Les 5 du Vin

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Introduction aux vins d’Autriche

Notre collègue Hervé a fait part, cette semaine sur ce même site, de ses coups de cœur issus de la plus récente édition du Wine Summit. Il s’agit d’un des grands rendez-vous organisés autour des vins d’Autriche et qui a lieu tous les deux ans dans ce pays à l’intention des professionnels du vin.

 Avant de révéler demain les détails d’une importante dégustation qui aura lieu à Paris le 22 janvier et qui permettra aux professionnels de vin en France (et alentour) de faire plus ample connaissance avec les vins de ce pays, je vais vous présenter, d’une manière surtout factuelle et basique, les vins d’Autriche.

L’Autriche produit environ 1% des vins du monde. On est très loin des mastodontes comme la France, L’Italie, ou l’Espagne, mais ces vins méritent amplement notre intérêt, et, selon moi du moins, notre estime. Alors comment se structure la production autrichienne ?

La loi qui gouverne la production de vin en Autriche fait partie intégrale de la structure hiérarchique de la législation européenne sur le vin. Les catégories de vin peuvent relever de la tradition française des AOC (DAC en Autriche) mais aussi de la tradition allemande : Landwein, Qualitätswein, avec ou sans prédicats comme SpätleseAuslese et Eiswein.

Les régions de production en Autriche et leurs tailles

Comme on le voit clairement sur la carte ci-dessus, le vignoble autrichien est concentré dans la partie orientale du pays. Ce vignoble dans son ensemble couvre 46.500 hectares. Les Etats fédéraux de Niederösterreich (28.145 ha), de Burgenland (13.100 ha) et de Steiermark (4.633 ha) ont le statut de régions de vins reconnues, mais il y a aussi 16 autres régions de production, dont Vienne (637 ha), ainsi que Bergland qui contient cinq régions de production de vin : Kärnten, Oberösterreich, Salzburg, Tirol, Vorarlberg.

 

grappe et feuille du cépage grüner veltliner, la vedette autrichienne

Les cépages

36 variétés de vigne sont autorisées pour la production de vins de qualité (Qualitätswein et Landwein) en Autriche : 22 blancs et 14 rouges. La part des vins rouges est en hausse depuis 20 ans et atteint maintenant un tiers du vignoble total.

Parmi ces variétés on trouve des noms connus ailleurs comme RieslingPinot BlancChardonnay, Muskateller, TraminerPinot NoirMerlotCabernet Sauvignon et Syrah, mais des variétés domestiques dominent la production. Parmi elles, de loin la plus importante est le blanc Grüner Veltliner qui compte pour près d’un tiers de la surface total du vignoble du pays. On trouve aussi d’autres variétés blanches comme NeuburgerRotgipflerZierfandler et Roter Veltliner, puis, en rouge, les ZweigeltBlaufränkisch, Sankt Laurent et Blauer Wildbacher.

L’ampélographie et la viticulture ont une longue histoire en Autriche car l’Institut Fédéral de Viticulture à Klosterneuberg, près de Vienne, date de 1860, ce qui en fait la plus ancienne école de viticulture au monde.

Pour de plus amples informations, je ne peux que vous conseiller, surtout si vous lisez l’allemand, l’anglais, le russe ou le mandarin, de visiter l’excellent site de Wines of Austria :http://www.austrianwine.com/

David Cobbold


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Introducing Gerhard Richter, by Mouton Rothschild

« Gerhard Richter, né à Dresde1 le , est un artiste peintre allemand dont l’œuvre est reconnue, depuis les années 1980, « comme une expérience artistique inédite et remarquable2 ». »

Ce n’est pas moi qui le dit, mais ce cher Wikipédia. Moi, je ne le connais pas, et j’ai appris son existence lors de la présentation de l’étiquette du Château Mouton Rothschild 2015.

En effet, c’est lui qui l’a peinte.

Comme quoi le vin mène à tout: même à l’art moderne.

Remarquable, qu’ils disaient…

Her Lalau


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J’ai gouté quelques INCONTOURNABLES CUVÉES du ROUSSILLON avec la nouvelle génération !

