Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


9 Commentaires

Grappillons quelques bons vins de saison – et abordables!

En cette période ou on ne parle que de « grands vins », de choses chères et parfois rares pour appâter le client, je vais prendre un peu le contre-pied et vous parler de quelques vins plus modestes que j’ai croisé récemment et qui m’ont semblé exemplaires, chacun selon son type et pour des prix abordables. Ce ne sont pas de premiers prix, mais aucun ne dépasse 20 euros la bouteille et le niveau moyen se situe autour de 12 euros. Cela vous fera un repas de fête réussi et peu onéreux, ou si c’est trop tard, une sélection pour les mois à venir, quand vous ne voulez plus vous ruiner. J’ai opté pour une gamme qui peut remplir toutes les cases ou presque d’un repas de fêtes (ou autre): une bulle et un liquoreux, trois blancs et trois rouges. De quoi faire quelques beaux accords avec les mets de saison.

La bulle

cremant-de-bourgogne-bailly-lapierre-cuvee-vive-la-joie-2006

Crémant de Bourgogne, cuvée Vive la Joie 2008, Cave Bailly Lapierre

J’ai dégusté cette cuvée, dans différents millésimes, à plusieurs reprises et j’ai toujours été impressionné par sa plénitude et le plaisir immédiat qui est fournie par ce caractère délicatement fruité qui remplit la bouche et la laisse impatiente pour la prochaine gorgée. C’est presque le prix de certains Champagnes bas de gamme mais sa qualité leur est nettement supérieure.

Prix public environ 13 euros

 

Le liquoreux

ninon-article-1

 

Ninon, Muscat à Petit Grains 2015, Vin de France, Cave d’Alba

Il y a de plus en plus de vins intéressants qui sortent du carcan parfois trop rigide des appellations, et ce vin d’Ardèche en fait partie. Le vignoble a failli disparâitre mais il revit grâce à ce vin très aromatique (on s’en douterait vu le cépage) somptueux par sa texture, presque luxuriant mais parfaitement en équilibre par une belle pointe de fraîcheur.

Prix public 12,50 euros

Les vins blancs

domaine-pierre-luneau-papin-froggy-wine-blanc

Muscadet Sèvre-et-Maine, Froggy Wine 2015, Pierre Luneau-Papin

C’est parce que la parcelle s’appelle « Les Grenouilles » que Pierre Luneau-Papin, régulièrement l’un des meilleurs vignerons du Muscadet, a ainsi nommé sa cuvée et j’aime bien la touche d’humour dans le nom et l’étiquette. Je suis fan de ses vins, comme de bien d’autres des meilleurs producteurs de cette appellation si injustement décriée, depuis un moment. Celui-ci peut parfaitement remplir son rôle de rafraichir et d’ouvrir le palais en accompagnant huitres ou autres fruits de mer, mais il est bien plus qu’un somple accompagnateur. Son fruité fin et sa belle rondeur se laissent boire tout seul. Vaut bien des vins blancs plus chers.

Prix public environ 10 euros

polz

Sauvignon Blanc Spielfeld 2014, E & W Polz, Sud-Steiermark, Autriche

Je trouve que les meilleurs Sauvignon Blancs d’Autriche, qui viennent tous de la Styrie, font partie de plus accomplis des vins de ce cépage au monde. Un verre de ce vin-ci, dégusté au prix de 5 euros dans un bar à vin à l’aéroport de Vienne (et qu’est-ce qu’on attend pour présenter un choix de vins au verre de ce niveau et à ces prix dans les aéroports en France ?), m’a semblé parfaitement illustrer ce propos. Il arrive a combiner l’intensité fruité d’un Sauvignon de Marlborough (NZ) sans l’accent parfois caricaturalement expressif avec la texture légèrement râpeuse mais finement ciselé d’un Sancerre. Le vin est long sans aucune lourdeur. Cela doit être le climat semi-montagneux, combiné à une vinification très précise et un long élevage dans des contenants en bois assez volumineux et pas neufs. Cette dimension tactile qui colle à la langue est une des choses que j’apprécie dans ce vin, outre son équilibre entre fruit et acidité.

prix public en Autriche environ 17 euros : ce n’est pas un premier prix, mais d’autres sauvignons dans la gamme de cet excellent producteur sont disponibles à partir de 9 euros.

25662-250x600-bouteille-domaine-laurent-cognard-montagny-1er-cru-les-bassets-blanc-montagny

Montagny 1er Cru, Les Bassets 2014, Laurent Cognard & Co

Je ne connaissais pas ce producteur et j’ai reçu cette bouteille en tant qu’échantillon envoyé par une agence de presse. D’après ce que j’ai pu glaner comme information, il s’agit d’un jeune vigneron qui a pu acheter un peu de vignes tout en travaillant comme salarié avant 2006, puis il en a repris d’autres parcelles à la retraite de ses parents qui étaient en cave coopérative. Vendanges manuelles, pressurage douce, levures « indigènes », malos faites et une association de vinification/élevage en cuves et vaisseaux en bois de différentes tailles. En tout cas le résultat m’a semblé très probant, avec un mariage intéressant entre rondeur et vivacité, de la pureté dans les saveurs fruites et une bonne longueur. Heureusement pas de « minéralité » à l’horizon (private joke) !

Prix public : autour de 20 euros : ce n’est pas exactement donné mais cela vaut d’autres blancs de Bourgogne à 30/35 euros

Les vins rouges

chermette

Beaujolais Nouveau, cuvée Vieilles Vignes 2016, Pierre-Marie Chermette

Ce producteur (ci dessus, montrant qu’il ne mouille pas que sa chemise pour faire ses vins), qui fait aussi d’excellents vins dans les crus Brouilly, Fleurie et Moulin-à-Vent, produit chaque année ce qui sont pour moi des vins exemplaires du type primeur issu de l’appellation Beaujolais. Là aussi on a le choix entre différentes cuvées : Les Griottes et Vieilles Vignes. Cette année j’ai acheté et bu une bouteille de la deuxième cuvée, peu de temps après la sortie de ces vins. Ce vin m’a enchanté par son fruité très croquant, son allégresse sur la langue et l’impression de joie de vivre (et de boire) qu’il m’a transmis instantanément. Et il a tout ce qu’il faut pour tenir encore un an si jamais cela vous inquiétait.

Prix en boutique à Paris: environ 8 euros.

18918-250x600-bouteille-mas-baux-grand-red-rouge-cotes-du-roussillon

Côtes du Roussillon Mas Baux, Grand Red, 2015

Pas la première fois que j’apprécie les vins de ce très bon producteur non plus. Sur le plan stylistique, c’est bien évidemment très différent du précédent, plus riche mais également très fruité et gourmand à souhait mais avec la dimension chaleureuse qui parle de ses origines sudistes en plus. Beaucoup de vin pour ce prix.

Prix public : 8,50 euros

 linsoumiseDes jeunes couples qui font d’excellents vins très abordables à Bordeaux, cela existe et ce n’est pas rare du tout. Que les « non-pensants » arrêtent avec leur stupide « Bordeaux bashing » ! 

Bordeaux Supérieur, Château l’Insoumise cuvée Prestige 2014

Voulez-vous du classique et du pas cher ? Voici un parfait exemple que j’ai choisi récemment à l’aveugle parmi 25 vins de cette appellation et dans ce millésime. C’était un de mes trois vins préférés de cette série et le moins cher des trois. Il vient de la région de Saint-André de Cubzac (rive droite) et son assemblage donne une part moins important au Merlot que la plupart de ses concurrents: 60% pour 35% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet Franc. Le résultat est un vin droit, net et très classique au nez avec un boisé encore présent dans un ensemble relativement puissant et structuré mais sans aucun excès. C’est clairement du Bordeaux et c’est très bien fait.

Prix public 8 euros

Bonnes fêtes, ou ce qu’il en reste

David Cobbold


1 commentaire

Les Bons Beaujolais de l’ami Johan

Notre invité, ce samedi, n’est autre que l’ami Johan De Groef (In Vino Veritas); cette fois, il partage avec nous quelques unes de ses dernières trouvailles en Beaujolais…

beaujolais

Rentrons déguster avant l’averse!

Château des Moriers

Les 8ha75 de ce château – dont 8 sur Fleurie – sont majoritairement plantés de vieux Gamays, sur granit rose. Gilles Monrozier travaille selon la méthode traditionnelle de macération carbonique (partielle), qu’il conduit pendant une dizaine de jours. Les Moriers doivent leur nom au vignoble éponyme qui entoure le château.

Fleurie 2013, Les Moriers, Château des Moriers
Cette cuvée élevée en vieux foudres nous montre une robe carminée aux reflets violines. Nez exubérant de fruits rouges aux notes croquantes de rhubarbe et de violette. La bouche, raffinée, lardée, mais tendue, présente d’étonnantes notes de noix de muscade et de clou de girofle, le tout très bien fondu. La finale nous offre des sensations à la fois juteuses et bitter. Une vraie bombe fruitée. https://www.facebook.com/chateaudesmoriers/

moriers

Domaine des Terres Dorées Jean-Paul Brun

C’est en 1979 que Jean-Paul Brun a repris le domaine familial des Terres Dorées (45ha, aujourd’hui), du nom de cette zone du Sud-Beaujolais, aux maisons si caractéristiques, avec leurs teintes mordorées. Il est devenu un des grands artisans et porte-drapeau de la renaissance du Beaujolais artisanal dans toute sa pureté de fruit. Il produit également des appellations communales.

Côte de Brouilly 2014, Terres Dorées
Ce Côte de Brouilly est issu de vignes de 50 ans sur granite, situées à 300m d’altitude et orientées Sud-Sud Ouest.
Pour ce cru, Brun a opté pour une vinification à la Bourguignonne, en futs de chêne, suivie par un élevage en cuves béton.
Robe d’un rouge lumineux aux reflets violets. Cerises et framboises fraîches au nez, avec une touche florale et épicée. La bouche est juteuse et pleine de sève, puissante et pourtant raffinée, la finale très fraîche ; le gamay comme on l’aime.
www.wijnen-dekok.com

img_2361Le soleil est revenu, le moral aussi

Domaine Thillardon

Les frères Thillardon ont fondé leur domaine en 2008 aux Brureaux, un hameau de Chénas. Ils exploitent aujourd’hui 12 ha dont la majorité des parcelles sont sur Chénas le plus petit cru du Beaujolais. Jeunes et dynamiques, ils ont opté pour les vins nature et non filtres. Nous avons apprécié toutes leurs 5 cuvées parcellaires de Chénas.

 Chénas 2014, Les Blémonts, Domaine Thillardon
Les Blémonts sont un lieu-dit de Chénas, aux sols argileux riches en manganèse.
Cette cuvée d’un rouge sang présente une grande richesse au nez (fruit rouge, cerises de Bâle). La bouche reste sur la cerise, mais plutôt la Montmorency, et ajoute les quetsches et quelques fruits des bois. Ses tannins très fins, soyeux, et sa finale interminable font de ce Chénas un vin d’une grande élégance  – on pense inévitablement à un Bourgogne. Un grand Bourgogne. http://paul-henrithillardon.blogspot.be/ http://www.bernarddoisy.be/
http://www.biobelvin.com/

Domaine des Arbins

Ce domaine familial de 13 hectares se situe à Vaux en Beaujolais, une jolie zone de collines. Cette cuvée est issue de Gamays de 50 ans sur sous-sol granitiques, avec vue sur la Saône et même, par temps clair, sur les Alpes.

 

Beaujolais Villages, Cuvée Alexandre 2014, Domaine des Arbins
Robe rouge sang. Nez généreux du fruit rouge, cerise, fraise et groseilles bien mûres. En bouche également, un plein panier de fruits frais et juteux. Les tannins sont souples, le bois bien fondu, et la minéralité sous-jacente fait de ce Beaujolais Villages un vin très raffiné ; un vin de plaisir, aussi qu’on verrait bien à table aux côtés d’une bonne charcuterie locale. www.domaine_des_arbins.com

arbinsFranck Lathulière, fier de son Beaujolais Villages – à juste titre

 

Johan De Groef

 


Poster un commentaire

Portrait Beaujolais, Dominique Piron

À quelques jours de B.B.B., parler d’un Beaujolais semble incontournable. BBB, c’est Bien Boire en Beaujolais, qui aura lieu le 11 avril prochain au Château de Pizay et au Château de La Chaise. Le but: déguster une grande variété de Beaujolais, cela semble évident; dans deux lieux superbes, en plus. Des vignerons, il y en aura un paquet, répartis dans différentes associations selon leurs atomes crochus ou toutes autres raisons inavouables.

affiche_bbb2015

Dominique fait partie des Beaujol’art’.

Voici son portrait réalisé avec la collaboration de mon complice Johan De Groef (ensemble nous réalisons la rubrique Caracterres, dans In Vino Veritas.

Et quel meilleur choix que Dominique pour vous donner envie d’aller en Beaujolais? Pour Johan, il en est l’ambassadeur, et je suis assez d’accord.

IMG_0885

 

Dominique Piron, du domaine éponyme

Il connaissait notre chemin, savait l’heure de notre venue, nous attendait. Il nous accueillit avec la plus grande amabilité, bien qu’il soit en plein dans les travaux – sa cave s’agrandit pour satisfaire à l’expansion des ventes. Mais c’est la marque d’un véritable ambassadeur…

IMG_0877

Pour commencer, Dominique nous emmena, par monts et par vaux, d’un cru à l’autre. Les dix passèrent en revue, de près ou de loin. En moins de deux heures, j’avais acquis une perspective générale de l’appellation, mais aussi une notion de ce que le Beaujolais compte comme terroirs et par conséquent, une estimation des étonnantes potentialités des « sous-estimés » vins issus du cépage Gamay. Maintenant, après tant d’années de fuite en avant avec le Beaujolais Nouveau, on trouve ici, non pas des «cultissimes» vins cérébraux, mais de vrais vins à boire !

IMG_0880

Une vision traduite par un Dominique enthousiaste à l’image de Michèle, l’une de ses deux sœurs. Un trait de famille! Du coup, je me suis senti comme un roi au milieu du royaume.

Their Excellencies

Pas étonnant que Dominique fut présent lors de la visite officielle du président chinois Xi Jinping. Invité pour expliquer en long et en large le vignoble français avec un focus sur le Beaujolais au chef de la plus ancienne culture encore en vigueur aujourd’hui.

piron

Dominique Piron est né en 1950 à Villié-Morgon. Quant au domaine, il gît au pied de la Côte de Py le long de la D68. Il représente la quatorzième génération d’une dynastie fondée en 1590. Dominique reste toutefois humble, mais clairement investi d’une mission qui transcende les aventures individuelles. Son père s’était déjà largement voué à la cause du Beaujolais.

Après des études d’œnologie fin des années 1960 et quelques déplacements essentiels pour apprendre le métier, est devenu vigneron fin des années 70.

Cette passion familiale, il la chérit, mais tellement plus fort qu’une tradition, totalement convaincu du potentiel du Gamay en Beaujolais, de la valeur du patchwork territorial.

Le domaine

Il compte 65 ha et s’étend sur 8 crus : Morgon, Moulin à Vent, Régnié, Brouilly, Chenas, Fleurie, Chiroubles et Saint Amour. Et décrypter avec lui les cartes géologiques est un régal.

IMG_0875

On se sent savant.

Le nouvel étiquetage des vins montre, à la manière Petit Prince de St-Ex, comment les différentes cuvées  articulent la planète Gamay.

La jalousie, l’envie, lui sont étrangères. Rien de plus agréable que d’éveiller ces Belles au bois dormant comme Chénas à la vie princière, en compagnie de quelques collègues vignerons, histoire de confronter expériences et connaissances, ne pas rester le nez dans le guidon.

Le soir de notre rencontre, nous avons fêté son anniversaire en tout petit comité, exemple pertinent de sa simplicité.

Sans enfant, il s’est néanmoins trouvé un successeur. Julien Revillon est clairement une âme sœur, un héritier spirituel. Le vin, comme la vie transmise, aura ses hauts et ses bas.

JulienRevillon crédit Vinconnexion

Dominique pense que la roue tourne et que la région amorce une sorte de renaissance. Le Beaujolais revit et de nombreux vignerons d’ailleurs regardent dans sa direction. Dominique Piron considère que c’est positif. Le persévérant gagne…

IMG_0889

 

Morgon Côte de Py que choisir d’autre pour illustrer l’homme et le propos ?

Dominique Piron sur la Côte du Py

Morgon Côte de Py 2014 Domaine Piron            

Pour Dominique, ce gamay spécifique ressemble au sang qui coule dans ses veines. 

IMG_0886

Une étiquette marquée d’un trait instantané, sombre, un arbre doré planté sur l’arc suggéré, simple, efficace, c’est la Côte de Py calligraphiée. Le vin s’en inspire. Grenat, il coule, juste estampillé d’une flamme rubis. C’est immédiat, pas de chichi, du fruit, de la générosité, mais aussi de la subtilité. Déjà, comme par transparence olfactive, les différents niveaux de lecture s’aperçoivent. Derrière la marmelade de myrtille et la confiture de griotte se cache la corole délicate d’un iris, le parfum entêtant d’un lis. On cherche plus, le dessin se précise, le trait s’accentue, noirci de graphite, ombré de poivre.

Quel jeu nous offrira la bouche ?

On la trouve d’emblée fraîche, croquante des fruits sentis, pleine d’entrain, prête à de multiples largesses. Mais il y a là aussi de la délicatesse, bien figurée par le grain soyeux des tanins. De la gourmandise encore, mais nuancée de sensualité. Puis, tout semble revenir au point de départ, virevolte espiègle qui nous propose à nouveau de la chair de cerise, suivie de subtile cardamome, d’une hachure de cumin. Les tanins, eux, s’essaient à la rusticité raffinée, caractère facétieux qui le rend encore plus attachant.

Un archétype du Gamay beaujolais ? Peut-être… non, mais à coup sûr, une des facettes des multiples Gamay beaujolais.

Les vignes ont une cinquantaine d’années et s’étendent sur 8 ha perché à 300 mètres sur la Côte de Py en légère pente orientée sud-est, au sol de granits désagrégés, riches en oxyde de fer.

IMG_0887

Vinification : vendanges manuelles, table de tri, égrappage partiel et pigeages. Fermentations de 15 à 20 jours. Élevage à 30% en bois, foudres et fûts qui apporte de la rondeur.

www.domaines-piron.fr

 

Ciao

 

P10507831-250x333

 

Marco (sans oublier Johan)

 

 


Poster un commentaire

Mill Bio 2016 (3ème partie) : la Beaujolais fever !

Parmi toutes les folies nocturnes que nous proposent les vignerons exposant à Millésime Bio, il en est une que je ne manque sous aucun prétexte. Elle est l’initiative d’un groupe de jeunes vignerons plein de dynamisme qui nous proposent dans la bonne humeur de découvrir d’étonnantes bouteilles de leur production, des vins venus de tous les horizons du Beaujolais, crus compris, en bio bien sûr, dans des millésimes improbables parfois emprisonnés en magnum depuis plusieurs années, certains dans des appellations inattendues comme Beaujolais Nouveau, par exemple, ou Beaujolais-Leynes. Généralement, la soirée étant fort prisée et animée, je m’y pointe à l’heure précise indiquée sur l’invitation quand les bouteilles n’ont pas encore toutes été vérifiées mais qu’elles sont à température parfaite. Mais surtout, j’y arrive bien avant que le flot des soiffards-bouffeurs ne débarquent en masse !

WP_20160126_020

Une partie de la bande des jeunes bios du Beaujolais. Photo©MichelSmith

Commençons par une découverte : celle du Verre à Soi, un élégant bistrot que je ne connaissais pas encore, moi le régional de l’étape, un lieu chic et cosy comme on dit de nos jours pour ne pas dire confortable, sis en plein milieu de la montée (ou de la descente) de la rue Saint-Gulhem, artère piétonne archi commerciale qui, outre quelques hôtels particuliers, cache une Vierge noire nichée au coin d’une rue. C’est dans ce bar magnifique – il a un grand frère à Grenoble – que nous avaient donné rendez-vous en fin de soirée la bande de jeunes vignerons bio présents à Millésime Bio, épaulés pour la circonstance par Mélina Condy-Benedic, la très efficace attachée de presse d’Inter Beaujolais descendue spécialement de Villefranche-sur-Saône.

WP_20160126_030

Marco, en conférence avec Mélina. Photo©MichelSmith

Première tâche de la soirée, il s’agissait pour moi d’attaquer avec efficacité un vol (un flight disent les english) de Beaujolais blanc. D’emblée, le Domaine Saint-Cyr, représenté par le très grand (et costaud) Raphaël Saint-Cyr se distingue avec son seul blanc 2013, un vin plein de sève et de retenue. Bonne double prestation ensuite du Château de Lavernette situé aux confins du Mâconnais et du Beaujolais : leur 2011 présenté en magnum était frais, dense, un chouïa plus strict que le précédent, mais d’une longueur et d’une netteté remarquables. Le 1996 Les vignes de la Roche m’a paru bon mais un peu passé. Il est vrai que, contrairement à mes habitudes, pressé par le temps, je ne suis pas revenu dessus. Mea culpa. Presque dans le même secteur, le Domaine de Lalande représenté par Romain Cornin, avait quant à lui assuré avec deux millésimes frais et dispos, 2008 et 2010, bien assis sur leur belle acidité, ce qui revient à dire prêts à boire sur un brochet, par exemple, ou – cliché d’entre tous les clichés – sur une andouillette à peine crémée.

WP_20160126_026

Photo©MichelSmith

Pas de Beaujolais rosé à se mettre sous le nez, ce qui est à mon avis dommage. Pensez-y la prochaine fois les gars ! Résultat, c’est tout naturellement, et dans un désordre le plus parfait (mais après tout j’aime quand les hiérarchies se bousculent, quand un simple Beaujolais se fait meilleur qu’un Morgon) que j’ai abordé une série de rouges plutôt récents, donc jeunes. Les voici dans mon ordre (désordonné) de dégustation. Lavernette revient avec un Beaujolais-Leynes 2011 que j’ai trouvé un peu sec et manquant d’accroche. Arrive ensuite un Juliénas La Bottière 2011 en magnum du Domaine David-Beaupère aussi connu pour ses chambres d’hôtes. Un très beau vin, un peu austère au début, mais à la matière si généreuse et doublée d’une bonne longueur.

WP_20160126_012

Photo©MichelSmith

S’en suivent trois vins décevants que je cite car si je ne le fais pas on ne manquera pas de me le reprocher : Morgon Les Charmes 2013 Bret Brothers, Beaujolais Raisin Libre 2014 Thillardon et, si je me souviens bien du même producteur qu’il me semble pourtant avoir bien aimé lors d’une autre dégustation dans un autre millésime il est vrai. Pas de chance, leur Chénas Les Vibrations 2013 ne m’a pas fait vibrer une seconde. Rebelote avec le Beaujolais-Leynes La Souffrandière 2011 des Bret Brothers goûté il est vrai en fin de parcours. En revanche, j’ai grésillé de plaisir avec le Juliénas 2013 de David-Beaupère (moins avec leur 2012, trop sec à mon goût), et plus encore avec le Morgon 2013 de Claire et Fabien Chasselay dont les jolies notes de cassis étaient flagrantes. Retour au Domaine David-Beaupère avec un Juliénas La Bottière 2011 superbe de  matière, alors que le Beaujolais Bellevue 2012 du Château de Saint-Cyr, présenté en magnum, était tout juste plaisant dans sa simplicité. Un ton au-dessus, le Regnié Le Calvaire 2011 du même domaine, également en magnum se dégustait le mieux du monde : matière dense, serrée et petite longueur pour accrocher le buveur. En dépit d’une légère amertume (bois ?), j’ai été ravi de goûter le Juliénas Saint Antoine 2011 de David-Beaupère servi en magnum surtout grâce à belle intensité de la matière. Autre magnum et autre plaisir jubilatoire qui montre que l’année 2011 restera dans les mémoires, le Fleurie des Chasselay (voir plus haut), en dépit d’un côté souple, facile et discret, s’est montré réjouissant par sa saveur toute giboyeuse et son honnête longueur.

WP_20160126_024

Photo©MichelSmith

Maintenant, c’est au tour des « vieux » rouges. Le Beaujolais-Villages 1996 du Château de Lavernette sent l’antiquité, c’est vrai, mais il n’est pas pour autant mort et il est même sympathique d’approche. Le Juliénas 2005 de David-Beaupère (magnum) est logiquement plus long, mais un peu étriqué. Le Morgon Vieilles vignes 2009 de Noël et Loïc Bulliat (magnum) offre une belle matière grillée et ensoleillée, de la longueur et des tannins honorables. Du même domaine, le Fleurie Les Moriers 2010 (magnum) a en réserve une fraîcheur notoire, de la densité et de la longueur. Ces deux-là peuvent encore se garder en magnum 5 à 6 ans dans une bonne cave. Surprenant, le Beaujolais Nouveau 2010 (magnum) du Domaine Chasselay dispose encore d’une fraîcheur et d’une longueur honnêtes. En dépit d’une certaine pâleur de robe, on a envie de le boire sur un poulet fermier servi avec des champignons ! Quant à leur Côte de Brouilly L’Héronde 2008 (magnum), il confirme que ce domaine du sud Beaujolais plutôt bien noté du début à la fin est d’un intérêt certain : élégant, dense, serré, ferme, voilà du beau travail !

Gamay, quand tu nous tiens !

Michel Smith

WP_20160207_003

Des copains et des livres…

Avant de terminer, je rajoute quelques lignes pour commenter les dernières parutions de deux copains journalistes. Actualité oblige – je pense au Festival de la BD d’Angoulême qui s’est achevé il y a de cela quelques jours -, le premier ouvrage reçu l’autre jour, paru chez Delcourt, s’intitule Cognac et je me suis demandé un instant s’il n’avait pas été commandité par le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC). Outre une intrigue somme toute assez banale (une jeune journaliste retourne dans son pays pour un reportage sur l’eau-de-vie charentaise, mais la vilaine curieuse s’intéresse en parallèle à un double meurtre), c’est une bonne excuse pour se promener du côté de Jarnac et de Cognac avec au passage une incursion dans les chais de Hennessy et Frapin. Rien de plus normal quand on sait que l’un des trois co-auteurs de l’ouvrage n’est autre que mon camarade Jean-Charles Chapuzet, un saintongeais pure souche qui vit et travaille à Jonzac où son épouse est fille de tonnelier.

WP_20160207_005

Un truc me chiffonne pourtant : le véritable héros de La part des démons, ce premier épisode de Cognac, semble être une petite automobile dont la marque est omniprésente ainsi que le logo jaune d’une mutinationale bien connue de la location de voiture. Le second ouvrage, lui, ne comporte à première vue aucune pub dissimulée. Sauf quand il nous livre des noms de châteaux ou des marques d’apéritif. Cosigné Alain Bradfer et Vincent Lalu, le Dictionnaire Insolent du Vin est certes instructif, mais ce n’est pas tout à fait le brûlot que j’attendais de ces deux-là. Émaillé de citations bien senties, édité par La Vie du Rail, maison que l’on n’attendait pas dans le monde du vin, le livre se feuillette au petit bonheur avec quelques entrées saignantes et inconvenantes à l’image de celles que je reproduis volontiers ci-dessous.

WP_20160207_002

La plus mignonne : Pinocchio (Faire une pipe à), désigne, selon l’expression due à Vincent Pousson, l’ingestion et l’appréciation positive d’un vin boisé. La plus vache : Pétillant naturel, le Pet’nat, au goût indescriptible, a dû naitre d’un accident de vinification dans une cave méridionale. Fait fureur chez les bobos. La plus convenue : Mâcon (Concours de), compétition improbable délivrant des médailles servant d’attrape-gogos à usage de la grande distribution. La plus drôle : Chanau Pierre, l’un des plus grands vignerons français, présent à lui seul dans 18 appellations. Traduit du verlan : Auchan (Pierre). Mais c’est un pur effet du hasard. La plus rosse : Latour (Château), seule filiale impossible à délocaliser de l’empire industriel de François Pinault, dégageant une marge nette de 500 %.


2 Commentaires

Des doutes, toujours, des certitudes, rarement, et du Beaujolais, aussi souvent que possible

Je doute souvent. Et à peu près de tout. Je lisais cette semaine dans Le Monde des Livres un article sur le biologiste, médecin et philosophe Henri Atlan intitulé « Douteur ès Sciences » et je me trouve bien en phase avec les positions de cet homme, sans posséder le 10ème de son savoir. Quel est le rapport avec le vin ? A peu près tout. Par exemple, je doute souvent de ma capacité (et de celle des autres) à juger la qualité d’un vin avec une pertinence quelconque pour autrui. Je doute de la validité de très nombreux principes des AOC. Je doute de la pertinence des études géologiques détaillées appliqués au vin (mais pas du concept du terroir !). Mais, à côté de cela, j’ai aussi quelques rares certitudes. Par exemple, je suis sur que les modes fluctuent et changent : cela s’avère année après année. On le voit avec le cas du Beaujolais dont il sera largement question dans cet article. Une autre de mes certitudes se situe sur le terrain commercial, qui est quand même le nerf de la guerre. Il s’agit de la nécessité des « petits » producteurs de vin de s’associer pour promouvoir et vendre leurs vins. On s’arrêtera là pour le moment.

Cette semaine verra la sortie du Beaujolais Nouveau. J’ai toujours aimé ce moment festif autour du vin, sans nier le tort que cette grosse promotion collective a pu faire à l’image des vins de toute cette région, dont une bonne partie possède des qualités bien au delà du simple « fruité, bu et pissé ». La semaine dernière j’ai pu déguster quelques cuvées (une petite dizaine) de Beaujolais Nouveau et je vous en parlerai à la fin de cet article. Le millésime 2014 me semble avoir beaucoup de qualités en Beaujolais avec une belle intensité d’un fruit qui fait preuve de maturité, et j’ai trouvé des vins tout à fait délicieux.

Par la même occasion, j’ai aussi dégusté quels crus du Beaujolais, dans les millésimes 2012 et 2013 et issus des mêmes domaines que ceux qui proposaient les cuvées de vin nouveau. Et le moins que l’on puisse dire est que la gamme des vins rouges de cette région couvre un spectre bien plus large que celui communément reçu par l’opinion public. Il y avait là des cuvées de Régnié, de Brouilly, de Fleurie ou de Morgon ayant de vraies qualités de vins de petite garde, avec de la structure et du fond, sans perdre le caractère charmeur du fruit de leur gamay noir.

L’occasion de cette petite dégustation était une présentation des vins d’une association appelée Terroirs Originels, qui réunit une vingtaine de vignerons indépendants du Beaujolais et du Maconnais. Pour voir de quoi il s’agit, allez visiter leur site qui explique très clairement l’approche, ainsi qu’il présente les individus qui en font partie (http://www.terroirs-originels.com/). C’est cette association, entre autres, qui me confirme dans l’opinion exprimée ci-dessus quant à l’utilité, voire la nécessité, pour des vignerons ayant peu d’hectares chacun de s’unir pour vendre, en France ou à l’export, mais aussi pour présenter leurs vins à la presse et aux professionnels.

Nous savons tous que le phénomène Beaujolais Nouveau n’est pas une pure invention « marketing » du temps modernes, mais qu’il est l’héritier d’une tradition, oubliée et très ancienne, qui faisait que les vins (sauf quelques liquoreux) ne se vendait que pendant leur jeunesse, vu l’impossibilité de bien les conserver avant l’arrivée des bouteilles industrielles et de l’usage du soufre. La réussite de cette fête un peu bacchique doit aussi, très probablement, une part de son succès populaire à la période de l’année et à la météo connexe de l’hémisphère nord. L’été est loin, les jours de raccourcissent rapidement, le froid arrive et les fêtes de fin d’année ne sont pas encore là. Le prétexte pour conjurer la déprime et illuminer les idées noires tombe très bien. Mais chaque médaille à son revers, et la simplification de l’image des vins de toute une région, avec ses nuances, ses variations, ses capacités et expressions différentes, ont été, pendant longtemps, noyés sous le flot de ce vin simple et gai, mais un peu trop uniforme par moments.

Je crois que cette période est révolue, et je l’espère de tout coeur. Les nombreux producteurs de qualité de cette belle région le méritent amplement. En tout cas, les vins que j’ai dégusté (il est vrai qu’ils ne représentent qu’une infime partie de l’offre) n’avaient rien de triste, mais ils n’étaient ni simplistes ni monolithiques non plus. Chaque vigneron, et chaque cuvée passait une expression particulière parmi les vins de Beaujolais et Beaujolais Villages 2014 que j’ai dégusté, et à fortiori avec les crus. Voici des notes sur les vins que j’ai préféré, avec une photo des producteurs en question. Car je crois aussi (mais ce n’est pas une certitude) que l’homme fait bien plus pour la personnalité d’un vin que la géologie. Cette dernière disciplines permets de faire de bien jolies cartes quand même !

 

emmanuel_fellot-1

Beaujolais Nouveau 2014, Emmanuel Fellot

Frais et délicat avec une superbe qualité de fruit. Un vin fin et léger, à lamper avec bonheur.

Beaujolais Villages Nouveau 2014, Emmanuel Fellot

Possède la même belle qualité de fruit mais aussi une structure plus présente et, logiquement, davantage de longueur. Une très belle cuvée qui nous amène loin des poncifs qu’en entend encore et toujours sur ce type de vin.

 

robert_perroud-1 Beaujolais Nouveau 2014, Robert Perroud

Le nez est splendide, très expressif. En bouche cela se confirme  avec un bouquet de fruits frais, d’une gourmandise parfaite. Je  dirai même que c’est un Beaujolais nouveau idéal et tout à fait  délicieux.

 

lucien_lardy-1

Beaujolais Villages Nouveau 2014, Lucien Lardy 

Encore une délice, mais qui possède un peu plus de fond et de structure que le vin précédent. J’en boirais bien un tonneau !

 

 

La mode et les étiquettes

IMG_6405

 

Les étiquettes en Beaujolais, comme ailleurs, évoluent et c’est tant mieux. Une petite tendance remarquée lors de cette dégustation est l’apposition, en grand, d’une date qui n’est pas celle du millésime du vin en question. Cela est illustré par ces trois cuvées différents de Beaujolais et Beaujolais Villages Nouveau de Jean-Michel Dupré, vigneron de la commune de Regnié qui bénéficie d’un stock impressionnant de vieilles vignes. C’est donc l’année de plantation de la majorité de chaque parcelle (oui, il fait bien remplacer les pieds morts) qui lui donne son identité. Emmanuel Fellot utilise aussi ce principe d’une date écrite en grand sur ses étiquettes. Mais dans son cas in s’agit de 1828, année de l’installation de sa famille sur le domaine. L’ancrage dans l’histoire reste un constant, indépendamment des modes. Les vins  de Dupré sont bons, mais ne faisaient pas partie de mes préférés car j’ai trouvé leur acidité un peu trop présente. La partie pris de Dupré est d’éviter toute chaptalisation dans ses vins nouveau. C’est un peu comme la religion : on y adhère ou non par principe/croyance, mais pas vraiment par goût.

Et les crus

Voici une petite sélection, toujours issus des ce groupe de vignerons.

Domaine Dupré, Régnié 2012

J’ai aimé sa facilité d’accès et sa relative souplesse. Bon fruit et une certaine densité.

Robert Perroud, Brouilly « Pollen », 2013

Ce vin, qui a vécu 12 mois en fût est très structuré et possède une longueur impressionnante. Sa finale qui un peu sèche me fait penser qu’un peu moins de temps en bois aurait été préférable. Mais il faut certainement l’attendre aussi pour le laisser exprimer tout son potentiel.

Lucien Lardy, Fleurie 2013

Un très joli vin avec beaucoup de fond. C’est intense, relativement tannique, avec une structure bien en phase avec la matière. Un très beau vin qui peut se mesurer à d’autres bien plus chers.

L. Gauthier, Morgon Côte de Py 2013

Autre cuvée solide, aussi large que trapue. Sa texture légèrement rugueuse le situe un peu en dessous de la précédente.

 

Et bientôt des Premiers Crus ?

Je sais que l’inter-profession cherche à établir, à l’avenir, une sorte hiérarchie à l’intérieur des crus que prendra la forme d’un certain nombre de parcelles ayant le statut de premiers crus. Pour cela ils ont fait creuser de milliers de trous dans le vignoble afin de regarder ce qui se passe en dessous. Je ne sais pas trop ce qu’il faut penser de ce projet. D’un côté c’est bien, car cela fera parler des qualités de certains vins. Mais d’un autre, je ne suis pas convaincu que cela reflétera réellement une échelle qualitative crédible pour le consommateur, tant le rôle du producteur individuel me semble être au cœur de cette affaire.

 

David Cobbold

 

 


5 Commentaires

Beaujolais, un grand écart…

Il existe des Beaujolais qui nous font vraiment plaisir et qui pourtant sont diamétralement différents.
Qui peut résister au charme truculent d’une cuvée du Domaine Chasselay ?
Qui peut rester indifférent à l’élégance du Château de la Chaize ?
Le Beaujolais, c’est un peu un concentré de ce qu’on peut faire en viticulture.

Au Domaine Chasselay

Beaujolais escapade 084

Rencontré à BBB, Bien Boire en Beaujolais, ce fût un vrai plaisir de revoir Fabien Chasselay chez lui. Les rouflaquettes bien dessinées, une carrure de rugbyman, la langue loin de sa poche, il me fait passer en revue les différents bâtiments de l’exploitation familiale. Peu de futaille, ici, on n’aime guère le bois «ce que j’aime, c’est le vin qui se boit, la pommade des vins barriqué, c’est pas mon truc. Ce qui est sympa aujourd’hui, c’est que notre appellation a bien changé, les vins sont plus généreux qu’avant, ça nous a remonté l’image et démontré que le gamay, c’est formidable. À nous de supporter les caprices de celui qui ne supporte pas la médiocrité, il faut l’aimer et le chouchouter».
Et pas de soufre ?
«Mon père déjà vinifiait sans soufre, c’est pas nouveau chez nous. Bien sûr, il faut de l’hygiène, le jet d’eau est le principal outil de la vinif’…, le raisin est fragile, la propreté est indispensable».
Un bel exemple

???????????????????????????????

Les Grands Eparcieux 2013 AOC Beaujolais

Sa robe violette aux reflets cramoisis aguiche l’œil.
Il parle de ce mélange entre la gourmandise, la générosité et la rigueur. Équilibre particulier qui nous font aimer dès la première gorgée ce gamay parfumé d’iris et de violette, coloré de griotte et de groseille, souligné de réglisse et avouant une fraîcheur croquante à se damner.
Un vin certes dangereux, on l’ouvre, on le boit. Et tout ça pour 5,80€ (prix au domaine)
Le domaine se situe au sud du Beaujolais, à Châtillon d’Azergues, mais la gamme s’étend jusqu’aux crus. La famille possède ou loue quelques arpents en Fleurie, Morgon, Chénas et Côtes de Brouilly. Histoire de partager un peu plus de Beaujolais avec la clientèle ou les personnes qui restent loger.

http://www.domaine-chasselay.com

 

Le Château de la Chaize

Dans un style tout à fait différent, mais qui plaît tout autant…

IB 3 DG 134 Château de la  Chaize à Odenas - Br - Gillet Inter Beaujolais copyright

Au pied du Mont Brouilly, à la sortie d’Odenas, lové dans son écrin de vignes, le château offre sa géométrie raffinée. Jardin à la française, architecture épurée, bassin circulaire, les âmes de Le Nôtre et Mansard planent encore au-dessus de la propriété. Les jardins se visitent sur rendez-vous. Le château appartient à la Marquise de Roussy de Sales et ne se visite pas.
À l’entrée du domaine, la cave de vinification déploie son grand bâtiment et cache en sous-sol un immense chai d’élevage. Long de 108 mètres, il abrite une succession de foudre de 40 à 100 hectolitres. Le Brouilly y passe moins d’une année avant sa mise en bouteille. Quant à la cuvée Vieilles Vignes, elle s’élève en pièces bourguignonnes.

???????????????????????????????

Le premier, le Brouilly Château de la Chaize 2012, plaît d’emblée par la saveur de son fruit – mais pas comme chez Fabien, le dessin ici est différent, architecturé, peut-être comme le château…

Le Brouilly Cuvée Vieilles Vignes 2012, lui, ressemble à ce qu’on attend d’un vin de garde et offre une certaine retenue, mélange de noblesse et de rigueur, auquel s’ajoute la promesse d’une réelle aptitude au vieillissement. Entretemps, on peut en déjà en apprécier l’esquisse fruitée, le bouquet floral, la bouche élégante aux notes confites, la fraîcheur douce aux épices tempérées. La texture ligneuse de la trame du vin rappelle son élevage, sans toutefois avoir le goût du bois, et renforce l’architecture de cette cuvée à l’âme bien née.

???????????????????????????????

Les prix si on s’y intéresse et pour autant que je pense à les donner 10,50€ pour le premier et 15€ pour le second

http://www.chateaudelachaize.com

C’est ça le Beaujolais, il y en a pour tous les goûts

Ciao
Beaujolais escapade 174

Marco


Poster un commentaire

Beaujolais, un air de vacances

À la veille des vacances de Pâques, quoi de plus naturel de se prévoir un petit déplacement sympa en Beaujolais. Il y a de quoi faire…


beaujolais-escapade-021

Par exemple, se balader dans les villages des Pierres Dorées, c’est ce calcaire roux qui rend tellement enchanteresses les ruelles d’Oingt ou de Charnay, la bourgade de Jean Paul Brun.

???????????????????????????????
Il y a des noms de rue évocateurs…

???????????????????????????????

Des choses à glaner

???????????????????????????????

???????????????????????????????

Puis flâner parmi les roses du jardin du Bionnay à Lacenas, mille et un boutons frémissent à nous voir passer. Humer leurs subtils parfums enrichit notre bibliothèque olfactive.

???????????????????????????????
Faire du vélo

Beaujolais 3 salons (277)

Faire des photos

Beaujolais escapade 299

???????????????????????????????
Lire la BD murale de Vaux en Beaujolais, alias Clochemerle, une gigantesque fresque qui met en scène statique les personnages du roman de Gabriel Chevallier, publié en 1934, et qui se moque des intrigues sociales d’un petit village avec en prétexte et toile de fond une pissotière.

???????????????????????????????

Sur la même placette, le musée dédié à l’auteur vaut la peine, découverte de l’œuvre d’un homme qui a connu la censure pour ses écrits pacifistes comme La Peur.

???????????????????????????????

Et pour faire passer la pilule, un peu d’érotisme paysan comme on n’en fait plus!

Beaujolais escapade 261
Puis casser la croûte à l’Auberge de Clochemerle, une croûte very gastro bien étoilée et méritée, avec pour sublimer la cuisine du chef Romain Barthe, les choix judicieux de Delphine, son épouse, sommelière émérite qui n’hésite pas à sortir la gens indigène du tout Beaujolais… la table à côté d la mienne, occupée par des gens du cru, dégustait avec leur menu dégustation des vins du Roussillon. http://www.aubergedeclochemerle.fr

???????????????????????????????
Boire un coup au caveau

???????????????????????????????

Discuter avec un bac à fleur avant de repartir

???????????????????????????????
Visiter quelques vieilles pierres pour digérer, le Prieuré de Salle Arbuissonanas

Beaujolais 3 salons (252)
Puis regarder le soleil se coucher, histoire de clôturer avec feu une belle journée

Ciao

Beaujolais escapade 316

Marc