Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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Minervois-La Livinière

360px-Aude_(flume)Minervois, au nord de Carcassonne, et Corbières, au sud, se regardent à travers de la basse vallée de l’Aude qui les sépare. La première zone se situant sur les contreforts de la Montagne Noir, et le deuxième sur une partie du piémont des Pyrénées Orientales.

Environ quinze jours après avoir exploré, rapidement, l’appellation Corbières-Boutenac, j’ai visité son pendant de l’autre côté de la basse vallée de l’Aude, Minervois-La Lavinière. De part et d’autre de l’axe Carcassonne-Narbonne, qui se situe dans le sillon tectonique qui sépare les Pyrénées du Massif Central, deux zones de piémont servent de socle aux appellations languedociennes jumelles, Corbières et Minervois. A l’intérieur de ces deux zones assez étendues, et forcément hétéroclites sur le plan de la qualité des vins qui y sont produits, un groupe de producteurs dans chaque zone a mené une opération dont le but était de sortir leur production, ou du moins une partie, d’un problème d’image et de prix qui les handicapait sur le plan de la reconnaissance de la qualité, et donc de la rentabilité.

DSC_0154Cabanon de vigneron (il lui manque la couverture en lauzes) à côté du chai de Château Maris, avec la Montagne Noire au fond.

Le premier à dégainer, après les longueurs habituelles imposées par les rigidités du système d’appellations en France, fut Minervois-La Lavinière, qui sera le sujet de cet article. L’appellation existe officiellement depuis 1999. Corbières Boutenac, dont j’ai déjà parlé ici, lui a emboîté le pas quelques années plus tard, en 1985. L’approche dans les deux cas fut très comparable : délimiter une aire d’appellation restreinte avec des désignations parcellaires précises selon les critères habituels (climat local, exposition, altitude et types de sols), mais aussi imposer des règles de production (encépagement, rendement, vieillissement avant vente, etc.). Pour mener à bien un tel projet, puis pour le faire durer dans le temps en portant des résultats à la hauteur des espérances, il fallait aussi un petit groupe d’hommes et de femmes ayant conviction et ténacité.

DSC_0149Murs de pierres plates ponctuent le paysages et forment terrasses, comme ici au Clos d’Ora de Gérard Bertrand. La pose verticale est la plus résistante, mais la plus difficile à exécuter.

Minervois-La Lavinière, ou La Lavinière tout court comme les brochures de l’appellation aiment à la présenter, concerne actuellement un petit nombre d’hectares mais dont le nombre varie considérablement selon les sources: 350 hectares selon les documents de l’appellation, ou bien 200 hectares selon le site officiel des vins du Languedoc. Faudrait peut-être se mettre d’accord ! Comme à Boutenac, le potentiel classé est bien au-dessus de ce modeste chiffre, car l’aire comporte 2.700 hectares et touche 6 communes, et les producteurs utilisent tous (ou presque) les deux appellations dans leurs gammes. Encore une fois comme à Boutenac, l’appellation La Lavinière ne s’applique qu’aux seuls vins rouges. Les blancs ou les rosés sont nécessairement sous l’appellation de base, Minervois.

DSC_0129A La Lavinière on s’occupe aussi de retrouver les variétés de vigne rares, et même non-identifiées comme ici, en les plantant dans un conservatoire ampélographique

Les règles de l’appellation ont cru bon de limiter l’altitude maximale des parcelles acceptées à 330 mètres, et ceci d’une manière qui me semble assez arbitraire, surtout à la lumière du réchauffement climatique et de la nécessité de réduire les taux d’alcool dans les vins du sud. A part cela, je n’ai pas les moyens de trop chipoter sur la logique de ces règles qui, après tout, ont été établis par les producteurs eux-mêmes, même si je trouve certaines inutilement compliquées et restrictives. Des petits arrangements permettent parfois de simplifier un peu les choses ! La Lavinière et Boutenac font appel au même quatuor de cépages principaux (syrah, grenache, carignan et mourvèdre), mais avec des priorités différentes. Alors que Boutenac impose entre 30 et 50% de Carignan (attention: à la vigne, pas dans les vins !), La Lavinière impose que les trois autres constituent au moins 60% de l’encépagement. Dans les faits c’est la Syrah qui domine dans la plupart des vins de La Lavinière, ce qui n’est pas le cas à Boutenac. La Lavinière a aussi eu la sagesse de laisser en place quelques variétés plus rares : Lledoner Pelut, Cinsault, Aspiran Noir, Picpoul Noir et Terret Noir.

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Les contraintes techniques d’une appellation, qu’elle soient géographiques, végétales ou autres, sont une chose mais le vin se fait par les hommes et femmes, et c’est là où la volonté, la sensibilité, le talent et les techniques jouent des rôles qui font l’essentiel de le différence entre un vin et un autre dans la même appellation. A La Lavinière des personnalités fortes ont joué, je dirais nécessairement, des rôles clés dans la genèse et la promotion/défense de l’appellation. Cela a commencé avec ses fondateurs Maurice Piccinini et Roger Piquet, respectivement en charge de la cave coopérative La Lavinière et propriétaire du domaine privé Château de Gourgazaud. Cela s’est poursuivi avec Michel Escande, de Borie de Maurel, suivi par Patricia Domergue, du Clos Centeilles. Et la présidente actuelle est aussi une femme, Isabelle Coustal, propriétaire de Château Sainte Eulalie (en photo).

ETIC-OCA0007Comme les Cazes, de Bordeaux, bon nombre de producteurs ou d’investisseurs d’autres pays ou régions de France sont venus s’installer dans le Minervois, en apportant savoir-faire et faire-savoir.

A la différence de Boutenac, des investisseurs venus d’ailleurs, parfois de loin, parfois de plus près, pèsent aussi dans l’appellation La Lavinière et y apportent à la fois leur regard, leur savoir-faire, leur capacité à faire connaître, et leur réseaux commerciaux. Deux producteurs importants de la région languedocienne, Gérard Bertrand et la famille de Lorgeril, y côtoient les Cazes (de Bordeaux), les Grands Chais de France (de partout mais d’origine alsacienne), ou l’anglais Robert Eden et l’écossais Guy Crawford. Est-ce cela, ou l’ancienneté un peu plus importante qui expliquerait l’impact plus grand de La Lavinère (50% de plus de surfaces exploitées aujourd’hui) ? Je n’est sais rien mais je pense que cela joue.

 

Cette fois-ci je n’ai pas demandé à procéder d’abord à une dégustation extensive de tous les vins de l’appellation. C’était un tort de ma part que je regrette maintenant car cela ne m’a pas permis pas d’avoir une idée du niveau générale des vins de La Lavinière comme j’ai pu le faire avec ceux de Boutenac. Le voyage de presse, très bien organisé et encadré, à permis pas mal de visites et de dégustations assez détaillées dans sept domaines, puis des rencontres avec d’autres producteurs et quelques-uns de leurs vins lors de repas. Les domaines visités étaient Clos Centeilles, Borie de Maurel, Ostal Cazes, Clos d’Ora, Château de Fauzan, Château Maris et La Borie Blanche. Pour ma part, les dégustations les plus marquantes étaient celles des vins de Clos Centeilles, d’Ostal Cazes et de Château Maris, avec de bons ou très bons vins parmi ceux dégustés ailleurs ou lors des repas.

