Les 5 du Vin

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2015 Burgundy 24/7

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A rather sardonic and world weary Charles II 
observed the Goedhuis tasting  @ The Philip Mould Gallery in Pall Mall
£48,000 will secure this Charlie

 

This is the week that the London tasting scene really kicks back in with a vengeance following the break from late November as merchants and importers concentrate on their festive sales. The accent in this first week is very firmly on Burgundy. At least 20 en primeur Burgundy tastings are crammed into these five days.

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There will be keenies like Tim Atkin MW, Matt Walls and scribes for Jancis Robinson MW Global Purple Pages Inc, who will be scurrying from one tasting venue to the next prior to producing comprehensive reports and assessments on 2015 Burgundy. Some of these scribes will already have spent time late autumn in Burgundy tasting the 2015 with also an early look at 2016 at the same time.

This week is often an opportunity to see the occasionally spotted Michel Bettane in London. Indeed, despite the city’s 24 hour tube strike yesterday the great man was at one of the best of these Burgundy tastings  – Goedhuis & Co.

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Given the price of some Burgundy today – Vide Bourse 1er Cru –
is a wonderfully appropriate lieu-dit
£445 x 12 (in bond)
Lea & Sandeman

Fortunately I don’t have to follow scribes on their Burgundy treadmill. I tend to pick three tastings to attend, which will give me an opportunity to get an impression of the vintage and to taste wines, admittedly many not yet in bottle, that I cannot afford to buy – six bottles of Maison Roche de Bellène’s 2015 Chambertin Grand Cru at £1550 is a fraction above my budget even if the 2015 does have concentration and delicate power…… I knew I should have opted to be a top footballer!

I went to Goedhuis & Co (tasting mainly reds) and Lea & Sandeman (tasting whites only) on Monday and, on Thursday, will be at Haynes Hanson & Clark.

I thought that many of the reds were very attractive with plenty of seductive fruit – mainly red fruit but some black, too. At this stage a lot of the wines, even the Premier and Grand Crus, appeared to be ready to drink young. I was less taken with the whites, many with crowd pleasing roundness but with some lacking balancing raciness in the finish.

A small selection from the wines that I enjoyed (all prices in bond): 

Reds 

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Marsannay Les Longeroises, Domaine Charles Audion
Attractive easy drinking – £240 (12 bottles)
Goedhuis & Co

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Fixin Vieilles Vignes, Denis Mortet
Attractive texture, seductive wine
£180 (6 bottles)
Goedhuis

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Auxey-Duresses, Comte Armand
Red fruits and ready to drink fairly early.
£298 (12 b

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Charmes Chambertin Grand Cru, Domaine Geantet-Pansiot
Lovely silky texture, structure and length.
£650 (6 bottles)

Whites

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La Princée, Saint-Aubin, Hubert Lamy
Quite austere but with some concentration and balance
£210 (12 bottles)
Lea & Sandeman

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Saint-Aubin 1er Cru Clos de la Chatenière Vieilles Vignes, Hubert Lamy
Lovely texture, mouthfilling concentration and length
£350 (12 bottles)
Lea & Sandeman

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2015 Meursault 1er Cru Les Genevrières, Domaine Rémi Jobard
Sexy and seductive
£670 (12 bottles)

 


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Gigondas, avec ou sans « minéralité ».

vins-gigondas-font-sane-slide05Dans cette photo du Domiane de Font-Sane, avec le Mont Ventoux au fond, on sent bien l’influence de l’altitude sur le vignoble

La sensation de puissance, en grande partie due à leur taux alcool, qui se dégage de bon nombre de vins de Châteauneuf-du-Pape peut inciter à la méfiance de la part de certains. Bien qu’il y ait beaucoup de vins magnifiques issus de cette appellation, on a parfois envie d’un peu moins de chaleur, même au creux de l’hiver. Cela explique peut-être pourquoi, confronté à des propositions de déguster à deux endroits différents les vins de Châteauneuf et ceux de Gigondas le même jour et à la même heure, à Paris, récemment, j’ai pris la deuxième option : mon plan « B ».

blocvisuel_2_490x400Certains domaines, mais pas tous, utilisent ce flacon qui singe celui de Châteauneuf. 

J’ai été heureux de mon choix car j’ai pu déguster beaucoup de bons vins dans un confort relatif, vu qu’il n’y avait pas trop de monde. Moins prestigieux, le Gigondas? Et alors? Je préfère de loin éviter les hordes bousculantes et mal-polies et déguster dans de bonnes conditions!


vignoble-la-bouissiereCette photo d’une partie du vignoble de la Bouïssière me fait penser que relief, pente, orientation et environnement jouent ensemble un rôle prépondérant dans l’influence du terroir et pèsent bien plus que la nature du sous-sol.

Au total, 42 domaines ont présenté des vins de différents millésimes, dont 28 avaient aussi amené des échantillons de leur millésime 2015, en cours d’élevage pour certains. Il y avait également une présentation de la géologie de l’aire de Gigondas par l’estimé Georges Truc, assortie d’une dégustation conduite par David Lefebvre qui était censé illustrer le concept « minéralité et terroir ». Vu que les propriétaires et vinificateurs des 6 vins étaient différents, que les techniques de vinification aussi, et qu’aucune information n’était fournie sur le matériel végétal ni sur l’orientation/altitude des vignes en question, cette dégustation ne prouvait rien quant à la validité d’un tel concept ! Mais les dégustations libres étaient très intéressantes et je vous livrerai quelques commentaires sur mes vins préférés.

gigondas_village_et_tourellesLe village qui donne son nom à l’appellation

Le millésime 2015

J’ai dégusté les 27 vins de ce millésime qui étaient présentés dans une salle à part des stands des producteurs. Joli millésime dans l’ensemble et qui devrait bien évoluer. Mes préférés (à peu près dans l’ordre) étaient :

Domaine des Bosquets

Domaine La Bouïssière

Château de Saint Cosme, Les Claux

Domaine de Cabasse

Domaine Montirius

Domaine du Pourra

Domaine du Cayron

Domaine de Font-Sane

Domaine du Goupillon d’Or

Domaine de Piaugier

Domaine Pierre Amadieu

La dégustation principale et mes producteurs préférés

Chacun présentait le ou les millésimes et cuvées de son choix à son stand. J’ai pu presque tout goûter.

Domaine Raspail-Ay 2014

J’ai connu les vins de ce domaine il y a plus de 30 ans quand j’ai commencé dans le vin comme caviste, et je l’avais visité à cette époque. Le millésime 2014 présenté avait une belle matière juteuse et une bonne longueur.

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Domaine des Bosquets, 2014 et 2015

Un grand coup de cœur pour les vins de ce domaine : avec le 2015 j’en ai dégusté 4 et ils sont au top, pour moi. Seul petit inconvénient : des prix un peu élevés; mais enfin, la qualité doit se payer, non? Dans le millésime 2014 j’ai dégusté trois cuvées : le vin d’assemblage qui est harmonieux, suave, long et équilibré ; Le Lieu Dit, délié mais avec une impression d’alcool assez présente ; enfin, mon préféré dans cette série très relevée, Les Collines, lequel, derrière un boisé qui demandera un an de plus pour s’assimiler totalement, est vif, avec des saveurs bien précises et une sensation vibrante qui donnera beaucoup de plaisir.

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Domaine de la Bouïssière 2014 et 2015

Leur 2015 est un bien joli vin, complet, chaleureux et plein. La cuvée Tradition 2014 a un bon fruité avec de la structure derrière, et la cuvée Font de Tonin 2014 est excellent avec une matière dont la fraîcheur éclate au palais.

Domaine de Coyeux, Imperis 2014

Très beau fruité juteux.

Château la Croix des Pins 2014

Deux cuvées de très belle qualité dans ce millésime: Les Dessous des Dentelles, assez gourmand, puissant sans excès, avec une jolie texture, de la finesse et une bonne longueur ; Le Parpaillon, qui a davantage de densité et une belle force de caractère.

Domaine de Font-Sane 2014 et 2015

Après le 2015, bien équilibré, j’ai dégusté deux cuvées du millésime 2014: « Tradition » (mais pourquoi donc tant de cuvées utilisent ce mot qui ne signifie pas grand chose?), qui a un bon fruité, une structure moyenne mais des tannins un peu trop présents; puis « Terrasses des Dentelles », qui a un bien joli nez raffiné et un coeur solide.

Domaine du Grapillon d’Or 2013 et 2015

Le 2015 et juteux et fin. Je n’ai pas bien dégusté le 2014 présenté, mais la cuvée Excellence 2013 a une très belle qualité de fruit et une texture soyeuse.

Domaine Montirius 2011 et 2015

Leur 2015, juteux, élégant et frais, fait partie de mes préférés dans ce millésime. La cuvée Terre des Ainés j’ai trouvé asséché par des tannins trop dominants et j’ai préféré la cuvée Confidentiel 2011, aux arômes claires et à la matière affinée et longue, soutenue par une belle structure.

Maison Ogier 2014

Pour sa cuvée Dentelles 2014, propre et assez vif, au fruité clair et net.

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Château de Saint Cosme 2012 et 2015

Louis Barruol, dont nous avons souvent apprécié les commentaires pleins de sagesse sur ce blog et qui préside actuellement l’appellation Gigondas, présentait deux cuvées. La plus jeune, Les Claux 2015, est le meilleur des 2015 que j’ai dégustés à cette occasion, délicieux par la pureté de son fruit (nez splendide, mais je sais que cet aspect est mouvant à ce stade) et d’un caractère très vivant. Puis une cuvée de garde qu’il faudra attendre: Château de Saint Cosme 2012, fin et bien fruité, mais à la structure encore austère.

Domaine Saint Damien 2014

Cuvée Vieilles Vignes, 2014 souple et gourmande, très agréable, et une cuvée plus ambitieuse, La Louisiane 2014, au très beau fruité, fin et long.

Domaine Les Semelles de Vent 2013 et 2014

Deux millésimes d’une cuvée nommée Clos du Garde, aussi réussies l’une que l’autre. Le 2013 montre de jolies notes combinant fruité et fumé, une matière relativement déliée et souple et un caractère bien gourmand. Le 2014 est plus intense, aux notes de réglisse et de fruits noirs bien mur, aussi bien au nez qu’en bouche, avec des tanins longs et bien intégrés.

Domaine de la Tourade 2014

Une cuvée nommée Font des Aieux, issues de vignes de 70 ans. Intense, encore austère mais avec une belle matière. Un vin qu’il faudra attendre entre 3 et 5 ans à mon avis.

Par négligence de ma part, je n’ai pas dégusté les vins de deux producteurs : Famille Perrin et Domaine Les Teyssonnières 

gigondas003-1024x595Une autre photo du Domaine La Bouïssière, qui produit quelques uns de mes vins préférés de cette dégustation

Conclusion

Les vins de Gigondas utilisent, en gros, les mêmes cépages qu’à Châteauneuf et les assemblages sont aussi largement dominés par le Grenache, mais ils bénéficient d’une altitude supérieure et des expositions plus variées, du fait de la topographie accidentée fournie par les Dentelles de Montmirail et ses éboulis. Cela leur confère une fraîcheur et un équilibre que j’ai bien apprécié dans ce climat sudiste.

Les meilleurs vins de Gigondas offrent au consommateur un compromis intéressant entre fruit, structure et puissance. Leur puissance alcoolique, due largement au cépage Grenache, semble souvent mieux maîtrisé qu’à Châteauneuf, et les prix sont aussi plus abordables. Certains méritent amplement un peu de repos dans une bonne cave, car leur structure a besoin de temps pour se fondre et se patiner. D’autres ont été élaborés pour une consommation plus rapide, pendant la période ou leur fruité reste éclatant. Il convient donc de bien choisir sa cuvée (et son producteur) en fonction de son projet de consommation.

David Cobbold


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IGP Pays d’Oc: complément d’information (1, les blancs)

Il y a quelques mois, à la faveur d’un périple qui m’a emmené de Carcassonne à Uzès, je vous parlais des IGP Pays d’Oc, sur le vu (et le bu) de quelques domaines visités entre Carcassonne et Nîmes. Entre temps, le palmarès 2016 de la Collection Pays d’Oc  (le « best of » annuel de la dénomination) est sorti.

J’y retrouve quelques uns de vins de producteurs que j’avais présentés ; mais aussi d’autres, que je viens de me faire un plaisir de déguster, histoire de vous proposer ma sélection… de la sélection.

N’y voyez aucune vanité de ma part – le jury qui s’est réuni pour établir cette collection a toute ma sympathie, c’est juste que sur ce blog – le blog étant par définition un journal de bord, un témoignage personnel, je me sens obligé de vous faire part de mes coups de cœur, et non de ceux des autres, aussi justifés soient-ils. Le blog n’est-il pas l’endroit où l’on s’engage, quitte à se tromper, parfois, pourvu que ce soit de bonne foi ?

Quoi qu’il en soit, voici mes préférés. Cette semaine, on commence avec les blancs.

vdp-oc-logo

Mas de Madame Muscat Sec 2015

Le Muscat Sec est un art difficile, on a tôt fait de tomber dans le terpénique-ta-cuvée, avec, certes, des arômes exubérants, mais une finale rêche et amère.

De l’amertume, dans ce vin, il y en a, mais c’est plutôt bienvenu.

Le raisin mûr du nez laisse place, en bouche, à des notes plus florales, plus épicées, aussi; c’est ample, mais sec.

Le Mas de Madame se situe près de Frontignan, au pied du massif de la Gardiole. La propriété, aux mains de la famille Sourina (père agronome, fils œnologue), comprend 56 ha, dont 46 de vignes.

Mas de Madame

Domaine La Provenquière Sémillon Vermentino 2015

Un des intérêts de l’IGP Oc, et pas des moindres, c’est d’avoir une liste de cépages beaucoup plus fournie que n’importe quelle appellation ; et donc, de pouvoir faire des assemblages originaux ; C’est bien la première fois que je déguste un Vermentino-Sémillon – un attelage intéressant mais rare (sans doute peut on en dénicher en Côtes de Provence).

Faute de repères, j’ai eu un peu de mal à trouver mes marques : ce vin ne choisit pas vraiment encore l’opulence et la vivacité, il vous donne les deux. Les notes florales, la bonne acidité et la pointe de quinquina en finale me font penser au Vermentino, mais ses agrumes confits et son gras assez confortable m’évoquent plutôt le sémillon. Il semble que le Vermentino soit majoritaire dans l’assemblage ; toujours est-il que le mariage est très réussi.

Le domaine (et château) de la Provenquière se trouve à Caspestang, près de Béziers. Il compte 145 hectares. Fondé au 15ème siècle, il est la propriété de la famille Robert depuis 1954.

Domaine La Provenquière

 

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Les Hauts de Janeil Grenache Viognier 2015

Voici encore un attelage original, qu’on aura du mal à trouver en appellation ; et pourtant, cela fonctionne. Très floral au nez (fleurs de tilleul, camomille, et même une pointe de jasmin), en bouche il passe au chutney de mangue aux épices, et à l’ananas.

Un vin très franc, très direct, sans fioritures. Jolie finale saline.

Les Hauts de Janeil est un vin de la galaxie François Lurton, vigneron bordelais qui vinifie aux quatre coins de la planète, du Chili en Argentine en passant par le Douro, la Castille… et le Roussillon. Et plus précisément, à Tautavel, où se niche le Mas Janeil (40 ha), et où l’on produit aussi bien des cuvées d’IGP Oc que des Côtes de Roussillon Villages.

Mas Janeil

Beauvignac Chardonnay 2015

Je connaissais surtout la coopérative des Costières de Pomérols et sa marque Beauvignac pour son Picpoul de Pinet; il faut croire que le Chardonnay ne se déplaît pas aux bords de l’étang de Thau, car cette cuvée m’a littéralement scotché. L’appellation de référence dans la région, pour ce cépage, c’est Limoux; je n’en suis pas toujours très fan, car bon nombre de vins du cru sont victimes d’un élevage excessivement marqué, et donnent trop dans le grillé à mon goût. Mais là, c’est une tout autre histoire: un Chardonnay bien Chardonnay, avec ses notes de camomille de miel et de fleurs blanches (j’ai pensé un moment à un beau Mâcon), avec un je ne sais quoi d’épicé et de fumé en bouche; une belle opulence, mais encore assez de vivacité pour ne pas tomber dans la mollesse. La finale est bien grasse. Car oui, et c’est là une des bizarreries du langage du vin, d’un vin sec, on peut dire qu’il est gras.

Beauvignac

Mas des Tannes Blanc 2015

Dans la famille Grenache, je voudrais le blanc. Peut-être pas le plus aromatique des cépages blancs du Sud, ni le plus vif, mais par contre, quels beaux épices, quel gras, quelle ampleur! En tout cas, dans celui-ci, au Mas des Tannes, à Montagnac. Est-ce la proximité de la garrigue et des pinèdes qui lui donne ce côté sauvage et corsé, et ces notes de romarin ? Est-ce celle de l’Etang de Thau qui explique ses notes salines? Un peu de tout cela, sans doute, sans oublier un très bel élevage, dont la trace boisée s’estompera sans doute avec un peu de temps. Car ce vin a beau être déjà très plaisant aujourd’hui, j’aimerais bien le redéguster dans un ou deux ans, histoire de vous montrer qu’IGP ne veut pas forcément dire vin à boire vite sur les arômes de la jeunesse… En tout cas, pas chez Jean-Claude Mas.

Mas des Tannes

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En guise de conclusion (provisoire)

Que ce soit à partir de cépages locaux, ou de cépages internationaux, ou encore avec des assemblages originaux,  les blanc d’Oc surprennent.

Au vu des vins de cette sélection, la mode d’un boisé facile et outrancier régresse.

De plus, les bi-cépages introduisent une nouvelle complexité – ce n’est pas faire injure au Pays d’Oc que de dire qu’il a bâti son succès sur les mono-cépages.

Or, à mon humble avis, ces assemblages (à la palette potentiellement très riche, vu le nombre de variétés autorisées) assurent non seulement une plus grande diversité des vins, mais aussi plus de possibilités de différenciation. On trouve maintenant sous cette dénomination des vins qu’on ne trouverait nulle part ailleurs en France; et qui, pourtant, ont bel et bien l’accent sudiste qu’on peut attendre de produits de l’arc méditerranéen. Et une véritable profondeur. On trouve aujourd’hui sous l’IGP de véritables vins d’auteur, des vins signés, des vins propres à réjouir l’oenophile, et à remplir sa cave, pour peu qu’il soit ouvert d’esprit.

La preuve (comme avec les Côtes de Gascogne) qu’il y a une vie au-delà des AOP.

Hervé Lalau amwinmus


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2016 Adegga Christmas Wine Market – Premium Room report

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The 20th  Adegga Wine Market was held at the Marriott Lisbon on 1st December 2016. This report first appeared on the Adegga website

The Adegga Christmas 2016 Wine Market
The Premium Room

Intro
This December 2016 edition was the 20t h Adegga Wine Market. Over the years the Premium Room has given those prepared to pay the additional fee (free for privileged journalists) the chance to taste some wonderful wines. Entry to the Premium Room for this edition cost 50 € compared to 15€ for a basic ticket. However, the additional 35€ was actually brilliant value giving the opportunity to experience a remarkable vertical tasting of Niepoort’s Batuta (Douro) from 1999 to 2014 as well as a short range of fascinating Ports with two from the 1930s. Just buying one of the Ports – the Burmester 1952 would have set you back 400€.

When I taste and drink wine I place a lot of importance on the texture of a wine – the mouth-feel, so in my notes on these wines you will find more comments on texture rather than trying to link flavours to particular fruits, etc.
It goes without saying that my notes and thoughts on these wines are based on tasting without food. Drinking wine with food makes a large difference – tannins and acidity that are too apparent when tasting are softened and hidden.

When André Ribeirinho asked me to write up this edition’s Premium Room tasting for the Adegga website, he kindly offered me a fee. However, I declined the fee as I didn’t want this report to be seen as an advertorial. Also I have been privileged to be invited on a number of occasions by the Adegga team to taste the Premium wines, so I am very pleased to have this opportunity to say thank you.

Whites
1. Monte da Ravasqueira MR Espumante 2012
Ravasqueira is in the Alentejo a little to the north of Evora. This recently launched sparkling wine is made entirely from Alfrocheiro and spends 36 months sur latte. Initially pungently yeasty, floral notes develop in the glass. This is crisp clean, apéro sparkling wine with some depth.
Website
: www.ravasqueira.com

2. Quinta do Sibio
Samarrinho 2015
Although Samarrinho is an indigenous variety from the Douro and is often found in the region’s old vineyards, this is the only Portuguese wine made from this variety. The Quinta do Sibio in the Douro is part of the Real Companhia Velha group. The 2015 has an attractive unusual floral and citric nose with good mouth-filling texture, long finish with fine balancing acidity. This is a good example of how good the balance of fruit and acidity now is in Portuguese whites. It also strongly suggests that if other producers have access to Samarrinho it merits vinifying it on its own.  
Website
: realcompanhiavelha.pt/pages/quintas/8

3. Quinta da Alorna Marquesa de Alorna Grande Reserva 2014
Alorna is an estate in the Tejo. The Marquesa de Alorna Grande Reserva is made from a blend of indigenous varieties. A proportion of the wine is fermented and aged for three months in French oak. A delicate lightly citric nose, quite opulent texture/mouth-feel, this is still quite tight in the fresh finish. Would benefit from more time in bottle. I would wait another year or so. 

Website: alorna.pt/Home
4. Quinta Maria Izabel Vinhas Velhas – Vinhas da Princesa 2014
This Douro quinta is to the east of Peso da Régua. Vinhas Velhas – Vinhas da Princesa is a blend of mainly Rabigato, Códega, Viosinho and Arinto from vines aged between 15 and 80 years. However, some of the varieties in the very old vineyards cannot be identified. 10% is vinified in stainless steel, while 90% goes into 500-litre French barrels.

Mid lemon colour, a lightly floral nose, attractive mouth texture, touch of oak with good freshness and length. Can be drunk now but will benefit from further time in bottle.
Website
: www.quintamariaizabel.pt

5. Quinta dos Carvalhais Branco Especial
Carvalhais is a well-known Dão domaine in the Sogrape group. The Branco Especial is a blend of Encruzado, Gouveio and Sémillon and a fascinating blend of vintages – 2004, 2005 and 2006. Light gold colour, showing some evolution – slight oxidation but adding complexity. The Especial has a tight, austere but long finish and I would be inclined to put it into a decanter before serving.
Website
: www.sograpevinhos.com

6. Anselmo Mendes Parcela Única 2011 (double magnum)
From the good and excellent value Pingo Doce own label Alvarinho made by Anselmo through to this lovely Single Vineyard, Anselmo Mendes is the magician of Vinho Verde. Initially the Parcela Única has quite a yeasty nose, lovely restrained texture, elegant length of quite austere fruit in the very long finish.  Just beautifully balanced and one of my favourite Vinho Verdes. Where’s the crab or grilled turbot?! 
Website
: www.anselmomendes.pt

Reds
7.Quinta do Portal Touriga Nacional 2000 (magnum)
The family-owned Quinta do Portal is high above Pinhão in the Upper Douro. The 2000 Touriga Nacional is still quite ruby coloured but becoming bricky at the edge, lovely herbal aromas, seductive texture with soft tannins. This is a mid-weight, elegant Douro red showing how well these wines can age. Enjoy now
Website: www.quintadoportal.com

8.  Monte da Ravasqueira Touriga Nacional 2012
Ravasqueira is in the Alentejo a little to the north of Evora. The 2012 is very youthful in colour and aromas with tannins quite present – indeed a tad dominant making this a quite butch style Douro red. Ideally the 2012 needs several more years in bottle or a big steak!
Website
: www.ravasqueira.com

9. Quinta do Piloto Coleção de Familia 2013
Quinta do Piloto is in Palmela to the north of Sétubal. The 2013 Coleção de Familia comes from a 60-year-old vineyard and is mainly Castelão (90%) with 10% of other varieties. It has a youthful ruby colour with warm seductive aromas and mouth-filling texture with quite marked tannins in the finish. I would decant this to drink and enjoy now or keep for another couple of years before trying again. However, the 2013 Coleção de Familia is more ready to drink than Ravasqueira’s 2012 Touriga Nacional.
Website: www.quintadopiloto.pt

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10. Mouchão Tonel n° 3-4 2011
Mouchão in the Alentejo is one of the great historic estates of Portugal and Tonel n° 3-4 one of its iconic wines. Unusually Alicante Bouchet, a teinturier grape, is the star variety here and Tonel is 100% Alicante Bouschet from their Carapetos vineyard. Mid-plum colour with a warm herbal nose but quite restrained. Delicately textured initially but marked power and structure soon becomes apparent. Long, quite tannic finish, needs another four or five years to show its real best.

Last July I visited Mouchão. Here is a report on the visit on this blog:
Website: www.mouchao.pt

11. Quinta da Carvalhais Reserva Tinto 2011
Carvalhais is a well-known Dão domaine in the Sogrape group. The Resserva Tinto 2011 has a touch of gaminess on the nose along with red fruits with opulent seductive mouth-filling texture. Well structured with some quite marked tannins in the very long powerful finish. Decant for an hour or so or wait another two or three years. Will be a lovely bottle.
Website: www.sograpevinhos.com

12. Casa Ferreirinha Quinta da Leda 2014
Casa Ferreirinha is also part of the Sogrape group and is their high quality Douro brand. The winemaker is Luís Sottomayor. The 2014 is a blend of 60% Touriga Franca, 15% Touriga Nacional, 15% Tinto Cão, 10% Tinta Roriz. Still youthful colour, lovely soft texture, structure and some tannins in the long finish. The 2014 has length and power but also delicacy – a fine bottle now but can certainly be kept.
Website: www.sograpevinhos.com

13. Quinta dos Murças VV47 2012.
The long established Quinta dos Murças in the Douro with 155 hectares of vines between Regua and Pinhão was bought by Esporão group in 2008. This wine comes from vines planted in 1947 and is a blend of Touriga Nacional, Touriga Franca, Sousão, Tinta Amarela, Tinta Barroca and Tinta Roriz. The 2012 is dark, dense, plum coloured with a rich herbal nose, mouth-filling texture, length. The powerful finish includes the frequent Douro tannic grip. It can be drunk now especially if decanted but I would look to keep this for at least another year or two before trying again.
Website
: www.esporao.com/pt-pt/sobre/quinta-dos-murcas/

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Batuta by Niepoort – the vertical: 1999 to 2014
Batuta was born in 1999, so we were very privileged through Dirk Niepoort’s generosity in providing this vertical tasting of this Douro wine from 1999 to 2014 with just two vintages not shown – 2002 and 2006.

Batuta comes mainly from north-facing very old vineyards from Quinta do Carril, where the vines are more than 70 years old. Grapes also come from older vines (about 100 years old) near Quinta de Nápoles, the home of the Niepoort Douro winery. Fermentation takes place in cone-shaped stainless steel vats and wooden barrels. Batuta is aged for 22 months in French oak barrels, with 25% new oak.

This vertical tasting again brought to the fore Dirk Niepoort’s signature – the remarkable delicacy and finesse in his wines. Batuta is far removed from some Douro wines that are over-extracted with too much tannin. Some of these Batutas recalled the finesse of good Pinot Noir – little wonder that Dirk is a big fan of Burgundy.
Website: www.niepoort-vinhos.com/

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14. 1999
=+Lovely spicy complex nose, complexity on palate, rich but wonderful delicacy, too. Delicious if perhaps slightly drying in finish. Would consider drinking up any bottles fairly soon.

15. 2000
Spicy nose a little less opulent than the 1999. Again delicacy, which is a touchstone of the Niepoort reds, is showing here. Has a resemblance to the sexy seductiveness of a fine Pinot Noir. A star.

16. 2001 (magnum)
Once more the warm, spicy signature aroma. Less opulent than 2000 and 1999.

A leaner colder vintage or is this an effect of this coming from a magnum? Tannins showing in finish but would be masked by food.

17. 2003
Mid plum, a little bricky at the edge, seductive mouth-feel and texture, rich wine, sweet fruit runs through. Opulent and very seductive but there is always that impressive delicacy – these Batutas are not Douro brutes!

18. 2004 (magnum)
Mid plum, red fruits, spicy nose, lovely delicate texture, length, some tannins showing in finish but ripe and well integrated. Lot of charm.

19. 2005 (magnum)
Still youthful mid-plum colour, spicy red fruits nose, sweet texture, structure in finish, complexity and length. Integrated tannins in finish. Lovely wine.

20. 2007 (magnum)
Mid plum, delicate red fruits nose, delicacy not a heavyweight, has balanced thread that runs through. Finesse over power.

21. 2008
Youthful mid-plum colour, red and black fruit aromas. The spicy notes of the older wines have been replaced here by an emphasis on fruit. Power, length and finesse.

22. 2009
Mid plum, opulent spicy nose – return of the spice! Mouth-filling texture, lovely delicate but enveloping texture. Excellent length and great balance. Lovely wine. Drink now or keep.

23. 2010
Mid-plum, quite dense colour. Seductive red fruits nose, again lovely texture, rich, quite marked tannins and structure. Can be drunk with pleasure now but will certainly keep for a number of years.

24. 2011
Mid to dark plum, some spicy texture, red fruits, touch of dried mushrooms, length, power but delicacy too.

25. 2012
Mid-plum colour, warm red fruit aromas, cherries, texture leaner more restrained and without the same opulence as the 2011 and with grainier tannins.

26. 2013
Mid-plum, some faint wood notes, lovely red fruits, sweet texture, very good seamless balance and length. Can be enjoyed now but certainly can be kept for at least five years or more as this vertical clearly demonstrates.

27. 2014
Mid-plum youthful, violets, quite floral aromas, youthful and vibrant, delicate but tight in finish with fresh fruit flavours of a young wine. Well-integrated tannins. Mid-weight. Fine potential.

Ports
I increasingly find tawny and colheita Ports more interesting and complex than Vintage, unless it is very mature and the spirit has become fully integrated and sweetness calmed. There were some lovely Ports here.

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28. Quinta do Noval Vintage 1994
One of the most iconic Douro Port estates sited above Pinhão in the Upper Douro bought by AXA Millésimes in 1993. Spicy cherry nose. Spirit shows a little but some attractive cherry flavours. Length and power. The 94 needs more time with some spirit still showing through in the finish.
Website
: www.quintadonoval.com

29. Noval Colheita 1976
Walnut colour, nutty austerity, quite austere texture and power. Touch of appealing harshness with great length – great. This is very fine and although admittedly it is 18 years older than the Vintage tasted above it reinforces my feeling that Colheitas tend to be more interesting and complex than Vintage Ports.
Website
: www.quintadonoval.com

30. Calém Colheita 1961
Calém along with Barros, Burmester and Kopke are now part of the Sogevinus group.

The 1961 has a delicate mid-gold colour with aromas and flavours of nuts and dried herbs, good concentration along with lovely finesse too. An excellent and delicious Port.
Website: www.calem.pt

31. Burmester Colheita 1952
Burmester along with Barros, Calém and Kopke are now part of the Sogevinus group.

Mid burnished gold, still rich dried fruit – apricots and sultanas, great finesse and delicacy, length. A glass to sip and enjoy at the end of a good meal. Lovely!
Website: www.burmester.pt

32. Kopke Colheita 1957
Kopke along with Barros, Burmester and Calém are now part of the Sogevinus group.
Mid to deep burnished gold, sweet raisined fruit, a little touch of alcohol, quite austere finish providing an interesting contrast to the residual sweetness. Very long finish.
Website
: www.sogevinus.com/kopke/

33. Real Companhia Velha 1938
The first of the two pre-Second World War Ports, this comes from old vines at Quinta das Carvalhas in the Upper Douro on the south bank of the river. Mid gold colour, still quite sweet dried fruits on palate. While attractive the 1938 doesn’t have the complexity and finesse of some of the other Colheitas here.
Website: www.realcompanhiavelha.pt

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34. Niepoort Colheita 1934
Deep burnished walnut colour, concentration of sweet dried fruits, apricots and raisins allied with lovely austerity. Very long, complex finish. This has that fantastic combination of fruit and almost painful austerity that I love in old fortified wines whether they are Ports, Jerez or Madeira.

Truly stunning – great wine!
Website
: www.niepoort-vinhos.com/

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Quelques cuvées insolites de pinot noir (et autres) (volet 1)

Un ami ayant visité l’Abbaye de Poblet nous a ramené quelques bouteilles de Conca de Barberà et a organisé une dégustation. Comme c’est souvent l’usage, chacun des invités, tous des professionnels, avait apporté sa dernière découverte. Du coup, le thème initial, qui était le pinot noir, s’est élargi de manière fort intéressante. Rien n’a été dégusté à l’aveugle, mais comme la plupart d’entre nous n’avaient jamais entendu parler des vins présentés, le risque d’a priori n’existait pas ou peu.

Nous avons commencé par les vins de la Conca de Barberà, qui est une région méridionale de la Catalogne, dont les vignes couvrent une superficie de 5.888ha. L’appellation englobe plusieurs municipalités de la province de Tarragone, où le climat est marqué par une grande différence de température entre le jour et la nuit.  Les cépages rouges autorisés sont nombreux : Cabernet franc, Cabernet sauvignon, Grenache  Noir, Monastrell, Merlot, Pinot noir, Syrah, Trepat, Ull de llebre (alias Tempranillo), Samsó (une vieille variété de Carignan).

Il en est de même pour les blancs : Moscatel de Alejandria, Macabeu, Chardonnay, Grenache blanc, Chenin, Muscat à petits grain, Parellada, Sauvignon blanc.

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C’est une appellation peu connue, même en Espagne, et pourtant de grands vins de Torres sont issus de cette zone, comme Milmanda et Grans Muralles, ce qui aurait dû la faire connaitre; mais c’est encore un exemple où la marque est plus forte que l’appellation et la masque . Je pense pourtant qu’avec le changement climatique, elle n’a pas fini de faire parler d’elle.

Les premiers vins dégustés venaient de l’Abbaye de Poblet, ils sont nés grâce à la volonté des moines et à leur intérêt de reprendre la tradition viticole cistercienne dans leur monastère. Une tradition qui remonte au XIe siècle, qui a commencé en Bourgogne et qui a toujours été associée au seul cépage Pinot noir. Une variété insolite dans ce pays. Dans les années 1980, le Groupe Codorniu a convaincu la communauté monastique de prendre en charge l’exploitation de son vignoble, 9 hectares inclus dans les murs du monastère de Poblet. Dans le même temps, a eu lieu une profonde rénovation du bâtiment, construit en 1870. Au printemps de 2002, la première bouteille d’Abadia de Poblet était présentée au marché.

Poblet réunit une série de conditions géologiques et climatiques qui le convertissent en un terroir extraordinaire pour la viticulture : des  sols pierreux profonds, un climat anormalement frais dans le contexte régional, une altitude de plus de 500 m- une l’orientation optimale de ses vignes, en plus de l’influence estivale de la brise marine. Ces circonstances particulièrement favorables pour le Pinot Noir, assurent une maturation lente du raisin et dans les meilleures conditions. Mais, il n’y a pas que du pinot noir à l’Abadia, comme on va le voir.

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ABADIA DE POBLET

  1. Conca de Barberà Intramurs de Poblet Blanc 2015

Ce 100% Chardonnay nous a tous «bluffés», on ne s’attendait pas à une telle bouteille, un vin aux notes florales, herbacées et citriques, frais, mordant, équilibré et gourmand, le tout pour 7€. Une vraie réussite.

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2. Conca de  Barberà Intramurs de Poblet Negre 2015

Pas de Pinot noir, mais du Tempranillo, du Merlot et du Cabernet sauvignon; ce vin n’a pas réveillé un grand intérêt; certes, il est fruité, mais la bouche est très décevante, très courte et manquant de gras.  7 € aussi, mais je ne le recommande pas

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  1. Conca de Barberà Abadia de Poblet 2012

Celui-ci est un pinot noir 100% issu des 9ha de vignobles plantés à l’intérieur des murs du monastère, les vignes, situées à une altitude de 600m, sont orientées au Nord

Le vin  a été élevé 12 mois en fut de chêne français.

Vol:14,0%

Encore un vin insatisfaisant, d’autant que j’avais en mémoire ceux que je vendais à Barcelone (j’ai oublié le millésime), et que je recommandais beaucoup.

La robe n’est pas très profonde, normal pour un Pinot, mais l’intensité du nez est faible, plutôt évolué, on a des airs de pinot bien sûr, mais en bouche, si le fruit est très mûr, la matière est légère, la finale âpre et sèche. Les moines méritent mieux ! Dommage.

PVP 12,95€

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  1. Conca de Barberà Les Masies de Poblet 2012

Le haut de gamme, toujours en Pinot noir, et la désillusion n’en fut que plus grande. Il a été élevé 15 mois en barriques de chêne français dont 20% neuves et 80% d’un an. Le nez n’était pas net, notes d’écurie, la bouche était très maigre et la finale sèche. Même son petit air de Pinot n’est pas arrivé à le sauver. Vol: 14,5%

Du coup son prix de 24€ est cher.

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5 .Bodegas Escoda Sanhuja Conca de Barberà La Llopetera 2013

Joan-Ramon Escoda est la star de la Conca de Barberà, c’est quelqu’un de sincère, de franc, et c’est comme ça qu’il veut ses vins. Il travaille ses 13 ha de Vignobles en biodynamie.  Il fait son propre compost avec du fumier de moutons et de chevaux percherons qu’il a dans sa propriété.  Il a été un des premiers à travailler sans soufre tant à la vinification comme à l’embouteillage! Il est d’ailleurs membre de l’association des vins naturels. Ce qui compte beaucoup à ses yeux, c’est le millésime, il insiste beaucoup là-dessus.

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Joan Ramon Escoda

La bouteille qui avait été amenée est une de celle que j’apprécie beaucoup : La Llopetera

C’est un 100% pinot noir, issu d’une seule parcelle, à 600m d’altitude qui donne son nom au vin. Les raisins sont égrappés, la fermentation avec des levures indigènes, se fait dans des cuves en acier inoxydable. C’est un vin qui n’a  presque pas vu le bois,  élevage de 6 mois en barriques françaises car qui veut traduire la pureté du fruit. Il est ensuite mis en bouteille sans subir aucune filtration, ni stabilisation, ni clarification.

Nous n’avons pas eu de chance avec cette bouteille, elle s’est très mal goutée : le nez «puait», la bouche était complètement dissociée, maigre et avec une acidité très dérangeante. Je n’ai pas compris, elle ne ressemblait en rien à la Llopetera que je connais.

Bon, ça arrive assez souvent avec les vins nature.

Vol: 13,5%

Pvp: 20,95 €

 

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Je terminerai cette série de pinots noirs, par la dernière création d’Hervé Bizeul:

  1. Clos des Fées « aimer, rêver, prier, se taire… » 2015

Il s’agit d’une jeune vigne de pinot noir (1,83ha) de 3 ans, plantée en cordon, sur argile calcaire, à Tautavel, dans les Pyrénées Orientales. Hervé a choisi une sélection massale de pinot fin. Je n’ai pas parlé de ce vin avec lui, et comme il est en Chine, je n’ai pu obtenir davantage d’informations, mais le nom à lui seul est tout un programme : « aimer, rêver, prier, se taire… »

Qu’a-t-il voulu pprouver en plantant du pinot noir à Tautavel?  Ou plus simplement sa curiosité de voir comment se comportait un tel cépage dans cette zone l’a-elle motivé? Qui a-t-il volu provoquer? Lui-même sans doute.  A quoi a-t-il pensé en choisissant un nom si long et si émouvant, qui interpelle et donne à réfléchir? Il faut s’appeler Hervé  Bizeul pour oser une telle étiquette, ça  ne manque pas de prétention et réclame une cuvée à la hauteur. Si la bouteille est le reflet de ce que nous annonce l’étiquette alors, nous sommes devant un grand vin.

Nous allons laisser un peu de temps aux vignes pour le prouver, pour l’instant, il y a beaucoup d’espoir. Le vin ressemble à Hervé, il plait beaucoup aux uns et déplait aux autres. Moi j’ai aimé sa matière mure, sa texture, son goût de fruit mûr, de cerise, j’ai admiré sa persistance en bouche, son côté quelque peu prétentieux, son boisé fin qu’on perçoit comme une touche de parfum en fin de bouche (12 mois en pièces bourguignonnes François Frères de 1 vin). Vous allez me demander s’il « pinote »; est-ce vraiment important ? N’oublions pas la jeunesse de la vigne.  Soyons patients  et rêvons à son futur; pour l’instant, apprécions-le tel qu’il est, franc, atypique, généreux, audacieux, aimons-le parce que c’est un joli projet, un peu fou, taisons-nous, oublions les commentaires et faisons-nous plaisir en silence, ça nous évitera de dire des bêtises à propos d’une bouteille en devenir. Et à défaut d’être capable d’aimer, fermez les yeux et laissez-vous séduire.  C’est que j’ai fait.

IL n’y en aura pas pour tout le monde:  la production totale est de 1.600 bouteilles.

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En guise de conclusion :

Grande déception en ce qui concerne les quelques Pinots noirs de la Conca de Barberà, notre groupe et moi-même les avons très mal goutés, pourtant la critique nationale et les guides les notent très bien. Si vous les avez dégustés, se serait intéressant de connaître vos opinions.

La semaine prochaine d’autres cuvées insolites, françaises celles-là.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

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Une verticale sur 10 ans de trois domaines médocains

CA Grand Crus, filiale du Crédit Agricole, possède un certain nombre de domaines viticoles, surtout à Bordeaux. Si cette entité a récemment vendu le Château Rayne Vigneau à Sauternes, il lui reste, dans le Bordelais, les châteaux Grand Puy Ducasse à Pauillac, Meyney à Saint Estèphe, La Tour du Mons à Margaux et Blaignan dans le Médoc, ainsi que le Clos Saint Vincent à St. Emilion, puis, en Bourgogne, le Château de Santenay: soit près de 350 hectares de vignes en tout. Cela en fait, non pas un géant de la viticulture, mais un des « institutionnels » ayant une véritable politique de vin. La Directrice Technique des domaines est Anne Le Naour et le Directeur Général Thierry Budin.

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J’ai eu la chance de pouvoir participer, la semaine dernière, à une très intéressante dégustation verticale, parfaitement organisée, qui présentait 10 millésimes de trois de ces propriétés : Meyney, Grand Puy Ducasse et La Tour de Mons. La période couverte par cette dégustation allait de 2006 à 2015, ce dernier étant représenté par des échantillons en cours d’élevage. Cet article sera un compte-rendu de ma dégustation avec quelques mots de présentation des domaines et une conclusion.

Les prix des vins

Voilà un sujet qu’il ne faut jamais éluder lorsqu’il s’agit de vins en général, et de grands vins de Bordeaux en particulier, tant cette catégorie a été soumise à des effets spéculatifs déraisonnables ces dernières décennies. Une bonne nouvelle en ce qui concerne ces trois vins : les prix restent raisonnables pour le secteur. Pour les millésimes que j’ai dégusté, les prix de Château Meyney (Saint-Estèphe) vont de 25 à 40 euros selon le millésime, le plus cher étant le 2010 qui est devenu difficile à trouver en France. Le magnifique 2006, par exemple, ne vaut que 30 euros, ce que je pense être une excellente affaire; ce vin est du niveau d’un cru classé mais à des prix autrement plus abordables. Pour Grand Puy Ducasse, cru classé de Pauillac, la fourchette est de 35 à 50 euros, et pour La Tour de Mons, cru bourgeois de Margaux, elle se situe entre 15 et 25 euros. Vu ces prix et la dégustation que j’ai faite, Meyney en particulier représente une très bonne affaire en ce moment.

Les vins chateau-meyney-saint-estephe

Château Meyney

Je commencerai par Meyney car ce fut mon vin préféré des trois pour l’ensemble des millésimes dégustés. Le Château Meyney est l’une des plus anciennes propriétés du Médoc. En 1662, les propriétaires en étaient les Pères Feuillants, artisans des premières plantations. Aujourd’hui, le vignoble de 51 hectares d’un seul tenant s’étend sur des croupes qui dominent la Gironde. Outre les graves qui composent le sol, on observe ici, comme à Petrus, une veine d’argile bleue en sous-sol, à environ 2,6 m de profondeur sur quelques 3 m d’épaisseur. CA Grands Crus a racheté la propriété en 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil.

Je sais bien que les notes ne sont pas une panacée mais elle me semblent très utiles pour juger de la qualité relative d’un vin dans un contexte donné et, dans ce cas, tous ces vins sont comparables car venant de la même région et utilisant les mêmes cépages. Ma note moyenne pour les 10 millésimes dégustés de Meyney était de 16,9/20, ce qui est très élevé, surtout compte tenu du fait que deux millésimes dits « faibles » (2007 et 2013) faisaient partie de la série.

Château Meyney 2006

Nez resplendissant, très expressif et d’une intensité de fruit assez exceptionnel pour un vin de 10 ans. Cela se confirme en bouche, donnant un vin riche, raisonnablement charnu et éclatant de vie. Très beau vin d’une grande finesse et qui donne un plaisir immédiat maintenant. (18,5/20)

Château Meyney 2007

Le nez est assez torréfié et les tanins semblent denses pour un millésime relativement léger. Du coup ils tendent à assécher un peu le palais en fin de bouche. Mais pas de trace de saveurs végétales. (15/20)

Château Meyney 2008

Ce millésime fait partie de ceux qui se trouvent, et depuis un moment, en phase austère, voire fermée – et ce vin ne fait pas exception à la règle. jugeons-le plutôt sur sa belle charpente et sa longueur prometteuse. Certainement à attendre encore un bout de temps. (16/20)

Château Meyney 2009

A côté d’autres vins de la région dans ce millésime un peu atypique par son exubérance, celui-ci se la joue droit et fin. Il contient néanmoins une belle richesse de matière qui donne une texture charnue et une grande longueur. (17/20)

Château Meyney 2010

Comme bon nombre de vins de ce très grand millésime, celui-ci est en train de se fermer. Mais on sent une très belle fraîcheur qui s’accompagne de beaucoup d’intensité dans les saveurs. La longueur impressionnante annonce un très grand classique. (18,5/20)

Château Meyney 2011

La structure est ferme et ce vin semble aussi dans une phase austère. Bonne précision dans les saveurs, même si cela semble un peu mâché pour l’instant. (15,5/20)

Château Meyney 2012

Une vrai réussite que ce vin fin, précis et long en bouche. J’ai beaucoup aimé son équilibre quasi-parfait entre tanins et fruit. (17/20)

Château Meyney 2013

Un bien joli vin dans un millésime difficile. Précis et fruité, assez soupe et agréable dès maintenant. (16/20)

Château Meyney 2014

Encore une fois la qualité du fruit ressort. La matière a clairement plus de potentiel que pour le 2013, et, logiquement, l’extraction est plus importante. Du coup le fruité exalté est souligné par une belle structure et prolongé par une excellente longueur. (17,5/20)

Château Meyney 2015

Encore plus d’intensité que le 2014. Il faudra attendre la mise en bouteille définitive mais ce vin est très prometteur, complet et long. (18,5/20 : note provisoire)

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Château Grand Puy Ducasse

Les 40 hectares du vignoble de ce Grand Cru Classé sont répartis sur trois grandes parcelles dans l’aire de Pauillac. On doit cette configuration originale à son fondateur, Pierre Ducasse, qui a rassemblé sous un même nom ce vignoble au XVIIIème siècle. Fait unique parmi les crus classés de cette appellation, les bâtiments, dont la belle maison 18ème, se trouvent dans la ville de Pauillac et regardent l’estuaire à travers la rue qui longe les quais (voir photo). Il appartient à CA Grands Crus depuis 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil, comme à Meyney.

Château Grand Puy Ducasse 2006

J’ai été gêné par une pointe d’amertume en finale ainsi que par un profil sec et anguleux de ce vin. Ce n’est pas un mauvais vin, mais il est loin de la qualité de Meyney dans ce millésime. (15/20)

Château Grand Puy Ducasse 2007

Joli fruité et un vin assez complet qui me semble bien réussi dans ce millésime. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2008

A toute l’austérité qui est si typique de ce millésime; A attendre impérativement car peu de plaisir pour l’instant. (14,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2009

Le profile atypique est chaleureux de l’année l’aide beaucoup par rapport aux trois millésimes précédents. Long et intense, bien fruité, mais avec juste une pointe d’alcool en finale et une petite touche d’amertume dans les tanins. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2010

Vin aussi intense que complet. Très belle équilibre entre fruité, acidité et structure tannique. Aussi beau que long. Facilement le meilleur millésime de ce château dans cette série. (17,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2011

Très bon aussi, dans un millésime qui n’a guère attiré des louanges pourtant. J’aime aussi son équilibre qui repose en partie sur un refus de trop extraire. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2012

Le bois domine trop le nez pour le moment, et la matière me semble anguleuse avec une finale très sèche. Préférez le 2011 ! (14/20)

Château Grand Puy Ducasse 2013

Bien plus harmonieux au nez que le 2013. Vin juteux et frais, donnant encore une réussite dans un millésime pas évident. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2014

Le fond est puissant mais il embarque avec lui un très joli fruité et des tanins murs. Très bon équilibre. (16,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2015

On sent davantage de densité qu’avec les autres millésimes sauf le 2010. Mais il est austère pour l’instant et les tanins finissent un peu sec. A voir plus tard (pas noté car je suis incapable de le juger à ce stade).

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Château La Tour de Mons

Les 48 hectares du vignoble de ce Cru Bourgeois sont répartis dans la partie Nord de l’Appellation Margaux, sur les bords de la Garonne. Le vignoble est planté ainsi: 56% merlot, 38% cabernet sauvignon, 6% petit verdot. Le domaine est administré par CA Grands Crus depuis 2012 seulement, donc seuls les 4 derniers millésimes dégustés ont été réalisés sous sa responsabilité. L’œnologue conseil est Eric Boissenot.

Château La Tour de Mons 2006

Un joli nez fumé et un palais intense mais trop austère. Finit sèchement. (13,5/20)

Château La Tour de Mons 2007

Plus souple, ce qui donne un vin agréable qui exprime un fruité arrondi dans ce millésime peu côté (14/20)

Château La Tour de Mons 2008

Plus complet que le 2006, mais il garde le profil austère typique de l’année. (14/20)

Château La Tour de Mons 2009

Le richesse de ce millésime lui fait du bien. Il n’abandonne pas son carapace austère mais il a plus de fruit et une belle longueur. (14,5/20)

Château La Tour de Mons 2010

Le nez est fin et les arômes sont empreints d’élégance. Si la structure reste ferme à ce stade, l’équilibre est là. Un bon vin. (15/20)

Château La Tour de Mons 2011

Je découvre un peu ce millésime dont on parle si peu et je trouve encore un très joli vin avec un fruité joyeux, de la finesse et une belle structure qui joue les prolongations. (15,5/20)

Château La Tour de Mons 2012

Peut-être est-il en phase de fermeture mais ce millésime me parait serré et assez austère, bien que les saveurs aient une bonne précision et que les tannins soient fins. (15/20 ?)

Château La Tour de Mons 2013

Vin plus claire, dont l’extraction a été allégée à juste titre. C’est une réussite dans ce millésime. (14/20)

Château La Tour de Mons 2014

Un très joli vin, avec un beau fruité et des tanins raisonnables, donc en phase avec la matière. (15/20)

Château La Tour de Mons 2015

Le potentiel est bien là, avec de l’intensité, beaucoup de fraîcheur et une bonne longueur. (16/20)

 

Conclusion

Trois domaines manifestement très bien gérés et dont les progrès, en matière de précision et de finesse, m’ont semblé évident sur les derniers millésimes.

Cerise sur le gâteau : les prix sont très abordables pour leurs catégories respectives.

 

David


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Quelques flacons qui valaient le détour !

La semaine dernière, le célèbre distributeur catalan Quim Vila avait réuni autour d’un dîner tous ceux qui avaient bien voulu écrire dans son blog, au cours de l’année écoulée. Au total, une quarantaine de personnes, regroupant vignerons, sommeliers, journalistes et amateurs de vins. La liste était impressionnante, un rendez-vous à ne pas manquer d’autant qu’à part les vins prévus par Quim Vila lui-même, beaucoup de vignerons sont arrivés avec des bouteilles rares ou de très vieux millésimes.  J’ai noté avec plaisir que les vins français n’étaient pas oubliés, les vins espagnols bien entendu étaient à l’honneur,  la table était à la hauteur, bref ce fut une soirée mémorable.

Il m’était impossible d’être présente pour l’apéritif,  mais en arrivant, j’ai vu les « cadavres » des bouteilles de Cavas (Recaredo, Raventos), de Champagnes (Fidèle de Vouet et Sorbée, David Léclapart Premier cru, Bérèche et Fils Reflets d’Antan, Salon 2004), mais aussi de Jerez (La Bota Nº 58 Amontillado d’Equipo Navazos, la Manzanilla Sacristia AB Primera Seca 2015 selección  Antonio Barbadillo Mateos), sans oublier un Montilla Moriles: Gracia Solera Fina María del Valle. La soirée s’annonçait prometteuse. La suite l’a confirmé.

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Pendant le repas, les bouteilles ont défilé, servies par les vignerons eux-mêmes, impossible de tout déguster c’était assez rageant. Voici les vins qui sont arrivés à notre table, bien sûr ça allait très vite et on n’avait guère le temps de s’attarder sur chaque vin,  beaucoup étaient présentés en magnum :

Domaine Vacheron Sancerre blanc 2014,

C’est le premier vin que j’ai goûté, il était parfait pour commencer la soirée, délicatement parfumé, ciselé, vif précis et persistant. Un vrai bonheur.

Kistler Vineyards Sonoma Mountains Chardonnay Les Noisetiers 2014,

J’avoue que je me laisse toujours surprendre par ce vin, si peu américain (pour l’idée qu’on se fait des vins américains),  élégant, racé même, droit, vif, profond.

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As Bateas 2012

Un blanc atlantique de Rias Baixas mais sans DO, un albariño royal, dégageant de jolies notes herbacées, une délicieuse fraicheur, et une finale saline.

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 – Pouilly Fuissé Vieilles Vignes Château Fuissé 2011,

L’intensité de cette bouteille m’a impressionnée,  la bouche offre une magnifique complexité et une longue finale.

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Alsace Domaine Trimbach Réserve personnelle Pinot gris 2008,

La matière est riche, dense et onctueuse, le fruit est très pur,  la fin de bouche est fraîche avec une finale épicée.

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Chinon Les Pensées de Pallus 2005,

Ce fut le  premier millésime de Bertrand dans son domaine familial, le nez est assez typique d’un bon Cabernet Franc.
La bouche est pleine mais souple, sur des parfums de framboise, d’humus et d’épices. Un vin expressif et gourmand.

Mateo  Santa Rita Hills Pinot noir 2014,

Très joli, de la finesse. Un parfum floral, un boisé fin, finale sur des tannins fermes et épicés.

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SaintEmilion Château Ausone 2006,

Un vin légendaire, un peu malmené ce soir là au milieu de tant de vins, mais s’il est certain que le nez avait un peu de mal à s’exprimer, car trop d’odeurs mêlées envahissait la pièce, l’intensité et la légèreté de sa matière étaient bien présentes en bouche, les tannins ronds, fins et mûrs en faisaient un vin très savoureux, un grand vin sans nul doute.

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Chateau Latour 1996 :

99 chez Parker, aussi  la bouteille était très convoitée, j’ai eu droit à un fond de verre, suffisamment pour apprécier un corps massif, pur, des tanins murs, un fruit très pur. Encore un peu austère.

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Barsac Château Climens 2011,

Un vin très complexe et élégant, onctueux et puissant : fascinant.

Klein Constantia 2008, Vin de Constance,

Vin de dessert, vin de légende, j’ai trouvé ce 2008  assez  concentré,  riche et onctueux,   la bouche offre un bouquet de fruits secs : abricots, figues, et coing, soulignées par une note vive de marmelade d’orange et de chocolat noir. Finale persistante.

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 Domaine Tissot Vin Jaune Les Bruyères 2008,

Un nez explosif de fruits secs, de noix, la bouche suit ample, complexe avec les mêmes saveurs de fruits secs, de noisettes, enrichies d’épices, beaucoup de finesse, une légère touche oxydative et une longueur  époustouflante: UN GRAND VIN !

Maison Pierre Overnoy Arbois Pupillin 2003

Le nez très expressif de ce beau vin nature dévoile les notes de noix fraîche, d’abricot et une pointe de curry. La bouche, à l’attaque tendue et ample, est très bien équilibrée et s’enroule dans des tonalités acidulées et grasses; pour terminer sur une longueur ahurissante.

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VINS INSOLITES ou RARES :

Pavillon Blanc du château Margaux 1999,

Quelque peu décevant, je pense que c’est un vin qui a amorcé son déclin.

Château Musar Blanc 2006,

Dans un style oxydatif, on ne peut qu’être  interpellé par ce vin, moyennement corsé, assez vif, sec, marqué par des notes de pommes acidulées, un peu de miel, une finale un peu maigre, mais assez équilibré dans l’ensemble.

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Cadiz Navazos-Niepoort 2014

L’équipe Navazos présente là encore une autre de ses petites “merveilles”. Cette fois, elle s’est associé à Dirk Niepoort, le résultat est un vin de palomino fino frais, savoureux, dominé par des notes fumées, salines ;  la finale longue et persistante offre une pointe d’amertume.

Montsant Joan Asens Les Tallades de Cal Nicolau Picapoll Negre 2013,

Ce vin est issu d’une minuscule vigne de 0,17 ha plantée en pied franc de picapoll negre, un cépage très spécial, c’était la première fois que j’en goûtais. 700 bouteilles seulement d’un vin très séducteur, floral, méditerranéen et frais.

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Terre Siciliane Frank Cornelissen Magma 9 2012,

Très noir, un vin d’une grande puissance en bouche, beaucoup de fruits rouges mêlées à des notes fumées et terreuses, belle fraîcheur en finale. Du même, j’ai eu dégusté des bouteilles plus compliquées.img_2045

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VDT Castilla y Leon Rumbo al Norte 2011,

Un grenache de Gredos puissant, élégant, frais très expressif. Production limitée à 1000 bouteilles.

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Rioja Matador Barceló por Telmo Rodríguez 2010,

Toute juste 1000 bouteilles en magnum, un vin très intense, juteux, savoureux teinté d’élégantes notes balsamiques et terreuses, des tannins très mûrs, beaucoup de caractère et de race, un de mes préférés de la soirée.

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Penfolds Grange  Bin 95 2006,

Un vin à la couleur profonde, intense et serré, très parfumé aux tanins très murs. Très pur, on a l’impression qu’il commence seulement à s’ouvrir.

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Rioja CVNE Imperial  1947,

Un grand classique espagnol, je voulais absolument le goûter, car j’avais un très grand souvenir de cette bouteille dégustée 5 ou 6 ans plus tôt; hélas, celle-là, sans doute mal conservée, était morte. Je garde encore en mémoire, sa complexité, sa fraicheur, sa belle acidité, sa longueur, sans doute une des plus belles bouteilles qu’il m’ait été donné  de déguster en Espagne.

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Clos Joliette Jurançon sec 1971,

Le nez m’est apparu truffé, la bouche ample, savoureuse, la finale légèrement amère, épicée et sèche.

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La Rioja Alta Elaboracion Estilo Sauternes      

L’étiquette étant très détériorée, impossible de voir le millésime, mais ce style de vins s’élaborait dans les années 1900. Il était complètement marron, très décharné et ne subsistait qu’une grande douceur. Mais c’était émouvant que de pouvoir découvrir ce morceau d’histoire.

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Costers del Segre L’Olivera Rasim Vipansit blanc dolç 2012,

Un millier de bouteilles, issues de malvoisie, de xarel.lo et de grenache blanc, corps et structure accompagnent une très belle fraicheur balsamique.  Finale sur des notes d’orange confite et de fleur d’oranger : un très joli vin doux naturel. Une découverte.

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En guise de conclusion, deux réflexions

  • La première, il est très dommage de déboucher autant de belles bouteilles au cours d’une seule soirée, il est clair qu’on ne peut pleinement en profiter, soit on les goute trop vite, soit on passe à coté complètement, le plaisir et l’excitation sont là certes, on ne peut le nier, mais accompagnés d’une certaine frustration quand même.
  • La seconde, je suis toujours très heureuse de constater qu’après tant d’années dans ce milieu, je ne suis pas blasée du tout, j’éprouve toujours autant de curiosité, de plaisir à gouter les vins et à partager ces moments rares en bonne compagnie. Le jour où je m’ennuierai n’est pas prêt d’arriver.

Merci à Quim pour sa générosité,

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols