Les 5 du Vin

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#Carignan Story # 259 : Pépé, c’est une belle histoire !

Vous le savez peut-être, vous qui suivez cette rubrique et la lisez de temps à autre, j’aime le vin simple, un peu frustre parfois, mais léger, tendre, pulpeux, frais, fruité. À contrario, je n’aime guère les vins trop puissants, lourds, grossiers. Lorsque j’ai goûté El Pépé la toute première fois, je l’ai aimé sans détour pour sa franchise, sa jeunesse, sa fougue. J’en avais parlé à l’époque, en 2013, et vous pouvez rejoindre le texte ici même. Si j’ai éprouvé le besoin de vous en toucher mot de nouveau par l’écrit, c’est que le 2013 du jeune Édouard Fortin fait son entrée chez moi. En beauté !

Photo©MichelSmith

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Quelques temps après notre rencontre, Édouard Fortin, alors débutant avec enthousiasme et courage dans la viticulture audoise, a failli tout perdre, tout lâcher. La faute à des connards sans noms ni cervelles qui n’avaient rien trouvé de mieux que de foutre le feu à la cave qui abritait ses cuves. Son infortune, relatée sur les réseaux sociaux et dans la presse locale par l’entremise de l’association Changer l’Aude en Vin, puis relayée par quelques blogs, dont le nôtre, m’avait touché au point de passer ce que l’on appelle une « commande solidaire » à la hauteur de mes modestes moyens, comme on dit pour s’excuser de ne pas être assez généreux. Douze bouteilles de ce Carignan 2013, cela suffirait bien assez à mon bonheur, croyais-je alors. Si mes souvenirs sont bons, ce vin tournait entre 8 et 10 € la bouteille départ cave. Et si j’avais su, j’en aurais réservé deux fois plus !

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

Celui-ci, comme beaucoup de 2013 d’ailleurs, est un peu vert sur le moment, voire astringent au premier abord. Mais il ne faut pas le rejeter car il est bourré de qualités. D’abord, il est bavard, spontané, passionné. Il batifole, il vous prend par les tripes et vous saisit sans demander son reste. Les Anglais n’hésiteraient pas à dire de lui qu’il est catchy, bref tout ce que j’aime dans un vin, ce côté direct, sans maquillage, sincère. Ce Pépé a une autre importance, toute particulière à mes yeux : il montre une vision d’un Carignan atypique, un cépage qui serait presque septentrional, sa terre d’origine étant située presque à la limite de sa culture, dans cette région précise où l’on monte d’un cran, où le Cabardès, au nord du Minervois, aux portes de Carcassonne, va frôler un autre climat, là où l’influence méditerranéenne se confond presque à l’influence océanique. On dit souvent que le Carignan a la faculté d’épouser son sol. Dans le cas du Pépé d’Édouard, le cépage épouse également le climat.

Je le bois « frais », comme à l’accoutumée. Et j’obtiens par la même occasion le « buvant » que j’escomptais, c’est-à-dire l’étrange sensation d’une grande familiarité, d’une joyeuse et croquante gourmandise. Songez qu’il ne titre que 12°, bien loin de nos Carignans « chauds » gorgés de puissance que l’on trouve du côté de Perpignan ou de Pézenas. Et pourtant, ce n’est pas un jus fluet, bien au contraire. Deux jours après l’ouverture, il se fait un brin plus suave, encore plus jouissif, merci au fruit qui domine toujours avec autant de panache et d’allégresse.

J’en ai profité pour goûter la cuvée « Solidarité » élaborée à partir des apports de confrères vignerons touchés par la mésaventure d’Édouard et rassemblés au sein du « collectif » Changer L’Aude en Vin. Plus puissant en alcool (14°), certainement moins riche en Carignan, c’est aussi un jovial aperçu de l’amitié dont on ne saurait se passer.

Pour rien au monde il ne faut rater ce talentueux vigneron !

Michel Smith


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Les perles de mon dernier Millésime Bio

D’autres l’ont dit bien avant moi, mais cette session 2015 de Millésime Bio à Montpellier, de par le nombre élevé d’exposants (près de 800) semble avoir atteint ses limites acceptables.

Certes, il y a toujours un moment où le vieux con que je suis ne peut s’empêcher de regretter l’ambiance un peu boy scout du passé, l’époque héroïque où, en dehors de quelques horreurs, il était possible de tout goûter en trois jours pour rentrer chez soi avec le sentiment d’avoir pleinement accompli sa mission. Il est vrai qu’à l’époque on ne trouvait ni salons « off » ni soirées promotions pour nous distraire… et nous épuiser. Nous avions l’esprit clair pour travailler en paix !

