Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Le bois, qu’est que ça me chauffe !

Provocation ? Sempiternel marronnier ? Serpent de mer éculé ? Sujet vieux comme le monde ? Ou simple envie de me lâcher, de buzzer tant le thème provoque de débats enflammés sur les réseaux sociaux ? On pourra penser ce que l’on veut sur la démolition en règle de cette mode boisée qui perdure depuis les années 80, c’est-à-dire depuis que je me suis senti attiré par la découverte du vin, toujours est-il que je m’étonne encore moi-même du rôle de l’éternel offusqué que je joue sans mal tant il m’arrive d’être révolté par ce sujet passe-plat ou passepartout qui relie le vin au bois. La cause de mon ire se nomme « Wine & Barrel », in French dans le texte comme toujours chez nous lorsque l’on veut faire un tant soit peu international, un rien amerloque, comme s’il s’agissait de copier Hollywood pour se faire entendre. Ce truc, sous-titré Alliances du Monde (à moins que ce ne soit le nom de la société qui l’organise, sise dans le Mâconnais) dont on m’annonce par communiqué interposé la prochaine troisième édition (en Octobre, on a donc le temps, mais avant il faut bien agiter le clan des pigeons…), se tiendra à l’Abbaye de Noirlac « au cœur des plus belles futaies de chêne d’Europe, en lisière de la Forêt de Tronçais ». Et ce machin, vous l’aurez deviné, n’est rien d’autre qu’un énième concours mettant en scène mon cher pinard !

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Entendons-nous bien : je ne suis pas contre l’usage de barriques, demi-muids et autres foudres de diverses contenances. Il se trouve que j’ai voyagé dans le monde du vin et que j’ai pu constater, de mes yeux vu, ainsi que de mon nez et de mon palais, que l’usage du bois plus ou moins modéré, surtout quand il est de noble origine, bien séché et bien utilisé par des orfèvres en tonnellerie, peut apporter un supplément d’âme au vin. Bien entretenue, bien nettoyée, bien utilisée parfois même sur une dizaine d’années, bien pensée, ajouterais-je, une pièce classique bourguignonne, ou bien une double barrique bordelaise ou encore une pipe portugaise peut offrir à certains vins le contenant idéal. Soit, là n’est pas la question et je ne cherche pas à vous imposer la ritournelle qui a bercé mon parcours journalistique dans le vin sur l’utilité du mariage d’essences forestières au jus de raisin fermenté ou pas. En abordant le thème, ce ne serait que cliché et déjà-vu.

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Et si je tentais malgré tout une nouvelle fois d’aborder un tel débat, il serait faussé à l’avance dans la mesure où je suis capable de tomber moi-même dans le panneau d’un cru élevé en fûts de chêne neufs 24 mois et plus, comme je suis capable de dégueuler en ingurgitant un vin élevé de pareille manière dans une cuve en plastique alimentaire. Bien entendu, il en va de même pour un vin non boisé, un vin sulfité ou pas, un vin bio, un vin rosé, un pet’nat, je ne sais quelle catégorie encore. Un jus de chaussette reste un jus de chaussette. Ce qui compte en priorité, c’est le vin avec tout ce qu’il peut avoir d’agréableet de sublime à me raconter. Le bon vin en somme.

©Tonnellerie Radoux

©Tonnellerie Radoux

Alors, pourquoi vais-je maudire un tel concours, un de plus ? C’est que quelques petites choses pouvant paraître par ailleurs insignifiantes me choquent dans la démarche de ces messieurs-dames d’Alliances du Monde, concours auquel je ne saurai participer même en étant payé. Je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

-D’abord, l’outrecuidance de la démarche, cette sorte de désinvolture à présenter une idée selon laquelle on voudrait laisser croire qu’il n’y a d’excellence qu’au travers d’une forêt de chênes bien dressés, fussent-ils centenaires ou pas. Cela me rappelle la remarque innocente d’un arriviste notoire – et catalan-mondain de surcroît – qui déclarait un jour à la télé que, si à 50 ans on n’avait pas sa Rolex, alors on avait en quelque sorte raté sa vie ou quelque chose du même acabit. Certes, le mec a reconnu plus tard sa connerie, mais c’était tellement péremptoire comme remarque que ç’en est resté longtemps inscrit dans la mémoire collective de la crétinerie estampillée vingt et unième siècle. Eh bien là, c’est un peu pareil : « Tu n’es pas grand cru mon gars si tu n’as pas ta barrique » !

Qu'est-ce qu'on s'ennuie avec le bois...Photo©MichelSmith

Qu’est-ce qu’on s’ennuie parfois avec le bois…Photo©MichelSmith

-Suite logique, que l’on soit journaliste, critique, vigneron, sommelier, caviste ou amateur, il est inévitable de penser que, puisque de tous les façons des vins vont se présenter pour concourir, je pense surtout aux nombreuses coopératives avides de médailles, cela ne va pas manquer d’inculquer dans l’esprit des gens mal pensants (ma pomme, par exemple) que l’on officialise l’idée qu’un vin, pour être jugé bon, doit être boisé, élevé sous bois pour faire plus hypocrite. En effet, je vois mal une médaille d’or remise à un vin qui aurait parfaitement intégré ou digéré son bois au point que l’on ne ressente pas la moindre effluve de vanille, d’eucalyptus, de clou de girofle, de goudron ou de noix de coco à son contact. Est-ce l’intensité de la présence du bois, son goût de sciure fraîche ou son toastage que l’on va juger en priorité dans le vin ? Ou, au contraire, sa discrétion plus ou moins totale ? Est-ce son élégance ou la fermeté de ses tannins boisés ? Rien que de lire les notes des membres du jury, cela va valoir son pesant de chips en sachets.

-Enfin, j’ai des doutes plus que sérieux sur l’organisation pratique d’un tel concours. Outre le fait qu’il va falloir payer une inscription de 180 € TTC par cuvée présentée, sans compter les frais d’expéditions (6 bouteilles) et les suppléments pour obtenir la « synthèse des commentaires de dégustation », le seul document exigé, hormis un bulletin d’analyse, sera une « attestation d’authenticité sur l’honneur de l’élevage traditionnel en fûts de chêne ». Cette simple idée d’élevage « traditionnel » en fûts me laisse perplexe. Qu’entends-t-on donc par là ? Du chêne américain ou du Limousin ? De la barrique de 225 litres ou double-barrique ? Un élevage de 6, 12 ou 24 mois ? Du chêne neuf ou d’occasion ? Et pourquoi pas du noisetier ou du châtaignier ? On peut avoir une idée (vague) de ce qu’il faudra faire pour gagner quelque chose en consultant ici le « Top 10 » des vainqueurs de l’an dernier. Vous n’avez pas d’idée ? Moi, si.

Vieux, c'est mieux ? Photo©MichelSmith

Vieux, c’est mieux ? Photo©MichelSmith

Il y a bien d’autres questions à poser sur ce genre d’événement. La principale serait de se demander ce que vient faire dans une telle galère la pourtant très sérieuse Revue des Œnologues où j’ai signé jadis plus d’un article ? À moins qu’elle ne soit partie prenante dans le fric qu’une telle manifestation est en droit de rapporter. Tout cela sur le dos de vignerons qui, une fois de plus, vont dépenser le peu d’argent qu’ils gagnent appâtés par le gain de quelques médailles en papier collant qui feront vendre les cuvées à d’autres gugusses dupés par l’or. Boisez, boisez, boisez donc, il en restera toujours quelque chose…

Michel Smith


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Le vin peut-il se complaire à jamais dans l’ignorance ?

Il n’y a qu’à lire l’article de notre Hervé national d’hier pour s’en rendre compte : de nos jours, ce n’est plus aussi évident de parler du vin. Du moins, c’est ce que je ressens aussi. Moi-même je suis confronté presque chaque jour à cette expérience qui fait que je doute de plus en plus de la manière dont j’écris sur le sujet. Ça ne passe plus. En dehors de quelques amoureux et professionnels, mis à part les érudits qui viennent sur notre site pour débattre entre gens de bonne famille et de bonne compagnie, entre connaisseurs, est-ce que nous avons nous un réel public, une audience ? Perso, je suis convaincu que non. Combien, parmi ceux qui nous lisent, ont-ils encore la volonté profonde d’apprendre, de découvrir, de nous accompagner dans nos dégustations, de partager notre enthousiasme comme nos déconvenues ? Entendons-nous bien, je ne suis pas en train de démissionner ni de pleurer sur notre sort. Le plaisir reste. Pourtant, à voir les rubriques vins réduites en peau de chagrin quand elles ne reproduisent pas carrément les dossiers de presse, à lire les revues spécialisées condamnées à la plus stricte confidentialité, quand ce n’est pas à la mendicité, il semble pour ma part que l’univers du vin se complait de plus en plus dans une forme de médiocrité ambiante et que l’on s’enfonce petit à petit dans l’ignorance.

Photo©MichelSmith

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Partout les mêmes flacons, les mêmes facilités, les mêmes complaisances… Oui, je sais, vous allez penser que c’est très dur d’énoncer de telles choses. Le problème, c’est que je le pense vraiment : à moins d’être bling-bling, à moins de faire dans le consensuel, le vin intéresse de moins en moins le grand public.

Soif de découverte, soif d’apprendre, soif de goûter, soif de comparer, soir de comprendre ? Tu parles, soif de rien ! Ces mots ont-ils encore du sens dès lors que tout est accessible par la voie rapide comme l’est l’éclair d’Internet. Tout afflue à grande vitesse au point que l’on veut goûter la nouveauté sans tarder pour l’oublier aussitôt sans prendre la peine de savoir ce qu’il peut y avoir derrière. On ne nous laisse même plus le temps de questionner, de discuter, d’analyser, d’enquêter, de remettre en cause. Il faut tout obtenir et tout de suite. Le vin vient du Chili, il est rouge, il est bio, c’est un Merlot, il est cher ou pas, point final, avec ça, on aura tout dit ! Vrai, quoi, qui connaît encore sa géographie vineuse ? Qui sait comment la Bourgogne est foutue ? Qui connaît l’histoire de Bordeaux ? On se fiche de la région, de l’âge des vignes comme du procédé de vinification. Oubliés climats, terroirs, cultures, au diable le personnage qui est derrière la bouteille, à moins qu’il ne s’agisse d’un « people ». Le vin est cher ou abordable, la tablée semble ravie, la soirée s’annonce bien et c’est tout ce qui compte ! Non mais, vous n’allez pas en plus nous faire chier avec le passé de la propriété, la température, le juste mariage avec le plat et tout le tintouin ! Vade retro ! Dépité, j’ai constaté il y a peu que moi aussi je me sentais impuissant face à cette marée humaine si prompte à broyer du vin dans l’ignorance la plus totale, l’inculture crasse, la beuverie ordinaire.

Photo©MichelSmith

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Envoyé spécial pour moi-même, comme d’habitude, j’étais l’autre jour dans la capitale du vin. Non pas dans les vignes de Vouvray ou de Beaune, ni même aux abords du Quai des Chartrons, mais dans les rues grouillantes de Londres, métropole polluante et bruyante composée de buildings à ne plus savoir qu’en faire et de millions de fourmis consuméristes qui ne pensent qu’à une chose : travailler pour gagner plein d’argent à dépenser au plus vite dans les boutiques qui foisonnent. Que de futiles prétentions ! Lâcher des billets à la moindre occasion comme, par exemple, se bourrer joyeusement la gueule entre collègues histoire de célébrer une victoire commerciale, un match de foot ou de rugby, le départ d’une collègue ou l’enterrement de vie de garçon d’un copain. Tout est bon pour se lâcher avec des vins dépourvus de personnalité, prendre un selfy de ces bacchanales modernes pour mieux repartir le lendemain et participer au rayonnement mondial de la perfide Albion. Plus que jamais l’Angleterre est mûre pour la gloire, elle a du succès et la manne qui va avec doit être remise en circulation au plus vite : d’où le pot-pourri incroyablement plus riche qu’ailleurs proposé à chaque coin de rue dans une métropole qui ne dort plus tant elle s’enivre de consommer veillée par des tours toujours plus audacieuses.

Photo©MichelSmith

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Parmi ces futilités, la bouffe débridée et le pinard décomplexé occupent une place de choix. Dans les pubs, bien sûr, où le vin est confronté presque à égalité avec la bière, mais aussi dans les gares, les aérogares, les grandes surfaces et les petits commerces ouverts le dimanche, l’offre vins est pléthorique. Les hôtels, les restaurants, les bars débordent de formules soigneusement griffonnées sur des ardoises où, à partir de 10 personnes, par exemple, vous bénéficiez d’un plat (enfin, ce qui ressemble à un plat) et d’une bouteille de vin (on ne vous dit pas laquelle) pour une somme forfaitaire très avantageuse. Et pour une étrange raison que je ne m’explique pas, depuis un couple d’années c’est le Picpoul de Pinet qui a la cote parmi les blancs dans les pubs. Pourquoi lui et pas le Mâcon ou le Muscadet ? Pourquoi est-il devenu impossible de trouver un dry Sherry dans les mêmes pubs ? Partout, il y a une liste de vins consultable, pas forcément très longue, mais assez complète, avec toutes les couleurs, presque tous les genres, tous les pays, des noms sérieux et illustres côtoient des vins inconnus réservés à toutes les bourses. Le tout étant proposé dans la plus extrême des politesses et avec le sourire en plus, sans oublier le petit accent slave, ibère, rital ou frenchy qui va si bien avec. Oui, Londres reste la capitale mondiale du vin.

Photo©MichelSmith

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En dehors de telles généralités trop grossièrement brossées, quel choix propose-t-on réellement au Londonien lambda pour ne pas dire moyen ? Hormis les quelques valeurs sûres que nous connaissons tous, je ne sais pas moi, un Michon en Vendée par ci ou un Bizeul en Roussillon par là, l’offre est tellement vaste que l’on pourrait la qualifier sans mal de « riche et globale ». Avec des vins où la nationalité apparaît plus importante que le reste, ce qui semble normal tant les rues de Londres sont occupées par les étrangers du monde entier. Londres joue à fond le cosmopolitisme. Avec des vins estampillés « Bordeaux » ou « Burgundy » surtout, côté Hexagone. Ou encore des vins décrétés « regional France » et dûment bouchés vis à des prix décents entre 8 et 12 £ (je vous laisse le soin de convertir) que l’on trouve en boutiques genre Oddbins ou Nicolas. Gigantesque fourre-tout où le Beaujolais est mêlé au Muscadet pour être mixé à la sauce Bergerac en passant par le Malbec, le Grenache ou le Pinot. Songez que le rayon Géorgie d’une boutique palatiale comme Hedonism, sise au cœur du très chic Mayfair, à un jet de bouchon de Champagne du Claridge’s et de la cave à cigares de Dunhill, est aussi vaste que celui de la Touraine, du Roussillon ou du Languedoc, régions qui de toute façon ne sont pas répertoriées comme telles car risquant de compromettre la donne. Dans ce nouveau « temple » du vin fondé cela va sans dire par un milliardaire Russe, « the crème de la crème », comme ils disent (le magasin, pas le Russe), l’espace Australie et Tasmanie s’offrant à mes yeux écarquillés propose des vins aussi chers que certains Rhône ou Bourgogne. Tout ce qui brille, tout ce qui évoque le fric et l’opulence – Champagne, Toscane, Piémont, Latour, Yquem, Montrachet… – , tout ce qui est d’un format démesuré, tout symbole de luxe et de débauche sonnante et trébuchante, est mis en avant sans aucun état d’âme. On est là pour faire du fric, oui ou merde ?

Photo©MichelSmith

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Ici, la connaissance du vin importe peu. Hormis quelques exceptions, on vient dans cette boutique – je n’appelle pas ça « caviste » – non pas pour découvrir, mais pour briller en société, pour s’extasier, pour épater, frimer, en mettre plein la vue et repartir avec une caisse de Cheval Blanc 1947 ou un petit vin de Hongrie de derrière les fagots. Confiant, l’acheteur s’en remet à une armada des vendeurs plus compétents que jamais, tous jeunes et propres sur eux. Bien éduqués, ouverts, plus aimables et serviables les uns que les autres, d’un chic nonchalant, rompus à toute négociation commerciale, ils viennent de tous les pays. Très larges d’esprits, ils s’adaptent aux situations les plus extravagantes et sont capables de livrer à votre hôtel la bouteille la plus rare, la plus grosse, la plus introuvable. Si vous venez en tribu, ils s’occuperont de garer la Rolls et conduiront vos enfants dans une salle qui leur est réservée afin que vous puissiez faire vos emplettes en paix. Ils peuvent même vous faire goûter des vins (50 bouteilles en machines Enomatic) de Grange, de Sassicaia ou de Haut-Brion. Alors pourquoi vous inquiéter ? Laissez-vous faire. Les livraisons ? Pas de problèmes puisque la maison dispose de quelques « eco-friendly vans »…

Photo©MichelSmith

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Normal que le vieux journaliste spécialisé en choses du vin se fasse tout petit à côté d’une telle démesure. Pourquoi s’évertuer à vouloir fouiller dans les campagnes savoyardes ou catalanes à la recherche de trésors cachés quand ils sont connus avant presque de naître par les trois-quarts de la planète qui, même si elle n’a pas les moyens de se les procurer, rêve de les posséder un jour ? À quoi cela sert-il de déguster 50 vins de Carmenère ou 100 Bordeaux Sup’ et de les commenter quand c’est de la Syrah que tout le monde réclame ? Le vin s’est globalisé. Sournoisement, il s’est uniformisé à la manière d’un parfum de marque pour mieux rassurer une clientèle qui ne souhaite prendre aucun risque et s’en remettre, question culture, qu’aux commentaires de quelques experts patentés qui eux mêmes ont savamment rationalisé leurs discours afin de plaire au plus grand nombre à la fois. Le vin d’aujourd’hui ressemble à cette clientèle : il est inculte. On n’achète plus un Minervois ou un Madiran par souci d’entretenir je ne sais quelle flamme sentimentale, on paie un rouge ou un blanc par tranches de portefeuille : moins de 5 €, 10 €, moins de 20 €, 1.000 €, etc. Le vin n’est plus qu’un vulgaire prix. Standardisé, il est le reflet de notre société qui consomme sans chercher à savoir, un monde qui se nourrit de clichés et de trophées. Le pire dans tout cela, c’est que même bouchonné le public trouvera au vin quelques qualités.

Photo©MichelSmith

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Pour s’en remettre, il faudra attendre une ou deux générations. Attendre qu’une société s’écroule pour mieux se reconstruire sur de nouvelles bases. Le temps de reformer des générations d’amateurs rompus à l’érudition, à la curiosité. Le temps de redonner soif à un monde aveuglé par le paraître. Le temps de privilégier la connaissance face à l’ignorance. Quand je vous disais que j’étais un éternel optimiste…

Michel Smith


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Would you invest with Twelve-by-Seventy-Five?

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I’ll have to crave your patience as once again this week I am returning to the British disease – wine investment. Whether this British disease includes the Scots we will know more clearly after 18th September and the vote for Scottish independence or not as the case may be. But I digress …

Today I was contacted by a putative investor asking me my opinion of Twelve-by-Seventy-Five Ltd. I had never heard of this company – hardly surprising as it was only formed in January 2014 and the two current directors were not appointed until early April 2014.

Co-details

Company founded on 24th January 2014.

However, a quick look at their website (http://www.twelve-by-seventy-five.com) raised considerable doubts and questions:

Fine Wine Booming

‘Fine wine is booming’ – actually prices have been falling since 2011 – a long bear market. ‘As expert wine traders’ – rapidly gained expertise!

Creating a Portfolio

‘We are experienced wine merchants & brokers’. ‘We have firmly established contacts with French négociants over the years’. Again impressively, rapidly gained experience for a company founded in 2014!

Tax-free

‘Free of capitals gains’ – partially correct as wines that are not expected to be drinkable after 50 years are exempt as ‘wasting assets’ but many investment grade fine wines are certainly drinkable after 50 years or more. 1961s, for example, are still being drunk with pleasure. Amusingly capital gains tax is currently less of a problem because of the long bear market so ‘profits’ on wine investment don’t really apply.

AC=1855

For all the nascent company’s expertise they have confused ‘appellation contrôlée’, that began in 1936 with the 1855 Classification.

Vino-Barking

‘Vinothéque in Barking’. Although Vinothéque is part of London City Bond, this storage facility for private clients is in Burton-on-Trent nearly 150 miles north west of Barking.   

Twelve-by-Seventy-Five Ltd is clearly a company to avoid at all costs – hopefully no-one will fall for this nonsense. Sadly I wouldn’t bet on it!

Jim Budd

Jim+Umbrellascropss


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Canary Wharf Vintners, Encarta Fine Wines, Premier Cru Fine Wine Investments: more bad news for wine investors

Lafitebs

Château Lafite

Within Europe wine investment is perhaps largely a British disease. Which is fortunate as recently there has been a seeming unending stream of bad news for investors.

For a start despite claims from some companies of big profits from wine investments every year, the reality is rather different. If you had bought a case of 2005 Château Lafite in June 2010 you could well find your wallet thinned by nearly 50%.

A case of Lafite (12 bottles), which in June 2010 would have cost £10,000, can now be purchased for just £5750 – – down by £4250. Add to this the cost of storage: £60 over four years and if the wine is with a wine investment management company that charges an annual management fee – say 1.75% – then £10,000 in June 2010 has become £4898. Not a great investment by any stretch of the imagination!

The last few months has seen a succession of ‘wine investment’ companies going bust. These include European Fine Wines Ltd, En Primeur Ltd, Encarta Ltd and Canary Wharf Vintners Ltd. All these have gone down leaving investors out of pocket to varying degrees.

The latest scandal involves Premier Cru Fine Wine Investments Ltd, which is in the process of passing their clients’ portfolio over to Cult Wines Ltd. Unfortunately the stricken company appears to have had little concern for their clients and their pension hopes. Premier Cru clients are being switched to Cult Wines Ltd and are expected now to pay 5% of their portfolio’s value to Cult Wines Ltd – a very high management fee for years one and two.

Also Premier Cru clients are now finding that there are ‘shortages’ in their wine portfolios. It is not yet clear whether this is down to incompetent administration, whether Premier Cru’s management pillaged their clients’ portfolios or whether it is a mix of the two. Amazingly the shortage from good vintages like 2009 are being made up by Cult Wines Ltd with 2013 en primeurs, arguably one of the worst Bordeaux vintages of recent times.

The lesson appears to be either avoid wine investment or if you do decide to go for wine investment make sure that your wines are stored in your own account so that you cannot be passed over to another company with little option to refuse. With your own account you won’t suddenly find there are ‘shortages’.

Jim+Umbrellascropss


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Vendre son vin : une idée qu’elle est point com

Même si l’on ressent quelques légers soubresauts, la crise est là, tenace. Il faut trouver des idées pour s’en sortir.

J’en ai parlé avec des vignerons avant d’aller me noyer dans les travées de Vinisud. Le même soir, en ouvrant mon portable, je suis tombé sur une invitation lancée par un ami à propos d’une chanteuse de jazz, Mina Agossi, une artiste que j’aime beaucoup, invitation que je vous invite à découvrir ici.

Cela m’a donné l’idée d’un texte, que dis-je d’une supplique, que je pourrais bien lancer sur un site participatif afin de renouer avec le confort d’un compte en banque bien garni. Tout en vendant du vin sur la toile. Je précise que cette idée est libre de droit. Cela commence par ce courriel.

Chères amies, chers amis, chers donateurs, 

Vous connaissez la réputation de notre Château Les 5 du Vin. Tel un preux navire qui affronte les tempêtes, nous élevons dans nos chais l’un des plus beaux millésimes jamais engrangés dans le Sud de notre chère et douce France.

 2013 a d’abord été vendangé avec amour. Par la suite nous nous sommes penchés sur son berceau lui apportant nos plus grands soins. C’est un prince de la nature, un vin qui se gardera longtemps dans votre cave mais que vous pouvez d’ores et déjà apprécier sur les mets les plus raffinés. David Cobbold dit de lui « It’s a wine blog buster ! ». Jim Budd n’a pas hésité à enchaîner : « 2013 by les 5 is a true killer ! ». Hervé Lalau a enfourché les grands chevaux : « J’ai médaillé les plus grands vins de la terre, mais celui-là dépasse l’entendement : il mérite un trône ! ». Marc Vanhellemont y est allé d’un « Jamais de ma vie je n’ai pris un tel pied ! ».

Quant au signataire de ce message, il s’est exclamé après avoir vidé son verre de 2013 : « Appelez vite le SAMU, ce pinard c’est de la bombe ! ».

Que dire de plus après tant d’éloges de la part des plus grands journalistes de la blogosphère vineuse ? Pour vous et pour vous seulement, nous offrons une offre exclusive. Une offre unique adaptée à votre budget. En allant sur soutenirlacause/châteaules5 pour nous soutenir grâce à vos dons, vous ferez non seulement un acte civique en évitant que ce vin ne devienne la proie de gros investisseurs multi millionnaires venus de Chine, du Nigéria, d’Inde et de Russie, mais vous contribuerez en plus à une bonne action en nous aidant à la préparation du prochain millésime qui, lui aussi, s’annonce grandiose.

Voici cette offre exclusive que vous pouvez d’ores et déjà partager sur les principaux réseaux sociaux afin de mieux soutenir le vin le plus adulé de la planète. Vos dons permettront l’élévation d’un chai audacieux conçu par l’architecte Jean Lancien sous les conseils avisés de notre bon maître, j’ai nommé Hervé Lalau. Marc y exposera en été ses œuvres photographiques vendues à son seul profit, tandis que Jim exposera les siennes durant la campagne des primeurs. David, qui ne craint rien, dessinera une piste de trial autour du bâtiment, ainsi qu’un parcours de course à pieds qui, sur 50 km, permettra de découvrir les plantations de Carignan décidées par Michel en replacement de l’obsolète Merlot. Et si l’on en croit les grands critiques de la planète, Bob Bic et Michel Butane, vos dons seront bien utilisés : « Cela vaut la peine de s’impliquer », insiste l’un. « Ne rien faire serait criminel ! », clame l’autre.

-Pour un don de 5 euros de soutien, nous vous adresserons l’étiquette « collector » de notre prochain millésime Château Les5duVin 2013, une étiquette numérotée tirée d’une aquarelle de David et que les collectionneurs s’arrachent déjà !

-Pour 10 euros, vous recevrez la même étiquette dédicacée par nous tous : Jim, Marc, Hervé, David et Michel.

-Pour 20 euros vous recevrez un flacon de notre millésime 2013 dès sa mise en bouteilles cet été.

-Pour 30 euros, vous recevrez le même flacon dédicacé par nos valeureux Cinq.

-Pour 50 euros, vous recevrez un pack de 3 bouteilles de millésime 2013.

-Pour 100 euros notre transporteur vous livrera un carton de 6 bouteilles du légendaire millésime 2013.

-Pour 250 euros, vous recevrez un carton de 6 bouteilles dédicacées de 2013, plus un carton panaché de 6 bouteilles composé de nos derniers millésimes : 2011, 2012, 2013.

-Pour 500 euros, vous serez invités à vendanger le millésime 2014 qui s’annonce sous les meilleurs auspices, vendange qui sera suivie d’un déjeuner vigneron en notre compagnie. Pour vous remercier, vous repartirez avec deux cartons de 2013 dédicacés.

-Pour 1000 euros et plus, vous serez invités vous et votre ami (e) au dîner de pré-vendanges, puis au grand déjeuner des vendanges. Enfin, vous bénéficierez d’une nuit d’hôtel pour deux et repartirez avec deux cartons dédicacés de 2013.

Qu’en dîtes vous ?

Michel


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Bordeaux UK – the UK version of the 1855 story?

The Paris offices of 1855.com

This is certainly an intriguing and interesting question which was posed on Google Plus by Régis Chaigne, a Bordeaux vigneron based in St Laurent du Bois.

Régis’ question was prompted by my post last Friday on investdrinks that reported the ban on Ian Vanderhook from being a UK  company director for nine years. Vanderhook was the managing director of wine investment company – Bordeaux UK which ‘collapsed’ in November 2011 with debts of more than £10 million. At the time there was only £1.7 million worth of wine available.

According to the UK Insolvency Service, Bordeaux UK Ltd took over £23 million (27.16 m€) from investors between October 2008 and October 2011. However, only £4.6 million (5.44 €m) was used to buy wine. Of the remaining £19 million (22.45 €m) at least £2 million (2.36 €million) was trousered by Vanderhook, while £13 million is unaccounted for because of the lack of financial records. One has to wonder how far this was a deliberate policy to disguise what happened to the money and how far this was down to sheer incompetence.

I was at the creditors’ meeting for the appointment of the liquidator in November 2011. Vanderhook, a former lift engineer, was present. It was clear that despite apparently running a wine investment company for over nine years his knowledge of the fine wine market was limited. It would seem quite probable that he was a front man for someone else who may well have benefitted from some of the unaccounted £13 million.

Bordeaux UK started to operate back in 2002 soon after James Hewitt Associates Ltd, another wine investment company, was closed down in the public interest by the High Court in London. In turn James Hewitt Associates started to operate soon after Liquid Acquisitions Ltd, yet another wine investment company, was also closed in the public interest. Both James Hewitt Associates and Liquid Acquisitions were controlled by Andrew Dunne, formerly of the Bromley area in South London and now residing in Northern Cyprus.

At the creditors’ meeting Vanderhook was asked about whether Dunne was involved in Bordeaux UK. Vanderhook said that Dunne gave some occasional staff training. Given the past history it seems a very reasonable bet that Dunne’s involvement was actually far more significant even if it was a shadowy presence.

For those of you who have read this far, when you must be wondering am I going to get round to answering Regis’ question.

It is clear that both 1855 and Bordeaux UK have ripped off their clients to a very considerable degree. Bordeaux UK is outlined above, while 1855 and their associated companies have failed to fulfil a significant number of their clients’ orders, especially in relation to Bordeaux en primeur.

Although Bordeaux UK Ltd is now a dead company, the position in relation to 1855 and its associated companies is less clear. Héraclés, the new name for 1855, and ChateauOnline, also renamed – Ares, are both in administration (redressment judicaire). Shares in Heracles continue to trade on the Paris Bourse with shares now changing hands bat between 0.03€ and 0.05€ – six months ago they were at 0.12€. 1855 will remain initially in administration until 9th April 2014, while for ChateauOnline the period lasts until 22nd April 2014. As the administrator is busy collecting details of these companies’ debts I have to wonder whether once these have all been logged whether the 1855 group will have a viable future and that is before you consider the group’s toxic reputation.

The principal actors – Emeric Sauty de Chalon, Fabien Hyon and Ian Vanderhook – from both companies ought to be facing an appearance in a criminal court based on their consistent failure to supply their customers with wines ordered with payment made. See recent article LARVF suggesting that prison may await Chalon and Hyon.

There are some clear differences between the two companies. 1855 sold wine not investments unlike Bordeaux UK which sought to separate their clients from as much of their life savings as they could through high pressure sales tactics. As far as I know 1855 did not use cold calls replying instead on ‘attractive’ offers through their websites.

In contrast to Vanderhook, Emeric Sauty de Chalon and Fabien Hyon know something of fine wine.

The two companies offered Bordeaux en primeur, which some of their customers did not receive. Bordeaux UK went one better than 1855 by selling 2009 Lafite in February 2010 a good three to four months before the château announced the price.

I find it staggering that the 1855 group lasted as long as it did give the avalanche of negative comment on the net and in the traditional press. Do potential customers not bother to check out a company before placing an order or do they enjoy the thrill of Russian roulette even though the odds are stacked against them receiving their wine? It is equally staggering that Bordeaux UK Ltd  managed to solicit over £23 million for wine investments from customers who probably knew little about the company with whom they were dealing.

It remains to be seen whether the 1855 scam be repeated but it is sure that there are already similar cases to Bordeaux UK Ltd and doubtless will be more in the future. Last week wine investment company The London Vines Ltd went into liquidation. From the many messages I have received it seems clear that a substantial number of investors have not received their wines.

J-ElvisCUss


6 Commentaires

Oh, les bourges, on se bouge ?

Vrai ça ! Du Médoc capitale Pauillac au Libournais capitale Saint-et-Millions, le Mondovino (deux expressions facilement employées par mon ami Vincent Pousson) n’a de mots que pour les Crus Classés au point de nous casser les oreilles. Or, ce n’est pas logique. En effet, il m’apparaît par je ne sais quel éclair tombé du ciel que, depuis quelques années, lorsqu’ils ont cherché face à la presse agenouillée à s’acheter une conduite syndicale affichant force bonnes manières et intégrité en même temps qu’un jeu limite grand show, notre chère, noble et illustre confrérie des Crus Bourgeois a disparue de la scène médiatique. Côté communication, les bourges du Bordelais, du moins ceux du Médoc, me semblent dangereusement en sommeil. Seraient-ils en manque d’inspiration ? En recherche désespérée d’une bonne attachée de presse ? Ou bien se mettraient-ils volontairement en mode discrétion absolue pour éviter les questions qui fâchent ? Éviter de reparler de procédures judiciaires par exemple lancées au lendemain de leur magistrale réforme de 2010. Dommage, car on aimerait bien – moi en tout cas, puisqu’ils ont fait partie de mon apprentissage  – en savoir plus sur leur devenir. Où en sont -ils ? Que font ils ?

Bon d’accord, il est vrai que, coutumier du fait, j’affirme des choses en vrac, sans savoir. Vrai aussi que cela doit faire une éternité que je n’ai franchi la porte d’un chai médocain fut-il Bourgeois. C’est un fait : je n’ai pas lu toute la presse du vin ces temps-ci et on va dire que je suis en retard d’une guerre chose que je comprends vu que je ne peux plus me payer d’abonnements à la RVF, Vignerons, Terre de Vins ou au Wine Spec et que même, ô sacrilège !, dans un souci bien légitime de vouloir protéger mon pauvre portefeuille, j’ai omis de renouveler ma cotisation au plus vaillant des magazines du vin, j’ai nommé le très respectable Rouge et le Blanc, lequel ne dit que ce qu’il pense sans se laisser influencer par l’ogre publicitaire qui fait marcher au pas la langue de bois à défaut de celle de Molière ou du journalisme.

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Non mais, enfin quoi, qu’est-ce que ça peut bien signifier ce silence radio ? Communiquez les bourges ! C’est le peuple du vin qui le réclame quand bien même je sais pertinemment qu’il n’en a rien à foutre. Vite, ou sinon vous allez sombrer dans l’oubli ! N’y a-t-il plus d’émetteurs côté Médoc ? Serait-ce le calme plat vers l’estuaire ? Nos vignes-trotteurs Bettane & Desseauve ne courent-ils plus le célèbre marathon ? Ça leur ferait pourtant grand bien … (mes excuses les gars, mais faut penser à l’âge et la retraite qui vous guette !). Quant à Bob, soit, je veux bien admettre qu’il ait pu changer son fusil d’épaule en se concentrant sur la revalorisation des « petits » vins à moins de 10 $ tout en se gargarisant avec des grands crus à 200 $ minimum, mais enfin, que fait-il ? Ou alors, que font ses adjoints ? Pourquoi ne vont-ils pas enquêter sur cette extraordinaire source vineuse que le monde entier nous envie, les Crus Bourgeois ?

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Comment faire pour ne plus cautionner notre Brel national (bien que Belge) qui chantait haut et fort : « Les Bourgeois (remarquez mon « B » majuscule…), c’est comme les cochons plus ça devient vieux plus ça devient… » ? Je vous fais grâce du dernier mot qui pourrait être mal interprété par les temps qui courent et du non-dit qui suit encore plus impubliable. J’ai cherché sur Google avec ces mots : « Crus Bourgeois du nouveau ? » et les premiers articles arrivant en tête datent de 2010. Bon c’est vrai qu’en septembre et octobre 2012, la RVF et Le Point ont évoqué le classement annuel. Dans ce cas, serais-je un petit peu trop impatient ? Qui sait, après tout il se pourrait bien qu’on en reparle dans un petit mois ? Il est vrai que, pour la RVF en tout cas, il ne s’agissait pas d’un véritable article de fond. Plus un truc que l’on met sur un site en mal d’action au cas ou quelqu’un oserait aborder le sujet. Comme une nécro prête à l’emploi au Monde en quelque sorte. C’est pourquoi je vous recommande plutôt la lecture de l’article de Jacques Dupont qui évoque le classement pour le millésime 2010 et qui raconte fort bien la manière dont les choses fonctionnent. Mais depuis, plus rien. Silence radio, ou pas grand chose, sur cette « alliance » composée de 260 châteaux intègres… Allez, on va faire un petit test : lequel parmi vous serait capable de me citer de tête au moins trois noms de châteaux apparaissant pour la première fois en 2010 dans le « classement » (devrais-je dire « dans la liste » puisqu’ils ne sont classés qu’alphabétiquement ?) des Crus Bourgeois ? Et qui serait en mesure sans tricher de me citer le nom du grand vainqueur de la Coupe des Crus Bourgeois 2013 toujours vaillamment organisée par Le Point ? Allez, pour ce dernier je vous aide, c’est ici.

Mis à part cet « événement » qui doit faire à chaque fois la « une » de la presse locale, on a vraiment une impression d’immobilisme chez les Bourgeois. Par curiosité (malsaine, cela va de soi), j’ai consulté au passage la liste des membres du Jury de la Coupe. Il y a des gens bien de tous les horizons, y compris un Master of Wine, un vrai, et la charmante Suzanne Methé de L’Amateur, magazine qui semble pourtant avoir fermé ses portes depuis plusieurs mois. On va dire qu’avec l’âge je deviens aigri ou jaloux, mais dans cette honorable liste, je ne vois pas un seul membre de l’équipe des 5 du Vin ! Pourtant, je jurerais volontiers que Hervé et (ou) David y auraient leur place vu qu’ils participent à de nombreux concours. Pour ce qui est de mon auguste personne, je ne recule pas devant l’obstacle qui consisterait à me frotter au monde bourgeois du Médoc. Tiens, au passage, il y a plus de 20 ans, certains châteaux dans les Côtes de Bourg, le Sauternais et les Graves entendaient revendiquer le terme de « Cru Bourgeois ». Qu’en est-il aujourd’hui ?

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Pas grave tout ça, me direz-vous. On se consolera peut-être avec les Crus Artisans. Ça te dirait bien ça Hervé, non ? Quoi ? Qu’est-ce encore ? Un hochet de plus pour médocains oubliés, pour vignerons du bas de l’échelle ? Un classement pour les exclus et les pauvres de la presqu’île ? Allons, allons, trêve de persiflage master Smith. Les Crus Artisans existent bel et bien. Ce n’est ni plus ni moins qu’une association qui rassemble une quarantaine de domaines obéissant à certaines règles en partie détaillées ici même encore et toujours sous la plume experte de Jacques Dupont. Leurs vins sont bien plus abordables que ceux de la bande des Bourgeois ou ceux de l’aristocratie locale dite des « classés », même si certains de ces Crus Artisans commercialisent autour de 40 € le flacon, notoriété oblige. À l’instar de Château Béhèré, sur Pauillac , lequel a d’ailleurs été repris il y a peu, faute de successeur par, je vous le donne en mile, non pas par un russe ou un chinois, mais par un cinquième Cru Classé, le Château Pédesclaux. D’ailleurs, cela ne me surprendrait pas qu’un jour Béhèré fasse son entrée dans le monde des Bourgeois tant il est vrai que, dans le Médoc, on échappe rarement à son destin.

Michel Smith

PS- À titre personnel, et pour ceux que cela intéresserait, je vous donne la liste dans le désordre de quelques uns de mes Bourgeois préférés :

Bel Air, Belle Vue, Charmail, Lousteauneuf, Les Ormes Sorbet, Paloumey, Meyre, Peyrabon, La Tour Haut Caussan, La Tour de Mons, La Tour de By, Villegeorge, etc. Mais il est vrai que  j’aime aussi Sociando-Mallet, Gloria, Poujeaux et Chasse Spleen qui ne sont ni classés « grand cru », ni « bourgeois », enfin si j ne me trompe pas dans mes gammes…

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