Les 5 du Vin

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Avocat et Manzanilla

L’avocat, un fruit très gras.

C’est le fruit de l’avocatier ou Persea americana, de la famille des Lauracées, comme le laurier sauce, le camphrier ou le cannelier.

 

Avocat vient de l’espagnol aguacate qui vient lui-même du terme ahuacatl en langue nahuatl, parlée au Mexique et au Salvador par les Aztèques et les Pipils. Le nahuatl reste aujourd’hui l’idiome indigène le plus répandu au Mexique. Ahuacatl veut dire testicule en langage autochtone par analogie de forme (présomptueux, les habitants du Yucatan!).

Avocat et sa déco

Un filet de citron lui évite la noirceur de l’oxydation. Le sel et le poivre exhaussent son goût. Crevettes grises ou de miettes de crabes mélangées de mayonnaise pour les foies solides le décorent régulièrement. C’est facile à faire et… c’est assurément très bon. On en oublie sa charge calorique ! (160 Kcal pour 100g)

 Quel vin sera assez fou pour supporter sans rechigner cette foule aromatique ?

Un vin de Sanlúcar de Barrameda appelé Manzanilla, la particularité locale du Fino.

Sa grande fraîcheur, son caractère iodé, son élégante complexité aromatique, mélange de fruits secs et de chair de pomme, ses épices douces, sa structure à la fois grasse et aérienne, parlent le langage des avocats. Et tout le monde sait que tel idiome n’est guère limpide pour les non-initiés au langage de cour.

La Manzanilla caracole sur la chair grasse, ravive les décapodes, se joue du citron et fait un pied de nez à la mayonnaise. Là ne s’arrête pas ses atouts ! Sa richesse aromatique trouve un répondant tant au sein de la pulpe verte que dans l’ornement. De nouveaux goûts surgissent, fusion gourmande, mélanges racés, mer et terre se rejoignent dans l’espace palatin.

Ultime avantage, le vin laisse la bouche nette une fois la bouchée avalée.

Quelques marques intéressantes : Solear de Barbadillo, Papirusa de Lustau, La Gitana de Hidalgo, El Rocío de Gonzales Byass, La Guita de Hijos de Perez Martin.

La Gitana, quand on en boit un peu trop ou pas… 

Tourne, tourne, Gitane, le Poniente soulève tes jupons.

La légèreté du tissu entrevoit le galbe de tes hanches, voile la force de tes muscles, parfume la fraîcheur de ta peau, dessine d’un trait sec et net ton caractère.

Les regards se tournent, les bouches deviennent gourmandes, les lèvres s’approchent à prendre les tiennes, ta silhouette irrésistible enivre.

Tourne encore, austère et suave, fière et amoureuse, tu t’offres sans te donner.

Amande amère, pomme acide, noix verte, épices douces et fortes, fleurs séchées, ton parfum lancine, emplit nos gorges, damne notre âme.

Tourne toujours, belle gitane, tu nous échappes pour mieux nous revenir.

 

Hasta

Marco

 


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Porto Vintage 2015

J’étais très heureux, la semaine dernière, de pouvoir me rendre à l’événement annuel organisé à Paris par l’Instituto dos Vinhos do Douro e do Porto ; d’autant plus que cette année, au lieu d’organiser cela autour d’un dîner, toujours trop long et trop chargé en accords finalement difficiles et fatigants, ils ont eu la bonne idée de présenter une dégustation assise du millésime 2015 en portos vintage et portos single quintas vintage (une explication de la différence suivra), ainsi que quelques raretés parfois surprenantes issus d’autres catégories de grands vins de porto.

Il ne faut pas oublier que la France, si elle est le plus important client à l’export pour les vins de porto, est aussi un des plus ignorants des qualités supérieures de ces vins mutés.

En gros, nous achetons des quantités considérables des portos ordinaires et pas assez des grands vins : la faute probablement à l’image du porto de base, jeune ruby ou tawny, comme l’apéritif type des retraités de ce pays.

