Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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IGP Pays d’Oc: complément d’information (1, les blancs)

Il y a quelques mois, à la faveur d’un périple qui m’a emmené de Carcassonne à Uzès, je vous parlais des IGP Pays d’Oc, sur le vu (et le bu) de quelques domaines visités entre Carcassonne et Nîmes. Entre temps, le palmarès 2016 de la Collection Pays d’Oc  (le « best of » annuel de la dénomination) est sorti.

J’y retrouve quelques uns de vins de producteurs que j’avais présentés ; mais aussi d’autres, que je viens de me faire un plaisir de déguster, histoire de vous proposer ma sélection… de la sélection.

N’y voyez aucune vanité de ma part – le jury qui s’est réuni pour établir cette collection a toute ma sympathie, c’est juste que sur ce blog – le blog étant par définition un journal de bord, un témoignage personnel, je me sens obligé de vous faire part de mes coups de cœur, et non de ceux des autres, aussi justifés soient-ils. Le blog n’est-il pas l’endroit où l’on s’engage, quitte à se tromper, parfois, pourvu que ce soit de bonne foi ?

Quoi qu’il en soit, voici mes préférés. Cette semaine, on commence avec les blancs.

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Mas de Madame Muscat Sec 2015

Le Muscat Sec est un art difficile, on a tôt fait de tomber dans le terpénique-ta-cuvée, avec, certes, des arômes exubérants, mais une finale rêche et amère.

De l’amertume, dans ce vin, il y en a, mais c’est plutôt bienvenu.

Le raisin mûr du nez laisse place, en bouche, à des notes plus florales, plus épicées, aussi; c’est ample, mais sec.

Le Mas de Madame se situe près de Frontignan, au pied du massif de la Gardiole. La propriété, aux mains de la famille Sourina (père agronome, fils œnologue), comprend 56 ha, dont 46 de vignes.

Mas de Madame

Domaine La Provenquière Sémillon Vermentino 2015

Un des intérêts de l’IGP Oc, et pas des moindres, c’est d’avoir une liste de cépages beaucoup plus fournie que n’importe quelle appellation ; et donc, de pouvoir faire des assemblages originaux ; C’est bien la première fois que je déguste un Vermentino-Sémillon – un attelage intéressant mais rare (sans doute peut on en dénicher en Côtes de Provence).

Faute de repères, j’ai eu un peu de mal à trouver mes marques : ce vin ne choisit pas vraiment encore l’opulence et la vivacité, il vous donne les deux. Les notes florales, la bonne acidité et la pointe de quinquina en finale me font penser au Vermentino, mais ses agrumes confits et son gras assez confortable m’évoquent plutôt le sémillon. Il semble que le Vermentino soit majoritaire dans l’assemblage ; toujours est-il que le mariage est très réussi.

Le domaine (et château) de la Provenquière se trouve à Caspestang, près de Béziers. Il compte 145 hectares. Fondé au 15ème siècle, il est la propriété de la famille Robert depuis 1954.

Domaine La Provenquière

 

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Les Hauts de Janeil Grenache Viognier 2015

Voici encore un attelage original, qu’on aura du mal à trouver en appellation ; et pourtant, cela fonctionne. Très floral au nez (fleurs de tilleul, camomille, et même une pointe de jasmin), en bouche il passe au chutney de mangue aux épices, et à l’ananas.

Un vin très franc, très direct, sans fioritures. Jolie finale saline.

Les Hauts de Janeil est un vin de la galaxie François Lurton, vigneron bordelais qui vinifie aux quatre coins de la planète, du Chili en Argentine en passant par le Douro, la Castille… et le Roussillon. Et plus précisément, à Tautavel, où se niche le Mas Janeil (40 ha), et où l’on produit aussi bien des cuvées d’IGP Oc que des Côtes de Roussillon Villages.

Mas Janeil

Beauvignac Chardonnay 2015

Je connaissais surtout la coopérative des Costières de Pomérols et sa marque Beauvignac pour son Picpoul de Pinet; il faut croire que le Chardonnay ne se déplaît pas aux bords de l’étang de Thau, car cette cuvée m’a littéralement scotché. L’appellation de référence dans la région, pour ce cépage, c’est Limoux; je n’en suis pas toujours très fan, car bon nombre de vins du cru sont victimes d’un élevage excessivement marqué, et donnent trop dans le grillé à mon goût. Mais là, c’est une tout autre histoire: un Chardonnay bien Chardonnay, avec ses notes de camomille de miel et de fleurs blanches (j’ai pensé un moment à un beau Mâcon), avec un je ne sais quoi d’épicé et de fumé en bouche; une belle opulence, mais encore assez de vivacité pour ne pas tomber dans la mollesse. La finale est bien grasse. Car oui, et c’est là une des bizarreries du langage du vin, d’un vin sec, on peut dire qu’il est gras.

Beauvignac

Mas des Tannes Blanc 2015

Dans la famille Grenache, je voudrais le blanc. Peut-être pas le plus aromatique des cépages blancs du Sud, ni le plus vif, mais par contre, quels beaux épices, quel gras, quelle ampleur! En tout cas, dans celui-ci, au Mas des Tannes, à Montagnac. Est-ce la proximité de la garrigue et des pinèdes qui lui donne ce côté sauvage et corsé, et ces notes de romarin ? Est-ce celle de l’Etang de Thau qui explique ses notes salines? Un peu de tout cela, sans doute, sans oublier un très bel élevage, dont la trace boisée s’estompera sans doute avec un peu de temps. Car ce vin a beau être déjà très plaisant aujourd’hui, j’aimerais bien le redéguster dans un ou deux ans, histoire de vous montrer qu’IGP ne veut pas forcément dire vin à boire vite sur les arômes de la jeunesse… En tout cas, pas chez Jean-Claude Mas.

Mas des Tannes

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En guise de conclusion (provisoire)

Que ce soit à partir de cépages locaux, ou de cépages internationaux, ou encore avec des assemblages originaux,  les blanc d’Oc surprennent.

Au vu des vins de cette sélection, la mode d’un boisé facile et outrancier régresse.

De plus, les bi-cépages introduisent une nouvelle complexité – ce n’est pas faire injure au Pays d’Oc que de dire qu’il a bâti son succès sur les mono-cépages.

Or, à mon humble avis, ces assemblages (à la palette potentiellement très riche, vu le nombre de variétés autorisées) assurent non seulement une plus grande diversité des vins, mais aussi plus de possibilités de différenciation. On trouve maintenant sous cette dénomination des vins qu’on ne trouverait nulle part ailleurs en France; et qui, pourtant, ont bel et bien l’accent sudiste qu’on peut attendre de produits de l’arc méditerranéen. Et une véritable profondeur. On trouve aujourd’hui sous l’IGP de véritables vins d’auteur, des vins signés, des vins propres à réjouir l’oenophile, et à remplir sa cave, pour peu qu’il soit ouvert d’esprit.

La preuve (comme avec les Côtes de Gascogne) qu’il y a une vie au-delà des AOP.

Hervé Lalau amwinmus


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2016 Adegga Christmas Wine Market – Premium Room report

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The 20th  Adegga Wine Market was held at the Marriott Lisbon on 1st December 2016. This report first appeared on the Adegga website

The Adegga Christmas 2016 Wine Market
The Premium Room

Intro
This December 2016 edition was the 20t h Adegga Wine Market. Over the years the Premium Room has given those prepared to pay the additional fee (free for privileged journalists) the chance to taste some wonderful wines. Entry to the Premium Room for this edition cost 50 € compared to 15€ for a basic ticket. However, the additional 35€ was actually brilliant value giving the opportunity to experience a remarkable vertical tasting of Niepoort’s Batuta (Douro) from 1999 to 2014 as well as a short range of fascinating Ports with two from the 1930s. Just buying one of the Ports – the Burmester 1952 would have set you back 400€.

When I taste and drink wine I place a lot of importance on the texture of a wine – the mouth-feel, so in my notes on these wines you will find more comments on texture rather than trying to link flavours to particular fruits, etc.
It goes without saying that my notes and thoughts on these wines are based on tasting without food. Drinking wine with food makes a large difference – tannins and acidity that are too apparent when tasting are softened and hidden.

When André Ribeirinho asked me to write up this edition’s Premium Room tasting for the Adegga website, he kindly offered me a fee. However, I declined the fee as I didn’t want this report to be seen as an advertorial. Also I have been privileged to be invited on a number of occasions by the Adegga team to taste the Premium wines, so I am very pleased to have this opportunity to say thank you.

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1. Monte da Ravasqueira MR Espumante 2012
Ravasqueira is in the Alentejo a little to the north of Evora. This recently launched sparkling wine is made entirely from Alfrocheiro and spends 36 months sur latte. Initially pungently yeasty, floral notes develop in the glass. This is crisp clean, apéro sparkling wine with some depth.
Website
: www.ravasqueira.com

2. Quinta do Sibio
Samarrinho 2015
Although Samarrinho is an indigenous variety from the Douro and is often found in the region’s old vineyards, this is the only Portuguese wine made from this variety. The Quinta do Sibio in the Douro is part of the Real Companhia Velha group. The 2015 has an attractive unusual floral and citric nose with good mouth-filling texture, long finish with fine balancing acidity. This is a good example of how good the balance of fruit and acidity now is in Portuguese whites. It also strongly suggests that if other producers have access to Samarrinho it merits vinifying it on its own.  
Website
: realcompanhiavelha.pt/pages/quintas/8

3. Quinta da Alorna Marquesa de Alorna Grande Reserva 2014
Alorna is an estate in the Tejo. The Marquesa de Alorna Grande Reserva is made from a blend of indigenous varieties. A proportion of the wine is fermented and aged for three months in French oak. A delicate lightly citric nose, quite opulent texture/mouth-feel, this is still quite tight in the fresh finish. Would benefit from more time in bottle. I would wait another year or so. 

Website: alorna.pt/Home
4. Quinta Maria Izabel Vinhas Velhas – Vinhas da Princesa 2014
This Douro quinta is to the east of Peso da Régua. Vinhas Velhas – Vinhas da Princesa is a blend of mainly Rabigato, Códega, Viosinho and Arinto from vines aged between 15 and 80 years. However, some of the varieties in the very old vineyards cannot be identified. 10% is vinified in stainless steel, while 90% goes into 500-litre French barrels.

Mid lemon colour, a lightly floral nose, attractive mouth texture, touch of oak with good freshness and length. Can be drunk now but will benefit from further time in bottle.
Website
: www.quintamariaizabel.pt

5. Quinta dos Carvalhais Branco Especial
Carvalhais is a well-known Dão domaine in the Sogrape group. The Branco Especial is a blend of Encruzado, Gouveio and Sémillon and a fascinating blend of vintages – 2004, 2005 and 2006. Light gold colour, showing some evolution – slight oxidation but adding complexity. The Especial has a tight, austere but long finish and I would be inclined to put it into a decanter before serving.
Website
: www.sograpevinhos.com

6. Anselmo Mendes Parcela Única 2011 (double magnum)
From the good and excellent value Pingo Doce own label Alvarinho made by Anselmo through to this lovely Single Vineyard, Anselmo Mendes is the magician of Vinho Verde. Initially the Parcela Única has quite a yeasty nose, lovely restrained texture, elegant length of quite austere fruit in the very long finish.  Just beautifully balanced and one of my favourite Vinho Verdes. Where’s the crab or grilled turbot?! 
Website
: www.anselmomendes.pt

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7.Quinta do Portal Touriga Nacional 2000 (magnum)
The family-owned Quinta do Portal is high above Pinhão in the Upper Douro. The 2000 Touriga Nacional is still quite ruby coloured but becoming bricky at the edge, lovely herbal aromas, seductive texture with soft tannins. This is a mid-weight, elegant Douro red showing how well these wines can age. Enjoy now
Website: www.quintadoportal.com

8.  Monte da Ravasqueira Touriga Nacional 2012
Ravasqueira is in the Alentejo a little to the north of Evora. The 2012 is very youthful in colour and aromas with tannins quite present – indeed a tad dominant making this a quite butch style Douro red. Ideally the 2012 needs several more years in bottle or a big steak!
Website
: www.ravasqueira.com

9. Quinta do Piloto Coleção de Familia 2013
Quinta do Piloto is in Palmela to the north of Sétubal. The 2013 Coleção de Familia comes from a 60-year-old vineyard and is mainly Castelão (90%) with 10% of other varieties. It has a youthful ruby colour with warm seductive aromas and mouth-filling texture with quite marked tannins in the finish. I would decant this to drink and enjoy now or keep for another couple of years before trying again. However, the 2013 Coleção de Familia is more ready to drink than Ravasqueira’s 2012 Touriga Nacional.
Website: www.quintadopiloto.pt

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10. Mouchão Tonel n° 3-4 2011
Mouchão in the Alentejo is one of the great historic estates of Portugal and Tonel n° 3-4 one of its iconic wines. Unusually Alicante Bouchet, a teinturier grape, is the star variety here and Tonel is 100% Alicante Bouschet from their Carapetos vineyard. Mid-plum colour with a warm herbal nose but quite restrained. Delicately textured initially but marked power and structure soon becomes apparent. Long, quite tannic finish, needs another four or five years to show its real best.

Last July I visited Mouchão. Here is a report on the visit on this blog:
Website: www.mouchao.pt

11. Quinta da Carvalhais Reserva Tinto 2011
Carvalhais is a well-known Dão domaine in the Sogrape group. The Resserva Tinto 2011 has a touch of gaminess on the nose along with red fruits with opulent seductive mouth-filling texture. Well structured with some quite marked tannins in the very long powerful finish. Decant for an hour or so or wait another two or three years. Will be a lovely bottle.
Website: www.sograpevinhos.com

12. Casa Ferreirinha Quinta da Leda 2014
Casa Ferreirinha is also part of the Sogrape group and is their high quality Douro brand. The winemaker is Luís Sottomayor. The 2014 is a blend of 60% Touriga Franca, 15% Touriga Nacional, 15% Tinto Cão, 10% Tinta Roriz. Still youthful colour, lovely soft texture, structure and some tannins in the long finish. The 2014 has length and power but also delicacy – a fine bottle now but can certainly be kept.
Website: www.sograpevinhos.com

13. Quinta dos Murças VV47 2012.
The long established Quinta dos Murças in the Douro with 155 hectares of vines between Regua and Pinhão was bought by Esporão group in 2008. This wine comes from vines planted in 1947 and is a blend of Touriga Nacional, Touriga Franca, Sousão, Tinta Amarela, Tinta Barroca and Tinta Roriz. The 2012 is dark, dense, plum coloured with a rich herbal nose, mouth-filling texture, length. The powerful finish includes the frequent Douro tannic grip. It can be drunk now especially if decanted but I would look to keep this for at least another year or two before trying again.
Website
: www.esporao.com/pt-pt/sobre/quinta-dos-murcas/

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Batuta by Niepoort – the vertical: 1999 to 2014
Batuta was born in 1999, so we were very privileged through Dirk Niepoort’s generosity in providing this vertical tasting of this Douro wine from 1999 to 2014 with just two vintages not shown – 2002 and 2006.

Batuta comes mainly from north-facing very old vineyards from Quinta do Carril, where the vines are more than 70 years old. Grapes also come from older vines (about 100 years old) near Quinta de Nápoles, the home of the Niepoort Douro winery. Fermentation takes place in cone-shaped stainless steel vats and wooden barrels. Batuta is aged for 22 months in French oak barrels, with 25% new oak.

This vertical tasting again brought to the fore Dirk Niepoort’s signature – the remarkable delicacy and finesse in his wines. Batuta is far removed from some Douro wines that are over-extracted with too much tannin. Some of these Batutas recalled the finesse of good Pinot Noir – little wonder that Dirk is a big fan of Burgundy.
Website: www.niepoort-vinhos.com/

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14. 1999
=+Lovely spicy complex nose, complexity on palate, rich but wonderful delicacy, too. Delicious if perhaps slightly drying in finish. Would consider drinking up any bottles fairly soon.

15. 2000
Spicy nose a little less opulent than the 1999. Again delicacy, which is a touchstone of the Niepoort reds, is showing here. Has a resemblance to the sexy seductiveness of a fine Pinot Noir. A star.

16. 2001 (magnum)
Once more the warm, spicy signature aroma. Less opulent than 2000 and 1999.

A leaner colder vintage or is this an effect of this coming from a magnum? Tannins showing in finish but would be masked by food.

17. 2003
Mid plum, a little bricky at the edge, seductive mouth-feel and texture, rich wine, sweet fruit runs through. Opulent and very seductive but there is always that impressive delicacy – these Batutas are not Douro brutes!

18. 2004 (magnum)
Mid plum, red fruits, spicy nose, lovely delicate texture, length, some tannins showing in finish but ripe and well integrated. Lot of charm.

19. 2005 (magnum)
Still youthful mid-plum colour, spicy red fruits nose, sweet texture, structure in finish, complexity and length. Integrated tannins in finish. Lovely wine.

20. 2007 (magnum)
Mid plum, delicate red fruits nose, delicacy not a heavyweight, has balanced thread that runs through. Finesse over power.

21. 2008
Youthful mid-plum colour, red and black fruit aromas. The spicy notes of the older wines have been replaced here by an emphasis on fruit. Power, length and finesse.

22. 2009
Mid plum, opulent spicy nose – return of the spice! Mouth-filling texture, lovely delicate but enveloping texture. Excellent length and great balance. Lovely wine. Drink now or keep.

23. 2010
Mid-plum, quite dense colour. Seductive red fruits nose, again lovely texture, rich, quite marked tannins and structure. Can be drunk with pleasure now but will certainly keep for a number of years.

24. 2011
Mid to dark plum, some spicy texture, red fruits, touch of dried mushrooms, length, power but delicacy too.

25. 2012
Mid-plum colour, warm red fruit aromas, cherries, texture leaner more restrained and without the same opulence as the 2011 and with grainier tannins.

26. 2013
Mid-plum, some faint wood notes, lovely red fruits, sweet texture, very good seamless balance and length. Can be enjoyed now but certainly can be kept for at least five years or more as this vertical clearly demonstrates.

27. 2014
Mid-plum youthful, violets, quite floral aromas, youthful and vibrant, delicate but tight in finish with fresh fruit flavours of a young wine. Well-integrated tannins. Mid-weight. Fine potential.

Ports
I increasingly find tawny and colheita Ports more interesting and complex than Vintage, unless it is very mature and the spirit has become fully integrated and sweetness calmed. There were some lovely Ports here.

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28. Quinta do Noval Vintage 1994
One of the most iconic Douro Port estates sited above Pinhão in the Upper Douro bought by AXA Millésimes in 1993. Spicy cherry nose. Spirit shows a little but some attractive cherry flavours. Length and power. The 94 needs more time with some spirit still showing through in the finish.
Website
: www.quintadonoval.com

29. Noval Colheita 1976
Walnut colour, nutty austerity, quite austere texture and power. Touch of appealing harshness with great length – great. This is very fine and although admittedly it is 18 years older than the Vintage tasted above it reinforces my feeling that Colheitas tend to be more interesting and complex than Vintage Ports.
Website
: www.quintadonoval.com

30. Calém Colheita 1961
Calém along with Barros, Burmester and Kopke are now part of the Sogevinus group.

The 1961 has a delicate mid-gold colour with aromas and flavours of nuts and dried herbs, good concentration along with lovely finesse too. An excellent and delicious Port.
Website: www.calem.pt

31. Burmester Colheita 1952
Burmester along with Barros, Calém and Kopke are now part of the Sogevinus group.

Mid burnished gold, still rich dried fruit – apricots and sultanas, great finesse and delicacy, length. A glass to sip and enjoy at the end of a good meal. Lovely!
Website: www.burmester.pt

32. Kopke Colheita 1957
Kopke along with Barros, Burmester and Calém are now part of the Sogevinus group.
Mid to deep burnished gold, sweet raisined fruit, a little touch of alcohol, quite austere finish providing an interesting contrast to the residual sweetness. Very long finish.
Website
: www.sogevinus.com/kopke/

33. Real Companhia Velha 1938
The first of the two pre-Second World War Ports, this comes from old vines at Quinta das Carvalhas in the Upper Douro on the south bank of the river. Mid gold colour, still quite sweet dried fruits on palate. While attractive the 1938 doesn’t have the complexity and finesse of some of the other Colheitas here.
Website: www.realcompanhiavelha.pt

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34. Niepoort Colheita 1934
Deep burnished walnut colour, concentration of sweet dried fruits, apricots and raisins allied with lovely austerity. Very long, complex finish. This has that fantastic combination of fruit and almost painful austerity that I love in old fortified wines whether they are Ports, Jerez or Madeira.

Truly stunning – great wine!
Website
: www.niepoort-vinhos.com/

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Quelques cuvées insolites de pinot noir (et autres) (volet 1)

Un ami ayant visité l’Abbaye de Poblet nous a ramené quelques bouteilles de Conca de Barberà et a organisé une dégustation. Comme c’est souvent l’usage, chacun des invités, tous des professionnels, avait apporté sa dernière découverte. Du coup, le thème initial, qui était le pinot noir, s’est élargi de manière fort intéressante. Rien n’a été dégusté à l’aveugle, mais comme la plupart d’entre nous n’avaient jamais entendu parler des vins présentés, le risque d’a priori n’existait pas ou peu.

Nous avons commencé par les vins de la Conca de Barberà, qui est une région méridionale de la Catalogne, dont les vignes couvrent une superficie de 5.888ha. L’appellation englobe plusieurs municipalités de la province de Tarragone, où le climat est marqué par une grande différence de température entre le jour et la nuit.  Les cépages rouges autorisés sont nombreux : Cabernet franc, Cabernet sauvignon, Grenache  Noir, Monastrell, Merlot, Pinot noir, Syrah, Trepat, Ull de llebre (alias Tempranillo), Samsó (une vieille variété de Carignan).

Il en est de même pour les blancs : Moscatel de Alejandria, Macabeu, Chardonnay, Grenache blanc, Chenin, Muscat à petits grain, Parellada, Sauvignon blanc.

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C’est une appellation peu connue, même en Espagne, et pourtant de grands vins de Torres sont issus de cette zone, comme Milmanda et Grans Muralles, ce qui aurait dû la faire connaitre; mais c’est encore un exemple où la marque est plus forte que l’appellation et la masque . Je pense pourtant qu’avec le changement climatique, elle n’a pas fini de faire parler d’elle.

Les premiers vins dégustés venaient de l’Abbaye de Poblet, ils sont nés grâce à la volonté des moines et à leur intérêt de reprendre la tradition viticole cistercienne dans leur monastère. Une tradition qui remonte au XIe siècle, qui a commencé en Bourgogne et qui a toujours été associée au seul cépage Pinot noir. Une variété insolite dans ce pays. Dans les années 1980, le Groupe Codorniu a convaincu la communauté monastique de prendre en charge l’exploitation de son vignoble, 9 hectares inclus dans les murs du monastère de Poblet. Dans le même temps, a eu lieu une profonde rénovation du bâtiment, construit en 1870. Au printemps de 2002, la première bouteille d’Abadia de Poblet était présentée au marché.

Poblet réunit une série de conditions géologiques et climatiques qui le convertissent en un terroir extraordinaire pour la viticulture : des  sols pierreux profonds, un climat anormalement frais dans le contexte régional, une altitude de plus de 500 m- une l’orientation optimale de ses vignes, en plus de l’influence estivale de la brise marine. Ces circonstances particulièrement favorables pour le Pinot Noir, assurent une maturation lente du raisin et dans les meilleures conditions. Mais, il n’y a pas que du pinot noir à l’Abadia, comme on va le voir.

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ABADIA DE POBLET

  1. Conca de Barberà Intramurs de Poblet Blanc 2015

Ce 100% Chardonnay nous a tous «bluffés», on ne s’attendait pas à une telle bouteille, un vin aux notes florales, herbacées et citriques, frais, mordant, équilibré et gourmand, le tout pour 7€. Une vraie réussite.

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2. Conca de  Barberà Intramurs de Poblet Negre 2015

Pas de Pinot noir, mais du Tempranillo, du Merlot et du Cabernet sauvignon; ce vin n’a pas réveillé un grand intérêt; certes, il est fruité, mais la bouche est très décevante, très courte et manquant de gras.  7 € aussi, mais je ne le recommande pas

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  1. Conca de Barberà Abadia de Poblet 2012

Celui-ci est un pinot noir 100% issu des 9ha de vignobles plantés à l’intérieur des murs du monastère, les vignes, situées à une altitude de 600m, sont orientées au Nord

Le vin  a été élevé 12 mois en fut de chêne français.

Vol:14,0%

Encore un vin insatisfaisant, d’autant que j’avais en mémoire ceux que je vendais à Barcelone (j’ai oublié le millésime), et que je recommandais beaucoup.

La robe n’est pas très profonde, normal pour un Pinot, mais l’intensité du nez est faible, plutôt évolué, on a des airs de pinot bien sûr, mais en bouche, si le fruit est très mûr, la matière est légère, la finale âpre et sèche. Les moines méritent mieux ! Dommage.

PVP 12,95€

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  1. Conca de Barberà Les Masies de Poblet 2012

Le haut de gamme, toujours en Pinot noir, et la désillusion n’en fut que plus grande. Il a été élevé 15 mois en barriques de chêne français dont 20% neuves et 80% d’un an. Le nez n’était pas net, notes d’écurie, la bouche était très maigre et la finale sèche. Même son petit air de Pinot n’est pas arrivé à le sauver. Vol: 14,5%

Du coup son prix de 24€ est cher.

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5 .Bodegas Escoda Sanhuja Conca de Barberà La Llopetera 2013

Joan-Ramon Escoda est la star de la Conca de Barberà, c’est quelqu’un de sincère, de franc, et c’est comme ça qu’il veut ses vins. Il travaille ses 13 ha de Vignobles en biodynamie.  Il fait son propre compost avec du fumier de moutons et de chevaux percherons qu’il a dans sa propriété.  Il a été un des premiers à travailler sans soufre tant à la vinification comme à l’embouteillage! Il est d’ailleurs membre de l’association des vins naturels. Ce qui compte beaucoup à ses yeux, c’est le millésime, il insiste beaucoup là-dessus.

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Joan Ramon Escoda

La bouteille qui avait été amenée est une de celle que j’apprécie beaucoup : La Llopetera

C’est un 100% pinot noir, issu d’une seule parcelle, à 600m d’altitude qui donne son nom au vin. Les raisins sont égrappés, la fermentation avec des levures indigènes, se fait dans des cuves en acier inoxydable. C’est un vin qui n’a  presque pas vu le bois,  élevage de 6 mois en barriques françaises car qui veut traduire la pureté du fruit. Il est ensuite mis en bouteille sans subir aucune filtration, ni stabilisation, ni clarification.

Nous n’avons pas eu de chance avec cette bouteille, elle s’est très mal goutée : le nez «puait», la bouche était complètement dissociée, maigre et avec une acidité très dérangeante. Je n’ai pas compris, elle ne ressemblait en rien à la Llopetera que je connais.

Bon, ça arrive assez souvent avec les vins nature.

Vol: 13,5%

Pvp: 20,95 €

 

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Je terminerai cette série de pinots noirs, par la dernière création d’Hervé Bizeul:

  1. Clos des Fées « aimer, rêver, prier, se taire… » 2015

Il s’agit d’une jeune vigne de pinot noir (1,83ha) de 3 ans, plantée en cordon, sur argile calcaire, à Tautavel, dans les Pyrénées Orientales. Hervé a choisi une sélection massale de pinot fin. Je n’ai pas parlé de ce vin avec lui, et comme il est en Chine, je n’ai pu obtenir davantage d’informations, mais le nom à lui seul est tout un programme : « aimer, rêver, prier, se taire… »

Qu’a-t-il voulu pprouver en plantant du pinot noir à Tautavel?  Ou plus simplement sa curiosité de voir comment se comportait un tel cépage dans cette zone l’a-elle motivé? Qui a-t-il volu provoquer? Lui-même sans doute.  A quoi a-t-il pensé en choisissant un nom si long et si émouvant, qui interpelle et donne à réfléchir? Il faut s’appeler Hervé  Bizeul pour oser une telle étiquette, ça  ne manque pas de prétention et réclame une cuvée à la hauteur. Si la bouteille est le reflet de ce que nous annonce l’étiquette alors, nous sommes devant un grand vin.

Nous allons laisser un peu de temps aux vignes pour le prouver, pour l’instant, il y a beaucoup d’espoir. Le vin ressemble à Hervé, il plait beaucoup aux uns et déplait aux autres. Moi j’ai aimé sa matière mure, sa texture, son goût de fruit mûr, de cerise, j’ai admiré sa persistance en bouche, son côté quelque peu prétentieux, son boisé fin qu’on perçoit comme une touche de parfum en fin de bouche (12 mois en pièces bourguignonnes François Frères de 1 vin). Vous allez me demander s’il « pinote »; est-ce vraiment important ? N’oublions pas la jeunesse de la vigne.  Soyons patients  et rêvons à son futur; pour l’instant, apprécions-le tel qu’il est, franc, atypique, généreux, audacieux, aimons-le parce que c’est un joli projet, un peu fou, taisons-nous, oublions les commentaires et faisons-nous plaisir en silence, ça nous évitera de dire des bêtises à propos d’une bouteille en devenir. Et à défaut d’être capable d’aimer, fermez les yeux et laissez-vous séduire.  C’est que j’ai fait.

IL n’y en aura pas pour tout le monde:  la production totale est de 1.600 bouteilles.

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En guise de conclusion :

Grande déception en ce qui concerne les quelques Pinots noirs de la Conca de Barberà, notre groupe et moi-même les avons très mal goutés, pourtant la critique nationale et les guides les notent très bien. Si vous les avez dégustés, se serait intéressant de connaître vos opinions.

La semaine prochaine d’autres cuvées insolites, françaises celles-là.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

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Une verticale sur 10 ans de trois domaines médocains

CA Grand Crus, filiale du Crédit Agricole, possède un certain nombre de domaines viticoles, surtout à Bordeaux. Si cette entité a récemment vendu le Château Rayne Vigneau à Sauternes, il lui reste, dans le Bordelais, les châteaux Grand Puy Ducasse à Pauillac, Meyney à Saint Estèphe, La Tour du Mons à Margaux et Blaignan dans le Médoc, ainsi que le Clos Saint Vincent à St. Emilion, puis, en Bourgogne, le Château de Santenay: soit près de 350 hectares de vignes en tout. Cela en fait, non pas un géant de la viticulture, mais un des « institutionnels » ayant une véritable politique de vin. La Directrice Technique des domaines est Anne Le Naour et le Directeur Général Thierry Budin.

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J’ai eu la chance de pouvoir participer, la semaine dernière, à une très intéressante dégustation verticale, parfaitement organisée, qui présentait 10 millésimes de trois de ces propriétés : Meyney, Grand Puy Ducasse et La Tour de Mons. La période couverte par cette dégustation allait de 2006 à 2015, ce dernier étant représenté par des échantillons en cours d’élevage. Cet article sera un compte-rendu de ma dégustation avec quelques mots de présentation des domaines et une conclusion.

Les prix des vins

Voilà un sujet qu’il ne faut jamais éluder lorsqu’il s’agit de vins en général, et de grands vins de Bordeaux en particulier, tant cette catégorie a été soumise à des effets spéculatifs déraisonnables ces dernières décennies. Une bonne nouvelle en ce qui concerne ces trois vins : les prix restent raisonnables pour le secteur. Pour les millésimes que j’ai dégusté, les prix de Château Meyney (Saint-Estèphe) vont de 25 à 40 euros selon le millésime, le plus cher étant le 2010 qui est devenu difficile à trouver en France. Le magnifique 2006, par exemple, ne vaut que 30 euros, ce que je pense être une excellente affaire; ce vin est du niveau d’un cru classé mais à des prix autrement plus abordables. Pour Grand Puy Ducasse, cru classé de Pauillac, la fourchette est de 35 à 50 euros, et pour La Tour de Mons, cru bourgeois de Margaux, elle se situe entre 15 et 25 euros. Vu ces prix et la dégustation que j’ai faite, Meyney en particulier représente une très bonne affaire en ce moment.

Les vins chateau-meyney-saint-estephe

Château Meyney

Je commencerai par Meyney car ce fut mon vin préféré des trois pour l’ensemble des millésimes dégustés. Le Château Meyney est l’une des plus anciennes propriétés du Médoc. En 1662, les propriétaires en étaient les Pères Feuillants, artisans des premières plantations. Aujourd’hui, le vignoble de 51 hectares d’un seul tenant s’étend sur des croupes qui dominent la Gironde. Outre les graves qui composent le sol, on observe ici, comme à Petrus, une veine d’argile bleue en sous-sol, à environ 2,6 m de profondeur sur quelques 3 m d’épaisseur. CA Grands Crus a racheté la propriété en 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil.

Je sais bien que les notes ne sont pas une panacée mais elle me semblent très utiles pour juger de la qualité relative d’un vin dans un contexte donné et, dans ce cas, tous ces vins sont comparables car venant de la même région et utilisant les mêmes cépages. Ma note moyenne pour les 10 millésimes dégustés de Meyney était de 16,9/20, ce qui est très élevé, surtout compte tenu du fait que deux millésimes dits « faibles » (2007 et 2013) faisaient partie de la série.

Château Meyney 2006

Nez resplendissant, très expressif et d’une intensité de fruit assez exceptionnel pour un vin de 10 ans. Cela se confirme en bouche, donnant un vin riche, raisonnablement charnu et éclatant de vie. Très beau vin d’une grande finesse et qui donne un plaisir immédiat maintenant. (18,5/20)

Château Meyney 2007

Le nez est assez torréfié et les tanins semblent denses pour un millésime relativement léger. Du coup ils tendent à assécher un peu le palais en fin de bouche. Mais pas de trace de saveurs végétales. (15/20)

Château Meyney 2008

Ce millésime fait partie de ceux qui se trouvent, et depuis un moment, en phase austère, voire fermée – et ce vin ne fait pas exception à la règle. jugeons-le plutôt sur sa belle charpente et sa longueur prometteuse. Certainement à attendre encore un bout de temps. (16/20)

Château Meyney 2009

A côté d’autres vins de la région dans ce millésime un peu atypique par son exubérance, celui-ci se la joue droit et fin. Il contient néanmoins une belle richesse de matière qui donne une texture charnue et une grande longueur. (17/20)

Château Meyney 2010

Comme bon nombre de vins de ce très grand millésime, celui-ci est en train de se fermer. Mais on sent une très belle fraîcheur qui s’accompagne de beaucoup d’intensité dans les saveurs. La longueur impressionnante annonce un très grand classique. (18,5/20)

Château Meyney 2011

La structure est ferme et ce vin semble aussi dans une phase austère. Bonne précision dans les saveurs, même si cela semble un peu mâché pour l’instant. (15,5/20)

Château Meyney 2012

Une vrai réussite que ce vin fin, précis et long en bouche. J’ai beaucoup aimé son équilibre quasi-parfait entre tanins et fruit. (17/20)

Château Meyney 2013

Un bien joli vin dans un millésime difficile. Précis et fruité, assez soupe et agréable dès maintenant. (16/20)

Château Meyney 2014

Encore une fois la qualité du fruit ressort. La matière a clairement plus de potentiel que pour le 2013, et, logiquement, l’extraction est plus importante. Du coup le fruité exalté est souligné par une belle structure et prolongé par une excellente longueur. (17,5/20)

Château Meyney 2015

Encore plus d’intensité que le 2014. Il faudra attendre la mise en bouteille définitive mais ce vin est très prometteur, complet et long. (18,5/20 : note provisoire)

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Château Grand Puy Ducasse

Les 40 hectares du vignoble de ce Grand Cru Classé sont répartis sur trois grandes parcelles dans l’aire de Pauillac. On doit cette configuration originale à son fondateur, Pierre Ducasse, qui a rassemblé sous un même nom ce vignoble au XVIIIème siècle. Fait unique parmi les crus classés de cette appellation, les bâtiments, dont la belle maison 18ème, se trouvent dans la ville de Pauillac et regardent l’estuaire à travers la rue qui longe les quais (voir photo). Il appartient à CA Grands Crus depuis 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil, comme à Meyney.

Château Grand Puy Ducasse 2006

J’ai été gêné par une pointe d’amertume en finale ainsi que par un profil sec et anguleux de ce vin. Ce n’est pas un mauvais vin, mais il est loin de la qualité de Meyney dans ce millésime. (15/20)

Château Grand Puy Ducasse 2007

Joli fruité et un vin assez complet qui me semble bien réussi dans ce millésime. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2008

A toute l’austérité qui est si typique de ce millésime; A attendre impérativement car peu de plaisir pour l’instant. (14,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2009

Le profile atypique est chaleureux de l’année l’aide beaucoup par rapport aux trois millésimes précédents. Long et intense, bien fruité, mais avec juste une pointe d’alcool en finale et une petite touche d’amertume dans les tanins. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2010

Vin aussi intense que complet. Très belle équilibre entre fruité, acidité et structure tannique. Aussi beau que long. Facilement le meilleur millésime de ce château dans cette série. (17,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2011

Très bon aussi, dans un millésime qui n’a guère attiré des louanges pourtant. J’aime aussi son équilibre qui repose en partie sur un refus de trop extraire. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2012

Le bois domine trop le nez pour le moment, et la matière me semble anguleuse avec une finale très sèche. Préférez le 2011 ! (14/20)

Château Grand Puy Ducasse 2013

Bien plus harmonieux au nez que le 2013. Vin juteux et frais, donnant encore une réussite dans un millésime pas évident. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2014

Le fond est puissant mais il embarque avec lui un très joli fruité et des tanins murs. Très bon équilibre. (16,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2015

On sent davantage de densité qu’avec les autres millésimes sauf le 2010. Mais il est austère pour l’instant et les tanins finissent un peu sec. A voir plus tard (pas noté car je suis incapable de le juger à ce stade).

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Château La Tour de Mons

Les 48 hectares du vignoble de ce Cru Bourgeois sont répartis dans la partie Nord de l’Appellation Margaux, sur les bords de la Garonne. Le vignoble est planté ainsi: 56% merlot, 38% cabernet sauvignon, 6% petit verdot. Le domaine est administré par CA Grands Crus depuis 2012 seulement, donc seuls les 4 derniers millésimes dégustés ont été réalisés sous sa responsabilité. L’œnologue conseil est Eric Boissenot.

Château La Tour de Mons 2006

Un joli nez fumé et un palais intense mais trop austère. Finit sèchement. (13,5/20)

Château La Tour de Mons 2007

Plus souple, ce qui donne un vin agréable qui exprime un fruité arrondi dans ce millésime peu côté (14/20)

Château La Tour de Mons 2008

Plus complet que le 2006, mais il garde le profil austère typique de l’année. (14/20)

Château La Tour de Mons 2009

Le richesse de ce millésime lui fait du bien. Il n’abandonne pas son carapace austère mais il a plus de fruit et une belle longueur. (14,5/20)

Château La Tour de Mons 2010

Le nez est fin et les arômes sont empreints d’élégance. Si la structure reste ferme à ce stade, l’équilibre est là. Un bon vin. (15/20)

Château La Tour de Mons 2011

Je découvre un peu ce millésime dont on parle si peu et je trouve encore un très joli vin avec un fruité joyeux, de la finesse et une belle structure qui joue les prolongations. (15,5/20)

Château La Tour de Mons 2012

Peut-être est-il en phase de fermeture mais ce millésime me parait serré et assez austère, bien que les saveurs aient une bonne précision et que les tannins soient fins. (15/20 ?)

Château La Tour de Mons 2013

Vin plus claire, dont l’extraction a été allégée à juste titre. C’est une réussite dans ce millésime. (14/20)

Château La Tour de Mons 2014

Un très joli vin, avec un beau fruité et des tanins raisonnables, donc en phase avec la matière. (15/20)

Château La Tour de Mons 2015

Le potentiel est bien là, avec de l’intensité, beaucoup de fraîcheur et une bonne longueur. (16/20)

 

Conclusion

Trois domaines manifestement très bien gérés et dont les progrès, en matière de précision et de finesse, m’ont semblé évident sur les derniers millésimes.

Cerise sur le gâteau : les prix sont très abordables pour leurs catégories respectives.

 

David


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Quelques flacons qui valaient le détour !

La semaine dernière, le célèbre distributeur catalan Quim Vila avait réuni autour d’un dîner tous ceux qui avaient bien voulu écrire dans son blog, au cours de l’année écoulée. Au total, une quarantaine de personnes, regroupant vignerons, sommeliers, journalistes et amateurs de vins. La liste était impressionnante, un rendez-vous à ne pas manquer d’autant qu’à part les vins prévus par Quim Vila lui-même, beaucoup de vignerons sont arrivés avec des bouteilles rares ou de très vieux millésimes.  J’ai noté avec plaisir que les vins français n’étaient pas oubliés, les vins espagnols bien entendu étaient à l’honneur,  la table était à la hauteur, bref ce fut une soirée mémorable.

Il m’était impossible d’être présente pour l’apéritif,  mais en arrivant, j’ai vu les « cadavres » des bouteilles de Cavas (Recaredo, Raventos), de Champagnes (Fidèle de Vouet et Sorbée, David Léclapart Premier cru, Bérèche et Fils Reflets d’Antan, Salon 2004), mais aussi de Jerez (La Bota Nº 58 Amontillado d’Equipo Navazos, la Manzanilla Sacristia AB Primera Seca 2015 selección  Antonio Barbadillo Mateos), sans oublier un Montilla Moriles: Gracia Solera Fina María del Valle. La soirée s’annonçait prometteuse. La suite l’a confirmé.

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Pendant le repas, les bouteilles ont défilé, servies par les vignerons eux-mêmes, impossible de tout déguster c’était assez rageant. Voici les vins qui sont arrivés à notre table, bien sûr ça allait très vite et on n’avait guère le temps de s’attarder sur chaque vin,  beaucoup étaient présentés en magnum :

Domaine Vacheron Sancerre blanc 2014,

C’est le premier vin que j’ai goûté, il était parfait pour commencer la soirée, délicatement parfumé, ciselé, vif précis et persistant. Un vrai bonheur.

Kistler Vineyards Sonoma Mountains Chardonnay Les Noisetiers 2014,

J’avoue que je me laisse toujours surprendre par ce vin, si peu américain (pour l’idée qu’on se fait des vins américains),  élégant, racé même, droit, vif, profond.

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As Bateas 2012

Un blanc atlantique de Rias Baixas mais sans DO, un albariño royal, dégageant de jolies notes herbacées, une délicieuse fraicheur, et une finale saline.

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 – Pouilly Fuissé Vieilles Vignes Château Fuissé 2011,

L’intensité de cette bouteille m’a impressionnée,  la bouche offre une magnifique complexité et une longue finale.

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Alsace Domaine Trimbach Réserve personnelle Pinot gris 2008,

La matière est riche, dense et onctueuse, le fruit est très pur,  la fin de bouche est fraîche avec une finale épicée.

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Chinon Les Pensées de Pallus 2005,

Ce fut le  premier millésime de Bertrand dans son domaine familial, le nez est assez typique d’un bon Cabernet Franc.
La bouche est pleine mais souple, sur des parfums de framboise, d’humus et d’épices. Un vin expressif et gourmand.

Mateo  Santa Rita Hills Pinot noir 2014,

Très joli, de la finesse. Un parfum floral, un boisé fin, finale sur des tannins fermes et épicés.

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SaintEmilion Château Ausone 2006,

Un vin légendaire, un peu malmené ce soir là au milieu de tant de vins, mais s’il est certain que le nez avait un peu de mal à s’exprimer, car trop d’odeurs mêlées envahissait la pièce, l’intensité et la légèreté de sa matière étaient bien présentes en bouche, les tannins ronds, fins et mûrs en faisaient un vin très savoureux, un grand vin sans nul doute.

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Chateau Latour 1996 :

99 chez Parker, aussi  la bouteille était très convoitée, j’ai eu droit à un fond de verre, suffisamment pour apprécier un corps massif, pur, des tanins murs, un fruit très pur. Encore un peu austère.

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Barsac Château Climens 2011,

Un vin très complexe et élégant, onctueux et puissant : fascinant.

Klein Constantia 2008, Vin de Constance,

Vin de dessert, vin de légende, j’ai trouvé ce 2008  assez  concentré,  riche et onctueux,   la bouche offre un bouquet de fruits secs : abricots, figues, et coing, soulignées par une note vive de marmelade d’orange et de chocolat noir. Finale persistante.

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 Domaine Tissot Vin Jaune Les Bruyères 2008,

Un nez explosif de fruits secs, de noix, la bouche suit ample, complexe avec les mêmes saveurs de fruits secs, de noisettes, enrichies d’épices, beaucoup de finesse, une légère touche oxydative et une longueur  époustouflante: UN GRAND VIN !

Maison Pierre Overnoy Arbois Pupillin 2003

Le nez très expressif de ce beau vin nature dévoile les notes de noix fraîche, d’abricot et une pointe de curry. La bouche, à l’attaque tendue et ample, est très bien équilibrée et s’enroule dans des tonalités acidulées et grasses; pour terminer sur une longueur ahurissante.

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VINS INSOLITES ou RARES :

Pavillon Blanc du château Margaux 1999,

Quelque peu décevant, je pense que c’est un vin qui a amorcé son déclin.

Château Musar Blanc 2006,

Dans un style oxydatif, on ne peut qu’être  interpellé par ce vin, moyennement corsé, assez vif, sec, marqué par des notes de pommes acidulées, un peu de miel, une finale un peu maigre, mais assez équilibré dans l’ensemble.

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Cadiz Navazos-Niepoort 2014

L’équipe Navazos présente là encore une autre de ses petites “merveilles”. Cette fois, elle s’est associé à Dirk Niepoort, le résultat est un vin de palomino fino frais, savoureux, dominé par des notes fumées, salines ;  la finale longue et persistante offre une pointe d’amertume.

Montsant Joan Asens Les Tallades de Cal Nicolau Picapoll Negre 2013,

Ce vin est issu d’une minuscule vigne de 0,17 ha plantée en pied franc de picapoll negre, un cépage très spécial, c’était la première fois que j’en goûtais. 700 bouteilles seulement d’un vin très séducteur, floral, méditerranéen et frais.

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Terre Siciliane Frank Cornelissen Magma 9 2012,

Très noir, un vin d’une grande puissance en bouche, beaucoup de fruits rouges mêlées à des notes fumées et terreuses, belle fraîcheur en finale. Du même, j’ai eu dégusté des bouteilles plus compliquées.img_2045

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VDT Castilla y Leon Rumbo al Norte 2011,

Un grenache de Gredos puissant, élégant, frais très expressif. Production limitée à 1000 bouteilles.

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Rioja Matador Barceló por Telmo Rodríguez 2010,

Toute juste 1000 bouteilles en magnum, un vin très intense, juteux, savoureux teinté d’élégantes notes balsamiques et terreuses, des tannins très mûrs, beaucoup de caractère et de race, un de mes préférés de la soirée.

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Penfolds Grange  Bin 95 2006,

Un vin à la couleur profonde, intense et serré, très parfumé aux tanins très murs. Très pur, on a l’impression qu’il commence seulement à s’ouvrir.

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Rioja CVNE Imperial  1947,

Un grand classique espagnol, je voulais absolument le goûter, car j’avais un très grand souvenir de cette bouteille dégustée 5 ou 6 ans plus tôt; hélas, celle-là, sans doute mal conservée, était morte. Je garde encore en mémoire, sa complexité, sa fraicheur, sa belle acidité, sa longueur, sans doute une des plus belles bouteilles qu’il m’ait été donné  de déguster en Espagne.

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Clos Joliette Jurançon sec 1971,

Le nez m’est apparu truffé, la bouche ample, savoureuse, la finale légèrement amère, épicée et sèche.

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La Rioja Alta Elaboracion Estilo Sauternes      

L’étiquette étant très détériorée, impossible de voir le millésime, mais ce style de vins s’élaborait dans les années 1900. Il était complètement marron, très décharné et ne subsistait qu’une grande douceur. Mais c’était émouvant que de pouvoir découvrir ce morceau d’histoire.

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Costers del Segre L’Olivera Rasim Vipansit blanc dolç 2012,

Un millier de bouteilles, issues de malvoisie, de xarel.lo et de grenache blanc, corps et structure accompagnent une très belle fraicheur balsamique.  Finale sur des notes d’orange confite et de fleur d’oranger : un très joli vin doux naturel. Une découverte.

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En guise de conclusion, deux réflexions

  • La première, il est très dommage de déboucher autant de belles bouteilles au cours d’une seule soirée, il est clair qu’on ne peut pleinement en profiter, soit on les goute trop vite, soit on passe à coté complètement, le plaisir et l’excitation sont là certes, on ne peut le nier, mais accompagnés d’une certaine frustration quand même.
  • La seconde, je suis toujours très heureuse de constater qu’après tant d’années dans ce milieu, je ne suis pas blasée du tout, j’éprouve toujours autant de curiosité, de plaisir à gouter les vins et à partager ces moments rares en bonne compagnie. Le jour où je m’ennuierai n’est pas prêt d’arriver.

Merci à Quim pour sa générosité,

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols  

 


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Eloge du Baux

Mas Sainte Berthe, Les Baux de Provence, 12 octobre 2016. Le soleil joue à cache-cache avec quelques noirs nuages, en cette fin de matinée d’automne.

Les cyprès ondulent sous le vent, une table a été dressée devant les vignes. Les blancs sortent des seaux à glace. Pour l’intendance, il y a le Comptoir éphémère (le wine & food-truck de Rouge Granit), la dégustation peut commencer…

Rebelote, le lendemain midi ; mais cette fois, on joue en intérieur, dans les caves du Château Dalmeran, pour les cuvées de rouge; et on remonte allègrement dans le temps, jusqu’en 2009, histoire de juger de leur aptitude au vieillissement.

lesbaux0De la vigne au verre (c) H. Lalau 2016

Petit rappel historique 

L’AOC Les Baux de Provence est née en 1995 – son vignoble était jusque là englobé dans celle des Coteaux d’Aix en Provence, avec une mention particulière.

Elle compte quelque 350 ha, pour une production de l’ordre de 9.000 hl, répartie entre une douzaine de caves et 6 communes.

L’aire d’appellation se répartit entre deux secteurs, le versant Nord et le Versant Sud, séparés par la chaîne des Alpilles. On pourrait établir bien d’autres découpages; pas tant au niveau des sols (à dominante calcaire) que des expositions, très diverses : la vigne n’est pas plantée en grands blocs, mais plutôt en petites parcelles qui constituent autant de micro-terroirs, en fonction du vent, de la pluviométrie, des heures d’ensoleillement, de l’altitude… C’est ce patchwork qui fait la richesse des Baux.

lesbaux5Certaines vignes se perdent dans la garrigue, au pied des Alpilles (c) H. Lalau 2016

A noter que jusque récemment, il n’y avait pas de blancs dans l’appellation; à sa naissance, en 1995, en effet, les blancs étaient restés en Coteaux d’Aix. Certains domaines continuent à utiliser cette appellation pour leurs blancs; d’autres se sont pliés aux règles, plus strictes, des Baux (notamment en matière d’encépagement) ; d’autres, encore, ont choisi de s’en affranchir et déclarent leurs vins en IGP Alpilles. J’ai trouvé des vins à mon goût sous les trois mentions… Au-delà de l’étiquette, ce sont tous bien des vins des Baux, indissociables du lieu.

Situation quasi-unique en France: 85% des domaines de l’AOC sont exploités en bio. Au point que lors de la refonte du cahier des charges, l’ODG avait voulu y inscrire les pratiques bio, arguant fort logiquement que le mode cultural est partie intégrante du terroir; pour des raisons aussi obscures qu’une nuit sans lune, cela lui a été refusé.

Quoi qu’il en soit, l’appellation présente une assez forte identité; comparaison n’est pas raison, mais elle me semble tenir au moins autant du Rhône que de la Provence. Les belles cuvées de Grenache Syrah Mourvèdre, notamment. Ajoutez-y une fraîcheur qui n’appartient qu’aux terroirs d’altitude et de garrigue (dans certains cas, j’ai pensé au Pic Saint Loup ou à la Clape). A noter cependant, dans l’encépagement, la présence du Cabernet Sauvignon, qui, très bien acclimaté au pays de Mistral, et depuis fort longtemps, y donne d’excellents résultats; il confère aux vins qui en contiennent une structure différente, un peu de carré dans la rondeur sudiste, si je peux employer cette métaphore bancale.

lesbaux6Un aperçu de l’offre des blancs

Mas de Gourgonnier

La famille Cartier veille sur le domaine depuis des générations, mais le développement de l’activité viticole date des années 1960 – après que le gel de 1956 ait sinistré les oliviers. Les deux frères Luc et Frédéri, avec la fille de Luc, Eve, sont aux manettes aujourd’hui.

Le Mas de Gourgonnier compte 45 hectares de vignes, conduites en bio. Il produit deux cuvées en blanc (Tradition et Réserve), 4 cuvées en rouge (Tradition, Réserve, Sans soufre ajouté et Les Clés du Paradis) et une cuvée en rosé. Sans oublier une excellente huile d’olive, bio également.

Mas de Gourgonnier Coteaux d’Aix (Blanc) 2015

Certains vins séduisent par leur harmonie, celui-ci séduit par un étonnant décalage : si son aromatique (aubépine, camomille, pâte d’amandes) et son milieu de bouche sont tout en délicatesse, sa finale, à la belle amertume, est nettement plus véhémente.

Mas de Gourgonnier (Rouge) Clos du Paradis 2014

Cerise, bois noble encore jeune potentiel garrigue, lavande à suivre 15/20

Mas de Gourgonnier Sans Soufre Ajouté (Rouge) 2015

Un vin sur le fruit – j’ai cru reconnaître de l’orange sanguine, mais en bouche, la fraîcheur du romarin, un de mes grands coups de coeur, en rouge. 16/20

 

lesbaux3La cuvée de la stèle, au Mas de la Dame, doit son nom à ce petit monument

Mas de la Dame

Une belle aventure humaine que celles de ces deux sœurs, qui ont quitté la ville et le journalisme pour reprendre le domaine familial de 57 ha d’un seul tenant, sur le versant Sud des Alpilles, auquel elles sont viscéralement attachées.

Avec elles, la Mas de la Dame est tout sauf une belle au bois dormant : les vignes sont passées en bio, la cuverie a été modernisée, et certaines belles parcelles sont à présent vinifiées séparément.

Mas de La Dame La Gourmande 2015

Un nez très floral, une bouche grasse mais pas molle – un bel équilibre en tension. Un beau final comme on dirait d’un feu d’artifice, sur des notes salines. Mon grand coup de coeur en blanc 15,5/20

Mas de La Dame Le Coin Caché (Blanc) 2013

Du bois, mais pas que ! De jolies notes iodées (on pense à un whisky de malt) et une étonnante fraîcheur sous le grillé 14,5/20

Mas de La Dame Le Coin Caché (Rouge) 2013

Fruit noir, soyeux, cassis, tannins pas mal 14,5/20

lesbaux-2Les ruines du Château des Baux vues depuis les vignes de Saint Berthe (c) H. Lalau 2016

Mas Sainte Berthe

Le Mas Sainte Berthe doit son nom à une chapelle jadis accolée à la ferme, et dédiée à Sainte Berthe, sainte patronne des fiévreux. En 1950, la famille David achète le domaine et accroît progressivement la part des vignes aux dépends des vieux abricotiers à bout de souffle. Le vignoble s‘étend aujourd’hui sur 40 ha. Depuis 2000, c’est Christian Nief qui vinifie.

Mas Sainte Berthe Blanc de Blancs IGP Alpilles 2015

Après le séduisant nez de pêche et de poire, la bouche dense et complexe nous fait entrer dans un registre plus sérieux; quelques agrumes (orange amère) déboulent en finale, et complètent un tableau contrasté. Grenache blanc, Rolle, Sauvignon, Ugni. 14/20

Mas Sainte Berthe IGP Alpilles 2014

Superbe nez de fleurs et de fruits jaunes, très fin ; bouche toute en délicatesse, sur des notes de frangipane. Une belle pointe de gentiane, très fraîche, en finale. 15/20

Mas Sainte Berthe Cuvée Louis David 2012

Fruit noir, prune, réglisse café vert, tannins bien marqués, mais lisses 15/20

 Mas Sainte Berthe rouge 2005

11 ans déjà pour ce vin, et encore beaucoup de dynamisme ; le fruit (noir) s’est estompé derrière des notes plus épicées, une branche de fenouil, quelques pincées d’herbes de la garrigue. La bouche est ample, ni usée, ni décharnée. Pas le genre de vin qui fait l’unanimité, mais est-ce le but d’un vigneron? 14/20

Domaine de la Vallongue

Ce très grand domaine de chasse a été planté de 40ha de vigne dans les années 60 et 70. En 2009, il a été racheté par Christian Latouche (qui possède également le domaine de Terres Blanches). Le vignoble se répartit en différentes parcelles aux expositions variées, qui donnent leur nom à certaines cuvées comme Les Terres Cassées ou La Source Blanche.

Domaine de la Vallongue Cuvée Garrigues Blanc 2015

Nez de poire, avec quelques notes d’eau de rose. Bouche ample, équilibrée, belle finale sur l’amertume. 14,5/20

Domaine de la Vallongue Cuvée Garrigues Rouge 2011

Gourmand, encore assez fruité et plein de fraîcheur, ce rouge solide offre des tannins lisses, et finit sur le thym. Un mot m’est venu: « digeste ». 15/20

lesbaux7Le bel écrin de verdure du Château Dalmeran

Château Dalmeran

Le long de la Via Domitia, «dans un paysage virgilien de collines, de vallons et de bois qui, depuis 1531, respire au rythme de la vigne et de l’olivier», comme dit le site – et c’est vrai ! La vue du Château Dalmeran et de ses vignes éparpillées dans la garrigue est une émotion à elle seule. Les vins confirment, heureusement! A noter que les rouges sont jalousement gardés en cave pendant quelques années avant d’être mis en marché.

Dalmeran En Blanc 2015

Le nez d’abord discret mérite un peu d’aération, et alors, c’est une déferlante de notes florales et d’épices ; la bouche est grasse, de belles nuances d’alcool de poire et de romarin parachèvent le tout en finale 14,5/20

Dalmeran rouge 2010

Très beau vin, étonnamment jeune; ses tannins sont assez carrés, et sa belle acidité allège la bouche. 15/20

Dalmeran Cuvée la Bastide 2012

Quelle belle fraîcheur épicée ! Quel fruit élégant – pas de confiture, de la framboise et de la cerise tout juste cueillies, et une pointe de cassis ou de griotte sûrette. Les tannins sont robustes, mais quelle expression ! Beau potentiel de garde, pour sûr. Mais saurons-nous attendre? J’ai eu un grand coup de coeur pour ce vin. 16/20

Château Romanin

Ce domaine de 58ha, créé par Jean-André Charial (L’Oustal de Baumanière), est conduit en biodynamie. Il a été racheté en 2006 par Jean-Louis Charmolüe, l’ancien propriétaire du Château Montrose, à Pauillac. Pas sûr que M. Charmolüe ait perdu au change, notamment pour le cadre. Il s’est entouré d’une bonne équipe,  en la personne de Franck Bréau (directeur d’exploitation) et Eduardo Pincheira, oenologue chilien venu de Bio-Bio se mesurer au terroir provençal, et qui semble avoir déjà bien pris ses marques.

Château Romanin blanc 2014 (en magnum)

Voilà ce que l’on peut appeler un boisé bien ménagé ; juste au dessous de ses notes légèrement grillées, se tapissent plusieurs couches de senteurs florales (aubépine, jasmin) : la bouche est ample, longue, volumineuse, mais la finale sapide titille joyeusement les papilles en finale. 15/20

Autres cuvées appréciées: L’Affectif (Rouge) 2009 (13,5/20), Les Terres Blanches 2013 (13,5/20), Domaine Guilbert 2012 et Château Romanin La Chapelle 2014 (13/20).

Ah, la tentation de la grande cuvée boisée…

Une petite réflexion de mon cru avant de clore cet article, globalement élogieux, on l’aura compris.

Les Baux de Provence sont une des grandes attractions touristiques du Sud de la France. Les paysages, les sites, l’offre culturelle, sans oublier une offre gastronomique haut-de-gamme, drainent une clientèle nombreuse et plutôt aisée.

Pour les vignerons, il y a de quoi susciter une tentation: celle de la « grande cuvée ». La cuvée «très». Très extraite, très boisée, très limitée, très chère.

A mon sens, c’est dommage, car dans bien des cas, on y perd tout repère ; loin de moi l’idée de jouer les chiens de garde de l’appellation (Elliott, au Château de Dalmeran, fait ça très bien), mais quand un blanc des Baux se met à ressembler à un Meursault (normal: le tonnelier est parfois le même), je crie casse-cou.

D’ailleurs, vous ne trouverez guère dans ma sélection.

Par contre, l’idée de les garder en cave quelques années avant la mise sur la marché a toute ma sympathie.

Hervé Lalaulesbaux8

 

 

 

 

 

PS. Outre les descentes de cave, et les promenades dans la garrigue, je vous recommande la visite des Carrières (un espace scénique à couper le souffle, actuellement sous le signe de Chagall); mais aussi, pour les gastronomes, celle du Moulin Castelas (demandez son huile de fruité noir de ma part) sans oublier, pour les golfeurs, le domaine de Manville. Et pour les amoureux des belles tables, le choix est cornélien: L’Oustal de Baumanière, ou La Cabro d’Or?


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Barcelona Vadevermut, le salon du Vermut et de l’apéritif

Vadevermut a fêté sa deuxième édition, les 15 et 16 octobre derniers.

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Je vous l’ai déjà raconté, la tradition du vermut, pratique courante en Espagne depuis de nombreuses années, était un peu oubliée;  il semble qu’elle refasse surface et avec un succès significatif. De nombreuses nouvelles «vermuterías», sont là pour l’attester.

A Barcelone, on buvait normalement le vermut le dimanche à midi accompagné de tapas, mais dernièrement, on n’hésite pas à le consommer les après-midi et même le soir avant de dîner. Suite à cette pratique extensive, le salon Vadevermut a vu le jour dans la capitale catalane. Il s’est à peine écoulé 6 mois depuis la première édition, qui a dépassé toutes les attentes, et a connu un vrai un succès de participation: plus 5000 personnes y ont assisté et plus de 25.000 vermouths ont été servis ; tant et si bien que l’idée initiale d’en faire un événement annuel a pris un virage radical.

Et donc, la second salon entièrement consacré au vermouth s’est tenu samedi et dimanche dernier. Bien entendu, je ne pouvais pas rater ça, moi qui suis fan de cet apéritif !  Le lieu était bien choisi, le « salon » se tenait au Poble Sec,  à l’Espai CREC,  un quartier et un endroit très branché et très vivant. L’idée étant de garder la même philosophie et l’essence de la première manifestation : un évènement  qui vise à promouvoir et à faire connaitre tous les produits qui composent l’acte socio-culturel de «faire  le vermouth» (traduction littérale), le vermouth en lui-même évidemment, mais aussi tout ce qui l’accompagne : les conserves, marinades, olives, et d’autres produits traditionnels indispensables à un bon «vermuteo». Il était annoncé comme populaire et professionnel, mais en réalité, il n’avait absolument rien de professionnel, d’ailleurs je n’en ai pas croisé un seul ! J’y étais vers les 14h, le lieu était plein à craquer, normal, c’était l’heure de l’apéritif, j’y ai trouvé du tout public, mais surtout,  des jeunes ne dépassant pas la quarantaine, issus de tous milieux, serrés dans un grand espace où se côtoyaient  exposants et bars à tapas. L’ambiance était très amicale, très festive et très joyeuse, et j’ajouterai de très bonne tenue, je n’ai pas vu de dérapages, ce qui est très appréciable.

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Côté exposants, plus de 20 marques  locales et nationales  sélectionnées parmi de petits producteurs pour la plus part,  pour leur qualité et leur exclusivité, il y avait même une présence internationale! La dégustation n’était pas prévue, il fallait payer 2€ le petit gobelet en plastique, pour avoir droit de gouter à chaque stand; la plupart des visiteurs venus en groupe, achetaient la bouteille et aller la consommer sur une des multiples tables hautes en l’accompagnant de tapas. L’exercice a été plus compliqué pour moi, étant seule, sans le moindre crachoir à l’horizon, je me suis contentée de gouter ceux que je ne connaissais pas. Je ne vous imposerai pas des notes de dégustation, l’endroit, le bruit, ne s’y prêtait pas, en outre on ne sait pas si les arômes que l’on croit découvrir viennent réellement des vermouths ou des préparations culinaires qui nous entourent et nous envahissent d’odeurs ;  les photos vous parleront davantage et vous donneront une idée de l’ambiance et de la diversité proposée.

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Les marques catalanes dominaient, par ordre de préférence :

  • Saint-Gervasi, tout nouveau arrivé sur le marché et vraiment séducteurimg_1954

– Miró

(meilleur vermut 2016 Premis Vinari), le vermut de Reus très reconnu, existe en blanc, en rouge, le Reserva… Le rouge est mon préféré, il stimule et rafraichit à la fois, il parait assez léger, l’amertume finale masque une légère douceur, la finale balsamique est élégante. Bouteilles de 1 L. 4,95€

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  • El Bandarra, je vous en ai déjà parlé, artisanal aussi, 8, 95€ la bouteille d’un litre

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  • Padró & Co (meilleur vermut blanc catalan Premis Vinari) 7,95€

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  • Olave blanc et rouge, sur le marché depuis 2014 seulement, mais qui pourtant a su s’implanter rapidement : 5, 70€

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  • Fontalia (Priorat) El vermut Fontalia Classic  . 6,95€

  • Dos Déus, (Priorat) 13,80€

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  • Rosique (Terra Alta) puissant et équilibré

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  • Myrrha rouge ou blanc 5€, le Reserve rouge : 9,50€img_1956
  • Murcarols rouge ou blanc, 1L. 8,25€

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  • Cisa (Maresme), celui de toute la vie, blanc et rouge 1L .5, 25€

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  • Medusa (Tarragona) traditionnel 5,90€img_1984
  • Dotze (Conca de Barbara)

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Mais on pouvait goûter aussi des vermouths des autres régions d’Espagne:

un Vermut Basque : Txurrut 9,45€img_2012

La Copa, un vermut de Jerez : Gonzalez Byass 9,25€

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deux vermouths de Galice: Pepa A Loba, vermut de albariño, 10€, et St.Petroni 13,95€

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  • img_2002

Mutus, un vermut premium qui a macéré dans des oranges de Valence 11€

img_1995– Perdón, le vermut de León 7€

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– Un vermut de Valence: Vall de Gorgos, Bodegas Xaló, 5€

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–  Sa Concha: un vermut artisanal qui aux traditionnelles notes d’agrumes, assoicie le romarin et le thym

–  Vermuka, un vermouth de Cantabrie

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– Zarro, le vermut de Madrid 1L. 5,95€

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– Vermouth Manolete : Blanc ou Rouge 1L 3,60€, j’adore l’étiquette

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Et comme marques internationales…

 

– un vermouth italien: La Canellese

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et un Australien, Maidinii, chez qui je me suis arrêtée plus longtemps.

Gilles Lapalus, un Français installé en Australie, présentait 3 vermouths originaires de Central Victoria, marque : Maidenii. C’est l’aboutissement d’une collaboration avec le barman australien Shaun Byrne.

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Il s’agit de vermouths très artisanaux, tous les vins de base sont issus de Heatcote et les raisins sont vendangés manuellement.  Les levures sont autochtones, le mutage se fait en cours de fermentation,  les 34 plantes fraiches et séchées,  dont 12 sont indigènes (sea parsley, strawberrygum, river mint, wattleseed, une variété d’eucalyptus qui sent la fraise, et une des 3 variétés comestibles de mimosas …),  macèrent dans l’alcool neutre. L’absinthe  est cueillie par eux-mêmes dans le Central Victoria, ils travaillent aussi avec les communautés aborigènes pour récupérer une partie de cette production. Chaque plante est macérée individuellement. Le vermouth est élevé  quelques mois supplémentaires en fut et en cuve, puis assemble pour la filtration et la mise en bouteille.Points significatifs :- élaboration soignée du vin de base à partir de raisins issus de vignobles prestigieux.

– minimum de sulfites ajoutés.

– mutage en fermentation donc pas de sucre ajouté, ni de caramel.

– chaque style utilise les mêmes 34 plantes, mais avec des proportions différentes.

Ils sont tous millésimés.

  • Le Maidenii Classic

Le vin de base est une syrah de Heatcote,

Alcool : 16 % vol.

Sucre résiduel : 65 g/L

Le Classic met l’accent sur le zeste d’orange, les feuilles de laurier et les racines de gentiane. Sa couleur est déjà étonnante, cuivrée, le nez est puissant révèle des senteurs de plantes, la bouche est moyennement corsée,  légèrement acidulée, finale amère sur les épices douces, le clou de girofle et la feuille de laurier. Très frais et très équilibré.

  • img_1969Le Maidenii Dry         

    Le vin de base est issu de viognier, pressurage en grappe entières, fermentation en fut et en cuve, mutage en cours de fermentation.

    Alcool : 19 % vol.

    Sucre résiduel : 20 g/L

    Le Dry met l’accent sur les feuilles de citron, la nigelle et la gentiane japonaise.

    Sa couleur est paille clair, le nez s’ouvre sur des notes fruitées,  herbacées, et épicées, jolie complexité. La bouche comme le précédent semble assez légère, pourtant elle ne manque pas de profondeur, s’ouvre sur les épices, les agrumes et montre une belle fraicheur finale, où dominent des notes délicatement amères de gentiane.

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  • Le Maidenii SWEET              

Vin de base : cabernet sauvignon,Élaboration : vendanges mécaniques, pressurage direct, fermentation en cuve, mutage en cours de fermentation. Alcool: 16 % vol.

Sucre résiduel : 130 g/L

Le Sweet met l’accent sur les le zeste de pamplemousse, le macis et la racine d’angélique.

La production actuelle est de 30000 bouteilles, l’idée étant d’atteindre les 60000.

L’esprit du vermouth est bien présent, le rosé est à boire seul, le blanc est plus dans un style italien, c’est celui que j’ai préféré, les 3 sont séduisants racés même. Le hic réside dans les prix qui sont élevés, là on n’est plus du tout dans l’esprit des vermouths espagnols. Il le proposait à 30€ mais son vrai prix est 45€, un vrai décalage, en tous les cas par rapport à l’Espagne où la culture du vermut était au départ très populaire, le but étant de se réunir entre amis, de payer chacun sa tournée, le prix ne doit pas dépasser 2€ le verre,  accompagnés de tapas. Un «grand» vermut ne rentre pas dans ce cadre, il s’adresse à des publics différents et d’ailleurs ça se confirme quand on regarde chez qui il est présent à Paris : Le Cave/Le Châteaubriand, Le Dauphin, Le 110 de Taillevent, L’Astrance, Le Passage, Akrame, Divvino, La Renaissance (Voltaire)

L’importateur en France est Brill & Gilis; en Italie, c’est Velier; en Greande-Bretagne, c’est Indie brand.

Conclusion

Plus qu’un salon, c’était un endroit de rencontre très familial et amical, où en plus de consommer on pouvait acheter des bouteilles et toute la « panoplie » nécessaire au parfait vermouth. Vu le succès de l’évènement, la conclusion serait que le vermouth se porte bien,  très bien même, il est devenu l’apéritif par excellence en Espagne. Ce que je trouve curieux c’est que passé la frontière du Boulou, il reste complètement méconnu, je le fais gouter à mes amis à Perpignan, mais je n’en trouve nulle part, pourtant nous avions nous aussi une tradition de vermouths, elle s’est perdue et nous ne l’avons pas encore récupérée!

Une précision: les prix annoncés sont à la bouteille.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols