Les 5 du Vin

5 journalistes parlent du vin


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#Carignan Story # 298 : le beau travail…

C’était cette année, en Juin dernier, chez Rémi Duchemin en son Domaine du Plan de l’Homme qui possède une adresse prédestinée pour un fidèle du Carignan, au 15 avenue Marcellin Albert, à Saint-Félix-de-Lodez, presque à l’ombre du Mont Baudile, ou Mont Saint-Baudille, haut-lieu sacré des Terrasses du Larzac. Une de ces dégustations d’après réunion de l’Association Carignan Renaissance faisant suite à un ordre du jour bien tassé lui-même suivi d’une de ces discussions sans fin où chaque passionné tente de refaire le monde du Carignan. Bref, l’ambiance était joyeuse et plusieurs membres avaient même marqué leur intérêt pour l’organisation d’une festive Carignan Pride (avec défilé de tracteurs !) chez un ou plusieurs cavistes de Perpignan. Finalement, une première ébauche de cette fête se fera le Samedi 14 Novembre, chez Jean-Pierre Rudelle à la cave du Comptoir des Crus où tous les lecteurs de cette rubrique sont cordialement invités à partir de 16 heures, qu’on se le dise !

Photo©MichelSmith

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C’était donc une de ces soirées où les flacons s’ouvrent à tout berzingue et se retrouvent illico sur une table à la merci des goûteurs-buveurs-brouillons que nous sommes tous tellement nous avons hâte parfois de nous mettre à table. Il y avait le Casanova du Mas de Martin, le Vieilles Vignes de Claude Vialade, L’Interdit d’Yves Simon, L’Infini du Domaine Lanye-Barral, le Mas Coutelou blanc, le rosé Marcel illustré par Anna Kühn, sans oublier un fameux Carignano del Sulcis Riserva 2008 déniché par l’ami Bruno Stirnemann et sur lequel je reviendrai un jour. Ce vin, Is Arena, de la Cantine Sardus Pater, dominait les autres de par sa fraîcheur et la qualité de son fruit.

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Sauf un seul vin – il n’y avait pas de Roussillon cette fois-là, du moins si mes souvenirs sont bons -, un seul rouge qui tenait tête au vin sarde. Ce vin était héraultais, arborant fièrement l’IGP Côtes de Thongue. Son nom : La Font de L’Olivier. Son vigneron : Bruno Granier. Son territoire : Magalas, commune au nord de Béziers. Aux yeux des initiés, ce domaine et ce gars ne sont pas des inconnus. Sauf que pour moi, qui suis toujours en retard d’une guerre, c’était la première fois (du moins, je le croyais…) que je goûtais ce vin provenant de vieilles vignes de Carignan plantées sur Villafranchien. Ici, les raisins sont vendangés à la main pour une vinification en carbonique du plus bel effet. Renseignements pris, on me dit que le type est très méticuleux dans son travail et qu’il bichonne ses vignes avec amour. Je n’en doute aucunement car son 2012 est non seulement d’une chaleur bienveillante qui évoque à merveille le Midi avec ses subtiles touches de garrigue, mais il est d’une structure, d’une densité et d’une longueur qui ne peuvent être que le résultat d’un travail bien soigné. En plus, il paraît que le vin est très raisonnable en prix.

Photo©MichelSmith

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Mais par quel détour de mon esprit se fait-il que je repense à ce vin ? L’autre jour, j’ai tenté de mettre de l’ordre dans ma « salle de dégustation » où trônaient une centaine de bouteilles vides, celles qui m’avaient impressionné ces dernières décennies. Or, une bouteille a attiré mon attention. Comme par hasard, il s’agit de la même Font de l’Olivier, mais dans un millésime 2003 (voir photo) qui m’avait coûté à l’époque 7,40 €. Comme quoi, bien avant de songer à cette rubrique qui va bientôt s’arrêter, j’avais déjà en moi le goût du Carignan ! Et j’avais même signalé ce vin dans mon livre Les Grands Crus du Languedoc et du Roussillon paru en 2005 !

Michel Smith


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Quand je vois l’étang…

Peut-être est-ce la saison qui veut ça, mais il serait temps de penser un peu plus à l’étang avant que les touristes ne dévalent en masse. L’étang, quel étang ? Celui de Thau pardi, le plus beau, le plus vaste, le plus pur. Bien entendu, vous allez me dire qu’étant presque adopté par les Catalans j’aurais pu m’attarder aux bords de l’étang de Canet, du Barcarès ou de Leucate, ou de toute autre lagune bien plus proche de Perpignan. Mais aller jusqu’à Sète de chez moi ne demande qu’une heure et demie de TER et en plus, le vélo est autorisé dans les wagons, alors pourquoi me priver d’une excursion vers cette petite Marseille (ou Naples, ou Gênes, ou Livourne…) où le marché regorge de poissons aussi beaux et appétissants que ceux des Halles de Narbonne ? Jim, jump on your bike ! Sans vélo, je pourrais même m’y aventurer à pieds, en profitant des bus locaux et des sentiers pédestres qui bordent l’étang ! Départ de Sète par le lido, entre mer et étang, en traversant les vignes de Listel plantées sur le sable jusqu’aux abords de Marseillan, un des plus beaux villages du Bassin de Thau.

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Sète en arrière plan derrière les tables à huîtres. Photo©MichelSmith

Et puisque je suis dans un de ces jours fastes, je suis ravi de vous ouvrir quelques portes débouchant sur autant de pistes tout en sachant qu’il en existe bien d’autres et que vous pouvez les signaler à la suite de mon article afin d’en faire profiter tout le monde. Mais avant, regardez comme c’est beau un étang en visionnant ce petit reportage qui date de près d’un quart de siècle. Aujourd’hui, l’étang de Thau est encore plus surveillé et protégé qu’il ne l’a jamais été.

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L’étang transparent et le Mont Saint-Clair en veilleur. Photo©MichelSmith

Tout de suite, une pensée Après l’ami Alain Combard que je saluais dans ma chronique d’il y a deux semaines, je dédie cette joyeuse randonnée en Pays de Thau à Christophe Delorme que j’ai bien connu en son Domaine de la Mordorée, à Tavel. Il aimait la bécasse et la truffe, comme son père, et il vient de nous quitter un peu trop tôt comme d’autres avant lui marquant ainsi la saison des absences en série chez nos amis vignerons. Mais le vin continue, comme la vie, et cette expédition autour de ce vaste refuge d’oiseaux qu’est l’étang de Thau lui est dédiée. Ce sera pour moi l’occasion de lever un verre en regardant un peu plus vers l’est, vers la Provence.

La pieuvre et les dauphins, place de la Mairie à Sète. Photo©Michelmith

La pieuvre et les dauphins, place de la Mairie à Sète. Photo©Michelmith

Brassens, d’abord, puis les Halles Tout de go, je revois le vieux poète, Georges. Sa tombe ne se trouve pas au Cimetière Marin de Sète, où l’on peut voir celle de Paul Valéry non loin de celle de Jean Vilar, mais au cimetière du Py, un dortoir bien plus prolétaire que l’on surnommait il n’y a pas si longtemps encore le cimetière des Ramassiscomme on le raconte sur le site de la ville. Surtout prenez le temps. Offrez vous le luxe d’un (une) guide assermenté. Filez à l’Office de Tourisme, tentez une approche sur les joutes ou sur la pêche ou encore sur la gastronomie sétoise. A propos, ne manquez pas, dès 7 heures le matin, de visiter les Halles, gros bloc de béton du plus pur style années 70 recouvert d’un filet de pêche en ferraille dans un ultime effort contemporain de cacher les laideurs d’un passé manquant de style.

Le thon rouge sur les étals des poissonniers des Halles. Photo©Michelmith

Le thon rouge sur les étals des poissonniers des Halles. Photo©Michelmith

Un jardin extraordinaire En face de Sète, à Balaruc-les-Bains, dans un domaine conquis sur la garrigue au-dessus de l’étang, il existe un lieu probablement unique au monde. Avec l’aide de botanistes archéologues, Thau Agglo a aménagé un Jardin Antique qui attire tous les poètes-flâneurs amoureux des essences méditerranéennes. Sur près de 2 ha, on se promène dans des univers floral et boisé (1.200 espèces de plantes) réparti selon une thématique tantôt sacrée, mythologique, culinaire, horticole, médicinale ou cosmétique. Ce n’est en aucun cas une réplique, mais un jardin tout ce qu’il y a de plus moderne, brillamment conçu sur la base de ce que l’on sait des mondes grec et gallo-romain. Un endroit grandiose et paisible à la fois où il ne manque plus qu’un petit café pour rêvasser tout en dégustant les muscats de Mireval et de Frontignan. On aimerait aussi une ouverture plus matinale (bien avant 9 h 30) en été pour permettre une visite « à la fraîche » en compagnie des oiseaux qui fréquentent les lieux.

Exposition dans le Jardin Antique de Balaruc. Photo©Michelmith

Exposition insolite dans le Jardin Antique de Balaruc. Photo©Michelmith

Manger, ensuite Il existe à Sète au moins un restaurant étoilé, La Coquerie, mais je n’ai jamais pu me l’offrir et, la dernière fois que j’ai tenté une approche en escaladant le Mont Saint-Clair, du côté du Cimetière Marin, il était fermé. Je ne prétends pas être un grand connaisseur de la restauration locale, mais je n’ai jamais fréquenté de bons restaurants à Sète en dehors d’une sorte de brasserie artistique à l’ambiance jazzy. En conséquence, je vous recommande chaudement d’aller tester les pistes sétoises (petits supions) bien aillés et pimentés, à moins que vous ne choisissiez les tellines ou les spaghetti à l’ail et à l’anchois dans ce restaurant que j’affectionne et qui a pour drôle de nom The Marcel.

La tielle sétoise aux Halles. Photo©Michelmith

La tielle sétoise aux Halles. Photo©Michelmith

La « tielle » telle qu’on la confectionne Justement, dans cette petite rue typique (3 rue Lazare Carnot), entre deux canaux, à deux pas de The Marcel et de son patron un tantinet bougon, mais si attachant quand on le connaît, profitez-en pour goûter une des tielles fabriquées à la poissonnerie Guilaine Marinello. Pour le pêcheur, ce hachis de poulpe principalement, associé à d’autres poissons de roche et à de l’huile d’olive colorée par la tomate plus ou moins épicée puis enrobé d’une pâte à pain – chaque famille a sa recette -, constitue un véritable casse-croûte rapporté ici par des pêcheurs italiens. Abondamment consommée sur l’étang de Thau et jusqu’à Béziers, meilleure quand elle est « du jour », la tielle est ronde et il en existe de plusieurs tailles. Elle se mange froide ou tiède et est l’objet d’une véritable guerre entre fabricants pour grandes surfaces et artisans locaux. Deux fabriques sétoises se partagent les faveurs des amoureux de la tielle, celle de Sophie Cianni et celle de la maison Dassé que l’on trouve aux Halles.

Photo©Michelmith

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L’huître de l’Étang telle que je l’affectionne La localité de Bouzigues en est la capitale. Avec les moules et d’autres coquillages ou escargots de mer, elle fait la réputation gastronomique du secteur. Plutôt grosse et salée, elle se suffit à elle même et je préfère la croquer hors glace (sale manie qui consiste à la servir aussi froide qu’un sorbet !), légèrement laiteuse, sans citron ou vinaigre (gare au sacrilège !) avec juste un tour de moulin à poivre. Aux bords de l’étang, avec une vue panoramique sur le Mont Saint-Clair, on peut la croquer sans retenue dans certains établissements aux allures de guinguettes parfois tenus par des ostréiculteurs de bonne réputation. C’est le cas au Saint-Barth, chez la très entreprenante et innovante famille Tarbouriech où, en plus de la tielle et de la tapenade, des escargots, palourdes et moules de l’étang, l’on déguste de fameuses « huîtres roses » ou « solaires » élevées au rythme d’une marée reconstituée, huîtres que l’on accompagne d’un exemplaire Picpoul de Pinet du Domaine Morin-Langaran. D’autres ostréiculteurs font un travail remarquable : Jean-Marc Deslous-Paoli (06 20 64 34 89), par exemple, du Cercle des Huîtres pour la finesse de ses petites huîtres ou Philippe Vaudo et Simon Julien de Huîtres-Bouzigues.com pour la fermeté de leur chair.

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L’heure de l’apéro au Domaine de La Belonnette. Photo©Michelmith

Dormir sur l’étang Si vous cherchez une chambre ou un gîte où dormir dans le calme et le confort face à un splendide parc de 7 ha dont les chemins mènent à l’étang tout proche, il faut contacter Marie-Christine Fabre de Roussac ou ses enfants Florian et Fleur au Domaine de La Bellonette. L’occasion, le soir sur la terrasse, de célébrer l’huître de Bouzigues au Noilly PratOu bien au Picpoul de Pinet dont les vignes enserrent une partie de l’étang. On vous a déjà conté ici les mérites de ce cru exclusivement blanc qui honore le Languedoc.

La fameuse Tarbouriech : jamais sans le Picpoul de Pinet. Photo©Michelmith

La fameuse Tarbouriech : jamais sans le Picpoul de Pinet. Photo©Michelmith

Il y a deux ans dans ce même blog, j’avais dressé une liste de mes préférés, liste à laquelle il faudra rajouter le vin du Domaine Morin-Langaran cité plus haut. Voici donc quelques étiquettes à ne pas manquer : Domaine Félines-Jourdan, les Vignerons de Montagnac Terres Rouges, L’Ormarine Préambule, L’Ormarine Juliette, Cap Cette de la Cave coopérative de Pomérols. Deux IGP aussi dans lesquelles il se passe certainement quelque chose : Côtes de Thau et Côtes de Thongue. Lors d’un récent voyage de presse dans le Pays de Thau, voyage consacré à l’œnotourisme, je m’attendais à faire plusieurs dégustations de vins. Ce ne fut hélas pas le cas, la plupart des restaurants présentant des cartes réduites avec plus de vins extérieurs au secteur que nous étions censés découvrir. Il reste encore des progrès à faire, mais la région de l’étang est tellement belle que je suis décidé à attendre le temps qu’il faudra !

Michel Smith


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L’offre Vin d’Orly : Boco d’espoir…

Tous les ans à peu près, je visite Orly Ouest. Contraint et forcé parfois par je ne sais quel voyage et des heures d’attentes, je déambule dans les travées de cet aéroport qui reçoit chaque jour des milliers de touristes, pour beaucoup étrangers. Qu’ont-ils comme cadeaux souvenirs gourmands symboles de la France à ramener chez eux ? Pas grand chose de qualité. Et à mon avis, à moins de manquer de goût, rien qui puisse peser dans le sac à dos du voyageur low cost que je suis devenu quand je pars à Londres ou ailleurs. En effet, pas grand chose n’a évolué depuis mon dernier passage. Le marchand de macarons est toujours là, comme le rectangle open space, consacré au caviar et au saumon fumé, Paul et Starbucks aussi, présents depuis pas mal de temps, rien ou peu d’enseignes nouvelles. En dehors de la brasserie décrite il y a quelques mois (voir le lien plus haut) et d’une sorte de foire fouille où les chocolats industriels se mêlent aux parfums avec de la place pour quelques vieux millésimes de Pibarnon et des champagnes bestsellers, l’offre des vins est au mieux limite médiocre quand elle n’est pas franchement navrante.

Photo©MichelSmith

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Petite lueur d’espoir avec Boco, cette boutique, nouvelle pour moi qui suis provincial, mais en réalité fondée en 2011 par les frères Ferniot, Simon et Vincent, avec l’appui de quatre grands chefs triplement macaronés et trois grands chefs pâtissiers. Ils comptent désormais 4 restaurants sur Paris, dont celui d’Orly Ouest doublé d’une petite épicerie un peu trop cachée à mon goût. Restaurant est un bien grand mot pour ce qui ressemble plus à une épicerie. En me rapprochant du hall 1, ce n’est pas le nom qui m’a attiré vers cet espace que d’aucuns appellent corner, mais plutôt le souriant portrait d’Anne-Sophie Pic, une fille dont j’apprécie la modernité et la recherche en cuisine. Je me disais : « sympa, je vais grignoter du Pic avant de prendre mon avion Hop ! ». Finalement, je n’ai pas choisi l’un de ses plats. J’ai hésité entre le clafouti de tomates cerises et basilic de Jean-Michel Lorain, la salade de crevettes et pommes acidulées de Vincent Ferniot, pour finir avec le risotto de coquillettes au reblochon et courgettes au romarin d’Emmanuel Renaut (7,70 €). Au passage, le plat le plus cher était le duo de saumon snacké et lentilles vertes de Régis Marcon proposé à 9,60 €.

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Bon, je n’ai pas été transcendé par mon plat servi en bocal, cela va de soi, mais c’était bon. Cela sentait bon le romarin et la courgette aussi (en mini dés) tandis que le fromage apparaissait timidement marié à une sauce liquide qui avait la texture apparente de celle d’un risotto.

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Là où j’ai été surpris, c’est que hormis une bière bio, on proposait trois vins (blanc, rouge, rosé), dont l’excellent rouge Côtes de Thongue 2012 de mes camarades vignerons, Isabelle et Rémi Ducellier des Chemins de Bassac. J’apprends que ce délicieux vin bio, cuvée Isa, pour une fois servi frais (5,20 € le verre d’un peu plus de 12 cl tout de même… facturé en Côtes du Rhône !) est distribué par la Maison Richard (celle des cafés) et je confirme qu’il s’agit d’un assemblage de pinot noir, cabernet sauvignon, syrah, grenache et mourvèdre parfaitement adapté au plat. Grâce à lui, je pouvais prendre le cœur léger mon avion de retour sur Perpignan. Mais pas avant de commander un café. Celui-ci n’était pas à la hauteur du lieu. Les Ferniot devraient d’ailleurs demander à la Maison Richard d’installer, en plus de leurs vins, leur machine à café et de venir former le personnel par la même occasion. La pauvre fille au service, hormis les couleurs, n’entendait rien au vin. Alors, c’est promis, si je vois Anne-Sophie, je ne manquerais pas de le lui faire la remarque. Et pour ce qui est du vin, continuez avec les vins du Sud. Ça vous va tellement bien…

Michel Smith


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#Carignan Story # 188 : Dans la langue de Thongue…

On ne saurait être plus dans le vif du sujet puisque la chose est affichée clairement sur l’étiquette de la « bordelaise » du Domaine Bonian : cette IGP Côtes de Thongue d’Alain Almes, vigneron à Pouzolles, au nord ouest de Pézenas, est un pur et même archi pur « Carignan Vieilles Vignes ». Mieux encore, sur la « contre » de ce 2010, on apprend que la Carignan noir est vendangé en caissettes et que les grappes entières font l’objet d’une macération carbonique de 18 jours, le temps d’extraire tout le nécessaire. Voilà ce que j’appelle de l’information avec un grand « i ». Au moins l’amateur sait ce qu’il achète !

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Malgré cela, j’avais des doutes. Doutes très vite balayés. Car en dépit de son rendement (40 hl/ha) que l’on est en droit de juger comme confortable pour une vision qualitative du Carignan en Languedoc, ce rouge a une indéniable présence en matière tannique. On l’aimerait un peu plus portée sur le vieux cuir, mais les tannins sont là, accrocheurs et sucrés, plus poivre noir et zan. Sans être mirobolante, la fraîcheur est encore présente et le vin a les accents chaleureux qui sied aux vins du Sud : fruits noir, garrigue, pierre brûlée… En somme, c’est un classique, du genre de ceux que l’on aime consommer sur une grillade, mieux un méchoui.

Méchoui de fin de saison au Zaza Club, sur la plage de Toreilles. Photo©MichelSmith

Pour tout vous dire, je l’ai déniché un jour de marché, un samedi de goguette à Pézenas chez le caviste Alain Reinaldos, Place de la République. Quand je suis rentré en allant de mon habituel « Vous n’auriez pas un bon Carignan du pays pas trop cher ? », il m’a dirigé vers celui-ci tout en me signalant d’autres étiquettes que je connaissais déjà. Et si je me souviens bien, je pense qu’il m’a coûté guère plus de 6 € !

Michel Smith