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion de gouter quelques vins des domaines Gauby et Gardiès. Quelques-unes de leurs cuvées, sont parmi les plus en vues de tout le Languedoc Roussillon. Rien de nouveau me direz-vous, je vous l’accorde et si le Roussillon est reconnu aujourd’hui comme un terroir de grands vins, Gérard Gauby y est pour beaucoup. Il a entraîné derrière lui de nombreux vignerons qui font aujourd’hui l’excellence de cette région. Ce qui a changé, c’est l’empreinte donnée par la nouvelle génération désormais bien établie et bien dans sa peau : ça fait vraiment plaisir à voir et, c’est sensationnel de gouter le résultat.

Au domaine Gauby, les vins de Lionel et l’expérience de Gérard.

Le domaine Gauby, pour moi est une signature incontournable, qui force le respect. Gérard et Ghislaine, installés en 1980 à Calce, un des plus beaux secteurs, avec quelques-uns des meilleurs terroirs du Roussillon, sont épaulés depuis plusieurs années par leur fils Lionel. Ensemble, ils élaborent des vins d’une grande pureté et d’une grande délicatesse toujours à la recherche d’un équilibre parfait. Sans doute, parce que Gérard d’abord, Lionel ensuite ont su se remettre en question toujours à la recherche d’une élégance et d’une finesse uniques. Ils ont revu leur mode de vinification pour passer de vins parfois extraits et marqués par le bois à des vins plus complexes, frais et aériens. Grace à leur travail des sols et de la vigne, ils ont obtenu des maturités phénoliques plus avancées, qui ont amené des degrés alcooliques très modérés, et des vins aériens comme en 2014. Ces dernières années, Lionel nous a démontré qu’il avait  un style unique, pourtant, aujourd’hui, il n’hésite pas à se réinventer encore une fois, et, son père a la sagesse ou l’inconscience, de le laisser faire, l’avenir nous le dira. Il est entrain de remettre en cause ce qu’il a fait jusqu’à maintenant, il m’a expliqué avec beaucoup de conviction et de passion : « j’ai enfin assumé mon climat, j’ai enfin compris qu’on ne pouvait pas faire des vins du Jura dans le Roussillon, je n’ai plus peur des degrés… » il était fier de me faire gouter des vins qui dépassent les 14º, très pleins, et qui pourtant présentaient beaucoup de fraicheur. Plus de cuvées courtes, j’ai gouté un grenache macéré pendant un mois…2015 marque donc un nouveau stade dans l’évolution du style Gauby : Lionel ne craint plus la richesse immanente de son terroir méditerranéen.

IGP Côtes catalanes Vieilles vignes blanc 2015

 Un blanc qui exprime une superbe fraicheur aromatique et qui détonne dans un paysage de vins surpuissants. Il s’ouvre sans retenue avec de fines notes d’agrumes et de fleurs d’acacia. La bouche est pure et fraiche avec un fruit mûr et savoureux, une chair pulpeuse et une bonne intensité. Le vin de plaisir par excellence ! Un blanc de grande maîtrise ! Il est le résultat d’un assemblage de vieilles vignes de 50 à 100 ans de Macabeu 40% ; Grenache blanc 30% ; Carignan blanc 5 %, Grenache gris 10 %, Chardonnay 15 %(vignes de 30 ans) plantées sur un terroir sur schistes et marnes calcaires, rendements : 15hl/ha. Pressurage direct, débourbage à basse température. Levures indigènes. Sans enzymage, sans chaptalisation, sans acidification. Elevage : 7 à 8 mois sur lies fines, en barriques 65%, en cuve 35%

Prix Public 29,50€

IGP Côtes Catalanes Vieilles Vignes Rouge 2015

Issu d’un terroir sur schistes et calcaires, il est le résultat d’un assemblage de vieilles vignes de carignan de plus de cent ans ajoutées à la syrah et au mourvèdre qui viennent insuffler puissance et intensité. Sa profondeur aromatique m’a surprise, j’y ai trouvé des notes fraiches de cassis, de mure, des touches d’épices, de réglisse et des senteurs de garrigue. La bouche offre une très jolie structure tannique épicée, c’est une merveille d’expressivité et de sensualité. Finale longue et racée, c’est complexe, c’est ample, riche, mais c’est maitrisé et ça reste digeste.