Une fois dépassée la nostalgie, que reste-t-il ? Un salon sur dimensionné, beaucoup de visiteurs dans deux halls principaux, même tôt le matin, et un peu moins de monde dans les travées d’un hall 4 difficile à positionner et à atteindre. Témoins de cette affluence : les toilettes, toujours aussi peu nombreuses, étaient prises d’assaut de 11 h à 17 h. Que ce soit à Angers, à Bordeaux ou Montpellier, on oublie toujours que le vin c’est aussi de l’eau et que, à force, ça fait pisser ! Et pas que les filles !

Photo©MichelSmith

La nouvelle mairie de Montpellier. Photo©MichelSmith

Comme je l’ai dit Jeudi dernier, ce sera mon ultime Millésime Bio. Je suis comme qui dirait déconfit. L’an prochain, puisque tout le monde affluera, j’irai de mon côté en fonction de mes moyens faire la tournée des popotes en visitant les « off », chose que je me refusais de faire auparavant, considérant qu’ils m’empêchaient de me concentrer sur l’essentiel, le salon. Ce n’est pas une vengeance de bas étage, juste un moyen plus pragmatique de travailler. Et ça laissera une nuit de plus en chambre d’hôtel à un(e) gentil(le) blogueur (euse) qui, je l’espère, parlera plus du salon « officiel » que des autres et trouvera en même temps des choses intelligentes à dire. Après les coups de cœur de Marc, vous trouverez donc les miens, tout comme ce fut le cas l’an dernier et les années d’avant. Il y aura tôt ou tard une revue spéciale dans ma rubrique Carignan Story consacrée au cépage désormais très tendance…

Les filles ne manquaient pas de sponsors ! Photo©MichelSmith

Ces dames ne manquaient pas de sponsors ! Photo©MichelSmith

-Cela a bien démarré pour moi : le dimanche après-midi, j’ai choisi de parcourir à pieds le petit kilomètre qui me séparait de ma nuit d’hôtel si généreusement offerte jusqu’à la nouvelle mairie, une espèce de gros machin d’acier et de verre bordant le Lez. Là, un horrible salon aux allures de salle de bal était réservé à l’association Vinifilles. En prise au « dress code » qui fait tant de ravages, ces dames avaient trouvé original de se vêtir toutes de noir et de porter autour du cou une écharpe lumineusement bleue qui leur enlevait toute forme de personnalité. Bon, tout le monde trouvant ça «génial », je me jetais littéralement sur la première venue, Françoise Antech, l’efficace patronne de la maison éponyme qui, depuis quelques années s’affirme comme une valeur sûre dans l’univers tant galvaudé des bulles. Sa Blanquette « Brut Nature » m’a fait un bien fou et je crois bien en avoir abusé plus que de raison à un tel point que je ne retrouve plus mes notes de dégustation…

-Probablement les ai-je oubliées à l’hôtel, tant j’étais sous le charme de cette soirée. Je me souviens pourtant d’un autre blanc sublime, la Petite Arvine (Vin de France) de la Suissesse Hildegard Horat, de la Grange des Quatre Sous. Ce blanc, baptisé Bu N’Daw – «la Petite», au Sénégal, car Alioune Diop, le mari d’Hildegard est d’origine casamançaise – est d’une droiture exemplaire et d’une fruit inattendu !

-Retour au Millésime Bio le lendemain avec, pour démarrer, une dégustation complète des Faugères du Château des Estanilles. Épaté par le rosé 2014 et conforté par l’aisance des rouges, avec une nette préférence pour le pur Syrah Clos du Fou 2012, tout en profondeur, densité, longueur et soyeux (20 €). Julien Seydoux, le jeune propriétaire, prend de l’assurance et semble à l’aise dans ce domaine de Faugères situé dans le petit hameau de Lanthéric.

-Hasard des errances dans les travées, je me retrouvais peu de temps après au stand de mes amis Monique et Michel Louison. Les fondateurs des Estanilles sont, depuis la vente de leur cru de Faugères, confortablement installés sur le territoire de Limoux, au Domaine de La Martine où ils ont bâti un vignoble de coteaux moins important de par la taille, mais très performant dans les trois couleurs. Particulièrement en rosé (IGP Haute Vallée de l’Aude), un pur Cabernet Franc droit, épicé, sincère et vif.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Au Château Gaillard, j’ai pu goûter un parfait Crémant de Loire roséPureté de Silex, assemblage de Chenin et Chardonnay complété par les deux Cabernets (25 %). Un excellent rapport qualité-prix (autour de 8 €) pour un apéro décoiffant !

-Passage rapide chez mes amis Désirée et Sylvain Fadat (Domaine d’Aupilhac), de Montpeyroux, aux pieds du Larzac. Bonne humeur garantie et 2012 rouges de toute beauté, que ce soit dans la cuvée communale (tendre mais bien structurée, 15 €) ou dans la cuvée Cocalières qui ne cesse de progresser, mais aussi dans La Boda, un vin serré et massif partagé entre Syrah et Mourvèdre. Également un magnifique rosé 2014 (environ 8,50 €), probablement le plus beau du salon !

-À l’Abbaye de Valmagne, un amusant rouge 2014 (Morastel, Carignan, Grenache), IGP Colline de La Moure, est à réserver aux grillades de printemps. Vif, frais, ça ne coûte que 6 € départ cave !

-Tout aussi recommandable, le Costières de Nîmes Grimaudes 2014 (Carignan/Grenache, 7,50 €) est dans le même esprit, avec un peu plus de précision dans le fruit, tandis que Les Perrières 2013, à égalité Grenache, Syrah, Carignan, Mourvèdre, est sur un fruit encore plus précis et un très bel équilibre (9,50 €).

-Au Domaine de La Triballe (Coteaux du Languedoc), un superbe rouge 2013 à majorité Carignan fait sensation pour un prix raisonnable : 7 €.

-Comme je le disais, je reviendrai prochainement dans Carignan Story sur les Carignans du salon en général et celui de Philippe Richy en particulier, au Domaine Stella Nova. En attendant, son Pézenas 2013 Polaris, à 70% Carignan, reste Grenache, est très prometteur si j’en juge par sa grande persistance. À noter aussi une grandissime cuvée Cassiopée 2014 (Languedoc, 10 €) dédiée au Grenache.

Philippe Richy, heureux ! Photo©MichelSmith

Philippe Richy, heureux ! Photo©MichelSmith

-Toujours sur Pézenas, le Domaine Sainte-Cécile du Parc m’a étonné avec un rouge 2011 (IGP Pays de Caux) très Cabernet Franc à la fois frais, dense et riche en matière.

-Dans le secteur de Saint-Chinian, au Domaine Les Eminades, on trouve de fort beaux rouges à l’image de cette cuvée Cebenna (Syrah, Grenache, Mourvèdre) émanant d’un terroir de grès, donnant un vin délicat au nez, dense en bouche, marquée par de pures notes de petits fruits rouges.

-En Corbières, dans l’Alaric, le Château La Baronne arrive encore à surprendre le visiteur après des années au sommet. Le Cinsault 2014 Les Chemins de Traverse est à lui seul une invitation pour un voyage dans la finesse et la tendresse. Un modèle du genre pour 14 € seulement. Sans parler de la cuvée Passage 2013 (Syrah) qui impressionne par son assise de fraîcheur.

-Autre Cinsault de taille, mais en Vin de France, au Domaine Vallat d’Ezort, proche de Sommières, où la divine cuvée Allegria 2013 ne coûte guère plus de 6,50 € !

-Dans l’appellation Terrasses du Larzac, le Mas Cal Demoura est en train de nous mijoter une très prometteuse cuvée Les Combariolles 2013 qui ne manquera ni de profondeur ni de perspectives de garde !

-Au Château La Liquière (Faugères), on trouve l’un des plus beaux et des plus festifs parmi les rosés du Languedoc, pétillant de surcroît, et composé de Grenache et de Mourvèdre à égalité (9 €) !

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-Au Mas Foulaquier, en Pic Saint-Loup, j’ai retenu un joyeux Grenache, cuvée Petit Duc 2012 (21 €) qui ne manque pas de charme et encore moins de densité.

-Au Domaine Borie La Vitarèle (Saint-Chinian), c’est souvent la cuvée Terres Blanches qui retient mon attention. La matière du 2014 est irréprochable, tandis que la cuvée Midi Rouge (Roquebrun) 2012 gagne me semble-t-il en longueur et élégance.

-Indétrônable reine du rosé, Régine Sumeire nous offre toujours des Côtes de Provence tout en grâce, précision et finesse, à l’image de son Pétale de Barbeyrolles 2014. Son rouge 2012 Tour de l’Évêque, majorité Syrah avec un peu de Cabernet Sauvignon, est quant à lui remarquable de tannins et fraîcheur.

-La gamme bio de la Maison Trénel, près de Mâcon, outre une exceptionnelle crème de cassis et un beau Crémant de Bourgogne non dosé, m’a fait goûter un Mâcon Villages blanc 2010 Hommage à André Trenel à la fois crémeux, ample et magnifique de fraîcheur.

Photo©MichelSmith

Photo©MichelSmith

-Passage éclair en Savoie, au Domaine Giachino, pour un Persan 2014 qui s’annonce très intéressant quoique trop jeune encore. Le Jacquère 2013 (14 €), vinifié grappes entières, donne un blanc dense et presque tannique d’une longueur insoupçonnée s’achevant sur une belle fraîcheur. Le même domaine présente une Altesse 2013 tout en éclat et fraîcheur en plus d’un pétillant Giac Bulles léger et tendre ne titrant que 7,5°. Le tout avec de fort belles étiquettes dessinées.

-Chez Adrien Berlioz, l’enfant terrible de Chignin, même enthousiasme pour le Persan, avec un 2013 cuvée Octavie dense, strict, poivré sur un superbe tapis de fruit déroulé en finale.

-Non, je n’ai pas oublié le Roussillon en passant goûter les Collioures du Domaine du Traginer où le 2011 rouge (14 €) est en pleine évolution allant vers un vin sérieux, riche en matière, étonnamment frais et long en bouche.

-Petite visite à Cahors, au Château de Chambert pour goûter le premier vin de la gamme (70 % Malbec, reste Merlot), un Fruité Gourmand 2013 qui porte parfaitement son nom tant il est facile à boire sur le fruit et le croquant.

-En Alsace, Mathieu Boesch (Domaine Léon Boesch) m’a fait goûter un joli Pinot Noir loyal, frais et franc, vinifié à partir de raisins non éraflés.

-Au Domaine des Amadieu à Cairanne, le rosé 2014 Syrah/Grenache fait en saignée est quant à lui bien charnu et dense pour un prix sage : moins de 5 € !

-Pour finir, j’aurais pu rester des heures à la table de François Chidaine et de la pétillante Manuela. Passer du sec vraiment sec au tendre légèrement sucré, finasser sur la structure du Clos du Breuil 2013 (Montlouis) ou m’attarder sur le délicieux Vouvray moelleux 2010, droit et élancé. Revenir sur la droiture des vins, comme celle des Argiles (Vouvray), puis goûter sans retenue le Montlouis Brut Nature, histoire de me refaire la bouche… J’ai hâte d’aller les revoir chez eux. François étant à mes yeux l’un de nos plus grands vignerons !

Michel Smith


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Saint Christol, l’intégrale (ou presque)

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de déguster les vins de tous les producteurs d’un même cru, ou presque (manquaient à l’appel le Domaine Clavel, avec sa cuvée Le Marteau, et le Domaine Cante Vigne). Même s’il ne sont que 8!

Mais revenons un peu en arrière.

Saint Christol est un des grands terroirs « historiques » du Languedoc. Un vrai cru. Petit, mais identifié. Son statut de commanderie des Chevaliers de Saint Jean, puis de Malte, explique pour une bonne partie sa notoriété ancienne. Les Frères Hospitaliers exportent leur production à partir d’Aigues Mortes (ce qui tendrait à prouver qu’il se gardait bien) et le font apprécier aux grands personnages de toute la Chrétienté. La réputation de Saint Christol est telle qu’en 1788, la communauté décide de marquer les tonneaux contenant les vins du cru afin d’éviter la fraude. Méfiez vous des imitations!

Saint Christol

Saint Christol (Photo http://www.saint-christol.com)

Notre agronome favori, Victor Rendu, le classe parmi les « crus de vins fins » de l’Héraut. Pas aussi haut que Saint Georges d’Orques, mais au même niveau que Saint Drézery et Frontignan.

Voila qui ne nous rajeunit pas: c’était en 1854. Il faut d’ailleurs se garder de comparaisons douteuses: à l’époque, le cépage de référence, à Saint Christol comme à Saint Georges, est le Terret Noir; vient ensuite le Piran (alias Aspiran Noir, ou encore Ribeyrenc); quant à la « Carignane » et au Mourastel, le brave Victor nous les présente comme de nouveaux venus.

Il nous décrit aussi les vins de Saint-Christol comme assez puissants. Ce que disait déjà son prédécesseur André Jullien qui parlait de « vins fermes et colorés, de bon goût et assez spiritueux ». Et le même de préciser: « Les vins de Saint-Christol sont très bons pour l’exportation en ce qu’ils ne craignent ni les voyages, ni la chaleur ». (Topographie de tous les vignobles connus, A. Jullien, 1824 et 1832).

Revenons à nos moutons, ou plutôt, à nos cépages du 21ème siècle.

Saint Christol, de nos jours, c’est d’abord du grenache et de la syrah, parfois du mourvèdre; des vins assez intenses, effectivement, car l’ensoleillement est généreux.

Et une assez grande diversité de sols, pour un cru de cette taille. Si le vignoble ne dépasse guère les 230ha (pour un potentiel de 400), il englobe aussi bien des galets roulés que des marnes blanches et des alluvions. Si le calcaire affleure souvent en surface, en profondeur, on trouve surtout de l’argile rouge, qui, en gardant l’eau, permet à la plante de bien supporter l’été. L’altitude va de 50 à 100m, se qui n’est pas impressionnant, mais les coteaux sont bien marqués. On note aussi des écarts climatiques entre le Sud du cru, plus influencé par les entrées maritimes, et le Nord plus sec. On constate des écarts de maturité de 5 à 10 jours entre les deux parties de l’aire.

Saint ChristolCarte

Saint Christol est la plus orientale des dénominations communales de l’Hérault

7 caves particulières et une coopérative revendiquent actuellement la mention Saint Christol.

Voici mes impressions sur les vins qui m’ont été présentés.

Château des Hospitaliers 2010

Boîte à cigares, cèdre, menthe, pas mal de fraîcheur, tannins suaves; un peu trop de bois à mon goût, mais on peut aimer. Syrah, grenache, mourvèdre. 14/20

Cave de Saint Christol Christovinum 2010

Le fruit est un peu compoté, mais la bouche est complexe – cuir, épices douces, cacao, la finale réglissée réveille les papilles et c’est bienvenu. Le bois est très bien intégré. 14,5/20

Cave de Saint Christol Esprit des 9 Vignerons 2010

Nez flatteur de confiture aux quatre fruits, mêlé de moka; malheureusement, la bouche ne confirme pas vraiment; je trouve la texture un poil râpeuse; c’est concentré, certes, mais un tantinet rustique. Grenache majoritaire. 13/20

Domaine Guinand Grande Cuvée 2010

Tannins serrés; menthol, fumée, caramel. Too much. Comme si le vin avait un costume trop grand pour lui. 12/20

Domaine Bort Cuvée N°1 2011

Un fruit noir explosif qui laisse la place à une bouche toute en puissance, des notes de cuir chaud. « Un beau bébé », comme on dirait d’un rugbyman. Grenache-Syrah. 14,5/20.

Domaine de la Coste-Moynier 2011

Syrah, mourvèdre et grenache.

Très dense, fruité noir et rouge au nez. Les mêmes reviennent en bouche, en plus croquant. Dommage que la finale assèche un peu le palais. Un peu trop extrait à mon goût. 13/20

Domaine Haut Courchamp Cuvée Ecole de la Patience 2012

Nez légèrement lactique, tannins suaves, presque doucereux, encore trop de bois. A attendre! (je sais, avec un tel nom de cuvée, c’est trop facile…) 13/20

 

En résumé, quelques belles choses, mais une forte proportion de vins trop marqués par la planche, de vignerons qui veulent trop bien faire, peut-être.

En toute modestie (à chacun sa place), je leur conseillerai de revenir aux fondamentaux, à l’expression des raisins, qui, pour ce que j’en perçois derrière le carcan de chêne, est souvent de qualité. Ce serait là, à mon sens, le meilleur hommage à rendre à leur terroir « historique ».

Hervé Lalau

PS. Saint Christol, c’est aussi l’emplacement de Viavino, un pôle oenotouristique « Energie Zéro ».


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Millésime Bio, mes 10 trophées de l’année !

Les organisateurs du petit salon sympa de jadis, devenu en quelques années la vitrine géante de la bio mondiale ont eu l’idée – à moitié heureuse à mes yeux – d’organiser une sorte de « prix spécial de la presse »; une super récompense des médias, à partir des médaillés vins bio de l’année, ceux du Challenge Millésime Bio. J’ai bien essayé de participer en commençant par les rouges, le premier jour, mais j’ai vite déchanté, car les vins n’étant pas cachés d’une robe, ce qui me paraît essentiel dans le cadre de l’attribution d’un prix, j’étais bien entendu tenté, tordu comme je suis, d’attribuer mes coups de cœur aux flacons de mes potes vignerons en priorité, si possible ceux amoureux des cépages autochtones, Cinsault, Carignan, Terret, Grenache et consorts. J’aurais pu m’en tenir au Sud-Ouest ou au Bordelais, à la Savoie, l’Autriche ou l’Afrique du Sud, mais là aussi, je me sentais piégé car, depuis le temps que je viens au salon, je commence à en connaître un rayon et à avoir une flopée de favoris.

Alors, pour me venger en souriant de ces déconvenues, n’ayant pas encore reçu les résultats de ce super concours à l’heure où je rends ma copie, c’est à dire cette nuit, j’ai décidé d’attribuer mes propres trophées, en fonction de plusieurs catégories un peu loufoques afin de faire un maximum de buzz et un maximum d’heureux. Si vous souhaitez en ajouter d’autres, libre à vous! Par honnêteté, je précise que, sur un plan purement déontologique, à mon avis, un vrai journaliste ne devrait jamais avoir à attribuer de prix. Mais voilà, vous me connaissez et je n’en suis pas à une contradiction près.

Photos©MichelSmith

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1 – Le prix du plus beau Crachoir du salon est remis à l’Alsacien Mathieu Boesch (Domaine Léon Boesch) pour son magnifique crachoir en grès de sel typique de Betschdorf !

