Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Un chai de rêve

C’était une vieille bâtisse qui abritait les cuves et les machines tant bien que mal, en bougeant l’une pour caler l’autre. Une de ces caves construites au fil des ans où viennent s’ajouter les pièces avec les besoins.

Le changement a commencé le 14 janvier 2016 avec le déménagement du vin; un mois plus tard, les gros engins détruisent l’ancien bâtiment et creusent la place pour obtenir un niveau supplémentaire; encore un mois après, fin février, les travaux démarrent. On a désormais trois niveaux, le plus haut pourra accueillir la vendange, le plus bas la vinification et l’élevage; entre les deux, la mise en bouteille, le conditionnement et l’expédition. Avec, de-ci de-là, des lieux sympas pour le public et le bureau. Un rêve d’œnologue…

Et que ça brille!

La réception de la vendange ressemble à un grand laboratoire. Impression largement amplifiée par l’inox omniprésent et d’une qualité toute médicale. Toutes les canalisations sont empruntées au système laitier, section plus petite, plus malléable, plus fin et plus facile pour l’entretien. Le pressoir pneumatique avec froid intégré, offre un choix de programmes tout en finesse allant de la balançoire à l’embrassade. La pompe est assez large pour inviter le raisin à suivre aimablement son destin. C’est propre et réglé comme une horloge suisse.

Zéro phtalates

Ces fameuses molécules découvertes dans les plastiques migrent allègrement dans le vin (aussi bien que dans les biberons de lait). Elles sont le cauchemar des œnologues avertis mais la solution existe, certaines sociétés de matériel œnologique se sont spécialisées dans les produits garantis sans phtalate. Du sol au plafond, dans cette cave-ci, du revêtement des cuves époxy ou en résine, les manches et autre tuyau de transfert, tout est « garanti 0 phtalate ». Un grand progrès. Une sorte de luxe, aujourd’hui.

Chaque chose à sa place

Deux règles de conduite dans une bonne cave: l’hygiène et le rangement. Quand on voit un tableau de manches qui fait penser à un dessus d’établi, comme ici, ça fait rêver. Par terre, c’est si beau qu’on dirait une œuvre d’art.

A chaque raisin sa cuve

Réussir à maintenir le moût d’une même parcelle, d’un seul cépage, de la récolte jusqu’à la bouteille, nécessite un nombre impressionnant de cuves de contenance variée. Qu’à cela ne tienne, ici, on a conçu le chai des cuvées parcellaires avec des 10 hectos, des plus, des moins et des cuves à chapeau flottant pour les entredeux. Une véritable pouponnière de cuvées spéciales.

Le piano à froid

Un des secrets d’une grande cuvée (après le raisin et le terroir), c’est la maîtrise des températures. Surtout le froid pour le blanc, un peu aussi pour le rouge. Au début pour fixer le fruit. Puis pour calmer la fougue des levures en pleine effervescence. Laissez monter le thermomètre et le moût est séché en trois jours, mais tout ce qui est bon est brûlé avec les sucres. Dans les pays frais, il est souvent nécessaire de réchauffer le moût pour faciliter la fin de fermentation (oui oui, les levures sont frileuses). On installe donc un système de ceinture, de drapeau et autre radiateur indépendant pour chaque cuve et au milieu du chai….

Oeno-électronique

Une grande tablette avec tous les contenants et leur température, avec des ordres simples pour l’augmenter ou la diminuer à volonté. C’est bluffant. On n’a pas eu accès aux produits œnologiques pour vérifier l’excellence de la préparation des vendanges mais on imagine facilement que tout est mis en œuvre pour respecter le fruit et son terroir. Reste une étape importante, l’élevage.

Deux doigts de bois

Il y a les cuvées sans et celles avec. Les voilà alignés à la bordelaise avec une fontaine d’André Raboud pour compagnie, tous ces fûts de chêne qui donneront ce goût si particulier. Toute la technologie au service du fruit pur se trouve ici confiée au bras des tonneliers. Certaines cuvées s’en accommodent bien et même s’enrichissent quand d’autres se banalisent. Mais un grand chai sans barrique serait-il pris au sérieux?

De l’art

« Le vin, c’est pas du cochon, c’est de l’art », dit si bien Jean-Claude Dreyfus, nouvel investisseur du vin, acteur et poète à ses heures. L’art a donc légitimement sa place dans la beauté technique du chai. Sur les murs de béton brut, le peintre Pierre Zuffery expose ses toiles de noir vêtues. Les dégustateurs attendris par les gorgées non recrachées tentent de comprendre le sens des choses.

Générique

Le caveau appartient à la famille Besse. Le père, Gérald, est vigneron-entrepreneur-autodidacte; c’est le patron, qui « investit dans la cave ce qu’il gagne dans le vin ». Le fils, Jonathan, est ingénieur en génie mécanique – ça aide. La fille, Sarah, est ingénieur en génie œnologique et viticulture – ça aide aussi. Quant à leur mère, Patricia, elle aide en tout et partout.

C’est à Martigny-Croix, dans le Valais. Je dois ce rêve éveillé aux organisateurs du Mondial du Chasselas. Je les en remercie.

 

 NFA

 

 


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Amara riflessione settembrina

Notre invité de cette semaine n’est autre que Franco Ziliani (Le 1000 Bolle, Vino al Vino…), collègue et ami italien qui nous fait part de quelques réflexions douces-amères sur le métier de journaliste, musiques à l’appui. Dans la langue de Dante et de Verdi, comme il se doit…

Mi fa piacere scoprire che il mio articolo sull’onestà intellettuale del mio ex “nemico” Riccardo Cotarella pubblicato sabato stia piacendo. Telefonate, e-mail, messaggi via Whats’app in risposta al link all’articolo da me inviato ad una serie di persone, e tutti di consenso. Da parte dell’interessato, Mr. Merlot, che si è divertito ed è stato ovviamente gratificato dai miei complimenti, e poi da parte di un suo caro amico romano, a’ Frà che te serve, alias Franco Ricci, il re della sommelerie italiana. Da parte di lettori, produttori di vino, enologi, che, stranamente, mi manifestano il loro consenso privatamente, ma guardandosi bene dell’esibirsi con un pubblico commento al post sul mio blog.

Li capisco, prendere posizione, in questa Italia di farisei, cerchiobottisti e doppiogiochisti, di buonisti ipocriti politicamente corretti e per di più confessare di essere d’accordo con il pericoloso estremista, “quel pazzo squilibrato e psicopatico di Ziliani”, è rischioso e impopolare. A me, come spesso mi ha detto in camera caritatis qualche collega, tocca il lavoro sporco. Di cui talvolta anche loro si giovano. Ma non esponendosi, lasciando che sia io ad andare all’assalto, non avendo loro gli attributi e l’onestà intellettuale per farlo. Perché “tengo famiglia” e chi me lo fa fare? Come se io famiglia, invece, non la tenessi…

Non mi stupisco, sono abituato a queste cose. Io adoro scrivere così, in qualche modo con uno stile che evoca la definizione latina di “castigat ridendo mores”. Intendiamoci, non sono, non ne ho la stoffa e la grandezza, di un moralista di stampo latino, come il sommo Giovenale, e poiché ho ben presente il motto “chi è senza peccato scagli la prima pietra”, evito di presentarmi come moralista. Conoscendo i miei limiti, le mie contraddizioni, le mie ombre. Che sono quantomeno pari, se non superiori, alle luci…

Però, pur senza considerarmi un Montanelli o un Veronelli, e senza indulgere in presunzione, consapevole anche dei miei pregi (che pure ci sono, perdinci!, anche se tra mille difetti) e avendo la lucidità di capire che in giro, nel mio settore, non ce ne sono poi tanti più bravi di me, per l’esperienza maturata in oltre trent’anni di attività e di vita (magari sottratta alla famiglia: non sono stato né un grande marito né tanto meno un gran padre) per come degusto e per, eh diamine, so fare solo quello!, come scrivo. Con uno stile, lo riconoscono anche quelli cui sto “simpatico” come possono esserlo frammenti di vetro nelle mutande, personale, divertente e leggibile. Smart

Eh bravo Ziliani, direte voi, bravo perché hai superato il terribile anno 2016, bravo perché non so come sono riuscito a venire fuori dal cul de sac in cui mi ero ficcato ai primi di ottobre di due anni fa, con il pugno (non proprio un uppercut da k.o.) che avevo rifilato, nel pieno di una Giornata Champagne milanese, al “prezzemolino” (come l’avevo battezzato anni addietro) Andrea Gori. Bravo perché ho superato una campagna di linciaggio e un tentativo di farmi fuori, professionalmente, con alcune canaglie (coglioni grassi e/o barbuti, ma anche qualche donna, o piuttosto femmina, le donne vere sono altra cosa) che si sono particolarmente “distinte”, che avrebbe steso un bue. E invece, sunt ancamò chì

Bravo, penserete forse, perché tieni in vita due blog del vino, che pare siano (ancora) letti nonostante il tuo caratteraccio. Bravo perché hai ancora lettori che ti scrivono e credono in te, bravo perché nei hai inaugurato un terzo di blog (il Franco Ziliani blog), che in verità sarebbe un quarto, perché il terzo, Rosé Wine Blog, pioneristico, il tuo referente tecnico te l’ha chiuso quasi a tua insaputa…E lassuma pert

Bravo perché in tante vicende del mondo del vino (la moda dei vitigni internazionali e la riscoperta dei vitigni autoctoni, la difesa del Barolo e del Brunello di Montalcino veri contro i vari tentativi di imbastardimento, la denuncia dello strapotere degli enologi consulenti portatori di premi e creatori di monstra vinicoli, lo svelamento di pasticcetti e contraddizioni delle guide, la scoperta dei rosati (ecc. ecc, potrei andare avanti) hai avuto ragione… E non quella che si dà ai matti, ma quella che si deve riconoscere…a chi ha ragione…

“Ah che bravo, Ziliani, allora, con 33 anni di onorata carriera nel mondo dell’informazione sul vino sarai celebrato, pieno di soldi e riconoscimenti, pieno di lavoro, con le soddisfazioni che un giornalista della tua esperienza e capacità si merita…”.

Giunto a questo punto, bloccherei il mio ipotetico e fantomatico interlocutore perso a complimentarsi con me e gli direi a bruciapelo: amico, vieni giù dalle piante, torna nella realtà, esci dal tuo migliore dei mondi possibili e torna a sporcarti le scarpe di fango e di altro con il mondo di oggi!

E gli racconterei, cosa che faccio anche a voi, quattro residui lettori rimasti, che le cose non stanno così. E che se per ipotesi si ha la malsana idea di voler fare lo Ziliani (non penso di essere un eroe, penso che lo siano anche altri, tra i cronisti del vino, tra i giornalisti indipendenti, e che lo siano piuttosto gli imprenditori, i commercianti, i dipendenti pubblici, le coppie che decidono di avere figli, gli insegnanti seri e coscienziosi. Escludo i politici, faccio fatica a trovarne qualcuno che non sia un farabutto) si deve essere pronti a pagar pegno. E a mandar giù m…a.

Ad essere accusati di ogni nefandezza, ovviamente di essere provocatori, razzisti e fascisti (al che io rispondo: si vergognino piuttosto coloro che nel 2017 hanno la faccia di tolla di definirsi ancora comunisti), ad essere boicottati e, cosa che più conta, visto che sto parlando del mio stravagante mestiere di giornalista del vino che campa della sua scrittura, a trovarsi praticamente senza lavoro. Perché, a dire le cose come stanno, anche brutalmente, causa la crisi economica, i feroci tagli delle spese nel mondo dell’editoria, la riduzione delle entrate pubblicitarie, la concorrenza di Internet e della televisione, quelli come il sottoscritto si trovano praticamente disoccupati.

Certo, posso “menarmela” attestando che sono, dalla fondazione, “member of Editorial board” di una delle più prestigiose riviste di vino del mondo, The World of Fine Wine, che entro fine anno dovrei (il condizionale é d’obbligo) riprendere a collaborare, dopo anni, con Decanter, che vado a Londra spesso, a spese mie (e meno male che posso contare sulla squisita ospitalità della mia cara amica Giusy Andreacchio) per tasting e meetingprofessionali, non per cazzeggio, che ho buoni rapporti con tanti wine writer inglesi o di altri Paesi, e con grandi master of wine come NIcolas Belfrage o Jancis Robinson. Che ho al mio attivo, nel mio archivio professionale, una sfilza di collaborazioni che potrei farne un post, tanto sono numerose, eterogenee, e alcune prestigiose… Una su tutte, Il Giornale, quando direttore era “un certo” Indro Montanelli. Mica Severgnini o Travaglio…

E posso, se proprio voglio fare lo “sborone”, vantare di essere un “influential”, più di svariati wine blogger la cui esperienza è tutta da inventare. E che non sono dei fenomeni, degli incredibili talenti, salvo qualcuno. Mi piace citare Andrea Petrini, alias Percorsi di vino, e Giovanni Corazzol, che scrive, purtroppo poco, ma bene, in un blog che aborro.

Bloggers e neo wine bloggers che, a differenza di quel pirla del sottoscritto, hanno in breve tempo capito tutto, come funzionano le cose, cosa conviene e cosa non conviene scrivere, come non sia opportuno farsi nemici, non precludere marchette, magari chiamandole con nomi fantasiosi, o redazionali pubblicitari, e lavoretti che anche un cane si accorgerebbe che sono in clamoroso conflitto d’interessi (ci sono collaboratori di un noto blog del vino che sono in assoluto conflitto d’interessi, tutti lo sanno e nessuno dice nulla) e quindi sono entrati a far parte integrante della Cupola del vino. Come certe guide, come certe riviste, patinate e non, del tutto inutili.

Ma, alla fine, da tempo nessun giornale si sogna (le ultime sono state due riviste della RCS Rizzoli, Oggi cucina e Free, fino a che è arrivato il boss Urbano Cairo e ha eliminato una rivista e tutti i collaboratori) di offrirmi di collaborare.

Su un quotidiano, dove, accettando qualche compromesso, potrei scrivere, ho scoperto che tiene una rubrichetta stupida di interviste ai politici su quale sia il loro piatto preferito ed il rapporto con il vino, un tizio che ha fatto carriera in una rivista specializzata in marchette. Altri quotidiani non si interessano di vino o sono già occupati da rubrichisti (spesso redattori interni) attenti soprattutto a blandire i potenziali o già attuali inserzionisti pubblicitari. Le riviste di settore campicchiano e non sanno se usciranno ancora due mesi dopo, e quelle che resistono zoppicando, si guardano bene dal mettersi in casa un collaboratore rompicoglioni, polemico, non prono a seguire le indicazioni dell’ufficio pubblicità o di dare un occhio di riguardo al produttore (spesso mediocre) amico del capo redattore o del direttore.

E di cosa si campa, allora, se si vuole continuare a fare, come ho cercato di fare sempre in questi trent’anni, il cronista del vino indipendente e dalla parte del lettore? Una soluzione potrebbe essere rappresentata dall’avere una moglie, compagna, amante, ricca, che ti mantenga e ti consenta di coltivare il ghiribizzo dello scrivere di vino. E di rado divinamente, visto che svariati comunicatori del vino con la grammatica e la sintassi fanno a cazzotti…

Se non si ha questa fortuna, se la moglie, come accade con alcuni miei colleghi, non lavora, non fa il medico, la produttrice di vino, o altra attività che consenta di mantenere dignitosamente la famiglia, o non si proviene da famiglie agiata, sono ca..i amari.

E quindi, come unica alternativa all’arrendersi alle marchette, che svariati colleghi fanno, chi in maniera più sottile e segreta, chi in maniera scoperta (alcuni scrivono di vino e contemporaneamente fanno le p.r. per aziende: chissà come saranno indipendenti…), resta o lo svaligiare una banca (ma bisogna essere bravi, capaci e magari non farsi beccare) oppure intraprendere la carriera politica. Un mondo dove, e dirlo non è certo cedere al qualunquismo, magnano e rubano tutti

Ultima soluzione: cercare di collaborare con associazioni che organizzano serate e corsi sul vino o con consorzi vinicoli, che si occupano ormai non più di tutela, ma di promozione. Anche in questo caso, però, il gioco si fa difficile per quelli che non guardano in faccia a nessuno e non vogliono mettersi a 90 o fare lo zerbino di direttori, presidenti, capetti e capataz dall’EGO ipertrofico. Magari all’inizio apprezzano la tua professionalità, poi, se non ti assoggetti a blandirli, a dire che hanno ragione anche quando dicono o propongono cazzate, se non ti cali nella parte del servitore scemo e consenziente, se non ti arrendi all’evidenza di avere a che fare con personaggi fumosi, fafiuché e parolai, l’incanto svanisce e per rispetto di te stesso finisci per isolarti, per non umiliarti e non sacrificare dignità e orgoglio. O sono loro che spariscono o ti dicono che non si può andare avanti, che hai un pessimo carattere e rompi sempre le palle…

Che fare allora? Oggettivamente non ti restano che due soluzioni. Che entrambe sto perseguendo o tenendo in serissima considerazione.

Escludendo, avendo quasi 61 anni e non amando i cambiamenti radicali e non ipotizzando di andare a vivere in un’altra Nazione (la Germania di oggi, problemi linguistici a parte, non mi attrae, a Londra la Brexit impera, Madrid è bella, ma fa troppo caldo, resterebbe l’adorata Polonia, ma la lingua è impossibile, come pure quella ungherese…), c’è invece la possibilità di andare a far tesoro della mia professionalità (che pare esista) e della mia esperienza a Londra o à Paris.

Metropoli veramente europee, non come la presunta capitale d’Africa, pardon, d’Italia, ovvero Roma, dove non arriva più di tanto l’eco delle cazzate che qualche imbecille cronico dice su di me e dove non si fanno condizionare e ti mettono alla prova e sei hai idee valide, capacità, intelligenza, un pizzico di savoir faire puoi farcela.  E non dico che puoi andare a fare la spesa ogni giorno da Harrods o nella mia adorata rue des Martyrs à Paris, the perfect street secondo Elaine Sciolino, ma se ti sai organizzare puoi sbarcare tranquillamente il lunario. Perché di questo ormai, alla mia età e di questi tempi grami si tratta, non di arricchirti, macché, ma di arrivare a fine mese senza il fiatone.

Altrimenti, cosa che ho già preso in considerazione e non escludo affatto possa essere il mio approdo finale, che ha un ché di romantico, andare a vivere sotto un ponte. Mi mancheranno le mie cantine, i miei libri, la mia collezione di CD di musica classica, la comodità di un letto comodo e di un bagno, ma suvvia, ci si abitua a tutto se si vuole. Abbiamo sopportato anni e anni di governi Berlusconi e Prodi, altrettanti del nefando Renzi e del suo alter ego Gentiloni, alle porte, Islam a parte, c’è la terrificante incognita di un governo centrale grillino, si può sopportare anche una fin de partie beckettiana, no?

E con ogni probabilità, perché il francese mi piace mille volte più dell’inglese, la prima è la lingua dell’amore e dello Champagne, l’altra del business, e poi perché clochard suona meglio che homeless, il ponte che sceglierò sarà sotto la Seine, non under the Thames… E’ più bohémien, ça va sans dire

Franco Ziliani


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Le BOB du BIB suite

Second étage de l’exposition temporaire d’art du BIB avec le thème des métaphores. Déjà bien connu sur les étiquettes du vin, souvent efficace, parfois usé voire abscon, il a l’avantage, pour une petite surface, d’utiliser l’image plutôt que le discours. Ce devrait être le thème préféré de l’habillage des BIB mais il semblerait que les professionnels souffrent souvent du syndrome de la boîte blanche.

Mais qu’est-ce qu’on pourrait  bien raconter sur une si grande surface?

Le BOB générique, vendu sans marque et que le producteur s’approprie en apposant son étiquette. Facile et pas cher. L’image doit convenir à tous les terroirs et tous les caractères. La nature morte est le thème favori des illustrations. Ce n’est pas toujours évident d’y trouver la référence aux grand peintres flamands, mais avec beaucoup d’imagination….

Le vin par l’image, ou comment représenter à l’extérieur ce qu’on peut trouver à l’intérieur.

Il y a la définition selon Google. Si vous tapez vin + image vous aurez le vin en mouvement dans un verre. Le liquide semble toujours prêt à s’échapper. C’est vrai qu’à plat, ça fait flaque, ou lac, ou tâche. Cette image ne doit pas coûter bien cher à l’emploi parce qu’elle est récurrente sur tous les supports.

 

La vigne pour le vin, à l’origine la plante, comme on trouve aussi l’olivier pour l’huile d’olive, l’orange pour son jus et la poule pour l’oeuf (autant de produits mis en BIB). Là aussi, il y a des génériques à faire fuir. Mais il y a quelques recherches de sens, le vieux cep accompagné du repas entre amis vignerons, image conviviale du vin.

L’origine aussi avec la belle feuille verte à côté du pigeonnier d’origine. Le lieu existe, ça s’appelle le terroir.

Le terroir justement. Un argument fort pour les appellations et pas si facile à mettre en scène. Je ne résiste pas à l’envie de montrer une image déjà bien ancienne créée pour la communication de la cave de Rasteau et qu’on retrouve sur leur BIB

La tradition, le geste ancestral, les vendanges manuelles, la main de paysan, la transmission, magnifiquement illustré ici par Plaimont, mais c’est la même image que pour leur cuvée en bouteille.

Le bio est un thème inspirant et plein de clichés.

En tête des ventes : Le carton à la manière carton. Brut, nature, sans artifice, sans additifs, bio quoi.

Plus pédagogique, la photo macro d’insectes (les bêtes à bonDieu qui remplacent les insecticides ou celles qui leur survivent)

ou leur représentation bucolique, avec cet air de légèreté naturelle qui peut être souligné par le nom de la cuvée

La Com de la honte

Pour finir un lot de BOB qui explique que « bien que ce soit du carton, c’est la même chose qu’en bouteille ». Ce qui est rarissime dans la réalité.

 

à suivre?

Nadine

 


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Le BOB du BIB. Propos estival sur l’habillage du Bag-in-Box ®

Notre excellente et pertinente consœur Nadine propose de nous parler des faces cachées du BIB, un support de communication pas toujours bien exploité…

Le BOB* (Box-on-Bag), est l’attribut marketing du vin en boite. Il présente une large surface de communication, permet toutes les audaces, reçoit aussi bien les photos que le graphisme, le verbe comme les pictogrammes. On peut y présenter le domaine et son terroir, le profil et les passions du vigneron, le choix de la cuvée, la biodiversité de son lieu d’origine, les attractions touristiques et tout ce qui fait le fameux story-telling du vin cher à nos amis du marketing. On peut tout imaginer, on pourrait tout oser, tenter le romantisme ou la provocation, le classicisme ou l’art contemporain. Que nenni, la boîte de l’outre à vin reçoit rarement les honneurs de l’imagination.

Pourquoi tant d’indifférence devant cette opportunité de lieu d’expression ? En guise d’exposition temporaire d’art du BIB, voici ma sélection. Tous les vins de ces boites sont commentés sur http://www.blog-du-bib.fr/

De l’art classique avec  la collection « Villages de Caractères », label donné aux plus beaux villages d’Ardèche et repris par les Vignerons Ardéchois pour promouvoir leur gamme de cépages. C’est le peintre Robert Sgarra qui a réalisé 7 oeuvres pour 7 de ces villages. http://www.blog-du-bib.fr/degustation/viognier-de-caractere/

 

De l’art conceptuel

Osé le bidon de Fuel! Le BOB est totalement métamorphosé. Besoin d’explications? Ceux qui connaissent le slogan « En France on a pas de pétrole mais on a des idées » on fait la moitié du chemin. http://www.blog-du-bib.fr/degustation/french-fuel/

 

Minimaliste illustration pour la cuvée des dames. Là aussi toutes la surface du BOB est occupée. Le choix du trait rouge comme les lèvres ou la passion, un fond blanc comme la toile de peintre, une inscription en 3D, le rosé de provence se fait son cinéma.  http://www.blog-du-bib.fr/degustation/cotes-de-provence-rose/

 

 

Rubicubistique, cette version est inamovible

 

Le chic noir

avec de belles photos, la vigne comme si vous y étiez, avec le discours qui va avec http://www.blog-du-bib.fr/degustation/grenache-rouge/

Ou juste informatif, guère plus que les mentions de l’étiquette réparties sur la plus grande surface http://www.blog-du-bib.fr/degustation/rose-cevennes/

 

La marque stylée

Catégorie avec pas mal d’exemples surtout dans la Grande distribution et souvent plagiés, comme Système U (plagié par les vins d’Espagne). Plus stylé avec BiboVino, producteur distributeur exclusivement en BIB qui a choisi le violet parme par porter les couleurs de la collection « Les vins vrais »  ou Sopardis avec sa marque « de Verre en Verre » maintenant plagiée par Carrefour.

 

 

La blague

de l’humour plus ou moins réussi (comme le BOB du titre, pardon!), sans commentaire

 

A suivre la grande catégorie des métaphores

La non moins importante version carton de la bouteille

Les natures

Les bavards

Les essais graphiques

Nadine

 


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La Mauny et Trois Rivières, rhums nobles de la Martinique

Notre consoeur et amie Agnieszka Kumor (RFI) aborde pour nous le monde fascinant des rhums, et en particulier ceux de la Martinique

J’ai du mal avec les cocktails. En matière de spiritueux, ma préférence va plutôt vers les alcools purs. Je suis fascinée par le travail exercé par l’homme sur la nature. Et pour ce qui est de transformer le jus de canne à sucre en rhum agricole, de le faire vieillir et d’assembler de vieux breuvages en un produit d’excellence, la Martinique fait figure d’exemple. Depuis 1996, les rhums agricoles de l’île bénéficient de l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOP, selon la dénomination européenne). Ce label reconnaît le lieu, le méso-climat et le processus unique de la production. Il replace les rhums agricoles martiniquais dans la catégorie des spiritueux nobles avec les armagnacs, les cognacs, les grands malts ou les meilleurs calvados. Pour séduire les connaisseurs, La Mauny et Trois Rivières font vieillir leurs rhums dans des fûts différents. Et le marché suit.

Qui appartient à qui ?

Huit distilleries sont encore en activité en Martinique, dont sept produisent du rhum agricole. Certaines de ces distilleries sont dans les mains des successeurs de leurs fondateurs, comme la marque JM, qui appartient à la société Héritiers Crassous de Médeuil. D’autres ont été rachetées au fil des siècles par de grands entrepreneurs locaux. C’est notamment le cas du rhum Clément, propriété de Bernard Hayot et son groupe GBH. Et puis, évidemment, il y des grands groupes industriels. Parmi eux, on trouve Bardinet La Martiniquaise Distribution (BLMD). Propriétaire du rhum Saint James, notamment, le groupe présidé par Jean-Pierre Cayard est aujourd’hui numéro deux du secteur des spiritueux français derrière Pernod Ricard.

Ce petit royaume d’une quinzaine de marques au total qui doivent faire face à la rude concurrence à l’international et dans lequel certaines sociétés ont fait le choix de s’unir aux grands. C’est ainsi qu’en 2012, Bellonnie & Bourdillon Successeurs (BBS), l’entreprise productrice des rhums martiniquais La Mauny, Trois Rivières et Duquesne a été acquise pour 20 millions d’euros par Chevrillon, un groupe d’investissement industriel présidé par Cyrille Chevrillon. Une décision de vente, sans doute difficile à prendre, mais qui s’est avérée payante. Le capital de BBS est désormais contrôlé à 61% par Chevrillon, le reste étant aux mains des familles fondatrices Bellonnie et Bourdillon. Le groupe dirigé par Nathalie Guillier-Tual pèse 30 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Quant au groupe Chevrillon, dont les activités vont de l’agroalimentaire à l’immobilier en passant par l’assurance et le conseil, son objectif affiché est de faire de BBS l’un des fleurons de l’industrie des spiritueux en France.

Mais de quoi parle-t-on ?

Avant de dresser un bilan d’étape, dégustons ! L’occasion m’en a été donnée  cette année sur Prowein, où j’ai dégusté une dizaine de rhums des deux marques. Un nombre ô combien non exhaustif. Quelques impressions, donc. Sauf indication contraire, il s’agit de rhums ambrés. Les prix moyens en ligne vont de 24€ à 189€.

Maison La Mauny Ter Rouj’, rhum blanc agricole :

Le nom de la cuvée évoque la terre rouge de Rivière Pilote, le berceau du domaine. Cela sent la matière première, la canne à sucre, les fleurs et les fruits. Opulence en bouche (15,5/20).

Maison La Mauny « Signature du Maître de Chais »

Créé par Daniel Baudin, maître de chais chez BBS depuis 1994, ce breuvage est né de l’assemblage des rhums vieillis dans quatre types de fûts : anciennes barriques de cognac, de portos, de moscatels et de bourbons. Le résultat est saisissant : nez huileux, miellé, notes de fleurs des champs délicates, bouche opulente avec une attaque douce, puis ascendante en puissance, et une finale exquise. (16,5/20).

Maison La Mauny « Le Nouveau Monde »

Composé de quatre vieux millésimes, dont le plus jeune remonte à 2004, ce rhum épicé et fruité surprend par sa fraicheur, ses notes de poire et de fruits confits. Là encore, la trame est ascendante et la finale en queue de paon, longue et tonique. (16/20).

Trois Rivières Cuvée de l’Océan, rhum blanc agricole 

Une eau-de-vie toute en finesse, presque aérienne. Parfaite pour les cocktails (car pure et puissante), je la verrais bien avec un poisson grillé et une rondelle de citron (sur le poisson, évidemment !). (15,5/20).

Trois Rivières VSOP Réserve Spéciale 

Délicat, doux, à la trame de velours, ce rhum sent bon la citronnelle et le gingembre, l’attaque est franche, la bouche harmonieuse, la finale persistante. (16/20).

Trois Rivières Cuvée Finish Whisky 

Après la maturation en cuve de 12 à 18 mois, la cuvée a bénéficié d’un finish de 6 mois en fût de single malt provenant de la distillerie française à Rozelieures en Lorraine (Whisky de France G. Rozelieures). Evidemment, ce breuvage a laissé sa « patte », l’ensemble est floral et très équilibré. Belle invention ! (16/20).

Trois Rivières Oman 

Le nom évoque une des trois rivières de l’île (les autres étant Bois d’Inde et Saint Pierre). Les plus vieilles cuvées datent de 1979. Le nez est herbacé, évoque la pharmacie, mais aussi le bois précieux, en rétroactif des épices, des notes de gingembre, en bouche l’ensemble est linéaire, légèrement picotant sur la langue et puissant. (16/20).

Le rhum parmi les grands alcools

Si la vodka demeure le premier spiritueux « international » (par rapport au Baiju essentiellement consommé en Chine), ses ventes régressent. Les nouveaux chouchous des consommateurs s’appellent le bourbon, la tequila, le cognac et l’armagnac et le single malt. Et c’est le bourbon américain qui devrait signer la plus forte croissance du marché mondial des spiritueux d’ici à 2020 (+ 13,9%), selon la dernière étude IWSR/Vinexpo. Mais la croissance du rhum stagne. Pire, elle pourrait régresser de 3% sur les trois prochaines années. Pourtant, les « bartenders » proposent du rhum blanc dans des cocktails. Le rhum agricole attire de plus en plus des consommateurs. Surtout en France.

Cet engouement des Français pour le rhum agricole pourrait être profitable à BBS. Si l’essentiel de ses ventes est toujours réalisé en France, le groupe a poussé sa part à l’exportation de 8% en 2012 à 10% actuellement. C’est bien, mais encore loin de l’objectif de Cyrille Chevrillon. Dans une interview accordée à Marie-Josée Cougard, du journal Les Echos en octobre 2012, l’actionnaire principal se donnait cinq ans pour accroître de moitié les ventes de La Mauny et Trois Rivières à l’international. Pourtant les résultats sont là. Selon Stéphanie Labasque, directrice du marketing chez BSS, l’entreprise a réalisé une croissance de 35% à l’export sur les trois dernières années. « Cette part augmente peu, car les ventes en France croissent très vite », explique-t-elle.

Noblesse oblige… et paye

Les principaux marchés du groupe à l’exportation sont l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la Suisse. Depuis deux ans, les ventes progressent rapidement au Québec. En 2018, BBS mettra le turbo sur les Etats-Unis, le véritable moteur de la consommation des spiritueux dans le monde avec l’Asie Sud-Ouest. « Les marges de la progression sont dans la premiumisation des produits», précise Stéphanie Labasque. Actuellement, le haut de gamme ne représente que 10% des ventes de rhum, contre 25% en moyenne pour la vodka ou le whisky. Il y a de quoi faire, non ?

Agnieszka Kumor


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Tout un repas aux vins d’Alsace

Notre invité de cette semaine s’appelle Jehan Delbruyère, il tient un blog de critique gastronomique, Le Verre et l’Assiette. Nous l’avons rencontré tout récemment à l’occasion d’un déplacement pour le Comté. Pour illustrer son travail, voici un billet qu’il a consacré aux accords vins & mets. Ou plutôt, Alsace et mets…

Initialement, il s’agissait du repas de réveillon 2016, mais rien ne vous empêche de renouveler l’expérience, au moins en partie, pour la Pentecôte. Ou même en dehors des fêtes carillonnées…

Il m’a été proposé un petit défi, qui me semble si simple mais si peu connu, qui consistait à imaginer ce que pourrait être tout un réveillon accompagné de vins d’Alsace. Cette région est à la fois très connue et peu comprise pour ce qui est de toute l’étendue de ses vins, qui valent à la fois par la différence de leurs cépages que par celle de leurs sols. Aussi, le jeu était bien plus d’expliquer le pourquoi que de trouver le comment. Aider à reproduire des accords. Conseiller sur les bons domaines.

APÉRO ET MISES EN BOUCHE

Le bonheur des réveillons est de prendre un très long apéritif, déballer les cadeaux, parler et bouger. On commence léger pour parfois terminer avec foie gras ou presque des entrées servies au salon. Le truc? ne pas prendre 4 bouteilles de la même bulle, mais varier les plaisirs !

Pour commencer, je parierais sur des Crémants Blanc de Blanc très peu dosés, qui titillent les papilles et ouvrent l’appétit. On les servira avec une petite langoustine, Saint-Jacques crues, ou avec un petit cracker. Il ne faut pas toujours chercher le plus, alors que l’important est la finesse.

  • Dopff au Moulin, Crémant Wild Brut : Un crémant non dosé à partir de Pinot Blanc et Auxerrois, qui sont très à propos dans cette cuvée fine, avec une bulle sympathique et sans défaut. J’aime beaucoup la netteté de ce vin, qui correspond exactement à ce que l’on attend d’un crémant de début de repas.

    Wild Brut de chez Dopff au Moulin

    Wild Brut de chez Dopff au Moulin

  • Vincent Stoeffler : Crémant Extra Brut Nature (bio) : Un crémant qui allie la finesse et une personnalité propre aux vins de chez Stoeffler. Des aromes à la fois fins et droits, mais aussi un peu de grillé, de mâche, qui termine toutefois avec une très belle acidité!

Avant de passer à table, ou même pendant le repas, nous avons souvent envie de petits mets un peu plus gras, forts en goûts et puissants. Que ce soit avec un oeuf basse température,  du foie gras ou de la truffe, les goûts puissants doivent alors rencontrer des Crémants plus puissants et au profil aromatique différent. Pour ceci, les Blancs de Noir (Crémant blanc issu de Pinot noir donc) peuvent être de bons compagnons !

  • Louis Sipp Crémant Blanc de Noirs (bio) : Arômes de fruits bien mûrs, vineux, avec du gras, il répond très bien aux petits plats qui ont un élément gras et puissant, en apportant la fraîcheur nécessaire en fin de bouche !
  • Domaine Ansen Crémant Blanc de Noirs :  Tout au nord de l’Alsace viticole, ce petit domaine produit de très beaux Blancs de Noirs. On sera sur un vin fruité mais un peu plus lâche que Sipp, plus en largeur. Très agréable dans son genre.

LES ENTRÉES POISSON, LÉGUMES, EN LÉGERETÉ

Les premières entrées sont souvent plus empreintes de finesse : un poisson blanc citronné ou fumé, peu de féculents, des produits plus bruts. Pour ces plats, je privilégierais des vins certes fins, mais racés, qui jouent sur ces arômes un peu citronnés/floraux, avec une trame acide présente sans être trop prenante.  Niveau cépage, privilégier des Rieslings (ou Sylvaner), pas trop âgés et de terroirs pas trop marneux-argileux.

  • Jean-Marc Bernhard Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg : Le citron dans toute sa complexité domine souvent dans ces vins, toujours fins mais faussement légers. Avec un beurre citronné ou autres petites choses du genre, l’accord sera juste parfait!
  • Jean-Pierre Rietsch : Sylvaner Grand Cru Zotzenberg (bio) : Jean-Pierre Rietsch est un des plus grands vignerons alsaciens. Rien que ça.  Le sylvaner sur Zotzenberg aura une fausse richesse aromatique mais une belle tension en bouche, avec des agrumes plus exotiques que le citron, et une salinité de très belle facture. Un vin audacieux et ambitieux !
  • Florian et Mathilde Beck-Hartweg : Riesling Grand Cru Frankstein (bio) : Les Frankstein de chez Florian et Mathilde ont différents stades, mais sont toujours délicieux et très fins sur les rieslings. Plus ils sont jeunes, plus on peut les mettre tôt dans le repas. Le plus floral des vins ici, je le verrais très bien sur une gambas sauvage ou un plat qui est fin, pas trop marqué par l’acidité.

PLUS CRÉMÉS, PLUS PUISSANTS, PLUS RISOTTOS , MAIS TOUJOURS POISSON!

Nous trouvons également des poissons plus crèmés ou des homards plus riches, aux arômes plus exotiques et puissants. Nous trouverons aussi les risottos, toujours délicieux mais qui réclament de la puissance. Si nous sommes encore dans le registre poissonnier (ou légumier), les accords devront se réfléchir différemment, avec des vins qui ont plus de puissance, une assise plus forte, afin de ne pas trancher avec le plat. Niveau cépage, on peut aller du riesling sur un terroir plus lourd jusqu’au Pinot gris mais travaillé assez finement, voire sur des Auxerrois de beaux producteurs!

  • Josmeyer Pinot Auxerrois H (bio): Ce vin est issu du grand cru Hengst, il montre tout ce qu’un Auxerrois peut donner. S’il a de la fraîcheur, ce vin a une réelle amplitude qui lui permet de supporter les fruits de mer plus « puissants » et les sauces un peu crémées et exotiques. On aura un bel arôme de fruits qui plaira tant aux novices qu’aux vieux grincheux pointus !

  • Agathe Bursin, Riesling GC Zinnkoepflé ‘bio): Agathe Bursin fait des vins magnifiques, mais qui doivent prendre le temps de se « faire », pour trouver leur équilibre. Après quelques années, la combinaison puissance/longueur/acidité devient juste magique sur des plats un peu crémé avec beaucoup de personnalité. Pour les belges, petits veinards, il reste un peu de 2011 chez HetH vins !
  • Antoine Kreydenweiss : Pinot Gris Lerchenberg (bio) : De prime abord un peu riche, le vin garde une tension qui en fera un bel accompagnant si tôt dans le repas. Il n’a pas la profondeur d’autres vins du domaine mais reste très plaisant malgré tout !
  • Dirler-Cadé : Gewurztraminer GC Saering : plus souvent vinifié en demi-sec (on ne peut pas aller au-delà du demi-sec si tôt!) le Saering donne souvent un bel équilibre entre exotisme (obligatoire dans l’assiette) et la buvabilité par l’amertume de fin de bouche. Attention encore avec les Gewurz, pas de doux en entrée !

 

LES VOLAILLES ET VIANDES BLANCHES

Bien sûr, la traditionnelle dinde a souvent droit de cité à Noël (mais soyons sérieux, sacrifier un animal pour en faire « ça », est-ce bien sérieux? autant manger du sable pour s’assécher la bouche), mais surtout les belles poulardes, poulets de Bressecailles, chapons ou beaux morceaux de veau font heureusement également partie de notre répertoire habituel. Fêtes obligent, les accompagnements sont souvent assez gras et puissants, avec entre autres du foie gras qui est encore bien présent, ce qui oblige à des accords qui jouent soit sur la puissance de blancs, soit sur un tanin assez léger de rouges de qualité. Oui, nous pouvons à la fois jouer sur les vins blancs et les vins rouges sur ces plats!

  • Paul Ginglinger : Pinot Gris GC Eichberg : Puissant, aux arômes qui tirent souvent vers l’épice fraîche, la poire mûre et le fruit sec, le vin se veut généralement opulent, parfois tiré par un peu de pourriture noble. Heureusement, tiré par une vraie structure, le vin est en fait un bon compagnon de viande légères rehaussées de touches grasses et légumes hivernaux de fête !
  • Florian et Mathilde Beck-Hartweg : Pinot Noir « F » (bio) : Un pinot noir atypique. A l’aveugle, on pourrait le confondre avec un blanc, par sa tension et des arômes de fruits qui lui sont propres. Néanmoins il a un tanin très fin mais présent, juste magnifique avec des poulets nobles. Evitons pour lui des sauces trop riches pour mieux se concentrer sur la viande, avec des sauces au vin blanc par exemple, ou aux fruits d’hiver et airelles.
  • Domaine Hering, Pinot Noir cuvée du Chat Noir (bio) : Un Pinot noir déjà de structure, mais avec un beau fruité frais très noble. Jeune, encore un peu marqué par les tanins mûrs néanmoins, il accepte déjà un peu plus la puissance avec un côté plus végétal (noble je le répète).
  • Domaine Schoffit : Pinot Gris : Encore un pinot gris, plus large peut-être, qui ira bien avec les plats qui sont largement marqués par le foie gras.

LES VIANDES ROUGES ET GIBIERS

Ô Surprise, les vins d’Alsace peuvent accompagner à merveille les viandes rouges et gibiers. Je resterai ici assez traditionnel en me « limitant » aux rouges, avec des Pinot noirs qui ont du corps, de la complexité aromatique et de la classe, sans boisé inutile ou autre maquillage sans intérêts. Toutefois, il est possible, avec des Pinots gris un peu sudistes, de faire également de magnifiques accords avec des recettes de gibiers comme le filet de marcassin, le chevreuil en civet ou le canard sauvage.

  • Bott Frères : Pinot Noir Eclipse : Nouvelle cuvée de Pinot Noir du domaine, plus en profondeur que leur « tradition », est d’un touché de bouche magnifique et d’une suavité très agréable. Sur des gibiers cuits assez finement, (plus des filets que des civets en sauce), il sera un compagnon de grande classe. Une très belle découverte que ce vin
  • Louis Sipp : Pinot Noir Grossberg (bio): Un Pinot Noir bourré de caractère. Trop fougueux dans sa jeunesse, après quelques années le comportement bourguignon de ce vin est de plus en plus évident, dans un style terrien raffiné que ne renieraient pas de bons Vosne-Romanée . Les gibiers puissants pourront ainsi trouver un beau compagnon, mais uniquement si le plat n’est pas bourru mais finement préparé, pour ne pas gâcher cet exceptionnel vin !
  • Laurent Barth : Pinot Noir M (bio) : Connu pour ses rouges de grande qualité, Laurent Barth offre encore ici un Pinot Noir de belle facture, très équilibré et profond. Encore une fois sur des gibiers travaillés avec finesse, et un peu d’audace (certains canards épicés seront bien accompagnés ici).

  • Marcel Deiss, Gruenspiel (bio) : Parce que j’ai envie de mettre un blanc, les vins de Marcel Deiss sont souvent assez charpentés. Issue de complantation, cette parcelle donne des vins avec de la puissance, même un peu de tanins et de la largeur en bouche et de la complexité. De préférence avec quelques années de bouteilles, cette cuvée sera une grande réussite pour remplacer un rouge sans perdre en accord !

DESSERTS ET MÉDITATION

Pour bien terminer le repas, rien de tel qu’un bon dessert. Ici encore, on a de quoi faire sur de multiples accords. Purement personnellement, je préfère terminer sur une note de fraîcheur plutôt que sur un sucre, mais ces derniers s’avèrent d’excellents choix aussi, ne nous trompons pas. Enfin, après le repas, pourquoi ne pas tremper les lèvres dans le divin, dans un vin de liqueur à l’équilibre pur que presque la seule Alsace peut offrir.

  • Bott Frères : Crémant rosé : Belles bulle, de la finesse et un peu de grillé, avec un peu de fruits à noyau, idéale pour les desserts qui allient fruits et pâte (tarte, biscuit etc.)
  • Agathe Bursin : Sylvaner Eminence : On pourrait presque faire un vin de repas de cette bouteille, et pourtant elle sera une excellente bouteille de dessert. L’équilibre entre le sucre et l’acidité/amertume est pour moi parfaite, et la palette d’utilisation est très large, entre les fruits à noyau et la bûche. Un vin grandiose à prix mesuré!

  • Zind-Humbrecht : Pinot Gris Clos Jebsal : Un domaine phare pour tous les vins qui ont un peu de résiduel, qui arrive à rendre tout magnifique d’équilibre. Le Clos Jebsal ne va pas dans les liqueurs puissantes mais a un goût assez pur, légèrement marqué par le botrytis, sans excès. Je vois bien ce genre de vin sur un dessert un peu vanillé
  • Julien Meyer : Gewurztraminer SGN: Puissance et classe. En plus de la performance d’arriver à faire un vin comme celui-ci sans sulfites ajoutés, le vin ne tire pas trop sur le sucre, malgré une toute grosse liqueur. De quoi méditer après le repas !

Jehan Delbruyère


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Guénaël Revel, le « Pet Nat » et la « snobmellerie »

Notre invité de ce samedi nous vient du Québec, c’est Guénaël Revel, Monsieur Bulles en personne, qui nous parle du Pet Nat. Et il ne mâche pas ses mots…

Un pétillant naturel, un « Pet Nat », comme on dit désormais, est en fait un vin effervescent issu de la méthode ancestrale; c’est à dire, la méthode la plus ancienne pour élaborer du vin à bulles dans un flacon. Donc, rien de bien nouveau. Sauf que depuis une très courte décennie, 2 vins sont devenus à la mode au sein d’une minorité sommelière, plus suffisante qu’attrayante: le Pet Nat et le Vin Orange. Ce dernier pouvant être aussi élaboré comme le premier. Et j’en ai ras-le-bol!
Ras-le-bol d’entendre des inepties au sujet du Pet Nat: pas un seul salon des vins, ni un seul bar à vins qui ne présente actuellement un Pet Nat sans le hisser au firmament de la qualité vinique en matière de bulles !

Or, 80% des Pet Nat que j’ai dégustés depuis un an étaient tout simplement de mauvais vins, des vins qui apportaient ni plaisir, ni intérêt, sinon celui d’y déceler des arômes désagréables ou inappropriés. Inappropriés par rapport à ce qu’on est en droit d’attendre d’un vin, quel qu’il soit.

Plus qu’agacé, j’ai même répondu un jour à un sommelier que si vraiment il trouvait si excellent le Pet Nat qu’il m’avait servi, c’est qu’il n’avait jamais dû déguster un bon vin effervescent de sa vie, qu’il soit élaboré en méthode traditionnelle, Charmat ou ancestrale. Alors que la contagion des Extra-Brut se poursuit, la snobmellerie nous inflige à présent le Pet Nat !

Mais d’où vient cette subite lubie du Pet Nat ?

Je m’adresse donc ici à celles et ceux qui sont diplômés en sommellerie, qui exercent en restauration ou en agences de représentation de vins. Et même si j’en entends certains crier à la ringardise face à ce ras-le-bol (qui n’est pas que le mien), une question me brûle: vous ennuyez-vous vraiment dans votre profession? Trouvez-vous vraiment qu’il y a un tel manque de diversité sur la planète-vin, qu’il vous faille vanter un vin blanc, souvent trouble, aux perles carboniques fugaces et au fruité collant ou occulté par des notes de levures ? Je ne peux pas y croire. C’est de l’hypocrisie. Ou de l’incompétence. D’ailleurs, quand j’interroge les vignerons qui élaborent ces Pet Nat, aucun d’entre eux ne se prend au sérieux.
Aucun d’entre eux n’érige son Pet Nat au sommet de sa gamme. Ils le conçoivent simplement.  C’est à dire dans l’amusement, dans un plaisir presque égoïste qu’ils reconnaissent. D’abord pour eux-même et leur entourage. Ensuite pour quelques acheteurs éclairés par eux, sans fanfaronnade…

Leur Pet Nat est un jeu, parfois superficiel et souvent éphémère, puisqu’ils ne le répètent pas à chaque millésime, d’ailleurs. Et le faible nombre de bouteilles élaborées indique justement leur humilité. N’est-ce donc pas cette vertu qui devrait être véhiculée, plutôt que les commentaires bavards que j’entends dans les dégustations où se loge un Pet Nat, voire dans la vente insistante en restaurant auprès du client naïf, étourdi par trois mots savants du sommelier.

Qu’on ne se méprenne pas. Je ne rejette pas les Pet Nat!

Il y en a d’excellents. Encore faut-il les positionner à leur place sur l’échiquier des vins de ce monde. Un Pet Nat n’est, après tout, qu’un embryon de vin qui poursuit sa gestation en bouteille grâce au sucre et aux levures retenues. Il se fait tout seul, il devient vin pétillant par lui-même; sans trop d’interventions du vigneron.

C’est peut-être pour cela qu’au moins 2/3 d’entre eux sont de mauvais vins, car curieusement, la méthode ancestrale est particulièrement difficile à contrôler, encore aujourd’hui. Parlez-en aux Limouxins, qui lui ont donnée quelques lettres de noblesse…

Observez la réaction du consommateur après qu’il ait testé pour la première fois un Pet Nat. Elle est souvent consternante. « Vous êtes sûr que ce vin n’a pas un défaut ? » est la remarque qui suit deux fois sur trois, s’il n’est pas intimidé – au point de rester coi –  par la présentation promotionnelle du sommelier.

Pourquoi suis-je aussi agacé, en outre ? A cause de leurs prix ! Toujours plus élevés que ceux des vins des appellation dont ils sont issus. C’est illogique.

J’en ai assez parce c’est à cause de ces attitudes et de ces pratiques que la sommellerie a cette image tenace de fatuité auprès des consommateurs, où que l’on soit dans le monde.
Une minorité l’exerce encore trop souvent le menton relevé et la langue pendue. Et depuis peu, elle pousse les Pet Nat dont bon nombre, finalement, sont comme les bananes: vendues vertes, avec une durée de vie sur le comptoir de 48 heures.

Il y en a malgré tout de très bons, comme celui-ci, dégusté dernièrement. Un Pet Nat qui réconcilie avec le Pet Nat !

Cuvée PMG – Dénomination « Pour Ma Gueule » de Julien Fouet –  Méthode ancestrale – VMQS

Un Chenin blanc aux bulles menues et persistantes qui habillent une texture suave à l’enveloppe juste assez mordante pour rappeler le cépage (pamplemousse, silex) et rafraîchir les papilles sans qu’aucune note de fermentation ne viennent les déranger. Le vin n’est absolument pas sucré, je le préconise donc à l’apéritif avec quelques huîtres ou avec un fromage assez crayeux.

 Guénaël Revel