Les 5 du Vin

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Au Carrefour, à droite, vous prenez la Côte jusqu’à Perroy

En matière de chasselas, la Grande Distribution belge nous a plutôt habitué au genre fendant à raclette (dans ce cas de figure, je crois qu’on l’appelle fendant parce qu’on espère qu’il fendra le gras du fromage).

Alors jugez de ma surprise de trouver au Carrefour Market de Waterloo (publicité gratuite) la Cuvée 48 de la Cave de Jolimont, un Grand Cru Perroy La Côte 2016. Pour les non initités: Perroy est un village entre Gland et Morges. Comme d’autres communes de la zone, les vins qui en sont issus peuvent, moyennant certaines conditions, bénéficier de la mention Grand Cru.

La Côte dont on parle n’est pas celle qui va de Marsannay aux Maranges, mais, celle, bien suisse, qui va de Genève à Lausanne.

Tilleul, aubépine, acacia, ce vin est très délicat au nez; il s’ouvre, il s’épanouit lentement comme une jolie fleur blanche. La bouche présente assez peu d’acidité, mais une belle souplesse, un poil de gaz mais pas envahissant. La petite pointe d’amertume en finale ne fait que relancer le tout.

Il y a dans ce vin un charme qui opère en douceur; rien de tonitruant, rien de «rentre dedans», c’est subtil, aérien. Il fera certainement merveille sur un poisson en sauce, une viande blanche, un fromage à pâte dure, ou tout simplement à l’apéritif.

Le genre de vin qui rappelle aux touristes que quand ils vont en Suisse, ils peuvent aussi apprécier les vins locaux sur une gastronomie raffinée – parce que oui, les vins suisses peuvent être très raffinés.

16,42 euros chez Carrefour Belgique. Pas cher pour un grand cru, ou bien…

Hervé Chasse-la-lau 

PS. Pourquoi 48? Aucune idée!


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De la mention de l’origine sur les étiquettes de vin en Europe

Certains producteurs de vins sans Indication Géographique (VSIG) préfèrent manifestement rester discrets sur la provenance de leur vin; le consommateur doit alors se référer à la contre étiquette pour la connaître, tandis que l’étiquette principale comprend des mentions moins utiles.

Pourtant, la réglementation européenne, transcrite dans celle des différents pays membres, stipule bien que toutes les mentions obligatoires (dont la provenance fait bel et bien partie) doivent être regroupées dans un même champ visuel.

Ce que dit la réglementation

Voici ces mentions, telles que la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes en a dressé la liste, en France.

Les mentions obligatoires

-Dénomination de vente

-Titre alcoométrique volumique acquis

-Provenance
Cette indication figure soit en complément de la dénomination de vente (vin de France, vin de la Communauté européenne, etc.), soit par une mention complémentaire (« Produit de France, d’Italie, du Chili, etc.»).

-Volume nominal

-Nom de l’embouteilleur

-Numéro de lot

-Allergènes

-Message sanitaire

-Teneur en sucre
Cette mention obligatoire pour les vins mousseux est facultative mais réglementée pour les autres vins.

Les mentions obligatoires, à l’exception du numéro de lot et des allergènes, doivent être regroupées dans le même champ visuel.

La réalité du terrain

Certaines marques de vins sans IG s’amusent à contourner cette réglementation en reléguant ces mentions obligatoires sur une contre-étiquette beaucoup moins visible que l’étiquette principale. C’est peut-être licite, mais l’artifice est tout de même assez spécieux (car cela revient à faire de l’étiquette principale, celle qui fait face au client, un élément accessoire au plan de la réglementation). Et c’est d’autant plus dommage qu’un étiquetage plus clair permettrait de lever tout équivoque. Cet équivoque que dénoncent les interprofessions des producteurs du Midi de la France, quand des négociants français vendent sous leurs marques françaises des vins espagnols, par exemple. Avec le risque que le consommateur ne se méprenne sur la véritable origine du vin et ne l’achète donc pas en connaissance de cause.

Tous des vins de pays, vous êtes sûr, M. Casino? (Photo (c) H. Lalau 2017)

Autant je milite pour l’ouverture des marchés (les vignerons d’Espagne n’ont pas à rougir de leur travail, et le Marché unique garantit la libre circulation des marchandises en Europe), autant je pense que le consommateur a droit à une information claire.

Et quand on vend un produit sous une marque française, avec des mentions en français sur l’étiquette principale, je trouve que la moindre des choses est d’indiquer tout aussi lisiblement, sur cette même étiquette, s’il ne s’agit pas d’un vin français. En l’occurrence, la discrétion n’est pas une vertu.

« France hors Bordeaux »? Le rayon a beau être tout neuf, le Carrefour Market de Waterloo classe toujours aussi mal certains vins espagnols. (Photo (c) H. Lalau 2017)

 

C’est d’autant plus important quand le vin espagnol se retrouve, par erreur (?), mélangé à des vins français dans les supermarchés, et sous des bannières comme « Vin de Pays » ou « France »  (les distributeurs ne semblant pas toujours avoir à coeur d’informer correctement leurs clients, à moins qu’ils ne soient eux-mêmes dupes de leurs fournisseurs, comme les consommateurs).

Et c’est encore plus important quand on sait que les négociants en question vendaient encore il y a peu du vin français… sous les mêmes marques!

Hervé Lalau

 


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Supermarché belge, vin espagnol, étiquette et rayon français

Les vignerons du Midi de la France se plaignent que les vins espagnols qui concurrencent les leurs ne soient pas toujours très bien identifiés.

Dans le cas du Cabernet-Sauvignon-Merlot de Cambras, et pour l’enseigne Carrefour, en Belgique, on ne peut leur donner tort.

Certes, la contre-étiquette porte bien la mention Vin d’Espagne. Mais le vin est rangé dans le rayon des vins français (à côté d’un Beaumes-de-Venise), et la réglette porte toujours l’acronyme VDTF (Vin de Table de France, une mention désuète depuis 2009). Plus fort encore, sur son site Carrefour Drive, pour la même référence (05104841), le distributeur indique comme origine « France ».

Est-ce de la négligence ou un choix délibéré?
Réponse souhaitée.

Hervé Lalau