 

Le cas de Clos d’Ora est un peu à part dans cet ensemble. Il ne s’agit pas d’un clos au sens de clôturé, mais de 9 hectares faisant partie du vignoble de Laville Bertrou, géré comme une entité spécifique avec son petit chai très moderne et dépouillé et son lieu de réception au dessus. Le point qui frappe beaucoup d’observateurs, moi compris, est le prix de vente de ce vin. Un peu à la californienne, il vise un public très différent du reste de l’appellation et qui considère que plus un vin est cher, plus il est désirable ; car le Clos d’Ora se vend aux alentours de 200 euros la bouteille (le domaine annonce 185), alors que le prix moyen des très bonnes cuvées dans l’appellation est plutôt autour des 25/30 euros. J’ai dégusté ce vin en trois millésimes et il est très bon, pas surpuissant mais finement équilibré. Mais rien ne justifie objectivement un tel prix hormis une volonté de se positionner d’une manière symboliquement très forte, ce que Gérard Bertrand a osé faire. On pourrait penser que cela ferait sourire ou grincer des dents les autres producteurs de l’appellation, mais on aurait tort. En tout cas l’écho que j’ai eu était qu’ils sont heureux que leur appellation ait été choisie pour une opération de communication de ce type. Car il y a beaucoup de «comm» autour du projet, avec toute la panoplie du discours appuyé sur la biodynamie et du mulet qui tire la herse entre les rangs (comme par hasard en action au moment de notre visite), sur le terroir d’exception, etc., etc.

Je vous parlerai maintenant des vins plus abordables que j’ai aussi beaucoup aimé et qui donne un peu une idée des styles qu’on peut trouve à La Lavinière, tout en situant un peu les domaines qui sont à leur origine.

DSC_0140Patricia Domergue dans ses vignes au Clos Centeilles, près du village de Siran. Elle s’est bien battu pour son appellation et fait des vins formidables

 

Clos Centeilles

La maison et le chai se trouvent ensemble et tout près du petit village triste de Siran, ou nous logions dans l’hôtel de charme Château de Siran, qui est réellement charmant et qui doit être un des rares bâtiments de ce village ayant un peu de cachet. Patricia Boyer Domergue (qui n’est pas «du pays») a acheté ce domaine en 1990 et a longtemps présidé avec énergie la jeune appellation. Le clos est réel et ancien, et part de la petite église du 13ème siècle, Notre Dame des Centeilles. Patricia ne s’est pas contenté de suivre les règles des appellations mais a aussi beaucoup œuvré pour préserver et expérimenter la richesse ampélographique locale, devenue malheureusement historique en grande partie. Elle cultive, entre une vingtaine d’autres variétés, Rivayrenc (de différentes couleurs), Œillade et Araignan. Un des ses beaux vins blancs est issu de 15 variétés différentes en s’appelant Mosaïque de Centeilles. Le 2015, sous une désignation vin de pays, est complexe, un peu gras, de belle texture et long. La gamme est de ses vins est large car, sur ses 12 hectares de vignoble, Centeilles produit 9 vins différents à partir de 23 cépages., et dans à peu près tous les types (sauf bulles). Mais un seul est de l’appellation Minervois La Lavinère, et il est magnifique, alors je vais m’y limiter.

DSC_0143Magnifique calade au Clos Centeilles. J’aime tant le beau travail de pierre.

Verticale de Clos Centeilles (la plupart des ces vins fut dégusté à la découverte et au domaine)

chose rare : certains de ces vins sont encore disponibles à la vente au domaine, et seront plus faciles à trouver sur commande quand la nouvelle cave/oenothèque sera terminée.

1992

L’année de naissance de sa fille Cécile, qui commence à travailler à temps partiel sur le domaine tout en poursuivant ses études. Ce vin est encore un peu austère, donc resté très jeune, avec de la mâche causée par des tannins fermes, beaucoup de fond et de densité. Long et vibrant.

2001

(dégusté à l’aveugle mais à un autre moment, lors de la présentation de « La Collection de La Lavinière 2016)

Beau nez, évolué mais complet et accompli, avec une grande complexité. C’est raffiné et vibrant en bouche et l’ensemble est d’une grande finesse. Un vin toute en élégance qui a vieilli remarquablement.

2003

On dirait un Barolo de bel âge, tant les arômes de vieux cuir sautent au nez. D’une grande complexité, ce vin formidable est un des meilleurs que j’ai dégusté lors de ce voyage.

2007

Le nez est fabuleux et se révèle progressivement, couche par couche, avec une part de truffes généreusement servies, de la réglisse et de la prune en abondance. C’est aussi charmeur qu’intense et très long. Un autre vin splendide.

2009

La composition est donnée pour un tiers de chaque cépage, entre Syrah, Grenache et Mourvèdre. Je ne sais pas s’il en va de même pour les autres millésimes mais je soupçonne que cela varie selon le millésime et la matière.

Encore un nez formidable. Des tannins fins, presque fondus. Vin dynamique qui conserve une expression marquée par le fruit.

2010

(dégusté à l’aveugle mais à un autre moment, lors de la présentation de « La Collection de La Lavinière 2016)

Un jeunot selon les canons de ce producteur, car les millésimes postérieurs ne sont pas encore à la vente. Le nez est plus chaleureux que pour les autres, avec des notes de cacao et de torréfaction. C’est aussi plus robuste par sa matière, avec une pointe de sécheresse en finale qui montre que les tannins ne sont pas encore fondus. C’est un très bon vin mais qui mériterait un peu de patience.

DSC_0148Fabrice Darmaillacq, le Directeur Technique de l’Ostal Cazes, avec les bouteilles de la dégustation verticale

Domaine L’Ostal Cazes

Basé à l’ancienne Tuilerie Saint Joseph, qui fut d’abord restauré et derrière laquelle un chai moderne fut construit par Robert Eden (dont je parlerai plus tard), ce domaine fut crée par Jean-Michel Cazes et sa famille en 2002 après l’acquisition de deux propriétés puis le bâtiment. Il occupe maintenant 60 hectares de vignes et 25 d’oliviers sur un ensemble de 150 hectares. Il est géré sur place Fabrice Darmaillacq, le Directeur Technique, qui nous a rejoint à plusieurs reprises pendant le voyage et dont les commentaires furent toujours très intéressants. Les vins partent en tiré bouché à Bordeaux pour intégrer le réseau de distribution de la famille Cazes.

Verticale de l’Ostal Cazes

2003

Année de canicule et de vendanges précoces. Le vignoble venait d’être acquis et donc les replantations qui allait le modifier en profondeur n’avaient pas encore eu lieu. Les bords de la robe dense sont bien brunis. Le nez m’a semble assez bordelais, avec des notes de cèdre et de mine de plomb (mais est-ce imaginaire, connaissant le propriétaire ?) Les arômes me semblent par ailleurs un peu brouillés. En bouche c’est d’abord charnu, puis avec une touche de vivacité et un peu d’amertume en finale.

2004

Une année très contrastée avec la précédente, ayant été frais et pluvieux. La robe est similaire au 2003. Le nez est plus frais et plus tenu dans son expression. Ferme et « minéral », un peu monolithique dans son expression.

2005

La robe semble nettement plus jeune et le beau nez à encore la fragrance des fruits rouges frais. C’est un vin au stylé élancé et fin qui évite l’amertume des deux précédents et possède une belle longueur.

2007

La robe est encore plus juvénile que celle du 2005. Le nez combine notes épicées et de fruit confits dans un registre aussi jeune et frais. L’amertume est bien maitrisée et la texture soyeuse. Ce vin a gardé une jeunesse étonnante et reste parfaitement équilibré. Il était mon préféré de cette dégustation.

2009

Robe dense et nez chaleureux, aussi fumé qu’épicé. Je sens du fruit en confiture en bouche avec une finale trop chaleureuse à mon goût. N’a pas l’élégance des 2005 et 2007.

2010

L’année fut sèche. Beaucoup d’intensité de couleur et un nez dense, et peu expressif encore. Cet aspect massif est aussi évident en bouche. Les tannins sont bien présents mais l’équilibre tient bien. Vin long et bien structuré qu’il convient d’attendre quelques années.

2011

L’été fut pluvieux puis la période avant les vendanges fur sèche. Rendement généreux. Le nez est sur le versant de fruits confits et de la cuisson. Ce vin semble plus austère et ses composants (acidité/tannins/fruit) ne sont pas encore bien fondus. Vibrant de jeunesse, je pense qu’il fait mentir, comme d’autres bons vins de cette appellation, la tendance du marché à consommer ces vins jeunes. Il leur faut, au contraire, entre 7 et 12 and pour se révéler, après une phase de jeunesse ou leur fruité s’exprime pleinement.

2012

Un année très sèche, malgré des pluies vers le 15 août. La robe semble un peu moins dense. Le nez est délicieusement friand et offre toute la gourmandise de son fruit. Doté d’une jolie fraîcheur, moins tannique et concentré que le 2011 qui sera potentiellement plus complexe peut-être, on peut boire ce vin aujourd’hui.

Le domaine n’a pas mis en bouteille le millésime 2013

2014

Nez très frais et un vin carré, clair et net. Les saveurs en bouche sont précises et dynamiques, la qualité du fruit excellente et l’ensemble est bien équilibré malgré une pointe d’amertume en finale (mais qui pourrait être un atout dans le temps). N’a pas le charme du 2012 pour l’instant et finit sur une note chaleureuse.

En tout une belle dégustation qui prouve encore une fois la bonne capacité de garde de ces vins.

DSC_0169Robert Eden, de Château Maris, en pleine explication des ses vins

Château Maris

Celui qui a construit le chai d’Ostal Cazes et qui l’occupait alors s’appelle Robert Eden, un anglais qui a roulé sa bosse en Australie et ailleurs avant d’atterrir dans ce coin du Languedoc. Il a maintenant un nouveau chai, construit selon des principes très écologiques pour vinifier et faire murir les vins de son domaine, appelé Château Maris. On connaît encore peu ces vins en France car ils étaient surtout exportés un peu partout, mais cela commence à évoluer et on peut en trouver dans des réseaux « bio », ou chez Metro. Eden a acquis le domaine en 1997 et l’a rapidement converti en viticulture bio et biodynamique. On trouve dans le chai la panoplie du genre avec des cuves en béton et en bois, des œufs en béton, une climatisation naturelle et, pour le visiteur, des odeurs très agréables et une sonorité apaisante. Vous me direz « et alors ? » Je vous répondrai que c’est bien agréable lorsqu’on y passe une heure à déguster et à écouter.

Nous avons dégusté une bonne série de vins et je ne suis pas certain que tous revendiquent l’appellation Minervois-La Lavinière. Tant pis, ils sont bons quand-même, mais pas donnés. Pourquoi est-ce que les vins « bio » sont souvent vendus si chers ?

DSC_0163

Les Anciens 2014

Un pur Carignan, ce vin est un délice avec une belle intensité de fruit et beaucoup de fraîcheur. Long, pur et très bon. (Prix dans les 19 euros).

Las Combes 2013

Un pur Grenache, très juteux aussi et qui a su rester frais. (Même prix).

Les Planels 2014, Minervois La Lavinière

80% Syrah, 20% Grenache. Vibrant et très juteux. Excellent. (prix inconnu)

Les Amandiers 2014

Un pur Syrah, élevé en barriques neuves. Soyeux de texture avec une superbe qualité de fruit et très long. (prix 35 euros)

Brama 2014 (blanc)

Grenache gris à 100% vinifié à la bourguignonne (je crois). Long et gras, mais avec une vivacité extraordinaire. J’ai beaucoup aime ce vin. (prix dans les 30 euros)

Mirren de LorgerilMirren de Lorgeril

Vignobles de Lorgeril, Borie Blanche (verticale de la cuvée La Croix)

Les Lorgeril sont propriétaires d’une demie douzaine de domaines en Languedoc et en Roussillon. Borie Blanche fut acquis il y a 20 ans en le chai actuel est occupé depuis 2002. La vinification fait appel à un fonctionnement par gravité et un système de pigeage aménagé dans un chai ancien qui reste naturellement frais grâce à se construction en hauteur et partiellement enterré. On voit ici une combinaison intéressante entre techniques anciennes, bien aidés par des choses très modernes car la suivie de la vigne est aidé par de l’imagerie satellite. Grenache et Syrah dominent les plantations, dont les nouvelles reviennent au système du gobelet.

Des deux millésimes de la cuvée appelée Borie Blanche, terroirs d’Altitude, j’ai bien aimé le 2012, frais et délicat, mais j’ai trouvé le 2013 anguleux et simple. Ce vin vaut dans les 10 euros, ce qui constitue une entrée de gamme pour l’appellation. S’en est suivie une bonne verticale de la cuvée haute de gamme, appelée La Croix. Son prix de vente se situe entre 25 et 30 euros.

La Croix 2008

Le nez reste marqué par le bois. En bouche on trouve une matière splendide, vibrante et juteuse. Sa tenue dans le temps est remarquable, le vin semblant encore jeune et vivace.

La Croix 2009

La matière est très belle, charnu et longue en bouche. Les tannins semblent plus fermes, ou bien plus extraits. J’ai préféré le 2008 sur le plan du style.

La Croix 2010

Nez magnifique, aussi frais que profond. Très intense et long en bouche, il semble très complet mais aura besoin de temps car sa densité est encore un peu chargée.

La Croix 2011

On trouve peut-être davantage de précision dans ce vin hyper juteux avec un équilibre parfait. C’est aussi fin que gourmand. Excellent vin.

La Croix 2012

Précis mais plus austère que les deux précédents. Les tannins semblent déjà fondus et l’équilibre est bonne.

Comme chez l’Ostal Cazes, il n’y a pas eu de 2013

La Croix 2014

Prometteur, forcément très serrée encore. Patience….

 

D’autres vins que j’ai bien aimés, lors de divers dégustations ou repas :

Château de Fauzan, la Balme 2008 (environ 15 euros, je crois : distribué en France par Grands Chais de France)

Encore un vin qui a su conservé une belle qualité de fruit après 8 ans. Je commence à croire dans la capacité de garde des meilleurs vins de cette appellation. Structuré et équilibré aussi. J’ai dégusté d’autres vins prometteurs de ce domaine. L’approche de ce jeune vigneron, qui est aussi très intéressant à écouter sur l’histoire et la géographie de sa région, laisse penser que ce domaine va très bien évoluer dans les années à venir.

Clos des Roques, Mal Pas 2008 (16 euros)

Un vin dans lequel domine le mourvèdre (avec du syrah) et qui a subit une vinification intégrale. Excellent.

Domaine de Tholomies 2011

Ce domaine a été acquis par Grands Chais de France, le plus grand producteur de vin dans ce pays et qui amorce un virage remarqué vers des produits haute de gamme en complément à ses activité de base. Dans la Languedoc, cette société a aussi rachetée Les Belles Eaux (ex-Axa millésime) et l’ancien domaine de Chantal Comte, la Tuilerie. Vin très juteux autour d’une superbe qualité de fruit. C’est peut-être encore un peu massif mais sa longueur et son équilibre indiquent un beau potentiel. Le millésime 2011 sort souvent très bien dans les dégustations que j’ai pu faire dans cette région, bien que je n’aime pas trop généraliser sur les millésimes.

Château de Cesseras 2012 (environ 15 euros)

Faisant partie de la sélection « Collection 2016 » qui a été faite par un jury de sommeliers et de journalistes, ce vin a un nez splendide, aussi élégant que complexe. Son caractère m’a semble presque bourguignon, entre autres par sa finale en dentelle. Cela semble aussi une bonne affaire.

Domaine La Syranière 2013 (23 euros)

Peut-être un peu marqué par son élevage encore mais une belle réussite dans une année qui semble avoir été difficile. Dans la gamme « vin de garde », avec beaucoup de matière et une belle précision. Je l’ai gouté deux fois, dont une à l’aveugle avec la série « Collection 2016 ».

Borie de Maurel, La Féline 2014 (environ 15 euros)

La touche laissée par la macération carbonique m’a un peu gêné au nez, mais la suite est charnue, riche et long en bouche.

 

Conclusion

Une bien belle appellation, aussi bien sur le plan physique (topographie, paysages et lieux) que pour la qualité de ses meilleurs vins. Nul besoin de payer 200 euros, ni même 50, pour se faire très plaisir avec un Minervois-La Lavinière. Une trentaine euros suffiront pour acheter les meilleurs cuvées et on peut aussi trouver de belles choses autour de 15 euros, du moins en France.

Une de mes bonnes surprises a été la très bonne tenue dans le temps de certains vins. Peut-être que la part relativement forte du syrah y est pour quelque chose ?

Je suis personnellement rétif aux arômes gazeuses induits par une macération carbonique mal maitrisée et je trouve que cette technique fait se ressembler les vins les uns aux autres, tout en durcissant les tannins. Mais peu de vins dégustés souffraient de cela et plusieurs domaines n’ont pas, ou de moins en moins, recours à cette technique.

C’est aussi une région ou les fortes personnalités sont bien présents, ce qui rend les visites souvent passionnantes.

David Cobbold

(texte et photos)


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Boutenac en Corbières

L’appellation Corbières-Boutenac date maintenant d’une dizaine d’années. Les dossiers de presse et autres documents parlent du «Cru Boutenac». Je ne vois pas bien comment on peut attribuer le mot «cru» à toute une appellation, car ce terme est généralement réservé à une parcelle, voire à un domaine. Comme 26 producteurs (dont 3 caves coopératives) revendiquent cette appellation pour au moins une partie de leur production, on ne peut pas dire qu’il  partagent tous la même parcelle! Mais passons…

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Quelques généralités

La partie du vignoble ayant droit à cette appellation spécifique occupe une aire approximativement centrale dans la partie septentrionale de la plus vaste zone de l’appellation Corbières, la plus grande du Languedoc. Cela si situe donc entre Narbonne et Carcassonne, et juste au sud de Lezignan-Corbières. Dans l’aire en question, seules des parcelles spécifiques peuvent revendiquer la désignation Boutenac et elles ont été agréées par des géologues (c’est une manie en France !).  2.668 hectares ont ainsi été classés comme pouvant produire du Corbières-Boutenac, mais seulement 184 hectares en produisent pour le moment, et la récolte 2015 a donné 6.600 hectolitres. On peut dire qu’il s’agit d’une toute petite appellation en devenir et qui correspond à une volonté plus large de hiérarchiser l’offre dans cette énorme région du Languedoc.

IMG_7629La Montagne d’Alaric

Le Corbières-Boutenac ne peut être que rouge. De plus, les cépages autorisés (Carignan, Grenache, Mourvèdre et Syrah) doivent respecter certaines contraintes sur le plan de leurs proportions: au moins 70% pour l’ensemble des trois premiers, et entre 30% et 50% de Carignan. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Je n’entrerai pas plus sur les détails du cahier des charges, qui impose aussi, et c’est une bonne chose, un élevage d’au moins 15 mois après la récolte.

photo syndicat Cru Boutenac

La région est très belle, parfois spectaculaire. La vigne s’incruste dans des paysages souvent sauvages avec des excroissances rocheuses, des collines et des montagnes, des forêts et des maquis, et des petites rivières turbulentes qui serpentent dans les vallées entre des villages aux ruelles étroites. En tout cas le parti-pris des responsables de cette appellation, qui est présidé par Pierre Bories (Château Ollieux Romanis), de limiter la zone géographique et aussi de restreindre l’accès à des producteurs bien motivés par la possibilité de monter en gamme par rapport à l’appellation Corbières se trouve bien justifié par la qualité moyenne des vins que j’ai pu déguster.

Les vins dégustés

Ma dégustation d’une trentaine de vins de différents millésimes à précédée quelques visites dont je vous parlerai après car mon voyage s’inscrivait dans le cadre d’une opération qui s’intitule Camins de Boutenac et qui donne la possibilité à des randonneurs de découvrir une partie de l’appellation à pied, en faisant des haltes dans les domaines.

IMG_7610Mes vins préférés du dernier millésime, 2014

Maintenant, voici les vins dégustés : il y avait un de 2007, un de 2010, six de 2011, six de 2012, six de 2013 et douze de 2014. Je vais noter uniquement mes vins préférés de chaque série. Les prix indiqués sont soit le prix départ ttc fourni par le producteur, soit le prix le moins cher trouvé sur Wine Searcher.

Je passe sur les deux plus anciens, qui ne m’ont pas épatés. Les vins notés par la suite paraissent dans l’ordre de leur service, qui était aléatoire hormis la séparation des millésimes.

Château Saint Estève, Ganymède 2011 (prix 15,5 euros ttc)

Nez riche et chaleureux, sans excès. Plein en bouche avec des notes boisées qui entourent un bon fruit. Une bonne intensité pour ce vin harmonieux et long.

Château Aiguilloux, cuvée Anne-Georges 2011 (prix 15 euros ttc)

Il réussit la prouesse de conserver les qualités de fruit d’un vin bien plus jeune, donnant un caractère vibrant aussi bien au nez qu’en bouche. Les tannins restent fermes et l’ensemble est très dynamique.

Domaine La Bouysse, l’Indécent 2012 (prix 30 euros ttc)

Fait d’un tiers chacun de Mourvèdre, de Grenache et de Carignan, raisins triés sur table puis vinifiés en barriques ouverts avec pigeage quotidien pendant un mois, on comprends que la quantité de travail impliqué à provoqué le nom de cette cuvée. Le nez est vif et rappelle le sous-bois ainsi qu’un fruité éclatant et très juteux. C’est très gourmand, frais et bien équilibré, mais il porte bien l’accent rocailleux de pays (et du paysage). Son acidité naturelle lui donne un air juvénile. Je l’ai re-dégusté lors d’une soirée et le situe parmi les meilleurs de l’appellation. Il roule sur le palais comme l’orage autour des montagnes.

Domaine La Bouysse, Mazerac 2012 (prix 15 euros ttc)

Il y avait d’autres vins intercalés entre ces deux cuvées de la même propriété, donc cette suite est le fruit du hasard et de mon appréciation des deux vins en question. La robe est intense et très jeune. On y sent de l’ambition, mais l’élevage en futs qui a duré 12 mois lui a donné de la patine sans étouffer la très belle qualité de fruit. Fin et alerte, avec une belle longueur. Bravo à ce domaine qui a su produire deux excellents vins dont celui-ci, à moitié prix de l’autre, donne plus que la moitié du plaisir.

Château Aiguilloux, cuvée Anne-Georges 2012 (prix 15 euros ttc)

Belle régularité pour cette cuvée qui sort dans deux millésimes. Bien fruité, c’est un vin assez complet et juteux dont les tannins sont encore fermes. A attendre encore un an ou deux de préférence.

Ollieux Romanis, Alta Sia 2013 (prix 19 euros ttc)

Le Carignan atteint 45% de l’assemblage dans ce vin dont le fruité est succulent et mur, avec un fort accent de garrigue. Un vin de mi-corps, dont les tannins soutiennent l’ensemble sans le dominer. Vivant et très agréable.

Château de Caraguilhes, Echappée Belle 2014 (prix 24 euros)

Ici le Carignan atteint les 80% de l’assemblage, le reste étant du Mourvèdre. J’ai peut-être mal compris les règles (sévères) de l’appellation, mais c’est marqué sur la fiche ! Que de la cuve et de la bouteille pour l’élevage. Je passe sur la trace laissée par la macération carbonique (que je n’aime pas car il fait se ressembler tous les vins qui l’utilisent à outrance), pour me délecter du délicieux fruité de ce vin fringant et juteux, parfaitement équilibré.

Château de Villamajou, Grand Vin 2014 (prix 18 euros ttc)

Les bords de ce vin montrent un peu d’évolution, probablement due à son mode d’élevage qui a eu l’avantage de lui donner une très belle texture suave. Beau nez qui laisse parler des fruits noirs avec une bonne impression de fraîcheur. Vin ample, charnu et assez chaleureux autour d’une expression de fruits bien murs. Belle longueur.

Château Maylandie, Villa Ferrae 2014 (prix 12 euros ttc)

Le nez est intense et gourmand, même si l’effet de la macération carbonique me gêne un peu. La belle qualité de son fruit est son principal atout. Il n’a peut-être pas la complexité des meilleurs mais c’est un vin vibrant et alerte et son style direct et pur le rend très recommandable à boire dès maintenant. En plus son prix est dès plus accessibles.

Château Ollieux Romanis, Cuvée Or 2014 (Prix 21,50 ttc)

La robe est très dense mais le nez apparaît claire et net, avec une très belle expression de fruit. L’élevage reste encore présent, mais d’une manière raisonnable. Le palais évite tout surcharge aussi, avec une bonne intensité des saveurs fruités qui sont précises et parfaitement intégrées dans le corps du vin. Un vin maitrisé et élégant, de demie-garde.

Gérard Bertrand, La Forge 2014 (prix 50 euros ttc)

Le prix de cette cuvée remarquable n’est pas très raisonnable mais l’ambition y est affichée. J’ai pu, par le passé, constater qu’il peut très bien vieillir ayant dégusté il y a deux ans un remarquable 2001 de ma cave. Robe dense (on s’y attendrait !). Beaucoup de volume au nez et les signes d’un élevage bien maîtrisé qui laisse la clarté du fruit s’exprimer. Ce vin est gourmand, stylé, précis et harmonieux, avec un joli retour d’acidité en finale.

IMG_7613Robinet de cuve au Château La Voulte Gasparets

Château La Voulte Gasparets, Cuvée Romain Pauc 2014 (prix 20 euros ttc)

La robe a une intensité moyenne, mais c’est autre chose au nez qui est à la fois fin et assez puissant. Belle densité au palais avec un fruité gourmand bien présent. Je ne suis pas certain que les tannins sont à parfaite maturité mais ils ont bien été assagis par l’élevage. Vin assez complet, complexe et long.

Conclusion de la dégustation

12 vins sélectionnés (ceux ayant obtenu des scores entre 14,5 et 16/20) sur 32 échantillons représente un niveau très honorable. Dans l’ensemble les vins avaient un style assez homogène et un bon niveau moyen. On peut dire que le pari est en train d’être gagné par les fondateurs de cette jeune appellation. En particulier j’ai noté un meilleur équilibre que dans le passé pour les vins élevés sous bois, avec un dosage bien plus fin de l’apport de la barrique ou autre contenant.

IMG_7620Château de Luc, propriété de la famille Fabre, magnifique dans son jus 

Les visites

Visiter les sites viticoles peut être très intéressant et agréable, rencontrer les vignerons est généralement riche d’enseignements, mais visiter un nième chai à barrique, ou, pire, chaîne d’embouteillage n’est pas ma tasse de thé. Le programme était heureusement allégé ce côté-là. Nous avons visité le Château La Voulte Gasparets, au moment où des randonneurs sont arrivés pour une pause dégustation, puis, plus longuement, le Château de Luc, qui est une des propriétés de la famille Fabre et où écouter Louis Fabre parler d’histoire, de géographie, de vin ou de toute autre chose est absolument passionnant. J’y serais resté une journée entière et le lieu est magnifique.

IMG_7621Louis Fabre dans ses oeuvres

IMG_7638Une des nombreuses créations du vinaigrier Cyril Codina, à Lagrasse

Pour varier les plaisirs, nous avons aussi visité un musée étonnant dans la très belle petite ville de Lagrasse qui se situe juste en dehors de la zone de Boutenac. Ce musée un peu kitsch rassemble moult objets divers ayant trait au passé de la région et propose des projections « poly-sensorielles » qui évoquent des aspects du passé, comme le tram vapeur qui reliait Lézignan aux villages d’amont. Tout cela a été rassemblé et réalisé par un bonhomme remarquable, Cyril Codina, qui est aussi un vinaigrier hors pair. Je n’ai jamais vu autant de vinaigres différents, dont une bonne partie proviennent de ses 5,5 hectares de vignes.

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La fin du parcours a rendu honneur à un aspect essentiel du passé et de la structure sociale de cette région : les caves coopératives. La Cave des Demoiselles, à Saint Laurent-de-la-Caberisse fut officiellement fondée en 1914 mais ses débuts et le chantier de construction datent de l’année avant. Entre temps, la guerre avait déjà fait son sale ouvrage et le manque d’hommes valides a fait que ce sont les femmes qui ont terminé le chantier et lancé l’activité de la cave, d’où son nom.

Je retournerai avec plaisir dans cette belle région, et très certainement à deux roues car les routes sinueuses y sont très attrayantes et ma petite Ducati devrait bien s’y plaire, hormis les bosses assez nombreuses.

David (qui sera bientôt français, j’espère)

 

 

 

 

 

 

 

 


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Un assortiment – la fête des vins, Born Digital Awards, crappy Lozère aire

Boulevard Napoléon: Fêtes des Vins, La Lavinière, Minervois 

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2011 Grenache Gris, VDP de l’Herault, Boulevard Napoléon 

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The Boulevard Napoléon plaque on the winery’s
street that lends the wine its name  

We have just spent a very enjoyable weekend in the Minervois guests of Fergus Henderson and Trevor Gulliver for their fifth annual Fête des Vins at their winery in La Lavinière. Gulliver and Henderson run St John, the well known London restaurant group, which includes their flagship restaurant – St John in Clerkenwell. They are famous for their robust cooking with an accent on offal and pigs’ extremities.

Gulliver has had a house by the Canal du Midi in Homps for 16 years and he and Fergus started their wine venture in 2011 buying grapes from the local co-operative. Last year they bought some parcels of vines way up in the Minervois hills that can only be reached by rough tracks.

The white Boulevard Napoléon is made from Grenache Gris, while the three reds are single varietal – Carignan, Cinsault and Grenache. These juicy attractive wines are very much ones to enjoy rather than analyse.

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Benji – the winemaker

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Trevor Gulliver

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Fergus Henderson


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BD

The 2016 Born Digital Wine Awards, brought to you by Wine in Moderation:

  • focus is on the content the audience experience when they are reading
  • are decided by an international panel of respected judges representing    the diverse world of wine and publishing
  • value great content in 6 different languages
  • believes that quality and responsible content contributes to a shared Culture of Wine

2016 Key Dates

  • Submissions Open: 1st June
  • Submissions Close: 7th July
  • Shortlist Announced: October
  • Winners Announced: November

Categories:

Best Investigative / Journalistic Wine Story

Best Editorial / Opinion Wine Writing

Best Tourism Content with a Focus on Wine

Best Wine Themed Video

Best Wine Photo

Responsibility Prize

A prize for the entry in ANY category that best promotes the Culture of Wine and demonstrates the message of Responsibility & Moderation

More details: http://borndigitalwineawards.com/

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A75: Aire de Lozère – worth a detour to avoid

Driving back from the Minervois today we made the grievous mistake of stopping for a quick casse croute at the Aire de Lozère. Although the scenery is lovely the food offer is sadly dreary – a tiny selection of unambitious sandwiches, a sad attempt at a croque monsieur plus a few other bits and pieces that will only appeal in desperation. There is a also a shop called Lozère Authentique – a claim that is somewhat undermined by stocking Mars Bars….

There was a time when UK service station were rightly derided. Fortunately in recent times they have improved with outlets offering food from Marks & Spencer and Waitrose. However, the very best service station I know is in the Lake District in Cumbrian where there is a farm shop offering local meat, cheese and vegetables in addition to a interesting and tasty range of snacks.  

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Millésime Bio : Carignan/Grenache, la confrontation

À l’occasion du désormais très vaste et très international salon Millésime Bio, qui se tient chaque année en Janvier, à Montpellier, la capitale du Languedoc vibre de multiples fêtes pour l’heure toutes aussi modestes et joyeuses. Le Beaujolais bio – j’en reparlerai – faisait sa fiesta dans une ambiance du tonnerre, la Vallée du Rhône n’était pas en reste, les différents courants de la biosphère non plus répartis en autant de salons « off » plus ou moins prisés à l’instar de ce très réussi salon des Outsiders réunissant pour la première fois des vignerons étrangers au Languedoc épris par cette région au point de s’y installer. Mais pour changer des années précédentes, cette année j’ai choisi de m’arrêter sur quelques événements plus ou moins importants organisés en marge du plus gros des salons consacrés aux vins que compte la planète bio.

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Ce premier article a son importance car il met en scène deux associations qui me tiennent à cœur : la Grenache Association d’un côté, animée magistralement par sa grande et savoyarde prêtresse Marlène Angelloz, dite Marlène Fan de Grenache sur les réseaux sociaux ; et Carignan Renaissance de l’autre, présidée par le talentueux œnologue germano-languedocien Sebastian Nickel. Les deux associations n’ont d’autres objectifs communs que de déclencher l’intérêt des amateurs de vins envers ces deux cépages hautement représentés dans notre grand Sud et même sous d’autres cieux plus ou moins lointains. J’en ai déjà parlé ici même, lors d’une première rencontre amicale dite battle qui n’a de bataille que le nom et dont la vocation n’a qu’une simple mission : confronter les défenseurs des deux cépages dans une atmosphère plutôt joyeuse.

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Sebastian et Marlène, les instigateurs de la battle !

Cette fois la rencontre avait lieu en plein cœur de l’Écusson, autrement dit le vieux Montpellier, dans les murs historiques de la Salle Pétrarque. Il y avait là un monde fou, amateurs, sommeliers et journalistes curieux, attirés par l’aspect inhabituel que pouvait présenter une telle dégustation. Pouvoir en effet passer d’un domaine présentant sa cuvée de grenache pur à un autre fier de faire goûter son carignan de vignes centenaires, sans oublier la surprise de tomber sur un vigneron armé à la fois d’un grenache blanc et d’un carignan vinifié en rosé, rendait l’exercice de la prise de notes, même parfois dans la bousculade, encore plus excitant. Je me suis régalé !

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Pour ma part, en dehors des vins que je connais bien (Stella Nova, Bertrand-Berger, Calavon, L’Anehl, Rimbert, Mas Mellet, Vaquer, Sainte-Croix, Clos du Gravillas, Plan de L’Homme, Leconte des Floris, Treloar, Rémi Jaillet, etc), domaines sur lesquels on peut retrouver quelques commentaires passés en inscrivant leurs noms sur notre moteur de recherche, j’ai été très agréablement surpris par la pureté d’un Faugères 2011 carignanisé, pour ne pas dire fortement inspiré par le carignan sur sol de schiste, celui du Mas des Capitelles. La cuvée Loris de ce domaine révélait un rouge, extraordinaire de pureté et de finesse.

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Dirk, amoureux fou de Carignan. Photo©MichelSmith

Autre surprise, cette fois avec Hubert Valayer, un vigneron-trufficulteur de la Drôme, plus particulièrement du terroir de Vinsobres où il dirige avec son frère Denis le Domaine de Deurre. Rehaussé de 30 % de mourvèdre, son très carignan Vinsobres 2015 s’annonce comme étant une superbe affaire. Le belge Dirk Vermeersch, quant à lui, a fait sensation avec ses deux cuvées vinifiées en Vin de France. La (grenache) GT-G 2010 était d’une longueur étonnante, tandis que la (carignan) GT-C séduisait par sa maturité et ses notes grillées. De son côté, Peter Fischer, du Château Revelette, dans le haut pays d’Aix-en-Provence, fait toujours sensation avec sa série de Pur déclinée en rouges dans les deux cépages qui nous intéressent et donnant à chaque fois des vins ouverts et plutôt faciles d’approche, pleins d’esprit et de fruit. En profiter au passage pour goûter son blanc dédié à un autre cépage, l’ugni blanc.

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Retour au Languedoc avec Brigitte Chevalier du Domaine de Cébène qui nous gratifie d’un savoureux et sensuel grenache Ex Arena 2013 tout en fraîcheur et salinité issu de vignes plantées sur un sol du Villafranchien. Ne pas manquer non plus son remarquable et très élégant Faugères Belle Lurette 2014 bien inspiré par les vieilles vignes de carignan sur schiste. Côté Roussillon, l’ami Julien, du Domaine Amistat, m’a une fois de plus charmé avec son grenache 2013 tout en sève, riche de matière et de jovialité au point que l’on ne cessait de vouloir remplir son verre !

La semaine prochaine, toujours dans le cadre de Millésime Bio, je proposerai une promenade dans le Beaujolais avec quelques gamays d’anthologie !

Michel Smith

 

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#Carignan Story # 301 : In fine

Ce titre ressemble au nom d’une cuvée, mais voilà, c’est celui de ma toute dernière rubrique carignanesque, la der des der, ma révérence à moi, mon ultime Carignan Story, entreprise commencée il y a 5 ans.

Déjà j’entends au loin les emmerdeurs-moqueurs: «Ouais, ce couillon arrête parce qu’il n’a plus rien à dire». Et les pinailleurs-enquiquineurs d’ajouter: «De toute façon il commençait à se répéter». Jusqu’aux railleurs patentés de surenchérir: «Personne ne la lisait, cette rubrique: au mieux une poignée de lecteurs chaque dimanche, c’est de la roupie de sansonnet»!

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Photo©MichelSmith

Autant l’affirmer tout de suite, sans aucune fausse modestie de ma part, quoique l’on dise, tout le monde a raison… enfin, en partie. Je mets fin à cette rubrique car, après m’être bien amusé, j’ai l’impression de me répéter, de tourner autour du pot, de ne plus avoir d’étonnement. Oh, je sais, sur les peut-être 250 et plus domaines visités et leurs vins dégustés, il y en a autant et peut-être plus que j’ai oublié ou d’autres que je n’ai pu voir, faute de temps et d’argent. Plus autant qui tout simplement, ne se sont pas bien manifestés auprès de moi ou qui n’ont pas répondu à mes appels à échantillons. Beaucoup plus que je n’espérais, cependant. Car ils sont au bas mot un bon demi-millier de vignerons, beaucoup moins de négociants et caves coopératives, dans le sud de la France, à consacrer ne serait-ce qu’une de leurs cuvées au bon vieux Carignan de pépé. Et quand je livre cette estimation, c’est sans compter sur les estrangers, les Sardes, Catalans, Chiliens, Israéliens, Californiens ou autres que je n’ai pu, ni su contacter.

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Photo©MichelSmith

Car je suis un journaliste défroqué lent et fainéant qui doute sans arrêt et qui promet un peu trop à tort et à travers. Ainsi, j’avais juré que j’irai faire un tour en Aragon pour explorer Cariñena dont on affirme que ce serait le fief du cépage. Des projets plus personnels m’en ont empêché. Je m’étais aussi promis d’explorer le Sulcis en Sardaigne, une des seules appellation dédiée au Carignano. J’aurais aimé aussi pouvoir sillonner le vieux pays, celui dont nous venons tous plus ou moins, la Palestine, l’Égypte, la Syrie, le Levant, la Turquie, qui sait la Mésopotamie, entre Tigre et Euphrate. Retrouver le cépage des pionniers, le Carignan de l’Algérie chérie, de la Tunisie, du Maroc. Puis me laisser transporter jusqu’en Argentine, Uruguay, Chili… L’Australie peut-être ? J’en ai trouvé des vins de ces contrées qui me sont arrivés je ne sais plus trop comment, souvent par plus intrépides que moi (n’est-ce pas Bruno Stirnemann et Jean-Marie Rimbert ?) et je vous ai livré ce que j’en pensais sur le moment, le plus objectivement possible, sans trop jouer le spécialiste, maladroitement parfois, en m’amusant, en me moquant.

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Au passage je vous demande aussi de me pardonner pour mon manque de rigueur journalistique, mes hésitations, mes imprécisions coutumières. J’ai même osé parler de mon propre Carignan, le Puch, celui que je fais depuis 7 ans avec des copains ! Vous vous rendez compte, un journaliste qui en vient à faire sa propre pub ? Quel manque de sérieux ! Me croirez vous si je vous dis que cela ne m’a rien rapporté, pas même une bouteille vendue ! Il se trouve que lorsque j’ai démarré cette rubrique, j’ai tenté dès le départ de me positionner en explorateur, en découvreur parfois, volontairement naïf, en véritable amateur. Certes un peu connaisseur, mais amateur et tenant à le rester. Et pour finir, j’ai modestement contribué avec des amis vignerons à la création d’une association ayant pour nom, Carignan Renaissance.

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Photo©MichelSmith

Pour ce dernier article dominical -(je passe le relais à Marie-Louise Banyuls), je vous propose un vin simple mais joyeux découvert lors de ma récente retraite sur la Côte Vermeille, aux 9 Caves, à Banyuls-sur-Mer qui s’affirme de plus en plus comme un lieu incontournable dans ce pays où les bonnes choses, en dehors du vin, se font rares alors qu’il y en a pléthore. Ce Carignan 2014 du Domaine de L’Encantade, à Trévillach, que j’ai dû payer autour de 10 € si mes souvenirs sont bons, revendique pleinement son appartenance à la mouvance des vins naturels vinifiés en macération carbonique dont je vous parlais dans mon avant-avant-dernier numéro, avec certification Nature et Progrès. Il ne fait que 12° et il paraît presque inoffensif au premier abord. Je l’ai bu en trois fois sur trois jours : le premier jour, il était bon, sans plus ; le second jour, il m’interpellait et me faisait comprendre qu’il était heureux de me rencontrer ; le troisième jour, j’avais du fruit et de la fraîcheur et cela se buvait avec une facilité déconcertante et réjouissante.

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Alors voilà, je continuerai à évoquer de temps en temps le Carignan dans mes articles réguliers paraissant le Jeudi. Merci à mes camardes de blog de m’avoir permis ce petit supplément hors des sentiers battus. Je vous quitte l’âme légère, laissant la place toute chaude à une amie. En attendant, bonne carignade à tous !

Michel Smith

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#Carignan Story # 300 : Le Rouge

Son domaine est le Clos Rouge. Rouge comme cette terre de ruffes édifiée en terrassettes qui sont autant de marchepieds menant sur le plateau du Larzac puis, par le bout du nez comme dirait Brassens, jusqu’en Auvergne. Quelque part en sortant de l’autoroute qui annonce Millau et son viaduc archi visité, sur la commune de Saint-Jean-de-la-Blaquière, on arrive à se faufiler par une petite route entre deux oliveraies jusqu’au hameau qui abrite une cave suffisamment grande pour recevoir le fruit de 5 ha de vignes variées, Grenache, Cinsault, Syrah et Carignan, en particulier.

Photo©MichelSmith

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Le nom donné au vin qui m’intéresse, un pur Carignan, est Kokkinos. Ne me demandez pas pour quelle raison, j’ai oublié de poser la question à sa maîtresse, Krystel, laquelle m’a reçu l’autre jour dans sa tenue la moins élégante, celle d’une vigneronne affairée au soutirage des ses vins me rappelant au passage la photo que j’avais d’elle pilotant son Massey Fergusson. La dame, qui vit à Montpellier, fait son vin toute seule, même si souvent elle est assistée de son époux, du moins pour les tâches qui nécessitent de la force physique.

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Bon, et ce rouge alors ? Pour quelle raison est-ce un Vin de Pays de l’Hérault et non un Terrasses du Larzac comme les autres vins de la cave ? Comme toujours parce que le Carignan, pourtant chez lui, n’est toujours pas jugé digne d’une appellation à lui tout seul. Il doit être associé à d’autres cépages, même si en Languedoc quelques vignerons émérites déjà cités ici lui reconnaissent de grandes vertus.

Photo©MichelSmith

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Ce Kokkinos 2014 aurait-il un petit côté coquin ? Pas vraiment, quand bien même il paraît léger en bouche avec ses 12,5° d’alcool. Le nez est plus qu’engageant où l’on sent l’influence de la garrigue. En bouche, on pourrait croire qu’il manque un peu de caractère, mais son style est comme ça, facile, sans audace particulière, nous donnant de bon cœur un goût prononcé de fraîche vendange toute foisonnante de ses parfums de baies noires. Oui, bon, d’accord, il manque un peu de persistance, il se complaît dans une certaine rusticité, mais il est vrai que si on l’accorde avec des mets simples, salades, pâtés, viandes ou poissons grillés, il ne déçoit pas.. Son prix ? Autour de 12 € départ.

Michel Smith

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#Carignan Story # 298 : le beau travail…

C’était cette année, en Juin dernier, chez Rémi Duchemin en son Domaine du Plan de l’Homme qui possède une adresse prédestinée pour un fidèle du Carignan, au 15 avenue Marcellin Albert, à Saint-Félix-de-Lodez, presque à l’ombre du Mont Baudile, ou Mont Saint-Baudille, haut-lieu sacré des Terrasses du Larzac. Une de ces dégustations d’après réunion de l’Association Carignan Renaissance faisant suite à un ordre du jour bien tassé lui-même suivi d’une de ces discussions sans fin où chaque passionné tente de refaire le monde du Carignan. Bref, l’ambiance était joyeuse et plusieurs membres avaient même marqué leur intérêt pour l’organisation d’une festive Carignan Pride (avec défilé de tracteurs !) chez un ou plusieurs cavistes de Perpignan. Finalement, une première ébauche de cette fête se fera le Samedi 14 Novembre, chez Jean-Pierre Rudelle à la cave du Comptoir des Crus où tous les lecteurs de cette rubrique sont cordialement invités à partir de 16 heures, qu’on se le dise !

Photo©MichelSmith

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C’était donc une de ces soirées où les flacons s’ouvrent à tout berzingue et se retrouvent illico sur une table à la merci des goûteurs-buveurs-brouillons que nous sommes tous tellement nous avons hâte parfois de nous mettre à table. Il y avait le Casanova du Mas de Martin, le Vieilles Vignes de Claude Vialade, L’Interdit d’Yves Simon, L’Infini du Domaine Lanye-Barral, le Mas Coutelou blanc, le rosé Marcel illustré par Anna Kühn, sans oublier un fameux Carignano del Sulcis Riserva 2008 déniché par l’ami Bruno Stirnemann et sur lequel je reviendrai un jour. Ce vin, Is Arena, de la Cantine Sardus Pater, dominait les autres de par sa fraîcheur et la qualité de son fruit.

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Sauf un seul vin – il n’y avait pas de Roussillon cette fois-là, du moins si mes souvenirs sont bons -, un seul rouge qui tenait tête au vin sarde. Ce vin était héraultais, arborant fièrement l’IGP Côtes de Thongue. Son nom : La Font de L’Olivier. Son vigneron : Bruno Granier. Son territoire : Magalas, commune au nord de Béziers. Aux yeux des initiés, ce domaine et ce gars ne sont pas des inconnus. Sauf que pour moi, qui suis toujours en retard d’une guerre, c’était la première fois (du moins, je le croyais…) que je goûtais ce vin provenant de vieilles vignes de Carignan plantées sur Villafranchien. Ici, les raisins sont vendangés à la main pour une vinification en carbonique du plus bel effet. Renseignements pris, on me dit que le type est très méticuleux dans son travail et qu’il bichonne ses vignes avec amour. Je n’en doute aucunement car son 2012 est non seulement d’une chaleur bienveillante qui évoque à merveille le Midi avec ses subtiles touches de garrigue, mais il est d’une structure, d’une densité et d’une longueur qui ne peuvent être que le résultat d’un travail bien soigné. En plus, il paraît que le vin est très raisonnable en prix.

Photo©MichelSmith

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Mais par quel détour de mon esprit se fait-il que je repense à ce vin ? L’autre jour, j’ai tenté de mettre de l’ordre dans ma « salle de dégustation » où trônaient une centaine de bouteilles vides, celles qui m’avaient impressionné ces dernières décennies. Or, une bouteille a attiré mon attention. Comme par hasard, il s’agit de la même Font de l’Olivier, mais dans un millésime 2003 (voir photo) qui m’avait coûté à l’époque 7,40 €. Comme quoi, bien avant de songer à cette rubrique qui va bientôt s’arrêter, j’avais déjà en moi le goût du Carignan ! Et j’avais même signalé ce vin dans mon livre Les Grands Crus du Languedoc et du Roussillon paru en 2005 !

Michel Smith