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2 – Le prix du Fino le plus Fou va à la Gélatine de Fino des Bodegas Robles à Montilla, spécialité que les cuisiniers du royaume s’arrachent déjà !

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3 – Le prix du Couple Vigneron qui a résisté plus de 40 ans à toutes les tempêtes va à Monique et Michel Louison qui, après s’être battus à Faugères font revivre un magnifique terroir à leur dimension, le Domaine de La Martine, dans le Haute Vallée de l’Aude, près de Limoux, où le Cabernet franc donne un incomparable rosé encore plus dense que celui déjà repéré l’an dernier.

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4 – Le prix du plus Beau Design pour un « bag in box » est attribué à ce dessin de Mika et ce joli slogan aperçu au stand de Biotiful Wines. J’en profite pour ajouter que Nadine Franjus-Adenis qui commente souvent sur ce blog est à l’origine d’un nouveau concours vineux dédié à ce genre de contenants.

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5 – Le prix des plus Jolies Bulles revient tout naturellement à l’équipe du Château de La Liquière qui, non contente de vinifier des Carignans hors pairs concocte depuis 3 ans un délicieux breuvage moitié Grenache, moitié Mourvèdre, élaboré dans une cave de Gaillac pour une sacrée méthode ancestrale baptisée « L’unique Gaz de Schiste » qui vaut son pesant de douceur et de vivacité !

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Jim, trying to eat ! Photo©MichelSmith

6 – Le prix de la plus Belle Moustache 2015 était pour moi le plus facile à attribuer, le plus évident : il va à notre Jim Budd qui n’a pas cessé durant trois jours de gambader dans les rues de Montpellier et les travées de Millésime Bio.

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7 – Le prix de la Déclaration d’Amour va tout droit à John Bojanowski du Clos du Gravillas qui a choisi de composer un tendre message à l’attention de son épouse Nicole, en guise de numéro de lot tatoué sur le col de ses bouteilles.

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Place de la Comédie, Montpellier by night. Photo©MichelSmith

8 – Le prix de la plus Belle des Soirées va, comme d’habitude, aux jeunes vignerons du Beaujolais venus dans une belle brasserie proche de la Place de la Comédie avec force magnum et vieilles bouteilles afin de prouver que le Beaujolais a du cœur !

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9 – Le prix des « Estrangers » les plus Accueillants est attribué aux quatre vignerons de Vinibio menés par le conquérant et francophile Jao Roseira, de la Quinta do Infantado, monté de son Douro natal pour tenter de faire connaître les Vinho Verde, Lisboa et autres appellations du Portugal.

Photo©MichelSmith

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10 – Le prix de l’Optimisme Catalan a été décerné à Bruno Ribière et à Frédérique Barriol-Montès qui ont su résister face au « Roussillon bashing » infligé par notre consoeur Rosemary George dans le dernier numéro de Decanter.

 Michel Smith

Un petit bémol… Quelques mots de dépit et même de rage pour prolonger et clore cet article. Faute de moyens, c’est la dernière fois peut-être que je me rendrais dans ce salon que j’aime tant. Disons que j’en ai gros sur la patate. Vous trouverez probablement ces confidences déplacées, mais… Depuis ses débuts, j’ai consacré de nombreuses journées de travail sur Millésime Bio – du sang et de la sueur comme disait Churchill ! – pour le compte de plusieurs magazines. Tant et tant d’heures à écrire (il est vrai que je suis un laborieux…) sur cette viticulture bio qui me semble indispensable pour assurer l’avenir du vin. Mais voilà que depuis quelques années les responsables du salon ne m’offrent qu’une misérable nuit d’hôtel, avec certes en cadeau le ticket d’entrée et l’accès au parking comme au buffet ainsi qu’à la machine à café… Royal par les temps qui courent ! D’autres journalistes, de nombreux blogueurs surtout, semblent avoir plus de chance que moi. Je ne m’en plains pas, ce n’est pas trop mon genre, et je ne demande pas la lune. Juste deux nuits de plus qui seraient, soit dit en passant, en partie payées par mes impôts puisque je suis citoyen du Languedoc et du Roussillon, une région où je vis depuis un quart de siècle et sur laquelle j’ai consacré quelques ouvrages en plus de quantité d’articles. Millésime Bio, n’est hélas pas la seule manifestation où j’ai la désagréable impression de ne plus être en odeur de sainteté. Il devient très difficile d’assurer efficacement mon métier sans être soutenu par ceux que l’on a contribué à encourager de longues années quand ils avaient besoin de la Presse pour exister. Quelle nécessité ai-je de continuer dans ma soif d’information si je n’ai plus les moyens d’exercer mon métier ? Donc, plus de Vinexpo à Bordeaux, plus de Vinisud, plus de Vinitaly… Tant pis ! En attendant un retrait définitif, tant que je trouverai des choses autres que des banalités à vous dire, je resterai sur ces lignes en compagnie des 5. MS


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#Carignan Story # 257 : le mystère du trio des Fabre

Non, je ne chercherai pas à vous entraîner dans un roman à clefs. Mon titre est fait pour attirer votre attention sur un vin, un vrai ! Un vin bien habillé qui plus est. Honnêtement, je ne sais pas au juste ce qui a poussé le Château Fabre-Cordon à m’adresser un jour trois bouteilles numérotées d’un même Carignan Vin de France dit de « vieilles vignes ». Pour ce qui est du millésime, c’est un autre mystère, même si un numéro de lot (08/13) laisse penser qu’il s’agit d’un 2013. Mais peu importe, car finalement ce détail ne revêt pas ici un caractère capital. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il s’agit d’un millésime récent. Voilà.

Revenons à la question initiale. Cet envoi a-t-il été effectué dans un désir de pédagogie ? Une quelconque mais légitime volonté d’expliquer, de démontrer ? Un souhait de simple partage d’expérience ? Un souci de faire participer le modeste défenseur de Carignan que je suis à je ne sais quelle prise de décision ? Il me semble qu’Olivier Zavattin, mon sommelier ami de Carcassonne, y soit pour quelque chose. Quoiqu’il en soit, les trois échantillons sont là depuis quelques mois et, comme d’habitude, ils se languissent d’attendre mon bon vouloir…

Photo©MichelSmith

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Fabre-Cordon est le nom d’un domaine des Corbières. La vigne y est cultivée en agro biologie depuis 2008 en compagnie de vergers d’abricotiers. Le siège est situé au sein du Parc de la Narbonnaise, non loin des étangs, à Peyriac-de-Mer, sur une zone plutôt plate, à distance, bien qu’ à portée de vue quand même, du massif des CorbièresMonique et Henri Fabre, les propriétaires à l’origine du domaine, sont aujourd’hui rejoints par leur fille, la jeune et jolie Amandine que l’on sent très motivée et qui figure, en compagnie de ses parents, dans ce petit clip que l’on peut visionner ici.

Le fait d’attendre a parfois ses inconvénients. Ne pas se presser, offre aussi des avantages. Le temps de préparation et de mise en bouche à une dégustation de Cognac, l’autre matin, et ces bouteilles vinrent à point nommé puisque nous fûmes trois à les goûter afin de tenter de les disséquer, d’en percer les mystères. Trois dégustateurs, trois auteurs, trois échantillons. Une précision s’impose : je ne pense pas que les vins évoqués ici, du moins dans ce millésime, seront disponibles à la vente. Du moins, ils ne figurent pas sur le site du domaine. Et une question subsidiaire : s’ils sont commercialisés, faut-il les acheter par trois ou peut-on se les procurer à l’unité ? Chaque bouteille porte le numéro d’une barrique (de 1 à 3) ce qui laisse penser qu’il s’agit plus d’un essai sur différents bois et (ou) brûlages que d’autres choses. C’est sur cette hypothèse que nous partîmes nez en avant sur le contenu de ces bouteilles.

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Nous fûmes tous d’accord pour décréter de concert que le flacon « Barrique n°3 » était de loin le plus intéressant, le plus élégant : le boisé stylé détecté sans outrance au nez laissait place à une belle et harmonieuse fraîcheur en bouche avec des tannins bien présents et une très honorable persistance. La « n° 1 », en toute logique la première goûtée, laissait paraître une certaine platitude en bouche, sur une texture douce, voire aimable, et une bonne longueur. La « n°2 » faisait ressortir un peu plus d’expression et d’enthousiasme, une forme de largesse aussi, permettant à la matière de conduire sur une finale réglisse. On espère donc que, si une cuvée spéciale est envisagée à partir de ces vieilles vignes de Carignan, le modèle « n° 3 » sera retenu !

Affaire à suivre, comme on dit en pareille situation !

Michel Smith


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#Carignan Story # 254 : Quand on reste sur sa soif…

Il y a des jours comme ça où, en goûtant un Carignan un peu particulier, difficile, dur, je me pose maintes questions. Tout y passe : est-ce le terroir qu’il faut blâmer, la faute au vigneron, au millésime, à la date de vendange, à la machine, au manque de tri, aux macérations trop longues ou trop courtes, au boisage excessif ou à la mauvaise origine du bois ? Questions de vignerons, logiques, évidentes, implacables, questions pleines de doutes qu’il m’est aussi arrivé d’avoir au pied de la cuve. On a beau connaître le refrain – tout se passe à la vigne, sans bons raisins, rien de possible – il n’empêche que quand l’incertitude survient elle vous tenaille au point de rendre la vie infernale. Les journalistes que nous sommes, les sommeliers, les cavistes, les commentateurs de blogs, les pros du vin, tout ce petit monde pinardier soupçonne-t-il à quel point « faire » du vin peut être difficile ?

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Je pense à tout cela en goûtant ce Carignan pur jus, du Domaine Terres Falmet où exerce le vigneron Yves Falmet dans le secteur de Saint-Chinian. Son Vin de France titrant 13° affiche le millésime 2012 et il est vendu 6,40 € chez un excellent caviste de Pézenas, à l’enseigne du Nez dans le Verre. Il suffit de parcourir le site pour comprendre que le gars est un amoureux de la nature, qu’il vendange « à l’ancienne », donc à la main, que ses vieilles vignes (80 ans) reposent sur des cailloutis calcaires, qu’il est un adepte du foulage et de l’égrappage, des macérations longues « à chaud » (25°), des remontages quotidiens et des élevages en cuve. Jusque là, rien ne l’empêche de faire du bon vin. Il en fait peut-être d’ailleurs, lui qui a d’autres cuvées à son actif, dont un pur Cinsault. Après décuvage, le vin reste 20 mois dans sa cuve puis il est mis en bouteilles sans filtrage ni collage. Donc, apparemment, on se dit que tout est normal… RAS. Passez votre chemin, monsieur le journaliste curieux de tout, vous faîtes fausse route.

Pour voir, j’ai tout de même attendu presque un mois avant de goûter le Carignan de Terres Falmet 2012, en laissant la bouteille debout, en servant le vin à une température « normale », soit 18°. Et là, je me suis aperçu que plus grand chose n’était dans la « normalité ». Objection votre Honneur, je devrais dire plus simplement que le vin n’était pas à mon goût. Dès la prise en bouche, j’ai été saisi par la dureté, la brutalité et l’âpreté du jus, ainsi que par son manque de netteté. Si l’on excepte le nez au départ séduisant qui évoque la garrigue des alentours, la bouche embraye sur la rusticité avec un fruité timide en finale entaché par la dureté des tannins. J’ai bien tenté d’attendre un jour, puis deux, puis trois, pour voir, mais rien n’y a fait. Il faut se rendre à l’évidence : parfois,  je reste sur ma soif. Dommage. Ce sont les inconvénients du métier.

Michel Smith


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#Carignan Story # 253 : Rêve de Saltimbanque

Dans la série des Carignans, légers, équilibrés, fins et fruités, je viens de boire facilement celui-là entre deux gueuletons de fête où j’errais mon âme en peine à la recherche de rêves simples. Halte aux tracas et croches-pattes du monde moderne, j’avais choisi d’ouvrir ce Vin de France (un de plus, décidément, j’y suis abonné…), un 2013 venu tout droit du Pic Saint-Loup, cru languedocien modèle en matière de Syrah mais qui recèle encore quelques pieds de valeureux Carignan. Clin d’œil supplémentaire, ce Carignan 2013 m’a été livré directement par son papa, Benoît Viot, du Domaine Le Chemin des Rêves, au 218 rue de la Syrah – c’est qu’ils y tiennent là bas à leur Syrah…- à Saint-Gély-du-Fesc, riante commune de l’Hérault. J’en profite pour dire que le vin en question quittera volontiers le domaine si on le commande au prix de 8 € départ cave.

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Tout est dit ? Pas vraiment. En réalité, ce bien nommé Saltimbanque pas vraiment fait pour la garde, à mon avis, est à 85 % Carignan. Rendement de 25 hl/ha, ce qui est assez courant chez nous pour des vignes d’un demi-siècle sur sols argilo-calcaires recouverts de galets roulés, il est associé à 5 % de Syrah, mais aussi 5 % de Mourvèdre et autant de Grenache noir, le tout vinifié traditionnellement avec pigeage et cuvaison de l’ordre d’un mois. Au bout de deux ou trois gorgées, la texture tapisse le palais, on constate avec bonheur que les tannins ne nous veulent aucun mal et c’est avec plaisir que l’on profite de cette tendre caresse de garrigue, entre laurier et ciste, sur une finale poivrée un poil rêche pour le moment, mais qui ne saurait se fondre d’ici Pâques.

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Et c’est à partir de là, aux portes du printemps 2015, qu’il faudra savoir en profiter pendant deux années peut-être, guère plus. Sur quels plats ? Gigot d’agneau, bien entendu, mais aussi poulet fermier à l’ail et au thym ou cochon de lait à la sauge. Bon, si vous servez des brochettes au feu de bois dans le jardin, ce sera pas mal non plus !

Michel Smith

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