Les 5 du Vin

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Découvertes en Vallée du Rhône 2017, un moment de détente très active

Comme tous les deux ans DVR (comme aiment à l’appeler les coutumiers de l’évènement) se tenait du 10 au 13 avril. Je ne sais pas pourquoi, cette année, j’ai eu l’impression d’une édition beaucoup plus détendue que d’habitude. Certes le temps au beau fixe (sauf petit intermède Mistral le mardi) y était pour beaucoup, mais plus incontestablement la nouvelle organisation. Elle présentait la moitié des appellations sudistes le lundi et l’autre moitié le mardi, cela nous a donné le sentiment de pouvoir en faire plus.

                                                                                                                       Thomas O’Brien © http://www.thomasobrien.fr »

 

Ce qui a fait qu’on était cool

Pour ne pas commencer au saut du lit par le marathon des dégustations, nous nous sommes rendus, en ce beau matin du lundi 13 avril, à la Maison des vins, où officiait l’impétueux et non moins célèbre Sommelier du Monde Andreas Larsson.

Marie-Lou nous en avait parlé, nous n’avons pas été déçus. Il nous a présenté quelques jolis flacons à la fois prestigieux et anciens, du moins pour les rouges, dont un remarquable 2003 et un non moins splendide 2007. De quoi entraîner nos papilles avant le grand challenge des quatre jours.

C’est tout guillerets que nous sommes, après cet avant-goût, allés d’un pas décidé vers le Palais des Papes.

Je parlerai des dégustations sud puis nord prochainement.

                                                                                                                         Thomas O’Brien © http://www.thomasobrien.fr »

Au Palais des Papes, seules deux salles ouvraient leurs portes à la dégustation, la Grande Audience et la Grande Chapelle. Pas plus. Ce qui nous a vraiment conforté dans l’idée qu’on allait pouvoir tout déguster, tout en sachant que c’est impossible, vu le nombre d’exposants, pas moins de 600.

À midi, quel bonheur, déjeuner au soleil, il faisait facilement 28°C. Et puis, une très agréable surprise, Inter Rhône avait misé sur les artisans et les produits régionaux pour satisfaire nos faims d’ogre après une matinée tannisée. Il y avait même au sein du buffet sud notre vieil ami Serge de Carpentras et sa fameuse brouillade aux truffes (gâté, gâté). Variétés de pains, d’huile d’olive, d’olives, de fromages, c’était vraiment top d’y bronzer un verre de blanc à la main, une assiette délicieuse devant soi.

Pareil au nord, le dernier jour barbecue local aux saucisses légèrement fumées. On a envie de gras quand on déguste, sans oublier les légumes…

La veille, le jeudi, nous nous sommes fait plaisir en pique-niquant à la Chapelle de l’Hermitage. Pique-nique proposé par Fabien Louis, du bar à vins Les Terrasses du Rhône à Tain http://www.ausommelier.com. Très sympa, temps superbe, et vins en accord avec l’ambiance et l’atmosphère, une belle détente avant d’aller à Mauve déguster les St Jo, les Cornas et les St-Péray.

Et certains soir, on s’est même payé le luxe de se faire une dégustation exotique de vins étrangers chez Alain Graillot qui en importe avant de rejoindre une soirée plus locale pour savourer par exemple du cochon de lait. Plat qui ne nous éloignait toutefois pas trop du cochinillo ibérique. C’était au restaurant les Tournesols, le chef, Cyril Jamet, nous l’avait passé au four avec amour.

Déguster à longueur de journée est un exercice assez fastidieux, avant tout pour les jambes et le dos, on reste debout aux mêmes endroits, c’est ce qui est fatiguant. Les papilles encaissent aussi, mais une bonne bière et c’est reparti.

Alors, avoir le bonheur de se détendre comme cette fois, merci pour la bonne surprise!

À dans deux ans!

Ciao

 

Marco


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« Comment, quand et pourquoi une femme achète-t-elle du champagne et quel champagne ? »

En mettant de l’ordre dans mes dossiers, j’ai retrouvé un rapport « amusant » que j’avais écrit quand j’étais en activité, à la demande d’un distributeur de champagnes. Il faut quand même préciser qu’il date d’au moins cinq ou six ans en arrière et que les choses ont certainement beaucoup changé depuis, du moins, je l’espère. La question à laquelle je devais répondre était : « Comment, quand et pourquoi une femme achète-t-elle du champagne et quel champagne ? »