Vendanges manuelles, vinification traditionnelle en cuves béton, 100% éraflage, macération en grappes entières de 2 à 4 semaines, levures indigènes, sans enzymage, sans chaptalisation, sans acidification, élevage de 10 mois en barriques, mise en bouteille sans collage ni filtration.

La Muntada 2015 Côtes-du-Roussillon Villages

Vin culte pour certains, cette cuvée est issue de 70 % Grenache noir d’une cinquantaine d’années, de 25 % Carignan de plus de 120 ans, et de 5 % Syrah, c’est la grande cuvée du domaine. Ce 2015 est marqué par l’évolution du style de Lionel : très concentrée dans les années 2000, elle était devenue plus aérienne et très séductrice ces derniers millésimes, aujourd’hui, la Muntada continue dans la finesse, mais affiche beaucoup de chair et une belle structure. Profondeur et maturité doublées d’élégance caractérisent cette cuvée. Les fruits noirs frais mêlés à des touches de garrigue, et de poivre explosent au nez comme en bouche. J’ai admiré les tanins présents mais soyeux, la superbe persistance et l’énergie qui se dégageait de ce vin. On peut déjà le boire car l’élevage est parfaitement intégré, mais il a un très beau potentiel de garde.

Vendanges manuelles, 100% éraflage, macération de 2 à 3 semaines en cuves béton, sans enzymage, sans chaptalisation, sans acidification, élevage de 30 mois en foudres et barriques, mise en bouteille sans collage ni filtration.

Prix Public 72,00 €

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Au Domaine Gardiès, les vins de Victor, et l’expérience de Jean.

Jean et Christine sont toujours l’a bien sûr, mais Victor de plus en plus prend la relève, c’est la plupart du temps lui qui est présent dans les Salons et au domaine ; son enthousiasme accompagne l’expérience de son père. Ils s’entendent bien tous les deux, Victor a des projets plein la tête, et il sait parfaitement où il veut aller : ça se sent et les vins en sortent gagnants. Grace à leur synergie, leurs cuvées font partie des meilleures du Roussillon. Aussi dire aujourd’hui que le Domaine Gardiès est un grand classique de la région n’est qu’en partie réel, c’est vrai, mais pas que, un air de renouveau s’est installé dans le domaine avec des vins de plus en plus séducteurs.

Les Vignes de mon Père 2016 Blanc AOC Côtes du Roussillon

Il s’agit d’une cuvée rare, un blanc de pure fraîcheur, auréolé d’un fruit bien mûr, savoureux, persistant. Ses notes d’abricot, sa largeur, sa richesse forment un ensemble charmant, de grand équilibre, qui reste frais et juteux. Victor soutient que cette cuvée un profil de chenin, confit très mur, avec des notes de coing, et à vrai dire, il n’a pas tout à fait tort : Hormis ses arômes, c’est un blanc très pur, très tendu, droit, doté d’une très belle acidité finale.

Un pur turbat vinifié en ½ muids de 600 litres restés sur lies 12 mois et, préservant l’empreinte minérale : de toute beauté !

Prix Public 30€

Les Vignes de mon Père 2016 Rouge Côtes du Roussillon

 Gourmand, juteux, épuré ! Il offre une abondance de saveurs fraîches et gourmandes fondues dans un jus ciselé de grande envergure. La bouche élégante, infusée, profile des tanins délicats, c’est un rouge profond mais très digeste qui reste décidément à part, à contre-courant des surpuissants du Sud. Pour autant, il ne s’agit pas d’un vin de soif, paradoxe entre un vin frais buvable mais avec beaucoup de profondeur et des épices, ce plus, m’explique Victor, on le doit au terroir, aux « grandes vignes ».

