Les 5 du Vin

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Vues sur le Riesling en Alsace

A note to my English-speaking readers. An English version of this article will be forthcoming next week, but you can still check out the pictures and the list of the good Riesling wines that I tasted last Monday at Colmar in Alsace!

Je suis très amateur du cépage Riesling. C’est pourquoi je me suis concentré surtout sur cette variété (avec une partie de l’après-midi consacré au Pinot Noir dont je vous parlerai une autre fois ) pendant ma récente journée passée à Colmar, lors de l’opération bisannuelle intitulée Millésimes Alsace. Heureusement, il ne faisait pas trop chaud ce jour-là car la grande halle du Parc des Exposition de cette ville semble dépourvue de climatisation, ce qui est un peu étrange. En tout cas, les vins étaient tous servis à bonne température, ce qui n’est pas toujours le cas lors des grands salons.

Je dois aussi avouer une certaine perplexité devant les différences de saveurs et textures que peuvent proposer cette variété, et en particulier devant la présence ou l’absence des arômes/saveurs de type « hydrocarbure ». Personnellement je n’aime pas du tout cet arôme dans le Riesling, d’autant plus qu’il est très souvent accompagné par une texture un peu rêche/végétale et un fond d’amertume pas toujours agréable. Ce jour-là, j’ai demandé à plusieurs vignerons leur explication de la présence de telles caractéristiques et tous m’ont répondu sur la ligne « terroir », en parlant uniquement de la nature du sol. Cette réponse ne me satisfait pas du tout, entre autres parce que je rencontre ce profil dans des Rieslings issus de sols très variés, comme également deux Rieslings issus de la même parcelle et sol mais dont un seul rappelait le pétrole ! Dans ce cas, j’aimerais qu’ils m’expliquent précisément quel est l’ingrédient dans le sol qui provoques ses arômes, car le mot « terroir » me semble bien trop vague. Il doit y avoir autre chose et je ne suis pas loin de penser que la cause principale est plutôt la chaleur, et/ou le rayonnement solaire, car on trouve des Rieslings qui « pétrolent » essentiellement dans les zones les plus chaudes pour ce cépage : Alsace et Australie notamment, tandis que les vins allemands produisent cela bien plus rarement.

Et si c’était la carotte ?

Une explication plus crédible de cette famille aromatique qui peut diviser est qu’elle serait provoquée par un composé connu sous le terme difficile de 1,1,6-trimethyl-1,2-dihydronaphthalene (TDN pour faire court), et qui est produit, dit-on, pendant le processus de vieillissement (sans mention de la durée ce celui-ci) par l’hydrolyse de précurseurs carotenoïdes. Ces précurseurs auraient tendance à se développer sous une combinaison des facteurs suivants : des raisins très murs produits par des rendements faibles, une exposition forte au soleil, du stress hydrique et une acidité élevée. Je ne sais pas pour l’effet de vieillissement car je rencontre ces arômes aussi bien dans certains Rieslings jeunes que dans ceux ayant quelques années, mais le reste me semble cohérent.

Heureusement, beaucoup des Rieslings alsaciens que j’ai dégusté lundi dernier en étaient indemnes, et je vais vous parler essentiellement de ceux-là. Si vous ne trouvez pas votre producteur préférer dans cette liste, j’ai deux explications à vous donner, hormis mon aversion pour des arômes de pétrole : d’abord la taille de ce salon avec ses 99 exposants, ce qui en fait bien trop pour faire un tour complet dans la journée, car chacun présentait plusieurs cuvées de Riesling ; ensuite, le fait que j’ai évité des domaines dont je connaissais un peu la production, pour tenter de découvrir les vins de jeunes (ou de moins jeunes) producteurs.

Pour commencer, voici une liste des domaines dont j’ai particulièrement apprécié le style avec ce cépage : 

Domaine Agapé (Vincent Sipp à Riquewihr, ci-dessus) : clairement mon coup de cœur à ce salon, pour son style délicatement fruité, floral ou salin selon le cas. Et toujours une magnifique texture suave, totalement libre de toute rugosité. Une série de Riesling Grands Crus (Osterberg, Rosacker, Schoenenbourg) absolument impeccables, que ce soit dans les millésime 2015, 2016 ou, dans un cas, 2017. Rarement je n’ai trouvé une gamme aussi cohérente et séduisante dans le style à travers les 6 ou 7 vins que j’ai pu déguster.

Pierre Adam à Ammerschwihr, pour son Riesling Grand Cru Kaepferkopf 2010

Domaine Schoffit, à Colmar, pour ses Riesling Harth, et les deux Grands Crus Sommerberg et Rangen

Domaine Armand Hurst, à Turkheim, pour ses Riesling Grand Cru Brand 2016 et 2014, ainsi que d’autres vins

Domaine Martin Schaetzel, à Kientzheim, pour ses Rieslings « S » 2015 et Schlossberg 2016

Domaine Bott Geyl, à Beblenheim, pour ses Rieslings Graffenreben  et Grand Cru Sclossberg 2014

Domaine Stentz Buecher à Wettolsheim, pour les Rieslings Tannenbuhl cuvée Flavien et Grand Cru Steingrubler 2017

Wunsch & Mann à Wettolsheim, pour leur Riesling Grand Cru Steingrubler (je n’ai pas noté le millésime)

Domaine Zusslin, à Orschwihr, pour son Grand Cru Pfingstberg 2015

Et puis, aussi très réussi dans une gamme bien plus abordable (moins de 10 euros), il y avait le Domaine Ansen à Westhoffen. Pour les Grands Crus, la fourchette des prix au public des vins mentionnés se situe généralement entre 20 et 30 euros pour des vins qui ont une très belle capacité de garde.

En tout j’ai du déguster environ 80 cuvées différentes de ce cépage, entre AOP Alsace et Alsace Grand Cru. Les autres domaines dont j’ai dégusté des Rieslings, mais que j’ai moins bien notés, étaient les suivants : 

Henry Fuchs, Francis Beck, Scheidecker, Emile Beyer, Cave de Hunawihr, Baumann Zirgel, Paul Kubler, Sipp-Mack, Cave de Ribeauvillé, Gresser, Zinck, Haag.

Longue vie à ce magnifique cépage, avec ou (de préférence) sans arômes de pétrole !

David Cobbold

 


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Ode aux vins grecs

Notre invité de ce samedi est Sébastien Durand-Viel (Connaître & Apprécier). Historien de formation, il remonte pour nous à une des grandes sources de la culture viticole européenne, la Grèce, sur la base d’une dégustation qui ne remonte pas aux calendes, mais au 14 mai dernier…

Deux dégustations avaient lieu le même jour à Paris : l’après-midi, celle des Barolos. Trop jeunes, trop chauds (des vins servis parfois à 25°…), trop tanniques, trop chers, trop tout pour un dégustateur essoufflé après un premier marathon matinal.

Notes laconiques et désinvoltes trahissant la grande fatigue du dégustateur. 14/05, 17h30

 

Parce que, à la décharge des Barolos (qui s’en remettront, je pense), mon quota d’enthousiasme et d’endurance du jour avait été absorbé par la formidable dégustation du matin. Celle-là avait lieu chez Mavromatis* dont le seul nom fait saliver l’amateur parisien de cuisine grecque. Imaginaire, caractère, sensation, émotion, voilà tous les voyages auxquels la poignée de vignerons grecs rassemblés pour l’occasion m’a convié. Et c’était formidable.

Notes frénétiques et illisibles témoignant de l’enthousiasme débridé du même dégustateur. 14/05, 10h.

Rouges vivants, blancs vibrants

Les vénérables Anciens ne nous ont pas légué qu’Homère, Hérodote ou Hésiode, ils nous ont aussi transmis l’amour du vin à une époque où nous autre celtes barbotions allègrement dans la cervoise. Les crus de Pramnios ou d’Ismaros qui égayent le périple d’Ulysse sont parmi les plus vieux crus répertoriés du monde. C’était il y quelques 2800 ans… Certes de l’eau a coulé sur les ponts et les Grecs se sont longtemps noyés, comme d‘autres, dans des flots de vins sans grâce mais dans ce pays que la crise rend encore plus attachant les grands vins de l’Antiquité sont de retour. Mavromaphné, Xynomavro, Assyrtico, Nemea, Céphalonia, Attica…rien que les consonances des cépages et des appellations nous ramènent vers un imaginaire chargé de récits, de mythes, d’histoires édifiantes. Mais si émotion il y a, c’est parce que les meilleurs vins grecs stimulent autant les papilles que l’esprit. Il y a quelque chose de vivant dans l’équilibre des meilleurs vins rouges grecs et de vibrant dans celui des blancs qui (avec un peu d’imagination) font parler, outre les temps homériques, la lumière, la pierre, la mer, le sel. La Grèce c’est un vignoble de 107 000 ha (OIV 2017) situé à des latitudes bien sudistes mais les vins locaux n’ont rien de solaire, de mou, de cuit, bien au contraire. Les blancs sont étonnants de vitalité et de fraîcheur aromatiques, les rouges sont souvent stimulants, bien structurés, entre tanins et acidité. La « faute » à la physiologie des cépages locaux (75% du vignoble), à l’omniprésence de la mer, des vents, de la montagne, de l’altitude qui modèrent les morsures du soleil, et au talent de ses meilleurs producteurs dont voici un aperçu. Tous les vins sont importés par Mavromatis, les tarifs sont ceux indiqués par l’importateur. Sauf exception, les prix sont décents au regard du plaisir qu’ils procurent, ou qu’ils m’ont procuré. Tout étant relatif.

Retsina

Si vous êtes fâché avec la Retsina, et il peut y avoir de bonnes raisons, faites un détour par le domaine Kechris (Macédoine) qui en a fait sa spécialité. Pour produire un vin « résiné », on laisse macérer dans le moût en fermentation des morceaux de résine de pin d’Alep qui apporte ses arômes très typés. C’est l’avatar moderne d’une technique antique consistant à étanchéifier les contenants (outres, amphores) avec de la résine qui donnait au passage aux vins un goût «poissé». Aujourd’hui on peut s’en servir pour masquer la médiocrité des vins de base, ou donner, comme ici, un supplément d’âme à des vins excellents. La Kechribari (10 e), issue du cépage roditis, est splendide à ce prix : à la fois tendre et frais, soyeux de texture, aux notes délicates de résine, d’estragon et de végétal frais. Les Larmes du Pin (22 e), issue de l’assyrtico, y ajoute une vinification en barrique, et c’est magnifique. En version rouge élevée en fût (Roza, xinomavro, 19 e), on frise l’extase : la résine vient juste en écho aux notes de fruit rouge, de cuir, de chêne, la bouche est délicatement charnue, finement tannique, fraîche, longue. Moment de grâce. Et s’il fallait se réconcilier avec les retsina de l’Attique, le bastion de la production, et son cépage vedette, le savatiano, on goutera à celle de Papagiannakos (10 e).

Santorin

La plus belle île des Cyclades dit-on, en tous cas la plus connue de l’œnophile. Anonyme il y a 20 ans, le vignoble de Santorin est devenu un standard grec, grâce à son cépage vedette, l’assyrtico, capable de donner une large palette de vins qui ont comme fondamentaux une forte acidité et des saveurs franchement minérales, salines, bref complexes (mot-clé en dégustation qui masque l’imprécision ou le manque d’imagination de l’auteur). Le domaine Argyros en livre toute les nuances : l’assytico 2016 (23 e) est une expression directe du cépage : intense, vif, avec un corps qui distille (tournure imagée, faiblement chargée de sens mais qui fait son effet) un fruit subtil, salin, précis. Ktima 2016 (27 e) est plus enveloppé, charnu et moderne. En version vinsanto (vin doux issu de raisins passerillés) il faut gouter le 12 ans (68 e hélas), oxydatif et langoureux. Haridimos Hatzidakis, disparu en 2017, était le vigneron vedette de l’île. 2016 aura été son dernier millésime vinifié. La cuvée Skitali possède beaucoup de tout : d’acidité, de gras, d’alcool, un fond légèrement tannique et des arômes réducteurs, lumineux, salés. Impressionnant mais trop cher (46 e).

Céphalonie

C’est la plus grande des îles ioniennes et le fief du domaine Gentilini. L’île est volcanique, les sols rocailleux et le vignoble s’étage sur des coteaux qui tutoient les 800 m d’altitude. Le robola est une spécialité locale, déclinée en deux cuvées très réussies : Le Robola 2017 (17 e) est un blanc parfaitement rafraîchissant, vivace, parfumé (fruit vert, pomme verte), salin et vivifiant. Le Wild Paths 2016 (20 e) provient de vieilles vignes avec un élevage partiel en barriques : citron vert, tilleul, notes vanillées, de la rondeur et une finale cristalline et iodée.

Macédoine

Naoussa est une des appellations vedette du pays. Située dans la Macédoine Centrale, elle met à l’honneur, entre plaine et coteaux, le xinomavro (« acide et noir ») un cépage qui, planté en altitude, donne des rouges pas si noirs que ça mais tanniques, acides, de garde, parfois rustiques. Il faut savoir le dompter, ce que fait très bien le domaine Diamantakos : une robe pâle, un nez complexe (floral, cuir, épice, boisé), une bouche solide, fraîche, ferme, vibrante pour le Naoussa 2015 (23 e) qui vieillira bien (magnifique 2012).

Goumenissa est situé au nord-ouest de Naoussa. Au domaine Aidarinis, le xinomavro est épaulé par un cépage local, le negoska. Cela donne la cuvée Single Vineyard « Î » 2013 : profond, aromatique (cuir, laurier), tannique, au gout de rafle et à la finale mentholée (20 e).
Amyndeon, à deux pas de la frontière albanaise, a comme figure de proue le domaine Kir Yianni : le Kali Roza 2016 (17 e) est un xinomavro carré et fringuant. Le caractère du cépage ne se dilue par dans son rosé : l’Akakies 2017 (13 e) est un vrai rosé, coloré (48 h de macération), vineux, savoureux et suffisamment frais. On ne quitte pas Kir Yianni sans s’essayer à son blanc Paranga 2017 (12 e) : une base de roditis et 20% de malagousia, qui l’emporte en bouche avec ses arômes exubérants. Le cépage est une des nouvelles coqueluches grecques, bien au goût du jour : entre le muscat et le viognier par ses arômes, mais sans le gras et avec la fraîcheur en plus. A l’origine de son renouveau, il y a le domaine Gerovassiliou, dont le vignoble jouxte l’Egée au sud de Thessalonique. Son Malagousia (16 ou 17 ?) est parfait sauf le prix (20 e) : vif, croquant, parfumé, net, désaltérant. Son rouge Avaton (32 e), issu de cépages locaux, est une formidable illustration du tempérament grec : charnu, voluptueux et tannique à souhait.

Péloponnèse

Domaine Parparoussis : vénérable producteur dont la taille (en cm, pas en ha) est inversement proportionnel à sa réputation. J’avais gardé en mémoire son muscat de rio patras gouté il y a 16 ans et qui m’est revenu en pleine forme dans le millésime 2013 (25.50 e) : passerillé, naturellement doux, donc non muté, le nez embaume la marmelade d’orange et l’abricot sec. Les 120 gr de sucre sont digérés par ce qu’il faut d’acidité volatile. Onctueux, suave, long, parfumé, à laper à petites gorgées, tout seul, si possible face à l‘Egée au soleil couchant… Les rouges du Péloponnèse m’ont moins emballé, mais ça m’arrange, il faut bien finir le papier.

Sébastien Durand Viel 

Mavromatis : http://www.mavrommatis.com. Restaurants (Mavromatis et Délices d’Aphrodite) et caviste (49, rue Censier 75005 Paris)


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Domaine Chiroulet, how to make Gascony great (and good)

The church of Heux, in Tanarèze, next to Domaine Chiroulet. Looks like a house with a bell-tower, welcoming you.

With my apologies both to Philippe Fezas and to the current US President for using and abusing a slogan of the latter’s campaign. Fezas is (thankfully) in no way comparable to Donald Trump, so do not get this allusion wrong! What he has achieved, however (and not just said that he would achieve) is to show the small world of wine just how good the wines from the Armagnac region of Gascony, both white and, more unusually, red, can be. He has done this by a combination of vision, competence, thought and hard work, to which one must naturally add the potential of his specific territory. And he has done this without the aid of any spectacular financial means: just his and his family’s hard-earned pennies and loans from the bank.

Philippe Fezas in front of some of his vessels

So where and what is this small pearl called Domaine Chiroulet? About 10 kilometers west of the ancient and sedate town of Condom, south nd a little inland from Bordeaux, and which is capital of the part of the Armagnac region know as Ténarèze, on rolling hills where vineyards are intersperced with pastures and fields of cereal crops, and the hilltops and crannies are covered with woods. The house and winery lie in a tiny hamlet called Heux (you pronounce the final consonant in Gascony), whose magnificent small charch that dates back to the 13th century is another local treasure. And Philippe Fezas’s top dry white wine comes from this hillside and goes by the name of « La Côte d’Heux ».

How it all started at Chiroulet, back in the late 19th century. Now tractors rule

The Chiroulet vineyards cover about 20 hectares, which is a surface that has been multiplied by four since Philippe’s father took over the estate that used to be a mixed farm and whose wines were mostly distilled to produce Armagnac. Armagnac is still produced here, but Philippe saw the possibility of also producing good wines, having started his professional career, having obtaned his enology diploma in Toulouse, at Tariquet, one of the the pioneers and current leaders of the local Côtes de Gascogne designation. The first step was to gradually reshape the vineyard by planting lower-yielding and more suitable varieties and clonal selections. Sauvignon Blanc, Gros Manseng and Petit Manseng have partially taken the place of Ugni Blanc for the whites, whilst Merlot, Cabernet Franc and Tannat have been planted to produce the red wines. Cabernet Sauvignon, also trialed here, has a hard job ripening here and has almost been abandoned after some years. The name Chiroulet comes from the Chiroula, a local cold wind that flows northwards from the Pyrennes to the south and probably just drops the temperature below the range needed for fully ripening Cabernet Sauvignon. Local climate explains a lot of things.

My tasting

The white wine range of Chirolet includes two dry and two sweet wines.

