Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Prends ça dans les dents!

Reprenant une publication de la British Dental Association, plusieurs médias britanniques  mettent en garde les consommateurs: boire du Prosecco peut être dangereux pour les dents.

En effet, le Prosecco combinerait trois éléments nocifs pour les dents: le gaz carbonique, le sucre et l’alcool.

Et les autres effervescents? Pour le Dr Coates, de Riveredge Cosmetic Dentistery, « le Prosecco est bien pire que le Champagne, parce que ce dernier n’est pas aussi sucré. Le Prosecco a un pH de 3,35 (…) et affaiblit l’émail des dents ».

Voila qui me semble bien curieux: de nombreux Champagnes présentent un pH très proche de 3, et sont donc plus acides que les Proseccos!

Certes, les Proseccos sont généralement plus sucrés (la plupart sont des Extra Dry), mais si c’est l’acidité qui attaque l’émail, alors il n’y a guère de raison de faire de différence avec les autres mousseux, même Bruts. Sans parler du cidre.

D’un autre côté, les Britanniques consomment à présent beaucoup plus souvent du Prosecco que du Champagne. Les Belges aussi.

Hervé Lalau


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Laissez vieillir les beaux Chablis!

Ah, Chablis! On manque de mots, souvent, pour qualifier l’acidité de ces monstres de minéralité.

Surtout dans leur première année où c’est le côté tranchant, voire mordant, qui ressort. Passe encore quand il s’agit de vins simples à boire vite sur les arômes citriques, de « bourins » tout juste bons à faire passer la bourriche. Quand ils ne finissent pas comme rince-doigts…

Mais pour les vins qui ont plus d’ambition, quel gâchis que de les boire trop jeunes!

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C’est bien ce que je me suis répété hier, en dégustant le Chablis 1999 du Domaine Servin – une bouteille (judicieusement) oubliée au fond de la cave.

D’accord, le nez semble peut-être un peu fané derrière les notes de miel et de curry, témoignages (encore discrets) d’un début d’oxydation. On a perdu tout aspect variétal – mais est-ce pour ça qu’on achète un Chablis?

Et que la bouche est belle! Je veux dire, bien fondue. Oh, qu’on se rassure, l’acidité est toujours là, bien marquée; mais elle s’est intégrée dans la texture du vin; je ne sais pas si j’irai jusqu’à parler de rondeur, mais en tout cas, il y a de l’harmonie, du gras, de la texture. Et toujours beaucoup de vivacité en finale, avec un soupçon de pamplemousse et d’ananas qui nous parle encore, en sourdine, de sa jeunesse.

La maison Servin est une des valeurs sûres de Chablis – non seulement avec ses crus (Premier Cru Bougros et Montée de Tonnerre, Grand Cru Les Clos), mais aussi avec son Chablis tout court, qui me séduit d’année en année – je veux dire, d’année fraîche en année plus solaire (comme le 2009, par exemple). La marque d’un bon vigneron, non?

Hervé