C’est un 100% carignan

Prix Public 30€

LA TORRE 2014 Côtes-du-Roussillon Villages

Elle offre un nez fin, très élégant, pur marqué par des notes de fruits rouges, mêlées à de subtiles touches d’épices. Dans cette cuvée Victor m’explique qu’ils ont voulu garder la matière, puis essayer de la rendre fine et discrète : c’est réussi. J’ai aimé sa bouche fruitée, fraiche et harmonieuse, qui ne cache pas sa puissance, mais la matière est veloutée et accompagnée par des tanins délicats. La finale est fraiche et gourmande. C’est un vin sincère, digeste et authentique

La Torre constituée de 70% de Mourvèdre de 20% Grenache noir, de 10% Carignan plantés sur un terroir de schiste et d’argile d’Espira de l’Agly est élevée 18 mois en demi-muids.

Prix Public : 36€

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LES FALAISES 2014 Côtes du Roussillon Villages Tautavel

C’est un vin dense, le nez se montre généreux et complexe avec ses arômes intenses de fruits noirs, d’épices, de garrigue, et de sous-bois. La bouche est bien bâtie, loin des extractions forcées, autour de tanins élégants et lissés, elle offre rondeur et équilibre. C’est un vin tout en longueur, pas fatigant, juste mur, et dans lequel j’ai apprécié la fraicheur finale et sa race. Une superbe réalisation qui restitue à merveille la complexité des terroirs de Vingrau.

Issu de vieilles vignes de Carignan (50%), de Syrah (30%), Grenache (20%), adossée aux falaises de Vingrau, d’où son nom, La Torre, bénéficie d’un terroir argilo-calcaire à 400 mètres d’altitude, d’ailleurs Victor insiste, dans cette cuvée, c’est plus une histoire de terroirs que de cépages. Elevage 18 mois en demi-muids

Prix Public : 48,00 €

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Conclusion

L’expérience de Gérard Gauby et de Jean Gardiès associée à l’enthousiasme, l’inquiétude et à la passion de leurs fils ont donné naissance à des vins qui démontrent leur suprématie dans le paysage du Languedoc-Roussillon : les cuvées rouges « historiques » de ces deux domaines s’expriment avec davantage de finesse, d’élégance de forme, mais surtout de liberté. Ces vins d’exception annoncent de très grands moments de dégustation !

Hasta pronto,

MarieLouise Banyols

 

 

 

 


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Pour les 30 ans du Pays d’Oc

En prélude à la soirée des 30 ans des vins du Pays d’Oc, hier soir, j’ai pu visiter quelques domaines produisant des vins de cette IGP.

Voici ma moisson de belles bouteilles (je reviendrai sur les différents domaines ultérieurement).

Domaine de Mus

La Balade pour Mistral 2011

Malbec 2016

Balade en Straminer 2015

Alma Cersius

Rhodan rouge 2015

Les Yeux dans les Étoiles 2016

Domaine de l’Engarran

La Lionne blanc 2016

La Lionne rouge 2015

Adelys 2016

Domaine de Raissac

Terra Incognita 2014

Gérard Bertrand

Gris Blanc 2016

Prima Nature Grenache rosé 2016

Réserve Spéciale Syrah 2015

Addendum

Lors de la soirée d’anniversaire, au domaine de Verchant, j’ai pu serrer la main de notre ex-membre fondateur, Jacques Berthomeau, qui, dans le cadre des ses fonctions au ministère de l’agriculture, a participé à la mise en orbite de cette mention.

Last but not least, j’ai rencontré le directeur de du Conseil Interprofessionnel des Vins AOC du Languedoc, Jérôme Villaret, dont la seule présence démontrait que la famille des vins du Languedoc, qu’ils soient AOP ou IGP, n’est jamais aussi forte que quand elle est unie.

Lorsque que nous, simples commentateurs extérieurs, arpentons les beaux vignobles de la région, il n’est pas rare que les vignerons que nous visitons nous fassent déguster des vins des deux branches de la famille, et ce n’est certainement pas à nous de chausser des œillères – in vitro veritas.

Vive le Languedoc libre!