Terres Blanches 2014

Gros Manseng, Sauvignon Blanc, Ugni Blanc (retail cellar-door price : 7,20 euros)

Quite firm and its natural acidity is still well in place. Clean and well made with fruit flavour still fresh, if a little simple, and a pleasant hint of bitterness on the finish (13/20)

Terres Blanches 2016

Slightly fuller in body, softer and rounder with lots of charm and good complexity. I also found the flavours more precise and the length superior to the 2014. A good wine at this price. (14,5/20)

Terres Blanches 2017 (recently bottled)

Still very pale in colour and with some CO2 lurking inside. The texture has not yet smoothed out and it seems dominated by that slightly grassy Sauvignon character. Not quite in place yet for me.

La Côte d’Heux 2016

100% Gros Manseng (retail cellar-door price 9,50 euros)

A different style of dry white wine here with fuller body and a rich feeling of tropical fruit flavours on the palate that totally avoids any heaviness thanks to its crisp freshness. Lovely balance and good finish (15/20)

La Côte d’Heux 2012

Just to show the fine ageing capacity of this wine! Point well made here with glorious richness and intensity of flavours. Deliciouly fresh and long. Excellent (16/20)

Soleil d’Automne 2016 (semi-sweet white)

Gros & Petit Manseng (retail cellar-door price : 8,70 euros)

The flavours are intense and complex in a fine balancing act that shows fruit and roundness to the fore, then lingering freshness to lift the finish. Good and easy to dring (15,5)

Vent d’Hiver 2014 (sweet wine)

100% Petit Manseng (retail cellar-door price : 15,50 euros)

Another delicoups wine, with even more intensity in both the fruit flavours and the freshness. As long as it is lively. (16/20)

A Rosé

Le Temps des Fleurs 2017

Merlot, Cabernet Franc, Tannat (retail cellar-door : 6,25 euros)

Fne texture for this delicously crisp rosé that combines floral and fruity flavours with excellent precision. Good persistance. As with so many contemporary rosés, I would love to see a bit more colour here, and this would also bring more flavour elements. But fashion seems to rule the rosé market, sadly! A very good buy. (14/20)

Red wines (range of 3 wines)

Terroir Gascon 2016

Merlot, Cabernet Franc, Tannat (retail cellar door price : 7,70 euros)

Fermentation, maceration and mturing in a mixture of concerete and wooden vats plus some used wood barrels.

Quite an intense ruby red colour. Flavours of plums and prunes. Slightly rustic texture but very precise and fine fruit quality. Good value (14/20)

Grande Réserve 2015

Merlot, Tannat (retail cellar door price : 13,50 euros)

Intense ruby to purple colour. The nose still shows some influence from the barrel ageing, but the textural effect of this is most beneficial, making the sensation on the palate smooth without destroying the impression of freshness. Careful extraction has not impeded excellent length and the fresh silky finish signs a very fine wine et this price level. (15,5/20)

Grande Réserve 2014

The colour does not seem any older than the 2015. The wood ageing is still very noticeable with its added flavours of spices. Rich and suave on the palate, very juicy and flavoursome (15/20)

Terra Nostra 2009

Tannat, Merlot (retail cellar-door price : 23,50 euros)

I cannot do this even more ambitious wine proper justice as I tasted it during a meal. I found the oak once again a bit too invasive. The acidity is also still lively and this wine seems amazingly young for a nine-year old. Quite chunky still. (no mark, to be fair)

Conclusion
Philippe Fezas has not finished surprising us with the quality of his Gascony wines. A trip around his vineyard showed me how carefully and thoughtfully they are farmed. His modern winery, inaugurated in 2010, and totally self-sufficient in energy, uses the best of technology in a sensible way in order to make the most of his grapes. He has more ideas than I can list here, moving forward, and I am keen to see how things will evolve in the future, with his forestry plans amongst other things. For the moment, here we have a very fine range of wines from Gascony with, in all probability, even greater things to come.

David Cobbold


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« Natural » wines: time to stop posing and ripping off customers?

A few years ago, my excellent and esteemed colleague Hervé Lalau wrote on this site an article in which he claimed that one should be tolerant with those who use terms such as « natural » wine (the inverted commas are intentional!), but that the legislator should step in with some form of qualification of this strange and ill-defined expression. Although I  concur with some of his points here (article in French), I do beg to differ with others and in particular with his conclusion. In addition, I do not think that any official definition of this, in my opinion, unwarranted term as applied to wine will ever be forthcoming.

Whichever way one turns this question, the problem of a clear definition arises. Does « natural wine » or « vin nature » mean wines with no added sulphur, little added sulphur (and how much is little?) no added substances at all during the wine-making process or only certain added substances (and which ones and why?), not to mention what agronomic practices are allowed and why. This alone means that I cannot see everyone concerned ever agreeing on what the expression should clearly designate, or even in what sense the wines thus designated differ from what is already covered by many other designations (and there are too many of these).

According to what I have recently heard (and one must beware of hearsay, I know) the INAO (the French body that governs all geographically designated wines in France) has refused to attempt an official definition of « vin nature ». I think that they are very wise in this instance. When one looks at the nebulous group composed by those who frequently use this term, one is reminded of numerous political parties who, as soon as they have been constituted, immediately begin to sub-divide themselves into splinter groups and fight amongst themselves. They are born to disagree, with anyone and everyone.

The photo above shows the colour of one so-called « natural » wine that was supposedly young, red and still. It was, in appearance, smell and flavours, none of these!

There is however another, perhaps more fundamental and philosophical issue that underlies this question. Is nature actually « good »? I feel that the answer must be that such a notion is meaningless. How and why should one attempt to apply moral values to an area which is not linked to such an exclusively human approach. Nature is, for sure, in its immense complexity, but it is definitely amoral. Now I fully realise that a lot of the motivation behind those wine producers who seek to make wines with little or no added substances involved in the process is totally honorable and linked to ecologically sound reasoning and, perhaps also, to some concerns about the health of consumers. On the latter point I find that they are often mistaken, but I will return to this in a while with a couple of examples. There is also, in many cases, the will to show the true character of their specific combination of particular grapes and a sense of place derived from where the grapes are grown (terroir, if you prefer). Even here, things can go seriously astray when deviations in the constitution of the wine, through undesirable yeast strains, bacteria, volatile acidity, re-fermentation or premature oxidation sets in. In such cases it becomes very hard to tell the grape variety or even the origin of the wine, since the defects simply dominate all the rest.

Of course we can all agree that everything possible must be done to improve the health and vitality of soils, water tables, plants, animals and human beings by thinking carefully about what we do, how we do it and the substances that we use in agriculture. But I am not convinced that some form of laissez faire is necessarily the way to go.

Take the case of wines with no added sulphur (which, by the way, is a « natural » product as part of the earth’s crust). There are some very good ones and even some that can stand the test of time, as I was able to note again recently when tasting two wines from the Gamay grape and the Loire’s Touraine region. Here, the producer Henry Marionnet has been making a wine called Premières Vendanges with no added sulphur for 25 years and I recently had the opportunity to taste both the latest vintage (2017) and the first one. The young wine was deliciously bright and clear-cut in its fruit, light yet ripe and full of energy. The older wine was still alive, mellowed by age and with the fruit transformed into something harder to define, but still very drinkable. So it can be done, probably thanks to impeccable hygiene both in the vineyard and the winery, and maybe some other techniques, but I am not into this producer’s secrets which belong to him.

On the other hand, last week I tasted two so-called « natural » wines that I show above and below (Marionnet does not use this term by the way). They were both totally undrinkable and could even represent some minor inconveniences to one’s health if one were to consume what might be considered as « reasonable » quantities. They were purchased in a Paris wine shop that specializes in these so-called « natural » wines and my colleague Sébastien bought them to illustrate for a class the differences between a well-made wine that tasted good and other wines, at similar price points and of the same region/grape combination, that presented clear defects that made the tasting experience unpleasant.

Both these wines were so seriously deviant that I would defy anyone who is not a total masochist to like them, or even finish a glass! And yet they are on sale, and at prices which set them well above the average prices paid for wines of their region or category. There is a problem here, and it is one that should also be linked to health considerations. I do not think that these bottles have been in any way controlled by fraud or health inspectors. If a retail shop was to sell a foodstuff with such flagrant defects, I am sure that they would be prosecuted. Why is it that some wine shops feel free to sell any old rubbish?

Which brings me to my final point. Not all, but quite a lot of these wines are clearly intended as a form of « political » statement. They are saying, or rather shouting, « we are different, we are rebels: we look different, we taste different, we don’t care about any rules and we are therefore free ». Well they are not that free, they are just posing, and they should have a bit more consideration for their customers upon whom they depend for a living.

David Cobbold

 

 

 

 

 


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Pierre-Emmanuel Taittinger et moi

Le titre, c’est pour faire mon intéressant, car il n’y a pas grand chose qui nous lie, Pierre-Emmanuel Taittinger et moi.

N’y voyez aucune fausse modestie de ma part, mais ce Monsieur est un acteur de la filière vins, quand je ne suis qu’un commentateur.

Et s’il peut m’arriver de parler de lui, je suis presque sûr qu’il ne parle jamais de moi.

Malgré tout, et pour ce que cela vaut, je dois dire que je suis en phase avec lui sur pas mal de ses déclarations récentes (c’était à la Cité du Vin de Bordeaux, il y a quelques semaines).

Trois exemples:

« Ma devise personnelle, c’est d’être sérieux, sans se prendre au sérieux. Or, nous sommes tous devenus, nous les producteurs de vin, à Bordeaux, en Bourgogne, en Champagne, des gens beaucoup trop sérieux. Je trouve regrettable que les producteurs de vins aient des statuts aussi importants ».

« En deuxième lieu, nous sommes tous devenus des produits trop financiers. Que ce soit en Champagne, à Bordeaux, en Bourgogne, en Alsace… Les prix des vignobles sont devenus ridicules ».

« Je trouve idiot une bouteille vendue 2 000 à 3 000 euros sur une carte. Quand une bouteille est vendue plus cher que le salaire d’une infirmière en cancérologie, je trouve ça grotesque. Pour moi, le champagne, c’est avant tout un produit amusant, frivole, sensuel et rien de plus… »

J’approuve, bien sûr. Comme professionnel, comme consommateur et comme citoyen.

Il y a quand même un point d’achoppement entre lui et moi: la notation des vins.

Voici ce qu’il en dit: « Les notes dans le vin, je hurle. Les Américains nous ont apporté ça… Je trouve que les notes, c’est idiot, on a une très belle langue, il faut juste décrire les vins. Je suis contre les notes et contre les étoiles, il faut que tout ça reste bon enfant… »

Moi, qui suis plutôt bon enfant, j’ai  quand même envie de lui répondre qu’il ne faut pas jeter bébé avec l’eau du bain. Qu’il ne faut pas confondre  la course aux étoiles à la Parker ou à la Wine Spectator, l’enculage de mouches sur quelques points… et le système qui nous permet, dans un panel de dégustation, de sélectionner pour le consommateur final ce que nous pensons, à plusieurs, avec nos différences, digne de figurer sur sa table. Et je n’ai pas attendu les Américains pour l’utiliser. D’ailleurs, moi, je note sur 20. Comme mes profs, au lycée. A quoi bon noter sur 100 points si les 80 premiers points ne servent à rien? Et si tout ce qui compte, en définitive, c’est ce qui se passe entre 92 et 95, pour justifier un prix, une réputation, un marché?

Le problème, ce n’est pas la note, c’est comment on la donne et pourquoi on la donne. Ce qu’on en fait après.

Comme dégustateur professionnel, je pense que les notes sont la meilleure solution que nous ayons pour mettre toutes nos impressions sur un même plan, pour trouver entre nous un dénominateur commun. Ce qui ne nous empêche en rien d’utiliser notre belle langue pour justifier ces notes, ensuite.

Et puis, rejeter toute forme de notation, cela reviendrait à dire que tout se vaut. Ce qui n’est pas le cas. Ce serait renoncer à choisir. Ce serait ne pas prendre ses responsabilités de critique.

