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Grande Garrigue 2015, un petit bonheur

On dit que le bonheur se reconnaît au bruit qu’il fait quand il s’en va…

Pour le vin, on s’en rend vraiment compte quand la bouteille est finie, mon verre reste vide. Il faut donc que nous fassions un travail sur nous-même pour apprécier et jouir de la félicité au bon moment. Pas facile !

L’être humain laisse souvent passer l’occasion d’être pleinement heureux en savourant l’instant. Mais trêve de philosophie, parlons de ce petit bonheur rhodanien!

Il tenait dans une bouteille de 75cl, c’était un 2015 de la Maison Alain Jaume, un Vacqueyras cuvée Grande Garrigue, reçu un matin d’hiver et bu un soir de printemps. Pas d’un coup, heureusement, il en restait un verre oublié au fond de la bouteille qui attendait seul, un peu déboussolé de ne pas avoir été bu. Mais son incompréhension s’est transformée en joie, celle de donner une dernière fois un instant de plaisir. Et de me permettre d’en rédiger le commentaire pour en partager l’impression qu’il me fit et vous faire, un peu, envie.

 

 

Grande Garrigue 2015 Vacqueyras Alain Jaume

Rubis aux nuances sanguines, il se love avec grâce au creux de l’orbe cristalline. Ses fragrances évoquent avec subtilité les épices et les fruits secs avant de prendre le chemin de la garrigue. Le serpolet et le romarin s’y maculent de fraise et de cerise, le cade et le ciste se colorent de figue noire et de prune sombre. Le fruit garde toute sa fraîcheur, son charnu en bouche. Il apporte du volume en bouche, sphère délicate aux contours moelleux qui semblent sucrés sans l’être. La fraîcheur doit beaucoup au minéral qui vient tendre sur sa portée cristalline toutes les notes parfumées. Équilibre subtil des accroches terriennes et des envolées aériennes reliées par le fil gracile des vivacités aux accents d’agrumes.

Le vin assemble Grenache noir, Syrah, vieux Cinsault et Mourvèdre qui poussent sur le plateau des Garrigues, du côté de Sarrians, non loin de Gigondas, là où les sols argileux mélangés de cailloutis calcaires sont peu profonds. Vinifiés en cuve, il macère 18 jours avec remontages quotidiens. Quant à l’élevage de 14 mois, il se fait majoritairement en cuve, le reste en pièces de 1 à 4 vins.

Il coûte 13,50€, pas trop cher pour un petit bonheur (mais le bonheur a-t-il un prix ?)

Ciao

Marco