Les 5 du Vin

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Grenache du Monde 2018, moments choisis

Les concours, du moins ceux qui en valent la peine, sont propices à moult opportunités. Tout d’abord les vins dégustés, ici en l’occurrence des Grenache venus de partout ousqu’on en fait, des amis qu’on retrouve, de nouvelles connaissances, on parle plusieurs langues, on visite des lieux parfois improbables, on goûte la cuisine locale avec bonheur ou pas, on apprécie les architectures des différents endroits qu’on visite, bref, on passe quelques jours riches… en bonne compagnie, Marilou partageait avec moi ce déplacement en Terra Alta, région catalane organisatrice du Mondial du Grenache 2018.

Voici quelques moments choisis illustrés

Soirée à Barcelone sur la Rambla dans un endroit kitch au possible l’Opera Samfaina, Marilou vous en a déjà parlé. Je n’ai pas du tout capté la philosophie de ce lieu particulier dont quelques parties font plus flipper que donner envir de manger ou de boire.

Heureusement, il y avait du beau monde…

Tarragone l’antique, et la visite guidée qui nous appris l’intérêt de César auguste pour la cité. Il y résida même 3 ans.

Mais après quelques rues typiques, quelques églises et ruines romaines, une pause Vermut s’impose.

 

Quel délice ! Un verre de boisson amère bu entre amis sur une petite place baigné par le soleil de presque midi, moment qui oublie un instant le temps, temps d’une gorgée, petite échappée avant de retrouver nos compagnons de concours.

 D’un lieu à l’autre, d’aisance pour certains

On peut remarquer, pour les habitués, la transformation subtile de cet urinoir qui au départ devait quelque peu tacher les godasses (je en vous fais pas un dessin messieurs)

Le concours

Nous voilà à Gandesa pour les deux matinées de concours. Une cave coopérative qui date des années 20 et dont les portes peu hermétiques laissent passer un courant d’air froid (le temps était merdique), ce qui ne facilite pas la dégustation. N’est-ce pas Marilou

Mais l’ambiance est bonne, le rythme assez rapide et les découvertes au rendez-vous. Comme ce Grenache des Marche che m’ha fatto scoperire un giornalista italiano dont je ne retiens jamais le prénom, mais c’est le gars à la table de Marilou avec ses lunettes.

J’ai certes aimé celui publié par Marilou, mais j’ai préféré Cinabro, un Bordò très élégant, mais rare comme les autres Bordò, moins de 8 domaines en produisent. Je compte en parler plus longuement, si je réussi à avoir quelques échantillons.

L’architecture

Déjà à Grandesa, le style de la coopérative témoigne de cet élan populaire qui voulait un lieu de travail beau pour ses ouvriers, coopérateurs émérites qui sortaient la campagne du marasme.

L’autre exemple visité est La cave coopérative d’El Pinell de Brai.

À l’époque les associations de paysans viticulteurs font appel à des architectes connus comme Gaudi et ses disciples qui si l’on regarde bien ont repris le style ‘mudejar’, c’est du moins mon interprétation (les Mudéjars sont des musulmans devenus sujets des royaumes chrétiens de León, Castille, Aragon et Portugal lors de l’expansion de ces royaumes vers le sud durant la Reconquista. Parmi eux maçons et architectes qui appliquaient la façon arabique aux églises chrétiennes). Donc reprise de ce style particulier dans les années 20 pour construire ces cathédrales du vin dont les dentelles de briques impressionnent par leur élégance arachnoïde.

De beaux verres

 

Dans un patelin perdu de la Terre Alta, Batea, le bon peuple qui va déguster le bon vin dans les ruelles étroites le fait avec des verres dignes de ce nom !

En France (vive la France et sa belle vaisselle disparue) ça n’existe pas. Et je ne supporte plus de déguster, ni de boire dans un verre INAO, le riquiqui est obsolète. Par contre à Batea, nous avons pu apprécier de très jolis vins, il y en avait plus qu’un peu, dans de grands verres signé Riedel (dans leur version mécanique), quel plaisir !

 

Et en très bonne compagnie, Fabrice Rieu, au milieu, président du concours, et Stéphane Zanella, à droite, directeur général des Vignerons Catalans.

Un peu de cuisine locale, c’était bon, un peu roboratif, et je ne me souviens plus du nom, ni de tout ce qu’il y avait dedans

Tout a une fin,

Dîner de gala dans une église sans toit. Le village, Cordera, l’un des derniers bastions des Républicains lors de la guerre d’Espagne, est resté dans son jus (dans ses ruines), seule l’église a gardé ses murs presque intacts mais pas son toit aujourd’hui recouvert de panneaux transparent, ça fait bizarre, mais permet de voir les étoiles par ciel dégagé.

 

Remerciements de Joan Arrufí, président de la DO Terra Alta (vous trouvez pas qu’il ressemble un peu à Carles Puigdemont…

Malgré les conditions climatiques un peu rude pour ce début de printemps en Catalogne, on garde tous le souvenir d’un accueil chaleureux et une envie de montrer ce qu’ils savent faire ces vignerons de la DO Terra Alta. D’ailleurs, eux, comme le reste des producteurs de la Péninsule, ont compris l’importance que pouvait avoir ce concours pour démarcher les marchés à l’export comme les USA. Une médaille au concours facilite les échanges commerciaux entre pays exportateurs et importateurs. Remarquons qu’à part le Roussillon, terre fondatrice du concours, le reste de la France productrice de Grenache est pratiquement inexistante…

Adéu

 

Marco


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Looking for flor: Vin Jaune, Jerez and Tokay Szamorodni 2/2

As I promised at the end of my article of last week,(https://les5duvin.wordpress.com/2018/02/05/different-roads-to-flor-vin-jaune-xeres-and-tokay-szamorodni/) this second article will attempt to provide more details, both  technical and historical,  about flor wines that were exposed and explained during the recent symposium organized at Lons-le-Saulnier in France’s Jura region.

a). Vin Jaune, Jura

These wines are followed from a technical point of view by the Beaune office of the Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). The grape variety used for Vin Jaune is the savagnin (aka traminer), which has been clearly identified in this region since the 16th century. Some people maintain that this grape variety produces its best results on soils of a specific type known as marnes bleues, but a local geologist gently debunked this theory, saying that Savagnin works well on many types of soil, being particularly hardy; yet other varieties suffer more (notably from hydrous stress) on these dense marnes bleus and so growers have learnt by bitter experience to plant mainly Savagnin there. Currently there are 450 hectares of Savagnin in the Jura, but not all of it is for Vin Jaune. It would also seem that regular production of Vin Jaune here is fairly recent, dating from the late 19th century as previously it happened or not and was often considered as an accident or even a problem, prior to research on the specific forms of yeasts involved in the production of the protective flor veil (voile, as it is called here and in Gaillac where some wines of this type are also produced). The grapes are harvested at a high level of maturity as this variety is capable of maintaining high acidity levels even when producing a dry wine of 14,5 or 15% alcohol. Fermentation temperatures are not particularly low, typically around 20/22°C. Malolactic fermentation is advisable on account of the danger of bacterial infections.

Saccharomyces cerevisae

So, we have here a rare and complex wine whose production is still largely based on accumulated experience, even if many things are now known about the conditions necessary for its production. One of the results of the presence and growth of these yeasts of the saccharomyces family (essentially the cerevisae strains) is the production of ethanal, or acetaldehyde, and the ideal quantity of this not always beneficial substance (it is also deemed responsible for hangovers!) is considered to be around 500 mg per litre of Vin Jaune. The voile is thinner than in the case of Sherry, as I mentioned last week. The growth of this voile is also irregular through the ageing process, partially due to the struggle for survival of this particular yeast strain as there may be up to 1200 different strains present and not all of them are good news for the wine. Currently the IFV has just 300 of them isolated in their collection. Although often (usually?) present in the cellars, the yeasts can be introduced from selected strains if needed. These yeasts consume various substances such as oxygen, glycerol, acetic acid and amino acids, while releasing peptides and polysaccharides and producing the above-mentioned ethanal. For this to happen properly, the levels of alcohol need to be above 13% and the levels of SO2 below 12 mg/l, and very small doses of sulfites are required later on. The environment naturally influences the nature of the wine, as higher levels of humidity will reduce evaporation.

To finish this chapter on Vin Jaune, here are a few notes on my preferred wines from some older vintages of these wines that were presented on the day. They go from younger to older without any form of hierarchy. The oldest wines on show went back to 1996, but these wines are renowned for their capacity to age much longer still.

Henri Maire 2000, Arbois

Still seems very young. Nice balance between fruit and the naturally dry austerity that shows on the finish of almost all these wines.

Domaine Philippe Butin 2000, Côtes du Jura

Quite fine, with good balance between fruit and freshness. Complex too.

Grand Frères, En Beaumont 1999, Château-Chalon

A finely toasted edge to the nose that lifts the usual notes of nuts. This added complexity is echoed on the plate with a hint of honey and wax, even if there is no residual sugar. Good complexity.

Château d’Arlay 1998, Côtes du Jura

The aromas are richly warm, combining dried fruits of all kinds as well as the classic touch of walnuts. It also has far more fresh fruit that has persisted amongst the flavours than the others wines in this tasting. A lovely wine, vibrant and complex, that shows that age can also produce beauty.

b). Jerez, Xérès, Sherry

The only appellation in the world that is truly international in its denomination as this is written officially in three languages on each bottle: Spanish, French and English. This fact alone is enough to arouse both my interest and my affection. The region lies at the southern tip of Spain, just north of the port of Cadiz and within a kind of triangle formed by three towns: Sanlúcar de Barrameda, Jerez and et Puerto Real de Santa María. The figure that I found the most impressive was provided at the start of the first presentation of this Andalusian appellation. It is the recent and spectacular drop in the vineyard surface. From the 20,000 hectares planted in 1980, there remain just 7,000 today!

The key grape variety here is the white Palomino, which, well adapted to this hot climate, naturally produces low levels of sugar whilst maintaining good acidity. The soils are essentially of a very white limestone known locally as albariza. This results in dry wines of between 11 and 13% alcohol, the lower levels coming from the sub-regions nearest to the ocean. These dry wines, after fermentation at temperatures between 20 and 23°C, are fairly neutral and are fortified with wine alcohol to 15%. The barrels, which are old and made from American oak, then become naturally infested with flor yeasts which are present in the bodegas and the barrels. They are larger than those used in the Jura for Vin Jaune (228 litres) as they contain 500/600 litres. Another major difference here is the ambient temperature down near the southern tip of Spain. This is tempered by prevailing winds, one of which comes in from the Atlantic, bearing also considerable humidity. In order to adapt to this temperature, the storage buildings are high, enabling the hotter air to rise above the level of the barrels, and the doors and windows are kept shut at the warmest periods and opened to let in cooler air when appropriate. The floor is also watered to maintain humidity, which is not necessary in the Jura or in Tokay.

Flor yeasts are endemic by now in most (all?) cellars as this style of wine has been regularly produced in the area since the early 19th century, following the removal of a ban on storing wines in the Jerez area. Wines of the flor type are called Fino, or Manzanilla for the version produced near the ocean front. If the flor does weaken, then the fortification is increased to a level of 18% alcohol, and the ageing process becomes purely oxidative. These stronger sherries can be called Amontillado, Oloroso or, more rarely, Palo Cortado, according to differences in their characters. These are all totally dry, although sweet or semi-sweet sherries also exist, generally through the blending in of sweet wine made from another, and very different, local grape called the Pedro Ximénez (PX for short). These wines are not flor wines either and so I will not discuss them here.

As the ageing process continues for the Fino styles, the flor diminishes in thickness as the glycerin is consumed. Another specific feature of the vast majority of sherries is that they do not bear a vintage year since they are aged according to the solera system which involves blending wines together from different harvest years. There are some exceptions, that I will mention later. The term solera literally signifies an area on the ground that is occupied by a batch of barrels. The above photos and diagrams show this. The wines are blended by drawing off wine from the bottom layer of barrels and bottling it. This is called the saca (hence the term in English of sack in connection with some sherries: Dry Sack for instance is a brand name used by Williams & Humbert for their Fino). The equivalent volume is replaced by wine from the level above, always leaving air space for the flor to continue its life, and so on up the different levels, known as criaderas. This refilling is done gently in order to avoid disturbing the flor. The process is in fact more complex that this diagram shows, but it gives the general idea. Single vintage sherries also exist with Williams & Humbert since the 1920’s (and some others more recently) and these undergo a static biological ageing that does not involve this dynamic blending process using different criaderas. In this case the flor usually lasts for up to ten years. The more glycerin in the wine, the stronger the flor and both levels of alcohol and of pH also have an influence. I have mentioned the production of ethanal, but it is not the sole by-product of the flor. As to other, less desirable strains of yeasts such as the dreaded brettanomyces, these exist in Jerez as elsewhere but they are discouraged by the fortification process. Maybe all so-called « natural » wines should therefore be fortified? (joke).

