Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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M. Vinosolex, notre ami Lincoln est mort

Reçu à l’instant de Georges Truc, ce message:

« Triste nouvelle : Lincoln SILIAKUS, notre blogueur de Sablet (Vino-solex), si sympathique et amoureux des Côtes du Rhône, s’est éteint ce matin après de longues semaines de souffrances. Nous perdons un excellent ami ».

Oui, Georges, moi aussi.

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Nous avons eu tellement de bons moments avec lui. C’était un homme bon, fin, cultivé mais abordable, qui cultivait l’amitié comme une plante en pot, pour la disséminer.

Les mots ne disent pas grand chose – rien ne nous rendra les fous rires, les fausses colères, les discussions sur le vin, la musique, la philosophie, les kangourous, la place de la lie dans les bouteilles de vin aux antipodes, les chansons dans le bus.

Alors autant arrêter là, j’ai un noeud dans la gorge. Tant de gens nuisibles souillent cette planète et c’est celui-là qui s’en va, et dans la douleur…

Où que tu sois maintenant, mon prochain verre sera à ta santé, l’ami.

Nos condoléances à ta famille et à tes proches.

Hervé

 

 


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Ce vieux Slovène de Zelen, une trouvaille du dernier Millésime Bio

C’est en arpentant les allées du salon de Montpellier que j’ai remarqué cet autochtone slovène. Dans sa petite bouteille verte, il semblait perdu parmi tant d’autres flacons aux origines plus prestigieuses. Le voir m’a fait trotter en tête le refrain de Félix Leclerc, « c’est un petit bonheur »… Il ne m’a pas déçu.

Sa provenance

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Le Zelen est considéré comme l’un des plus anciens cépages slovènes autochtones. Son faible rendement a bien failli le voir disparaître totalement après la deuxième guerre mondiale, il n’en restait guère que 1,7 ha au début des années 50. On le trouve dans la haute vallée de Vipava, Vipavska dolina en slovène, sise dans la région de Primorska, au sud-ouest du pays. La rivière éponyme coule dans cette étroite combe qui permet le passage entre l’est du Frioul et le centre de la Slovénie.

Le cépage
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Moyennement vigoureux et plutôt tardif, il offre tout aussi tardivement des grappes tronconiques souvent ailées et aux grumes peu serrées. Les petites baies sphériques se colorent vert tendre à maturité. Et leur jus non filtré adopte une couleur intense d’émeraude, caractéristique qui lui a donné son nom, Zelen signifie vert en slovène. Ses vins fins et frais, voir vifs, s’accordent bien avec poissons et fruits de mer. Mais ne renient pas les viandes blanches.
Sur les 2.000 ha de vignes que comptent la Vipavska dolina, seuls 60 ha sont consacrés au Zelen.

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Blanc vert, il semble luminescent, son nez respire la fraîcheur, la rosée du matin poudrée de fins éclats minéraux, parfumée de sureau, d’aiguilles de pin et d’aneth.
Sa jolie vivacité fait rapidement saliver. Elle s’équilibre d’un gras de bon aloi. Il coule alors sans retenue sur les papilles, les aguiche de sa tension citronnée. Il s’assagit un moment pour proposer thé vert et pâte d’amande. Quelques épices viennent souligner en fin de bouche les gelées de poire et de pomme qu’on avait presque oubliées.

Vinification

Différentes techniques sont employées, de la macération à froid pendant 3 à 24 heures jusqu’à la fermentation des raisins foulés en contact avec le moût pendant 62 heures. Pressurage et clarification viennent ensuite. L’élevage se fait pendant 6 mois en cuves inox sur lies fines.

Le domaine

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Il se situe dans la région de Primorje, dans la vallée de Vipava, aux alentours du village de Planina. Le vignoble installé de 300 à 400 mètres d’altitude pousse dans un sol pauvre fait de schistes délités. Incliné vers le sud, il est balayé par la Bora (Burja en slovène), un vent du nord, certes salutaire à l’image du Mistral, mais qui peut atteindre les 180 km/h.
Zmago Petrič, l’actuel propriétaire, a repris les vignes de son père en 2006 et a rapidement converti les 8 ha en production en mode biologique.

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http://www.guerila.si
http://www.facebook.com/GUERILAwines

On le trouve en Belgique et au Pays-Bas chez
http://www.weinwelt.be http://www.imperialwijnkoperij.nl

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Marcovic


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Première Saignée de France

On a les polémiques qu’on peut: la semaine dernière, à l’occasion du Bicentenaire de la Bataille de Waterloo, de bonnes âmes belges se sont offusquées de l’absence de représentants de l’Etat français lors des commémorations.

Il est vrai qu’un passage aux festivités d’une telle défaite avait de quoi tenter quelques politiciens en mal d’image positive!

Nos amis belges s’appuyaient sur le précédent allemand: la présence de chanceliers ou chancelières aux cérémonies du débarquement.

Je ne vois pas bien le rapport; les autorités allemandes d’aujourd’hui  font tout ce qu’elles peuvent pour se désolidariser du passé nazi, et c’est là la raison de leur présence. En venant à Waterloo, François Hollande ou Manuel Valls auraient-ils dû expier une quelconque barbarie? Napoléon-Hitler, même combat?

Bien sûr, les officiels se sont fendus de beaux discours – Krieg gross malheur, plus jamais ça, l’Europe de demain… Les vieux grognards belges en pleuraient sous leur shako.

Quoi qu’il en soit, il y avait tout de même quelques Français à Waterloo la semaine dernière; ma fille, par exemple. Elle n’est pas restée très longtemps: on ne voyait pas grand chose derrière la fumée des canons, le champ de bataille était immense, et le commentateur lui-même avait du mal à suivre.  Il semble qu’on est voulu trop bien faire, trop grand, trop kolossal.

Et puis, on a fait les comptes. Si quelque 200.000 personnes ont assisté aux reconstitutions, les commerçants du centre de Waterloo se plaignent que les célébrations ne leur aient pas apporté le surcroît de clientèle espéré – les reconstitueurs ont bivouaqué et les spectateurs, débarqués des cars ou de la gare de Braine l’Alleud, sont surtout restés aux abords du champ de bataille. Ah, si seulement les Français n’étaient pas de si mauvais perdants!

Heureusement, il y a Delhaize.

Voila bien le plus européen des distributeurs belges, puisqu’il vient de convoler en justes noces avec le Néerlandais Ahold. Pour un peu, on croirait le royaume de Guillaume d’Orange reconstitué. Pour ceux qui connaissent mal ce « détail de l’histoire », je rappelle qu’en 1815, les Alliés – au premier rang desquels les Anglais, ont libéré les Belges de l’affreux joug napoléonien… pour les mettre sous la coupe des Néerlandais. Sujétion dont il ne sortiront que par une révolution, en 1831.

TAVEL

Mais ce n’est pas pour cela que je vous en parle; mais pour la Cuvée du Bicentenaire que l’enseigne au lion (ça ne s’invente pas) a créé pour l’événement.

En rosé, il s’agit d’un vin français, un Tavel. Mauvais esprit? Que nenni! Rien de plus naturel, en effet, que d’associer le Premier Rosé de France avec la Première Déculottée de France! Sans oublier une sacrée saignée

Hervé Lalau


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Wine-wise Lisbon is a good place to be this weekend.

Central Lisbon from Edward VII's Park

Central Lisbon from Edward VII’s Park

Lisbon and its surroundings is always a good place to be. Lisbon is a great city with many lovely buildings, the people are particularly friendly, the food is good – unlike France it is difficult to eat badly here, especially if you go for the brilliant fish plainly grilled. OK grilled fish may not look super-sophisticated – no sign of a cappucino froth – but who needs sophistication when fish grilled to perfection tastes so delicious. Let simplicity rule.

The quality of Portuguese wines is increasingly recognised and, although you can pay high prices for fancy bottles, there are many wines between 4-10 € that offer wonderful tastes and value, especially if you come from the UK and are benefitting from a favourable exchange rate for the moment.

2014 Contactos, Alvarinho, Anselmo Mendes, just 5.99€!

2014 Contacto, Alvarinho, Vinho Verde, Anselmo Mendes, just 5.99€!

I arrived in Lisbon about 1pm on Sunday afternoon and we were all hit by a blast of heat as we stepped out of our QueasyJet. When I left London it had certainly not been cold but nowhere near this more than 35˚C temperature, so much of Sunday afternoon was spent quietly acclimatising until a quick visit to the supermarket at Amoreais for a few provisions. High up my shopping list was wine and I quickly decided that 2014 Contacto Alvarinho, Vinho Verde from Anselmo Mendes would be both a fine apéro and would go with my simple supper of grilled prawns and salad. Mendes makes a fine range of Vinho Verde and his Contacto cost just 5.99€ – sterling equivalent of just approximately £4.40.

There are two wine events this weekend that make being in Lisbon a real bonus and a great opportunity to see how Portugal is progressing and to taste top producers:

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Firstly: Vinho ao Vivo
Vinho ao Vivo is on Friday and Saturday – 3rd and 4th July. This wine festival is held at the Restaurant Á Margem, Belém, Lisbon. This restaurant, which is right on the Tagus, is between the memorial to Vasco da Gama and the delightful, bijou Torre de Belém. It should be a stunning occasion with wine and music as the weather forecast is good but not excessively hot – a little cooler than the last few days.

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Adegga Wine Market – 2015 summer edition central Lisbon 4th July
The Adegga Wine Markets are now well established and the concept of putting producers and wine lover/buyers in direct contact has proved to be a great success. Originally held in Lisbon and organised by the two Andrés: Cid and Ribeirinho and their team, it has now spread to other parts of Portugal – Porto and most recently the Algave. There have also been Adeggas in Belgium and Rio de Janeiro. This autumn there will be fairs in Stockholm and Berlin.

A Sushi Bar at the Hotel Florida will be the innovation for this year’s Adegga Summer Wine Fair.

See you there!

J-ElvisCUss


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Quand l’Alsace brûle et pique

Quand on pense Alsace, on voit tout de go la vallée du Rhin, ses plaines et ses collines couvertes de vignes. Mais il y a aussi une multitude de fruitiers, des arbustes aux arbres couverts de baies et charnus qui offrent aux distillateurs la délicatesse de leurs jus.

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D’autre part, il existe une production unique en France, la pâte de raifort qui offre un piquant délicieux tout en dégageant les narines.

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L’esprit

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Arrivés à la nuit déjà bien tombée, on se serait cru destiné à une soirée tristounette dans un village paumé du nord alsacien à l’ouest de Haguenau. Les premières odeurs de mirabelle et de quetsche nous ont fait rapidement changer d’avis. Le sourire engageant des distillateurs, père et fils, a fait le reste. C’était à Uberach en décembre de l’année dernière à la distillerie Hepp. La visite des installations a éprouvé notre impatience. Nous avons toutefois pu goûter quelques gouttes du frais distillat de mirabelle, un nectar qui vous réveille. Mon acolyte de périple, Jean Michel d’origine alsacienne était hilare, un peu plus à chaque doigt trempé…

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La dégustation nous a définitivement conquis.

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Mirabelle, abricot, poire William, quetsche, framboise, le whisky maison, on aurait pu tout déguster. Mais la raison nous a dicté d’aller manger quelques flammekueche avec nos hôtes.
http://www.distillerie-hepp.com

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Les yeux qui piquent

Le lendemain nous sommes allés bon chemin jusqu’à une entreprise particulière, une fabrique de raifort râpé, de sauce raifort, de moutarde et autres préparations qui vous dégagent le nez en moins de deux.

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Le raifort d’Alsace, plante herbacée de la famille des crucifères dont on transforme la racine, est un agrément culinaire à la personnalité forte et prononcée. Il permet selon son dosage de valoriser les mets et révéler leurs saveurs. Cette plante, est une source d’inspiration pour bon nombre de cuisiniers et gourmets. Grâce à ses caractéristiques, alliant piquant, force et arôme, il peut apparaître tout au long du repas en complétant les recettes traditionnelles ou insolites.

Voilà ce qu’en dit le site et je confirme, à peine entré dans les locaux de Raifalsa, nos nez se sont mis à piquer et nos yeux à pleurer, pire que l’action pernicieuse des oignons coupés. D’ailleurs la personne qui s’occupe de l’épluchage porte un masque comme dans les tranchées de 14.

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Le raifort pour qui ne connait pas se rapproche du japonais wasabi, c’est la même famille de plante et le même type de préparation, c à d que si on force la dose, on s’arrache la gueule.
Il en pousse dans mon jardin, mais de la grosseur d’un pousse au maximum. En Alsace les plus minces ont le calibre d’un bras, alors quand on les épluche avant de les réduire en pâte, tout le monde a les larmes aux yeux. Une expérience !

Expérience prolongée au resto avec une choucroute alsacienne of course avec un gros pot de moutarde et une autre aussi gros de raifort râpé, de quoi tremper sa saucisse et d’atteindre à table l’extase, faut essayer, un mouchoir à portée de nez.

http://www.raifalsa.fr

Wédersah

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Marco


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Waterloo morne plaine…

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Alors que le bicentenaire de la bataille qui fut fatale à Mister Bonaparte bat son plein, on remarque une grande absente, la France. Seul S.E.M. Bernard Valero assistera aux ruades cavalières et aux envols de poussières.
Les Français nous disent on ne va pas assister à la commémoration d’une défaite. Certes, toutefois les Allemands ont bien assisté à celle du débarquement.

Ils auraient pu…

Fêter la fin d’une tyrannie sanglante et boire un coup à l’ombre du Lion.
Gagner la bataille de la gastronomie en boutant hors du champ (de bataille) aubettes de fastfood batave.
Remporter le challenge en balançant quelques quilles bachiques et vineuses contre les guérites de la plus grosse marque de soft drinks.
Améliorer de quelques saucissons, pâtés, jambons et autres victuailles, le rata des bivouacs.

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Bref, rafler cette aubaine commerciale à la barbe des « Alliés » venus paradés sans vergogne sur les terres austères d’une Belgique qui il y a 200 ans n’existait pas encore.
Mais, trop fiers, de quoi, on ne sait pas, donc trop fiers, ils préfèrent rester chez eux alors qu’ils auraient pu voir Camilla en chair et en os, quel manque d’à-propos !

Et puis, …

C’eut été l’occasion de découvrir la campagne brabançonne plus heureuse que la napoléonienne. Verdoyante et vallonnée, elle ne ressemble en rien à l’idée que le Français moyen s’en fait, trop imprégné par le célèbre « Waterloo, morne plaine » qui d’ailleurs évoque la défaite, pas le paysage.

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En voici un petit extrait

Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Waterloo ! je pleure et je m’arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Avec environ 188.000 hommes engagés sur quelques dizaines de kilomètres carrés, Waterloo fut l’une des batailles les plus importantes et les plus meurtrières de l’époque napoléonienne.

L’Expiation de Victor Hugo

Sur le champ de bataille

Une coalition d’une demi-douzaine de nations, composée de Britanniques, d’Allemands, de Belgo-Néerlandais*, sous les ordres du duc de Wellington, et de Prussiens commandés par Blücher, affronte l’armée de Napoléon dans les champs gras et prospères de Plancenoit et de Braine l’Alleud au sud de Bruxelles. Wellington a établi son quartier général dans l’insignifiant hameau de Waterloo** (d’où le nom de bataille de Waterloo, le lion se trouve dans la commune de Braine l’Alleud).

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*Si les Français ont été défaits, nous, nous l’avons eu dans le cul. Les Anglais avaient promis l’indépendance à la Belgique et nous ont collé, perfide Albion, aux Néerlandais que jamais nous portâmes vraiment dans nos cœurs. Du coup, nous nous sommes battus pour ce que nous considérions comme des ennemis contre d’anciens compagnons d’armes
**ça a bien changé depuis…

L’armée napoléonienne et les troupes de Wellington ont des effectifs comparables. L’armée impériale aligne plus de 86.000 hommes. Aux 59.000 fantassins s’ajoutent 12.600 cavaliers. Par ailleurs l’armée est équipée d’environ 250 canons. Le fer de lance de cette « Armée du nord », la Garde impériale rassemble 20.000 hommes.

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L’Alliance conduite par Wellington ne compte pas moins de 56.000 fantassins et 12.000 cavaliers. Les artilleurs ne disposent par contre que 156 canons. Les renforts prussiens de Blücher totalisent environ 53.000 combattants.

Les pertes françaises ont été environ deux fois plus élevées que celles de la coalition. On compte environ 7.000 morts, de 18.000 blessés. Du côté de la coalition, le bilan est d’au moins 4.800 morts, 17.200.
Ça laisse froid dans le dos, d’autant plus que des os, on en trouve encore. Le champ de bataille qui redevint champ de culture l’est resté. Les agriculteurs déterrent régulièrement vestiges de toutes sortes.

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Buvons une bonne bière à la santé de tous ces pauvres bougres.
À la bataille de Waterloo, il n’y a pas de gagnant, il n’y a que des perdants, comme dans toutes les guerres.

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Ciao

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Marco

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