Les 5 du Vin

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Côtes de Gascogne : rouges et rosés

Comme je le disais dans mes deux articles précédents, les blancs dominent la production de cette IGP conséquente, à la hauteur de 85%. Pourtant, lors de ma récente visite, j’étais curieux de déguster aussi quelques vins des deux autres couleurs, car peu ont réussi à me convaincre dans le passé. Les rosés passent plutôt bien dans un style vif et franc qui convient bien à mon palais qui a une aversion pour tous ces rosés lourds qui titrent autour de 14% d’alcool, si ce n’est plus. Mais les rouges m’ont très souvent paru rustiques, aux tanins abruptes et au fruité tenu.

Les cépages pour les vins rosés ou rouges en Gascogne sont : Tannat, Merlot et les deux Cabernets (Franc et Sauvignon), parfois aussi du Malbec et, d’une manière marginale, de la Syrah et, depuis peu, du Manseng Noir. Pour les rosés on trouve des vins issus de pressurage direct et de macération avec saignée. Pour les rouges, il y a parfois un élevage sous bois, surtout pour les meilleurs, car la rudesse des tannins de la plupart de ces cépages a besoin d’être patinée.

L’échantillon des vins était court, c’est pourquoi j’hésite à tirer trop de conclusions de cette dégustation, à la différence de celle des blancs secs. Effectivement, 7 rosés et 9 rouges ne forment qu’une esquisse des possibilités de cette belle région. Mais, après tout, c’est assez fidèle aux proportions de la production globale. Voici en tout cas mes vins préférés :

Les vins rosés

Domaine de l’Espérance, Cuvée Rosée 2016

(Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon : prix 5,55 euros). Ton pétale de rose, bien à la mode, légèrement orangé. Au nez c’est tendrement fruité, tendance pêche. Rond en bouche et succulent par son fruité. Un vin délicieux et très gourmand (14,5/20).

Domaine de l’Herré, Reserve Rosé 2016

(Cabernet Sauvignon, Malbec, Merlot : prix 6 euros). Même genre de couleur en un peu plus pâle, mode oblige. Un accent de fruits rouges au nez, comme en bouche. Aussi gourmand que le précédent mais plus vif et structuré. Très bon rosé plutôt de repas (14,5/20).

Domaine de Pellehaut, Harmonie de Gascogne, Rosé Sec 2016 

(Merlot, Tannat, Syrah, Cabernet Sauvignon, Malbec, Pinot Noir : prix 6,50). Là, il y a de la couleur comme j’aime : bien affirmée ! Belle matière, ferme et presque tannique. Clairement un rosé de caractère pour la table (14/20).

Domaine de Maubet Rosé 2016

(Cabernet Sauvignon, Merlot, Tannat, Syrah : prix 5,90). Le plus coloré de toute la série, ce qui me met dans de bonnes dispositions, même si je sais qu’on ne peut pas juger un vin par sa couleur. Le nez est aussi très expressif, bien fruité avec des baies de type framboise et groseille. Sec mais fin en bouche, également dans le style « rosé de repas », j’ai aussi apprécié sa belle fraîcheur (14,5/20).

Conclusion sur les rosés

Je trouve qu’ils ont beaucoup d’atouts. Leur fraîcheur, leur côté (pour certains) bien coloré et très légèrement tannique, la qualité de leur fruit et, par-dessus tout ça, leur légèreté en alcool. Tous ces vins s’annoncent avec moins de 12° d’alcool. On ne risque pas de se fatiguer en les buvant avec joie !

Les vins rouges

Plaimont, Moonseng 2016

(Merlot et Manseng Noir : prix 5,50). Ce vin est original par sa part de Manseng Noir, cépage sauvé de l’oubli par le travail remarquable de Plaimont au travers de son Conservatoire ampélographique. Pour le moment il n’y en a pas beaucoup, mais l’avenir nous dira ce cette variété locale et ancienne réussit à s’implanter d’une manière durable. Le nom et l’étiquette font référence à la fois au Manseng Noir et au festival autour de l’astronomie qui a lieu chaque année dans le région, à Fleurance. Nez complexe de fruits rouges avec des traces de poivron, de caramel et d’iode. Vif et encore un peu anguleux, ce qui lui donne un aspect un peu austère, il a pour lui des saveurs précises et une belle fraîcheur (13,5/20).

La Gascogne d’Alain Brumont 2016

(Merlot, Tannat : prix 5,65). Le savoir-faire de ce producteur célèbre de Madiran se fait sentir dans ce vin. Si le nez tire un peu sur le versant animal, en bouche c’est charnu et bien fruité. Il faut l’aérrer pour qu’il se révèle pleinement et on découvre un vin vibrant, long et harmonieux. bel ensemble (14,5/20).

Domaine de Cassaigne 2014

(Merlot, Syrah : prix 7 euros) Comme pour la version blanche, ce vin d’un domaine géré par la Cave de Plaimont bénéficie d’un travail d’élevage en barrique (dont 30% de bois neuf)  peu de vieillissement avant sa mis en marché, ce qui est une excellente chose. Le robe est intense et le nez à acquis de la suavité et de la complexité, mêlant prunes au sous-bois. La belle matière est assez longue, encore un poil rustique peut-être. Je le garderai un ou deux ans de plus avant de le boire (14,5/20)

Les Hauts de Guillaman 2014

(Merlot 100% : prix 10,50). Ce vin mono-cépage a un nez puissant et profond qui m’a fait penser presque à un porto sec. Beaucoup de matière en bouche, avec du volume et de la puissance aussi. Long et encore un peu rugueux en texture. C’est ambitieux et intéressant, mais une garde de quelques années lui ferait du bien aussi (15/20).

Domaine Chiroulet (Fezas) Terra Nostra 2009

(Tannat et Merlot : prix 23,50). Voilà le plus ambitieux et le meilleurs de vins rouges que j’ai dégusté parmi les Côtes de Gascogne rouges. Certes le prix dépasse de très loin la moyenne de la région, mais la qualité est bien là. La densité de la robe reste remarquable pour l’année. Le nez est encore assez marqué par le bois, mais il s’agit d’un élevage de qualité et ce trait va progressivement s’estomper. Nez de cerise noir, de café, de cacao. En bouche l’écho de notes de type brûlé est toujours là, mais avec une très belle sensation de fraîcheur du certainement à la part importante de Tannat (70%). C’est long, très long même : on dirait un Madiran. On peut l’attendre ou le boire maintenant en hiver (16/20).

Conclusion sur les rouges

Il y avait pas mal de disparité dans les styles, comme dans les prix. Les millésimes aussi étaient bien divergents, ce qui ne rend pas facile une véritable comparaison. Comme je le disais au début, il ne s’agit que d’une esquisse et cela m’a permis de voir, avec deux ou trois exemples, qu’il existe un beau potentiel pour les rouges du secteur, à condition d’un travail spécifique, y compris dans l’élevage. La maturité des raisins doit aussi être parfaite, sinon gare à la verdeur des tanins.

David


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Souverains poncifs 

C’est fou le nombre de bêtises qui circulent dans le domaine du vin, transmises de génération en génération, de sommelier en sommelier, de critique en critique, de buveur en buveur. Légendes urbaines, on-dits, souverains poncifs, ou simples conneries, parfois teintées de snobisme. Et l’âge ne fait rien à l’affaire. Une vieille bêtise reste une bêtise. En voici quelques unes, avec, quand c’est possible, le contre-exemple, en guise d’antidote…

 

Le Champagne fait moins mal à la tête que les autres bulles

Contre-exemples: innombrables (de migraines, aussi bien du côté du Champagne que des autres bulles); et pourtant, c’est vrai, on lit toujours ce genre d’affirmations mal étayées sur des sites de référence et même dans des sondages. C’est la preuve que la Champagne entretient bien son image de produit de luxe… et peut, parfois, être de mauvaise foi (l’histamine a bon  dos, pourquoi les Chardonnay-Pinot de Loire, du Jura ou de Bourgogne en auraient-ils moins que ceux de Champagne?).

Les blancs du Sud sont lourds

Les vins d’Espagne sont alcooleux

Contre-exemples: les vins de Galice (et bien d’autres).

Le Porto est un vin d’apéritif

Contre-exemple: le mode de consommation anglais du Porto, qu’on qualifiera de diversifié – cela va du foie gras au fromage, en passant par le chocolat, sans oublier le cigare. Dans sa nouvelle « The Choice of Amyntas », Somerset Maugham a d’ailleurs écrit de fort belles choses sur la façon de boire entre un et quatre verres de Porto, selon l’effet recherché, et en dehors des repas.

Le Málaga est un vin cuit

Contre exemple: tous les Málagas; certains contiennent une réduction de vin, l’arrope, mais pas tous; et c’est loin d’être l’élément principal des vins.

Le Madère, c’est pour la cuisine

Contre-exemples: la plupart des Madères qui ne sont pas présentés dans des petites bouteilles moches en grande distribution.

Le rosé, ça se boit dans l’année

Contre-exemple: tout ce qui ne ressemble pas à du blanc taché, au goût de bonbon, de vernis ou de pamplemousse (et que vous aurez la patience d’attendre). Lancez notre ami Marc sur ce thème, il est intarissable. Et à propos de tari, voyez Guillaume, au Domaine de la Bégude.

Les vins allemands sont sucrés

Contre-exemples: innombrables. Mais quel est le pourcentage de Français qui dégustent régulièrement des vins allemands depuis la dernière mise à sac du Palatinat?

Le Prosecco, c’est pour faire un Spritz

Contre-exemple: voir ICI

Le vin Nature rend moins saoul

Contre-exemple: aucun – j’aurais trop peur de choquer les vrais croyants!

La Clairette de Die est issue principalement du cépage Clairette

Et bien non, même que la Clairette ne peut dépasser 25% des cuvées – c’est là un des grands mystères des AOC françaises; apparemment, cela ne choque personne, et pourtant, cela revient à vendre autre chose que ce qu’il y a sur l’étiquette. On se croirait dans la politique.

Les rosés de Loire sont sucrés

Contre-exemple: l’AOC Rosé de Loire, justement. Contrairement au Rosé d’Anjou ou au Cabernet d’Anjou, c’est un vin sec. Vous avez dit « confusing »?`

La capsule à vis, c’est bon pour les petits vins à boire jeunes, au pique-nique 

Erreur funeste! Plus vous payez cher un vin, plus vous avez envie de le garder, et moins vous avez envie de le voir se gâter du fait d’un mauvais bouchon. Et je ne parle pas seulement du goût de bouchon, mais du syndrome du vin fatigué, dont on ne sait plus trop si c’est l’obturation ou le vin qui en est responsable. Rien de plus désagréable que de se demander si c’est le vigneron qui est en faute, ou le bouchonnier… Faites « pop » avec la bouche, si le bruit du bouchon vous manque à ce point!

Les fromages s’accompagnent de préférence de vin rouge

Contre-exemples: la majorité des pâtes dures, type Comté, Gruyère, Appenzell, qui supportent mal les tannins. Mais il y a tellement de sortes de fromages, et tellement de sortes de rouges, plus ou moins tanniques, qu’on ne peut pas généraliser.
D’ailleurs, que ce soit dans le domaine du vin, de l’art, de la science… ou de la politique, la généralisation abusive n’est-elle pas la plus belle définition de la connerie?
J’arrêterai là pour cette fois. Si vous voulez une suite, vous pouvez me fournir d’autres exemples, je me ferai un plaisir de dégonfler d’autres baudruches…

Hervé


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Promesses de Gascogne

Le titre, c’est pour faire joli, car en Côtes de Gascogne, on n’en est plus aux promesses: on ne m’a pas attendu pour produire de belles choses – surtout en blanc – et on sait les vendre. Si marge de progression commerciale il y a, c’est plus avec les rouges  (la région a peut-être déniché son grand cépage emblématique avec le Manseng Noir) et surtout avec les blancs de Manseng, Petit ou Gros, qui m’ont littéralement bluffé, seuls ou en assemblage, lors de mon passage dans la région, la semaine dernière.

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Par une belle matinée d’octobre, au Château d’Arton (photo (c) H. Lalau 2015)

Quelques chiffres

Quelques chiffres, pour situer les choses. L’Indication Géographique de Provenance Côtes de Gascogne (c’est son petit nom), ce sont 13.000 ha centrés sur le Gers, avec quelques extensions dans les Landes et le Lot-et-Garonne; 1.100 producteurs, dont 900 coopérateurs, apportant leurs raisins à 6 caves coopératives, et 200 caves particulières, plus une dizaine de négociants.

En termes de production, ce sont quelque 90 millions de bouteilles dont 85% de blanc, 7% de rouge et 8% de rosé. En termes de commercialisation, c’est 70% de ventes à l’exportation, pour 30% en France (et seulement un tiers en GD française).

En résumé, il s’agit de la plus belle réussite commerciale du vin français de ces 20 dernières années. Une réussite d’autant plus spectaculaire que personne ne l’attendait; qu’elle s’est faite avec des cépages méconnus – le Colombard et l’Ugni, au départ; que la lutte est féroce, sur les marchés tiers, avec les blancs du ‘Nouveau Monde’ (Sauvignon de Nouvelle Zélande ou d’Afrique du Sud, Chardonnay du Chili…); et que dans le même temps, des AOC à forte notoriété, comme le Muscadet, ont beaucoup souffert à l’export.

Mais qu’est-ce qui explique ce succès?

L’audace. Et la nécessité.

Au fil 1970, les vignerons de Gascogne voient les ventes de leur produit phare, l’Armagnac, s’éroder. Certains décident de se tourner vers le vin. Les cépages qu’ils distillent ne sont pas tous adaptés pour le vin; la Folle Blanche est donc écartée, reste le Colombard, qui présente une belle palette aromatique, et l’Ugni Blanc, certes plus neutre, mais qui donne une certaine structure à l’assemblage. C’est sur cet attelage original que parient quelques précurseurs, parmi lesquels la famille Grassa, du domaine de Tariquet (oui, c’est un vrai château, mais les IGP n’ont pas droit au nom de château). Et le pari est audacieux: qui aurait osé miser, à l’époque, sur cette région, au point se se constituer, comme les Grassa, le plus gros vignoble privé de France  (1.200 hectares)? Des fous? Des visionnaires?

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Les vignes de Tariquet – enfin, quelques unes… (Photo (c) H. Lalau 2015)

Au fait, pour cette fois, épargnez moi le couplet sur le gros industriel du vin, qui produit de la merde et qui écrase les petits vignerons inspirés. J’ai dégusté 33 blancs de Gascogne à l’aveugle, lundi dernier, et le Classic 2014 de Tariquet est sorti parmi les trois meilleurs. Et ce n’est pas l’ami Michel qui me démentira.

Et puis, deux jours plus tard, j’ai rencontré un des deux fils Grassa, Armin. Rien à redire. Pas de diarrhée verbale, pas de discours expansionniste à caractère pathologique, même pas de « moi, je » à répétition – je connais à Cahors des propriétaires de domaines à l’ego beaucoup plus encombrant!

Et il n’y a pas que Tariquet qui impressionne, en Côtes de Gascogne. Que penser d’un domaine comme Guillaman (90 ha, un vigneron, une vigneronne et trois employés), qui produit (et vend, jusqu’au bout du monde!) quelque 650.000 bouteilles d’une seule cuvée, son Colombard-Ugni Les Pierres Blanches? En plus, là encore, c’est très bon!

Les autres exemples du dynamisme gascon ne manquent pas;  je pense à Arton (un superbe endroit: château pour l’Armagnac, domaine pour ses excellents Mansengs et rouges de Syrah-Cabernet); à Magnaut, aussi à l’aise avec le Tannat qu’avec le Manseng, avec les cuvées de plaisir qu’avec les vins plus structurés; à Cassagnoles (comment font-ils pour donner au Colombard cette dimension presque suave?)… et j’en oublie, bien sûr.

IMG_7544Le Château de Cassaigne (Photo (c) H. Lalau 2015)

Une sélection

Alors, pour ne pas trop en oublier, voici ma sélection… sans commentaires de vins. Je laisse à mon ami Marc, qui était également présent lors de ces deux jours en Gascogne, le soin de détailler ses impressions dans une chronique ultérieure (c’est quand il veut).

Juste quelques généralités, donc, pour aujourd’hui:

-Les meilleurs Colombard-Ugni (les cuvées de base, pour la plupart des domaines) sont non seulement vifs et aromatiques, mais aussi légers en alcool et pourtant, structurés – un paradoxe gascon!

-Les Sauvignons sauvignonnent. Les Chardonnays sont corrects, mais pas exceptionnels.

-Plus prometteurs me semblent les Mansengs (Gros et Petit), qui allient les notes de fruits très mûrs, le miel, le coing, la poire, une bonne acidité, et selon les choix du vigneron, une dose de sucre plus ou moins importante, mais toujours superbement intégrée, contre-balancée qu’elle est par l’acidité naturelle du cépage. On les connaissait  – et on les appréciait – à Pacherenc et en Jurançon; les versions Made in Côtes de Gascogne n’ont rien à leur envier. On en redemande!

Quant aux rouges, n’en déplaise aux chantres de l’AOP (Appel à l’Ordre et à la Prohibition?) qui aiment tant établir des listes de cépages limitatives, voire à préciser des pourcentages de cépages principaux, secondaires ou accessoires (il faut croire que ça fait vivre l’administration), il est heureux qu’ils soient souvent issus, ici, en IGP, d’assemblages originaux: en Côtes de Gascogne, on peut en effet assembler cépages atlantiques et méditerranéens, ce qui n’est pas courant.

Au carrefour de cette double influence climatique et humaine, la Gascogne a toutes les raisons de mélanger; d’une part, la grande famille des Carménets (Cabernets, Merlot, Carménère…) est tout aussi gasconne que bordelaise (en fait, elle est originaire du Béarn et du Pays basque). Celle des Cotoïdes (Côt-Malbec, Tannat, Manseng Noir, Prunelard…) est quercynoise… et gersoise. Quant à la Syrah, venant du Rhône, si on la considère comme un cépage « améliorateur » en Languedoc, pourquoi pas en Gascogne?

On attendra de voir ce que donne le Manseng Noir – je n’en ai dégusté qu’une cuvée signée Plaimont; très intéressante, certes, mais où ce cépage était minoritaire.

IMG_7510Cave canem! (Photo (c) H. Lalau 2015)

Assemblages à dominante de Colombard

Domaine de Tariquet Classic 2014*** (contient aussi du Sauvignon), Domaine Guillaman 2014***, Domaine de Miselle*** (contient aussi du Gros Manseng), Domaine de Magnaut 2014***, Domaine du Rey 2014** (contient aussi du Sauvignon Gris), Domaine de L’Herré 2014**,  Villa Dria 2014**, Domaine de Ménard Cuvée Marine 2014**  (avec Sauvignon et Manseng), Domaine Chiroulet Terres Blanches 2014**, Domaine Saint Lannes 2014**.

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Oui, je confirme, j’aime le Tariquet Classic et les Dernières Grives aussi (Photo (c) H. Lalau 2015)

Assemblages à dominante de Manseng (ou Manseng 100%)

Domaine de Papolle Gros Manseng 2014*** (40 g de sucre); Domaine Chiroulet Vent d’Hiver 2011***, Domaine de Pellehaut Cuvée Eté Gascon 2011***, Domaine Saint Lannes 2014***, Domaine d’Arton Cuvée Victoire 2011*** (Gros et Petit Mansengs), Domaine Magnaut Cuvée Équilibre de Manseng 2014***, Domaine de Cassaigne 2013 (20% Colombard)**,  Domaine des Cassagnoles Gros Manseng Sélection 2014**, Malartic Vintus 2013 (Manseng Gros et Petit)**, Domaine Les Remparts Gouttes de Lune 2013**,  Domaine Picardon La Soleillerie 2014 (Gros et Petit Mansengs)**, Domaine de Maubet 2014**, Domaine de Séailles Orfeo 2014**.

Côtes de Gascogne Rouge

Domaine d’Arton Cuvée Réserve 2012*** et 2010***, Domaine Chiroulet Grande Réserve 2014***, Domaine de Saint Lannes 2004*** (oui, c’est bien 2004!), Domaine de Magnaut L’Esprit Passion Tannat 2011**,
(Merlot-Manseng Noir)**, Domaine de Cassaigne Grand Vin 2013**, Domaine d’Arton La Croix d’Arton 2013**, Les Hauts de Guillaman 2012**.

IMG_7487Qui a dit que la Gascogne n’était bonne qu’à faire des blancs de soif? Pas Chiroulet! (Photo (c) H. Lalau 2015)

Vingt ans après

Au fait, vous connaissez ma théorie sur les beaux paysages qui font les vignerons fiers, et donc les beaux vins; pour saugrenue qu’elle puisse paraître, elle se vérifie encore ici, avec les superbes ondulations de la Gascogne tantôt bossue, tantôt vallonnée, mais jamais monotone – les vins non plus. N’imaginez surtout pas un océan de vignes – ici, il y a de la place, alors les grands blocs de vignobles sont rares. Ce qui n’est pas plus mal pour le viticulteur, ne serait-ce que pour répartir les risques de grêle.

Au retour de ces quelques jours en Gascogne, je  me suis dit: mais pourquoi avoir attendu 20 ans pour venir déguster dans ce pays de cocagne?

La réponse est aussi bête que la segmentation des vins en France: c’est qu’il s’agit d’une IGP. D’un ancien Vin de Pays. Et les IGP sont rarement citées sur les cartes officielles. Même dans les guides, on les renvoie souvent aux dernières pages – genre, « si vous passez dans le coin… » On a quand même de la peine à croire que Tursan ou Buzet sont tellement plus intéressants…

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Ne cherchez pas les Côtes de Gascogne sur la carte des vins du Sud-Ouest de Hachette: pas d’AOP, pas de mention…

Une petite voix me dit que nous autres journaleux ne sommes pas chargés de la réglementation des vins;  que c’est le résultat qui compte; que des Vini da Tavola dament régulièrement le pion à des DOCG, en Italie; que des Grands Crus Classés, à Bordeaux, peuvent déchoir; que ma dernière dégustation de Clos de Vougeot a été pitoyable.

Bref, qu’on s’en fout, des sigles, pourvu qu’on ait du vin, du vrai! Si l’IGP veut dire plus de liberté pour faire des vins qui plaisent, je signe des deux mains. La qualité, ce n’est pas l’élitisme, l’art pour l’art, les querelles sur le sexe des cépages ou la prétendue tradition (qui ne remonte jamais qu’au phylloxéra, de toute façon…).

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Allez, parce que c’est vous, la voici, la carte (éditée par le Syndicat)…

Par ailleurs, je rappelle que l’aire des Côtes de Gascogne a été jugée assez qualitative pour abriter deux AOP (Floc de Gascogne et Armagnac). Et que les trois sous-zones qui la composent sont les trois crus de l’Armagnac: Bas Armagnac, Haut Armagnac et Ténarèze. Mais pas question de le mentionner sur l’étiquette d’un IGP, bien sûr…

Quoi qu’il en soit, vive les Gascons et leurs promesses tenues. Vive la Gascogne et vive les IGP!

IMG_7476Hervé Lalau

PS. Merci à Alain Desprats et Amandine Lalanne pour leur professionnalisme; et à tous les vignerons pour leur accueil sympathique, authentique et pas collet monté pour un sou – en un mot, gascon.