Tasting of sherries

1). Williams & Humbert

The English name of this company bears witness to the historical importance of the British market for these wines. When and where I grew up, Sherry, both Fino and Amontillado, was the main aperitif drink at home and in the houses of my parents friends and relations. The owners are now the Medina family and the wines were presented by Paola Medina.

Don Zoilo Fino en Rama

Warm and complex on the nose, full with rich notes of dried fruit. profound and well rounded on the palate. This clearly shows considerable ageing which has helped develop its complexity. In fact at least 8 years for the soleras involved. Loved this wine.

PS. I also tasted recently, on another occasion, the same producer’s more basic Fino, called Dry Sack (11 euros in Nicolas wine shops in France). It was good and true to type, effectively fine in texture and nutty in its flavours. I served it during a course on Spanish wines, proving once again that most people, at least in France, have some trouble getting used to such wines. Only 1 of 12 students that evening said that they liked the wine and the same happens with Vin Jaune. A niche market I believe they call such situations.

Fino, Añada 2010 (saca octubre 2017)

3,5 pH / 4 g/l tartaric acid

alcohol 15%

This being from a single vintage is not a solera wine, but is aged nonetheless under flor. Quite intense on the nose, herbaceous (hay and straw) in its accents, with a feeling of contained power. Vibrant and very long. Aged statically for 7 years in US oak casks of 600 litres.

Amontillado Añada 2003 (saca noviembre 2017)

2,98 pH, 6.19g/l tartaric acid

alcohol 20%

A hugely seductive nose, full of hints of honey and beeswax, dried apricots, dried flowers. Very dry but powerful through its alcohol, still maintaining subtle fruit flavours, both dried and fresh. Very complex and very long finish. Loved this!

Aged statically for 14 years in US oak casks (500 and 600 litres)

2). Valdespino and La Guita

Manzanilla La Guita

origin Sanlucar, mainly Pago de Miraflores

4,5 g/l total acidity

15% alcohol

I loved the delicacy and the expression of the nose of this but forgot to take full notes.

Valdespino Palo Cortado Viejo C.P.

I took no notes on the smell (too many Jurassiens blocking the tables!), but the palate is sumptuous, powerful and very complex, well rounded out by the alcohol but magnificently harmonious and long. One of my favourite wines in the room!

3). Equipo Navazos

La Bota de Florpower MMXV

This is a non-fortified flor wine, so only has 12% alcohol. Very fresh, delicate and with a very dry finish. 

La Bota de Manzanilla 71

Great richness, long fine and powerful. Liked the complexity of this.

La Bota de Manzanilla Pasada 70 (magnum)

Austere but very long. Firmly dry finish

La Bota de Amontillado 69 (magnum)

This was the one I preferred of this series. Has a more tender set of aromas and textures, while remaining very juicy. Lots of inner substance and complexity

c). Tokay Szamorodni

Just one representative from this region of eastern Hungary (and a little bit of Slovakia too), but a very interesting one in the shape of the Frenchman Samuel Tinon, who, with his 5 hectares of vines, produces some very good wines and is perhaps one of the few Tokay producers to be really involved in continuing the flor style of Szamorodni, although he said that this is a niche product that is enjoying somewhat of a revival in some markets. It should be remembered that Tokay is a region, and not only a name for that region’s sweet wines, since these dry wines (and others) also carry the Tokay appellation. In fact, 70% of Tokay’s total production comes from non-botrytised grapes.

There are currently 130 producers of Tokay in Hungary, showing a sharp increase from the situation back when the iron curtain fell and the giant bor kombinat (state cooperative) was dismantled. Most of the initial investors in this legendary region for the production of long-lasting and mostly sweet wines came from outside Hungary (USA, UK, France, Italy and Spain), but now there are also growing numbers of smaller and mostly local producers doing their own thing.

A Szamorodni is an unusual wine as it is one of the very few (only?) affirmed types of dry wine made from botrytised grapes. It can in fact be dry or off-dry whilst including quite a high proportion of botrytised grapes, because the term itself refers to a state of the bunches of grapes that contain a mixture of healthy and botrytis-affected grapes, so the finished wines can vary as to their sugar content. This logic is similar to the one that prevails in German wine legislation with the Pradikat system. The ones that Tinon showed are not only totally dry but also aged under a veil in small barrels. The veil is quite slender, as in the case of Vin Jaune. Alcohol levels for these dry wines start quite high but stand at around 13% on the finished wines with no fortification, having reduced naturally at a rate of about 0,5 degrees per year with little loss of volume. This time factor can mean between 4 and 7 years in small barrels and underground cellars in a humid atmosphere (over 85% humidity). These wines are vintaged systematically,  there being no equivalent of the solera system that prevails in Jérèz.

All the three wines tasted come from a blend of Furmint (9o%) and Harsevelu (10%).

Samuel Tinon, Tokay Szamorodni 2003

More tender and aromatic than any of the Vins Jaunes, this shows aromas of ripe white fruit, such as juicy pears. Despite this it finished perfectly dry, with considerable length and a touch that is more delicate than the somewhat rustic feel of many Vins Jaunes.

Samuel Tinon, Tokay Szamorodni 2007

The nose shows whiffs of honey and gingerbread. The texture is silky, barely masking considerable inner power that shows through to the long finish.

Samuel Tinon, Tokay Szaraz  Szamorodni 2006

This one has even more concentration and complexity. Great length too.

 

Hope you enjoyed this two-stage trip into these unusual wines that are, as I have said, very much an acquired taste. I love them personally!

David Cobbold


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Deux vins d’Aragon, vieille terre viticole

¡Generación! Garnacha y Tempranillo, Bajo Aragón

Chez les Yago Aznar, cela fait quatre générations qu’on cultive la vigne. Quant à faire du vin, l’envie est certes ancienne, mais se concrétise il y a à peine une quinzaine d’années. Riche de son expérience viticole, la famille construit alors une cave et met son premier millésime en bouteille en 2002. La gamme Generación, apparue bien après, se veut le réceptacle de la philosophie familiale: « GENERACIÓN es la capacidad de fusionar la inmensidad de lo vivido durante cuatro generaciones en una copa de vino », c’est avoir la capacité de fusionner en un seul verre l’immensité du vécu de quatre générations. Quatre cuvées existent, j’en ai choisi deux.

Generación 73 2015 IGP Bajo Aragón Bodega Tempore

Grenat cramoisi, ses notes fruitées nous rappellent les prunelles cueillies aux premières gelées, mais aussi les confitures de griottes et les gelées de myrtilles, des confits teintés de muscade et de cannelle et embellis d’une feuille de tomate. La bouche, fraîche, délicate, déroule ses tanins fins, juteux à souhait, épicés comme on aime. Un vin immédiat, d’un abord facile, sans toutefois être simple, et dont la plus grande qualité est la générosité de son fruit.

Ce 100% Grenache est élevé durant 12 mois en demi-muids neufs de 500 litres. Quant au chiffre 73, il désigne l’année de plantation des vignes. Le visage feuillu de l’étiquette est celui de Paula Yago qui dirige aujourd’hui le domaine avec son frère Víctor.

 

Generación 46 2014 IGP Bajo Aragón Bodega Tempore

 

Grenat carminé, aux senteurs insistantes de cassis, de prunes sombres, de figues noires et d’airelles saupoudrées de cardamome et de cumin. La bouche semble austère au premier abord, mais bien vite son agréable texture interpelle les papilles charmées par cette onctuosité inattendue. Séduction qui s’amplifie quand les marmelades de fruits mûrs déboulent, offrant le charnu de leur baie rafraîchi de zeste de citron et souligné de réglisse. Un vin de caractère qui s’apprivoise tout de go au contact d’un peu d’hémoglobine distillée par une entrecôte.

Le vin assemble 70% de Grenache et 30% de Tempranillo qui logent durant 1 an en barriques de chêne français et américain.

Quant au chiffre 46, c’est l’année de naissance de Manuel Yago, le père de Paula et Víctor, dont on voit le visage sur l’étiquette.

Le vignoble

Les 70 ha s’étendent sur la commune de Lécera, à une soixantaine de kilomètres au sud de Saragosse, entre 550 et 600 m d’altitude. Le sol très caillouteux se compose essentiellement de calcaire à matrice argilo-sableuse pauvre en matière organique. Il y tombe à peine 350 mm de pluie par an. Mais heureusement, la proximité de l’Èbre et les vents frais qui descendent des Pyrénées modèrent les chaleurs estivales. Le vignoble de la Bodega Tempore est conduit en mode biologique.  www.generaciontempore.com

 

Ciao

 

Marco

 

 

 

 


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« Vins Singulars », un Salon très spécial pour découvrir des vins uniques.

Vinoexpresion

L’Espagne viticole « Nature » et l’Espagne viticole tout court sont en plein mouvement, j’en veux pour preuve la multiplication des Salons, on ne sait plus où donner de la tête ! C’est un phénomène nouveau, il y a à peine cinq/six ans tout au plus, à part Alimentaria et Fenavin, on n’avait pas grand-chose à se mettre sous la dent et pour cause, les petits domaines étaient encore très peu nombreux. Les choses ont beaucoup évolué, les petites bodegas ont vu le jour un peu partout dans le vignoble : des petites structures souvent de 5 à 10ha, crées par des vignerons qui sont sorties des coopératives, ou par des œnologues ou encore par des passionnés du vin. Beaucoup d’entre eux se présentent comme des « réactionnaires, des révolutionnaires », qui veulent rompre avec le modèle viticole traditionnel. Ils s’engagent dans des agricultures écologiques ou biodynamiques et des vinifications les plus naturelles possibles. Ils se regroupent entre eux pour se commercialiser et ça donne : « Roca Madre, Vins off the Record »…ou bien sont distribués par d’autres convaincus de ce style de vins et ça donne « La Festival, Vins Singulars, Cuvée 3000, Simplesmente Vihno, Luis Pablo avec Gourmets Hunters « et j’en oublie certainement. Toujours est-il que chacun organise son Salon, impossible de participer à tous et c’est très frustrant. Les 4 et 5 mars, se tenait Simplesmente Vinho dont je vous ai parlé. L’association des producteurs de vins naturels organisait le 12, VINS NUS auquel il m’a été impossible de me rendre, or quand je regarde la liste des participants, je m’aperçois que je n’en connais pas la moitié !

Vinoexpresión_Vins Nus 2017

Le 27, lundi dernier, le même jour, deux Salons étaient organisés par des distributeurs barcelonais. L’un « Human Tast » sous l’égide de La Festival (le distributeur) ne proposait que des domaines en Bio ou Biodynamie, en majorité catalans avec quelques domaines espagnols et même français. Là aussi, la liste des nouvelles bodegas était impressionnante, et très attirante ; l’autre « Vins Singulars » toujours dans le même style de bodegas « niches » offrait un éventail plus large. Ne pouvant être partout, j’ai choisi de me rendre au second, non parce qu’il se déroulait au « Camp Nou », mais tout simplement pour la diversité des domaines qui représentaient l’ensemble du vignoble espagnol. Un peu plus de 40 bodegas étaient au rendez-vous, évidemment je n’ai pas tout dégusté, je me suis arrêtée chez ceux que je ne connaissais pas encore, sans oublier de faire une halte rapide chez mes amis.

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Parallèlement à cette explosion de petites bodegas, on assiste à un autre phénomène qui est la création de projets impulsés par des vignerons connus d’une zone, qui se mettent à vinifier dans d’autres appellations, seuls ou en association avec d’autres vignerons amis, les exemples sont nombreux : Fredi Torres, Uvas Felices, Viñedos Singulares, Family Owned Wineries, Vins Inquiets, Vinos terribles…J’aurai d’autres occasions pour vous parler de tous ces vins qui méritent d’être connus. Tout ça pour vous montrer qu’on ne s’ennuie pas en Espagne. Pour en revenir au Salon de lundi dernier, les uns et les autres se côtoyaient, d’accord, il y manquait la présence de domaines traditionnels, mais ils ne sont pas la cible de Barcelona Vinos qui ne distribue que des Vins Singuliers.Voici quelques-uns des vins qui m’ont bien plu et qu’il faudra suivre.

Dans un style simple, fruité, frais :

Celler Jordi Miró, TERRA ALTA

Des vins imaginés par Jordi Miro en Terra Alta, où il a créé son domaine en 2009.

Ennak 2016 Negre, Terra Alta

Un assemblage de Mazuelo, Garnacha tinta, Tempranillo y Merlot qui peut paraitre atypique de Terra Alta, mais qui en réalité est le reflet de beaucoup de vignes de la D.O., même s’il est vrai qu’elle s’oriente maintenant davantage vers le grenache. Un rouge de macération carbonique sans prétention mais qui se laisse boire très facilement grâce à sa légèreté et à sa gourmandise. Très bon rapport qualité/prix/plaisir. PVP 5,75€

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Dans un style construit pour, un de ces projets…

VINS INQUIETS MONTSANT

La Guineu i el Raïm deux vins de la D.O Montsant sont nés dans les vignes de Joan Ignasi Domènech, l’une des figures du nouveau terroir de Montsant et propriétaire des Vinyes Domènech. Il a créé ces 2 cuvées pour Vins Inquiets, un nouveau projet conçu pour « satisfaire et émouvoir le marché avec des vins personnels et authentiques élaborés par des vignerons singuliers qui sont distribués par Barcelona Vinos.

 La Guineu i el Raïm Blanc 2015 Montsant

C’est un blanc 100% grenache blanc, mais dont la production ne dépasse pas 600 bouteilles ! Pour un vin de niche, il a su rester très simple, pas de bois, que de la cuve et un prix très raisonnable. Sur un fond de fruits blancs, d’agrumes et d’arômes anisés sa bouche se révèle ample et gourmande avec beaucoup de fraicheur et un bel équilibre aromatique. Un joli vin terroir, une bonne surprise. PVP 13,50 €

La Guineu i el Raïm 2015 Montsant

Un rouge issu de grenache/carignan expressif et attachant. Un rouge identifié à son terroir : fruité, savoureux et intense. Il ne souffre pas de son passage en barriques, les tannins sont présents mais veloutés et fins, la finale reste fraiche et gourmande. PVP: 12,70 €

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Dans un style très Terroir et recherche…

Deux bodegas m’ont impressionnée, deux hommes anxieux de redécouvrir l’un un terroir, celui de jerez et l’autre des cépages en voie de disparition. Je vous livre ce que j’en ai retenu, mais il est clair que ça mérite d’être beaucoup plus approfondi.

cota 45 ramiro ibañez

Cota 45 c’est le domaine qu’a créé récemment le prestigieux œnologue « Sanluqueño » Ramiro Ibáñez à Bajo de Guía, la plage magique de Sanlucar de Barrameda Il avait une obsession qui était la récupération des sols Albariza qui dans le passé,  avec de nombreuses variétés indigènes de Jerez et la non « fortification » des vins signaient l’identité des « generosos » du Sud de l’Espagne. Albariza, ce sol blanc et crayeux est le point de départ de Ramiro et l’épine dorsale de ses vins, dans lesquels, il recherche la présence et la personnalité du terroir face aux notes biologiques habituelles de Jerez .A la recherche du Jerez perdu !Ramiro veut que ses vins parlent de la terre et du climat où sont nés les raisins plutôt que ce qu’ils expriment après l’élevage, à partir de là il est devenu un enfant terrible de la région, car il est farouchement opposé aux pratiques habituelles demandées par l’appellation d’origine pour l’élaboration des vins fortifiés. Il veut des vins jeunes avec moins d’élevage, il ne veut plus se prosterner devant le voile comme l’impose les canons ! Il n’a pu faire autrement que d’abandonner la D.O., et se lancer dans la création de vins bien à lui, sans tenir compte des pratiques du passé. Voilà comment, il en est venu à créer dans sa cave, ce qu’il appelle « l’albarizatorio », son laboratoire œnologique dans lequel il fait des expériences avec les différents sols d’Albariza à la recherche de ce qu’ils peuvent transmettre dans les vins.Dans sa quête constante dans le passé viticole de la région où il est né afin de récupérer tout ce qui a été perdu avec l’implantation quasi industrielle du Palomino Fino, il fait partie du Manifeste 119, dans lequel se retrouvent un groupe d’œnologues et vignerons de Sanlucar de Barrameda, Jerez de la Frontera, El Puerto de Santa María et Chiclana qui cherchent à travers le passé à conquérir l’avenir des vins de Cadix.

Evidemment, il s’agit de productions très limitées.  Je n’ai pas vu Ramiro,  c’est un autre vigneron de Jerez qui faisait déguster ses vins. Il ne présentait que 3 vins, ceux distribués par Barcelona Vinos, mais J’avoue que ce que j’ai gouté a été une expérience des plus surprenantes et ça m’a donné très envie de faire un tour à San Lucar :

Vino de mesa Precede Miraflores blanc 2013

100% Palomino Fino, issu du Pago Miraflores, à Jerez de la Frontera, vol 13,5%

Un vin blanc créé en collaboration avec la célèbre Taberna Der Guerrita fermentée dans une bota de Jerez au cœur du célèbre Barrio Bajo de Sanlúcar de Barrameda, pendant 36 mois sans la présence du voile, comme on faisait il y a plus d’un siècle. Il a été mis en bouteille en Octobre 2016. Il faisait assez chaud dans cette salle et pourtant, ce vin rien qu’au nez a dégagé une telle impression de fraicheur, une telle complexité que j’en ai oublié ma fatigue. Je me suis sentie très privilégiée de pouvoir gouter une des 700 bouteilles produites. En plus des notes de foin frais, de fruits murs et d’agrumes, je pouvais percevoir l’humidité de la terre et sentir les effluves salines. En bouche, j’ai ressenti une grande fraicheur marquée par des arômes citriques accompagnée d’un joli volume et des notes d’amandes grillées, très intense avec un petit air d’0loroso. C’est assez unique, je n’hésite pas à parler de « petite merveille ». PVP: 14,50€

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Vino de Mesa Encrucijado Palo Cortado Mágnum 2014

Vol 15,5%. C’est un vin expérimental élaboré à partir de 6 cépages autochtones, palomino Fino et autres(mantúo de pilas, mantúo castellano, perruno, cañocazo y beba), des variétés qui ont pratiquement disparu avec l’invasion du palomino, mais qu’il était habituel de trouver dans le Palo Cortado.

Cette Encrucijado fermente spontanément dans la bota, où il a passé 10 mois en élevage biologique et 10 en élevage oxydatif. Il a été mis en bouteille avec 15,5% sans être fortifié, juste au moment où se qualifie pour être un palo cortado, d’où son nom : Encrucijado, c’est un Palo Cortado jeune.C’est puissant et doux à la fois, au nez comme en bouche. Une grande concentration et crémosité, enveloppée par des notes de caramel au beurre, de chocolat, de café, de terre, de plantes. C’est moins sec qu’un manzanilla ou un fino, c’est savoureux, très long et c’est unique.

PVP : 56,50 €

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Je n’ai pas voulu gouter le Pedro Ximenez Pandorga, pensant revenir à la fin, mais trop tard.

Le second vin que vous voyez sur la photo:

Fino La Barajuela 2013

est un Jerez des Bodegas Luis Perez, en réalité on pourrait le définir comme un vin blanc élevé en barriques avec la présence d’un très léger voile. C’est encore un Jerez original, différent, que je n’hésiterai pas à classer dans les grands blancs tellement il est séduisant. Très intense, il offre des notes florales et d’épices douces, les fruits secs ne manquent pas, mais aussi les notes de pommes, d’agrumes, de fruits jaunes : une belle complexité aromatique. Sa chair est grasse et savoureuse, très fraiche avec une finale saline et épicée très persistante.P.v.p aprox: 29€

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Il faut dire que c’était un Salon très interessant, avec des bodegas qui demandaient qu’on s’arrête sans se presser, notamment celle de Juan Carlos Sancha en Rioja, il est entrain de récupérer des variétés en voie d’extinction ou minoritaires, il faut absolument que je vous raconte, ou encore les vins de Fredi Torres en Ribeira Sacra, ou ceux de Rafa Bernabé à Alicante, je vous en parlerai la semaine prochaine.

Je remarque que tous ces vins sont distribués par des Barcelonais, l’inquiétude et la curiosité pour les nouveaux projets et domaines semble se concentrer à Barcelone. La capitale préfère rester très traditionnelle.

L’Espagne viticole se bouge, elle devient riche en petites bodegas, les prix restent la plupart du temps sages, les productions sont très limitées, ça me semble être un handicap, mais les vins proposés sont plein de caractère, on sent une grande inquiétude chez les vignerons , ils sont tous à la recherche d’une identité, d’une vraie personnalité pour leurs vins. L’autre Espagne viticole celles des grands Groupes continue d’exister, mais les créneaux de vente sont différents et les deux puvent répondre à des demandes internationales variées: il y en a pour tous les gouts.

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols