Les 5 du Vin

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Tourteau catalan des Rois et Anis del Mono

Le gâteau des Rois, se mange aussi bien en France qu’en Espagne, mais dans ma Catalogne natale, tout comme en Catalunya, ce n’est pas une galette que l’on trouve dans les boulangeries pour l’Epiphanie mais un « tourteau des rois (el tortell de Reis) ». C’est une délicieuse pâte à brioche ronde,  très parfumée, recouverte de sucre et de fruits confits, et avec de la crème d’amande à l’intérieur.

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Pour coller à la douceur du touteau, il faut un vin sucré, le mariage le plus facile si l’on veut rester local se fera avec un Muscat de Rivesaltes, même si un Maury ou un Banyuls ambré pourraient aussi convenir.  Mais, comme je passe une partie de mon temps à Badalona (à 10kms de Barcelone), où nous avons la chance d’avoir une excellente boulangerie/pâtisserie  (Forn Beltran),  je me suis dit que c’était l’occasion de gouter avec le tortell,  l’Anis del Mono.  Pourquoi, l’Anis del Mono? Tout simplement, parcequ’il se trouve que l’unique distillerie de cette marque populaire d’anis se situe à Badalona, c’est une icône de la ville,  un bel édifice de la fin du XIXe siècle,  devant lequel je passe tous les jours à l’occasion de ma promenade sur le front de mer.

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L’Histoire

La fabrique Anis del Mono  a été fondée à Badalona en 1870 par les deux frères Bosch, à noter qu’ il existait déjà, quand elle a été inaugurée,  de nombreuses distilleries dans la ville, plus de 28, une sacrée bataille ! Mais, ils ne redoutaient  pas la concurrence, ils étaient riches et faisaient du négoce avec les Amériques : tabac, cacao…chose courante à l’époque…Ils connurent le succès.

Anis del  Mono à Badalona est un joyau moderniste qui a été préservé pour sa valeur artistique et patrimoniale ; toute la production continue de sortir de là, environ 5 millions de litres par an ! En 1975, la distillerie est passée aux mains du Groupe Osborne, son système de production, est resté artisanal, le même que celui utilisé il y a plus de 130 ans.

Le marché est surtout international, l’anis del Mono s’exporte vers 50 pays, pour compenser la baisse du marché national. Mais, le groupe essaie de se recentrer sur le marché intérieur avec sa campagne : « Volvamos al Mono » (Retournons au MONO). Aujourd’hui la distillerie est le leader indiscutable dans le secteur des anisés.

Cette liqueur a marqué mon enfance, c’était avec un « moscatell », une des rares bouteilles présente dans le buffet de ma tante, elle la sortait régulièrement pour en offrir un petit verre accompagné de biscuits, au facteur à l’occasion de sa tournée hebdomadaire.  Je me souviens aussi que les hommes  demandaient au Bar du village, un « carajillo »à l’anis. Le nom de carajillo vient de la guerre de Cuba, quand les soldats ajoutaient du Ron à leur café pour se donner du courage (corajillo disait-on) par déformation c’est devenu carajillo. Il peut se faire avec du brandy, mais dans les milieux ouvriers on le faisait à l’anis, à l’heure actuelle il revient à la mode mais avec le brandy de Jerez, c’est plus chic!

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Je dois dire que même au cours de ma vie professionnelle, je n’ai pas eu l’occasion de retrouver l’Anis del Mono. Considéré comme un pur produit de supermarché, il n’était pas de bon ton d’en avoir dans nos magasins. Pourtant, Marc Sibard, lui en proposait aux Caves Augé à Paris !Le retrouver si tard, me rend un peu nostalgique, ça me ramène dans les  années 50/60, toujours en Espagne, près de Gerona, cette fois-ci!

Le 7 Juillet, 2012 on inaugurait sur la promenade de Badalona, une statue en l’honneur de l’Anis del Mono: un singe de 200 kilos, sculpté en bronze, qui connait un vrai succès :il est photographié à longueur de journée !

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La bouteille

L’un des emblèmes d’Anis del Mono est sa bouteille : elle est très particulière ! Lors d’un voyage à Paris, Vicente Bosch alors qu’il cherchait un cadeau pour sa femme, avait admiré place Vendôme une bouteille de parfum qui l’a inspiré et, il a voulu l’imiter.

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L’Etiquette

L’étiquette de la bouteille contient aussi quelques curiosités qui en font un symbole de l’identité, comme la faute d’orthographe sur le mot « destillación », qui s’écrit destilación, en espagnol, et qui a été maintenue. Mais peut-être le plus significatif est le visage du singe lui-même, il n’a pas une tête de singe,  il présente des caractéristiques humanoïdes ! Il existe plusieurs légendes qui tentent d’expliquer ce détail. L’une d’elle soutient tient qu’il y avait un singe à l’usine. La famille Bosch avait des biens et des affaires en Amérique, l’un de ses navires aurait  apporté un singe, qui a finalement été installé dans la distillerie. Il est devenu très illustre et les gens venaient  pour  le voir jouer. Cela a rendu la société  populaire et elle fut  connue comme « l’anis du singe ».Une autre théorie dit que Vincent Bosch, notaire et célèbre homme d’affaires, a profité du débat suscité par les théories de Darwin, pour annoncer leur marque comme la plus évoluée. Sur l’étiquette, un primate humanoïde tient un parchemin proclamant: « C’est le meilleur, moi, je ne mens pas ».Il y a aussi l’opinion selon laquelle le visage du primate humanoïde, est le même que celui de Charles Darwin. Certains croient que les frères Bosch étaient contre la théorie de l’évolution de Darwin et qu’ils ont voulu le caricaturer…

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La « Fabrication »

L’Anis del Mono est une liqueur qui se compose d’alcool et d’un mélange de différentes herbes et anis. Les ingrédients sont très simples: eau déminéralisée chimiquement pure, alcool, sirop de sucre raffiné et filtré, et  herbes (anisées). L’anis del Mono ne contient que de la « matalauva »(de la graine d’anis) de première qualité,  et d’autres plantes comme la badiane, le fenouil rigoureusement sélectionnée à partir de laquelle on extrait l’huile essentielle qui fournit le bouquet si caractéristique du produit. Le procédé de distillation a lieu dans des alambics de cuivre, datant du XIXe siècle. Deux variétés d’anis, sec (étiquette verte) et doux (label rouge) sont fabriquées.

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Le mariage avec le tourteau des Rois

J’ai toujours entendu dire dans ma famille que, l’Anís del Mono, en plus d’être délicieux, avait des propriétés digestives. Il se buvait dans des très petits verres à température du placard où il était rangé après le repas, ou encore, on en versait quelques gouttes dans le café le matin les jours de grand froid. Par conservatisme, j’ai voulu le gouter à température ambiante, mais finalement, nous l’avons dégusté glacé, il est bien meilleur ! Je n’avais pas de petit verre, de « chupito », j’ai donc choisi celui qui m’a paru le plus approprié, mais pas idéal.

Ça n’est pas le meilleur accord que j’ai connu avec le gâteau, mais pas mal quand même, déjà la couleur transparente s’harmonise bien avec la blancheur du sucre, le nez est suave. Le gout de la liqueur est puissant (35º),  mais la bouche  douce et rafraichissante, contraste avec le moelleux et la légèreté de la brioche. Evidemment, le sucre domine, accompagné des parfums comme la fleur d’oranger et l’amande amère. Le gout d’anis s’accorde bien avec les fruits confits, l’ensemble produit une agréable saveur sucrée équilibrée par l’amende amère.

C’est assez improbable comme mariage, cette liqueur étant totalement oubliée, mais  depuis quelque temps déjà,  à force de passer devant en allant marcher, et de sentir ces odeurs d’anis quand la distillation a lieu,  je m’étais promis de « plonger » dedans. Voilà, c’est fait. La bouteille est au frigo, il ne faudra pas compter sur le facteur pour la terminer !

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ANIS DEL MONO anís dulce botella 70 cl: 7,80 €, allez-y essayez, l’expérience ne vous ruinera pas.

 

Hasta Pronto,

 MarieLouise Banyols

 

 


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Deux champagnes d’exception

Nous les avons bus l’un pour Noël et l’autre le 31 au soir. Ils n’étaient pas prévus, c’est mon beau-fils qui les a apportés.

De Sousa & Fils Cuvée 3A Grand Cru Extra Brut,

Le domaine en quelques mots …

Situé sur le terroir d’Avize,  le vignoble s’étend aujourd’hui sur 9,5 hectares  sur les plus beaux terroirs classés Grands Crus de Chardonnay  de la Côte des Blancs : Avize, Oger, Cramant, Le Mesnil-sur-Oger, complété par des pinots noirs d’Aÿ et d’Ambonnay, il est certifié en bio-dynamie depuis 2010. C’est en 1986 que Michelle et Erick de Sousa reprennent l’exploitation familiale, Erick  est un vrai vigneron, attaché à exprimer ses terroirs, lorsqu’il reprend le domaine de son père, il décide de tirer le meilleur parti des vieilles vignes du domaine,  beaucoup ont plus de 50 ans, avec quelques parcelles, qui en ont près de 80. Alors qu’autrefois tout était mélangé dans les assemblages, il  met en avant une politique de parcellisation pour exprimer au mieux les différences des terroirs et créer des cuvées de champagne personnalisées et élaborer plus souvent des cuvées millésimées. Les cuvées sont vinifiées en fûts.

La cuvée 3A

Le mot du vigneron :« Cuvée 3A comme Avize-Ay-Ambonnay », les 3 A de cette cuvée  les 3 lieux d’origine des raisins, à savoir 3 Grands Crus dans chacune des grandes régions historiques de la Champagne ; mais il faut d’avantage chercher son originalité dans sa composition, 50% de Chardonnay Avize issu de vieilles vignes de plus de 50 ans et vieilli en fûts de chêne, associé à 50% de Pinots Noirs, d’Aÿ(25%) et d’Ambonnay(25%). Les raisins sont directement pressés ensemble pour un meilleur mariage et la vinification est faite  moitié fûts de chêne, moitié cuves. La cuvée demande un vieillissement prolongé en cave d’au minimum 3 ans pour arriver à une bonne maturité. C’est un Extra-Brut, le dosage est faible (inférieur à 5g/L): il fait ressortir l’équilibre entre la fraîcheur et la finesse du Chardonnay d’un côté et la rondeur et la puissance du Pinot Noir de l’autre.

Notre dégustation :

Pour être tout à fait franche avec vous, je ne prends que très rarement des notes de dégustation quand le moment est festif et que je suis bien en famille, je me consacre pleinement au plaisir du palais et de la compagnie. Le premier verre a donc été dégusté sans autre commentaire que : « excellent ce champagne », mais mon beau-fils a commencé à le décrire et à demander à chacun d’entre nous comment il le trouvait, finalement nous nous sommes tous concentrés et le jeu a donné ceci :

Nous avons tous aimé la belle couleur or clair avec quelques reflets cuivrés, très lumineuse et bien soutenue par une bulle fine et persistante.

Le nez  a remporté tous les suffrages et a été l’objet de nombreux qualificatifs : très expressif, flatteur, généreux, frais avec des arômes subtils. Les plus experts y ont trouvé des saveurs de fruits, de poires,  d’agrumes, avec des pointes d’ananas, de mangue et de fruits rouges, cassis et framboise mais aussi quelques notes de réglisse avec ce côté beurré et noisette apporté par l’élevage en fûts de chêne.

A l’unanimité nous avons trouvé que la complexité était au rendez-vous. Pour les uns, la bouche était riche, ample et crémeuse, avec un beau fruité et ils y retrouvaient un joli côté vineux qu’on avait déjà senti au nez, mais aussi du tranchant, de la fraicheur. Pour les autres, le pinot noir semblait dominer  avec se saveurs de fruits rouges très présents, ils trouvaient un côté onctueux et suave, qui se mariait parfaitement avec la finesse et la fraicheur du chardonnay.

Un beau contraste entre une matière croquante exprimant la puissance et une grande finesse. J’ai beaucoup aimé la finale épicée, très fraîche, tendue et d’une belle longueur. Le résultat est une cuvée bien équilibrée avec le velouté et l’onctuosité du pinot noir ainsi que la fraîcheur et la finesse du chardonnay.

Ma conclusion : Il y avait dans cette cuvée, ce que j’aime avant tout : la complexité et la pureté. La complexité est rare et c’est très agréable de la trouver dans une bouteille à un prix très raisonnable entre 38et 44€, selon les sites.

Avec tout ça, mon plat, le pain perdu aux truffes est passé un peu inaperçu, le vin a pris la parole et l’a gardée, je ne le regrette pas, nous avons passé un bon moment auquelmême les non professionnels ont participé !

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Francis Boulard Petraea XCVII-MMVII BRUT NATURE

Le domaine en quelques mots …

Francis Boulard a longtemps œuvré pour le compte de la maison familiale, où il a créé l’essentiel des cuvées présentes ; en 2009, les trois enfants de Raymond Boulard décident de poursuivre séparément leur chemin professionnel. La maison de Champagne Raymond Boulard n’existe donc plus aujourd’hui, en 2010, Francis Boulard a décidé de créer sa propre structure, accompagné de sa fille Delphine et de sa femme Jeanne (Champagne Francis Boulard & Fille). Ils partagent tous les deux les mêmes convictions profondes, l’amour des vins de Champagne pas ou peu dosés et le respect du terroir par la pratique d’une viticulture en biodynamie.   Un peu plus de 3 hectares, De Cuchery en Vallée de la Marne à Cormicy en Montagne de Reims… Depuis de nombreuses années, Francis Boulard avait donné une impulsion bio au domaine familial Raymond Boulard. Avec sa fille Delphine, il peut maintenant aller au bout de cette démarche vers des vins de champagne les plus naturels possible. Les vignes qu’ils ont récupérées sont certifiées depuis 2004 et les nouvelles parcelles sont évidemment en conversion.

Mais….

« Un incendie s’est déclaré dans les chais de Fancis Boulard le 18 décembre dernier, il n’a pas fait de victimes, mais a provoqué des dégâts sur les futs contenant toute la vendange de l’année et la réserve »

Francis et sa fille n’ont pu que constater les dégâts. On peut lire sur son blog:” Les analyses sont en cours … on espère que ces 2 foudres, les pièces maîtresses de nos chais, seront indemnes de toute pollution et seront récupérables, car nous y sommes sentimentalement très attachés des futailles qui gardent la Petraea, acquis par un achat participatif / par crowdfunding de Fundovino. Pour les vins, des analyses moléculaires vont être réalisées début janvier.Ce sont les résultats de ces analyses et l’avis des experts qui déterminera la destinée de nos vins. On espère qu’ils ne seront pas tous pollués, et que nous pourrons produire quelques bouteilles de ce millésime difficiles ainsi que sauver la base de vins de la Cuvée Perpétuelle Petraea. »

 Francis Boulard, un vigneron en vin nature, sincère et sensible, je garde en souvenir nos longs échanges dans les Salons, il était intarissable et ne ménageait pas son temps. C’est cet incendie qui a déclenché l’ouverture de cette bouteille, l’occasion de montrer notre attachement à ce vigneron.

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AVANT ET APRÈS L’INCENDIE, photo empruntée à son blog

La cuvée Petrea XCVII-MMVII Brut Nature

Cette cuvée est élaborée selon un principe proche de celui de la Solera : chaque année, la dernière vendange est ajoutée à hauteur de 25%. Ainsi, le vin est composé de tous les millésimes qui précèdent, dans une proportion décroissante. Le nom Petraea provient de la variété de chêne, le quercus petraea, qui fournit les merrains les plus fins dans la fabrication des fûts de chêne.  Cette base de 75% de vieux vins de réserve permet d’assurer une qualité constante quel que soit le millésime, tout en préservant la typicité des terroirs. Cette réserve perpétuelle a été démarrée en 1997. Cette cuvée est donc composée d’un assemblage des millésimes de 1997 à 2007.

Chaque année est vinifiée et élevée en fûts de chêne séparément, par terroir et par cépage. Les barriques utilisées sont des barriques bourguignonnes et bordelaises de 3 vins avec 10% de pièces neuves traditionnelles champenoises de 205 litres. L’assemblage n’est réalisé que juste avant la mise en bouteille. Ensuite, chaque année, la dernière vendange, vinifiée et élevée séparément, sera introduite pour représenter un quart du volume total. De cet assemblage, on prélève ensuite la quantité que l’on vient d’ajouter pour assurer la mise en bouteille.

Elle est le fruit d’un assemblage de 60% de Pinot Noir, 20% de Chardonnay, et 20% de Pinot Meunier.Cette cuvée est sans dosage, afin que le champagne s’exprime pleinement et librement.

Mise en bouteille : 23 octobre 2008  et dégorgement en février 2012

Notre dégustation :

Quand mon beau-fils nous l’a amenée sur table, inévitablement avec ma fille nous avons parlé de Francis, de sa façon de présenter cette cuvée avec fierté et passion. Ce fut un vrai bonheur de la partager en famille. Là encore nous avons associé nos impressions que je n’ai pu m’empêcher de griffonner sur un bout de papier, allez donc après ça critiquer les ados collés à leurs écrans ! Bref, après avoir opté pour un « carafage », nous avons admiré d’abord sa couleur or soutenu, la finesse de ses bulles, la complexité du nez avec ses notes d’agrumes, de fruits jaunes, de fruits secs, ses touches  briochées et  de caramel au beurre salé : SEDUCTION, tandis que la bouche très riche et très vineuse offrait à la fois  du gras, du fruité, avec une légère touche d’évolution et pourtant de la délicatesse; l’effervescence montrait toute sa finesse, le champagne en devenait aérien tout en restant ample et nerveux :  FASCINATION ! La finale très persistante et fraiche, était marquée par de jolis amers et des notes salines. L’équilibre était là, ce vin a été émouvant au possible, testament des terroirs et du travail de Francis ! Dans ces moments-là, tout devient plus lent, plus intense, plus beau : MAGIE !

Merci à Francis pour cette magnifique bouteille et pour son excellent rapport qualité/prix, 40€, quand on en trouve, car la CUVEE EST DEFINITIVEMENT EPUISEE. ELLE SERA DE RETOUR EN 2020, enfin nous l’espérons !

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Très bonne Année 2017 à tous

Hasta Pronto,

 MarieLouise Banyols

 

 

 


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12 images du vin que vous ne verrez pas en France

Pour démarrer l’année, je vous propose un petit tour du monde en images publicitaires (ou autre) du monde de vin mais que vous ne verrez pas en France, du moins en 2017. Merci qui ? Merci Messieurs EeeVin et Cahuzac! Car ce dernier honnête homme fut le rapporteur de la loi qui porte le nom du premier. Cela sera mon calendrier 2017, en cadeau (mais vous pouvez toujours m’envoyer vos dons).

Janvier

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Février

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Mars

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Avril

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Mai

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Juin

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Juillet

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Août

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Septembre

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Octobre

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Novembre

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Decembre

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Et avec tout ça, très bonne année à toutes et à tous

David


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Le Marché aux Truffes de Centelles : “Centelles és Màgia”

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C’est l’affiche de l’an dernier, mais bon…

Centelles capitale de la Truffe

Décembre est le mois de la Foire aux truffes à Centelles (Fira de la Tòfona Centelles), qui a fêté  cette année, sa neuvième édition,  les 17 et 18 décembre derniers. Elle réunit les producteurs de truffes noires de la région d’Osone (ils ne sont pas très nombreux),  les fans et les amoureux de la gastronomie en général et en particulier la truffe noire. Centelles s’est autoproclamé «capitale de la truffe», même si son marché est très jeune, attention, ici il ne s’agit pas  de truffières modernes et intensives comme celle de Sarrion, dont parle notre ami Vincent Pousson, non à Centelles, la truffe est sauvage, comme son prix d’ailleurs ! Pendant le Moyen Age, on attribuait la couleur noire de la truffe et ses origines mystérieuses(le fait qu’elle pousse sous terre) à des pouvoirs maléfiques, Centelles étant connu comme le pays des Sorcières(les Brujas en catalan) et les truffes étaient utilisées pour faire des onguents et des potions magiques ! Le village aime rappeler que le premier négociant de truffes noires était un Centellenc des années 20 du XIXe siècle, Joan Soler.  La mise en service de la ligne de chemin de fer Puigcerda/Barcelona a entraîné l’arrivée de négociants de truffes français et à partir de là, le marché de Centelles a marqué le prix de référence du marché de la truffe dans tout l’état.

Même si je considère qu’il vaut mieux attendre la mi janvier pour acheter des truffes, quand le froid et les fêtes sont passés, parce que, d’une part elles sont plus mures et d’autre part, elles sont moins chères, j’avais très envie de connaître ce marché dont mes amis m’avaient beaucoup parlé.

C’est un VRAI marché artisanal!

Nous nous y sommes donc rendus et nous n’avons pas été déçus, c’est tout petit, donc c’est rassurant, il n’y a pas foule, juste des voisins des villages environnants, je n’y ai pas vu de négociants, il faut dire que cette année la production est très faible, et ils vont maintenant à Sarrion, où les prix sont plus abordables.  En fait c’est un marché avec quelques petits chapiteaux où l’on peut y acheter bien évidemment des truffes fraîches mais aussi des produits alimentaires artisanaux  à base de truffes, fromages, charcuteries, viandes, chocolat, pain, pâté,  cannelloni … et des livres sur la truffe, etc.

Méfiante sur l’origine des produits, j’ai interrogé les gens du village qui y faisaient leurs achats, mon inquiétude les a fait sourire, ici m’ont-ils affirmé « nous sommes entre nous, à Osona, se sont tous des petits artisans locaux, nous les connaissons tous, et tout ce qu’ils proposent sort réellement de chez eux » Nous voilà rassurés… ! Nous n’avons pas résisté à l’odeur envoutante des truffes, mais nous avons craqué aussi pour de la charcuterie, c’est le pays, nous sommes près de Vic, les boudins blancs et noirs, des saucissons, des fromages…comme diraient mes enfants, nous avons amorti le voyage.

La Cervesera (brasserie) d’Osona

Mais le but de ma chronique est quand même liquide, j’y arrive, il y avait un stand de bières artisanales qui a attiré notre attention, nous aimons beaucoup découvrir ces bières, celles-ci s’appellent TERRA (Cervesera d’Osona). Ils en proposaient 4, Rossa de Blat, Terra de Foc, Terra de Pólvora et   Terra de Tòfona. Bien entendu, on pouvait le gouter toutes à l’exception de celle à la truffe car forcément la production est très faible. Comme elles étaient à notre gout, nous avons acheté 2 packs de 6, chacun comprenant une bière à la truffe. Les deux très sympathiques et passionnés propriétaires Joan Sallent et Albert Romero, nous ont expliqué qu’ils avaient crée la brasserie en 2012, et qu’ils utilisent un système de production complètement artisanal, depuis la production jusqu’à la mise en bouteille et l’étiquetage. Totalement naturelles, sans additifs, elles présentent d’ailleurs de légers dépôts. Nous les avons trouvées très rafraichissantes et aromatiques, avec des saveurs intenses de houblon et de blé.

Dès notre retour le soir, nous avons voulu déguster la fameuse bière brassée avec quand même un ingrédient hors du commun comme la truffe. J’aime beaucoup la présentation, et, sa couleur. Sa mousse est dense et persistante. Au nez comme en bouche, la truffe est très présente, c’est quand même un peu le but recherché,  donc ceux qui n’aiment pas la truffe s’abstiendront.  Au niveau du gout, c’est assez unique, la truffe semble écraser tout le reste, pourtant elle s’enroule dans les saveurs intenses de malts qui lui donnent le corps et les arômes fruités du houblon arrivent à percer. Amertume légère sur la fin. La longueur en bouche est admirable.

Certes ça n’est pas une bière à boire au quotidien, mais elle a magnifiquement  accompagné  un fromage de chèvre fort, acheté sur place.Je vous la recommande.

 

J’en profite pour vous souhaiter un très bon réveillon de fin d’année, et  une très belle année 2017 telle que vous la souhaitez.

Hasta pronto,

MarieLouise Banyols

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La Renaissance du Château Livran

L’occasion m’a été donnée la semaine dernière de déguster deux millésimes de ce château. Des amis les avaient choisis pour accompagner leur repas. La chose est si rare qu’elle mérite d’être mentionnée, vous connaissez vous,  beaucoup de professionnels qui à ce jour se plaisent à offrir un Médoc à leurs invités ? Moi pas, en général on a droit à des découvertes ou encore à des vins natures, non pas que je m’en plaigne, mais je regrette qu’on oublie trop souvent les Bordeaux et qu’il ne soit plus de bon ton de les sortir de la cave. Merci à mes hôtes, d’avoir débouché ces bouteilles, j’avoue à ma grande honte que je n’avais jamais entendu parler de Livran, qui est  un cru Bourgeois du Médoc.

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Le château Livran est une des plus anciennes demeures du Médoc. Localisé sur la commune de Saint-Germain-D’Estheuil, son histoire remonte à 1820.

Dès le lendemain, ayant trouvé ces bouteilles à mon gout, je me suis précipitée sur le site, et  là, je découvre que la propriétaire n’est autre qu’Edwige Lurton Michon ! J’ai bien connu cette branche de la famille Lurton quand j’étais à Bordeaux, j’entretiens encore de très bonnes relations avec Marie- Laure, sa sœur. Edwige est fille de Lucien Lurton et actionnaire de Brane-Cantenac, cru classé de Margaux que dirige son frère Henri. Son mari, Olivier Michon, travaillait aussi dans cette propriété. Le 15 septembre 2013, ils ont racheté Château Livran. J’avais perdu son contact et j’ignorais qu’elle avait « replongé » dans le vin. Je l’ai jointe et elle m’a expliqué que ce fut un achat  coup de cœur qui très vite s’est transformé en un vrai challenge pour eux, en effet, Livran, qui n’est pas vendu par la place de Bordeaux, jouit d’une très faible visibilité. En outre, la propriété avait été achetée par un investisseur russe, qui malheureusement n’a pas réussi à mettre en valeur son terroir.  Mais, ça n’a pas arrêté le couple qui a été véritablement séduit. Ils sont déterminés à faire renaitre ce domaine et à remettre en valeur ce terroir de 27ha, planté à 55% de merlot et à 45% de cabernet-sauvignon avec des vignes âgées de 15 à 30 ans dominé par des terroirs argilo-calcaires d’un seul tenant-

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Edwige et Olivier

Ils s’en donnent les moyens, et lancent petit à petit, une vaste campagne de travaux, le chantier est d’envergure : installations techniques à rénover, complantations et replantations du vignoble, concernant la politique culturale,  le couple introduit doucement mais sûrement une agriculture en biodynamie. Plus aucun herbicide n’y est employé, et les doses de produits chimiques ont été réduites de façon drastique. Le domaine use à présent de tisanes et d’engrais organiques pour amender et protéger les vignes.

Conseillés par l’œnologue Éric Boissenot, aujourd’hui, le Château Livran produit 50 hectolitres à l’hectare de vins, soit 150 000 bouteilles réparties en parts égales de « Château Livran » cru bourgeois et « Les sources de Livran »second vin.

Après un tri minutieux de la récolte, les raisins sont vinifiés en cuves inox et béton thermo régulées avant 12 à 18 mois d’élevage en barriques de chêne français avec 30% de bois neuf ;  le premier vin représente 50 à 60% de la production totale du Château.

J’ai gouté 2 millésimes de Château Livran, le 2013 et le 2014

Château Livran 2013

2013 comme on le sait a été un millésime difficile, avec un rendement très faible, pourtant, il faut reconnaitre que la plupart des vins goutés dans le Médoc s’en sortent de manière fort honorable. Celui-ci fait partie du lot : La bouche est ronde, fruitée avec une structure aimable, aux tannins totalement intégrés, presque soyeux, plus dans l’élégance que dans la puissance. Finale douce de moyenne intensité, mais bien agréable. Un vin  élégant, de  corpulence moyenne, mais, de bonne longueur et cela ne l’empêche pas de donner une expression très pure du millésime, avec légèreté et fraîcheur.

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Au final un vin séduisant et facile à marier d’un très bon rapport qualité/prix : 12,50€

Château Livran 2014

Cette cuvée issue d’un bon millésime et déjà de la main des Lurton/Michon est plus typique des crus médocains. La couleur est très soutenue, le nez est généreux, fruité et complexe, les fruits rouges se mêlent aux notes légèrement vanillées. En bouche, l’attaque est fraiche, soyeuse avec une structure tannique présente, toute en harmonie. Les arômes fruités, légèrement boisés sont très élégants et participent à une belle persistance aromatique. Il en résulte un Cru Bourgeois tout en rondeur et structure, avec un nez très engageant, un beau fruit mur, une bouche riche et des tanins souples. Un style très accessible que l’on peut déjà apprécier. Toujours un très bon rapport qualité/prix 13€

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J’ai hâte de gouter les millésimes suivants, j’imagine qu’on pourra noter assez rapidement les efforts consentis dans ce domaine et qu’ils se traduiront dans la qualité du vin davantage encore.

A suivre donc, j’irai à la première opportunité visiter Livran afin de me rendre compte sur place de la tournure que prend cette « aventure ».

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols

 

 

 

 


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Louro et As Sortes, vertigineux Godello de Valdeorras

Nature sauvage et superbe, aux confins de l’Espagne du Nord-Ouest, là où la Galice touche la Castille. Relief montagneux aux contrastes d’ombre et de lumière parfois tellement violent que le paysage se voit en noir et blanc. La vigne s’accroche aux pentes raides, comble les vallons, profite des entrées maritimes. Un pays rude !

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D.O. Valdeorras

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Les 2.700 hectares de la petite appellation Valdeorras se situent à l’est de la province montagneuse d’Ourense, sur les bords du fleuve Sil. Une grande partie des vignes sont cultivées sur les anciennes terrasses fluviatiles… et produisent les vins les moins intéressants. Il faut escalader les pentes raides faites de schiste* et de granit pour trouver la meilleure expression du Godello, un cépage blanc local**.

La vigne jouit d’un contraste climatique important. Les influences maritimes tempérées s’y heurtent aux variations continentales, une combinaison génératrice d’un microclimat particulier : précipitations importantes de 850 à 1.000 mm, printemps chaud mais court, été très ensoleillé 2.700 heures avec des températures avoisinants les 44°C, hiver froid sans être rigoureux -4°C en moyenne, vents parfois violents quand la brise marine rencontre l’air sec en provenance de la meseta.

*la province est le premier exportateur mondial de schiste

**On le trouve aussi dans le nord du Portugal et dans la proche Castille, mais son origine est bien galicienne

 Rafael Palacios

val_do_bibei                                                           Val do Bibei

Une création relativement récente, la bodega date d’il y a à peine 13 ans, générée par une longue réflexion sur le potentiel du terroir de Valdeorras. Les premiers contacts avec la région remontent à quelques années avant. Temps où Rafael quittait la bodega parentale, sise en Rioja Baja, pour vinifier les raisins de quelques domaines galiciens. Tombé amoureux du Val do Bibei, la vallée la plus méridionale de l’appellation, il y achète les plus vieilles vignes. Ce sont les plus hautes, délaissées par les viticulteurs du coin. Il réussit à rassembler 12 ha, entrelacs morcelés de terrasses vertigineuses qu’il lui faut restaurer. Incrustées dans le schiste et le granit, les vignes de Godello revivent et donnent un premier vin As Sortes en 2004. Un an plus tard, il sort une deuxième cuvée Louro do Bolo qui devient Louro tout court lors de la création du Bolo, entrée de gamme produite à partir de 2011.

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Les parcelles se situent à Santa Cruz do Bolo et présentent des sols différents du reste de la DO Valdeorras. Ici, le granit règne et offre sa couche superficielle décomposée en sables à gros grains. Terre acide où brillent selon l’inclinaison du soleil les cristaux de feldspath, de mica et de quartz qui confèrent une impression minérale*** aux vins. L’altitude varie de 650 à 720 mètres. Conduite en biodynamie.

*** Sorry, David!louro

 Louro 2014 D.O. Valdeorras

Vert jaune lumineux, le nez reste discret et chuchote quelques impressions de pâte d’amande et de pistache, de fleurs blanches et de groseille à maquereau. La bouche coule fraîche, minérale, avec beaucoup de retenue au début, puis, dégringolent les notes de fraise, d’amande, de poivre, de jus de citron jaune, de carambole. Jamais en force, toujours délicat et soutenu par une vivacité presque endiablée.

 

Louro fermente en foudres de 3000 litres pendant un mois, et y est élevé pendant 5 mois supplémentaires

As Sortes* Val do Bibei 2014 D.O. Valdeorras

 Vert pâle à reflets dorés, le nez perçoit le grillé de l’élevage, six mois en grands foudres de chêne. La bouche précise le minéral. Plus ample, plus profonde, elle prononce avec une netteté aérienne les arômes de fruits secs, d’agrumes, d’éclats de pierre, de plantes de montagne. La fraîcheur ambiante dynamise la structure et le très bel équilibre.

 

As Sortes fermente pendant un bon mois en foudres de 500 litres, et elle y passe encore 6 mois d’élevage115201-rafael-palacios-as-sortes-flasche

*As Sortes signifie littéralement en galicien “lots reçus en héritage”. Le système traditionnel de succession en Galice prévoit que chaque enfant reçoive une partie de chaque parcelle de terrain – ce qui a entrainé un morcellement incroyable des terres. Une parcelle de un hectare peut être facilement divisée en 10 «sortes». Rafael emploie le mot au pluriel pour signifier que le vin est issu de nombreux lopins.

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www.rafaelpalacios.com

https://www.labuenavida.be/fr

Ciao

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Marco


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Experiencia VEREMA Barcelona 2016

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La 4ème Expérience Verema Barcelona 2016  s’est tenue  lundi  14 novembre au Museu Marítim de Barcelona.  Une petite centaine de bodegas nationales, des distributeurs et des professionnels du secteur s’y étaient donné rendez-vous. J’y étais aussi.  Ma première impression a été celle d’un Salon en perte de vitesse, elle s’est confirmée après un premier tour de salle : la moitié des domaines exposants étaient catalans, avec une forte présence du Penedès et des Cavas, l’absence des «stars», la faible visibilité du Priorat, de Montsant, et de l’Empordà, pratiquement pas de nouveaux venus, et quelques rares domaines du reste de l’Espagne.  A Verema, j’attendais plus de découvertes, plus de petits producteurs, plus de fraîcheur, enfin plus de participation nationale. En réalité, j’ai comparé avec la liste de l’année dernière et c’est pratiquement la même, sauf nos amis de Toro qui étaient absents.  Tout ça au final, est assez normal, beaucoup de domaines se sont fait représenter par leurs distributeurs catalans, ce qui est à la fois moins onéreux et moins prenant pour eux, mais un peu frustrant pour les visiteurs!  Je n’avais pas établi de planning de dégustation car je ne pensais pas pouvoir y participer. Je m’en suis donc remise au hasard des sollicitations et de mes envies.  Je vous livre quelques unes de mes sensations:

Ma première halte a été pour  le Celler Lafou (Terra Alta) qui appartient au Groupe Ramon Roqueta, j’y ai dégusté :

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Oenologue et ambassadeur du Groupe

  • Lafou Els Amelers 2015, un vin 100% grenache blanc dont j’ai aimé la vivacité, la légèreté de son parfum, son onctuosité et  sa fraicheur. Jolie structure dans une bouche tendue par une bonne acidité, le tout offrant un équilibre élégant.
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PVP : 13,50€ ça m’a paru un bon rapport qualité/prix

  • Lafou El Sender 2014  Garnacha, Syrah, Morenillo, sa couleur peu profonde annonce un vin léger, nez très agréable de fruits noirs frais, bouche gourmande, fruitée et épicée, finale assez vive et légèrement tannique. Un vin de soif  facile à comprendre et à boire.
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PVP : 9,95€ J’achète.

  • Lafou de Batea 2010 Garnacha, Syrah, et Cabernet Sauvignon

Le nez est parlant, fruits rouges, notes balsamiques, fruits secs, des touches de sous-bois, il est relayé par une bouche profonde et fraiche à la finale persistante. Dommage qu’il manque un peu de personnalité car le prix est élevé !

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PVP : 36,45€

Tout près, Edetària, un autre domaine de Terra Alta que j’aime beaucoup, c’est par ailleurs la référence incontournable de l’appellation, je  m’y suis arrêtée, attirée par 4 cuvées mises en avant sur sa table et que je n’avais jamais goutées. Joan Àngel Lliberia, m’a expliqué qu’il avait voulu se faire plaisir, et qu’il s’agissait de micro-cuvées.

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Joan Angel Lliberia, le vigneron

  • Finca La Terrenal D’Edetària 2014,  issu de vieilles vignes de grenache blanc sur argile.  Le volume est là, l’onctuosité aussi accompagnée d’une intéressante complexité,  le tout prolongé par une finale fraiche.

PVP: 37,90€

  • Finca La Guenuïna d’Edetària 2014, un rouge issu d’une sélection des meilleures vignes de grenache “fina”, se serait un clone de grenache propre à la Terra Alta. Un nez de garrigue et de fruits rouges, une bouche mure, un rien de rusticité qui ne m’a pas déplu, un air du midi, des tanins doux.

PVP : 37,90€

  • Finca La Pedrissa d’Edetària 2012, 100% carignan de vignes de plus de 80ans. Un nez  intense à la fois floral et fruité, l’attaque en bouche aimable est trompeuse, elle cache la puissance du vin. J’ai aimé ce vin plein et gourmand, il m’a rappelé certains grands Corbières.

PVP: 37,90€

  • Finca La Personal d’Edetària 2014, un rouge issu d’une seule parcelle de garnacha tinta “peluda”, de plus de 60 ans,  une mutation du grenache adaptée à la Terra Alta. Il n’en resterait que 50ha en Catalogne et 5 sont chez Edetaria. Un vin très méditerranéen avec ses notes de garrigue, et balsamiques, la bouche est très fruitée fraiche et persistante.

PVP: 37,90€

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  • Edetària Selecció 2014, issu d’un assemblage de garnacha peluda 60%, garnacha fina 30% et carignan 10%. J’aime beaucoup cette cuvée sans prétention qui pourtant ne manque pas de caractère. Elle a tout pour plaire, le fruité, les épices, suffisamment de structure mais avec des tanins lisses, la gourmandise et un zeste de complexité élégante. Son prix est aussi plus doux : 21,90€.

J’ai quand même fait part aussi bien à Joan Ramon de Lafou, qu’à Joan Angel  de mon désaccord sur les prix, en effet, je trouve le prix de leurs cuvées spéciales un peu élevé, ça les a fait rire à tous les deux, la production étant anecdotique entre 1200 et 1500 bouteilles, elles ne sont pas là pour être absolument vendues ; elles servent surtout à les positionner en qualité : c’est leur cuvée haut de gamme ! Mais elles se vendent bien quand même, ont-ils ajouté !

Après la Terra Alta, à la table voisine, le Priorat avec Clos Figueras,

Christopher Cannan était là avec sa fille, l’occasion de partager un moment amical, il ne faut rater ces instants privilégiés. Il m’a confirmé ce que j’entends chez beaucoup de domaines  : les ventes sont reparties, en ce qui les concerne ils manquent même de vins, ça fait plaisir à entendre car il n’y a pas si longtemps que ça, le discours n’était pas le même.

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Christopher Cannan avec sa fille Ann

  • Serras del Priorat 2015, Garnacha, Cariñena, Syrah, Cabernet Sauvignon.  Un vin qui témoigne de l’évolution du Priorat, qui peut surprendre mais en aucun cas laisser indifférent. Il a su garder les accents du Priorat, mais allégés, rajeunis, beaucoup de fruits rouges sauvages, une structure des plus aimables, pas chargé en alcool, une fantastique fraicheur. Un vin fin, élégant et équilibré que beaucoup n’attendent pas dans le Priorat et encore moins à ce prix :

PVP : 15,50€

  • Font de la Figuera 2013, Grenache, Syrah, Carignan et Cabernet Sauvignon issu des vignes les plus jeunes. Un vin puissant qui offre une grande expression fruitée, la bouche est riche mais fraiche, il vaut mieux le boire jeune pour profiter de ce fruit frais.

PVP: 24,50€

  • Clos Figueres 2012, Carignan, Syrah, Mourvèdre, et Cabernet Sauvignon  issu d’un terroir exceptionnel, de vieilles vignes  avec un carignan qui domine l’assemblage et qui donne au vin beaucoup de son caractère. C’est un Priorat très séducteur, un grand classique revu pour gagner en élégance et en fraicheur. Il garde la personnalité des vins de la zone, tout le fruit, la minéralité, les épices, la structure, le volume, le tout accompagné d’une magnifique acidité. Le boisé est très bien intégré. Un grand vin pour un prix raisonnable, on a tellement reproché aux Priorat d’être hors de prix !

PVP : 48,50€

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J’ai choisi de continuer avec le grenache, chez  Bodega Mustiguillo

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j’ai retenu sa toute dernière création La Garnatcha 2015, une cuvée qui annonce sa couleur, il est vrai que chez ce domaine on s’attend plutôt à boire du Bobal, qui est sa spécialité(le domaine se situe à UTIEL). Cette fois-ci Toni Sarrión a sans doute voulu  lui aussi, répondre à la demande du marché, mais surtout tel que je le connais se mesurer avec ce cépage, et voir ce qu’il était capable d’en faire. Il a choisi pour élaborer sa Garnatcha, une parcelle à 800 mètres d’altitude plantée en gobelet sur des sols crayeux d’origine dolomitique, cultivée en BIO. Il la définit lui-même par rapport aux autres Grenaches : entre le style méditerranéen et le style atlantique, sans l’exubérance des grenaches d’Aragon, moins raffinée que celles de Mentrida ou de Madrid, moins puissante que celle du Priorat ou de Montsant…. Pourquoi pas, mais personnellement, je n’ai pas cherché à la comparer aux autres grenaches espagnols, mes repères sont plutôt le Rhône ou le Roussillon. Le nez est subtil et frais avec une maturité confinée  et quelques arômes floraux et fruits rouges. La bouche est délicate, de densité moyenne, les tanins  sont fins, la texture crayeuse caractéristique des sols riches en calcaire, la finale ne manque pas de nerf et révèle, le tout est équilibré une bonne acidité. Ça me rapprocherait plutôt du Rhône. 12.400 bouteilles produites

Ne contient que 13,5% d’alcool…

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PVP: 17,15€

Allez, abandonnons les grenaches, j’ai trouvé sur mon chemin un petit domaine de la Rioja, profitant de la présence du vigneron dont j’entends beaucoup parler, mais que je ne connaissais pas encore, j’ai posé mon verre et je l’ai écouté. Il fait partie des « NATURES », je le savais, mais sa causerie me l’a confirmé.

El Vino Prodigo, c’est en 2011 que Pedro Peciña a créé son domaine à San Vicente de la Sonsierra, son village natal. Les raisins, du tempranillo,  proviennent de petites vignes voisines plantées en gobelet, il y a 37 ans à 550m au dessus du niveau de la mer.

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  • Placeres Sensoriales 2015: un vin de tempranillo, nature, une macération carbonique traditionnelle qui donne un vin étonnant, très fruité, très frais et très expressif. La bouche est savoureuse, plutôt gourmande. Pedro explique que son seul objectif est celui de reproduire le travail, la façon de faire de ses grands-parents  dans un temps où l’on n’avait pas recours à l’œnologie ni à la technologie et où les vins avaient réellement le gout de vin ! Ce discours est très à la mode en ce moment dans le vignoble espagnol : retrouver le gout du vin des anciens. J’ai toujours envie de leur demander s’ils l’ont vraiment gouté ce vin là ? Sincèrement je ne le crois pas, mais moi oui, mon oncle en faisait, et la plupart du temps c’était de « la piquette » qu’on aimait certes parce qu’on s’y était habitué, mais de la piquette quand même,  plus proche du vinaigre que du vin. Pas de technologie, un vin nature, quoi ! Mon premier émoi en matière de vin ! Ça n’est pas le cas chez Pedro, son vin est convaincant, mais ne ressemble pas à celui élaboré par nos aïeux, il est bien meilleur. Tant pis si je lui fais de la peine.
  • La Viña de la Merce 2013, entre classique et moderne. Il a appelé ce vin Merce, le prénom de sa mère, il a été élevé 14 mois en barriques de chêne français, et ce boisé légèrement toasté ressort au nez accompagné de notes balsamiques. Le fruit arrive à passer par-dessus,  mais n’est pas très intense. La bouche est aimable, assez ronde, le boisé est assez bien intégré, c’est un vin moderne, frais,  facile à boire.
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PVP: 9,40€

  • Prodigus Venit, toujours des vieux Tempranillo de 80ans d’âge plantés à 550m, issus d’une vigne pré-phylloxérique, fermentation, macération et stabilisation en cuves béton, suivi d’un élevage en barriques mixtes neuves de chêne américain et français de 9 mois.  Pedro nous martèle son discours une fois de plus: éviter que l’œnologie moderne n’intervienne au moment de l’élaboration. C’est toujours le même but qui est recherché « satisfaire les amateurs de vins à la recherche de l’essence de la tradition d’une zone exclusive… » Je vous laisse méditer.  La production est limitée à 3800 bouteilles, tant mieux car ça n’est pas un vin tout public ! La bouche est dense, structurée, les fruits noirs et les épices se mêlent à des notes de sous-bois, les tanins sont encore fougueux, la finale est fraiche. Un vin qui ne laisse pas indifférent, surtout si on le goute avec Pedro : l’homme est passionné, sincère et, il arrive à faire passer de l’émotion dans ses vins. Il faudra que je le déguste en dehors de sa présence, pour voir vraiment ce que j’en pense, je me méfie  souventde ma première impression.
  • PVP : 21,70€ pour un «  vin d’auteur », c’est un prix raisonnable!

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Ce domaine a été une bonne surprise, un air de fraicheur dans cette salle ! C’est ce genre de domaines que j’espérais trouver en plus grand nombre dans ce Salon. Vendu en France par Vinosofos

Je vous passe les dégustations des domaines connus, je n’y apporterai rien de nouveau. J’ai terminé par un cava.

Chez Cavas Torelló, un domaine familial du Penedes, j’ai gouté entre autres la dernière cuvée haut de gamme:

  • Cava Torelló by Etsuro Sotoo, un Hommage à leur propriété de Can Martí, d’où sont originaires leurs vins et cavas. Etsuro Sotoo, est un  sculpteur japonais de la Sagrada Familia. Elaboré à partir des cépages traditionnels du cava, Chardonnay: 29%, Xarel·lo: 26%, Macabeo: 24%, Parellada: 21%  de la Finca de San Marti, il s’agit d’une édition spéciale limitée à 10.000 bouteilles.     La bulle est fine et persistante, la bouche est aimable, crémeuse, structurée, la bulle est très bien intégrée ; c’est une cuvée complexe, riche, mure, elle est restée 50 mois sur lies en bouteilles, c’est donc un Gran Reserva, un cava qu’il faut plutôt réserver à la table.

12% Vol.

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PVP :39€

En guise de conclusion :

J’ai quand même pu constater que beaucoup de domaines avaient sorti une cuvée de Grenache, confirmant ainsi la forte poussée de ce cépage en Espagne, depuis le succès des grenaches de Gredos ! Il y a même une association qui s’est créée en 2012, plusieurs de ses membres étaient présents: Clos Figueras (DOQ Priorat), Edetària (DO Terra Alta), Lagravera (DO Costers del Segre), La Vinyeta (DO Empordà), Masia Serra (DO Empordà), Viladellops (DO Penedès) Vinyes Domènech (DOQ Priorat i DO Montsant). Tous sont de bons domaines.

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Hasta Pronto

Marie-Louise Banyols