Les 5 du Vin

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A ‘Taste of Spain’, la plus grande vitrine de Bodegas espagnoles jamais présentée à Vinexpo!

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Le ticket d’entée était à 50€, il y avait la queue—J’imagine que la plupart avaient reçu une invitation, c’était mon cas, d’ailleurs.

Je sais que Vinexpo parait déjà loin derrière nous, mais il faut que je vous raconte « A Taste of Spain », annoncé comme l’un des moments phare et passionnant de Vinexpo Bordeaux 2017. La 19e édition avait cette année pour invité d’honneur l’Espagne, ce qui explique cette dégustation! Organisé en collaboration avec le magazine Wine Spectator, l’évènement s’est déroulé dans la soirée du 19 juin au Palais de la Bourse, dans un environnement culturel et historique unique idéal pour une dégustation de vins espagnols exceptionnels.

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Il s’agissait d’une présentation sans précédent, regroupant plus de 100 des principales bodegas espagnoles sélectionnées par Wine Spectator et choisies pour refléter la diversité régionale, le leadership historique et la qualité des vins d’Espagne. Thomas Matthews, a déclaré “En tant que dégustateur responsable des vins espagnols pour le Wine Spectator depuis plus de 20 ans, j’ai suivi l’évolution dynamique du pays, en qualité, en style et en diversité. Nous sommes heureux de donner au pays la vitrine qu’il mérite ».  Pour l’occasion, les grands chefs Ferran Adrià et José Andrés avaient sélectionné 12 jeunes chefs espagnols qui avaient fait préparer les meilleures tapas espagnoles. Ils ont servi tout au long de la soirée de merveilleuses petites assiettes de leurs spécialités dont nous nous sommes régalés.

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Le succès de la soirée a étonné tout le monde, il y avait foule, au-delà des attentes, un mélange international de vignerons, viticulteurs, négociants, courtiers, importateurs et journalistes. La chaleur n’a découragé personne, et pourtant dans certaines parties, c’était suffoquant et déguster relevait de l’exploit. Peu importe, les Espagnols étaient très fiers d’être là, au Palais de la Bourse de Bordeaux, les organisateurs se sont félicités de ce succès et les participants avaient l’air heureux.

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Maria del Yerro , son fils et Peter Sisseck, regardez comme ils ont l’air heureux!

Rafael Palacios, présentait son blanc O Soro, un des meilleurs blancs espagnols!

Que rajouter, sans jouer les trouble-fêtes????

Eh bien, si j’adhère à tout ce qui a été dit et écrit, ce n’est qu’en partie; je ne puis vous cacher le sentiment de frustration que j’ai éprouvé tout au long de la soirée. Car ce Taste of Spain, n’a montré qu’un visage de l’Espagne viticole.

Les bodegas les plus renommées, les plus grandes marques y ont certes participé, et même plusieurs stars du vignoble espagnol étaient là en personne, Peter Sisseck, Alvaro Palacios, Rafael Palacios, pour ne citer qu’eux.  Beaucoup d’amis que j’ai eu tellement de plaisir à saluer, beaucoup de domaines dont j’apprécie les vins ont,  c’est vrai, très bien représenté la qualité du vignoble ibérique.

Mais où était la nouvelle Espagne viticole ? Tout ce pan de la nouvelle génération, les nombreux petits vignerons, tous ceux qui sont en train de révolutionner le vignoble espagnol, eux n’étaient pas présents.

Ce Taste of Spain est-il réservé à tous ceux qui avaient le moyen de se payer le stand (6.000€, si mes sources sont bonnes)? Je pose la question.

Encore et toujours un problème d’argent, car je ne ferai pas l’injure au Wine Spectator de croire qu’ils n’ont pas encore découvert l ‘Espagne viticole actuelle, qu’ils ont 15 ans de retard !  Peut-être ont-ils voulu protéger le marché français de la concurrence? Allez savoir? Attention, je ne suis pas en train de dire que les bodegas choisies ne valaient pas le détour, bien au contraire, je souligne simplement qu’en matière de nouveautés, présenter Borsao, Protos, Baron de Ley, Ramon Bilbao,Faustino, Codorniu, ou Terras Gauda ect, ect… c’est bien maigre et largement insuffisant. Quand je relis les propos du Wine Spectator : « Nous pensons que A Taste of Spain marquera un tournant dans la filière viticole espagnole. Avec un rassemblement sans précédent de grands producteurs et de chefs clés, cet événement présentera la richesse et la diversité d’une des cultures vin et gastronomie les plus dynamiques en Europe »…  je cherche encore le dynamisme de leur sélection !

Les domaines d’où seront issus les grands vins de l’Espagne de demain étaient absents. J’ai eu de la peine pour ce magnifique pays viticole qu’est l’Espagne, qui met en avant comme jamais il n’avait su le faire ses terroirs et ses cépages autochtones, qui explose de talents nouveaux dans chaque zone – pas un coin de l’Espagne n’échappe à ce renouveau. Ce pays qui nous livre des vins passionnants, émouvants et différents, n’a pas pu les présenter à Bordeaux. Quel dommage, et, quelle occasion manquée!

C’était quand même pour beaucoup et même pour moi, une soirée magique, nous avons gouté des grands vins et manger de la nourriture extraordinaire. Les participants n’ont pas été déçus, ils ont retrouvé l’Espagne qu’ils connaissaient, quand même pas celle de la Paella et des vins pas chers, heureusement. C’est ce que nous retiendrons, en espérant que l’Espagne du renouveau pourra se rattraper prochainement.

Hasta Pronto,

 

MarieLouise Banyols


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Les viticulteurs audois se trompent de cible

Au cours d’une manifestation, ce samedi, à Narbonne, des viticulteurs audois s’en sont pris à nouveau à la concurrence des vins espagnols, qualifiée de « déloyale ». Et exigent la fin des importations.

Voici les arguments entendus:

-Les caves de l’Aude sont pleines.

-Des marques comme Leclerc vendent des vins espagnols et font croire qu’ils sont français en mettant un clocher et un béret sur l’étiquette.

-Les Espagnols et les Italiens sont exonérés de taxe foncière sur les terres agricoles

-Leurs charges sont moins importantes sur leurs salariés.

Olé!

Deux commentaires.

-Le premier, persifleur: l’Espagne possède également des églises; et pas mal d’Espagnols portent des bérets (les Basques, notamment).

-Le second, plus sérieux. Si les vignerons français paient trop de taxes sur le foncier et sur le travail (même sur la main d’oeuvre importée), n’est-ce pas plutôt au gouvernement français, à Bercy, qu’ils doivent s’en prendre, plutôt qu’aux Espagnols? Aux candidats à la présidence, c’est un allégement fiscal qu’ils doivent demander; et non une interdiction des importations qui, les viticulteurs audois le savent bien, est impossible dans le cadre européen, avec le principe de la libre circulation des marchandises.

Et au fait, comment se fait-il que le consommateur français ne détecte pas la supercherie que les viticulteurs audois dénoncent? Comment se peut-que le vin espagnol premier prix lui plaise tout autant que celui proposé par les viticulteurs audois?

Et si, en attendant que le fisc français lâche son étreinte sur les viticulteurs audois (ce qui pourrait prendre un peu de temps), ceux-ci se focalisaient plutôt sur une production à valeur ajoutée? Une production qui leur permette de vivre de leur travail sans être en concurrence frontale avec les entrées de gamme, qu’ils viennent d’Espagne ou d’ailleurs? S’ils faisaient en sorte que leurs caves soient un peu moins pleines, mais que les vins dans les cuves aient une véritable raison d’exister? Des chances de plaire, en France et ailleurs? De se différencier?

C’est généralement le cas des vins dont je vous parle ici; il n’y a pas si longtemps, j’évoquais ceux de Gayda, d’Anne de Joyeuse, de Mas, de Lorgeril et de Serrat de Goundy, en IGP Oc. Ou encore, le Fitou du Clos Padulis et le Corbières du Clos Canos. La cause est entendue: l’Aude possède de beaux terroirs; et de bons vignerons, qu’il s’agisse de caves particulières, de coopératives ou en négoces. Mais il y en a d’autres, moins bons.

Je sais, c’est plus facile de commenter que de tailler la vigne et de vendre le vin. L’Aude a toute ma sympathie. Mais la voie du protectionnisme franco-français est un cul-de-sac, d’autant que le marché hexagonal est en perte de vitesse.

Pour terminer, je ne résiste pas au plaisir de citer un commentaire de soutien aux manifestants, déposé sur le site du Figaro, et signé « Haralde 37 »

« Soutien aux vignerons qui font rayonner la France à l’international. »

Donc, si je comprends bien, il est normal que la France exporte des vins pour rayonner à l’international, mais il n’est pas normal qu’elle en importe?

Les vignerons espagnols n’ont pas le droit de rayonner à l’international?

Her Lalau


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Vega Sicilia : l’étoile brillante et ses satellites

Il y a un mois j’ai eu le privilège de participer à une dégustation et présentation de l’ensemble des vins produits par la société Tempos, propriété de la famille Alvarez. Ces noms ne vous diront peut-être rien, mais sachez qu’il s’agit des propriétaires du célèbre Bodega Vega Sicilia dans le région du Ribera del Duero en Espagne. Et pas seulement, car ils possèdent aussi Alion, également à Ribera, ainsi que Pintia à Toro et Macan à Rioja. En dehors de l’Espagne, on trouve aussi dans leur giron Oremus, à Tokaj en Hongrie.

La famille Alvarez a acheté la BodegaVega Sicilia en 1982. Le reste a été acquis ou a été développé ex-nihilo (ou presque) par la suite, petit à petit. Le site web du groupe, qui se trouve incrusté dans celui de son domaine phare, parle de deux axes fondamentaux dans sa stratégie de développement : « la consistance de la qualité du produit comme élément de garantie dans les différents crus, et le dévouement au client comme élément référentiel dans son activité quotidienne. » Sa stratégie de développement a suivi « une règle de croissance basée sur l’implantation de nouvelles caves dans des zones d’élaboration avec un potentiel qualitatif et différentiateur suffisant. Le chiffre de 300 000 l/cave environ a été considéré comme le point d’équilibre idéal entre la qualité et le volume de produit ; bien qu’il existe des cas comme celui de Vega Sicilia, où sont élaborés trois vins différents ; et d’autres comme Alión ou Pintia, où un seul vin par cave est élaboré. De cette manière, l’augmentation de volume produit dans chaque cave individuellement a été évitée. »  

La commercialisation des vins de Vega Sicilia a toujours été particulière, avec la nécessité de s’inscrire sur une liste, puis d’attendre que l’on veuille bien vous assigner un lot de vin. Le site Tempos Vega Sicilia explique la procédure ainsi : « au niveau commercial, les vins sont vendus dans un total de 88 pays et à un nombre approximatif de 4 500 clients du monde entier, tant particuliers que professionnels. La possibilité d’acheter directement au groupe est soumise, en premier lieu, à l’admission comme client, sur demande écrite préalable ; et en deuxième lieu, à l’assignation d’un coupon personnalité variable en fonction des caractéristiques de chaque cru. »

En réalité, les choses sont un peu plus simples pour le client de ses vins, du moins ici en France, car ils sont importés par la société Vins du Monde et sont disponibles, en quantités limitées, à des prix que je mentionne dans mes notes de dégustation. Vous verrez que la plupart se ne sont pas des vins pour tout le monde, ne serait-ce que par leur prix, mais certains sont franchement admirables, réservés certes à une élite d’amateurs ayant les moyens nécessaires.

Nous avons commencé cette dégustation par un vin blanc sec :

Oremus Dry Mandolas 2015, Tokaj

cépage : Furmint 100%

prix : 20 euros

J’ai beaucoup aimé ce vin pour sa manière de combiner finesse de texture et vivacité. C’est aussi suave que salivant en bouche et a une très belle longueur. Les arômes, directes et nets, s’articulent autour de notes de pomme verte et de citron. L’équilibre penche sur le versant de la vivacité. Vin très vibrant.

(note 16/20)

Macan Clasico 2013, Riojà

cépage : tempranillo

prix : 45 euros

Ce domaine est situé dans la partie Alavesa (basque) de la Riojà. Il s’agit  d’une copropriété avec Benjamin de Rothschild, fondée en 2000 et dont le premier millésime fut le 2009.

Nez très parfumé, à tendance florale. Texture élégante et raffinée qui ne masque pas une belle puissance de matière, avec des tannins mi-fermes et une sensation chaleureuse en finale.

(note 15/20)

 

Macan Seleccion 2013, Riojà

cépage : tempranillo

prix : 80 euros

Nez plus sombre, avec des accents terriens sur fond de fruits noirs. Beaucoup d’intensité et bel équilibre. Cette cuvée est à la fois plus « taiseux » et plus tannique que la version « clasico ». Il semble aujourd’hui assez austère mais il a de la réserve.

(note 16/20)

 

Pintia 2012, Toro

cépage : tinta de toro (tempranillo)

prix : 57 euros

Ce vin est tout en muscles et en nerfs. Il est intensément tannique, ce qui rend la finale sèche et l’ensemble peu plaisant. Le fruité est presque totalement dominé et la chaleur de l’alcool est aussi bien présente. Peu agréable donc, et un vin qui ne me semble pas au niveau des autres vins de cette série.

(note 13,5/20)

Alion 2013, Ribera del Duero

cépage : tinto fino (tempranillo)

prix : 80 euros

Le deuxième domaine de ce propriétaire dans la région Ribera del Duero, avec un vignoble de 130 hectares, mais aussi des apports du domaine Vega Sicilia de même propriétaire. La vision exigeante et clairement à long terme du propriétaire est démontré par le fait que les vignes ne rentrent pas dans les vins d’Alion avant d’avoir atteint au moins 10 ans.

Nez expressif et aussi riche que fin. C’est probablement l’acidité qui apporte une partie de cette impression de fraîcheur. Bien mieux équilibré et agréable que le Toro, avec une belle longueur et bien plus de fruit. Ce vin reste très jeune, avec des tannins pas encore fondus, mais il est vibrant et a beaucoup d’élan.

(note 16,5/20)

Valbuena 2012, Ribera del Duero

cépages : tinto fino (tempranillo) 100% (dans d’autres millésime on trouve parfois un peu de merlot, mais il avait coulé en 2012)

prix : 130 euros

Le domaine de Vega Sicilia couvre près de 1,000 hectares et inclut 210 hectares de vignes, ce qui lui permets la production de plusieurs vins, dont celui-ci. L’élavage se fait en barriques neuves à 70%, dont 20% sont nord américains et le reste français. L’élevage dure 15 mois.

Nez profond et complexe, d’une très belle intensité. Les sensations olfactives sont veloutées, et les arômes sont essentiellement de fruite noirs avec un léger accent fumé. En bouche, les sensations sont aussi intense que vibrantes. Ce vin est dynamique, alerte et intensément fruité. Les saveurs sont pointues et il y a une impression de chaleurs, mais les tannins sont bien maitrisés et intégrés.

(note : 17,5/20)

 

Vega Sicilia Unico

(ce vin ne porte pas de millésime, traditionellement)

cépages : tinto fino (tempranillo) et cabernet sauvignon

prix : 250 euros

Le vieillissement prolongé de ce vin, d’abord en barriques, puis en bouteilles a produit une robé un peu plus évoluée que pour les vins précédents. Le nez l’est encore plus. Il est d’une grande complexité avec des couches et des couches qui se dévoilent progressivement à l’aération. C’est bien la texture qui marque le plus sa différence, polie et patinée qu’elle semble en bouche. La vivacité est aussi impressionnante. C’est subtil et sophistiqué, avec une grande longueur. Un très grand vin.

(note 19/20)

 J’ai du partir avant la dégustation du Tokay Oremus 3 puttonyos

en résumé

Une très belle dégustation. Je n’ai pas les moyens d’acheter la plupart des vins ici, mais j’avoue avoir été très séduit, sauf par le Toro dont je ne comprends pas bien l’intérêt dans cette gamme.

David


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Le hasard fait bien les choses, parfois (la surprise venue des Canaries)

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Lors de mes pérégrinations récentes dans des bars d’une partie de l’Andalousie, à la recherche des Manzanilla et des Jérèz (voir mon article de lundi dernier), j’ai bu, dans un bar à tapas à Granada (La Tana, ci-dessus et très recommandé), un vin rouge qui m’a beaucoup plu.

Il avait un goût que je n’avais jamais rencontré auparavant. Il est difficile de le décrire rétrospectivement, mais il avait une texture assez suave sans être parfaitement lisse, des tanins fins mais assez peu marqués, une acidité suffisante mais relativement faible, un fruité raffiné de bonne intensité, une corpulence moyenne et une très bonne longueur. Il avait aussi quelque chose de légèrement terreux mais pas dans un sens péjoratif.

Dit comme cela, je me rend compte que c’est d’une banalité affligeante et qu’une telle description ne vous donnera aucune notion du goût de ce vin. N’ayant pas pris des notes, je suis incapable de faire mieux maintenant, mais ce vin m’a paru singulier, en tout cas différent de tout ce que j’ai pu déguster avant. Je me demande, en outre, si l’on est capable de décrire les sensations et émotions qui peuvent déclencher un vin au moment de sa dégustation. Les longues liste d’arômes que je vois dénommés parfois me semblent relever d’un fantasme issu des Précieuses Ridicules. Mais mes propres descriptions, généralement bien plus étriquées, ne valent pas mieux !

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Ayant beaucoup aimé ce vin, j’ai demandé à voir le flacon, car le barman de cet excellent bar à tapas, qui était archi-bondé un vendredi soir, m’avait simplement demandé si je voulais mon verre de rouge plutôt suave ou plutôt puissant, ce que je trouve bien plus pertinent que de nommer une appellation ou un producteur.

En regardant l’étiquette je constate que le vin venait des Canaries et, en faisant des recherches, j’apprends que son cépage est le Palomino Negro, aussi connu sous les noms de Listan Negro ou de Listan Prieto. Le Palomino Blanco est la variété de base de la plupart des Jérèz, mais je ne connaissais pas sa variante foncée. Il paraît qu’il est largement planté aux Iles Canaries, avec plus de 5.000 hectares. Il ne s’agit donc pas d’un cépage rare. De plus, les analyses génétiques lui ont trouvé une identité commune, malgré quelques différences due à sa reproduction par semis de grains plutôt que par bouturage, avec le cépage connue sous le nom de Misión, très largement planté en Amérique du Sud et en Amérique Latine, y compris jusqu’en Californie, autrefois.

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N’ayant pas encore eu le plaisir de visiter les Iles Canaries, ma source d’information sur le vin vient du web, et particulièrement du site très bien fait du producteur de ce vin que j’ai tant aimé. Bodegas Viñátigo puise ses racines dans une parcelle de vignes centenaires située près du village de La Guancha, sur la partie nord de Tenerife. Aujourd’hui le domaine possède huit parcelles différentes, dispersées dans des localités variées de Tenerife, mais vinifie également des raisins achetés auprès de vignerons sous contrat avec des objectifs qualitatifs. Le projet de Viñátigo est de rénover la vinification locale tout en préservant l’héritage des variétés locales. Outre le Listan Negro, ils produisent des vins à partir de Gual, Marmajuelo, Vijariego, Tintilla, Baboso, Malvasia et d’autres, parfois réintroduit par eux-mêmes.

Le vin de Viñatigo que j’ai dégusté ce soir-là ne vaut que 10 euros en Espagne et j’en aurais bu la bouteille entière avec plaisir. Je ne crois pas qu’on puisse le trouver en France, mais il est bien diffusé aux USA, parfois au double de ce prix. J’espère pouvoir m’organiser un voyage aux Canaries prochainement et rendre visite à ce producteur.

David

PS. Peut-être que Marie-Louise pourra nous éclairer davantage sur ce producteur et ses vins ? 


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La mode des rosés pâles s’est emparée de l’Espagne

Je rebondis sur le papier de David du 19 septembre dernier, car la pâleur dans les vins rosés a gagné l’Espagne et apparemment, ici aussi, ils plaisent à tout le monde. La réussite des rosés de Provence fait envie, c’est donc allègrement que beaucoup de bodegas s’y sont essayées, et ça marche. Voici trois exemples de rosés pâles récemment sortis sur le marché:

Chivite Las Fincas 2015, un rosado para Arzak, IGP Vino de la Tierra 3 Riberas

C’est le deuxième millésime, et, c’est le résultat d’une collaboration entre les Navarrais de Chivite et le fameux cuisinier Arzak, connu pour être un grand amateur de rosés. Une chose est sûre, Chivite a mis sur le marché un rosé très différent de ceux auxquels il nous avait habitués. D’abord le packaging, la bouteille interpelle, et ensuite la couleur : il a revêtu un habit tendance couleur rose pâle. Issu de Grenache et de Tempranillo,  il offre un nez élégant aux aromes discrets de fruits rouges, la bouche est bien structurée, fruitée, savoureuse et équilibrée. Certes c’est un rosé nouvelle génération, mais qui garde un certain caractère, j’aime sa discrétion, pas d’exubérance, mais, persistant en bouche, plus que ce que nous laissait espérer sa robe si délicate. Il se présente sur le marché sous une appellation récente et peu connue, Vino de la Tierra 3 Riberas, il a été élevé sur lies, en cuves inox pendant 6 mois, il titre 13,5% et je trouve son prix imbattable: 9,50 €   

C’est un rosé intéressant.

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Rioja R. Bilbao, Lalomba Rosado 2015

Un rosé parcellaire, élaborés à partir de 90% de grenache et 10% de viura issus de la vigne Lalomba, plantée en 1976,  le premier vin de la gamme, annoncée comme  vins de Terroir de Ramón Bilbao. Un vin qui se veut très exclusif, présenté dans une bouteille transparente luxueuse, étiquette petite et sobre, bouchon de verre… le site de la bodega, n’a pas peur de le décrire comme « un diamant extrait de la terre… un vin rosé pâle, de style provençal, délicat, élégant et sophistiqué». Le marché national et international l’a très bien accueilli, les critiques sont très positives : moins cher qu’un rosé de Provence, et au moins aussi complexe. En Espagne, il fait l’unanimité.

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Qu’ajouter?  Au delà de sa teinte diaphane (« encore un rosé transparent à la mode »), ce rosé étonne à la dégustation; loin d’être insipide, il est à la fois sérieux et allègre, le nez est frais, subtil, à la fois fruité et floral, la bouche offre un fruit mur, une savoureuse crèmosité, et une finale vive. Un parfait équilibre entre les fruits, les fleurs et l’acidité.

Pour beaucoup, un grand rosé. Oserai-je écrire (pied de nez à ceux qui ne jurent que par le pâle), qu’avec davantage de couleur…  je l’aurais vraiment aimé!

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La production est «limitée» à 10 000 bouteilles; 17,50€

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Rioja Marqués de Murrieta Primer Rosé 2015

Depuis 1987, la bodega n’avait plus élaboré de rosé, l’esprit de ce Primer Rosé est complètement différent de ceux jusqu’ici produits; un changement radical vers un style plus tendance !

C’est un rosé 100% Mazuelo, issu des vignes Finca Ygay. Vinification traditionnelle, après une lente fermentation en cuve inox, le vin repose pendant 40 jours sur ses lies fines. On s’étonne qu’une bodega comme Marqués de Murrieta ait cédé à l’appel du marché, mais l’œnologue Maria Vargas nous explique, que pendant 5 ans, ils ont fait des essais avec différents cépages et élaborations pour arriver à présenter un rosé qui vaille la peine. Le résultat n’est pas mal, j’aime sa personnalité.

Il est rose,  limpide, le nez est assez intense, offrant les notes de fruits rouges où  dominent la cerise et la fraise  ainsi que des notes florales et balsamiques. La bouche est pleine, fraiche, structurée, longue. Un rosé qui plaît.

La production est limitée à 5000 bouteilles, et le prix public est de 29,50€

 

En guise de conclusion

Depuis 2013, date à laquelle Ramon Bilbao a mis sur le marché son rosé 2012, frais et transparent, de nombreux rosés sont apparus et ont rencontré un succès certain. La vogue du rosé a incité de grandes bodegas classiques à le prendre au sérieux, et ainsi à le valoriser.

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Le style rosé de Provence est le plus «copié».

De grands groupes espagnols ont aussi misé sur cette tendance, comme Codorniu Raventos, avec Viñas de Anna Flor de Rosa (le 2015 est le premier vin rosé dans l’histoire de la marque Codorniu), ou encore Bodegas Bilbainas (Viña Pomal Rosado 2015), Raimat (Vol d’Ànima rosé 2015, en DO Costers del Segre). On citera aussi le Rioja Izadi Larrosa 2015, Rita Habla 2015, des Bodegas Habla de Trujillo.

profesionalhoreca-rosado-rita-habla-2015Dans tous les cas la preuve est faite, que ça nous plaise ou non, que si l’on offre au public, jeune et moins jeune, un rosé plus frais, plus léger, plus transparent que le traditionnel, il remporte un vif succès.

Hasta Pronto,

Marie-Louise Banyols

 

 

 


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Marqués de Griñon

A la faveur du colloque « Terroirs » de l’Abadia Retuerta, dont je vous ai parlé voici quelques semaines, j’ai fait une belle rencontre: celle de Carlos Falco, Marqués de Griñon.

Monsieur le Marquis est un homme affable, polyglotte et ouvert sur le monde. Un homme de culture. Et d’agriculture, aussi: après des études d’agronomie, en Belgique puis en Californie, il revient en Espagne et décide de céder au virus du vin qui l’avait contaminé tout petit, chez les Bons Pères. 

Il parle avec mesure, choisissant ses mots avec soin, comme s’il les goûtait. C’est qu’il se passionne pour les terroirs. Terroirs d’histoire et terroirs en devenir, comme celui qu’il révèle au Dominio de Valdepusa, le domaine familial, depuis le début des années 1980.

Et comme il pense plus loin que son propre intérêt, il est également un des fondateurs de l’association Grandes Pagos de España. Celle-ci  regroupe une trentaine des meilleurs crus d’Espagne, et a la particularité de compter en son sein des vins hors DO. Le système espagnol permet en effet à des vins d’exception d’obtenir leur propre mention, même s’ils ne sont pas dans une zone d’appellation (un peu à l’image de la catégorie des vins exceptionnels chère au regretté René Renou).

Le Dominio de Valdepusa est justement un de ces vinos de pago, qui ont leur dénomination particulière; il se situe dans les monts de Tolède, longtemps plus réputés pour leur huile d’olive que pour leur vin.

Ce relatif incognito, cette page quasiment vierge permet au néo-vigneron d’expérimenter; sur les conseils d’Emile Peynaud, il choisit de planter sur son domaine, non pas du Grenache ou du Tempranillo, mais du Cabernet Sauvignon – des analyses récentes ne montrent-elles pas que les Carménets sont d’origine espagnole? Puis il rajoute du Petit Verdot et de la Syrah. Depuis les années 90, il développe aussi un cépage local, le Graciano, qui monte peu à peu en puissance dans certains vins du domaine.

C’est peut être un peu « bateau », mais  je trouve que son vin est à son image – je parle en particulier de sa cuvée AAA 2010, nommée non pas en référence aux agences de notation financières, ni aux andouillettes, mais aux 3 initiales de ses enfants. C’est celle que j’ai dégustée à l’abbaye de Retuerta.

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Est-ce le fort pourcentage de graciano, un cépage riojano présentant une belle acidité naturelle, qui explique la belle fraîcheur de ce vin?  Il a d’autres atouts, en tout cas; notamment sa puissance si joliment contenue – ce grand seigneur de Castille à la forte personnalité, presque sauvage, enfile des gants de velours, je veux dire, des tannins tout lisses. On ne s’étonnera pas d’y trouver, perçant sous le vernis, de beaux épices (romarin, pimentón fumé). Malgré cette abondance se sensations, cela reste mesuré, équilibré, raffiné. ¡Bravo, Señor!

Hervé Lalau


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ALIMENTARIA et ses OFF (volet 2)

Cette année, pour la première fois, les OFF se sont multipliés, et on battu tous les records ! Cela, nous a rendu la tâche très difficile, car ils étaient souvent bien plus attrayants que le salon en lui-même.

 1.La Música del vi 2016, 9 ème édition

Ce rendez-vous organisé depuis l’an 2000 par le célèbre distributeur de vins catalan Quim Vila (Viniteca) est devenu incontournable. D’ailleurs, ce jour là, Intervin était pratiquement vide, personne ne voulant rater La Música del vi qui pourtant, coïncidait avec l’ouverture du salon. Cet événement est exclusivement réservé aux professionnels,  qui se battent pour avoir des entrées. Ils sont tous là, des plus illustres aux plus modestes, ils y viennent de toute l’Espagne et de l’étranger, car ils peuvent y déguster tous les domaines distribués par Quim Vila : plus de 160 vins d’Espagne et une grosse vingtaine d’internationaux, parmi les plus prestigieux, avec la garantie de la présence des propriétaires.

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Peter Sisseck et Hervé Bizeul

L’endroit est somptueux, il s’agit de la Llotja de Mar de Barcelona, un bâtiment gothique, datant du XVIII ème siècle, immense, et imposant, mais il faut bien ça : plus de 4000 personnes ont sollicité et obtenu l’accréditation cette année. L’entrée est payante, elle vaut 160€, mais je ne connais pas grand monde qui s’en acquitte, pour autant sans inscription préalable, il est strictement impossible de franchir le barrage installé à l’entrée.  Et, malgré ce vaste espace, même à la première heure il est difficile de déguster tranquillement et d’échanger avec les propriétaires. Les salles se remplissent vite et les vins les plus recherchés tels Pingus, Alvaro Palacios, Benjamin Romeo,  ou Salon… se terminent rapidement ou alors s’ouvrent uniquement à une certaine heure, qu’on ne connait évidemment pas ! Sans compter que quand vous réussissez à vous approcher d’une table, aller jusqu’au crachoir placé derrière dans l’allée, peut vous faire perdre la place.

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Il est évidemment impossible de tout goûter, pour ma part, je suis à l’affût des trous, ils sont rares, aussi, je donne la priorité aux domaines espagnols que je connais peu et j’en profite pour déguster les vins étrangers moins recherchés. Ajoutez à cela, le nombre de connaissances que vous croisez, vous comprendrez facilement qu’arriver à déguster est un véritable parcours du combattant !

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J’ai opté pour ces domaines, et voici les quelques vins que que j’ai retenus :

  •   Commando G

Daniel Gómez Jiménez-Landi, Fernando García Alonso et Marc Isart, fondateurs du projet, se sont donnés pour mission de sauver les grenaches de Gredos (à moins d’une heure de Madrid). C’est très réussi : ils ont atteint leur objectif.

La Bruja Avería 2014, du fruit, de la rondeur et du plaisir : un vin direct et facile à comprendre pour 12,60€

-Rozas 1er Cru 2014, dans un style bourguignon, floral, épicé et frais. 24,90€

-Las Umbrias 2014 (disponible à partir d’octobre), entre 600 y 2.000 bouteilles selon les années. C’est une parcelle d’un demi-hectare qui était à l’abandon. Un vin à la robe d’un pinot noir, floral délicat, élégant, mais pas à la portée de toutes les bourses : 55,90€.

Tumba del Rey Moro 2014, sur le marché à partir d’octobre, 100%  grenache issu d’une vigne franc de pied à 1.100 mètres d’altitude, et des pentes à 50%.  Ici la couleur est intense, le nez offre à la fois des notes de fruits noirs murs, et des arômes floraux, la rose est très présente. La bouche est ample, savoureuse, on y retrouve les mêmes sensations fruitées et florales du nez. Très belle finale sur les fruits, tanins juteux et harmonieux. 46€ en primeur

-Rumbo al Norte 2013, le joyau du domaine, parcelle à 1200m d’altitude, 741 bouteilles, qui se vendent à plus de 90€ chacune. Un vin qui à première vue parait léger, mais qui a du poids. Très fin et élégant, rappelant presque un grand cru de Bourgogne, c’est un vin émouvant. Finale un peu saline : grand !

Dommage que la production de ces vins soit si faible et les prix si élevés car tout le monde devrait pouvoir les gouter.

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Fernando Garcia Alonso et Daniel Gomez Gimenez Landi

  • Familia Nin Ortiz

Ester Nin est un des grands vinificateurs du Priorat, elle élabore avec Daphné Glorian, le fameux Clos Erasmus mais aussi, avec beaucoup de sincérité et de discrétion, ses propres vins.

Selma de Nin 2012, un blanc d’élevage dont la production varie entre 300/1600 bouteilles, marsanne, roussanne, Xarel.lo et chenin blanc. Un vin magnétique qui séduit dès la première gorgée, il a tout pour plaire. 41,50€

-Planetes de Nin Garnatxes en ámfora 2014, Rouge, c’est un grenache (100%) comme son nom l’indique. Issu de jeunes vignes : fraicheur, élégance et plaisir. 21, 80€

-Planetes de Nin 2013 rouge est un assemblage de grenache/carignan. Un vin sincère, pur, complexe, élégant et équilibré. Beaucoup de caractère, certainement parmi les meilleurs du Priorat dans cette gamme de prix : 29,95€

-Planetes Blanc 2014, c’est un 100% grenache blanc élevé en amphore et sans soufre. 1400 bouteilles. 21,80€ Pour les amateurs de bons vins natures.

-Nit de Nin 2013, encore un assemblage de grenache/carignan, mais cette fois-ci de très vieilles vignes de 110 ans, un cep ne donne pas plus de 200g de raisin, vinifié avec les rafles. C’est un vin qui n’est pas très connu, qui ne fait pas beaucoup de bruit, (la production est faible) mais il a tout d’un grand vin : complexité, finesse, élégance, équilibre, harmonie. 55€

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  • Celler Còsmic, Emporda

Les yeux de Salvador Batlle brillent d’enthousiasme quand il parle de ces vins, qu’il explique ce qu’il a voulu traduire au travers d’une culture en biodynamie, d’une vinification en amphore, ce qu’il a cherché et comment il pense qu’ils vont évoluer. Le nom de chaque vin, n’est autre que les sensations que chacun d’entre eux lui a transmis pendant qu’il les élaborait, et le résultat d’échanges intimes avec eux…

Confiança, Llibertat, Valentia, Paciència et Essència sont les noms de ses vins !

Valentia  2015 : Il s’agit de vieilles vignes de carignan blanc, un vin intense et profond élevé en amphore. J’ai été sous le charme de ses arômes délicats, fruités, avec des touches très méditerranéennes de laurier… puissant, unique et authentique.  16,50€

Confiança est un vin blanc nature de « garnatxa roja », une variété  de l’Emporda.  Chaque gorgée de ce vin est rafraichissante et sincère : un vin franc, pur, intense marqué par le terroir et l’homme. Un festival d’aromes et de saveurs.  13,90€

Gratitud negre 2015, ça n’est pas celui que j’ai le plus apprécié : c’est un cabernet franc du Baix Penedès,  typé, fruité, mais trop végétal à mon gout. 14€

Passió 2015, celui-là, je ne l’ai pas aimé du tout : un marselan du Baix Penedès aussi, trop généreux et déséquilibré. 18,50€

Llibertad 2015: un mono variétal de cariñena,  frais, opulent,  et gourmand. La bouche est un festival de fruits rouges, encore très jeune, il est très prometteur.16, 50€

Paciencia Ancestral 2015, un vin effervescent naturel issu de carignan blanc, méthode ancestrale : Très belle crèmosité, acidité parfaite et bulles agréables. Les aromes de fruits blancs dominent, il ne manque pas de complexité. 20,65€

– Essència 2015 est un vin doux “bullit”, j’ai déjà évoqué cette méthode, on fait bouillir le mout pour qu’il perde une partie de son eau et se concentre en sucre. Il est d’une complexité aromatique assez exceptionnelle, long, vif et frais ! Salvador le définit comme “Excitat i excitant”. 26,95€

La production est de 982 bouteilles pour ce millésime.

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  • Je n’ai pu ensuite déguster qu’un seul vin par table :

Mais ne ratez pas les vins de Norrel Robertson, «El Escocés Volante», son dernier vin Manda Huevos 2014, de Calatayud révèle un grenache très fin, très fruité et expressif, avec une belle acidité finale.

J’ai beaucoup aimé le Gallinas y Focas 2012 (20,40€) de 4Kilos Vinícola (Mallorca), un mélange réussi et très séduisant de manto negro et de  syrah.

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J’ai ensuite quitté l’Espagne pour l’Italie, Ceretto proposait entre autres, un magnifique Barbaresco 2007, et un excellent Barolo Brunate 2011.

Puis, je suis partie gouter les français, parmi les blancs j’ai beaucoup aimé  le grenache blanc Vieilles vignes 2014 du Clos des Fées; les riesling de Bott-Geyl, les Grands Crus Mandelberg et Schlossberg 2011; les Rosiers 2014 et les Vieilles Vignes Eparses 2013 du Domaine Bellivière, pour leur délicatesse, leur élégance et leur harmonie.

 

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Domaine de Bellivière

 

La Maison Romane, Le Chablis Grand cru Côte de Bougros 2011, pour sa richesse, sa délicieuse fraicheur et sa personnalité affirmée ; le Sancerre rosé 2014 du domaine Vacheron, pour son intensité, sa fraicheur et sa couleur.

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Jean-Laurent Vacheron

 

J’ai terminé la journée avec une coupe de champagne, bien méritée, un Delamotte blanc de blancs 2007, très gourmand, juste ce dont j’avais besoin.

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2.Les  Vins “Off the Record »

Ce style de salon, n’existait pas lors du dernier Alimentaria, il faut dire que la plupart des domaines présents sont récemment arrivés sur le marché. L’organisateur Fredi Torres, est un grand habitué de tous les OFF français, La Dive, les Affranchis, le Vin de mes Amis… Barcelona Off est un mélange de tous ces salons: le dénominateur commun étant le vigneron “artisan”.

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Avec l’aide de 3 distributeurs, il a réussi à réunir, 21 domaines venus des quatre coins de l’Espagne, tous animés par la même passion et respect du terroir, dans un lieu assez magique pour la dégustation : une lumineuse et intime Galerie de l’Eixample. Je n’ai pas eu le temps de gouter tous les domaines présents :

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 J’ai aimé:

  • La  cuvée Tradicional Extra brut composée de 55% de Xarel.lo, de 35% de Macabeu, et 10% de parellada; une belle réussite pour ce vin frais et fruité qui représente la tradition. (10,20€). Mon préféré, le Colet-Navazos Reserva extra-Brut 2008(39€) remarquable réussite du mariage du xarello et d’une sélection exclusive de soleras de Jerez.
  • L’élégance et le style très personnel de Roc 2014(25€), la mencía qu’élabore Verónica Ortega dans le Bierzo; ne la perdez pas de vue elle s’affirme de plus en plus.
  • L’audace de Mario Rovira, le catalan parti vinifier dans le Bierzo : son blanc Akilia K 2014 (18€) et ses 4 rouges de Mencia, San Lorenzo 2013 (11,90€), Chano Villar 2012(17,95€), Villarin 2013 et Lombano 2012 (25,30€) sont précis, sincères et laissent transpirer la force tranquille du Bierzo. Mais, surprise, il apparait, là où on ne l’attendait pas, à Sanlúcar de Barrameda où, il a commencé un nouveau projet personnel, un Palomino Fino en Rama élaboré dans des « botas » de manzanilla : ça donne un magnifique Fino sec, gras, riche et gourmand.800 bouteilles en 2015 pour  13€ prix public.

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  • Les irrésistibles et uniques Ardachos: 3 vins de parcelles de la Rioja “El Abundillano 2014” (31,90€), “las Guillermas 2014” (56,90€), “las Paredes 2014” (56,90€) et la simplicité de Xérico 2015 (15,40€, hommage à son grand-père), sont reflet de la personnalité de Roberto Oliván. En peu de temps, il a su convertir Tentenublo, son petit domaine familial, un des plus en vue de la Rioja moderne.
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Roberto Olivan

  • Les subtiles différences, le style élancé, atlantique des albariños de Xurxo Alba(Albamar): Albamar 2014 (13,40€), Finca O Pereiro 2014 (19,60€), Alma de Mar 2014 (19,90€) et Pepe Luis 2014 (19,90€). Sans oublier ses éditions spéciales : Moncha et Sesenta e Nove Arrobas (14,50€) et son rouge plaisir pur, Fusco 2014(10,45€), une mencía de la Ribeira Sacra. Les vins de Xurxo sont réellement savoureux, inoubliables, fruit d’un grand travail dans les vignes et de peu d’intervention dans la cave.
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Xurxo de Albamar

  • Les verdejo de Beatriz Herranz, les vins de son domaine Barco de la Corneta, sont commercialisés sous l’IGP Vinos de la Tierra de castilla y León. Cucu 2014 (8,80€), et Barco de la Corneta 2014(15,95€), à mon sens bien plus personnels et authentiques que la grande majorité des Rueda. Le dernier né Casio 2014, issu de vignes centenaires, impressionnant de volume et d’équilibre n’a pas encore de prix. Enfin, je n’ai pas été convaincu par son rouge Frapetisco 2014, un vin compliqué. Elaboré à partir de vieilles vignes de Juan Garcia.
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Beatriz Herranz

  • L’étonnant Ribera del Duero, Finca El Peruco 2011 (33,50€) de Goyo García Viadero;
  • La vision particulière Alvar de Dios sur les vins de Toro, la fraicheur de ses vins “décalés”, une nouvelle dimension de la Tinta de Toro: Tio de Uco 2015, juteux et gourmand, Aciano 2014 (17,90€) du nom de son grand-père, frais, tannique et nerveux : un vin à suivre, Camino de los Arrieros 2014, est un vin de Las Arribes del Duero (Zamora), une vieille vigne plantée de Juan García, accompagné d’autres cépages autochtones de la zone, comme le Rufete, le Mandón, le Puesta en Cruz, le Verdejo Negro, le Bastardillo Chico… Et cerise sur le gâteau, Vagüera el Maderal 2014, un vin de table blanc issu de 15 cépages, Albillo Real, Albillo Castellano, Albillo Negro, Albillo Rojo, Moscatel de Grano Menudo, Moscatel de Alejandría, Moscatel Rojo, Palomino, Pedro Ximénez, Jerez, Godello, Verdejo y Malvasía. Il m’a semblé que l’albillo dominait, mais le vin a beaucoup de caractère, il est riche, ample et à la fois frais. Le profil aromatique est complexe : fleurs blanches, agrumes, fruits secs, il n’ya que 300 bouteilles à 15€.
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Alvar de Dios

  • La folie contagieuse de Julia Casado œnologue et violoncelliste qui après un millésime à Jumilla a décidé d’émigrer à Bullas où le terroir l’appelait; son in La del Terreno 2015 est sincère, pas compliqué, un peu canaille. La del Terreno signifie monastrell, c’est comme ça que l’appelaient les anciens.
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Julia Casado

 

  • La nouvelle démarche et l’évolution vers la pureté et la simplicité de la nouvelle gamme de vins naturels de Sota Els Angels, sous les conseils de Fredi Torres, Flow blanc 2015, un blanc de noirs de cariñena, assez exubérant, très séducteur et séduisant. (10,50€) un Flow Rosé 2015 très rafraichissant ; Flow Negre 2015 68% Cariñena, 18% Merlot y 14% Picapoll, un rouge au profil jeune, rond, frais et fruité (10,50€).

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  • La nouvelle vision du Priorat et de Montsant de Fredi Torres et l’élégance de ses vins de Galice. Sa nouvelle aventure, maintenant en nom propre est très réussie : son Priorat Classic 2013,  75% garnacha, 20% cariñena, 3% syrah,et 2% Macabeu, ets fin , élégant, garde une très bonne typicité et surprend par son onctuosité, (13€). Montsant 2013 – Antoine Touton & Fredi Torres, composé de 85% de Grenache, 12% de Carignan et 3% de Macabeu. Un vin frais, souple avec une belle présence, très prometteur pour un premier millésime, avec un excellent rapport qualité/prix. (9,30€).

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  • Son Rias Baixas 2014 qu’il élabore chez Xurxo est déjà épuisé, son vin sans DO de la Ribeira Sacra, Silice 2014, issu de vignes complantées 80% Mencía, 20% Albarello, Merenzao, Garnacha Tintorera, et quelques cépages blancs étonne pas sa grande finesse et je l’ai trouvé très typé (13,80€). Dans ce projet, il est associé avec les frères Carlos y Juan M. Rodríguez.
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Fredi Torres

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  •  L’inquiétude d’Olivier Rivière, sa transparence, son honnêteté, sa façon à lui d’appréhender les vignobles espagnols, le résultat : des vins loin des archétypes locaux. En Rioja : Rayos Uvas 2015, se boit facilement, du fruit, de la fraicheur : on ne s’en fatigue pas. (13,50€), Gabaxo 2014, fruité et floral à la fois, mais aussi épicé, long et harmonieux, la bouteille qu’il faudrait toujours avoir à portée de mains (14,40€) ; Jequitibá blanc 2014, un mélange réussi de tradition et modernité(18,60€), Mirando al Sur 2012, son grand Rioja Blanc, fermenté dans des « botas » de Jerez, que l’on retrouve au nez et en bouche(59,95€) Ganko 2013, soyeux, racé(30€),Las Viñas de Eusebio 2013, avec seulement 400 bouteilles, toute la production reste en Espagne (47,25€), Losares 2013, sérieux et complexe, dans un style moderne (105€), ses derniers vins à Arlanza La Vallada 2013 (12€), El Cadastro 2012 (26,95€), El Quemado 2011, (45€), Basquevanas 2010(50€) sont des grands vins purs, dotés d’un fruit mur et d’une belle acidité, pas des vins de comptoir, les quantités sont faibles.

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  • Et pour finir, je vous parlerai de 4 amis, 4 Monos c’est le nom du domaine, et de leur attachement à la zone de Gredos qui est devenue en peu de temps, un des vignobles les plus convoités de l’Espagne. Leur blanc 4 Monos Albillo 2014 est fruité, frais et élégant et d’un bon rapport qualité/prix pour la zone. (15,50€); les rouges 4 Monos Tinto 2014, La Danza del viento 2013 (24,90€) sont plein de franchise, complexes et aériens, des grenaches tels qu’on les aime, du fruit pur, une belle suavité, une bonne fraicheur, une belle precisión.

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La nouveauté dans ce salon, ce qui m’a frappé, c’est la présence de l’esprit vigneron, qui se développe de plus en plus en Espagne, mais aussi et surtout, la tendance à vinifier sans soufre et en amphores, la volonté de présenter des vins différents et personnels, et la référence au terroir. Ça bouge, c’est sur, mais tous ces domaines n’offrent que des productions très faibles, souvent moins de 500 bouteilles, elles trouvent forcément preneur car ils surfent sur une tendance très bien installée en Espagne, surtout en Catalogne, oú les vins naturels occupent chaque jour davantage un « grand » espace.

3.« Del Terroir a la Copa », mardi 26 abril

La deuxième édition de Magnificat, à Espiells a réuni de grands noms du monde du vin et des Spiritueux. Un évènement organisé par Juve & Camps et le distributeur Primeras Marcas : un showroom permanent avec la présence des propriétaires et des distilleries nationales et internationales, dont une grande sélection de vins de châteaux bordelais.

Ce fut un grand succès, plus de 1000 personnes y ont participé.

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Chais de Juve & Camps

Le plus de ce salon : les 7 dégustations organisées tout au long de la journée

– Les 50 ans de Pinot Gris dirigée par Marc Beyer.

– Les grands parcellaires en Espagne dirigée par Sara Perez, propriétaire et œnologue du Mas Martinet, (DOQ Priorat); Miquel Àngel Cerdà, propriétaire et œnologue de Ànima Negra (VT Mallorca); Carlos San Pedro, propriétaire et œnologue de Bodegas Pujanza (DOCa Rioja); Edith Soler, œnologue de Terra Remota (DO Empordà) y Jesús Sastre, propriétaire et œnologue (DO Ribera del Duero).

– Jean-Baptiste Lécaillon, Chef de Cave de la Maison Louis Roederer, a animé la master class « Louis Roederer.

– La dégustation de Juvé & Camps en association avec un chef étoilé Fernando del Cerro, Casa José (Aranjuez), faisait découvrir le mariage des cava et des légumes.

– Giovanni Manetti, propriétaire de Fontodi, a présenté et approfondi  les « Quatre  décades du Super toscan Flaccianello della Pieve. La Grandeur du  Sangiovese

– « Del mito a la copa ». Verticale de Château d’Yquem », par Sandrine Garbay, Chef de Cave de Château d’Yquem.

– Et, pour terminer, Julian Talaveron, commercial de Primeras Marcas et diplômé WSET, nous a expliqué ¿Qué hace grande a un vino blanco? » vins à l’appui.

  • Menade V3 Viejas Viñas 2013 et 2006
  • JermannTunina Venezia Giulia 2013 et 2005
  • Domaine de Chevalier 2012 et 2008
  • Ladoucette Baron de L 2010 et 2000
  • Régnard Grand Régnard chablis 2014 et 2000
  • Louis Latour Corton Charlemagne 2012 et 2006.

Bien sur, il s’agissait de vins distribués par Primeras Marcas, mais j’ai redécouvert certains vins que je n’avais pas dégusté depuis longtemps, ma préférence est allée au Domaine de Chevalier, sans aucun doute.

Conclusion:

J’aurais pu vous parler aussi  de la Garnatxa Night,

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Garnatxa Night

de Vinorum Think, de Jamón, vino y Rioja ’n’ Roll,

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de las Mujeres del vino…

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De très belles journées, chargées certes mais rassurantes : les choses bougent en Espagne, les petits domaines explosent, les grands sont toujours là et évoluent eux aussi, la présence des vins français se porte bien, le secteur semble repartir à la hausse, la morosité n’était pas de mise, du moins pendant ce salon.

 

Hasta pronto,

Marie-Louise Banyols