Les 5 du Vin

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Longévité incroyable d’un vin sans soufre, Hommage de Cazes

C’est tout à fait par hasard que je m’en suis rendu compte. J’avais récupéré cette bouteille ouverte lors d’un salon dédié aux vins du Roussillon à Bruxelles. Comme j’en avais quelques autres, l’Hommage, je l’ai mise à côté de trois bouteilles de VDN ouvertes aussi. Ça se conserve sans souci ces petites douceurs délicates. Bref, j’ai totalement oublié l’Hommage. Mon cerveau l’a rangé dans ce coin de salle à manger avec les vins doux, donc pas d’angoisse.

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Le temps passe

Et s’étant remis au beau (le temps), la pluie de melons remplaçant averses et grêlons, je décide d’en acheter. Et pour satisfaire au sempiternel jambon, melon, porto, je me suis dit pourquoi pas un bon VDN du Roussillon. J’avais là du MA de 10, 20 et 30 ans toujours bien fringants, mais certes un rien costaud avec le San Daniele à la finesse transparente, au goût délicat, au gras savoureux. Quant au melon, joker. Donc changeons de « VDN » et tentons le coup avec cette bouteille qui traine avec les autres et dont la forme un peu travaillée (histoire de m’enfumer un peu plus) ne déclenche pas illico « mais c’est un vin sec, bon sang ! ». Je sers et avec la saveur sucrée du melon en bouche, je ne me rends même pas tout de suite compte, les conversations aidant, que c’est un Côtes du Roussillon et pas un Rivesaltes comme le Domaine Cazes sait si bien les faire.

Après la surprise, le choc

Il me faut un certain moment pour réaliser que ce que je venais d’avaler était un vin sec. Puis, un deuxième temps, pour comprendre qu’il n’est pas mauvais avec ce prosciutto de l’est italien. Interloqué, je le déguste à nouveau, et me rends compte qu’il n’avait pas de trace d’oxydation, offrait encore du fruit, n’était pas plat, il lui restait de la dynamique, peut-être justement parce c’est un vin issu de la conduite en biodynamie. Voilà un cocktail de paramètres qui me font rire. Quand je pense  à toutes les précautions que les producteurs de vins sans soufre demandent à leurs clients, là on était dans un cas de figure simple, le « n’importe quoi », c’est dire ma joie. Celle d’avoir la preuve qu’un vin « sans soufre en biodynamie » ne partait pas en couille dès l’ouverture et qu’il pouvait résister au temps, puisque ouvert depuis belle lurette, il restait buvable, donc en cave, sa longévité serait des plus importantes.

Le salon Roussillon s’est tenu le 23/05/2013 à Bruxelles, le calcul est vite fait, j’ai servi ce vin samedi dernier, c’est-à-dire le 23/07/2016, ça fait pile deux mois, et je la redéguste aujourd’hui, le 28/07/2016, la veille de mon poste pour vous en faire un commentaire.

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Hommage 2015 Côtes du Roussillon de Cazes

Robe pourpre violacée, nez de marmelade de fruits noirs teintées de vanille et de poivre, l’accent thym et sauge de la garrigue, un petit rien de volatile, le floral des fleurs sèches brûlées d’iode. Bouche suave, encore vive, les tanins semblent confits dans les gelées de fruits, les épices senties sont bien là. Il lui reste du répondant, de la dynamique. La longueur parle d’épices, de garrigue et d’un fruit qui là commence à s’étioler.

Bref, à l’aveugle, on ne devine jamais qu’il est ouvert depuis deux mois et conserver dans des conditions irraisonnables.

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La cuvée Hommage assemble  50% de Syrah, 40% de Grenache et 10% de Mourvèdre qui poussent dans un sol de colluvions calcaire mélangés d’éclats de schiste et de galets siliceux. La vendange est totalement égrappée avant l’encuvage. Fermentation alcoolique à 28°C avec extraction par remontage 2 fois par jour. Macération de 15 jours. Un an en cuves et conservation 18 mois en cave climatisée après la mise en bouteilles. Titre alcoolique : 14°

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Comme quoi, le vin nous surprendra toujours.

Et il est facile de taper bien lourdement sur les vins sans soufre, les accuser de tous les maux. Pour moi, ils sont comme les autres vins, je me fiche pas mal qu’ils contiennent un peu plus ou un peu moins de soufre, l’essentiel, c’est ce qu’ils proposent dans le verre, le reste n’est que billevesées.

 

Ciao

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Marco

 


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Résurrection des cépages rares en Espagne

Dernièrement nous assistons en Espagne à une vague de résurrection de cépages rares. Fredi Torres, vigneron espagnol né en Galice, mais élevé en Suisse sur les bords du Lac Léman, (son domaine  situé à Gratallops, est composé de différentes parcelles sur les appellations Priorat et Montsant) nous en a présenté quelques spécimens à Trilla, lors de la fête des vieux cépages.

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Vino Etico Bodegas Gratias Tardana blanco 2015

La Tardana ou Planta Nova est un cépage autochtone de la région de Valence, qui comme son nom l’indique se vendange plus tardivement, en novembre.

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Gratias est un domaine familial situé en Manchuela,  dont la démarche est la récupération de vieilles vignes de cépages autochtones, bobal, tardana y pintailla et l’élaboration de vins éthiques. C’est-à-dire « des vins , dont le  prix de vente est honnête, où le prix payé pour le raisin permet au vigneron de vivre dignement , où les gens impliqués dans le projet sont fiers de leur travail , où le processus de production se développe de manière durable, où le principal objectif est de produire des vins à boire, où les gens sont importants car ils sont ceux qui rendent possible le miracle de vin , où le vin  est vrai » … Je vous ai déjà parlé dans un précédent article de leur rosé que j’avais bien aimé.

www.gratiaswines.com

Tardana Gratias 2015 est un vin frais dans une région solaire, travaillé en cuve inox, on ne sent pas trop l’alcool, la production est très faible, un millier de bouteilles. La robe est jaune paille, la gamme aromatique n’est pas très complexe, elle offre surtout des fruits blancs, pommes et poires accompagnés de quelques touches florales. La bouche est intéressante, onctueuse, légère et suave on y retrouve les fruits blancs et quelques notes citriques qui amènent une belle acidité finale. Un peu court cependant. Frais et facile à boire, peut séduire tous les palais, c’est un bon vin.

Je n’ai pas réussi à trouver de prix de vente, mais c’est en dessous de 10€-

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Arroba by …gratias

Vu que le cépage a presque disparu, on ne trouve pas de parcelles monovariétales, les pieds de vigne sont mélangés parmi d’autres cépages dans les parcelles appelées ‘parcelas mezcla’. Les raisins sont donc issus de différents terroirs, toujours de vignes en gobelets. Son nom est du au fait que les raisins présentent des touches de pourpre sur leur peau rose.

Pour quoi @: certains appellent le raisin de ce vin pintaillo et d’autres pintailla… d’oú pintaill@, en outre, une « arroba » est une unité de mesure très utilisée dans la zone pour le vin, 16,2 litres de vin concrètement.

La Pintailla est un cépage qui a un contenu très faible d’anthocyanes, et des profils  de flavonols presque semblables à ceux des raisins blancs.

Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est un vin singulier, il peut vous convaincre ou non, mais par pure curiosité et respect pour notre patrimoine, ça vaut la peine de le gouter.

La couleur n’est pas très intense, légèrement cerise, le nez est agréable avec ses notes de fraise et sa légère touche épicée, la bouche offre un corps léger, mais assez savoureux, le plus intéressant réside dans sa finale subtilement saline.

Facile à boire, assez gourmand.

Vol 13,5º

Le prix annoncé est d’environ 15€

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Mentrida Arrayán Albillo Real 2015, un blanc d’ albillo

Je vous ai déjà parlé de l’albillo blanc, (à propos d’un blanc de Madrid Picarana 2014 des Bodegas Marañones). Celui que présentait Fredi venait de la DO Mentrida, qui est aussi dans la région de Madrid. Une brillante couleur jaune doré, un nez délicat de fleurs blanches et de fenouil, une bouche grasse, ronde et assez persistante. Le nez est un peu toasté, le bois a besoin de s’intégrer davantage, mais il y a beaucoup de finesse dans ce vin, j’aime bien les notes citriques et d’herbes des champs qui agrémentent la finale-

PVP 12,50€

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La Forcalla de Antonia 2014 de Bodegas Rafael Cambra DO Valencia

100% Forcallà, un cépage autochtone de la région de Valence qui a pratiquement disparu à ce jour et que Rafael Cambra essaie de récupérer. Fredi nous raconte que le triangle formé par les villages de Fontanars del Aforins, Moixent et Font de la Figuera est appelé la Toscana Valenciana, tellement le paysage est idyllique, avec ses grandes maisons bourgeoises, et ses sols adaptés à la vigne. (750m d’altitude et vignes en gobelets).

Personnellement, c’est la première fois que j’ai l’occasion de gouter ce cépage. Le vin est issu d’une seule parcelle de 1 ha sauvée de l’arrachage. On estime qu’il ne reste que 200hectares de ce cépage dans le monde entier.

La robe couleur cerise est d’intensité moyenne, un peut matte. Au nez, des notes de fruits rouges frais, sur fond balsamique, mentholé. La bouche est fruitée, fraîche, les tanins sont subtils et la finale est marquée par une acidité vibrante.

Vol 14º

La production se limite à 600 bouteilles pour un PVP de 10€

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SERIE ADRIANA OCHOA – 8A MIL GRACIAS

La série de vins 8A est une série spéciale, elle représente un hommage à toute une famille de vignerons.

Adriana explique “L’emblème de mon grand-père était le symbole 8A, mon père m’a appris à apprécier les cépages, et moi, j’essaie de transmettre dans mes vins notre philosophie et mon amour pour cette terre”. Elle voulait élaborer un 100% Graciano, à l’encontre de la tradition qui réservait ce cépage aux assemblages et, en faire un vin moderne. Le graciano est un cépage que l’on rencontre principalement en Rioja, et qui jusqu’à maintenant là-bas aussi était utilisé en assemblage. De plus en plus, on voit apparaître sur le marché des graciano 100%, personnellement, ils ne font pas partie de mes Rioja favoris, c’est un cépage que je préfère en assemblage. Son acidité est très élevée, il faut vraiment savoir le travailler.

Cet exemple de la Navarre m’a interpellée ; d’abord, par sa surprenante couleur profonde et violette, le nez a besoin d’aération, mais une fois que le vin a respiré, apparaissent des notes de fruits noirs, de groseille et de poivre blanc associées à des touches de cannelle et de cacao. L’amabilité de la bouche m’a étonnée, les tannins sont suaves et agréables, j’aime la note finale de thym et de romarin. Un vin qui incite à finir la bouteille, je n’y ai trouvé aucune rusticité.