Je dois reconnaitre que j’avais été assez « agacée » par cette demande. Je m’étais dit qu’il faudrait qu’il trouve quelqu’un d’autre pour y répondre, car je soupçonnais que le résultat de cette « enquête » ne me plairait pas. Puis, j’ai réfléchi et je me suis dit que je raisonnais en tant que française avec une culture du Champagne de longue date, or, j’étais en Espagne, et la question en réalité était ma foi assez pertinente. Il fallait la replacer dans son contexte. L’Espagne est un pays encore de nos jours profondément machiste, même s’il est vrai que les choses sont en train d’évoluer lentement. L’achat de vins de « qualité », traduisez par « d’un certain prix », était en général réservé aux hommes, c’était un acte social qui ne concernait que très peu la femme il y a à peine quelques années encore. Mais le champagne ayant un côté festif, il était admis que la femme pouvait s’en charger ! Après tout ça n’était pas si compliqué, le marché étant pratiquement monopolisé par une seule marque Moët et Chandon, le risque n’était pas bien grand. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant pour moi en tant qu’acheteur de creuser la question de savoir si réellement les femmes étaient concernées par le champagne ? Mes réponses ont été le résultat de mon vécu professionnel. Evidemment ça n’est qu’une vision à la fois générale et restreinte, puisque mon expérience s’est limitée aux magasins LAVINIA. Toutes les femmes ne rentrent pas dans ce cadre. La réalité était assez triste, pas très valorisante pour les Femmes : force a été de constater, que la majorité d’entre elles n’attachaient pratiquement aucune importance à la qualité du contenu de la bouteille ! Pour elles, un champagne est un champagne, un vin avec des bulles, et tous les champagnes se ressemblent, même si certaines se sont quand même habituées à un gout. Il en est ressorti des lieux communs, comme la confirmation que le champagne est une icône du luxe, qui représente avant tout une atmosphère heureuse ! Parler de champagne, c’est évoquer, la fête, la joie, le plaisir, c’est donc durant les fêtes de fin d’année qu’il est le plus présent, la facturation de Noël représentait en Espagne, 40% des ventes annuelles. C’était la première opportunité d’achat pour les femmes, c’était très surprenant de constater que de façon générale elles se chargeaient de choisir et d’acheter le champagne pour cette occasion tandis que les hommes se réservaient la sélection des vins. Traduction : selon eux, le champagne ne demande aucune connaissance particulière, donc la femme pouvait s’en charger ! C’était une coutume bien établie qui ne paraissait gêner personne, pas même les femmes ! A moi, ça me hérissait les poils, je supportais mal cette attitude machiste, certains allaient même jusqu’à le dire directement « toi, occupes-toi du champagne, ça c’est facile, moi je me charge de la sélection des vins qui est plus délicate ». Cette façon de faire trahissait bien évidemment une méconnaissance totale du champagne de la part des hommes et, je considérais ça comme une insulte envers la femme, mais aussi envers le champagne. Bref, j’ai souvent accompagné les femmes au rayon champagne, où bien sur nous proposions toutes les marques reconnues mais aussi de nombreux petits vignerons excellents.Elles ne consacraient pas beaucoup de temps à cet achat, dans leur esprit, les choses étaient très claires, si c’était pour boire pendant les fêtes, selon elles, personne n’allait s’attarder sur la qualité du champagne, la seule chose qui importait était la marque ! Donc, priorité à la MARQUE et au prix. Moët, Clicquot ou Mumm, Perrier-Jouet, Laurent Perrier avaient leur préférence. Si c’était pour offrir à leur médecin, ou autre, c’était à peu près la même chose, elles savaient parfaitement ce qu’elles voulaient et c’était très compliqué, au contraire des hommes, de les détourner de leur objectif. A la marque et au prix, il fallait juste rajouter le packaging. J’essayais bien évidemment de les orienter vers d’autres champagnes de petits vignerons, mais invariablement j’avais la même réponse : « je veux un champagne connu de tout le monde ». Faire la différence, se montrer originale, faire preuve de personnalité, ne les séduisait pas du tout, car la personne qui recevrait le cadeau n’en connaitrait pas la valeur ! Et souvent, elles me ressortaient ce dicton : « más vale malo conocido que bueno por conocer” (il vaut mieux un mauvais connu qu’un meilleur à découvrir ». Il n’y avait pas grand-chose à ajouter. Les Femmes voulaient en achetant un cadeau très connu cher et élégant, montrer leur rang social. Les Marques l’ont bien compris, les emballages luxueux et volumineux sont étudiés pour leur plaire. Et, il faut malheureusement reconnaitre que c’est réussi, le packaging restait l’élément séducteur déterminant. Et, si elles n’avaient pas de problèmes de budget, elles choisissaient les cuvées de prestige comme Dom Pérignon ou Cristal Roederer, très rarement Krug ou Salon considérées comme trop élitistes, et l’important étant de paraitre, il fallait une bouteille très largement reconnue. Les revues féminines regorgeaint de publicité sur les deux premières marques.

En règle générale, elles connaissaient peu ou pas du tout les caractéristiques d’un bon champagne, la marque étant à elle seule synonyme de qualité. Parfois elles se risquaient à demander un Brut, ou un Extra-Brut ou encore un blanc de blancs de Ruinart bien entendu ! L’extra-brut était devenu tendance, donc il était de bon ton d’en vouloir, mais finalement, j’ai constaté que la plupart des consommatrices préféraient les bruts et doublaient leur achat d’une bouteille de brut qu’elles se réservaient pour elles. Il était paradoxal de constater que beaucoup de femmes s’intéressaient au monde du vin, mais qu’elles ne se risquaient pas dans le monde des Champagnes. Cette curiosité dont elles faisaient preuve pour les rouges, elles ne l’avaient pas pour le Champagne qu’elles ne considéraient pas comme un vin. Elles suivaient les conseils d’un sommelier et faisaient preuve de beaucoup d’intérêt pour l’achat des vins quand il leur arrivait d’en acheter, et même s’aventuraient dans des domaines inconnus, mais au moment d’acheter un champagne, c’était comme si elles perdaient leur curiosité !

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En dehors des Fêtes, j’ai quand même remarqué que le comportement de la Femme qui achetait du champagne était légèrement différent. Elles en achetaient davantage que les hommes, me laissant penser que s’il existe un vin de Femmes et pour les Femmes, c’est sans doute le Champagne. Une femme qui achète et offre du champagne parait toujours avoir plus de « Glamour » que les autres. Pourquoi elles l’achetaient ? Simplement, elles ne concevaient pas de fête, pas de célébration, pas de soirée romantique sans champagne : il reste synonyme de raffinement et de distinction. Elles l’associaient au luxe, à l’élégance, à la sensualité, à la sophistication, à la réussite, à la fête. Je pense que les femmes françaises ne sont pas très différentes sur ce point.

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Elles aimaient bien aussi l’acheter pour l’offrir, ce qui arrive rarement chez les hommes qui s’orientent plutôt vers des vins. Si c’était pour leur mari, c’était très rapide, elles ne prenaient aucun risque et se dirigeaient tout droit vers sa marque habituelle et, il était impossible de les faire changer d’idée. Si c’était pour fêter un évènement avec des amies, c’était aussi très clair dans leur tête, il fallait une marque, ces dernières sont bien aidées par les revues féminines qui répètent à longueur de colonnes que le champagne en plus d’être plus sain que d’autres boissons, contient moins de calories. C’est ainsi qu’une certaine catégorie de femmes s’est convertie en grande consommatrice de champagne. La plupart du temps elles ne demandaient pas autre chose au champagne que la magie de ses bulles, le luxe qu’il représente et il n’était pas nécessaire de chercher d’autres atouts. Elles le boivent joyeuses, sans se poser beaucoup de questions, elles n’imaginent même pas que c’est un vin. Boire du champagne, c’est sophistiqué, pétillant et chic et en plus c’est léger et « diététique » ! Parmi les boissons populaires c’est celle qui contient le moins de calories, 62 contre 360 pour un verre de whisky, je n’ai pas vérifié, mais c’est ce qu’elles me racontaient. Si, en plus elles étaient au régime, beaucoup de nutritionnistes leur conseillaient de boire une coupe de champagne extra-brut le soir, car c’est la boisson alcoolique qui contient le moins de sucre. On le voit les arguments en faveur du champagne sont nombreux. Si elles achetaient un champagne pour le partager avec leur fiancé ou amant, elles préféraient un rosé, de marque bien sûr, et avec un emballage le plus luxueux possible ! Elles le pensaient indispensable au succès de la rencontre, car selon la publicité, il contribue à exalter leur sensualité, à érotiser les rapports entre les deux sexes. J’étais toujours surprise de voir le temps qu’elles passaient à choisir la bouteille, sans se préocupper du contenu et sans écouter mes explications dont elles n’avaient que faire, alors que le champagne était censé participer à la Magie de la nuit !On aurait dit qu’elles comptaient sur les bulles pour doubler leur pouvoir de séduction ! Je n’ai toujours pas l’explication du pourquoi du rosé ???

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Pour la Sant-Valentin, c’était pareil ! …

J’ai connu quelques femmes qui admettaient acheter du champagne pour leur consommation personnelle, elles étaient peu nombreuses, mais il y en avait, et c’était le seul cas où elles se permettaient de choisir un champagne de vigneron. Ce genre de consommatrice régulière et décomplexée était très rare.

Il semblerait que depuis 2 ou 3 ans les champagnes de vignerons aient réussi une véritable percée et qu’ils connaissent un succès grandissant. Tant mieux, je m’en réjouis.

Dire qu’entre les Femmes est le champagne c’est une histoire d’Amour, n’est pas réel, mais ça n’est pas tout à fait faux non plus. Elles aiment l’offrir et le boire pour ce qu’il représente, savent s’en servir comme outil de séduction, et peuvent difficilement s’en passer. J’aimerais que ces femmes en arrivent à choisir un champagne pour sa complexité, la plupart du temps ces femmes peu concernées par la qualité du contenu de la bouteille, sont celles qui d’autre part connaissent une très belle réussite professionnelle, et qui font preuve de beaucoup d’exigences dans tout ce qu’elles font, mais pas avec le Champagne. C’est vraiment dommage !

Hasta Pronto,

MarieLouise Banyols

 


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Les 5 du Vin, quelle audience?

« Les 5 du Vin, combien de divisions? » Ou plutôt, combien de billets, de lecteurs, de commentaires? On nous le demande assez souvent.

Une chance, notre hébergeur WordPress nous fournit quelques beaux tableaux à ce sujet, grâce à un compteur qui enregistre tout ça – ne me demandez pas comment.

A les lire, en tout cas, cette modeste coopérative d’écriture a le vent en poupe: voyez plutôt..

 

Notre nombre de « vues » est passé de 109.589 en 2013  à 369.476 en 2016. Et dans le même temps, le nombre de visiteurs est passé de 85.059 à 209.280.

Et 2017 s’annonce également très bien, avec plus de 110.000 vues en moins de 4 mois.

Vous le savez, cela ne nous rapporte absolument rien. Mais c’est tout de même sympa pour nous de voir que nos billets ont un écho dans le public. Pas que nous ayons pris le melon; ni que cela change quoi que ce soit au choix des sujets que nous abordons. Mais c’est tout de même un bel encouragement, surtout les jours où c’est plus dur d’y consacrer du temps – parce qu’il nous faut bien vivre d’autre chose, bien sûr.

Alors, à tous, merci de votre fidélité!

 

Les 5 du Vin

 


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Evasion pascale – un voyage immobile par vins interposés

Il y a plusieurs façons de voyager, de s’évader, la mienne consiste parfois à ouvrir des flacons d’ailleurs qui me transportent dans des lieux que j’ai déjà visités et appréciés. C’est ainsi qu’à l’occasion des fêtes de Pâques, j’ai débouché un vin du Piémont et un vin du Palatinat.

1. CONTERNO FANTINO BAROLO “MOSCONI” DOCG 2012

Quelques mots sur le domaine :

Créé en 1982 par Claudio Conterno et Guido Fantino, le domaine produit sur son vignoble de 27ha environ 140.000 bouteilles par an ; Nebbiolo, Barbera et Dolcetto dominent l’encépagement.

Le développement durable, la préservation de la biodiversité et le respect de la terre sont des éléments-clés de leur philosophie, il n’est donc pas surprenant que le domaine soit certifié biologique depuis 2012. La nouvelle génération a pris le relai tout en gardant la même ligne. Reconnu pour la qualité de ses Nebbiolo, son usage prudent du bois pour le vieillissement, son utilisation minime de sulfites jusqu’à la mise en bouteille, ont fait de Conterno Fantino un des chefs de file de l’école moderne du Barolo, tout en étant respectueux de l’héritage viticole de la région.

Le Vin

Comme nous l’avons aimé, ce « Barolo Mosconi » !

Pour son élégance et sa fraîcheur d’ensemble, pour son nez qui affiche d’emblée une belle complexité avec ses parfums de cerise mure, de prune, de moka, de chocolat, qui se fondent et s’entremêlent. La bouche est impressionnante, corsée : des notes de fleurs, d’épices, d’eucalyptus se détachent d’une texture aromatique riche, et veloutée. Il affiche des tanins juteux et bien intégrés, dotés d’une superbe énergie. Equilibre parfait, dans un style moderne, très pur, terminant sur une touche minérale qui l’allonge. Un style qui n’empêche pas que cette bouteille puisse être gardée encore quelques années.

C’est un rouge assez corsé qu’il faut associer à des plats de caractère, nous l’avons bu sur un gigot d’agneau aux gousses d’ail ; c’était parfait.

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2.OLIVER ZETER PFALZ GOLDSHATZ

Un vin riche, intense, exceptionnel !

Quelques mots sur le domaine :

L’aventure des frères Christian et Oliver Zeter commence officiellement en 2007 avec la mise en bouteille de leur première cuvée. Depuis, la maison Zeter cultive plusieurs hectares de vignes plantés dans les plus belles zones du Palatinat. Fort de multiples expériences professionnelles aux quatre coins du monde et notamment en Afrique du Sud, en 2011, Oliver a pris le parti de faire du  sauvignon le fer de lance de sa production. En voyant son vin élu « meilleur sauvignon blanc d’Allemagne », il s’est taillé ces dernières années une place importante dans le monde viticole mondial.

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Quelques mots sur le comment et le pourquoi de ce vin :

Oliver Zeter avait un rêve de petit garçon : déterrer un trésor de pirate oublié sur une île déserte. Ce rêve est devenu réalité, il a trouvé ce trésor chez lui : des bonbonnes de Sauvignon de 2007 Trockenbeerenauslese dont la fermentation avait duré plus de 2 ans, tombées dans l’oubli. Réapparues en 2011, à l’occasion d’un déménagement, il les a trouvées sublimes ; entre temps il avait découvert chez des amis vignerons, d’autres trésors de ce genre des vins des millésimes 1993, 1994, 1998 et 199 issus des cépages Ortega, Huxelrebe et Rieslaner. Sur cette base, il a créé un assemblage de Trockenbeerenauslese : la « GOLDSCHATZ » (trésor). C’est le bijou spécial de sa collection.

C’est la première fois que je dégustais ce vin, et je dois dire qu’il m’a impressionnée, si je devais le résumer: un véritable nectar, peu alcoolisé et très parfumé. De très grande garde.Ce trésor doré brille de sa splendide couleur jaune vieil or. Le bouquet immensément riche est un véritable feu d’artifice aromatique, allant de l’abricot à l’agrume en passant par les fruits exotiques, soutenu par une remarquable fraicheur. Viennent s’ajouter des notes épicées, de noisette, vanille, nougat, café, noix de pécan et toutes sortes de chocolats fins. En bouche, le vin est fascinant : riche, onctueux, fruité, avec un excellent équilibre entre la douceur et l’acidité parfaite. Très long et persistant, c’est un vin passionnant, irrésistible et unique. Nous l’avons dégusté un peu frais sur une tarte aux pommes sans crème et l’accord était idéal.

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Cépages : Sauvignon Blanc, Ortega, Huxelrebe, Rieslaner, pour ceux qui ne connaitraient pas ces derniers cépages : le huxelrebe donne des blancs élégants, légèrement musqués, et, une bonne acidité. En vendange tardive, leur qualité est élevée. Le Rieslaner issu de Sylvaner et de Riesling produit un blanc acide et aromatique comme le Riesling. L’Ortega, issu d’un croisement de muller-thurgau et de siegerrebe donne des vins pleins, moelleux et fruités, aux arômes parfumés semblables au gewürztraminer. Les trois assemblés au sauvignon, s’harmonisent parfaitement et donnent au vin une grande complexité aromatiqueSucre : 199 g /l. Acidité totale : 8,8 g /l

Voilà deux vins qui nous ont permis de nous évader, d’échanger, de partager de bons moments de convivialité, de nous régaler : c’est tout ce que je demande à un vin.

Hasta pronto,

MarieLouise Banyols


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BODEGAS JUAN CARLOS SANCHA, LA RIOJA

Si je vous parle aujourd’hui de ce vigneron, c’est parce qu’il fait partie des nouveaux venus en Rioja qui suscitent beaucoup d’intérêt, ses vins connaissent le succès. Il était présent au Salon VINS SINGULARS et, l’occasion m’a ainsi été donnée de le rencontrer. Je connaissais son rouge le plus célèbre Peña al Gato, mais pas les blancs, ni ses vignes centenaires. En réalité, quand je suis arrivée il n’était pas derrière son stand, mais il y avait son collaborateur, Alejandro Gomez que je connais bien puisqu’il a travaillé à LAVINIA et qui s’est préoccupé de me faire tout gouter malgré la cohue. Il faut un peu de temps pour tout déguster et surtout pour comprendre les cuvées et ce qu’a voulu traduire le vigneron.

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Juan Carlos Sancha baigne dans le monde du vin depuis plus de 25 ans, mais il ne s’est installé qu’en 2008, date à laquelle, il a créé sa propre bodega Ad Libitum. Une propriété de 5,5ha dans la Rioja Alta, à Baños de Rio Tobía, dans la zone la plus froide de la Rioja. Le travail de Juan Carlos Sancha est spectaculaire, comme Professeur de l’Université de la Rioja, et comme vigneron : avec l’appui du Consejo Regulador, il est entrain de récupérer des variétés en voie d’extinction ou minoritaires. Au début du siècle, cohabitaient 100 cépages certains autochtones d’autres non, mais depuis 1925, il n’en reste que 7, 4 rouges et 3 blancs. Il en a retrouvé 27, mais toutes n’ont pas survécu. Des vieilles vignes de plus de 90 ans et d’autres plus récentes plantées ces dernières années avec ces cépages minoritaires en voie d’extinction, comme la Maturana blanca et tinta et le Tempranillo blanc. Tout le vignoble est composé de petites parcelles à la forte densité de plantation (5.000 pieds/ha) ce qui est rare en Espagne.

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Ad Libitum Tempranillo Blanco 2015,

Le Tempranillo blanc serait originaire d’une mutation génétique du tempranillo;   cette cuvée est issue d’une vigne plantée en 1997.

Il a fait introduire ce cépage dans la D.O. en 2007. Cette cuvée est issue de vignobles en altitude : 565m.

Elevage : 7 mois sur lies en cuves acier.

La robe est jaune paille, le nez développe des notes florales, de fruits blancs comme la poire, la pomme verte et d’agrumes. La bouche est structurée, nette, pure et droite, on y retrouve les fruits, la finale légèrement amère est d’une fraicheur étonnante.

Un bien joli vin et vendu à un peu moins de 10€

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Ad Libitum Maturana Blanca 2015

Ce cépage est le premier référencé dans l’histoire de la Rioja, puisqu’il était déjà mentionné en 1622. Le vignoble a été planté il y a 20 ans, à 565 m d’altitude, sur des anciennes terrasses du Valle del Najerilla, sur des sols argilo-calcaires de galets roulés ; le climat y est très froid. C’est paraît-il, le plus vieux cépage du monde, la volonté de développer ledévelopper fait partie du projet d’investigation pour la récupération des variétés minoritaires autochtones en Rioja dirigé par les professeurs Juan Carlos Sancha et Fernando Martinez de Toda.

Un vin étonnant, il a fermenté dans des barriques neuves de chêne français de 500l et il est resté 3 mois sur ses lies ; sa robe est plus dorée que le précédent, et plus profonde. J’ai aimé la complexité du nez très axé sur des notes de plantes comme le fenouil, la bouche est ample, élégante, tout en finesse et en fraicheur, mais très persistante.

