Les 5 du Vin

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#Carignan Story # 278 : Carrément provençal !

Il vient du pays des Coteaux d’Aix-en-Provence. Mais comme souvent, en pareil cas, il ne peut revendiquer pleinement son origine vu que le Carignan, qui vit pourtant un réel renouveau et qui a jadis occupé une place de choix en Provence, a été excommunié ici comme ailleurs sans autre forme de procès. Résultat, le flacon arbore le doux, poétique et très patriotique nom de Vin de France. Fort heureusement, dans cette pratique de plus en plus usitée afin de palier à la connerie avérée – oui, c’est une bêtise irréparable que de vouer aux oubliettes de l’histoire un cépage qui ne vous veut que du bien -, on trouve des vins « réfugiés » à qui l’on donne le droit d’asile en leur accordant l’identité du cépage en plus de l’affichage de  leur année de naissance. Tout cela est hypocrite au possible, sachant qu’en cliquant sur un moteur bien connu, le nom de la propriété, Château de Calavon, en l’occurrence, apparaîtra nous permettant instantanément de localiser la véritable patrie de ce vin, de lui redonner une sorte d’identité. Alors, sonnez les fifres et chantez les cigales, voici venir le Carignan de Provence !

Photo©MichelSmith

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Carrément Carignan, donc. Vignes de 50 ans. Pur jus de 2013. Terre assez caillouteuse cultivée en agro biologie, depuis 5 générations dans la famille, les Audibert. Aujourd’hui, c’est Michel, cheveux au vent, qui s’atèle à maintenir la réputation de Calavon. Le tout à deux pas de l’ancienne Nationale 7, à 20 bornes d’Aix et 15 de Salon, dans la bourgade de Lambesc que certains n’hésitent pas à qualifier de petite Venise aixoise, non loin d’un fameux golf où, vers la mi-septembre, Michel Audibert patronne le Trophée Château de Calavon. Manque plus qu’à vous communiquer le prix de la bouteille pour être complet : 25 € départ cave.

Michel Audibert Photo©MichelSmith

Michel Audibert. Photo©MichelSmith

J’entends déjà les reproches de mes collègues fauchés comme les blés : même bon, le Carignan vaut-il ce tarif ? Pourquoi pas… Ce n’est pas le prix d’une place de concert d’une « artiste » sortie fraîchement d’une télé-réalité, ni celui d’une place « correcte » de finale de rugby. Alors, bon le vin ? Il l’est plus que bien des vins « chers » des appellations locales, Coteaux d’Aix, Luberon ou Baux, sachant qu’il est plus onéreux que certains carignanistes de la Vallée du Rhône toute proche. Ce qui en choquera plus d’un encore, c’est d’apprendre qu’il a été vinifié en macération carbonique puis élevé un an en cuve inox. Oui, c’est un fait : le vin est souvent d’autant plus bon qu’il a été mis en cuve raisins intacts et grappes entières.

Photo©MichelSmith

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Cela ne me surprend pas d’ailleurs puisque le brave vieux Carignan est tout à fait adapté à ce genre de vinification. L’avantage étant que le fruit (cerise/prune) est évident au nez, même si l’on devine aussi des notes boisée et épicées qui évoquent la garrigue. Tout ici s’affirme en finesse. Y compris au bout de 5 jours d’entame et de garde au réfrigérateur, la bouche est toujours aussi ferme et dense, structurée par une belle acidité, une fraîcheur qui s’inscrit de facto dans la trame du vin. On a tout juste une pointe d’amertume en finale, rien de bien dérageant cependant. Cela provient probablement d’une extraction tannique un chouïa trop poussée qui s’affiche encore plus lorsque l’on reprend la bouteille quelques jours après l’ouverture. Attendre encore un an ou deux pour que tout cela se fonde serait peut-être de ma part un conseil judicieux.

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Si j’étais à votre place, je mettrais ce vin en carafe (non qu’il ait besoin d’un décantage, mais plus d’une aération) une ou deux heures avant d’en faire le cru du dimanche. Il n’y a rien de plus beau qu’une cave ventrue bien calée, inclinée, sur un lit de glace dans une grande soupière en porcelaine. Le proposer autour de 14/15° sur un bel oiseau : une bécasse, par exemple, un pigeonneau rôti avec une sauce légère au genièvre, ou un petit canard aux cerises, voire aux coings ou aux petits navets.

Michel Smith


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Rhône-sud: le Plan et le Massif sur la voie du Cru (III)

Voilà deux Côtes du Rhône Villages – avec mentions géographiques, faut-il le préciser – déjà bien en place, deux Villages qui font le bonheur des explorateurs de bons vins en même temps qu’ils font honneur à leurs terroirs. Pour continuer ma série en beauté, nous avons là, avec le Plan de Dieu et le Massif d’Uchaux, deux appellations qui à mon humble avis sont en train de se forger une belle réputation parmi les amateurs de vins du Rhône méridional. Ce que je dis est purement gratuit et n’enlève rien à la valeur des Gadagne ou autres Puyméras mentionnés dans mon précédent article. Sans oublier Signargues, que j’explorerai pour vous jeudi prochain,  lors de mon dernier article sur le sujet des nouveaux villages qui se donnent des airs de crus.

Sont ils faux ou sincères ces villages-crus ? Les prétentions de leurs vignerons sont-elles justifiés ou abusent-ils bassement de la situation ? Usent-ils de leurs réelles valeurs ou de leurs bonnes relations politiques ? Comme toujours, ce seront les consommateurs qui auront les derniers mots : ils diront plus tard si, comme Vacqueyras ou Vinsobres avant eux, ils ont vu justes. Pour ma part, j’ai goûté ces vins non pas à l’aveugle, mais en allant de stand en stand et en priant à chaque fois le vigneron pour qu’il ne me récite pas sa fiche technique avant que je puisse tremper mon nez et mes lèvres dans son vin. Il va sans dire que tous les producteurs n’étaient pas exposants à Découvertes en Vallée du Rhône. Il y aura donc des absents dans ce qui suit… Dans la plupart des cas en cliquant sur le nom du domaine, vous aurez accès à son site Internet.

Photo©MichelSmith

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Plan de Dieu, j’y crois !

Une ancienne et vaste garrigue aujourd’hui colonisée par la vigne mais autrefois de si mauvaise réputation que, pour la traverser, il fallait s’en remettre à Dieu ! Du moins, c’est ce que dit la légende. Ce plateau uniforme et plat de 1.500 ha survolé de temps à autre par les jets de la base aérienne d’Orange, a pour originalité d’être recouvert d’un amas de gros galets roulés sur une épaisseur de 10 mètres. Ils reposent tantôt sur une couche d’argile bleue, tantôt sur des safres gréseux, socles qui heureusement maintiennent la fraîcheur et attire de ce fait les radicelles de la vigne qui sans cela auraient du mal à produire tant ce lieu peut devenir fournaise en été. Outre le Grenache, on y trouve aussi le Mourvèdre attiré par la chaleur des lieux, mais aussi la Syrah, le Carignan, la Counoise, le Picpoul, le Terret… L’appellation célèbre tout juste ses 10 ans et le secteur a toujours attiré les négociants les plus exigeants. Le Plan de Dieu concerne les communes de Jonquières, Camaret-sur-Aigues, Violès, Travaillan, toutes du Vaucluse. Décrétée en 2004, avec effet rétroactif pour le millésime 2003, elle rassemble une trentaine de domaines, dont certains assez importants. Autre originalité : elle est dirigée par un binôme de présidents enthousiastes, Alain Aubert et Hugues Meffre. Seuls huit domaines s’exposaient à Découvertes en Vallée du Rhône.

Domaine Le Grand Retour

Repris en 1999 par les Domaines André Aubert, cette vaste propriété de 150 ha nous donne un 2012 (60% Grenache, 30% Syrah et reste Mourvèdre) au nez fin et sans grande manifestation en bouche en dehors d’une structure d’apparence légère et des tannins souples. Le 2013 est un peu plus frais et long confirmant un bon « niveau villages » pour un prix qui va avec : 6,50 € départ cave.

Cave Les Coteaux du Rhône

Crée en 1926 et basée à Sérignan-du-Comtat, la cave regroupe 180 viticulteurs dont quelques uns sur le Plan de Dieu. Leur cuvée Panicaut 2012 pourrait aussi bien revendiquer la simple appellation Côtes-du-Rhône tant elle manque de précision et de définition. L’acidité se fait sentir et l’intensité du fruit est très moyenne. Grenache à 60% et Mourvèdre pour compléter.

Domaine Rose-Dieu

Damien Rozier, jeune vigneron de Travaillan, fait honneur à son appellation avec un 2012 à la fois plein, dense et épais, capable de tenir encore en cave 4 à 5 ans. Tannins présents mais fins. Grenache en majorité, puis Syrah et Mourvèdre avec un élevage en barriques. Le domaine ne compte qu’une dizaine d’hectares. Un bel investissement pour un peu moins de 7 € la bouteille départ cave.

Photo©MichelSmith

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Domaine des Pasquier

Basé à Sablet, ce domaine de 85 ha en travaille près de la moitié sur le Plan de Dieu. Leur 2012, prêt à boire, se présente sous de bons auspices (joli nez complexe de gibier à plumes, de truffe et d’épices), avec une attaque plutôt souple et aimable et une petite fraîcheur qui tient jusqu’en finale. Majorité de Grenache avec 35% de Syrah et 10% de Mourvèdre. 8,50 € départ cave.

Château La Courançonne

Ce domaine de Violès couvre 70 ha de vignes dont 50 % sur le Plan de Dieu et une bonne part (85%) acheté par le négoce local, ce qui est loin d’être un mauvais signe quand on connaît les noms des acheteurs. Le 2012 Gratitude s’intéresse aux plus vieux Grenaches (40%) mais se partage le reste à égalité entre Mourvèdre et Syrah. Le nez est encore sur la réserve et l’on ressent une présence affirmée en bouche avec une nette fermeté. Plénitude et harmonie en dépit d’une légère amertume qui ne choquera pas certains palais. 8,70 € départ cave.

Photo©MichelSmith

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Domaine de l’Arnesque

Propriétaire aussi en Châteauneuf-du-Pape au lieu-dit de L’Arnesque, le domaine possède un vignoble sur le Plan de Dieu avec des vignes que l’on peut qualifier de « vieilles ». Le seul domaine à présenter un 2011, j’avoue le trouver très évolué et sans grand intérêt. Prêt à la mise, on me présente le 2012 plus frais, d’une certaine densité s’achevant sur une finale peu enthousiaste. Proposé à 8,50 €, le vin est très Grenache (65%), complété par 20% de Syrah, 10% de Mourvèdre et 5% de Carignan.

Duvernay Vins Millésimes

Négociant à Châteauneuf-du-Pape, cette maison centenaire propose des vins sur presque tous les crus rhodaniens. Un seul Villages est sur la liste et c’est le très Grenache (75 %) Plan de Dieu que je goûte dans sa version 2012. Dès le nez on sent l’amour du travail bien fait. C’est copieux, dense et tannique avec des notes de cuir un peu « vert » qui réclame que ce vin séjourne encore quelques années en cave.

Domaine Lucien Tramier

Le plus beau 2012 goûté sur cette appellation : superbe éclat en bouche, beaucoup de densité, de fraîcheur et de gourmandise sans parler de tannins fort civilisés. Ce domaine de Jonquières privilégie les vieilles vignes de Grenache (70%) et de Syrah avec de longues macérations et un élevage de 10 mois en barriques. À 7 € départ cave, voilà une belle affaire !

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Massif d’Uchaux, c’est chaud !

Les amateurs bien informés fondent beaucoup d’espoir dans cette appellation désormais bien établie depuis son décret paru en 2005. Situé au nord d’Orange et de Châteauneuf-du-Pape, le massif est en fait un îlot rocheux assez boisé composé de grès et de sables siliceux où la vigne s’étage jusqu’à 250 mètres d’altitude ce qui tempère un peu mon titre. Disons pour résumer que les vins sont souvent assez chaleureux, mais qu’heureusement l’altitude vient renforcer la matière en fraîcheur et en fruit. «Ici, le système racinaire est obligé de se frayer un passage, d’où une montée de sève très longue favorable à la concentration et à la minéralité», explique notre géologue Georges Truc, fervent lecteur des 5 du Vin.

Une vingtaine de domaines, dont certains très connus, occupe le territoire viticole en compagnie de trois caves coopératives, celles de Sérignan-du-Comtat, de Sainte-Cécile-les-Vignes et de Rochegude qui comptent pour un tiers de la production. Entre 250 et 300 ha de vignes sont concernées par l’appellation, mais le potentiel est estimé au double sur les communes vauclusiennes de Lagarde-Paréol, Mondragon, Piolenc, Sérignan-du-Comtat et Uchaux. Comme pour le Plan de Dieu, deux présidents veillent au grain, Arnaud Guichard et Éric Plumet.

Georges Truc et les deux présidents du Massif d'Uchaux. Photo©MichelSmith

Georges Truc et les deux présidents du Massif d’Uchaux. Photo©MichelSmith

Domaine Vincent et Dominique Baumet

Basé à Rochegude, les Baumet exploitent 35 ha dont la moitié va à la coopérative. Ils ne vinifient que 10 % de leur production en Massif d’Uchaux. Équilibré, un 2010 (55% Grenache, 40% Syrah, reste Carignan) se goûte sans difficulté associant fraîcheur discrète et souplesse de bon aloi. Un 2012 goûté en magnum se boit facilement et n’affiche pas réellement une grande idée de ce que l’on pourrait atteindre au sein d’un cru. Environ 14 € départ cave, 47 € pour le magnum, une cuvée spéciale.

Cave Les Coteaux du Rhône

Déjà cité plus haut pour son Plan de Dieu, la version Massif d’Uchaux de cette cave coopérative me déçoit une fois de plus. Il s’agit d’un 2013 Arbouse qui affiche pas mal de dureté en bouche ainsi qu’un manque de fond. La cave revendique la plus grosse production du Massif d’Uchaux avec 29 ha que se partagent ses adhérents.

Domaine Saint-Michel

Magali et Bertrand Nicolas sont entourés de pins, de chênes verts et de genêts sur un domaine planté de 20 ha de vignes, dont 4 ha consacrés au Massif d’Uchaux. Leur cuvée générique 2011, un tantinet rustique, se présente dans un registre simple et facile, sans charme particulier.

Domaine de la Guicharde

Sur Mondragon, ce domaine est certifié en biodynamie à partir du millésime 2013. En attendant, le 2012 Genest (2 ans d’élevage en cuve), 60% Grenache, Syrah pour le reste, offre une belle vivacité, de la densité et une matière chaleureuse. Ouvert la veille, le 2011 se fait plus facile d’approche. Environ 13 € départ cave.

Château Simian

Propriétaire à Câteauneuf-duPape, la famille Serguier possède 26 ha de vignes dont 4 ha en Massif d’Uchaux, sur Piolenc. Leur cuvée Jocundaz 2013, 70% Grenache complété par la Syrah, offre une belle densité en attaque, une puissance chaleureuse avec heureusement un fruité qui vient rafraîchir l’atmosphère et une impression de minéralité en finale. Un bel achat à 10 € la bouteille départ cave. Un autre 2013, cuvée La Louronne, vinifiée à partir de vieux Grenaches, est plus sur la complexité avec un nez composite (herbes sèches, tabac, menthe sauvage…), de la souplesse en bouche, beaucoup de chaleur, un beau développement et une finale sur le fruit cuit (15 €). Une valeur sûre.

Domaine La Cabotte

En biodynamie (certifié en 2007), également propriétaires en Châteauneuf-du-Pape, Marie-Pierre Plumet et son mari, Éric, vinifient 3 cuvées en Massif d’Uchaux. Goûtée en 2013, la cuvée Garance (50% Grenache, le reste partagé à égalité entre Syrah et Mourvèdre) annonce un grand vin. Nez poivré et truffé, bouche droite tout en étant envoûtante et chaleureuse, joli fond de fruit, harmonie, élégance et longueur, tout y est au prix de 12 € départ cave. Un peu plus chère (15 €), la cuvée Gabriel 2012, moitié Grenache, moitié Syrah (cette dernière éraflée), propose un nez sur la finesse et une bouche plus arrondie, plus grasse, avec une belle présence fruitée. On sent le vin bien assis sur son socle (ici de la lauze blanche calcaire) après un élevage de 16 mois dont un tiers en demi-muids d’occasion.

Photo©MichelSmith

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Domaine des 5 Sens

Basé à Rochegude, ce domaine de 50 ha met la totalité de son vin en bouteilles et ce qui est déclaré en Massif d’Uchaux représente 15% de sa production. La cuvée 2012 La Vue offre un assez joli nez épicé, mais le vin en bouche, en dépit de quelques tannins sympathiques et d’un fruité affirmé, n’en reste pas moins plutôt légère , voire simplette. Un peu plus de 10 € départ cave.

Château d’Hugues

Avec 6 ha en culture dite « raisonnée », la cuvée 2012 présentée par le chef de culture Grégory Payan affiche un nez assez minéral sur une robe pas très soutenue. Mais le vin est dense, serré, très puissant, très long en bouche aussi, avec des tannins bien présents. Le 2009, nez fin et légèrement fumé, offre de l’amplitude en bouche, de la fraîcheur, mais des tannins un peu secs en finale. Le 2004 est tendre, toujours bien marqué par le fruit et élégant sur toute la ligne !

Domaine Crôs de la Mûre

Entre Uchaux et Mondragon, Éric Michel, rejoint par sa sœur Myriam, cultive son domaine de 17 ha en biologie. Près de la moitié de la superficie est classée en Villages Massif d’Uchaux, donnant notamment un 2011 au nez fin et accrocheur, un peu austère en bouche, mais tout de même bien équilibré avec une finale en douceur où le fruit mûr ressort très bien. Élevé en cuve béton, il s’agit d’un assemblage aux trois quarts Grenache associé au Mourvèdre avec un peu de Syrah. 15 € départ cave.

Château Saint Estève d’Uchaux

En biologie depuis 2006, ce domaine s’étend sur 45 ha de vignes, dont près de la moitié classée en Massif d’Uchaux. Une cuvée « générique » à 60% Grenache (le reste en Syrah), se goûte bien en 2012 avec un joli nez fin de garrigue, une certaine souplesse et de petits tannins légers, sans oublier de la fraîcheur en finale et une bonne longueur (8,50 €). Une Grande Réserve 2011 (9,70 €), majorité Grenache avec 40% de Syrah est toujours dans le registre de la finesse au nez, de la densité et de la structure en bouche, un côté imposant contrecarré par une belle fraîcheur et de la longueur. Une autre cuvée Vieilles Vignes goûtée en 2011 et 2012, ne manque pas d’intérêt.

Domaine de la Renjarde

Propriété sœur du Château La Nerthe à Châteauneuf avec le Prieuré de Montezargues à Tavel, La Renjarde s’étend sur 54 hectares travaillés en bio. Le Villages Massif d’Uchaux 2012, commercialisé entre 8 et 9 € selon les sources, a été tirée à 120.000 exemplaires. La bouche est élancée, bien droite, laissant place à une superbe matière ponctuée de notes salines avec une légère amertume en finale et des tannins grillés.

Michel Smith

 

 

 

 

 

 

 

 


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Bandol Rouges et Blancs, gloire aux Vieux !

Puisque j’ai l’honneur de signer ici le premier papier de l’année, j’en profite au nom de toute l’équipe pour vous souhaiter un 2015 plein de rebondissements, de joies et de bonnes bouteilles. Longue et douce vie aussi à mes camarades de blog !

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Pour ma part, je démarre dans l’enthousiasme de mes retrouvailles avec Bandol. Après le coup des (vieux) rosés de noël dernier, voici venir le second volet de mon dernier voyage à Bandol consacré aux (vieux) blancs, mais surtout et avant tout aux (vieux) rouges. En parlant de « vieux », je suis d’accord avec vous : le terme « mûrissement » conviendrait mieux que ce soit pour les rosés, les blancs ou les rouges tant ces vins sont capables de s’arrondir, de s’épanouir au fil des années de garde, de gagner en complexité comme je l’ai déjà dit. Personnellement, je n’ai pas peur de vieillir. Tout au plus ai-je une certaine appréhension quant au maintien de ma lucidité. Lorsque j’entends que l’on me traite de vieux, cela me fait sourire et parfois rugir. En revanche, lorsque je vais en Afrique où, pour un temps encore, les vieux sont respectés quand ils ne sont pas pris pour modèles, cela me rend optimiste. Cette vision d’une jeunesse déclinante, certes, mais étalée sur le long terme s’applique au vin comme à tout produit vivant jusqu’à ce moment incertain où le vieux vin s’éteint tout comme le vieil homme glisse vers l’au-delà. Au vin comme à l’humain, il convient de se construire pour mieux partir. Mourir debout en quelque sorte, finir en beau vieillard, partir en beauté. C’est fou ce que l’on peut dire comme conneries lorsque l’on aborde ce sujet ! Va falloir que je consulte. Une chose est sûre : les vins trop faibles en matière, moins bien lotis sur le plan de l’acidité et des tannins, quand bien même sont-ils porteurs de l’AOP, ne sont à mon sens que rarement aptes à tenir plus de dix ans. Que ce soit pour le Médoc, le Madiran, le Pommard ou Châteauneuf-du-Pape, la décennie est pour moi un repère, un cap, un point de référence, un benchmark comme disent les anglais. À ce stade, on peut émettre un jugement, se positionner sur un vin, tirer quelque conclusion. Soit il va se casser la gueule (s’il n’est pas déjà en train de passer à trépas…), soit il en a encore pour dix ans, voire plus !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

