à l’Est d’Avignon et  de Carpentras. Cette appellation s’intitulait Côtes-du-Ventoux avant 2008.  Elle jouxte le Luberon au Sud et la zone Beaumes de Venise/Gigondas au Nord-Ouest. Sur une superficie de 7.450 hectares,  le vignoble est disposé autour du Mont-Ventoux, comme son nom le suggère. Le secteur géographique est principalement sous influence méditerranéenne, avec quelques zones sous influence continentale, donc un peu plus fraîches. L’ensoleillement est important sur l’ensemble de l’aire, restant dans une fourchette comprise entre 2 600 et 2 800 heures/an. Ce qui correspond à un maximum annuel de dix jours de brume. Les précipitations sont rares mais parfois violentes. Elles atteignent 600 à 700 mm par an mais un seul épisode orageux peut en quelques heures déverser jusqu’à 200 mm. Le vent dominant est le mistral, qui souffle du nord vers le sud et qui assèche non seulement les terres mais aussi la vigne, rendant relativement faibles les risques de maladies cryptogamiques. Localement, l’altitude peut aussi influer sur le caractère du vin.

Structure du vignoble

L’appellation se divise en trois zones géographiques : le bassin de Malaucène au nord, le piémont du Ventoux à l’est de Carpentras et le nord du Calavon jusqu’à Apt. Le vignoble regroupe environ le tiers de tous les vignerons du Vaucluse. L’exploitation agricole type dans l’appellation pratique souvent de la polycultureconséquence du morcellement de la propriété. Les grands domaines de plus de 20 ha sont en augmentation mais encore minoritaires. La petite exploitation de 10 ha reste majoritaire (90 %) ce qui explique l’importance des caves coopératives dans l’AOC. Dans ce type d’exploitation, la partie vigne représente 3,5 ha et monte jusqu’à 5 ha en y incluant le raisin de table. Plusieurs producteurs significatifs sont aussi présents dans des appellations autour (Côtes du Rhône, Lubéron, Cairanne, Gigondas, etc.)

 

Encépagement

Les mêmes cépages sont utilisés pour les vins rouges et rosés : grenache noirsyrahcinsaultmourvèdre et carignan. Les cépages secondaires sont le picpoul noir et la counoise, avec un plafond maximal de 20 % pour cet ensemble.

Ma dégustation

Cette dégustation portait uniquement sur les vins rouges, et essentiellement sur les millésimes 2014 et 2015, avec deux vins de 2016 et un chacun de 2012 et de 2010. Cela était le choix de chaque producteur, comme la cuvée sélectionnée car une seule était possible par producteur. Il en résulte parfois des écarts  importants en matière de prix, mais le prix moyen pour l’ensemble des échantillons dégustés se situait entre 10  à 15 euros (prix public ttc bien entendu). Je n’ai sélectionné, pour ce compte-rendu, que les vins que j’ai estimés bons ou très bons, quelques soit leur niveaux de prix. Ils figurent par ordre croissant de millésime, puis par ordre ascendant de prix avec les prix de vente public mentionnés.

2010

Un seul vin dégusté dans ce millésime, donc pas de commentaire possible sur la qualité perçue de cette année.

Chêne Bleu, Abelard (64,50 euros)

Ce domaine et ce vin sont atypiques. Très soigneusement présentée dans un flacon de type bordelais, avec une belle étiquette sous aspect de gravure ancienne, la cuvée s’habille bien pour tenter de justifier son prix bien au-delà des plus chers de cette appellation; son le nom n’apparaît que sur la contre-étiquette. On vise clairement un autre marché que celui des Ventoux habituels. Cette cuvée est dominée par le Grenache avec un apport de Syrah, mais sans autre précision donnée. Le vin a passé 18 mois en fûts de chêne.

Le robe n’est pas celle d’un vin jeune, bien entendu, mais garde un aspect assez juvénile. Le nez est complexe et raffiné, évoquant les fruits cuits, le sous-bois et le cuir avec un soupçon de truffe. La rondeur en bouche est agréable mais le fruité est en phase d’atténuation tandis que la texture n’est pas encore assez suave pour supporter cette évolution. L’alcool ressort bien trop en finale – je crains que la dominante Grenache en soit responsable. C’est un bon vin, certes, mais on est en droit d’être bien plus exigeant à ce prix, il me semble. (note : 14,5/20)

2012

Un seul vin dégusté dans ce millésime, donc pas de commentaire possible sur la qualité perçue de cette année.

Domaine La Camarette, Loris (11 euros)

70% syrah et 30% grenache pour ce vin au nez discret aux touches de vanille qui indique un élevage sous bois. Belle qualité de fruit sur un palais qui sonne clair, mais avec une finale plus austère dans laquelle le bois prends un peu le dessus. Mais un vin de garde, bien fait et d’un bon rapport qualité/prix. (note 14,5/20)

2014

13 vins dégustés mais seulement 5 retenus. On sent un millésime assez compliqué.

Château Bonodona (11 euros)

Une étiquette simple et classique pour ce vin d’un domaine historique actuellement vinifié par la cave Terra Ventoux.

Nez harmonieux, assez intense et dominé par les fruits rouges et noirs avec une touche discret de bois. De la belle chaire juteuse en bouche qui ouvre sur une finale plus austère. Bon vin à ce prix. (14/20)

Domaine du Tix, cuvée Bramefan (14 euros)

Bouteille lourde et étiquette soignée dans un style traditionnelle.

Nez fin dont le retenu semble dénoter un élevage soigné. Très belle pureté du fruité de ce vin dont la clarté d’expression écarte tout soupçon de sur-extraction. C’est précis et très fin, peut-être moins exubérant que certains mais d’une constitution qui laisse entrevoir une belle garde. Très belle affaire à ce prix (16/20)

 

Domaine de Peyre, La Gazette No : 2 (15 euros)

Le domaine d’une journaliste convertie dans la production de vin après des années passées à la revue GaultMillau. La bouteille est de forme bordelaise et l’étiquette de format de … gazette.

Ce vin épouse une forme un peu à part des autres de cette série, avec une robe plus claire et un nez plus évolué qui comporte de jolies notes de sous-bois et de vieux cuir par dessus d’un fruité de type confit et sec. L’impression générale est élégante et raffinée; cela se confirme en bouche avec aussi une certaine force alcoolique et des notes de cerises, et leur noyaux qui donnent une pointe d’amertume en finale (14,5/20)

 

Mas Oncle Ernest, Rien ne sert de courir (15,50 euros)

Un vin et un domaine qui casse les codes, aussi bien pas son nom et l’intitulé de la cuvée que par la forme bordelaise du flacon.

Le nez intrigue avec ses combinaisons entre fruits, épices et une pointe d’animalité que me fait soupçonner une présence de bretts, pas trop mais un peu quand-même. La texture est suave et le fruité bien mur. C’est bon, pas trop extrait, plein de caractère et assez harmonieux. Mon soupçon de bretts se confirme par une texture un peu crayeuse. Certains diront que c’est le « goût du terroir », mais en tout cas ce n’est pas envahissant. (14,5/20)

 

Château Pesquié, Artemia (30 euros)

La bouteille est lourde et l’étiquette moderne et soignée pour un vin dont le prix le situe clairement dans le segment haut de l’appellation.

Un bon fond de fruits noirs au nez qui marque aussi un travail d’élevage soigné et qui apporte une note agréable de fermeté. Très belle qualité de fruit en bouche avec un dialogue intéressant entre l’élan donné par le fruit et le fond plus fermé apporté par l’élevage. Une très belle cuvée de demie-garde (5/10 ans) qui s’améliore bien avec une bonne aération aujourd’hui. (note 16/20)

 

2015

8 vins retenus sur 12 échantillons dégustés. Une niveau de qualité bien supérieur à celui de 2014, dans l’ensemble.

 

Château Croix des Pins (10 euros)

Etiquette épurée et élégante, bouteille normale.

Nez discret mais fin, légèrement poivré. Le fruité est là en bouche, tenue, peu envahissant mais frais. Un vin très plaisant et bien équilibré, encore jeune mais prometteur avec une jolie finesse de toucher. (14,5/20)

 

Martinelle (11 euros)

Etiquette simple et élégante.

Nez dense de fruits noirs, clairement sudiste et assez épicé. Charnu et puissant en bouche, il est aussi aidé par des tanins longs qui ajoutent une autre dimension au corps du vin. Très bon et destiné à une garde de quelques années. Prix plus que raisonnable pour cette qualité. (15,5/20)

 

Orca, vieilles vignes (11 euros)

Orca signifierait petite amphore, selon l’étiquette mais les flacons qui se présentent sur l’étiquette n’ont pas d’anses et ne sont donc pas, techniquement, des amphores.

Grenache majoritaire dans ce vin au nez assez fermé pour l’instant. Traces d’un élevage de qualité mais pas dominant. On vise clairement un profil de vin de garde. En bouche le fruité est bien présent, entre cerise et cassis, bien juteux et aussi intense que séduisant. La texture est mi-ferme, mi-veloutée : clairement en devenir. Mais sa matière est si pleine et si bien équilibré qu’on aurait presque envie de le boire de suite. Un des meilleurs vins de la série et un des moins chers aussi. (16,5/20)

 

Domaine de la Gasqui (12 euros)

Grenache, Carignan et Cinsault, un assemblage à l’ancienne et une étiquette du même tonneau

Nez un peu réduit au départ mais qui révèle ensuite un joli fond de fruits et d’épices. Ce fruité bien vibrant devient encore plus présent en bouche. Vin aussi fin que savoureux à l’équilibre admirable et au prix bien placé. (15,5/20)

 

Gentilice, Cave de Canteperdrix (entre 12 et 15 euros)

L’élevage est assez présent au nez mais n’écrase pas une très belle matière. Cette qualité de fruit prend bien son élan en bouche avec un vin à la belle texture soyeuse qui entoure une superbe matière. Gourmand et avec une belle longueur. Excellent vin. (16/20)

 

Domaine Cambades, Crépuscule (15 euros)

50% Syrah et 50% Grenache pour ce vin à l’étiquette sombre, logiquement crépusculaire. La contre-étiquette, pour une fois, est claire et informative.

Nez juteux, frais et expressif. En bouche la très belle matière fruitée et aussi gourmande que puissante. Les tanins sont aussi bien présents mais sans dominer l’ensemble. Belle longueur et un caractère juteux très présent sur toute la durée.

 

Domaine Allois, Terre d’Ailleuls Domaine Allois, Terre d’Ailleuls (18 euros)

Bouteille lourde et étiquette moderne, signée. La contre-étiquette est un peu trop « bla-bla » pour mon goût.

Nez fumé sur base de fruits noirs. Le caractère puissant de ce vin s’affirme rapidement en bouche. Intense, assez chargé en tanins par rapport au fruit, c’est un bon vin charpenté qui fonctionnera bien avec grillades et plats riches en saveurs car il lui faut du sel ! (15/20)

 

Domaine de Fondrèche, Il était une fois (30 euros)

La cuvée haut de gamme de ce domaine phare de l’appellation qui a récemment abandonné la certification « bio » qu’il détenait depuis un moment, et pour raisons écologiques il me semble. Intéressant !

Nez fin aux cerises à l’alcool. Très concentré, mais sans excès, en tout cas plus que la plupart des vins de cette série. Sa structure tannique en fait une belle cuvée de garde. On pourrait le déguster plus rapidement avec des plats salés mais je le garderai bien 5 ans car il est plus raffiné que la moyenne. (16/20)

 

2016

Seulement deux échantillons reçus mais une très belle qualité pour les deux. Ce millésime semble très prometteur.

 

Domaine Brusset, Les Boudalles (9 euros)

Une présentation sérieuse, comme tous les vins de cet excellent producteur qui rayonne dans la région. Le nez est plus sombre et terrien que celui du vin suivant du même millésime, mais il contient aussi son lot de fruits rouges et noirs. Beaucoup de fraîcheur aussi en bouche et une jolie texture, plus dense que la cuvée Pur Jus de Landra, et qui caresse la langue sans l’agresser. Vin alerte et très gourmand, bien placé en prix.

 

Landra Pur Jus (10 euros)

L’étiquette est simple, graphique et claire et le vin est aussi directe, bien en phase avec son nom de cuvée car le nez est très fruité et juteux (tendance fruits noirs), aux notes d’épices. Cela donne une belle impression tonique de fraîcheur. Beaucoup de gourmandise aussi en bouche et une sensation de vivacité, presque de légèreté dans l’expression de son fruit. Un ensemble dynamique avec un soupçon de piquant (CO2) qui apporte une touche supplémentaire de vivacité. Délicieux vin de soif (15/20).

 

David Cobbold


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News shorts: Muscadet astounds, April frosts strike again, DWWA 17

Decanter-6.17

June 2017 issue of Decanter: Muscadet is back

Muscadet-back

 

Back in February 2017 Decanter magazine held a panel tasting of Muscadet with extended lees aging. I was one of the trio of tasters. The other two were Chris Kissack (The Wine Doctor) and Ben Llewelyn (Carte Blanche). It was easily the most impressive Decanter panel tasting that I have ever been to as the depth of quality was remarkable. There were 11 wines judged to be Outstanding with three of these scored as Exceptional and a further 63 wine Highly Recommended. Few of these wines cost more than £20 and many £15 or under, so offering remarkable quality.

2007 Excelsior, Muscadet Sèvre et Maine, Domaine Pierre Luneau Papin was the top wine with an aggregate score of 99 points.

Although all three of us on the panel are fans of good Muscadet, we were, however, taken aback by the number of excellent wines that we tasted from the around 110 samples submitted. These extended lees aging Muscadets provide a different expression of Muscadet – more complex and with a great depth of flavour and are great value.

Their quality will not be a surprise to my fellow Les 5 colleagues as a few years ago David brought a superb 1989 Muscadet Sèvre et Maine to one of our dinners at Le Relais (Angers)

Muscadet-lees aging  07Excelsior

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2017 Decanter World Wine Awards and April frost
Last week was the latest edition of the Decanter World Wine Awards tasting. This competition was launched in 2004 and I have been the Regional Chair for the Loire since its inception. This year DWWA attracted some 17,200 entries and it was both good and humbling to see that the Loire entries had kept up despite the succession of small vintages since 2012 and in particular with all the difficulties producers experienced during the 2016 growing season.

Very sadly, just as last year, DWWA took place while producers in the Loire and other parts of France and Europe were being threatened again by a succession of April frosts. Just like last year some of the most serious damage occurred early in the morning of 27th April. Unlike the devastating frost of April 1991, which happened over a single night, 2016 and 2017 have seen a series of frosts over several nights spread over two weeks causing huge stress for producers and often areas that escaped the initial frosts were subsequently hit.

My post next Tuesday will be a round-up of how badly the Loire has been hit by frost in 2017.

Buddhaas

 

 


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Découvertes en Vallée du Rhône 2017, un moment de détente très active

Comme tous les deux ans DVR (comme aiment à l’appeler les coutumiers de l’évènement) se tenait du 10 au 13 avril. Je ne sais pas pourquoi, cette année, j’ai eu l’impression d’une édition beaucoup plus détendue que d’habitude. Certes le temps au beau fixe (sauf petit intermède Mistral le mardi) y était pour beaucoup, mais plus incontestablement la nouvelle organisation. Elle présentait la moitié des appellations sudistes le lundi et l’autre moitié le mardi, cela nous a donné le sentiment de pouvoir en faire plus.

                                                                                                                       Thomas O’Brien © http://www.thomasobrien.fr »

 

Ce qui a fait qu’on était cool

Pour ne pas commencer au saut du lit par le marathon des dégustations, nous nous sommes rendus, en ce beau matin du lundi 13 avril, à la Maison des vins, où officiait l’impétueux et non moins célèbre Sommelier du Monde Andreas Larsson.

Marie-Lou nous en avait parlé, nous n’avons pas été déçus. Il nous a présenté quelques jolis flacons à la fois prestigieux et anciens, du moins pour les rouges, dont un remarquable 2003 et un non moins splendide 2007. De quoi entraîner nos papilles avant le grand challenge des quatre jours.

C’est tout guillerets que nous sommes, après cet avant-goût, allés d’un pas décidé vers le Palais des Papes.

Je parlerai des dégustations sud puis nord prochainement.

                                                                                                                         Thomas O’Brien © http://www.thomasobrien.fr »

Au Palais des Papes, seules deux salles ouvraient leurs portes à la dégustation, la Grande Audience et la Grande Chapelle. Pas plus. Ce qui nous a vraiment conforté dans l’idée qu’on allait pouvoir tout déguster, tout en sachant que c’est impossible, vu le nombre d’exposants, pas moins de 600.

À midi, quel bonheur, déjeuner au soleil, il faisait facilement 28°C. Et puis, une très agréable surprise, Inter Rhône avait misé sur les artisans et les produits régionaux pour satisfaire nos faims d’ogre après une matinée tannisée. Il y avait même au sein du buffet sud notre vieil ami Serge de Carpentras et sa fameuse brouillade aux truffes (gâté, gâté). Variétés de pains, d’huile d’olive, d’olives, de fromages, c’était vraiment top d’y bronzer un verre de blanc à la main, une assiette délicieuse devant soi.

Pareil au nord, le dernier jour barbecue local aux saucisses légèrement fumées. On a envie de gras quand on déguste, sans oublier les légumes…

La veille, le jeudi, nous nous sommes fait plaisir en pique-niquant à la Chapelle de l’Hermitage. Pique-nique proposé par Fabien Louis, du bar à vins Les Terrasses du Rhône à Tain http://www.ausommelier.com. Très sympa, temps superbe, et vins en accord avec l’ambiance et l’atmosphère, une belle détente avant d’aller à Mauve déguster les St Jo, les Cornas et les St-Péray.

Et certains soir, on s’est même payé le luxe de se faire une dégustation exotique de vins étrangers chez Alain Graillot qui en importe avant de rejoindre une soirée plus locale pour savourer par exemple du cochon de lait. Plat qui ne nous éloignait toutefois pas trop du cochinillo ibérique. C’était au restaurant les Tournesols, le chef, Cyril Jamet, nous l’avait passé au four avec amour.

Déguster à longueur de journée est un exercice assez fastidieux, avant tout pour les jambes et le dos, on reste debout aux mêmes endroits, c’est ce qui est fatiguant. Les papilles encaissent aussi, mais une bonne bière et c’est reparti.

Alors, avoir le bonheur de se détendre comme cette fois, merci pour la bonne surprise!

À dans deux ans!

Ciao

 

Marco


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La Grèce et sa richesse ampélographique (2)

Après un voyage dans les iles grecques la semaine dernière, je vous amène cette semaine sur la partie continentale de ce pays de montagnes entourées par la mer. Il s’agit de la suite de ma dégustation de vins grecs qui avait lieu le 27 mars dernier chez le restaurateur Mavrommatis, à Paris. Nous allons voyager du sud vers le nord, et d’ouest en est, partant du Péléponnese ou j’ai dégusté plusieurs vins intéressants, aussi bien dans la catégorie IGP que dans celle des AOC/AOP, car on trouve les deux en Grèce, comme en France.

Péloponnèse

Domaine Mercouri

Le Domaine Mercouri se trouve dans la partie occidentale de le péninsule d’Ichthis, à une trentaine de kilomètres d’Olympe. Un lieu béni des dieux, en quelque sorte ! Le domaine existe depuis plus de 150 ans et s’est fait une réputation autrefois pour ses vins, son huile d’olive et ses raisins secs. La famille Mercouri a aussi importé des pieds du cépage Refosco de la région de Frioul en Italie.  Après plusieurs phases de modernisation, le domaine est actuellement entre les mains de deux frères issu de la 4ème génération. Les vins dégustés étaient tous de la catégorie IGP. J’ai nettement préféré les rouges aux blancs.

vins blancs

IGP Péleponnèse, Foloï 2016. (cépages Roditis et Viognier / prix 12 euros)

Tendre, au fruité léger, bien aidé dans sa fraîcheur par un peu de CO2. Plaisant et simple.

IGP Ilia, Kallista 2015. (cépages Assyrtiko et Robola / prix 16 euros)

Le Robola a bien arrondi les angles de l’Assyrtiko dans l’assemblage. Une touche d’amertume en finale. Pas mal, mais cela ne m’a pas fasciné.

vins rouges

IGP Letrini, Domaine Mercouri 2014 (cépages Mavrodaphne et Refosco / Prix 19 euros)

Sa belle qualité de fruit rend ce vin très juteux. Cela est bien soutenu par des tannins fins et enrobé par une certaine rondeur qui m’a semblé provenir en partie d’un peu de sucre résiduel.

IGP Ilia, Avgoustiatis 2014 (cépage Avgoustiatis / prix 24,50 euros)

Vin intense et juteux, avec une très belle qualité de fruit et une excellente équilibre entre tannins et acidité. Long aussi. Très bon.

Domaine Papagiannakos (IGPs Markopoulo, Attiki et Péleponnèse)

vins blancs (je n’ai as aimé le rouge présenté)

IGP Markopoulo, Savatiano 2016 (Prix 12 euros)

Un joli vin blanc du cépage Savatiano, issu de très vielles vignes sur sols calcaires.Ce fin allie bien finesse et force.

IGP Attiki, Malagousia Kalogeri 2016 (prix 14 euros)

Un autre bon blanc mais dans un style très différent, bien parfumé. Le cépage Malagousia semble se situer entre un Muscat et un Viognier en profil.

 

Domaine Skouras, IGP Péleponnèse et AOC Nemea

Le cépage Agiorgitiko (ou St. Georges) est assez connu et produit de grands vins rouges dans et autour de la partie orientale du Péléponnèse, entre autre dans l’aire de l’AOC Nemea. Mais j’ai trouvé les trois vins de ce domaine que j’ai dégusté un peu dur, soit anguleux, soit trop boisés. La zone de prix, qui les situe entre 16 et 33 euros permettrait de trouver bien mieux.

Domaine Parparoussis, AOC Nemea

Pas aimé non plus son Nemea. Austère, amer et peu net au nez. Et bien trop cher à 35 euros.

Macédoine

Le cépage rouge roi de cette région est le Xinomavro, mais il ne semble pas facile de dompter ses tannins féroces qui paraissent souvent d’une sécheresse redoutable.

Domaine Kir Yanni

Je n’ai pas tout aimé dans la gamme des 4 vins rouges présentés par ce domaine, et je n’ai dégusté ni le blanc ni le rosé.

vins rouges

AOC Amyndeon, Kali Riza 2014 (cépage Xinomavro / prix 17 euros)

Un joli nez parfumé entre fruits et fleurs. Les tannins sont d’une puissance moyenne mais restent assez secs en finale. Forte acidité aussi, ce qui renforce l’impact des tannins.

AOC Naoussa, Ramnista 2012 (cépage Xinomavro / prix 22 euros)

Nez intense et très typé dans une gamme d’odeurs sombres. La chaire est relativement juteuse sur un fond tannique. Bonne longueur. Il faudrait être patient je pense.

 

Domaine Diamantakos

vin blanc

IGP Imathie, Preknadi 2016 (cépage Preknadi / prix 19 euros)

Le millésime 2016 de ce vin est bien plus agréable que le 2015 que j’ai trouvé lourd et alcooleux. Ce vin est frais et fin, avec du caractère qui vient avec la touche d’amertume en finale.

vin rouge

AOC Naoussa 2012 (cépage Xinomavro / prix 23 euros)

Le nez est bien plus parfumé que la plupart de vins de ce cépage que j’ai dégusté. Floral et délicat au palais aussi. Les tannins et l’amertume sont maitrisés ici.

J’ai aussi dégusté un 2103 du même vin, dans la continuité, aussi parfumé mais avec plus de structure.

Domaine Kechris

Ce domaine travaille beaucoup (mais pas exclusivement) avec un type de vin très traditionnel en Grèce : le Retsina. Si vous avez une mauvaise opinion du type, je vous encourage de goûter leurs vins !

vins blancs

Retsina Kechribari 2016 (cépage Roditis / prix 10 euros)

Vin parfumé et tendre, la touche de résineux étant délicate et bien intégrée.

Retsina, Les Larmes du Pin 2016 (cépage Assyrtiko / prix 22 euros)

Voilà un vin qui blufferait tout le monde ! Nez splendide, aussi expressif que subtil. L’élevage lui a apporté finesse et rondeur. Vin superbe.

Je l’ai nettement préféré au 2015 du même vin, au boisé plus marqué.

vin rouge

IGP Macédoine, Syllogi 2013 (cépage Xinomavro / prix 17,50 euros)

Un joli vin, plus fin que la plupart que j’ai dégusté issu de cette variété. Parfumé et assez long, avec un fruité attrayant autour de sa structure. Il rajoute une belle dimension par sa texture à une jolie fraîcheur.

 

Thessalonique

Domaine Gerovassiliou

Ce domaine se trouve en bordure de la mer et sur des sols essentiellement sablonneux sur fond calcaire. J’ai beaucoup aimé son vin rouge, issu d’un assemble de trois cépages.

IGP Epanomie, Avaton 2012 (cépages Limnio, Mavrotragano et Mavroudi / prix 32 euros)

Vinifié en cuves bois avec un macération pre-fermentaire à froid et pigeage après la fermentation alcoolique, puis un élevage en barriques pendant 12 mois. Le boisé reste encore marqué mais il y a une très belle matière, intense et longue. Vin ambitieux et très bien fait. (16/20)

Voilà, c’est tout pour l’instant. Nous partons à Cassis, avec Hervé et mon collègue Sébastien pour d’autres aventures que nous vous raconterons prochainement.

 

David

 

 

 

 

 

 

 

 


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La Grèce et sa richesse ampélographique (1)

Il y a quelques temps, j’ai relaté sur ce blog l’extraordinaire richesse ampélographique de la Géorgie, et même un peu avant d’y aller pour la première fois. Mais je n’oublie pas celle de la Grèce, et je me permets aussi de rappeler que nous devons le mot ampelopsis à la Grèce antique et au mot αμπελος (ampelos) qui signifie « vigne ».

Ce qui m’a à nouveau démontré une récente dégustation de vins grecs organisé par l’excellent restaurateur, traiteur et importateur de vins Mavrommatis, qui est installé à Paris où il possède plusieurs boutiques et restaurants. Regardez ici pour plus d’informations : www.mavrommatis.com/

L’année dernière, lors de l’édition 2016 de la même présentation, j’avais été particulièrement impressionné par les vins blancs. Cette année, bien que certains blancs m’aient enchanté, ce sont aussi des rouges qui ont figurés parmi les plus belles surprises de mes dégustations qui m’ont fait rencontrer environ 60 vins de différentes parties de la Grèce, allant de la Crète à la Macédoine, en passant par les Cyclades, le Péloponnèse et Céphalonie. Je vais vous en parler en plusieurs épisodes: cette semaine, cela sera au tour des îles, en commençant notre voyage en Crète.

Selon Effie Kallinikou, oenologue et export manager du Domaine Lyrarakis, 11 variétés autochtones sont identifiées et utilisées en Crète. On y trouve aussi des cépages classiques « internationaux » issus essentiellement de France, plus le Sangiovese italien et aussi l’Assyrtiko de la petite île voisine de Santorin. Mais évidemment, les cépages « internationaux » ne constituent pas l’intérêt principal d’un tel voyage.

Domaine Lyrarakis, Crète : vins blancs

(un seul de ces vins est importé pour l’instant et son prix public est donc indiqué)

Un très joli Assyrtiko 2016 plus fruité, plus rond et plus « accessible » (tout en restant fin et vif) que les versions de cette variété que j’ai pu déguster de Santorin et qui s’expriment souvent avec une austérité et/ou un niveau de concentration qui peuvent paraître un peu difficile pour certaines personnes (beaucoup diront « minéral »).

(15/20)

Plyto Pirovolikes 2016 (photo de la variété ci-dessus)

Cette variété Plyto a été sauvé de quasi-extinction par la famille Lyrarakis. Il viendrait de la partie est de l’île et la surface qui lui est consacré ne serait qu’une dizaine d’hectares en tout. La parcelle Pirovolikes est située à 650 mètres d’altitude. Aussi fin que gourmand, avec une touche de fraîcheur citronné et un alcool modeste, j’ai apprécié également sa belle longueur en bouche.

(16/20)

 

Plyto Pasarades 2016

Issu d’une parcelle situé un peu plus bas (480 mètres) je l’ai trouvé assez bon mais dans un style plus gras et lourd que le vin précédent.

(13,5/20)

 

Vilana 2016

9 euros

Ce vin provient de  la partie centrale de la Crête et cette variété est la plus plantée des cépages blancs dans l’île. Elle a tendance à produire beaucoup mais sur des terrains plus pauvres elle devient intéressant, comme ici avec un vin ferme et assez intense qui finit en longueur avec une pointe d’amertume agréable.

(14,5/20)

Dafni Pasarades 2016 (photo de la variété ci-dessus)

Le mot dafne signifie laurier sauce en grec, et ce vin sent fortement la feuille de laurier: odeur que je ne me souvent pas avoir détecté, du moins aussi nettement, dans un autre vin. Encore une variété ancienne sauvé par cette famille. Sa maturation tardive lui a assuré aussi une belle acidité. Vin intense, singulier et très bon.

(15,5/20)

 

 

Domaine Lyrarakis, Crète : vins rouges

(un seul de ces vins est importé pour l’instant et son prix public est donc indiqué)

 

Kotsifali 2015 (photo de la variété ci-dessus)

9 euros

100% cuve. Variété bien connue en Crète. La couleur est légère et le nez peu expressif, mais la texture en bouche est suave et le vin aussi rafraîchissant que fin, presque délicat.

(14/20)

 

Mandilari 2014

Cette variété se trouve un peu partout dans la partie sud de la mer Egée. Elevé 12 mois en barrique, celui-ci est intense et tannique mais a conservé un joli caractère fruité autour. Beau vin, de caractère mais pas rustique pour deux sous.

(15/20)

 

Domaine Sigalas, Santorin : vins blancs

Les vins de ce domaine ne sont pas bon marché mais un regard à cette photo peut donner au moins une partie de la cause ! J’en ai fait une sélection de mes préférés, dont deux font partie des meilleurs vins de la dégustation. Mais je n’ai pas tout aimé, trouvant quelques vins blancs un peu excessifs et lourds.

AOC Santorin, Assyrtiko 2015

29,50 euros

Tendre et à la texture arrondie, avec derrière cela une belle acidité. Cela reste assez cher pour un tel vin.

(14/20)

AOC Santorin, Assyrtiko 2016

29,50 euros

J’ai préféré ce millésime qui m’a semblé plus fin. Toujours des jolies rondeurs mais plus centré et puissant.

(15/20)

Les cuvées Aa et Kavalieros manquent de finesse à mon goût. Ce dernier est hyper-puissant.

AOC Santorin, Nychteri Grande Reserve 2012 (assyrtiko)

59 euros

Voilà un formidable vin de méditation. Il contient un peu de tout : un peu de sucre résiduel grâce à des vendages tardives, mais aussi une très belle acidité et une oxydation parfaitement intégrée dans le corps du vin et pas simplement plaquée dessus. Enorme complexité et une longueur qui va de pair. Grand vin qui vaut son prix.

(18/20)

Domaine Sigalas, Santorin : vin rouge

IGP Cyclades, Mavrotragano 2013

44 euros

Vignes de 50 ans, élevage 18 mois en futs de chêne. Un beau nez, intense, de fruit murs et pruneaux. Aussi intense en bouche, qui est charnue et chaleureuse. Un vin riche mais superbement équilibré

(17/20)

Domaine Argyros, Santorin : vins blancs

AOC Santorin, Assyrtiko 2016

23 euros

Assez vif et fin, avec un toucher presque tannique à la fin qui lui confère un accent austère. Un peu cher, mais il faut aussi voir les conditions de production.

(14/20)

AOC Santorin, Argyros Estate 2015 (assyrtiko)

27,50 euros

Issu de vignes très vieilles (150 ans et donc non-greffées) du village d’Epikopi. 20% de ce vin est élevé en barriques pendant 6 mois. Semble plus tendre et arrondi que le précédent, avec beaucoup de force et de puissance. C’est aussi un blanc au caractère tannique marquée. Très long aussi.

(15,5/20)

AOC Santorin, Pure, Volcanic Slopes Vineyard 2013 (assyrtiko)

40 euros

J’ai préféré ce vin a une autre, issu de très vieilles vignes et d’un élevage en barriques. Celui-ci a été vinifié en cuve souterraine en ciment et gardé sur lies pendant 14 mois. Vin complexe, riche et rond mais sans l’accent sucré que peut apporter la barrique. Parfums délicatement fruités. Délicieux, même se c’est un peu cher.

(16/20)

IGP Cyclades, Domaine Argyos, Aïdani 2016

25,50 euros

Autre cépage blanc de l’île. Rarement vinifié seul, sauf pour faire des vins doux, il a naturellement peu d’acidité et produit des faibles niveaux d’alcool. Ce vin est fin et fruité, bien équilibré et très plaisant, mais il ne vaut pas ce prix.

(14,5/20)

Domaine Argyros, Santorin : vin rosé

IGP Cyclades Atlantis rosé 2016

80% Assyrtiko, 20% Mandilaria (assemblage de raisins ou de vins ???)

Peu import la technique utilisée car j’estime que c’est le meilleur vin rosé que j’ai dégusté cette année. Très savoureux et bien équilibré, je pense que ce vin illustre ce qu’un bon vin rosé doit être : autre chose qu’un blanc ou un rouge, vif mais ayant de la structure. Cela nous change des pâles choses qui dominent en Provence !

(15/20)

Domaine Argyros, Santorin : vin rouge

IGP Cyclades Domaine Argyros, Mavrotragano 2012

40 euros

Cette variété indigène et rare possède deux variantes distinctes et on ne sait pas trop lequel est le « vrai ». Il a été utilisé traditionnellement pour faire des vin santo, seul ou en assemblage. Depuis peu, quelques producteurs le vinifie en sec, comme ici. C’est cher mais c’est aussi très bon ! Nez incroyable, profond et complexe. Très belle longueur. Tanins et acidités se livrent une bataille pour la gagne, et les tanins l’emportent à la fin, du justesse.

(16/20)

 

Domaine Gentilini, Céphalonie : vins blancs

Nous passons maintenant à l’ouest de la Grèce et à une île de la mer Ionienne.

AOC Robola de Céphalonie 2016

18 euros

Assemblage de vins issus de parcelles sises à 620 et 860 mètres d’altitude. Le cépage Robola se trouve dans toutes les îles Ioniennes, mais aussi maintenant un peu en Grèce centrale. En Céphalonie il a une appellation spécifique. Vin très fin et gourmand, à la fois tendre et doté d’une belle fraîcheur.

(14,5)

AOC Robola de Céphalonie, Wild Paths 2016

21 euros

Vinifié partiellement avec des levures indigènes, et, pour 20%, en barriques. Bien plus ferme que le précédent, il donne une sensation de pureté mais est aussi très serré en texture. Aura besoin d’un peu de temps mais très prometteur.

(15/20)

Domaine Gentilini, Céphalos : vin rouge

IGP Coteau de Ainos, Eclipse 2015 (cépage Mavrodaphni)

23,50 euros

Cette variété se trouve aussi bien dans les îles ioniennes que sur ne nord-ouest du Péloponnèse. Souvent utilisé pour faire des vins fortifiés et doux, mais ici en sec? Cépage bien coloré et tannique. Vinification avec grappes entières en barriques, sans incorporation du vin de presse. Elevage en fûts de chêne 12 mois, puis 12 mois en bouteilles. Vin superbement fruité, rendu délicat et tendre par son toucher très soyeux, ce qui est une performance à mettre au crédit de la vinification intégrale. Sa belle fraîcheur perce ensuite donnant du relief à la longue finale. Vin d’une très belle finesse que m’a tant séduit que j’ai plongé en achetant quelques bouteilles et magnums !

(16,5/20)

Bon voyage si vous avez la chance de vous rendre dans ce beau pays qui souffre en ce moment. Sinon, je vous donne rendez-vous dans une semaine pour parler de quelques vins de Grèce continentale.

 

David

 


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A journey to precision: vertical of Closel’s Clos du Papillon

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Evelyne de Pontbriand tutoring the vertical tasting 

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Tasters in the magnificent surroundings of the Château des Vaults
(Domaine du Domaine de Closel)

On the evening of Monday 6th February – the second day of the Salon des Vins de Loire – we were invited to a vertical tasting of the Domaine du Closel’s Clos du Papillon. The vertical ran from 2001 through to 2015 but without 2012 as none was made due to frost. We tasted from oldest to youngest, which made perfect sense as we could see the evolution in the purity and precision in the wines. At the end we were treated to two older bottles – 1992, which was not a very auspicious vintage, and 1989, which was a great vintage.

2001 was the first vintage that Evelyne took over from her mother –Michèle Bazin de Jessey. The Clos du Papillon overlooks the small village of Savennières sited just to the north.

Although the vineyards were grassed over when Evelyne took over, the vineyards were farmed and the wine made in a traditional manner. The wines tended to have a short fermentation and be given high doses of SO2. The period of fermentation has been extended and the vinification is now  in 400-litre barrels when before it was done in vat. Cover crops are now an essential part of the vineyard management.

Since 2001 Evelyne has taken Closel has moved from being traditional to firstly organic and now to being farmed biodynamically.  Conversion to organic viticulture began in 2006 with full certification in 2009, while biodynamic status was achieved in 2015.

Yields have been reduced from 35/40 hl/ha down to 15-20hl/ha today. From 2009 they have using a software system to analyse the exactly the right time to pick the grapes.

The vertical:

2001:
Light golden colour, honey and truffle, some texture but a little short.

2002:
Light to mid-gold, clearly taken on a lot of colour, honeyed evolved flavours, rich with fair balance. Loire wines from 2002 tend to be well-balanced. 6.4 gms of residual sugar. Among my favourites.

2003:
Honey and quince, rich but less interesting than the 2002 – an effect of this heatwave year?

2004:
Delicate honey aromas, attractively finely textured wine although a little dilute in the finish but considerable charm.

2005:
Deep light gold colour, richly textured, botrytis – this is a rich oxidative style.
Hot dry summer and autumn.

2006:
Light gold colour, attractively textured wine with honeyed evolution, good length and nicely balanced. Among my favourites.

2007: 
Light gold, honey and quince flavour with a touch of caramel, textured wine, the richness hides the acidity but the finish is a little short.

2008:
Vineyard frosted. Honey and quince on nose and palate,some truffle too, texture, quite austere long finish. Aromas persist in the empty glass.Among my favourites.

2009:
Clean and precise with attractively vibrant texture, some honey character, noticeable acidity in long finish. There is a growing precision in the Papillon wines.

2010:
Richly and seductively textured with honey and quince character, lovely balance and length. Certainly amongst my favourites.

2011:
Still youthful wine, attractive texture and complexity, some toasty flavours along with a touch of caramel with good balancing acidity in the finish.

2012:
Not made – severe April frost

2013:
Citric aromas and palate, quite austere finish reflecting this difficult vintage, precise but the wine falls away in the finish.

2014:
Floral and ripe fruit nose and palate, some barley sugar notes, very good length and very clean purity with some delicate wood notes. Still young but with impressive potential. Certainly amongst my favourites and shows the progress that has been made with the Papillon wines.

2015:
Floral and citric – obviously still very youthful.

The two additional vintages

1992
This was a big vintage after the very severe frost of 1991. Wines were often dilute. Light gold, very oxidative style, nutty character but dilute in fish. Certainly reasonable for the vintage.

1989
Showing the hallmarks of a great vintage. Ironically this wine shows the precision and vibrancy that Evelyne has to working for since she took over Closel. There is a little oxidative character but it is very restrained. Amazinly fresh – stunning wine!

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Ben Llewelyn of Carte Blanche Wines studying
a carte of the vineyards of Savennières

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Gérard Boulay: two Sancerres + 2017 VitiLoire

Gérard Boulay: two magnificent 2014 Sancerres

 

2014 Monts Damnés


2014 La Côte 

Saturday evening two friends – Suzie and Mark – came for apéros. They are now Epeigné-les-Bois’ sole wine producers with their bijou vineyard – Clos Chossay.

I thought it would be interesting to try two of Gérard Boulay’s single site wines – Monts Damnés and La Côte – both from 2014.

I decided to serve the Monts Damnés first as it is more austere and mineral, while La Côte, which is the last of Gérard‘s vines to be harvested, had a little more weight. Both were excellent and still young with many years ahead of them. 

Les Monts Damnés site is now well known but La Côte (La Grand Côte) is much less well known – in part because it is off the beaten track unlike Les Monts Damnés.

 View of Chavignol (nestling below the surrounding hills in the distance)

Les Monts Damnés are to the right of the village in this photo,
while La Grande Côte is round to the left towards Amigny
beyond Le Cul de Beaujeu, which dominates Chavignol

  Some of the slopes of  Les Monts Damnés looking towards Sancerre
Gérard Boulay 

•••

 

 

The annual VitiLoire consumer fair in the centre of Tours, which is always held on the last weekend in May, is well worth visiting. It is a great opportunity to taste a wide range of wines from all over the Loire as well as to buy them.

5 spots incontournables pour les wine lover 
Press release:

‘À seulement 1 heure de Paris, VitiLoire est la plus grande manifestation gratuite et grand public autour des 79 appellations des vins du Val de Loire, 1er vignoble oenotouristique de France. Le temps d’un week-end prolongé, c’est également l’occasion de découvrir Tours, Cité Internationale de la Gastronomie, les bars à vins, les restos, les meilleurs cavistes de la ville et de vivre des expériences inédites dans le vignoble !

VitiLoire
Gastronomie, vins, patrimoine, culture : Tours remet le couvert avec la 15e édition de Vitiloire ! Avec ses grandes tablées conviviales et sa ribambelle de petits kiosques d’artisans locaux et de producteurs viticoles, VitiLoire est un événement 100 % locavore. C’est aussi le meilleur moyen pour goûter les grandes appellations de la région, telles que Sancerre, Vouvray, Chinon et de commander ses bouteilles directement auprès de petits vignerons. Du bar à vins qui invite les amateurs à voyager dans le temps grâce à une sélection de millésimes aux ateliers de dégustation pour s’initier aux vins du Val de Loire et comprendre leur processus de fabrication, VitiLoire est un vrai rendez-vous pour les amateurs ou dégustateurs avertis.

VitiLoire 2017 // Samedi 27 de 10h à 19h et dimanche 28 mai de 10h à 18h
3 560 m2 d’exposition à ciel ouvert en plein centre-ville
• 79 AOC du Val de Loire
• 140 exposants (vignerons, caves coopératives et négociants du Val de Loire, artisans des métiers de bouche, services) • 10 chefs cuisiniers Tourangeaux
• Fréquentation 2016 : 35 000 visiteurs
• Entrée libre

  • 5 € le verre collector pour déguster les vins
• Nombreux services : livraisons, grooms, garderie d’enfants
• Horaires : samedi de 10h à 19h, dimanche de 10h à 18h
•

Lieux : Place de la Gare, Boulevard Heurteloup, Jardin de la Préfecture

Bar à vin/resto/caviste : le vin dans tous ses états
Verre d’A.O.P Touraine sur la Place Plum’ ou à la Guiguette de Tours sur Loire à l’heure de l’apéro, bars à vins, cavistes : Tours égrène intra-muros une multitude de bonnes adresses. Avec sa déco trendy, son épicerie et sa jolie cour privative, La Réserve comble tous les goûts avec une carte des vins riche de 70 références qui font voyager les palais dans tous les vignobles de France. Authentique par nature, La Cave sur la Place tire son épingle du jeu avec une sélection de vins en bio, biodynamie et nature. Côté agapes, le QG est un nouveau restaurant artisanal qui prône les circuits courts et les produits frais avec une belle sélection de vins au verre à partir de 5€. La Réserve // 84 rue Colbert – La Cave sur la Place // Place Velpeau – Le QG // 9, place du Grand-Marché, formule déjeuner à 21€

Segway© dans les vignes
Ecologique, silencieux et insolite, le segway s’aventure désormais au coeur des différentes A.O.C des Vins de Loire. Balades de 1h30 ou 2h avec ou sans dégustation de Vins de Loire, la société Gyroway propose plusieurs randos-vignes en gyropode au départ d’une cave partenaire à destination de Chinon, Touraine, Bourgueil, Saint Nicolas de Bourgueil, Vouvray, MontLouis ou Saumur Champigny.

Gyroway // Balade de 2h – 49€ pour les adultes / 39€ pour les moins de 16 ans

Nuit dans un domaine viticole
Propriété viticole en pleine nature, le Château de Fontenay, producteur en A.O.C Touraine à Bléré, propose 4 chambres d’hôtes avec vue sur le Cher et 12 hectares de vignes. Le lieu parfait pour se reposer, méditer et se ressourcer à l’ombre des des glycines…
Le + : certains éléments de la déco du château proposés à la vente !

A partir de 99€ la nuit pour 2 personnes

Randos dans le vignoble
Organisées par le service Archives et Patrimoine de la Ville de Tours et encadrées par le Comité Départemental de Randonnée Pédestre d’Indre-et-Loire et l’Of ce de Tourisme de Tours, VitiLoire propose 3 circuits pédestres thématiques à la découverte du patrimoine viticole et gastronomique de Tours ainsi qu’une grande randonnée à Vélo de 3 heures. Vigne, Loire et Littérature // samedi 27 – Une balade de 6,5 km qui permet de découvrir le passé viticole de Saint-Cyr-sur-Loire, terre de nombreux écrivains tels que Balzac, Anatole France ou encore Tocqueville.

Vigne en ville // dimanche 28 – Une balade de 8,4 km qui relie VitiLoire au domaine viticole du Clos de Rougemont.
Cité de la Gastronomie // samedi 27 – Un parcours urbain de 4 km pour découvrir les spécialités culinaires de la ville autour des Halles de Tours.

Histoire et Paysages du Vouvray – dimanche 28 – Randonnée cycliste de 25 km immerge les visiteurs en plein coeur des vignobles de Vouvray…’

Scenes from previous editions:

 

 

 

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