Il faut absolument le décanter, pais pour 10€ c’est une bien jolie bouteille.

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En Conclusion,

Je dirais que tous les cépages autochtones ne méritent pas d’être récupérés, et que le fait qu’ils soient en voie de disparition ne les transforme pas en trésors de guerre. Cependant, les vins de cépages rares ont une identité propre, et c’est pour ça qu’il faut les défendre. C’est une bonne chose qu’il y ait des vignerons pour les récupérer, ils préservent ainsi notre patrimoine et les prix pratiqués doivent nous inciter à nous montrer curieux et à  les encourager à les sauver. L’Italie, le Portugal et la Géorgie en regorgent, ils offrent une belle typicité, l’Espagne en est riche aussi, la Galice en offre de très beaux exemples. Lutter pour la biodiversité dans les vignobles du monde  me parait incontournable et indispensable, cela peut aussi constituer un facteur d’innovation et de croissance pour les petites et moyennes entreprises viticoles, je pense qu’il y a un attrait des marchés pour ce type de vins.

Donc, oui, défendons ces vins autant que nous le pouvons!

 

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols

 


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Deux Rhône de France, Jaume et Trapadis …

Pour en trois mots indiquer l’origine et le type des vins, Rhône de France semble le mieux indiqué, du moins dans cette petite rubrique, loin de moi l’idée d’une quelconque suggestion aux instances officielles qui savent.

Rhône de France, tout simplement parce que les deux vins évoqués sont deux cuvées très récentes élaborées dans le sud de la Vallée et qui m’ont plus dès la première gorgée.

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La première, un rouge friand fait que de Syrah, au fruité généreux, rien à voir avec les Syrah du nord, c’est pas le but.

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L’autre plus particulière et peu usitée à Rasteau, un naturellement doux blanc, rien à voir avec un Doré, c’est vraiment pas le but.

 

SY-RAH Family Vin de France 2015 Vignobles Alain Jaume

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Christophe Jaume, son géniteur, m’avait prévenu, l’étiquette peut choquer les âmes sensibles. Voir autant de rats sur une étiquette frise le cauchemar éveillé, j’ai mis un certain temps à la prendre en main… trop mignons, j’avais trop peur de les écraser.

Pourpre violacé, il explose de fruits, ceux dessinés sur l’étiquette (pour une fois que ça correspond…), myrtille et cassis ne font pas dans la dentelle mais dans l’abondance, soulignées de poivre et de réglisse, une fragrance de violette, la bouche s’attend à mille délices.  Elle n’est pas déçue et les papilles affolées n’arrivent plus à se contrôler, tant la gourmandise est au rendez-vous. Fraîcheur acidulée au goût délicat de citron, tanins légèrement hérissés qui étoffent la structure, fluidité au juteux généreux bien épicé, forment un trio efficace pour nous apporter une jouissance gustative spontanée. Un vin de plaisir pur, mais qui ne manque ni de fond, ni de longueur, ni de densité. Bref, une bouteille « dangereuse » qui se vide allègrement (j’ai mis des guillemets à dangereuse pour ceusses qui…).   

Revenons à l’étiquette qui fait partie du concept, elle nous rappelle les magasins de bonbons et leurs boîtes décorées de personnages imaginaires, petite madeleine délicatement parfumée qui encourage nos sens à nous rappeler les plaisirs de notre enfance.

Vignobles et signatures 30 ans 063

http://vignobles-alain-jaume.com/

Les Ponchonnières (blanc) 2014 vendange de novembre Vin de France Domaine du Trapadis

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Le tout premier millésime dégusté des Ponchonnières était le 2003, en version rouge ce naturellement doux offrait paradoxalement vu le millésime, une fraîcheur à tomber tellement elle apportait une succulence inaccoutumée. À chaque rencontre avec Helen Durand, le concepteur, j’en profitais pour déguster les millésimes suivants, en général, chaque fois différents, mais toujours aussi inattendus et succulents. Mais voilà qu’Helen a décidé d’en faire en blanc, bonne initiative, et puis indubitablement bien meilleur que les affreux Doré qui font encore long feu.

La robe jaune aux reflets vert doré se parfume illico de poire au sirop, de pêche jaune et de Corinthe, une note d’anis et de réglisse accentue les perceptions fruitées. On s’attend à une bouche intense, sucrée, pas du tout, ici tout n’est que raffinement, touche subtile, douceur fraîche à la texture onctueuse. Tout commence par les arômes floraux de guimauve et de rose blanche qui se distillent doucement. Suivent les fruits en gelées de poire, de raisin et de groseille blanche macérées dans un rien de liqueur d’amande. Fleurs et fruits se poudrent d’épices, épices qui en soulignent la saveur. Poivre, cumin, mélisse et légère réglisse s’en donnent à cœur joie et prolongent notre allégresse devant autant de délicatesse.

Par contre, je ne connais pas l’assemblage, je demanderai à Helen quand on se verra.

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https://fr-fr.facebook.com/DomaineduTrapadis/

Sympa tout ça !

 

Ciao

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Marco

 


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LA FÊTE DES VIEUX CÉPAGES 2016 A TRILLA

Tous les étés depuis 2012, le 3ème samedi de juillet, Trilla accueille la Fête des vieux cépages. Carignan, œillade, ribeyrenc, terret, etc. sont présentés par une vingtaine de vignerons passionnants aux amateurs et aux touristes.13718516_10155572453303504_6924257760962056984_nMichel Smith vous en a déjà parlé l’an dernier, c’est un fidèle ; pour ma part c’est la première année que je peux y participer, j’avais promis à notre ami André Dominé que je ferai mon possible pour y être. J’avoue que la chaleur de dimanche dernier m’a fait hésiter, mais la curiosité et la parole donnée l’ont emporté. Je n’ai pas été déçue. L’ambiance était très bon enfant, décontractée, je n’y ai vu que des amateurs, des touristes, pas de professionnels, c’est réconfortant de voir qu’ils ont le vin et les vieux cépages comme centre d’intérêt pendant leurs vacances.

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Le temps de me repérer, de dire bonjour aux uns et aux autres, et il était midi, grand temps d’attaquer la dégustation, voici un aperçu de ce que j’ai vu et bu :

  • Mas Mudigliza, Dimitri Glipa m’a fait gouter 2 vins,

  • Caudalouis 2015, un joli blanc de grenache gris et macabeu, la bouche est grasse, offre des saveurs anisées et une bonne longueur, ça commençait bien.PVP: 17€
  • Carminé 2013 Côtes du Roussillon Rouge : 80 % Grenache, Syrah, Carignan Noir, sa robe très foncée annonce une belle tannicité qui se confirme en bouche, sa maturité, la fraicheur de la finale et sa touche épicée en font un vin très séduisant ; je retiens la bonne expression du grenache.PVP:14€IMG_1676J’ai décidé ensuite d’aller écouter la conférence de Pierre Torres dont le sujet m’a interpellé : « Quel avenir pour les VDN ?» Vers un nouvel âge d’Or pour les VDN ? Même si personne n’y croit vraiment, la réponse qu’allait donner Pierre à cette question m’intriguait vraiment.
  • Le but étant de démontrer que ces vins ont une longue tradition de consommation, Pierre nous a fait remonter « à l’antiquité où les vins devaient avoir le gout de rancio, en passant par le Moyen-Age période durant laquelle on buvait du vin doux pas forcément muté, mais sucré, on y ajoutait du miel ou de la myrrhe, ce qui signifie que le gout sucré était déjà dans les mœurs. Au XVIII et XIX siècles les VDN commencent à avoir une réalité d’exportation et de notoriété, et enfin une reconnaissance légale avec les Lois Arago, Pams et Brousse. Les VDN vécurent les Trente Glorieuses de 1945 à 1975, dans les années 1970, la production atteignait 700000hl, portée par les marchés apéritifs et le négoce local, mais les marques connues comme Vabé ou Bartissol ne faisaient pas connaitre les VDN. A partir de 1980 commence une dégringolade, les causes sont multiples :

-Disparition d’une tranche d’âge

-Changement de mode au niveau de l’apéritif

-Notoriété de marques sans prestige

– Une appellation peu connue, confuse et mal choisie

– Un négoce peu concerné et des vignerons peu exigeants

Le vignoble des VDN selon Pierre Torres ne retrouvera jamais une période aussi faste. Pourtant, il est convaincu qu’une si belle histoire remontant à 2000 ans, ne peut pas se terminer. Les VDN ont des atouts d’exception : une histoire, un patrimoine, des paysages viticoles, une naturalité, un élevage magique.Il faut absolument mettre en avant l’élevage, donner un véritable statut d’éleveur au vigneron

L’avenir et la notoriété passe l’élevage et le développement de l’oenotourisme : la magie de l’élevage, ce qui impliquerait que les domaines aient des caves indépendantes pour élever ces vins, comme par exemple les Celliers des Templiers.

Les Vieux Millésimes sont des vins d’exception qui se valorisent très bien. Ils doivent accompagner obligatoirement les étiquettes, le terme « hors d’âge » étant trop vague, il faut copier les Portos et de servir des tranches d’âge, 10,20, 30 ans… et surtout il faudrait trouver un nom pour fédérer les VDN d’exception ayant au moins 10 ans d’âge, et pourquoi pas le mot « RANCIO ».  Enfin, il est essentiel de se tourner vers une consommation élitiste notamment en gastronomie. Pourquoi ne pas lancer le café gourmand catalan ?

IMG_1678Voilà le message de Pierre Torres, j’espère ne pas avoir trahi ses propos : si j’ai bien compris, la renaissance des VDN passe par :

  • la sauvegarde du coté exceptionnel du vignoble,
  • une véritable politique d’élevage,
  • une consommation pour des moments élitistes.
  • Un Café gourmand Catalan, proposé par la restauration haut de gammeJe ne sais pas si sera suffisant, mais saluons l’idée et essayons de persuader les restaurateurs de mettre à la fin de leur menu le café gourmand catalan.Je vous laisse y penser.Après un déjeuner très amical, j’ai continué la dégustation par le
    • Domaine Bénastra

      dont c’est le premier millésime, début 2015 Joseph et Wendy Paillé, ont abandonné la Loire (Domaine Pithon-Paillé) pour s’installer dans le Roussillon, Joseph présentait 2 vins :IMG_1680

    • La petite Soeur 2015, lladoner pelut, carignan, grenache et syrah, un vin simple, rond, harmonieux et gourmand. 13º et 15000 bouteilles pour un PVP de 9€
    • Blanc 2015, un vin de macabeu, grenache blanc, vermentino et chardonnay, en IGP Côtes catalanes. Je regrette que le nez soit légèrement marqué par le bois, mais la bouche reste fraiche. PVP 14€   Domaine à suivre, laissons leur le temps de s’installer.
      • Domaine Bertrand-Bergé à Fitou, j’ai gouté :

