Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin

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Millésime Bio 2016 (2ème volet) : Au top !

Après des années de bons et loyaux services où durant trois jours pleins (bien plus en comptant les autres salons) je risquais ma santé en m’adonnant à toutes les dégustations possibles et (in)imaginables, y compris les plus exécrables, ceci dans le seul but de découvrir des vins bios qui aujourd’hui connaissent la gloire, j’ai quand même consenti à consacrer une petite journée au Salon Millésimes Bio version 2016 qui attirait pléthore d’exposants rendant aujourd’hui l’efficacité de la visite de plus en plus aléatoire ainsi que le souligne ce court billet pêché dans Vitisphère. Je le déplore et pour ma part, cela fait quelques années que j’agite le chiffon rouge. N’ignorant pas que mon ressenti professionnel ne touche personne d’autre que moi-même, je m’autoriserai toutefois en fin d’article à suggérer quelques pistes forcément naïves qui permettraient peut-être de pimenter un peu plus l’intérêt d’un tel salon tout en ravivant la flamme organique.

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Toujours est-il qu’après mes rouspétances de l’an dernier à pareille époque, je me suis lancé dans la quête désespérée de salons dits off où, je dois l’avouer, les choses ne sont pas toujours faîtes pour que l’on puisse déguster au mieux. J’avais déjà donné (Verchant, Roots 66, Les Affranchis, etc) mais il faut croire que j’étais en manque. Cohues, bousculades, personnages suffisants en mal de grands discours sur le commerce du vin ou les bienfaits des vins sans intrants, seaux débordants de crachats, odeurs pestilentielles mélangeant parfums bradés et tabacs de contrebande, force est de constater une fois de plus que la plupart des gens qui viennent se frotter et se bousculer dans ce genre d’événements au rabais lancés à grands coups de buzz sur les réseaux sociaux, sont là non pour travailler, c’est-à-dire goûter chaque vin et prendre des notes, mais pour se battre et tenter d’arracher quelques goutes d’un précieux liquide-miroir-aux-alouettes dispensé par la main d’un gars qui se dit vigneron parce qu’il a plongé un jour dans la mode du sans soufre. Voilà, c’est dit. Certes, le vigneron paie moins cher qu’une exposition sur 3 jours au salon officiel – Millésime Bio, en l’occurrence -, mais que gagne-t-il au final hormis le plaisir que l’on éprouve (peut-être) à déboucher une trentaine de bouteilles pour des boit-sans-soifs que l’on sert à la chaîne et qui vous promettent au passage monts et merveilles ? La satisfaction d’attirer cent ou deux cent personnes dans des conditions parfois rocambolesques ?

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Bien sûr, face à ce tableau bien noir et forcément exagéré, il y avait des exceptions. Quelques rares moments de grâce, de paix et d’organisation qui suffisent à vous dire que vous ne vous êtes pas déplacés pour rien. À l’image des Outsiders de Louise Hurren ou du Salon Biotop lancé depuis quelques années déjà par Isabelle Jomain, laquelle a eu l’idée d’attirer les amateurs au sommet d’un phare-château-d’eau édifié dans la très hideuse (ou très kitch, selon les goûts) station balnéaire de Palavas-les-Flots, à quelques kilomètres à peine de l’aéroport et du centre des expositions de Montpellier où se tenait Millésime Bio. Justement, j’y suis allé.

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Photo©MichelSmith

Autant le dire tout de suite, sur la cinquantaine de domaines occupant le restaurant du Phare de la Méditerranée, je n’ai pu en goûter que quelques uns, ce qui prouve bien que ce n’est pas en une journée que l’on peut sérieusement faire le tour d’un salon de ce type. Je reprends donc pour vous mes notes les plus significatives en commençant, une fois n’est pas de coutume, par le Bordelais. J’ai renoué en effet avec le Côtes de Bourg du Château Falfas que je n’avais pas goûté depuis 10 ans au moins et si je n’ai pas été séduit par les cuvées Les Demoiselles, j’ai néanmoins aimé le rouge 2011 du château qui, fort de ses quatre cépages, était en plein épanouissement, à la fois complexe, au bord de l’évolution et relativement facile d’approche. Idem, en dépit des tannins marqués, avec le Château Gombaude-Guillot 2011 Clos Plince. Mais le plus beau sans conteste était le Pomerol 2008 en magnum de ce même domaine, un vin dense et fier.

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Photo©Brigitte Clément

Dans le Sud, j’ai aimé le très syrah rosé 2014 du Domaine Les Arabesques à Montner (Roussillon) déclaré en Vin de France que j’ai trouvé vif et élancé. Chez le sieur Padié (Jean-Phi pour les intimes), j’ai vécu une fois de plus la joie immense que procure son Calice 2015 également estampillé Vin de France, un rouge libre et sans complexe entièrement dédié au carignan de Calce. Joie aussi, exprimée non sans détermination au travers de toutes les cuvées du Domaine Rousselin, à Lesquerde. À commencer par un rouge Roc’n Rousselin (du nom des propriétaires), grenache, merlot, macabeu, qui se boit presque sans retenue. Tout comme leur Rendez-vous, une syrah bien en verve, dense, large, souriante. Sans oublier leur Côtes-du-Roussillon-Villages Lesquerde 2014 Les Orientales donnant un rouge envoûtant.

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Laurence Rousselin (Photo©Brigitte Clément)

Trop brève incursion en Touraine, au stand de mes amis Coralie et Damien Delécheneau du Domaine La Grange Tiphaine. À commencer par leur Bécarre, un Amboise de pur cabernet franc qui se lampe comme l’on respire ! Et sans oublier la Clef de Sol (cabernet-franc et côt) 2014 assez ferme en bouche mais dotée d’une belle longueur. Quant au Nouveau Nez, c’est un pet’nat pur et fin qui met une fois de plus Montlouis à l’honneur ! Toujours dans la Loire, quel plaisir de retrouver mes amis du Domaine de Veilloux, Michel et Arnaud Quenioux avec leur Cheverny blanc 2014 Les Veilleurs, toujours aussi vif et incisif, dense et salin. Leur Argilo blanc 2011 est un des plus beaux du secteur et il laisse ressortir de jolies notes évoquant le noyau de pêche et d’autres fruits blancs. Sans oublier le romorantin 2014 qui regorge de finesse et de notes fumées.

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Photo©Brigitte Clément

Les vins de Provence étaient en nombre, mais dans la cohue, je n’ai pu m’approcher que de ceux de l’ami Peter Fischer du Château Revelette. Deux surprises de taille : l’ugni blanc 2015 Pur et le rosé 2014 tout en carignan ! En passant, coup d’oeil vers le Beaujolais. Je me suis régalé du Petit Poquelin du Domaine des Côtes de la Molière, gamay 2015 étiqueté Vin de France. Mais leurs crus Moulin à Vent, Fleurie et Morgon ne m’ont guère enthousiasmé en 2015 bien que le fruité me semblait apparent sur les deux derniers. Un soupçon de déception aussi en Champagne, chez les Fleury, outre une excellente cuvée de pur pinot noir et un brut nature Cuvée de l’Europe (15 % de chardonnay) toujours aussi droit et prenant.

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Photo©MichelSmith

Restons donc dans les bulles avec une fascinante et très catalane maison familiale, Alta Alella Privat. Les Pujol-Busquets, qui vivent dans leurs vignes à portée de vue de la Méditerranée, au cœur de la discrète D.O. Alella, sont parmi les rares (les seuls ?) à produire du Cava au nord de Barcelone. J’ai bien aimé l’éclat fruité de leur brut nature AA Privat 2013 (xarel-lo, macabeu, parellada), leur Bruant 2014, un pur xarel-lo vinifié sans surlfites à la fois vineux et crémeux, ainsi que leur Laietà Gran Reserva, un brut nature 2012 affichant 36 mois de vieillissement sur lattes et présenté dans un très joli flacon, réplique de ce qui se faisait jadis lorsque les blancs du coin étaient envoyés à la cour d’Espagne. Cette dernière cuvée, xarel-lo pour l’essentiel, mais avec un peu de chardonnay et de pinot noir, se goûtait avec beaucoup de sève et de longueur.

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Photo©Brigitte Clément

Voilà pour la partie dégustation. Maintenant, revenons sur l’épineuse question du salon Millésime Bio. Pas question de remettre en cause ici le succès déclaré de cet événement. Mais, compte tenu de la multiplicité des manifestations annexes qui viennent se greffer au salon officiel, nous sommes en droit de nous poser des questions sur son avenir. Un questionnement qui rejoint ici même celui de notre ami Jim Budd à propos du Salon des Vins de Loire.

Morceler et communiquer juste, ne serait-ce que pour avancer mieux ?

Attention, je prends bien soin, n’étant ni expert ni donneur de leçons, de faire de mon intertitre un questionnement. Mais le problème a été tant de fois abordé ici comme ailleurs, par moi comme par d’autres, qu’il me paraît utile pour une fois de faire quelques suggestions aux organisateurs du salon Millésime Bio. L’une serait, par exemple, de diviser le salon en trois parties correspondantes à trois halls d’expositions bien distincts. Le hall principal, celui par lequel les visiteurs entrent, serait consacré aux novices, c’est-à-dire aux vignerons récemment concernés par la bio, ceux qui auraient entre trois et dix années d’expériences en prenant en compte la date de leur certification officielle. Le hall suivant pourrait être affecté aux anciens, aux domaines ayant plus de dix années de pratique de l’agriculture biologique. Un dernier hall pourrait être réservé à ceux des vignerons qui pensent aller plus loin que la simple revendication AB, je pense aux biodynamistes par exemple, ou aux tenants bio du sans soufre ajouté.

Je sais le reproche que l’on ne manquera pas de me faire : cette partition risque de semer la zizanie dans le monde du bio. Mais après 40 ans d’observation, je constate 1) qu’il faut du temps pour être vraiment dans l’esprit bio et que la terre comme la plante ont aussi besoin de ce temps d’adaptation ; 2) que la biodynamie est véritablement un exercice à part, un courant qui, par moment et, selon les cas, s’éloigne vraiment de la simple culture bio ; 3) que les jeunes (ou les nouveaux) qui démarrent en bio n’ont pas toujours réalisé les efforts à fournir, mais qu’ils ont en revanche une besoin d’aide médiatique pour se faire connaître puisqu’ils viennent après leurs aînés qui, certes ont essuyé les plâtres bien avant eux, mais qui ont en revanche bénéficié à fond de la curiosité des médias face à ce qui, à l’époque, apparaissait alors comme étant une tendance novatrice dans le monde viticole. Pour le reste, Millésime Bio doit garder son esprit d’origine qui fait que l’on peut voisiner un grand nom de Bourgogne alors que l’on vient de Croatie ou de Cahors, et que l’année d’après, la place qui vous sera attribuée ne sera pas la même que celle d’avant.

Sur le plan de la communication, il me paraît essentiel d’accorder plus d’impact à l’événement, de lui donner plus d’éclat (mais sans esbroufe), que ce soit avec ou sans l’aide de la région Languedoc/Roussilon, de la mairie de Montpellier et de Sud de France. Plutôt que d’offrir le transport et une nuit d’hôtel à des prescripteurs que l’on invite en masse en misant sur une large participation d’ensemble, sans trop savoir d’où viennent les invités ni ce qu’ils font réellement, il me paraîtrait plus judicieux de sélectionner chaque année au sein de la presse en général (blogueurs, journalistes étrangers ou nationaux) une dizaine d’entre eux (voire plus) pour une semaine tous frais payés afin de les faire participer – un peu à l’instar de Vinitaly – à des jurys de dégustation ou à des projets de visites dans des appellations régionales, projets impliquant bien entendu la publication d’articles. Évidemment, ce groupe de journalistes changerait d’année en année et cela n’empêcherait nullement par ailleurs d’accueillir dignement d’autres prescripteurs, comme ceux de la presse régionale par exemple, ni de réinviter des journalistes ayant bénéficié quelques années avant des avantages précités.

Autre aspect régulièrement mis de côté : la quantité de vins présentés. Certains abusent et débarquent sur le salon avec une dizaine, parfois plus, d’échantillons de vins, dont beaucoup souvent imbuvables en cours d’élevage, tirés de la cuve ou de la barrique. Ainsi, il arrive que l’on passe près d’une heure sur un domaine en passant du blanc très sec au jus de raisin muté, sans oublier les rosés, les pétillants et les vins rouges. Certes, je sais que c’est un salon d’affaires et qu’il vaut mieux, pour un vigneron ou un négociant, avoir le maximum de bouteilles pour avoir une chance de décrocher le marché miraculeux, mais enfin… Je pense qu’en limitant la présentation à 5 ou 6 vins par exposant on arriverait à plus de fluidité et de variété d’échantillons à goûter dans la journée.

Enfin, il est grand temps – et il me semble que c’est le cas, même si je n’ai pas lu les statuts – que les organisateurs de Millésime Bio refusent clairement l’inscription de domaines qui participent par ailleurs à une manifestation off. Grand temps aussi que les dits organisateurs mettent sur pieds une grande table ronde à laquelle serait conviée les représentants du salon officiel et ceux des dégustations off afin d’avoir une discussion sur l’éventualité d’un regroupement au sein de l’enceinte du centre des expositions de Montpellier. Grand temps enfin que les journalistes et acheteurs invités par Millésime Bio signent l’engagement de ne pas participer aux autres salons organisés en parallèle durant cette période dans et autour de Montpellier.

Michel Smith

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Millésime Bio : Carignan/Grenache, la confrontation

À l’occasion du désormais très vaste et très international salon Millésime Bio, qui se tient chaque année en Janvier, à Montpellier, la capitale du Languedoc vibre de multiples fêtes pour l’heure toutes aussi modestes et joyeuses. Le Beaujolais bio – j’en reparlerai – faisait sa fiesta dans une ambiance du tonnerre, la Vallée du Rhône n’était pas en reste, les différents courants de la biosphère non plus répartis en autant de salons « off » plus ou moins prisés à l’instar de ce très réussi salon des Outsiders réunissant pour la première fois des vignerons étrangers au Languedoc épris par cette région au point de s’y installer. Mais pour changer des années précédentes, cette année j’ai choisi de m’arrêter sur quelques événements plus ou moins importants organisés en marge du plus gros des salons consacrés aux vins que compte la planète bio.

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Ce premier article a son importance car il met en scène deux associations qui me tiennent à cœur : la Grenache Association d’un côté, animée magistralement par sa grande et savoyarde prêtresse Marlène Angelloz, dite Marlène Fan de Grenache sur les réseaux sociaux ; et Carignan Renaissance de l’autre, présidée par le talentueux œnologue germano-languedocien Sebastian Nickel. Les deux associations n’ont d’autres objectifs communs que de déclencher l’intérêt des amateurs de vins envers ces deux cépages hautement représentés dans notre grand Sud et même sous d’autres cieux plus ou moins lointains. J’en ai déjà parlé ici même, lors d’une première rencontre amicale dite battle qui n’a de bataille que le nom et dont la vocation n’a qu’une simple mission : confronter les défenseurs des deux cépages dans une atmosphère plutôt joyeuse.

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Sebastian et Marlène, les instigateurs de la battle !

Cette fois la rencontre avait lieu en plein cœur de l’Écusson, autrement dit le vieux Montpellier, dans les murs historiques de la Salle Pétrarque. Il y avait là un monde fou, amateurs, sommeliers et journalistes curieux, attirés par l’aspect inhabituel que pouvait présenter une telle dégustation. Pouvoir en effet passer d’un domaine présentant sa cuvée de grenache pur à un autre fier de faire goûter son carignan de vignes centenaires, sans oublier la surprise de tomber sur un vigneron armé à la fois d’un grenache blanc et d’un carignan vinifié en rosé, rendait l’exercice de la prise de notes, même parfois dans la bousculade, encore plus excitant. Je me suis régalé !

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Pour ma part, en dehors des vins que je connais bien (Stella Nova, Bertrand-Berger, Calavon, L’Anehl, Rimbert, Mas Mellet, Vaquer, Sainte-Croix, Clos du Gravillas, Plan de L’Homme, Leconte des Floris, Treloar, Rémi Jaillet, etc), domaines sur lesquels on peut retrouver quelques commentaires passés en inscrivant leurs noms sur notre moteur de recherche, j’ai été très agréablement surpris par la pureté d’un Faugères 2011 carignanisé, pour ne pas dire fortement inspiré par le carignan sur sol de schiste, celui du Mas des Capitelles. La cuvée Loris de ce domaine révélait un rouge, extraordinaire de pureté et de finesse.

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Dirk, amoureux fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Autre surprise, cette fois avec Hubert Valayer, un vigneron-trufficulteur de la Drôme, plus particulièrement du terroir de Vinsobres où il dirige avec son frère Denis le Domaine de Deurre. Rehaussé de 30 % de mourvèdre, son très carignan Vinsobres 2015 s’annonce comme étant une superbe affaire. Le belge Dirk Vermeersch, quant à lui, a fait sensation avec ses deux cuvées vinifiées en Vin de France. La (grenache) GT-G 2010 était d’une longueur étonnante, tandis que la (carignan) GT-C séduisait par sa maturité et ses notes grillées. De son côté, Peter Fischer, du Château Revelette, dans le haut pays d’Aix-en-Provence, fait toujours sensation avec sa série de Pur déclinée en rouges dans les deux cépages qui nous intéressent et donnant à chaque fois des vins ouverts et plutôt faciles d’approche, pleins d’esprit et de fruit. En profiter au passage pour goûter son blanc dédié à un autre cépage, l’ugni blanc.

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Retour au Languedoc avec Brigitte Chevalier du Domaine de Cébène qui nous gratifie d’un savoureux et sensuel grenache Ex Arena 2013 tout en fraîcheur et salinité issu de vignes plantées sur un sol du Villafranchien. Ne pas manquer non plus son remarquable et très élégant Faugères Belle Lurette 2014 bien inspiré par les vieilles vignes de carignan sur schiste. Côté Roussillon, l’ami Julien, du Domaine Amistat, m’a une fois de plus charmé avec son grenache 2013 tout en sève, riche de matière et de jovialité au point que l’on ne cessait de vouloir remplir son verre !

La semaine prochaine, toujours dans le cadre de Millésime Bio, je proposerai une promenade dans le Beaujolais avec quelques gamays d’anthologie !

Michel Smith

 


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Organically Montpellier

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It’s that time of year again – off to Montpellier for Millésime Bio and then to Angers for the Salon des Vins de Loire and the various off events.

As is now my custom I took the Eurostar from London and then the TGV from Paris arriving in Montpellier just after 5.30 pm. Plenty of time to settle into my hotel – Colisée-Verdun, very close to the station.

 That evening following a friend’s recommendation at Sicilia, a busy, popular and well-run Italian pizzeria and restaurant in the old part of Montpellier. I enjoyed a starter of grilled vegetables and then an escalope milanese cooked in a Sicilian style with pasta Stromboli, which needed the powerful Pic St Loup that I had ordered. 

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2014 Haut-Lirou, Pic Saint-Loup 

On Sunday I took a long relaxed walk through the older parts of Montpellier – carefully avoiding the souless Antigone area. There was a striking contrast between the lively Arab quarter of Figuerolles where most of the shops were open, a bustling street market piled high with oranges, aubergines etc. along with crowds of men clustered around the cafés and the quiet of the old quarter above the Place de la Comédie.

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In the early evening it was off to the now well established Outsiders’s tasting where I met up with Michel Smith. This tasting is always interesting although this year I found a number of the reds just too heavy, tannic and lacking finesse for the moment. Amongst my favourites were a 100% Mauzac and 100% Chenin from Château Rives-Blanques, Limoux. I also liked their delicately sweet 2012 Lagremac d’Aur, which was picked in the first week of November. This was one of the rare years when they had botrytis.

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Michel hard @work 

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Caryl Panman – Château Rives-Blanques

Once we had finished tasting we dropped down the road to Amuse Vin, a friendly wine bar with an interesting list of wines and some OK food. We started with the weighty 2014 Cuvée Tradition, Coteaux du Languedoc from Mas Brunet – a blend of Roussanne, Vermentino and Viognier.

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We then moved onto a couple of reds: 2014 La Pierre Plantée, Saint-Chinian, Les Eminades. Unfortunately I forgot to take a picture of the second one, so will have to add the details later. We must have been chatting too much!

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All in all an excellent and relaxed preparation for Millésime Bio, which has now grown to around 900 producers and there is still a waiting list, which suggests that organic wine is still in fairly rude health.

Loire echoes from Millésime Bio
Antoine Foucault will take over Clos Rougeard
Romain Guibeteau told me that following the very sad death of Charly Foucault right at the end of last year, Nady wants to hand over to Antoine, Charly and Françoise’s son, as soon as possible and retire while assisting Antoine. Romain explained that for Nady Rougeard was always he and Charly together and now it is not the same to run Clos Rougeard by himself.

Muscadet sur Chardonnay?
Apparently there is a move to widen the choice of grapes to make Muscadet. Vincent Caillé tells me that the reason it is taking so long to finalise the four additional Cru Communaux is that the whole Muscadet dossier is being looked at again. Some of the large négociant firms want to be able to make Muscadet not just from Melon de Bourgogne but from other grapes like Colombard, Sauvignon, Chardonnay etc to make Muscadet more aromatic and easier to shift large volumes through the supermarkets at low prices.

The irony is that after years in the wilderness Muscadet is now becoming more appreciated for its current quality and value. As it stands there is nothing to stop producers selling blend of Melon de Bourgogne with other more aromatic varieties and sell it as an IGP or Vin de France. No need to bastardise the Muscadet appellation!

Next week more on Millésime Bio

JIM BUDD

J-ElvisCUss


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Bubble Battle of Waterloo: le cas Napoléon

« Jamais 203 », comme on disait naguère chez Peugeot: je reviens à la dégustation du 7 novembre, la désormais fameuse Bubble Battle of Waterloo, pour vous parler du Champagne Napoléon, Cuvée Tradition. Un Champagne qui, fidèle à son nom, n’a pas fait que de la figuration. Et qui pourrait faire votre plaisir demain soir…

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Je lui ai donné 16/20 – ma deuxième meilleure note de la dégustation.

Je reprends mes notes: « Belle bulle fine. Nez d’agrumes, de prune et de beurre. Complexe en bouche, de la fraîcheur, mais aussi très vineux. Un superbe vin de repas. Plutôt typé Champagne ».

Oui, pour cette fois, j’ai reconnu l’origine.

Et ayant redégusté la semaine dernière la deuxième bouteille,  je confirme ma bonne opinion. Je mettrai à nouveau l’accent sur son ampleur, son côté très plein, très vineux.

Mais d’où vient ce Champagne aux si belles vertus?

