Les 5 du Vin

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Quoi de neuf en Roussillon?

Dans chaque vignoble, chaque année, il y a  de nouveaux vignerons qui démarrent; soit qu’ils reprennent le domaine de leurs parents, soit qu’ils en lancent un nouveau à la sortie du lycée agricole ou de la fac d’oeno, soit qu’ils investissent dans la vigne. C’est le cas dans le Roussillon, notamment, aussi faut-il régulièrement remettre ses compteurs à jour.

C’est ce que j’ai pu faire, mardi dernier, à Bruxelles, grâce au Centre d’Information des Vins du Roussillon, qui présentait aux importateurs et à la presse une trentaine de vins (principalement des 2015 et des 2014) dont la plupart ne sont pas encore importés en Belgique, et dont certains sont les premiers millésimes de leurs auteurs.

 Côtes du Roussillon, Côtes du Roussillon Les Aspres, Côtes du Roussillon Villages, Maury, Collioure, Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes, Banyuls, IGP Côtes Catalanes, la plupart des dénominations de la région étaient représentées.

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A l’arrivée, du bon, du très bon et du moins bon – la petite déception tient à des vins un peu trop faciles; j’ai été de ceux qui ont reproché, par le passé, aux Roussillon de vinifier des vins durs et rustiques; certains ont pris l’avertissement au pied de la lettre et produisent maintenant des vins qui manquent de personnalité, voire mous – un comble, pour un beau millésime comme 2015. Vous me direz que je ne suis jamais content. Mais tout est une question de mesure…

Ces vins en demi-tons représentaient environ un tiers des vins dégustés; si l’on enlève encore quelques vins à défaut (brett, oxydation prématurée, soufre), reste tout de même une belle brochette de bons vins, allant du plus fruité au plus corsé, mais pleins de caractère, ce qui augure bien de l’avenir du Roussillon.

Je vous livre mon quinté de tête:

Domaine Meunier-Centenac 2014, AOP Côtes du Roussillon (blanc)

Clos Saint Sébastien Cuvée Inspiration Minérale 2014, AOP Collioure (blanc) 

Cave de Maury Cuvée Nature de Schiste 2014, AOP Maury Sec

Domaine des Mariétas 2015, AOP Côtes du Roussillon (rouge)

La Coupe d’Ars, Château Planères 2013, AOP Côtes du Roussillon Les Aspres

Et pour faire bonne mesure, j’ajouterai un vin doux naturel plus ancien,

Le Rivesaltes Ambré 2004 de Lafforgue.

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Si je devais trouver un dénominateur commun pour ces vins, outre le fait qu’ils gagneraient à être mieux connus (qu’ils soient produits par de petits ou de grands domaines, des coopératives, des néo-vignerons ou pas),  je dirais que c’est la mise en avant de leur différence; la marque du lieu, sans doute, mais aussi  la patte du vigneron.

Le Collioure blanc du Clos Saint Sébastien, par exemple, joue bien la carte de son schiste brun, mais les choix d’assemblage et de vinification (un long passage en bois, qui pourtant ne gomme en rien le côté salin et pointu du vin, mais l’encadre) montrent bien à quel point l’apport humain peut être important. Dans un autre registre, le Côtes du Roussillon Les Aspres du Château Planères présente une texture particulière, un jeu étonnant entre le rond et l’épicé; et dans ce cas, le choix de la cuve était tout à fait adapté. Rien d’étonnant, quand on dévoile l’étiquette: ce vigneron est un de ceux qui ont porté le projet de la dénomination Côtes du Roussillon Les Aspres.

Bref, voila des vins qui se gravent dans la mémoire olfactive. De ceux qu’on a plaisir à donner le nom à des amis, comme on ferait d’une belle adresse de restaurant, d’un beau circuit de promenade, d’un bon concert…

Hervé Lalau

 


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Deux Facel Vegas dans le Royaume du Cabernet Franc

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Two Facel Vegas and a pre-war Lagonda @Domaine de la Noblaie, Ligré (AC Chinon) 

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Couple with dog seeking to make open Lagonda
comfortable as rain increases…. 

Asked to organise visits last week in Bourgueil and Chinon for six classic car enthusiasts – two with examples of France’s 1950s and 1960s luxury sports car – Facel Vega, we spent an enjoyable two days enjoying two fine lunches interspersed with a couple of visits.

We started on a high – a remarkable tasting at Lamé Delisle Boucard in Ingrandes de Touraine going back to 1928. Details here. This was followed by an excellent lunch at Lamé’s neighbours – Vincent le Cuisinier. If you haven’t yet eaten Chez Vincent clear your diary and get down there quick – superb but booking is essential as there are very few tables.

The following day we reversed the order of events – having a very good lunch at the well established Auberge Val de Vienne in Sazilly before heading to Domaine de la Noblaie in nearby Ligré. Details here.

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Update on Loire 2016

Today we head to the Pays Nantais for a quick look at how the harvest is progressing here. The Ban des Vendanges was on 15th September.

However, a quick VTT ride through the vineyards of Saint-Georges-sur-Cher reveals a rather sorry sight:

Variable ripeness within a bunch with 

some grapes frazzled by hot weather (19.9.16)

(above and below)

 

Not looking pretty!

2016 Vendanges in Saint-Georges-sur-Cher, AC Touraine 

This brief report comes with a health warning as to date I have only looked at couple of sites in Chinon plus taking a ride today through some of the vineyards of Saint Georges-sur-Cher. In addition I have also talked to a number of Loire vignerons but even so it is dangerous to jump to conclusions on a small sample. 

However, we can say that 2016 has been a difficult year with frost at the end of April, very heavy rain causing widespread flooding at the end of May and beginning of June. After this many producers had to deal with powerful mildew attacks. Then in July and August the weather turned dramatically hot and very dry, so much so that there were drought conditions by early September. 

However, rain started on evening of Tuesday 12th September, so the drought is over. But the drought has probably made the veraison prolonged so within the same bunch you can still see green grapes along with black ones making picking difficult. The very hot weather also frazzled some of the grapes as these photos show.

There are, of course, some normal bunches without sunburn or obvious long veraison, but it looks a complicated vintage.      

Shrivelled by the heat of July and August
Further reducing the yield
(above and below)

Despite the very hot July and August
already signs of rot in some bunches (above and below)

A significant percentage of this bunch has been heat frazzled.

ChevereJm


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79 years from Lerné to Chinon

23.12.08Chinons
Chinon: The Vienne, the old town and the château

On Friday the French Government made it official: eight new communes to the west of the Chinon on the south bank of the River Vienne will join the Chinon appellation from the 2016 vintage.

Ironically some if not all of these eight communes – Brizay, Candes-Saint-Martin, Chinais, Couziers, Lerné, Saint-Germain-sur-Vienne, Seuilly and Thizay – could have been part of AC Chinon when it was set up in 1937 as this part of Indre-et-Loire is a westward extension of the clay limestone terroir of the south bank of  the Vienne – see Ligré, for example.

Apparently, however, the opportunity was turned down because the various communes’ mayors believed that becoming part of this new set up would mean higher taxes.

It was the lunatic and yet to be implemented reform of Appellation Touraine that pushed these eight communes to apply to be included within the Chinon appellation. The Touraine reforms ban 100% Cabernet Franc and 100% Chenin, which may just conceivably make sense in the Cher Valley east of Tours but certainly makes no sense at the western end of Indre-et-Loire. As Cabernet Franc and Chenin Blanc are the grapes of choice in these eight communes as they are in this part of the Loire, these producers were left as orphans faced with the prospect of selling their wines as IGP Val de Loire or as Vin de France.

I suspect that François Rabelais, the patron saint of these parts, would have appreciated this delicious absurdity. I am all in favour of a sensibly drafted appellation system but this Touraine reform is just idiotic micro-management. Not, however, as insane as ‘Brexit’….

It was back in March 2014 that the Chinon producers kindly extended a life-line to the eight orphans accepting their application in principle. There then followed four years of studies with the successful conclusion announced last Friday.

It is only eight kilometres from Seuilly to Chinon and 12 from Lerné but it has taken all of 79 years to get there….

 

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Jean-Martin Dutour (Baudry-Dutour) and president of the Chinon producers

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Surprenant Roussillon sans en avoir le nom, Amistat …

Amistat … se revendique donc comme « Catalunya Nord »!

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 Marie-Louise nous en avait parlé, nous en avait donné envie; et puis voilà qu’à l’aveugle, lors d’une dégustation CNTP (conditions normales de température et de pression), je les déguste, ces trois cuvées!

Amistat ?

Julien Ditté: «Amistat veut dire amitié en catalan. Celle qui me lie avec Olivier Cazenave, mon associé, lui aussi viticulteur mais à Bordeaux, et qui se passionne pour le Grenache tout autant que moi.»

Le projet démarre en 2011. Les deux copains, Olivier et Julien, désirent faire du vin comme ils en ont envie, sans contrainte.  Le sol sec et schisteux des Aspres leur semble tout indiqué. Là,  le cépage semble au mieux pour s’exprimer. Une expression authentique, celle d’un vieux baroudeur qui malgré ses 70 ans offre encore de quoi assouvir notre plaisir.

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Les quatre vieilles parcelles louées à Tresserre ne produisent guère plus de 6.500 bouteilles, mais le duo compte se développer petit à petit, au hasard des opportunités et bien évidemment en fonction d’une bonne commercialisation de la gamme.

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Quand on déguste les vins, on pourrait les croire s’intégrer au mouvement Vin Nature, mais si Julien bannit tout intrant, il garde à dose mesurée le soufre. « Dans un souci éthique et d’authenticité nous ne désirons pas employer d’intrants même si nous considérons certains d’entre eux comme inoffensifs. Nous privilégions donc les levures indigènes à celles du commerce et jugeons inutiles les produits de stabilisation. Le soufre est utilisé de façon très modérée nous permettant de livrer des vins la plupart du temps inférieurs au seuil de détection. Nous prenons le parti de mettre en bouteille les vins sans filtration, leur éclat visuel dépendant de leur décantation naturelle au cours de l’élevage. »

Dans le verre

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Amistat blanc 2014 Vin de France Catalunya Nord

 Doré clair, le nez rappelle la pomme à cidre ombrée de poivre Cubèbe, la poire tapée, la figue sèche et le foin au regain. La bouche ample au développement onctueux qui glisse sur le minéral lisse d’un schiste chaud de soleil. Un rien de citron confit vient apporter sa fraîcheur fruitée. Puis, surgit cette amertume racée au goût de racine de réglisse qui vient renforcer la sapidité du vin, le rendre plus frais encore, plus long, plus à même de s’accorder au repas.

(données techniques de lecture facultative, que pour ceux que ça intéressent)

Assemblage de 50% de Grenache gris, 30% de Macabeu et 20% de Grenache Blanc vendangés à la main. Fermentation en demi-muids de chêne français, élevage de 12 mois dans les mêmes demi-muids, bâtonnage des lies à la clé. Mise en bouteilles par gravité. Sulfitage : 1 à 3 mg/L, pH : 3,31, titre alcoolique : 15°.

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Tatsima rosé Vin de France Catalunya Nord

Un vin de Grenache Gris qui surprend déjà par sa teinte entre le rose-thé et le corail. Ensuite le nez qui ne nie pas un soupçon de volatile, mais qui offre dans la foulée de somptueuses explosions d’agrumes confits parfumés d’épices douces. Viennent encore le végétal grillé de la sauge et du romarin, la note subtile mais insistante de la lavande. L’impression tannique en bouche instille tout de go une texture inattendue pour un rosé. Puis la fraîcheur inouïe au goût d’agrume accroît le fruité qui rappelle les jus de groseille rouge et de grenade qui flirtent avec l’amertume. Un trait de melon à la menthe vient jouer les trouble-fête durant la longueur croquante, un rien rêche, toujours tannique, on n’en sort pas, mais ça plaît !

Ce rosé n’est pas fait pour l’apéro, mais pour le repas et résiste avec aisance à toutes les recettes d’artichaut.

« Tatsima est le verlan de Amistat, clin d’œil pour un rosé pas comme les autres « un rosé à l’envers de la mode ». Une macération longue de Grenache Gris pour obtenir une structure tannique puissante, exercice de style pour montrer la puissance du cépage sans élevage bois. Le vin est vineux taillé pour balancer les amers, fromages puissants, artichauts et autres difficultés culinaires à marier » explique Julien.

Reste le rouge,

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Amistat 2013 Vin de France Catalunya Nord

Grenat pourpre, au nez qui peut heurter par son exubérante maturité aux accents de marmelades de fruits teintées de l’acidulé du citron et du balsamique. La gentiane et le thym soulignent framboise, cassis, pomme et cerise qui se disputent l’hégémonie nasale. En bouche, la fraîcheur se répand en un instant. L’espace buccal ainsi rafraîchi accepte sans ambages l’explosion fruitée nuancée ici de notes florales de rose et de réséda. Puis, il y a cette sapidité gourmande qui écrase les baies sur la langue, les transforme en liqueur, en macule les tanins rêches comme une soie sauvage, l’étire sur la longueur, histoire de nous en faire profiter jusqu’à plus soif.

Un 100% Grenache Noir en vendange égrappée et encuvage en grain entier (sulfitage 2 à 4g/hl à la réception). Vinification en cuve, pigeages et délestages. Élevage de 12 mois en foudre neuf de 20hl en chêne de Slavonie. Ni filtration, ni collage, sulfitage de 0 à 20 mg/L, avant la mise. pH : 3,31, titre alcoolique : 16°.

Amistat,

3 vins tout-terrain qui fonctionnent avec une belle série de recettes pas faciles à accorder. Blanc et asperge sauvage, blette, truffe et morille, les anchois, … Rosé et artichaut, vieux Salers fermier, rouget en tapenade, … Rouge et Zarzuela (le plat de poisson pas la danse), les laqués chinois, les épicés (pas trop) mexicains, les boudins … Et une foule d’autres plats « extrêmes » d’ici et d’ailleurs. Sans oublier les petits pois à la catalane…

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www.amistat.news

Ciao

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Marco

 


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Pineau d’Aunis du Vendômois, rosé en deux versions

Deux Pineau, pourtant bien distincts, qui nous régalent. Deux rosés, l’un acidulé, l’autre onctueux, pour deux moments différents. Caractère bien marqué pour le premier, caresse tendre pour le second. Le Pineau d’Aunis, cépage phare de l’appellation Coteaux du Vendômois, sait y faire, surtout quand il s’agit de nous procurer quelques instants de plaisir.

 ColinGrisBodinGrisCoteauxDuVendomois - Copie

 Gris Bodin 2015 Coteaux du Vendômois Domaine Patrice Colin

D’une couleur tendre comme un pétale de rose, il offre un nez qui charme tout de go  par ses notes de fraises et de griottes bien mûres, rafraîchi de groseilles à maquereau et d’un zeste agrumes, le tout bien épicé. La fragrance subtile du silex frotté avive notre gourmandise. La bouche nous comble par son incroyable persistance, son caractère frais et croquant. Sa saveur vineuse apporte à la fois jouissance et plénitude. Le minéral senti se dissimule derrière la dentelle tannique, sans toutefois masquer la structure, ni l’ampleur de ce rosé de caractère.

Au lieu-dit Bodin, les Pineau d’Aunis dépassent allègrement les 90 ans, c’est Georges, le grand-père de Patrice, qui les a plantés en 1920. Ils sont aujourd’hui conduits en mode biologique, pressés sans attendre et fermentés en cuve inox.

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http://patrice-colin.fr

 

Côté bouffe

Sa saveur particulière, ses épices, son fruité délicat semble le prédestiner à l’accord avec les sushis et les sashimis. En dehors de ces nippones combinaisons, il aime fréquenter les terrines de lapereau, le sandre grillé, les rillons pour faire local, l’anchoïade pour faire vacances. Quant au fromage, quelques chèvres pas trop affinés du style Selles-sur-Cher donne l’impression d’être au dessert.

LesVigneronsDuVendomoisLieuDitCocagneGris2015 

Lieu-dit Cocagne 2015 Coteaux du Vendômois Les Vignerons du Vendômois

 Saumon prononcé à l’écaille dorée, il hume le raisin de Corinthe épicé de Cayenne, avivé de menthe fraîche, le jus d’un grain de grenade écrasé entre deux doigts. En bouche, son onctuosité étonne et le rend presque sucrée, impression confirmée par le gras développé, heureusement bien équilibré par la tension minérale et l’amertume subtile au goût de gentiane. Il se prolonge par des sensations anisées et poivrées, puis nous offre encore quelques fruits comme la poire et le bigarreau.

Un rosé d’abord aisé qui se boit sans sourciller à l’apéro ou durant le repas.

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Ce 100 % Pineau d’Aunis est issu d’un coteau exposé plein est lové dans une boucle du Loir. La parcelle classée en premières côtes se compose d’argile à silex roses qui repose sur le calcaire du Turonien. Pressurage pneumatique de la vendange, fermentation à 14°C, élevage sur lies fines.

Côté bouffe

Son onctuosité fraîche aime le voir accompagner un steak de saumon poêlé. Ou bien différent quelques escalopes milanaises qu’on peut accompagner d’un œuf mimosa sans perturber ce rosé. Ou encore des pâtes au pesto, des charcuteries, des quenelles de brochet. Quant au fromage, il remplace à merveille le Sauvignon avec un chèvre affiné comme le Crottin de Chavignol.

VendomoisCaveCooperativeDesVigneronsDuVendomois

www.caveduvendomois.com

L’AOC Coteaux du Vendômois

VendomoisAocCoteauxduVendomoisCarteIl est certes l’un des plus méconnus des vignobles du Val de Loire. Situé à l’ouest de la jolie cité de Vendôme sur la vallée du Loir, il s’étend sur 152 ha et 28 communes. Le sol y est essentiellement fait d’argiles  riches en silex roses déposées sur un socle calcaire qui affleure par endroits. Le Pineau d’Aunis y a trouvé un terroir de prédilection.

VendomoisGrappePineaudAunisLieuDitCocagneCaveCooperativeDuVendomois

« Il existait, il y a fort longtemps, le long des coteaux de la Loire, une variété de vigne sauvage, rouge à raisins noirs, qui s’enroulait autour des branchages des arbres. C’est peut-être cette « lambrunche sauvage » dont parle Ronsard dans son

« Ode à un aubépin ». Cette variété de vigne fut ensuite domestiquée par les moines en Anjou et en Touraine, mais elle resta indomptable comme la Loire ».

Aujourd’hui, il n’est plus guère cultivé que dans cette région du Vendômois, mis à part quelques communes de la Vallée du Cher. Le Cabernet Franc l’a supplanté en Anjou. Sa production se répartit comme suit : 140 ha sur l’aire géographique de l’AOC Coteaux du Vendômois et Vins de Pays, 100 ha sur l’aire AOC Touraine, 70 ha sur l’aire AOC Coteaux du Loir et 15 ha sur l’aire AOC Touraine. Cet oublié de l’ampélographie n’existerait nulle part ailleurs.

VendomoisConservatoireDuPineauDAunis                 conservatoire du Pineau d’Aunis en Vendômois

Ciao

 VendomoisVignes

 

Marco


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Les “tourments” de l’acheteur professionnel

Pour changer un peu des dégustations, je vais vous parler de la “vie tourmentée” d’un sélectionneur professionnel, métier que j’ai exercé pendant 15 ans.

Sans vouloir idéaliser l’entreprise à laquelle j’ai appartenu, je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance, de travailler pour un groupe comme LAVINIA.Sa gamme est une représentation assez complète du monde vinicole, national et international. Cela m’a donné l’opportunité de gouter des vins venant d’un horizon très large et par la même de mener une étude assez poussée des références disponibles sur le marché, ce qui me permettait d’optimiser mes choix au moment de la sélection.

Bien évidemment cela exigeait une connaissance poussée des vignobles et représentait une implication totale dans l’actualité viticole. Je pense que la majorité des amateurs, des clients et des domaines ignorent les difficultés et les responsabilités qu’impliquent le travail de sélectionner un “bon” vin pour l’incorporer dans une gamme, l’objectif étant  qu’il ait du succès, c’est-à-dire qu’il se vende ! Ne jamais oublier que j’étais payée pour ça.

Il faut avant tout, même si cela apparait comme une évidence aller chercher les vins, et cela exige, une actualisation permanente des connaissances, via la lecture des différentes revues professionnelles et autres blogs ou newsletters, mais surtout, il faut le plus souvent possible parcourir le maximum de vignobles, et être présents dans les nombreux Salons professionnels officiels et « off ». J’ajouterai qu’un bon relationnel n’est pas négligeable.

Il faut bien sur gouter chaque jour de nombreux vins, de manière à se former un palais, “la culture du vin est ce qu’il nous reste après avoir beaucoup craché ». Il est évident qu’on ne peut pas rester assis derrière un ordinateur et se contenter d’attendre que les échantillons arrivent !

Pour comprendre les raisons de la qualité d’un vin, il n’y a pas d’autre secret que d’en connaitre les auteurs, aller à la rencontre des viticulteurs, observer comment ils respectent l’équilibre entre les vignes et la nature, les écouter, parler avec eux, passer un moment dans leurs caves ou si ça n’est pas toujours possible, participer à un maximum de manifestations, gouter leurs vins millésime après millésime; il est en effet très important de suivre l’évolution d’un domaine, ça permet de mieux comprendre les vins et de se projeter dans un avenir pour bâtir une politique commerciale.

L’offre du Monde du vin est tellement vaste, les styles de vins proposés sont tellement différents qu’il n’est pas pensable prétendre tout couvrir ! Essayer d’être au courant de tout, d’être à jour, de faire face à cet excès de références, représente un effort colossal et permanent, et se serait mentir que de prétendre que nous y arrivons. Là encore, nous avons nos sources.

Et ce, sans parler des tendances et des modes qui existent aussi dans notre petit monde, et auxquelles nous ne pouvons pas, même si nous le voulons, tourner le dos ou les ignorer.

Le meilleur exemple actuel est celui des vins dits NATURES, ou le succès d’une zone comme Gredos en Espagne avec son cépage Roi : le Grenache ou encore le Jura en France.

Nous devons bien sur inclure des nouveautés dans nos sélections, mais ça n’est pas toujours suffisant, il faut en outre qu’elles apportent une différence pour que le consommateur final s’y attarde et que in fine, il les achète. Il est certain que nous sommes enclin à donner une opportunité aux jeunes domaines innovants, aux nouveautés,  et, souvent, sans le vouloir, nous nous éloignons de notre marché ; il faut toujours veiller à conserver un certain équilibre et garder à l’esprit les gouts de nos clients qui ne sont pas toujours ceux qui nous conviennent. Il existe un  décalage entre notre propre ressenti et celui du marché. Le risque est grand de déraper, et même si nous sommes là pour “éduquer” ou guider les palais, il faut respecter les habitudes des acheteurs et nous devons aussi rester attentifs à leur faciliter les vins avec lesquels ils se sentent les plus commodes. L’exemple type est celui du vin boisé, alors que nous nous les rejetons depuis un certain temps déjà, force est de constater que beaucoup de nos clients continuent à rechercher ce style de vins.

Je ne puis nier que j’avais tendance à préférer sélectionner des vins Bio, des vins élaborés par des viticulteurs impliqués dans leur terroir, des vins avec une histoire, des domaines de petite taille. Se sont ces vins qui finalement m’apportaient une différenciation dans la gamme. Mais, d’une part tous les vins Bio ne méritent pas d’être sélectionnés, et d’autre part, de nombreux vins traditionnels présentent un intérêt réel qui font qu’on ne peut pas les écarter d’une gamme. Il est évident que la qualité d’un vin demeurait le paramètre principal et décisif au moment de l’évaluation du vin, mais pas seulement, sa personnalité et son prix étaient aussi des facteurs déterminants… je ne serai pas tout à fait sincère si je n’y rajoutais pas la relation avec le vigneron. Le facteur humain est loin d’être négligeable et c’est tant mieux ! J’avoue qu’il m’a souvent influencé, reste après à faire passer le message auprès des sommeliers qui vendent les vins et ça n’est pas le plus facile. En réalité, se sont eux qu’il faut convaincre, car se sont eux qui sont en contact avec le client.

Dans le travail de sélection, une des principales difficultés que je rencontrais était la gestion des échantillons, nous en recevions, une dizaine par jour ! Parfois, il s’agissait de bouteilles que j’avais moi-même demandées, suite à des recommandations d’autres vignerons ou après lecture de commentaires, mais la majorité des échantillons qui arrivaient étaient envoyés par les domaines sans même nous consulter. Et, pour le sélectionneur, c’est un vrai problème, vous n’imaginez pas l’anxiété que ça me provoquait quand les bouteilles commençaient à s’accumuler. C’est difficile de trouver le temps nécessaire pour les gouter toutes dans un délai raisonnable, surtout que je passais les ¾ de mon temps à voyager. Bien entendu, les bouteilles n’arrivaient pas seules, elles étaient suivies d’un long mail de présentation du domaine, incluant fiches techniques, photos, récompenses, coupures de presse ect, ect….Sans compter qu’une semaine au mieux, après avoir, envoyer les échantillons, les vignerons commençaient à m’appeler ou à m’envoyer des mails pour connaitre le résultat de la dégustation. Les choses empiraient quand au bout d’un mois, ils n’y avait toujours pas de réponse, ils ne comprenaient pas que nous n’ayons pas encore pu les gouter. J’avais beau leur expliquer que nous goutions par odre d’arrivée et que nous nous ne pouvions consacrer 100% de notre temps à la dégustation d’échantillons, rien n’y faisait, ils me mettaient une pression continue ….Je le vivais vraiment très mal, car je comprenais leur impatience, mais j’avais mes limites. Certes je m’appuyais sur un Comité de dégustation, mais je tenais à faire une présélection, non pas que je n’avais pas confiance à mes collègues, mais je craignais toujours de « rater »,  un vin, « important », de passer à côté, et donc la seule solution que j’avais était de les gouter tous, évidemment j’accumulais les retards.

Quand un vin m’intéressait, je demandais alors une autre bouteille, pour qu’elle soit analysée par le Comité de dégustation. Avec ce système, la procédure de référencement prenait un certain temps. Je me faisais un point d’honneur à répondre à tous les vignerons, même si parfois mes réponses n’étaient pas toujours appréciées ou comprises.

Une autre difficulté que j’ai rencontrée au cours de mes recherches a été au fil des ans, la qualité sans cesse croissante des vins et ce dans toutes les régions : ça n’a pas facilité la sélection.

Pour cette raison, d’autres facteurs que celui de la qualité sont rentrés en jeu et en même temps le doute s’est installé. Beaucoup de vignerons pensent  la qualité d’un vin en fait un élément suffisant pour qu’il soit retenu, selon eux, si le vin a été bien noté, nous devons donc l’avoir, mais, il nous est totalement impossible de référencer tous les vins qui sont bons. Comme ils sont loin des réalités du marché ! Si j’avais le temps, jécrirai un petit manuel à l’usage de certains vignerons pour leur expliquer, en toute modestie, ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire à un acheteur, comment établir une vraie politique de prix, ou encore comment gérer leurs échantillons…

Ce qui est certain c’est que ni le prix, ni l’âge, ni le fait d’appartenir à une appellation déterminée ne sont la garantie qu’un vin ait la qualité que nous recherchons. Un vin bien fait, sans défaut ne nous intéresse pas, pas plus qu’un vin qui a remporté une médaille à un concours, sa personnalité est primordiale, il ne suffit pas qu’un vin soit bon d’un point de vue technique, il faut aussi qu’il ait suffisamment de caractère, c’est ce qui lui permettra d’enrichir une gamme.

Bien entendu, la part de subjectivité est grande, mais comment y échapper ?

Quant au prix, il faut bien sur, que sa relation avec la qualité soit la plus juste possible. Enfin, la présentation a son importance aussi, car c’est elle qui finalement différencie le vin aux yeux des clients, dans les rayons du moins. Cette dernière donnée est aussi très subjective.

Etant donné que la capacité des magasins est limitée et que tous les casiers sont déjà occupés, si nous voulons rentrer une nouvelle étiquette, nous sommes obligés d’en retirer une autre. Nous dégagerons celle qui n’a pas eu le succès escompté, celle qui n’a pas de rotation selon le langage mercantile. Et ça n’est pas si facile, personnellement, j’avais beaucoup de mal à sortir un vin qui m’avait paru idéal au moment de la sélection, et sur lequel j’avais beaucoup misé: c’est un crève-cœur, le constat d’un échec, une mauvaise nouvelle à annoncer au vigneron!

Finalement, nous devons reconnaitre nos erreurs, car malgré toute la passion et tout le professionnalisme que nous mettons dans la sélection d’un vin, c’est le consommateur et lui seul qui rend le verdict final. C’est seulement lui qui décide si un vin est bon ou non! Les premières bouteilles sont toujours faciles à vendre si le sommelier est convaincu, mais ce qui décide du sort d’un vin, c’est sa rotation.

Et le succès n’est pas toujours là où nous l’attendons.

A ce jour, je n’ai plus à me préoccuper des autres, je goute ou j’achète le vin pour moi et mes proches et selon mon propre gout, m’arrive-t-il encore de douter ??? Je ne vous le dirai pas, car ça n’a plus d’importance, même si parfois je partage mes notes de dégustation avec vous.

Hasta pronto,

 MarieLouise Banyols

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Monvinic Store (2), rouges d’ailleurs

Suite et fin des notes de dégustation chez Monvinic.

La qualité des rouges de la dégustation n’était pas homogène – j’ai nettement préféré la sélection de blancs (voir mon billet de jeudi dernier);  mes commentaires, bien entendu, n’engagent que moi.

 

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El Mozo Wines Rioja El Cosmonauta y el Viaje en el Tiempo “Clarete” 2015 Magnum

Bodegas Compañon Arrieta

El Mozo Wines est un petit projet familial engagé par Gorka Mauléon et Itaxo Compañon, ils ont récupéré 9 ha de vieilles vignes, 18 parcelles en tout, toutes situées à Lanciego (Rioja Alavesa). Ils y développent une viticulture traditionnelle et organique et s’enorgueillissent de vinifications les plus naturelles possibles. J’avais déjà rencontré Gorka Mauléon et dégusté ses vins lors des rencontres de la viticulture organisées par Telmo Rodriguez, et déjà, je n’avais pas été convaincue.

Voulant reproduire le vin que buvait leur grand-père, ils vinifient tous les raisins ensemble, blancs et rouges, et entiers, avec macération semi-carbonique. Ils n’utilisent aucun additif, et il n’y a pas d’ajout de soufre.

Pour cette cuvée, ils ont sélectionné une parcelle, «Monte Viñaspre»,  plantée par leur grand-père Teodoro dans les années 40. Elle est située à 612m d’altitude au Nord-Est de Lanciego, elle est toute petite, 3500m2, et, comme cela se pratiquait avant, elle est complantée : on y retrouve du tempranillo, du grenache, de la viura, de la malvoisie et du torrontes. Presque la moitié de la parcelle est plantée de cépages blancs.

Le but étant de récupérer le traditionnel « clarete » qui se buvait  au quotidien, un vin frais qui rappelle la mémoire du grand-père. Je ne sais pas si les deux complices ont déjà gouté des vins du temps de leur grand-père, mais moi oui, et je peux témoigner qu’ils étaient troubles, de couleur claire et plus proches du vinaigre que d’une expression de terroir, mais on aimait ça car le palais s’y était habitué.

La vinification est certes aussi artisanale que possible, et est censée exprimer la vigne; mais là, j’avoue que je ne l’ai pas retrouvée!

La robe est trouble, d’un rouge clair; il y a beaucoup de co2;  la bouche m’est apparu assez insipide, sans grand intérêt. Ceci dit, le vin a été très apprécié par d’autres dégustateurs et ce domaine jouit même d’une bonne presse. On ne peut qu’adhérer à leur démarche et l’encourager, même si pour ma part, je n’y retrouve aucune expression de terroir. Il faut cependant reconnaitre beaucoup de passion et d’énergie chez ces jeunes, ils croient fermes en ce qu’ils font et rien que pour ça, il faut les suivre, je suis certaine que les vins finiront par exprimer le terroir.

En outre la production étant limitée à 212 magnums, le prix de 60,50€ par magnum me paraît élevé, je ne dis pas qu’il ne soit pas justifié, mais…

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Marlborough SPINNING TOP PINOT NOIR PALOOSA 2014 NEW-ZEALAND

Les vins de Spinning Top sont élaborés par Patrick Moore, à partir de raisins issus des vignobles de la Waihopai valley, des Upton Downs, de l’Awatere valley et de la Wairau valley. Les vins prétendent «représenter le caractère unique des sites où poussent les raisins, avec la complexité provenant des forces de la nature et d’assemblages judicieux».

Je ne connais pas ce domaine, je ne fais donc que transcrire ce qu’en a expliqué Delia. Ce vin a reçu un accueil mitigé : il a été très apprécié par de jeunes sommeliers qui l’ont trouvé « vrai et dynamique« , pour ma part je suis plus réservée, il ne m’a pas impressionnée, et d’autres dégustateurs étaient de mon avis.

Il n’utilise que des levures autochtones, très peu de soufre, et un élevage de 9 mois en barriques.

Couleur rouge rubis, modérément profonde, le nez est très variétal, il présente des arômes très fruités de cerises, de prunes fraiches et de mûres, mêlés à des nuances herbacées, et épicées. Après quelque temps dans le verre, apparaissent des touches balsamiques. Le corps est très moyen, le palais est juteux et offre les mêmes notes de fruits que le nez, les tanins sont doux et fondus, la finale est réglissée et marquée par une acidité fraîche.

Un style de vins classique de Marlborough, au caractère très variétal, facile à boire, je l’ai quand même trouvé court et sans beaucoup de complexité.

Vol.: 13.2%

PVP: 16,20€

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FERDINANDO PRINCIPIANO DOSSET VINO ROSSO MONFORTE D’ALBA 2015

Ferdinando Principiano fait partie de la nouvelle génération de jeunes vignerons des Langhe, dans le Piémont. La propriété familiale est située à Monforte d’Alba a été crée en 1950 par Americo, le père de Ferdinando, elle couvre 10ha ; Boscareto, Le Coste, Pian Romualdo et Santa Anna en sont les parcelles clés et produisent environ 35.000 bouteilles par an de Dolcetto, de Barbera et de Nebbiolo. Ferdinando a repris le domaine en 1993, il accorde beaucoup d’importance à la préservation et l’amélioration du vignoble dans le respect complet de la nature, depuis 2004, il travaille en biodynamie. Pas de pesticides dans le vignoble et pas de soufre dans la cave!

Dosset, 100%, c’est le nom local pour Dolcetto d’Alba,  fermentation à partir des levures indigènes sans ajouts de soufre avec des petits degrés d’alcool. La production annuelle et de 4000 bouteilles

Une éclatante couleur rouge cerise. Au nez, il m’impressionne fortement : des notes de violette et de cerise avec un soupçon de terre. Je pense immédiatement : «quel beau vin!». La bouche, est fraîche et propre, légère avec une touche légèrement épicée. Les tanins sont équilibrés et la finale persistante et réglissée. Très joli vin, qui glisse mais qui a du corps, plein de fruits, très étonnant, il ne titre que 11º, jamais rien gouté de pareil: un coup de cœur !

PVP: 16,65€

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Barbadillo Vino de la Tierra de Cadiz Nude Tintilla de Rota 2015

 Une nouveauté chez Barbadillo.

Il s’agit d’un vin sans élevage, jeune fermenté et élevé en cuve.

Le propos d’Armando Guerra, l’œnologue, était de faire découvrir aux amateurs une Tintilla presque à l’état pur, en intervenant le moins possible tant au moment de la vinification qu’au moment de l’élevage. Il a été mis en bouteille sans filtration.

Armando Guerra définit “nude” comme la “Tintilla punk”, un vin de soif, frais et fruité.

Sa robe est noire, profonde avec des reflets violets, et n’annonce pas un vin de soif. Le nez est très expressif, dominé par des fruits, un peu rustique quand même. La bouche est contre toute attente, agréable fraiche, tannique juteuse. C’est un style qui rappelle plus les vins de macération carbonique de la Rioja ou du Beaujolais que les autres Tintillas de la zone.

J’ai bien aimé ce vin sans prétention.

Vol : 14,5º

Production : 2000 bouteilles

PVP : 13,40€

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MUXAGAT DOURO TINTA BARROCA 2014

Mateus Nicolau de Almeida peut se vanter d’un sacré pedigree.  Son grand-père, Fernando Nicolau de Almeida, a créé Barca Velha et qui a aidé António Ramos Pinto Rosas (grand oncle de Mateus), à fonder  Quinta de Ervamoira.

Mateus a étudié la vinification à Bordeaux avant de retourner dans le Douro. Plutôt que de travailler pour son père à Ramos Pinto, il a voulu faire son propre vin qui pourrait refléter sa tradition familiale, mais aussi ce qu’il avait appris en France et dans les autres pays où il avait été .Se décrivant comme un« Douro Vigneron « , il a créé avec Eduardo Lopes son propre domaine dans le Douro Supérieur, où il produit des vins de superbe qualité et ce, bien sûr, sans chimie à la vigne et sans intrants au chai hormis du soufre en quantité très raisonnable… Le projet Muxagat Vinhos a débuté en 2003, dans le petit village de Muxagata, dès l’année suivante, l’entreprise a déménagé à Meda. Ainsi, Muxagat est un petit domaine, planté en terrasse et situé dans la vallée du Douro Supérieur,

Il est localisé à 10 km au sud de la rivière et à seulement 20 km de la frontière espagnole.

Cette cuvée, (Muxugat signifie chat et hibou en portugais) est issue de vignes de tinta barroca, situées entre 250 et 600 mètres d’altitude.

Les faibles rendements et l’altitude sont la clé cet étonnant Tinta Barroca. Les raisins sont égrappés et foulés. Ils sont ensuite fermentés dans des cuves en béton où le vin est vieilli pendant 8 mois, dans des barriques de chêne autrichien.

La couleur de la robe est lumineuse, le nez est assez puissant, plein de fruits rouges avec des notes florales, la bouche est dense, fruitée et épicée, les tannins sont fins et chocolatés. Un vin un peu sauvage avec une vraie personnalité!

Vol : 13 %

PVP : 12,40€ Très bon rapport qualité/prix

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DONKEY AND GOAT EL DORADO FIVE THIRTEEN RED WINE BLEND 2012

Five Thirteen Red Wine Blend est un vin d’assemblage de style rhodanien.

Donkey & Goat Winery est un domaine californien exploité par un couple, Jared & Tracey Brandt, à Berkeley, une propriété urbaine donc. Ils travaillent avec une poignée de producteurs dont les vignes sont situées dans la Sierra Nevada, Mendocino et Napa. Ils arpentent les rangs de vigne et dégustent leurs raisins avant de décider quand ils sont prêts à cueillir. Dans la cave, rien n’est enlevé et rien n’est ajouté, sauf un minimum de soufre – aussi peu que possible; et ils utilisent des levures naturelles. Les vins sont mis en bouteille sans stabilisation, ni filtration. «Nous faisons des vins naturels, un terme qui couvre à la fois le vignoble et la cave.»

Five Thirteen est ainsi appelé parce qu’elle est calquée sur Châteauneuf -du -Pape et est composée de cinq des 13 cépages autorisés : 45% Grenache + 20 % Syrah + 19% Mourvèdre + 10 % Counoise + 6 % Cinsault. La robe n’est pas très profonde, le nez pas très complexe, mais agréable, un de mes voisins a dit : «nariz chula», la bouche est fruitée, c’est un peu court, à ranger plutôt dans la catégorie des vins de soif, bien qu’un peu cher dans ce registre, mais c’est la Californie.

VOL: 14%

PVP: 32, 70€

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Afrique du Sud, Elemental Bob Cosmic Flower My Red 2013

C’est un nouveau domaine pour moi, Delia n’avait pas l’air de le connaître plus que ça, alors voici le peu d’information que j’ai trouvé. Sur le nom : « J’ai étudié l’agriculture et mon frère m’a appelé Bob l’agriculteur. Ses enfants également m’appellent Bob. Quand j’ai fait mon premier vin, je l’ai appelé Elemental Wines. Bob l’Agriculteur et Elemental Wines ont fusionné pour donner Elemental Bob… Mes vins sont toujours uniques, intéressants et éveille les sens. Je suis un vigneron/artisan/papa indépendant.J’ai commencé Elemental Bob en 2004, tout en étudiant la vinification à l’Elsenberg College… »

La cuvée est composée de 33.3% Merlot / 33.3% Cabernet Franc / 33.3% Cabernet Sauvignon, les raisins sont vendangés manuellement, il utilise des levures indigènes et le vin passe 11 mois en barriques. Il n’est ni filtré, ni collé.

La production est de 954 bouteilles !

Le nez n’est pas très attirant, je dirai même qu’il pue, mais à l’aération, apparaissent des notes de poivrons verts, d’eucalyptus, le corps est moyen, l’acidité est faible, et c’est un peu court. Pas du tout emballée par ce vin qui, en plus, coûte 37,10€ la bouteille.

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En guise de conclusion :

Ce qui relie ces vins entre eux, c’est la non intervention dans le vignoble et à la cave. Tous ces vignerons travaillent en biodynamie, sans soufre ou très peu, animés qu’ils sont par une recherche presque désespérée de produire un vin le plus naturel possible! Le résultat n’est pas toujours probant, comme quoi, parfois un peu d’intervention de la part du vigneron est la bienvenue. Autre paramètre commun, la faible production de chaque cuvée, il est clair que ces vins ne peuvent se produire en volumes importants, le marché ne les absorberait pas, ils s’adressent à un public acquis, convaincu d’avance et prêts à payer un certain prix pour boire leur vérité !

J’ai apprécié dans cette dégustation la présence de vins espagnols. j’ai retenu l’Italien, le Portugais et la Tintilla.

Bravo à Delia pour ses sélections, importer des vins naturels du Nouveau Monde représente non seulement une recherche importante, mais aussi  une logistique et des couts de transports très importants quand il s’agit de faibles volumes. Il ne faut donc pas trop s’étonner par la suite du prix des vins.

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 Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols