Les 5 du Vin

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Gérard Bertrand et ses vins, 30 ans après

Je n’aime pas cette manie très française qui consiste à dénigrer toute réussite dans le domaine des affaires. Cela semble particulièrement virulent dans le petit monde du vin. En gros, pour ces esprits éclairés, tout ce qui est petit est beau et tout ce qui est grand est méchant. Il faut de la détermination pour réussir, mais pas seulement, et je trouve que c’est tout à fait méritoire.

Aujourd’hui, Gérard Bertrand est à la tête d’une entreprise viticole qui pèse 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, réalisé pour 50% en France et 50% à l’export. Elle comporte une douzaine de domaines qui totalisent 800 hectares dans le Languedoc et qui représentent les 30 pour cent haut de gamme de la production, le restant, majoritaire, étant issu du négoce. L’ensemble de cette production provient de la région Languedoc-Roussillon dont Bertrand est devenu, en 30 ans, un des producteurs emblématiques. Si cela fait grincer quelques dents de grincheux, je trouve que cela mérite déjà un coup de chapeau, sachant la relative modestie de ses débuts et l’image pas évidente des vins de cette région il y a 30 ans.

 

Villemajou, 1988

C’est en 1988 – il y a presque trente ans, donc – que commence véritablement l’histoire de Gérard dans le vin avec la sortie de son premier millésime du Corbières Château Villemajou, après la mort de son père. Mais la genèse du rapport entre Gérard Bertrand et le vin est plus ancienne. Son père Georges était courtier et négociant en vin et a participé à l’aventure de Val d’Orbieu. Il était aussi arbitre de rugby, ce qui n’est pas sans lien avec une autre passion de son fils, qui a été joueur de haut niveau, à Narbonne puis au Stade Français. Georges Bertrand achète le Domaine de Villemajou en 1970 et en fait la maison familiale. A partir de 1988, Gérard a progressivement développé cette petite affaire, aussi bien côté négoce que côté propriétés, avec l’acquisition successives de domaines dans tous les coins de la région. D’autres auraient pu être tentés d’associer le nom de régions plus prestigieuses à leur collection grandissante ; lui est resté fermement et fièrement ancré dans sa région natale. Et cette cohérence géographique dans la gamme de vins Gérard Bertrand, dont l’éventail de prix va de 3 à 200 euros (à la louche) est certainement un des facteurs de sa réussite.

A Villemajou sont donc successivement venus d’ajouter les domaines de L’Hospitalet (La Clape), Laville Bertrou (Minervois-La-Livinière), L’Aigle (Limoux) Cigalus (Vin de Pays d’Oc), Aigues Vives (Corbières Boutenac) La Sauvageonne (Terrasses du Larzac), La Soujeole (Malpère) et Clos d’Ora (Minervois-La-Livinière), ainsi que d’autres plus petits. La majorité des ces vignes sont conduites en biodynamie – une méthode que Gérard déclare vouloir étendre à tous ses vignobles d’ici 3 ans. Gérard Bertrand s’est converti à ce système que je trouve un peu ésotérique par certains aspects, même si d’autres relèvent du bon sens paysan (et je parlerai pas de son fondateur, Rudolf Steiner, plus que douteux par ses croyances). Après tout, si cela marche bien sur le plan de la production, pourquoi pas? Mais j’ai trouvé le livre de Gérard Bertrand sur le sujet aussi incompréhensible qu’indigeste.

Quoi qu’il en soit, une dégustation récente (pas celle sur la photo) d’une partie de la gamme Gérard Bertrand m’a permis de me faire une idée sur la qualité de sa production qui m’a semblé tenir bien la route à tous les étages. A une autre occasion, il y a quelques mois, j’ai sélectionné un de ses vins de négoce, de la série Naturae, pour un guide des meilleurs vins vendus en dessous de 10 euros. Car il n’y a pas que les vins des domaines qui sont bons !

Voici un compte rendu de ma dégustation au Domaine l’Hospitalet, le 23 septembre dernier.