PVP 10,50€

Ad Libitum Maturana Tinta 2013

Cette Maturana est issu de 17 ceps trouvé dans une vigne de Navarrete. La vigne a été plantée en 1997, le vin a été élevé 11 mois en barriques de chêne français.Vol.13%.

Sa couleur est assez intense, le nez m’a un peu surprise, à part les notes d’épices, de chocolat, j’avais surtout des touches terreuses un peu végétales, de poivron vert qui parait-il sont caractéristiques de la variété, pas désagréables La bouche est structurée, l’acidité est marquée, les tannins sont là, mais assez fruités et fondus. Très persistant. Le prix de 10€ me parait incroyable.

Peña El Gato, Viñas Viejas 2014

Il s’agit d’une vigne de grenaches centenaire d’un ½ hectare plantée en 1917 par le grand-père de Juan Carlos à 750m d’altitude, la production est de 1980 bouteilles.

A cet instant de la dégustation, il y avait « foule » autour de la table, pas très facile pour se concentrer : La robe était intense très jeune, le nez laissait échapper des arômes de fruits rouges, surtout de la framboise, mais il était surtout marqué par des notes balsamiques fraiches et épicées. En bouche, beaucoup de crémosité, assortie d’une jolie structure et de tanins fins et soyeux. Une belle acidité et un bon équilibre. Facile à boire et à comprendre.

PVP: 13,95€

 

Peña El Gato, Colección de Garnachas Centenarias 2014

A ce stade, Juan Carlos avait rejoint sa table et c’est lui qui raconte, Ipad en mains:

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« Ces derniers 20 ans, l’Espagne a arraché 100.000 hectares de grenache, en Rioja, ce cépage qui représentait 39% du vignoble de l’appellation, n’existait plus qu’à 8% en 2012. »

Dans cette collection de, Juan Carlos Sancha, nous offre la possibilité de gouter 6 vins de grenache, issus de 7 vignes de la Haute Vallée de Najerilla, âgées d’environ 100 ans. Des vignobles historiques, uniques, cultivés par trois générations de viticulteurs héroiques qui malgré la “non”rentabilité de ces vignes ont décidé de les maintenir quel qu’en soit le cout économique.

Les six vins ont été fermentés en barriques de 500 litres, élevés 11 mois en Fûts de chêne français de la forêt de Tronçais, et sont issus d’une même zone vinicole : Alto Valle del Najerilla, la seule variable est le terroir.

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A travers les parcelles de 7 viticulteurs (2 ont été regroupés car le volume de chacun était trop faible), parcelles qui ont été sélectionnées pour leurs caractéristiques spéciales d’exposition, d’orientation, et de type de sol, Juan Carlos a cherché à extraire l’essence du terroir. Le concept Terroir, atteint ici l’expression maximale, ou du moins, c’est le but recherché.

– Manolo Lopez Cuesta Finca La Peña El Gato; exposition Est.

– Ruben Olarte, Finca Carretera Baños; diverses expositions.

– Fernando Martinez de Toda : Finca Valdeponzos, exposition Sud-Est.

– Javier Olave: Finca Carretera Badarán, exposition Sud- Ouest

– Fernando M. Alonso: Finca Picón del Verozal; exposition Nord-Est

– Juan Carlos Sancha: Finca Peña El Gato; exposition Sud
Prix approximatif de la colección, si vous arrivez à latrouver: 72,00 €

Cette collection est un hommage au cépage grenache si souvent maltraité et aux viticulteurs.

C’est une dégustation qui ne peut pas laisser indifférent, car on ne peut s’empêcher de penser que l’on est en train de gouter un morceau de l’histoire du vignoble de la Rioja. C’est assez émouvant, mais ne me demandez pas de vous décrire les différences que j’ai pu trouver dans chaque bouteille, j’en suis bien incapable. Bousculée, au milieu de « senteurs exotiques », c’est difficile. J’espère avoir une autre occasion de les gouter plus au calme.

Peña El Gato Natural 2014

Cette cuvée est dans la logique de l’homme, il ne pouvait qu’en arriver là, obsédé par le terroir et à la recherche permanente de son expression la plus vraie, il s’est convaincu qu’une cuvée sans soufre le rapprocherait encore plus de son but. Il explique avec force que ce qu’il nous sert dans le verre c’est l’expression la plus pure du terroir. Le 2014 est pour lui le meilleur : les meilleurs grenaches qu’il ait jamais travaillés, inutile de préciser que son vignoble est BIO. La viticulture écologique traduit avec plus de force le sens qu’il veut donner à ses vins. Le vin est resté 13 mois en barriques au contact de ses lies.

Ce vin semble avoir plus de profondeur, le nez me paraît aussi plus intense, franc et propre, marqué par des notes de fraise et de sous-bois, il est charnu avec une pointe de carbonique en entrée de bouche, bien équilibré et frais, à aucun moment on a l’impression qu’il titre 15º.

La production est limitée : 660 bouteilles et tout est vendu avant la mise en marché.

