Les 5 du Vin

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Hall of Merit, les 5 producteurs de mon Panthéon français

La semaine dernière, notre ami Jim nous a donné son « Hall of Fame » du vin en France – ou plutôt faudrait-il parler de  « Hall of Shame », dans son cas!

Ma sélection relève d’une autre approche. Il s’agit de cinq producteurs français (je pourrais faire la même chose pour d’autres pays, mais restons local) qui ont toute mon admiration pour avoir réuni les cinq critères suivants dans leur production :

  1. Ils élaborent avec régularité et sans faille des bons vins depuis des années.
  2. Ils sont ou ont été innovants dans leur approche.
  3. Ils pratiquent des prix très raisonnables dans leurs appellations respectives
  4. Sans être des structures géantes, ils produisent des quantités qui rendent leurs vins disponibles assez largement et dans plusieurs pays et circuits ou en tout cas une partie de leurs gammes).
  5. Ils ne bénéficient pas de la rente de situation qui consiste à avoir hérité d’un domaine ou d’une unité de production dans une appellation ou zone  prestigieuse.

En prenant en compte tout cela, je nomme les 5 suivants, même s’il y a, forcément, d’autres candidats très valables ici ou là. Et, du coup, je suis bien obligé d’ignorer aussi certaines régions.

Champagne : Serge Mathieu

Loire : Henry Marionnet

Rhône : Marcel Richaud

Languedoc : Hecht & Bannier (H&B)

Bordeaux : la famille Despagne (Château La Tour Mirambeau, etc)

Maintenant, je vais vous donner mes raisons spécifiques pour chaque choix, hormis le critère de qualité qui est forcément un peu personnel. Et je devrais rajouter aussi parmi ces critères, la qualité humaine, élément à mes yeux indispensable pour figurer dans mon palmarès. Tous ces vignerons/producteurs remplissent évidemment cette condition.

Champagne Serge Mathieu, Aube

Michel Jacob et Isabelle Mathieu, l’équipe gagnante

http://www.champagne-serge-mathieu.fr

Quelqu’un qui se connecte au site web de ce producteur verra que j’ai écrit une introduction à leurs vins. Je peux dont être accusé d’une forme de biais en leur faveur. Mais mon texte reflète exactement ce que je pense, depuis longtemps, concernant la qualité des vins de cet excellent producteur encore peu reconnu en France, mais dont 70% de la production sont exportés. On peut aussi me reprocher d’inclure dans ma courte sélection un producteur de Champagne, si on considère qu’être nés dans cette région et d’hériter d’un vignoble constitue déjà une forme de « rente de situation », selon mes propres critères. Oui, mais ce domaine se situe dans l’Aube, dans un village peu connu et loin des grands crus de la Marne.

J’étais tombé par hasard sur ce producteur il y a 20 ans en faisant des recherches pour un petit guide de la Champagne pour un éditeur anglais. Je ne le connaissais pas à l’époque et j’écrivais ceci dans ce petit guide : « This family estate makes some beautifully fragrant Champagnes which are properly aged before being sold ». Cela reste tout aussi vrai aujourd’hui, même si ma connaissance de leur approche méticuleuse à la viticulture et à la vinification s’est approfondie depuis. Et je n’ai jamais été déçu par aucun de leurs vins. Comme souvent en Champagne, je juge la qualité d’un producteur surtout à l’aune de sa cuvée la plus vendue, qui est toujours son brut non-millésimé. Si le reste de la gamme est à la hauteur, le Brut Tradition de Serge Mathieu, issu à 100% du Pinot Noir, est pour moi aussi exemplaire que raisonnable en prix. En plus, il vieillit très bien.

Henry et Jean-Sébastien Marionnet, Touraine, Loire

Jean-Sébastien et Henry Marionnet

http://www.henry-marionnet.com/

Etre vigneron à Soings-en-Sologne est tout le contraire d’une rente de situation. Il faut faire bien et le faire savoir en permanence pour émerger, sans pouvoir exagérer sur les prix. C’est le cas d’Henry Marionnet depuis une trentaine d’années, et maintenant de son fils Jean-Sébastien. Cette année, le vin primeur de Marionnet était une fois de plus un des meilleurs vins primeurs que j’ai pu déguster. Ils élaborent un vin sans soufre ajouté depuis 25 ans, bien avant la mode galopante actuelle. Ils ont eu le culot de planter 5 hectares de vignes non-greffées, ce qui nous offre une possibilité unique de déguster, que cela soit avec le  gamay, le malbec ou le sauvignon, côte à côte, des vins faits de la même manière et issus de la même parcelle ; l’un avec une vigne franche de pied et l’autre avec une vigne greffée. La différence est aussi nette que saisissante et nous indique le degré de perte d’intensité de saveurs qui résulte du greffage opéré afin de résister au phylloxera. En trente ans, je n’ai jamais goûté un mauvais vin de ce producteur qui remplit avec brio tous mes critères pour cette sélection.

Marcel Richaud, Cairanne, Rhône Sud

Marcel Richaud et ses enfants

http://www.chateauneuf.dk (NB. Ce producteur ne semble pas posséder son propre site web, ce qui est assez curieux, mais ce site donne des informations factuelles sur le domaine)

Marcel Richaud a pris la suite de son père sur le domaine familial situé près de Cairanne, dans le Rhône méridional. Au lieu de vendre ses raisins à la cave coopérative, il a voulu élaborer des vins lui-même et cela avec une forte éthique aussi bien dans la vigne que dans ses vinifications. Si ses vins sont appréciés par le microcosme du « vin nature », il le sont également par un public bien plus large. Autrement dit, ils sont propres, libres de brettanomyces, d’oxydation prématurée et d’autres petits désagréments. La gamme offre des choix et des prix très raisonnables, selon le niveau. Là aussi, je n’ai jamais été déçu par un vin de Marcel Richaud, même si je ne les connais que depuis une vingtaine d’années : la pureté du fruit et la belle texture des vins les plus accessibles est remarquable , comme sont l’intensité et la complexité des cuvées plus limités, comme l’Ebrescade. Il est largement responsable, certes avec d’autres, de l’émergence de Cairanne en tant que « cru » dans le Rhône.

Hecht & Bannier, négociants, Languedoc et Provence

François Bannier & Grégory Hecht

http://hechtbannier.com

Il s’agit de deux personnes, François Bannier et Grégory Hecht, que je connais personnellement et je peux donc être accusé d’un biais en leur faveur. Je crois qu’il n’en est rien et, pour ma défense, je signale que d’autres que moi ont déjà largement approuvé leur démarche et la qualité de leurs vins. Hecht et Bannier ont démontré, dès leurs débuts en 2002, qu’ils ont de l’audace (et il en faut pour créer une entreprise dans le vin quand on ne naît pas dedans et que cette entreprise est innovante), un savoir faire et un vrai amour du vin et des choses bien faites. Aucun de leurs vins ne m’a jamais déçu, même si j’ai forcément des préférences. N’ayant pas l’argent pour acheter des vignes, ils ont décidé, dans la tradition des négociants/éleveurs qui ont fait la réussite de la Champagne, de la Bourgogne ou de la Vallée du Rhône, d’acheter des lots de vins soigneusement choisis dans différentes appellations du vaste Sud, de les élever avec soin, puis de les vendre, bien habillés, dans tous les coins du monde. Et les prix aux consommateur restent parfaitement raisonnables, entre 7 et 20 euros selon l’appellation. Leur originalité consiste a avoir instauré ce travail de sélection et d’élevage soigné dans une région qui en était dépourvue en dehors de quelques grandes structures et ainsi de présenter aux distributeurs et aux consommateurs une gamme qui rend lisible une région si importante.

Famille Despagne, Naujan & Postiac (région Entre-deux-Mers), Bordeaux

Thibault, Baseline et Jean-Louis Despagne

http://despagne.fr/

La famille Despagne possède 5 châteaux dans cette belle région de l’Entre-deux-Mers, pourtant pas favorisée par les a priori des consommateurs qui ne regardent que les étiquettes et les appellations : Tour-de-Mirambeau, Mont-Pérat, Bel-Air-Perponcher, Rauzan-Despagne et Lion-Beaulieu. Premiers vignerons français à être certifiés ISO9001 et ISO14001, ils ont aussi su créer un nouveau standard pour les vins de la région avec la gamme Girolate, issus de vignes plantées à 10.000 pieds à l’hectare et avec une vinification intégrale, rouge comme blanc. Mais ce sont, comme toujours, par leurs vins les plus accessibles que les Despagne doivent être jugés, selon moi. Là aussi, je n’ai pas le souvenir d’une déception. Après Jean-Louis, le père, la relève est assuré par Thibault et Baseline et leurs équipes. Qualité, régularité, ténacité, créativité, accessibilité… tous les critères sont présents ici, « in spades » comme on dirait dans mon pays natal.

David Cobbold 

 


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Hall of Fake

J’ai toujours dit que les IGP du Languedoc offrent un superbe rapport qualité prix. Même le négoce bordelais s’en est aperçu, apparemment.

C’est en tout cas ce qui ressort de l’article publié par notre confrère Alexandre Abellan, de Vitisphère, ICI

Quelques questions idiotes pour relancer le débat.

La fraude supposée porte sur les années 2012, 2013 et 2014. Nous sommes en 2017. Quand l’enquête est-elle censée aboutir?

Le système de contrôle a posteriori mis en place par l’administration des Douanes a certainement des avantages en termes de personnel; mais fonctionne-t-il?

Et les consommateurs, dans tout ça? Ceux qui ont payé le Languedoc au prix du grand Bordeaux vont-ils être remboursés par l’INAO? Ou par les Douanes? La Répression des Fraudes? A qui iront les amendes éventuelles? Et qui les paiera, puisque la société soupçonnée de fraude a cessé ses activités?

Question subsidiaire: faut-il garder ses tickets de caisse pendant au moins 10 ans, à présent, quand on achète du Bordeaux?

Hervé Lalau


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Bordeaux, Prix René Renou 2017

Créé en hommage au vigneron et ancien président du Comité Vins de l’INAO (1952-2006), et décerné par l’Association Nationale des Elus du Vin, le Prix René Renou récompense la collectivité « ayant le mieux œuvré, au cours de l’année écoulée, pour la défense et la promotion du patrimoine culturel lié à la viticulture ».

Ayant participé à la création de ce prix, voici 10 ans, avec Marc Olivier, et figurant toujours parmi les jurés, j’y suis très attaché.

Pour cette dixième édition, le lauréat est la ville de Bordeaux.

Faut-il rappeler l’engagement de cette ville pour le vin, produit de culture? La Cité du Vin, qui a ouvert ses portes il y a un an, et qui a déjà accueilli près de 500.000 visiteurs, en est l’illustration. En mai dernier, ici même, notre ami David lui a consacré un article que je vous invite à lire si ce n’est déjà fait.

Mais laissons l’ANEV expliquer la démarche: « Depuis 10 ans, ont été récompensés des projets autour du vin d’ordre éducatif, environnemental ou oenotouristique et ayant valeur d’exemple et de reproductibilité par d’autres. Et si la Cité du Vin semble difficile à être dupliquée ailleurs c’est l’approche et le montage qui, eux, peuvent l’être et doivent servir d’exemple aux autres élus du Vin, qui en France veulent promouvoir cette culture, ce produit et ceux qui le façonnent.

En effet si la ville de Bordeaux a contribué à 38% de l’investissement, un pourcentage que les élus doivent retenir, elle ne contribue pas à son fonctionnement. Elle l’a laissé à la «Fondation pour la culture et les civilisations du Vin» qui a en charge l’animation, la gestion du personnel et toute la marche au quotidien. L’exploitation génère des recettes propres et la Fondation fait aussi appel au mécénat qui représente 10 à 15% du budget total et finance la programmation culturelle. Elle a accueilli la première année 70 évènements culturels ».

Le prix René Renou 2017 sera remis au maire de Bordeaux, Alain Juppé, lors d’un prochain événement autour du vin.

Hervé Lalau


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Deux beaux Bordeaux signés Marie-Laure Lurton

Suite et illustration de l’article de jeudi dernier, avec les vins du Château La Tour de Bessan et du Château Villegeorge.

A chaque propriété, son style ! Dans chacune, Marie-Laure Lurton fait tout pour que les vins expriment pleinement les qualités de leur terroir, et la complexité de chaque millésime. Chaque château produit un premier et un second vin : Le Page de La Tour Bessan et L’Étoile de Villegeorge, élevé exclusivement en cuve.

Le Château La Tour de Bessan

Le « Château »

Ne vous attendez pas à une bâtisse conventionnelle du Bordelais. C’est un château atypique, qui peut surprendre… Acheté par Lucien Lurton en 1972, la propriété avait besoin d’un renouveau, en 1999, Marie-Laure lui a redonné un look inattendu, dans cette partie du Médoc : elle a réhabilité avec goût, un ancien bâtiment de télécommunication amorcé en 1934 et, avec l’aide de l’architecte toulousain Vincent Defos du Rau, elle en a fait un édifice moderne. Ça lui a permis d’installer un cuvier ergonomique, un chai à barriques et une salle de dégustation. Le tout a un air plutôt futuriste qui tranche dans ce vignoble très traditionnel. Il fait partie des Crus Bourgeois de l’appellation Margaux.

Le vignoble

Le vignoble couvre 29 hectares dont 25 en production répartis entre Soussans, Cantenac et Arsac, sur des sols de belles graves profondes du quaternaire. La densité de plantation est de 7000 pieds/ha et le rendement moyen : 48 hl/ha

Dès 1992, Marie-Laure a commencé par investir dans le vignoble, car, elle sait le style de vins qu’elle veut produire: un style de vin typé, mais facile d’accès, élégant et sensuel. Pour l’obtenir, elle revoit l’encépagement, en arrachant le cabernet franc au profit du cabernet sauvignon et du merlot ; elle hausse le palissage, et met en place un travail au sol pour limiter les rendements. Les vignes sont travaillées traditionnellement, leur âge moyen est de 25 ans, les vendanges s’effectuent à la main et l’élevage a lieu en barriques de chêne français pendant une durée de 10 à 14 mois selon les millésimes.

L’encépagement actuel est de 43% de cabernet sauvignon, 55% de merlot et 2% de cabernet franc et 1% de Petit Verdot.

Quand je suis passée à La Tour de Bessan,  Marie-Laure  exposait dans les chais les peintures polychromes sur bois de Marie Bendler. http://mariebendler.blogspot.fr

La production 

– 60 à 110 000 cols de « grand vin » selon les millésimes
– 20 à 40 000 cols du Page de La Tour Bessan

Château La Tour de Bessan 2012 Margaux

Assemblage du millésime : 56 % Merlot 43 % Cabernet Sauvignon 1% Cabernet Franc.

Le millésime 2012 à Margaux a été très hétérogène. Je me rappelle avoir gouté lors de la dégustation des Primeurs beaucoup de vins dont les tanins étaient assez présents, parfois encore un peu verts. C’est un millésime où il faut être particulièrement vigilent, d’un domaine à l’autre, selon le terroir, la pluviométrie, la réactivité des propriétaires, les résultats sont très différents. Le plus important étant la maitrise des extractions, ce que Marie-Laure a parfaitement réussi, quand c’est le cas, les vins sont fins, souples et équilibrés. Etant donné qu’elle n’aime pas les vins du style « body builder », elle est très à l’aise dans ce genre de millésime.

Une belle robe grenat sombre très margaux par son bouquet finement floral et délicat agrémenté d’arômes de fruits des bois bien mûrs et d’humus, avec une note de cuir. Dès l’entrée en bouche, il offre une texture racée qui séduit en mêlant rondeur et finesse ; c’est un vin souple, charnu et sensuel, d’une suavité exceptionnelle. Evidemment, il ne faut pas s’attendre à la complexité d’un grand millésime, mais ce qu’il perd en complexité, il le gagne en « buvabilité » immédiate. Un vin à la fois facile d’accès, et d’une certaine sophistication en bouche comme l’a souligné notre ami Hervé. Parfaitement équilibré, il montre beaucoup de charme grâce à une finale lisse et veloutée. Les tanins très délicats enrobent un fruit noir assez gourmand. C’est vraiment très bon, à la fois charmeur et élégant comme il se doit pour un Margaux !

Il ne faudra pas le garder trop longtemps en cave, à boire jusqu’en 2022 !

Le Château de Villegeorge

Le « Château »

Voisin de Margaux, il est situé sur la commune d’Avensan dans l’appellation Haut-Médoc, il  jouit d’un terroir semblable, ce qui lui a notamment valu d’être classé « Grand cru exceptionnel » par les grands courtiers bordelais lors du classement des crus bourgeois de 1932. Ce classement est confirmé en 1966. Au XVIIIème siècle, les vins de Villegeorge sont particulièrement reconnus pour leur qualité, à tel point que leurs prix sont comparables aux crus qui seront classés au 3è rang en 1855.

Le vignoble

Le vignoble couvre 12,32 ha de vignes situées sur un terroir de graves profondes, pauvre en argile, très favorable à l’obtention de grands vins. C’est Lucien Lurton, grand connaisseur des terroirs du Médoc, qui sut repérer la qualité des ce sols comparables à ceux de Margaux. Il acquit donc le domaine en 1973 et entreprit patiemment un travail de réhabilitation qu’a poursuivi sa fille Marie-Laure quand elle l’a reçu, en 1992, en sachant qu’elle le vinifiait déjà depuis 1986. Depuis, elle n’a cessé de le moderniser et de l’améliorer, tout au long des années par tranches de travaux successives. Après l’agrandissement du cuvier en 1997, depuis 2006, elle s’est attaqué à l’agrandissement du chai à barriques et a modernisé la réception des vendanges.

Encépagement : 63% Cabernet-Sauvignon, 37% Merlot.

La production 

– 30 à 50 000 cols de « grand vin » selon les millésimes
– 20 à 35 000 cols de l’Etoile de Villegeorge

Densité de plantation : 6.666 à 7.692 pieds/ha, âge moyen des vignes : 25 ans

Rendement moyen : 45 hl/ha

Château de Villegeorge 2008 Haut-Médoc

Assemblage du millésime :70 % Merlot 30 % Cabernet Sauvignon.

Un vin à la robe sombre, au nez délicatement fruité évocateur de cèdre et de rose et une bouche précise et fine, tout en rondeur et en délicatesse avec ses notes discrètes d’épices, j’aime l’élégance de ses tanins. Un vin crémeux et intense, doté d’une certaine fraîcheur grâce à ses notes légèrement mentholées en finale. Un très beau vin plus discret que puissant cherchant la longueur et non l’explosion. J’aime sa race, c’est un château qui demande à être mieux connu et davantage dégusté, ça n’est qu’un Haut-Médoc, certes, mais mettez-le à l’aveugle et essayez de le situer!

Et le millésime 2017, une semaine plus tard ?

La réponse de Marie-Laure, le 22 septembre dernier :

« Les vendanges promettent un joli millésime ! Les vendanges se passent bien, nous aurons terminé ce soir nos Merlots d’Arsac et Cantenac. Ceux de Soussans (qui ont bien gelés) seront ramassés la semaine prochaine. Les Cabernet Sauvignons ont l’air prometteur : on ramasse ceux de Cantenac lundi. Quant aux Petit Verdots : ce n’est pas leur année ! ils s’abiment sans murir. La récolte sera faible. Les premières cuves sont fruitées et colorées, le chai embaume lors des remontages. Nous devrions faire quelque chose de sympa à défaut de très grand. » …Aujourd’hui, « Les vendanges tirent à leur fin ; vendredi, on aura terminé La Tour de Bessan. Il restera les Cabernets gelés de Villegeorge… »

 

                                            Photos des vendanges 2017

Ce que j’apprécie le plus dans les vins de Marie-Laure :

Ils sont élégants, vibrants et équilibrés, tendres et veloutés, mais ne manquent pas de puissance et de noblesse. J’aime ses extractions distinguées, sa maitrise de l’usage du bois, très discret. Elle signe des vins sincères et attachants.

 

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols

 


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Une minute, un vignoble, le retour

Le programme « 1 Minute 1 Vignoble » revient sur les écrans à la rentrée. 18 films d’une minute chacun seront diffusés sur France 2 vers 14h chaque samedi et dimanche, du 2 septembre au 19 novembre 2017.

Cette émission de vulgarisation soutenue par Vin & Société concerne actuellement 6 régions viticoles françaises : Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Provence et Côtes du Rhône.


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Vinexpo, pas si nul que cela

Vinexpo et Prowein. Certes, on peut toujours comparer deux salons dans deux pays différents et qui se produisent à des moments différents. Pourquoi pas.

Mais il serait intéressant aussi de voir la fréquentation des visiteurs par pays et par continent pour voir lequel de ces deux à le plus grand rayonnement international. Le nombre ne fait pas tout dans cette affaire, à mon avis.
Je viens à chaque édition de Vinexpo (et pas dans les « offs » ou il faut avoir une voiture et bouffer de l’essence, comme du temps) depuis ses débuts vers 1991. Je suis allé une fois à Prowein, en 2016. Ce dernier salon est très professionnel, très bien organisé, mais, à mon avis, est moins « fun » que Vinexpo. Ce n’est qu’un avis personnel bien entendu, et il est vrai, comme le dis Hervé, que Bordeaux est une ville nettement plus intéressante, belle et amusante à visiter que Dusseldorf.

Tout dépend de ce qu’un veut faire lors d’un salon de vin. Si c’est le business pur, alors peut-être bien que Prowein peut faire l’affaire. Peu ou moins de distractions. Si c’est pour se baigner dans le milieu, prendre plaisir tout en faisant des affaires dans un environnement agréable, participer à plein de dégustations thématiques, ou, en même temps, visiter des domaines viticoles, alors Bordeaux tient la corde. On ne vient pas dans un salon pour manger, mais entre un sandwich de jambons debout et seul dans une cour glaciale (Prowein) et un plateau de sushi assis avec un copain oenologue sous un auvent un peu chaud au bord d’un lac, mon coeur balance (nettement vers le sushi).

On ne peut pas tout faire avec un salon, et tout dire à propos de sa fréquentation, mais Vinexpo est aussi un salon formidable et je m’en fous que cela soit le plus grand ou le plus ceci ou cela, ou bien son contraire. Et ce premier jour (dimanche) je n’ai jamais vu autant de monde de tous les pays lors d’un jour d’ouverture.

La semaine prochaine je vous parlerai de mes coups de coeurs dégustés à Vinexpo, avec peu de temps dont je disposais entre d’autres engagements professionnels.

David

 

 

 

 


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La Cité du Vin à Bordeaux

Dans certains cercles snobinards du vin, le « Bordeaux bashing » est à la mode. Cela est aussi stupide que n’importe quelle mode. Quand je pense à tous les cavistes et restaurants à Paris qui ne veulent même pas entendre parler d’un vin de Bordeaux, je mesure la profondeur des ces préjugés idiots. Bordeaux a aussi beaucoup souffert, selon le secteur, des récentes gelées et mérite à ce titre toute notre sympathie en ce moment, car ce ne sont pas que les fortunés qui ont été touchés.

Dans les vins de Bordeaux, une des choses qui m’impressionnent, plus encore que les crus classés et consorts qui sont souvent des monuments de finesse et de longévité, est la largueur de la fourchette des prix pratiqués. Il est quasiment impossible de trouver un vin buvable en Côte d’Or à moins de 10 euros, alors que Bordeaux abonde d’excellents vins dans cette zone de prix.

Mais il y a aussi la ville de Bordeaux et sa somptueuse architecture, son urbanisme civilisé et accueillant pour le piéton, et, d’une manière générale, son dynamisme actuel. Le touriste ne s’y trompe pas en faisant du capitale de la Gironde sa destination française préférée après Paris.

J’ai visité récemment et à trois reprises la Cité du Vin à Bordeaux, passant chaque fois entre deux et trois heures très agréables dans ce lieu étonnant et globalement très réussi. Là aussi, le succès est au rendez-vous car la fréquentation semble tenir les ambitions annoncés, de l’ordre de 450.000 visiteurs par an. Fin 2016, sept mois après l’ouverture, le chiffre avait déjà atteint 216.000 visiteurs payants et je crois qu’il a maintenant dépassé les 340.000. Son nom complet est « Fondation pour la Culture et les Civilisations du vin », ce qui dit pas mal de choses de l’ambition du projet.

L’aspect extérieur de ce grand bâtiment étonne, comme d’ailleurs l’intérieur. C’est un parti-pris architectural osé, que tout le monde n’aimera pas (des noms à tendance scatologique circulent, mais peu importe), mais la chose fonctionne très bien à l’intérieur pour le visiteur, à quelques détails près.

On peut visiter librement tout le rez-de chaussée qui inclut, outre des lieux fonctionnels, une vaste librairie et boutique vendant objets liés au vin, un magasin rempli de vins du monde entier et un bistrot à vin servant au moins 24 vins au verre. Des expositions temporaires et des salles de conférences et de dégustation, ainsi qu’une bibliothèque, se trouvent au premier étage, et la vaste exposition permanente, très didactique et souvent créative dans son approche, se trouve au deuxième étage. Certes, un professionnel du vin n’apprendra peut-être pas grand chose (qui sait ?), mais ce n’est pas lui la cible. Car cette exposition, qui dépend beaucoup d’un système audio-visuel sophistiqué (et parfois fragile) pour chaque section, vise clairement le grand public, et c’est tant mieux. L’espace est vaste, ce qui vous permet de revenir sur vos pas facilement pour voir une présentation qui était occupé par d’autres lors de votre premier passage. Il y a une section importante sur les vins de Bordeaux et leur histoire, ce qui est normal vu l’emplacement, mais l’impression générale est d’une ouverture vers le monde du vin dans son ensemble.

Le ticket d’entrée est de 20 euros, ce qui n’est pas donné; mais l’expo est assez vaste et diversifiée et vous y passerez facilement 2 heures sans voir s’écouler le temps au dessus du flux de la Garonne. En prime, on vous offre un verre d’un de 12 vins du monde entier (la sélection change tout le temps) dans un bel espace au huitième étage, avec une vue imprenable sur toute la région. Si vous avez faim, il y a un bon restaurant au 7ème, ou bien retournez au bistrot au rez-de-chaussée.

Des critiques? Quelques unes, quand même. La partie historique à un côté kitsch qui lasse un peu avec, entre autres, une sorte de mise en scène dans lequel l’inévitable Pierre Arditi fait son numéro et certaines présentations sentent un peu trop le sponsoring. Mais on passe vite à autre chose et il y a de quoi. Sur un plan pratique, la circulation entre les étages n’est pas toujours d’une grande limpidité, vu la configuration du bâtiment et la séparation des ascenseurs et deux blocs en fonction des étages.

Mais j’encourage tout le monde à faire un tour à la Cité du Vin, à Bordeaux, à la prochaine occasion. Le tram passe à côté et s’arrête devant. Sinon, la marche le long des quais jusqu’au Pont Chaban est un pur bonheur.

Pour plus de détails, y compris sur un programme riche en conférences intéressantes, voici le lien :

http://www.laciteduvin.com/fr

David Cobbold