Vins rosés

Ballerine, Crémant de Limoux rosé (prix inconnu)

J’ai trouvé ce vin un peu dur et manquant de fruit

Château de la Soujeole, Grand Vin 2016, AOP Malpère (25 euros)

Nez assez intense, notes de garrigue et de fumé. De la structure et de la longueur en font un bon rosé de table.

Château La Sauvageonne, La Villa 2016, AOP Coteaux du Languedoc (39 euros)

Style très pâle : on dirait un vin blanc ! Rond et chaleureux, avec du volume et du fruit. C’est puissant et long.

Vins blancs

Château de Villemajou, Grand Vin 2016, AOP Corbières (25 euros)

Beau nez, intense et rond, aux notes fumées. Bonne structure avec de l’acidité et de la longueur. Le fruité est un peu en retrait et la texture manque de suavité. Bon équilibre.

Château La Sauvageonne, Grand Vin 2016, AOP Coteaux du Languedoc (25 euros)

Nez puissant, limité un peu lourd, aux fruits tropicaux. Sauve et puissant en bouche, avec une impression d’alcool bien présent à peine régulé par son acidité. C’est plaisant mais il faut le boire assez vite.

Aigle Royal, Chardonnay 2016, AOP Limoux (45 euros)

Bonne intensité pour ce vin vibrant, au fruité précis et avec une bonne longueur.

Vins rouges

Aigle Royal, Pinot Noir 2016, AOP Limoux (45 euros)

Bon jus assez vibrant. La texture légèrement rugueuse a besoin de s’affiner en bouteille mais c’est très bon, bien fruité dans une registre assez puissant pour un pinot noir.

Château de la Soujeole, Grand Vin 2016, AOP Malpère (25 euros)

Bon vin honnête, juste un peu rustique par sa texture. C’est vivace, les tannins sont bien présents mais restent raisonnables. Du fruit et de la longueur.

Château La Sauvageonne, Grand Vin 2016, AOP Coteaux du Languedoc (25 euros)

Intense et puissant, vibrant et alerte. J’aurai aimé une texture plus suave peut-être. Bonne longueur.

Château de Villemajou, Grand Vin 2016, AOP Corbières Boutenac (25 euros)

Robe dense pour ce vin très frais, intense et élégant. Il réussit bien à allier finesse et puissance, même si la finale est un peu sèche.

Cigalus 2015, IGP Aude Hauterive (28 euros)

Le nez est rond et suave. Une belle acidité a tendance à renforcer la dureté de ses tanins qui semblent un peu sur-extraits. Jolies notes épicées dans ce vin qui a besoin d’un peu de temps en bouteille.

L’Hospitalitas 2015, AOP La Clape (45 euros)

Nez profond et parfumé, aux notes de fruits noirs et de garrigue. Des tannins sinueuses auront besoin de quelques années en bouteille mais ce vin est très bien constitué. Longueur et équilibre sont aussi bons et j’ai bien aimé le caractère juteux de son fruité.

Le Viala 2015, AOP Minervois La Livinière (45 euros)

Nez intense et profond avec une magnifique qualité de fruit (type fruit noirs, particulièrement des mûres). Les tannins sont bien intégrés dans le corps du vin, et la finale comporte une fine touche d’amertume, Belle texture, bon équilibre : un excellent vin et mon préféré de cette dégustation.

En conclusion

Avec cette dégustation, on a clairement affaire à une sélection des vins haut de gamme de Gerard Bertrand. Les prix le démontrent, et je pense d’ailleurs que plusieurs de ces vins sont un peu trop chers. Je ne parlerai même pas du prix délirant du Clos d’Ora (pas loin de 200 euros), vin excellent par ailleurs, mais qui ne figurait pas dans cette dégustation. Cela dit, il est aussi juste que des vins de bon niveau de toutes les régions s’affichent à des prix comparables à ceux de régions plus célèbres. La gamme très large comporte aussi des vins très corrects à des prix bien inférieurs. Chaque région doit avoir des portes drapeaux et Gérard Bertrand n’a pas peur de jouer ce rôle avec brio pour le Languedoc. Il faut l’en féliciter.

David Cobbold

 


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Château Ventenac La Réserve de Jeanne 2015

La Réserve de Jeanne est une des cuvées du Château Ventenac; un Cabardès assez représentatif de cette appellation audoise presque unique en son genre, puisque c’est une des seules à pouvoir assembler des cépages atlantiques à des cépages méditerranéens.

C’est aussi l’illustration du savoir-faire de la maison, car il ne s’agit pas d’une micro-cuvée (elle est produite à raison de 120.000 bouteilles par an, en moyenne), et elle joue de toute la palette des terroirs du domaine, qui ne compte pas moins de 160 ha au pied de la Montagne Noire.

C’est important de le souligner, je pense. Pour juger d’un domaine, il ne faut pas seulement s’attacher à ses vins confidentiels, fussent-ils très bons, et très médiatisés. Il faut même plutôt, à mon sens, s’intéresser d’abord à ce que le consommateur va trouver le plus facilement à acheter.

Une histoire de famille

La « Jeanne » dont il est question est la grand-mère paternelle de la Stéphanie Maurel, qui, avec son mari Olivier Ramé, dirige aujourd’hui la propriété. D’autres cuvées célèbrent d’ailleurs d’autres Maurel, témoignant de l’ancrage familial du domaine. Les deux petits cyprès en bas de l’étiquette, eux, nous signalent élégamment qu’ici, les vins ont « l’assent ».

Les deux stars, dans cette cuvée-ci, sont le cabernet franc (50% de l’assemblage), bien adapté aux sols calcaires de la propriété, et la syrah (environ 40% également), qui apporte un certain peps à l’ensemble.

Complexe, mais accessible

A l’aveugle, on pourrait hésiter longtemps (et logiquement) pour situer ce vin – ses épices de la garrigue et ses notes d’eucalyptus font penser au Sud, voire à l’Outre-Mer (Chili, Australie), mais sa structure élancée et sa fraîcheur, son fruité espiègle, absolument pas compoté, m’évoquent plutôt la Loire ; ou un joli Pauillac. Il y a des comparaisons plus gênantes !

Et n’allez pas croire que ce vin n’a pas de personnalité – c’est juste que la sienne est complexe. Et pour ne rien gâcher, il reste très accessible.

C’est où, le Cabardès ?

La preuve : après l’avoir apprécié moi-même en dégustation de type pro, carnet de notes en main, je l’ai mis à ma table, et servi à des invités pour qui le Cabardès aurait aussi bien pu se trouver dans l’Aude que dans les Andes ou sur la face Sud du Mont Olympus. Et bien, il a fait un tabac – « C’est quoi, ce vin ? » « C’est français ? » « Il y en a encore?» « C’est super bon ! ».

Finalement, c’est peut-être ce que j’aurais dû dire en premier…

Hervé Lalau

PS. Un grand merci à Sarah Hargreaves (In The Mood) pour l’échantillon

 


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Un Fitou pour le monde – Esclarmonde

Le Fitou Tour, qui passait par Bruxelles, lundi dernier, m’a permis de découvrir un domaine que je ne connaissais pas (c’est d’ailleurs tout l’intérêt de la chose) : le domaine Esclarmonde. Et plus précisément, sa cuvée Partage, la bien nommée, dans son millésime 2015 (40% Syrah, 30% Carignan et 30% Grenache, élevage cuve).

J’ai particulièrement apprécié ses beaux épices, ses tannins tantôt lisses et tantôt rugueux, sa longueur ; avec ses notes de réglisse et son équilibre entre puissance, alcool et fraîcheur, c’est un excellent représentant du Fitou d’aujourd’hui ; je ne le qualifierai pas de moderne, car cela pourrait avoir une connotation trop techno ; je parlerai donc plutôt de tradition revisitée, mise au goût du jour : un excellent compromis, apte à séduire tout le monde, et pas seulement l’Esclarmonde – les puristes comme les néophytes.

Cette cuvée fait partie des Ambassadeurs du Fitou – 12 vins sélectionnés, chaque année, par des dégustateurs professionnels pour porter la bonne parole d’une appellation en pleine renaissance. Tout à fait mon idée du partage… de l’info et du plaisir de la découverte. La preuve aussi, que certaines opérations collectives peuvent bénéficier à tous les opérateurs.

Le domaine, géré par Luc Esclarmonde, compte 24 ha, répartis entre argiles, calcaires, galets et schistes. La cave se situe à Paziols, au sud de la partie intérieure de l’AOC.

Contact : 0032 4 68 45 45 55

Hervé Lalau


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Une minute, un vignoble, le retour

Le programme « 1 Minute 1 Vignoble » revient sur les écrans à la rentrée. 18 films d’une minute chacun seront diffusés sur France 2 vers 14h chaque samedi et dimanche, du 2 septembre au 19 novembre 2017.

Cette émission de vulgarisation soutenue par Vin & Société concerne actuellement 6 régions viticoles françaises : Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Languedoc, Provence et Côtes du Rhône.


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La bise à Bize

Que faire en ce premier dimanche de Septembre ?

Si vous habitez le Sud ou si vous ne faites que le traverser, j’ai une halte rêvée pour vous. En gros, c’est entre Béziers et Carcassonne, à l’écart des autoroutes sans être perdu pour autant. Je vous propose de venir me faire la bise à Bize-Minervois, haut-lieu du vignoble languedocien pour deux saisons seulement, puisqu’on entre dans une sorte de Saint-Vincent tournante où, pour un cycle de deux ans, un village élu du Minervois est désigné pour accueillir les Tastes. Les Tastes en Minervois, puisque c’est le nom de la manifestation, est une sorte de festival autour du vin et de la gastronomie qui en est à sa 3 ème édition avec le ferme espoir de frôler le chiffre de presque dix mille visiteurs échelonnés en deux temps : le samedi soir pour festoyer et le dimanche, ce dimanche, pour prendre son plaisir en famille ou entre amis.

Attention, si vous me faîtes l’affront de me demander où se trouve le Minervois, je vous casse la gueule ! Ben oui, quoi. Vous êtes sur un site légendaire qui cause du vin et vous ne savez toujours pas que le Minervois et ses coteaux juste aux pieds de la Montagne Noire se trouvent dans le fameux triangle vineux qui va de Narbonne à Carcassonne avant le rejoindre Béziers, l’ex capitale pinardière devenue au fil des décennies pourvoyeuse de grands vins blancs, rosés et rouges ? Enfin, que ce triangle est traversé par le fameux Canal du Midi ?

Maintenant, pourquoi à votre avis je vous presse tant de vous rendre à Bize-Minervois ce dimanche, surtout, mais aussi ce samedi si vous le pouvez ? Pour plusieurs raisons, outre le fait que je serai de la partie, facilement reconnaissable par mon chapeau de paille plutôt authentique et élégant si on le compare aux imitations de panama et autre borsalino qui pullulent ces temps-ci. Plus sérieusement, je vous invite à venir découvrir un village qui sera non seulement investi dans la  promotion de ses productions locales (coopérative oléicole bien connue pour ses olives lucques, fromages de chèvre), mais aussi un village entièrement impliqué dans cette troisième édition.

Voulez-vous une liste de ce que vous y trouverez ou de ce que vous pourrez y faire ? Commencer par déguster, cela s’impose : une centaine de vignerons de l’appellation proposeront sur ces deux journées, dont une soirée, des vins sélectionnés en fonction des accords proposés par quatre chefs émérites de la région installés sur la placette, l’esplanade ou les ruelles de cette coquette bourgadee où 25 vignerons se relaieront à tour de rôle pour proposer la dégustation gratuite d’un de leurs vins estampillé Minervois. Et quoi d’autres, me direz-vous ? Un barista, spécialement venu de Toulouse, notre désormais capitale, sera là pour nous offrir ses cafés.

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le Domaine Luc Lapeyre sera bien représenté !

Bon, m’objecterez-vous, tout cela tournera autour du bio, inévitable de nos jours, du street food, du burger, de la world food et de toutes ces cochonneries dont on vous rebat les oreilles depuis des années afin de vous fourrer dans le crâne qu’il ne faut surtout pas devenir un has been. Vous n’aurez pas tort, et alors ? Quand je vous citerais quelques mini-plats proposés, maquereau à la flamme, farce fine de volaille sauce poulette, accra de crevettes, collier d’agneau confit, mozzarelle des Corbières (voisine d’en face), café au lait frappé en granité, baba au marc de muscat pour ne citer que ceux-là, je pense que vous viendrez volontiers me rejoindre. Sachant que cela ne vous coûtera que 15 € pour un un plateau équipé d’un vrai verre de dégustation et de quatre jetons pour cheminer dans un univers gourmand parsemé de vignerons qui vous attendent la bouteille à la main. Il y a également un espace pitchouns avec jeux et ateliers divers encadré par des professionnels diplômés, un repas aussi qui leur est préparé par le café du village, des promenades guidées et commentées dans les environs immédiats, des espaces soft drinks gratuits, des conférences… Un grand parking vous attend, ainsi que des dizaines d’agents de sécurité. Un site d’information sur le site du Minervois est consultable ici même.

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Profitez-en pour visiter non loin de là la belle cathédrale Saint-Nazaire de Béziers.

La raison pour laquelle je m’autorise à mettre en avant cette manifestation, c’est parce qu’elle est l’exemple de ce que devrait faire une appellation pour ne pas sombrer dans l’oubli. Avec ses nombreux bénévoles, sons sens festif et son organisation, elle fédère l’appellation tout en offrant au vigneron la possibilité de se faire connaître et de vendre son vin. C’est une bonne chose.

A demain donc, ou sinon à l’année prochaine, toujours à Bize !

Michel Smith

 

 

 

 


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Deux Fitou du Domaine de Rochelierre

Jean-Marie Fabre est le président des Vignerons Indépendants de l’Aude.

Mais surtout, c’est un vigneron de Fitou, qui a repris voici bientôt 20 ans l’exploitation familiale, le Domaine de la Rochelierre. 15 ha exploités sans pesticides depuis bientôt 40 ans.

Dans son caveau flambant neuf, aux abord du village de Fitou, il vinifie des Fitou qui, sans renier l’accent local (rocailleux, forcément!), portent sa marque: une puissance contenue, un certain raffinement, un travail soigné.

En voici deux exemples :

Rochelierre Fitou 2016

Carignan, grenache, syrah et mourvèdre sont mis à contribution pour offrir ce vin plein de sève. Le nez évoque la prune, les airelles, le laurier; la bouche prend des accents sauvages, mais surprend par sa fraîcheur, surtout pour un millésime aussi chaud. La finale est suave. Franchise et distinction.

 

Rochelierre Fitou Cuvée Noblesse du Temps 2014

Ni le temps, ni l’élevage n’ont rien enlevé à la fraîcheur du fruité noir de cette cuvée qui évoque aussi le Zan. En bouche, cependant, quelques belles notes de café torréfié signalent le bois, mais les tannins restent très juteux ; en finale, on revient sur la fraîcheur ; pas tant celle de l’acidité que celle de la menthe.

Au risque de contredire l’ami Georges (Brassens, pas Truc, pour cette fois!), « le temps peut faire à l’affaire »; et sa noblesse, c’est celle des tannins fondus, qui nous font oublier (sans regret!) l’impression d’austérité alcooleuse de certains Fitou d’antan, de ceux dont on retardait toujours l’ouverture en espérant qu’ils sont moins durs demain…

Hervé Lalau 

 


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Estivales de Narbonne

Tous les vendredis soirs jusqu’au 18 août inclus, sur le Cours Mirabeau, à Narbonne, des vignerons des AOC La Clape, Corbières et Languedoc Quatourze donnent rendez-vous au grand public pour leur faire découvrir leurs vins, cépages et domaines.

Dégustations, échanges et découvertes sont au programme de cette quatrième édition des Estivales organisée par le Syndicat des Vignerons de La Clape avec le soutien de la ville de Narbonne.

Le 4 août, rendez-vous au Palais des Archevêques.

Tarif : un ticket (2 dégustations + 1 verre sérigraphié) : 5€.

Plus d’info: www.narbonne-tourisme.com