Les 5 du Vin

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Comment choisir un vin d’IGP Pays d’Oc ?

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Les chiffres donnent presque le tournis : plus de 700 millions de bouteilles produits par an, près de 20% des exportations de vins français, 60% de tous les vins IGP de France, une superficie qui couvre 4 départements ainsi qu’un bout d’un cinquième (Hérault, Aude, Gard, Pyrénées-Orientales plus 6 communes de la Lozère) et une très grande diversité de cépages autorisée (57 à ce jour, je crois, mais peut-être plus). Il y a donc un choix énorme et une très grande diversité dans les styles. Se pose alors la question de comment choisir son vin dans cette vaste région de production française.

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L’axe cépage, mais pas seulement

La possibilité d’indiquer le cépage principal ou exclusif sur l’étiquette est surement une des clefs de la réussite de cette catégorie de vin dans les marchés à l’export, là ou c’est le cépage qui fournit une idée du style d’un vin, en tout cas bien plus qu’un nom d’appellation souvent obscure et à l’identité parfois fluctuante. Mais le Pays d’Oc ne se cantonne pas dans ce choix unique : des cuvées bi-cépage, multi-cépage voire sans mention du cépage sur l’étiquette faciale abondent aussi. Dans ce dernier cas, c’est la marque et le discours dessus qui prennent le rôle principale, limitant généralement de telles cuvées à des marchés de niche, mais leur permettant aussi d’échapper à la concurrence imposée par un prix moyen relativement faible, dicté par une concurrence mondiale dans le cas des cépages les plus connus.

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Le climat méditerranéen

Le point commun entre tous les vins de cette zone étendue est le climat méditerranéen, même si des influences locales engendrent des méso-climats variables : proximité maritime ou son contraire, vents, orientations et altitudes. Cela assure une certaine régularité d’ensoleillement et une maturité du raisin qui en découle, bien que cela est à nuancer selon la localité. Le terroir, c’est surtout le climat local, même si le sol a son rôle à joueur aussi.

Les hommes et leur travail

C’est ici que se creuse les différences entre des vins d’une même région. La climat et le cépage fournissent un cadre dans lequel l’homme fait ses choix, exerce sa discrimination et utilise ses méthodes en fonction de ses capacités économiques et du type de vin visé. Deux vins issus de la même zone et du même cépage peuvent être très différents selon les choix de l’homme.

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Tout cela ne rend pas facile le choix du consommateur, ni du prescripteur d’ailleurs. C’est certainement une des motivations principales d’une sélection qui est opérée chaque année, depuis 2007, parmi les vins de cette vaste Indication Géographique et qui s’intitule « Trophée Collection Pays d’Oc IGP ». Chaque année, un jury international de professionnels sélectionne une vingtaine de cuvées qui porteront le titre de « Pépites ». L’édition 2016 avait lieu à Nîmes au mois de juin dernier. Je n’y étais pas mais j’ai demandé et reçu l’ensemble des vins sélectionnés: 8 blancs et 12 rouges.

Cette collection comporte des choses originales sur le plan des cépages et des assemblages, et c’est là assurément un des atouts de la catégorie IGP que de donner un bien plus grand espace de créativité aux producteurs que les AOP. Je me suis aussi intéressé à quelques aspects qui ont leur importance pour le consommateur : la présentation, comprenant l’étiquette et ses mentions, mais aussi le bouchage et le prix de vente. Curieusement, seulement trois vins (un rouge et deux blancs) étaient fermés avec une capsule à vis. La fourchette de prix est assez large, allant de 5 à 21 euros la bouteille. J’ai trouvé les rouges globalement plus intéressants que les blancs. Ils sont plus chers aussi, mais le rapport qualité/prix est généralement correct.

Voici donc mes impressions plus en détail:

Les vins rouges (dans l’ordre ascendant de leur prix public)

 

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Vignerons Foncalieu, Le Versant Syrah 2015 (prix public : 6 euros)

Le vin rouge le moins cher de le série. Présentation très soignée et « classe » pour un vin de ce prix. Information complète sur l’étiquette faciale.

Intense aussi bien au nez qu’en bouche. Le fruité est dense autour de tannins de moyenne intensité. Ce vin semble encore très jeune et aura besoin d’un an de plus en bouteille. Excellent rapport qualité/prix.

Domaine de La Baume, La Jeunesse Syrah 2015 (prix public : 6,50 euros)

Très accessible par son prix, ce vin dit tout sur son étiquette très classique. Bouchon en matière synthétique.

Le nez souffre de réduction au début puis laisse se développer des arômes de fruits noirs frais. Sa jeunesse se manifeste par une certaine raideur en bouche. C’est peu complexe mais franc et d’une qualité correcte pour son prix.

 

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Villa Blanche, Calmel & Joseph, Marselan 2014 (prix public : 7 euros)

Le seul vin rouge de cette série fermé par une capsule à vis, et aussi un des moins chers, ce qui n’est pas, pour moi, une association bien logique. Présentation moderne avec une touche de classicisme. Le cépage est une introduction relativement récente, issue d’un croisement entre Grenache et Cabernet Sauvignon.

Robe dense, nez sombre et terreux avec des traces de boisé. Ce boisé a bien arrondi les angles en bouche et donne une note un peu sucrée en finale. Vin expressif, relativement intense et qui donne du plaisir dans un style accessible.

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Valensac, Entre Nous, Petit Verdot 2014 (prix public 7,50 euros)

Le cépage n’apparaît pas sur l’étiquette faciale dont le graphisme est moderne. Peut-être que la rareté de ce cépage explique cela? Bouchon synthétique.

Nez assez intense avec un caractère intéressant qui se situe sur le versant animal et sous-bois avec un fond de fruits sauvages. Vin juteux dont le fruit est bien mur. De la matière et de la fraîcheur. Bon vin à un bon prix.

Domaine du Grand Chemin, cuvée JMF 2014 (prix public : 9,20)

Ce vin cache son jeu d’assemblage sur une contre-étiquette. Dommage car il est très singulier, associant Cabernet Sauvignon et Pinot Noir. Curieusement, la fiche produit fournie avec les vins substitue Cinsault au Cabernet, mais aussi bien la contre-étiquette que le site du producteur disent le contraire. Habillage sobre, classique et élégant.

La partie Cabernet domine au nez, mais le vin gagne en allégresse en bouche avec un aspect fluide qui est bien agréable et qui permet au fruité du Pinot Noir de prendre son envol. Bel équilibre d’ensemble dans un vin très gourmand. Prix raisonnable pour cette qualité.

 

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Domaine Condamine Bertrand, Elixir 2014 (prix public : 12 euros ttc)

Bonne présentation, assez sobre; moderne. Les cépages apparaissent sur la contre-étiquette : Syrah, Grenache et Cabernet Sauvignon.

Le nez est marqué par la Syrah, avec des notes de fruits rouges et noirs, ainsi que des épices. En bouche le vin est très juteux, axé autour des fruits noirs avec une jolie sensation de vivacité. Une pointe d’amertume relève la finale. Bon vin.

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Domaine d’Aigues Belles, Cuvée Nicole 2013 (prix public : 12,80 euros)

Belle étiquette, dépouillée, presque minimaliste mais très élégante. Indication des cépages sur la contre-étiquette : Syrah, Cabernet-Sauvignon, Merlot.

Nez fin marqué par le Cabernet Sauvignon. Le boisé est assez perceptible mais il rajoute un degré de complexité intéressant en allongeant aussi les saveurs. Très belle matière pour ce vin qui a du caractère et de la classe pour un prix raisonnable.

Alma Cersius, Terra Patres 2012 (prix public : 15 euros)

Un vin pour les latinistes (combien de divisions ?). La bouteille est terriblement lourde et la contre-étiquette très difficile à lire à cause d’un fond gris. On y décèle péniblement un assemblage entre Syrah, Merlot et Cabernet Sauvignon.

Nez fin avec un joli boisé. La densité sur le palais est un peu épaisse, ce qui signe une certaine ambition mais, avec 4 ans depuis la date de vendange, cela me semble un peu « too much » et la finale est asséchante.

Domaine de Brau, Pinot Noir 2015 (prix public : entre 15 et 20 euros)

La cépage apparait en très grand sur l’étiquette, ce qui est rare, voire unique dans cette série. On capitalise certainement sur le réussite actuelle de ce cépage. L’habillage est moderne dans un style sobre et élégant.

Le vin met en avant sa qualité de fruit, de type cerise amer avec un peu de pruneau. Aussi bien doté en fruit en bouche avec une touche d’amertume en finale qui donne du relief à l’ensemble. Vin très plaisant, un peu cher peut-être.

Mas de Salagou, Cinérite 2013 (prix public : 20 euros)

Même la contre-étiquette ne fournit aucune information au consommateur quant à la composition de ce vin. La fiche produit indique Syrah/Merlot/Carignan, mais le producteur doit estimer que cette information n’est pas utile, alors qu’il inclut un long discours peu factuel. Etiquette un peu vieillotte. Prix assez élevé.

Nez discret de petits fruits rouges avec une touche de fumée. En bouche, texture fine, fruité discret et tannins présents mais peu massifs. Bonne persistance et bon vin.

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Domaine Gayda, Chemin de Moscou 2013 (prix public : 21 euros)

Etiquette moderne, dépouillée et créative par son graphisme. Le nom intrigue, aussi. La contre-étiquette nous informe sur la composition de ce vin : Syrah, Grenache et Cinsault. Prix élevé mais justifié.

Le nez déjà modifie la dimension de ce vin quant à sa complexité par rapport aux autres de la série : puissant, mûr mais équilibré dans l’ensemble, au nez comme en bouche, avec une excellente intégration des tannins. La finale démontre aussi une finesse intéressante. Très bon vin.

 

Les vins blancs (dans l’ordre ascendant de leur prix public)

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Les Costières de Pomerols, Beauvignac Chardonnay 2015 (prix public : 5 euros)

Etiquette classique mais claire, avec le cépage sur une bande à part. Le prix  le plus bas de la série. Le flacon que j’ai reçu n’avait pas de capsule à vis. Pourquoi ? Ah oui, les Français n’aiment pas cela, paraît-il.

Bon vin très bien fait avec un joli fruité qui s’exprime avec gourmandise et fraîcheur. Une bonne affaire pour un vin difficile à critiquer tant il est facile d’accès dans tous les sens du terme !

Domaine La Provenquière, Sémillon Vermentino (prix public : 5,70 euros)

Capsule à vis et assemblage original pour ce vin au prix modeste, presenté avec une étiquette claire et informative.

Joli vin assez parfumé et correctement équilibré. Une légère pointe d’amertume vers le milieu et la fin de bouche donne du relief à l’ensemble et rajoute de la longueur. Très bien à ce prix.

Domaine Mas de Madame, Muscat Sec 2015 (prix public : 7 euros)

Bonne idée d’inclure un Muscat sec dans la sélection. Présentation sobre et élégante, mais il ne faudrait pas mettre cette bouteille claire à la lumière sous peine de voir le vin s’altérer définitivement.

Bien typé muscat au nez. Texture suave en bouche, avec des saveurs de rose et de lychee persistantes. Un vin agréable à petite dose, par son caractère très aromatique.

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Les Hauts de Janiel, Grenache Viognier 2015 (prix public : 8 euros)

Un vin de l’écurie François Lurton qui est le seul de cette série à être obturé par une capsule à vis. Jolie étiquette faciale qui donne toute l’information.

La partie Grenache semble dominer ce vin dont la fraîcheur surprend, vu les cépages. Belle qualité de fruit. Vin très agréable.

Domaines Paul Mas, Mas des Tannes Réserve 2015 (prix public : 11,50 euros)

Le cépage (Grenache blanc) n’apparaît même pas sur l’étiquette. En a-t-on honte ?

Ce vin m’a déçu car il semble pesant, avec une finale liégeuse. Peut-être un problème de bouchon. Mettez des capsules à vis !

Mas La Chevalière, Peyroli, Chardonnay 2013 (prix public : 13,50)

Domaine fondé par Laroche et maintenant dans le large giron d’Advini. Etiquette classique qui indique l’essentiel, bouchon liège.

Assez puissant et gras, le vin est juste tenu en équilibre autour d’une matière mûre mais ferme. Un bon vin commercial, bien fait mais sans éclat et qui vaut plus que le double du Bauvignac.

Collines du Bourdic, Le Prestige 2015 (prix public : entre 8 et 15 euros !)

La fourchette indiquée pour le prix sur la fiche produit me semble très large ! La cépage (Chardonnay) n’apparaît que sur la contre-étiquette.

C’est très parfumé et très boisé dans un registre noix de coco (bois US ?). Cela semble acidifié et il y a aussi de l’amertume présente dans la courte finale. Ce vin ne mérite pas de faire partie de cette sélection, à mon avis.

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Domaine Gayda, Figure Libre, Chenin Blanc 2014 (prix public : 16 euros)

Comme pour son rouge, ce domaine vise clairement un autre marché que celui de masse avec ce vin qui est encore une fois le plus cher de la série. Cette fois-ci on trouve le cépage (une variété peu habituelle dans la région) sur l’étiquette faciale qui joue aussi la créativité par son graphisme.

Peu expressif au nez mais donnant une impression de finesse, ce vin me plait par sa texture suave, son équilibre et sa longueur en bouche. C’est le vin le plus raffiné de la série, mais aussi le plus cher.

 

Maintenant, à vous de choisir…

 

David

PS. Petite victoire du XV de la rose avant-hier soir contre une équipe de France qui méritait de gagner sur l’ensemble de son match, sauf la fin. Mais un match de rugby dure 80 minutes et les anglais on su être patients et appuyer quand les erreurs commençaient à coûter plus cher.

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Vin orange comme le soleil juste avant le couchant

La couleur orange, c’est la couleur du dynamisme, c’est une couleur chaude, et qui, bizarrement, n’est attestée que depuis le 16es, avant on l’assimilait au rouge ou au jaune. Si le fruit, l’orange, apparaît déjà dans un poème du 11es, l’agrume a mis du temps pour transposer son nom dans le langage. Peut-être était-ce sa relation avec le roux des sorcières… Un terme qui nous vient du sanscrit नारङ्ग et qui se prononce nāraṅga, apporté par les Arabes qui le disent narandj qui donna naranja en castillan, orange chez nous.

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Et voilà qu’aujourd’hui, il se fait des vins orange (adjectif invariable). J’en ai déjà dégusté une tripotée avec bonheur et malheur, bref, comme pour les autres couleurs. Son originalité, la longue macération des grains entiers qui fait prendre aux raisins blancs des couleurs et en perdre aux raisins rouges. La Cuvée Pointilliste Orange 2016 m’a agréablement surpris, la voici.

Le Pointilliste Orange 2016 Grand Guilhem

La robe se teinte de rose orangé à la manière d’un soleil d’hiver juste avant l’heure du couché, quand l’écarlate commence à rougeoyer. Transparence doré cuivré, nette et pure, qui engage le nez à y plonger. Du fruit illico, de l’abricot sec, un zeste d’agrume confit, de la mangue, saupoudré de curcuma et de sauge, le tout relevé d’iode. Ça en promet à la bouche. Pas déçue, la voilà émue par la texture onctueuse du vin taquinée par une fraîcheur surprenante. De cette trame légèrement tannique jaillissent une multitude de fruits confits bien poivrés. Tout y est léger, aérien, singulier. Difficile de le rapprocher d’un blanc ou d’un rosé, ou encore d’un oxydatif, il emprunte aux trois quelques éléments et y ajoute les siens, comme la caresse tannique, l’onctuosité fraîche, un juteux délicat.

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Je le vois facilement à table avec des oursins, des pâtes à la langouste, du rouget ou encore des artichauts en barigoule, un poulet aux olives, pour les premiers qui me viennent à l’esprit.

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Côté vinification, les raisins sont récoltés, égrappés et mis à macérer pendant 4 mois dans une jarre en terre cuite. Gilles Contrepois, le vigneron, enfonce régulièrement le chapeau de marc et ouille de temps en temps. Le plus étonnant, les Macabeo (avec un seul c) qui ont tendance à facilement s’oxyder n’en présente qu’une trace qui va bien au vin, cela lui apporte un supplément à la fois de fraîcheur et de gras.

Pour qui veut en connaître le prix : 29€.

J’avais eu un coup de cœur pour son Fitou l’an dernier, bio et presque sans soufre, c à d, droit et fruité. Et pour qui n’ose la couleur du Red Leicester,

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Angels 2014 Fitou du Domaine Grand Guilhem

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Sa pourpre sombre annonce la noblesse de son maintien, nez délicat mais néanmoins expressif de marmelade de fruits noir délicatement poivrés, une structure ferme, bien équilibrée aux tanins serrés mais croquant de jus affolant les papilles. Et puis, il y a cette fraîcheur, peut-être maritime, rappelant les embruns et avivant les impressions de garrigues et de chair de myrtille. La cuvée est sans soufre ajouté. Elle assemble 90% de Carignan et 10% de Grenache plantés en 1982. Élevé en barriques.

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www.grandguilhem.fr

Ciao

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Marco

 

 


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Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

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Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

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Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

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Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

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Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

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Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

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Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

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Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold


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Gigondas, avec ou sans « minéralité ».

vins-gigondas-font-sane-slide05Dans cette photo du Domiane de Font-Sane, avec le Mont Ventoux au fond, on sent bien l’influence de l’altitude sur le vignoble

La sensation de puissance, en grande partie due à leur taux alcool, qui se dégage de bon nombre de vins de Châteauneuf-du-Pape peut inciter à la méfiance de la part de certains. Bien qu’il y ait beaucoup de vins magnifiques issus de cette appellation, on a parfois envie d’un peu moins de chaleur, même au creux de l’hiver. Cela explique peut-être pourquoi, confronté à des propositions de déguster à deux endroits différents les vins de Châteauneuf et ceux de Gigondas le même jour et à la même heure, à Paris, récemment, j’ai pris la deuxième option : mon plan « B ».

blocvisuel_2_490x400Certains domaines, mais pas tous, utilisent ce flacon qui singe celui de Châteauneuf. 

J’ai été heureux de mon choix car j’ai pu déguster beaucoup de bons vins dans un confort relatif, vu qu’il n’y avait pas trop de monde. Moins prestigieux, le Gigondas? Et alors? Je préfère de loin éviter les hordes bousculantes et mal-polies et déguster dans de bonnes conditions!


vignoble-la-bouissiereCette photo d’une partie du vignoble de la Bouïssière me fait penser que relief, pente, orientation et environnement jouent ensemble un rôle prépondérant dans l’influence du terroir et pèsent bien plus que la nature du sous-sol.

Au total, 42 domaines ont présenté des vins de différents millésimes, dont 28 avaient aussi amené des échantillons de leur millésime 2015, en cours d’élevage pour certains. Il y avait également une présentation de la géologie de l’aire de Gigondas par l’estimé Georges Truc, assortie d’une dégustation conduite par David Lefebvre qui était censé illustrer le concept « minéralité et terroir ». Vu que les propriétaires et vinificateurs des 6 vins étaient différents, que les techniques de vinification aussi, et qu’aucune information n’était fournie sur le matériel végétal ni sur l’orientation/altitude des vignes en question, cette dégustation ne prouvait rien quant à la validité d’un tel concept ! Mais les dégustations libres étaient très intéressantes et je vous livrerai quelques commentaires sur mes vins préférés.

gigondas_village_et_tourellesLe village qui donne son nom à l’appellation

Le millésime 2015

J’ai dégusté les 27 vins de ce millésime qui étaient présentés dans une salle à part des stands des producteurs. Joli millésime dans l’ensemble et qui devrait bien évoluer. Mes préférés (à peu près dans l’ordre) étaient :

Domaine des Bosquets

Domaine La Bouïssière

Château de Saint Cosme, Les Claux

Domaine de Cabasse

Domaine Montirius

Domaine du Pourra

Domaine du Cayron

Domaine de Font-Sane

Domaine du Goupillon d’Or

Domaine de Piaugier

Domaine Pierre Amadieu

La dégustation principale et mes producteurs préférés

Chacun présentait le ou les millésimes et cuvées de son choix à son stand. J’ai pu presque tout goûter.

