Les 5 du Vin

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Bulles de Loire (3): Chenin faisant

J’ai deux bonnes raisons de me rappeler – en bien –  de la dégustation des Crémants de Loire et des Saumur organisée pour nous lors du Salon d’Angers. Merci Interloire!

Jim

L’ami Jim nous accueille chez Interloire, sur le lieu de la dégustation.

Primo, bon nombre de vins m’ont vraiment plu. Ce qui est assez rare chez moi, en matière de bulles (un bémol pour les rosés, mais ils n’étaient que deux; un trop dosé, l’autre trop soufré).

Secundo, je ne suis pas mécontent de constater qu’il peut y avoir une vraie spécificité des bulles de Loire. Je n’en étais pas forcément convaincu jusque là.

C’est surtout frappant dans les cuvées à fort pourcentage de Chenin, qui présentent une aromatique vraiment différente, riche, presqu’enivrante.

D’autres produits ont préféré le Chardonnay et le Pinot. Pourquoi pas, puisque le décret du Crémant de Loire l’autorise (ainsi que le recours aux deux Cabernets, au Pineau d’Aunis, à l’Arbois et au Grolleau). Mais je leur trouve généralement moins de caractère – ce pourraient être des Crémants de Bourgogne ou de Limoux, voire des Champagne, pour certains. Tant qu’à buller ligérien, je préfère encore que ça se sente…

Tandis que ceux qui misent sur le Chenin ont la plupart du temps ce petit goût de miel et de coing qui m’emmène sur les berges douces du Layon – tout en restant bien secs. Voire une pointe d’amertume – celle de la rhubarbe, notamment.

Voila pour l’impression générale, voici à présent mes favoris.

On notera qu’il s’agit aussi bien de négociants que de propriétaires – dont certains proposent également d’excellents vins tranquilles.

Pour les Saumurs:

De Neuville Cuvée Louis François **

Ackerman Cuvée Jean Baptiste Millésime 2010 ***

Château de Montguéret tête de cuvée 2013 brut ***

Louis de Grenelle Méthode Traditionnelle Brut ***

Bouvet Ladubay Cuvée Saphir Vintage 2012 **

IMG_5472Un de mes coups de coeur en Saumur

Pour les Crémants:

Domaine des Sanzay « Brut 400″ ***

Château de Passavant Cuvée Ancestrale 2011**

Domaine des Varinelles ***

Langlois Château Langlois Brut ***

Paul Buisse Brut

Domaine Cady ***

Château Pierre Bise ***

Château de Bellevue*

Pierre Chauvin

Domaine Dutertre

Domaine de la Bergerie **

Domaine de Bois Mozé Blanc Secret Brut & Nature **

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Un de mes coups de coeur en Crémant de Loire

 

Sur un total de 55 vins dégustés (dont 12 Saumurs), je trouve que c’est plus qu’honorable.

Mes 3 autres collègues de 5 ont à peu près le même avis (même si leurs préférés ne sont pas tous forcément les mêmes). Ce qui m’incite à croire an potentiel de croissance des bulles de Loire, aussi bien en France qu’à l’exportation.

L’enjeu: plus de choix pour plus de visibilité

Je n’ai pas pu ne pas penser à l’image renvoyée, ces dernières années, par les rayons bulles de la grande distribution belge, littéralement envahis par les marques de Prosecco ou de Cavas, tandis que l’offre de ligérienne se réduit le plus souvent à une seule référence – selon les accords de référencement, c’est soit Moncontour, soit de Chanceny (Cave de Saumur), soit Ackerman… Il faut les chercher! Un plus grand choix permettrait pourtant non seulement de donner plus de visibilité à la Loire qui bulle, mais aussi d’établir une gradation qui, actuellement n’existe pas ou plus – tous les produits proposés sont aux alentours de 8 euros, sauf promo. Et on ne trouve guère de grande cuvée. Faut-il parler de présence symbolique?

Sans doute les groupes qui les produisent n’ont pas la force de frappe d’un Martini ou d’un Codorniu, mais au plan du goût, leurs produits, même d’entrée de gamme, sont irréprochables (on ne peut pas en dire autant de tous les Proseccos ni de tous les Cavas, hélas). De plus, le nom de Loire reste valorisant. Il est lié non seulement au vin, mais au tourisme et à la culture. En outre, les bulles de Loire n’ont jamais été soumises à un discount aussi forcené que le Cava.

De là à ce que les acheteurs belges reviennent traîner leurs guêtres à Saumur…

Mais il n’y a pas que la Belgique. Et  il n’y a pas que la Grande Distribution.

Alors bon vent aux bulles de Loire!

Hervé Lalau


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Bulles de Loire (2): Fizzing in the Loire

Triple Zéro – one of my favourite Loire sparklers

Triple Zéro – one of my favourite Loire sparklers

Although Saumur is the centre of the industry, sparkling wine is made through the Loire. From the Pays Nantais, where Gros Plant is often the majority grape, all the way to the Côte Roannaise and Côtes de Forez – made from Gamay or non-AC white varieties. As David wrote yesterday the sparkling wines from the Loire offer good value and frequently a very good price quality/ratio.

Perhaps having a base in the Cher Valley to the east Tours that I tend to drink the sparkling wines of Vouvray and Montlouis, especially the Pétillant. These are specialities of Vouvray and Montlouis plus to a certain extent elsewhere in Touraine. They have around 2.5 atmospheres compared to the more customary 4.5 to 5 for fully sparkling wines, so they are less fizzy. The Triple Zéro from Jacky Blot’s Domaine de la Taille aux Loups (AC Montlouis) I think is particularly successful. Its is called Triple Zéro because there is no sugar added at any stage in its production – initial fermentation, when bottled for the secondary fermentation nor at the final corking. This is because the grapes (Chenin Blanc) are picked at around 12% potential – very considerably higher than is usually the case in Champagne. There is also a Rosé version of Triple Zéro made using the same method.

Triple Zéro, like other good Loire sparkling wines, ages well gaining further complexity in bottle. Indeed I have occasionally had the chance to drink some very old sparkling wines from Domaine Huet – 1959 on at least a couple of occasions and very memorably the 1937 once with the late Gaston Huet during a press dinner in Amboise at the end of the last century to celebrate decades of Vouvrays that had been made in the years 7.

PetNats, short for Pétillants Naturels, have become very popular over the past five years or so in the Loire. All tend to be made without added sugar, customarily with native yeasts and frequently using the méthode ancestrale – the winter cold stopping the fermentation before the returning warmth of the spring restarts it. They vary very considerably in style. Some are bottled and released just after a few months retaining quite a bit of residual sugar, others spend a year or more sur latte and, are drier.

Château d'Aulée, Azay-le-RideauChâteau de l’Aulée, Azay-le-Rideau

Château de l’Aulée in Touraine Azay-le-Rideau is another of my favourite sparkling wine producers. They make both Crémant de Loire and Touraine Méthode Traditionnelle, which is slightly cheaper. However, as none of the Crémants (last time I was there) sell for more than 10€ it is worth paying a little extra for the additional quality. I am especially keen on the Brut Zéro and the 1856 – the year this estate was established.

From our tasting on Monday 2nd February it was interesting that the Crémants made with a predominance of Chardonnay were leaner and more vibrant than those where Chenin was in the majority – these tended to have more complexity. It was also notable that we had 42 Crémant de Loire samples (12 Chardonnay dominant/ 30 Chenin dominant) to taste against only 11 with the Saumur appellation. Although the Crémant de Loire appellation dates from 1976, it took a very long time for it to become really established. Only recently did the production of Loire Crémant surpass that of Saumur. That Saumur already had an established reputation was a factor but also the fact that the rules for Crémant were more strict – less juice per hectolitre, presses without chains, 12 months minimum sur latte compared to nine for Saumur etc. played a part.

Four of Les 5.

Four of Les 5.

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Hervé puts his foot in it!

With one or two exceptions all of the samples we tasted should a good level of quality and were wines I’d be happy to open as an apéro. Not only do these Loire fizzes offer un bon rapport qualité/prix but they are less litigious than those from that large sparkling wine region to the North East of Paris, although two of the Saumur houses do have connections with that zone.

Some favourites from the tasting:

Dom Nature, Domaine Richou, Majority Chardonnay

Dom Nature, Domaine Richou, Majority Chardonnay

Robert et Marcel, Saumur – named after Robert and Marcel Néau, who played a big part in establishing the Cave Coop de St Cyr – now the majority owner of Alliance Loire and thus Ackerman. 80% Chenin, 20% Chardonnay

Robert et Marcel, Saumur – named after Robert and Marcel Néau, who played a big part in establishing the Cave Coop de St Cyr – now the majority owner of Alliance Loire and thus Ackerman. 80% Chenin, 20% Chardonnay

Château de Montgueret, Crémant – 60% Chenin, 20% Cabernet Franc and 20% Chardonnay

Château de Montguéret, Crémant – 60% Chenin, 20% Cabernet Franc and 20% Chardonnay

吉姆·巴德 Photo©MichelSmith

吉姆·巴德
Photo©MichelSmith

 


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Bulles de Loire (1): fines et raisonnables

 IMG_4851Trois des quatre au travail pour cette dégustation. Jim prenait la photo. Hervé réfléchissait à sa prochaine blague. Marc peaufinait ses notes. David s’occupait du service. Un vrai petit ménage à 4 ! (photo Jim Budd)

Il y a quinze jours, 4 membres de ce blog collectif se sont retrouvés à Angers, à l’occasion du Salon des Vins de Loire. L’occasion fut trop belle pour ne pas tenter notre troisième expérience d’une dégustation partagée, après Champagne (2012) et Bourgeuil /St. Nicolas de Bourgueil (2013). Evidemment cela allait concerner une ou plusieurs appellations ligériennes, et nous avons opté pour deux appellations de vins effervescents, vu l’engouement actuel des marchés pour ce type de vin. Il s’agit de Crémant de Loire et de Saumur Brut, qui utilisent tous les deux la méthode dite « traditionnelle », ce qui signifie une seconde fermentation d’un vin tranquille en bouteille afin de générer pression et un peu plus d’alcool. Les règles précises de ces deux appellations diffèrent un peu, comme le démontre le tableau ci-dessous, mais en gros elles sont très proches.

Crémant de Loire

cépages autorisés (avec quelques règles quant aux proportions) : chenin blanc, chardonnay, cabernet franc, cabernet sauvignon, grolleau noir, grolleau gris, pineau d’aunis, pinot noir

aire de production : 1600 hectares

production moyenne : 97,000 hectolitres

rendement : 74/80 hl/ha

rendement au pressoir : 100 litres pour 150 kg

vieillissement sur lattes : 12 mois minimum

reflet-chateau-saumurLes appellations de Saumur, tranquilles ou effervescentes, profitent de l’image du château éponyme, mais sait-on bien à l’étranger que ces vins viennent de la région Loire ?

Saumur Brut

cépages autorisés (avec quelques règles quant aux proportions): chenin blanc, chardonnay, sauvignon blanc, cabernet franc, cabernet sauvignon, pineau d’aunis.

aire de production : 1400 hectares

production moyenne : 90.000 hectolitres

rendement : 67/76 hl/ha

vieillissement sur lattes : 9 mois minimum

 IMG_4844Tous ces vins, ainsi que la production effervescente de Vouvray et Monlouis, portent parfois la désignation suggestive (mais non réglementée je crois) de « Fines Bulles de Loire ». (photo Jim Budd).

La production de ce type de vin en Val de Loire remonte au moins au 19ème siècle, particulièrement à Saumur, qui garde une appellation spécifique de nos jours. Les autres bulles produites dans la région le sont, en général, sous l’appellation de Crémant de Loire, qui a une base géographique plus étendue, c’est à dire Saumur, Anjou et Touraine. Mais on trouve aussi des vins mousseux faisant partie de deux appellations de vins blancs de la région tourangelle : Montlouis et Vouvray. Ailleurs dans les régions de la Loire, quelques producteurs élaborent aussi des vins à bulles, mais sans appellation contrôlée. Ils ont généralement comme désignation « vin mousseux de France ».

IMG_4853Rien n’échappe à l’oeil de Moscou….ou est-ce de Lalau ? (photo Jim Budd)

L’aire d’appellation Saumur concerne 1,400 hectares au sud de la Loire sur les coteaux  calcaires qui entourent la ville de Saumur. Une gamme assez large de cépages est autorisée : chenin blanc, chardonnay et sauvignon blanc pour les blancs, puis cabernet sauvignon, cabernet franc et pineau d’aunis pour les rouges. Si la présence de cépages rouges surprend, je rappelle que les techniques de pressurage et la nature des baies permettent l’obtention d’un jus blanc à partir d’un raisin dont la peau est noire ou rouge. Après tout,  2/3 du vignoble champenois est planté en cépages rouges.

L’aire du Crémant de Loire est un peu plus grande : 1,600 hectares, et pour des sols plus variables. Les cépages blancs ne sont que deux : chardonnay et chenin blanc, tandis que sont autorisés 6 variétés plus ou moins rouges : cabernet franc, cabernet sauvignon, pinot noir, menu pineau et grolleau (gris et noir).

IMG_4848Marc cherche, et va sans doute trouver, une large gamme d’arômes dans son verre de bulles ligériennes (photo Jim Budd)

L’appétit croissant des marchés pour les vins pétillants à bien profité récemment à ces deux appellations, mais il semblerait que cela soit davantage le cas pour les Crémants de Loire, qui ont l’avantage d’inclure le nom de leur région dans leur désignation. Entre 2006 et 2013, les ventes de Crémant de Loire ont doublées, pour dépasser légèrement 13 millions de bouteilles en 2013. Si ceci est à relativiser à côté du géant champenois et ses presque 300 millions de flacons, le Crémant de Loire tient une bonne place parmi les autres Crémants de France (Alsace, Bourgogne, Jura etc).Deux tiers sont exportés et ces exportations ont augmenté de 24% entre 2012 et 2013. C’est le premier exportateur parmi les Crémants de France, avec 26% des volumes exportés. Cela tient à une place de leader sur le très important marché allemand, même si Bourgogne et Alsace le battent ailleurs. Les bulles de Loire (Crémant de Loire et Saumur ensemble) sont aussi leader sur le marché britannique. Les bulles de Vouvray ou de Montlouis se vendent essentiellement sur le marché français.

IMG_4846 Les vins qui m’ont fait sourire étaient assez nombreux dans cette dégustation  (photo Jim Budd)

Notre dégustation

Nous avons demandé une seule cuvée, non-millésimé, de chaque producteur qui souhaitait proposer un échantillon. La dégustation a eu lieu le matin du lundi 2 février, dans les locaux d’InterLoire à Angers. Les vins étaient servis à l’aveugle et ordonnés ainsi : 11 crémants de Loire à dominante chardonnay, puis 30 Crémants de Loire à dominante chenin, et enfin 11 Saumurs bruts à dominante chenin.

Les vins que j’ai aimés et leurs prix (les vins en caractères gras sont mes préférés)

1). Crémant de Loire (à dominante chardonnay)

Renou Frères et Fils (6,40 euros), Domaine de Varinelles (7,80 euros)

2). Crémant de Loire (à dominante chenin blanc)

Château Pierre Bise (9,50 euros), Domaine des Bessons (7,60 euros), Domaine Lavigne 7 euros), Domaine de l’Eté (6,80 euros), Domaine de la Bergerie (8 euros), Domaine Pierre Chauvin (13 euros), Château du Fresne (7 euros), Château de Parnay (8,50 euros), Domaine du Bois Mozé (11,50 euros), Langlois Château (12,50 euros), Château du Cléray (12 euros).

2). Saumur Brut (à dominante chenin)

Domaine de Sanzay (7,90 euros), Domaine Matignon (7 euros), Vignerons de Saumur, cuvée Robert et Marcel (5,80 euros), Ackermann cuvée Jean Baptiste Ackerman (6,50 euros), Domaine Leduc Frouin (6,50 euros), Domaine de la Perruche, La Grande Cuvée(8 euros), Château de Montguéret, Tête de Cuvée(13,30 euros)

 

Conclusion 

On le voit bien, ces bulles-là sont très accessibles en prix (environ la moitié, au plus, des vins de Champagne) et il y avait beaucoup de bons vins dans une série d’une cinquantaine d’échantillons. On peut parfois leur reprocher une certaine neutralité, mais, dans l’ensemble, ils sont bien faits et valent très largement leur prix. S’ils n’ont pas souvent la finesse d’un bon Champagne, l’adage suivant reste valable : mieux vaut un bon Crémant (de Loire) qu’un mauvais Champagne.

 

David Cobbold 

 

 

 


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Perpignan, centre du Grenache !

Chacun sait que, selon Dali, la Gare de Perpignan, près de laquelle j’habite, est le Centre du Monde. Depuis trois ans, c’est la ville entière qui pavoise en l’honneur d’un seigneur tout aussi dalinien, le Grenache. J’entends déjà le sifflet des moqueurs. Si je passe de plus en plus pour être un amateur endurci et monogame du cépage Carignan, il faut avouer que je l’ai bien cherché. Mais la réalité est toute autre : Mouvèdre, Cinsault, Terret, Lladoner, Macabeu, Grenache… font partie – aussi – de mes favoris. Et c’est justement ce dernier, le Grenache, blanc, gris et noir, qui m’a fait accepter l’invitation à trahir quelque peu mon Carignan pour venir aux Grenaches du Monde, manifestation organisée avec simplicité et maîtrise, je me dois le préciser, par le maître de cérémonie Yves Zier et l’appui actif du Comité Interprofessionnel des Vins du Roussillon.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Outre le fait que cela se passait chez moi, plusieurs raisons m’ont attiré vers ce concours. D’abord, de nombreux amis étaient de la fête, en premier lieu notre Marco (pas Polo, l’autre) qui est de (presque) tous les concours. Marlène Angelloz était là aussi qui anime avec fougue l’association Grenache avec son Grenache Day et ses G Nights de folie. Il y avait en plus Michel Blanc de Châteauneuf-du-Pape, Olivier Zavattin, éminent sommelier de Carcassonne et quelques journalistes ou blogueurs, dont l’inénarrable mais si délicate Ophélie Neiman, alias Miss GlouGlou. Bref, j’étais heureux d’être parmi eux et parmi d’autres encore que j’oublie.

Photo©MichelSmith

Le Belle Marlène, queen of Grenache. Photo©MichelSmith

Je ne vais pas m’étendre sur le concours en lui-même car vous savez que je ne prise guère la compétition, dans le vin ni ailleurs. Si ce n’est pour dire que notre table comptait, en plus de notre Belge Marc Vanhellemont, un Italien, deux Catalans et un Français au nom british, c’est-à-dire votre serviteur. Une table équitable vu qu’il m’a semblé que les hidalgos étaient venus en force. Comme à Vinitaly il y a quelques années, tout ce beau linge cherchait à m’expliquer les subtilités et à me démontrer l’efficacité des fiches de notations de l’OIV avec ses cases à cocher en fonction de tout un tas de paramètres pour beaucoup assez vagues et stupides… Mais je ne veux pas vous décourager avec mon avis sur le sujet. Finalement, j’en ai fait qu’à ma tête et j’ai été heureux de constater que mon vin favori, dans les rouges, un valeureux Montsant a été médaillé d’or. Pour info, il s’agit du Furvus 2011 du Domaine Vinyes Domènech à Capçanes en Catalogne. Problème à mes yeux de pinailleur pinardier patenté (les fameux trois P !), selon les fiches techniques sur le site du producteur, les millésimes précédents contenaient jusqu’à 40 % de Merlot ! Tandis que sur un site de vente de vins espagnols, le 2011 est présenté avec seulement 20 % de Merlot dans l’assemblage, ce qui est déjà pas mal, au tarif de 16 €. D’après le règlement du concours, les vins d’assemblages sont acceptés à condition que le Grenache soit majoritaire, ce qui signifie qu’avec un vin à 55 % Grenache, je pourrais concourir ! Pour un concours sur le Grenache, je trouve la farce un peu dure à avaler… Je pense que fixer une limite quant à la présence du Grenache au moins à 80 % me paraît urgentissime pour la crédibilité du concours, quitte à avoir moins d’échantillons à étaler. Et si cela ne tenait qu’à moi, je fixerais la barre à 95 % Grenache ! Cela rendrait l’exercice encore bien plus excitant à mes yeux…

Mon feutre remis au goût du jour. Photo©MichelSmith

Mon feutre remis au goût du jour pour la circonstance. Photo©MichelSmith

Voilà pourquoi ces concours, pour aussi sympathiques qu’ils soient, indépendamment de leur parfaite organisation, me font parfois doucement rigoler : on a l’impression qu’il faut un maximum d’inscriptions pour délivrer un maximum de médailles (plus de 70 médailles d’or pour le Grenache, c’est démesuré…) afin de contenter un maximum de personnes. Espérons que ces remarques, que je ne suis pas le seul à formuler, seront prises en compte lors de la prochaine édition qui se tiendra cette fois à Zaragoza, la grande capitale de l’Aragon. C’est Bernard Rieu, le président du CIVR organisateur qui l’a annoncé hier au quotidien L’Indépendant.

Non, Marco n'arrivera pas à soudoyer Yves Zier ! Photo©MichelSmith

Non, Marco n’arrivera pas à soudoyer Yves Zier ! Photo©MichelSmith

Franchement, le moment le plus riche dans cet événement qui a attiré une grosse majorité de vins espagnols et français, mais aussi italiens, se passe bien après le concours. Hélas, il faut attendre 20 h pour entrer dans le vif du sujet et dans le somptueux cadre de la Chapelle Saint-Dominique où, en présence de nombreux vignerons catalans et de quelques huiles locales, on peut goûter tous les lots ayant participé au concours classés par couleurs, par types et par pays, toujours avec ce même sérieux qui caractérise l’organisation telle la température des vins parfaitement maintenue. Une expérience formidable qui mériterait une ouverture plus précoce ne serait-ce que pour satisfaire la soif de découvertes qui anime bien des amateurs de vins attirés par cette manifestation. Quatre mini buffets ont permis de goûter une succession de petits plats amusants et parfois surprenants réalisés par le chef Franck Séguret dont la plupart se mariaient sans difficultés avec les vins doux naturels du Roussillon, comme mon préféré, le Maury 1988 Chabert de Barbera de la Cave Les Vignerons de Maury, vrai vin de légende sur lequel je vous dirai plus lors d’une prochaine chronique.

Aurélie Pereira, Présidente du cru Maury : le Grenache est son domaine ! Photo©MichelSmith

Aurélie Pereira, Présidente du cru Maury : le Grenache est son domaine ! Photo©MichelSmith

Et de saluer au passage la toute nouvelle et jeune présidente du cru Maury, Aurélie Pereira ! Moi, je trouve que c’est chouette d’avoir une jeune vigneronne à la tête d’un cru. Alors bonne chance Aurélie !

Michel Smith 

PS J’apprends que Colette Faller, quelques mois après sa fille cadette Laurence, vient de partir vers d’autres cieux que ceux de la crête des Vosges. Le plus difficile dans ces cas-là tient dans un mot : continuité. Cela consiste à maintenir et à développer une entreprise – le Domaine Weinbach magistralement gérée jusque-là par ce trio féminin. Catherine et son fils Théo, seuls à la barre, vont devoir tenir le cap et le franchir pour aller vers une autre histoire. La suite va être aussi passionnante que les débuts de Colette après le décès de son mari. Et comme Théo porte le nom de son grand-père on ne peut que lui souhaiter bonne chance ! Je vais trinquer dès ce soir en souvenir d’une très lointaine visite. Bye bye, Colette ! MS


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Decanter ou le Roussillon vu d’ailleurs

Dans sa dernière édition, le magazine Decanter a consacré un assez long dossier aux rouges du Roussillon, sous la houlette de Rosemary George (MW).

Emaillé d’erreurs factuelles dans sa présentation (cartes fantaisistes, amalgames, imprécisions), celui-ci a fait l’objet de vives critiques dans la blogosphère francophone – les plus virulentes venant de notre ami Berthomeau (« Et merde pour la Reine d’Angleterre… ») et de notre confrère blogueur Vincent Pousson.

Entre parenthèses: s’il fallait trouver une justification à l’existence des blogs, la voici!

Un espace d’indépendance, de liberté de la critique, face à la communication institutionnalisée, ou mercantile – ou tout simplement pour pouvoir remettre les points sur les i, c’est toujours bon à prendre. Sans doute cela existait-il avant sous d’autres formes; mais la différence, aujourd’hui, c’est l’audience et la réactivité, grâce à la technologie.

Banyuls3Viticulture héroïque en Roussillon (Photo H. Lalau (c) 2004) 

Il y a des jours ou je me demande si des blogs tels que ces deux-là (et même le nôtre, pourquoi pas?) ne devraient pas recevoir une partie de l’aide à la presse! Rien qu’un petit peu des 90 millions versés au Monde entre 2009 et 2013, par exemple. Voila qui leur éviterait de se poser la question de leur modèle économique…

Mais au-delà de la polémique sur l’emballage de son dossier, venons-en aux notes que Decanter a attribuées aux rouges du Roussillon.

Les résultats ne sont guère fameux. Sur 82 vins dégustés, seuls 6% atteignent le niveau « Hautement recommandé ». Il n’y a aucun vrai coup de coeur. Et un « Top 5″ qui étonne: sans leur faire offense, Terrassous et Trilles ne viennent pas d’emblée à l’esprit quand on pense aux tout meilleurs vins du Roussillon. Même si, sur une dégustation, et pour un vin, tout est possible, bien sûr.

Ce qu’on comprend encore moins bien – et Vincent Pousson le souligne avec raison, c’est le mauvais classement de producteurs habitués aux premières places: Gardiès, Le Clos des Fées, Vaquer, Gauby, La Rectorie (77ème sur 82!).

Voila qui me donne une envie furieuse de redéguster tout ça.

L’ami Pousson, lui, va encore plus loin. Il met en cause le système de notation dans son ensemble, le concept de dégustation cotée. Il parle d’« exercice de style parfaitement ridicule, dépassé, ringard ». De « nomenclatures d’un autre âge ». Avec tout mon respect, je ne le suis pas jusque là.

Ne tombe-t-il pas lui même dans une sorte de « bashing »? Le « benchmark-bashing »?

Cela fait longtemps que je m’interroge sur la notation des vins. Comme tout le monde, j’ai mes doutes sur la méthode, sur la valeur des points, sur leur exemplarité.

J’ai parmi mes proches amis des gens qui préfèrent ne pas noter. Ils sélectionnent, mais n’établissent aucune gradation. Pour certains, c’est par conviction, par égalitarisme; pour d’autres, c’est par fainéantise – trop compliqué. Trop compliqué de choisir. Trop compliqué de se justifier.

Parlons plutôt des premiers: je crois qu’ils ont tort. Il est pour moi tout aussi « inégalitaire » de ne pas sélectionner un vin (et même de ne pas le nommer) dans une dégustation, que de mal le noter. C’est seulement plus hypocrite, et moins informatif.

Je trouverais donc injuste que l’on supprime toute possibilité de gradation – qu’elle émane de revues, de blogs ou autres, peu importe. A mon sens, un ranking comme celui de Decanter (qu’on apprécie ou pas le résultat) a toujours son utilité. Il permet au consommateur de se faire une idée des qualités relatives des vins, indépendamment des mentions, des appellations, des crus, des classements officiels. C’est une sorte de thermomètre de l’appellation. Un thermomètre qu’on doit sans cesse ré-étalonner, bien sûr. Il ne faut pas le prendre pour argent comptant, mais verser la pièce au dossier, comme on dit dans les affaires judiciaires.

Dans bien des cas, ce genre d’articles révèle quelques surprises: on y découvre qu’un grand nom n’est plus à la hauteur de sa réputation, par exemple; ou à l’inverse, qu’une étoile montante mérite qu’on s’y intéresse un peu plus. Que la mention « Grand Cru », ou « Classé » est souvent usurpée, ou ne justifie pas le différentiel de prix. Qu’une appellation, dans son ensemble, a progressé… ou pas.

Imaginons le même dossier de Decanter sans aucune notation: on n’aurait plus qu’un listing.

Rosemary’s baby

Ne jetons pas bébé avec l’eau du Banyuls! On est en droit de contester les résultats de cette dégustation, voire la méthodologie employée (trois dégustateurs, même bardés de titres, c’est peu pour un dossier censé faire référence). On peut même s’interroger sur certains préjugés des auteurs de ce dossier particulier: écrire qu’on ne choisit pas le Roussillon pour l’élégance, c’est peut-être un peu fort, Rosemary. Moi, en tout cas, je connais des rouges élégants dans le Roussillon. Robustes, mais élégants. Deux noms qui me viennent à l’esprit: La Cuvée des Peintres, de l’Abbé Rous, et L’Eglise de Coume Majou, de l’Abbé Charlier.

image

La vigne du Casot de Coume Majou (non dégusté par Decanter)

Mais aller jusqu’à dire, comme Vincent, qu’il s’agit d’un exercice ridicule, non.

D’ailleurs, je le pratique régulièrement, cet exercice; soit en groupe, pour In Vino Veritas; soit seul, lors des voyages que je fais – je note tous les vins que je déguste. La note ne vaut que pour moi, que pour un moment donné, et je sais que je peux me planter. Mais pour moi, le pire serait de ne pas choisir, ne pas m’engager. Déjà que certains de mes collègues me trouvent trop coulant!

J’en reviens au consommateur. Entre les blogs, les magazines, les livres et les guides, il n’a jamais été aussi bien informé sur le vin. Peut-être même trop bien, en ce sens qu’aujourd’hui, l' »offre » de commentaires de vins est extrêmement large. On peut facilement s’y perdre. Conclure que tout se vaut. Mais non, tout ne se vaut pas.

Voila pourquoi je continuerai à noter, et à m’intéresser aux notes données par d’autres. Avec une réserve mentale, bien sûr: je sais qu’il s’agit de choix subjectifs. Et je sais aussi qu’il faut lire les commentaires qui appuient la note.

D’ailleurs, ceux de Decanter ne sont pas inintéressants. Et reconnaissons-lui tout de même d’avoir eu le courage de publier la liste de tous les vins dégustés. En creux, cela permet de connaître les vins qui n’ont pas participé. Tous les magazines, les guides, les blogs ne sont pas toujours aussi aussi précis sur cette question.

« Manque de fruit », note la revue britannique à propos d’une majorité de vins. Cela ne m’étonne qu’à moitié. Quelles cuvées ont été présentées? Sans doute pas les cuvées de base. A quel niveau de leur élevage étaient les vins? Et certains producteurs n’en font-ils pas trop, en voulant à toute force produire des vins qui en imposent? J’ai eu la même impression, récemment, à propos d’une bonne partie des vins de Saint Christol que je vous commentais ICI

Sous réserve d’inventaire, car je n’ai pas dégusté récemment tous ces vins, je me demande si ce dossier, malgré toutes ses imperfections, ne touche pas du doigt un réel problème – et qui n’a rien de particulièrement roussillonnais.

Alors, Messieurs les Anglais, merci quand même…

Hervé Lalau


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Les perles de mon dernier Millésime Bio

D’autres l’ont dit bien avant moi, mais cette session 2015 de Millésime Bio à Montpellier, de par le nombre élevé d’exposants (près de 800) semble avoir atteint ses limites acceptables.

Certes, il y a toujours un moment où le vieux con que je suis ne peut s’empêcher de regretter l’ambiance un peu boy scout du passé, l’époque héroïque où, en dehors de quelques horreurs, il était possible de tout goûter en trois jours pour rentrer chez soi avec le sentiment d’avoir pleinement accompli sa mission. Il est vrai qu’à l’époque on ne trouvait ni salons « off » ni soirées promotions pour nous distraire… et nous épuiser. Nous avions l’esprit clair pour travailler en paix !

Une fois dépassée la nostalgie, que reste-t-il ? Un salon sur dimensionné, beaucoup de visiteurs dans deux halls principaux, même tôt le matin, et un peu moins de monde dans les travées d’un hall 4 difficile à positionner et à atteindre. Témoins de cette affluence : les toilettes, toujours aussi peu nombreuses, étaient prises d’assaut de 11 h à 17 h. Que ce soit à Angers, à Bordeaux ou Montpellier, on oublie toujours que le vin c’est aussi de l’eau et que, à force, ça fait pisser ! Et pas que les filles !

Photo©MichelSmith

La nouvelle mairie de Montpellier. Photo©MichelSmith

Comme je l’ai dit Jeudi dernier, ce sera mon ultime Millésime Bio. Je suis comme qui dirait déconfit. L’an prochain, puisque tout le monde affluera, j’irai de mon côté en fonction de mes moyens faire la tournée des popotes en visitant les « off », chose que je me refusais de faire auparavant, considérant qu’ils m’empêchaient de me concentrer sur l’essentiel, le salon. Ce n’est pas une vengeance de bas étage, juste un moyen plus pragmatique de travailler. Et ça laissera une nuit de plus en chambre d’hôtel à un(e) gentil(le) blogueur (euse) qui, je l’espère, parlera plus du salon « officiel » que des autres et trouvera en même temps des choses intelligentes à dire. Après les coups de cœur de Marc, vous trouverez donc les miens, tout comme ce fut le cas l’an dernier et les années d’avant. Il y aura tôt ou tard une revue spéciale dans ma rubrique Carignan Story consacrée au cépage désormais très tendance…

Les filles ne manquaient pas de sponsors ! Photo©MichelSmith

Ces dames ne manquaient pas de sponsors ! Photo©MichelSmith

-Cela a bien démarré pour moi : le dimanche après-midi, j’ai choisi de parcourir à pieds le petit kilomètre qui me séparait de ma nuit d’hôtel si généreusement offerte jusqu’à la nouvelle mairie, une espèce de gros machin d’acier et de verre bordant le Lez. Là, un horrible salon aux allures de salle de bal était réservé à l’association Vinifilles. En prise au « dress code » qui fait tant de ravages, ces dames avaient trouvé original de se vêtir toutes de noir et de porter autour du cou une écharpe lumineusement bleue qui leur enlevait toute forme de personnalité. Bon, tout le monde trouvant ça «génial », je me jetais littéralement sur la première venue, Françoise Antech, l’efficace patronne de la maison éponyme qui, depuis quelques années s’affirme comme une valeur sûre dans l’univers tant galvaudé des bulles. Sa Blanquette « Brut Nature » m’a fait un bien fou et je crois bien en avoir abusé plus que de raison à un tel point que je ne retrouve plus mes notes de dégustation…

-Probablement les ai-je oubliées à l’hôtel, tant j’étais sous le charme de cette soirée. Je me souviens pourtant d’un autre blanc sublime, la Petite Arvine (Vin de France) de la Suissesse Hildegard Horat, de la Grange des Quatre Sous. Ce blanc, baptisé Bu N’Daw – «la Petite», au Sénégal, car Alioune Diop, le mari d’Hildegard est d’origine casamançaise – est d’une droiture exemplaire et d’une fruit inattendu !

-Retour au Millésime Bio le lendemain avec, pour démarrer, une dégustation complète des Faugères du Château des Estanilles. Épaté par le rosé 2014 et conforté par l’aisance des rouges, avec une nette préférence pour le pur Syrah Clos du Fou 2012, tout en profondeur, densité, longueur et soyeux (20 €). Julien Seydoux, le jeune propriétaire, prend de l’assurance et semble à l’aise dans ce domaine de Faugères situé dans le petit hameau de Lanthéric.

-Hasard des errances dans les travées, je me retrouvais peu de temps après au stand de mes amis Monique et Michel Louison. Les fondateurs des Estanilles sont, depuis la vente de leur cru de Faugères, confortablement installés sur le territoire de Limoux, au Domaine de La Martine où ils ont bâti un vignoble de coteaux moins important de par la taille, mais très performant dans les trois couleurs. Particulièrement en rosé (IGP Haute Vallée de l’Aude), un pur Cabernet Franc droit, épicé, sincère et vif.

Photo©MichelSmith

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-Au Château Gaillard, j’ai pu goûter un parfait Crémant de Loire roséPureté de Silex, assemblage de Chenin et Chardonnay complété par les deux Cabernets (25 %). Un excellent rapport qualité-prix (autour de 8 €) pour un apéro décoiffant !

-Passage rapide chez mes amis Désirée et Sylvain Fadat (Domaine d’Aupilhac), de Montpeyroux, aux pieds du Larzac. Bonne humeur garantie et 2012 rouges de toute beauté, que ce soit dans la cuvée communale (tendre mais bien structurée, 15 €) ou dans la cuvée Cocalières qui ne cesse de progresser, mais aussi dans La Boda, un vin serré et massif partagé entre Syrah et Mourvèdre. Également un magnifique rosé 2014 (environ 8,50 €), probablement le plus beau du salon !

-À l’Abbaye de Valmagne, un amusant rouge 2014 (Morastel, Carignan, Grenache), IGP Colline de La Moure, est à réserver aux grillades de printemps. Vif, frais, ça ne coûte que 6 € départ cave !

-Tout aussi recommandable, le Costières de Nîmes Grimaudes 2014 (Carignan/Grenache, 7,50 €) est dans le même esprit, avec un peu plus de précision dans le fruit, tandis que Les Perrières 2013, à égalité Grenache, Syrah, Carignan, Mourvèdre, est sur un fruit encore plus précis et un très bel équilibre (9,50 €).

-Au Domaine de La Triballe (Coteaux du Languedoc), un superbe rouge 2013 à majorité Carignan fait sensation pour un prix raisonnable : 7 €.

-Comme je le disais, je reviendrai prochainement dans Carignan Story sur les Carignans du salon en général et celui de Philippe Richy en particulier, au Domaine Stella Nova. En attendant, son Pézenas 2013 Polaris, à 70% Carignan, reste Grenache, est très prometteur si j’en juge par sa grande persistance. À noter aussi une grandissime cuvée Cassiopée 2014 (Languedoc, 10 €) dédiée au Grenache.

Philippe Richy, heureux ! Photo©MichelSmith

Philippe Richy, heureux ! Photo©MichelSmith

-Toujours sur Pézenas, le Domaine Sainte-Cécile du Parc m’a étonné avec un rouge 2011 (IGP Pays de Caux) très Cabernet Franc à la fois frais, dense et riche en matière.

-Dans le secteur de Saint-Chinian, au Domaine Les Eminades, on trouve de fort beaux rouges à l’image de cette cuvée Cebenna (Syrah, Grenache, Mourvèdre) émanant d’un terroir de grès, donnant un vin délicat au nez, dense en bouche, marquée par de pures notes de petits fruits rouges.

-En Corbières, dans l’Alaric, le Château La Baronne arrive encore à surprendre le visiteur après des années au sommet. Le Cinsault 2014 Les Chemins de Traverse est à lui seul une invitation pour un voyage dans la finesse et la tendresse. Un modèle du genre pour 14 € seulement. Sans parler de la cuvée Passage 2013 (Syrah) qui impressionne par son assise de fraîcheur.

-Autre Cinsault de taille, mais en Vin de France, au Domaine Vallat d’Ezort, proche de Sommières, où la divine cuvée Allegria 2013 ne coûte guère plus de 6,50 € !

-Dans l’appellation Terrasses du Larzac, le Mas Cal Demoura est en train de nous mijoter une très prometteuse cuvée Les Combariolles 2013 qui ne manquera ni de profondeur ni de perspectives de garde !

-Au Château La Liquière (Faugères), on trouve l’un des plus beaux et des plus festifs parmi les rosés du Languedoc, pétillant de surcroît, et composé de Grenache et de Mourvèdre à égalité (9 €) !

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-Au Mas Foulaquier, en Pic Saint-Loup, j’ai retenu un joyeux Grenache, cuvée Petit Duc 2012 (21 €) qui ne manque pas de charme et encore moins de densité.

-Au Domaine Borie La Vitarèle (Saint-Chinian), c’est souvent la cuvée Terres Blanches qui retient mon attention. La matière du 2014 est irréprochable, tandis que la cuvée Midi Rouge (Roquebrun) 2012 gagne me semble-t-il en longueur et élégance.

-Indétrônable reine du rosé, Régine Sumeire nous offre toujours des Côtes de Provence tout en grâce, précision et finesse, à l’image de son Pétale de Barbeyrolles 2014. Son rouge 2012 Tour de l’Évêque, majorité Syrah avec un peu de Cabernet Sauvignon, est quant à lui remarquable de tannins et fraîcheur.

-La gamme bio de la Maison Trénel, près de Mâcon, outre une exceptionnelle crème de cassis et un beau Crémant de Bourgogne non dosé, m’a fait goûter un Mâcon Villages blanc 2010 Hommage à André Trenel à la fois crémeux, ample et magnifique de fraîcheur.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Passage éclair en Savoie, au Domaine Giachino, pour un Persan 2014 qui s’annonce très intéressant quoique trop jeune encore. Le Jacquère 2013 (14 €), vinifié grappes entières, donne un blanc dense et presque tannique d’une longueur insoupçonnée s’achevant sur une belle fraîcheur. Le même domaine présente une Altesse 2013 tout en éclat et fraîcheur en plus d’un pétillant Giac Bulles léger et tendre ne titrant que 7,5°. Le tout avec de fort belles étiquettes dessinées.

-Chez Adrien Berlioz, l’enfant terrible de Chignin, même enthousiasme pour le Persan, avec un 2013 cuvée Octavie dense, strict, poivré sur un superbe tapis de fruit déroulé en finale.

-Non, je n’ai pas oublié le Roussillon en passant goûter les Collioures du Domaine du Traginer où le 2011 rouge (14 €) est en pleine évolution allant vers un vin sérieux, riche en matière, étonnamment frais et long en bouche.

-Petite visite à Cahors, au Château de Chambert pour goûter le premier vin de la gamme (70 % Malbec, reste Merlot), un Fruité Gourmand 2013 qui porte parfaitement son nom tant il est facile à boire sur le fruit et le croquant.

-En Alsace, Mathieu Boesch (Domaine Léon Boesch) m’a fait goûter un joli Pinot Noir loyal, frais et franc, vinifié à partir de raisins non éraflés.

-Au Domaine des Amadieu à Cairanne, le rosé 2014 Syrah/Grenache fait en saignée est quant à lui bien charnu et dense pour un prix sage : moins de 5 € !

-Pour finir, j’aurais pu rester des heures à la table de François Chidaine et de la pétillante Manuela. Passer du sec vraiment sec au tendre légèrement sucré, finasser sur la structure du Clos du Breuil 2013 (Montlouis) ou m’attarder sur le délicieux Vouvray moelleux 2010, droit et élancé. Revenir sur la droiture des vins, comme celle des Argiles (Vouvray), puis goûter sans retenue le Montlouis Brut Nature, histoire de me refaire la bouche… J’ai hâte d’aller les revoir chez eux. François étant à mes yeux l’un de nos plus grands vignerons !

Michel Smith


4 Commentaires

Millésime Bio 2015, j’y étais aussi !

Je n’aurais pu m’en cacher, Jim m’y a photographié.
Un peu plus de 800 exposants, ça fait du taf et entraine forcément une certaine frustration, celle d’avoir manqué une foule de vignerons intéressants.

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Voici une petite sélection, des connus et des moins connus qui m’ont plu.

Millésime Bio 2015 019

Domaine de La Florane à la Terre Pourpre 2012 ample et gourmande, un Visan frais au fruité joliment concentré, épicés de garrigue et de poivre. Adrien Fabre conduit aussi le Domaine de l’Écrivain à Saint Maurice sur Eygues.

Millésime Bio 2015 014

Je le reverrai à Angers (peut-être moins endormi), mais on ne se lasse pas de déguster les Chardonnay et les Gamay de Romain Paire du Domaine des Pothiers en Côte Roannaise. Fabuleux Hors-Piste 2013 qui est un superbe Pinot Gris (et gras, ça change), minéral et frais. Sa cuvée N°6 rouge de cuve béton laisse s’exprimer le fruit sans le moindre complexe.

Millésime Bio 2015 058

Moi qui n’aime pas trop le Bordeaux en général, j’adore le Clos Puy Arnaud. Il est vrai que les vins de Thierry Valette offrent un fruit sans concession, et surtout sans le goût intempestif du bois. Même le Grand Vin 2011 ne vient pas taxer les papilles d’un contingent de notes boisées.

Millésime Bio 2015 017
Confidentielles, une cuvée des plus agréables en version rosée, mais qui ne manque pas d’intérêt en rouge. Confidentielles 2011 Domaine Saint André de Figuière Côtes de Provence La Londe-les-Maures suave et racé au fruité bien installé et ici présenté par Magali Combard.

Millésime Bio 2015 042
Le Pet’Nat’ de Luc de Conti, du Sauvignon comme il m’arrive d’aimer, vif et vraiment rafraichissant. Sans SO2, capsulé et refermenté en bouteille, à boire sans sourciller.

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Pascal Verhaeghe sort son premier rouge sans soufre après plusieurs années de mise au point. Un vin droit qui ne donne aucun indice sur sa carence sulfureuse, vraiment bon, « je suis un anti soufre quand on peut arriver à le faire ». Lorem Extra 2014 sera mis en bouteille au mois de septembre.

Millésime Bio 2015 065

Le vigneron au nom le plus imprononçable de tout le salon, le sieur Jurtschitsch qui compte 2 voyelles pour 10 consonnes, un record ! Et d’excellents Grüner Veltliner du Kamptal en Autriche. Superbe GV Lamm 1ÖWT très pur avec une vivacité qui propulse les arômes d’agrumes et de fleurs dans tout l’espace palatin. Minéral et long.

Millésime Bio 2015 076

Un Banyuls blanc 2013 du Traginer, JF Deu s’est surpassé, son VDN est superbement citronné avec une douceur délicate et l’amertume de l’agrume qui vient rafraîchir le tout, c’est top !

Millésime Bio 2015 051

Hasta luego con Robles, un Fino de Montilla Moriles muy fresco con un sabor de almendras y de flores secas, me ha gustado mucho

Ciao quand même

 

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Marco

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