Les 5 du Vin

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Moi aussi j’étais à La Livinière et j’ai reçu un Bôjô Nouvô

À La Livinière, le vent du Nord, plus froid et plus fort que la Tramontane, tentait d’arracher les dernières feuilles aux vignes. Nous, nous étions ballotés comme les nuages gris et bas par les bourrasques. Un temps à rester au coin du feu à refaire le monde autour d’un verre. À la place, nous avons fait une verticale au Clos des Roques. Les Gastou voulaient nous démontrer que leur Mal Pas – le lieu-dit où nous prenions le vent – avant avait une réelle capacité à vieillir. Étonnante fraîcheur du 2003, millésime qui d’habitude ne survit que par son excès d’alcool et de tanins. A conseiller, également, le 2005, le 2010 et le 2015.

Le lendemain, le vent ne s’était pas calmé, mais les grisailles et l’humidité avaient fait place au soleil. Un soleil froid certes, mais quelle belle lumière! Elle faisait chatoyer le rouge des vignes de Carignans qui se détachait du camaïeu ocre pâle des Syrah et des Grenache. Une autre verticale au Domaine Faîteau, la cuvée Gaston de 2006 à 2015, nous a montré l’évolution qualitative des vins, comme la veille au Clos des Roques, d’ailleurs. On se dit que les 2015 seront meilleurs dans 10 ans que les 2005 aujourd’hui.

Déjeuner au Clos Centeilles avec les vins dégustés à l’apéro La Closerie de Félines 2014 Domaine Charpentier, le Mourel rouge 2015 de Jean-Luc Dressayre, L’Aldénien 2016 du Domaine Rouanet-Montcélèbre, La Cantilène 2015 du Château Sainte Eumalie et bien entendu, le Clos Centeilles 2012; rien à jeter, du fruit, de la structure ou de la gourmandise, c’est selon.

Nous partons ensuite pour le Château Maris – un peu extravagant, mais très sympa, où j’ai beaucoup aimé La Touge 2015 et pour terminer L’Oustal Blanc et sa Prima Donna 2014 succulente.

J’y ajoute quelques vins dégustés d’entrée, au hasard des dégustations et lors des dîners : le Château Cesseras 2014, le Domaine de la Borie Blanche 2014, Le Viala 2015 de Gérard Bertrand, la cuvée Sòmi 2015 du Domaine de la Senche, Le Champ du Lièvre 2014, La Féline 2015 de Borie de Maurel, Line et Laetitia du Domaine Piccinini, le Domaine de la Siranière 2013, le Domaine Lignières-Lathenay 2015.

Comme Hervé, je peux dire que cette fois-ci, j’ai beaucoup aimé les vins dans leur ensemble, bien plus qu’il y a deux ans lors d’un bref passage sur place pour déguster les Livinages.

 

Le Bôjô nouvô qu’il est bô!

 

C’est celui de Dominique Piron, d’un violacé profond, rubicond (le Beaujolais, pas Dominique), au nez à la fois floral et fruité, des résédas, des roses anciennes, de la violette et de l’iris, des mûres mélangées de griottes et de framboises. Parfums que l’on retrouve en bouche et qui maculent de leurs jus généreux l’étoffe tannique aux grains fins qu’on dirait un boutis d’organdi. Il était bien bon, mais très décevant… quant à la quantité! 75cl, c’est bien trop peu pour étancher notre soif gourmande.

« Vais déboucher kek chose, ça m’a donné soif », comme disait le regretté Jean.

Ciao

Marco

 


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La Livinière, en images et en vins

On peut aimer un vin de loin, par tradition familiale ou au hasard de l’ouverture d’une bonne bouteille. On peut aussi apprendre à l’aimer de plus près, en arpentant ses vignes et en écoutant ses vignerons. Pour cette fois, j’ai choisi la deuxième méthode.
Le vin, c’est celui de la Livinière, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous vanter quelques beaux exemplaires, à l’occasion du Livinage, mais où je viens de passer quelques heures à voir, à déguster et à échanger.
Voila pour la ballade. Vous conviendrez avec moi que ce cru ne manque pas de pittoresque.

Et les vins?

Et pour les vins? Je vous donne ma sélection:
La Siranière 2012 et 2013
Clos Centeilles 2011… et 2001
Clos des Roques 2015 et 2012
L’Oustal Blanc Prima Donna 2014
Château Maris La Touge 2015
Sainte Eulalie Cantilène 2015
Montcélèbre L’Aldenien 2016 (échantillon)
Château Faîteau Cuvée Gaston 2008 et 2011
Borie de Maurel La Féline 2015

En bref

Un tout petit mot d’accompagnement: Mesdames et Messieurs de La Livinière, vos vins (que je déguste régulièrement lors de Terroirs & Millésime en Languedoc) n’ont jamais été aussi bons. Et je ne parle pas que des cuvées de prestige, je parle des vins en général, pour lesquels vous semblez doser de mieux en mieux l’extraction et le bois (quand vous l’utilisez, ce qui n’est pas une obligation). Alors, merci pour l’accueil, et bravo!

Hervé Lalau


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The essence of wine?

A tablebLunch in the cool of the Boulevard Napoléon winery 

J+T-Quail gatherersChef John and Trevor Gulliver braving both
the heat of the Minervois and the barbecue
to bring guests delicious quail  

Joseph PailléJoseph Paillé checking out the 2014 Grenache Gris, Boulevard Napoléon

Wine is, of course, many things – an agricultural way of life and a product that can live for decades even, in rare instances, for centuries. One of the rare agricultural products that has glamour.  Wine is also a worldwide global commerce as typified by this week’s Vinexpo gathering in Bordeaux.

It is all of these things and more but its essence is surely one of enjoyment. Enjoyment of three Gs:  a good glass or two, good food and good company. Of course you can enjoy wine alone but it isn’t the same.

Over the weekend we were at Boulevard Napoléon’s annual fête des vins in La Livinière, the only cru of the Minervois. This convivial fête sums up the essence of wine.

Boulevard Napoléon is the French arm of the St John Restaurant group headed by Trevor Gulliver and Fergus Henderson. Trevor has had a house in nearby Homps, on the Canal du Midi, for some 15 years. It was in 2010 that he was persuaded to buy some vines high up in the hills and the following year Boulevard Napoléon made its first vintage.

Last year we were kindly invited to their now annual Fête des Vins, which was when we conceived the idea of riding from Pauillac to La Livinière to raise money for Parkinson’s UK as Fergus has had Parkinson’s since 1998. Our fundraising ride has currently hit £5,332.50 including gift aid – an additional 20% that the UK Government puts in for UK taxpayers.

Group@Trevor'sThe Pedallers’ team @the finish with Fergus 

Fergus17.6.17Fergus Henderson

2014 Grenache Gris2014 Grenache Gris, IGP Hérault – very attractive, medium weight,
well balanced white with good crisp acidity.
You are not aware that it is 14.5%

14Bien AutreThe soft and juicy red: 2014 Bien Autre, IGP Hérault
The domaine’s second wine – best chilled especially in a heatwave   

Jim+Carole-Cité


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Parkinson’s Pedallers – Pauillac to La Livinière: 12th – 16th June 2017

 

GrpoutsideFergus Henderson (middle) with Jim, Carole Macintyre and Max Poynter Hall
Fergus has had Parkinson’s since 1998

Group inside

Fishy riders
A fishy perspective 

Lafiteas
Lafite – le départ…

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… jusqu’a Cru La Livinière, Minervois 

From one famous cru to another: Pauillac to La Livinière
Our challenge is to cycle from Pauillac, close to the Atlantic coast, to La Livinière in the Minervois, not very far from Mediterranean – a distance of roughly 500 km, just over 300 miles!

Pauillac is the home of some of the most famous Bordeaux vineyards – Château Lafite Rothschild, Château Latour, Château Mouton Rothschild. Our destination is La Livinière where we will, hopefully, catch the Boulevard Napoléon Fête du Vin, celebrating the wine of Fergus Henderson and Trevor Gulliver, co-founders and co-owners of London’s St John Restaurant. The wine is made from their vineyards high up in the hills of the Minervois.

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Fergus Henderson & Trevor Gulliver’s vines high up in the hills of the Minervois

It was at last year’s wonderful Fete du Vin at La Livinière that we came up with the idea of doing a charity ride and Fergus, who has had Parkinson’s since 1998, was the inspiration for selecting Parkinson’s UK as our chosen charity. Fergus is a well-known and highly regarded British chef and author of The Whole Beast: Nose to tail eating, which explains his philosophy and provides some of his innovative recipes that make use of all parts of the animal.

Another inspiration for our ride is a long-time friend of ours, Ivor Morris, who was a very able and keen racing cyclist and founder of the London Fire Brigade Cycling Club. It was Ivor who first inspired us to take up serious cycling and get into time trialling in the late seventies and the eighties. Ivor died in early January 2008 after suffered from Parkinson’s for many years. We have very fond memories of dropping down to Ivor’s to watch the short snippets of news on the Tour de France, long before it became a popular spectator sport.

Parkinson’s is a progressive neurological condition for which there is as yet no known cure although there are hopes of a breakthrough in the near future. Parkinson’s UK plays a very important role in supporting and promoting research and driving better care, treatments and quality of life for those living with Parkinson’s.

To date the full-time cyclists for the whole distance are Jim Budd and Carole Macintyre. We have the invaluable support of Lynda Maple who will drive the support car, carry our gear and, if necessary, rescue us en route! We are delighted that at least one brave soul, Max Poynter Hall from St John Restaurant, will be joining us for one stage of the journey. We are looking for others!

Why not give it a go for a great cause? Contact us by emailing budmac@btinternet.com

Route
https://www.google.co.uk/maps/dir/Pauillac,+France/34210+La+Livini%C3%A8re,+France/@44.1999911,-1.4930308,7z/am=t/data=!3m1!4b1!4m14!4m13!1m5!1m1!1s0x4801cf6143b8dc53:0x40665174816ddb0!2m2!1d-0.746212!2d45.199585!1m5!1m1!1s0x12b1c4df8992621f:0x4078821166ac640!2m2!1d2.637515!2d43.315257!3e1

Virgin Giving site – every donation makes a difference!
http://uk.virginmoneygiving.com/team/ParkinsonsPedalers

Jim’s Loire
http://jimsloire.blogspot.co.uk/2017/04/raising-money-to-combat-parkinsons.html

Parkinson’s UK
https://www.parkinsons.org.uk/

Parkinson’s is a progressive neurological condition. This means that it causes problems in the brain and gets worse over time.

Although there are increasing effective treatments, there’s currently no cure for Parkinson’s and we don’t yet know fully why people get the condition. (See Luke’s comments below.)

But there are lots of different treatmentstherapies and support available to help you manage the condition as well as continuing research.


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#Carignan Story # 295 : le patience des Pères

Ce que j’aime à Narbonne, chez Xavier Plégades, outre l’accent et la gouaille du personnage, c’est le malin plaisir qu’il éprouve à me sortir de ses casiers un Carignan inconnu, ce goût qu’il a pour le partage et cette cuisine d’instinct qui semble partir d’un coin de plaque de feu, cette simple disposition des produits sur l’ardoise, ce jaillissement d’idées à partir de quelques anchois ou de coquillages qu’il s’est procuré avec d’autres trouvailles aux Halles toutes proches. Pas de science ni d’école, encore moins de chichi. Même quand ce n’est pas son jour officiel d’ouverture, le bougre arrive à me délecter sur le pouce ne serait-ce qu’avec une salade ou de simples croquettes. Pour vous faire une idée, relisez ce que j’ai pu écrire sur Xavier par le passé en suivant ce lien.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Ne vous méprenez pas, mais le Célestin que je cite si souvent dans cette série de chroniques n’est en rien un restaurant branché ou un énième bar pour noctambules épris de boissons à la mode, de bières et d’artifices liés à la mixologie ambiante. Mis à part le fait que le gars se range sans ambiguïté dans le camp des naturistes, ce lieu particulier n’est qu’une enseigne gourmande de plus, une adresse de base à rajouter à la liste déjà bien fournie en bonnes tables qu’offre le registre gourmand de la sous-préfecture de l’Aude.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Que l’on emporte le flacon ou qu’on le boive sur place, nous sommes ici dans un lieu dédié au vin dans un cadre presque minimaliste fait de murs blancs, de quelques affiches cinématographiques et de belles tables en bois blond. Mais surtout, si je reviens toujours et encore au Célestin, c’est parce que son patron, Xavier, est un suiveur de cépages rares et que son goût avéré pour le jus de la treille le pousse, comme en cuisine, à sortir des sentiers battus, à aiguiser sa curiosité, à fouiner dans sa région pour accueillir dans ses murs des vins peu habituels et si peu conventionnels.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

J’en ai eu l’exemple encore l’autre midi avec ce pur Carignan 2014 venu de La Livinière, en Minervois, mais estampillé Vin de France, Les Clos des Pères, une cuvée La Borio qu’il m’a conseillé de goûter pour une somme raisonnable, 14 € à emporter (départ propriété, la bouteille est à 9 €). Les raisins de cette vieille vigne sauvée par un tout jeune couple Anne-Laure et Julien Gieules sont cueillis à la main, puis rangés en cagettes avant d’être vidés et vinifiés dans une cuve en inox.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Ce qui séduit d’abord ici, c’est l’étiquette qui est du meilleur goût. Elle sied parfaitement au style du vin. Visiblement les raisins sont assez concentrés en maturité et l’extraction est bien poussée si l’on se fie à l’intensité pourpre de la robe. Et le vin a besoin d’un décantage en règle si j’en juge par la retenue du nez où l’on devine quand bien même toutes sortes de parfums d’épices, de laurier, de fruits noirs et de garrigue. Cette élégante concentration se ressent nettement en bouche avec des accents de fruits chocolatés et des notes de café. Pourtant, on ressent que ce vin n’est pas tout à fait prêt, qu’il a besoin de patience. D’ici deux ans, à mon avis, il sera parfaitement apte à servir une pintade aux champignons ou pour un petit gibier à plumes.

Michel Smith


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# Carignan Story # 258 : tendre Monolithe

Ils sont du village de Villespy, sur le territoire de La Livinière, l’un des plus en vue du Minervois. Julien, le jeune fils, et Henri Deveyer, le père, ne possèdent qu’une dizaine d’hectares et sont à la tête d’un domaine au nom délicieusement romantique, Les Jeanneterres. Malheureusement pour leur appellation qui en aurait bien besoin, les vignerons qui osent vinifier à part leurs vieux Carignans plutôt que de les mettre dans la soupe communale ou domaniale, laquelle peut au demeurant être fort goûteuse, sont obligés de passer outre l’appellation et de se rabattre sur la mention passe-partout, Vin de France. Bizarrement, le Cinsault qu’ils vinifient aussi, a lui droit de cité et peut même se revendiquer Pays d’Oc ! C’est fou ce que les choses sont bien faîtes en ce bas monde…

Photo©MichelSmith

La cour de l’Hôtel d’Alibert. Photo©MichelSmith

C’est l’espiègle Frédéric Guiraud, patron du délicieux hôtel (et restaurant) d’Alibert, à Caunes-Minervois, qui me l’a fait découvrir un jour où nous étions chez lui à digresser autour d’un bon plat sur le cépage-maudit du Sud avec Didier Viguier qui, au sein de la Chambre d’Agriculture de l’Aude, passe pour un protecteur du Carignan. Ce Vin de France, vinifié seulement quand il en vaut la peine car il est « capricieux » selon ses auteurs, s’appelle donc « Monolithe ». Il est du millésime 2011, provient d’une petite parcelle centenaire au-dessus de La Livinière et il est commercialisé modestement au prix de 9 € départ cave ce qui, à mes yeux, constitue une affaire vue la taille de cette propriété.

Photo©MichelSmith

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De ce coin-là, on connaissait déjà le Boulevard Napoléon déjà décrit ici. Contrairement à ce que son nom laisse penser, le vin de ce jour, du moins à mes yeux, n’a rien de monolithique. C’est un rouge avenant, bien dans son jus, souple mais équilibré malgré l’alcool affiché (15°), doté d’une certaine finesse et d’un fruité tendre et délicat en dépit d’une très légère amertume en finale. Perso, je le vois servi frais (14°) sur un cassoulet, mais je sens qu’il irait bien sur un chaud plat de tripes avec de belles pommes de terre et carottes. Je n’ai pas de conseils à donner, mais je pense que si les Deveyer se donnaient la peine d’en vinifier tous les ans, sans forcément attendre d’hasardeuses sur-maturités, ils auraient un rouge encore plus frais et subtil qui ne manquerait pas d’intérêt.

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Pour joindre Julien Deveyer, envoyez un mail à cette adresse : julien.deveyer11@laposte.net

Michel Smith


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#Carignan Story # 207 : Maris, deuxième !

Si vous suivez attentivement cette modeste rubrique dominicale au lieu d’aller perdre votre temps à la messe ou au bistrot du village – quoique, dans certains cas, on ne s’emmerde nullement dans aucun de ces lieux de perdition ! – vous aurez déjà noté la haute estime que je manifestais à l’égard d’une grande cuvée du Château Maris, haut-lieu du cru La Livinière, dans le Minervois. Pour vous rafraîchir la mémoire, la dernière fois, c’était ici même.

La grande cuvée de Maris. Photo©MichelSmith

La grande cuvée de Maris. Photo©MichelSmith

Donc, j’ouvre cette bouteille subtilisée (avec son accord) à l’ami Benjamin Darnault, l’excellent vinificateur de Maris; je ne sais plus à quelle occasion, probablement lors du dernier salon Millésime Bio. Son nom : «Le Carignan de Maris», un Coteaux de Peyriac (IGP). À l’instar de mon ami Michel Bettane, qui ne l’a probablement point goûté, mais dont je connais les réserves à propos du Carignan, le premier nez et les premières gorgées de ce vin bouché vis et certifié AB, m’ont paru quelque peu réduits, typiques d’une époque où les vins du Midi avaient ces notes rustiques peu admissibles pour des puristes tels Michel B, fussent-ils amateurs tels Michel S. Si tôt, j’en ai déduis qu’il fallait reboucher la bouteille et laisser le vin se réveiller tranquillement au réfrigérateur. Car je connais mon Carignan et je sais qu’il est capable de me surprendre.

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La deuxième cuvée Carignan de Maris. Photo©MichelSmith

Ce fut le cas deux jours plus tard. La surprise était de taille : j’avais un vin parfaitement sur le fruit, clair, net, limpide et précis, délectable au possible, facile à boire, frais et sans histoires. C’est peut-être cette approche qui ne plaît guère aux critiques du vin en général. Rechercheraient-ils à tout prix des vins hyper-travaillés, complexes au possible, fermés, barricadés ? Ces Messieurs ne peuvent comprendre que l’on puisse vider une telle bouteille presque d’un trait sans trouver le moyen d’émettre un seul reproche. Ce qui me réjouit, c’est que ce flacon, titrant 13,5° et commercialisé autour de 8 €, était contre étiqueté pour partir aux Etats-Unis, preuve que là-bas aussi on sait apprécier nos vins du Sud.

Benjamin Darnault, dit "Benj", chez lui à La Livinière. Photo©MichelSmith

Benjamin Darnault, dit « Benj », chez lui à La Livinière. Photo©MichelSmith

Renseignements pris auprès de l’ami Benj, Maris fait deux cuvées de Carignan. La plus onéreuse étant la «Continuité de nature», déjà décrite ici (voir plus haut) et tirée à 6000 exemplaires, concerne une vieille parcelle du domaine, tandis que celle-ci est le fruit d’un assemblage de Carignan d’autres vignes du domaine avec des achats de raisins bios choisis sur La Livinière. Dans le Médoc, ce serait un second vin. Une chose est sûre : le nombre de propriétés vinifiant deux cuvées de Carignan se comptent sur les doigts d’une main.

Photo©MichelSmith

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«Pour ne rien te cacher, ajoute mon interlocuteur, le vin contient 10 % de Grenache». Moi, cela ne m’étonne pas : ces deux-là vont si bien ensemble. Ils se côtoient depuis 150 ans au moins, si ce n’est plus !

Michel Smith