Domaine Raspail-Ay 2014

J’ai connu les vins de ce domaine il y a plus de 30 ans quand j’ai commencé dans le vin comme caviste, et je l’avais visité à cette époque. Le millésime 2014 présenté avait une belle matière juteuse et une bonne longueur.

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Domaine des Bosquets, 2014 et 2015

Un grand coup de cœur pour les vins de ce domaine : avec le 2015 j’en ai dégusté 4 et ils sont au top, pour moi. Seul petit inconvénient : des prix un peu élevés; mais enfin, la qualité doit se payer, non? Dans le millésime 2014 j’ai dégusté trois cuvées : le vin d’assemblage qui est harmonieux, suave, long et équilibré ; Le Lieu Dit, délié mais avec une impression d’alcool assez présente ; enfin, mon préféré dans cette série très relevée, Les Collines, lequel, derrière un boisé qui demandera un an de plus pour s’assimiler totalement, est vif, avec des saveurs bien précises et une sensation vibrante qui donnera beaucoup de plaisir.

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Domaine de la Bouïssière 2014 et 2015

Leur 2015 est un bien joli vin, complet, chaleureux et plein. La cuvée Tradition 2014 a un bon fruité avec de la structure derrière, et la cuvée Font de Tonin 2014 est excellent avec une matière dont la fraîcheur éclate au palais.

Domaine de Coyeux, Imperis 2014

Très beau fruité juteux.

Château la Croix des Pins 2014

Deux cuvées de très belle qualité dans ce millésime: Les Dessous des Dentelles, assez gourmand, puissant sans excès, avec une jolie texture, de la finesse et une bonne longueur ; Le Parpaillon, qui a davantage de densité et une belle force de caractère.

Domaine de Font-Sane 2014 et 2015

Après le 2015, bien équilibré, j’ai dégusté deux cuvées du millésime 2014: « Tradition » (mais pourquoi donc tant de cuvées utilisent ce mot qui ne signifie pas grand chose?), qui a un bon fruité, une structure moyenne mais des tannins un peu trop présents; puis « Terrasses des Dentelles », qui a un bien joli nez raffiné et un coeur solide.

Domaine du Grapillon d’Or 2013 et 2015

Le 2015 et juteux et fin. Je n’ai pas bien dégusté le 2014 présenté, mais la cuvée Excellence 2013 a une très belle qualité de fruit et une texture soyeuse.

Domaine Montirius 2011 et 2015

Leur 2015, juteux, élégant et frais, fait partie de mes préférés dans ce millésime. La cuvée Terre des Ainés j’ai trouvé asséché par des tannins trop dominants et j’ai préféré la cuvée Confidentiel 2011, aux arômes claires et à la matière affinée et longue, soutenue par une belle structure.

Maison Ogier 2014

Pour sa cuvée Dentelles 2014, propre et assez vif, au fruité clair et net.

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Château de Saint Cosme 2012 et 2015

Louis Barruol, dont nous avons souvent apprécié les commentaires pleins de sagesse sur ce blog et qui préside actuellement l’appellation Gigondas, présentait deux cuvées. La plus jeune, Les Claux 2015, est le meilleur des 2015 que j’ai dégustés à cette occasion, délicieux par la pureté de son fruit (nez splendide, mais je sais que cet aspect est mouvant à ce stade) et d’un caractère très vivant. Puis une cuvée de garde qu’il faudra attendre: Château de Saint Cosme 2012, fin et bien fruité, mais à la structure encore austère.

Domaine Saint Damien 2014

Cuvée Vieilles Vignes, 2014 souple et gourmande, très agréable, et une cuvée plus ambitieuse, La Louisiane 2014, au très beau fruité, fin et long.

Domaine Les Semelles de Vent 2013 et 2014

Deux millésimes d’une cuvée nommée Clos du Garde, aussi réussies l’une que l’autre. Le 2013 montre de jolies notes combinant fruité et fumé, une matière relativement déliée et souple et un caractère bien gourmand. Le 2014 est plus intense, aux notes de réglisse et de fruits noirs bien mur, aussi bien au nez qu’en bouche, avec des tanins longs et bien intégrés.

Domaine de la Tourade 2014

Une cuvée nommée Font des Aieux, issues de vignes de 70 ans. Intense, encore austère mais avec une belle matière. Un vin qu’il faudra attendre entre 3 et 5 ans à mon avis.

Par négligence de ma part, je n’ai pas dégusté les vins de deux producteurs : Famille Perrin et Domaine Les Teyssonnières 

gigondas003-1024x595Une autre photo du Domaine La Bouïssière, qui produit quelques uns de mes vins préférés de cette dégustation

Conclusion

Les vins de Gigondas utilisent, en gros, les mêmes cépages qu’à Châteauneuf et les assemblages sont aussi largement dominés par le Grenache, mais ils bénéficient d’une altitude supérieure et des expositions plus variées, du fait de la topographie accidentée fournie par les Dentelles de Montmirail et ses éboulis. Cela leur confère une fraîcheur et un équilibre que j’ai bien apprécié dans ce climat sudiste.

Les meilleurs vins de Gigondas offrent au consommateur un compromis intéressant entre fruit, structure et puissance. Leur puissance alcoolique, due largement au cépage Grenache, semble souvent mieux maîtrisé qu’à Châteauneuf, et les prix sont aussi plus abordables. Certains méritent amplement un peu de repos dans une bonne cave, car leur structure a besoin de temps pour se fondre et se patiner. D’autres ont été élaborés pour une consommation plus rapide, pendant la période ou leur fruité reste éclatant. Il convient donc de bien choisir sa cuvée (et son producteur) en fonction de son projet de consommation.

David Cobbold


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Quelques cuvées insolites de pinot noir (et autres) (volet 1)

Un ami ayant visité l’Abbaye de Poblet nous a ramené quelques bouteilles de Conca de Barberà et a organisé une dégustation. Comme c’est souvent l’usage, chacun des invités, tous des professionnels, avait apporté sa dernière découverte. Du coup, le thème initial, qui était le pinot noir, s’est élargi de manière fort intéressante. Rien n’a été dégusté à l’aveugle, mais comme la plupart d’entre nous n’avaient jamais entendu parler des vins présentés, le risque d’a priori n’existait pas ou peu.

Nous avons commencé par les vins de la Conca de Barberà, qui est une région méridionale de la Catalogne, dont les vignes couvrent une superficie de 5.888ha. L’appellation englobe plusieurs municipalités de la province de Tarragone, où le climat est marqué par une grande différence de température entre le jour et la nuit.  Les cépages rouges autorisés sont nombreux : Cabernet franc, Cabernet sauvignon, Grenache  Noir, Monastrell, Merlot, Pinot noir, Syrah, Trepat, Ull de llebre (alias Tempranillo), Samsó (une vieille variété de Carignan).

Il en est de même pour les blancs : Moscatel de Alejandria, Macabeu, Chardonnay, Grenache blanc, Chenin, Muscat à petits grain, Parellada, Sauvignon blanc.

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C’est une appellation peu connue, même en Espagne, et pourtant de grands vins de Torres sont issus de cette zone, comme Milmanda et Grans Muralles, ce qui aurait dû la faire connaitre; mais c’est encore un exemple où la marque est plus forte que l’appellation et la masque . Je pense pourtant qu’avec le changement climatique, elle n’a pas fini de faire parler d’elle.

Les premiers vins dégustés venaient de l’Abbaye de Poblet, ils sont nés grâce à la volonté des moines et à leur intérêt de reprendre la tradition viticole cistercienne dans leur monastère. Une tradition qui remonte au XIe siècle, qui a commencé en Bourgogne et qui a toujours été associée au seul cépage Pinot noir. Une variété insolite dans ce pays. Dans les années 1980, le Groupe Codorniu a convaincu la communauté monastique de prendre en charge l’exploitation de son vignoble, 9 hectares inclus dans les murs du monastère de Poblet. Dans le même temps, a eu lieu une profonde rénovation du bâtiment, construit en 1870. Au printemps de 2002, la première bouteille d’Abadia de Poblet était présentée au marché.

Poblet réunit une série de conditions géologiques et climatiques qui le convertissent en un terroir extraordinaire pour la viticulture : des  sols pierreux profonds, un climat anormalement frais dans le contexte régional, une altitude de plus de 500 m- une l’orientation optimale de ses vignes, en plus de l’influence estivale de la brise marine. Ces circonstances particulièrement favorables pour le Pinot Noir, assurent une maturation lente du raisin et dans les meilleures conditions. Mais, il n’y a pas que du pinot noir à l’Abadia, comme on va le voir.

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ABADIA DE POBLET

  1. Conca de Barberà Intramurs de Poblet Blanc 2015

Ce 100% Chardonnay nous a tous «bluffés», on ne s’attendait pas à une telle bouteille, un vin aux notes florales, herbacées et citriques, frais, mordant, équilibré et gourmand, le tout pour 7€. Une vraie réussite.

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2. Conca de  Barberà Intramurs de Poblet Negre 2015

Pas de Pinot noir, mais du Tempranillo, du Merlot et du Cabernet sauvignon; ce vin n’a pas réveillé un grand intérêt; certes, il est fruité, mais la bouche est très décevante, très courte et manquant de gras.  7 € aussi, mais je ne le recommande pas

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  1. Conca de Barberà Abadia de Poblet 2012

Celui-ci est un pinot noir 100% issu des 9ha de vignobles plantés à l’intérieur des murs du monastère, les vignes, situées à une altitude de 600m, sont orientées au Nord

Le vin  a été élevé 12 mois en fut de chêne français.

Vol:14,0%

Encore un vin insatisfaisant, d’autant que j’avais en mémoire ceux que je vendais à Barcelone (j’ai oublié le millésime), et que je recommandais beaucoup.

La robe n’est pas très profonde, normal pour un Pinot, mais l’intensité du nez est faible, plutôt évolué, on a des airs de pinot bien sûr, mais en bouche, si le fruit est très mûr, la matière est légère, la finale âpre et sèche. Les moines méritent mieux ! Dommage.

PVP 12,95€

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  1. Conca de Barberà Les Masies de Poblet 2012

Le haut de gamme, toujours en Pinot noir, et la désillusion n’en fut que plus grande. Il a été élevé 15 mois en barriques de chêne français dont 20% neuves et 80% d’un an. Le nez n’était pas net, notes d’écurie, la bouche était très maigre et la finale sèche. Même son petit air de Pinot n’est pas arrivé à le sauver. Vol: 14,5%

Du coup son prix de 24€ est cher.

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5 .Bodegas Escoda Sanhuja Conca de Barberà La Llopetera 2013

Joan-Ramon Escoda est la star de la Conca de Barberà, c’est quelqu’un de sincère, de franc, et c’est comme ça qu’il veut ses vins. Il travaille ses 13 ha de Vignobles en biodynamie.  Il fait son propre compost avec du fumier de moutons et de chevaux percherons qu’il a dans sa propriété.  Il a été un des premiers à travailler sans soufre tant à la vinification comme à l’embouteillage! Il est d’ailleurs membre de l’association des vins naturels. Ce qui compte beaucoup à ses yeux, c’est le millésime, il insiste beaucoup là-dessus.

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Joan Ramon Escoda

La bouteille qui avait été amenée est une de celle que j’apprécie beaucoup : La Llopetera

C’est un 100% pinot noir, issu d’une seule parcelle, à 600m d’altitude qui donne son nom au vin. Les raisins sont égrappés, la fermentation avec des levures indigènes, se fait dans des cuves en acier inoxydable. C’est un vin qui n’a  presque pas vu le bois,  élevage de 6 mois en barriques françaises car qui veut traduire la pureté du fruit. Il est ensuite mis en bouteille sans subir aucune filtration, ni stabilisation, ni clarification.

Nous n’avons pas eu de chance avec cette bouteille, elle s’est très mal goutée : le nez «puait», la bouche était complètement dissociée, maigre et avec une acidité très dérangeante. Je n’ai pas compris, elle ne ressemblait en rien à la Llopetera que je connais.

Bon, ça arrive assez souvent avec les vins nature.

Vol: 13,5%

Pvp: 20,95 €

 

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Je terminerai cette série de pinots noirs, par la dernière création d’Hervé Bizeul:

  1. Clos des Fées « aimer, rêver, prier, se taire… » 2015

Il s’agit d’une jeune vigne de pinot noir (1,83ha) de 3 ans, plantée en cordon, sur argile calcaire, à Tautavel, dans les Pyrénées Orientales. Hervé a choisi une sélection massale de pinot fin. Je n’ai pas parlé de ce vin avec lui, et comme il est en Chine, je n’ai pu obtenir davantage d’informations, mais le nom à lui seul est tout un programme : « aimer, rêver, prier, se taire… »

Qu’a-t-il voulu pprouver en plantant du pinot noir à Tautavel?  Ou plus simplement sa curiosité de voir comment se comportait un tel cépage dans cette zone l’a-elle motivé? Qui a-t-il volu provoquer? Lui-même sans doute.  A quoi a-t-il pensé en choisissant un nom si long et si émouvant, qui interpelle et donne à réfléchir? Il faut s’appeler Hervé  Bizeul pour oser une telle étiquette, ça  ne manque pas de prétention et réclame une cuvée à la hauteur. Si la bouteille est le reflet de ce que nous annonce l’étiquette alors, nous sommes devant un grand vin.

Nous allons laisser un peu de temps aux vignes pour le prouver, pour l’instant, il y a beaucoup d’espoir. Le vin ressemble à Hervé, il plait beaucoup aux uns et déplait aux autres. Moi j’ai aimé sa matière mure, sa texture, son goût de fruit mûr, de cerise, j’ai admiré sa persistance en bouche, son côté quelque peu prétentieux, son boisé fin qu’on perçoit comme une touche de parfum en fin de bouche (12 mois en pièces bourguignonnes François Frères de 1 vin). Vous allez me demander s’il « pinote »; est-ce vraiment important ? N’oublions pas la jeunesse de la vigne.  Soyons patients  et rêvons à son futur; pour l’instant, apprécions-le tel qu’il est, franc, atypique, généreux, audacieux, aimons-le parce que c’est un joli projet, un peu fou, taisons-nous, oublions les commentaires et faisons-nous plaisir en silence, ça nous évitera de dire des bêtises à propos d’une bouteille en devenir. Et à défaut d’être capable d’aimer, fermez les yeux et laissez-vous séduire.  C’est que j’ai fait.

IL n’y en aura pas pour tout le monde:  la production totale est de 1.600 bouteilles.

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En guise de conclusion :

Grande déception en ce qui concerne les quelques Pinots noirs de la Conca de Barberà, notre groupe et moi-même les avons très mal goutés, pourtant la critique nationale et les guides les notent très bien. Si vous les avez dégustés, se serait intéressant de connaître vos opinions.

La semaine prochaine d’autres cuvées insolites, françaises celles-là.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

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Une verticale sur 10 ans de trois domaines médocains

CA Grand Crus, filiale du Crédit Agricole, possède un certain nombre de domaines viticoles, surtout à Bordeaux. Si cette entité a récemment vendu le Château Rayne Vigneau à Sauternes, il lui reste, dans le Bordelais, les châteaux Grand Puy Ducasse à Pauillac, Meyney à Saint Estèphe, La Tour du Mons à Margaux et Blaignan dans le Médoc, ainsi que le Clos Saint Vincent à St. Emilion, puis, en Bourgogne, le Château de Santenay: soit près de 350 hectares de vignes en tout. Cela en fait, non pas un géant de la viticulture, mais un des « institutionnels » ayant une véritable politique de vin. La Directrice Technique des domaines est Anne Le Naour et le Directeur Général Thierry Budin.

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J’ai eu la chance de pouvoir participer, la semaine dernière, à une très intéressante dégustation verticale, parfaitement organisée, qui présentait 10 millésimes de trois de ces propriétés : Meyney, Grand Puy Ducasse et La Tour de Mons. La période couverte par cette dégustation allait de 2006 à 2015, ce dernier étant représenté par des échantillons en cours d’élevage. Cet article sera un compte-rendu de ma dégustation avec quelques mots de présentation des domaines et une conclusion.

Les prix des vins

Voilà un sujet qu’il ne faut jamais éluder lorsqu’il s’agit de vins en général, et de grands vins de Bordeaux en particulier, tant cette catégorie a été soumise à des effets spéculatifs déraisonnables ces dernières décennies. Une bonne nouvelle en ce qui concerne ces trois vins : les prix restent raisonnables pour le secteur. Pour les millésimes que j’ai dégusté, les prix de Château Meyney (Saint-Estèphe) vont de 25 à 40 euros selon le millésime, le plus cher étant le 2010 qui est devenu difficile à trouver en France. Le magnifique 2006, par exemple, ne vaut que 30 euros, ce que je pense être une excellente affaire; ce vin est du niveau d’un cru classé mais à des prix autrement plus abordables. Pour Grand Puy Ducasse, cru classé de Pauillac, la fourchette est de 35 à 50 euros, et pour La Tour de Mons, cru bourgeois de Margaux, elle se situe entre 15 et 25 euros. Vu ces prix et la dégustation que j’ai faite, Meyney en particulier représente une très bonne affaire en ce moment.

Les vins chateau-meyney-saint-estephe

Château Meyney

Je commencerai par Meyney car ce fut mon vin préféré des trois pour l’ensemble des millésimes dégustés. Le Château Meyney est l’une des plus anciennes propriétés du Médoc. En 1662, les propriétaires en étaient les Pères Feuillants, artisans des premières plantations. Aujourd’hui, le vignoble de 51 hectares d’un seul tenant s’étend sur des croupes qui dominent la Gironde. Outre les graves qui composent le sol, on observe ici, comme à Petrus, une veine d’argile bleue en sous-sol, à environ 2,6 m de profondeur sur quelques 3 m d’épaisseur. CA Grands Crus a racheté la propriété en 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil.

Je sais bien que les notes ne sont pas une panacée mais elle me semblent très utiles pour juger de la qualité relative d’un vin dans un contexte donné et, dans ce cas, tous ces vins sont comparables car venant de la même région et utilisant les mêmes cépages. Ma note moyenne pour les 10 millésimes dégustés de Meyney était de 16,9/20, ce qui est très élevé, surtout compte tenu du fait que deux millésimes dits « faibles » (2007 et 2013) faisaient partie de la série.

Château Meyney 2006

Nez resplendissant, très expressif et d’une intensité de fruit assez exceptionnel pour un vin de 10 ans. Cela se confirme en bouche, donnant un vin riche, raisonnablement charnu et éclatant de vie. Très beau vin d’une grande finesse et qui donne un plaisir immédiat maintenant. (18,5/20)

Château Meyney 2007

Le nez est assez torréfié et les tanins semblent denses pour un millésime relativement léger. Du coup ils tendent à assécher un peu le palais en fin de bouche. Mais pas de trace de saveurs végétales. (15/20)

Château Meyney 2008

Ce millésime fait partie de ceux qui se trouvent, et depuis un moment, en phase austère, voire fermée – et ce vin ne fait pas exception à la règle. jugeons-le plutôt sur sa belle charpente et sa longueur prometteuse. Certainement à attendre encore un bout de temps. (16/20)

Château Meyney 2009

A côté d’autres vins de la région dans ce millésime un peu atypique par son exubérance, celui-ci se la joue droit et fin. Il contient néanmoins une belle richesse de matière qui donne une texture charnue et une grande longueur. (17/20)

Château Meyney 2010

Comme bon nombre de vins de ce très grand millésime, celui-ci est en train de se fermer. Mais on sent une très belle fraîcheur qui s’accompagne de beaucoup d’intensité dans les saveurs. La longueur impressionnante annonce un très grand classique. (18,5/20)

Château Meyney 2011

La structure est ferme et ce vin semble aussi dans une phase austère. Bonne précision dans les saveurs, même si cela semble un peu mâché pour l’instant. (15,5/20)

Château Meyney 2012

Une vrai réussite que ce vin fin, précis et long en bouche. J’ai beaucoup aimé son équilibre quasi-parfait entre tanins et fruit. (17/20)

Château Meyney 2013

Un bien joli vin dans un millésime difficile. Précis et fruité, assez soupe et agréable dès maintenant. (16/20)

Château Meyney 2014

Encore une fois la qualité du fruit ressort. La matière a clairement plus de potentiel que pour le 2013, et, logiquement, l’extraction est plus importante. Du coup le fruité exalté est souligné par une belle structure et prolongé par une excellente longueur. (17,5/20)

Château Meyney 2015

Encore plus d’intensité que le 2014. Il faudra attendre la mise en bouteille définitive mais ce vin est très prometteur, complet et long. (18,5/20 : note provisoire)

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Château Grand Puy Ducasse

Les 40 hectares du vignoble de ce Grand Cru Classé sont répartis sur trois grandes parcelles dans l’aire de Pauillac. On doit cette configuration originale à son fondateur, Pierre Ducasse, qui a rassemblé sous un même nom ce vignoble au XVIIIème siècle. Fait unique parmi les crus classés de cette appellation, les bâtiments, dont la belle maison 18ème, se trouvent dans la ville de Pauillac et regardent l’estuaire à travers la rue qui longe les quais (voir photo). Il appartient à CA Grands Crus depuis 2004 et Hubert de Boüard en est l’œnologue conseil, comme à Meyney.

Château Grand Puy Ducasse 2006

J’ai été gêné par une pointe d’amertume en finale ainsi que par un profil sec et anguleux de ce vin. Ce n’est pas un mauvais vin, mais il est loin de la qualité de Meyney dans ce millésime. (15/20)

Château Grand Puy Ducasse 2007

Joli fruité et un vin assez complet qui me semble bien réussi dans ce millésime. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2008

A toute l’austérité qui est si typique de ce millésime; A attendre impérativement car peu de plaisir pour l’instant. (14,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2009

Le profile atypique est chaleureux de l’année l’aide beaucoup par rapport aux trois millésimes précédents. Long et intense, bien fruité, mais avec juste une pointe d’alcool en finale et une petite touche d’amertume dans les tanins. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2010

Vin aussi intense que complet. Très belle équilibre entre fruité, acidité et structure tannique. Aussi beau que long. Facilement le meilleur millésime de ce château dans cette série. (17,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2011

Très bon aussi, dans un millésime qui n’a guère attiré des louanges pourtant. J’aime aussi son équilibre qui repose en partie sur un refus de trop extraire. (16/20)

Château Grand Puy Ducasse 2012

Le bois domine trop le nez pour le moment, et la matière me semble anguleuse avec une finale très sèche. Préférez le 2011 ! (14/20)

Château Grand Puy Ducasse 2013

Bien plus harmonieux au nez que le 2013. Vin juteux et frais, donnant encore une réussite dans un millésime pas évident. (15,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2014

Le fond est puissant mais il embarque avec lui un très joli fruité et des tanins murs. Très bon équilibre. (16,5/20)

Château Grand Puy Ducasse 2015

On sent davantage de densité qu’avec les autres millésimes sauf le 2010. Mais il est austère pour l’instant et les tanins finissent un peu sec. A voir plus tard (pas noté car je suis incapable de le juger à ce stade).

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Château La Tour de Mons

Les 48 hectares du vignoble de ce Cru Bourgeois sont répartis dans la partie Nord de l’Appellation Margaux, sur les bords de la Garonne. Le vignoble est planté ainsi: 56% merlot, 38% cabernet sauvignon, 6% petit verdot. Le domaine est administré par CA Grands Crus depuis 2012 seulement, donc seuls les 4 derniers millésimes dégustés ont été réalisés sous sa responsabilité. L’œnologue conseil est Eric Boissenot.

Château La Tour de Mons 2006

Un joli nez fumé et un palais intense mais trop austère. Finit sèchement. (13,5/20)

Château La Tour de Mons 2007

Plus souple, ce qui donne un vin agréable qui exprime un fruité arrondi dans ce millésime peu côté (14/20)

Château La Tour de Mons 2008

Plus complet que le 2006, mais il garde le profil austère typique de l’année. (14/20)

Château La Tour de Mons 2009

Le richesse de ce millésime lui fait du bien. Il n’abandonne pas son carapace austère mais il a plus de fruit et une belle longueur. (14,5/20)

Château La Tour de Mons 2010

Le nez est fin et les arômes sont empreints d’élégance. Si la structure reste ferme à ce stade, l’équilibre est là. Un bon vin. (15/20)

Château La Tour de Mons 2011

Je découvre un peu ce millésime dont on parle si peu et je trouve encore un très joli vin avec un fruité joyeux, de la finesse et une belle structure qui joue les prolongations. (15,5/20)

Château La Tour de Mons 2012

Peut-être est-il en phase de fermeture mais ce millésime me parait serré et assez austère, bien que les saveurs aient une bonne précision et que les tannins soient fins. (15/20 ?)

Château La Tour de Mons 2013

Vin plus claire, dont l’extraction a été allégée à juste titre. C’est une réussite dans ce millésime. (14/20)

Château La Tour de Mons 2014

Un très joli vin, avec un beau fruité et des tanins raisonnables, donc en phase avec la matière. (15/20)

Château La Tour de Mons 2015

Le potentiel est bien là, avec de l’intensité, beaucoup de fraîcheur et une bonne longueur. (16/20)

 

Conclusion

Trois domaines manifestement très bien gérés et dont les progrès, en matière de précision et de finesse, m’ont semblé évident sur les derniers millésimes.

Cerise sur le gâteau : les prix sont très abordables pour leurs catégories respectives.

 

David


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Magie noire

Cette modeste bouteille – du moins modeste par la taille – m’a été offerte il y a bien longtemps par le dénommé Hervé Bizeul. Quand ? À dire vrai, je ne sais plus. Si ce n’est que je crois bien que c’était peu avant son installation en Roussillon. Avec son ami Jérémy Gaïk, alors directeur du Mas Amiel, bien avant l’arrivée d’Olivier Decelle, l’actuel propriétaire de ce domaine légendaire, en bon ancien sommelier fan de vins doux naturels, Hervé s’était fendu d’une cuvée dédiée à la magie du chocolat. Je pense que le Salon du Chocolat à Paris fut, à l’époque, l’événement fondateur de cette cuvée aujourd’hui rangée dans les oubliettes de l’histoire du vin.  Le grenache noir et le schiste au service du chocolat, voilà ce qui, à mon humble avis, excite le plus l’esprit et les papilles du dégustateur forcément « averti » qui, comme chacun sait en vaut deux.

wp_20161103_010Ah, l’éternel imbroglio des mariages ! Pourquoi diable un Maury tiré d’une cuve parmi d’autres devient un super champion lorsqu’il affronte le chocolat, le vrai, le tannique et fort en gueule ? Est-ce le grenache, le schiste, le soleil, la maturité, l’âge des vignes ? Fichte, je n’en sais rien et d’ailleurs peu importe puisque les trois quarts du temps la rencontre entre les deux protagonistes procure éclats et merveilles de sensations. Pragmatique, mais aussi un tantinet rêveur, tout en étant un rien perfectionniste Hervé Bizeul avait-il imaginé ce vin en songeant peut-être au graal du mariage parfait ? Nul ne le sait. Pourtant, force est de constater que, comme à son habitude, le bougre avait raison. Et j’ai pu le remarquer par la suite, à l’époque, quand le vin était aussi jeune que noir, cette union franche et massive marchait formidablement bien.

L’expérimentation me paraissait novatrice, même si tout dégustateur bien informé savait déjà que Maury, Rivesaltes et Banyuls étaient de ces breuvages capables de prouesses sur le chocolat, y compris dans la rencontre avec des formules-uns fort cacaotées que l’on dénichait déjà chez Valrhona à Tain-L’Hermitage ou chez le sorcier en la matière, Robert Linxe à Paris, un homme depuis décédé. Bref, j’avais goûté et apprécié ce Maury dans le style vintage et j’en avais même fait écho dans je ne sais plus quelle revue. Par ailleurs, le flacon était tellement beau et moderne dans son étiquette remplie de mots évocateurs (tout le monde le fait aujourd’hui…) que je m’étais promis de le déguster de nouveau un jour. En attendant, il trônerait en bonne place dans un petit recoin du décor ma cave, pour le simple plaisir des yeux.

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Jusqu’à ce soir où, pour accompagner un dessert surprise créé par mon épouse, Brigitte : des rondelles de banane, une crème fraîche légèrement fouettée, des canneberges en quantité, des brisures d’un chocolat fourré aux zestes d’orange confite et d’un autre très noir (85 % de cacao) tous deux signés Michel Cluizel à Paris, j’ai craqué. Aujourd’hui, toujours noir de robe, à peine tuilé, nez épicé, mon Maury a conservé la puissance nécessaire, un aspect brut de décoffrage proche d’une sensation de rusticité, ce qu’il faut de suavité et d’onctuosité, l’étonnante saveur cacao bien ancrée dans le palais, le fumé, les épices, le moka, le fruité confit (raisins secs, cerise) et les tannins qui frétillent d’impatience à l’idée d’affronter un tablette ou un gâteau le plus chocolaté possible. De plus, sans parler de la longueur, une agréable et légère amertume vient renforcer la sensation de fraîcheur en bouche. On lui donnerait des forêts de cacaotiers sans confession tant il est taillé pour le job. Bref, du grand, du beau, du pur qui suggère aussi la dégustation d’un beau havane.

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Je l’ai déjà dit ici, l’AOP Maury – pour le moment excitée par sa production de rouges « secs », un peu comme à Rasteau d’ailleurs -, regorge de ces cuvées presque basiques dans leur conception, des « vintages » si peu en contact avec le bois qui trop souvent, faute de préparation et de réflexion, vient détruire tout le travail d’une belle vendange. Les prix de ces vins de méditation sont encore abordables et si l’on prend la peine de les attendre à l’abri de toute lumière, bouteille debout si possible afin d’éviter de désastreux goûts liégeux (il suffira tous les 3 ou 4 mois de retourner le flacon pour que le vin humecte le bouchon), on pourra s’attendre au bout de dix ans au moins à un long et dépaysant voyage oriental en dégustant quelque chose d’unique et de magique, un vin original que les vilains étrangers ne nous piqueront pas comme cela a pu se faire avec le Porto ou le Jerez. Mais gare aussi chocolat, capable à la fois de prouesses gustatives et de désastres ! À l’approche des fêtes, il convient de bien le choisir et de refuser tout achat de grandes marques à prix sacrifiés ou non.

Quant au vin, à défaut de l’acheter au Mas Amiel, un endroit hors du temps à 30 minutes de Perpignan où l’on trouve un délicieux Vintage Réserve 2015 (autour de 20 €) ainsi qu’une collection de vins doux « oxydatifs » qui ont aussi leurs mots à dire sur des desserts cacaotés, je vous soumets ce petit calcul d’épicier : sachant qu’un flacon de Maury « Grenat » 2015 s’achète 8 € à la cave coopérative fondée en 1910, que l’on ajoute à une tablette de Valrhona « Abinao«  (85% cacao) à 3,95 €, on débourse 11,95 € pour une dégustation à quatre personnes ! Bien sûr, pour corser la chose on pourrait dépenser plus en ajoutant par exemple quelques chocolats de crus de Valrhona. Force de reconnaître que se farcir une belle dégustation pour moins de 12 € c’est plutôt rare ! Et c’est plus utile pour le goût que se coltiner une primaire électorale lors d’un beau dimanche automnal.

Michel Smith

Hervé Bizeul, pour ceux qui l’auraient oublié, est le fondateur et l’animateur du mythique Clos des Fées dans le Roussillon.

-Pour les nostalgiques : Black Magic Woman de Carlos Santana. Ça marche bien aussi sur un Maury

maury