Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


6 Commentaires

Louro et As Sortes, vertigineux Godello de Valdeorras

Nature sauvage et superbe, aux confins de l’Espagne du Nord-Ouest, là où la Galice touche la Castille. Relief montagneux aux contrastes d’ombre et de lumière parfois tellement violent que le paysage se voit en noir et blanc. La vigne s’accroche aux pentes raides, comble les vallons, profite des entrées maritimes. Un pays rude !

2_serra_lastra-slider

D.O. Valdeorras

map_spaindovaldeorras

Les 2.700 hectares de la petite appellation Valdeorras se situent à l’est de la province montagneuse d’Ourense, sur les bords du fleuve Sil. Une grande partie des vignes sont cultivées sur les anciennes terrasses fluviatiles… et produisent les vins les moins intéressants. Il faut escalader les pentes raides faites de schiste* et de granit pour trouver la meilleure expression du Godello, un cépage blanc local**.

La vigne jouit d’un contraste climatique important. Les influences maritimes tempérées s’y heurtent aux variations continentales, une combinaison génératrice d’un microclimat particulier : précipitations importantes de 850 à 1.000 mm, printemps chaud mais court, été très ensoleillé 2.700 heures avec des températures avoisinants les 44°C, hiver froid sans être rigoureux -4°C en moyenne, vents parfois violents quand la brise marine rencontre l’air sec en provenance de la meseta.

*la province est le premier exportateur mondial de schiste

**On le trouve aussi dans le nord du Portugal et dans la proche Castille, mais son origine est bien galicienne

 Rafael Palacios

val_do_bibei                                                           Val do Bibei

Une création relativement récente, la bodega date d’il y a à peine 13 ans, générée par une longue réflexion sur le potentiel du terroir de Valdeorras. Les premiers contacts avec la région remontent à quelques années avant. Temps où Rafael quittait la bodega parentale, sise en Rioja Baja, pour vinifier les raisins de quelques domaines galiciens. Tombé amoureux du Val do Bibei, la vallée la plus méridionale de l’appellation, il y achète les plus vieilles vignes. Ce sont les plus hautes, délaissées par les viticulteurs du coin. Il réussit à rassembler 12 ha, entrelacs morcelés de terrasses vertigineuses qu’il lui faut restaurer. Incrustées dans le schiste et le granit, les vignes de Godello revivent et donnent un premier vin As Sortes en 2004. Un an plus tard, il sort une deuxième cuvée Louro do Bolo qui devient Louro tout court lors de la création du Bolo, entrée de gamme produite à partir de 2011.

valdeorras

Les parcelles se situent à Santa Cruz do Bolo et présentent des sols différents du reste de la DO Valdeorras. Ici, le granit règne et offre sa couche superficielle décomposée en sables à gros grains. Terre acide où brillent selon l’inclinaison du soleil les cristaux de feldspath, de mica et de quartz qui confèrent une impression minérale*** aux vins. L’altitude varie de 650 à 720 mètres. Conduite en biodynamie.

*** Sorry, David!louro

 Louro 2014 D.O. Valdeorras

Vert jaune lumineux, le nez reste discret et chuchote quelques impressions de pâte d’amande et de pistache, de fleurs blanches et de groseille à maquereau. La bouche coule fraîche, minérale, avec beaucoup de retenue au début, puis, dégringolent les notes de fraise, d’amande, de poivre, de jus de citron jaune, de carambole. Jamais en force, toujours délicat et soutenu par une vivacité presque endiablée.

 

Louro fermente en foudres de 3000 litres pendant un mois, et y est élevé pendant 5 mois supplémentaires

As Sortes* Val do Bibei 2014 D.O. Valdeorras

 Vert pâle à reflets dorés, le nez perçoit le grillé de l’élevage, six mois en grands foudres de chêne. La bouche précise le minéral. Plus ample, plus profonde, elle prononce avec une netteté aérienne les arômes de fruits secs, d’agrumes, d’éclats de pierre, de plantes de montagne. La fraîcheur ambiante dynamise la structure et le très bel équilibre.

 

As Sortes fermente pendant un bon mois en foudres de 500 litres, et elle y passe encore 6 mois d’élevage115201-rafael-palacios-as-sortes-flasche

*As Sortes signifie littéralement en galicien “lots reçus en héritage”. Le système traditionnel de succession en Galice prévoit que chaque enfant reçoive une partie de chaque parcelle de terrain – ce qui a entrainé un morcellement incroyable des terres. Une parcelle de un hectare peut être facilement divisée en 10 «sortes». Rafael emploie le mot au pluriel pour signifier que le vin est issu de nombreux lopins.

rafael-palacios-vinedo-valdeorras 

www.rafaelpalacios.com

https://www.labuenavida.be/fr

Ciao

rafa_palacios_logo_250x250_px

Marco


Poster un commentaire

Experiencia VEREMA Barcelona 2016

unnamed

La 4ème Expérience Verema Barcelona 2016  s’est tenue  lundi  14 novembre au Museu Marítim de Barcelona.  Une petite centaine de bodegas nationales, des distributeurs et des professionnels du secteur s’y étaient donné rendez-vous. J’y étais aussi.  Ma première impression a été celle d’un Salon en perte de vitesse, elle s’est confirmée après un premier tour de salle : la moitié des domaines exposants étaient catalans, avec une forte présence du Penedès et des Cavas, l’absence des «stars», la faible visibilité du Priorat, de Montsant, et de l’Empordà, pratiquement pas de nouveaux venus, et quelques rares domaines du reste de l’Espagne.  A Verema, j’attendais plus de découvertes, plus de petits producteurs, plus de fraîcheur, enfin plus de participation nationale. En réalité, j’ai comparé avec la liste de l’année dernière et c’est pratiquement la même, sauf nos amis de Toro qui étaient absents.  Tout ça au final, est assez normal, beaucoup de domaines se sont fait représenter par leurs distributeurs catalans, ce qui est à la fois moins onéreux et moins prenant pour eux, mais un peu frustrant pour les visiteurs!  Je n’avais pas établi de planning de dégustation car je ne pensais pas pouvoir y participer. Je m’en suis donc remise au hasard des sollicitations et de mes envies.  Je vous livre quelques unes de mes sensations:

Ma première halte a été pour  le Celler Lafou (Terra Alta) qui appartient au Groupe Ramon Roqueta, j’y ai dégusté :

img_2164

Oenologue et ambassadeur du Groupe

  • Lafou Els Amelers 2015, un vin 100% grenache blanc dont j’ai aimé la vivacité, la légèreté de son parfum, son onctuosité et  sa fraicheur. Jolie structure dans une bouche tendue par une bonne acidité, le tout offrant un équilibre élégant.
  • img_2169

PVP : 13,50€ ça m’a paru un bon rapport qualité/prix

  • Lafou El Sender 2014  Garnacha, Syrah, Morenillo, sa couleur peu profonde annonce un vin léger, nez très agréable de fruits noirs frais, bouche gourmande, fruitée et épicée, finale assez vive et légèrement tannique. Un vin de soif  facile à comprendre et à boire.
  • img_2170

PVP : 9,95€ J’achète.

  • Lafou de Batea 2010 Garnacha, Syrah, et Cabernet Sauvignon

Le nez est parlant, fruits rouges, notes balsamiques, fruits secs, des touches de sous-bois, il est relayé par une bouche profonde et fraiche à la finale persistante. Dommage qu’il manque un peu de personnalité car le prix est élevé !

img_2171

PVP : 36,45€

Tout près, Edetària, un autre domaine de Terra Alta que j’aime beaucoup, c’est par ailleurs la référence incontournable de l’appellation, je  m’y suis arrêtée, attirée par 4 cuvées mises en avant sur sa table et que je n’avais jamais goutées. Joan Àngel Lliberia, m’a expliqué qu’il avait voulu se faire plaisir, et qu’il s’agissait de micro-cuvées.

img_2184

Joan Angel Lliberia, le vigneron

  • Finca La Terrenal D’Edetària 2014,  issu de vieilles vignes de grenache blanc sur argile.  Le volume est là, l’onctuosité aussi accompagnée d’une intéressante complexité,  le tout prolongé par une finale fraiche.

PVP: 37,90€

  • Finca La Guenuïna d’Edetària 2014, un rouge issu d’une sélection des meilleures vignes de grenache “fina”, se serait un clone de grenache propre à la Terra Alta. Un nez de garrigue et de fruits rouges, une bouche mure, un rien de rusticité qui ne m’a pas déplu, un air du midi, des tanins doux.

PVP : 37,90€

  • Finca La Pedrissa d’Edetària 2012, 100% carignan de vignes de plus de 80ans. Un nez  intense à la fois floral et fruité, l’attaque en bouche aimable est trompeuse, elle cache la puissance du vin. J’ai aimé ce vin plein et gourmand, il m’a rappelé certains grands Corbières.

PVP: 37,90€

  • Finca La Personal d’Edetària 2014, un rouge issu d’une seule parcelle de garnacha tinta “peluda”, de plus de 60 ans,  une mutation du grenache adaptée à la Terra Alta. Il n’en resterait que 50ha en Catalogne et 5 sont chez Edetaria. Un vin très méditerranéen avec ses notes de garrigue, et balsamiques, la bouche est très fruitée fraiche et persistante.

PVP: 37,90€

img_2181

  • Edetària Selecció 2014, issu d’un assemblage de garnacha peluda 60%, garnacha fina 30% et carignan 10%. J’aime beaucoup cette cuvée sans prétention qui pourtant ne manque pas de caractère. Elle a tout pour plaire, le fruité, les épices, suffisamment de structure mais avec des tanins lisses, la gourmandise et un zeste de complexité élégante. Son prix est aussi plus doux : 21,90€.

J’ai quand même fait part aussi bien à Joan Ramon de Lafou, qu’à Joan Angel  de mon désaccord sur les prix, en effet, je trouve le prix de leurs cuvées spéciales un peu élevé, ça les a fait rire à tous les deux, la production étant anecdotique entre 1200 et 1500 bouteilles, elles ne sont pas là pour être absolument vendues ; elles servent surtout à les positionner en qualité : c’est leur cuvée haut de gamme ! Mais elles se vendent bien quand même, ont-ils ajouté !

Après la Terra Alta, à la table voisine, le Priorat avec Clos Figueras,

Christopher Cannan était là avec sa fille, l’occasion de partager un moment amical, il ne faut rater ces instants privilégiés. Il m’a confirmé ce que j’entends chez beaucoup de domaines  : les ventes sont reparties, en ce qui les concerne ils manquent même de vins, ça fait plaisir à entendre car il n’y a pas si longtemps que ça, le discours n’était pas le même.

img_2178

Christopher Cannan avec sa fille Ann

  • Serras del Priorat 2015, Garnacha, Cariñena, Syrah, Cabernet Sauvignon.  Un vin qui témoigne de l’évolution du Priorat, qui peut surprendre mais en aucun cas laisser indifférent. Il a su garder les accents du Priorat, mais allégés, rajeunis, beaucoup de fruits rouges sauvages, une structure des plus aimables, pas chargé en alcool, une fantastique fraicheur. Un vin fin, élégant et équilibré que beaucoup n’attendent pas dans le Priorat et encore moins à ce prix :

PVP : 15,50€

  • Font de la Figuera 2013, Grenache, Syrah, Carignan et Cabernet Sauvignon issu des vignes les plus jeunes. Un vin puissant qui offre une grande expression fruitée, la bouche est riche mais fraiche, il vaut mieux le boire jeune pour profiter de ce fruit frais.

PVP: 24,50€

  • Clos Figueres 2012, Carignan, Syrah, Mourvèdre, et Cabernet Sauvignon  issu d’un terroir exceptionnel, de vieilles vignes  avec un carignan qui domine l’assemblage et qui donne au vin beaucoup de son caractère. C’est un Priorat très séducteur, un grand classique revu pour gagner en élégance et en fraicheur. Il garde la personnalité des vins de la zone, tout le fruit, la minéralité, les épices, la structure, le volume, le tout accompagné d’une magnifique acidité. Le boisé est très bien intégré. Un grand vin pour un prix raisonnable, on a tellement reproché aux Priorat d’être hors de prix !

PVP : 48,50€

img_2179

J’ai choisi de continuer avec le grenache, chez  Bodega Mustiguillo

img_2174

j’ai retenu sa toute dernière création La Garnatcha 2015, une cuvée qui annonce sa couleur, il est vrai que chez ce domaine on s’attend plutôt à boire du Bobal, qui est sa spécialité(le domaine se situe à UTIEL). Cette fois-ci Toni Sarrión a sans doute voulu  lui aussi, répondre à la demande du marché, mais surtout tel que je le connais se mesurer avec ce cépage, et voir ce qu’il était capable d’en faire. Il a choisi pour élaborer sa Garnatcha, une parcelle à 800 mètres d’altitude plantée en gobelet sur des sols crayeux d’origine dolomitique, cultivée en BIO. Il la définit lui-même par rapport aux autres Grenaches : entre le style méditerranéen et le style atlantique, sans l’exubérance des grenaches d’Aragon, moins raffinée que celles de Mentrida ou de Madrid, moins puissante que celle du Priorat ou de Montsant…. Pourquoi pas, mais personnellement, je n’ai pas cherché à la comparer aux autres grenaches espagnols, mes repères sont plutôt le Rhône ou le Roussillon. Le nez est subtil et frais avec une maturité confinée  et quelques arômes floraux et fruits rouges. La bouche est délicate, de densité moyenne, les tanins  sont fins, la texture crayeuse caractéristique des sols riches en calcaire, la finale ne manque pas de nerf et révèle, le tout est équilibré une bonne acidité. Ça me rapprocherait plutôt du Rhône. 12.400 bouteilles produites

Ne contient que 13,5% d’alcool…

img_2172

PVP: 17,15€

Allez, abandonnons les grenaches, j’ai trouvé sur mon chemin un petit domaine de la Rioja, profitant de la présence du vigneron dont j’entends beaucoup parler, mais que je ne connaissais pas encore, j’ai posé mon verre et je l’ai écouté. Il fait partie des « NATURES », je le savais, mais sa causerie me l’a confirmé.

El Vino Prodigo, c’est en 2011 que Pedro Peciña a créé son domaine à San Vicente de la Sonsierra, son village natal. Les raisins, du tempranillo,  proviennent de petites vignes voisines plantées en gobelet, il y a 37 ans à 550m au dessus du niveau de la mer.

img_2188

  • Placeres Sensoriales 2015: un vin de tempranillo, nature, une macération carbonique traditionnelle qui donne un vin étonnant, très fruité, très frais et très expressif. La bouche est savoureuse, plutôt gourmande. Pedro explique que son seul objectif est celui de reproduire le travail, la façon de faire de ses grands-parents  dans un temps où l’on n’avait pas recours à l’œnologie ni à la technologie et où les vins avaient réellement le gout de vin ! Ce discours est très à la mode en ce moment dans le vignoble espagnol : retrouver le gout du vin des anciens. J’ai toujours envie de leur demander s’ils l’ont vraiment gouté ce vin là ? Sincèrement je ne le crois pas, mais moi oui, mon oncle en faisait, et la plupart du temps c’était de « la piquette » qu’on aimait certes parce qu’on s’y était habitué, mais de la piquette quand même,  plus proche du vinaigre que du vin. Pas de technologie, un vin nature, quoi ! Mon premier émoi en matière de vin ! Ça n’est pas le cas chez Pedro, son vin est convaincant, mais ne ressemble pas à celui élaboré par nos aïeux, il est bien meilleur. Tant pis si je lui fais de la peine.
  • La Viña de la Merce 2013, entre classique et moderne. Il a appelé ce vin Merce, le prénom de sa mère, il a été élevé 14 mois en barriques de chêne français, et ce boisé légèrement toasté ressort au nez accompagné de notes balsamiques. Le fruit arrive à passer par-dessus,  mais n’est pas très intense. La bouche est aimable, assez ronde, le boisé est assez bien intégré, c’est un vin moderne, frais,  facile à boire.
  • img_2191

PVP: 9,40€

  • Prodigus Venit, toujours des vieux Tempranillo de 80ans d’âge plantés à 550m, issus d’une vigne pré-phylloxérique, fermentation, macération et stabilisation en cuves béton, suivi d’un élevage en barriques mixtes neuves de chêne américain et français de 9 mois.  Pedro nous martèle son discours une fois de plus: éviter que l’œnologie moderne n’intervienne au moment de l’élaboration. C’est toujours le même but qui est recherché « satisfaire les amateurs de vins à la recherche de l’essence de la tradition d’une zone exclusive… » Je vous laisse méditer.  La production est limitée à 3800 bouteilles, tant mieux car ça n’est pas un vin tout public ! La bouche est dense, structurée, les fruits noirs et les épices se mêlent à des notes de sous-bois, les tanins sont encore fougueux, la finale est fraiche. Un vin qui ne laisse pas indifférent, surtout si on le goute avec Pedro : l’homme est passionné, sincère et, il arrive à faire passer de l’émotion dans ses vins. Il faudra que je le déguste en dehors de sa présence, pour voir vraiment ce que j’en pense, je me méfie  souventde ma première impression.
  • PVP : 21,70€ pour un «  vin d’auteur », c’est un prix raisonnable!

img_2190

Ce domaine a été une bonne surprise, un air de fraicheur dans cette salle ! C’est ce genre de domaines que j’espérais trouver en plus grand nombre dans ce Salon. Vendu en France par Vinosofos

Je vous passe les dégustations des domaines connus, je n’y apporterai rien de nouveau. J’ai terminé par un cava.

Chez Cavas Torelló, un domaine familial du Penedes, j’ai gouté entre autres la dernière cuvée haut de gamme:

  • Cava Torelló by Etsuro Sotoo, un Hommage à leur propriété de Can Martí, d’où sont originaires leurs vins et cavas. Etsuro Sotoo, est un  sculpteur japonais de la Sagrada Familia. Elaboré à partir des cépages traditionnels du cava, Chardonnay: 29%, Xarel·lo: 26%, Macabeo: 24%, Parellada: 21%  de la Finca de San Marti, il s’agit d’une édition spéciale limitée à 10.000 bouteilles.     La bulle est fine et persistante, la bouche est aimable, crémeuse, structurée, la bulle est très bien intégrée ; c’est une cuvée complexe, riche, mure, elle est restée 50 mois sur lies en bouteilles, c’est donc un Gran Reserva, un cava qu’il faut plutôt réserver à la table.

12% Vol.

estoig-ampolla

PVP :39€

En guise de conclusion :

J’ai quand même pu constater que beaucoup de domaines avaient sorti une cuvée de Grenache, confirmant ainsi la forte poussée de ce cépage en Espagne, depuis le succès des grenaches de Gredos ! Il y a même une association qui s’est créée en 2012, plusieurs de ses membres étaient présents: Clos Figueras (DOQ Priorat), Edetària (DO Terra Alta), Lagravera (DO Costers del Segre), La Vinyeta (DO Empordà), Masia Serra (DO Empordà), Viladellops (DO Penedès) Vinyes Domènech (DOQ Priorat i DO Montsant). Tous sont de bons domaines.

 427626_318813614845495_1849740100_n

 

Hasta Pronto

Marie-Louise Banyols

 

 

 

 

 

 

 


6 Commentaires

Vini, Birre, Ribelli

image001Une petite annonce pour un très sympathique salon de vins et bières qui se tiendra fin du mois à Bruxelles et qui m’y verra longtemps déguster.

Il y aura là une foule de domaines italiens, notre ami Luc, une flopée de brasserie belges et d’ailleurs, des vins français bien entendu et …

en voici la longue liste, certes indigeste à arpenter d’un seul trait

Cuatro Manos ARG Mendoza
Ploder Rosenberg AT Vulkanland Styria
Lijsternest B West-Vlaanderen
Weingut Clemens Busch D Mosel
Brand & Fils FR Alsace
Marcel Deiss FR Alsace
Durrmann A. & A. FR Alsace
Domaine Fleith FR Alsace
Pierre Frick FR Alsace
Geschickt FR Alsace
La Grange de l’Oncle Charles FR Alsace
Kumpf & Meyer FR Alsace
Christophe Lindenlaub FR Alsace
Lissner FR Alsace
Mann (Eguisheim) FR Alsace
Catherine Riss FR Alsace
Valentin Zusslin FR Alsace
Rémi Dufaître (Botheland) FR Beaujolais
France Gonzalvez FR Beaujolais
Yohan Lardy FR Beaujolais
Julien Merle, Vigneron Contemporain FR Beaujolais
Anthony Thevenet FR Beaujolais
Karim Vionnet FR Beaujolais
Château Gombaude-Guillot FR Bordeaux
Ormiale FR Bordeaux
Château Le Puy FR Bordeaux
Les Trois Petiotes FR Bordeaux
Domaine Ballorin & F FR Bourgogne
Sarnin-Berrux FR Bourgogne
Domaine Bourgeois-Diaz FR Champagne
Les Pieds sur Terre FR Jura
Domaine Arletaz FR Languedoc
Autour de l’Anne FR Languedoc

Domaine Beirieu FR Languedoc
Julie Brosselin FR Languedoc
Les Clos des Pères FR Languedoc
Mas des Caprices FR Languedoc
L’Escarpolette FR Languedoc
Domaine d’Emile et Rose FR Languedoc
Lous Grezes FR Languedoc
Monts et Merveilles FR Languedoc
Le Petit Domaine FR Languedoc
Julien Peyras FR Languedoc
Pinto FR Languedoc Domaine Romain Pion FR Languedoc
Domaine Ribiera FR Languedoc
Domaine Thuronis FR Languedoc
Les Vignes d’Olivier FR Languedoc
Gregory White FR Languedoc
Wine Drop FR Languedoc
Andrée FR Loire Domaine de Beaumont FR Loire
Domaine Breton FR Loire
Chahut et Prodiges FR Loire
Domaine des Hauts Baigneux FR Loire
Complémen’ Terre FR Loire
Sébastien David FR Loire
Ferme du Mont Benault FR Loire
Laurent Herlin FR Loire
Rémi Sédes FR Loire Le Domaine de la Petite Soeur FR Loire
Le Sot de l’Ange FR Loire
Château Bas FR Provence
Château Gasqui FR Provence
Domaine Milan FR Provence
Domaine de Sulauze FR Provence
La Tour du Bon FR Provence
Domaine Rouge Bleu FR Rhône
Domaine de la Coume Majou FR Roussillon
Jolly-Ferriol FR Roussillon
Domaine des Mathouans FR Roussillon
La Nouvelle Don(n)e FR Roussillon
Château de Gaure FR Roussillon
Vignoble Reveille FR Roussillon
Vinoceros FR Roussillon
Château Les Vignals FR Sud-Ouest
Guirardel FR Sud-Ouest
Domaine de Brin FR Sud-Ouest
Les Hauts de Riquets FR Sud-Ouest
Château Lassolle FR Sud-Ouest
Clos Troteligotte FR Sud-Ouest
Domaine Ligas GR Pella
De Fermo (CoViBio) IT Abruzzo
Lammidia IT Abruzzo
Lunaria IT Abruzzo
Camerlengo IT Basilicata
Amigdala (Cataldo Calabretta) IT Calabria
L’Acino IT Calabria
La Cantina di Enza IT Campania
Cantina Giardino IT Campania
Pierluigi Zampaglione IT Campania
Agricola Villa Lupara IT Campania
Al di là del Fiume IT Emilia-Romagna
Andrea Cervini – Vino del Poggio IT Emilia-Romagna
Podere Cipolla di Bini Denny IT Emilia-Romagna
Croci IT Emilia-Romagna
Denavolo IT Emilia-Romagna
Le Grotte (Leoni) IT Emilia-Romagna
La Stoppa IT Emilia-Romagna
Orsi – Vigneto San Vito (CoViBio) IT Emilia-Romagna
Denis Montanar IT Friuli-Venezia-Giulia
Paraschos IT Friuli-Venezia-Giulia
Skerk IT Friuli-Venezia-Giulia
Damiano Ciolli IT Lazio
Costa Graia IT Lazio
Occhipinti Andrea IT Lazio
Piana dei Castelli IT Lazio
Podere Orto IT Lazio
Cantine Riccardi Reale IT Lazio
Tenuta Selvadolce (CoViBio) IT Liguria
1701 Franciacorta IT Lombardia
Vercesi del Castellazzo IT Lombardia
Ciù Ciù IT Marche
Luigi Giusti IT Marche

VI.NI.CA IT Molise
Bricco Ottavio IT Piemonte
Cascina I Carpini IT Piemonte
Cascina degli Ulivi IT Piemonte
Case Corini IT Piemonte
Tenuta Grillo IT Piemonte
Silvio Morando IT Piemonte
La Morella di Enio Ferretti IT Piemonte
Elio Sandri – Cascina Disa IT Piemonte
Casa Wallace (CoViBio) IT Piemonte
Lo Zerbone IT Piemonte
Petrera Pasquale (Fatalone) IT Puglia
Tenute Dettori IT Sardegna – Vins Libres Giuseppe Sedilesu IT Sardegna
Barraco IT Sicilia
Custodi delle vigne dell’Etna IT Sicilia
Daino IT Sicilia
Vini Enò-Trio IT Sicilia
Salvo Foti (I Vigneri) IT Sicilia
Maltese IT Sicilia W
Marino Abate IT Sicilia
Valdibella IT Sicilia
Alessandro Viola IT Sicilia F
Altura IT Toscana – Vins Libres Ampeleia IT Toscana – Vins Libres Podere della Bruciata IT Toscana
Podere Casaccia IT Toscana
Caspri IT Toscana
Podere Concori IT Toscana
Cosimo Maria Masini IT Toscana
Fonterenza IT Toscana – Vins Libres Fuori Mondo IT Toscana – Vins Libres La Ginestra IT Toscana
Macchion dei Lupi (CoViBio) IT Toscana
La Maliosa IT Toscana
Ottomani IT Toscana
Pacina IT Toscana – Vins Libres Santa 10 IT Toscana
Tenuta di Valgiano IT Toscana – Vins Libres Voltumna (CoViBio) IT Toscana
Foradori IT Trentino – Vins Libres Cantina Margò IT Umbria
Villa Calicantus (CoViBio) IT Veneto
Coletti IT Veneto Website – Vins Libres Cantina Filippi IT Veneto
Masiero (CoViBio) IT Veneto
Strekov 1075 SK Strekov

Distilleries et autres spiritueux

Entreprise Pays Ville Liens Distillerie Artisanale Bertrand Uberach F Alsace Distillerie

Nectar & Co B
Fernelmont (Namur)
Hydromelier

Brasseurs

Brasseries Pays Ville Liens Argo IT Lemignano (Parma)
Bendorf F Strasbourg (Alsace)
Brasserie du Brabant B Genappe (Brabant Wallon)
Brunehaut B Brunehaut (Hainaut)
Ça brasse pour moi B Boussu (Hainaut)
Cantillon B Anderlecht (Bruxelles)
Cloudwater UK Manchester

De Ranke B
Wevelgem (West Vlaanderen)
Website

Drie Fonteinen B Beersel (Brabant)
Dunham CAN Dunham (Québec)
En Stoemelings B Saint-Gilles (Bruxelles)
Nanobrasserie de l’Ermitage B Ixelles (Bruxelles)
La Franche F La Ferté (Jura)
Brasserie des Franches Montagnes (BFM) CH Saignelégier (Jura)
The Kernel UK London

Masia Agullons E
Sant Joan de Mediona (Catalunya)
M-C 77 IT Macerata (Marche)
Montegioco IT Montegioco (Piemonte)
Brasserie du Mont Salève F Neydens (Haute-Savoie)
No Science B Bruxelles
Racines (Brasserie de la Senne+ Bruton) B + I Bruxelles + Luca
Brasserie de la Senne B Molenbeek (Bruxelles)
Brasserie de Sulauze F Miramas (Provence)
Gueuzerie Tilquin B Bierghes (Brabant W.)
Toccalmatto IT Fidenza (Emilia-Romagna)

Verzet B
Anzegem (West Vlaanderen)

Birrificio Ventitré IT Grottaminarda (Campania)
Brasserie des Vignes F Graulhet (Sud-Ouest)

Ciao

Marco


11 Commentaires

Alsace, l’amer, c’est Sommer

Il paraît que l’amer sera la saveur hyper tendance de la décennie prochaine. Voilà qui nous permettra certes d’en parler sans circonvolution, ni bardé d’adjectifs «édulcorants», dans nos commentaires de vins. Finies les « fines amertumes délicates qui renforcent la fraîcheur », ouste les « bitters évanescents qui boostent la sapidité ». On parlera franco, on écrira « un bel amer qui soutient le vin » ou « superbe amertume qui avoue son nom » ou encore, « quel somptueux bitter qui s’insinue entre les méandres fruités de cette cuvée d’exception!« , et basta.

index

Notre amie Wiki nous rappelle que :

L’amer, appelé aussi amère ou bitter, est une liqueur apéritive fabriquée à partir de l’infusion de plantes amères. Certains amers entrent dans la composition de différents cocktails. Et nous tape une liste internationale ou figure l’Amer Sommer.

Les Abbot’s Aged Bitters aux États-Unis, l’Angostura au Venezuela, le Campari et le Fernet Branca en Italie ou encore le Cynar à base d’artichaut, le Gran Classico suisse et le Jägermeister allemand, l’Unicum hongrois… et bien d’autres. L’amertume est internationale!

L’Amer alsacien

14_20110704_103719                                                    ouais bon….

Revenons-en à l’amer alsacien, celui de la Maison Sommer. Bien loin de la multitude catalano-hispanique que Marie-Louise nous a joliment mise en vitrine, l’amer en Alsace ne jouit pas ou pas encore de la folie monomaniaque de nos amis ibériques. Mais, le bitter y existe depuis bientôt 150 ans. Né en 1885 près de Strasbourg, il s’est d’emblée destiné à aromatiser la bière. Ce sont Gustave Klein et Ernest Wanner qui ont mis au point la recette, qui privilégie l’agrume et la gentiane.

La macération

Les ingrédients macèrent longuement à l’abri de la lumière dans l’alcool le plus pur.

Durant cette phase, le parfum des écorces de mandarine et d’orange se mêle à la saveur particulière de la racine de gentiane accompagnée d’autres plantes et épices tenues secrètes. Le secret, c’est la recette du succès. Non ? D’ailleurs, chez Sommer, on dit « la composition exacte de l’amer Sommer est un secret bien gardé qui se transmet à chaque génération de «maître infuseur», selon un savoir-faire régional que nous perpétuons dans les caves de notre ancienne brasserie. » Elle se situe à Ingwiller, dans le Bas-Rhin, à l’orée du Parc naturel régional des Vosges du Nord.

sommer-authentique

L’Authentique

 C’est le premier créé de la gamme. Sommer fait aussi un amer sans alcool, un autre à l’eau de vie de bière et un sirop de citron.

Il coule comme une liqueur de marron dans le verre, il en a l’aspect et la couleur ambre teintée de rouge sombre. C’est encourageant, ça donne envie. Le nez d’emblée se plaît à respirer les senteurs d’agrumes, l’orange qui semble sanguine domine un temps, remplacé par la mandarine, puis par peut-être de l’armoise et du quinquina. La gentiane reste sous-jacente.

L’odeur amère (oui, je sais, on va me reprocher de sentir un goût, pourtant, il y a des amertumes qui se sentent), donc l’odeur amère semble aussi émaner de la fève de cacao ou de quelque chose de torréfié. D’ailleurs, en bouche, le chocolat apparaît souligné de réglisse et nappé d’un concentré d’artichaut qui fait penser au Cynar en moins amer. Un peu de poivre et de cardamome ajoutent leur pincée épicée au mélange. Quant à la texture du breuvage, il a l’onctuosité d’un sirop, dû probablement à la teneur en sucre assez importante, mais je n’ai aucune info sur ça. Avalé, l’amer sucré persiste un long moment.

Ça, c’est tout seul, mais cet amer est prévu pour être mélangé. À l’origine, à de la bière blonde, mais aujourd’hui, la marque propose différents cocktails et emplois culinaires.

Il est vrai que son onctuosité lui permet de caraméliser par exemple des foies de volaille… Quant aux cocktails, on nous le présente avec du Crémant d’Alsace (qui fête ses 40 ans), avec du pastis, du tonic, différents jus, du vermouth, du rhum façon mojito, …

 

J’ai essayé

9_cocktailnoeletcremantfb 

Avec un Crémant, j’en avais un d’ouvert et ça m’a plu. Les bulles acidulées amortissent avec aisance la douceur un rien insistante de l’amer et met en valeur la subtilité de l’amertume. C’est rafraîchissant et malgré la couleur de la mousse un peu bizarre, c’est très plaisant.

www.amersommer.com

10_20110704_101637

 

Voilà, jusqu’à la prochaine amertume délicate ou sensuelle ou subtile.

 

Ciao

 

KODAK Digital Still Camera

 

 

Marco


2 Commentaires

Loire 2016 –the agony and the ecstasy

img_6535

 

The last of the 2016 Pinot Noir arriving at
Domaine Vincent Delaporte, Chavignol (AC Sancerre)

IMG_6553.jpg
Carefully tipping the Pinot Noir onto the sorting table
@Domaine Vincent Delaporte 

img_6456
Cabernet Franc on Mi-Pente,
Domaine de la Butte, Bourgueil 

The universal refrain throughout the Loire is that 2016 is ‘a very complicated year’ – late April frost, poor flowering for some varieties, lot of mildew and then drought and heat in July and August. 2016 has been a natural lottery with clear winners and losers. There are those who have had the good luck to have escaped nature’s ravages and those who have lost and been left with nothing.

I do not recall another Loire vintage where there has been such a stark contrast between those who have ended up with an excellent harvest both in quality and quantity and those who have nothing at all or virtually nothing. It is not a question of one part of the Loire that has suffered more than others. Instead it is really a mixture.

Bourgueil and Chinon were badly hit by the frost and then by the other plagues that nature inflicted this year. Many on the gravel vineyards are harvesting perhaps 4 hl/ha sometimes less. Whereas walking up through the vines of Domaine de la Butte on Friday the Cab Franc looked good and if not plentiful and decent crop by volume. I gather there is an abundance of grapes in the vineyards of Pierre-Jacques Druet – now controlled by Ampelidae. This has been down to good fortune as Ampelidae didn’t take control until the 1st April, so the vines were pruned late and budding was delayed so missed the destructive frost at the end of April.

The difference in the Central Vineyards, where we are making a brief visit, is extraordinarily stark. In Sancerre many of the vignerons are ecstatic over the quality of the 2016 vintage. « The Sancerre reds are exceptional » said Alphonse Mellot Jr. « 28 hl/ha (normal for the Mellot reds) and around 14% potential and 4.5 acidity. I’m not sure at the moment about the exact yield for the whites but around 50-55 hl/ha with potential degrees varying between 12%-14%. However, at Les Pénitents (Côtes de la Charité) that was hit by frost we have only made 6 hl/ha for the whites (100% Chardonnay) and just 4 hl/ha for the Pinot Noir. »

We saw several Sancerre producers yesterday – Henry Natter, Benoît and Paul Fouassier, Adélaïde and Vincent Grall and Jean-Yves Delaporte, Natalie (his wife) and Matthieu – they were all very pleased with 2016. In contrast the Fouassier cousins reported that Philippe Gilbert, an excellent producer in  Menetou-Salon, which was hit badly by the April frost has only harvested between 4/5 hl/ha.

Truly the agony and the ecstasy!

img_6508
2016 Sauvignon Blanc at Henry Natter, Montigny (AC Sancerre)

ChevereJm 


9 Commentaires

Tourisme à Barcelone avec Julian Castagna

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Julian Castagna est un vigneron Australien installé à Beechworth, Victoria, et ses vins sont l’antithèse du modèle traditionnel de la viticulture australienne, à vrai dire, ils sont assez surréalistes, tout comme le personnage. S’il fallait le cataloguer, je le mettrais dans la catégorie des biodynamistes naturistes et «rationnels», mais ça ne dépeint pas vraiment l’homme. J’ai importé ses vins quelques années et nous entretenions de très bonnes relations.  C’est donc tout naturellement qu’il m’a demandé si je voulais bien lui faire connaître Barcelone – il avait réussi à  glisser un jour libre dans une de ses tournées européennes. Grâce à lui, je suis montée dans un bus touristique, j’ai découvert un nouveau domaine du Penedès et nous avons pu nous régaler de vieux millésimes espagnols qu’un ami a débouchés pour nous.

Une journée, c’est peu, mais, ce fut très intense, et tellement énergisant! Nous avons eu le temps de nous balader dans la vieille ville, d’aller savourer des tapas à la Boqueria – même si ça n’est plus ce que c’était, ça reste quand même exotique ! Evidemment, il fallait que je lui fasse goûter quelques vins catalans « natures » et pour ça, je l’ai emmené chez Joan Valencia, un distributeur spécialisé dans ce type de vins. C’est là que nous avons dégusté ceux de Joan Rubió, ancien responsable du vignoble et des vinifications chez Recaredo ; en 2015,  il a créé son propre domaine, Masia Cal Tiques, à Santa Margarida i els Monjos. Sa philosophie reste la même: travailler avec la nature, l’observer, la comprendre, la respecter, mais il a franchi un pas de plus, en choisissant de n’élaborer que des vins natures. Nous avons gouté ses trois blancs, tous vinifiés à partir de levures autochtones, tous sans DO:

Joan Rubió Essencial 2015 Blanc

C’est un 100% Xarel-lo, la vigne a été plantée en 1996, le vin a fermenté 10 jours dans une cuve inox, il a ensuite été élevé 3 semaines en fût de chêne et 6 mois en cuve. Volume : 10,5%

La production est de 3.050 bouteilles.

La couleur est paille, brillante, le nez dégage des notes de fruits blancs murs, la poire est très marquée, et se termine sur un fond d’herbes méditerranéennes, fenouil. La bouche est fraiche, nette, franche et assez persistante. Ce qui nous a frappés le plus: sa légèreté et l’énergie qu’il dégageait.

PVP: 16,70 €
img_1860

Joan Rubió Joanots 2015 Blanc

 Le vin est issu de vignes de Macabeu de plus de 40 ans plantées sur des sols argilo calcaires. Il a macéré 7 jours en cuves inox, 1/3 a terminé la fermentation en amphores de céramique,  et les 2/3 restants  en cuves inox. Il est resté ensuite 17 jours en amphores, 12 jours en barriques de chêne et 6 mois en cuve inox. Vol. 10,5%

Production 870 bouteilles

Prix Public: 19,60€

Sa robe est dorée, le nez est intense, les aromes sont ceux de fruits murs, la poire et la pomme golden sont très présentes, viennent  s’ajouter des notes de fenouil. La bouche reste fraiche, fruitée sur fond vanillé très léger, la finale est légèrement amère et longue. C’est un très joli vin, net, savoureux et tonique.

img_1859

 img_1860-joanats

Joan Rubió Tiques 2015

Le vin est issu de vignes de Xarel-lo plantées en 1998 sur des sols argilo calcaires. Le vin a fermenté 10 jours dans une cuve acier, suivi d’un passage de 3 semaines en futs de chêne, puis 6 mois en cuve inox.

L’arôme est net, élégant, il laisse une sensation de concentration, et de vivacité. C’est un vin jeune mais mur, la bouche est marquée par une acidité moyenne qui lui donne une touche de fraicheur et de profondeur. On perçoit les tanins qui apportent une structure intéressante qui donne une sensation de volume. C’est un vin équilibré qui transmet bien la typicité d’un Xarel.lo

Vol. 10,5%

Production 650 bouteilles

Prix public: 23,80€

img_1863

Un domaine à suivre, malgré sa faible production, mais si je vous en parle, c’est qu’il représente assez bien le nouveau visage viticole de l’Espagne: les grandes bodegas sont toujours là et savent se renouveler, mais, les viticulteurs pourvoyeurs de raisins, de plus en plus, créent leur propre domaine, de petite taille;  on voit également arriver des nouveaux venus, attirés par une vie plus saine, et tous semblent se tourner vers une agriculture écologique et beaucoup d’entre eux optent pour le vin naturel.

Le soir, nous sommes allés dîner à Monvinic, l’incontournable restaurant, reconnu comme un  temple du vin. Endroit à la mode certes, mais dirigé par des passionnés du vin, et de la bonne cuisine, Isabelle Brunet en est l’âme, elle a su s’entourer d’une équipe attentive et très compétente. Elle avait connu Julian Castagna lors de son séjour en Australie et tout naturellement, elle avait référencé ses vins.

isabelle_brunet

Isabelle Brunet dans la cave de MONVINIC

La rotation n’étant pas très importante, même ici, cela nous a permis de déguster des millésimes mûrs :

Castagna  2009 Allegro Shiraz Rosé

J’avoue que nous étions assez dubitatifs sur ce que nous allions trouver, sauf Julian qui lui, au contraire, se réjouissait. Bien entendu, la couleur était pelure d’oignon foncé, le nez nous a surpris, il s’est révélé assez complexe, offrant des notes florales et d’herbes sèches, un peu terreux sur la fin; la bouche était délicate et légèrement épicée, fluide et vivace.

Un vin évolué, je ne le cache pas, mais non dépourvu de charme, et qui n’a pas peur d’afficher ses beaux restes.

 Castagna 2005 Genesis Syrah

La robe est restée sombre, le nez était encore vibrant, épicé, offrant des notes florales et de sous-bois; la bouche était encore ferme, j’y ai même trouvé des notes des truffe et de cèdre. Les tannins étaient fondus, je crois avoir détecté des notes de violette en finale. Loin de s’affaiblir, il reprenait vie dans le verre et de la persistance en bouche. Un bien joli moment.

Julian nous a expliqué qu’il faisait aussi un vermouth , j’espère avoir l’occasion de le goûter un jour, moi qui suis fan des vermouths!

img_1869

JULIAN CASTAGNA

Le vin suivant nous a fait revenir en Espagne:

Viña Real Reserva 1982

C’est Christophe Brunet qui nous a amené cette bouteille, il voulait donner l’occasion à Julian de déguster un grand classique.

La robe était moyennement dense, la couleur assez sombre encore, avec des reflets grenat et cuivrés, brillante. Le nez assez fermé dans un premier temps n’en finissait pas de se développer au fur et à mesure qu’il reprenait sa respiration, ample, mûr, généreux, il offrait des notes de cerise à l’eau de vie, de confiture d’orange, mêlées à un fond de feuilles séchées, de tabac blond, de fleurs fanées et de cuir. En bouche, il s’est montré vif, frais, croquant, épicé et d’un fruité acidulé, les tannins étaient  fins mais fermes. Il paraissait encore en pleine forme, mais à son apogée.

On ne se lasse pas de ces grands classiques!

img_1868

Heureux hasard, Mireia Torres dînait à une table voisine, et elle nous a fait goûter 3 millésimes du Cabernet Sauvignon de Jean Léon (rappelons que ce dernier a été le premier à implanter ce cépage bordelais dans le Penedès).

Jean Léon Cabernet Sauvignon 1983, 1978 et 1977

Le style de ces 3 vins est typiquement bordelais, assez austère, avec une bonne acidité, et des tannins encore présents. Mais ils se maintiennent magnifiquement, la couleur est certes un peu effacée, les nez offrent des notes de sous-bois, de réglisse. En bouche, un corps moyen, un fruit mur, une certaine astringence et acidité. Assez complexes, mais pas très longs. Le 78 nous a bien plu, à l’aveugle on pourrait facilement le placer à Bordeaux, c’est le plus racé. Le 83, a été le plus impressionnant, c’était plus sombre, le plus concentré, et en bouche, c’était celui qui offrait le plus de concentration et de puissance. En fait, ce fut le 1977 qui a vraiment fait connaître les vins de Jean Léon. Ronald Reagan, avec lequel il s’était lié d’amitié, l’avait choisi pour fêter sa cérémonie d’investiture en 1981. A partir de ce moment, tous les espagnols s’arrachèrent ses vins.

 14516577_10155268137677785_8628204770264906739_n-1

En guise de conclusion

J’ai essayé de montrer à Julian Castagna les deux visages de l’Espagne actuelle, celui des petits producteurs qui émergent un peu partout dans toutes les zones viticoles et qui se tournent plutôt vers les vins naturels, une tendance qui s’implante de plus en plus et que la grande restauration espagnole cautionne, et de l’autre côté les bodegas traditionnelles qui continuent d’innover et qui témoignent de leur qualité  au travers des vieux millésimes que nous pouvons encore déguster.

Les deux styles coexistent et trouvent leur marché et c’est tant mieux.

 Hasta pronto,

MarieLouise Banyols


14 Commentaires

What is more depressing – 2016 Loire or Brexit?

idiots

« You idiots! »
Berlin taxi driver brilliantly
sums up the UK’s stupidity

img_5838

2016: Mildew has been virulent in the Loire
attacking not just leaves but grapes, too

At first sight I am finding it difficult to decide which is more depressing – the 2016 Loire vintage or Brexit. Both have very considerable capacity to induce gloom – black dog.

« Compliquée ! » is the most common description to sum up the 2016 Loire. This year has thrown almost everything possible at many producers: frost in late April, torrential rain and floods at end of May inducing attacks of mildew of rare virulence, an uneven flowering at best, then a heatwave and virtually no rain during July and August grilling any grapes foolish to be facing the afternoon sun.

Producers, who still have 50% of their potential crop, are lucky. There is a significant number of producers, who will not bother to harvest this year. Others have picked well less than 10 hl/ha. One small Muscadet producer picked just 4.5 hl/ha last week.

Vincent Carême (Vouvray) likened the 2016 vintage to a ham slicing machine. 10% of his crop disappeared with the frost, another 10% in the torrential rain, 10% at flowering, 10% through mildew and another 10% on sunburn to reduce his crop by half.

There are, fortunately, some producers less badly affected often those with vines on steep slopes but it remains even for them a complicated year.

If 2016 is a complicated vintage, it is nothing compared to the complications and demons released by the exit vote in the UK’s remarkably foolish referendum. Unfortunately our government has interpreted this advisory referendum as a mandate to seek the worst possible deal for the UK by choosing a hard Brexit. Ministers dream of new trade deals with countries like Australia – current population 24 million – while we turn our back on our nearest market of 500 million. It’s enough to drive you to sample multiple bottles of Chenin Blanc and Cabernet Franc……

A short reflection clarifies that Brexit is undoubtedly more depressing than 2016 in the Loire. Here there is always the hope of a good and generous vintage in 2017. With Brexit you know it is going to get much worse…..

IMG_2140