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PVP : 14,75

La Rioja se bouge, j’ai gouté lundi dernier 2 autres petits domaines réellement intéressants, LAVENTURA et LACUS.

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols


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Une dernière piqûre de vieux Vins Doux Naturels

Voilà une piqûre bien agréable, je ne m’en lasse pas, j’espère que vous non plus. Voici deux Rivesaltes issus de la belle offre de la Cave des Vignerons de Terrassous. En fait, les déguster offre un plaisir supplémentaire, celui de les décrire, tellement ils sont riches d’expressions aromatiques, de saveurs aux nuances changeantes. Du premier nez à la dernière gorgée, les impressions sont en constante évolution. Il est difficile de s’en lasser.

 

Rivesaltes 1995 Terrassous

 

L’ambre marron de la robe se nuance de reflets rouges, le nez frotte les silex pour en sortir l’étincelle qui embrase les aiguilles de pin, le bois sec, nos sens. La bouche contemple bien assise cet embrasement, préférant le confort d’une tasse de moka, le craquant d’un grain de café, mais café glacé par la fraîcheur ambiante qui ne laisse guère de place à la douceur sucrée. Fraîcheur qui met en exergue les arômes de poire tapée, de figue et de datte, de raisin de Corinthe. Le grillé vient ensuite étaler ses notes amères qui accentuent l’acidulé aux goûts de limon et de noyau d’abricot.

Assemblage de Grenache Gris et Blanc à parts égales qui poussent dans des alluvions caillouteuses mélangées d’éclats de schiste. Long élevage en barriques de plus de 20 ans.   (36,95€ départ cave)

Rivesaltes 1981 Terrassous

 

Ambre brun à reflets verts, la marque du rancio qui se fait tout go révéler an nez. Les fragrances de torréfaction suivent évoquant la fève de cacao qui grille en compagnie de grains de café. Du caramel pour adoucir l’expression amère bien perceptible. Des épices pour corser le bouquet. Bouche à la fois vive et douce, un contraste qui explose en bouche et avive les papilles qui ont du mal à détailler toutes les nuances aromatiques. Les acidulées évoquent la groseille à maquereau, les agrumes, la pomme verte, la rhubarbe confite. Les douces parlent de chocolat noir, de caramel un rien brûlé, de café noir, de candi brun, bref des perceptions qui se souligne d’un trait bitter. La finale se veut végétale aux accents de pâte d’olive noire.

Assemblage de 65% de Grenache Blanc et 35% de Grenache Gris et même élevage que le 1995. (prix : 52€ départ cave)

www.terrassous.com

Quant à l’éternelle question 

Mais que peut-on manger en compagnie de ces vins particuliers et surtout sucrés ?

Mais de tout, les VDN sont tellement variés autant dans leurs expressions que dans leur douceur ressentie qu’ils accompagnent les repas de l’apéro au dessert. Il faut juste avoir l’envie, le témérité, l’assurance d’essayer. Ils fonctionnent en général sur tous les fromages, c’est un bon départ. Après, il suffit de les tenter avec le plat principal, c’est à la fois original et surprenant sur les viandes, certes étuvées, mais aussi grillées, encore plus si elles sont bien relevées. Allez-y petit à petit jusqu’au menu complet.

Terrats, Terre de légende

cette tour de cuves m’a toujours impressionné

Voici ce que les vignerons terrassous écrivent sur leur site :

    Dans le sud de la France, une légende veut qu’il y ait eu dans des temps très anciens, alors que Barcelone n’était qu’un pré, à proximité du torrent la Canterrane, une cité nommée Mirmanda. Mirmanda aurait été le domaine des fées (les encantades) avant d’être détruite par une brutale montée des eaux de la Méditérranée.

   Invisible au commun des mortels, cette citée n’aurait été vue que par de rares bergers, dont certains auraient été appréciés des fées et seraient devenus très riches. Personne ne connaît l’origine de cette légende qui montre la richesse de l’imaginaire Catalan.

   La plus ancienne mention connue du village de Terrats, sous la forme « Terrenum », date de juillet de l’an 844. Ce jour-là Argila, fils du Comte de Barcelone, vendit à son propre fils, Bérà, deux propriétés avec leurs dépendances. L’une se nommait Furchas (aujourd’hui village de Fourques) et L’autre Terrenum. Un siècle plus tard, en l’an 960, ce nom fut transformé en Terradas devenant peu après Terrats.

 Les Terrassous sont les habitants de Terrats, c’est sous cette dénomination que se sont regroupées les Caves de Thuir, de Fourques et de Terrats.

 Toujours sympa les belles histoires…

Et voici comme promis, le lien avec l’article complet paru dans In Vino Veritas cette semaine

https://www.invinoveritas.be/fr/surprenants-vins-doux-naturels-du-roussillon/

Ciao

 

Marco


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Un Txakoli de Gernika: ITSASMENDI 7, 2012 onctueux, gras et «la mar de rico»

Je l’ai gouté la semaine dernière toujours chez ma fille, et là, j’ai ressenti un gros coup de cœur, ça m’a donné envie de vous en parler.

Pour être franche, je n’avais jamais perçu les Txakoli,  pourtant considérés par certains  comme un petit joyau œnologique comme des vins sérieux : tout juste comme des petits vins locaux divertissants. Aromatiques et frais certes, mais à peine, des vins d’apéritif.

Ne trouvait grâce à mes yeux que le Txakoli Uno de Álava (Bodega Goianea), 100% Hondarribi, je n’ai pas gouté le nouveau millésime, il faut dire qu’il ne s’en consomme pas beaucoup du côté de Barcelone. Mais les 2013 et 2014 étaient gras, frais et équilibrés, des jolis vins.

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Txacoli UNO 2013, PVP 9,75€

Ce Magnum d’Itsasmendi 2012 m’a amenée à revoir mes convictions.

C’est un vin blanc D.O. Bizkaio Txakolina élaboré par la bodega Itsasmendi. Il est hors normes, car on a incorporé une faible proportion de Riesling à la variété locale,  et, du coup, ça donne un blanc avec plus de structure et de volume, capable de bien évoluer en bouteille, que ce qui est inhabituel dans ce type de vin.

principal

J’ai découvert un peu tard que le premier millésime de ce Txakoli était arrivé sur le marché en 2003 !

Plus précisément, c’est le résultat d’un assemblage des cépages Hondarrabi Zuri zerratie (ou Petit Courbu 65%), Riesling (18%) et Hondarrabi Zuri (17%). Les vignobles, 27 ha au total appartiennent à la bodega. Ce sont des vignes assez jeunes, de moins de 15 ans pour certaines, même si quelques-unes ont entre 20 et 25 ans. Installées sur les pentes montagneuses près du golfe de Gascogne, elles dépendent d’un climat atlantique et de sols principalement calcaires et sablonneux. C’est peut-être la bodega la plus importante dans l’appellation.

Les raisins proviennent de 7 parcelles différentes, d’où son nom : (Sutxus (Leioa), Arasudoalde (Erandio), Iungudebaso (Erandio), Santos Txirenes (Gernika), Uxpitza (Muxika), Herrian (Muxika) et Errota zahar (Mungia)).

Les vendanges commencent habituellement la dernière semaine de septembre et se terminent mi-octobre. Trois parcelles sont sélectionnées et ramassées la première semaine de maturité, deux la deuxième semaine et une la troisième. Après la fermentation alcoolique, le vin mûrit pendant 9 mois en cuve sur ses lies, puis, séjourne un temps en bouteille.

L’objectif avoué: obtenir une autre forme d’expression des cépages locaux ,d’une part, en procédant à d’importantes sélections et d’autre part en y ajoutant un pourcentage de riesling non négligeable. On a recherché pour ce vin davantage de corps, de volume et d’onctuosité.

Ça a donné un vin qui a tout pour plaire! Il s’agissait d’un 2012 et pourtant sa couleur était encore lumineuse, très légèrement dorée. Il était frais, exubérant, le Hondarrabi Zuri amène les arômes citriques, floraux, et anisés, le hondarrabi zuri zerratie ajoute des notes de fruits blancs et la structure, et le Riesling, la subtilité et l’élégance. La bouche ne manquait ni de gras, ni de volume, tout en restant vive, gourmande, pure et digeste. Elle laissait s’exprimer un caléidoscope de sensations fruitées, poires, pommes vertes, qui faisaient saliver.

C’est rafraichissant, c’est persistant et équilibré. Un vin de plaisir sans limite: je l’ai trouvé irrésistible.

Il n’est plus seulement le compagnon parfait de l’apéritif, des tapas et des pintxos, il peut se mettre à table sans complexe surtout si on le laisse évoluer quelque temps en bouteille, ce 2012, en magnum, certes, en est la preuve.

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L’étiquette est intéressante, un grand 7 qui maintenant est doré, à cause des nombreuses médailles d’or obtenues ces dernières années, et en dessous du chiffre magique (7 jours, 7 mers, 7 péchés originaux, 7 merveilles du monde, 7 nains, 7 vies et 7 parcelles…), cette photo:

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Si vous regardez bien, juste en dessous de l’étiquette, apparait une image, qui est renouvelée chaque année pour refléter les changements du millésime et de l’année. Celle de 2012 « un año convulso » est signée par le photographe Iñaki Oñate.

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ALC. 13,5%

PVP: Magnum 44€

Je viens juste de terminer le papier et  ma fille m’annonce qu’elle a gouté justement une petite « bombe » comme disent les jeunes – personnellement, je trouve que c’est plutôt destructeur, mais il semblerait que comme qualificatif du vin, se soit très positif.

Bref, il s’agit du Txakoli Údico 2014 de Roberto Olivan, vigneron star de la nouvelle Rioja (Tentenublo)

D.O. Txakoli de Alava – 100% Hondarribi Zuri.  C’est son premier millésime, il parait qu’il est a fermenté en barriques et qu’il est très racé et frais. Je n’en suis pas étonnée c’est déjà lui qui conseillait Uno, il aura voulu faire le sien. Il me tarde de le gouter. Question, est-ce encore un Txacoli?

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Hasta pronto,

MarieLouise Banyols