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      Les Mégalithes 2014. Issu de vieux carignans, le vin est riche, puissant et harmonieux.PVP 12,50€

      La cuvée Ancestrale 2013, Carignan, Syrah, Grenache noir et Mourvèdre, intense, profond- PVP 14€

      La Cuvée Jean Sirven 2012,  45% Carignan, 45% Syrah et 10% Grenache, très dense, fruité, épicé, sèveux et élégant. Texture remarquable. PVP 37€

    • Domaine Laguerre,

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      Je n’ai gouté que les rouges, les blancs sont exceptionnels, je vous en ai déjà parlé, donc je n’y reviens pas.

        • Le Passage 2015, 80 % Carignan/ 10 % Syrah / 10% Grenache, un vin facile à boire, souple, friand et droit 13 % vol. PVP : 13€
        • Eos 2015, 80% Grenache Noir – 20% Syrah, 8 mois de barriques, un peu moins léger que le précédent, mais, il reste souple, franc et vibrant.
        • Domaine Gardiès, à Espira de l’Agly
          • Les Vignes de mon père  Carignan blanc 2014,  cette cuvée change chaque année son encépagement et la production en est très faible 600 bouteilles pour un prix de 30€. Elles sont en règle générale achetées par la restauration. Le vin est très intéressant avec une jolie profondeur et une acidité bienvenue.
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      • Les Vignes de mon père Malvoisie 2014, un vin plus solaire mais aussi avec une belle fraicheur, il faudra l’attendre davantage que le précédent. /700 boutelles pour le même prix.
      • Les vignes de mon père Teulière 2015 (nom de la parcelle) un 100% carignan, rouge cette fois-ci, bien fait sans extraction, suave, juteux et très frais, ça m’a paru une bien jolie bouteille.
      • Domaine Les Clos Perdus à Peyrac-de Mer ,

        dans les Corbières, mais aussi avec des vignes à Maury, Montner, à cheval sur le Languedoc-Roussillon. Le nom Les Clos Perdus correspond aux choix des parcelles de vieilles vignes isolées sur les collines, délaissées des vignerons car trop difficiles à cultiver, sur des coteaux, et absolument pas mécanisables. Beaucoup de cuvées, aucune ne laisse indifférent, toutes très intenses et savoureuses.

      • L’Année Blanc 2015, l’assemblage est composé à 65% de macabeu, à 30% de grenache gris et à 5% de muscat provenant de cinq parcelles différentes, aux alentours de Montner, de Maury et du Mas de las Fredas. La cuvée “L’Année” représente les caractéristiques d’un millésime donné plutôt que les spécificités d’un terroir. Subtil, élégant, et présent.
      • L’extrême blanc 2015, IGP Côtes Catalanes, une cuvée issue de vieilles vignes plantées en 1898, sur 1 ha de marnes schisteuses dans la vallée de l’Agly. L’assemblage est composé à 70% de grenache gris, à 20% de grenache blanc et à 5% de grenache noir. 1200 bouteilles. La couleur est jaune paille foncé, le nez est intense avec une pointe de volatile qui n’est pas désagréable, en bouche, c’est gras, riche, la matière est soutenue par une superbe fraicheur. La finale quant à elle, est vraiment longue et salivante. PVP 33€
      • Le Rosé 2015, l’assemblage est composé à 95% de mourvèdre et à 5% de grenache, l’élevage se fait en barrique. Je l’ai beaucoup aimé, pour sa couleur, son intensité. Coup de cœur de la journée PVP 13€
      • Mire la Mer 2013 Corbières, l’assemblage est composé à 65% de mourvèdre, à 30% de carignan et à 5% de grenache, un vin ample et riche ouvert aux délicieuses notes de garrigue. 3000 bouteilles PVP 22€
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      • L’Extrême Rouge 2011, IGP côtes catalanes, l’assemblage est composé à 70% de lladoner pelut et à 30% de syrah. Un vin sérieux, concentré, serré qui ne demande qu’à s’exprimer. PVP : 23€
      • Vignoble Réveille France Crispeels,

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        photo Michel Smith

        8,6 ha de vignes en culture BIO, situées sur les terroirs frais de la Haute Vallée de l’Agly. J’avoue que je ne connaissais pas ce domaine et j’ai trouvé cette femme très convaincante. Impossible d’oublier les étiquettes, assez atypiques, mais pleines d’informations

      • Ce Franc Tireur 2014, un 100%vieux carignan, IGP Côtes Catalanes, m’a bien plu, assez rond, souple, gouteux et gourmand, le tout pour 11€ la bouteille.
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      • Elan 2014 est un Côtes du Roussillon, un assemblage de carignan syrah et grenache, j’ai aimé la belle maturité de ce vin à la fois ciselé et frais. PVP 22€
      • White Spirit 2015 IGP Côtes Catalanes, un 100% macabeu, beaucoup de finesse et d’élégance dans cette cuvée.IMG_1692
      • Domaine de Cambis, 12 hectares de Saint-Chinian, à Berlou.

      • Le chant des Griots 2015 Vin de France, Viognier (60%), Rousanne (40%), offre une jolie complexité aromatique PVP : 7€
      • La Vie en Rose 2015, un Saint-Chinian fait à partir de vieux cinsaults et de syrah. C’est un rosé élégant, frais et gourmand. PVP : 7€
      • Les Jardins suspendus 2014, AOP Saint-Chinian Rouge, Grenache (60%), Syrah (40%), un vin floral,fruité ample et frais pour un PVP de 10€
      • Rock de Carignane 2014, vignes de Carignan ont plus de 80 ans et la plus vieille vient d’atteindre les 110 ans, fruité, épicé, intense et soyeux pour un PVP de 13,50€
      • Carnet de voyage 2013, AOP Saint-Chinian rouge, Syrah (70%), Grenache (20%),  Carignan (10%), les meilleures vignes de l’exploitation. C’est la grande cuvée du domaine, je l’ai trouvé un peu trop marquée par le bois, c’est dommage. PVP 16€IMG_1698

      Enfin, j’ai gardé pour la fin:

       

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      Le Fameux Carignan Corner de notre ami Michel Smith

       

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      Nos amis de Come Majou, photo Michel Smith

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      Copain comme Cochon de Joseph Parcé

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      Et, mes CHERS RANCIOS….

      La semaine prochaine, je vous parlerai de la conférence de Freddi Torres sur les cépages rares d’Espagne.

       

    • Hasta Pronto,
    • MarieLouise Banyols 


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Fines Bulles de Vouvray, quand le Chenin mousse

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Serti comme un brillant au confluent de la Loire et de la Brenne, Vouvray ne cesse d’étonner.

Ou, slogan officiel du moment, tendre, pétillant ou sec, il est brillant.

Ne cesse d’étonner qui ? Déjà moi. Pourquoi ? Parce que je n’imaginais pas une seule seconde que l’appellation à l’exclusive production de Chenin produisait 65% de bulles, appelées Fines Bulles. Ma croyance était à l’opposé. Un peu à l’image de Bandol qu’on aime voir comme le parangon des rouges provençaux et qui a viré très majoritairement au rosé.

À Vouvray, il ne s’agit pas d’un virage, mais d’une tradition qui remonte à bien avant la sortie des Crémant auxquels ce fief ligérien n’adhère pas. Issus de la méthode traditionnelle, ils naissent brut, sec ou demi-sec après un minimum de 12 mois sur lattes. Année souvent allègrement dépassée, histoire d’affiner la fine bulle. Quant au dosage, sa perception dépend de la balance acide.

Quelques bulles vouvrillonnes 

Brut 2013 Domaine Nicolas Brunet

 Vouvray juin 2016 016

Jaune vert, nez floral aux parfums d’aubépine et de verveine, de foin sec. La bouche gourmande, pleine de sève au goût de pomme douce et de poire délicate épicées de réglisse et de poivre noir, avec un rien de vanille. La réglisse revient en fin de bouche pour la soulignée d’un amer des plus rafraîchissants.

 

Spécifications : 12°, 6 g de sucres résiduels, 5,4 g d’acidité

www.vouvray-brunet.com

 

Cuvée L Brut 2012 Domaine des Lauriers

Vouvray juin 2016 018

Jaune vert, nez de citron vert nuancé de vétiver et d’un éclat de silex. L’amer d’entrée rafraîchit tout de go la bouche. Cette dernière demande un peu de temps pour s’ouvrir et nous faire jouir de son abondance fruitée épicée, gelées de mangue et abricot sur pain de seigle aux accents de carvi et poivre noir.

 

Spécifications : 13°, – de 2 g de sucres résiduels, 5,6 g d’acidité, 30 mois sur lattes

www.laurent-kraft.com

 

 

Brut 2012 Domaine Paris

 Vouvray juin 2016 019

Vert jaune, le nez grillé qui respire le pain de seigle, les fleurs sèches avant de nous livrer son intensité fruitée d’agrumes confits, de chair de mirabelle et de bigarreau. La bouche au caractère bien vineux à la légère évolution qui renforce encore l’impression de sève. Gelée d’orange, poivre, réglisse, les fruits sentis, installent leur complexité au sein de la fraîcheur tempérée.

 

Spécifications : 12,5°, 9,5 g de sucres résiduels, 4,3 g d’acidité, 36 mois sur lattes

www.domaineparis-pereetfils.com

 

Blanc de Chenin Brut 2012 Domaine Gilles Gaudron

Vouvray juin 2016 020 

Vert au léger jaune, le nez particulier évoque la tomate verte et la feuille de tomate, c’est délicat et surprenant. La bouche croque dans l’amer de l’écorce de citron jaune, ce qui fait reculer un instant les papilles, puis petit à petit, ce singulier pétillent s’amadoue et s’ouvre pour nous abandonner une flopée de fruits blancs à la chair ombrée de poivre, de cumin et de cardamome.

 

Spécifications : 12,5°, 10 g de sucres résiduels, 4,2 g d’acidité, 24 mois sur lattes

www.vouvray-gaudron.com

Brut 2011 Domaine Christophe Gaudron

 Vouvray juin 2016 044

Doré vert, le nez exhale le sureau et la gentiane, le citron vert et la verveine, le poivre noir. Bouche à la fois fraîche et grasse soulignée par le minéral de la pierre à fusil, quelques notes de mirabelle, de chair de raisin et de pomme croquante titiller les papilles.

 

Spécifications : 12,5°, 10 g de sucres résiduels, 5,2 g d’acidité

www.domaine-de-la-roche-blonde.fr

 

Réserve Extra Brut 2009 Domaine Gendron

 Vouvray juin 2016 022

Doré vert, il hume l’écorce de mandarine confite teinté de sésame grillé, c’est assez inattendu, mais plutôt agréable. La bouche, pleine de sève, a le goût des liqueurs d’amande et d’orange, de confiture de mirabelle, d’ananas confit un rien caramélisé. Tout ça sans manquer de fraîcheur, ni de longueur. Une fine bulle qui pourrait accompagner un Havane…

Spécifications : 13°, 5 g de sucres résiduels, 3,57 g d’acidité

gendronvinsvouvray@orange.fr

Brut 2005 Domaine Thierry Cosme

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Doré vert, ses bulles fines éclatent et libèrent leurs fragrances de pomme à cidre, de poire croquante, de poivre blanc, qui s’enroulent dans une volute de fumée. La bouche à la fois fraîche et suave adopte le moelleux parfumé de la brioche, la densité de la poire tapée, la douceur des épices orientales. Le grillé se répand de la première gorgée jusqu’à la longueur finale. En fond, l’impression minérale renforce la structure du vin.

 

Spécifications : 12,5°, 11,5 g de sucres résiduels, 3,47 g d’acidité, 10 années sur lattes

thierry.cosme@wanadoo.fr

 

Voilà une belle série de bulles, de Fines Bulles, dont le prix reste très attractif, il tourne autour des 10 €, même pour les millésimes plus anciens encore à la vente.

 

Un peu de détente, BOULE de FORT time…

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Les bulles, bues raisonnablement, mettent en jambe et suscite un enthousiasme sage pour la Boule de Fort. Un jeu ligérien de la région angevine qui se pratique en charentaise, c’est dire. Si cela a l’air simple, il faut avoir l’œil et savoir anticiper le trajet tout à fait improbable de la boule handicapée par son fort, c à d plus lourde d’un côté, et l’incurvation de la piste qui ressemble au fond d’un bateau plat. De plus, l’anneau métallique assez épais qui entoure la boule initie une inertie à celle-ci qui peut devenir un véritable projectile dès qu’on la lance une tout petit rien trop fort. Malgré toutes ces embûches, on arrive à rester zen, même quand on arrive à rien et que le mettre (cochonnet)  reste hors d’atteinte.

Je conseille vivement ce jeu qui par les jours de mauvais temps remplace avec élégance le golf à 18 trous.

 

Une Fine Bulle en préambule

Une Fine bulle après et pendant aussi

 

Ciao

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Marco

 

 

 


13 Commentaires

Barcelona Vineyards

Fin juin, j’ai quitté mon cher village de Sant-Sadurni d’Anoia pour aller m’installer à Badalona, Commune de l’Area Metropolitana de Barcelona dans la banlieue Nord. J’ai par la même occasion changé d’appellation, me voici dans la DO Alella, une des plus petites du pays, mais surtout,  la plus petite de Catalogne :  314,7 hectares de vignes qui ont une valeur naturelle et agricole incalculable face à l’impact urbanistique dont souffre ce territoire depuis les années 1970.

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Située entre mer et montagne, on se surprend encore de l’existence de ses petites vignes discrètes cachées dans les vallées,  entre les forêts de pins des villages, avec presque toujours en fond, la bucolique image de la mer : elles offrent un paysage attractif inimaginable, à l’abri du regard curieux des passants.

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Les Vins d’Alella s’exportaient déjà du temps des romains vers la Rome impériale, et la bourgeoisie barcelonaise d’il y a cent ans, les considéraient  comme un breuvage prestigieux. Mais il a fallu attendre le premier tiers du XXe siècle, avec en 1906, la création de la coopérative Alella Vinicola, pour que le vin d’Alella vive son âge d’or. Son vin généreux jouissait d’une réputation internationale, populairement connu sous le nom de “Violette” ainsi que son blanc demi-sec vieilli en chêne : le Marfil blanc classic. (Il se produit encore 20000 bouteilles de ce blanc dont 50% partent à l’export).

MARFIL

Puis, le vignoble est tombé dans l’oubli car de plus en plus les vignes qui pendant de nombreuses années ont lutté pour leur survie, ont été abandonnées au profit d’une urbanisation de luxe qui a bien failli avoir raison de lui. Par chance, aujourd’hui, la bataille est gagnée, la plupart des vignes de la DO Alella font partie de zones protégées et, 8 domaines se partagent l’appellation : Roura, Alella Vinícola et Bouquet d’Alella, à Alella; Alta Alella et Quim Batlle, à Tiana ; Marquès d’Alella et Can Roda, a Santa Maria de Martorelles; Altrabanda, a Martorelles. Il existe d’autres petits producteurs, qui même s’ils ne disposent pas d’une cave produisent des vins qu’ils vinifient à la Coopérative ou dans un autre domaine.

Traditionnellement, la DO Alella est un territoire de vins blancs, mais depuis quelques années on y élabore également des rouges dont certains sont de très grande qualité. Après y avoir planté des cépages comme la syrah, le merlot et le cabernet sauvignon, les vignerons récupèrent maintenant les variétés traditionnelles comme le grenache, le mataró et le sumoll. Vous y trouverez également des rosés, des vins doux et surtout des vins effervescents qui ont droit à l’appellation Cava, mention spéciale pour les cavas du Celler Alta Alella.

