Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


9 Commentaires

Mauvaise foi et idées courtes

le-mauvais-danseur-attribue-ses-maladresses-au

Je le sais bien, il est très facile de dire des autres qu’ils sont de mauvaise foi. On peut même le faire lorsque cela vous arrive aussi. Si je prends mon cas personnel, et lorsque je regarde un match de rugby dans lequel le club que je soutiens (Stade Français ou l’Angleterre, selon les contextes) n’a pas les faveurs de l’arbitrage à des moments décisifs d’un match, j’avoue être capable d’une mauvaise foi flagrante. Pourquoi parler de cela et quel rapport avec le vin ? Parce que le vin est aussi un sujet qui suscite des passions, certes triviales (peut-être), et donc d’accès de mauvaise foi de la part de tenants de telle ou telle thèse ou hypothèse. Et cela vaut aussi pour les opposants des mêmes !

mauvaise_Foi-1

Un parfait exemple de mauvaise foi dans le domaine du vin vient de m’être livré par mon collègue Eric Riewer, à propos d’une des réactions à la dégustation à l’aveugle de vins français et californiens qui a pris le nom un peu prétentieux de « Jugement de Paris ». J’ai parlé récemment sur ce blog de cet événement qui date de 1976,  et qui fut aussi symbolique que symptomatique du nivellement du terrain de jeu mondial des vins, y compris pour les « grands » vins. L’exemple concerne la réaction d’Odette Khan dans la revue qu’elle dirigeait à l’époque : La Revue de Vin de France. Mme Khan était membre de ce jury, presque entièrement français, qui a voté, à l’aveugle, un Chardonnay de Californie à la première place d’une série de vins de ce cépage, dont plusieurs grands noms de la Bourgogne (Drouhin, Leflaive, Ramonet et Roulot), puis un Cabernet Sauvignon de la Californie à la première place d’une série des vins rouges face à des grands noms du bordelais rive gauche (Haut Brion, Mouton, Léoville Las Cases et Montrose), Eric s’est procuré une copie du numéro de La RVF daté de Septembre-Octobre 1976 et qui contient un éditorial de Mme Khan à propos de cette dégustation.

3504948980

Son papier s’intitule « Une Dégustation de Vins Californiens », alors qu’il y avaient 4 vins français et 6 californiens dans chaque série. Elle prétend ensuite qu’une bonne dégustation à l’aveugle devraient séparer les vins selon leur origine, en pratiquant une série des vins français, puis une série de vins américains (ou l’inverse), évidemment avec le jury bien au courant de l’origine de chaque série; Facile dans ce cas-là pour un membre de jury un tant soit peu chauvin, de part pu d’autre, de tricher ! Autre point ou la dame et question a été malhonnête (et erronée) dans ses avis, elle déclara ceci : « s’agissant en l’occurrence des vins jeunes, donc pour les rouges français en tout cas des vins « à attendre », il était impossible de les comparer. » Elle implique clairement que les vins rouges californiens n’allaient pas tenir dans le temps, à la différence des bordelais. Le temps lui a donné tort, car chaque fois que les mêmes vins, dans les mêmes millésimes, ont été dégustés ensemble, que cela soit 10, 30 ou 40 ans plus, tard, la marge d’avance des notations des californiens s’est accru ! On peut aussi rajouter que les millésimes des bordelais n’étaient pas pour les défavoriser car il s’agissait de 1970 ou de 1971, millésimes jugés très bons ou excellents à l’époque.

La revue du vin de France n°260

Mme Khan termine son papier sur une notre de forte condescendance : « je me permets de rappeler à mes amis vignerons (français, bien entendu ndlr) qui si je suis, comme eux, persuadée de la précellence de nos vins (ben voyons), il ne faut pas ignorer que nos amis américains, à notre école, ont appris à bien vinifier, qu’ils peuvent déjà présenter de bonnes choses et que, sait-on jamais, ils pourront peut-être un jour découvrir chez eux d’heureux micro-climats (elle veux dire » méso-climats » mais c’est une erreur bien trop courante, même aujourd’hui ndlr) leur permettant de mettre en bouteilles des crus nobles ». Sur le plan d’écoles, je note simplement qu’un seul des responsables des 6 cabernets de Californie avait fait ses études en France : il s’agit de Bernard Portet, qui est fils d’un ancien régisseur à Château Lafite. Les autres avaient soit fait des études aux USA, soit n’avaient pas de formation formelle au vin (comme Paul Draper, de Ridge Vineyards).

Se tromper de temps en temps dans ses jugements, ce n’est pas grave et cela arrive bien souvent. Mais se tromper lourdement sur toute la ligne en pratiquant une grande mauvaise foi et en oublient de vérifier ses informations, ce n’est pas du bon travail de presse. Maintenant nous avons tous, si nous somme de bonne foi, que de bons et grands vins peuvent se faire dans de très nombreux pays et régions et qu’il n’y a aucune « précellence » des vins français parce qu’il viennent de ce pays. Et c’est tant mieux pour le consommateur d’où qu’il vienne, comme cette affaire de 1976 a sonné le réveil pour certains producteurs un peu endormis.

Une petite note d’ironie pour terminer. J’ai trouvé, dans le même numéro de la RVF, à la page  41, une rubrique qui faisait écho des quelques dégustations diverses. Parmi ces notes, celles-ci :

Cabernet-Sauvignon 1972, Sterling Vineyards (Napa Valley) : Une très belle bouteille………à déguster un tel vin on se dit que les vigneron français ont intérêt à ne pas s’endormir sur leurs lauriers »

Je ne sais pas si Mme Khan a relu cet article avant publication !

 

David Cobbold

PS. Je dois rajouter, pour être complet, que j’écris ceci sous l’influence très bienveillante d’une excellente bouteille de Château Margaux 1983, la presque dernière de ce niveau de vin qu’il me reste dans ma cave. A l’époque, je pouvais encore me payer des bons primeurs de Bordeaux.


5 Commentaires

Le clairet fait de la résistance, mais pour combien de temps?

 Oscars-2015-Bordeaux-ClairetCette photo est celle des Oscars (millésime 2015) des Bordeaux Clairet. Je ne faisais pas partie du jury mais on y trouve des vins de ma sélection à la fin de cet article 

Le monde des vins rosés semble se laisser de plus en plus submerger par une mode stupide (mais existe-t-il des modes intelligentes?) qui voudrait que plus c’est pâle, mieux c’est. D’un autre côté, l’intelligence dans le marketing voudrait que la différenciation soit un outil important pour faire remarquer son produit dans une masse grandissante de choses qui se ressemblent. Alors quand une région viticole importante possède un type de vin qui, par sa nature, se distingue très nettement de la masse des ses concurrents, je trouve très étrange (ai-je dit bête?) qu’on ne trouve pas mention de ce type de vin sur le site web de l’inter-profession en question.

139058264614.98

C’est pourtant ce qui arrive au Bordeaux Clairet sur le site des Vins de Bordeaux. On parle du rouge, de blanc sec, du blanc doux et du rosé mais je ne vois aucune mention du Bordeaux Clairet ! J’en ai dégusté d’excellents récemment (et aussi des médiocres, rassurez-vous!). Alors  je veux tenter, modestement, de réparer cette injustice dont je ne comprends pas du tout la cause.

Le Bordeaux Clairet est un vin dont l’aire de production s’étend sur l’ensemble du vignoble bordelais. Il s’agit d’une mention complémentaire au sein de l’appellation Bordeaux. Ce sont des vins d’un ton rouge pâle, quelque part entre la couleur d’un rouge et celle d’un rosé. La production est devenue assez faible aujourd’hui, à partir d’une estimation de 600 hectares sur les 110,000 du bordelais. Le rosé de Bordeaux implique des volumes bien plus importants.

Tous les cépages rouges du Bordelais peuvent entrer dans la composition d’un Clairet, même si le merlot y domine, généralement. Mais pas partout. Les plus intéressants pour moi, sont ceux qui comportent une part importante de cabernet, franc ou sauvignon, ce qui leur confère plus de précision dans les saveurs, mais aussi moins d’alcool. C’est un avantage avec ce type de vin, à condition que les variétés en question soient bien mûres et qu’on n’ait pas recours aux artifices du sucre résiduel pour masquer des imperfections.

Les vins de l’appellation Bordeaux-Clairet sont les plus proches des vins qui étaient expédiés en Angleterre pendant le Moyen-Age et qui ont fait la fortune de Bordeaux à cette époque, et pendant longtemps. Sur le plan historique, le Clairet est manifestement l’ancêtre des Bordeaux rouges modernes. L’Aquitaine devenant anglaise en 1152, par le mariage d’Aliénor et Henri II, les vins de Bordeaux sont adoptés outre-Manche dès le Moyen âge. Peu macérés, et souvent issus de cépages rouges et blancs mêlés dans la cuve, ils sont dénommés « French claret« , ou « claret » tout court. Ce mot claret est resté dans la langue anglaise pour décrire un vin rouge venant de Bordeaux, même quand, à partir du 17ème siècle, les Bordelais, inspirés par la réussite d’Arnaud de Pontac à Haut-Brion, commencement à faire des vins rouges foncés pour le marché britannique. Par exemple, mon père, marchand de vin toute sa vie, appelait toujours un Bordeaux rouge un claret.

UntitledE

Et la différence entre le Bordeaux rosé et le Bordeaux clairet ?

Sur le plan de la réglementation, c’est la mesure de l’intensité colorante (ICM) qui définit la limite entre le Bordeaux rosé et le Bordeaux clairet. Cela vient essentiellement de la durée de macération (2 à 3 heures pour le rosé, 3 à 4 jours environ pour le clairet), mais aussi d’une date de récolte plus précoce pour le rosé afin d’en augmenter la fraîcheur, et souvent le choix d’une parcelle spécifique. De plus en plus de rosés de Bordeaux sont aussi faits par pressurage direct pour obtenir ces vins très pâles (ai-je dit insipides ?) et ainsi rentrer dans la moule du marché imposé par le leader provençal. Tandis que les bons clairets sont le résultat de saignées sur de belles cuves de rouges, et de raisins cueillis à maturité. Non seulement on obtient ainsi plus de couleur, mais aussi plus de fruit, de chair et de structure. Ils peuvent donc être légèrement tanniques et sont très utiles lors d’un repas. Le Clairet est à servir légèrement rafraîchi (12-14°C) mais non glacé.

Entre cet axe historique très important pour le vin de Bordeaux, et un caractère affirmé qui se démarque de la concurrence (même s’il existe une désignation Clairet en Bourgogne, elle n’est guère utilisée, et les vins rosés de Tavel sont aussi différents par leur climat et leurs cépages), je comprends encore moins pourquoi les génies du marketing au sein du CIVB continuent à ignorer ce vin si spécifique à leur région.

 

Vous voulez de bons clairets ?

Voici quelques vins du millésime 2015 parmi les meilleurs de ma dégustation récente d’une trentaine d’échantillons, conduite à l’aveugle chez moi.

Château Thieuley

Château de Fontenille

Château Lamothe de Haux

Château La Freynelle

Château Vignol

Château Maison Noble

Château Penin

Château de Parenchère

Château Lamothe du Barry

Château des Tourtes

Château Lauduc

Et ces vins valent entre 5 et 8 euros, ce qui est un autre avantage sur les rosés de Provence, devenus souvent bien plus chers.

 

David Cobbold


13 Commentaires

Judgement of Paris revisited, 40 ans plus tard

paris-drinkmemag.com-drink-meUne reconstitution mise en scène de la dégustation de 1976

Je suppose que la plupart des amateurs de vin (mais peut-être pas les plus jeunes) ont entendu parler d’une dégustation qui fut appelée, un peu plus tard et un peu pompeusement, « The Judgement of Paris« . Cela avait lieu, effectivement à Paris, le 23 mai 1976. Je n’y étais pas, mais j’ai travaillé pendant deux ans, un peu plus tard, pour son instigateur, Steven Spurrier, et j’ai assisté la semaine dernière à un déjeuner qui a commémoré un événement qui a eu de multiples conséquences pour les vins fins du monde entier. J’y reviendrai.

IMG_7539Steven Spurrier raconte sa dégustation de 1976

Steven était à l’époque marchand de vin à Paris (on dit caviste en France, mais il préférait l’intitulé « marchand de vin » qui n’a pas, en Angleterre, la connotation « pinardière » qui existe en France). Sa boutique minuscule s’appelait Les Caves de la Madeleine et se situait dans un petit passage entre la Rue Royale et la Rue Boissy d’Anglas, proche de l’église de la Madeleine. Ce passage s’appelait Cité Berryer à cette époque et il est difficile pour un promeneur contemporain de visualiser l’ambiance très provinciale de ce lieu en plein cœur de Paris dans les années 1970 et 1980, tant son aspect s’est transformé depuis. Les promoteurs en ont fait un havre pour boutiques chics, mais, lorsque j’y travaillais, il y a avait un marchand de poisson, un marchand de fruits et légumes, un vieux bistrot familial avec sièges en moleskine et menu de midi à 20 francs, vin compris (chez Luinaud). Il y avait aussi, deux fois par semaine, un marché de produits frais qui venaient essentiellement de Montmorency, au nord de Paris.

IMG_7537Michel Dovaz, qui faisait partie du jury en 1976, discute avec Bernard Portet, qui dirige le Clos du Val à Napa, un des vins présents en 1976 et à ce déjeuner.

Mais revenons à cette dégustation. Lors de ses voyages, Steven avait constaté la montée en qualité des meilleurs vins californiens, blancs comme rouges, et a décidé d’organiser une dégustation à Paris pour le démontrer à quelques professionnels français, producteurs de vins, sommeliers et journalistes. Pour rendre la chose plus amusante, la dégustation s’est tenu à l’aveugle et a confronté quelques chardonnays de Californie à des bourgognes blancs, et des assemblages à base de Cabernet Sauvignon à des rouges de la rive gauche bordelaise. La meilleur note (moyenne de l’ensemble de jurés, qui était très majoritairement français) en blanc a été donne à un chardonnay californien, le Château Montelena, élaboré par un émigré croate, Mike Grgich. Et la meilleure note en rouge a été attribué à un autre californien, Stag’s Leap Cask 23, produit par Warren Winiarski, un émigré polonais. Hormis ce tribut à la diversité culturelle des USA, ce résultat fut surtout une sorte d’électro-choc à ceux, en France, qui se croyaient (et ils étaient nombreux à cette époque) au dessus du lot en matière de vins fins, presque par droit divin. Aubert de Vilaine, qui faisait partie du jury, a dit que cela a été un coup de pied salutaire pour le vignoble français.

Odette Khan, autre membre du jury et à l’époque rédactrice-en-chef de la Revue de Vin de France, ayant vu qu’elle avait placé le Stag’s Leap en 1ère place, a demandé de récupérer son bulletin (ce que Spurrier a refusé), puis elle a déclaré que la dégustation était biaisée. Un peu plus tard, lors d’une visite, Steven fut physiquement expulsé de la cave de Ramonet en Bourgogne (un des leurs vins avait été battu par plusieurs californiens dans la dégustation). Bref, cela a créé un mini-scandale en France mais les Californiens étaient ravis et n’ont cessé depuis de célébrer l’événement.

Que faut-il en penser aujourd’hui, 40 ans après ?

Au-delà de ces aspects anecdotiques, quelles ont été les leçons de cette dégustation ? D’abord, qu’une dégustation à l’aveugle est une leçon d’humilité pour tout le monde. Ensuite que cela peut servir de révélateur aux qualités de n’importe quel vin, à condition que l’on compare des vins comparables: les chardonnays avec les chardonnays, les cabernets avec les cabernets, etc. Depuis cette date, on n’a cessé de recréer des évènements similaires, et même, à trois reprises je crois, avec les mêmes vins. La dernière en date avait lieu le 23 mai 2016 et, cette fois-ci, les 4 meilleurs dans chaque catégorie était des vins californiens, ce qui démolit effectivement une des critiques portées en 1976 par des Français à l’encontre des vins américains, du genre: « oui, ces vins californiens séduisent dans leur jeunesse, mais ils ne tiendront pas dans le temps ». On voit maintenant que cela est faux.

Lors d’autres dégustations de ce type, des vins italiens, espagnols ou chiliens basés sur la cabernet sauvignon ont également devancés de noms illustres du Bordelais. François Mauss, avec son Grand Jury Européen, a également démontré que la concurrence dans cette catégorie peut également venir de certains vins sans grand renommé mais fait avec ambition et soin. Tout ceci n’est pas de nature à diminuer la qualité des vins les plus réputés. On sait bien que les résultats d’une dégustation de ce type peuvent varier d’un jour à l’autre et que les écarts ne sont pas nécessairement énormes. Mais je pense que la dégustation de Spurrier, par exemple, a dû réveiller un certain nombre de producteurs en France qui s’étaient quelques peu endormis. Ce qui est certain, c’est que les Californiens peuvent le remercier. Warren Winiarski, par exemple, a récemment vendu son domaine de Stag’s Leap pour 185 millions de dollars, alors qu’en 1976, il était inconnu; et son vin, vainqueur de cette dégustation, était issu de très jeunes vignes !

Bottles

 

Les vins servis à ce déjeuner commémoratif étaient contemporains et presque tous Californiens, exception faite d’un sparkling anglais produit sur la propriété de Spurrier dans le Dorset, d’un Crémant de Bourgogne, JCB21, produit par Boisset et d’un Tokaji à la fin.

Parmi les 3 chardonnays servis, j’ai adoré les Grgich Hills 2013 « Paris Tasting Commemorative », de Napa ; grande finesse, de l’intensité et de la délicatesse en harmonie. Un cran en dessous mais aussi excellent fut le Ridge Montebello 2012, de Santa Cruz. Ces deux vins démontent totalement les idées reçues qui circulent encore à propos de chardonnays « lourds et sur-boisés » issus de ce pays.JOP-Card_400_400_70

Parmi les quatre rouges à base de Cabernet Sauvignon, ma préférence est allée nettement au Ridge Montebello 2012. Le Clos du Val 1999 Réserve de Dominique Portet et le Joseph Phelps Insignia 2012 (les deux issu de Napa) le suivaient.

Histoire de voyager ailleurs, nous avons fini avec un très élégant Tokaji Kiralydvar 2002, cuvée Ilona.

DC & Danièle G

David Cobbold

(ici avec Danièle Girault qui distribue une belle gamme de vins à Paris)


4 Commentaires

Spectator sports –en primeur and other classics

poster-640

This week Bordeaux welcomes the en primeur circus for the latest episode of this classic long running, remarkably slow moving and greatest spectator sport in wine. Will 2015 revive the flagging attraction of buying en primeur or will #winelovers around the world again decide to keep their credit cards sheathed?

Two much faster moving and probably more gripping classics (known as monuments) in another great spectator sport – cycling  – in bookcase Bordeaux’s en primeur week.

Last Sunday saw the 100th edition of the gruelling Tour of Flanders. 255 kilometres ridden over many winding narrow roads and featuring a number of short, sharp, steep climbs with sections up to at least 20% and over viciously irregular cobbles Flanders is one of the great classics. The race starts in Bruges finishing in Oudenarde. You have to be very strong and tough to win this, while avoiding bad luck!  Northern Belgium is popularly thought to be as flat as a crèpe. Although there are indeed no mountains here, there are some very steep climbs. Riders, in this edition who got to the finish, went up 18 climbs – two ascents of the most difficult climb –Paterberg – and three of the the Oude Kwaremont plus seven other cobbled sections.

Winners: Peter Sagan (Mens) and Lizzie Armistead (Womens) 

Next Sunday (10th), after the merchants and journos have departed Bordeaux ready for their appointments with their dental hygienists attempting to limit damage to their teeth inflicted by a torrent of tannin and youthful acidity, its the turn of the Paris-Roubaix – flatter but with more cobbled sections than the Tour of Flanders. This is the 114th edition of the Paris-Roubaix and again you have to be strong, very fit and have luck in avoiding crashed on the cobbled sections to win. Since 1968, despite its name, the race now starts in Compiègne to the north of Paris. Once famous as the place where the armistice that ended the First World War was signed, it now owes its fame as the birthplace of our Les 5 colleague – Hervé. Whether the great man travelled along the route of the Paris-Roubaix when he moved to Brussels is not known….

But back to en primeur Bordeaux stately waltz. The first few introductory movements have now been completed. These feature increasing optimistic noises emanating from Bordeaux that this may well be the greatest vintage since Julius Caesar last set sail for the UK and dire warning from merchants that the Bordelais must not increase their en primeur prices this year with cuts preferred if the new campaign is to have any chance of success. This can resemble a minuet of the deaf…

I am delighted that for this edition the Union des Grand Crus de Bordeaux, has acknowledged that en primeur is a spectator sport by holding the journalist tastings in Bordeaux’s new football stadium. As a famous sport normally has sponsors, I would like to take the liberty of suggesting that Emeric Sauty de Chalon and Fabien Hyon’s 1855.com would be a highly appropriate choice underlining what a gold-plated vehicle for fraud en primeur can be for fraudsters.

Arnaque

Screen shot from France 2’s arnaque report on 1855.com in 2012 


These days it is difficult to see any advantage for #winelovers to buy Bordeaux en primeur. Anyone, who bought the 2010 vintage en primeur,  the last highly touted vintage will find that they can find these wines considerably cheaper especially if they bought trophy wines like Château Lafite.

Price movements for 2010 Château Lafite: 

2010 Lafite

From stats on wine-searcher.com the average bottle price (excluding tax) for the 2010 dropped from £1079 in May 2011 to just £696 in February 2016. It is also significant that there are plenty offers for this vintage of Lafite.

If there is little or no point in consumers buying en primeur what of the role of journalists in this circus. It is, of course, always interesting to taste young wines but the scores, tasting notes and opinions of leading writers/journalists are now an essential part of the en primeur process used by châteaux and merchants alike.

Message from Jancis Robinson MW  (2nd April 2016)
‘By the time you read this I should be fully immersed in assessing embryonic samples of the latest Bordeaux vintage. Having canvassed members of JancisRobinson.com, as I tend to do every year, I know that a significant proportion of them want early assessments of the 2015 vintage and the wines produced, so, ever obedient, I will do my very best. But I do hope everyone realises just how non-definitive these barrel samples are. The wines will not be delivered in bottle for more than two years into the future. A lot can happen in that time. And we have to rely on individual producers to show us samples that are as representative as possible, however tempting it must be to show us the most flattering samples.’

Jancis’ comments underline the problems associated with Bordeaux holding the en primeur tastings so early on – ‘non-definitive’ barrel samples and ‘most flattering samples’.

Also it also looks like Jancis has recognised that the en primeur needs to be freshened up. Her interesting twitter suggestion (3.4.16) of scoring wines according the weather conditions is a good start, although I think there is plenty of scope to be even more adventurous.

JancisRMW

Although some journos have dropped out of the en primeur circus, there, however, still remains a distinguished field in long-running The Robert Parker Succession Handicap Stakes.

Following the conclusion of the Paris-Roubaix the Bordeaux châteaux will begin the process of declaring their opening prices for the 2015 vintage. As 2015 is considered a good vintage the declaration process is very likely to be an agonisingly slow process resembling a striptease performed by a severely arthritic snail with the First Growths (excluding Latour) not discarding the last vestiges much before late June and the start of the summer holidays.

Moi ? This coming week I will be on the Island of Colonsay for a family wedding to be held on Thursday on the Kiloran Beach, which I hope will not turn out to be as insane as Bordeaux en primeur.….

Mapjpg

The Island of Colonsay  

With due acknowledge to David’s trenchant comments made in this post in January 2016.


Poster un commentaire

Prowein ou Vinexpo ou les deux ?

Le salon international Prowein et sa concurrence avec Vinexpo est un débat qui intéresse les exposants comme les autres professionnels (importateurs, acheteurs, distributeurs, sommeliers, journalistes) qui, comme moi, doivent fréquenter ce genre de salon pour différents aspects de leur travail, comme pour le plaisir d’y faire des découvertes car nous sommes aussi, et surtout, des amateurs de vin au sens propre du terme. Je rappelle d’abord qu’il s’agit de deux salons destinés exclusivement (en principe) au professionnels du vin. Il existent plein de salons qui sont ouverts aux amateurs, et c’est tant mieux, mais cela n’est pas mon sujet du jour.

prowein-2016-1-1024x488

http://www.prowein.fr/

(désolé, pas de logo Vinexpo car le fichier qu’ils utilisent n’est pas compatible avec mon ordinateur !)

http://www.vinexpo.com/fr/

Le salon ProWein 2016 de Dusseldorf a attiré, du 13 au 15 mars, 55 000 visiteurs professionnels venus de 126 pays, soit 6% de plus que l’année dernière. La moitié des visiteurs est venue d’autres pays que l’Allemagne, donc il s’agit d’un salon vraiment international. Parmi les exposants, le premier pays était l’Italie (1 500), suivie de la France (1 300), de l’Allemagne (1 000), puis de l’Espagne (550), l’Autriche, du Portugal et du Nouveau Monde (600). Les spiritueux étaient aussi présents.

Ce salon annuel se pose aujourd’hui comme le grand rival de Vinexpo qui, lui, est bisannuel. Bon nombre d’exposants et visiteurs (y compris quelques Bordelais avec qui j’ai échangé) considèrent que Prowein est maintenant supérieur à Vinexpo, aussi bien en termes d’organisation que du point de vue de la qualité professionnelle des visiteurs. Cette concurrence entre les grands salons professionnels de vin n’est pas un fait nouveau. Prowein a déjà dépassé le London Wine Trade Fair et va maintenant, comme Vinexpo depuis des années, tenir un salon en Asie. C’est certainement une bonne nouvelle pour le visiteur qui a davantage de choix et qui va aussi pousser chaque organisateur à mieux faire son travail.

Regardons quelques différences entre Vinexpo et Prowein, qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients, selon le point de vue qu’on adopte.

J’ai déjà mentionné les différences de fréquences : Vinexpo le bisannuel et Prowein l’annuel. Pour un visiteur venant de Paris, les distances sont presque identiques : 510 kms pour Düsseldorf et 590 pour Bordeaux. Les durées du voyage en Thalys pour l’un, et en TGV pour l’autre, sont identiques, même si la nouvelle ligne TGV en construction va bien raccourcir ce temps pour Bordeaux en 2017.

Sur le plan de la fréquentation, on pourrait dire que Vinexpo est un peu plus international que Prowein, dont l’origine des visiteurs est très dominé par les marchés d’Europe. On voit à Vinexpo davantage de visiteurs du contient américain et de pays asiatiques qu’à Prowein.

Une partie de cela est probablement due au fait que Vinexpo se situe dans la plus grande région productrice de vins d’appellation au monde. On peut rajouter que la ville de Bordeaux est plus séduisante comme destination que la ville de Düsseldorf.

Prowein ne dure que 3 jours, ce qui est un peu court vu la taille de la bête. Vinexpo, autrefois long de 5 jours, va réduire la durée de sa prochaine édition à 4.

Mais Prowein me semble plus professionnel que Vinexpo sur le plan de sa fréquentation. L’entrée est strictement réservée aux professionnels du vin, qui doivent d’ailleurs payer leur ticket d’entrée 45 euros sur place par journée, ou 70 euros pour les trois jours du salon (avec une réduction pour des réservations sur internet). Vinexpo impose des tarifs et conditions similaires, mais certains producteurs français font circuler plein d’invitations à leurs clients plus ou moins professionnels et les vignerons locaux y viennent nombreux aussi. Dusseldorf n’étant pas situé dans une grande région viticole, Prowein échappe du coup à ce genre de confusion qui peut par moments encombrer les allées.

Autre facteur qui pollue un peu Vinexpo: les très nombreux événements « off » qui drainent une partie de sa clientèle potentiel. Certes, une partie de cette partie est constitué d’amateurs, clubs de vins, blogueurs…,  qui considèrent que c’est chic et « in » de snober le grand salon et de ne fréquenter que ces mini-salons à thème qui ont lieu dans les domaines ou en ville. Donc cela sert aussi à fluidifier la circulation dans les allées de Vinexpo. Mais à terme je pense qu’il serait préférable de trouver une solution pour que tout, ou presque, se passe au sein du salon lui-même.

Vinexpo fait certainement davantage que Prowein sur le plan de l’éducation avec de multiples salles dédiées à des dégustations et conférences à thème. Prowein m’a semblé plus axé sur le business pur, mais je peux me tromper. Vinexpo a aussi ce côte « show-off/prestige » avec son Club des Marques et ses dîners chics dans les châteaux qu’on ne trouve pas à Prowein.

La configuration physique des deux salons donne, pour le visiteur, un avantage logistiques à Prowein avec les différentes halles regroupées autour d’une sorte d’espace vide (et en chantier cette année). Cela rend la circulation entre les halles, qui sont clairement indiquées et codées par couleurs selon les pays ou zones représentés (France, Italie, Espagne, Allemagne, Autriche, reste du monde), plus aisée et moins fatigante qu’à Vinexpo avec son vaste bâtiment principal qui fait 900 mètres de long et des zonages par pays moins clairs.

Prowein gareL’accès à la gare à Prowein est directement dans le salon, avec un signalétique claire. En revanche, la fréquence des trains laisse à désirer, surtout aux heures de pointe du salon.

L’accès au salon Vinexpo par les transports en commun, avec la ligne du tram qui va enfin jusqu’au salon, me semble plus aisé pour quelqu’un qui loge à Bordeaux que celui de Prowein quand on loge à Dusseldorf. J’ai attendu un train plus de 20 minutes dans la gare principale de Dusseldorf. Cela dit, la circulation de trams à Bordeaux n’est pas parfaite non plus car je me souvient en 2015 de nombreux trams qui s’arrêtaient curieusement avant le terminus Vinexpo, rendant la chose peu confortable !

Vinexpo a un avantage net en termes de diversité alimentaire et se passe aussi à une période de l’année (juin) à la météo plus agréable. Prowein, en mars, vois offre un régime essentiellement composé de saucisses à manger debout dans le froid mais, après tout, vous êtes là pour travailler et non pas pour passer des heures à table !

Pour finir, un coup de cœur

Mon coup de cœur pour la meilleur halle à Prowein va aux vins d’Autriche, qui, sans verser dans l’austérité triste et pauvre des salons bio où on adore s’auto-flageller, impose une identité visuelle identique, sobre mais élégante, à tous ses exposants qui n’ont pas le droit de monter des tours de Babel de mauvais goût au dessus de leur stands pour attirer on ne sait pas trop qui. Et tous les stands sont regroupés par région, rendant tellement facile la navigation ou le travail par thème pour le visiteur. Wines of Austria est décidément le meilleur organisme collectif du monde du vin. Ils mettent la barre très haut.

David Cobbold

PS. Je vous avais promis de parler de quelques beaux rieslings dégustés dans ce pays (l’Allemagne) qui a probablement vu naître le cépage. J’en ai trouvé, même sans beaucoup de temps libre pour réellement investiguer le sujet. Cela sera pour la semaine prochaine.


7 Commentaires

Thirsty Dragon + scams galore

Thirsty Dragon

On my return from magical Lisbon last week I had a treat waiting for me – a review copy of Suzanne Mustacich’s widely acclaimed Thirsty Dragon  China’s Lust for Bordeaux and the Threat to the World’s Best Wines – the winner of the 2015 André Simon Memorial Award for drinks books.

I cannot claim yet to have read all 282 pages but I am certainly very ready to add my voice to the praise Suzanne’s book has already received. It is an excellently detailed account of the growth of wine drinking in China. In particular the entrepreneurs both from within China and outside who had the vision and determination to build wine companies in China and spread the habit of the pleasures of wine drinking despite all too often being hampered, frustrated at various levels by the Chinese Government.

Thirsty Dragon, Suzanne Mustacich, Henry Holt $32.  

 

•••

No let up in the investment scams

I’m not sure whether investment scams are as prevalent in France as they are in the UK. Hopefully not as these scams frequently mean that the victims lose all or part of their life savings, so that these while collar frauds are long-term muggings potentially affecting quality of life over many years.

The straight wine investment frauds continue – see below Jeff Berrill’s Westminster Fine Wines Ltd tawdry scam despite the company’s reassuringly impressive name.

Recently the recovery room scams have been increasingly active. The secondary scams seek to further strip the unfortunate victims of earlier frauds of more of their wealth and savings. They pose as good samaritans but in reality they seek to further thin victims’ wallets through a combination of advance fee fraud and gaining control over the suckers’ wine assets.

Typically recovery room scams will offer above market prices for an investor’s wine portfolio and persuade them to transfer their wine out of their account into one controlled by the recovery room. Then – surprise! surprise! – the deal goes sour and very likely the recovery room scam company disappears as does the wine. The victim is left sucked dry – royally stitched up!

Westminster Fine Wines Ltd: Jeff Berrill banned for 12 years for wine scam
36-year-old Jeff Berrill, based in Northampton and the sole director and shareholder of Westminster Wine Ltd, has been banned from acting as a UK director for 12 years. The ban will run until March 2028.

Wine investment company, Westminster Fine Wines Ltd, was founded in October 2011 and based in a serviced office in Victoria.

The company went into liquidation in February 2014 with Nedim Ailyan of Abbott Fielding Ltd based in Sidcup appointed as liquidator. Berrill gave the estimated deficicency as £232,326. £231,066 was owed to trade and expense customers and £2000 to Barclays Bank.

Berrill took £335,720 from investors. However, Ailyan found that no wine had been bought and that Berrill and Westminster Fine Wines Ltd had no account at any UK bonded warehouse.

One unfortunate investor was persuaded to buy 39 cases of Château Cos d’Estournel from various vintages ranging from 2003 to 2010. Initially he was told falsely that these wines were stored at London City Bond. Later he was told that they were at Octavian. Berrill never bought these wines.

An unexplained sum of £244,443 was taken out of Westminster Fine Wines bank accounts. This included £61,854 paid to restaurants, pubs, hotels, supermarkets and other retail outlets and payments to Berrill of £43,562.

On 6th November 2015 Berrill pleaded guilty at Blackfriars Crown Court to five counts of dishonestly making false representations. He was sentenced to 12 months in prison suspended for 24 months.

•••


If it was possible to persuade people not to respond to cold calls the level of scams would drop dramatically. Almost all the many victims, who have contacted me since I started looking at scams in 1996, fell for a cold call. Simple rule – never do business with a cold caller.    

JIM BUDD

 

 

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 16 103 autres abonnés