Ben, de Vertus, justement (OK, c’est un peu facile).

D’une maison familiale, Ch &A Prieur, fondée en 1825, et dont la deuxième génération, en 1889, pour l’anniversaire de la Révolution française, a eu l’idée de donner à l’une de leur cuvées le nom de Napoléon. Le succès aidant, en 1907, la société dépose la marque « Champagne Napoléon ».

Cette marque, malgré plusieurs contestations, Prieur est parvenu à la conserver.

Est-ce le nom qui veut ça? Les Champagne Napoléon sont plus dans la puissance et la complexité que dans le diaphane – sans doute la marque du Pinot Noir qui compose environ 50% des cuvées, et notamment de la Cuvée Tradition, dégustée à Waterloo.

Quelques éléments complémentaires: les raisins sont issus de la Côte des Blancs et de la Montagne de Reims. Le vin est affiné 4 ans sur lattes. Il est dosé à 9g de sucre.

Hervé Lalau


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Marques & Coop, ou les pépites de la coopération

Elle sont 12. 12 coopératives viticoles qui se sont associées dans un club – Marques & Coop – afin de promouvoir leurs meilleures cuvées. A elles douze, elles représentent plus de 4.000 viticulteurs répartis entre 10 bassins de production en France.

Leurs belles cuvées, on pouvait les déguster mercredi dernier, au Pinxo, rue d’Alger, à Paris, en compagnie des représentants de chaque cave. J’y étais. Je vous livre mes préférés. Peut-être l’occasion, ami oenophile, de regarder d’un autre oeil les vins de coopés?

Au passage, je ferai remarquer qu’il n’y a pas qu’une seule manière de faire de beaux vins dans la coopération – sélection de parcelles, vignoble-modèle, responsabilisation des vignerons, rémunération à la qualité, cuverie spécifique – tout ça à la fois, ou un peu de tout ça. Ce qui semble évident, c’est que la qualité crée l’émulation.

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Vinovalie

Deux coups de coeur sur les deux cuvées présentées par le directeur général de Vinovalie en personne, Jacques Tranier (également président du club): deux cuvées à la marque Astrolabe. En rouge, un Cahors floral, épicé et plein d’entrain (millésime 2013, 100% Malbec, 9,60 euros); en blanc, un Gaillac Vendanges Tardives 2012, 100% Len de L’El, passerillé sur souche, qui équilibre une acidité relativement faible et une forte sucrosité par un incroyable éventail de senteurs exotiques – ananas, agrumes confits, de miel et de poivre, et une finale légèrement amère, comme le zeste d’une orange ou d’une clémentine, qui relance la finale. Essayez-le sur un chocolat noir! Ce qui ne gâte rien, son prix (environ 19 euros) est plutôt doux pour une vendange tardive.

 

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Vinovalie regroupe 4 coopératives du Sud-Ouest: Caves de Rabastens et de Técou à Gaillac, Cave de Fronton à Fronton et Côtes d’Olt à Cahors; soit 470 vignerons pour 3.800 hectares de vignes, et 18 millions de bouteilles.

http://www.vinovalie.com

Vignerons Ardéchois

Ce groupement n’est pas tout à fait un inconnu pour moi, puisque je l’ai visité début juillet. J’ai donc retrouvé avec plaisir la cuvée Terre d’Eglantier, dans le millésime 2014.

Un très beau viognier frais et vif, au nez de pêche et abricot mais avec en bouche de jolies notes de menthe, d’herbe coupée et même de jasmin. Une cuvée issue du Sud de l’Ardèche (Voguë, Valvignères, Montfleury et bordure des Cévennes). Sols de calcaires et de grès, essentiellement. Rendement: 35 hl/ha. Prix: autour de 9 euros.

Les Vignerons Ardéchois (alias Uvica), ce sont 12 caves regroupant 1.500 viticulteurs, soit 6600 ha, pour une production totale de 390.000 hl. 

http://www.vignerons-ardechois.com/

Union de Producteurs Saint Emilion 

Un vin présenté, seulement, pour cette cave qui regroupe 145 vignerons (et vinifie une cinquantaine de châteaux). Et un coup de coeur pour cet Aurelius 2012 – une cuvée née en 2000 autour d’une idée simple: une parcelle par commune. La réalité a été un peu moins simple, car chaque commune ne produit pas forcément le meilleur chaque année; mais le concept reste globalement le même, avec une prédilection pour le pied de côte. Un vin épicé, mentholé, mais aussi suave; la matière est encore assez serrée, mais sans aucune sécheresse. Alain Naulet, le DG de l’UDP Saint Emilion, lui voit un bel avenir. Moi aussi.

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http://www.udpse.com/

Les Vignerons de Tutiac

Nous voici dans les Côtes de Bordeaux, avec ce groupement créé en 1974, et qui rassemble aujourd’hui plus de 500 vignerons, 4.000 ha et 70 châteaux.

J’ai apprécié les deux cuvées présentées – deux lieux-dits: le Lieu-Dit La Lointe, un Malbec, en 2012 (cerise, violette, épice douces, bonne mâche) et surtout le Lieu-Dit Verdot 2011 (un Petit Verdot, comme de juste); de beaux tannins, mais aussi de la gourmandise, du jus de fruits noirs, un côté charnu, aussi. Remarquablement bien élevé – et pourtant très vivant. 14 euros environ.

http://www.tutiac.com/

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Loire Propriétés

Mon coup de coeur, ici, est un vin vraiment singulier, la cuvée « Jubilation Le Pallet » 2010, un Muscadet sur Lie, et même sacrément sur lie, puisqu’il y est resté… trois ans. Loin de perdre en fraîcheur, il en a même gagné, et au passage, beaucoup de rondeur et de minéralité. Côté arômes, c’est également très complet – citron confit, zeste d’agrumes, miel et ananas. La bouche confirme, avec en plus un peu de curry et un bonne dose de pierre à fusil. Un grand vin à la fois ample et profond. La marque d’une sélection de sols favorisant la maturation précoce de raisins. 10,30 euros.

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De la même structure, j’ai apprécié aussi le Crémant de Loire La Feuille d’Or 2005, tout en équilibre entre gras et vivacité – chenin, chardonnay et cabernet franc, partiellement passé en barriques, et vieilli sur lattes depuis 2006.

Loire Propriétés regroupe 4 caves coopératives (Oisly & Thésee, Caves des Vins de Rabelais, Vignerons du Pallet, Caves de la Loire), la distillerie de Thouarcé et le négoce Albert Besombes; soit 250 viticulteurs, totalisant 5.000 ha de vignes.

http://www.loire-proprietes.com/

Ortas 

Ortas proposait deux cuvées à Paris; j’ai préféré le Prestige 2011, que j’ai trouvé prêt à boire – fruité rouge, fumé, rond et généreux à l’attaque mais gardant une certaine vivacité, bref un excellent ambassadeur pour ce cru des Côtes du Rhône – une région qui présente un beau rapport plaisir prix. A propos de prix, cette bouteille vous coûtera 10,30 euros.

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Ortas (alias Cave de Rasteau) regroupe 100 viticulteurs pour une production de l’ordre de 4 millions de bouteilles.

http://www.cavederasteau.com/

Chassenay d’Arce

Chassenay d’Arce fête cette année ses 50 ans; la marque appartient à la Cave de la Côte des Bar, qui regroupe 130 vignerons pour 325 hectares. et 1,5 million de bouteilles.

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Des deux cuvées présentées, j’ai particulièrement apprécié Confidences Brut, un 100% Pinot Noir, à la fois vineux, et délicat (oui, c’est possible!). Crémeux, mais pas mielleux, il présente des notes de fruits secs et de fleurs blanches. Son attaque en bouche est solide, mais sur la longueur, c’est l’élégance qui domine, avec une pointe acidulée en finale. Une cuvée qui donne envie de mieux connaître cette coopérative – pardon, cette « maison de vignerons ». 8.600 bouteilles produites. 49 euros (coffret compris).

http://www.chassenay.fr

 

Hervé LalauHervé

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London : itinéraire d’un finoïste convaincu

C’est bien connu : il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et puisque j’aime bien me remettre en cause, revenir sur mes à-priori, dire oui un jour, non le lendemain, pour pimenter mon presque biannuel voyage à Londres, voyage entrepris afin de mieux me faire connaître auprès de mon espiègle et charmante petite-fille, Astrid, j’ai décidé de m’attaquer à l’épineux et néanmoins capital problème qui consiste à bien grignoter tout en buvant au minimum un bon verre de fino par jour dans une ville tentaculaire où les restaurants pullulent. Pourquoi une telle obsession, me direz-vous ? Tout simplement parce que lorsque je vivais à Londres dans ma prime jeunesse, le sherry, mot désignant dans leur ensemble les vins de Jerez, était très prisé dans les pubs où on le servait sous la forme de sweet, medium dry, ou dry sherry. À des dames principalement…

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Gloomy London, on a Sunday evening. Photo©MichelSmith

Bref, à l’époque, entre 1965 et 1970, ces vins andalous me semblaient archi populaires alors que personnellement je ne pouvais les avaler préférant de loin la bière et la vodka-orange ! Souvenez-vous, lors d’une précédente expédition trans-manche où je m’épanchais déjà sur le vin à Londres, j’avais l’impression que les sherries n’étaient plus du tout en vogue dans cette ville. Je dois avouer que ce sentiment est sèchement balayé au retour de ce tout dernier voyage à cheval sur le week-end dernier. Lors de cette longue fin de semaine, Londres m’est subitement apparue comme étant de nouveau sherry friendly.

WP_20151207_026Comme soudainement hispanisée, la capitale anglaise serait sous l’emprise d’une sorte de fino mania qui ne peut que m’enchanter et me séduire. Pour vous le prouver, je vais vous décrire quelques unes de mes étapes récentes dans cette mégapole toujours aussi bruyante, frénétique, friquée et démesurée où tout est fait pour encourager la consommation des vins en général à toute heure de la journée alors qu’à mon époque, comme on dit, les pubs n’ouvraient qu’à certaines heures précises et contraignantes.

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First stop at La Vinoteca. Photo©MichelSmith

Première étape au sortir de la cohue du tube de la gare de King’s Cross dans une sorte de vaste eating place toute neuve dédiée au vin, où l’accueil est chaleureux et prévenant. Au bar Vinoteca, le plus connu d’une chaîne londonienne composée de 5 établissements, lorsque l’amateur questionne le serveur sur l’offre fino disponible, il vous propose une Manzanilla en petite bouteille (37,5 cl), La Sanluqueña, un vin très original, profond et ample en bouche quoiqu’un brin rustique sur les bords. Première bonne impression, d’autant que la carte, consultable en ligne, ou offerte sur place sous forme de brochure, donne plein d’autres idées pour commander du vin à emporter. On peut s’offrir le verre (4,25 £ pour 10 cl) en compagnie de jambon de Teruel et de chorizo (11 £ l’assiette), une adresse où je reviendrai volontiers !

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Deuxième étape, cette fois-ci plus familière puisqu’en plein Borough Market, à l’Applebee’s qui reste de loin mon restaurant favori tant on sait y servir le poisson presque à la perfection – fraîcheur et cuisson – dans une ambiance décontractée. Sur le gros calamar frit au sel et au poivre (9,95 £), ou sur le duo de sashimi (12,50 £), le Jerez fino del puerto de Guiterez Colosia (17 £ la petite bouteille de 37,5 cl) s’impose sans l’ombre d’un doute tant il est frais, vif et mordant. On en abuse volontiers ce qui incite à programmer une promenade sur les bords de la Tamise où les joggers s’en donnent à cœur joie.

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Photo©MichelSmith

Ma dernière étape sera dans un des nombreux bars repérés pour l’occasion dans une sélection – une de plus – regroupant les dix meilleures adresses de Londres pour les fervents du fino. C’est ainsi que je me suis laissé attirer au Barrafina, un authentique et moderne bar (3 établissements dans le centre de Londres) qui semble jouer sur la qualité des tapas. Dans son antenne la plus réputée, à Frith Street, en plein cœur de Soho, j’y ai savouré un surprenant verre de 10 cl de Fino Perdido (6 £) de Sanchez Romate recommandé par le serveur espagnol qui m’a fait l’honneur de me faire sentir une bonne rasade de vin dans un large verre afin d’aller dans le sens de sa proposition.

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Un vin riche en couleur (bronze) et en goût, gras au palais, un peu moins vif que les Manzanillas La Guita ou La Gitana également présentes, si mes souvenirs sont bons, sur une carte où les Jerez sont proposés au nombre de six. Très style en rama diront certains, j’avais entre les mains ce genre de fino que l’on a volontairement laissé vieillir quelques années de plus dans l’espoir de frôler le style amontillado. Ce perdido s’accordait merveilleusement bien avec cet esprit de vin de fin de déjeuner dans lequel j’étais juste après mon repas sans alcool dans un fameux restaurant du China town tout proche.

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Photo©MichelSmith

Pour info, si vous êtes encore plus finophile que je le suis, Gus, le barman du Vinoteca, m’a chaudement recommandé un bar voisin de King’s Cross, le Pepito, bar que je ne manquerai pas de squatter la prochaine fois. La carte de vins de Jerez qu’il propose, sans oublier les flights qui permettent de comparer plusieurs styles à la fois et les appétissantes tapas variadas qui vont avec, me font déjà saliver. Serais-je en train de renouer mon histoire d’amour avec Londres ? Vous le saurez peut-être en lisant mes prochaines aventures !

Michel Smith

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Mes coups de cœur du moment en bulles

Je ne ferai pas d’apologie très argumentée pour cette sélection, qui est essentiellement de circonstance, c’est à dire basée soit sur une série de dégustations récentes, soit sur une expérience cumulée venue de nombreuses rencontres avec certains de ces vins. Une partie de cette sélection provient de notre récente Bataille des Bulles qui fut tenue, avec Hervé, Marc et plusieurs autres passionnés de la chose, à Waterloo début novembre.

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Commençons par le Champagne, car même si, comme Jim, je déplore la stupidité de l’attaque portée par le CIVC envers Champagne Jayne (surnom presque aussi stupide, faut-il le dire) en Australie, je n’y vois pas une raison valable de boycotter ces vins.

Si vous voulez un Champagne de Grande Marque, assez facilement disponible chez des cavistes ou, pour certains, dans les supermarchés (pas beaucoup dans cette liste, je pense), voici ma petite sélection. Le moins qu’on puisse dire de cette catégorie de vins de Champagne est qu’ils traînent avec eux, comme le nombre d’années de leurs existence, leur somme de préjugés: les pour ou les contre, les fervents et les détracteurs de telle ou telle marque, les rejets catégoriques pour la cause supposée noble du « small is beautiful« , ou, au contraire les acheteurs ayant les moyens et pour lesquels seule une marque connue signifie qualité et reconnaissance de statut. Je réfute tous ces extrêmes de la pensée simple. Seule la qualité du vin prime.

Dans un style riche et puissant

Charles Heidsieck. Magnifique vin qui est issu d’un long vieillissement en cave et d’une part importante de vins de réserve, ce qui lui donne beaucoup d’ampleur. Le vainqueur de notre récente Bubble Battle à Waterloo. Autour de 30 euros, c’est aussi une très bonne affaire.

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Bollinger.  Ne tombez pas dans la panneau actuel de la cuvée 007, bien trop chère. Allez juste voir le film et cela vous coûtera beaucoup moins. La Grande Cuvée de Bollinger est déjà excellente et atteint mon plafond budgétaire personnel de 50 euros (prix moyen en France, donc on peut le trouver pour moins cher). Impeccable, précis, puissant et fin.

Dans un style intermédiaire entre puissance et délicatesse

Henriot Brut Souverain. Très harmonieux et facile à aimer, on peut le trouver entre 25 et 30 euros.

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Très fiable, cette maison propose aussi un excellent blanc de blancs d’une grande finesse.

Et si vous aimez les Champagnes de chardonnay (blanc de blancs) et que vous n’avez pas de limites budgétaires, Henriot élabore aussi une toute petite quantité d’une cuvée exceptionnelle (et exceptionnellement bonne !) qui s’appelle Cuve 38 et qui utilise un peu le principe de la « Solera »,  avec un assemblage vertical de vins de chaque millésime qui vont dans la même cuve, en proportion variable, avec un tirage annuel (forcément non-millésimé) d’un vin dont les débuts remontent à 1990 et un vieillissement de cinq ans en bouteilles. C’est d’une force et d’une pureté extraordinaire.  Ce vin est vendu uniquement en magnum et pour la modeste somme de 500 euros. Pas pour tout le monde, d’accord, mais très bon.

Toute la gamme de Jacquesson est admirable et la cuvée qui porte chaque année un numéro à trois chiffres est, pour un champagne de très haute qualité, une assez bonne affaire autour de 35 euros.

Dans un style plus austère, mais d’une grande finesse

J’aime beaucoup le Roederer Brut Premier, vendu autour de 35/40 euros. Et j’ai bien goûté, récemment, Ruinart Blanc de Blancs (mais un peu cher pour moi à 55 euros).

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Les caves coopératives peuvent aussi être une source de bons Champagnes, généralement à des prix raisonnables. Ces coopératives varient beaucoup en termes de taille, et aussi, pour certains, de style, surtout quant elles sont implantées exclusivement ou majoritairement dans une seule région.

J’aime beaucoup les vins de Pannier, qui est installé à Château Thierry, dans la vallée de la Marne. Leur Brut non-millésimé peut se trouver pour 20/25 euros.

J’ai visité, il y a un an environ, une petite coopérative qui utilise des raisins issus de l’extrême nord-ouest de la Champagne, et essentiellement du massif de Saint Thierry. Le nom donné aux vins, « Prestige des Sacres » n’est pas très facile ni très vendeur à mon avis, mais les vins sont excellents et on peut trouver leur brut autour de 20 euros et des cuvées millésimés entre 25 et 30 euros

En France, on a la chance de pouvoir accéder à une très large éventail de champagnes de vignerons. Il y en a tellement que le choix est difficile. Chaque année, le Syndicat des Vignerons propose une dégustation d’une partie de ces vins à la presse et voici quelques uns, que j’ai sélectionnés cet automne.

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D’abord un immense coup de cœur pour un vigneron dans le petit village de Trois Puits, près de Ludes sur la partie nord de la Montagne de Reims.  Il s’appelle Pierre Trichet (voir ci-dessus dans ses vignes) et j’ai dégusté 3 de ses cuvées qui m’ont tellement emballé que j’en ai commandé 2 pour ma propre consommation. La première est un blanc de blancs, appelé l’Héritage. C’est un vin avec beaucoup de caractère, riche, bien arrondi par le temps en cave et très savoureux. Et son blanc de noirs, appelé La Puissance, est encore meilleure, juteux mais fin, plein de saveur et d’une grande longueur. Très bon rosé aussi. Et la très bonne nouvelle est que ces deux vins valent un peu moins de 20 euros ! La marque de la maison mère est Trichet-Didier, ce qui peut prêter un peu à la confusion. Ils proposent aussi des chambres d’hôte si vous visitez la région, mais je ne les ai pas encore essayées.

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J’ai aussi beaucoup aimé deux vins de la Côte des Blancs du Domaine Collet, appelé (aussi) Héritage pour le blanc et Anthime pour le rosé.

Autre champagne de vigneron que j’aime beaucoup pour sa précision, sa fraîcheur et sa constance à travers les années: Serge Mathieu. Situé à Avirey-Lingey, dans l’Aube, près des Riceys, toute leur gamme et recommandable, mais j’aime particulièrement la cuvée entrée de gamme nommé Brut Tradition (comme des centaines d’autres sans doute !). C’est un blanc de noirs, issus du seul pinot noir et on peut le trouver à bien moins de 20 euros. Curieusement leurs vins sont peu connus en France car ils exportent au moins 80% de leur production à partir de leur domaine. Ils sont justement mais faiblement dosés, grâce à une maîtrise de la qualité des raisins (agriculture plus que raisonnée, mais pas de bio inutile) et un long vieillissement sur lies.

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On va finir sur un autre rosé que j’ai adoré et qui vient d’une structure particulière: le Lycée Viticole d’Avize, dans la Côte des Blancs. Ici, sous la direction d’un chef de cave, les élèves élaborent le vin qui porte la marque Sanger. Ce rosé s’appelle Tango Paradoxe et il est très intéressant car il est fait avec du pur chardonnay auquel on a ajouté 10% de vin de pinot noir vinifié à la bourguignonne et donc assez coloré. Cela fait un rosé ayant une très belle couleur profonde (c’est ce que je préfère dans les vins rosés en générale, car je trouve que cela va presque toujours avec davantage de saveurs que tous ces trucs palots à la mode) et beaucoup de caractère en bouche. Cela ne vaut qu’autour de 20 euros et c’est une excellent affaire.

 

Maintenant les autres vin effervescents, car il ne faut pas se limiter à la Champagne tant la qualité des autres bulles a fait des bonds spectaculaires depuis quelques années.

Pour jouer les aventuriers sans grands risques, quelques bonnes bulles anglaises, révélées lors de notre récente bataille de bulles à Waterloo :

Nyetimber cuvée classic 2010. Ce vin d’une très grande finesse, délicat mais savoureux, parfaitement équilibré, est arrivé 4ème dans notre finale à Waterloo. On peut en trouver en France, même si son prix n’est pas des plus doux (autour de 45 euros): ce qui est rare est souvent un peu cher !

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Gusbourne ou Denbies Cubitt Reserve sont des alternatives valables parmi un nombre croissant de très bonnes bulles anglaises.

Les bulles allemandes, bien plus nombreuses, ne sont pas à négliger si vous pouvez en trouver ce côté-ci du Rhin. Le Bardong Chardonnay, de la région du Palatinat, nous avait beaucoup plu lors de la Bataille.

En France, il y a bon nombre d’alternatives aussi en matière de vins effervescents. J’en signale deux que j’ai dégusté avec grand plaisir et à plusieurs reprises, mais il y en a bien d’autres.

Pour les budgets modestes (vendu à moins de 10 euros chez Monoprix), la cuvée Langlois, Crémant de Loire, est irréprochable, surtout à ce prix. J’ai aussi très bien dégusté une cuvée de Crémant de Bourgogne, appelée Vive-La-Joie, dans un flacon un peu ventru et élaborée par Bailly Lapierre. Prix autour de 14/15 euros.

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Tout cela est cantonné à une petite partie de notre vieille Europe (lisez aussi les conseils avisés de Marie-Louise Banyols ces deux derniers dimanches, sur les cavas) et bien trop court pour refléter le très grand éventail d’excellents vins dans cette catégorie croissante de vins mousseux.

Si vous n’arrivez pas à trouver certains de ces vins, essayez via Wine Searcher

Voilà et bonne fêtes.

 

David

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