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Si je vous parle de cette DO, c’est que j’ai eu l’occasion avant hier de participer à une dégustation où j’ai pu goûter la presque totalité des domaines. Je ne vous parlerai que des blancs, car je pas eu le temps de m’arrêter sur les rouges: se sera pour une autre fois!

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En ce qui concerne les blancs, les cépages recommandés sont: la Pansa blanca et le Grenache blanc, tandis que ceux autorisés sont : le Macabeu, la Malvoisie, le Muscat à petit grain, la Parellada, le Picapoll blanc, le Chardonnay, le Chenin blanc et enfin le Sauvignon blanc (ici on n’a pas peur de « ratisser » large).

J’ai choisi de m’attarder plus particulièrement sur les blancs issus de Pansa blanca ou ceux d’assemblage Pansa blanca/grenache blanc qui m’ont paru les plus intéressants.

Ici on parle uniquement de Pansa blanca qui est en réalité le xarel.lo. Une équipe de chercheurs de l’Université de Barcelone a découvert que  la pansa blanca  -ou xarel·lo-, est la mère de toutes les variétés de raisin blanc. Ainsi le chardonnay, l’albariño, le verdejo, etc. seraient issues d’une variété plus ancestrale : la pansa blanca qui elle ne s’est pas modifiée depuis des siècles…

C’est dans tous les cas la base de la majorité des vins de la DO Alella et la plus part des domaines la mettent en avant.

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Les uns la proposent sans élevage barrique, et je dois dire que se sont mes préférés. La majorité des vins sont bien élaborés et même s’il est certain qu’ils se ressemblent, ils n’en gardent pas moins un profil méditerranéen agréable. Ils montrent, une robe pale aux reflets verts, le nez offre des notes fraiches et fruitées parfois dominées par les fruits exotiques (ananas, bananes) et la pomme verte, la bouche est suave, agréable, onctueuse, offrant une belle fraicheur finale, une acidité équilibrée.

Parmi eux : Origens 2015 de Masia Coll de Canyet, Marfil Sec d’Alella Vinicola, Marqués de Alella Pansa Blanca 2015 ,The Wine of the city 2014, Vora la Mar 2014, Dotzevins Alella 2015, Bouquet d’A blanc 2015 de Bouquet d’Alella, Sol de Masia Can Roda 2015,  Pensa 2015 de Albert Federico, Serralada de Marina Altrabanda 2015.

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Tous ces vins sont proposés à des prix très raisonnables, ils valent entre 6 et 12€ la bouteille.

Ceux qui m’ont paru avoir le plus de personnalité offraient une couleur plus intense, des arômes plus profonds de fruits blancs comme la poire, la pêche, la pomme, les amendes vertes, des notes subtiles de fleurs blanches, une bouche plus structurée, plus longue faisant ressortir des fruits blancs murs, des notes de paille de  fenouil,  de fleurs sèches, belle persistance et fraicheur finale. J’aime beaucoup la subtile salinité que laisse la fin de bouche.

  • Artiga 2015, de Ramon González, 600 bouteilles PVP 7,20€, Vinifié chez Alella Vinícola
  • Alquimia 205 de Carles Sanchez, issu de vignes de 62 ans, 12º, 1000 bouteilles PVP 10€, Vinifié chez Alella Vinícol

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  • AA Cau d’en Genis 2015, Alta Alella PVP 12,50€
  • AA Tallarol Celler dels Aus 2015, vin sans soufre PVP : 12,95€

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  • La Rumbera 2015 Oriol Artigas, sans DO ; 80% pansa blanca et 20% grenache blanc PVP : 15€

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  • Peça d’en Blanch Verd de Oriol Artigas, sans DO ; 90% pansa blanca, 5% pansa rosada et 5% Malvoisie, c’est un parcellaire 42€, prix élevé justifié par le vigneron : la production est de une « bota » de 500l.
  • Pansa Blanca Alella Raventos, 7,75€

Les autres proposent des vins avec un élevage bois de plusieurs vins, que personnellement, je trouve moins convaincants, parmi eux j’ai retenu :

  • Vinya d’en Mundu 2015 toujours de Oriol Artigas, sans DO, PVP: 28€
  • Lanius 2014 de Alta Alella, PVP : 16,50€
  • 3 de Testuan 2015, 70% pansa blanca et 30% grenache blanc PVP : 9€

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Conclusion:

Actuellement, la DO Alella est un territoire vinicole qui renaît de ses cendres, il est en pleine vitalité. Les domaines de l’appellation offrent des vins variés, les uns plus singuliers et plus complexes que les autres, certains même très radicaux, mais tous d’une grande fraicheur et d’un très bon rapport qualité/prix. Des vins qui sont faciles d’accès agréables et, qui plaisent aux consommateurs ; j’ai la sensation que cette appellation va faire parler d’elle, elle a tout pour ça, des paysages spectaculaires, des vins qui semblent prendre le chemin de la grande qualité même s’il reste du travail à faire, la proximité de Barcelone et des cépages uniques comme la pansa blanca ou le sumoll qui associés au grenache donnent des vins très expressifs. Il est évident que leur futur passe par la récupération des cépages traditionnels. Et, la bonne nouvelle, c’est que presque tous les domaines pratiquent l’agriculture biologique, certains même se sont lancés dans les vins natures. C’est une appellation à ne pas perdre de vue.

Ces vins sont parfaits à l’apéritif, mais ils accompagnent très bien les fruits de mers, poissons blancs, les crèmes et certains fromages.

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

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