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Bulles : une (petite et modeste) revue de détail

J’y vais tous les ans vu que ça a lieu chaque année au même endroit, à la même période et toujours selon le même principe : invités à un mois de Noël par Jean-Pierre Rudelle, le patron du Comptoir des Crus à Perpignan, les représentants des maisons de Champagne viennent avec armes et bagages faire goûter aux amateurs deux (parfois trois) de leurs cuvées, vins que l’on retrouve en vente pour ce jour-là à un prix «d’ami ».

Simple comme bonjour, cette initiative est aussi l’occasion pour moi de faire une petite révision champenoise. Et si j’en profite pour revoir mes avis sur des marques qui me sont familières, grandes ou petites, je m’attache aussi à découvrir de nouveaux noms comme le champagne Charpentier (acheté 16 € l’an dernier) qui a fait le bonheur de ma cave durant l’année écoulée.

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Idée de décor ! Photo : BrigitteClément

Je vous en parlais en 2013 et déjà j’étais enthousiaste à l’idée que cette journée devienne une sorte de rituel. Il suffit de s’offrir un verre (10 € remboursés en cas d’achat) et de se promener au gré des barriques (renversées debout) transformées en comptoir de présentation et de dégustation. On peut même s’amuser à faire cela en accéléré. En se pointant par exemple dès l’ouverture, vers onze heures du matin. Le tour complet prend environ une heure trente avec une quinzaine d’arrêts et un temps plus ou moins long passé à discuter avec les représentants en fonction de l’intérêt de leurs vins ou (et) de leur connaissance du terrain. Bref, cela représente un apéritif studieux, juste avant d’aller déjeuner la faim au ventre quelque part en ville.

Version 2

Le champagne expliqué aux clients… Photo : BrigitteClément

Un exemple à suivre

Tous les cavistes (ou presque tous) devraient pouvoir organiser une telle journée et il me semble qu’ils sont de pus en plus nombreux à le faire dans d’autres grandes villes. Pour rendre la chose encore plus palpitante, il y a des habituées parmi les maisons qui font se déplacer une de leurs « commerciaux ». Cela permet de faire des comparaisons avec les vins voisins, de noter des changements de goûts ou de chef de cave. Puis chaque année quelques nouvelles marques en remplacent d’autres avec, parfois une ou deux cuvées d’exception, histoire de briller – ou de frimer – plus encore aux yeux des amateurs. L’avantage, c’est que ça tourne. Cette année, point de Pol Roger, de Krug, Jacquesson, Drappier ou Veuve Clicquot, guère plus de grosses pointures comme Moët et Chandon, peu de petits récoltants-manipulants et aucune coopérative de taille, à l’instar de celle de Mailly présente lors de je ne sais plus quelle édition.

Voici donc les bulles les plus marquantes de ma tournée 2017.

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Quelques remarques préalables : pas d’ordre précis dans cette revue et toujours pas de notes chiffrées, je préfère la (ma) description, brève et parfois sommaire. Peu de description sur le ressenti au nez car dans ce genre de dégustation on est un peu pressé par le public et il faut aller droit au but : la bouche. Sachant que cette dégustation ne se faisait pas à l’aveugle, la seule chose que j’avais devant les yeux, en dehors du vin, était la marque du champagne, le nom de la maison si vous préférez. Pour ne pas être trop influencé, je refusais toute explication sur la composition de la cuvée et sur son prix de vente dont je n’ai eu connaissance qu’à la fin. Parlons-en du prix : dans ce qui suit, je vous donne le tarif consenti pour ce jour-là et le prix normal en boutique pour les jours à venir. Et quid du verre ? Sincèrement, j’ai oublié de noter ce détail (le nom de la verrerie) qui a pourtant son importance. Tout ce que je sais, c’est que j’ai décliné la flûte que l’on me tendait et que, grâce à mon pote caviste, j’ai pu bénéficier d’un beau verre assez large afin que je puisse considérer le champagne comme ce qu’il est : un vin à part entière et non une simple boisson à bulles.

-Deutz. Avec cette maison d’Aÿ la dégustation démarre toujours bien : j’ai l’impression d’être chez moi, de cultiver mon jardin. Tout commence avec un Brut Classic à majorité pinot noir qui m’enchante toujours tout bêtement parce qu’il « nettoie bien la bouche », qu’il la « prépare » à affronter la suite. Je ne sais pas pourquoi je mets tous ces mots entre guillemets, mais je les trouve adaptés à cette sensation de belle acidité, de fruits blancs et de longueur honorable (35,10 € au lieu de 39 €). Le blanc de blancs 2011 qui suit est encore plus engageant : crémeux dès le nez, il l’est ensuite en bouche. Matière riche, amplitude, fraîcheur et longueur, tout y est ! (62,10 € au lieu de 69 €). Au passage, j’attends avec impatience la nouvelle cuvée William Deutz 1990 de pur pinot-noir que je viens de mettre en cave pour quelques mois.

-Charles Heidsieck. Pas de problème non plus avec cette maison qui assure dans la régularité depuis pas mal d’années. Brut Réserve à la mousse frénétique, enthousiasme et fraîcheur en bouche, sans oublier l’équilibre, le tout avec une jolie finale (35,10€ au lieu de 39 €). Le Rosé Réserve assure lui aussi d’emblée une très belle prestation : droiture, netteté, franchise (48,60 € au lieu de 54 €).

-Le Gallais. Dans la vallée de la Marne, à Boursault, la maison produit une Cuvée des Cèdres (brut nature) : nez assez fin, bouche directe et expressive sur un équilibre bien dessiné (31,50 € au lieu de 35 €). La Cuvée du Manoir, par laquelle j’aurais dû commencer, donne un vin d’apéritif, plus marqué par l’acidité d’une pomme granny-smith (26,10 € au lieu de 29 €).

-Grier. Pas une marque champenoise, mais une maison sud africaine qui passe là-bas pour être le pionnier du mousseux de qualité. Installée depuis quelques années au fond de la vallée de l’Agly, dans les Pyrénées-Orientales, la famille Grier progresse indéniablement dans ses assemblages de macabeu, carignan blanc, grenache gris et autres vieux cépages locaux associés au chardonnay du coin (25%). Nez fin légèrement épicé, bouche pleine, riche, structurée et longue (11,70 € au lieu de 13 €). Deux vins sud-africains pour suivre : le brut Villiera Tradition (chardonnay pour moitié, reste pinot noir et meunier), 18 mois sur lies, croustillant, long et frais jusqu’en finale (11,70 € au lieu de 13 €) ; l’autre, le Monro brut, particulièrement droit en bouche, très long et marqué par une belle acidité (22,50 € au lieu de 25 €). D’excellents rapports qualité-prix et mon choix pour cette année.

-Bollinger. Une seule cuvée à goûter, celle qui fait figure de BSA, le Spécial Cuvée. Densité et matière en bouche, richesse et longueur sans emphase, c’est un classique auquel j’adhère volontiers (44,10 € au lieu de 49 €).

-Lallier. Difficile de passer après Bollinger, mais ce Brut Nature, aussi puissant que sérieux en bouche est joliment structuré et doté d’une belle longueur (31,50 € au lieu de 35 €). Le Grande Réserve, m’est paru moins bavard bien qu’il se distingue par sa richesse et sa longueur (26,10 € au lieu de 29 €).

-Ruinart. Un très chardonnay R de Ruinart dense, vif, animé, mais crémeux, fin et équilibré. Il me semble noter un changement dans le rajeunissement de cette cuvée que je goûte pour la première fois avec un plaisir intense (41,40 € au lieu de 46 €) alors qu’auparavant je n’étais guère attiré. Le Blanc de blancs quant à lui est très frais, assez craquant, aussi soigné en longueur qu’en équilibre (62,10 € au lieu de 69 €). Le rosé était trop glacé pour être sérieusement annoté, si ce n’est que je l’ai trouvé d’une richesse assez éclatante (62,10 € au lieu de 69 €).

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-Henri Giraud. En progression, me semble-t-il, par rapport aux années précédentes, cette maison d’Epernay m’a bluffé avec son Esprit Nature bien sec, pinot noir et meunier, lumineux en bouche, marqué par une belle acidité (35,10 € au lieu de 39 €). Le Blanc de craie est un pur chardonnay (si j’ai bien compris) qui fait beaucoup d’effet : hauteur, puissance, netteté, équilibre, longueur (44,10 € au lieu de 49 €).

-Jean-Noël Haton. Vignerons indépendants de Damery, les Haton proposent un Brut Classic blanc de noirs d’une belle franchise idéale pour l’apéritif accompagné de crustacés (20,60 € au lieu de 22,90 €). Une autre cuvée Extra retient l’attention pour sa largesse, son amplitude, sa fraîcheur et ses notes poivrées (32,40 € au lieu de 36 €).

-Besserat-Bellefon. Toujours un faible pour cette maison qui se maintient à un bon niveau qualitatif. Une cuvée Grande Tradition au joli nez grillé, simple mais bien ficelée en bouche avec ce qu’il faut de fruits blancs et une finale sur la fraîcheur (21,60 € au lieu de 24 €). En brut, la Cuvée des Moines (déclinée en plusieurs cuvées, y compris rosé) se remarque par sa droiture, son amplitude, sa fraîcheur et son fruité persistant jusqu’en finale (28,80 € au lieu de 32 €). On notera enfin un magnifique Grand Cru Blanc de blancs toujours marqué par une large amplitude, beaucoup de noblesse côté matière et une grande élégance générale (40,50 € au lieu de 45 €).

-Philipponnat. Remarquable cuvée Royale Réserve (non dosé) pour cette maison de Mareuil-sur-Aÿ plus connue pour son fameux Clos des Goisses absent de cette dégustation. Le nez ne manque pas de distinction, tandis qu’en bouche on ressent la vinosité du pinot noir allié à la complexité d’une part non négligeable de vins de réserve. Amplitude, fermeté et longueur pour un vin digne d’une belle entrée en matière lors d’un repas entre amoureux du vin (35,10 € au lieu de 39 €).

-Marie Sara. Marque d’une maison auboise donnant naissance à une agréable cuvée de brut à la fois simple et souple, aux notes crémées et à la longueur honorable pour une dominante meunier (21,60 € au lieu de 24 €). Une autre cuvée Extra Brut (non dosée), typée pinot noir, se révèle plus épicée avec des notes grillées (32,40 € au lieu de 36 €).

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-Laurent Perrier. L’Ultra Brut, que l’on ne présente plus, se distingue une fois de plus par sa complexité et sa longueur en bouche sur des notes pierreuses et fumées (43,20 € au lieu de 48 €), tandis que le brut (normal) La Cuvée, toujours aussi régulier, est tout simplement magnifique d’amplitude et d’expressivité, sans parler de son infinie longueur (35,10 € au lieu de 39 €). J’ai aussi retenu la même cuvée en rosé pour son imposante matière, sa densité et sa longueur en bouche (71,10 € au lieu de 79 €).

-Taittinger. Un Brut Prestige assez fin et complexe au nez, serré et dense en bouche (35,10 € au lieu de 39 €). La cuvée Grands Crus offre une trame toujours imposante et serrée sur des notes de fleurs des champs et une finale harmonieuse (47,70 € au lieu de 53 €).

-Charpentier. Une maison typique de la vallée de la Marne avec un Brut Tradition simple de par sa conception architecturale, aux trois quarts pinot noir, surtout marqué par des bulles très fines et de jolies notes fruitées (17 € au lieu de 18,90 €). Le rosé, assemblage pinot noir et chardonnay, nous promène sur de fines notes de fruits rouges dans une ambiance un peu plus vineuse (23,30 € au lieu de 25,90 €).

-Gosset. Le brut Excellence (majorité de pinot noir avec 40 % de chardonnay), très croustillant en bouche, offre de l’éclat, beaucoup de luminosité et de longueur (35,10 € au lieu de 39 €).

                                                                                                         Michel Smith

 


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Un communiqué qui fait « pop »

L’agence des Professionnels du Liège m’envoie ce communiqué:

Une mathématicienne britannique établit la formule du « pop » parfait à l’ouverture d’une bouteille de Champagne
(et montre que tout est affaire de température…)

Si déboucher une bouteille de Champagne est, sans conteste, une manière universelle de célébrer, une différence existe entre le «pop » qui exprime la célébration et une explosion de bulles à nettoyer. À l’approche des fêtes, le Dr Eugenia Cheng, Professeur des Universités, a déterminé une formule mathématique qui décrit le « pop » parfait – et a ainsi montré que tout dépendait de la manière dont la bouteille était rafraichie.

En bref…

La fréquence sonore du « pop » parfait se situe entre 8,000Hz et 12,000Hz selon l’expérience conduite par le Dr Eugenia Cheng ;

Ces fréquences et harmoniques comparables au coup de cymbales se révèlent le son le plus attractif pour l’oreille humaine ;

Pour obtenir ce « pop » parfait, la bouteille doit être rafraichie dans un saut à glace pendant environ 40 minutes – et non au réfrigérateur ! – jusqu’à atteindre une température entre 6 et 7 degrés Celsius ;

…. Et, enfin, une pression minimale doit être exercée par la main à l’ouverture.

 

Moralité: la recherche universitaire appliquée doit être soutenue, surtout dans les domaines importants.

Hervé Lalau


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“Marida mejor tu vida con vino”! La nouvelle campagne de promotion du vin espagnol.

La semaine dernière, la presse espagnole dans son ensemble mettait en avant la présentation de la campagne lancée par l’organisation interprofessionnelle du vin Espagnol, l’OIVE, sous le titre de « Marida mejor tu vida con vino »;  littéralement: « Marie mieux ta vie avec le vin. »

Cette campagne entend normaliser le fait de boire et d’apprécier le vin, en lui redonnant une image de proximité, de plaisir et d’accessibilité.

Le but étant de:

  • Promouvoir une consommation intelligente et modérée de cette boisson auprès de la population âgée de 25 à 45 ans et de rajeunir l’image du vin auprès de ces consommateurs.
  • D’encourager le plaisir de boire du vin à différents moments de la vie
  • Tout cela sans perdre de vue l’essence, l’âme, l’identité et l’authenticité du vin.

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Lors de la présentation, Isabel García Tejerina, Ministre de l’Agriculture, a manifesté son soutien à cette campagne de promotion du vin espagnol et a souligné l’importance du vin dans la culture espagnole.

Pour sa part, Ángel Villafranca, président de l’OIVE, a affirmé que «le monde du vin est un monde de joie, d’illusion et de charme. Nous voulons que les consommateurs tombent amoureux du vin et le fassent partie de leur vie, nous voulons que le vin soit avec eux dans leurs meilleurs moments, chacun a son moment, choisissez-le. Avec la sortie de «Marida mejor tu vida con vino» « nous avons atteint une étape importante pour nous tous dans ce secteur, mais ça n’est que le début, nous avons beaucoup plus de défis à entreprendre, ils feront l’objet d’autres réunions et activités».

La campagne, proposée à long terme pour changer les habitudes, dispose d’un budget de 12 millions d’euros jusqu’en 2019. La présentation se passait dans un restaurant et, de plus, Luján Argüelles, présentatrice connue, a été la parfaite maîtresse de cérémonie; pour elle, « le vin nous donne ces doux moments qui nous rendent heureux et qui sont plus fréquents que nous le pensons. En outre, il transmet des valeurs et des émotions, et notre société a besoin de ressentir ces bons moments ».

Regarder un match de football, déguster quelques tapas, préparer un voyage… il y a plus d’une occasion qui peut être enrichie d’un bon verre de vin !

Cette campagne vise à rapprocher la culture viticole des nouvelles générations, avec un discours plus frais et plus jeune, et surtout avec un certain sens de l’humour.

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Elle se traduira par un spot télé, ainsi qu’une présence sur Internet, les médias graphiques et la radio. En outre, des séries télévisées seront utilisées et leur apparition dans les réseaux sociaux sera renforcée pour atteindre le public plus jeune.

Peut-on imaginer un jour une telle opération en France? On rêverait de pouvoir entendre de tels propos dans la bouche de nos politiques et de voir une telle campagne de promotion !

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols