Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


7 Commentaires

Comté, mariages à l’italienne

Des mariages en blanc…

ambiance_degustation_champetre_2013-cigc_jean_pierre_van_der_elst

Le Comté aime le changement et sa complexité lui permet d’aborder une multitude d’accords. Le voilà en Italie pour une expérience pétillante – ou pas.

Pour les aficionados du fromage jurassien, je préciserai le nom de la fruitière qui l’a produit, le degré d’affinage et le nom de l’affineur.

Cela pourrait s’appeller Trois Comtés et tre vini del Norte dell’Italia…

accord Comté et vin

Le premier Comté

Un Comté de Gillois, âgé de 9 mois, affiné par Rivoire-Jacquemin à Lons-le-Saunier

 Pâte ivoire.

Odeur de lait frais à la crème de châtaigne, d’aiguilles de pin, de poivre noir et de muscade, de vanille et d’amandes effilées, légère note iodée.

Texture élastique.

Goût aérien où l’on retrouve l’acidulé d’une groseille blanche, le végétal frais d’un vert de poireau, l’amande pilée, le poivre et la muscade, le champignon juste cueilli.

Le vin

Sorti du Spritz, le Prosecco peut se révéler des plus intéressants, tout dépend de la volonté du producteur. Ici, chez les Coletti, on pratique les deux méthodes, la Charmat et la traditionnelle www.vini-coletti.com

bouteille Phoja Phoja Vino Frizzante Prosecco Azienda Agricola Coletti

Robe blanche au très léger vert aux nombreux cordons nacrés.
Nez de pomme douce au poivre, de poire à la cannelle, avec une pointe anisée.

Impression sucrée en bouche alors que le vin est sec. Puis viennent les accents minéraux qui rappellent la terre humide. Le fruit vient après et transforme la pomme en pomme au four, ajoute de la poire tatin, des épices douces. L’ensemble baigné de fraîcheur citronnée.

Cépage Glera 100%, Prosecco élaboré en cuve close, mais avec un affinage de 5 mois sur lies pour lui donner du corps et de la rondeur, ainsi que de la complexité. Il titre 11°, contient 5 g d’acidité et est dosé à 10g/L.

Un accord pointu

Les bulles rendent le fromage d’un minéral presque tranchant, aigu à couper les fruits blancs, poires fondantes et pommes juste acidulées se voient en un instant détaillées. Puis viennent les épices et le floral des deux partenaires. Le poivre blanc et le cumin, la réglisse qui apporte son amertume délicate, la fleur d’amande qui les parfume avec grâce.

Rivoire Jacquemin (11)

 

Le deuxième Comté

Un Comté les Fins de 20 mois, affiné par Rivoire-Jacquemin à Lons-le-Saunier

 Pâte jaune ivoire prononcé étoilée de concentrations de tyrosine.

Odeur de miel de châtaignier et de lavande, confiture de quetsche, poivre blanc qui poudre le cuir, crème vanille à la chicorée.

Texture cassante.

Goût acidulé de tarte au citron et de confiture de rhubarbe qui installe une grande fraîcheur sapide en bouche. Vient ensuite l’amertume des zestes d’agrumes, citron, mandarine qui renforce encore la fraîcheur. Puis les épices qui relèvent le lait bouilli et les crèmes aux fruits secs.

Le vin

Un vin de la région montagneuse du Trentin au pied des Dolomites élaboré par l’excellente Elisabetta Foradori. www.elisabettaforadori.com

 bouteille fontasanta

Fontanasanta Manzoni Bianco 2013 IGT Vigneti delle Dolimiti Elisabetta  Foradori

Jaune doré.

Nez floral de bouton de rose, de fleur d’amandier, vivifié de citron confit, adouci de kumquat, viennent ensuite des impressions méditerranéennes d’aiguilles de pin et de pignons grillés.

Bouche ample rafraîchie de citron confit, de marmelade de groseille blanche, fraîcheur renforcée par l’amertume superbe qui nous rappelle le cédrat confit. Il y a aussi cette impression tannique qui renforce le caractère de ce vin blanc et qui aidé du minéral installe un relief perceptible en milieu de bouche. Grande longueur très épicée.

Cépage Manzoni 100% qui est un croisement entre Riesling et Pinot Blanc. Macération pré fermentaire pendant une semaine en cuves béton. Élevé dans des barriques d’acacias durant 12 mois.

Accord imprévu

Un accord très sec, très minéral, presque austère. Et d’un coup, des saveurs gourmandes de liqueur de poire et d’amande surgissent, puis l’élégance parfumée de fleur d’oranger, l’amertume gracieuse des zestes d’orange. Comme quoi, il ne faut jamais se fier aux premières apparences…

 

ambiance_comte_produit_2011_b-cigc_szewczyk (1)

 

 Le troisième Comté

 Comté des Majors, 35 mois (mai 2013), affineur Marcel Petite au Fort Saint Antoine

Pâte blanc nacré.

Nez minéral qui évoque les pierres calcaires chaudes de soleil, puis viennent les odeurs de fenil où sèche le foin, le tabac blond que roule le bouvier, le pot de lait un peu aigre qui parfume l’encaustique des meubles de la cuisine.

Texture qui garde encore de l’onctuosité.

Goût étonnamment fruité, perception renforcée par l’impression sucrée de confiture de lait, mais aussi de rhubarbe, de prune et d’orange, avec la note brûlée de la chicorée, de la fève de cacao, de la croûte de pain. La fraction salée du bouillon cube se renforce et s’iode. L’amertume de la réglisse se fait discrète. La finale retrouve la douceur en forme de pâte de poire et de datte.

Remarques : seuls quelques Comté atteignent un tel degré d’affinage. Leur sélection se fait avec beaucoup de rigueur par l’affineur qui sait jauger leur potentiel. Ces «raretés» répondent aux attentes de quelques consommateurs amateurs de fromages puissants…

Le vin

Une deuxième bulle qui vient de l’est de Vérone www.giovannimenti.com

bouteille Menti

Ommomorto 2011 Menti Vino Azienda Agricola Giovani Menti

 Doré ocré.

Nez de confiserie, de miel de fleur d’oranger, puis de gelées de pomme, de rhubarbe, de framboise, avant de trouver les nuances oxydatives de la pâte de coing bien épicé, de la feuille de tomate et de la branche de céleri.

Bulle fine, intense à la saveur minérale. Perception fruitée d’eaux-de-vie de fraise des bois et de framboise que vient perturber le croquant du sel, puis une impression sucrée suivi d’amer racinaire. Il y a aussi cette élégance florale et gourmande de gelée de rose et d’angélique confite.

Assemblage de 97% de Durella et 3% de Garganega en méthode traditionnelle avec prise de mousse en bouteille, conservée sur pointe (c’est-à-dire la bouteille le col en bas) et dégorgement à l’ouverture à table, c’est assez fun !

 Accord minéral (habillé)

Il démarre en nous offrant de jolies pâtes de fruits, des tartes pâtissières à la crème de chicorée, épicée de poivre et de curcuma. Puis viennent encore les fruits secs, comme les noisettes, amandes et arachides, qui habillent le développement minéral aux accents presque austères. Austère certes au début, puis de plus en plus riches. Finale longue qui reste minérale et fruitée.

C’est sympa l’Italie…

Ciao

431569

Marco


1 commentaire

In Memoriam Jean-Pierre Mareigner (Champagne Gosset)

Jean-PierreM

Jean-Pierre Mareigner (Photo (c) Jim Budd)

J’apprends avec tristesse le décès inopiné de Jean-Pierre Mareigner, le chef de cave des Champagnes Gosset.

En plus de 33 ans à ce poste, Jean-Pierre Mareigner avait été à l’origine de nombreuses cuvées de la maison d’Aÿ – la plus vieille maison de vin de Champagne. Y compris la fameuse cuvée Celebris.

Ayant eu le plaisir de le rencontrer à la faveur de son passage à Bruxelles, pour une masterclass organisée par son importateur de l’époque, j’en garde l’image d’un homme précis, compétent et modeste à la fois. Il n’avait que 60 ans.

Mes condoléances à sa famille et à ses proches.

Hervé Lalau


3 Commentaires

Le coin des Belges

Il y en a bien sûr beaucoup d’autres, mais en voici trois officiant dans le Rhône.

Commençons tout au nord des Villages rhodaniens du sud.

La Banate Rousset les Vignes

La Banate

On y va peu souvent; pourtant, là-bas, l’enchaînement des hautes collines calcaires du massif de La Lance offre sa beauté et sa protection au vignoble de Rousset-les-Vignes. À un gros kilomètre du village, Jean t’Kint s’est acheté en 2011 quelques arpents de vieux Grenache et un peu de Syrah. Ce Bruxellois qui, en Belgique, fabrique du plastique, s’est tout de suite décidé à passer en conduite biologique. Son vignoble de 4 ha ne produit jusqu’ici qu’une seule cuvée,  2012 a été son premier millésime.

Vieilles Vigne 2012 Domaine La Banate Côtes du Rhône Villages Rousset-les-Vignes

Grenat moyen, il respire le sous-bois, les épices, les pâtes de fruits. On retrouve ces dernières tout de go en bouche, groseille, coing, burlat montrent la rondeur de leur baie, la succulence de leur chair, leur fraîcheur. Les épices poudrent la soie tannique. Une belle découverte qui se répète pour le millésime suivant, frais et délicat. Le potentiel du 2015 promet…

Assemblage de 80% de Grenache de 60 ans et de Syrah qui poussent dans les colluvions calcaires. Vinification de 4 semaines, élevage en cuve inox.

+33 475 26 19 18

Jean t'Kint La Banate2

Une très belle découverte qui fera bien vite des émules…

Le Mas de Sainte Croix

Un rien plus bas… sur la carte, le Mas de Sainte Croix s’entoure de 27 ha de vignes à 400 mètres d’altitude au sud de Valréas. Jacques Coipe, après une carrière dans l’industrie pétrolière, s’y installe en 2002 avec son épouse Cécile. Leur fils, après un DNO, les rejoint en 2010. La formation de géologue du père a su affiner la particularité de chaque fraction de terrain et la répercuter dans ses cuvées « on a fait des analyses de sols, mais il est encore difficile de faire reconnaître la qualité des terroirs d’altitude qui son pourvoyeur de fraîcheur et d’élégance » nous dit Jacques.

 

Passion d’une Terre 2014 Mas de Sainte Croix Côtes du Rhône Villages Valréas

Côtes du Rhône Villages 028

Grenat pourpre, le nez minéral nous rappelle la mine de crayon, puis viennent des impressions de garigue au petit matin, quand la brume finissante emporte des senteurs de thym, de romarin et de cade. La bouche se rafraîchit de fruits juteux délicatement épicées. Les tanins encore présents renforce son tempérament, sans ôter caractère joyeux.

Assemblage de 75% de Grenache et 25% de Mourvèdre très tardifs, élevé en cuve.

http://masdesaintecroix.com

 

Un autre Belge haut en couleur, Dirk Vermeersch

À la vue des étiquettes du Plan-Vermeersch, on se pose tout de suite la question : pourquoi une frise à damier décore chacune d’elles ?

La réponse est simple, la première passion de Dirk Vermeersch fût la course automobile qu’il dut abandonner à la suite d’un accident. Après un parcours presqu’aussi chahuté qu’une course de rallie, notre homme a flashé pour la vigne. Et c’est au début des années 2.000 qu’il sort son premier millésime.

Dirk ne baisse jamais les bras…

DOMAINE LE PLAN Dirk Vermeersch ET Barbara Vermeersch 

Déjà arriver et surtout percer dans le monde de la course automobile n’est pas donné à tout le monde. Dirk s’y débrouillait bien jusqu’à son accident en 1986. Une fin de carrière trop précoce qui en aurait vu plus d’un se laisser aller à la déprime. Dirk reprend une station-service, y vend des voitures d’occasions, puis obtient la concession des ventes de Lancia et Maserati à Schilde près d’Anvers. Mais tout ça n’a qu’un goût de réchauffé, de pâle copie. Alors Dirk décide de tout quitter, de se réinstaller loin des circuits et des odeurs de cambouis. Il acquiert une ruine dans la Drôme et comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, il crée une entreprise de construction et remonte son mas, y transforme dans la foulée quelques espaces en chambres d’hôtes. Le temps du repos semble enfin arrivé. C’était oublier cette vieille vigne attenante qui ne demandait qu’à être taillée. Notre homme se transforme en vigneron, fait quelques bouteilles de ce vieux Carignan du lieu-dit Le Plan près de Tulette et obtient  rapidement quelque reconnaissance qui l’encourage. Depuis, sa fille Ann a rejoint l’exploitation viticole qu’elle gère aidée de son mari Sébastien maître de chai. Le domaine s’étend aujourd’hui sur 24 ha situés près du village de Suze-la-Rousse.

Sympa et croquant comme on aime

Pour ses noms de cuvées, Dirk garde cette nostalgie du circuit. C’est à la fois attachant et exaspérant, vu qu’une lettre différencie souvent les cuvées, comme V pour Viognier ou encore G pour Grenache, le D c’est doux, …

Les vins GT sont en majorité des cuvées mono cépage dont les vignes se situent toutefois dans l’aire d’appellation des Côtes du Rhône Villages. Le sol couplé au climat méditerranéen bien venté par le mistral fait, nous l’affirme notre vigneron belge, le Grand Terroir …

Les vins GT sont issus de raisins de culture biologiques (Certifiée par Ecocert).

LePlan GT-V Grand Terroir Viognier 2014 Vin de France

 GTV V

Doré vert, il hume la verveine et l’anis. Un brin de thym et une feuille de sauge complète le bouquet. Le citron et le cédrat apportent leurs notes d’agrumes. La bouche onctueuse confit les zestes, ajoute du poivre et de la sage extravagance de la bergamote. Puis, elle se rafraîchit de menthe et nous comble de pâte de pistache. La fraîcheur citronnée s’aide de l’amertume délicate des zestes pour nous accompagner du début à la fin.

Vignes de 40 ans, sol de galets roulés, vinification et élevage en cuve inox

 

LePlan GT-G Grand Terroir Grenache 2013 Vin de France

LePlan-GT-G

Une robe grenat carmin qui embaume les marmelades de fruits rouges et noirs très épicés de poivre, de thym et de cannelle, l’ensemble rafraîchi de zestes d’orange et de citron. La bouche nous surprend agréablement par sa fluidité. Celle-ci facilite la dégustation et développe avec grâce des notes de fraise, de groseille, de kumquat et de pêche. Une véritable corbeille de fruits pour un plaisir immédiat.

Vignes de 44 ans, sol de galets roulés, vinification en cuve inox et élevage de 12 mois en barriques de chêne français

LePlan GT-X Grand Terroir 2013 Vin de France

LePlan-GT-X

Robe cramoisi, un nez explosif qui pétarade de fruits autant rouges que noirs. Les épices fusent également accompagnées d’un taf de fumée. La bouche est tout aussi scintillante, poussant u premier plan les marmelades de cerise et de prune sombre. Les tanins très soyeux ne font aucun obstacle à la cavalcade fruitée. Les épices viennent souligner le parfum des baies d’un trait de réglisse, d’une ombre de poivre, d’un poudrage de cardamome. La fraîcheur est de la partie et rend la dégustation des plus savoureuses.

Assemblage d’Alicante, de Carignan, de Grenache, de Mourvèdre, de Syrah et de Viognier dont l’âge oscille entre 20 et 44 ans. Sol de galets roulés. Élevage en cuve inox et élevage de 12 mois en barriques

www.leplangt.com/fr

 

Ciao

?????????????????????????????????????????????????????????

 

 

Marco

 

 


6 Commentaires

L’amer à la Belge

La mode de l’amer revient jusque dans nos contrées, comme en témoigne celui de la Distillerie de Biercée. Un bitter belge très consensuel que le distillateur décrit comme fruité. Ça devrait marcher, car l’amertume, on l’aime bien par chez nous – les bières bien houblonnées, le chocolat bien noir, les chicons (endives pour les Hexagonaux), le café qu’on boit du matin au soir, certes pas aussi fort que les Italiens.

Du moins pour une partie de la population, car je suis toujours effrayé de voir le succès des bières de plus en plus édulcorées, voire synthétiquement fruitées. Ou des pralines trop sucrées (les chocolats, pour les Hexagonaux). Bref, on n’échappe pas aux deux fléaux actuels, le sucre et le sel. La preuve: lors de la présentation du Bitter à la radio belge, lors de l’émission On n’est pas des pigeons, sur Vivacité, le présentateur a trouvé ce Bitter excessivement amer…

La distillerie

alambnew

La Distillerie de Biercée fête cette année ses septante ans d’existence. Créée en 1946, c’était au départ une coopérative locale qui distillait les pommes et les cerises des vergers environnants. Après quelques petites réussites alcooliques, elle s’est fait connaître au début des années quatre-vingts grâce à L’Eau de Villée, une liqueur de citron jaune de Murcie. Le succès commercial de ce distillat a permis à la distillerie de se développer, de proposer de nouveaux produits, toujours extrêmement qualitatifs, sans arômes, ni conservateurs, ni colorants. C’est aujourd’hui la seule distillerie d’eau-de-vie de fruits frais encore en activité en Belgique; elle propose une gamme d’une trentaine d’alcools, des eaux-de-vie aux liqueurs.

 

Biercée Bitter

Bierc_e-bitter---Loup

L’avis du fiston

J’ai demandé à mon fils Pierre, qui a 21 ans, et qui possède une bonne expérience des cocktails, puisqu’il a participé au Concours européen du Meilleur Barman junior il y a 3 ans, d’ausculter ce bitter.

« J’aime bien la bouteille, je la trouve drôle, elle ne fait pas trop chic, plutôt «commun» (ndlr: là, c’est raté pour la distillerie qui annonce le chic excentrique, Pierre n’a pas capté).

La couleur claire, c’est sympa, mais quand le bitter tourne dans le verre, on voit aux larmes que c’est bien alcoolisé.

Au nez, je sens tout de suite le sirop de fruits rouges, voire des liqueurs.

En bouche, il est plus amer qu’un bitter habituel, il y a un goût de racine dont je ne me rappelle plus le nom. Au début, c’est bien sucré, mais bien vite l’amer l’emporte, ce n’est pas à boire comme ça.

Mélangé, c’est économique ! Il n’en faut pas beaucoup pour avoir du goût, on est presque au même dosage qu’un Angostura.

Par contre, les cocktails proposés sont trop évidents, comme le Spritz, ou un peu vieillots comme l’Americano. Il faudrait quelque chose de plus jeune qui atténuerait l’amer sans le masquer ».

Sa proposition :

20 ml de Bitter

100 ml de jus de poire

40 ml de Martini blanc

couvrir de glace pillée

On l’appellera le Pitter

BB---Le-Boulevardier-SETTING

 

Pour ma part

J’ai trouvé la bouteille un peu cheap, il est vrai que la police art déco, c’est sympa, mais cela ne se voit pas. Mais à la limite, on s’en fout, ce qui compte, c’est ce qu’il y a dans le flacon.

Robe clair couleur corail.

Nez qui me rappelle un mixte entre le Gancia pour le fruité et le Campari pour le côté végétal amer, avec très rapidement la gentiane qui prend le dessus, en remuant, on sent les fruits rouges, cerise, groseille et fraise.

Bouche bien amère, mais j’aime bien ça. La douceur, si elle a du mal à percer, reste néanmoins bien présente, mais en fond de bouche, presque en décor avec toutefois une note de chocolat qui apporte en plus de l’onctuosité. Les fruits rouges apportent de la légèreté, de l’élégance.

Je rejoins mon fils pour dire que comme ça, l’amertume reste trop présente, mélangé, ce bitter s’avère des plus sympas.

La composition

On a regardé après ce qui manquait dans notre analyse, évidement plein de choses…

Voici ce que nous raconte la fiche technique :

Biercée Bitter est un bitter fruité réalisé à base de fruits et de plantes naturels. L’amertume est amenée par l’orange amère, la gentiane, l’angélique et par l’utilisation de fèves de cacao grillées combinées à un café spécifiquement torréfié pour la distillerie. Le goût fruité provient des distillats d’agrumes et de fruits rouges. L’ensemble donne un bitter élégant et équilibré.

Avec ses 20 % d’alcool, Biercée Bitter agrémentera vos boissons et cocktails de l’été: combiné avec du jus d’orange, du tonic premium ou même simplement avec de la limonade, il ravira les papilles des amateurs de fraîcheur et d’amertume.

J’ai testé pour vous…

Avec un tonic, ¼ de bitter pour ¾ de Fever Tree ou avec un Schweppes Pink Pepper, qui renforce la subtilité fruitée.

Au jus, mélange ananas et citron vert (pas trop, acide amer c’est toujours risqué)

BB---NegroniEt puis, j’ai testé un cocktail de vieux, c’est de mon âge, le Negroni, inventé à Florence en 1919 (j’étais loin d’être né). Il faut aimer l’amertume. Je rappelle la composition:

1/3 de Bitter, 1/3 de Gin et 1/3 de Vermouth

Ça décoiffe et ça rend chauve celui qui trouve le Desperado amer.

Conclusion

Nous sommes preneurs.
Pour ses 19€ prix de vente public, les 700 ml de ce bitter fruité (Pierre Gérard,

maxresdefault

maître-distillateur à Biercée, insiste sur ce point), se consomme à la vitesse d’un sirop. C’est à dire que les euros s’égrainent lentement puisqu’il faut peu de bitter pour parfumer un mélange.

 

Santéï

 

ANX-03-0009TW

 

Marco

 

 

 

 


1 commentaire

27/4/2016 – une journée noire

Gel27.4.2016

La nature est parfois difficile avec ceux qui pour autant l’aiment encore.
Exemple confirmé à La Charpenterie.
Photo Sabrina Cyprien Caslot-Bourdin
près de La Chapelle-sur-Loire 

(Photo taken from a post by Sabrina Cyprien Caslot-Bourdin.
I hope my use of her very sad photo will be acceptable.) 

 

A severe Spring frost is a vigneron’s worst nightmare. Sadly frost struck in the Loire, Chablis and elsewhere in Burgundy as well as Champagne in the early hours of Wednesday 27th April. For those severely hit it must be truly horrible to know that there will there will be no harvest this year!

The signs for 2016 were not good – 13 moons and two horrible anniversaries: the February frost of 1956 – 60 years ago and the April frost of 1991 – 25 years ago.

Parts of the Loire were very severely hit by frost during the night of Tuesday 26th and Wednesday 27th.  Temperatures in a few places fell as low as – 6˚C.

As in April 1991 a lethal combination of damp ground from recent rain, clear overnight skies, very low temperatures in the latter part of the night followed by bright early morning sunshine has virtually destroyed the 2016 vintage in some sectors of the Loire.

Although it is too early to know the full extent of the damage some parts of the Loire have been very badly hit. The worst hit areas appear to be Bourgueil, Montlouis, Saint Nicolas de Bourgueil, Azay le Rideau and Touraine Noble. The important communes of Cravant-les-Coteaux and Panzoult in AOP Chinon are reported also badly affected.

Couly Dutheil, whose vines are mostly in the more western part of the Chinon appellation, reports that 20 hectares of their 90 are affected. In Ligré Jérôme Billard (Domaine de la Noblaie) finds that 20% of his vines have been affected by the frost. Mainly those less good parcels parcels that Jérôme reserves for his rosé. Here the damage is as high as 60%, while in his best parcels of Cabernet Franc for his reds only 10% of the vines appear to have been hit.

Guillaume Lapaque, director of FAV37*, told Decanter: “Noble Joué has lost 94% of this harvest, 70% in Bourgueil and Saint-Nicolas-de-Bourgueil and 50% in Chinon. Overall Appellation Touraine has been much less affected.”

Sabine Corsin, Syndicat de Montlouis reported a 90% loss in Saint-Martin-le-Beau with 50% loss in the appellation’s other two communes. Losses in Vouvray are reported to be less overall and more variable.

Jacky Blot (Domaine de la Taille aux Loups – Montlouis, Vouvray) expects to make 25% of normal if all goes well from here. In contrast the outlook is more optimistic for his Domaine de la Butte (Bourgueil). Here the loss is 20% essentially Pied de la Butte on the flatter ground. The rest of the vines on the steep slope are intact.

In Saumur-Champigny the communes of Chacé, Saint-Cyr-en-Bourg and Varrains have been badly hit. Closer to the Loire damage is much less. “We have lost 10%,” said Florence Chevallier (Château de Villeneuve).

“We have been very badly hit in our vineyards which are close to the River Layon,” said Emmanuel Ogereau (Domaine Ogereau, Anjou). However, we have no damage in Savennières where our vines are on high ground.”

The picture in the Pays Nantais appears to be very variable. Domaine Luneau-Papin (Muscadet) has suffered damage in some parcels, while others haven’t been touched.

“A third of my vines have been badly hit with up to 100% loss in some parcels, one third slightly affected and one third not touched at all,” said Vincent Caillé, Domaine Faye d’Homme (Muscadet). However, fans of Vincent and Christelle Guibert’s Terre d’Gneiss will be relieved that this boutique parcel was spared.

In the Central Loire Vineyards Benoît Roumet, the director of Les Vins du Centre, reports that Menetou-Salon, Pouilly-Fumé, Quincy and Reuilly have all been hit to a greater of lesser degree. Sancerre, in contrast, has largely escaped. However, Roumet cautions that things will be clearer next week.

Although this April frost may not be as extensive as that of 1991, wine stocks would have been much higher after the very good and generous 1990 vintage. Now stocks are low after four small to below average vintages. On top of that you have to factor in the current annual loss from esca, which was not a factor back in 1991. Esca is not only one of the reasons why yields are lower than expected but there is also the constant cost of replacing dead vines.

Negotiations with government and banks to help to see badly hit producers through this crisis will start next week.

PierreetBgelpic

Photo from Pierre & Bertrand Couly

Jim-when?


12 Commentaires

Du changement chez les 5 du Vin

Notre ami Michel Smith, qui commence une nouvelle vie (l’adolescence l’ayant enfin rattrapé!), a décidé de prendre un peu de recul et de temps libre par rapport à ce blog, dont il a été un des piliers depuis son origine.

1135 - M. Smith

A compter de la semaine prochaine, il cède donc son jeudi à Marie-Louise Banyols, qui intervenait jusqu’ici le dimanche.

Mais Michel ne nous quitte pas tout à fait; il se réserve le droit de revenir, de temps à autre, à sa meilleure convenance.

Le voici donc « 5 d’honneur » – car nous n’avons pas souhaité modifier notre prestigieuse (heum) appellation.

Au nom des 5, je remercie Michel de tout ce qu’il nous a apporté au fil des années; ses coups de coeur, ses coups de gueule, sa passion, sa curiosité insatiable, son amour du vin et de ceux ou celles qui le font. Je lui souhaite du bon temps et de belles bouteilles.

Ce n’est qu’un au revoir, Michel, au plaisir de te lire à nouveau!

Et bienvenue à Marie-Louise, qui fait désormais partie intégrante de notre coopérative d’écriture.

Pour les 5,

Hervé 


3 Commentaires

20 ans, 30 ans, 40 ans, qui dit mieux?

Le Roussillon et ses VDN, ça peut être vertigineux.
Dès qu’on cherche un peu, on tombe sur de jolies petites bombes, parfois issues de grosses bonbonnes qui se dorent au soleil.

MA53                                          Photo Mas Amiel

C’est le cas du Mas Amiel, où on les cultive en rang serrés, jusqu’à ce que l’azur lumineux leur instille ce petit caractère de rancio qui plaît ou déplaît. Monde oxydatif, quand on s’éprend de toi…

Voici trois flacons qui m’ont séduit lors d’une dégustation chez IVV.

David va encore me taxer de tutti frutti dans mes commentaires, ma non posso parlare diversamente dal vino…

C’est parti!

 

MA VINGT ANS d’ÂGE

20ans2 

La robe café noir aux reflets bistre attire l’œil, invite le nez à y plonger sans plus attendre. Il n’est pas déçu, l’oxydation large s’est agréablement développée. Il y a là cet accent de rancio bien caractéristique, mélange de pâte de noix et d’iode. Il n’y a pas que les embruns lointains, mais aussi de délicats arômes de torréfaction qui  rappellent le caramel un rien brûlé des crèmes catalanes, le candi sombre et le parfum un peu animal du muscovado. Des herbes sèches apportent leur bouquet. La bouche hésite entre douceur, amertume et acidité. Pour ne pas choisir, elle les tresse en une natte serrée qui libère chaque goût avec parcimonie mais régularité. On y reconnaît les amers respirés mais légèrement transformés par les notes minérales et terreuses de gentiane et de réglisse. De l’agrume confit, apparaît aussi, riche de saveurs acides-amères, mêlées de la suavité de la pâte de pruneau. Viennent encore un rien de cuir, d’aiguilles de pin, de figues et dattes sèches, de poivre noir, … ça ne s’arrête jamais.

 

MA TRENTE ANS d’ÂGE

30ans

Un bel ambre ocre brûlé aux reflets brique aguiche l’œil. Une véritable crépitation de suavités à venir agacer le nez, la bouche s’impatiente déjà. Le chocolat surgit en premier, épicé de poivre cubèbe, de graine de coriandre, de quinquina, mais aussi relevé d’élégantes notes herbacées de garrigue nuancées de thym, de sauge et de cade. Puis, des fragments d’algues sèches apportent leur senteur marine. La bouche se révèle sage. Une fraîcheur amère, au goût de gelée de citron et de réglisse, s’y développe tout doucement, tempérée par l’onctuosité de la texture, par la douceur ambiante, par la largeur du vin. Ensuite, une impression tannique et un relief minéral relancent la délicate vivacité, dynamisent les arômes de cacao, de café, ce léger brûlé qui rappelle les biscuits sablés un rien trop cuits, le praliné.

 

MA QUARANTE ANS d’ÂGE

40ans

Plus claire, la robe ocre brun tourne avec raffinement dans le verre. Le nez éveille d’emblée une foule de souvenirs où chacun trouve selon son acuité ici du cuir frotté, là un brin de muguet un peu séché, un bouton de rose, quelques gouttes d’embruns, un lit d’aiguilles de pin, une pincée de tabac, une pointe de Cayenne, … tourne encore avec raffinement, le Maury à chaque giration complète l’énumération. La bouche semble ne pas avoir d’âge, elle paraît fraîche presque juvénile, offrant fruits et fleurs juste mis en bouquet, écorces d’agrumes à l’amertume pimpante. Puis vient la sagesse des torréfactions douces aux mokas onctueux, aux caramels savoureux, aux quinquinas délectables, série amère qui se tresse d’iode et d’éclats de pierre pour affirmer son rancio. Mais avant de nous quitter, le vin nous offre une dernière émotion, une envolée vers un infini éthéré plus léger que l’air, mais immensément présent d’abord sur la langue, ensuite dans notre mémoire.

 

Vinification

Les vins des trois décennies présentent le même assemblage fait de 90% de Grenache, 5% de Macabeu et 5% de Carignan qui poussent dans des sols de schistes décomposés et de marnes noires. Leur pleine exposition au sud leur garantit une maturité optimum.

MA60                                  Photo Mas Amiel

La vendange est éraflée. S’ensuit un mutage sur grains suivi d’une macération de 30 jours permettant d’extraire la matière, les arômes, les polyphénols, … contenus dans les baies garant d’une belle structure équilibrée entre fruits, alcool et sucre.

Élevage de 1 an en bonbonnes de verre placées à l’extérieur puis en foudres de chêne de 350 hl jusqu’à la mise en bouteille.

MA54                                                Photo Mas Amiel

 

Mais quand boire des trucs pareils ?

Simplement quand l’envie nous prend, moment de quiétude, réparateur ou de pur plaisir. Ou encore en mangeant quelques fines tranches de jambon ibérique ou un léger toast aux anchois aux câpres. On peut le garder à table et lui faire accompagner une terrine de gibier, une salade de lentilles au museau peu vinaigrée mais bien relevée, pour l’entrée. Ensuite, le rare lièvre à la royale le trouve idéal, plus simplement une viande étuvée, une carbonnade, un hochepot (il fait merveille sur les légumes cuits), le voit d’un bon œil. N’hésitons pas sur les fromages, presque tous lui font la cour. Le dessert certes, mais en harmonie, chocolat amer, praliné, pignons grillés, … Et pour terminer si d’aventure le cigare vous plaît, un puro havanais termine agréablement la ronde des mets.

MA gravé dans la pierre 02                                                      Photo Mas Amiel

Plus d’info: http://masamiel.fr/

 

Ciao!

Europe/France/Languedoc-Roussillon/66/Pyrénées-Orientales/Maury : AOC Maury Mas Amiel- Viellissement en bonbonnes

 

Marco

 

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 15 682 autres abonnés