Les chiffres des exportations publiés par l’Institut sont éloquents : pour les neuf premiers mois de cette année, la France tient bien sa place de premier pays en volume avec près d’un million et demi de caisses de porto importées, mais dont seulement 9% sont des qualités supérieures.Le Royaume Uni et les Etats-Unis, respectivement en 5ème et 6ème place sur le plan du volume, privilégient bien davantage les portos de qualité, qui représentent respectivement 53% et 57% de leurs importations.

Cela s’explique en partie par le poids de l’histoire. Le porto est, depuis ses origines, essentiellement un vin développé par et pour le marché britannique et les termes « vintage« , « late bottled vintage« , « tawny » ou « ruby » utilisées pour décrire différentes catégories de ce vin, ainsi que le nombre d’acteurs d’origine britanniques dans le vignoble et le négoce de porto (Taylors, Croft, Cockburn, Sandeman, Graham, Dow, Warre, Smith Woodhouse, Gould Campbell, Churchill, etc) sont des indicateurs assez claires sur ce point. Mais est-ce suffisant ?

En tout cas je crois que l’habitude française de boire le porto à l’apéritif constitue un frein puissant au développement d’une connaissance des grands vins de cette appellation, une des plus anciennes du monde. Cette habitude a même quelque chose de choquant pour un anglais un peu traditionaliste : j’ai le souvenir de feu mon beau-père (le mari de ma mère) refusant de servir ma compagne qui avait eu l’outrecuidance de demander une verre de porto à l’apéro !

Les Portos Vintage sont, comme leur nom indique, des vins issus d’une seule année. Il font partie de la grande catégorie des portos ruby, c’est à dire de couleur rouge. Pour préserver ce ton et la saveurs fruité qui vont avec, ces vins sont mis en bouteille assez jeunes. Mais des portos millésimés existent dans l’autre grande catégorie, celle des tawnies. Le mot « tawny » signifie couleur fauve ou ambré en anglais. Un Porto Tawny millésimé s’appelle Colheita, qui est le terme portugais pour vendange (vintage en anglais). Ces vins sont élevés longtemps sous bois et mis en bouteille après une période généralement longue, souvent au delà de 20 ans. Les tawnies de catégorie supérieure sont rarement des colheitas, mais peuvent en revanche avoir un compte d’âge moyen (10 ans, 20 ans, 30 ans) Tout est clair ? Mais ce n’est pas fini !

Dans la catégorie Vintage, il y a les Vintage et les Single Quinta Vintage (je vais passer sur les Late Bottled Vintage, car cela va devenir lassant à la fin). Quelle différence ? Comme en Champagne, chaque producteur est libre de déclarer un vin issu d’un seul millésime comme un vintage. Mais, à la différence de la Champagne, ces vins doivent toujours être contrôlés et approuvés par analyse et une dégustation à l’aveugle conduite par des spécialistes à l’Institut des Vins de Porto.

Les maisons de portos ne déclarent un vintage que dans une année qu’ils considèrent comme exceptionnelle et capable d’une très longue garde. Il s’agit de vins issus d’assemblages entre différentes parcelles et donc de différentes quintas (domaines). Mais les vins de certaines quintas peuvent être d’une belle qualité sans que cela soit le cas partout dans la vallée du Douro. Ils sont donc déclarés comme des Single Quinta Vintage et portent évidemment le nom de la quinta en question.

Le millésime 2015 est clairement dans une sorte de position intermédiaire : la plupart des grandes maisons n’ont pas déclaré de Vintages, mais ils ont souvent déclarés des Single Quinta Vintages. Les autres ont fait comme ils pensaient bien de faire. En résumé, c’est un bon millésime, mais probablement pas un grand millésime comme 2011 par exemple.

Ma dégustation de ces 16 vintage et single quinta 2015

NB. Je vais commenter tous les vins, et pas seulement ceux que j’ai aimé ! L’ordre est celui des la dégustation.

Quinta do Infantado 2015

Une belle quinta que j’avais visité l’an dernier et qui ne produit que des vins de son propre domaine (portos et vins du douro), ainsi qu’une excellente huile d’olive. Ce fut un des très bons vins de cette dégustation pour moi, mais dans un style particulier qui est issu d’une recherche d’une relative légèreté dans un vin de ce type. Le nez est riche et complexe avec des notes classiques de pruneau, de fumé et de ciste. Le toucher est fin et une belle sensation de fraîcheur accompagne le vin jusqu’à le fin (bonne longueur) ou on perçoit à peine une note plus chaleureuse. Les tanins sont parfaitement intégrés dans ce vin au style très accessible et qui finit presque sec. Le producteur a ensuite confirmé que le sucre résiduel y est bien inférieur à la moyenne. (16,5/20)

Quinta Santa Eufemia 2015

Je ne connaissais pas ce producteur auparavant. Il se situe dans la partie ouest de l’aire de l’appellation, près de Regua. Ce vin est plus chaleureux et classique que le précédent, mais le nez est moins expressif, entre notes fumées et florales. Les tanins sont encore bien présents et il lui manque un peu de fraîcheur. Niveau correct mais pas exceptionnel. (14/20)

Croft, Quinta da Roeda 2015

Nez à la fois fruité et bien complexe. En bouche, ce fruité juteux se confirme dans un style classique, bien équilibré et long. (15/20)

Quevedo 2015

Encore une marque que je découvrais à cette occasion. Le style est très fruité mais un peu simple, bonbon, sucré et souple. C’est plaisant, mais pas à garder – et pas au niveau de beaucoup d’autres. (13/20)

Ramos Pinto 2015

Une des maisons qui a décidé de déclarer un vrai Vintage cette année. Un très beau nez plein d’herbes sauvages et d’aromates sur un fond fermement fruité mais toute en élégance. Très bel équilibre en bouche, avec un beau style qui s’étire en longueur et une finale ferme qui laisse augurer une bonne garde. (16,5/20)

Sandeman, Quinta do Seixo 2015

Nez encore bien marqué par son élevage avec des notes de fumé, puis de goudron. Vin dans un style puissant et tannique, d’une bonne longueur mais manquant de finesse. (14,5/20)

Taylor’s, Quinta do Vargellas 2015

Le nez est assez fermé au début mais s’ouvre ensuite sur des sensations denses, d’une très belle ampleur. Ce côté intense et luxuriant se révèle réellement en bouche, autour d’une belle trame tannique. Ce vin aussi vibrant que structuré et complet, complexe et long. Un très beau classique de cette magnifique quinta. (17,5/20)

Fonseca Guimaraens 2015

Si Taylor’s ni Fonseca n’ont déclaré de Vintage en 2015, Fonseca a déclaré une sorte de second vin pour lequel la marque Guimaraens est utilisé. Le premier flacon avait un problème de TCA dû au liège. Le deuxième avait un nez fin, très frais, avec des odeurs de garrigue et de fruits noirs. En bouche on découvre un jus magnifique, aussi affiné que structuré dont la qualité du fruit est éclatante. Aussi long que fin, c’est un grand vin absolument délicieux. (18/20)

Cruz 2015

Nez très fumé aux arômes un peu lourds de goudron. En bouche, un contraste, car le vin apparaît presque délicat mais simple et sans structure. (12/20)

Rozes, Quinta do Grifo 2015

Peu expressif au nez. En bouche, chaleureux et brûlé, manquant de fruit. Simple. (12/20).

Burmester, Quinta do Arnozelo 2015

Un jolu vin bien fruité avec une structure fine mais présente. De la fraîcheur et du caractère avec une finale un peu trop sucrée à mon goût et un peu chaleureuse aussi. ‘(14,5/20)

Cruz, Dalva 2015

Une belle qualité de fruit et une structure fine. Il finit un peu court mais c’est un vin plaisant et bien équilibré à part une sensation un peu asséchante en finale (14/20)

Quinta do Ventozelo 2015

Le nez est fin et frais, avec un fruité séduisant. Son caractère très juteux en bouche n’est pas au détriment de la finesse. L’ensemble n’est pas très long mais il a beaucoup d’élégance et un bon équilibre. (15/20)

Quinta das Carvalhas 2015

Le nez est assez terreux et manque de fruit. Les tanins sont présents mais discrets et ke finale est marqué par l’alcool (12/20)

Niepoort 2015

Un vin aussi juteux que fin. Une très belle dynamique en bouche avec une arrivée de fraîcheur après la première sensation de fruit mûr. Finit bien équilibré, avec juste une légère sensation de chaleur. (15/20)

Vista Alegre 2015

Nez de fumé et de ciste. Très chaleureux en bouche et manquant de substance. L’alcool domine trop. (12/20)

Plus tard, lors d’une autre dégustation, j’ai parlé avec la lauréate de l’édition 2017 du concours Master of Port, Julia Scavo, que j’avais aperçue lors de cette dégustation. Nous avons échangé nos avis et les noms de nos vins préférés – et ils étaient identiques. 

David


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Rivesaltes 1975, j’avais 20 ans

Et ça ne nous rajeunit pas !

Mais les vins doux tiennent plus longtemps que nous.

À l’heure des journées qui raccourcissent, des températures qui chutent, associer un Vin Doux Naturel à notre quotidien nous est salutaire: cela nous permet d’affronter la grisaille ambiante (tant au dehors que dans les esprits). C’est pourquoi j’ai décidé de vous commenter ce 1975 reçu il y a peu d’Idealwine. Ce site s’est spécialisé dans la vente de vins à maturité et possède au sein de son catalogue une belle série de VDN du Roussillon. Et si j’en crois ma petite expérience des vieux millésimes de Rivesaltes, de Banyuls ou de Maury, cela vaut la peine de s’offrir de temps à autres un flacon de ces nectars trop souvent négligés.

Et pour qu’il n’y ait aucun quiproquo ou suspicion quelconque, je n’ai rien reçu d’autre que la bouteille de Rivesaltes 1975 et un petit dossier de presse.

 

Rivesaltes 1975 Riveyrac

La robe se teinte d’ambre rouge aux reflets marron. D’entrée, le nez mêle la noix verte à la sèche, ajoute quelques notes de moka, des accents de garrigue et d’algue marine, puis encore des épices orientales où se reconnaissent le curcuma, la cardamome et le santal.

Ce n’est pas fini, c’est le chic des Vins Doux Naturels, dès qu’ils s’ouvrent, ils n’en finissent pas de nous raconter plein d’histoires aromatiques. Et plus vieux ils sont, plus volubile ils sont, comme si le fait d’avoir été privés de lumière pendant autant de temps leur donnaient l’envie inextinguible de s’exprimer. Ce Rivesaltes entonné en 1975 fut embouteillé en 2014.   

Son caractère séquentiel nous révèle encore des nuances minérales de pierres frottées, d’ozone comme après un orage, voire de goudron, puis revient à de plus classiques biscuits sablés un rien brûlés, de pignons de pin grillés, de fève de cacao, sans oublier cet indice flagrant du rancio, parfum particulier qui oscille entre la noix et l’anchois au sel (c’est difficile à décrire).

La bouche fraîche d’entrée se rafraîchit encore de notes iodées et de quinquina. Le petit rêche des tanins encore subtilement présents apporte du relief, viennent ensuite du cacao aux zestes d’orange confite, des marmelades de kumquat et de mandarine, de la gelée de rose qui lui apporte beaucoup d’élégance, puis du cumin, de la réglisse qui souligne le caramel à la fois sucré et amer, des noix sèches, de la noisette et de l’amande, ça n’en finit pas. Mais continue sur la douce amertume qui aidée de la fraîcheur laisse la bouche très peu appesantie par le taux de sucre.

À chaque gorgée de nouvelles sensations… On pourrait passer une heure à le respirer, puis deux heures à la boire, bref, c’est pas cher le verre.

Mais on pourrait aussi l’associer à quelques plats et bien entendu quelques desserts, mais c’est une fausse évidence, le sucre s’additionne, malgré les belles acidités des VDN, au sucre. D’autant plus que les desserts actuels sont souvent trop sucrés. Avec le chocolat, c’est du vu et du revu.

On va certes le garder pour le Roquefort et autres fromages marbrés avec qui les Rivesaltes s’accordent sans le moindre problème, mais pas que… Les VDN sont, et je l’ai déjà fait remarquer, une sorte de panacée pour le plateau, ils fonctionnent en général avec tous types de pâtes et de croûtes, un Rubis avec une croûte lavée style Munster, un Rancio sec avec un Camembert, un Banyuls blanc avec un Salers, et tous avec des Comté d’affinages différents.

Onctuosité du fromage et suavité du vin s’épousent avec une grâce mêlée de puissance. En partenaires avertis des choses de la vie, rien ne les effraie et c’est avec enthousiasme qu’ils échangent expériences et richesses acquises.

Le premier, le Comté, s’ouvre sur ses tonalités lactées, ses envolées fruitées, sa profondeur minérale. Le second, le VDN, parle de la maturité de son fruit, des épices qui le soulignent, de ses accents torréfiés et biscuités qui parfois le font croire venu d’un orient imaginaire.

Ce sont des accords magiques, envoûtants qui ne laissent personne indifférent.

Mais le cœur du repas lui va tout aussi bien, une daube de veau à la provençale, un lièvre à la gelée de mûre ou plus exotique, un canard laqué à la mode de Pékin.

Faudra aussi que j’essaie le Rancio sec sur les sushis, ça devrait fonctionner.

Bon, j’espère vous avoir convaincu de tenter l’expérience VDN.

Et pour faire un peu de promo pour mon fournisseur de Rivesaltes 1975, je vous signale qu’Idealwine organise une vente privée spéciale « Dîner de Noël » du 7 au 19 décembre. Cette vente comportera un grand nombre de Rivesaltes, Maury, Banyuls proposés dans une large gamme de millésimes qui remontent jusque 1874* (au prix de 3€ et une chique par année en comptant jusqu’à aujourd’hui). Et pour les nostalgiques de leur date de naissance, quelques millésimes en ‘8’.

www.idealwine.com

Pour mémoire, 1874 fut l’année de la première exposition des impressionnistes:  le 15 avril, au 35 boulevard des Capucines, à Paris, une trentaine de peintres exposèrent leurs œuvres dans l’atelier de leur ami le photographe Félix Tournachon, plus connu sous le pseudonyme de Nadar.

Ça le fait !

 

Ciao

 

Marco

 


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Une étiquette à changer, concours

Les étiquettes qui ornent les bouteilles de vins et qui nous renseignent sur leur contenant aimeraient plaire à tout un chacun. Un défi aussi difficile à résoudre que la quadrature du cercle. Il est par conséquent délicat de virer une étiquette pour la remplacer par une nouvelle. Mais il y a des cas quasi désespérés qui réclament urgemment un changement. Ainsi, cette étiquette de Rivesaltes Ambré des plus ringardes…

L’histoire

Elle se passe dans l’appellation Fitou qui peut élaborer des Rivesaltes, c’en est même le berceau originel. Alban Izard reprend le domaine Lerys en 2012; il rajeunit rapidement ses cuvées de rouge pour en faire aujourd’hui d’agréables Fitou, élégants mais au caractère bien trempé. Dans la foulée, il en profite pour rafraîchir les étiquettes, et il fait bien, je vous montre.

Celui qui préfère la première, pas la peine de participer au concours !

Mais Alban n’a pas le temps, ni l’inspiration pour s’occuper de l’habillage de ses vins doux.

Voici l’étiquette du Rancio, les autres sont du même tonneau. Elles ne sont certes pas vintage, quoique, mais pourraient devenir collector. En attendant, Alban veut en changer.

Nous vous proposons donc un concours: celui qui lui fournit un top modèle d’étiquette pour ses VDN en recevra une caisse.

Je vous montre les étiquettes de deux autres de ses cuvées de Fitou.

Et voici la tête de notre vigneron, ça aide pour la création

Pour nous envoyer vos propositions, cliquez sur CONTACT et envoyez nous vos coordonnées.

Soyez créatifs!

Ciao

 

Marco  


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Une dernière piqûre de vieux Vins Doux Naturels

Voilà une piqûre bien agréable, je ne m’en lasse pas, j’espère que vous non plus. Voici deux Rivesaltes issus de la belle offre de la Cave des Vignerons de Terrassous. En fait, les déguster offre un plaisir supplémentaire, celui de les décrire, tellement ils sont riches d’expressions aromatiques, de saveurs aux nuances changeantes. Du premier nez à la dernière gorgée, les impressions sont en constante évolution. Il est difficile de s’en lasser.

 

Rivesaltes 1995 Terrassous

 

L’ambre marron de la robe se nuance de reflets rouges, le nez frotte les silex pour en sortir l’étincelle qui embrase les aiguilles de pin, le bois sec, nos sens. La bouche contemple bien assise cet embrasement, préférant le confort d’une tasse de moka, le craquant d’un grain de café, mais café glacé par la fraîcheur ambiante qui ne laisse guère de place à la douceur sucrée. Fraîcheur qui met en exergue les arômes de poire tapée, de figue et de datte, de raisin de Corinthe. Le grillé vient ensuite étaler ses notes amères qui accentuent l’acidulé aux goûts de limon et de noyau d’abricot.

Assemblage de Grenache Gris et Blanc à parts égales qui poussent dans des alluvions caillouteuses mélangées d’éclats de schiste. Long élevage en barriques de plus de 20 ans.   (36,95€ départ cave)

Rivesaltes 1981 Terrassous

 

Ambre brun à reflets verts, la marque du rancio qui se fait tout go révéler an nez. Les fragrances de torréfaction suivent évoquant la fève de cacao qui grille en compagnie de grains de café. Du caramel pour adoucir l’expression amère bien perceptible. Des épices pour corser le bouquet. Bouche à la fois vive et douce, un contraste qui explose en bouche et avive les papilles qui ont du mal à détailler toutes les nuances aromatiques. Les acidulées évoquent la groseille à maquereau, les agrumes, la pomme verte, la rhubarbe confite. Les douces parlent de chocolat noir, de caramel un rien brûlé, de café noir, de candi brun, bref des perceptions qui se souligne d’un trait bitter. La finale se veut végétale aux accents de pâte d’olive noire.

Assemblage de 65% de Grenache Blanc et 35% de Grenache Gris et même élevage que le 1995. (prix : 52€ départ cave)

www.terrassous.com

Quant à l’éternelle question 

Mais que peut-on manger en compagnie de ces vins particuliers et surtout sucrés ?

Mais de tout, les VDN sont tellement variés autant dans leurs expressions que dans leur douceur ressentie qu’ils accompagnent les repas de l’apéro au dessert. Il faut juste avoir l’envie, le témérité, l’assurance d’essayer. Ils fonctionnent en général sur tous les fromages, c’est un bon départ. Après, il suffit de les tenter avec le plat principal, c’est à la fois original et surprenant sur les viandes, certes étuvées, mais aussi grillées, encore plus si elles sont bien relevées. Allez-y petit à petit jusqu’au menu complet.

Terrats, Terre de légende

cette tour de cuves m’a toujours impressionné

Voici ce que les vignerons terrassous écrivent sur leur site :

    Dans le sud de la France, une légende veut qu’il y ait eu dans des temps très anciens, alors que Barcelone n’était qu’un pré, à proximité du torrent la Canterrane, une cité nommée Mirmanda. Mirmanda aurait été le domaine des fées (les encantades) avant d’être détruite par une brutale montée des eaux de la Méditérranée.

   Invisible au commun des mortels, cette citée n’aurait été vue que par de rares bergers, dont certains auraient été appréciés des fées et seraient devenus très riches. Personne ne connaît l’origine de cette légende qui montre la richesse de l’imaginaire Catalan.

   La plus ancienne mention connue du village de Terrats, sous la forme « Terrenum », date de juillet de l’an 844. Ce jour-là Argila, fils du Comte de Barcelone, vendit à son propre fils, Bérà, deux propriétés avec leurs dépendances. L’une se nommait Furchas (aujourd’hui village de Fourques) et L’autre Terrenum. Un siècle plus tard, en l’an 960, ce nom fut transformé en Terradas devenant peu après Terrats.

 Les Terrassous sont les habitants de Terrats, c’est sous cette dénomination que se sont regroupées les Caves de Thuir, de Fourques et de Terrats.

 Toujours sympa les belles histoires…

Et voici comme promis, le lien avec l’article complet paru dans In Vino Veritas cette semaine

https://www.invinoveritas.be/fr/surprenants-vins-doux-naturels-du-roussillon/

Ciao

 

Marco


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Vins doux vieux, un must dédaigné

Le consommateur est tellement habitué à déguster à l’apéro son Porto basique, que quand on lui parle des vins doux exceptionnels du Sud de la France, il vous répond par un petit sourire d’incompréhension. Il y a peu, dans les locaux de Probably The Best Wine Magazine of the World – and certainly the most modest (en anglais ça fait mieux, encore une connerie), nous avons dégusté une large série de VDN roussillonnais. Quelle extase ! Rien à jeter, et par conséquent les sélectionnés représentaient le top de ce qu’on peut encore trouver sur place. Comme le trio présenté ci-dessous, les millésimes 1992, 1959 et 1948 du Domaine de Rancy à Latour de France. Quand l’ensemble des coups de cœur paraîtront dans le morceau de toile d’In Vino Veritas, je vous donnerai le lien.

Rancy 1992 Rivesaltes Ambré Domaine de Rancy

Une robe d’un ambre brun moyen, rien d’extraordinaire pour un VDN de 25 ans jusqu’au moment où on y plonge le nez. Là, d’un coup, le voilà assiégé par la puissance aromatique du vin, et c’est un perdu qu’il lui faut faire le tri parmi autant de senteurs. Les fruits secs y semblent hégémoniques, noix sèche, noix de pécan, arachide grillée, mais trempée dans un ristretto  bien tassé, lui-même poudré de fève de cacao un rien brûlée et pillée. Ce n’est pas tout, la fève évolue vers le chocolat, y mêle un peu de caramel et de l’écorce d’orange. Le souci avec ce genre de breuvage, c’est qu’à chaque respiration, de nouvelles senteurs éclosent. Passons à la bouche. Là les papilles hésitent à dire sucré ou acide, les deux ensembles, ce qui les chamboule un peu. Il y a du sel aussi qui rafraîchit l’onctuosité. Et de l’amertume, les quatre saveurs s’y retrouvent, apportant chacune leur nuance, gentiane et réglisse, iode, cassonade sirop d’érable, quant à l’acidité, il est difficile d’y apposer un goût, peut-être citron confit ou jus d’orange sanguine. la longueur s’épice de curcuma et de poivre blanc et reprend toutes les notes aromatiques à l’envers.

Ce breuvage des dieux est fait à 95% de Macabeu et 5% de Grenache qui poussent dans des schistes et des calcaires. Les vignes ont une cinquantaine d’années. Pressurage direct, pas de levurage et fermentation lente de 10 à 15 jours avant mutage. Élevage sur lies fines en cuves béton et puis élevage en fûts de chêne centenaires pendant 22 ans – Mise en bouteille en juin 2014. Il titre 17,62% d’alcool pour 129 de sucres résiduels.

Rancy 1959 Rivesaltes Ambré Domaine de Rancy

Ambre foncé au disque légèrement verdâtre, signe du rancio. Il est plus discret au nez, prenant son temps pour nous offrir un curieux mélange de sirop de reinette et de suc de viande, voire de sauce soja. Il y a aussi cette impression maritime d’algues sèches et de mare saline. Puis des épices, du fenugrec et de la graine de coriandre qui viennent rivaliser d’intensité avec la fève de cacao torréfiée. En bouche, la fraîcheur semble encore plus importante que dans 1992. On la dira vive, histoire de dépoussiérer le palais pour y installer ses arômes de noisette concassée, d’amande caramélisée et de grain de café dont l’amertume relance la vivacité. Après, tout semble s’assagir pour nous parler de pâtes de fruits, des agrumes essentiellement, mais aussi de la poire et de la pomme bien concentrées. Vivacité et amertume nous suivent jusqu’à la dernière gorgée et nous laissent le palais frais, prêt à y revenir et à finir les 50 cl de la bouteille.

Même assemblage et même vinification, mais bien évidemment un élevage plus long, 49 ans en barriques et mise en juin 2008.

Rancy 1948 Rivesaltes Ambré Domaine de Rancy

 

Ambre rouge bordé du vert (qui ranciote déjà à l’œil). Au nez, ça sent le brûlé, le brûlé noble, cela va sans dire. Il nous rappelle les grains de café en fin de torréfaction quand dans l’air se combinent grillé, moka, impression lactique et terre chaude. De cette terre surgissent des notes de champignons secs aux accents de morille et de cèpe sur lit de feuilles mortes. Mais il y a aussi des fruits confits, comme une cassate particulière où la glace pralinée se constelle d’abricot, de zestes d’orange et de mandarine, de rhubarbe. Cette dernière se retrouve en bouche, confite comme la branche d’angélique qui toutes deux tournent dans la douceur vive d’un sirop de café au citron, c’est des plus explosifs, surtout que l’acidité semble encore plus marquée. Puis, comme précédemment, les impressions deviennent plus sages, plus tempérées, pour nous faire goûter la subtilité du safran, de la fève tonka et de la feuille de coriandre. Mais cela ne dure qu’un temps, les explosions aromatiques reprennent pour nous faire dire: vive le monde merveilleux des Vins Doux Naturels!

Ce Rivesaltes a été mis en bouteille en mars 2012.

Quant au prix, 1992 : 25€, 1959 : 140€ et 1948 : 190€, ce qui est des plus honnêtes, voire bon marché.   http://www.domaine-rancy.com

Ce trio fabuleux ne vous persuadera pas de la grande qualité des vins du domaine des Verdaguer, vous l’êtes déjà. Mais, je réitère mon message à ceux qui ont dans leur entourage des inconditionnels du mauvais Porto, tentez les VDN. Leurs gammes chromatiques et aromatiques vous enchanteront, pour un prix guère plus élevé.

Je me rebois un petit coup de Rivesaltes,

Allez ciao

 

 

Marco

 

 

 


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Le Muscat, ça n’est pas fait pour vieillir !

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On veut nous faire croire tant de choses et souvent, on se laisse berner, candides que nous sommes!

Mais là c’en est trop: car quoi, le Muscat, ça n’est pas fait pour vieillir ! Même qu’il faut le boire à Noël, comme le proposent si pertinemment certains Roussillonnais.

Mais même chez eux, il y a des retors, surtout parmi les vigneronnes dont nous nous gaussons, il est vrai, notamment quand elles nous font déguster un Muscat de Rivesaltes aussi vieux que mon fils, né en 1995. N’importe quoi !

Rien qu’à la teinte cuivrée qui altère le joli doré qu’on trouve dans les Muscats de 6 mois, on sait avant d’y porter le nez que le breuvage est à moitié niqué. Mais bon, j’ai pris sur moi et je l’ai dégusté, professionnellement, dans des conditions NTP (des conditions normales de température et de pression), constatez mon abnégation.

Voici le résultat.

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Muscat de Rivesaltes 1995 Domaine Vaquer

Doré cuivré, il nous offre généreusement des raisins secs macérés dans le sirop d’orgeat, des gelées de pomme et de poire constellées de de zestes de cédrat confit, de la liqueur d’orange parfumée de sauge et de thym, de la pâte de pistache à la verveine, un gâteau de noix et d’amande comme on en trouve à Saint Jacques. La bouche suit la même esbroufe, comme si on allait succomber à tant de raffinement. La note sucrée s’avère délicate et délicieusement épicée de curcuma et de cardamome. On retrouve bien les goûts des agrumes, orange amère, kumquat et mandarine, histoire de changer légèrement de registre pour se démarquer du nez et nous montrer l’infinie variété qui se révèle de gorgée en gorgée. Le tout en élégance, on dira, normal, c’est le vin d’une vigneronne d’origine bourguignonne de surcroit, je rêve. Puis, vient cette impression d’iode qui apporte une saveur salée aux sirops de pêche et d’abricot, sans oublier l’amer à peine marqué qui rappelle un léger vermouth. Enfin, la fluidité fait couler le vin comme un jus frais sans empâter le palais. Avalé, il s’éteint tout doucement, comme il nous a au début envahi, sans impétuosité, mais avec amabilité.

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La coupable (photo bibi)

Bon, on a abusé personne. Après ce supplice, il me faudra quatre bières pour oublier que j’ai failli laisser tomber mes a prioris.

www.domaine-vaquer.com

P.S. j’avais enduré, il y a quelques temps, une verticale de Muscat de Baumes de Venise, des vins de dix à 30 ans, on nous prend vraiment pour des billes, mais j’avais adoré…

Ciao

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Marco