Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Ici commence la Loire…

Je peste assez souvent contre la perte d’énergie occasionnée par le Clochemerle des appellations, pour ne pas me féliciter des trop rares initiatives communes. Comme souvent, l’exemple vient d’où on ne l’attend pas, de quatre petites appellations du centre de la France, réunies l’espace d’une opération : Ici commence la Loire.

ICI COMMENCE LA LOIRE

Les 4 du Vin des sources de la Loire

Cela se passait lundi dernier, au bord de la jeune Loire, à Saint Jean Saint Maurice, porte Sud de la Côte Roannaise. Outre des domaines de ce cru, étaient proposés des vins des Côtes de Forez, mais aussi des Côtes d’Auvergne et de Saint Pourçain.

J’aime à penser que cet événement – à la fois sympathique, convivial et formateur – préfigure un rapprochement plus durable, sous la forme d’une véritable interprofession. On voit mal, en effet, ces quatre confettis du vignoble français continuer à jouer cavalier seul, ni même se rattacher à d’autres vignobles proches: le Beaujolais? Quelle place pourrait-il leur offrir? Le Centre Loire? Trop loin, et trop blanc (les quatre appellations partagent le Gamay).

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La vigne du château de Saint Jean Saint Maurice (Photo (c) H. Lalau)

Non, pour moi, c’est ensemble qu’ils doivent se mettre, pour mieux se faire connaître, dans ce qu’ils ont en commun et dans ce qui les différencie. En mettant bien sûr l’accent sur leurs spécificités. Le Tressallier, à Saint Pourçain, dont je ne comprends vraiment pas pourquoi il ne peut pas être majoritaire, voire seul dans une cuvée; les détails de l’histoire de l’obtention de l’AOC me semblant futiles par rapport au potentiel de qualité et de différenciation que revêt ce cépage. Le Gamay Saint Romain, à Roanne et en Forez, ou le Gamay d’Auvergne, en Côtes d’Auvergne, qui me semblent tous deux présenter des traits bien particuliers par rapport au Gamay Beaujolais (épices et charpente acide, en particulier). Sans oublier les sols de ces contreforts du Massif Central: granit et basaltes, notamment. Et pour faire bonne mesure, les vignerons et les vigneronnes eux mêmes, irréductibles Gaulois de vieux vignobles jadis prospères, mais qui auraient bien pu disparaître.

En attendant ce regroupement institutionnel, des actions communes sont déjà programmées: une montée à Paris, l’an prochain; puis une autre journée de dégustation dans le vignoble – probablement à Saint Pourçain. Vous l’avez compris, je n’attends plus que les dates pour les mettre à mon agenda.

Pour en revenir à la manifestation de cette année, voici mes vins préférés, regroupés par zone d’appellation; j’ai inclus également les IGP Urfé, seule alternative pour le blanc en Côte Roannaise et en Côtes du Forez (et là encore, je me demande bien pourquoi ces blancs n’ont pas l’AOC, comme à Saint Pourçain…).

Côte Roannaise

Alain Baillon, Chardonnay IGP Urfé 2014***, Côte Roannaise Cuvée Montplaisir 2013**

Domaine de la Rochette,Chardonnay IGP Urfé 2014**, Côte Roannaise 2014**, Cuvée La Combe 2014*** et Rimoz 2013***

Jacques Plasse, Côte Roannaise 2013**

Lapandéry, IGP Urfé Chardonnay et Pinot 2014*

Domaine Sérol, IGP Urfé Viognier de Butte en Blanc 2014**, Côte Roannaise Cuvée Originelle 2014***, Eclats de Granit 2014** et Oudan 2013***

Domaine de la Paroisse Côte Roannaise Cuvée 1878 2013***

Domaine Desormière Côte Roannaise  Cuvée Les Têtes 2014***, Montolivet 2013**

Domaine des Pothiers, IGP Urfé Cuvée Aris 2014***,Côte Roannaise Cuvée Référence 2014***, Clos du Puy 2013**

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Romain Paire (photo (c) H. Lalau 2015)

Saint Pourçain

Christophe Courtinat Saint Pourçain Blanc 2014, Chardonnay 2014 **

Domaine de Bellevue Saint Pourçain Blanc 2014, Saint Pourçain Rouge Cuvée Roches Grises 2012**

Grosbot Barbara, Saint Pourçain blanc Les Maltotes ipp 2013**, Saint Pourçain Blanc Cuvée SAS Lobkowitz 2013***

Olivier Gardien Saint Pourçain Blanc 2014 Le Nectar des Fées **

Famille Laurent, Saint Pourçain blanc Puy Réal 2014* et Cuvée Calnite 2014***

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Calcaire + Granite = Calnite (Photo (c) H. Lalau 2015)

Côtes du Forez

Domaine de Fontvial, IGP Urfé La Mircadel 2013**, Côtes du Forez Les Perrières 2013**

Clos de Chozieux, IGP Urfé blanc 2014*, Viognier Granit 2014***, Côtes du Forez Terroir Basaltique 2014**

Les Vins de la Madone, IGP Urfé Sauvignons gris et blanc Vignes sur Volcan 2014**, Roussanne 2014**, Côtes du Forez Gamay sur Volcan 2014*** et Migmatite 2014***.

Vin & Pic/Mondon Demeure, Cuvée Lie 2013**, Aldebertus 2014**

Verdier Logel, Côtes du Forez Cuvée Poycelan 2013**

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Jean-Luc Gaumon, Clos de Chozieux (Photo (c) H. Lalau 2015)

Côtes d’Auvergne

Domaine Bonjean Côtes d’Auvergne Châteaugay Rouge Cuvée Brin d’Amour  2010***

Cave de Saint Verny Côtes d’Auvergne Blanc Cuvée Les Volcans 2014**

Domaine Miolanne, Côtes d’Auvergne, Cuvée Volcan 2014**, IGP Puy de Dôme Pinot Noir 2014**

FullSizeRender Stéphane Bonjean (Photo (c) H. Lalau 2015)

Il y a bien longtemps que je n’avais pas dégusté autant de vins inconnus et avec autant de plaisir – celui du goût, et celui de la découverte.

En résumé, une belle journée, de belles rencontres, sans oublier l’espoir de lendemains qui chantent et qui entonnent bon. Ici commence… le bon boire.

Et ce qui ne gâte rien: les prix sont encore très démocratiques. Alors un bon conseil: retournez vite aux sources de la Loire avant que tout le monde s’y précipite…

IMG_6157Hervé Lalau


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Allo Halos, les 2012 by Philippe Cambie

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Il y a peu, profitant d’une dégustation demandée par Antoine Petrus (MOF 2011 sommellerie) pour myB&D the guide, j’ai pu taster les derniers Halos mis en bouteilles.

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La cuvée Halos de Jupiter a été conçue et est élaborée par Philippe Cambie et Michel Gassier. La gamme va d’un Côtes du Rhône générique à un Châteauneuf de haut vol en passant par quelques crus. Les 2012 viennent d’être mis en bouteilles, en voici les commentaires.

Les Halos de Jupiter 2013 Côtes du Rhône par Philippe Cambie

Il faut bien entendu une exception, en plus pour débuter la série…
Grenat pourpre violacé, il respire la réglisse et les fruits noirs. La bouche répond tout de go au nez, avouant sans restriction une richesse fruitée juteuse. Retenue avec maestria par la soie délicate de la trame tannique. Elle apporte relief et croquant, ce qui rend ce vin des plus plaisants. Non ! Je mens, ce vin est une véritable tuerie, il devrait être interdit de commercialisation tellement c’est bon. Et puis des plus abordables, 9€ TTC. Ne me demandez pas où on peut le trouver.
Les apports viennent du nord du Vaucluse pour la fraîcheur et de Signargues pour l’opulence, un joli cocktail. Majorité Grenache.

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Les Halos de Jupiter 2012 Vacqueyras par Philippe Cambie

Grenat cramoisi, il ne peut nier son origine et dévoile sans honte (et pourquoi d’ailleurs) mille parfums de garigue. En bouche, pas de souci, le caractère est là, presque strict, enfin un moment, de la générosité il en a et ne s’en montre guère avare. La légère austérité, qui lui va d’ailleurs très bien, provient à coup sûr de l’élevage en 500 litres qui renforce par sa texture ligneuse l’enveloppe tannique bien serrée. Un jus langoureux s’en écoule, teinté d’épices et de fruits.
Les apports sont bios et viennent du plateau des Garrigues. Assemblage de Grenache et Syrah.

Les Halos de Jupiter 2012 Gigondas par Philippe Cambie

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Grenat violacé, il offre des notes de grillé, voire un léger fumé, avant de se rouler presque sauvagement dans la sauge et le thym. La roulade le macule de gelées de mûre et de myrtille, c’est au nez déjà gourmand. Les tanins fins nous accueillent et contrairement à l’attente, c’est d’élégance qu’ils nous parlent. Une élégance souriante qui ne refuse pas quelques écarts gourmands. Disons que sa fraîcheur délectable le rend altier, lui donne de l’éclat.
Assemblage de Mourvèdre et de Grenache qui viennent pour moitié des terrasses et pour l’autre des éboulis calcaires qui regarde le sud.

Les Halos de Jupiter 2012 Châteauneuf par Philippe Cambie

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Rubis carminé, le nez de fruits rouges, framboise, fraise, groseille, séduit d’emblée. Puis viennent les épices, poivre et graine de coriandre, qui avivent les senteurs fruitées. Il reste une pointe de CO2 qui accentue à la fois l’angle minéral et le grain tannique. Ces derniers très fins caressent de leur soie les papilles subjuguées. Un jus certes délicat, mais également gourmand, en sourd, et emplit petit à petit tout l’espace palatin pour notre plus grand bonheur. Ce Ch9 se boit déjà et en garde sous le pied. La longueur délicate mais bien perceptible nous en font l’augure, jusqu’à la glotte, garrigue, épices et fruits nous accompagnent sans faiblir.
Grenache centenaire de Cabrières et de Mont Redon accompagnés de Syrah tardives de Vaudieu, le tout élevé en 500 litres.

Les Halos de Jupiter Adrastée 2012 Châteauneuf par Philippe Cambie

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Grenat carminé, le nez de poivre blanc, le fruit vient après. La bouche offre cette intensité particulière des vins prêt à exploser, mais qui pour l’heure préfère garder leurs secrets, ne révélant que leur potentiel par quelques jeux de séduction. Lâchant ici un rien de fruits, là un trait d’épices. Puis, s’assied en pleine bouche, histoire de nous faire voir de quel « bois » il est fait. Cela nous frustre et il s’en délecte, nous consolant toutefois par l’assurance que d’ici quelques années, c’est nous qui nous en délecterons.
Que des Grenache ancestraux de La Crau qui logent en 600 litres.
Ce fut un très agréable moment, merci Philippe

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http://www.philippecambie.com/les-halos-de-jupiter-2/

Ciao

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Marco


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Les Château9 2005 s’ouvrent-ils ?

 

Aux Printemps de Châteauneuf-du-Pape (ce sera la seule fois écrit en entier !) de cette année, l’un des ateliers mettait en scène quelques millésimes 2005. Après le catastrophique 2002, suivi de l’imbuvable 2003 et de l’ingrat 2004 (ça s’est bien arrangé depuis), le millésime suivant fut immédiatement qualifié de millésime de la décennie. Place qu’il a plus ou moins bien gardée, vu qu’il s’est assez vite fermé, cachant en son sein toutes les promesses qu’on y avait décelées.

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Voilà ce que j’en écrivais au printemps 2006 dans In Vino Veritas…

CHATEAUNEUF-DU-PAPE

Des entrées de gamme toutes aussi abouties que les hauts de gamme. Les tanins sont onctueux et les fruités très importants. De plus, la grande fraîcheur garantit un développement aromatique hors du commun. Fruits noirs et fruits rouges se bousculent, parfumés d’iris et de violette, pour l’élégance du port, et des épices pour encore augmenter la complexité. Parmi les entrées de gamme, quelques Châteauneuf de jolie soif, des vins de plaisir plus abordables, plus ‘faciles’, sans perte d’identité. Les cuvées particulières concentrent leurs arômes, affermissent leur structure, serrent leurs tanins, sans recherche d’extraction, l’élégance reste le dénominateur commun.
Les vins sont en général très colorés avec des tons plus violacés et une fraîcheur accrue vers Orange, partie nordique du vignoble.
Analytiquement comparable au millésime 1979, c à d un millésime de grande garde. Une vendange de petits grains bien mûrs et très sains, l’appellation compte un tiers de sa superficie en confusion sexuelle, soit 1.000 ha, c’est unique au monde ! Les rendements avoisinent les 31,5 hl/ha Philippe Cambie
L’année 2005 est une année record en matière de sécheresse, comme les deux années précédentes. La moyenne des T° pour juin, juillet et août est de 23,4°C pour 46 jours de forte chaleur (+ de 30°C) contre 92 en 2003, véraison 10 jours plus tard qu’en 2003. T° nocturne juillet et août de 17°C en moyenne, avec des nuits à 9°C. La grande amplitude thermique a favorisé la photosynthèse et préservé les acidités. Le Mistral a beaucoup soufflé !
Les vignerons de Châteauneuf affirment toujours qu’à grand millésime en rouge correspond un petit en blanc, l’adage ne sera pas démenti. Beaucoup de blancs sont simples ou végétaux, d’autres encore bizarrement dilués. Heureusement, quelques-uns sauvent la mise. Sans être très expressifs, ils emportent les suffrages grâce à leurs assises minérales, leur agréable fraîcheur, leur gras et leur longueur, on en reparlera dans 10 ans…

10 ans après

Les petites bombes dégustées en primeur il y a 10 ans n’ont toujours pas explosées. Mais on y goûte toutefois l’amorce d’une ouverture prochaine, peut-être dans 2 à 5 ans pour la plupart, pour d’autres peut-être jamais (non je rigole).

En piste, les 2005 dégustés aux Printemps de Ch9 cette fois

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Et quand Céline sert, le silence se fait, plus rien ne bouge, chacun regarde couler dans le verre le nectar, hypnotisé, j’exagère, comme si une bonne cinquantaine de personnes arrivaient à se taire !

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Collection Charles Giraud 2005 Domaine Saint Préfert

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Robe grenat nuancé de marron, très épicé avec une impression nasale de suavité, cela lui donne d’emblée un air coquin et gourmand, ce n’est pas antinomique… Au deuxième nez, l’impression se renforce et nous parle de réglisse arrondie de sucre, style cachou avec des notes de café. Certains diront que le nez ne sent ni le sucre, ni l’amer, ni ni ni… J’ai parlé d’impression.
Quand il coule en bouche, les tanins bien fondus, mais encore perceptibles, caressent de leur soie les papilles, contact des plus érotiques que cette étoffe succulente à l’amertume rafraîchissante (merci Isabelle), quelques gelées viennent épicées arrondir la fin de bouche.

60% de Grenache, 40% de Mourvèdre sur galets roulés, non éraflés, élevage 18 mois en demi-muids de 3 vins.

Le Vieux Donjon 2005

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Couleur aux tons grenat légèrement carminés, le vin respire les marmelades de fruits rouges. Il semble avoir gardé une certaine jeunesse, jeunesse qui nous parle de fraîcheur et qui se vérifie en bouche. Les groseilles et les fraises croquent encore et commencent à se confire. La gorgée suivante nous emmène un peu plus dans le temps et nous fait découvrir un sous-bois tapissé d’aiguilles de pin d’où quelques notes de truffe noire s’échappent.
La différence avec le précédent, le terroir plus froid.

75% de Grenache, 10% de Syrah et de Mourvèdre, 5% de Cinsault, sur 80% de galets et 20% de sable, éraflage à 50% et élevage en foudre.

Les Hautes Brusquières 2005 Domaine de la Charbonnière en magnum

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Grenat légèrement tuilé, on sent tout de suite que c’est un peu tôt et qu’on dérange… Salpêtre et odeur de vieille aimeraient nous décourager, c’est oublier notre détermination, récompensée d’ailleurs l’instant suivant. Enfin, à peine, quelques effluves délicats de gelées de fruits noirs s’en échappent, du poivre blanc, du cumin et de la réglisse, pour le reste revenez dans quelques années… Heureusement la bouche, sans être plus explicite, nous offre l’onctuosité de sa texture, l’élégance de son port. Le magnum joue bien son rôle de gardien.

60% de Grenache et 40% de Syrah, galets et argiles, élevage en barriques et foudres.

Les Deux Chênes 2005 Mas de Boislauzon

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Grenat aux nuances marrons, le nez épicé et grillé, minéral de calcaire chauffé au soleil matinal (ça c’est précis !). Bouche très amère, ce qui lui donne et on ne s’en serait pas douté, une élégance folle. Parce que ce bitter l’envoie dans les airs et du coup, aérien, il déploie sa dentelle minérale colorée de fruits secs et confits teintés de cardamome dans toute l’étendue de notre palais.

85% Grenache, 10% Mourvèdre, 5% Syrah, galets roulés et calcaire, élevage en foudre et cuve béton

Château Mont-Redon 2005

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Grenat teinté de carmin, nez de confiture de fruits rouges et d’autres couleurs qui se mélangent en un tourbillon parfumé. Il nous emporte, pas tout de suite, il faut bien l’agiter pour bien le rallumer, puis c’est l’étincelle et le déclenchement d’une suite, le tourbillon, séquentiel, il évolue en staccatos abricot, framboise, orange, prune, … perceptions olfactives qui s’étirent puis se condensent, bien dynamique. Très minéral, il tend la bouche avec grâce. Les tanins très fins n’offrent aucune résistance au jus qui s’en écoule.

60% Grenache, 30% Syrah, 8% Mourvèdre, 2% Cinsault, Counoise, Muscardin et Vaccarèse, galets sur argile, 100% éraflé, élevage 50% en pièces dont ¼ neuves, 50% en cuve pendant 18 mois.

Cuvée des Cadettes 2005 Château La Nerthe

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Grenat carminé, nez de pâtes de fruits rouges et noirs doté d’une élégance remarquable, celle d’un joli caractère qui évolue dans le raffinement avec un côté très droit presque austère, un autre généreux et pleins d’attentions gourmandes pour nos papilles. Le bouche suit le même propos, se rafraîchit de menthe, tisse sa soie tannique, la pare des fruits sentis, y ajoute du menthol et poursuit par quelques épices douces qui génèrent un confort buccal des plus agréables.

43% Grenache, 36% Syrah, 21% Mourvèdre, vieilles vignes de 90 à 110 ans, galets roulés à matrice d’argile sableuse, élevage de 12 mois en fûts neufs.
Quand ces bombes à très gros retardement exploseront, elles emporteront nos palais et nous feront entrevoir un petit morceau de nirvana.
Ce fut un plaisir

Ciao

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Marco


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B.B.B. (Bien boire en Beaujolais), on ne peut pas être partout

Et c’est parfois désolant! En plus, il devrait faire beau…

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J’étais passé à BBB en 2013, en compagnie de l’infatigable Hervé des 5, dans le froid et l’humidité, pour cette fois. Un coup de Beaujo et on n’en parlait plus.
Après les 3 salons, quelques rencontres ont agréablement agrémenté notre court séjour aux confins bourguignons. Celle de chez Desvignes m’avait particulièrement plu.

On y avait même croisé mam’zelle Vicky, c’est dire.
Je ne résiste pas à l’envie de vous livrer le petit texte que j’avais écrit dans la foulée. C’est ça, le vin !

Cru Morgon, petit portrait de vignerons et de vins

En Beaujolais, l’accueil est toujours agréable, sans chichi, on y vient pour déguster un canon, se prendre quelques flacons pour la maison; avant, on goûte et on écoute…

Les Desvignes

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Atmosphère réservée d’une cave vigneronne au milieu du village, les climats sont là, patients, alignés sur la table, ils représentent 10 ha de Morgon.

Louis-Benoît, 8ème génération de Desvignes, nous sert La Voûte St Vincent 2011, un assemblage de parcelles aux abords de Chiroubles et de Fleurie, un Morgon léger et vif dominé par la cerise rouge et l’écorce de citron.

Javernières 2011, «c’est en contre-bas de la Côte, les vignes y poussent dans des argiles colorées d’oxyde de fer, le vin est élevé 13 en cuve ciment sur lies sans pompage pour garder le plus de minéral possible» nous dit Louis-Benoît, les tanins offrent une texture lisse, le minéral par contre apporte un relief bien perceptible sur la langue, griotte, amande, les vignes ont 50 ans. Côte de Py 2011, la colline coiffée de vignes, au sol de schistes pyriteux décomposés, mélangés d’argiles bleues et de roches éruptives, «un sol bien oxygéné qui permet aux racines de le coloniser en profondeur, les vignes ont 80 ans et sont plantées à 10.000 pieds» il sent la cerise noire avec un rien de musc, ample et costaud en bouche, une élégance racée qui se traduit par une certaine réserve, le fruit se donne petit à petit.

Les Impénitents 2011 Javernières, ou 70 ares de vignes de plus de 100 ans, leurs raisins macèrent 3 semaines aux alentours de 24°C, l’extraction est recherchée pour cette cuvée «on ne fait pas des Morgon à boire dans l’année…» affirme Louis-Claude le père de Louis-Benoît, la griffe minérale est plus importante et semble lacérer les papilles pour y incruster mûres, cerises, réglisse et cardamome.

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Beaujolais 3 salons (210)
Un 2012 encore en élevage, Javernières ou une fraîcheur qui pète en bouche et qui met en exergue autant de griotte que de thé au jasmin, un vin dans le style Desvignes, tannique et bien structuré certes mais avec un minéral plus délicat. «Je trouve que 2010 est un millésime plus classique, avec plus de fraîcheur, une belle matière, qui évoluera pas mal du tout» plaide Claude Émmanuelle, la sœur de Louis-Benoît.
Un 2009 avant de partir, le nez amusant de caramel, teinté de gelée de cerise, une dentelle minérale en bouche ajourée de fruits rouges et d’épices, «il commence à se livrer; parti très tôt en végétation, avec de l’eau en juin et juillet, puis une belle arrière-saison qui a retrouvé la maturité, le vin est gourmand mais avec de la tension» explique Louis-Benoît.

Domaine Louis-Claude Desvignes www.louis-claude-desvignes.com
Cette année, B.B.B. se déroule au Château de Pizay. C’est ce lundi. Et ce sera la fête !

Château de Pizay
Même si Hervé et moi n’y sommes pas.
L’an prochain, j’espère, Mélina!

 

Ciao

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Marco


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80 ans d’INAO

Hasard du calendrier, aujourd’hui, jour de ma chronique hebdomadaire, c’est mon anniversaire.

Plus important, sans doute, cette année, l’INAO fête ses 80 ans (moi, pas encore).

Née en 1935 sous le nom d’Institut National des Appellations d’Origine, la vieille dame a subi un lifting en profondeur, au début des années 2000, devenant officiellement Institut National de l’Origine et de la Qualité. 

Voila deux notions qui, pour n’être pas forcément contradictoires, ne sont pas forcément synonymes non plus.

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« Etre né quelque part », comme dirait Maxime, c’est une sorte de qualité; au sens de caractéristique. On le demandait naguère dans les administrations: « Veuillez décliner vos noms et qualités ». Ca ne voulait pas dire que vous alliez répondre: « Aimable », « Tolérant » ou « Vertueux ». Non, ça voulait dire: « Employée des Postes », « Majordome », « Capitaine de Dragons », « Rentier » ou « Journaliste ».

En ce sens, on peut donc dire d’un vin d’AOP Bandol qu’il a pour qualité de venir de Bandol. Là où ça peut devenir gênant, c’est si quiconque l’entend comme une mention comparative: « il est d’AOC, donc, il est meilleur ».

Cet amalgame est des plus courants.

Quoi qu’il en soit, l’INAO va fêter cet anniversaire en beauté, le jeudi 16 avril 2015, en Avignon, en présence du ministre de l’agriculture, avec un colloque intitulé, justement, «les signes officiels d’origine et de qualité: un atout pour l’agriculture de demain».

On y débattra « sur la manière dont les signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO) peuvent être des outils stratégiques pour appréhender les enjeux présents et à venir du monde rural ». Notez que l’on dépasse largement les enjeux de la filière vin. C’est que l’INAO s’occupe aujourd’hui de tous les IGP et de toutes les AOP de France, quelles que soient leur secteur.

En attendant de régler les les problèmes de l’agriculture de demain, j’ai envie de faire un petit flash back.

Je pense que s’ils avaient voulu l’appeler Appellation de Qualité Contrôlée, les pères de l’AOC l’auraient fait.

S’ils ne l’ont pas fait, je pense, c’est qu’ils savaient que l’origine peut s’objectiver, par une aire, une limite, des conditions d’élaboration (plus ou moins bien choisies, d’ailleurs); alors que la qualité (au sens de supériorité qualitative), elle, est totalement, irrémédiablement subjective.

Signe de qualité?

Ce qui est drôle, c’est que les défunts VDQS, censés représenter une catégorie inférieure à l’AOC, une sorte d’antichambre à l’obtention de la mention suprême, étaient dits « de qualité supérieure »…
Mais tout est sujet à interprétation, dans ces sigles: car l’AOC, jusque 2008, ce n’était que le nom français du Vin de Qualité Produit dans une Région Déterminée, au plan européen. Et les VQPRD englobaient aussi les VDQS. Aujourd’hui, les AOP ont théoriquement succédé aux AOC, de même que les IGP ont remplacé les Vins de Pays; on verra j’espère se généraliser ces nouvelles mentions sur les étiquettes plus vite que les nouveaux francs ont remplacé les anciens! Décidément, La France est le pays des révolutions… et du conservatisme.

Quoi qu’il en soit, la qualité ne se décrète pas, elle se contrôle, éventuellement. Et surtout, elle se renforce quand on se donne la peine de trier le bon grain de l’ivraie. La plupart des AOC sont trop vastes, trop laxistes, elles sont comme diluées par leur nombre et la quantité de vin produite.

J’aime le concept, pourtant, car il peut permettre la transmission d’un héritage. Je voudrais donc lui voir un avenir, mais il faudrait l’élaguer, en revenir à des dimensions gérables et crédibles.

L’idée même que 1000 vignerons puissent partager le même trésor patrimonial, l’AOC Bordeaux, ou Corbières, ou Côtes du Rhône, ou Muscadet, peu importe, et puissent lui rendre un hommage unanime, au moyen de vins qui seraient de qualité homogène, cela me semble tellement irréaliste, et tellement peu dans l’esprit français…

Le doigt, la forêt, la lune…

D’un autre côté, la forêt ne doit pas cacher le doigt de celui qui regarde la lune, ni les trains qui parfois, arrivent à l’heure (je vous fais une promo sur les allégories).

Je ne crois pas qu’il faille jeter les AOC avec l’eau du vin sous prétexte qu’une bonne partie d’entre elles ne veulent rien dire, ou que même au sein des meilleures, on trouve des margoulins ou des médiocres juste bons à se laisser traîner par les locomotives de leur cru.

Enoncée comme cela, ma « défense » paraît accabler un peu plus encore les AOC. Pourtant, je ne nie pas les apports de l’INAO – demandons-nous un peu ce que serait notre vignoble si seules les marques régnaient dans la viticulture française. Mais je suis aussi conscient des dérives du système, même appliqué à la lettre. Un seul exemple: les limites de rendement. Qu’est-ce qui empêche un vigneron de produire la totalité de sa récolte sur une petite partie de son domaine?

Plus important, sans doute, il y a ce que j’appellerai la trahison des idéaux de départ: ainsi, quand une bonne partie des AOC du Languedoc et du Roussillon ont opté pour la syrah et négligent leurs vieux carignans, elles renient leur histoire, les usages constants et loyaux que l’AOC était censée pérenniser.

A propos de cette syrahtisation, les experts ont parlé de cépage améliorateur; est-ce à dire qu’un cru historique du Languedoc comme Saint Christol, qui a porté les couleurs de la région sur les grandes table d’Europe, du Moyen-Age jusqu’à la révolution industrielle, avec son terret, son aspiran, puis son mourvèdre, n’était pas un vin de qualité?

Un droit acquis?

En résumé, je pense que le « système » souffre dans ses fondements comme dans sa crédibilité.

Je crois qu’il faut le réformer. Le re-former, lui redonner du contenu. Ce n’est pas à l’Etat de le faire, mais aux vignerons eux-mêmes. A eux d’exclure les nuisibles, à eux d’édicter des règles plus strictes. A eux de faire que l’AOC redevienne l’exception qualitative et non la règle.

Difficile mission pour les élus, les responsables et l’INAO, quand bon nombre de leurs ouailles voient la mention comme un droit acquis (je n’ai d’ailleurs jamais vu l’INAO supprimer une AOC, même depuis qu’il s’occupe de qualité; ni même en suspendre une à l’occasion d’un millésime trop indigent).

Mission capitale, pourtant, si l’on veut que demain, le consommateur qui n’y comprend plus grand chose, qui constate des écarts de prix et de qualité invraisemblables au sein d’une même AOC, accorde à nouveau sa confiance à trois lettres tellement décrédibilisées.

Gogo que je suis, j’ai envie d’y croire. Des gens de bien, il y en  a partout, à l’INAO, dans les ODG, dans les ministères; des bonnes intentions, aussi.

Mais aujourd’hui, j’ai besoin de preuves.

Hervé Lalau


6 Commentaires

Tu dis quoi ? Je Divem

C’est certes facile, mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Et puis c’est à la portée de tout le monde.
Gil Morot, je l’avais déjà aperçu,  lui avait fugacement parlé, même, un type qui se visse sur le ciboulot un petit chapeau ça ne s’oublie pas. J’ai, et c’est assez bizarre, une certaine réserve pour les mecs chapeautés, c’est comme ça. Peut-être est-ce à cause d’une vieille légende qui parle d’automobilistes… Et quant à notre excellent MS, c’est bien parce que je le connais depuis assez longtemps pour savoir que sous le couvre-chef il y a une excellente mécanique qui tourne, certes pas toujours tout à fait rond…
S’il faut se méfier des pépés en casquette, faut-il pour autant se préserver des vignerons coiffés ?

Roman photo « dans l’antre de Gil »

???????????????????????????????Suivez-moi !

Languedoc octobre 2014 238Vous voulez goûter mon vin ?

Languedoc octobre 2014 239J’en ai deux, ça vous épate !

Languedoc octobre 2014 240On commence par celui-là, la cuvée Les Initiales 2012

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Les Initiales de Divem 2012 Montpeyroux Languedoc

Grenat bistre, le nez d’encre de seiche teinté de figues pochées, de raisins de Smyrne avec un accent de garrigue où la sauge domine. Bouche au fruité suave où l’on retrouve l’expression nasale. Trait de réglisse et pointe d’anis qui soulignent et mettent en évidence le grain de cassis et renforce l’amertume délicate de l’écorce de kumquat confite. Un bitter qui apporte de la fraîcheur comme la feuille de menthe que l’on décèle volant dans l’espace palatin.

Totalement éraflé les Grenache, Syrah, Mourvèdre et Cinsault macèrent 6 à 8 semaines, le vin s’élève en cuve.

Languedoc octobre 2014 245On passe à l’autre, mon fameux Divem

Languedoc octobre 2014 246S’il veut bien s’ouvrir

Languedoc octobre 2014 244

Divem 2010 Montpeyroux Languedoc

Robe très profonde aux reflets grenat encré de bistre.
Le nez floral évoque le lis et le narcisse teintés d’une goutte de benjoin. Le fruit vient après et se décrypte en gelées variées aux parfums intenses de cassis et de mûre. Ce n’est pas fini, une note de café assombrit la pâte d’amande, un accent de menthol appuie la senteur de cèdre.
L’impression sucrée de la première gorgée englobe les tanins, certes fins et soyeux, mais bien présents. L’amertume délicate chasse la douceur initiale. Réglisse et gentiane apportent leur fraîcheur bitter à l’ampleur fruitée. Tout se rythme autour de cette puissance contenue, issue du caractère capiteux aidé de la densité tangible du vin. Ça le fait, on ne s’en rend toutefois pas compte tout de suite…
«Un millésime dans la lignée du 2004 ou du 2007. Un vin cependant puissant qui 15,5° d’alcool sur l’étiquette, mais bien équilibré par une acidité rarement atteinte dans la série des DIVEM. Cela lui promet une garde exceptionnelle» explique Gil qui recherche la maturité poussée avec des rendements ne dépassant guère les 12 hl/ha.

Son vignoble qui a triplé récemment sa superficie, c à d qu’il s’étend aujourd’hui sur 4,5 ha lui permet ce travail d’orfèvre, toujours en recherche des limites, à l’image de son autre métier, chercheur au CNRS sur le goût et l’odorat depuis 25 ans.

Comme quoi, le chapeau n’empêche pas d’être excellent vigneron…

http://www.divem.fr

Ciao

Languedoc octobre 2014 250

Marco

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