Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Sklava était son nom

En Grèce aussi, on s’efforce de sauvegarder le patrimoine de vieux cépages locaux. Récemment, j’ai dégusté un vin issu d’un de ces plants quasi-disparus, le Sklava.

La clef du mystère

Il s’agit d’un cépage blanc de l’Argolide, au Nord du Péloponnèse; il est connu localement depuis le 12e siècle, sous plusieurs versions (blanc, gris et noir); son nom dériverait soit du mot esclave, soit du mot clef. Il aurait des cousins en Italie – le schiava gentile, et au Tyrol – le vernatsch, ou trollinger (en rouge).
Comme d’habitude, cependant, il ne faut pas prendre ces parentés au pied de la lettre – des ressemblances au plan de la sémantique ou de l’apparence ne sont pas toujours confirmées par la génétique.

Vignes en Argolide

Quoi qu’il en soit des origines du Sklava, dans les années 1980, il n’en restait plus que quelques pieds dans le Péloponnèse; et s’il est parvenu jusqu’à nous, c’est notamment grâce aux efforts d’Elias Zacharias, un agronome grec qui en a replanté un hectare et demi, dont il tire la cuvée… Sklava (pourquoi faire compliqué!).
Depuis 1999, le Sklava fait d’ailleurs partie des cépages recommandés de l’appellation Arkolidos. Mais ce vin-ci est présenté en vin de Grèce.
 

Entre Jacquère… et Riesling

 Ni son histoire (quelque peu nébuleuse), ni sa rareté ne justifieraient un billet. Mais le vin est intéressant. Il ne ressemble à rien d’autre. Ou alors, à beaucoup de choses à la fois. En tout cas, dans ce 2016.
Le nez évoque aussi bien le Viognier que le Riesling (pêche, abricot, citron); en bouche, j’ai pensé plutôt à une Jacquère (j’étais en Savoie il y a quelques semaines) ou à un Tressalier. C’est très sec, mais aromatique; long, ample, mais surtout très vif. On discerne aussi quelques tannins. La finale est agréablement fumée, presque maltée.
Bref, ce cépage a le droit d’exister, comme la mésange à longue queue, le renard polaire ou le journaliste viticole.

Hervé Lalau


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40 ans déjà, l’occasion pour moi de me souvenir… (volet 2)

Comme je vous le disais la semaine dernière, nous nous serions bien vite ennuyés sans le Dr. Parcé.

Il nous a pris sous son aile et nous a ouvert un monde de saveurs et d’odeurs qui nous était totalement inconnu, en nous introduisant chez les meilleurs cuisiniers et domaines viticoles de l’époque. Je me dois d’écrire quelques lignes sur lui, pour ceux qui ne connaitraient pas cette figure roussillonnaise.

Tout d’abord médecin à la tête d’un laboratoire médical à Perpignan, il reprend le Domaine du Mas Blanc en 1949, devient Maire de Banyuls en 1953, et directeur du GICB (Groupement Interproducteurs du Cru Banyuls) – il démissionna de ces 2 postes en 1968.

En 1960, il créa la confrérie bachique Als Templeres de la Serra, avec pour but de « promouvoir les vins de la Côte Vermeille ainsi que la valorisation des traditions culinaires et œnologiques catalanes ». Dans le même temps, en grand défenseur des AOC, il est nommé membre de l’Institut des Appellations d’Origine Contrôlées et siège auprès du Baron Le Roy. On lui doit l’appellation Banyuls Grand Cru, la notion de Rimage, et sous son impulsion, en 1971 est créée l’appellation Collioure (grâce, dit-on,  à son ami Michel Cointat, ministre de l’Agriculture). S’inspirant de la Bourgogne qu’il admirait beaucoup, il a distingué 3 lieux-dits : Cosprons, Clos du Moulin et Junquets. Cette même année, l’Académie Internationale des Vins voit le jour, il en sera le Chancelier puis le Président. Infatigable, il ouvre un restaurant gastronomique au Mas de la Serra qui a contribué à redorer l’image des vins de la région et des VDN, pour ce faire, il s’appuie sur ses nombreuses et solides relations dans la restauration, où il est « à tu et à toi » avec les plus grands chefs du moment : Alexandre Dumaine, Fernand Point, Alain Chapel, Alain Senderens pour ne citer qu’eux; avec leur complicité, il y organise de grandes manifestations et des chapitres de grande envergure, qui permettent au cru de Banyuls d’acquérir ses lettres de noblesse. En 1973, il est élu Président de l’Académie des Vins de France. En 1981, il occupe le 21ème fauteuil à l’Académie des Gastronomes.

Si j’insiste sur son parcours entièrement dédié aux vins et à la gastronomie, c’est pour rappeler combien il a œuvré pour la promotion des vins de Banyuls et de Collioure. Son rôle n’a pas vraiment été reconnu en son temps, nombreux étaient ceux qui lui reprochaient de « rouler pour lui »; c’était probablement vrai, mais Banyuls en a largement profité ; mais il s’est créé beaucoup d’inimitiés, et, il était autant apprécié dans la France entière que rejeté dans le Roussillon. Quant à moi, on m’a longtemps reproché d’être atteinte de « Parcéite ». Possible, je ne le nierai pas, mais étant donné tout ce qu’il m’a apporté et appris c’était plutôt normal.

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Photo supérieure : Gaston Pams, sénateur-maire d’Argelès-sur-Mer, intronisé dans Als Templeres de la Serra. Photo centrale gauche : A Banyuls, avec Pierre Bonte, Jacques Lanzmann, Ginette Bras, Michel Bras  Jacques Puisais .Photo centrale droite : Entre Alain Senderens,  et Robert Margueritte, du Parc Hôtel, à Perpignan. Photo inférieure gauche : Avec Marie-Louise Banyols, sommelière de l’année 95, femme du vin 95, Pierre Troisgros, Joël Robuchon. Photo inférieure droite : Entre les deux chefs des Pyrénées-Roussillon  Didier Banyols qui, poussé par André Parcé, est passé, à 33 ans, de la salle au fourneau, et Eric Lecerf, l’excellent chef de cuisine du Chapon fin.

Dans les années 70, côté fourneaux, on était en pleine « nouvelle cuisine ». Il y a 40 ans, en 1977, Michel Guérard obtenait ses 3 étoiles, mais c’est à peine si j’en avais entendu parler. La gastronomie ne faisait pas encore partie de mes préoccupations. C’est chez Alain Chapel, à Mionnay, que nous avons connu nos premiers émois culinaires et viniques. André nous y avait amenait pour nous ouvrir les yeux et les papilles toute une fin de semaine. Je me souviens tout particulièrement du lundi, il nous avait réservé une surprise : une rencontre avec 3 grands hommes : Jules Chauvet, Alain Chapel et Marcel Lapierre. Trois personnalités rares, exceptionnelles, mais, je n’en savais rien ce jour-là, j’ignorais que Marcel était adepte des vins naturels et qu’il était l’un des vignerons les plus emblématiques du Beaujolais, tout comme j‘ignorais que Jules Chauvet était non seulement un ardent défenseur des vins naturels, mais qu’il expliquait aussi comment les faire. Ça se passait chez Marcel Lapierre autour d’un grand buffet de cochonnailles. Ce jour-là j’ai bu du VRAI Beaujolais pour la première fois. Tout était nouveau pour moi, ce fut mon premier contact avec les vins naturels : INOUBLIABLE.

Ecouter parler Jules Chauvet et Marcel Lapierre, découvrir le monde des levures autochtones ; l’importance de récolter un raisin, vivant, vinifier de la façon la plus douce et la plus naturelle possible, sans filtration, sans chaptalisation, sans cosmétiques œnologiques et sans soufre ajouté, avec l’ambition de lutter contre ceux qui s’acharnent à « effacer la mémoire du goût » ; les entendre dénoncer l’usage massif de l’anhydride sulfureux, c’était pénétrer dans un monde inconnu et fascinant. Après les avoir rencontrés, ni mon mari, ni moi, ne pouvions plus regarder notre vie professionnelle de la même manière. Nous avions touché de près à la Révolution apportée par Chapel et Chauvet :  l’Amour du vrai et du beau !

Quand j’ai connu Marc Sibard, en 2001, il « m’écrasait » de son savoir sur les vins naturels et n’avait de cesse que de me parler de son amitié avec Marcel Lapierre; jamais je n’ai eu envie de lui raconter ces rencontres avec Marcel et Jules Chauvet que j’ai eu l’occasion de revoir à plusieurs reprises dans son laboratoire et de comprendre son approche du vin (ça me donne envie de relire Jules Chauvet). J’ai également la chance de connaitre Jacques Néauport, alors les vinifications naturelles je les ai connues il y a bien longtemps, le soufre on peut s’en passer si on est maniaque de la propreté et si on prend soin des raisins, et si on contrôle les fermentations.

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Voyant que ces journées m’avaient vraiment marquée, André me proposa de parfaire mes connaissances et il me fit connaitre Georges Albert Aoust, qui avait créé à Beaune, la fondation Wine School, dont la vocation était de former les épouses de restaurateurs sur le vin. J’ai participé à plusieurs de ses stages à Beaune et dans les vignobles Alsaciens, Rhodaniens, Bordelais et Bourguignons, ce fut le début d’une quête de formation qui ne s’est jamais arrêtée. J’y ai rencontré des femmes de restaurateurs étoilés qui sont devenues mes amies, parmi elles, Simone Ferrié (Le Régent à Rodez), Maryse Toulousy (Jardins de L’Opéra à Toulouse), ou encore Ginette Bras, Christelle Ribardière (L’Amphitryon à Toulouse)… et dont à l’époque je ne comprenais pas l’importance qu’elles accordaient au Michelin, qui était une de leurs principales préoccupations !  Qu’avais-je à faire moi du Michelin, dans ma brasserie pleine à craquer, qui ne figurait sur aucun guide. Non vraiment, je trouvais ça incompréhensible, je ne pensais pas que quelques années plus tard je les rejoindrai dans cette « angoisse ».

J’y ai rencontré aussi des vignerons qui m’ont fortement marquée et qui resteront présents tout au long de mon parcours, je pense à Colette Faller, aux Perrin de Beaucastel, à Denis Dubourdieu et Pierre Coste, le négociant bordelais, pour ne citer qu’eux. Je me souviens de ma première dégustation chez Yquem, nous avions eu droit à plusieurs millésimes et sans vraiment maitriser la dégustation, j’avais trouvé ce vin fascinant, son grand équilibre m’avait impressionnée. C’est Charles Meslier le régisseur qui nous avait reçu, et, bien sûr, nous sommes allés aussi au Château Raymond-Lafon. Nous logions chez Darroze et, en toute logique, nous avons eu droit à une grande dégustation d’Armagnacs. J’allais ainsi de rencontre en rencontre m’enfoncer chaque jour davantage dans un chemin de vie qui serait désormais marqué par le vin.

L’autre « rendez-vous « que m’avait préparé André et qui fut décisif pour moi : celui avec Jacques Puisais, il organisait alors des cours de dégustation et d’éducation du goût,  j’y ai découvert les accords mets et vins, qui me passionnent toujours autant, les alliances de structure et de texture, j’y ai vraiment pris conscience de la sensorialité… Parmi ceux qui venaient chercher comment la développer, comment vivre les goûts de la Terre, et ils étaient nombreux, j’y ai connu, des personnalités rares comme les Zind-Humbrecht, Jean Lenoir, un autre grand personnage qui voulait rendre leurs droits au goût et à l’odorat. Grâce à eux, je me suis engagée à fond dans la dégustation, dans les accords, dans la découverte des vignobles, dans la sommellerie.

Mais, nous sommes déjà dans les années 80/85, c’était il y a un peu plus de 40 ans. Il est temps de nous quitter.

P.S: Grâce à Luc Charlier, j’ai dégusté il y a 15 jours à l’aveugle, un Collioure Cosprons Levants 1993 du Domaine du Mas Blanc. Je l’ai pris pour un Châteauneuf du Pape, beaucoup d’émotions quand il l’a découverte, c’était encore une belle bouteille. Pour André, l’acidité volatile qu’il appelait d’ailleurs acescence noble, faisait partie des grands vins. C’est ainsi que j’ai appris à « aimer » la volatile quand elle est à peine perceptible.

 

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Bonne rentrée et hasta pronto,

MarieLouise Banyols


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Viva El Dictador !

Le rhum a le vent en poupe : il n’y a qu’à voir l’importance prise par ce produit sur les étagères des bars, des cavistes et même de la grande distribution. Alors qu’il y a encore 10 ans, seules quelques grandes marques « mainstream » (et pas toujours qualitatives, hélas), se disputaient le marché, aujourd’hui, la concurrence fait rage, aussi bien en termes de types de produits que d’origines.

Si, dans les pays francophones, on connaissait surtout les rhums martiniquais, blancs ou bruns, ceux-ci ont été rejoints par leurs homologues des Antilles, grandes ou petites, et même de divers pays d’Amérique du Sud continentale.

Parmi ces pays, il y a la Colombie – un pays dont 10% environ des terres agricoles sont dévolues à la canne et sucre. Et en Colombie, on trouve une marque au nom légèrement inquiétant, quoi que bien en phase avec l’histoire du continent : Dictador.

 

Hecho en Cartagena

Cette marque ne fait pas référence à un quelconque líder maximo, caudillo ou presidente eterno, mais à un homme d’affaires, Severo Arango y Ferro, haut fonctionnaire espagnol débarqué à Carthagène des Indes au milieu du 18ème siècle, pour développer le commerce de ce que l’on appelait alors la Nouvelle-Grenade. C’est un de ses descendants, Don Angel, qui installera en 1913, toujours à Carthagène, une distillerie (sobrement baptisée Destileria Colombiana. Et à ses meilleurs rhums, il donna le surnom de son célèbre ancêtre, un tantinet autoritaire : Dictador. Et c’est encore un autre rejeton de la famille, Hernàn Parra Arango, qui a relancé l’activité, il y a une douzaine d’années, en se focalisant sur les élevages longs.

Curieusement, la marque est relativement peu connue en Colombie même (Medellin et Viejo Caldas sont les deux marques les plus consommées sur place), car son style et ses prix en font d’abord d’un produit d’exportation (un peu comme le Cognac ?). D’autre part, la situation de la distillerie, au Nord du pays, sur la mer caraïbe, est un peu excentrée par rapport aux grandes plantations, qui se trouvent près de la côte pacifique, dans la région de Cauca.

En Colombie, El Dictador se vend d’ailleurs essentiellement aux alentours de Carthagène.

Mais découvrons à présent quelques-uns de ses rhums, dont son représentant en France, Benoît Cudret, a eu la gentillesse de m’envoyer quelques mignonnettes…

Dictador 12 years

Assez suave au nez comme en bouche – caramel, café, vanille, noisette, tabac, miel de sapin, il y a en a pour tous les goûts. Après ce déploiement de charmes, la bouche surprend par son côté très sec et épicé, légèrement grillé. La finale revient sur le caramel (ouais, y en a, comme diraient les Tontons Flingueurs), et l’impression générale sur une certaine gourmandise. Et pourtant, il y a aussi une belle amertume et un côté salin qui prolonge l’intérêt.

Assemblage de rhums distillés en alambics (en deux passes) et en colonne (distillation continue).

Dictador 20 years

Au nez, une petite symphonie autour de la prune : prune bleue, noyau de prune, pruneau. En bouche, c’est assez semblable au 12 ans d’âge, bien sec ; un poil plus enrobé par le bois. Finale sur le caramel mou, la réglisse et le sirop d’érable, très plaisante. Peut-être le plus suave de la gamme.

 

Dictador XO Perpetual

La perpétuité, ce n’est pas une peine pour ce rhum, juste la marque de son élevage en solera, dans des futs de Bourbon.

Un élevage qui lui confère une certaine douceur – non qu’il manque de punch. Ni au nez (expressif, cannelle, toffee, pomme, mandarine) ; ni en bouche, où se perçoivent de la noix et du chocolat. La finale, elle, est très torréfiée – presque café brûlé. On aime ou on n’aime pas. Moi oui. Mais l’ensemble est très intéressant.

Dictador XO Insolent

Encore un rhum de solera. Magnifique élevage. Tout est bien en place. On retrouve à peu près les mêmes arômes que dans le Perpetual, avec peut-être encore un peu plus de puissance. La finale paraît aussi plus équilibrée – il y a bien du fumé, des notes de café grillé, mais sans que cela assèche la bouche.

Dictador Best of 1980

Cette cuvée assemble les meilleures barriques de rhums distillés pendant l’année – en l’occurence, ici, 1980. Relativement clair, ce rhum présente de belles notes torréfiées (café de Colombia, bien entendu, mais aussi chocolat), vite rejoints par des arômes plus subtils de fruits tropicaux (banane verte, ananas) ; beaucoup de présence en bouche, pas aucun brûlant. Un rhum très délicat. Belle présentation – la production est limitée à 300 bouteilles.

45°. Distillation en colonne, vieillissement tropical.

 

Vous avez dit « cher »?

Les produits de la gamme Dictador sont relativement chers : autour de 40 euros pour le 12 ans, 70 pour le 20 ans, 110 euros pour les deux soleras et plus de 170 euros pour le millésimé. Pour ceux qui sont frontaliers de ce pays, à noter que ces produits sont nettement moins chers en Espagne.

En France, on les trouve notamment dans les pointes de vente de la Maison du Whisky. En Belgique, Colruyt fait de temps à autre des promotions sur le 10 ans (non dégusté), aux alentours de 30 euros.

Quoi qu’il en soit, compte tenu de la qualité, le dégustateur n’est pas volé. Avec ce type de rhums d’âge mûr, on entre dans la catégorie des grands spiritueux. Le raffinement de l’élevage fait qu’on s’éloigne sans doute des parfums si exotiques et gourmands du rhum jeune, mais en contrepartie, on atteint un haut degré de sophistication  – les deux soleras de Dictador n’ont rien à envier à de grands Cognacs XO, par exemple; et finalement, à comparer, ils ne sont plus si chers.

Pour mémoire, la marque produit également du café, des cigares, du gin et des rhums aromatisés.

Plus d’info : benoit@dictador.com

Hervé Lalau

 


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40 ans déjà… (volet 1)

Il y a 40 ANS naissait l’appellation Côtes du Roussillon, mais c’est surtout, l’année de naissance de ma fille, c’était le 22 aout 1977

L’occasion de me souvenir…Qu’en était-il de moi et de ma relation avec les vins dans ces années-là ? A quand remonte t-elle ? Quels vins buvions-nous ? J’essaie de me rappeler, quand et, comment suis-je arrivée dans le monde du vin ? Il y a forcément toujours un début, un moment d’initiation, quelqu’un qui crée le désir, quelqu’un qui nous apprend des saveurs. Certes, je suis née, et, j’ai grandi dans un restaurant, j’ai donc toujours été « en contact » avec le vin.

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Mes parents et moi en 1949

Mes parents tenaient « le Café des Expéditeurs » devant le marché de gros, à l’époque où Perpignan était la capitale des fruits et légumes primeurs de France, c’est dire l’activité qui y régnait. Dès 3h du matin, mon père ouvrait les portes, la veille il avait préparé sur le comptoir des rangées de tasses avec un fond de rhum, il n’y aurait plus que le café à rajouter, je peux encore en sentir les effluves ; vers 5h, les premiers vrais repas étaient servis, il ne fallait pas leur en promettre aux maraichers : tripes, langouste à « l’américaine », tête de veau, escargots… et blanquette de Limoux.

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La photo date du temps où mon grand-père le tenait. La fenêtre au-dessus du mot Café, était celle de ma chambre.

Je me rappelle, c’était dans les années 54/55, j’avais alors 6/7 ans, quand il m’arrivait de me réveiller tôt, vers les 6h, à cause du bruit du marché, sous mes fenêtres, ma mère sous mon insistance, acceptait que je descende dire bonjour à mon père. J’adorais cet atmosphère bruyante, joyeuse de la salle, j’y voyais mon papa courir avec 4 ou 5 assiettes fumantes sur le même bras en criant « chaud devant »,( le sol était jonché de sciure pour ne pas glisser). Je trouvais ça drôle, et en même temps je l’admirais ! Sur les tables, je revois des coupes larges avec un liquide transparent à bulles, plus tard j’ai su que c’était de la blanquette de Limoux, quelques pichets de rouge, il arrivait en tonneaux que le livreur roulait jusqu’à la cave. Plus grande, j’avais pour mission de les remplir, ça m’occupait pendant que ma mère travaillait. J’ignore d’où il venait, mais j’entends encore mon père dire : « il se boit comme de l’eau, il n’est pas fort ». Parfois, avant de partir pour l’école, je passais par le café et alors, il y avait toujours quelqu’un qui criait à mon père, tu n’as pas oublié de lui mettre du vin dans son cartable ? Inutile de dire, que le pensionnat catholique que je fréquentais, ne l’autorisait pas et ça n’était pas non plus dans les pratiques de mes parents. Pourtant, jusque dans les années 56, le vin était servi dans les réfectoires, il a ensuite été interdit pour les moins de 14 ans. Ça n’est qu’en 1981, que la consommation d’alcool a été interdite dans les cantines des lycées. Ça n’est pas si loin… En revanche, j’avais souvent droit au gouter à une tartine trempée avec du vin et du sucre, on disait que ça fortifiait, que ça favorisait la croissance, ma grand-mère en était convaincue. Je vois d’ici, la tête de mes enfants si je donnais ce genre de gouter à mes petits enfants ! Le Byrrh faisait aussi partie des boissons préférées des maraichers, à toute heure. Je n’arrive pas à me souvenir, ce qu’il en était des VDN, il me semble que le Muscat était présent, mais je n’ai rien de précis en mémoire. En 1976, Dubonnet-Cinzano est absorbé à son tour par Pernod-Ricard, qui regroupe à Thuir l’ensemble de sa production industrielle à base de vins.

 

C’était un temps où les maraichers du Roussillon et les viticulteurs vivaient très bien, s’enrichissaient même. Mais, le Maroc, et l’Espagne sont arrivés et les choses ont bien changé.Les Primeurs du Roussillon, n’existent plus, ni le Marché de Gros ! Maintenant c’est Saint-Charles International né il y a juste 40 ans : « Premier centre de commercialisation, de transports et logistique de fruits et légumes en Europe.  C’est la première zone économique de chez nous,1000 hectares, 560 entreprises, 9000 emplois et près de 4 000 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.

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Mais pour en revenir à mon « union » avec le vin, ça n’est pas mon enfance baignée dans la restauration, qui l’a créée, même si cela y a certainement contribué, sans oublier les descentes dans la cave de mon père, son gout pour les Bordeaux et quelques bourgognes, les repas de fête en famille, avec des bouteilles bien choisies. Je garde en mémoire la couleur des Sauternes, toujours ambrée, sans doute attendait-il trop pour les déboucher, comme c’était sucré, j’avais le droit d’y gouter. Non, le véritable déclencheur de ma « passion » fut le Docteur Parcé, c’est bien lui qui a créé le lien entre le vin et moi.

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Il était client très assidu, et fervent consommateur de la cuisine de ma mère. Nous venons de sauter quelques années, nous sommes en 1968, entre temps, mes parents avaient quitté le Marché de Gros qui périclitait, pour s’installer en centre-ville : ils avaient racheté un Bar : « Le Drink Hall », ça ne s’invente pas, en plein pays catalan, ce nom choquait tout le monde, mais mon père avait insisté pour le garder. Très vite, ils l’ont transformé en Brasserie. Pour moi, pendant ce temps-là, rien de particulier : la fin des années 60, n’a pas perturbé ma vie, je ne manquais pas un jour de classe au lycée de filles, j’étais livrée à moi-même, mais, rien d’étrange ne m’arriva. Ah, si, quand même,   J’ai connu celui qui allait devenir mon mari à 16 ans et nous avons mené une jeunesse plutôt rangée ; à 17 ans, j’étais timidement rebelle, les séances « alcool défonce » existaient déjà, mais je n’y ai jamais participé, seule l’apparition du rock nous a profondément marqués. Nous nous sommes mariés, en 1968, j’avais tout juste 20 ans, comme beaucoup à l’époque. J’ai continué des études de droit, je rêvais du barreau ; en 1970, notre fils est né, et, j’étais sur le point de démarrer mon stage en tant qu’avocat quand mon père nous a proposé de les rejoindre ! J’ai un peu trainé les pieds, mais, il a réussi à nous convaincre et nous voilà mon mari et moi devenus « bistrotiers », il faut dire que leur brasserie très vite est devenue la plus courue de Perpignan ! Ma mère était aux fourneaux, mon père en salle, nous faisions le plein midi et soir, à midi, plus de 150 couverts, il fallait réserver et malgré ce, la queue se formait et les tables se renouvelaient. Les plats « maison » de ma mère attiraient toute la bourgeoisie locale, nous étions en plus près du Palais de Justice. Il n’a pas été facile de trouver sa place auprès d’un père très charismatique et d’une mère dotée d’un si grand talent culinaire. A la carte, uniquement des vins du Roussillon, les plus demandés étaient ceux des Frères Cazes, du Château Cap de Fouste, le Domaine Canterrane, les vins des Vignerons de Terrats, le Terrassous et du domaine Vaquer. Mais en 1977, la vedette revenait au Mas Chichet, un vin de cépage de Cabernet Sauvignon. Paul Chichet,(propriétaire du journal local L’Indépendant) avait planté en 1970 dans sa propriété de Théza, 33ha de Cabernet Sauvignon, en Salanque, royaume de l’aramon « pisseur » et du carignan, aucun vigneron du Roussillon n’y croyait. Il fit sa première mise en bouteille en 1975, et très vite, il vit sa notoriété grandir, et sa récolte s’arrachait l’année de sa sortie.

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Nous nous serions bien vite ennuyés si le Dr. Parcé n’était pas intervenu.

A suivre….

Il y a quarante ans, le 16 août 1977, le « King » s’éteignait, laissant le rock’n’roll endeuillé de son plus grand pionnier-

Ce 22 aout, nous avons fêté les 40 ans de ma fille!

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols

 


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Tout juste bon pour un blog…

Dans mon cher In Vino Veritas, j’ai signé un article intitulé « White Album, Blue Nun », inaugurant au passage une nouvelle rubrique sur l’art et le vin. Je l’avais déjà repris, sous une forme quasi-identique, ici même. Mais il me semble avoir une bonne raison de le publier à nouveau: la réaction d’une lectrice.

L’article traitait du vin des Beatles – le seul vin, à ma connaissance, qu’on puisse vraiment « entendre » sur un disque!

Dans le courrier des lecteurs de la revue, j’ai reçu ce commentaire d’une dame de Bruxelles. Je cite: « j’ai lu « White album, Blue Nun »: ouais, c’est « amusant » mais qu’est-ce que cela apporte ?…  je cherche encore, cela aurait plus sa place sur un blog ».

Pourtant, j’ai la faiblesse de croire que ce genre de papier, loin d’être inutile, peut susciter l’intérêt de certains lecteurs, voire renouveler le lectorat.

Je n’ai pas d’étude récente pour étayer cette idée, mais je suis convaincu que nos magazines risquent bien de mourir avec leurs plus fidèles lecteurs s’ils se contentent de ne publier que des commentaires de dégustation, des  « Spécial Primeurs », des « Quoi de neuf à Pessac? »  ou  des « Retour à Valpolicella ».

Mais ce qui m’a fait le plus « tiquer », c’est l’allusion aux blogs. Je pense en effet que les blogs (du moins, certains) valent mieux que l’idée que s’en fait cette lectrice – une sorte de dépotoir des revues papier, de terrain de jeu pour des articles qui n’auraient pas le niveau requis pour être imprimés – comme si l’encre sacralisait ce que nous écrivons…

En plus, je ne vous apprendrai rien en vous disant que de plus en plus de magazines ont arrêté leur diffusion papier au profit du numérique… Ca n’en fait pas des blogs pour autant, la structure est différente, mais la frontière entre réel et virtuel s’estompe de plus en plus… Alors, l’important, pour moi, c’est le contenu, plus que le support.

Mais c’est à vous de juger, voici l’article  en question.

White Album, Blue Nun

De nombreux vins sont liés à la création artistique sous toutes ses formes. C’est l’objet de cette rubrique. Pour cette première livraison, nous nous intéressons au vin des Beatles…

Octobre 1968. Les Fab Four enregistrent le White Album. Non sans efforts. Le groupe vient de perdre son manager, Brian Epstein, et des conflits larvés apparaissent au grand jour entre les membres du groupe. John Lennon insiste pour que sa nouvelle compagne, Yoko, soit présente à tous les enregistrements. Paul Mc Cartney intervient de plus en plus dans les choix de production. George Harrison est frustré que si peu de ses chansons soient retenues sur chaque album. Ringo Starr supporte de moins en moins les luttes d’égo entre ses partenaires et se replie sur sa famille. L’album, très disparate, entre rock, blues, balades, folk et expérimentions, illustre assez bien cette dispersion, cet éclatement.

Un petit coup de blanc…

L’ambiance lors des sessions est souvent assez délétère. Alors, un petit coup de blanc, cela peut aider. À l’époque, en Angleterre, un vin rencontre un succès digne de la Beatlemania: le Liebfraumilch de Blue Nun. Bouteille bleue, saveur acidulée, doucereuse, c’est le genre de chose que les enfants de la guerre sirotent sans y penser ; avec d’autant plus de plaisir qu’ils ont été sevrés de sucre dans leur enfance.

 

«Synesthésie»

Et c’est donc ce que les Beatles boivent au studio d’Abbey Road pendant l’enregistrement de Long Long Long – un morceau lent signé Harrison. Lennon est absent. Mc Cartney est à l’orgue; une note de l’instrument secoue l’ampli sur lequel a été posée la bouteille de Blue Nun. Celle-ci se met à vibrer, émettant une sorte de cliquetis bizarre. Les Beatles, qui aiment les sons improbables, le gardent à l’enregistrement, on entend donc distinctement ce bruit de verre à la fin du morceau (à partir de 2’39’’).

A l’époque, dans les milieux artistiques, on parle beaucoup de «synesthésie» ; on mélange les sensations: «tangerine trees and marmalade skies»… Est-ce la consommation de drogues, ou bien seulement l’air du temps? Les poèmes, les chansons mettent des couleurs sur les sons, des odeurs sur les mots; incidemment, cette mode sera reprise plus tard par de nombreux critiques vineux: ne dit-on pas d’un vin qu’il a la bouche cristalline, par exemple? Ou qu’il est solaire?

Et puis, dans Glass Onion, toujours sur le White Album, John Lennon évoque une réalité déformée, le monde vu au travers d’un cul de bouteille…

Mais sur Long Long Long, la synesthésie est réelle: on peut vraiment entendre un vin!

Bien sûr, pour les œnophiles, l’histoire aurait été encore plus belle si les Beatles avaient carburé à l’Egon Mueller. Mais on ne peut pas changer l’histoire…

Blue Nun, la métamorphose

A peine un an après cet enregistrement, le groupe se sépare.

Mais la marque Blue Nun, elle, existe toujours. Rachetée à Sichel par le groupe Langguth, elle vend aujourd’hui plus de 5 millions de bouteilles par an – plus que dans sa période de gloire des années 70! Il faut dire que son offre ne se limite plus au Liebfraumilch. C’est aujourd’hui une marque ombrelle pour ses blancs secs du Palatinat, du merlot de Provence, du rosé espagnol…

Hervé Lalau

 


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Daumas Gassac, c’est un peu le Sassicaia français

Je m’explique: même si les parcours et les intentions de départ sont différentes, les deux apparaissent à 10 d’intervalle (1968 pour le Toscan et 1978 pour le Languedocien) dans des régions où ils donnent l’impression d’être des OVNI débarqués d’on ne sait où;  les deux adoptent le style bordelais avec leur majorité de Cabernet Sauvignon dans l’assemblage et ne s’apprécient (du moins pour moi) qu’après quelques années passées dans une bonne cave; les deux sont toujours présents et sont considérés comme des grands vins (mais ne vendent pas au même prix, l’Italien est beaucoup plus cher). 

Arrêtons-là la comparaison et parlons du Mas de Daumas-Gassac, cet étrange vin du Languedoc…

Aimé et Daumas-Gassac

Les premiers Cabernets plantés (photo Marc Vanhellemont)

Étrange en effet de planter du Cabernet Sauvignon du côté d’Aniane. Mais dans ces années-là, les vins du Languedoc ne brillaient guère, voire pas du tout, et les vins de Bordeaux commençaient leur ascension fulgurante. Aimé Guibert, ancien gantier millavois, ne songeait pas à faire du vin en s’installant dans cet endroit tranquille, près de Saint Guilhem-le-Désert. Mais après une année sur place, il demande au géographe et éminent géologue viticole bordelais (également aveyronnais d’origine) Henri Enjalbert de faire une étude des sols qui entourent le mas. Celui-ci découvre sous l’épais tapis végétal une accumulation de grèzes glaciaires (éboulis de pente consolidés dont les éléments anguleux dus à la gélifraction sont ordonnés en lits inclinés). Bref, un sol calcaire profond, bien ressuyé et dont la matrice argilo-sableuse semble suffisamment pauvre pour limiter naturellement les rendements, mais toutefois riche en oxydes minéraux. Donc, un sol de rêve que le professeur Enjalbert compare aux meilleurs terroirs de la Côte d’Or. Alors pourquoi planter un cépage aquitain ? Peut-être pour sa meilleure résistance à la chaleur? 

Mais Aimé raisonnait en chef d’entreprise: l’important, c’est de vendre et pour ça, il faut se différencier. Et puis, du Cabernet, il y en avait déjà dans l’encépagement provençal, pas du Pinot… La consommation familiale peut-être aussi joua un rôle où encore ce qu’on buvait lors des déjeuners d’affaire. Du Bordeaux. 

Enfin, le conseil d’Émile Peynaud le conforta dans le choix du fameux Cabernet Sauvignon en sélection massale faite dans le Médoc. L’aventure commença; et ce n’a pas toujours été facile.

Les grèzes (photo Marc Vanhellemont)

Ça reste un ovni

Quoique, depuis une bonne partie des vignerons languedociens se sont mis à la sauce Guibert: les IGP (Oc, Hérault…) cultivent plus de 52 cépages et le Cabernet Sauvignon fait partie des plus plantés.

Par contre, pour moi, Mas de Daumas-Gassac reste un ovni. Je n’imagine pas le déguster comme un vin du Languedoc. C’est une question de typologie. 

C’est à la fois un vin de terroir, bien caractéristique des causses calcaires avec ses airs de garrigue, d’épices, de fruits mûrs, mais coulé dans une structure assez étrangère par rapport à ce qu’on trouve dans ce grand sud. Le choix de l’assemblage n’y est pas pour rien, le vin comprend certes environ 70% de Cabernet, mais accompagnés de Merlot, de Petit Verdot, de Malbec, de Cabernet Franc, ça reste aquitain; du Pinot, y en a, mais aussi 4% de cépages de tous origines, à la fois italiens, espagnols, portugais, d’Europe de l’Est, … qui apportent ce je ne sais quoi de particulier et qui épicent le vin.

Aujourd’hui

Les hauts de Daumas-Gassac (photo Marc Vanhellemont)

Le vignoble s’est bien entendu agrandi depuis ses prémices et compte aujourd’hui 40 ha répartis en petites parcelles entourées de haies et de bosquets sur total de 150ha. L’altitude ne dépasse pas 150m, mais les courant frais venus du Massif de Larzac en face apporte leur contraste de température, de plus le Gassac qui coule au creux du vignoble renforce l’effet modérateur. Et si le bas est fait de calcaire finement délité, le haut se présente en forme de bandes calcaires heureusement bien fracturés. La vigne est taillée en Guyot et palissée sur trois fils fixes pour assurer de l’ombre aux grappes. Vendange manuelle et macération longue.

La version « blanc » est apparue assez vite et offre un bon complément au rouge.

La dégustation

D’abord les rouges

Mas de Daumas Gassac 2013 IGP St Guilhem-le-Désert

Grenat sombre, il offre un nez de gelée de fraise à la pistache, un brin de romarin et un soupçon de cumin. La bouche bien fraîche aux tanins serrés qui libèrent avec retenue le jus de quelques baies poudrées de cacao. Certes, il demande la carafe ou quelques années de cave.

Assemblage de 72% Cabernet Sauvignon, 5,4% Merlot, 5,3% Tannat, 3,8% Cabernet Franc, 2,5% Malbec, 2% Pinot Noir, 9% variétés rares. Élevage de 12 à 15 mois en barriques dont 10% de neuves. Pas de filtration à la mise.

Mas de Daumas Gassac 2012 IGP St Guilhem-le-Désert

Grenat moyen, le nez grillé toasté comme un biscuit sablé, des notes de confiture de fruits rouges épicés de poivre. Bouche suave à la texture onctueuse aux accents particuliers de gelée de rose et de pâtes de fruits rouges où se reconnaissent la grenade, la groseille et l’arbouse. Longueur épicée. Mais encore trop jeune.

Assemblage de 75,6% de Cabernet Sauvignon, 5,5% Merlot, 4,4% Tannat, 3,9% Cabernet Franc, 1,8% Malbec, 1,8% Pinot noir, 7% variétés rares. Élevage de 12 à 15 mois.

Mas de Daumas Gassac 2007 Vin de Pays de l’Hérault

Grenat carminé, le nez en forme de piment d’Espelette poudré de poivre de Cayenne laisse ensuite s’exprimer le fruit bien rouge et en gelée, viennent encore des impressions florales de bouton de rose et de jasmin, la fragrance délicate mais insistante de la feuille de tomate, l’orient subtil du santal, du bois de rose et du thé rouge. La bouche, pour ne pas changer, démarre sur la fraîcheur et s’enclenche tout de suite sur l’élégance. Les tanins restent perceptibles, mais apportent un léger relief agréable aux papilles. Il a gardé du croquant et nous charme par ses envolées fruitées et florales, son caractère épicé.

Assemblage de 71% Cabernet Sauvignon, 6,2% Merlot, 5,6% Cabernet Franc, 2,8% Tannat, 2,7% Syrah, 2,1% Malbec, 1,4% Pinot noir, 8,6% variétés rares. Élevage de 12 à 15 mois.

Place au blanc

Mas de Daumas Gassac 2016 IGP St Guilhem-le-Désert

Doré au léger vert, le nez bien épicé rappelle le fenugrec et la cardamome qui teintent la pêche blanche, la poire croquante et une étoile de carambole. La bouche des plus onctueuses avoue tout de go sa douceur due au 6 g de sucres résiduels. Douceur bien équilibrée par l’amertume racée au goût de réglisse, le relief tannique qui gratouille avec grâce la langue, la sève volubile et la fraîcheur des fruits tels les melons blanc et vert, la poire, les agrumes. Un blanc particulier.

Assemblage de 27% Viognier, 25% Petit Manseng, 21% Chardonnay, 13% Chenin auxquels s’ajoutent 14% de Bourboulenc, Marsanne, Roussanne, Petit Courbu, Muscat Ottonel, Muscat Petit grain, Muscat d’Alexandrie, Gros Manseng, Semillon (France). Neherleschol (Israël), Petite Arvine, Amigne (Suisse), Sercial de Madère (Portugal), Khondorni, Tchilar (Arménie), Albarino (Espagne), Falanghina, Fiano, Grechetto todi (Italie). Macération pelliculaire pendant 5 à 7 jours. Élevage 2 à 4 mois en cuve inox.

Le chais à barriques (photo Marc Vanhellemont)

Voilà, Daumas-Gassac, une première pour moi, je n’y avais jamais mis les pieds, mais gardais le souvenir d’une belle dégustation de quelques millésimes des années 80 dégustées chez un vigneron du nord du Rhône fin des années 2000. Marcher dans les vignes fait mieux comprendre le vin, merci, Sarah, de nous y avoir conviés (Hervé était avec moi). www.daumas-gassac.com

Famille Guibert

Ciao

Marco