C’est ce qui se passe pour les rouges de Bandol. Or, à cause de la prédominance du Mourvèdre dans l’appellation, grâce à la belle structure tannique que ce cépage espagnol (Monastrell du côté de Valence et Mataro en Catalogne) est capable d’offrir, les Vignerons du coin ont toujours insisté sur le fait que leurs vins étaient configurés pour « vieillir », sous-entendu pour durer dans le temps. Cette affirmation est-elle plausible ?  C’est ce que nous allons vérifier avec la dégustation de 2004 que j’avais proposé à l’Association des Vignerons de Bando dans le cadre de leur invitation début Décembre pour leur annuelle Fête du Millésime. Mon choix était logique dès lors que la fête, doublée d’un concours, a pour objectif depuis toujours, de mettre en avant et de récompenser les vins dits « de longue garde ».

Trois douelles pour les Longues Gardes... Photo©MichelSmith

Trois douelles pour trois « Longues Gardes »… Photo©MichelSmith

Mais pas si vite ! Nous allons voir que c’est aussi pour cette raison – sélectionner des vins de « longue garde » – que j’étais invité comme juré parmi d’autres confrères à noter des échantillons de 2014 en essayant de déceler (32 prétendants répartis à l’aveugle et à parfaite température sur plusieurs tables) ceux qui pouvaient avoir une réelle aptitude à la garde. Quitte à me répéter, selon mon expérience, pour faire ses preuves, un vin rouge qui se dit « grand » et qui se veut « de garde », doit être capable de tenir au moins dix ans sans que l’on puisse détecter l’ombre d’un signe de vieillissement. Bien sûr, pour en être convaincu, il faudrait pouvoir déguster 10 ans après ceux de vins ayant reçu 10 ans auparavant le trophée (une simple douelle) du « Bandol de longue garde ». Quels étaient mes critères personnels pour juger ? Simplement la densité de la matière, la structure acide, la finesse des tannins et la longueur. Rien que ça ! Sans vouloir me hausser du col, je ne suis pas sûr que tous les participants s’étaient fixés de telles objectifs.

De mon côté, j’ai appris deux jours plus tard que sur les 8 échantillons passés par mes augustes papilles, j’avais attribué ma meilleure note à La Vivonne 2014 pour son élégance (dès le nez), son attaque en bouche sur le fruit du raisin frais bien mûr, son harmonie et ses magnifiques tannins. Pour info, j’ai fort bien noté en second La Bégude, puis Lafran-Veyrolles. Résultat final des courses, ce sont La Vivonne (rachetée en 2010), Salettes et Souviou qui remportent chacun le titre et le trophée 2014 de « longue garde ». J’en suis fort aise et cela prouve que j’ai encore du pif ! Je me demande simplement si je pourrais les déguster de nouveau dans 10 ans, juste pour vérifier…

Les trois vainqueurs des Longues Gardes 2014. Photo©MichelSmith

Un des vainqueurs des Longues Gardes 2014. Photo©MichelSmith

En attendant, revenons à ma dégustation perso de la veille. Petit rappel : il faut au moins 50 % de Mourvèdre et 18 mois d’élevage sous bois pour prétendre devenir Bandol. Pour ceux qui ne suivent pas, se souvenir qu’à la demande de la puissance invitante de me laisser choisir un thème de dégustation, j’avais expressément demandé à l’Association des Vignerons de Bandol de me présenter à l’aveugle ce qui pouvait rester de leurs vins millésimés 2004. Encore une fois, mon vœu fut exhaussé de manière plus que satisfaisante puisque je me suis retrouvé la veille du concours des « Longues gardes » en présence de 24 échantillons du millésime choisi, ce qui n’est pas si mal pour un dégustateur modeste mais par trop méconnu (blague). Faut bien que je me congratule d’une manière ou d’une autre… Pour info, en 2004, les vainqueurs des « Longues gardes » d’alors furent La Frégate, Pibarnon et La Tour du Bon. On verra plus loin que deux d’entre eux, selon moi, n’ont pas tenu toutes leurs promesses… Il faut croire que cette année-là au moins une table de jurés était experte puisque ma meilleure note de la dégustation des 2004 fut attribuée à La Tour du Bon 2004 au nez épicé, viandeux et gibier, sur une bouche expressive d’où jaillissaient de belles notes de fruits rouges (framboise) sur fond de finesse et vent de fraîcheur. L’harmonie est le maître mot qui prévaut pour définir ce vin long en bouche à la finale très posée. Une vraie « longue garde », que ce Tour du Bon. Noté par moi 4 étoiles (19/20), il peut à mon avis tenir encore une bonne décennie, peut-être même deux.

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Jai failli accorder une quatrième étoile à La Bastide Blanche 2004 : robe noire, nez discret et fin, copieux, riche et puissant en bouche, doté de tannins frais et non violents. Long bien sûr, ce vin a un potentiel de vie encore au beau fixe puisqu’à mon avis il peut tenir 20 ans de plus dans une bonne cave. Ensuite, une série non négligeable de 6 domaines obtinrent l’excellente note de 3 étoiles, correspondant à un 17 ou 18 (sur 20) dans l’équivalence des notations chiffrées que je ne pratique pas. Notez-les bien, ces 2004 : il s’agit de La Rouvière, au nez finement torréfié, complexe et très long en bouche en dépit d’une finale un peu austère ; de La Noblesse, robe solide, joli nez de sous-bois légèrement fumé, très cassis bien mûr en bouche, belle matière équilibrée et finale juteuse ; de Terrebrune, aux fines notes de tabac, franc d’attaque, sur le fruit, frais et très long en bouche ; de Gagueloup, fin et presque aérien au nez, épais, dense, riche en matière, posé sur un lit de réglisse et de cuir, nécessitant encore une garde de 5 à 6 ans pour s’épanouir ; de La Suffrene, magnifique de robe, bouche vive plus portée sur le Grenache (peut-être le Carignan aussi ?) avec ses touches d’orange sanguine, savoureux en bouche sur une finale un peu sucrée ; de La Bégude, robe solide, nez fin de tabac, cave à cigare et truffe, dense, sérieux et long en bouche, avec des tannins assez marqués mais qui heureusement se fondent dans une finale où la fraîcheur se fait ressentir.

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Cinq autres rouges 2004, méritent un mention spéciales pour leurs deux étoiles. Dans l’ordre de préférences : Sorin, avec son nez de violette (Syrah ?), de fourrure et de tabac, sa matière riche et opulente qui à mon avis peut le mener au-delà de l’horizon 2020 ; Tempier (cuvée Classique) pour sa droiture, ses notes d’olive noire et de maquis, ses tannins serrés et son grand potentiel ; Pradeaux pour son nez de vieille église non dénué de finesse, sa bouche droite paraissant un peu étriquée, ses tannins bien présents et frais, sa finale sur le cassis ; Sainte-Anne, robe un peu moins soutenue que les autres, assurément frais en bouche mais manquant un peu de complexité ; Guilhem Tournier, dont le vin, en dépit de son état presque avancé (l’aspect de la robe, surtout) est prêt à boire sur une matière juteuse et de petits tannins grillés. Cela va paraître injuste à certains, mais il me semble de mon devoir de citer ceux qui m’ont plus ou moins déçu. C’est le cas de La Roque, dans sa cuvée « Grande Réserve » pour son aspect souple et lourdingue ; de La Laidière pour son nez sur la verdeur, sa minceur en bouche et ce désastreux creux en guise de finale ; de Castell-Reynouard pour sa bouche assez quelconque et ses tannins trop acerbes ; du Galantin, pourtant avenant au nez et réglisse en bouche, mais creux et légèrement ancré sur l’amertume ; de Pibarnon qui bien qu’ample et savoureux me paraît un peu trop prêt à boire sur des notes légèrement cacaotées ; de Vannières, pourtant jeune de robe, mais tellement dur et affreusement boisé en bouche ; de L’Olivette (au si beau rosé !), à cause de ses tannins sucrés et de son manque d’équilibre au palais ; de Val d’Arenc pourtant dense de robe, droit et solide en bouche, mais manquant de personnalité, d’entrain, de charme (à mon avis, j’ai été trop sévère) ; de La Frégate (sacré « Longue garde » 2004), pourtant bien solide de robe, pour son nez un peu trop iodé, son boisé un trop présent et son manque d’accroche ; de La Bastide Blanche (bis), cuvée « Estagnol«  (voir plus haut le commentaire sur une autre cuvée du même domaine dans le peloton de tête), très puissant en bouche mais sans grand chose derrière ; de Gros Noré, enfin, noté une étoile pour son nez paraissant complexe mais manquant singulièrement de finesse, sa timide pointe chocolatée et fruitée en bouche, mais exempt de ressort, d’épaisseur et de longueur.

Photo©MichelSmith

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Pour finir, un coup d’œil rapide sur les « vieux » blancs qui ne représentent que 2 à 4 % de l’appellation. Dans les assemblages, la proportion de Clairette joue à mon avis un rôle majeur dans l’aptitude qu’ils ont à « vieillir ». Mais il faut compter aussi sur le Bourboulenc, l’Ugni blanc et parfois le Sauvignon. En réalité, c’est par eux que j’ai commencé, juste avant mes sensationnels rosés de la semaine dernière. Quatre blancs furent notés sans mal presque au plus haut, 3 étoiles et quelques fragments en plus pour certains. Là, le millésime était libre. Commençons par le plus vieux du quatuor, le Souviou 2002, un vin équilibré, à la blondeur éclatante. Lumineux en bouche, il se boit encore sur une fraîcheur surprenante. Est-ce à cause de la Clairette et du Bourboulenc qui occupent les trois quarts de l’encépagement, à moins que cela ne soit dû à une multitude de cépages mystérieux et anciens ou à cause d’un sous-sol de marnes bleues du Santonien ? Toujours est-il que Pibarnon fait figure de roi du blanc à Bandol (avis personnel) et il n’a pas failli à sa réputation. Avec son fringant 2004, je n’ai pas été étonné de le classer à égalité avec Souviou : joli gras, densité, fraîcheur alerte, longueur, c’est un blanc d’avenir, magnifique de chair, aussi lumineux que le précédent et presque plus tenace et persistant en bouche. À l’inverse, La Bastide Blanche 2004, robe bien jaune, rondeur généreuse, petite matière et notes de fleurs d’orangers, se laissait boire plus volontiers grâce surtout à une finale de toute beauté. Terrebrune 2007, commençait à s’impatienter dans sa belle robe de bal, une belle franchise en bouche, beaucoup de longueur et d’élégance. Ces derniers vins peuvent encore attendre un peu, mais à quoi bon puisqu’ils nous charment déjà tant et tant…

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Quelques mots des autres blancs, un peu moins bien notés : Tempier semblait desséché par un millésime chaud (2009) et lourd qui faisait ressortir une forme d’amertume gênante ; La Tour du Bon 1996 (le plus vieux du lot) offrait bien une robe jeune et un nez d’agrume, mais l’édifice était simple et trop strict ; Robe dorée, Val d’Arenc 2008 s’en sortait mieux avec un nez finement beurré, sur un côté franc et sec lui assurant un peu d’avenir. Fermé, engoncé et peu amène, le 2003 de Sainte-Anne se goûtait très mal, tout comme La Rouvière 2002. Sainte-Anne et Pibarnon avaient glissé un deuxième millésime, ce qui n’était pas interdit dans mes règles. Le 2009 de Pibarnon, robe paillée et joli nez, très dense en matière, se révélait un peu dur en finale. Eut-il fallu le carafer ? Sainte-Anne 1999, reluisant dans sa robe d’or, un peu cireux au départ, se montrait enthousiaste par la suite avec de bienveillantes notes de prune, de pêche et de poire. Long en bouche, on sentait qu’il était quand même temps de le boire ne serait-ce que pour profiter de son fruit.

Après le travail, le fête en musique sur report...Photo©MichelSmith

Après le travail, le fête en musique sur report…Photo©MichelSmith

Pour en finir – provisoirement – avec Bandol, vous en connaissez beaucoup, vous, des appellations où l’on a du vrai plaisir dans les trois couleurs dix ans après ? Moi, non.

Michel Smith

 


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À quoi cela peut-il bien servir ?

Oui, je me demande vraiment à quoi cela sert-il de palabrer ?

À quoi servent ces conférences, colloques et autres débats ?

Pas même le temps de captiver son auditoire que déjà il faut passer la parole à un autre. Est-ce si utile de se déplacer pour un petit quart d’heure d’explication de texte face à un public déjà averti, déjà convaincu et qui plus est restreint ? Ce qui va suivre, aux yeux des bénévoles qui n’ont pas compté leurs heures pour la bonne réussite de ces journées, paraîtra insolent, discourtois, voire exagéré. Mais en même temps, je ne peux continuer à me satisfaire de la convenance habituelle dans laquelle j’ai baigné les trois quarts de ma vie. Critiquer ce que je viens de revivre une fois de plus constitue pour moi un devoir. Ainsi donc, je présente d’ores et déjà mes excuses à ceux que je risque d’offenser.

Unknown

Je veux vous parler de ces réunions, de ces discussions articulées autour du vin qui donnent lieu à de sempiternels débats sans lendemains. On les accepte volontiers, parfois à contre cœur. On y va à ses propres frais alors que l’on a déjà du mal avec sa maigre retraite et que l’on a un boulot à n’en plus finir sur le bureau. On se dit que peut-être on apprendra des choses, que ça fera du bien de faire un break, de voir d’autres personnes, d’échanger. Et puis Bruno Chevallet, l’organisateur, est si convaincant, si aimable, que l’on rêve déjà de pique-niques au bord de l’eau, d’échanges passionnés sous les oliviers et d’un hôtel de charme avec petit déjeuner provençal au son des cigales. Alors on dit oui. On y va le cœur en bandoulière avec en tête l’échafaudage d’un plan apte à défendre le Carignan du Roussillon, sans oublier de parler des autres, de ceux d’Uruguay ou d’Israël.

Le Maître et son élève... Photo©MichelSmith

Le Maître et son élève… Photo©MichelSmith

Cela me fait mal de le dire aussi brutalement, mais une fois sur place on déchante : les repas sont ruineux, les produits locaux sont relégués aux abonnés absents, le foie gras, le homard et le saumon sont mis en avant (pourquoi pas le caviar ?), de coûteux droits de bouchons vous scient le moral et en plus il faut se battre pour boire le vin à sa bonne température. Côté débats, discipliné on attend patiemment son tour de parole pour balbutier quelques mots sur cette éternelle et lancinante définition du « terroir », puis on écoute des gens passionnants que l’on coupe, comme c’était le cas pour vous il y a à peine 10 minutes, car, c’est un fait, « le temps nous manque ». Comme toujours. Sur ce, on n’oublie pas de se congratuler les uns les autres, d’applaudir, d’échanger nos cartes, de remercier tel ou tel sponsor qui, en brillant de son absence, montre l’intérêt qu’il porte aux choses du vin, ne cherchant même pas à aller au bout de sa mission. Le tout face à un maigre public estimé à 20 personnes, peut-être 30 par moments, tous participants ou accompagnants. Au final, lorsque l’on rentre chez soi épuisé par 5 heures de route, viennent les mots fatidiques : « Et alors ? » Alors, quoi ? On se sent comme envahi par un sentiment de frustration. On fait son délicat, son difficile…

Danièle Raulet-Reynaud à gauche et Iulia Scavo, la star montante de la sommellerie. Photo©MichelSmith

Danièle Raulet-Reynaud à gauche et Iulia Scavo, la star montante de la sommellerie. Photo©MichelSmith

Si ce n’était que pour les joies de retrouver mes amis vignerons, un tel voyage valait-il la peine d’être vécu ? Malgré les déconvenues, je dis oui haut et fort, même si je reste sur ma faim. Tout cela pour des « Rencontres internationales », les premières du genre sur la Côte d’Azur avec pour thème palpitant : « Un cépage, un terroir, des hommes » argumenté de la sorte : « Comment des vignerons ont su mettre en valeur des cépages oubliés et mal aimés sur des terroirs adaptés pour des vins exceptionnels ». La seule mention des cépages oubliés et la possibilité de défendre en public mes bons vieux plants du Midi, comme je le fais ici même tous les dimanches depuis 4 ans, ont suffi à me faire déplacer. Et, vous vous en doutez, ce n’était pas que pour un dîner dit « de gala » destiné à oindre les huiles dans le sens du poil. Alors, je m’efforce de retenir le côté positif des choses. Je me rends compte en effet que, malgré quelques écueils, rien n’a été perdu pour autant. Quelle chance j’ai a eu de pouvoir renouer avec le Romorantin de Michel Gendrier que je n’avais pas goûté depuis des lustres, de rencontrer sa charmante épouse, d’échanger avec André Dubosc venu de Plaimont pour une fois sans son béret basco-béarnais, accompagné lui aussi de son épouse et d’une jeune chercheuse en cépages autochtones de l’école de Purpan qui explore savamment les travaux sur les comportements des cépages anciens du Sud Ouest comme le fait Michel Grisard, présent lui aussi pour parler de son expérience en son Centre d’Ampélographie Alpine dédié à Pierre Galet. Ah, ce Professeur Pierre Galet qui travaille d’arrache pieds à un nouveau Dictionnaire encyclopédique des cépages, c’est une légende vivante. Un homme plein d’humour doté d’une mémoire éléphantesque qui vous lance à la figure un magistral « Profitez-en, j’ai 93 ans et je vais bientôt mourir » !

Les participants... enfin, une partie. Photo©DR

Les participants… enfin, une partie. Photo©DR

Quelle joie aussi d’embrasser Patricia Boyer du Clos de Centeilles que l’on a vu naître dans les années 80 avec déjà le souci de préserver les nobles cépages languedociens. Joie aussi de goûter sans retenue les cépages corses de Jean-Chales Abbatucci, de vider un verre ou deux de Mailhol en compagnie de ses auteurs Laurence et François Henry devenus historiens pour la cause des cépages, de siroter pour la première fois de ma vie une Mondeuse Blanche, celle de Philippe Grisard. Écouter les passionnantes recherches de Garance Marcantoni, la conseillère en viticulture biologique de la Chambre d’Agriculture du Var que les vignerons présents n’ont jamais pris la peine de contacter alors qu’elle a tant de connaissances à partager avec eux sur les cépages oubliés de Provence. Regretter l’absence de vignerons provençaux, hormis deux d’entre eux. Boire le discours d’historienne et l’accent pierreux de la Roumaine Iulia Scavo qui, je l’espère, deviendra un jour Meilleur Sommelier du monde après le Suisse Paolo Basso. Je vous jure, cette fille le mérite ! Quel plaisir aussi de causer un brin avec Jean Rosen, André Deyrieux, Jean-Luc Etievent, j’en passe et des meilleurs

La photo souvenir... Où tout le monde semble ravi ! Photo©DR

La photo souvenir… Où tout le monde semble ravi ! Photo©DR

Boire et échanger, voilà de vrais moments de partage qui gomment les défauts de cette première initiative forcément perfectible. En dernier ressort, j’aimerais suggérer ceci aux organisateurs : que l’on sorte lors des prochaines sessions du tape à l’œil, du bling-bling cher à la Côte d’Azur ; que l’on remise aux oubliettes ces soirées interminables où les étoilés se surpassent à grands renforts de verrines dînatoires et autres variations sur lesquelles le rouge chaud ne passe décidemment pas, pas plus que le rosé d’ailleurs ; que l’on aille vers plus de simplicité, vers des repas de grandes tablées où nous sommes tous ensemble, chez un vigneron de La Londe, par exemple. Et que l’on réduise le nombre d’intervenants afin de laisser s’exprimer ceux qui sont dans le concret. Je sais, ce ne sera pas toujours chose facile. Au Lavandou, nous sommes sur la route de Saint-Tropez et sur la commune qui abrite la modeste demeure de Carla Bruni au Cap Nègre. Mais on peut rêver…

Michel Smith


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Un amour d’Amouriers

Il y a des vins qui incitent à l’introspection, à la méditation. Arbitrairement, je rangerai dans cette catégorie quelques grands Médocs des familles.

Il y aussi des vins qui incitent à l’amour.

Comme ce Vacqueras du Domaine des Amouriers 2010, cuvée Signature, qui me ramène sa fraise, ses épices douces et sa pâte d’olives, au moment même où j’écris ces lignes. Oui, je vous décris la chose en direct, le verre posé devant moi, une lampée du vin dans la gorge; c’est la magie du blog et de l’interactivité – je vous dispense de la video, ce serait contreproductif.

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En bouche, ce qui séduit, c’est la fraîcheur. La puissance n’est rien sans la vivacité, l’impulsion, l’explosivité, le premier sportif vous le dira; ici, on a les deux. Et la longueur, en plus.

Olivier Poussier me disait la semaine dernière à quel point les vins du Rhône avaient progressé ces dernières années; à quel point ils pouvaient allier accessibilité fruité dans la jeunesse et complexité, capacité de belle évolution dans le temps. Je pense que ce vin  illustre assez bien son propos.

Sans surprise, cette cuvée assemble grenache, syrah et carignan.

Quant au domaine, eh bien, je ne le connaissais pas.

Un rapide coup d’oeil sur le Net m’a permis de découvrir qu’il se niche à Sarrians et qu’il est exploité en agriculture bio. Et que son nom ne doit guère à Vénus, mais plutôt aux mûriers, dont c’est le petit nom en provençal.

Ayant un faible pour le Vaucluse, où j’ai passé une partie de mes jeunes années, j’aimerais pouvoir dire que je connais Vacqueyras comme ma poche. Il n’est est rien. Il a fallu que ce sacré Marc me donne cette bouteille pour que je vous en parle.

Les surprises, ça peut parfois avoir du bon. J’espère ne pas avoir gâché la vôtre, si vous tombez un jour sur une bouteille de ce nectar. Avec un peu de chance, ce ne sera pas la même cuvée, ou le même millésime… Et puis, ce sera votre palais, votre plaisir, vos amours…

Hervé


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Retour à Vignelaure (première partie) : l’histoire.

Pardon de parler de moi, une fois de plus, mais parlons aussi d’un lieu. Le lieu que j’évoque est si chargé de souvenirs, mes tous premiers qui soient professionnellement liés au vin, qu’il m’est difficile de les retenir. Fin des années 70, les attachées de presse – il y avait aussi un ou deux messieurs – nous draguaient exagérément et même honteusement. Que l’on soit spécialisé ou non, pour peu que l’on appartienne à un titre prestigieux, la drague était à la limite du racolage proche de celui qui se pratiquait du côté de la Place Pigalle. Je suppose que cela existe encore un peu, même si la profession sensée communiquer avec la presse s’est assurée depuis les services de personnes plus intelligentes et plus efficaces que les autres… De toutes les façons, cela ne me regarde plus guère : je ne collabore plus aux titres de presse « qui comptent » ce qui me permet de jouir pleinement de ma pré-retraite. Et de raconter tout cela avec le détachement qui s’impose.

Dans le parc de Vignelaure. Photo©MichelSmith

Dans le parc de Vignelaure. Photo©MichelSmith

Ce doit être l’air brûlant de l’été qui fait ressurgir en moi ce besoin de revoir les décors à la Giono, les montagnettes calcaires, les paysages qui semblent débouler des Alpes pour mieux s’offrir une vue grandiose sur la Grande Bleue. Non, je ne vous parlerai pas de l’Estérel, ni des rosés du golfe, des îles du Levant, ni même du Massif des Maures qui m’est pourtant très cher. Cette fois-ci, je vais vous reparler de cette Provence du Pays d’Aix déjà par moi évoquée cette année ICI et . Dans les années 70, et même un peu avant, un fou sévissait par là, un certain Georges Brunet. Il possédait La Lagune, troisième machin chose du Haut-Médoc, menait grand train de vie, sévissait dans l’immobilier cannois (si ma mémoire est bonne), collectionnait les œuvres d’art et les jolies filles genre Madame Claude avec lesquelles il aimait parader en Rolls.

Collés à ses basques, Brunet traînait tous les clichés bling-bling de l’ère post yéyés. Sans oublier une attachée de presse de stars qui m’avait attiré dans ce traquenard de luxe où, jeune novice, je me laissais entraîner sans trop broncher. Jusqu’à Marignane où un quarteron d’hôtesses en mini jupes aussi sexy les unes que les autres se disant les « proches collaboratrices » du maître nous menèrent à la tombée de la nuit jusqu’à Vignelaure. D’un naturel prude et timide, étant jeune marié, je ne poussais pas le vice de certains de mes honorables confrères qui allèrent jusqu’à accepter de se faire « raccompagner » jusqu’à leur chambre de peur de se perdre dans les coursives après un dîner aux chandelles où un maître d’hôtel nous avait servi les premiers grands vins de Château Vignelaure en compagnie du propriétaire. J’étais journaliste débutant et, n’y connaissant rien aux choses de Bacchus. Je notais sur un calepin, l’air pro et concentré, tout ce qui se disait à table sur des vins qui m’impressionnaient mais que je ne savais comment décrire. Oui, je trouvais ça bon, tout comme untel et untel qui, eux, ne tarissaient pas d’éloges. Qu’est devenu Georges Brunet ? Est-il guru dans le Nevada, exilé fiscal en Belgique, mort et enterré, chef de tribu dans une micro île du Pacifique, retraité à Mar de Plata ? Si vous avez des nouvelles, n’hésitez pas à m’en donner.

La vision de Brunet était simple. Elle consistait à décréter qu’il allait tout mettre en œuvre pour construire un grand cru dans ce coin perdu du Var, à Rians, à deux pas des Bouches-du-Rhône. En choisissant le lieu, un vignoble en altitude dans une région « froide » de la Provence, il privilégiait l’équilibre des vins. Il ne devait pas être si couillon que ça, et certainement même bien conseillé, puisqu’il a trouvé le moyen de conserver au moins une parcelle de carignan, quelques grenache et cinsault, et d’introduire un peu de merlot. Son premier « vrai » millésime, 1970, illustré par je ne sais plus quel artiste de ses amis (le dessin de l’étiquette copiait vaguement Mouton évoquant un bélier dans les vignes avec cette devise « Sans le soleil, je ne suis rien », et il n’a pas changé de nos jours) était devenu un référence aussi mondiale que mondaine trouvant sa place jusque dans les rayonnages de quelques caves parisiennes prestigieuses. Et si je me souviens bien, le vin me touchait, tout comme le 1971 que je ne refusais pas de me voir offrir à Noël (Brunet qui savait y faire, envoyait des caisses de magnums aux journalistes ! Paraît que ça ne se fait plus…) vu qu’il commémorait à la fois l’année de mon service militaire et la naissance de mon premier fils. Je me souviens aussi d’un 1975 de toute beauté dont j’ai pu voir quelques spécimens dans la cave du château récemment.

Un grand de Provence ! Photo©MichelSmith

Un grand de Provence ! Photo©MichelSmith

Une des forces de Brunet était de vouloir s’appuyer sur des travaux effectués par des spécialistes, dont un certain docteur Jules Guyot, qui, en plus d’avoir laissé son nom à une forme de taille et à une poire, avait décrété que cabernet-sauvignon et syrah ne pouvaient faire que bon ménage et donner de grands résultats dans le Sud. L’homme n’avait pas tort et l’aventure Vignelaure a inspiré plus d’un talentueux vigneron, Éloi Dürrbach, en particulier, ce dernier ayant même été un temps régisseur de Vignelaure afin de payer la plantation de ses premières vignes dans le Massif des Baux ! Petite précision au passage : personne ne parlait alors de grands vins dignes de ce nom en Provence, hormis ceux des Tempier à Bandol et de Château Simone à Palette.

L’autre trait caractéristique de Georges Brunet, était aussi d’avoir cette idée folle de bâtir, à partir d’une belle bastide, certes, un authentique château « à la bordelaise », avec des chais monumentaux qui, pour atténuer les températures estivales de l’été, se devait d’être enterré avec un accès facile vers le vignoble et suffisamment d’espace pour un cuvier digne de ce nom et un chai à barrique. La partie artistique n’était jamais absente de sa conception du vin. Il était généreux en vins envers les artistes et les logeait volontiers sur place. Là où les flacons géants de Vignelaure étaient entassés pour un « vieillissement » qui s’imposait à ses yeux, au premier sous-sol, juste au-dessus du chai, un ascenseur conduisait dans une formidable galerie-cave de collectionneur encore visible aujourd’hui, un lieu ou les compressions de son ami César et les toiles de Buffet côtoyaient les tirages les plus célèbres des photos de Cartier-Bresson. En dépit des rachats et des vicissitudes ces trésors ont été miraculeusement conservés. Ils sont encore visibles de nos jours.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Ce domaine hors normes qui doit compter parmi les plus vieux cabernet-sauvignon du Sud de la France, la plupart venus directement de La Lagune, est passé dans les années 1985 de VDQS à AOC (AOP, maintenant) Coteaux-d’Aix-en-Provence. Si les différents propriétaires, ont eu la sagesse de ne rien changer dans l’essentiel de la conduite du vignoble et de la cave, les nouveaux propriétaires restent sur la même longueur d’onde avec, en prime, la volonté de faire en sorte que Vignelaure retrouve son lustre d’antan. La semaine prochaine, je vous les présenterai ainsi que le directeur des lieux. Et peut-être même que vous aurez droit à une petite dégustation. D’ici là, profitez de l’été !

Michel Smith


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Pique-nique à la plage, c’est de saison

Lever les yeux, les plonger dans l’azur. Lever le verre, admirer le contraste du rosé. Tendre les lèvres, le déguster. Apéro, prémices des agapes ensoleillées. Rouges et blancs ont droit de cité. Nuances différentes sur la profondeur du ciel, mais un plaisir buccal tout aussi grand.

 

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Quelques classiques et d’autres revisités…

Tapenade, anchoïade, poivronade rouge et leur corbeille de légumes crus joliment taillés

C’est facile ? Quelques raviers se déposent sur les nattes, les vins se débouchent dans la foulée et colorent dans le même moment les verres tendus. Blanc ou rosé ?

Rosé avec l’anchois,

Revaou rosé 2012 Domaine Revaou

Velouté comme un abricot, tant en couleur qu’en texture, il évoque les gelées de fruits jaunes et blancs, pomme, poire, pêche, abricot, un peu de figue blanche douce et juteuse. De quoi affoler les anchois, surtout quand ils découvrent les notes anisées de la bouche. Ils en perdent même leur sel, mais ce manque d’esprit passager met en exergue le melon teinté de lavande.

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Le poivron rouge, dont on mélange d’ail et d’huile d’olive la chair sortie du four ou l’olive concassée s’en accompagnent tout autant…

Amplitude rosé 2012 Cave des Vignerons Londais

Le poivron lui donne des impressions boisées qui disparaissent au profit d’herbes aromatiques, romarin et sauge soulignés de cade. Puis, les papilles se font plus inquisitrices et forcent l’amertume délicate de l’écorce de pamplemousse à équilibrer l’élan sucré du légume. Ou affermit celle de l’oléagineux.

 

 

Place à de curieuses sphères

 

L’Aubigue blanc 2011 Domaine Les Fouques

Doré clair comme un rayon sur l’onde, il confit le cédrat et l’abricot, fait croquer la bouche. À le goûter, on le croit volontiers fait pour l’apéro et les agapes maritimes. L’assise minérale parfumée de fleurs d’oranger et d’amandier se lie sans broncher aux embruns iodés. La longueur épicée de poivre et de cumin, une pointe de fenugrec, le pamplemousse, rehaussent la complexité et fait fondre d’impatience la bouillabaisse en gelée.

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Bouillabaisse en gelée

Jaune safran, elle fige le temps. Boule de cristal qui nous révèle les secrets de l’antique recette apportée dans la contrée par les Grecs. Rouget, loup, seiches et moules s’enroulent dans un tourbillon immobile. Laissent le temps d’oser un rouge…

Prestige rouge 2010 Domaine La Sanglière

Aérien certes mais pourvu d’un tempérament fruité bien prononcé, croquant la cerise et la fraise. Les tanins à peine civilisés apportent la griffe utile à l’accroche du plat. Décapent la gelée pour tout de go aller à l’essentiel. Le filet de rouget, il s’en délecte. La seiche le rend fou comme le loup. Le safran l’aide à gober la moule. Cerfeuil et pomme de terre jouent les figurants, c’est charmant.  

Prestige blanc 2012 Domaine des Myrtes

Plus classique, épicé de plantes aromatiques et de citron confit. Très agrume, il a le caractère vif qui sied au plat, avive la saveur des poissons sans entrer en conflit avec le safran qu’il enrichit de cumin et de cardamome. L’accord s’en retrouve plus intense, plus complexe.

Symphonie rosé 2012 Château Sainte Marguerite

À la première gorgée, on le croit facile, simplement fruité ce rosé, sans grande prétention. Mais, c’est se tromper ! Ses gelées de fruits jaunes transforment la bouillabaisse en concerto buccal, relayé par le minéral qui aidé du floral nous joue une symphonie maritime sur un développement iodé. Surprenant.

 

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Tartare de dorade, carpaccio d’artichaut violet

C’est avéré, le rosé et l’artichaut sont faits pour s’entendre. Leur ajouter un tartare de dorade est un plaisir supplémentaire.

Les Valentines rosé 2012 Château Les Valentines

Un nez de melon, d’abricot, de fleur d’oranger adoucissent l’amertume du légume.  

Simple, puis quand il s’ouvre, avoue son minéral, son croquant, son fruit délicat, ses épices, sa fraîcheur croquante, comme il sied de l’apéro jusqu’au dessert.

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Salade de poulpe

Les tentacules grouillent dans le saladier et impressionnent le rosé.

Prestige rosé 2012 Domaine de la Sanglière

Saumon lumineux, son nez délicat délivre de légers embruns iodés. Ils se mélangent aux senteurs de garrigue et font transiter le poulpe de la mer vers la terre. La bouche minérale au juteux intense de groseille, framboise et grenade, bien épicé et rafraîchi d’agrume au goût ajoute sa note fruitée citronnée à la vinaigrette.

 

Une note sucrée pour terminer

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Tarte aux abricots

Eva rosé 2012 Domaine Desachy

Elle a un charme fou. Habillée d’abricot, coiffée d’un pétale de rose, elle se poudre le nez d’épices, gonfle sa robe de figue blanche et, fraîche et gourmande, croque à pleine dents le fruit de la pâtisserie. Puis élégante, elle reprend avec doigté un beau morceau de gâteau. Nous voilà subjugué.

 

Le vent se lève, le sable vole, il est temps de rentrer…

Les très belles photos sont l’œuvre de François Millo (directeur du CIVP)

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Marc

 

 

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