Les 5 du Vin

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Qu’est-ce que le Sud-Ouest ?

C’est le genre de questions qui semble idiote, tellement la réponse est évidente. Le Sud-Ouest de la France, c’est le sud-ouest de la France !

Sauf que pour ce qui est du vin, personne ne sait vraiment où fixer ses limites.

Faut-il prendre comme frontières celles de l’ancienne région Midi-Pyrénées? Mais alors, on exclut les appellations Irouléguy, Béarn, Tursan, Duras, Côtes-du-Marmandais, Buzet, Jurançon et tout le Bergeracois, appellations qui se trouvent en (Nouvelle) Aquitaine.

Faut-il plutôt s’en tenir au Sud-Ouest géographique? Dans ce cas, Bordeaux en fait partie, bien sûr.

D’ailleurs, n’est-ce pas à Bordeaux qu’est situé le siège du journal… Sud-Ouest ?

«Grand vin du Sud-Ouest»

Oui, mais si Bordeaux revendique sans restriction l’héritage culinaire du Sud-Ouest (foie gras, confit, magret…), côté vins, il fait plutôt bande à part – au moins depuis que les «vins du Haut-Pays» (Bergerac, Cahors, Gaillac…) ne viennent plus compléter ses cuvées. Vous ne verrez jamais sur une bouteille de Bordeaux la mention «Grand vin du Sud-Ouest» !

D’ailleurs, bon nombre d’ouvrages de référence, comme le Guide Hachette ou le Grand Larousse du Vin, excluent Bordeaux du Sud-Ouest – tout en y intégrant le Bergeracois.

Le ministère de l’Agriculture, lui, a découpé le vignoble français en 10 bassins; dans l’acception ministérielle, le «Bassin Viticole Sud-Ouest» ne comprend ni la Gironde (Bordeaux) ni la Dordogne (Bergeracois), ces deux départements composant le «Bassin Viticole Aquitaine».

Par contre, le «Bassin Viticole Sud-Ouest» intègre les vignobles des Landes, du Béarn et du Pays basque.

C’est ce découpage que suit l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest, qui regroupe non seulement les AOP, mais également les IGP de 11 départements: 8 en région Occitanie (Lot, Gers, Aveyron, Haute-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Ariège et Hautes-Pyrénées), et 3 en Nouvelle-Aquitaine (Lot-et-Garonne, Landes et Pyrénées-Atlantiques). Bien que ce périmètre exclue le Bergeracois, les vins qui en sont issus sont parfois intégrés dans la communication de l’organisation, de même que les Côtes-de-Duras.

Pour plus d’info: http://www.france-sudouest.com/fr/page/missions

Cépages: la foire aux origines

L’encépagement est-il un facteur discriminant pour identifier « l’espace Sud-Ouest » ? Pas vraiment, car les quelques 60 cépages de la région, d’origines diverses, débordent largement des frontières administratives.

Le grand ancêtre des cépages dits «bordelais», le Cabernet franc, est en effet originaire du pied des Pyrénées (peut-être même du Pays Basque espagnol) – il est apparenté au Morenoa et au Txakoli Noir. De même que le Carménère.

Le Merlot, lui, est un croisement entre le Cabernet Franc et la Magdeleine Noire des Charentes (mais celle-ci est également apparentée à l’Abouriou lot-et-garonnais).

A l’inverse, le sauvignon fait partie de la famille des Traminers, dont le berceau  est le centre de l’Europe centrale. De même que le Petit Manseng, apparenté au savagnin.

Ou encore, le Colombard, apparenté au Gouais, alias Heunisch.

Le Malbec, fils du Prunelard et demi-frère du Merlot

Le Malbec, qu’on a cru un temps bourguignon, est un croisement entre un cépage tarnais, le Prunelard, et la Magdeleine noire des Charentes, dont on a déjà vu qu’elle avait enfanté le Merlot.

La Négrette, elle, divise les ampélographes – présente à Fronton, mais aussi en Vendée (et jadis aussi à Gaillac), on évoque à son propos une origine chypriote, mais aussi agenaise ou pyrénéenne.

Entre les locaux qui n’en sont pas, et les internationaux qui sont d’anciens locaux, on s’y perd un peu.

Patrimoine commun 

Bref, le Sud-Ouest est d’abord l’espace de ceux qui se sentent du Sud-Ouest, qu’ils soient Gascons, Guyennais, Béarnais, Basques, Quercynois, Périgourdins, Albigeois, Rouergats, voire Limousins, Saintongeais ou Angoumois (pour autant qu’ils se reconnaissent de ces anciennes provinces abolies à la Révolution).

La Guyenne historique

 

La Gascogne historique

 

Il n’a pas plus de limites fixes que le «Midi-Moins-le-Quart», autre (joli) terme par lequel on le désigne parfois. Notons en outre qu’il englobe des domaines linguistiques assez divers, entre le Basque et les différentes formes de la langue d’Oc que sont le Gascon, le Saintongeais, le Limousin ou le Languedocien (pour simplifier).

Par ailleurs, les cinq plus grosses AOC/IGP de l’ensemble Sud-Ouest (hors Bordeaux) se trouvent toutes en Occitanie, à commencer par l’IGP Côtes-de-Gascogne, qui représente à peu près autant d’hectos que les 9 suivantes réunies (voir tableau ci-dessous).

 

Les 10 plus grandes AOC/IGP du Sud-Ouest (chiffres 2015)

IGP Côtes de Gascogne          12.182 ha       1.063.138 hl

AOC Cahors                            3.434 ha         187.803 hl

IGP Côtes du Tarn                  2443 ha          179.029 hl

AOC Gaillac                            3.059 ha         140.315 hl

IGP Comté Tolosan                1.623 ha         119.978

AOC Buzet                              2091 ha          115.000 hl

AOC Fronton                           1.400 ha         67.421 hl

AOC Côtes du Marmandais    1.314 ha         67.000 hl

IGP Côtes du Lot                     722 ha            60.760 hl

AOC Madiran                          1.169 ha         53.729 hl

 

En résumé, même si cela pourrait devenir un enjeu commercial, la «marque» Sud-Ouest appartient donc aussi bien aux Occitans qu’aux Aquitains (nouveaux ou anciens). Peut-être feraient-ils mieux de la partager, comme un patrimoine culturel commun ? Vu d’ailleurs, en effet, une rivalité trop affirmée serait sans doute mal perçue.

Hervé Lalau


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Domaine Chiroulet, how to make Gascony great (and good)

The church of Heux, in Tanarèze, next to Domaine Chiroulet. Looks like a house with a bell-tower, welcoming you.

With my apologies both to Philippe Fezas and to the current US President for using and abusing a slogan of the latter’s campaign. Fezas is (thankfully) in no way comparable to Donald Trump, so do not get this allusion wrong! What he has achieved, however (and not just said that he would achieve) is to show the small world of wine just how good the wines from the Armagnac region of Gascony, both white and, more unusually, red, can be. He has done this by a combination of vision, competence, thought and hard work, to which one must naturally add the potential of his specific territory. And he has done this without the aid of any spectacular financial means: just his and his family’s hard-earned pennies and loans from the bank.

Philippe Fezas in front of some of his vessels

So where and what is this small pearl called Domaine Chiroulet? About 10 kilometers west of the ancient and sedate town of Condom, south nd a little inland from Bordeaux, and which is capital of the part of the Armagnac region know as Ténarèze, on rolling hills where vineyards are intersperced with pastures and fields of cereal crops, and the hilltops and crannies are covered with woods. The house and winery lie in a tiny hamlet called Heux (you pronounce the final consonant in Gascony), whose magnificent small charch that dates back to the 13th century is another local treasure. And Philippe Fezas’s top dry white wine comes from this hillside and goes by the name of « La Côte d’Heux ».

How it all started at Chiroulet, back in the late 19th century. Now tractors rule

The Chiroulet vineyards cover about 20 hectares, which is a surface that has been multiplied by four since Philippe’s father took over the estate that used to be a mixed farm and whose wines were mostly distilled to produce Armagnac. Armagnac is still produced here, but Philippe saw the possibility of also producing good wines, having started his professional career, having obtaned his enology diploma in Toulouse, at Tariquet, one of the the pioneers and current leaders of the local Côtes de Gascogne designation. The first step was to gradually reshape the vineyard by planting lower-yielding and more suitable varieties and clonal selections. Sauvignon Blanc, Gros Manseng and Petit Manseng have partially taken the place of Ugni Blanc for the whites, whilst Merlot, Cabernet Franc and Tannat have been planted to produce the red wines. Cabernet Sauvignon, also trialed here, has a hard job ripening here and has almost been abandoned after some years. The name Chiroulet comes from the Chiroula, a local cold wind that flows northwards from the Pyrennes to the south and probably just drops the temperature below the range needed for fully ripening Cabernet Sauvignon. Local climate explains a lot of things.

My tasting

The white wine range of Chirolet includes two dry and two sweet wines.

Terres Blanches 2014

Gros Manseng, Sauvignon Blanc, Ugni Blanc (retail cellar-door price : 7,20 euros)

Quite firm and its natural acidity is still well in place. Clean and well made with fruit flavour still fresh, if a little simple, and a pleasant hint of bitterness on the finish (13/20)

Terres Blanches 2016

Slightly fuller in body, softer and rounder with lots of charm and good complexity. I also found the flavours more precise and the length superior to the 2014. A good wine at this price. (14,5/20)

Terres Blanches 2017 (recently bottled)

Still very pale in colour and with some CO2 lurking inside. The texture has not yet smoothed out and it seems dominated by that slightly grassy Sauvignon character. Not quite in place yet for me.

La Côte d’Heux 2016

100% Gros Manseng (retail cellar-door price 9,50 euros)

A different style of dry white wine here with fuller body and a rich feeling of tropical fruit flavours on the palate that totally avoids any heaviness thanks to its crisp freshness. Lovely balance and good finish (15/20)

La Côte d’Heux 2012

Just to show the fine ageing capacity of this wine! Point well made here with glorious richness and intensity of flavours. Deliciouly fresh and long. Excellent (16/20)

Soleil d’Automne 2016 (semi-sweet white)

Gros & Petit Manseng (retail cellar-door price : 8,70 euros)

The flavours are intense and complex in a fine balancing act that shows fruit and roundness to the fore, then lingering freshness to lift the finish. Good and easy to dring (15,5)

Vent d’Hiver 2014 (sweet wine)

100% Petit Manseng (retail cellar-door price : 15,50 euros)

Another delicoups wine, with even more intensity in both the fruit flavours and the freshness. As long as it is lively. (16/20)

A Rosé

Le Temps des Fleurs 2017

Merlot, Cabernet Franc, Tannat (retail cellar-door : 6,25 euros)

Fne texture for this delicously crisp rosé that combines floral and fruity flavours with excellent precision. Good persistance. As with so many contemporary rosés, I would love to see a bit more colour here, and this would also bring more flavour elements. But fashion seems to rule the rosé market, sadly! A very good buy. (14/20)

Red wines (range of 3 wines)

Terroir Gascon 2016

Merlot, Cabernet Franc, Tannat (retail cellar door price : 7,70 euros)

Fermentation, maceration and mturing in a mixture of concerete and wooden vats plus some used wood barrels.

Quite an intense ruby red colour. Flavours of plums and prunes. Slightly rustic texture but very precise and fine fruit quality. Good value (14/20)

Grande Réserve 2015

Merlot, Tannat (retail cellar door price : 13,50 euros)

Intense ruby to purple colour. The nose still shows some influence from the barrel ageing, but the textural effect of this is most beneficial, making the sensation on the palate smooth without destroying the impression of freshness. Careful extraction has not impeded excellent length and the fresh silky finish signs a very fine wine et this price level. (15,5/20)

Grande Réserve 2014

The colour does not seem any older than the 2015. The wood ageing is still very noticeable with its added flavours of spices. Rich and suave on the palate, very juicy and flavoursome (15/20)

Terra Nostra 2009

Tannat, Merlot (retail cellar-door price : 23,50 euros)

I cannot do this even more ambitious wine proper justice as I tasted it during a meal. I found the oak once again a bit too invasive. The acidity is also still lively and this wine seems amazingly young for a nine-year old. Quite chunky still. (no mark, to be fair)

Conclusion
Philippe Fezas has not finished surprising us with the quality of his Gascony wines. A trip around his vineyard showed me how carefully and thoughtfully they are farmed. His modern winery, inaugurated in 2010, and totally self-sufficient in energy, uses the best of technology in a sensible way in order to make the most of his grapes. He has more ideas than I can list here, moving forward, and I am keen to see how things will evolve in the future, with his forestry plans amongst other things. For the moment, here we have a very fine range of wines from Gascony with, in all probability, even greater things to come.

David Cobbold


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Côtes de Gascogne blancs secs, suite et dégustation

Une sélection des meilleurs affaires parmi les vins à moins de 6 euros de cette dégustation

La semaine dernière j’ai présenté d’une manière assez succinte cette appellation qui est la deuxième en taille parmi les vins IGP de France. Mais une mésaventure du clavier vous a privé de l’article prévu, qui incluait mes impressions lors d’une dégustation assez large de ses vins, essentiellement des blancs secs qui dominent la production dans cette région. C’est reparti pour un tour….

Grâce à l’aide d’Alain Desprats, le directeur des Côtes de Gascogne, cette dégustation à l’aveugle a réuni, au Château de Mons, 7 vins rosés, 38 blancs secs et, pour terminer, 9 rouges (dans cet ordre de dégustation). J’aurais peut-être dû demander aussi des échantillons de blancs doux, catégorie dont la production augmente entre 10 et 15% chaque année en Gascogne, mais je n’ai pas voulu en faire plus à cette occasion.

Le vignoble de Gascogne s’enroule sur les pentes généralement douces des collines calcaires du Gers, parmi bocages, bois, champs de céréales et quelques rares zones de pâturage. Cela donne un paysage doux et chaleureux, doré et presque luxuriant par endroits en ce fin de mois d’août. Ce vignoble est en expansion, comme on le voit clairement par le nombre de parcelles de très jeunes vignes. Il est aussi fortement mécanisé, permettant ainsi une réduction de coûts significative, ce qui explique aussi, en dehors des qualités propres des vins, sa grande réussite commerciale qui est très largement fondée sur des exportations. Les domaines sont souvent (mais pas toujours) assez grands pour un pays viticole comme la France, dépassant régulièrement les cent hectares.

Les cépages plantés laissent une trace claire de l’origine de ce vignoble, qui est essentiellement le résultat d’une reconversion de l’ancien vignoble produisant de l’Armagnac à partir d’une majorité d’Ugni Blanc, avec le Colombard en appoint. Entre parenthèses, je n’ai jamais bien compris pourquoi on n’appelle pas cette première variété par le nom de son pays d’origine (l’Italie), c’est à dire Trebbiano, car je trouve que cela sonne tellement mieux que Ugni Blanc. En tout cas cette variété est encore bien présente dans certains assemblages, à côté du dit Colombard, mais aussi du Sauvignon Blanc et d’une part croissante de Gros Manseng. Un peu de Chardonnay et de Petit Manseng complètent ce portefeuille pour les cépages blancs. Avec la liberté qui caractérise la catégorie des IGP, on peut y produire vins issus de mono-cépages ou d’assemblages, selon sa volonté.

Mes préférés

Voici mes préférés dans la catégorie des blancs secs. L’ordre de la présentation respecte l’ordre de la dégustation qui a commencée avec les vins les plus légers. A ce propos, il est intéressant de noter que beaucoup des vins, du moins dans la première partie, titrait autour de 11% d’alcool, chose devenue très rare de nos jours, exception faite de l’Allemagne. Je signale aussi que j’avais demandé des échantillons de deux cuvées au maximum par producteur pour éviter tout biais en faveur des gammes les plus larges.

Tariquet Classic 2016

(Ugni blanc, Colombard, Sauvignon, Gros Manseng : prix 5,60). Un pionnier de la catégorie et un vin d’une belle régularité qui s’est encore confirmée à cette occasion. Ne tirez pas sur le pianiste, il fait très bien ! J’ai l’impression que cette cuvée a gagné en profondeur aussi. Le nez fin et relativement complexe trouve confirmation en bouche avec un bel équilibre entre fruit et acidité, de la netteté et une longueur qui fait honneur dans cette catégorie de prix (14/20).

Domaine Saint-Lannes, Signature 2016

(Colombard, Gros Manseng, Ugni Blanc : prix 5,60). Malgré un côté un peu herbacé, ce vin a un bon équilibre générale et reste très agréable dans le registre d’une fraîcheur bien ciselée (13,5/20).

Domaine Arton, Les Hauts d’Arton 2016

(Colombard, Sauvignon, Gros Manseng : prix 6,20). Ce domaine est le plus à l’est de l’aire, près de Lectoure. Son joli nez fin a un aspect fumé qui rajoute de la complexité. Belle tenue en bouche, sur le versant de l’austérité mais avec du fond (13,5/20).

Les Hauts de Montrouge 2016

(Colombard, Sauvignon : prix 4 euros). Produit par la cave coopérative de Nogaro, ce joli vin a un beau nez dont les accents toastés/grillés font penser à un usage bien dosé de bois, mais cela serait surprenant. en tout cas il évite bien les excès de thiols qui guettent souvent les vins de ces deux cépages. De la finesse et une très belle acidité. Un des meilleurs rapports qualité/prix de cette dégustation. (14/20)

Villa Dria, Colombard – Sauvignon 2016

(prix 6 euros). Vivacité et intensité se retrouvent en équilibre dans ce vin. On peut appeler cela « minéralité » si cela vous plaît. En tout cas un joli fruit citrique, du volume et de la longueur (14/20).

Caprice Colombelle 2016

(Colombard, Gros Manseng : prix 5,50). Un des nombreux vins de l’autre géant de la région, l’excellente Cave de Plaimont.  Nez fin et complexe qui rajouté une certaine complexité à sa vivacité naturelle. En bouche on découvre des saveurs de fruits exotiques sans la moindre sensation de lourdeur (14/20).

Domaine de Miselle 2016

(Colombard 80% et Gros Manseng : prix 5 euros). Un concurrent sérieux pour le prix du meilleur rapport qualité/prix de cette dégustation. Un beau nez assez plein, et de jolies saveurs qui évitent toute caricature via une texture raffinée et des saveurs bien maîtrisées (14,5/20).

Domaine de Joÿ, Sauvignon Blanc 2016

(prix 6,20).Un joli sauvignon blanc, bien vif et reconnaissable mais pas trop vert. Sa jolie fruité et sa bonne tenue en bouche lui donne du coffre et de l’élégance (14,5/20)

Domaine Saint Lannes, Gros Manseng 2016

(prix 6,60). Le deuxième vin de ce producteur, que je ne connaissais pas auparavant, à sortir à l’aveugle. Ce vin possède un gras que je n’avais pas encore senti dans la série. Changement de cépage sans doute. Belle intensité et longueur et un excellent équilibre entre fruité et texture (14/20).

Domaine Laffitte, Sauvignon – Gros Manseng 2016

(prix inconnu). Nez bien parfumé par des notes de vanille. Il y a du bois ? Cela semblerait se confirmer en bouche avec une très belle matière arrondie et bien équilibrée. Une certaine richesse pour la catégorie mais sans aucune lourdeur pour ce vin raffiné (15/20).

Domaine Chiroulet, Terres Blanches 2016

(Gros Manseng, Sauvignon Blanc, Ugni Blanc : prix 6,50). Un très bon vin avec un certain volume, du gras et un équilibre intéressant entre fruit et matière; droit et fin avec une belle longeur (14,5/20).

Domaine de Cassaigne 2015

(Gros Manseng, Colombard : prix 7 euros). Deuxième vin de la Cave de Plaimont a réussir son examen de passage ! Ce domaine de 30 hectares entoure le Château de Cassaigne, ancienne résidence d’été de évêques de Condom, et est géré par Plaimont depuis son centre à Condom. Du volume au nez, en partie grâce à un élevage bien maitrisé : à signaler que ce vin a un an de plus que la plupart des autres. Très belle texture mais une certaine fermeté, voire une pointe d’amertume en fin de bouche. Cela lui donne un caractère à part (14/20).

Domaine de Pellehaut, Réserve Famille Berault 2015

(Sauvignon, Chardonnay Gros Manseng, Petit Manseng : prix 13 euros). Son beau nez semble marqué par le chardonnay et par un élevage réussi. La texture suave confirme pour ce vin complet, fin et d’une très belle longueur en bouche (15/20).

Les Maestrojuan, père et fils, qui produisent le vin ci-dessus et possèdent deux domaines : Entras et Bordenave.

Entras, Lo Cèu 2014

(Petit Manseng, Ugni Blanc, Colombard : prix 15 euros). Mon coup de coeur de toute la dégustation des blancs secs, à tel point que j’en ai acheté après une visite à ce domaine tenu par la famille Maestrojuan. Lo Cèu signifie le ciel en gascon, mais cette cuvée s’appelait auparavant Planeta ce qui lui a valu quelques ennuis avec le producteur sicilien éponyme ! La robe est aussi intense que le nez. Vin riche, gourmand et puissant en bouche. Long et très bon (15,5/20).

A signaler aussi que j’ai dégusté récemment, mais hors ce cadre (et donc pas à l’aveugle), un excellent blanc sec de Petit Manseng du Domaine Pellehaut, qui se confirme comme un des autres leaders de l’appellation sur le plan qualitatif.

 

En conclusion

Il est difficile de trouver des vins blancs secs d’un meilleur rapport qualité/prix que les Côtes de Gascogne (hormis peut-être les Muscadets). Ce que confirme leur réussite commerciale. La semaine prochaine je vous parlerai des rosés et rouges que j’ai dégustés. Le bilan était plus nuancé, même si l’échantillon était plus étroit.

David

 

 

 

 

 


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Incursion brève chez Tariquet…

Comme souvent, le dernier papier de David me fait réagir .

Il se trouve que, comme lui, j’ai toujours eu un faible pour l’IGP Côtes de Gascogne à l’instar de ce colombard appuyé de 30 % de sauvignon du Domaine de Bordes à la fois très peu cher, lisse et éclatant de fraîcheur en bouche. Il faut aussi goûter celui du Domaine de Millet où le colombard joue cette fois-ci avec l’ugni blanc (40 %) donnant une bouche un peu grassouillette parfois, mais pleine de rebondissements. Le Domaine de Pellehaut, bien sûr, avec son Été Gascon certes empreint de douceur, mais ô combien frais en finale, sans parler de son Ampéloméryx qui associe cinq cépages blancs dont le chardonnay et le sauvignon. Et tant d’autres vins à commenter… Ceux de la maison Rigal par exemple, qui fleurent si bon le Sud-Ouest : Les Touterelles ou Il était une fois le Colombard. Sans oublier ceux, bien sûr, d’Alain Brumont ou de la cave de Plaimont, comme le souligne David. Bien d’autres encore…

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Paysage typique du vignoble Gascon… Photo©MichelSmith

Tariquet : un petit film sur le vignobles…

Tout cela me fait penser à Tariquet qu’il est devenu bien vu par les temps qui courent d’insulter à longueur de commentaires assassins et de messages aussi bêtes que méchants sur les lignes des réseaux sociaux. Tout cela parce qu’une bande d’intellos rétrogrades auto déclarés amateurs de vins d’artisans ou d’artistes (quelle expression suffisante !) s’esclaffe et s’offusque que l’on puisse bâtir en France un domaine de 900 hectares. Contrairement à d’autres, lorsqu’il n’y a rien à boire dans un café en dehors d’un soda merdeux et uniforme, d’un ruineux quart Vichy ou Perrier ou d’une bière industrielle à peine maltée, je me contente volontiers d’un blanc (ou rosé) de Tariquet qui, en plus, me fait l’apéro. Et c’est bien pour cette raison que, tandis que je passais cet hiver à proximité de leur stand sur Vinisud, alors que j’avais quelques minutes d’avance sur mon programme, je me suis pointé sans rien d’autre requête qu’une simple demande : « Est-ce que je peux déguster » ? Bien entendu, des vendeurs empressés et bien sapés se sont précipités sur moi vu qu’ils n’avaient pas grand monde à cette heure plutôt matinale où je goûte le mieux. Pour ma part, j’étais prêt à assassiner, à pourfendre, à dégommer, à tirer à vue sur les monstrueux vins de ces propriétaires qui n’ont d’autre réputation que d’être de gros industriels affichant un score de 8 millions et demi de bouteilles mises en marché chaque année.

Au fur et à mesure qu’il me servait des blancs à parfaite température, j’ai fini par faire comprendre à mon interlocuteur endimanché que je n’étais pas un commercial et que je ne souhaitais pas connaître les caractéristiques techniques de chaque vin avant de déguster, encore moins le prix à négocier à partir d’un certain nombre de palettes. Tout était estampillé Côtes de Gascogne, tout était blanc, rien que du 2013, sachant que nous ne dépasserions pas la barre des 10 euros prix public, c’est tout ce qu’il me fallait savoir et je n’en demandais pas plus. Hélas, l’encépagement était marqué sur la bouteille, mais je n’en fis pas un drame dans la mesure où j’ai réussi à l’exclure de mon esprit en dégustant.

Premier vin : un chenin/chardonnay tout simple, grassouillet, marqué par un petit fruit, le truc sans vice ni vertu. Passons et excusons nous auprès de lui tant il est vrai que le premier blanc du matin n’est jamais transcendant…

Second vin : le « Classic », soit 40 % du volume du domaine, ce qui doit faire plusieurs centaines de milliers de cols. Un assemblage très couleur locale, très « pays » avec 35 % de colombard, 45 % d’ugni blanc, 10 % de gros manseng et 10 % de sauvignon. Approche sur la rondeur, très belle fraîcheur par la suite et finale un poil sur la sucrosité. À 5 euros le flacon, j’ai aimé sans honte et j’en ferais volontiers mon apéro du soir pour célébrer ma victoire à la pétanque. N’en déplaise à mes suiveurs de Facebook.

Troisième vin : un chardonnay frais, droit, équilibré, pas passionnant pour mon goût, mais très bien bâti et fort probablement à la hauteur d’un plat de crustacés genre langoustines mayonnaise.

Quatrième vin : un sauvignon pur tout aussi frais que le précédent, bien dense en bouche, bien dans sa peau et bigrement jovial pour finir. À 6,50 euros, j’en fais volontiers mon apéro et je le sers même sur ma terrine campagnarde.

Cinquième vin : un « Réserve » brut de cuve, donc refusé. Tout de même goûté, je l’ai jugé trop boisé. D’où le risque à faire goûter des vins en cours d’élevage… Et qu’on ne me dise pas qu’un pro doit pouvoir tout affronter…

Sixième vin : un gros manseng et chardonnay attaquant et vif, dense, copieux, jolie petite longueur et finale sur le fruit. À 7,50 euros, ça m’irait bien pour un poulet à la crème ou une volaille à l’estragon.

Sixième vin : un chardonnay « Tête de Cuvée » 2011 moyen et un peu trop savonneux à mon goût.

Septième vin : un « Rosé de Presse » 2013 tout simple mais bien frais et bon, sans plus.

Huitième vin : un marselan 2013 aussi alerte et frais que le précédent, tout en rondeur avec de jolies touches poivrée. À 7 euros le flacon, j’ai peut être meilleur. Mais là encore, si je suis dans une banale brasserie avec un lapin tout aussi banal malgré la moutarde, je prends !

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Conclusion : Tariquet – à qui, je ne dois rien et qui n’a rien à me vendre – est un domaine sur lequel on peu compter avec des vins (je n’ai pas tout goûté, car il y en avait d’autres) corrects et sans prétention autre que celle de faire plaisir dans l’immédiat. Maintenant, si ça ne plaît pas à certains qu’ils aillent se faire empapaouter. Je dis ça gentiment, les gars alors, c’est pas la peine de monter sur vos grands chevaux ou de me montrer vos crocs ! Et en plus, je signe…

Michel Smith