Mais j’ai déjà développé ces idées par le passé, je ne vais pas me répéter, ceux que cela intéresse peuvent toujours aller voir ICI. Ils peuvent aussi consulter l’excellent article que consacre ces jours-ci mon ami Marc-André Gagnon à cette même thématique, sur Vin Québec.

Vous n’êtes pas forcés d’être d’accord avec moi, bien sûr. Toute argumentation peut être réfutée. Vous n’avez qu’à me donner une note!

Hervé Lalau


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Looking for flor: Vin Jaune, Jerez and Tokay Szamorodni 2/2

As I promised at the end of my article of last week,(https://les5duvin.wordpress.com/2018/02/05/different-roads-to-flor-vin-jaune-xeres-and-tokay-szamorodni/) this second article will attempt to provide more details, both  technical and historical,  about flor wines that were exposed and explained during the recent symposium organized at Lons-le-Saulnier in France’s Jura region.

a). Vin Jaune, Jura

These wines are followed from a technical point of view by the Beaune office of the Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). The grape variety used for Vin Jaune is the savagnin (aka traminer), which has been clearly identified in this region since the 16th century. Some people maintain that this grape variety produces its best results on soils of a specific type known as marnes bleues, but a local geologist gently debunked this theory, saying that Savagnin works well on many types of soil, being particularly hardy; yet other varieties suffer more (notably from hydrous stress) on these dense marnes bleus and so growers have learnt by bitter experience to plant mainly Savagnin there. Currently there are 450 hectares of Savagnin in the Jura, but not all of it is for Vin Jaune. It would also seem that regular production of Vin Jaune here is fairly recent, dating from the late 19th century as previously it happened or not and was often considered as an accident or even a problem, prior to research on the specific forms of yeasts involved in the production of the protective flor veil (voile, as it is called here and in Gaillac where some wines of this type are also produced). The grapes are harvested at a high level of maturity as this variety is capable of maintaining high acidity levels even when producing a dry wine of 14,5 or 15% alcohol. Fermentation temperatures are not particularly low, typically around 20/22°C. Malolactic fermentation is advisable on account of the danger of bacterial infections.

Saccharomyces cerevisae

So, we have here a rare and complex wine whose production is still largely based on accumulated experience, even if many things are now known about the conditions necessary for its production. One of the results of the presence and growth of these yeasts of the saccharomyces family (essentially the cerevisae strains) is the production of ethanal, or acetaldehyde, and the ideal quantity of this not always beneficial substance (it is also deemed responsible for hangovers!) is considered to be around 500 mg per litre of Vin Jaune. The voile is thinner than in the case of Sherry, as I mentioned last week. The growth of this voile is also irregular through the ageing process, partially due to the struggle for survival of this particular yeast strain as there may be up to 1200 different strains present and not all of them are good news for the wine. Currently the IFV has just 300 of them isolated in their collection. Although often (usually?) present in the cellars, the yeasts can be introduced from selected strains if needed. These yeasts consume various substances such as oxygen, glycerol, acetic acid and amino acids, while releasing peptides and polysaccharides and producing the above-mentioned ethanal. For this to happen properly, the levels of alcohol need to be above 13% and the levels of SO2 below 12 mg/l, and very small doses of sulfites are required later on. The environment naturally influences the nature of the wine, as higher levels of humidity will reduce evaporation.

To finish this chapter on Vin Jaune, here are a few notes on my preferred wines from some older vintages of these wines that were presented on the day. They go from younger to older without any form of hierarchy. The oldest wines on show went back to 1996, but these wines are renowned for their capacity to age much longer still.

Henri Maire 2000, Arbois

Still seems very young. Nice balance between fruit and the naturally dry austerity that shows on the finish of almost all these wines.

Domaine Philippe Butin 2000, Côtes du Jura

Quite fine, with good balance between fruit and freshness. Complex too.

Grand Frères, En Beaumont 1999, Château-Chalon

A finely toasted edge to the nose that lifts the usual notes of nuts. This added complexity is echoed on the plate with a hint of honey and wax, even if there is no residual sugar. Good complexity.

Château d’Arlay 1998, Côtes du Jura

The aromas are richly warm, combining dried fruits of all kinds as well as the classic touch of walnuts. It also has far more fresh fruit that has persisted amongst the flavours than the others wines in this tasting. A lovely wine, vibrant and complex, that shows that age can also produce beauty.

b). Jerez, Xérès, Sherry

The only appellation in the world that is truly international in its denomination as this is written officially in three languages on each bottle: Spanish, French and English. This fact alone is enough to arouse both my interest and my affection. The region lies at the southern tip of Spain, just north of the port of Cadiz and within a kind of triangle formed by three towns: Sanlúcar de Barrameda, Jerez and et Puerto Real de Santa María. The figure that I found the most impressive was provided at the start of the first presentation of this Andalusian appellation. It is the recent and spectacular drop in the vineyard surface. From the 20,000 hectares planted in 1980, there remain just 7,000 today!

The key grape variety here is the white Palomino, which, well adapted to this hot climate, naturally produces low levels of sugar whilst maintaining good acidity. The soils are essentially of a very white limestone known locally as albariza. This results in dry wines of between 11 and 13% alcohol, the lower levels coming from the sub-regions nearest to the ocean. These dry wines, after fermentation at temperatures between 20 and 23°C, are fairly neutral and are fortified with wine alcohol to 15%. The barrels, which are old and made from American oak, then become naturally infested with flor yeasts which are present in the bodegas and the barrels. They are larger than those used in the Jura for Vin Jaune (228 litres) as they contain 500/600 litres. Another major difference here is the ambient temperature down near the southern tip of Spain. This is tempered by prevailing winds, one of which comes in from the Atlantic, bearing also considerable humidity. In order to adapt to this temperature, the storage buildings are high, enabling the hotter air to rise above the level of the barrels, and the doors and windows are kept shut at the warmest periods and opened to let in cooler air when appropriate. The floor is also watered to maintain humidity, which is not necessary in the Jura or in Tokay.

Flor yeasts are endemic by now in most (all?) cellars as this style of wine has been regularly produced in the area since the early 19th century, following the removal of a ban on storing wines in the Jerez area. Wines of the flor type are called Fino, or Manzanilla for the version produced near the ocean front. If the flor does weaken, then the fortification is increased to a level of 18% alcohol, and the ageing process becomes purely oxidative. These stronger sherries can be called Amontillado, Oloroso or, more rarely, Palo Cortado, according to differences in their characters. These are all totally dry, although sweet or semi-sweet sherries also exist, generally through the blending in of sweet wine made from another, and very different, local grape called the Pedro Ximénez (PX for short). These wines are not flor wines either and so I will not discuss them here.

As the ageing process continues for the Fino styles, the flor diminishes in thickness as the glycerin is consumed. Another specific feature of the vast majority of sherries is that they do not bear a vintage year since they are aged according to the solera system which involves blending wines together from different harvest years. There are some exceptions, that I will mention later. The term solera literally signifies an area on the ground that is occupied by a batch of barrels. The above photos and diagrams show this. The wines are blended by drawing off wine from the bottom layer of barrels and bottling it. This is called the saca (hence the term in English of sack in connection with some sherries: Dry Sack for instance is a brand name used by Williams & Humbert for their Fino). The equivalent volume is replaced by wine from the level above, always leaving air space for the flor to continue its life, and so on up the different levels, known as criaderas. This refilling is done gently in order to avoid disturbing the flor. The process is in fact more complex that this diagram shows, but it gives the general idea. Single vintage sherries also exist with Williams & Humbert since the 1920’s (and some others more recently) and these undergo a static biological ageing that does not involve this dynamic blending process using different criaderas. In this case the flor usually lasts for up to ten years. The more glycerin in the wine, the stronger the flor and both levels of alcohol and of pH also have an influence. I have mentioned the production of ethanal, but it is not the sole by-product of the flor. As to other, less desirable strains of yeasts such as the dreaded brettanomyces, these exist in Jerez as elsewhere but they are discouraged by the fortification process. Maybe all so-called « natural » wines should therefore be fortified? (joke).

Tasting of sherries

1). Williams & Humbert

The English name of this company bears witness to the historical importance of the British market for these wines. When and where I grew up, Sherry, both Fino and Amontillado, was the main aperitif drink at home and in the houses of my parents friends and relations. The owners are now the Medina family and the wines were presented by Paola Medina.

Don Zoilo Fino en Rama

Warm and complex on the nose, full with rich notes of dried fruit. profound and well rounded on the palate. This clearly shows considerable ageing which has helped develop its complexity. In fact at least 8 years for the soleras involved. Loved this wine.

PS. I also tasted recently, on another occasion, the same producer’s more basic Fino, called Dry Sack (11 euros in Nicolas wine shops in France). It was good and true to type, effectively fine in texture and nutty in its flavours. I served it during a course on Spanish wines, proving once again that most people, at least in France, have some trouble getting used to such wines. Only 1 of 12 students that evening said that they liked the wine and the same happens with Vin Jaune. A niche market I believe they call such situations.

Fino, Añada 2010 (saca octubre 2017)

3,5 pH / 4 g/l tartaric acid

alcohol 15%

This being from a single vintage is not a solera wine, but is aged nonetheless under flor. Quite intense on the nose, herbaceous (hay and straw) in its accents, with a feeling of contained power. Vibrant and very long. Aged statically for 7 years in US oak casks of 600 litres.

Amontillado Añada 2003 (saca noviembre 2017)

2,98 pH, 6.19g/l tartaric acid

alcohol 20%

A hugely seductive nose, full of hints of honey and beeswax, dried apricots, dried flowers. Very dry but powerful through its alcohol, still maintaining subtle fruit flavours, both dried and fresh. Very complex and very long finish. Loved this!

Aged statically for 14 years in US oak casks (500 and 600 litres)

2). Valdespino and La Guita

Manzanilla La Guita

origin Sanlucar, mainly Pago de Miraflores

4,5 g/l total acidity

15% alcohol

I loved the delicacy and the expression of the nose of this but forgot to take full notes.

Valdespino Palo Cortado Viejo C.P.

I took no notes on the smell (too many Jurassiens blocking the tables!), but the palate is sumptuous, powerful and very complex, well rounded out by the alcohol but magnificently harmonious and long. One of my favourite wines in the room!

3). Equipo Navazos

La Bota de Florpower MMXV

This is a non-fortified flor wine, so only has 12% alcohol. Very fresh, delicate and with a very dry finish. 

La Bota de Manzanilla 71

Great richness, long fine and powerful. Liked the complexity of this.

La Bota de Manzanilla Pasada 70 (magnum)

Austere but very long. Firmly dry finish

La Bota de Amontillado 69 (magnum)

This was the one I preferred of this series. Has a more tender set of aromas and textures, while remaining very juicy. Lots of inner substance and complexity

c). Tokay Szamorodni

Just one representative from this region of eastern Hungary (and a little bit of Slovakia too), but a very interesting one in the shape of the Frenchman Samuel Tinon, who, with his 5 hectares of vines, produces some very good wines and is perhaps one of the few Tokay producers to be really involved in continuing the flor style of Szamorodni, although he said that this is a niche product that is enjoying somewhat of a revival in some markets. It should be remembered that Tokay is a region, and not only a name for that region’s sweet wines, since these dry wines (and others) also carry the Tokay appellation. In fact, 70% of Tokay’s total production comes from non-botrytised grapes.

There are currently 130 producers of Tokay in Hungary, showing a sharp increase from the situation back when the iron curtain fell and the giant bor kombinat (state cooperative) was dismantled. Most of the initial investors in this legendary region for the production of long-lasting and mostly sweet wines came from outside Hungary (USA, UK, France, Italy and Spain), but now there are also growing numbers of smaller and mostly local producers doing their own thing.

A Szamorodni is an unusual wine as it is one of the very few (only?) affirmed types of dry wine made from botrytised grapes. It can in fact be dry or off-dry whilst including quite a high proportion of botrytised grapes, because the term itself refers to a state of the bunches of grapes that contain a mixture of healthy and botrytis-affected grapes, so the finished wines can vary as to their sugar content. This logic is similar to the one that prevails in German wine legislation with the Pradikat system. The ones that Tinon showed are not only totally dry but also aged under a veil in small barrels. The veil is quite slender, as in the case of Vin Jaune. Alcohol levels for these dry wines start quite high but stand at around 13% on the finished wines with no fortification, having reduced naturally at a rate of about 0,5 degrees per year with little loss of volume. This time factor can mean between 4 and 7 years in small barrels and underground cellars in a humid atmosphere (over 85% humidity). These wines are vintaged systematically,  there being no equivalent of the solera system that prevails in Jérèz.

All the three wines tasted come from a blend of Furmint (9o%) and Harsevelu (10%).

Samuel Tinon, Tokay Szamorodni 2003

More tender and aromatic than any of the Vins Jaunes, this shows aromas of ripe white fruit, such as juicy pears. Despite this it finished perfectly dry, with considerable length and a touch that is more delicate than the somewhat rustic feel of many Vins Jaunes.

Samuel Tinon, Tokay Szamorodni 2007

The nose shows whiffs of honey and gingerbread. The texture is silky, barely masking considerable inner power that shows through to the long finish.

Samuel Tinon, Tokay Szaraz  Szamorodni 2006

This one has even more concentration and complexity. Great length too.

 

Hope you enjoyed this two-stage trip into these unusual wines that are, as I have said, very much an acquired taste. I love them personally!

David Cobbold


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Très grande surface oblige…

Levez le doigt, ceux qui ne mettent jamais un pied (ou deux) dans l’infamante enceinte d’un hypermarché !?

Allez, faites donc un effort !

Ne vous drapez pas dans votre consumérisme puritain !

Bon, je ne vais pas faire les comptes, mais ils ne doivent pas être nombreux parmi mes lecteurs du jour ceux qui refusent aussi vertueusement qu’obstinément le chemin de croix qu’engendre quelques heures par an de déambulations dans les travées d’un Carrefour ou d’un Casino de compétition. Pour ma part, comme bien d’autres, je cède le moins souvent possible, carte de crédit à la main, à ce rituel obligé tout en grommelant et en maugréant. Depuis près de deux ans que je vis à Béziers, c’est le troisième fois que je sacrifie à la règle et que je m’octroie un parcours forcé et frénétique dans ce «monstre de la consommation» qu’est l’Auchan du Biterrois. Papier toilette XXL, mouchoirs blancs, sacs de congélation, sacs poubelle, lessive… je vous fais grâce des détails de mon shopping longue durée.

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Bêtement – naïvement, devrais-je dire, bien plus par curiosité professionnelle qu’autre chose, il m’arrive lors de ces échappées bassement matérielles de profiter d’un instant magique dans l’univers de la démesure de masse pour passer quelques minutes au calme au sein des rayons « boissons », rien que pour voir où en est mon monde pinardier. N’oubliant pas, au passage, que c’est en grandes surfaces que les trois quarts (au moins) de nos vins sont écoulés. Par rapport à ma dernière visite, je constate un accroissement significatif du rayon « bag in box » avec des boîtes d’IGP et de cépages de toutes sortes, de toutes couleurs et de tous contenants. En bout, ou en tête de rayon, je ne sais plus, je me rends compte qu’un certain nombre de bouteilles de Beaujolais sont plus que soldées. Ni une ni deux, j’ajoute à mon caddy un des derniers flacons qui, bien que bradé à 50 %, me rassure de par son origine. Heureusement que j’en connais un rayon sur les communes de nos appellations !

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Il s’agit d’un Beaujolais Nouveau (2017) de la Cave de Bel Air, à Saint-Jean-d’Ardières. Une référence pour moi. L’étiquette est sympa, la contre-étiquette pas si idiote que ça et je me dis qu’il serait urgent pour moi  de constater si ce vin-là a encore quelques mots à me dire. Il est vrai que la mention « à consommer rapidement » m’incite à ne pas tarder à l’ouvrir pour mieux l’engloutir. À moins que ce ne soit son prix de 3,90 € le flacon ! Que voulez-vous, on s’ennuie quelque peu lorsque l’on est à la retraite dans une ville de province… Faut bien s’occuper.

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Bref, sitôt arrivé à demeure, le vin est débouché par ma sommelière en chef, Brigitte. En général, elle n’aime pas trop le gamay et c’est bien pour cela que je la presse d’y goûter en premier m’attendant à la pire des remarques en patois montréalais. Eh bien non !

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Le vin lui plaît bien, tandis que je le trouve de mon côté parfaitement dans son jus et dans son rôle de convivialité : le fruit est bien là (framboise) sans être putassier, il a même une certaine finesse et la bouche se la coule douce sans oublier de nous rafraîchir tout en nous ouvrant un instant les portes d’un pays joyeux où les impôts locaux, la vitesse limitée à 80 km/h et l’augmentation salée des péages autoroutiers n’auraient, sur nos cuirs burinés de vieux bikers, que l’effet d’un doux vent fripon et printanier.

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Tout le monde sait que c’est la presse qui (paraît-il, moi je dis que c’est la rue…) fait l’opinion. Or, en matière de vin, la presse spécialisée, lorsqu’elle ne survit pas grâce aux pages de pub du gros négoce et des groupements de coopératives, tous au passage serviteurs de la grande distribution, se fait un honneur de dénigrer l’univers des grandes surfaces. Comme si nous en étions encore à l’âge de pierre lorsque nous partions tous en week-end dans le Sancerrois afin de remplir nos coffres de caisses de vins achetées à prix d’or chez le producteur en personne…

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Chez nous, ici, aux 5duVin, pas de pub ! Hormis celle, indirecte, que nous faisons en chantant les louanges de vins autrichiens ou andalous. Je suis donc libre de dire sans craindre la flagellation publique que oui, rapport qualité-prix parlant, nos horribles grandes surfaces sont à même d’offrir de belles bouteilles. Comme cette jubilatoire Blanquette de Limoux, elle aussi à moins de 5 euros (4,99 €), mise en bouteilles pour Auchan par la très qualitative maison Antech, à Limoux, sous-préfecture de l’Aude, et signée Pierre Chanau.

Alors, que pète la blanquette ! Car c’est bien avec notre « Champagne du Sud » que je vais trinquer aujourd’hui afin de mettre un point final à cet article !

Michel Smith