Les 5 du Vin

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Islay distilleries rain OK

IMG_5337Caol Ila by the shore

Having spent a very long week on Islay it is now all too apparent why there are so many distilleries on the island. During our seven days it rained every day and this included at least 60 hours continuously. It is no surprise that Islay has over 400 days of rain annually – an astounding stat …. Also for at least 50% of our time on this watery destination it blew a gale.

All in all a profoundly depressing holiday week.

If it is depressing to spend a week in the rain can you imagine what it must be like to live on the island full time….

It is all too obvious that Islay’s appalling wet climate has long driven its inhabitants to strong drink. Hence the startling number of distilleries on Islay far more than the island’s population and land mass would imply.

There are now eight distilleries on Islay. This represents 7.5% of the whisky distilleries in Scotland. There are 106, apparently, currently in operation. According to the 2011 census the population of Islay is 3228 – just 0.06% of Scotland’s population of  5.3 million people. Equally the proportion of Islay’s land mass is just a small fraction of Scotland as a whole – 620.6 square kilometres against 80,077 square kilometres, so just 0.77%.

Of course the propensity for rain also provides a wonderfully plentiful supply of water for making whisky.

The number of distilleries on Islay may also provide a indication of climate change. Although eight would appear to be plenty to satisfy a population of 3228, there used to be many more distilleries on the island. An article on Islay’s « lost » Whisky Distilleries lists 13 that are now closed. In contrast only one new distillery – the Kilochoman Farm Distillery  – has opened in the last 124 years. It was founded in 2005. Thus it may be possible that Islay’s climate during the 19th century was even worse then than it is now. This improvement could have contributed to the demise of the 13 as the population gradually needed fewer drams survive the local climate.

IMG_5385Nigel talking about maturation – Caol Ila

Following my post last week – Islay partially distilled – Hervé asked about the role of terroir in whisky. I am an occasional consumer of whisky, mainly single malts, and make no claim to whisky expertise. We did just one distillery visit – Caol Ila, part of the Diageo group. Nigel, our Tour guide, did a good job pitching the Tour at a level that worked for those for whom this was a first distillery tour as well as those who had already been around a number of distilleries.

The basic Caol Ila tour is good value – £6 per person and you get to take away a whisky tasting glass, which retails at the distillery shop for £5 plus one malt from a choice of three to taste.

IMG_5188Lines of cut peats, Islay

Bearing in mind Hervé’s question last Tuesday about the role of terroir in whisky (Islay partially distilled) I was very interested when Nigel explained that due to the limitations of space here that much of the whisky produced at Caol Ila is shipped to mainland Scotland for maturation in a warehouse at Stirling. This would appear to rule out any substantial influence on the whisky’s flavour from the distillery’s very close proximity to the sea during its maturation.

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A maltings floor @Kilchoman

However, even though Caol Ila is a much more gently flavoured whisky, its shares the family Islay characteristics – salty, iodine, sea weed etc. – but far less in your face than a malt like Laphroaig. If a significant proportion of most of the Islay malts are aged on mainland Scotland, then, leaving aside the choice of cask, I assume that the flavour is set by choices and decisions made during the malting, fermentation and distillation processes along with the choice of water, barley with the use (or not) of peat during the malting as well as the shape of the stills playing a part.

If site doesn’t play a role, assuming a broadly similar climate, in cask maturation, I wonder whether it would be possible to reproduce the flavours of Islay malts miles away from this sodden island?

 

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NouveauOs


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Chardonnay week (3): Shabo bas !

Dans la famille Chardonnay, je demande l’Ukrainien. A moins que ce ne soit le Moldave? Ou le Suisse?

D’abord, un peu de géographie. Nous sommes au bord de la Mer Noire, non loin d’Odessa. En Ukraine, donc… Mais déjà s’imposent quelques références historiques. C’est qu’il en a vu passer, des peuples, ce petit bout d’Europe ! Tour à tour moldave, roumain, turc, russe, moldave et roumain à nouveau, puis soviétique, il échoit à l’Ukraine à la fin du communisme.

Principati1786A l’embouchure du Dniestr, sur la Mer Noire (carte italienne du 18ème siècle)

Du Léman au Liman

Mais entretemps, le vignoble a été développé par… des Suisses !

Par quel hasard? Dites plutôt par quel Tsar ! C’est en effet Alexandre 1er, dont le précepteur était vaudois, qui fait venir dans la région des familles de Vevey. Nous sommes en 1822.

Nos dignes Suisses quittent donc le Léman pour le Liman – c’est le nom de la région marécageuse qui borde l’embouchure du Dniestr. Par oukase impérial spécial, ils reçoivent des terres près de la ville d’Akkerman (aujourd’hui Bilhorod) et y développent la vigne; il semble que même sous la domination turque, les locaux aient toujours peu ou prou continué à produire du raisin, du moût cuit, et plus discrètement, du vin et de l’alcool.

DnisterLiman1927Shabo/Saba en 1927, encore sous la domination roumaine

La région, avec son climat continental modéré par la proximité de la Mer Noire, se prête bien à la viticulture. Mais les Robinsons suisses de Bessarabie (c’est un des noms de la contrée) apportent un savoir-faire inconnu dans la région. Le fils du fondateur de la colonie, Charles Tardent, écrira même un traité de viticulture, qui connaîtra un grand succès en Russie.

Malgré la menace du voisin ottoman, l’insécurité, et même la peste, les Suisses font souche; il faudra deux guerres mondiales pour mettre fin à l’aventure: en 1940, la plupart sont expulsés par l’Armée rouge; ceux qui restent sont déportés en 1944.

Ne subsistent que quelques carnotzets – les petites maisons où l’on donnait à goûter le vin, dans la plus pure tradition suisse.

L’aventure a continué, cependant, cahin-caha ; d’abord de manière collective, ou plutôt collectiviste, sous le régime soviétique. Beaucoup a été perdu.

Shabo

Shabo, Shabonnay

Il devait être écrit quelque part que ce terroir serait sauvé par des étrangers; en 2003, l’essentiel du vignoble (1.200 ha) est racheté par une famille géorgienne, les Ioukouridzé. De gros investissements sont consentis (près de 100 millions d’euros!); les vignes sont progressivement remises à niveau, ainsi que les installations techniques; un musée du vin voit même le jour à Shabo.

L’entreprise vend l’essentiel de ses vins en Ukraine même (à elle seule, l’entreprise représenterait plus du quart de la production du pays !), mais depuis quelques années, elle exporte vers les pays baltes, les Etats-Unis, la Chine, et depuis quelques mois, en Belgique. Alain Pardoms, l’acheteur vins de Delhaize, a flashé sur les vins de Shabo, et en propose deux cuvées.

J’ai particulièrement apprécié celle de blanc. La cuvée Réserve 2014. Non, ce n’est pas du Chasselas, comme en Vaud; ni même du Melon (le Shabo Melon!); mais du Chardonnay. Un Chardonnay qui ne se cache pas – les notes variétales abondent, à commencer par la pomme, l’acacia et quelques touches de miel ; mais c’est son équilibre en bouche qui séduit: la vivacité du cépage et la rondeur d’un élevage soigné.

Il est vrai que c’est Stéphane Derenoncourt qui conseille la maison.

Je ne sais pas si le monde à vraiment «besoin» d’un Chardonnay ukrainien. Mais toujours est-il que celui-ci est bon.

On dira ce qu’on veut des cépages internationaux et leur développement à tout crin, qui met en danger la diversité ampélographique; mais commercialement, ils ont leurs avantages; notamment celui d’inspirer confiance, de susciter plus facilement le premier achat; le consommateur un tant soit peu aventurier veut bien se payer le frisson de la découverte de terroirs méconnus, mais rarement avec des cépages totalement inconnus. C’est ainsi que le Bulgares, dans les années 1980, ont bâti leur succès à l’exportation sur le Chardonnay, le Merlot et le Cabernet, et non sur le Melnik ou le Mavrud local.

Il est de bon ton, aujourd’hui, de vanter les cépages oubliés (alors que c’était totalement ringard jusque dans les années 2000); en attendant que le phénomène dépasse les sphères d’initiés (ce que je souhaite), il faut vendre, et les cépages des Frantsouskii peuvent y aider.

Hervé Lalau


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Vino e musica

Fin juin, deux professeurs de musique, Marie Haag (violon)Thomas Deprez (flûte) et moi-même organisions un concert mariant musique baroque et vins d’Italie.

Les grands compositeurs racontent dans leur musique un peu de leur origine, de la société dans laquelle ils vivent, tout comme un bon vigneron transmute le sol, le climat dans son vin. En agriculture, on appelle ça le terroir; ce mot évoque d’abord un milieu physique et pourtant, il ne faut pas oublier l’élément humain; comme c’est le travail du vigneron qui permet d’exprimer les qualités du cru, c’est la personnalité, la sensibilité du musicien qui exprime, qui sublime l’air du temps dans la musique.

L’histoire fourmille d’anecdotes à propos du vin et de la musique; Beethoven avait sa guinguette attitrée à Heiligenstadt, près de Vienne; Wagner a composé un opéra chez M. Chandon, élaborateur de Champagne et organiste amateur. Les bulles de son vin ont d’ailleurs accompagné les succès et les échecs de Wagner tout au long de sa carrière; que ce soit pour fêter le succès ou pour faire passer le goût de l’échec.

Mais venons en programme de l’événement, qui tournait autour du baroque italien.

Quelques mots d’abord sur la méthode pour assortir vins et musique. Il n’y a pas qu’une seule façon de faire; on peut se baser sur l’histoire des musiciens, ou sur le morceau lui même; cette-fois, nous avions choisi de faire les deux. Les musiciens sont italiens; nous nous sommes demandés ce qu’ils auraient pu boire; mais aussi, quels vins pourraient faire écho aux sentiments évoqués par leur musique.

La construction peut sembler un peu artificielle, mais elle ne l’est pas tant que ça; d’ailleurs, bon nombre de mots courants dans le vocabulaire musical sont également utilisés dans  les commentaires de vins – vivacité, richesse, structure, harmonie, force, longueur… Notre but, très modeste, était donc de créer une expérience globale où le vin vienne s’appuyer sur la musique.

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Le patchwork de l’Italie du 18ème siècle

Notons qu’au  18ème siècle, époque de création des œuvres qui vont être jouées aujourd’hui, l’Italie telle que nous la connaissons n’existe pas encore; elle est constituée de nombreuses principautés, duchés, républiques et il faut un passeport pour passer de Venise à Rome et de Rome à Naples ou à Florence. Grosso modo, le Sud est espagnol, le Nord est autrichien et le centre est au Pape. Des alliances se nouent et se défont, les puissances étrangères pèsent sur les relations entre les différents Etats, influencent le mode de vie, la culture. C’est dans ce monde compliqué et passablement agité que sont nés les trois musiciens dont les œuvres ont été jouées: Bonporti, Vivaldi et Corelli.

Un amateur éclairé

Le premier musicien que nous avons entendu, Bonporti, est originaire de Trente, ville d’expression italienne, mais qui appartenait à l’époque à l’Evêché du Tyrol, et plus largement, à l’Empire Romain Germanique. Bonporti fera d’ailleurs une partie de ses études à Innsbruck.

Son occupation principale étant la prêtrise, il se considérait lui-même comme un compositeur amateur. Amateur éclairé, alors!

Bonporti

J’ai choisi de lui associer un des vins les plus en vogue de sa région d’origine, le Prosecco. Mais pas n’importe lequel : un DOCG Asolo – une des deux sous-zones du Prosecco Superiore.

Avant d’être une dénomination, Asolo est d’abord un charmant village de la province de Trévise, qui fait partie de l’association des plus beaux villages d’Italie. Le lieu est réputé depuis des siècles pour la finesse de ses dentelles.

Des dentelles que l’on retrouve dans la musique de Bonporti, à la fois aérienne et pleine d’esprit.

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Et l’Asolo que nous vous proposons de déguster est lui aussi tout en dentelles ; il présente de jolies notes de pommes et de fleurs blanches. Il ne titre que 11° d’alcool, mais n’a rien de fuyant en bouche.

La zone viticole de collines argileuses dont il est issu est protégée des vents du Nord par les Préalpes de Trévise.

Anna Perenna n’est pas le nom de la productrice du vin, mais celui d’un ancien personnage de l’Antiquité – la sœur de la Reine Didon de Carthage. Il est produit par la maison Sartori, de Vérone, à partir du cépage Glera, anciennement appelé Prosecco. Ce n’est pas une méthode champenoise, mais une méthode Charmat, alias cuve close.

Importateur: Delhaize. Prix : 9,49 euros.

 

Les quatre saisons d’Antinori

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Beaucoup plus connu, le second musicien, Vivaldi, est né et a passé le plus clair de sa vie à Venise, où il fut ordonné prêtre, lui aussi.

Mais nous avons choisi de l’associer à une autre grande cité italienne: Florence. Et ce, pour plusieurs raisons; d’une part, Vivaldi a dédié une de ses oeuvres majeures, l’Estro Armonico, au Grand Duc de Toscane, doge de Florence. Une oeuvre dont Jean Sébastian Bach, qui l’admirait, a écrit plusieurs transcriptions pour clavier.

Autre raison de notre choix : Florence est la ville de la famille Antinori, dont nous avons choisi un vin, le Villa Antinori Chianti Riserva DOCG 2012.

C’est une maison dont Vivaldi aurait très bien pu savourer un des vins, quelle que soit la saison, car c’est la plus vieille maison de vin au monde.

Antinori

Mais il y a une dernière raison à ce choix : ce vin est à la fois joyeux, enlevé, et bien structuré. Comme un morceau de Vivaldi, toujours tellement bien construit qu’on se dit que tout s’enchaîne naturellement, de manière fluide et simple, tout en harmonie. Et pourtant, quel travail !

Ce 2012 assemble 90% de sangiovese – le cépage toscan par excellence – à 10% de cabernet-sauvignon. C’est un riserva, ce qui veut dire qu’il a été élevé au moins 27 mois avant d’être mis en marché. Dans le cas qui nous intéresse, il a passé plus d’un an et demi en foudres et en fûts de chêne hongrois et français.

Importateur: Deconinck. Prix: environ 23 euros.

 

by John Smith, after Hugh Howard, mezzotint, 1704

 

Opera Mia

Le troisième musicien, Corelli, est natif de Romagne, la région du Lambrusco – qui faisait alors partie des Etats Pontificaux. C’est d’ailleurs à Rome qu’il trouve ses principaux mécènes ; mais il séjourne aussi à Bologne, à Modène et à Naples, alors sous domination espagnole.

C’est dans cette dernière ville que furent retrouvés plusieurs manuscrits de sa main, qui ont permis de redécouvrir son œuvre.

Une oeuvre qui a inspiré Handel, Bach et Bonporti, entre autres. Au point que bons nombre de musicologues considèrent que « tous les chemins des grands compositeurs de concertos du 18ème mènent à Corelli ».

Son séjour à Naples n’a pas été très favorable à Corelli : ayant rencontré plusieurs violonistes virtuoses, il en aurait été dégoûté d’écrire.

Quoi qu’il en soit, cet épisode napolitain nous a lancés à la recherche d’un vin de la région qui pourrait correspondre à son oeuvre.

Nous l’avons trouvé dans un Taurasi, le grand rouge de Campanie – sans doute un des seuls rouges du Sud de la Botte digne de se mesurer, en raffinement et en longévité, avec les grands vins de Toscane ou du Piémont.

Ce vin présentait aussi un lien avec notre assistance belge, puisqu’il est produit par une œnologue native de Bruxelles, Milena Pepe, qui officie à la Tenuta Cavalier Pepe, face au joli village de San Angelo d’Asca, près d’Irpina.

Bien que sa situation soit sudiste, n’allez pas imaginer un vin très solaire, souple et marqué par l’alcool ; nous sommes sur les contreforts des Appennins, les hivers sont rudes, les vents aussi, les raisins sont lents à murir, particulièrement l’Aglianico, héritage de l’Oenotria– ainsi s’appelait en effet le sud de l’Italie, colonisé par les Grecs.

Ce 2009  a du fruit (cerise, marasquin), de la fraîcheur, de la mesure, de la classe et de la charpente ; là encore, il s’agit d’un vin construit, d’une oeuvre.

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La cuvée porte d’ailleurs un nom très musical : Opera Mia. L’idée de Milena est de pouvoir offrir des Taurasi pouvant être consommés assez jeunes, comparativement à la plupart des autres vins de l’appellation, dont on se demande parfois s’il est possible de les apprécier du vivant des producteurs – notez que c’est le problème qu’on connu parfois certains compositeurs…

Importateur: Marcon Vini. Prix: 21 euros.

J’arrêterai là mes commentaires, car en musique comme en vin, le commentaire est secondaire. Le plus important, c’est que vous goûtiez et vous fassiez votre propre opinion.

Le plus beau, avec le vin, comme avec la musique, c’est que nous avons tous tous les outils nécessaires pour apprécier l’oeuvre : des oreilles, dans le cas de la musique ; un nez et une langue, pour le vin.

Il ne pas nécessaire d’avoir étudié la musique ou le vin pour pouvoir en écouter ou en goûter.

D’un autre côté, en savoir un peu plus sur l’origine, la technique employée, permet certainement de mieux comprendre ; de les re-situer dans leur contexte, voire de les marier, comme on peut le faire avec des mets.

Hervé Lalau


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Les concours de vins : une affaire très ancienne

Andeli

Les concours de vin se sont multipliés ces dernières années, au point de devenir peut-être trop nombreux pour être tous crédibles. Et la proportion de médailles accordées dans certains concours frise le ridicule. Je ne vais pas passer en revue les concours actuels dans cet article, mais plutôt vous parler du premier concours dont nous avons trace : La Bataille de Vins d’Henri d’Andeli, un trouvère normand, qui date du début du 13ème siècle. En réalité, il semblerait que ce concours n’ait jamais réellement existé car il s’agirait plutôt d’un « fabliou », c’est à dire d’une figure de style de la littérature du Moyen Age. Mais peu importe, car ce texte est savoureux. Pour information, il est disponible in extenso dans l’excellente recueil de Sophie Guermès intitulé « Le Vin et l’Encre (Mollat 1997).

Le Vin et l'Encre

Si vous avez déjà participé à des concours en tant que juré, vous savez bien qu’on ne peux pas aimer tous les vins, et aussi que les désaccords entre jurés autour d’un même vin sont monnaie courante. Mais il est rare que toute une catégorie de vins se trouve condamnée comme étant indigne et inférieure. C’est pourtant ce qui est arrivé à l’ensemble des vins rouges dans ce récit. Reflet des goûts de l’époque, probablement, ou bien était-ce du à l’absence de soufre et d’hygiène dans les chais ?

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Si aujourd’hui dans les concours codifiés on se contente de cochez des cases pour signifier ses impressions sur la netteté, l’intensité, la longueur en bouche ou l’équilibre générale du vin, les commentaires étaient nettement moins encadrés et plus imagés alors : par exemple un compliment adressé à un vin qui a particulièrement plu, le jury soulignait qu’il était capable de vous perdre un oeil ! Je trouve que cela a une toute autre allure que le style de descriptions aromatiques, largement répandu par de nombreux sommeliers et que je qualifie de « tendance salade de fruits » : cela consiste évidemment à énumérer des longues listes d’arômes, plus ou moins probables et totalement absconses pour la plupart des mortels. Même si on ne souhaite à personne de perdre un oeil lors d’une dégustation, je crois que je préfère cet image à « minéralité tendue, notes de craie au soleil après la pluie avec un soupçon de fleur de vigne ».

De nos jours, les producteurs ou consultants qui sont mécontents des critiques les traitent de tous les noms, individuellement ou collectivement, mais à cette époque lointaine, la balance de pouvoir semble avoir été de l’autre côté car un des juges a même menacé de mort un vigneron à l’origine d’une vin qui a du sérieusement le déplaire ! Je peux être sévère parfois, mais je n’irai pas si loin. Le terme « Bataille » utilisé dans le titre de ce poème est donc bien plus approprié que celui de « concours ».

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Chaque concours doit avoir un patron qui fait régner l’ordre dans la salle. Dans ce cas il s’agissait du roi de France, Philippe Auguste. Et, pour être crédible, il doit aussi être international dans sa conception. Mais si on pense que le 13ème siècle ne jurait que par le local ou le franco-français, on se trompe lourdement. A une époque ou les moyens de transport étaient toute autre que de nos jours, La Bataille des Vins comparait 70 vins dont certains venaient de la Moselle germanique, d’Espagne, d’Italie ou de Chypre. Pour la France, c’est le nord du pays qui dominait nettement l’échantillonnage, même si on trouve, curieusement, un vin de Moissac. On sait que l’absence de moyens de transport et la difficulté de faire tenir les vins au delà d’un an explique largement cela.

Deux personnages tiennent la vedette dans ce concours : le roi de France déjà mentionné et aussi un prêtre anglais qui était apparemment ivre du matin au soir. N’oublions pas que la guerre de Cent Ans était en cours et qu’il ne fallait pas louper une occasion pour tourner l’ennemi (de la France) en dérision. Mais on aussi là une indication de l’ancrage religieux de la culture du vin en Europe.

Alors qui a gagné cette bataille ? Ce fut un vin de Chypre qui remporta la dégustation, suivi du vin d’Aquilée (aujourd’hui en Italie) : tous deux des vins sucrés ce qui est aussi bien un reflet des goûts de l’époque que de la capacité du sucre à bien conserver le vin à cette époque d’avant les bouteilles (et le soufre). C’est aussi la preuve que les français du 13ème siècle étaient bien moins chauvins qu’aujourd’hui. Je reviendrai prochainement sur ce sujet car, dans 15 jours environ, il y aura une dégustation pour commémorer la 40ème anniversaire de l’événement connue sous le nom de « Jugement de Paris » et qui a vu des vins de Californie battre des noms très connues en Bourgogne et à Bordeaux.

 

David

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État des lieux d’un vignoble en péril: Banyuls-Collioure

L’envie de m’arrêter ne serait-ce qu’un temps sur le terroir le plus spectaculaire de ma région d’adoption, cette même envie ajoutée à un séjour récent dans ce bout de France le plus méridional de l’Hexagone, ainsi qu’un papier tout aussi récent de notre Marco ici même, toutes ces circonstances confondues ont achevé de me convaincre.

Me convaincre de quoi au juste ? Qu’à moins d’une prise de conscience de nos édiles, d’une décision politique de prendre le problème à bras le corps, ce qui n’est pas avouons-le dans l’ADN de nos politiques, et d’un investissement colossal côté vignerons, suivi de mesures de protections radicales, le si beau vignoble de Banyuls (qui englobe celui de Collioure, Port-Vendres et Cerbère) n’en a plus pour très longtemps.

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Au delà de la beauté qu’offrent les paysages d’une montagne schisteuse dévalant dans la mer, hormis ces petits ports romantiques où il m’arrive de tremper mes gambettes poilues, de lire le journal ou de boire mon café, laissant de côté ces criques mouchoirs de poche s’ouvrant sur la Méditerranée, qu’est-ce qui m’autorise à être subitement aussi péremptoire (et pessimiste)? Après tout, la population locale et ses élus semblent se satisfaire de vivre dans des paysages de toute beauté et ils me paraissent jouir en pleine apathie de leur environnement immédiat, semblant se désintéresser d’un péril qu’ils ne voient pas venir, à moins qu’ils ne veulent le voir venir. Tout semble si bien aller : en hiver les retraités affluent de toute l’Europe, tandis que les projets immobiliers se multiplient et que les enseignes à grandes ou moyennes surfaces pullulent jusqu’aux fronts de mer. C’est beau la Catalogne française…

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Arrivé dans le Roussillon, en 1988, c’était vers ce vignoble spectaculaire que je m’étais tout naturellement tourné. En compagnie d’une troupe d’investisseurs très modestes (sommeliers, cavistes, vignerons, journalistes spécialisés) nous étions allés à Banyuls-sur-Mer, non pas avec en tête l’idée de faire du fric, mais déjà l’envie sincère de sauver de l’oubli quelques parcelles de précieuses terrasses de vignes de Grenache, des vignes que nous voyions sombrer dans l’oubli et que les gens du coin, hormis une poignée de vignerons, préféraient laisser à l’abandon. Il faut dire que nous mêmes, après trois millésimes d’un Terra Vinya élevé en pièces, avions fini par jeter l’éponge dix ans plus tard par manque d’ambition et parce que la vie nous appelait ailleurs. À l’époque, vers la fin des années 1980, la raison principale de ce délabrement du vignoble était aussi évidente qu’historique : la vente des vins doux naturels périclitait n’ayant, comme unique pilier, qu’un public survivant composé de quelques vieillards en mal de réconfort sucré. En gros, la nouvelle génération ne suivait pas et ne collait plus à l’image vieillissante et ringarde d’un produit d’une autre époque. Ainsi vont les modes, ainsi vont les vins.

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Pour des raisons culturelles, après des décennies d’un relatif confort, les vignerons – pour beaucoup petits propriétaires doubles actifs liés aux coopératives – avaient du mal à se recycler en producteurs de vins secs ou tranquilles, c’est-à-dire non mutés (non renforcés devrait-on dire) à l’alcool. Ajoutez à cela la difficulté de lancer sur le même territoire que Banyuls une appellation-bis comme Collioure qui, à l’époque, ne concernait que des rouges, les fautes de gestion des uns et des autres, les plans de communication en dents de scie pour plaire tantôt au négoce, tantôt à la coopération, les deux acteurs majeurs d’alors, ainsi que le sempiternel combat des conservateurs s’affrontant à un vent de modernisme pas assez convaincant à leurs yeux, du moins dans ses arguments financiers immédiats, et c’est ainsi que l’on obtenait une sorte de lie visqueuse entraînant un refus de bouger, une passivité se heurtant, en plus, à différentes ambitions politicardes locales. On avait l’impression que l’intelligence d’un seul homme, Michel Jomain, pouvait faire bouger les choses. Seul hic, le gars n’était pas du pays et en plus, il était fort marqué politiquement (ndlr: à gauche, en l’occurrence). L’homme a disparu en 2011.

Est-ce le manque d’enthousiasme, est-ce un problème de gestion ou de perspectives commerciales? Toujours est-il que depuis, le Groupement Interproducteurs Collioure Banyuls qui, un temps, représentait 80% des viticulteurs du cru, un mastodonte que les touristes connaissent sous le nom de Cellier des Templiers (aujourd’hui Terre des Templiers), a fini par mettre le genou à terre avant d’être placé sous sauvegarde par la Justice. Il dispose encore d’une année pour se redresser.

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Mais alors, quel est donc ce mal mystérieux qui menace ce petit territoire côtier au cœur duquel je me suis récemment isolé et promené durant deux semaines ? Le problème, c’est qu’il n’y a pas un mal, mais des maux… et non des moindres. Je vais tenter de les résumer ici, tout en précisant avant d’aller plus loin que cette splendide Côte Vermeille où se côtoient, je me répète, deux appellations, Banyuls et Collioure, est un pays à part avec ses codes, ses traditions, ses magouilles aussi, un état dans l’État.

Quelque peu isolé du reste de l’Hexagone, avec une seule route sinueuse pour le traverser et une ligne de chemin de fer menant à l’Espagne, ce petit pays a longtemps vécu de la pêche artisanale et de la viticulture… sans parler de la contrebande. Depuis 1974, une réserve maritime est sensée protéger plus de 6 km de côtes. Mais cela n’a pas empêché la construction de quelques horreurs de même que la réserve n’est pas parvenue à enrayer l’exploitation (le vol ?) d’un fameux gisement de corail rouge.

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Comme partout ailleurs, en quelques décennies, le monde autour a évolué : l’Espagne a rejoint l’Europe avec ses coûts de main d’œuvre plus compétitifs, la pêche a décliné faute de poissons et de marins, la vigne s’est arrachée faute de vignerons courageux et de buveurs, tandis qu’avec les années 2000, une route à quatre voies mettait Port-Vendres et Collioure à moins de 30 minutes de Perpignan et de l’autoroute, et que le tourisme prenait une place de plus en plus prépondérante avec son cortège d’agitations, d’appétits et de frénésies immobilières. Il faut bien avouer que, si l’on se met à la place des investisseurs, cette zone qui a attiré tous les peintres du siècle précédent reste un des derniers bastions à saisir avec vues garanties sur la Grande Bleue avec des prix bien plus accessibles que ceux de la Côte d’Azur, par exemple. Tout cela est très vite résumé, j’en conviens, et mon analyse ne doit pas être prise trop au sérieux dès lors que je ne sors pas d’une grande école et que je ne m’abrite derrière aucune commission d’experts comme nous en avons tant vu défiler ici.

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Dans ce tableau qui peut paraître sombre, je dois préciser qu’accompagnant le déclin des coopératives qui jadis monopolisaient la production, la viticulture semble connaître un certain renouveau. Des investisseurs vignerons parfois importants s’installent, des idées jaillissent en même temps que de jeunes et dynamiques aventuriers vignerons se font connaître, certains étant même issus du milieu de la coopération. Dans la même foulée, on voit poindre à l’horizon une multitude de projets touristiques autour du vin, projets de taille humaine ne manquant pas d’intérêt.

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Après cette présentation sommaire, je vais donc énoncer ici les maux visibles ou évidents qui menacent directement le vignoble et ses alentours, sans oublier les habitants – qu’ils soient vignerons, commerçants ou retraités, venus d’ici ou d’ailleurs. Pour s’en rendre compte, il suffit de se promener sur les routes et les chemins, et de bavarder avec les rares vignerons qui travaillent encore leurs propres vignes. À l’époque de la taille, par exemple.

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Le réchauffement. Même si le réchauffement climatique n’aura sans doute pas d’ incidence majeure sur le vignoble avant 20 à 30 ans, on en perçoit déjà les prémices, notamment des orages monstres, mettant en péril un vignoble qui n’est plus tenu avec autant de soins qu’autrefois (voir plus loin). Cela s’est déjà produit, mais c’était il y a plus de 30 ans, quand les vignes étaient encore entretenues avec une volonté de protection à long terme. Or, depuis les années 60, on peut dire que, graduellement, les terres sont peu ou très mal entretenues quand elles ne sont pas carrément abandonnées fautes de reprises en mains par un successeur réellement motivé et amoureux de sa vigne. Elles sont d’autant plus vulnérables à la modification du climat.

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Les abandons. Des parcelles de vignes meurent à petit feu faute de repreneurs. Beaucoup de propriétaires en fin de vie refusent de confier leurs vignes à un jeune, espérant peut-être qu’un citadin les rachète à bon prix pour en faire une sorte de terrain de loisirs pour y installer une caravane ou y construire – le plus souvent illégalement – une cabane qui deviendra peut-être villa. Avec ces vignes abandonnées, ce sont autant de vieux grenaches qui disparaissent de notre patrimoine. On a l’impression que seules les surfaces conséquentes et mécanisables, autour d’un hectare et plus, intéressent les repreneurs. D’ailleurs, ces derniers ne sont plus enclins à l’achat de vignes de coteaux : ils préfèrent acheter sur du plat ou de l’arrondi, délaissant les pentes. Ensuite, ils préfèrent tout raser au bull, y compris les murettes, niveler le plus possible afin de permettre aux tracteurs de rentrer dans de belles rangées de syrah, cépage qui, entre parenthèse, n’a pas grand-chose à faire dans ces contrées. C’est le rendement à court et moyen terme qui est privilégié au détriment du long terme et de la transmission familiale d’un vignoble en parfait état.

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Les incendies. Ils sont une vraie plaie, surtout en été. On est allé jusqu’à croire que pour réduire les risques, il suffisait de subventionner des vignes pare-feu sur les hauteurs des coteaux. L’idée, probablement trop coûteuse, a semble-t-il été abandonnée. De toutes les façons, elle n’a suscité que peu d’intérêt du côté des vignerons, lesquels ont déjà bien des soucis avec les sangliers qui pullulent et dévastent les terres. Reste que si l’on n’y prend garde, les chênes-liège, les oliviers sauvages, les figuiers, les micocouliers, les pins et autres essences typiques risquent fort de disparaître alors qu’elles servent souvent de cadres majestueux aux parcelles de vignes. Non entretenue, cette végétation forestière si fragile, une fois décimée, peut réapparaître, certes, mais elle est aussi le plus souvent remplacée par une garrigue dévorante et étouffante qui favorise également les départs de feux dans une région où les vents sont féroces.

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Les tremblements de terre.  Ils sont assez fréquents autour des Pyrénées. Reste que, sans faire de catastrophisme, les canaux, les rigoles et les murets édifiés patiemment et entretenus au fil des générations pour maintenir les terrasses, les casots aussi (ces petits abris qui servent à ranger les outils), les précieuses citernes renfermant l’eau qui sert aux traitements, les petites routes d’accès à flanc de montagne, tout cela pourrait disparaître un jour si le sous-sol décidait de se refaire une place. Et des pans entiers de vignes donnant sur la mer pourraient sombrer.

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Les murets. Petits ou grands, hauts ou courts, grâce aux plaques de schiste qui se détachent et se taillent relativement facilement, ils font partie ici du paysage façonné par l’homme depuis des siècles. Et sont devenus la composante essentielle, avec les peu de galls et autres agulles (canaux destinés à favoriser l’écoulement des eaux en cas d’orages), de ce vignoble architectural couvrant quelques 2000 ha de flancs de coteaux. Le gros problème avec de tels murets, c’est qu’ils sont fragiles et qu’il faut les entretenir. Sinon, pierre par pierre, au fil des ans, ils se dégradent de plus en plus entrainant avec eux la terrasse qu’ils sont censés soutenir, autrement dit des paquets de vignes. Comme rien n’est simple, seuls les ancêtres qui passaient des journées entières à la vigne, avaient acquis l’art de construire les murettes et de façonner ces étonnants caniveaux de géants qui permettaient l’évacuation des eaux tout en préservant la précieuse terre, en évitant qu’elle ne soit pas emportée. Dans les années 80, j’ai rencontré des vieux maçons de vigne qui étaient prêts à partager leurs petits secrets. Sauf qu’il y avait peu de volontaires pour les écouter. Avec eux disparaissent les techniques emmagasinées de génération en génération et c’est bien triste de voir le vignoble se défigurer faute d’entretien adéquat.

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Le tourisme. S’il n’est pas canalisé en urgence, le tourisme, aussi nécessaire qu’inévitable, va faire mal, très mal. Il risque de causer d’importants dégâts dans les vignes de Banyuls, de Cerbère, de Collioure et de Port-Vendres, sans oublier l’arrière-pays d’Argelès-sur-Mer. Sur les chemins semi-côtiers que j’ai fréquentés presque tous les jours, j’ai rencontré des promeneurs sages et respectueux des plantes et de l’espace, mais aussi quantité de sauvages venus s’exciter sur des terres synonymes de risques et d’aventures. En VTT, en patinette électrique (!), en moto trial, en 4 X 4, j’ai croisé des gens manquant réellement d’éducation, prenant possession du terrain privé (une vigne) comme si c’était un dû, dévalant les pentes sans se soucier du dommage qu’ils causaient au passage aux murets comme aux jeunes plants. Des saccageurs !

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– Les squatters. Pour l’instant, ils s’agglutinent en bord de mer car pour eux, seule la vue compte. Et dieu sait que la vue peut être grandiose dans le secteur ! On commence par acheter une vigne en perdition avec un casot tout simple que l’on agrandit au fur et à mesure dans le plus mauvais goût qui soit, tout en restant caché au sein de la végétation afin de ne pas trop se faire remarquer. J’ai ainsi vu en un site pourtant soit-disant hautement protégé de véritables pavillons sam’suffit avec arrivée d’eau et électricité fournis par la municipalité de Port-Vendres, sans oublier le parking gagné sur d’anciennes vignes afin que les copains puissent se garer. J’oubliais le chemin aménagé en béton jusqu’à la mer afin que le bateau puisse glisser gentiment dans l’eau. Pour l’espace vert, les vignes et la végétation ennuyeuse sont carrément anéantis au round-up ! Il semblerait que ces gens finissent enfin par payer des impôts locaux, mais combien sont-ils qui vivent encore cachés, parfois même dans de véritables taudis. Combien sont-ils encore à se barricader  de manière hideuse tout en fabriquant des plaies dans le décor ? Sur une douzaine de pseudo casots ainsi rencontrés en un seul circuit que j’estime à 5 km, seule une construction se présentait de manière honorable, en pierres du pays (schiste) et sans barrières, bien intégrée dans le paysage. Leur nombre ne cesse de croître et la terre – d’anciennes vignes – se vend de plus en plus cher.

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Voilà un aperçu sommaire de ce qui peut sournoisement menacer un vignoble, grignoter peu à peu une part non négligeable de son authenticité, de son image, de sa force. Celui dont je viens de vous parler, le terroir de Banyuls et de Collioure, s’il était connu depuis des siècles sur la carte de la Méditerranée, n’était guère satisfait de sa notoriété il y a 30 ans, notoriété qu’il trouvait insuffisante. Maintenant que les choses vont mieux, il serait temps que mes amis de la Côte Vermeille  prennent conscience de ce qui leur arrive. Car en matière de vignoble, il ne suffit pas de faire de bons vins. Il faut aussi être paysagiste, conservateur, protecteur, amoureux et farouche défenseur de son territoire. Le terroir qui fait notre vin est aussi un paysage. Ne l’oublions pas. Amen !

Michel Smith

(Photos©MichelSmith)


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The Bubble Battle of Waterloo 2015: news from the front

Cet article est publié en versions anglaise et française. Descendez pour lire la version française

This article is published in English and French versions. Just scroll down to get the French version

This battle of the bubbles took place at Waterloo on November 7th 2015, just over 200 years after the original and rather bloody version. So did the French (represented by 10 Champagnes) win this time, against strong opposition from English and German sparkling wine producers, together with a few outsiders from Belgium, Switzerland and Alsace ? Well, the short story is yes, but it was a closer thing than many might have supposed. Let’s go back and set the scene first, in case you haven’t followed the story so far.

Waterloo Bubble Battle

Earlier this year, seeing all the festivities being prepared in memory of the battle that saw the final defeat of Napoleon, and thinking about how all three countries involved  contributed to making sparkling Champagne the benchmark wine that it is, I thought that it might be both interesting and fun to match some contemporary English sparkling wines against a selection from Germany and France. And of course this had to be held somewhere on the battlefield of Waterloo. My colleagues Hervé Lalau and Marc Vanhellemont found the perfect place, a former farm called La Ferme du Mont St. Jean, which had served as a war hospital for British troops during the battle and which now harbours a brewery, a restaurant and a shop, plus a tasting room. As a minor coincidence one of my ancestors defended another farm, called Hougoumont, during the battle where he commanded the 2nd battalion of the Coldstream Guards.

IMG_7190The courtyard of Ferme du Mont Saint Jean, where we held the tasting

The main French contingent for our tasting was from Champagne, with a series of 10 wines, all but one of which came from producers that were in existence back in 1815. The one exception being the Napoleon brand, which obviously had to be present! The English Sparkling wine contingent was a bit smaller, as they only sent 7 wines, although, in their lighter style, these managed to defend their colours well, and sent two wines into the final along with seven others from France, Germany and Switzerland (see explanations for the latter one further on). The largest contingent came from Germany, with a total of 14 sekts and méthodes traditionnelles of different geographical origins and various grape varieties. We also tasted three wines from other regions and countries, and these were tasted in the same flight as the English sparklers to even up the numbers. Since the Belgians had fought on both sides, there had to be a Belgian wine there, and the Valais (Switzerland) also sent a representative as the Simplon region was attached to France at the time of the Battle of Waterloo. The final « joker » in the pack was a Crémant d’Alsace.

Whilst this selection process might seem a little arbitrary, it does have its rationale. In the case of Champagne, the basis for the selection was of course historical. For the English selection, the samples were sent in voluntarily, following a request to the English winegrower’s association. 12 of the 14 German wines we tasted had formed the top 12 in a recent German sparkling wine competition.  Having directly and individually requested samples from those Champagne houses founded before 1815, only three either refused to participate or did not answer my requests. Alongside the wines tasted below I have therefore listed those who refused to fight, and so are to be considered as deserters. What they were afraid of is quite hard to figure as this was a most pacific and friendly event that was conducted in a professional manner. Tant pis pour eux


IMG_7184The tasters at work. Studious but relaxed

The wines were tasted in three separate flights and then the best from each went into a final of 9 wines. The first flight involved the 7 English wines, together with the 3 « jokers » from other places (Belgium, Alsace and Switzerland). Next came the 14 German wines, and finally the 10 Champagnes. Eleven tasters (see list below) were involved and the results are the fruit of their average marks for each wine. All are very experienced wine professionals and came from 4 countries: Belgium, England, France and Germany. The wines were commented and noted (out of 20) individually. At the end of the 3 flights, the top 9 wines, selected according to average marks for each wine in the flights, were re-tasted and noted again in a final session.

Here are the wines that made it into the final, in the order of their markings:

1 Champagne Charles Heidsieck Brut Réserve (France)

2 Champagne Henriot Brut Souverain (France)

3 Bardong Chardonnay Brut 2006 (Germany)

4 Nyetimber Classic Cuvée 2010 (England)

5 Champagne Roederer Brut Premier (France)

6 (ex-aequo) Champagne Ruinart Blanc de Blancs (France) & Tsempéro (Valais, Switzerland)

8 Denbies Cubitt Reserve (England)

9 Von Buhl (Pfalz, Germany)

It should be noted that Charles Heidsieck was a clear winner, obtaining the highest average mark both in the heats and in the final. The other makings were very close, at least for the first 4 wines. Consistency of the markings was also very good overall between the same wines tasted in the heats and the final. The Champagne series (all this series of wines were the producer’s non-vintage cuvée) did obtain the highest average markings of the three series. They are also the most expensive of the wines tasted. One can of course attribute this superiority to their higher overall quality, but also, perhaps, to a more instantly recognizable style. This is especially pertinent in relationship to the series of German sparkling wines which came from very different grapes and techniques that included both sekts and méthodes traditionnelles, chardonnays, pinot noirs, rieslings and even a delicious but very different demi-sec Muskateller).

The Champagne deserters were:

Moët & Chandon, Perrier Jouët and Veuve Clicquot: shame on them !

The tasters were:

from England: Michael Edwards & David Cobbold

from Belgium: Marc Vanhellemont, Luc Meyermans & Hilde Jonkheere

from Germany: Klaus Hermann & Jorg Winkler

from France: Hervé Lalau, Olivier Borneuf, Xavier Leclerc & Christophe Macra MW

Next week I will discuss this tasting in more detail with some conclusions.

 

Version française

La Bataille des Bulles de Waterloo, 2015: nouvelles du front

Cette bataille des bulles a eu lieu sur le champ de la bataille de Waterloo, le 7 novembre 2015, un peu plus de 200 ans après la vrai et bien plus sanglante bataille. La question sur vos lèvres est probablement : « Est-ce que la France (en l’occurrence représentée par 10 champagnes) ont gagné cette fois-ci ? ». Eh bien, et malgré une solide opposition de 14 bulles allemandes, 7 anglaises et 3 autres en provenance de la Belgique, de la Suisse et de l’Alsace, la réponse est probablement oui, même si le match fut plus serré qu’on pouvait s’y attendre. Mais replaçons cela dans le contexte, si vous n’êtes pas déjà au courant.

Plus tôt cette année, devant l’armada des commémorations de la bataille de Waterloo (sauf en France, il est vrai !), et considérant que les trois pays les plus impliqués dans cette confrontation étaient aussi ceux qui ont fait la réussite du Champagne mousseux, j’ai trouvé intéressant et amusant de refaire la bataille d’une manière très amicale et totalement pacifique avec des vins à bulles issus des trois pays, France, Angleterre et Allemagne. Evidemment il fallait tenir cette dégustation sur le champ de la bataille et mes collègues Hervé et Marc ont déniché l’endroit idéal : la Ferme de Mont Saint Jean, qui fut un hôpital de guerre pour les troupes britanniques pendant la bataille, mais qui héberge de nos jours une brasserie, un restaurant, une boutique et une salle de dégustation. Il se trouve qu’un des mes ancêtres a défendu, pendant la bataille de 1815, une autre ferme, Hougoumont, non loin de là en tant que commandant du deuxième bataillon des Coldstream Guards.

L’essentiel des vins français venait de Champagne, et de maisons fondées avant 1815, à l’exception de la marque Napoléon, qui était indispensable pour l’occasion ! Les sparkling anglais étaient au nombre de sept, que nous avons complétés dans la série, pour égaliser les forces, par un vin belge (les belges ayant été très présents des deux côtés de la bataille), un vin suisse (les valaisans faisant partie de la France en 1815), et un alsacien (ils étaient aussi français et pas allemands à cette époque). Les logiques qui ont présidé à la sélection étaient variables. Pour les champagnes elle est historique. Pour les anglais j’ai fait appel à l’association des producteurs anglais et sept ont répondu présent. Pour les allemands, il s’agissait, pour l’essentiel, des 12 premiers vins d’un récent concours tenu en Allemagne pour les vin mousseux.

J’ai sollicité individuellement toutes les maisons de Champagne dont la date de fondation précède 1815. Une n’a pas répondu, et deux ont refusé. Leurs noms figurent ci-dessous sur une liste de « déserteurs ». Je ne sais pas trop de quoi ils ont peur ! Mais neuf ont relevé le défi et je les en remercie.

Nous avons dégusté les vins (à l’aveugle bien entendu) en trois séries, puis les meilleurs de chaque série ont été dégusté dans une sorte de finale. La première série était composé des sept vins anglais, plus les 3 « jokers », de Belgique, d’Alsace et de Suisse. Puis les 14 vins allemands et, enfin, les 10 champagnes. Onze dégustateurs professionnels et expérimentés de 4 pays différents, dont vous trouverez la liste ci-dessous, ont participé. Les vins ont été notés sur 20 et la présence en finale, comme les résultat de cette finale, correspondent à la notation moyenne de chaque vin sur les onze notes du jury.

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Le Grand Charles, vainqueur de la Bubble Battle of Waterloo 2015

Les vins finalistes, dans l’ordre de leur notation :

1er: Champagne Charles Heidsieck Brut Réserve (France)

2ème: Champagne Henriot Brut Souverain (France)

3ème: Bardong Chardonnay Brut (Allemagne)

4ème: Nyetimber Classic Cuvée 2010 (Angleterre)

5ème: Champagne Roederer Brut Premier (France)

6èmes ex-aequo: Champagne Ruinart Blanc de Blancs (France) & Tsempéro (Valais, Suisse)

8ème: Denbies Cubitt Reserve (Angleterre)

9ème: Von Buhl (Pfalz, Allemagne)

Charles Heidsieck l’emporte haut la main, avec la meilleure note, aussi bien en séries qu’en finale. Les autres notes ont été plus serrées, du moins pour les 3 vins suivants. Il y avait aussi une bonne cohérence des notes pour les vins dégustés deux fois.

La série des champagnes (il s’agissait des cuvées bruts non-millésimés des producteurs concernés) a obtenu la note moyenne la plus élevée des trois séries. Il est vrai que ces vins sont aussi les plus chers. On peut aussi attribuer à cette bonne notation à une qualité perçue plus élevée en moyenne, mais aussi à un style plus reconnaissable et familier à la plupart des dégustateurs. Cette remarque prend tout son poids lorsqu’on considère que les vins pétillants allemands dans étaient aussi bien des sekts que des méthodes traditionnelles, venaient de régions différentes et de cépages qui allaient des pinots et des chardonnays au muskateller (un délicieux demi-sec), en passant par le riesling.

Les « déserteurs » de Champagne :

Moët & Chandon, Perrier Jouet, Veuve Clicquot : honte à eux !

Les dégustateurs étaient :

pour l’Angleterre : Michael Edwards & David Cobbold

pour la Belgique:  Marc Vanhellemont, Luc Meyermans & Hilde Jonkheere

pour l’Allemagne : Klaus Hermann & Jorg Winkler

pour la France : Hervé Lalau, Olivier Borneuf, Xavier Leclerc & Christophe Macra MW

 

La semaine prochaine, j’explorerai cette dégustation avec un peu plus de détail et quelques conclusions

David CobboldIMG_7920


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Les vins du Liban (2)

Certains lecteurs parmi les spécialistes de la chose vinique trouveront sans doute cet article trop scolaire, pas assez personnel, ou je ne sais quoi. Tant pis ! On ne sait jamais qui va vous lire et je crois qu’il faut aussi donner de l’information pure, de temps en temps. Je suis confirmé dans ce choix par le nombre de fois que j’ai entendu des commentaires du genre « ah bon, alors on fait du vin au Liban? » Ce fut notamment le cas pendant les trois jours que j’ai passé le weekend dernier sur le stand des vins libanais au salon Megavino à Bruxelles qui est ouvert à tout le monde (voir mon billet de la semaine dernière, ici même).

Un peu d’histoire

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Cela vaut toujours la peine de s’intéresser à l’histoire d’un pays viticole, surtout quand elle est aussi longue et aussi complexe que celle de cette région du monde. Le Liban se trouve à la périphérique ouest de ce qu’on appelle le croissant fertile, cette zone qui nous a livré les premières signes de cultures pérennes : céréales d’abord, puis vignes, et aussi une bonne partie des premières grandes civilisations.

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Puis la position géographique du Liban, sur le bord oriental de la Méditerranée, lui a ouvert des voies maritimes qui ont facilité le commerce initié par les Phéniciens, d’abord avec l’Egypte ancienne puis avec la Grèce et tout autour de la Méditerranée. Nous savons en général que les Grecs et les Romains ont grandement contribué à propager la vigne et la culture du vin, mais les Phéniciens l’ont fait tout autant, et bien avant eux.

Les traces de ce commerce sont nombreux, entre autres dans un tombeau égyptien datant d’il y a plus de 3500 ans et qui contient des amphores de vin dont les étiquettes en bois signalent «vin noir du Mont Liban», ainsi qu’une date et le nom d’une personne, sans que nous sachons quel rôle il a joué. Nous avons là presque toutes les indications qui sont portées sur une étiquette moderne, moins les mentions sanitaires, le volume et le degré d’alcool ! Les ports de Tyr, de Sidon et de Byblos ont été actifs pendant plus de mille ans et le vin faisait partie des denrées exportées, comme témoignent des vaisseaux chargés d’amphores trouvés le long de cette côte. Le commerce a perduré, avec des hauts et des bas, jusqu’au moment de la conquête ottomane au 16ème siècle. Par la suite, les nombreux chrétiens de la région (orthodoxes, maronites ou catholiques), ont pu garder le droit de faire du vin pour les besoins du culte mais la production a fortement décliné.

Les premiers signes du renouveau de la période moderne datent du milieu du 19ème siècle et de la vinification à Ksara, entreprisr par des Jésuites, ce fut l’acte de naissance de Château Ksara. Un autre domaine qui existe toujours, le Domaine des Tourelles, fut fondé une vingtaine d’années plus tard. Château Musar, qui est un des domaines les plus connus à l’export avec ses vins atypiques dont une partie suit un très long élevage, à la manière d’un Vega Sicilia, fut fondé par Gaston Hochar en 1930. Le reste de l’histoire moderne du vin libanais est encore plus récente et a connu une rapide accélération lors des 15 dernières années.

La géographie viticole du pays

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(c) Quentin Sadler

La région qui domine largement le vignoble  libanais (elle représente plus de 70% de la surface en vignes) est la longue et haute vallée de le Békaa, dans sa partie centrale et occidentale, puis sur les collines autour de la ville de Zahlé. Mais, depuis quelques années, on assiste à des implantations plus diversifiées, comme à Batroun, au nord de Beyrouth et proche de Byblos, mais aussi autour du Mont Liban, au Chouf et à Jezzine, ainsi que des parties de la Békaa est, proche de la frontière avec le Syrie.

bacchus-cc-moogdroogLe temple de Bacchus, à Baalbeck, qui se trouve en territoire hezbollah.

Il faut rappeler que cette vallée de la Békaa, parfois appelé plaine de la Békaa, se trouve à l’intérieure du pays, abritée à l’Ouest par le mont Liban et ses extensions, et bordée à l’Est par la chaîne de montagnes appelé Anti-Liban. Elle mesure 120 kms de long et autour de 10 kms de large, recouvrant près d’un tiers du pays à une altitude moyenne de 900 mètres. Les vignes situées sur les contreforts peuvent ainsi monter jusqu’à 1500 mètres et parfois plus, en faisant un des vignobles les plus élevé du monde. Sa partie septentrionale, au nord de la ville de Baalbeck est semi-aride  et proche du désert. Le vignoble est donc concentré dans la partie centrale et sud de la Békaa, là ou les ressources hydriques sont suffisantes. La partie Sud est régulièrement appelé Békaa Occidentale car la vallée se situe sur un axe qui dérive vers le sud-ouest.

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Batroun est la deuxième région par la taille et comporte 9 producteurs, actuellement. Cette région fait face à la mer et son altitude est moins élevée, entre 400 et 600 mètres. Ce sont les vents maritimes qui jouent le rôle rafraîchissant que l’altitude procure dans la Békaa.

Les cépages

Les premières plantations de l’ère moderne, au 19ème siècle, ont favorisé les cépages méditerranéens : cinsault, carignan et grenache en tête, syrah plus tard. Pareil pour les blancs. Plus tard, au 20ème siècle, les variétés bordelaises ont pris le dessus, ainsi que le chardonnay. Ce n’est que récemment que des débuts d’une saine diversification sont devenus presque perceptible. On trouve, par exemple, du viognier et un peu d’albarino en blanc, comme du tempranillo en rouge. N’oublions pas les variétés locales blanches, particulièrement le merwah et l’obadieh, ce dernier étant à l’origine depuis peu de quelques cuvées mono-cépage intéressantes par leur faible taux d’alcool autour de 12%.

La production actuelle et les tendances

La production oscille entre 6 et 7 millions de bouteilles par an, à partie d’un vignoble estimé à environ 2,000 hectares. La production de l’alcool local, l’arak, occupe d’autres vignobles, et il y a également une production de raisins et de raisins secs. Environ la moitié de cette production de vin est exportée, essentiellement vers les USA, la Grande Bretagne et la France.

On compte aujourd’hui plus de 35 producteurs : Ksara, Kefraya et Musar étant les 3 plus importants pour le moment. L’expansion du nombre de producteurs est rapide car il n’y en avait qu’une petite dizaine à la fin du 20ème siècle. L’Union Viticole Libanais regroupe la majorité des ces producteurs et à fait adhérer le pays à l’OIV.

On assiste actuellement à deux tendances, visibles lorsqu’on déguste une large série de vins libanais. D’abord une diversification des zones de production, et, en parallèle, à une autre forme de diversification ayant un impact sur les styles des vins : la progression graduelle du nombre de cultivars utilisés en vinification. Ce dernier phénomène inclut aussi l’utilisation de quelques variétés locales et probablement très anciennes, comme l’obeideh ou le merwah, comme l’augmentation de parts de cépages minoritaires du bordelais, comme le cabernet franc, le malbec ou le petit verdot. On trouve aussi quelques métis modernes, comme l’arinaroa, un croisement entre cabernet sauvignon et tannat.

 

Mes coups de cœur au Liban, basé sur plusieurs dégustations

(vins rouges uniquement, mais je recommande aussi le Domiane Wardy et le Domaine de Baal en blanc).

Les plus accessibles (vins rouges)

Château Ksara, Le Prieuré

Domaine Wardy, Les Terroirs

Côteaux du Liban, Syrah

Château Musar, Cuvée rouge

Domaine des Tourelles

Ixsir, Altitudes

Château Quanafar, cuvée Paradis

Château Khoury, Symphonie

 

Un peu plus chers (rouges)

Côteaux de Botrys, cuvée de l’Ange

Domaine Wardy, Château des Cèdres

Ixsir, Grande Réserve

Château Saadé

Château Musar, Hochar Père et Fils

Château Quanafar

Côteaux de Botrys, Château des Anges

Karam, Syrah de Nicolas

Château Ka, Fleur de Ka

Domaine des Tourelles, Marquis de Beys

Château Marsyas

 

Encore plus chers

Château Belle Vue, Renaissance

Domaine de Baal

Chateau Musar

Château Sanctus (attention à la qualité des bouchons sur des millésimes anciens)

Massaya, Grande Réserve

Château St. Thomas, Merlot

Atibaia :  un seul vin produit, mais qui est au sommet des vins libanais selon moi

 

Ou espérer trouver ces vins en France (mais tous ne sont pas importés, malheureusement)

http://www.vinsduliban.fr/       (le plus grand choix)

http://www.cavisteduliban.fr/

http://www.libanus.com/

http://www.cdiscount.com/vin

 

David Cobbold

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